Revue hebdomadaire du web par Khrys
Publié le 31.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 31 août 2026
Publié le 30.08.2026 à 10:00
Publié le 24.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 24 août 2026
Publié le 23.08.2026 à 10:00
Intelligence artificielle générale : le délire complotiste de la tech
Publié le 17.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 17 août 2026
Publié le 16.08.2026 à 10:00
L’IA appliquée à la science… rêve de progrès
Publié le 31.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 31 août 2026
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- Inaudible sounds used to fingerprint browsers catch AliExpress red-handed (arstechnica.com)
Chinese retailer AliExpress has been caught fingerprinting visitors after one of the metrics—an outdated technique that measures inaudible sounds it sends to browsers—impeded a researcher’s ability to use his bluetooth headphones.
- « Ce n’est pas acceptable » : à la COP17, la société civile exclue des débats (reporterre.net)
En Mongolie, la COP17 contre la désertification a commencé par les blocages de la Russie et des États-Unis dès le début des négociations. Les peuples autochtones et les organisations de la société civile dénoncent leur marginalisation.
Voir aussi COP 17 en Mongolie : Les États-Unis et les pays riches refusent d’agir contre la sécheresse (humanite.fr)
- Des centaines de disparu·es après des crues éclair dévastatrices à la frontière entre le Népal et le Tibet (huffingtonpost.fr)
Des torrents d’eau boueuse se sont abattus brutalement sur des habitations dans le nord du Népal et au sud du Tibet, emportant tout sur leur passage. Les autorités népalaises ont aussi indiqué à l’AFP être sans nouvelles de 384 touristes, dont 291 étranger·es. La crue a notamment frappé Syabrubesi, point de départ du célèbre trek du Langtang, et d’autres zones fréquentées par les voyageureuses pour le pèlerinage hindou vers le Kailash Mansarovar.

Voir aussi Tsunami of dirt : what caused Nepal’s deadly glacial flood ? (theconversation.com)What happened in Nepal is likely due to an enormous ice-and-rock landslide sweeping down a mountain pass and gathering up ice, water, rock, trees and dirt.The landslide was so large it was originally thought to be an earthquake, as the seismic energy registered as a 4.4 magnitude quake on seismographs.
- Entre conflits armés et El Niño, la dangereuse convergence des crises en mer Rouge (theconversation.com)
- Syrian Democratic Forces (SDF) commander Mazloum Abdi announced on Tuesday, August 25, the dissolution of the SDF, the Autonomous Administration, and all military and civilian formations affiliated with them, confirming their full integration into Syrian state institutions. (english.enabbaladi.net)
- Armenian PM Nikol Pashinyan Criticizes Weaponizing of Armenian Genocide ; Announces EU Membership Bid (hetq.am)
- 50 000 Suédois·es manifestent pour le climat (reporterre.net)
Des milliers de personnes ont manifesté pour le climat, dimanche 23 août, à Stockholm, à l’appel de 280 organisations. Selon la Société suédoise pour la conservation de la nature, citée dans le Sweden Herald, environ 50 000 manifestant·es ont défilé dans les rues de la capitale suédoise. « Un événement historique »
- « Diktat végane » : un vote populaire sur l’alimentation divise la Suisse (reporterre.net)
Les Suisses vont voter sur une proposition visant à augmenter largement l’autonomie alimentaire du pays, par une production végétale plus importante. Une initiative rejetée par les éleveurs et la majorité des politiques.
- Sécurité alimentaire : l’agro-industrie monopolise un débat européen (reporterre.net)
Aucun expert en toxicologie humaine, en santé environnementale ou en évaluation des risques liés aux pesticides » n’a été invité. L’audition organisée le 2 septembre par les commissions environnement et agriculture du Parlement européen consacrée à l’omnibus « sécurité alimentaire » ne réunira que des représentants de l’agro-industrie et une chercheuse en situation de conflit d’intérêts

- 4000 pompier·es en moins en France, 8000 en Allemagne, face à toujours plus de feux (basta.media)
Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont supprimé des milliers de postes de pompier·es professionnel·les en 2025. En cause : les politiques d’austérité imposées par la Commission, dénoncent des syndicats.
