pour la lutte sociale
BLOG COLLECTIF - L.N Chantereau, Olivier Delbeke, Robert Duguet, Alexis Mayet, Luigi Milo, Vincent Presumey ...
Publié le 29.11.2025 à 10:36
Your Party : combattre l’interdiction des socialistes ! Par Will Roberts.
aplutsoc
Publié le 29.11.2025 à 09:41
La gauche et l’anti-impérialisme : de Hands off Ethiopia à Hands off Ukraine ? Par Martin Gallié.
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Publié le 28.11.2025 à 19:48
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Publié le 28.11.2025 à 19:19
29 novembre : manifestation nationale pour la Palestine à Paris.
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Publié le 28.11.2025 à 19:00
Cela se passe sous nos yeux depuis plus de deux ans ! Par Jean Yves Lalanne, l’APRES.
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Publié le 29.11.2025 à 10:36
Your Party : combattre l’interdiction des socialistes ! Par Will Roberts.
La veille de la conférence [fondatrice] de Your Party, Lewis Nielsen, secrétaire national du SWP, a annoncé qu’il avait été expulsé du parti [en formation].
Le courriel qu’il a reçu de l’équipe en charge des adhésions cite des « règles d’adhésion provisoires » qui comprennent des dispositions sur l’expulsion pour ceux qui sont membres d’autres « partis politiques nationaux ».
Ces règles devraient être soumises au vote lors de la conférence de ce week-end. Le fait qu’une purge de la gauche socialiste ait commencé avant même la conférence constitue une attaque contre la démocratie du nouveau parti.
Your Party est l’occasion d’unir les socialistes à travers le pays sous un même toit. Nous devrions saisir cette occasion avec les deux mains et encourager autant d’unité que possible dans l’action au sein du parti.
Peu importe que vous aimiez ou non le SWP. Nous avons des critiques extrêmement fortes à l’égard de cette organisation, et nous les avons formulées depuis environ 60 ans. Mais un parti de toute la gauche signifie justement cela. Les purges menées par une direction non élue pour influencer les débats lors du congrès fondateur vont à l’encontre de tout ce que Your Party devrait représenter.
Les membres devraient s’opposer à cette expulsion, demander que Nielsen et d’autres soient réintégrés, et faire campagne pour un parti de tous les socialistes, sans interdiction ni chasse aux sorcières, lors de la conférence elle-même. Une blessure à l’un d’entre nous est une blessure à tous !
Will Roberts, 28/11/2025.
Source : https://www.workersliberty.org/story/2025-11-28/your-party-fight-ban-socialists
Publié le 29.11.2025 à 09:41
La gauche et l’anti-impérialisme : de Hands off Ethiopia à Hands off Ukraine ? Par Martin Gallié.
Il y a 90 ans, à l’automne 1935, l’Italie fasciste de Mussolini envahissait l’Éthiopie du dictateur Négus. Cette guerre coloniale et impérialiste coutera la vie, selon certaines estimations, à au moins 760 000 éthiopien·nes.
Il y a bientôt quatre ans, en février 2022, la Russie néofasciste de Poutine envahissait l’Ukraine du néolibéral Zelensky. Cette guerre coloniale et impérialiste a déjà couté la vie de centaines de milliers de personnes. Et elle n’est pas finie.
Certes, les analogies historiques sont toujours très contestables. Et, évidemment, l’Italie et l’Éthiopie de 1935 ne sont pas la Russie et l’Ukraine de 2025. Mais il n’est pas inutile nous semble-t-il de s’interroger sur la manière dont la gauche a historiquement réagi face à des agressions coloniales et impérialistes. Cela permet, minimalement, de mettre en perspectives certaines prises de position actuelles. Et ici, comment ne pas voir une certaine homologie entre le refus du Komintern et de l’ensemble des partis communistes staliniens de soutenir militairement l’Éthiopie en 1935 d’une part et le refus de la majeure partie de la gauche radicale d’aujourd’hui de soutenir militairement l’Ukraine d’autre part ? Comment ne pas noter les similitudes dans les arguments avancés par les pacifistes, les chauvin·nes, les « réalistes » et autres stalinien·nes d’hier avec ceux des pacifistes, des chauvin·nes, des « réalistes » et autres néostalinien·nes d’aujourd’hui ?
