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Données chiffrées sur le traitement médiatique des enjeux environnementaux dans les programmes d’information.

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14.09.2026 à 07:19

Bilan semestriel 2026 : la couverture médiatique de l’environnement au rythme des canicules

Paula Torrente

Texte intégral (984 mots)

Plusieurs temps forts ont marqué ce premier semestre 2026 : les élections municipales, la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie et deux épisodes de vague de chaleur précoces. Quel impact ces événements ont-ils eu sur la couverture médiatique des enjeux environnementaux ? L’Observatoire des Médias sur l’Écologie livre son analyse.

Enseignements clés

  • La désinformation climatique augmente au premier semestre 2026 en comparaison du premier semestre 2025 : +28% de cas détectés, soit un total de 452 sur la période (17 cas par semaine en moyenne).
  • Le premier semestre 2026 a battu à la fois le record haut et le record bas de l’Observatoire, à trois mois d’intervalle. La couverture environnementale tombe à 2,8 % du temps d’antenne en mars, plus bas niveau depuis le début des mesures en 2023, puis atteint 19 % la semaine du 22 juin, plus haut niveau jamais mesuré. L’environnement n’existe médiatiquement que lorsqu’un événement l’impose, avant de redescendre d’autant plus bas qu’il est monté haut.
  • Le creux qui suit la première canicule ramène le traitement audiovisuel à l’un de ses niveaux les plus faibles depuis 2023. Cette alternance entre saturation et très faible couverture obstrue le débat de fond et nourrit la fatigue informationnelle.
  • Les médias lient de mieux en mieux les canicules au climat, et de moins en moins le climat aux énergies fossiles : la mention explicite du changement climatique lors des canicules atteint 42 %, contre 33 % en 2023. Mais la part de séquences évoquant les causes (énergies fossiles, émissions de gaz à effet de serre…) a été divisée par deux entre les deux premières vagues de chaleur (mai et juin) de 2026, passant de 14 % à 7 %. 
  • L’adaptation s’installe à l’agenda : les mentions d’adaptation passent de 20 % des séquences en 2023 à près de 50 % lors du second épisode caniculaire de 2026. Cette progression profite aux réponses immédiates (par exemple les ventilateurs, la climatisation), tandis que les solutions structurelles (telles que la rénovation thermique, la végétalisation) restent marginales.
  • La climatisation est moins présentée comme une solution technique qu’un marqueur d’appartenance politique. Sur les 396 articles consacrés au sujet pendant la canicule de juin, 13 % (53 articles) prêtent explicitement aux écologistes ou à la gauche une posture idéologique. Aucun autre terme du registre de l’adaptation ne déclenche cet affrontement partisan, pouvant expliquer en partie pourquoi il écrase tous les autres sujets.
  • Plus tôt dans l’année, pendant la campagne pour les municipales, l’Observatoire des Médias sur l’Ecologie a relevé une faible couverture de l’environnement. Pourtant, c’est à l’échelle locale que les leviers d’action et les impacts des crises environnementales sont les plus concrets.. La couverture des sujets environnementaux est en baisse de -24 % sur la période en comparaison de la moyenne de 2025 dans l’audiovisuel, -33 % sur les chaînes d’info en continu. Le contraste avec les attentes des citoyens est net : 63 % des électeurs déclarent refuser de voter pour un maire qui reviendrait en arrière sur la transition (Ifop, janvier 2026).
  • Pendant les municipales, le thème de la végétalisation est en nette progression dans les médias, tandis que la voiture et l’alimentation sont à la baisse. +140 % d’articles ont été publiés sur la végétalisation et +17 % sur les mobilités durables, contre -11 % sur la voiture et -20 % sur l’alimentation.
  • Dans le contexte du blocage du détroit d’Ormuz, les médias ont fait de l’énergie un sujet de pouvoir d’achat plutôt qu’un sujet climatique. Les médias ont centré leur cadrage sur le prix des carburants et l’impact pour les automobilistes, délaissant les causes structurelles de la dépendance aux énergies fossiles. Les mentions du réchauffement climatique restent à leur niveau moyen historique, sans aucune hausse. Ce choc énergétique majeur n’a produit aucun surcroît de discours climatique dans les médias. 
  • En revanche, le contexte de la guerre au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz a mis l’électrification à l’agenda médiatique. Les mentions du terme “électrification” ont été multipliées par 10 dans l’audiovisuel et par 5 dans la presse au pic, avec un niveau désormais 3 fois supérieur au début d’année pour l’audiovisuel et 2 fois pour la presse. Le sujet préexistait toutefois à la crise : la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), annoncée en février, l’avait déjà installée dans la presse écrite.
  • Sur le véhicule électrique, la crise au Moyen-Orient a rebattu les cartes des cadrages médiatiques, avant un retour à la situation de départ. L’angle « pouvoir d’achat » pour couvrir ce thème a presque doublé, puis s’est maintenu 50 % au-dessus de son niveau de janvier. L’angle « sortie des énergies fossiles » a triplé avant de retomber à son plancher, autour de 5 %. Cette fenêtre de visibilité n’a duré que quelques mois. Les angles portant sur les questions d’industrie et d’emploi, eux, n’ont pas bougé.

