LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie BLOGS Revues Médias
Yannis YOULOUNTAS

« La seule façon de te sauver toi-même est de lutter pour sauver tous les autres. » Nikos Kazantzakis

Le blog de Yannis Youlountas


▸ les 10 dernières parutions

04.07.2026 à 17:10

Juillet 1936-juillet 2026 : quelle leçon du passé, 90 après ? Quels points communs avec la situation actuelle en France ?

Yannis Youlountas

Connaître les leçons du passé pour mieux comprendre les enjeux du présent. Voici deux exemples en Espagne et en Grèce (au sujet de laquelle nous préparons un nouveau film, cette fois historique). . JUILLET 1936-JUILLET 2026 : QUELLE LEÇON DU PASSÉ, 90 APRÈS ? QUELS POINTS COMMUNS AVEC LA SITUATION ACTUELLE EN FRANCE ? . Ce qui se déroule en 1936 en Espagne, puis en Grèce, n’est pas seulement une leçon d’Histoire, mais aussi de politique qui illustre parfaitement ce dont est capable la classe dominante quand on lui demande de partager la richesse et le pouvoir. Comme le résume...
Texte intégral (1771 mots)
Connaître les leçons du passé pour mieux comprendre les enjeux du présent. Voici deux exemples en Espagne et en Grèce (au sujet de laquelle nous préparons un nouveau film, cette fois historique).
.
JUILLET 1936-JUILLET 2026 : QUELLE LEÇON DU PASSÉ, 90 APRÈS ? QUELS POINTS COMMUNS AVEC LA SITUATION ACTUELLE EN FRANCE ?
.
Ce qui se déroule en 1936 en Espagne, puis en Grèce, n’est pas seulement une leçon d’Histoire, mais aussi de politique qui illustre parfaitement ce dont est capable la classe dominante quand on lui demande de partager la richesse et le pouvoir.
Comme le résume très bien Durruti, nous sommes face à un mécanisme, à un protocole, à une procédure d’urgence que le pouvoir économique utilise en dernier recours.
.
Il ne s’agit pas d’une théorie complotiste, comme il en existe tant : plus ou moins fumeuses, plus ou moins délirantes, qui sont à bannir car elles brouillent la pensée, compliquent des problèmes simples et, parfois, fabriquent des ennemis imaginaires bien plus forts que ne sont les dirigeants en réalité (par exemple, la théorie désopilante des reptiliens). Non, le capitalisme n’est pas un complot. C’est un système aussi simple que vérifiable. Un système qui s’applique à vendre aux travailleurs ce qu’ils produisent eux-mêmes et à s’enrichir sur leur dos, tout en organisant la société pour que cet ordre social injuste et inégalitaire ne change pas. L’Histoire l’a prouvé. Bref, retournons en 1936…
.
Effrayée par le désir de changement social et politique, une grande partie de la bourgeoisie espagnole appelle aussitôt le fascisme pour conserver ses privilèges. Dès lors, le régime d’extrême-droite emprisonne, torture et assassine de nombreux opposants politiques, humanistes et progressistes, y compris parmi des modérés qui croyaient être à l’abri de ce durcissement de la répression.
.
Même chose en août 1936 en Grèce : l’extrême-droite prend le pouvoir le 4 août 1936 et enferme aussitôt les opposants politiques dans des camps : des communistes, mais aussi d’autres militants de gauche ou révolutionnaires. Toute la société est fichée pour ses opinions (et la croyance religieuse doit être déclarée à l’état-civil), les arrestations et les sévices en prison se multiplient. Des familles entières sont enfermées durant des années. Il en sera de même après la deuxième guerre mondiale et, encore, en 1967 : à chaque fois que l’organisation inégalitaire et autoritaire de la société est menacée.
.
Ne nous faisons aucune illusion : quand le pouvoir économique craint pour ses intérêts, il est prêt à tout. D’abord par sa force de frappe médiatique pour fabriquer l’opinion, susciter la peur, propager des calomnies, faire monter la haine. Ensuite par sa force militaire et policière financée par nos propres impôts pour nous réprimer nous-mêmes si nous aspirons à changer les choses.
Pour empêcher les opposants de remettre en question une partie ou la totalité de ses privilèges, on remarque à chaque fois que le pouvoir économique commence par intensifier les mensonges, les peurs et les calomnies dans les médias qu’il possède, avant de passer au niveau supérieur dans la répression, jusqu’aux vagues d’arrestations et aux massacres si cela lui paraît nécessaire en dernier recours. Et c’est là, précisément, quand les moyens envisagés sortent du cadre constitutionnel, du « politiquement correct », de ce qui est considéré comme acceptable, que l’extrême-droite est appelée au pouvoir pour s’en charger, sous la forme d’un régime encore plus autoritaire, avec une constitution plus adaptée à ces pratiques, à grands renforts de mythes et de paranoïa en tous genres.
.
Mais attention : que ce soit en Espagne en 1936 ou en Grèce en 1936, 1945, 1963 et 1967, ce n’est pas seulement l’opposition radicale et révolutionnaire qui est réprimée, mais aussi une partie de la gauche parlementaire (en Grèce, le parti communiste en 1936 et 1945, puis le mouvement populaire de Lambrakis en 1963, et même le centre gauche en 1967). Autrement dit, que l’on remette en question tout ou une partie seulement de ses privilèges, le pouvoir économique est capable des mêmes méthodes. Il ne veut rien lâcher. Pas même le retour de l’Impôt sur la Fortune, la limitation des trusts médiatiques ou la possibilité de révoquer les élus.
.
N’observons-nous pas la même chose en ce moment, en France ? Le pouvoir économique ne favorise-t-il pas, sous nos yeux, la montée en puissance de l’extrême-droite, tout en essayant de discréditer les différents mouvements politiques qui menacent ses intérêts, en fabriquant et en diffusant toutes sortes de calomnies dans les médias qu’il possède ? N’est-ce pas exactement le même type de propagande diffamatoire (parfois complètement délirante) qui a été propagée en Grèce en 1936, 1945, 1963 et 1967, contre les communistes, la gauche populaire puis les anarchistes également, dans les années suivantes, accusés de tous les maux ?
.
Le problème n’est donc pas seulement de partager les richesses, mais également de remettre en question un système politique et médiatique qui sert les intérêts du petit nombre au détriment de tous les autres et qui permet de placer au pouvoir le « joker fasciste » à chaque fois que ses intérêts sont menacés.
.
Le capitalisme et le fascisme ne sont en réalité qu’un seul et même ennemi : un voleur de vies à deux visages qui se fiche totalement des mots liberté et égalité.
.
L’Histoire nous le prouve. La situation présente nous le répète, une fois de plus.
.
Yannis Youlountas
.
PS : un nouveau film très important se prépare actuellement : « LA PASSION DE LA LIBERTÉ, UNE HISTOIRE POPULAIRE DE LA GRÈCE ». Le nouveau site internet dédié à ce film (et aux précédents visibles gratuitement) s’appelle « lautregrece ». Merci de nous aider à le faire savoir et à le soutenir, car c’est un immense projet sur lequel nous travaillons collectivement depuis des mois. L’objectif est de parvenir à sortir ce nouveau film dès novembre 2026 en avant-premières, puis dans sa forme définitive en janvier 2027 (sinon, ce sera pour un peu plus tard, mais ce serait dommage). Nous comptons sur vous pour nous aider, ne serait-ce qu’en diffusant l’info. Nous ne pouvons compter que sur vous. Merci d’avance.
.
Rappel : quand un texte vous plaît, n’hésitez pas à vous en servir ailleurs, à le publier sur un site, etc. Pas besoin de demander. Je n’ai jamais rien fait sous copyright, ni film ni livre. Et je vous remercie d’autant plus de votre diffusion.

