flux Ecologie

Le collectif STOP Croisières mobilise autour de la lutte contre l’industrie de plaisance des navires de croisières. Ses conséquences sur la qualité de la mer et de l’air entraînent de graves problèmes sanitaires pour les habitants qui vivent à proximité du trafic maritime, des zones de débarquement et en ville. Nous luttons pour permettre à la population locale de vivre sereinement sans atteinte à sa santé et à préserver le milieu marin.

▸ les 10 dernières parutions

18.02.2026 à 21:54

Message aux candidat·es aux élections municipales de Marseille

apolipo@proton.me

Texte intégral (791 mots)

Chères candidates, chers candidats,

Depuis 2022, notre collectif citoyen, regroupant militant·es et habitant·es de Marseille se réunit, enquête, s’informe, et réfléchit à la problématique des croisières qui s’impose dans notre cité phocéenne. Nous sommes devenus en quatre ans un observatoire sur le sujet et nous vous proposons de vous apporter quelques éléments pour orienter votre politique, si vous êtes élu·e à la mairie de Marseille.

Nul ne peut aujourd’hui ignorer l’impact sociétal et écologique que provoquent ces mastodontes des mers sur notre ville, nos mers et notre planète. Les effets vont bien au delà de la pollution de l’air, moult fois pointés du doigt pour ses conséquences sur notre santé et minimisés par les solutions partielles apportées par le secteur portuaire et les armateurs. La croissance de l’industrie de la croisière, plébiscitée aujourd’hui dans la stratégie du GPMM met aussi en danger la biodiversité marine (acidification des océans, collisions avec les cétacés, rejets de polluants, nuisances sonores et lumineuses), accélère par ses émissions de gaz à effet de serre le dérèglement climatique planétaire et pompe nos ressources en énergie et en matériaux.

    Le modèle des croisières entache également notre économie, en surfant sur des lois dans divers pays pour s’exonérer de taxes et en proposant des missions précaires aux travailleurs et travailleuses qui embarquent sur les navires, où les délits ou crimes sont noyés dans des juridictions consciemment complexes. Le retour sur investissement pour les villes qui accueillent reste nébuleux. Les études commanditées par le secteur intéressé ne semblent ni neutres, ni justes et ne prennent jamais en compte le coût sanitaire que l’activité engendre pour le contribuable. 

    Le tourisme de croisières génère que peu de nuitées et peu d’activités lucratives car le temps passé à terre est trop faible pour découvrir qualitativement Marseille et la Provence. Pour gagner du temps, les tours organisés pour les passagers qui débarquent, sont fait par les compagnies elles-mêmes en s’appuyant sur des activités au rabais afin de maximiser les profits. Et même, des activités sont proposées à bord pendant la journée, ce qui incite les croisieristes à ne pas débarquer.

    Un nouveau type de tourisme de croisières émerge également : Les croisières « haut de gamme ». Plus coûteuses pour le passager, elles sont aussi plus coûteuses pour l’environnement car si l’on rapporte les nuisances du navire au nombre de passagers qu’elles accueillent, le bilan par personne est d’autant plus lourd. Malgré l’argent avancé, aucune monnaie ne peut compenser la destruction engendrée. Malgré les gains économiques souvent vantés, aucun d’entre eux ne peuvent compensés les dommages causés. 

     Il nous semble important que la municipalité future s’engage, dans la limite de ses compétences, dans une démarche de ralentissement du tourisme de croisières à Marseille au profit d’activités plus vertueuses.

    Pour cela, nous vous proposons de :

    – Se positionner auprès des autorités compétentes pour demander une réduction de l’activité, comme ont pu le faire le maire de Nice ou le maire de Cannes auprès de la préfecture des Alpes maritimes.

    – Limiter ce type de tourisme en poursuivant par exemple, plus largement, la réglementation de la circulation des cars de croisiéristes dans le centre-ville.

    – Communiquer aux marseillais·es de façon transparente sur l’impact de la croisière à Marseille. Pour cela, nous vous invitons à commander dès le début du mandat une étude indépendante sur les impacts sanitaires, socio-économiques et environnementaux du secteur et transmettre les résultats aux habitant·es. 

    – Empêcher l’installation d’un terminal de croisières de luxe au J4, comme il est actuellement prévu dans la stratégie du GPPM. Pour cela, il est primordial que la future municipalité se réaffirme dans la gouvernance du GPMM et défende des alternatives plus bénéfiques pour les marseillais.es dans les choix stratégiques de l’avenir du port. 

    L’ensemble de nos propos sont étayées et sourcés dans notre argumentaire que vous trouverez ici sur notre site. Nous sommes disponibles pour vous rencontrer et échanger sur ces sujets.