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17.07.2026 à 08:15

Vague de chaleur de mai et désinformation climatique

Paula Torrente

Texte intégral (802 mots)

Durant la vague de chaleur qui a traversé la France entre le 23 et le 30 mai, 62 cas de mésinformation climatique ont été détectés par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie, au sein des programmes d’information de 18 chaînes de radio et télévision nationales. 

Près d’un cas de mésinformation sur deux a été énoncé par des invités politiques, sans contradiction, et plus d’un tiers par des journalistes ou chroniqueurs. Les chaînes les plus concernées sont CNews, Sud Radio et Europe 1. Analyse.

Des données complètes sur les cas de mésinformation détectés en France lors du premier semestre 2026 seront publiés à l’occasion du bilan semestriel de l’OMÉ.

Plus d’un cas détecté toutes les 20 minutes d’information sur le climat pour CNews, Sud Radio et Europe 1

Des cas ont été détectés sur 8 chaînes parmi les 18 médias du périmètre : toutes les chaînes d’information en continu sont concernées, regroupant 60 % des cas de la semaine, ainsi que 3 radios généralistes qui cumulent 40 % des cas de la semaine.

Ramené au temps d’antenne alloué aux sujets climatiques, 3 chaînes se dégagent avec plus d’un cas de mésinformation toutes les 20 minutes d’information sur le climat : CNews, SudRadio et Europe 1.

Les cas de mésinformation climatique identifiés se concentrent autour des narratifs suivants : 

  • “La vague de chaleur ne serait pas exceptionnelle et son lien avec le réchauffement climatique ne serait pas avéré”, remettant parfois en question les études scientifiques et l’intégrité de leurs auteurs.
  • “La France ne pèse rien dans les émissions mondiales donc ses efforts sont inutiles”.
  • “La climatisation n’a aucun impact négatif sur l’environnement et c’est une bonne solution d’adaptation”.

Les narratifs autour des solutions de la transition écologique refont également surface, notamment :

  • “Les énergies renouvelables sont inefficaces en raison de leur intermittence.”
  • “La voiture électrique pollue plus que la voiture thermique ou hybride.”
  • “Les ZFE ne produisent aucun effet écologique notable.”

Pour plus d’information sur les narratifs de désinformation, nous vous invitons à consulter l’article détaillé de Science Feedback

Les invités politiques à l’origine de la majorité des cas

L’analyse des locuteurs ayant prononcé les cas de mésinformation climatique montre que les cas proviennent à : 

  • 45 % d’invités politiques
  • 20 % de journalistes (parmi ces cas, 82 % proviennent de CNews et Europe1)
  • 18 % de chroniqueurs
  • 14 % d’invités (autres)
  • 3 % de l’audience (e.g. auditeurs qui appellent la radio pour intervenir)
scatter visualization

Il s’agit de fausses informations climatiques prononcées sans contradiction ni remise en contexte.

Cette répartition est similaire à celle constatée sur l’ensemble des cas de l’année 2025 à l’exception de la part de cas prononcés par des invités politiques en forte hausse sur la vague de chaleur du printemps 2026 : 24 % sur l’année 2025 vs 45 % sur la semaine de la première vague de chaleur.

Après les 45 % des cas prononcés par des invités politiques, sans aucune contradiction ou remise en contexte, viennent ensuite les journalistes et chroniqueurs qui cumulent 38% des cas à eux deux.

Cette tendance est particulièrement saillante dans certains médias comme CNews et Europe 1 qui cumulent 80 % des cas totaux prononcés par des membres de la rédaction (55 % et 25 % respectivement).

Analyses et données produites par l’Observatoire des Médias sur l’Écologie.