PDF

01.07.2026 à 21:46

Nouveau film ! Une histoire populaire de la Grèce ! (+ retour en photos sur le convoi et autres nouvelles)

Yannis Youlountas

Nous sommes le premier juillet. C’est la date que nous avons choisi pour vous dévoiler notre nouveau film :   LA PASSION DE LA LIBERTÉ UNE HISTOIRE POPULAIRE DE LA GRÈCE   C’est un grand projet qui se prépare actuellement, un véritable défi, par-delà nos différences, avec la participation de beaucoup de monde en Grèce dans un enthousiasme partagé. En particulier des historiens spécialistes de plusieurs époques, des chercheurs passionnants, des enseignants rebelles, des témoins vivants des 80 dernières années et des membres actuels du mouvement social. Ce film montre à quel point l’histoire des peuples en lutte perpétuelle pour...
Texte intégral (2349 mots)

Nous sommes le premier juillet. C’est la date que nous avons choisi pour vous dévoiler notre nouveau film :

 

LA PASSION DE LA LIBERTÉ

UNE HISTOIRE POPULAIRE DE LA GRÈCE

 

C’est un grand projet qui se prépare actuellement, un véritable défi, par-delà nos différences, avec la participation de beaucoup de monde en Grèce dans un enthousiasme partagé. En particulier des historiens spécialistes de plusieurs époques, des chercheurs passionnants, des enseignants rebelles, des témoins vivants des 80 dernières années et des membres actuels du mouvement social.