    PDF
    25.06.2025 à 10:51

    Consultation Citoyenne pirate sur l’avenir du J4

    Collectif Stop Croisières

    Texte intégral (1638 mots)

    Le J4 est l’esplanade du Mucem, à Marseille (récemment renommée « esplanade Gisèle Halimi »). Le Grand Port Maritime de Marseille (le GPMM) a pour projet d’y construire un terminal de croisières de luxe. En décembre 2024, les armateurs qui avaient remporté le marché ont jeté l’éponge. Cependant, le GPMM souhaite relancer ce projet qui va a l’encontre de toute considération écologique et sociale à Marseille et a publié un nouvel appel d’offre en février.

    Nous allons répondre à cet appel d’offre pour porter une réponse alternative à ce projet, qui soit construite avec et dans l’intérêt des citoyen·nes

    Le samedi 7 juin, Stop Croisières était sur l’esplanade de La Major pour interroger les habitant·es et les personnes de passage sur leurs souhaits d’aménagement de cet espace. Nous avons organisé des ateliers participatifs pour faire émerger des idées, et nous avons aussi interrogé les visiteur·euses.

    Ateliers de réflexion et de construction

    Historiquement, le J4 a subi plusieurs mutations au fil des grands plans d’aménagement portuaires et urbains : depuis le port marchand jusqu’à l’Esplanade avec les musées que nous connaissons aujourd’hui.

    Le projet de terminal de croisières de luxe consiste en la construction d’une gare maritime de 1000 m² par 11 m de haut (maximum). Il comprend aussi l’augmentation du nombre d’escales avec l’ambition de passer de 40 (le nombre d’escales moyen avant 2023) à plus de 100 escales par an.

    Ci-dessous plus de détails sur l’histoire du J4 et le projet du GPMM :

    L’histoire des mutations du J4 et le projet actuel · voir en grand ↗

    Lors de cette journée, de nombreuses idées ont émergé. Les thèmes qui sont revenus les plus fréquemment sont :

    • végétalisation et fraîcheur,
    • espaces sportifs et ludiques,
    • promenade, accessibilité, ouverture, baignade,
    • activités en lien avec la mer et le port,
    • espaces de rencontre, d’art ou de culture, d’évènements,
    • calme et contemplation.

    La synthèse complète des idées est disponible ici.

    Des post-its et des dessins suite à l’atelier

    Les participant·es plébiscitent un avenir très différent de celui envisagé par le GPMM pour cet espace, plus ouvert, vivant, convivial, frais et moins mercantile. Ce sont aussi des options qui vont beaucoup plus dans le sens de l’adaptation climatique, de la préservation de la biodiversité et de la réduction de nos émissions de gazs à effets de serre. Les croisières ont de nombreux effets néfastes : émissions de CO2, de NOx, de SOx, pollution des eaux… voir notre argumentaire pour plus de détails. Les croisières de luxe ne dérogent pas à cette règle : malgré les tentatives de verdissement de surface des armateurs, les émissions par voyageur·se sont encore plus élevées que pour les croisières classiques. Malgré le prix des billets, ils ne font même pas l’effort de sortir du système des pavillons de complaisance.

    Ci-dessous un deuxième poster rappelant la croissance de ce secteur et ses externalités négatives :

    L’impact des croisières · voir en grand ↗


    Nous sommes en train de constituer un groupe de travail pour proposer un projet alternatif à ce terminal de Stop Croisières. Écrivez-nous à contact@stop-croisieres.org si vous êtes curieux·se ou souhaitez participer, toute contribution est bienvenue !

    PDF
    12.02.2025 à 17:33

    L’avenir du port de Marseille décidé sans les marseillais•es 

    Collectif Stop Croisières

    Texte intégral (1062 mots)

    Une belle scène en bas du Vieux Port : Emmanuel Macron et Narendra Modi pour dérouler un avenir de libre échanges pour Marseille (nouvelle route maritime et ferroviaire entre l’Inde et la France). « Jusqu’ici tout va bien » pour les grandes entreprises et leurs actionnaires qui vont même gagner 3 jours par rapport au canal de Suez ! Fabuleux, Marseille n’attendait que ça ! 

    Une simple continuation de la politique menée par Emmanuel Macron depuis sa première élection en 2017: gouverner seul, d’abord avec une majorité au parlement, puis sans. Poser des questions, appeler aux débats citoyens, appeler au vote, puis ne pas écouter et ne faire qu’à sa manière.

    Ce qui est vrai pour le national se retrouve malheureusement à Marseille qui sera le point d’arrivée et de départ de cette « nouvelle route des épices » jusqu’à Mundra en Inde pour augmenter de 40% nos échanges commerciaux. D’épices, point; mais du pétrole, des métaux et des données !