Ce n’est pas un souvenir très glorieux – ce qui explique peut être pourquoi cet épisode historique reste largement méconnu – mais en 1935, les partis communistes du Komintern et une bonne partie de la gauche de la planète, refusent de soutenir militairement la résistance éthiopienne contre l’agression coloniale italienne (sans parler ici, de ceux qui soutiennent alors l’agression à grande échelle, au nom de la « civilisation » ou des intérêts italiens sur place).
Pour certains, le refus d’aider militairement l’Ethiopie est alors justifié au nom du pacifisme ou du chauvinisme, la priorité étant donnée à la lutte « nationale » contre la montée du nazisme. Pour beaucoup d’autres, l’argumentaire repose sur l’idée que les régimes politiques italien et éthiopien se valent (« on ne soutiendra ni le fasciste Mussolini ni l’Empereur Haïlé Sélassié 1er ») et parce qu’il est hors de question d’armer un dictateur africain considéré comme un allié des impérialistes, que ce soit l’Angleterre, la France ou les États-Unis (Fronczak, 2015). À titre d’exemple, l’exécutif de l’Independant Labour Party britannique affirme en 1935 que « la différence entre les deux dictateurs rivaux et les intérêts qui les sous-tendent ne valent pas la perte d’une seule vie britannique » (Oppen, 2022).
En 2025, le refus de la gauche radicale de soutenir militairement l’Ukraine repose grosso modo sur les mêmes arguments (sans parler ici de ceux qui justifient l’agression à grande échelle et la colonisation au nom de la « grande Russie » ou de la défense des russophones de l’Est de l’Ukraine).
Pour beaucoup, c’est toujours au nom du pacifisme, du chauvinisme ou du « réalisme » que l’on s’oppose aux livraisons d’armes. Cette position repose plus ou moins grossièrement sur des formules du genre : « On veut des services de santé, pas des F35″ ; »Les ménages européens ne peuvent pas supporter une nouvelle augmentation des coûts de l’énergie » ; « Soyons réalistes, l’Ukraine ne peut pas gagner la guerre alors arrêtons le massacre et de dépenser inutilement de l’argent » ; « Laissons Poutine tranquille, il nous laissera tranquille » etc.
Pour beaucoup d’autres, des gauchistes ou des néostaliniens, ce refus repose par ailleurs sur la conviction que les régimes politiques russe et ukrainien se valent ou se confondent (« on ne soutient ni le fasciste Poutine, ni le néolibéral-fasciste Zelensky ») et il est hors de question de livrer des armes à un dictateur allié des impérialistes étatsuniens, de l’OTAN, de la CIA ou de l’Union européenne néolibérale.
Dans le monde francophone occidental, c’est la position de Québec solidaire, de La France Insoumise (on n’est pas près d’oublier les sorties de Mélenchon sur l’OTAN « agresseur » la vieille du 22 février 2022 ou de « Zelensky, le président de rien » ) en passant par le Parti du Travail Belge (PTB), comme des indécrottables défenseurs de la « neutralité » Suisse (voir ce communiqué du PST, par exemple) qui tous refusent, pour l’un ou l’autre de ces motifs, de soutenir militairement l’Ukraine.
Ainsi, au mieux (en oubliant les pacifistes et les chauvin·nes qui ne veulent même pas parler de solidarité armée), pour cette gauche de 1935 ou de 2025, un peuple agressé ne mérite des armes qu’à la condition d’avoir « un bon gouvernement », selon eux et selon des critères très flous et mouvants.
Pour être plus clair ou plus concret, en 1935, pour justifier leur inaction, les partis staliniens du monde entier répéteront que, bien évidemment, ils sont solidaires du « peuple éthiopien ». En revanche, ils s’opposent, tout aussi évidemment, au gouvernement et à l’« l’Éthiopie fasciste » (Fronczak, 2015). Il n’est donc pas question de lui fournir des armes. George Padmore – militant anti-impérialiste et futur représentant du panafricanisme – dénoncera alors cette rhétorique communiste mensongère et l’ignoble duplicité de l’Union soviétique en rappelant que concrètement « pas un rouble n’a été envoyé en Abyssinie, pas un pansement, pas une tonne de blé », ni au « peuple éthiopien » ni au « Gouvernement éthiopien ». De même, C.L.R. James, militant trotskyste et antiraciste, dénoncera le racisme de cette ligne politique inconséquente, qui revient concrètement à ignorer les appels à l’aide des peuples non-européens colonisés (Fronczak, 2015 ; Buchanan, 2016).