Ce film montre à quel point l’histoire des peuples en lutte perpétuelle pour leur émancipation sociale s’oppose aux grands récits et aux mythes nationaux qui servent les intérêts des puissants et des réactionnaires. Les voleurs de vies sont aussi des voleurs de mémoire, au vu des moments importants laissés dans l’ombre.

C’est pourquoi ce film met en lumière des pages trop peu connues de la Grèce et démonte certains mythes célèbres que réfutent aujourd’hui les historiens.

Ce film montre aussi comment le pouvoir économique se sert de l’extrême-droite et du fascisme pour semer la confusion, manipuler les foules et sauvegarder ses intérêts en temps de crise. Ce film témoigne de la censure et de la répression continuelle des mouvements de gauche des années 20 aux années 70, mais aussi de l’essor de nouveaux mouvements populaires à commencer par l’anarchisme, très présent depuis 50 ans.

Ce film est aussi un film solidaire, comme les précédents, à but non lucratif et en creative commons3, qui permettra de soutenir les luttes actuelles et les initiatives solidaires autogérées en Grèce.

Nous vous avons préparé plein de surprises sur le nouveau site internet qui regroupe désormais nos actions et nos créations : http://lautregrece.net

Photos du tournage :
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique61

Résumé du film :
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique57

Des historiens, chercheurs, enseignants, écrivains, éditeurs, mais aussi des témoins directs de l’Histoire :
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique65

D’autres personnages que vous reconnaîtrez peut-être ou pas :
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique66

Petit jeu : le saviez-vous ? (sur l’histoire de la Grèce)
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique60

Appel à soutien/crowfunding. Aidez-nous à produire le film. Urgent : du 1er au 31 juillet 2026. C’est maintenant la phase la plus importante :
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique55

Si vous avez des suggestions ou des propositions, n’hésitez pas à nous contacter : collectif@lautregrece.net

Merci de votre soutien et de partager l’info autour de vous.

« L’Histoire de n’importe quel pays, présentée comme une histoire de famille, dissimule les plus âpres conflits d’intérêts (qui parfois éclatent au grand jour et sont le plus souvent réprimés) entre les conquérants et les populations soumises, les maîtres et les esclaves , les capitalistes et les travailleurs, les dominants et les dominés. »
Howard ZINN, Une Histoire populaire des Etats-Unis, 1980

« Lorsqu’on parle d’Histoire, qui parle ? C’est quelqu’un d’une époque, d’une société, d’une classe donnée. Bref, c’est un être historique. »
Cornelius CASTORIADIS, L’institution imaginaire de la société, 1975

« L’incompréhension du présent nait fatalement de l’ignorance du passé. »
Marc BLOCH, Apologie pour l’Histoire ou Le métier d’historien, 1941

« Que le monde soit délivré de l’horrible fléau de l’oppression et que tous les peuples vivent sur la Terre, libres et en frères ! »
Rigas VELESTINLIS dit Rigas FEREOS, Thourios, 1796

Si vous voulez voir, revoir ou inviter votre entourage à découvrir nos 4 films précédents, tous disponibles gratuitement, ils sont ici :
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique10

Pour en savoir plus sur nos créations solidaires et, en particulier, sur la façon dont nos films financent nos initiatives solidaires et nos lieux autogérés en Grèce :
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique12

RETOUR EN 100 PHOTOS SUR LE

CONVOI SOLIDAIRE VERS LA GRÈCE

DU PRINTEMPS 2026

À découvrir ici :
http://lautregrece.net/spip.php?rubrique67

« Un autre monde est déjà là, un peu partout, sous les radars »

Dans ce compte-rendu des derniers mois en Grèce, vous trouverez également, des nouvelles de Rouvikonas, de Prosfygika et d’autres collectifs qui viennent de traverser des épreuves plus ou moins importantes et qui ont tous réussi à les surmonter !