    D’abord de faux débats organisés sur l’avenir de la côte méditerranéenne sous l’égide de la commission nationale du débat public (CNDP) qui restreint le cadre même des échanges puis ne répond plus aux questions citoyennes. Le choix citoyen se limite en effet à l’endroit où seront les éoliennes… Pourquoi ces nouvelles éoliennes ? Pourquoi cette puissance ? Pourquoi pas des panneaux sur les toits et parkings de la région la plus ensoleillée de France ? Est-ce que cela électrifira des bateaux de croisières dont nous pourrions très bien nous passer ? Est-ce que cette énergie servira à produire des carburants bas carbone pour alimenter des avions de Ryanair dont nous pourrions bien nous passer ?

    Ces questions ne sont pas à l’ordre du jour. 

    Quel plan de diminution des émissions globales du port de Marseille-Fos ? Cette question n’est pas non plus à l’ordre du jour et personne à la CNDP ni au GPMM n’est capable d’y répondre. 

    Est-ce ceci la croissance verte ? Investir sans trop savoir pourquoi ? Investir pour agir ? Agir pour agir quitte à dire n’importe quoi en annoncant un réacteur nucléaire à Marseille ? 

    A Nice, l’annonce de Mr Estrosi ne trompera personne, loin des considérations environnementales, sa décision de refuser les bateaux de plus de 900 croisiéristes n’est qu’un indécent tri de touristes. Mr Estrosi en agrandissant son aéroport et en ouvrant la porte aux croisières haut de gamme favorise un certain type de business sous couvert de ce que les médias ont appelé la  » lutte contre le surtourisme ». Or, quelle est la différence entre un touriste aérien et un croisiériste ? Le simple fait que l’un des deux réservera un lit pour dormir et consommera localement pour manger. Pour la croisière haut de gamme, le manque à gagner est compensé par les dépenses élevées sur place dans les commerces de luxe. La différence est donc économique, comme toujours chez les libéraux. 

    Loin de nous l’idée de défendre les gros bateaux de croisières, mais dans ce cas soyons cohérent jusqu’au bout en organisant ensemble une sortie complète de ce business d’ici 5 à 10 ans en France puis sur tout le pourtour méditerranéen. Cela permettrait de reconvertir les emplois déjà créés et d’imaginer collectivement l’avenir de la côte méditerranéenne. Cet avenir sera nécessairement soutenable. Qui peut croire à une prospérité sans une Méditerranée saine ? Qui peut croire à un marché de l’emploi dynamique dans des villes surpolluées ? Les touristes se détournent de l’Inde à cause de la surpollution, voulons-nous un même avenir en France ? 

    Le collectif Stop Croisières est force de propositions, ayant notamment engagé des discussions avec la CGT du port et la mairie. Tout le monde semble ouvert à un avenir soutenable s’il est économiquement viable. 

    Il est dommage de constater que les banques, les assurances et l’état sont plus motivés pour financer des projets insoutenables que d’investir en l’avenir. Et cela se retrouve sur le marché de l’emploi qui est toujours très dynamique dans le pétrole et le gaz, l’aéronautique ou la logistique. Il est clair que les bénéfices écologiques ne rentrent pas dans le court termisme des calendriers électoraux, ni dans les objectifs de carrières des manageurs. 

    Pourtant, des projets collectifs soutenables pourraient être bénéficiaires pour une grande diversité de personnes, mais qui souhaite vraiment ces cobénéfices ? Pas un président qui parle de « prédateurs » à propos de la société qu’il fantasme. Dans son monde il faut gagner, en marchant sur les autres, en mangeant les autres. Une victoire collective est présentée comme un miracle plutôt qu’un programme politique. Alors, dans le vide peut-être, mais nous continuerons à travailler pour un avenir collectif, avec de la démocratie réelle, avec des bénéficiaires aussi diverses que notre société peut l’être grâce, ou à cause, de notre histoire. 

    Penser global, agir local

    Une autre Marseille est possible et désirable. Une Marseille hospitalière pour les personnes de passage et pour les habitantes et habitants. Une Marseille créatrice de bonheurs collectifs comme elle sait le faire parfois. Alors imaginons cet avenir ensemble. Imaginons d’abord le port de demain que les habitantes et habitants et les personnes de passage ont construit années après années. Retirons les barrières qui séparent depuis 24 ans les marseillais·es de leur port rompant ainsi avec une longue histoire commune. Bâtissons une école de la mer durable, une auberge de jeunesse flottante, des espaces de nouveau libres et gratuits, un restaurant populaire, des anneaux solidaires et adaptés pour accueillir des voiliers cargos plutôt que des yachts ou des croisières de la dernière chance vers les pôles condamnés par nos émissions croissantes, … Les alternatives possibles ne manquent pas !