- Guerre au Moyen-Orient : l’Union européenne subit plus que les autres la flambée des coûts de l’énergie (humanite.fr)
la France se classe quatrième dans le top 20 des pays les plus impactés par la hausse des prix liés à Ormuz, avec une facture estimée à près de 9 milliards d’euros nets de plus. Elle est même en tête parmi les Vingt-Sept pour ce qui est du diesel et du gazole, mais aussi pour le kérosène et le GNL.
- 6 pays européens veulent taxer les superprofits des pétroliers (politis.fr)
Les ministres des Finances allemand, autrichien, italien, portugais, espagnol et polonais ont demandé à l’UE de créer une taxe exceptionnelle sur les profits des grandes compagnies pétrolières, dopés par la guerre en Iran et les blocages successifs du détroit d’Ormuz. Macron, grand ami de ces spéculateurs, ne s’y est pas joint.
- Mission de défense planétaire : comment l’Europe se prépare à protéger la Terre des astéroïdes (humanite.fr)
Après Hera, une sonde dont l’arrivée est prévue en novembre 2026, l’Agence spatiale européenne a programmé une deuxième mission de défense planétaire, Ramses, qui partira en 2028 étudier l’astéroïde Apophis.
- Les Islandais·es disent « Non », par référendum, à la reprise des négociations d’adhésion à l’UE (huffingtonpost.fr)
Les Islandais·es ont rejeté à 52,8 % la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, un coup dur pour Bruxelles.
- ‘Never seen this level of objection’ : Scotland pushes back against datacentre boom (theguardian.com)
In a village 21 miles north of Edinburgh, a real estate consultancy plans to build a datacentre larger than the village itself – 35 metres high, with an area larger than 100 football pitches. Billed as the second-biggest datacentre in the world, the development in Auchertool, Fife, has attracted 1,600 objections.
- Après un été brûlant, la révolte mondiale contre les data centers (portail.basta.media)
- La riposte canadienne aux droits de douane américains prouve que la guerre est bel et bien déclarée (huffingtonpost.fr)
Le Canada a annoncé des surtaxes douanières de 15 à 50 % sur une série de produits américains, pour une entrée en vigueur le 8 septembre prochain.
Voir aussi Doug Ford is reviving his threat to cut electricity exports to the U.S. (thenarwhal.ca)
The Ontario premier could cut electricity exports to U.S. states if Trump’s tariffs continue, putting decades of cross-border power sharing in question
Et Le Canada mène la fronde anti-Trump et l’Europe encourage de loin (heidi.news)

- Donald Trump change le nom de l’emblématique lac Ontario en pleine brouille avec le Canada (huffingtonpost.fr)
Donald Trump, engagé dans une dure confrontation commerciale avec le Canada, a signé ce jeudi 27 août un décret qui selon lui change « immédiatement » le nom du « lac Ontario », situé à la frontière américano-canadienne, en « lac Amérique ».
- Doug Ford a inauguré, ce samedi 29 août à Winona, un panneau bleu géant sur lequel on peut lire : « Lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours ». (huffingtonpost.fr)
- Droit des étranger·es aux États-Unis : la nouvelle mesure particulièrement tordue de Donald Trump (humanite.fr)
Celle-ci prévoit de révoquer les visas touristiques ou d’affaires de toute personne qui déposerait une demande d’asile.Ces demandeurs entrés légalement aux États-Unis se verraient ainsi jetés dans l’illégalité.
- United States sanctions Autistici/Inventati for « supporting far-left terrorism » (cryptobriefing.com) – voir aussi A statement by A/I collective about US sanctions (cavallette.noblogs.org)
We deny all allegations included in the statements, while we strongly affirm our dedication to providing a platform of tools for digital self-defense, addressing the need of free communication for activists and other individuals, groups and associations.We will not back down, we will keep doing what we have been doing all these years
- Judge strikes down Texas ban on drag shows, tells people offended by them ‘just don’t go’ (nbcnews.com)
The federal judge, who cited Dolly Parton in his ruling, found that the state law violated the First Amendment.
- Ce bunker secret pourrait mettre à mal la salle de bal de Donald Trump (huffingtonpost.fr)
Un bunker sécurisé existerait déjà à 18 mètres sous le sol de la Maison-Blanche. L’argument sécuritaire de l’administration Trump pour justifier la salle de bal et son souterrain tombe à l’eau.