En 2025, cette même gauche « réaliste » affirme régulièrement qu’elle est sincèrement solidaire avec le « peuple ukrainien » tout en s’exprimant et votant contre toute aide militaire au gouvernement néolibéral de Zelensky, la « marionnette de l’OTAN », que ce soit au nom de la paix ou de la « désescalade » (voir en ce sens, les prises de positions du groupe The Left au Parlement Européen). Et quand on cherche des actes de solidarité de cette gauche avec le « peuple ukrainien », les seules actions concrètes que l’on peut trouver pour le moment c’est un soutien ostensible aux anciens partis staliniens (ukrainiens ou russes), à des militants racistes, des « influenceurs gauchistes et crétins du Post-Soviet Left » (PSL), corrompus et masculinistes, en leur donnant la parole dans des grandes messes « pacifistes », comme le meeting organisé par LFI et Your Party, les 4 et 5 octobre 2025 à Paris.
Bref, dans les deux cas, pour cette gauche qui refuse de répondre aux appels à la solidarité armée d’un peuple envahi et colonisé, la lutte pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est secondarisée, voire totalement ignorée. Cette gauche préfère définir et déterminer de l’extérieur, sans et contre les premiers concerné·es, bien loin des bombes et des drones, ses propres priorités politiques : pour les uns la priorité sera le pacifisme, pour les autres la lutte contre le régime « fasciste » du Négus ou de Zelensky ou encore la lutte des classes.
Depuis 1935, on dispose toutefois d’importantes données historiques qui autorisent à douter que l’absence de solidarité armée avec le gouvernement du Négus en 1935, la défaite, le massacre et la colonisation des éthiopien·nes aient contribué d’une quelconque manière à la paix, à la lutte contre le fascisme et le nazisme ou à l’émancipation du prolétariat. On pourrait même être tenté de faire l’hypothèse inverse.
Quoiqu’il en soit, l’argumentaire et la politique déployée par les pacifistes ou les staliniens en 1935, ne sont pas les seuls points de comparaison possibles avec leurs épigones de 2025.
Par exemple, dans les deux cas également, en 1935 comme en 2025, les sanctions internationales ne ciblent pas, ou mal, les matières premières et autorisent au su et au vu de tous et toutes, la puissance impérialiste à poursuivre sa guerre de conquête. Les prétendues puissances « ennemies » continuent ainsi de s’entre-aider économiquement et militairement. W.E.B. du Bois révèlera ainsi dans The Crisis, la revue de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) comment l’URSS stalinienne, la « patrie du prolétariat », continue en pleine guerre de fournir du pétrole et du blé aux fascistes italiens de Mussolini (Weiss, 2018). Tout comme aujourd’hui, les États-Unis de Trump (ceux-là même qui seraient toujours en train d’encercler et d’agresser la Russie) continuent de commercer et de faire des « deals » avec la Russie de Poutine (au point d’envisager de creuser un tunnel déjà nommé Poutine-Trump sous le détroit de Béring). Dans les deux cas, cette gauche dénonce sans cesse l’hypocrisie occidentale et l’inefficacité des sanctions, mais sans réclamer leur durcissement ou, si c’est le cas, tout doucement de peur de contribuer à augmenter le coût du chauffage des ménages occidentaux.
Dans les deux cas, les impérialistes ont également proposé au peuple envahi des « deals » en échange de leur appui et de la paix, des deals qui sont toujours de véritables rackets [1]. Et ces rackets reçoivent parfois le soutien de cette gauche, au nom du réalisme et de la paix (« il faut bien commencer à négocier, et négocier implique des concessions et de savoir faire le dos rond »), toujours sans consulter les intéressés (pour quoi faire ?), en évitant soigneusement de se poser la question de qui en subira les conséquences, de qui en cas de « compromis » ou de « de défaite, va subir l’exil, la famine, la torture, la dictature, et toutes ces choses qui accompagnent la victoire d’un Etat autoritaire ? ».
Et évidemment, dans les deux cas, cette gauche, qu’elle se nomme socialiste ou aujourd’hui décoloniale, ignore les appels à l’aide et à la solidarité armée des travailleurs et des travailleuses colonisé·es. Elle abandonne ainsi le principe même de la solidarité socialiste internationale, l’internationalisme.
Mais 90 ans après le début de cette guerre coloniale largement oubliée et monstrueuse, il faut aussi se rappeler qu’elle fut aussi l’occasion de voir émerger l’une des plus importantes mobilisations internationalistes de l’histoire ouvrière, une mobilisation planétaire encore plus méconnue que la guerre elle-même, qui contribua pourtant à populariser le slogan « Hands off » (après Hands off China, en 1925) aujourd’hui repris par des millions de manifestants états-unien·nes qui se battent contre le régime de Trump.