    Venez les explorer avec nous !!

    PDF
    22.09.2024 à 18:11

    A Marseille, le grand port maritime bloqué par Stop Croisières et Extinction Rebellion lors des Journées Européennes du Patrimoine

    Collectif Stop Croisières

    Texte intégral (1837 mots)


    Le samedi 21 septembre, à 6h30, des militant.es des collectifs Extinction Rebellion et Stop Croisières ont bloqué la passe nord du grand port maritime de Marseille sur des canoës pour dénoncer la destruction du patrimoine maritime par l’industrie de la croisière.

    MSC World Europa, AIDAstella et Costa Smeralda empêchés d’accoster

    Le blocage des 3 paquebots MSC World Europa, AIDAstella et Costa Smeralda a duré 2h avant que les militant.es ne soient évacué.es par les forces de l’ordre. Sur les 20 personnes interpellées, toutes ont été relâchées en début d’après-midi.

    Cette action s’inscrit dans la série d’actions menées cet été par le collectif Européen ECAN, avec une campagne ayant mené des actions menées dans 20 villes portuaires.

    Destruction du patrimoine maritime par l’industrie des croisières

    Par cette action, les collectifs dénoncent le détournement du littoral, patrimoine maritime commun, pour une activité privée de loisirs et l’enrichissement de quelques-uns, le bénéfice économique étant capté par les compagnies de croisières et non par la ville, au détriment de la santé des riverain.es, de l’environnement et de la mer. Le littoral, riche de par l’air marin et frais qu’il pourrait apporter, devient de plus en plus une source de nuisances pour les marseillais.es, apportant particules fines, suies et maladies pulmonaires.

    Extinction Rebellion et Stop Croisières s’opposent à la place croissante que prend le tourisme de croisière dans la ville de Marseille et dans son port. Avec 2.5 millions de croisiéristes reçus en 2023 (1 million de plus que l’année précédente) contre 1.5 millions de passagers de ferrys, le port de Marseille est devenu avant tout un port de croisières. Aucune réflexion collective n’a été mise en place et les marseillais.es n’ont pas eu leur mot à dire sur cette évolution.

    Cet été a été le plus chaud jamais enregistré, les canicules marines se répètent, avec une mer Méditerranée à 30 degrés en surface étouffant les créatures marines et les catastrophes naturelles devient de plus en plus fréquentes (incendie géant aux portes d’Athènes et à Madère, records de température en arctique). Malgré les appels répétés à la sobriété du secrétaire général de l’ONU, malgré l’indéniable et urgent besoin de réduire nos impacts sur la biodiversité et le climat, l’industrie des croisières poursuit sa course aux excès. Toujours plus, toujours plus grand, toujours plus extravagant.

    Stop Croisières et Extinction Rebellion appellent à penser dès maintenant la planification de la fin des croisières, pour accompagner la reconversion du port vers des activités utiles socialement en préservant les emplois, à rediriger les projets d’électrification des quais vers les ferrys et le chantier naval, à renoncer au projet de nouveau terminal d’accueil de croisières de luxe au J4 et à une communication ouverte et transparente sur les impacts sanitaires et environnement de l’industrie des croisières.

    Profitons des Journées Européennes du Patrimoine, mettant cette année le patrimoine maritime à l’honneur, pour penser collectivement comment valoriser ce patrimoine commun. Souhaitons-nous en faire un objet de consommation ou un lieu de vie et d’hospitalité ? Comment préserver la richesse de ce bien commun, et en imaginer un partage qui ne mette pas en péril la santé des un.es pour l’enrichissement d’une poignée d’autres ?

    PDF
    4 / 10

    🌱 Bon Pote
    Actu-Environnement
    Amis de la Terre
    Aspas
    Biodiversité-sous-nos-pieds

    🌱 Bloom
    Canopée
    Décroissance (la)
    Deep Green Resistance
    Déroute des routes
    Faîte et Racines
    🌱 Fracas
    F.N.E (AURA)
    Greenpeace Fr
    JNE
    La Relève et la Peste
    La Terre
    Le Lierre
    Le Sauvage
    Low-Tech Mag.
    Motus & Langue pendue
    Mountain Wilderness
    Negawatt
    🌱 Observatoire de l'Anthropocène

    🌱 Reporterre
    Présages
    Reclaim Finance
    Réseau Action Climat
    Résilience Montagne
    SOS Forêt France
    Stop Croisières

    🌱 Terrestres

    🌱 350.org
    Vert.eco
    Vous n'êtes pas seuls