- À cause de la guerre contre l’Iran, les agriculteurices américain·es vivent leur pire crise depuis quarante ans (slate.fr)
Six mois après le début de la guerre voulue par Donald Trump, le secteur agricole a le sentiment de payer les pots cassés. Les prix des engrais explosent alors que les exportations dégringolent.
- RFK Jr. goes full anti-vaccine bananas over two measles deaths—one was a newborn (arstechnica.com)
- Donald Trump sabote l’éolien en mer et augmente les risques de coupure de courant à New York (reporterre.net)
- Trump tried to curb clean energy. It’s booming anyway. (arstechnica.com)
Donald Trump is presiding over an unexpected clean energy boom, as rising electricity demand spurs investment in new capacity despite the US administration’s efforts to thwart a solar and wind rollout.Clean energy additions will rise by a record 45 gigawatts this year […] – equivalent to the average electricity demand of Turkey. The increase is roughly 25 percent higher than the record set in 2024.
- Ads and tracking infiltrated TVs. Now they’re coming for monitors. (arstechnica.com)
Ads and tracking have turned TVs into privacy nightmares. Both are so widespread among smart TVs that […] one recommendation […] is to use a computer monitor. But in recent years, monitors have become more capable of pushing ads and tracking users.
- Le Panama et le Salvador déclarent l’état d’urgence face à El Niño, qui s’annonce record (rts.ch)
De nombreuses personnes sont menacées de famines, alors que le manque d’eau a déjà poussé le canal du Panama à réduire son transit.
- Les astronautes pourront bientôt déguster des biscuits imprimés en 3D à partir de plastique recyclé (slate.fr)
Nos déchets plastiques pourraient bien se transformer en nourriture. Des chercheurs américains développent des biscuits imprimés en 3D à partir de PET recyclé. Des levures permettent de transformer le plastique en nutriments.
RIP
- Tim Curry, acteur culte connu pour ses rôles dans “The Rocky Horror Picture Show” et la série “Ça”, est mort à l’âge de 80 ans (franceinfo.fr)
- RIP, Tim Curry : Ars remembers his top 10 iconic performances (arstechnica.com)
A dashing pirate, a butler, a killer clown, an alien mad scientist in drag—the man had range.
Spécial IA
- Une bataille juridique opposant un média hongrois à Google pourrait définir l’avenir de l’IA en Europe (voxeurop.eu)

- Les publicités arrivent sur ChatGPT en Europe (rfi.fr)
Dans 31 pays européens dont la France, les publicités ont débarqué sur ChatGPT. Un dispositif marketing déjà en place aux États-Unis depuis février 2026. L’intelligence artificielle la plus utilisée au monde répondra maintenant à certaines requêtes avec des produits sponsorisés.
- IA : Trump veut autoriser le plus grand projet gazier jamais réalisé aux États-Unis (reporterre.net)
- As AI data centers expand, new cooling chemicals raise PFAS concerns. (wral.com)
The artificial intelligence race is creating demand for more than data centers and electricity. It is also creating a new market for the chemicals needed to keep increasingly powerful computer chips from overheating. Some of those cooling technologies rely on PFAS, a broad class of fluorinated compounds already responsible for widespread drinking water contamination in North Carolina.
- India’s data center boom is leaving the people it displaces with nothing (restofworld.org)
Communities are being left behind as AI companies secure tax breaks, cheap land from willing governments.
- The UAE is fighting « AI hackers » with « AI » of its own (restofworld.org)
Attacks on the country’s banks, aviation, and energy systems have climbed since the war with Iran began. Its answer is a homegrown « AI » security industry.
- Creepy crawlies (people.kernel.org)
You’ve probably heard me complain about the “AI crawlers” before, but now I actually have some hard numbers I can put up to show their impact. In a few words, it’s bad enough to create a constant “background radiation” of system load, permanently tying up a chunk of capacity spent on producing output that is only useful for a single purpose — feeding a learning model.
- How OpenAI let a mob of LLM agents game a test and ransack Hugging Face (arstechnica.com)
To get a full understanding of the agent capabilities, company engineers disabled safety guardrails that normally are in place to prevent the sort of hacks that eventually hit Hugging Face and one other undisclosed organization.