Cette mobilisation de 1935 s’est construite à la base, contre la gauche vérolée par le stalinisme, contre le pacifisme capitulard et finalement complice des colons et impérialistes, contre le racisme, contre l’hypocrisie des puissances occidentales et l’impuissance de la Société des Nations (SdN). Une mobilisation qui donnera lieu à d’innombrables et parfois immenses manifestations à Londres, New York, Paris, au Ghana, au Nigeria, au Japon, au Brésil, en passant par l’Égypte, la Tunisie ou l’Inde. Une mobilisation au cours de laquelle des campagnes d’enrôlement seront organisées, tout comme de nombreuses actions visant à bloquer les livraisons d’armes dans des ports du monde entier. Une mobilisation, enfin, qui marquera un tournant dans les mobilisations antiracistes et anticoloniales en Afrique en particulier et qui contribuera à la mise sur pied des Brigades internationales de la guerre civile espagnole.
Ces 90 ans ce sont donc aussi ceux d’une mobilisation ouvrière qui a permis de sauver l’honneur de la classe ouvrière internationale et surtout de construire des liens de solidarités contre les tyrans, des liens amenés à durer dans le temps. Alors, Hands off Ethiopia ! Hands off Ukraine ! Hands off Palestine ! Hands off Soudan ! Hands off Venezuela ! Hands off New York…
Martin Gallié
Membre de l’Alliance Canadienne de solidarité avec l’Ukraine (CASU) et du Réseau de solidarité avec l’Ukraine (RESU). Merci à O.D. pour les précieuses suggestions.
Les citations proviennent d’un premier texte, publié en avril 2025 dans PTAG.
[1] Soucieux de ne pas intervenir, le Département d’État étatsunien dû contraindre la Standard-Vacuum Oil co. à renoncer à un « contrat pétrolier » conclut pendant la guerre avec l’Empereur éthiopien dans une tentative désespérée de ce dernier d’impliquer les États-Unis dans le conflit . Ce « deal » prévoyait la « location » de la moitié du territoire éthiopien à la compagnie pétrolière. À noter qu’ en mars 1945, une fois revenu au pouvoir, l’Empereur conclut de nouveau un accord avec Harry Ford (« Sinco ») Sinclair, le président de Sinclair Oil Corp. Selon le Time, ce dernier aurait « obtenu d’Hailé Sélassié une concession de 50 ans lui donnant des droits exclusifs sur tout le pétrole qu’il pourrait trouver sur les 350 000 miles carrés de l’Éthiopie… Et 90 ans plus tard, en février 2025, le Gouvernement des États-Unis a tenté à son tour d’imposer à l’Ukraine un « deal » globalement homologue, l’acquisition de la moitié des ressources minières de l’Ukraine. « Oil Sinco places a bet », Time, https://time.com/archive/6792001/oil-sinco-places-a-bet/ ; sur le « Deal » avec l’Ukraine ; « Trump vient-il de signer un traité inégal ? », Le Grand Continent, 27 février 2025, https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/27/trump-vient-il-de-faire-signer-a-lukraine-un-traite-inegal-le-texte-integral-de-laccord-etats-unis-ukraine-sur-les-mineraux-critiques/
Publié le 28.11.2025 à 19:48
LES INTIMIDATIONS IMPÉRIALISTES sont rarement aussi ouvertes et effrontées. Donald Trump a exigé la semaine dernière que l’Ukraine accepte son plan de capitulation avant le jour de Thanksgiving, le 27 novembre, sous peine de perdre le peu de soutien américain qui lui reste, à savoir le partage de renseignements satellitaires sur les positions militaires russes et la vente d’armes à l’Ukraine via des acheteurs européens. Trump a mis fin à toute autre aide militaire et économique à l’Ukraine lorsqu’il est revenu au pouvoir en janvier.
Trump se défile toujours lorsqu’il s’agit de faire pression sur la Russie. Toute la pression a été exercée sur l’Ukraine pour qu’elle capitule. Le soi-disant plan de « paix » de Trump lui a donné l’excuse pour ne pas appliquer les sanctions secondaires contre les pays achetant du pétrole aux compagnies pétrolières russes Lukoil et Rosneft, qui devaient entrer en vigueur le 21 novembre.