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27.02.2026 à 13:33

La couverture des enjeux environnementaux par la presse française

Paula Torrente

Texte intégral (1405 mots)

Ce 26 février 2026, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) élargit son champ d’analyse à la presse écrite française, quinze mois après l’audiovisuel. Ce consortium de huit structures* dévoile un outil inédit, en ligne, qui analyse en permanence le traitement des enjeux environnementaux par la presse nationale et régionale. Il ne mesure pas seulement la quantité d’articles traitant d’environnement, mais dévoile aussi la qualité de ce traitement : les articles parlent-ils des causes des bouleversements environnementaux ? De leurs conséquences sur notre société ? Et des solutions pour y faire face ? Il s’agit d’une première mondiale.

Pour cette analyse, l’Observatoire des médias sur l’écologie a suivi en temps réel la place accordée aux enjeux écologiques – changement climatique, érosion de la biodiversité, raréfaction des ressources – dans 55 titres de presse : quotidiens nationaux, presse régionale, magazines d’information et l’AFP. Le périmètre de l’analyse couvre : 100 % de la presse quotidienne nationale, 61 % de la presse quotidienne régionale, à l’exception notable de Ouest-France et du Dauphiné Libéré, ainsi que 7 magazines d’information.

Une place encore limitée de l’environnement en presse écrite

  • En 2025, 6 % des articles de presse ont couvert les enjeux environnementaux.
  • C’est une moyenne : ce chiffre est de 8,1 % pour la presse nationale (presse quotidienne ou magazine) et de 4,6 % pour la presse quotidienne régionale. Pour la télévision et la radio, cette moyenne est de 5 %.
  • La couverture des enjeux environnementaux par la presse écrite est plus élevée au quotidien et moins soumise à l’actualité chaude (canicules, inondations…) que dans les médias audiovisuels.

Un traitement variable en quantité et en qualité selon les titres de presse

Sur la quantité :

  • L’Agence France-Presse joue un rôle prescripteur : elle est le premier média national en volume de production d’articles environnementaux. En proportion, elle se situe dans la moyenne des titres de la presse française, malgré la nécessité de couvrir l’ensemble de l’actualité mondiale.
  • Parmi les titres de presse nationale, ce sont les quotidiens économiques (La Tribune : 21%, Les Echos : 14%) qui couvrent le plus les questions environnementales, grâce à un traitement plus transversal – au sein de plusieurs rubriques. Les titres généralistes qui ont la couverture la plus élevée : Le Monde (10,4%) et Libération (9,5%). Marianne (4,5 %) et le Journal du Dimanche (3,3 %) sont les titres qui en parlent le moins.
  • En presse quotidienne régionale, la part moyenne d’articles consacrés à l’environnement est inférieure par rapport à celle des titres de presse nationale. Les titres qui se démarquent : Nice-Matin (6,7%), Var-Matin (6,2%) et Le Populaire du Centre (6,2%).
  • La couverture de la COP 30 révèle une forte asymétrie éditoriale, à la fois entre médias nationaux (Libération ayant réalisé 20 fois plus d’articles mentionnant la COP que le JDD par exemple), et entre les titres régionaux (les Hauts de France ayant bénéficié de 24 fois plus d’articles que la Bourgogne).

Sur la qualité :

  • La mise en contexte lors d’événements climatiques extrêmes (qui consiste à expliquer le rôle éventuel du changement climatique lors d’une canicule ou lors d’une inondation, par exemple) varie fortement entre rédactions.
  • Le lien avec le changement climatique est mentionné : dans 50 % des cas par les principaux titres de la presse nationale (Le Monde, La Croix, L’Humanité, Le Nouvel Obs, etc.), dans 20% des cas par la presse quotidienne régionale (avec des différences notables entre titres de PQR).
  • Le lien avec les causes du réchauffement climatique est mentionné : dans plus de 30% des cas par les principaux titres de la presse nationale, dans 15% des cas par la presse quotidienne régionale (avec des différences notables entre titres de PQR).
  • Si la canicule de juin-juillet 2025 a été plus couverte en volume par la presse régionale et particulièrement dans les régions les plus touchées (11 fois plus d’articles en Occitanie qu’en Bourgogne-Franche-Comté), la contextualisation est faible : seulement 7% des articles traitant de la canicule mentionnent les constats liés au changement climatique (4 fois moins que la presse nationale), 3% les causes de la crise climatique (5 fois moins que la presse nationale), 7% les solutions pour y répondre (3 fois moins que la presse nationale).