- Nvidia rachète Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars : un séisme pour l’écosystème de l’IA open source (zdnet.fr)
En s’offrant la plateforme de modèles open source Hugging Face pour près de 13 milliards de dollars, Nvidia réalise un coup de maître. Face aux velléités des créateurs de modèles propriétaires, le géant des puces sécurise son emprise sur la chaîne de valeur logicielle de l’intelligence artificielle.
- Claude, Codex, and Hermes installed unowned code inside corporate networks (arstechnica.com)
227 install commands were found in corporate docs pointing at code nobody owns.
- Norway to crack down on the use of smart glasses. (rte.ie)
Norwegian officials have said the country is planning to regulate the use of smart glasses and similar devices, and was considering a ban on features that enable facial recognition in public spaces.
- USA : ICE interdit les lunettes connectées de Meta à ses agents (secoursrouge.org)
Équipées d’une caméra, elles peuvent enregistrer et transmettre des images ou des informations sensibles, soulevant des risques pour la vie privée et la sécurité.
- The AI ‘Ghosts’ Contaminating Academic Publishing (404media.co)
“Elena Vasquez and Marcus Chen have appeared as volcano experts, astronauts, thriller protagonists, podcast hosts, and academic co-authors across hundreds of independently produced AI-generated documents, never having lived,” a new preprint research paper from Samsung and the University of Warsaw said.
- À symptômes égaux, l’IA envoie les hommes aux urgences, pas les femmes (lesnouvellesnews.fr)
Face aux mêmes maux, plusieurs grands modèles d’intelligence artificielle recommandent beaucoup plus souvent les urgences aux jeunes hommes qu’aux jeunes femmes. L’IA reproduit certains biais déjà observés en médecine.
- Elon Musk’s xAI used child porn to train Grok models, lawsuit says (arstechnica.com)
xAI accused of training Grok on real and AI-generated child pornography.
- La ligne rouge est franchie : des drones 100 % autonomes dopés à l’IA ont tué des soldats sans aucune intervention humaine (lesnumeriques.com)
C’est la ligne rouge que le monde redoutait de voir franchie. Pour la première fois, des drones 100 % autonomes ont tué des soldats sur un champ de bataille sans qu’aucun humain ne donne l’ordre de tirer. Aucun opérateur, aucune connexion, aucune vidéo. L’IA a identifié, choisi et tué ses cibles seule. “On les lance et on sait que tout sera mort. Tout ce qui sera trouvé dans cette zone sera mort”, confie le fabricant qui a fourni la technologie.
La mauvaise nouvelle de la semaine
- Debian AI Vote has Divided the Community (itsfoss.com)
Debian has now officially voted to allow the use of generative AI in project contributions.[…] A major outrage came from Debian developer Antoine Le Gonidec who decided to quit the project. « I can not support the current decision of Debian about LLM use, and am no longer willing to be seen as a part of Debian under these new rules. Pretending to have a “neutral stance” when faced with fascism is not neutrality, it’s active collaboration. »

Spécial Israël
- What’s behind Israel’s growing assault on West Bank healthcare (972mag.com)
Seeking to push Palestinians off their land, Israel is targeting the infrastructure that sustains life — and the institutions long tied to the anti-colonial struggle.
- ‘My land is forbidden to me’ : Israel’s settlement push encircles Jenin (middleeasteye.net)
- La guerre par les flammes : Israël brûle forêts et vergers au Sud-Liban (reporterre.net)
- Pour la première fois, un soldat israélien reconnaît le ciblage systématique des journalistes par l’armée à Gaza (humanite.fr)
Sous couvert d’anonymat, un ancien soldat de l’armée israélienne a raconté au journal « Le Monde » et à l’ONG Breaking the Silence, comment l’armée israélienne emploie la stratégie d’« incrimination rétrospective » pour relier les victimes de crimes de guerre au Hamas.