Le nouveau plan de Trump est la quatrième version d’un plan de paix fondamentalement identique à celui qu’il a proposé cette année. Ce plan soutient les objectifs de guerre de la Russie et retire tout soutien américain à l’Ukraine. Cette version a été négociée entre les représentants américains et russes sans la présence des Ukrainiens. Elle est présentée à l’Ukraine comme un accord définitif à prendre ou à laisser. Parmi les 28 points qu’il contient, on trouve notamment :
• L’Ukraine désarme. Ses forces militaires sont réduites à 600 000 soldats, soit 40 % de ses effectifs actuels. Les forces russes présentes dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie ne sont soumises à aucune restriction.
• L’Ukraine ne peut accueillir aucune troupe étrangère sur son sol. Le déploiement par la Russie de forces mercenaires nord-coréennes et étrangères dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie n’est soumis à aucune restriction.
• L’Ukraine ne peut recevoir aucune aide militaire ni aucune arme provenant de l’extérieur de l’Ukraine. La Russie peut continuer à recevoir des armes de l’Iran et de la Corée du Nord, ainsi que des composants essentiels pour son équipement militaire de la Chine, sans aucune restriction.
• La guerre d’agression menée par la Russie est récompensée par la reconnaissance par l’Ukraine et les États-Unis des territoires pris de force comme faisant partie du territoire russe, avec en prime 2 500 miles carrés de terres du Donbass actuellement sous contrôle ukrainien. Ce que le plan de « paix » ne mentionne pas, c’est que ce transfert de territoire placera 250 000 Ukrainiens supplémentaires sous occupation russe, en plus des plus de 3 millions d’Ukrainiens déjà soumis au régime répressif de la Russie dans les territoires actuellement occupés.
• La Russie obtient l’amnistie pour ses crimes de guerre, à commencer par le crime de guerre suprême qu’est l’agression, dont découlent tous les autres crimes de guerre, comme l’a proclamé le Tribunal militaire de Nuremberg en 1946 et comme l’ont consacré le droit international, de la Charte des Nations unies de 1946 au Statut de Rome de 1998 instituant la Cour pénale internationale. La Cour pénale internationale a actuellement émis des mandats d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine et son commissaire aux droits de l’enfant pour le crime de guerre consistant à avoir enlevé des dizaines de milliers d’enfants ukrainiens vers la Russie, et contre quatre hauts commandants militaires russes pour les crimes de guerre consistant à avoir délibérément bombardé des civils et des infrastructures civiles loin des lignes de front, ainsi que pour la détention, la torture, le viol et l’exécution de prisonniers de guerre ukrainiens et de civils fidèles à l’Ukraine vivant dans les territoires occupés. L’amnistie couvrirait les opérateurs de drones russes FPV (First Person View) qui mènent des « safaris humains » pour assassiner des civils ukrainiens dans les villes et villages proches des lignes de front et s’en vantent dans les films snuff qu’ils publient sur les réseaux sociaux en ligne.
• Plutôt que de dire « la Russie n’envahira pas les pays voisins », le plan stipule « la Russie ne devrait pas envahir les pays voisins, et l’OTAN ne s’étendra pas davantage ». Ce soi-disant plan de paix est truffé d’ambiguïtés et de lacunes favorables à la Russie.
• « Un dialogue entre la Russie et l’OTAN, sous la médiation des États-Unis, sera organisé pour traiter toutes les questions de sécurité. » Le commandant suprême de l’OTAN est américain et les États-Unis sont désormais alliés à la Russie. Ce « dialogue » serait unilatéral, l’Ukraine en étant exclue.
• Les sanctions contre la Russie seront levées et les oligarques américains et russes reprendront leurs relations commerciales.
• « 100 milliards de dollars d’actifs russes gelés seront investis dans les efforts menés par les États-Unis pour la reconstruction et l’investissement en Ukraine. Les États-Unis recevront 50 % des bénéfices de cette initiative. » Pour Trump, tout est une question d’argent, et non de justice sociale, de droits de l’homme ou de droit international.
• « Un groupe de travail conjoint États-Unis-Russie sur la sécurité sera créé afin de faciliter et de garantir la mise en œuvre de toutes les dispositions du présent accord. » L’Ukraine est à nouveau exclue, tout comme ses alliés européens.
• « L’Ukraine organisera des élections dans 100 jours. » Cela fait écho à la rhétorique russe sur la « dénazification », c’est-à-dire le changement de régime au profit d’une marionnette russe. Des élections libres et équitables en Russie ne font pas partie de l’accord.