Bonne lecture.

Merci d’avance de votre soutien, et de partager l’info. On compte sur vous !

Au plaisir de vous retrouver (dès la fin de l’année, si le crowfunding réussit).

Maud, Yannis et les autres participants à cette nouvelle aventure

PDF

27.06.2026 à 13:09

Mains pures et tabous ridicules

Yannis Youlountas

Au sujet d’un petit bout de papier qui fait couler beaucoup d’encre :MAINS PURES ET TABOUS RIDICULESVoilà que les disputes recommencent au sujet de voter ou pas. J’observe à nouveau des amis ou followers jouer au ping-pong en usant d’arguments d’autorité : citations de personnages célèbres d’il y a 150 ans qui auraient donc forcément raison ou petites phrases toutes faites, avec rimes à l’appui, telles des punchlines, dans un sens ou dans l’autre. Tout cela est ridicule.S’interdire d’intervenir dans une élection ne relève pas de l’idéologie politique, mais du dogme, de la doctrine de la foi, si c’est à...
Texte intégral (1394 mots)

Au sujet d’un petit bout de papier qui fait couler beaucoup d’encre :

MAINS PURES ET TABOUS RIDICULES

Voilà que les disputes recommencent au sujet de voter ou pas. J’observe à nouveau des amis ou followers jouer au ping-pong en usant d’arguments d’autorité : citations de personnages célèbres d’il y a 150 ans qui auraient donc forcément raison ou petites phrases toutes faites, avec rimes à l’appui, telles des punchlines, dans un sens ou dans l’autre. Tout cela est ridicule.

S’interdire d’intervenir dans une élection ne relève pas de l’idéologie politique, mais du dogme, de la doctrine de la foi, si c’est à ce point un tabou. S’envoyer des insultes, des procès en apostasie politique, des excommunications farfelues parce que l’un ou l’autre a choisi de voter ou pas est digne d’une secte religieuse et non pas d’un mouvement antiautoritaire.

Un libertaire est avant-tout un amoureux de la liberté. C’est donc un individu qui souhaite exercer librement la possibilité de penser par lui-même et d’agir selon sa conscience, en fonction de circonstances précises et de situations nouvelles. Un libertaire est aussi un être humain profondément solidaire, soucieux de l’égalité sociale, et c’est ce qui nous différencie radicalement des libéraux et autres libertariens. Toutes ces années, je n’ai jamais vu des personnes plus solidaires que les anarchistes, à la moindre occasion. Par conséquent, quand nous sommes face à des choix, nous devons aussi examiner les conséquences pour les autres : migrants, précaires, homosexuels, antifascistes, bouc-émissaires du moment…

En d’autres mots, « ni soumission ni égoïsme » : d’une part, nos choix ne sauraient être dictés par autrui et, d’autre part, ces choix — quand ils engagent d’autres personnes — ne sauraient se réduire à des caprices, en l’occurrence à bouder tout ce qui n’est pas exactement ce que nous voulons. Nous devons gérer nos frustrations face à la réalité décevante, nos désaccords au sein de la base sociale et nous rappeler réciproquement ce que nous avons en commun.

De plus, notre expérience et notre lucidité nous conduisent à distinguer deux choses essentielles : l’objectif et le chemin. Et c’est là, précisément, que se trouve la tension principale entre utopisme et pragmatisme. Dans ce vieux monde en ruines, bureaucratique et nauséabond, aucun d’entre nous n’a les mains pures. Nous faisons des concessions parfois douloureuses : travail salarié, impôts et taxes qui permettent à l’État d’acheter un nouveau porte-avions et à faire d’énormes cadeaux aux patrons, serrures à nos portes, monnaie dans nos poches. Beaucoup de nos choix de vie sont aussi des dilemmes. C’est pourquoi, nous faisons la distinction entre le chemin et l’objectif, un présent frustrant et un autre futur.