- Thaer Fakhoury, énième journaliste palestinien arrêté par l’armée israélienne (humanite.fr)
- Le festival de photo de sport de Deauville cède aux pressions pro-israéliennes et retire une photo prise à Gaza (humanite.fr)
Une photographie du reporter palestinien Jehad Alshrafi a été discrètement remplacée par l’organisation du Deauville Sport Images Festival, fin août, annonce le média local le Pays d’Auge. La municipalité de Deauville a justifié son choix par le souhait de ne « pas entrer dans la polémique, ni heurter qui que ce soit ».
Voir aussi À Deauville, un festival photo sommé de s’expliquer après le retrait d’une photo prise à Gaza (huffingtonpost.fr)
Si la municipalité explique ne vouloir « heurter personne », cette réponse est loin de suffire pour ceux qui demandent la réinstallation du cliché.
Et Jehad Alshrafi, le photographe palestinien censuré au Deauville Sport Images Festival (humanite.fr)
- Pour un boycott politique d’Israël (politis.fr)
L’affaire Barbara Butch, après le débat autour du film Oui de Nadav Lapid, confirme que le boycott est une arme redoutable, et pas seulement pour ceux qui en sont la cible. Ce devrait être banal de le dire, mais un acte se juge à ses conséquences.[…] C’est pour éviter cette dérive et cette récupération que les partisans du boycott doivent se garder de tout essentialisme.

Spécial femmes dans le monde
- Kazakhstan. Le pays qui a réintégré les « revenantes » du Levant (orientxxi.info)
Tandis que les procès de femmes parties sur le terrain irako-syrien dans les années 2010 aux côtés de l’Organisation de l’État islamique se succèdent en France et occasionnent de lourdes condamnations, le Kazakhstan a opté pour une approche différente. La stratégie de judiciarisation et d’emprisonnement a laissé place à un programme de réintégration dans la société.
- Hostile and violent attitudes toward women are the clearest warning sign of violent extremism, a study has found.(abc.net.au)
Dr Meger’s team looked at six extremist movements : incels ; far-right ; white supremacy ; far-left ; anti-feminism ; and religious extremism.](Misogyny was the key ideology that cut across all of them.
- Shively officer’s Flock camera case reflects pattern of officers misusing surveillance tech to track women, expert says (wave3.com)
A Shively police officer accused of secretly tracking a woman’s movements for five months using a license-plate camera database is drawing new attention to a technology increasingly showing up in police misconduct cases nationwide, according to cybersecurity experts.

- Meta Must Stop Silencing Reproductive Health Information (eff.org)
Access to accurate information about reproductive and maternal health can be critical. But on Meta’s platforms, simply talking about prescription medication, abortion care, or one’s own medical experiences can be enough to trigger content removals and account restrictions.
- Sexisme. La Première ministre danoise réagit aux conseils de beauté non sollicités d’un chirurgien esthétique (liberation.fr)
Elle a tenu tête à Donald Trump sur la question du Groenland. Elle est une fervente défenseuse de la cause ukrainienne. Elle mène une politique migratoire parmi les plus strictes d’Europe. Et la liste de ses réalisations politiques est encore longue. Pourtant, c’est sur son physique que Mette Frederiksen a dû s’exprimer, à son retour d’Ukraine.
- Fatma Boufenik, l’économiste algérienne qui n’a jamais quitté la rue (medfeminiswiya.net)
D’El Bayadh à Oran, des lycées des années 1970 au carré féministe du Hirak en 2019-2021… Avec sa trajectoire, l’universitaire algérienne Fatma Boufenik est devenue, sans jamais en revendiquer le titre, l’une des figures les plus tenaces du féminisme maghrébin.
- B.C. swimmer crosses the Strait of Georgia in under nine hours (cbc.ca)
Melanie Buggey, 33, from Vancouver Island swam across the Strait of Georgia with the crossing taking eight hours and 42 minutes.
RIP
- Dolly Parton, Effervescent Queen of Country Music and Just About Everything Else, Dies at 80 (hollywoodreporter.com)
A shrewd dealmaker who launched Dollywood, the “Jolene” and “I Will Always Love You” singer-songwriter also starred in the films ‘9 to 5,’ ‘Steel Magnolias’ and ‘Rhinestone’ and captivated the world with her grace and wit.

- La cause de la mort de la chanteuse Dolly Parton a été dévoilée (huffingtonpost.fr)
L’artiste américaine décédée à l’âge de 80 ans avait longtemps délaissé ses propres problèmes de santé [un cancer] pour s’occuper de son mari Carl Dean, mort en 2025.