• Pas de cessez-le-feu tant que cet accord final n’aura pas été signé par la Russie et l’Ukraine. L’Ukraine a appelé à un cessez-le-feu afin de créer les conditions propices à des négociations fructueuses en vue d’un règlement de paix durable. La Russie insiste sur un règlement final avant un cessez-le-feu. Ce plan de paix confirme la position de la Russie.
• La mise en œuvre de l’accord sera surveillée et garantie par un Conseil de paix présidé par le président Donald J. Trump. Cette disposition est similaire au Conseil de paix présidé par Trump pour son plan de « paix » à Gaza.
Le plan en 28 points de Trump pour l’Ukraine ressemble beaucoup à son plan en 20 points pour Gaza. Aucun des deux ne fait respecter le droit international, ne protège les victimes ou ne tient les auteurs de l’agression coloniale et de l’occupation pour responsables. Tous deux punissent les victimes et récompensent les agresseurs. Tous deux excluent les colonisés de la gouvernance des territoires occupés. En n’exerçant pas leur droit de veto lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le plan d’occupation étrangère de Gaza, la Russie et la Chine se sont rendues complices de l’occupation coloniale de Gaza. Aujourd’hui, la Russie, son partenaire silencieux, la Chine, et les États-Unis se partagent l’Ukraine pour la piller de manière impérialiste. Les deux accords reflètent les préoccupations typiquement trumpiennes en matière de promotion immobilière et d’affaires commerciales. La Palestine est destinée à être développée comme une nouvelle Riviera pour les touristes étrangers fortunés, et non pour les Palestiniens indigènes. L’Ukraine est destinée à devenir une source de main-d’œuvre bon marché et ultra-exploitée, d’extraction de minéraux et de combustibles fossiles, et de transit de pipelines de carburant, tandis que les oligarques américains et russes gagnent de l’argent en Russie, comme le prévoit le plan Trump, « dans les domaines de l’énergie, des ressources naturelles, des infrastructures, de l’intelligence artificielle, des centres de données, des projets d’exploitation minière de terres rares dans l’Arctique et d’autres opportunités commerciales mutuellement avantageuses ».
Le Réseau de solidarité avec l’Ukraine (USN) dénonce cette tentative d’imposer un accord qui n’est pas acceptable pour le peuple ukrainien. L’USN continue de soutenir le droit du peuple ukrainien à l’autodétermination et à décider lui-même des conditions acceptables pour un accord de paix.
L’USN continuera à apporter un soutien moral, politique et matériel au peuple ukrainien dans sa résistance à l’invasion russe, à l’occupation des terres ukrainiennes et à la domination brutale exercée sur les populations des territoires occupés par la Russie. L’USN continuera à soutenir la guerre de résistance de l’Ukraine, son droit à déterminer les moyens et les objectifs de sa propre lutte, et son droit à obtenir les armes dont elle a besoin auprès de toute source disponible.
• Nous exigeons le retrait total et complet des troupes russes de l’ensemble du territoire ukrainien.
• Nous soutenons la résistance armée et non armée des Ukrainiens contre l’invasion russe.
• Nous soutenons les sanctions économiques contre la machine de guerre russe, y compris son élite politique, militaire et économique, son accès au système financier international, ses importations de technologies liées à l’armement et ses exportations de combustibles fossiles qui financent et alimentent la machine de guerre russe.*
• Nous exigeons que tous les Russes incarcérés pour résistance à la guerre et dissidence politique soient libérés.
• Nous exigeons que les dizaines de milliers d’enfants ukrainiens kidnappés en Russie et en Biélorussie soient renvoyés en Ukraine.
• Nous exigeons que les dizaines de milliers de civils ukrainiens des territoires occupés par la Russie, incarcérés pour s’être opposés à l’occupation, soient libérés et renvoyés en Ukraine.
• Nous soutenons l’octroi de l’asile aux États-Unis aux Ukrainiens, Russes, Biélorusses, Palestiniens, Soudanais, Haïtiens, Vénézuéliens, Afghans et à toutes les personnes qui cherchent à échapper à la répression politique et à la guerre.
• Nous nous opposons à l’amnistie des criminels de guerre russes.
• Nous exigeons l’annulation de toutes les dettes étrangères illégitimes et injustes de l’Ukraine.
• Nous exigeons la confiscation des avoirs russes à l’étranger afin de soutenir l’autodéfense militaire, les services sociaux et la reconstruction d’après-guerre de l’Ukraine.