Focus 2026 : le traitement des inondations par la presse française

  • Les titres des régions les plus touchées ont davantage couvert le sujet en quantité (8 fois plus d’articles en Occitanie qu’en Bourgogne-Franche-Comté). 
  • Les solutions ont été plus visibles que lors des canicules : 23% d’articles de la presse régionale et nationale en font mention. 
  • En revanche, seuls 8% des articles traitant des inondations mentionnent le changement climatique (4 fois moins que la presse nationale) et 3% des articles mentionnent les causes du changement climatique (6 fois moins que la presse nationale).

L’environnement à la Une : des choix éditoriaux contrastés, Le Monde en tête

  • Le Monde, et La Croix et les Échos sont les trois titres qui ont le plus souvent réservé une place de premier plan aux sujets environnementaux (a minima dans 50 % de leur Unes).
  • À l’inverse, Le Point, M Magazine et Le Figaro Magazine sont ceux qui leur ont accordé le moins de visibilité : moins de 10 % de leurs Unes contenaient un article sur l’environnement en 2025.
  • Ces chiffres dépendent en partie des formats des Unes (berlinois ou tabloïd), qui permettent d’inclure plus ou moins de texte, mais traduisent aussi des choix éditoriaux.  

26 février : revivez la présentation des résultats au Théâtre de la Concorde

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05.02.2026 à 08:46

L’OME publie son Bilan de l’année 2025

admin

Texte intégral (705 mots)

Les différences de lignes éditoriales en matière environnementale se creusent, dans un contexte de hausse de la désinformation climatique

Malgré une année 2025 marquée par des actualités politiques et climatiques majeures (loi Duplomb, Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, canicules en juin et en août, etc.), la couverture médiatique des enjeux environnementaux se situe à 4,9% de temps d’antenne sur l’année, soit à peine son niveau de 2023 (5.3%).

La couverture des enjeux biodiversité atteint un niveau record (2,6%) sur l’année 2025 depuis le début des mesures de l’Observatoire, nettement supérieur aux années précédentes.

L’asymétrie entre la couverture des différents médias se creuse : elle se situe, en fonction des médias, entre 2% et 5% de temps d’antenne, soit plus du double.

L’audiovisuel public se distingue, sur l’ensemble des indicateurs observés, par un meilleur traitement des enjeux environnementaux.

Les causes des canicules (énergies fossiles, émissions de gaz à effet de serre, etc.) représentent moins de 10% du total de la couverture du changement climatique pendant les périodes concernées.

La désinformation climatique est particulièrement détectée lors des débats politiques sur la stratégie énergétique de la France, redescendant au dernier trimestre 2025 à son niveau de début d’année 
(~ 8 cas / semaine). En moyenne, 13 cas ont été détectés par semaine. Au total 665 cas de mésinformation climatique sont détectés en 2025.

665 cas de mésinformation climatique sont détectés en 2025

La couverture de la COP 30 est marquée par une asymétrie particulièrement forte entre les médias, RFI et France Info Radio ayant respectivement couvert 18 fois et 5 fois plus l’événement que CNews.

Des nouvelles de l’Observatoire : presse écrite, mésinformation climatique et publicité

  • L’Observatoire des Médias sur l’Écologie s’élargit à la presse écrite en février 2026 ! Il mesurera la couverture des enjeux environnementaux dans les principaux titres de la presse quotidienne et régionale, des magazines d’information généralistes et sur certains sites d’information. Le lancement de ce nouveau volet préparé depuis un an aura lieu le 26 février au Théâtre de la Concorde dans le cadre d’un événement grand public.
  • Après l’information générale et politique, l’OMÉ s’ouvre aux contenus de la publicité. Dans les mois à venir il explorera les méthodes pertinentes pour analyser les discours publicitaires et détecter le greenwashing à proximité des programmes d’information.
  • Depuis janvier 2025 l’Observatoire mesure la mésinformation climatique dans les médias audiovisuels français. Grâce à des méthodes semi-automatisées et la vérification par les fact-checkers Science Feedback, la plateforme permet notamment de suivre quels sont les grands narratifs fallacieux sur les enjeux climatiques.
  • Enfin, du nouveau du côté des organisations : deux associations ont rejoint le consortium de l’OMÉ, Éclaircies et Science Feedback, respectivement en charge des mesures ciblant la publicité et la désinformation climatique.

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