- Morte à 97 ans, l’artiste japonaise Yayoi Kusama, alias la “reine des pois”, a peint jusqu’au bout (france24.com)
Spécial France
- Syrie : dans le camp de Roj, deux orphelines abandonnées par l’État français (rfi.fr – article de fin juillet)
Alors que les tensions ne cessent de s’aggraver au Moyen-Orient, 110 enfants français sont toujours détenus dans le Nord-Est de la Syrie dans le camp de Roj depuis la chute de l’organisation État islamique. Parmi eux, deux orphelines livrées à elles-mêmes que l’État français refuse de rapatrier.
- Après le fiasco du logiciel « Scribe » dans la police nationale, six personnes condamnées à 18 000 euros d’amende par la Cour des comptes (liberation.fr)
Le programme, qui devait permettre à la police et à la gendarmerie la rédaction de procédures pénales sur un outil commun, a été arrêté après six ans d’errance pour un préjudice financier s’élevant à plus de 30 millions d’euros.
- La loi visant à interdire les téléphones portables au lycée est promulguée et publiée (next.ink) – voir aussi Interdiction du portable au lycée : le gouvernement vise la rentrée, un « mauvais timing » pour les syndicats (liberation.fr)
pour appliquer l’interdiction, les établissements doivent modifier leur règlement intérieur, ce qui suppose de consulter plusieurs instances, notamment le conseil des délégués pour la vie lycéenne et le conseil d’administration.
- Toulouse. L’Éducation nationale prépare sa rentrée dans le flou (altermidi.org)
- Après le piratage du fisc, « plusieurs centaines » de victimes intentent une action contre l’État (huffingtonpost.fr)
L’avocat à l’origine de la procédure veut faire reconnaître le « préjudice moral » du vol de ces données et le risque d’être victime d’arnaques « particulièrement crédibles ».
- « On apprend à souffrir en silence » : dans les écoles vétérinaires, des suicides et un mal-être généralisé (reporterre.net)
- Logements vacants : Paris double sa taxe pour remettre 20 000 biens sur le marché (alternatives-economiques.fr)
139 000 logements étaient vacants à Paris en 2023 selon l’Insee, soit 10 % du parc. En doublant la taxe qui les vise, la mairie de Paris espère dégeler un peu le marché et financer des investissements dans le parc social.
- En Normandie, pourquoi cette ligne de train très fréquentée pourrait disparaître (paris-normandie.fr)
- Maltraitances à l’abattoir de Perpignan : les alternatives au modèle industriel existent-elles ? (madeinperpignan.com)
- La Ville de Lyon intègre la chaleur excessive dans les critères de salubrité des logements (franceinfo.fr)
C’est la première ville à appliquer cette mesure en France, qui est saluée par les associations de locataires. Le maire écologiste Grégory Doucet se dit favorable au vote d’une loi, alors que les épisodes de canicule se sont multipliés cet été.
- L’été est tellement chaud que des œufs de crocodile ont pu éclore naturellement dans la Drôme (huffingtonpost.fr)
Des visiteureuses d’une réserve tropicale dans la Drôme, ont assisté, incrédules, à la naissance de dix crocodiles du Nil sans aucune assistance humaine.[…] pour qu’un crocodile du Nil se développe et naisse, son œuf doit être maintenu constamment dans une température comprise entre 30 et 32 °C, pendant trois mois.
- Le réchauffement climatique a aussi des conséquences sur le risque de prématurité des bébés, révèle une étude (huffingtonpost.fr)
Plus les épisodes de chaleur sont intenses et répétés, plus les femmes enceintes présentent un risque d’accouchement prématuré, révèle une étude internationale.
- Les images de la tornade à Pomas, dans l’Aude, montrent l’ampleur de la dévastation (huffingtonpost.fr) – voir aussi La tornade dans l’Aude a sidéré jusqu’aux chasseurs d’orages américains : comment expliquer un phénomène aussi puissant ? (futura-sciences.com)
- Sécheresse : « Des risques de rupture d’eau potable à l’échelle d’un département, je n’avais jamais vu ça » (basta.media)
Alors que la France vit la sécheresse la plus intense depuis le début des mesures, l’épisode risque de se poursuivre en septembre malgré les violents orages.