• Nous exigeons que la Russie verse des réparations pour financer la reconstruction complète de l’Ukraine après la guerre.
• Nous nous opposons à la politique américaine qui consiste à imposer un programme économique néolibéral à l’Ukraine aujourd’hui et pour sa reconstruction après la guerre. La lutte des Ukrainiens pour l’autodétermination, la démocratie et la justice sociale se poursuivra. Nous soutenons les luttes politiques des syndicats ukrainiens, des organisations de femmes, des initiatives environnementales et des organisations politiques progressistes pour renverser les politiques néolibérales antisociales et anti-travailleurs du gouvernement ukrainien, pour étendre les droits sociaux, démocratiques et du travail, pour éliminer la corruption publique et pour mettre en œuvre une reconstruction juste et écologique de l’Ukraine.
Nous continuerons à organiser des campagnes d’aide matérielle et d’éducation publique reliant les syndicats, les organisations civiques et les organisations politiques progressistes aux États-Unis à leurs homologues en Ukraine.
Nous exhortons tous les opposants à l’impérialisme à se joindre à nous.
* La question des sanctions est complexe et controversée parmi les militants engagés dans la lutte de l’Ukraine. Il est particulièrement important aux États-Unis que nous ne nous accommodions pas de la politique prédatrice de l’État impérialiste américain. Le Réseau de solidarité avec l’Ukraine (USN) discutera de ces questions à mesure que la trahison de l’Ukraine se déroulera, en collaboration avec nos camarades ukrainiens dont la vie et la liberté nationale sont en jeu.
23 novembre 2025.
Source : https://www.ukrainesolidaritynetwork.us/oppose-trumps-surrender-plan-for-ukraine/
Traduction par Patrick Silberstein.
Publié le 28.11.2025 à 19:34
Rencontre avec Maksym Butkevych : Toulouse le 12 décembre 2025.
Notre ami et camarade Maksym Butkevych sera à Toulouse le 12 décembre. Celui pour lequel nous avons fait campagne pour sa libération et contre le procès truqué monté par les autorités russes après sa capture sur le front, mérite d’être entendu. Son récit du quotidien de la résistance ukrainienne contre l’agression fasciste de Poutine doit connaitre tout l’écho possible.
Publié le 28.11.2025 à 19:19
29 novembre : manifestation nationale pour la Palestine à Paris.
Après le cessez-le-feu à Gaza, Israël poursuit l’occupation et la colonisation de la Palestine, l’oppression du peuple palestinien. Cela doit cesser !
Nous manifesterons le 29 novembre à Paris pour la défense des droits du peuple palestinien sur la base du droit international
- Auto-détermination du peuple palestinien qui doit être l’acteur de son propre destin et droit au retour des réfugiés palestiniens ;
- Fin de occupation, de la colonisation, de l’apartheid ;
- Sanctions contre Israël
- Cessez-le-feu définitif et fin du génocide
Justice pour la Palestine – stop génocide
A l’appel de :
Agir contre le colonialisme aujourd’hui – ACCA
Agir pour la Palestine
Alternative communiste
Artists for Palestine
APEL-Égalité
Assemblée des Quartiers
Assemblée pour des soins antiracistes et populaires
Association France Palestine solidarité – AFPS
Association de jumelage entre des villes françaises et des camps de réfugiés palestiniens – AJPF
Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis
Association de solidarité Inter-Peuples – ASIP
Association des familles de prisonniers et disparus Sahraouis
Association pour une république écologique et sociale – L’APRÈS
Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne – ATTAC
Association des travailleurs maghrébins de France – ATMF
Association des universitaires pour le respect du droit internationale en Palestine – AURDIP
Blouses blanches pour Gaza – BBG
Boycott Désinvestissement Sanction – BDS France
Campagne pour la libération de Marwan Barghouti et tous les prisonniers politiques palestiniens
CCFD-Terre solidaire
Centre de recherche et d’information pour le développement – CRID
Cimade
Collectif national des droits des femmes
Collectif Vietnam Dioxine
Comité Palestine Sciences-po
Comité Palestine université Paris cité
Comité Palestine Paris-Saclay
Comité pour le développement et le patrimoine Palestine – CDP
Confédération générale du travail – CGT
Confédération nationale du travail France – CNT-F
Confédération paysanne
Debout !
Droits devant !