Ne nous mentons pas : nous ne sommes pas des chevaliers blancs, ni rouges ni noirs. Juste des humains désireux d’une autre société, pris au piège de ce vieux monde en ruines qui devient actuellement de plus en plus autoritaire puisqu’il est à bout de souffle. C’est logique. C’était prévisible. Tout ce que souhaite le régime actuel, c’est trouver des prétextes pour toujours plus nous contrôler, nous réprimer, nous reprendre tout ce que nous lui avons arraché, avec d’autres compagnons et camarades, au fil des décennies passées. C’est pourquoi le pouvoir a tout prévu en cas de soulèvement ou de guerre civile, avec un arsenal technologique, militaire et juridique parfaitement rodé. Le rapport de force n’est donc plus du tout la même qu’il y a 100 ou 150 ans. Il ne faut pas se raconter de salades, comparer ce qui n’est pas comparable, oublier que beaucoup de choses ont changé.

De même au niveau de l’imaginaire social : la fabrique médiatique de l’opinion n’est pas à notre avantage et beaucoup de nos idées radicales sont inaudibles en ce moment, aussi justes, logiques et désirables soient-elles. Mais le fruit continue de mûrir.

Il faut donc penser et agir en fonction des éléments dont nous disposons, en tenant compte du contexte et de la situation précise. La philosophie politique nous appelle à penser par nous-même chaque situation nouvelle, chaque contexte, chaque rapport de force. Si nous avons la possibilité de faire pencher la balance pour bientôt introduire, enfin, la révocation des élus* au lieu de reculer à un stade encore plus autoritaire voire fasciste, cela mérite réflexion, parmi d’autres exemples qui nous feraient avancer.

À chacun et chacune de mener cette réflexion selon sa conscience critique, son expérience, ses observations, ses échanges avec autrui.

Et certainement pas en se jetant des anathèmes à la figure.

Aucun d’entre nous n’est un héros génial et parfait aux mains pures et à la conduite sans concession. Aucun d’entre nous n’est habilité à jouer les saints inquisiteurs de ce qu’il faudrait ou ne pas faire, au gré des circonstances nouvelles dans le labyrinthe du vieux monde en ruines.

Le petit bout de papier qui sert à voter (ou pas) ne mérite certainement pas qu’on se déchire à son sujet. Un jour viendra où il disparaîtra définitivement dans une organisation nouvelle de la société, réellement horizontale. En attendant, nous devons penser et agir au sein de la société telle qu’elle est.

Ne jamais perdre de vue l’objectif, mais veiller tout de même à avancer sur le chemin.

Yannis Youlountas

* Ces dernières années, durant les centaines de débats après nos films où se sont croisés des militants anarchistes et de gauche, j’ai remarqué que la « révocation des élus » est l’idée qui est revenue le plus souvent en tant que « nouvelle étape à portée de mains » (formulation d’un vieil ami pourtant anarchiste), forte d’un consensus qui s’est progressivement construit parmi des gens pourtant très différents. Ce n’est certes pas le bout du chemin, surtout pour les plus radicaux d’entre nous (nous ne voulons plus d’élus mais des mandatés avec des missions très précises), mais c’est tout de même un changement de paradigme dans les rapports de force et les choix de société, en attendant de faire mieux. Ce n’est qu’en échangeant avec les autres composantes de la base sociale que nous pourrons faire avancer nos idées, pas en restant à l’écart des rencontres et des convergences de luttes. Et c’est même ainsi que nous pourrons apprécier la diversité que nous sommes censés défendre.

PDF

25.06.2026 à 17:04

Sale époque

Yannis Youlountas

Sale époque
PDF
10 / 10
 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Christophe LEBOUCHER
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
Timothée PARRIQUE
Thomas PIKETTY
VisionsCarto
Yannis YOULOUNTAS
Michaël ZEMMOUR
LePartisan.info
 
  Numérique
Thomas BEAUFILS
Blog Binaire
Christophe DESCHAMPS
Dans les Algorithmes
Louis DERRAC
Olivier ERTZSCHEID
Olivier EZRATY
Framablog
Fake Tech (C. LEBOUCHER)
Romain LECLAIRE
Tristan NITOT
Francis PISANI
Irénée RÉGNAULD
Nicolas VIVANT
 
  Collectifs
Arguments
Scientifiques en Rebellion
Bondy Blog
Dérivation
Économistes Atterrés
Dissidences
Mr Mondialisation
Palim Psao
Paris-Luttes.info
Rojava Info
X-Alternative
 
  Créatifs / Art / Fiction
Nicole ESTEROLLE
Julien HERVIEUX
Alessandro PIGNOCCHI
Laura VAZQUEZ
XKCD
🌓