- Comment la démocratie de l’eau à la française boit la tasse (politis.fr)
La gouvernance locale de l’eau est de plus en plus menacée par les assauts des lobbys agricoles et des politiques gouvernementales, au détriment de l’environnement et de l’intérêt général.
- La Polynésie pourrait connaître plus de 150 jours de fortes chaleurs par an d’ici 2100 (la1ere.franceinfo.fr)
Spécial femmes en France
- Le cancer du sein d’une hôtesse de l’air reconnu comme maladie professionnelle (huffingtonpost.fr)
Le tribunal a souligné le rôle du travail de nuit, de l’exposition aux rayonnements ionisants et du tabagisme passif dans la maladie de l’hôtesse de l’air.
- Victime d’un traitement hormonal, elle est devenue lanceuse d’alerte (reporterre.net)
Emmanuelle Huet-Mignaton, atteinte d’une tumeur cérébrale à cause de l’Androcur, se bat pour que les femmes puissent comprendre les enjeux pour leur santé avant d’accepter, ou pas, un traitement hormonal.
- « L’ex-compagne de » : la journaliste sportive Estelle Denis épingle Le Figaro (lesnouvellesnews.fr)
La journaliste Estelle Denis a déploré la composition 100 % masculine du staff de Zinedine Zidane, le nouveau sélectionneur des Bleus. Ce qui lui a valu une vague de commentaires sexistes et un traitement médiatique la réduisant à sa relation passée avec Raymond Domenech.
- Violences dans le périscolaire : le ministre de l’Éducation annonce un nouveau questionnaire (lesnouvellesnews.fr)
« La volonté est louable. Maintenant, dans l’Éducation nationale, à titre d’exemple, il manque trois fois le nombre d’infirmières, c’est-à-dire qu’il faudrait créer rapidement 15 000 emplois d’infirmière […] On ne peut pas recevoir tout le monde, on est obligés de différer nos entretiens, parfois de trois semaines par manque de moyens ».
- Prostitution des mineur·es : ça se passe sous nos yeux (portail.basta.media)
- Patrick Bruel face à l’impossible annulation de sa tournée, dont personne ne veut (huffingtonpost.fr)
Entre des maires réfractaires à sa venue et des enjeux financiers énormes, Patrick Bruel est pris en étau au moment de lancer sa tournée anniversaire de 35 dates en France.
Voir aussi La ministre Aurore Bergé appelle Patrick Bruel à renoncer à ses concerts face aux accusations (huffingtonpost.fr)
La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes a changé de position et demande désormais au chanteur d’annuler sa tournée.
- Eva Ionesco porte plainte contre Emmanuel Pierrat pour recel de photos pédopornographiques (huffingtonpost.fr)
L’avocat Emmanuel Pierrat est visé par une plainte de l’autrice Eva Ionesco l’accusant de détenir des photos pornographiques capturées pendant son enfance.[…] Elle lui reproche de les exposer dans son cabinet et de les diffuser « sans son accord », et l’accuse de tenter d’en céder en sous-main aux enchères.
- L’État français doublement assigné en justice dans le dossier Epstein (blick.ch)
Deux procédures visent l’État français pour « faute lourde » dans le volet français de l’affaire Epstein. L’ex-mannequin Ebba Karlsson et l’association Innocence en danger dénoncent une justice trop lente et réclament des réparations.
RIP
- Yvette Roudy : l’égalité des sexes, affaire d’État (lesnouvellesnews.fr)
Première ministre des Droits des femmes de plein exercice, Yvette Roudy a combattu les inégalités et – plus difficile encore ! – le mépris du féminisme.
Spécial médias et pouvoir
- Canicule, sécheresse, incendies : dans les médias, le climat sans la politique (acrimed.org)
- Vincent Bolloré agrandit encore son empire avec « Front Populaire », la revue du « philosophe » Michel Onfray (huffingtonpost.fr)
- À peine arrivée sur BFMTV, Sonia Mabrouk impose déjà les recettes de CNews et crispe les journalistes (humanite.fr)
- Émoi à Radio France autour de l’arrivée d’un responsable de Valeurs actuelles comme éditorialiste (france24.com)
Deux syndicats du groupe public Radio France ont protesté contre l’arrivée prochaine du nouveau directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin, comme éditorialiste politique le dimanche sur France Inter.