Emmaüs international
EuroPalestine
Fasti – Associations de Solidarité avec tou·te·s les immigré·e·s
Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives – FTCR
Fédération syndicale unitaire – FSU
Fédération Sud santé sociaux
Femmes Égalité
Forum Palestine citoyenneté – FPC
Franco-Israéliens pour des sanctions
Freedom Flotilla Coalition France – FFC
Génération•s
Institut tribune socialiste (ITS)
Jeunes insoumis-es
Jeunes socialistes (JS)
La France insoumise – LFI
Le Mouvement de la paix
Les Écologistes
Les jeunes écologistes
Le poing levé
Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples – MRAP
Mouvement jeunes communistes de France – MJCF
Mouvement pour une alternative non-violente (MAN)
#NousToutes
Nouveau parti anticapitaliste l’Anticapitaliste – NPAA
Nouveau parti anticapitaliste Révolutionnaire – NPAR
NPA jeunes révolutionnaires
Parti communiste français – PCF
Parti communiste des ouvriers de France – PCOF
Parti socialiste – PS
People Health Movement France – PHM France
Pour une écologie populaire et sociale – PEPS
Réseau coopératif de gauche alternative – RCGA
Réseau Euromed France – REF
Révolution permanente
Socialisme ou Barbarie – SoB
Solidarité avec les groupes d’artisans palestiniens – SGAP
Stop Impunity
Syndicat des journalistes palestiniens – section européenne
Syndicat national des journalistes CGT – SNJ CGT
Tsedek
Union communiste libertaire – UCL
Union étudiante
Union étudiante Sciences-Po
Union française des consommateurs musulmans – UFCM
Union juive française pour la paix – UJFP
Union nationale des étudiants de France – UNEF
Union syndicale lycéenne – USL
Union syndicale Solidaires
Urgence Palestine – UP
Waves of freedom France – Global Sumud
Publié le 28.11.2025 à 19:00
Cela se passe sous nos yeux depuis plus de deux ans ! Par Jean Yves Lalanne, l’APRES.
Cela se passe sous nos yeux depuis plus de deux ans !
Depuis l’attaque terroriste, les massacres et crimes de guerre perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, la population palestinienne est soumise à un véritable génocide de la part du gouvernement d’extrême droite Israélien.
L’aide alimentaire reste totalement insuffisante et l’armée israélienne multiplie les ruptures du cessez-le-feu. En Cisjordanie, les colons extrémistes multiplient les agressions contre les Palestiniens avec la complicité du gouvernement de Netanyahou et de l’armée.
La passivité coupable des gouvernements européens et arabes, et la complicité active de l’administration Trump, permettent au gouvernement Israélien de continuer sa politique. Sans cela il s’écroulerait immédiatement.
Le plan Trump prévoit la mise en œuvre d’un nouveau protectorat à Gaza, il n’ouvre aucune perspective pour la Cisjordanie, et fait l’impasse sur les principes de droit dont le respect est la condition indispensable pour établir une paix durable dans la région.
Nous devons imposer l’embargo de toute livraison d’armes à Israël et l’application effective des mandats d’arrêts lancés contre les responsables du gouvernement israélien et du Hamas pour faits de crimes de guerre.
Le Hamas, adversaire historique du mouvement national palestinien, partage avec Netanyahou et ses amis de l’extrême-droite israélienne le même mépris des droits humains et des valeurs démocratiques. Ils ont conjointement profité de l’assassinat de Rabin en 1995 par un colon israélien pour mettre en échec toute solution pacifique un conflit qui dure depuis 1948.
Conformément aux résolutions votées par l’ONU, l’APRÈS rappelle que l’occupation des territoires occupés par l’armée israélienne est illégale, et que la politique de colonisation menée par Israël est une violation du droit international. Il y a désormais deux peuples sur le territoire de l’ancien mandat britannique de Palestine, nous considérons qu’il n’y a pas d’autre solution que la reconnaissance des droits de ces deux peuples à disposer chacun de leur État pleinement souverain et viable, dans les frontières de 1967.
Samedi 29 novembre, nous serons de nouveau solidaires avec le peuple palestinien !
Cette journée internationale de manifestations doit fédérer largement pour une paix juste et durable entre les peuples palestiniens et israéliens basée sur :
o Le cessez-le-feu immédiat et total à Gaza,
o Le retrait des troupes israéliennes,
o La libération de Marwan Bargouthi et de tous les prisonniers politiques palestiniens,
o La fin de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem Est.
Jean-Yves LALANNE. L’APRES Hebdo du 26/11/2025.