RIP
- Noël Godin, le célèbre « entarteur » de Bill Gates ou de BHL, est mort à 80 ans (huffingtonpost.fr)
Le comique belge, qui avait fait de sa spécialité le jet de tarte à la crème sur les personnalités qu’il jugeait trop vaniteuses, est mort ce dimanche 23 août.

- Philippe Bouvard avait échappé à deux tentatives d’assassinat, dont une de Mesrine (huffingtonpost.fr)
Le journaliste et animateur radio décédé ce lundi 24 août avait notamment survécu à une attaque à la sortie du studio en 1985.
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Sébastien Lecornu exhorte les député·es à s’entendre sur un budget avant la présidentielle (humanite.fr)
Le premier ministre a écrit aux parlementaires pour les alerter du risque de ne voir aucune loi de finances adoptée avant la prochaine présidentielle. Tout en faisant comprendre qu’il entendait baisser la dépense publique.
- Six milliards d’euros et 22 000 emplois potentiels : le projet saoudien de trois parcs d’attractions sur un site de région parisienne (franceinfo.fr) – voir aussi L’Arabie saoudite va créer trois parcs d’attraction près de Paris, Emmanuel Macron ravi (reporterre.net)
- La fausse bonne idée de la Cour des comptes sur les franchises médicales (alternatives-economiques.fr)
Faire payer les malades pour renflouer les caisses de la Sécu : l’idée a le vent en poupe. La Cour des comptes s’y met aussi, en préconisant un recouvrement contraint sur les comptes en banque.
- TVA : en roue libre, le MEDEF veut faire payer les ménages modestes plutôt que les milliardaires (france.attac.org)

- « Les fumées nous tuent à petit feu » : la colère des pompier·es monte (politis.fr)
Quatre morts. Des centaines de pompier·es blessé·es ou intoxiqué·es. Pas de cagoules véritablement protectrices, pas de détecteurs de monoxyde de carbone, des camions inadaptés. Les pompier·es payent au prix fort l’absence de moyens et de logistique sur les feux de forêt.
- L’avion militaire A400M a-t-il vraiment fait ses preuves dans la lutte contre les incendies cet été ? (franceinfo.fr)
Les syndicats de sapeurs-pompiers dénoncent une opération de communication du gouvernement et un impact négligeable sur le terrain.
- « Ce mégafeu, c’est le fruit de votre incompétence » : les autorités clouées au pilori par les sinistré·es du Porge (environnementsantepolitique.fr – reprise de l’article de mediapart)
- « Extrêmement grave » : ces propos de Sébastien Lecornu sur la canicule font bondir la gauche (huffingtonpost.fr)
Le Premier ministre a ironisé sur la motion de censure déposée cet été par Les Écologistes et La France insoumise, l’expliquant par le fait « qu’il fasse chaud ».
- Seulement 16 % des mesures de la Convention citoyenne pour le climat sont vraiment appliquées (reporterre.net)
Le 22 août, la loi Climat et résilience, qui se voulait la traduction législative des propositions formulées par ces assemblées, fêtait son cinquième anniversaire. Le WWF a fait les comptes de l’application de ces mesures, qui s’est soldée par un « détricotage », selon l’ONG.
- L’État sort 300 000 logements du statut de « passoires thermiques » (reporterre.net)
Alors que la France était encore en pleine canicule, la ministre de la Transition écologique et le ministre du Logement ont signé le 19 août un arrêté qui aura pour effet de sortir environ 300 000 logements du statut de passoires énergétiques.
- Interdiction des pubs pour les énergies fossiles : l’ambition du décret revue à la baisse (reporterre.net)
- « Une aberration » : l’autorisation de tuer les renards et autres animaux classés « nuisibles » renouvelée (reporterre.net)
- À La Réunion, Édouard Philippe s’embourbe et ose réaffirmer que la colonisation n’est pas un crime (imazpress.com)
- Edouard Philippe “stigmatise les patients et décrédibilise les médecins” en proposant de “mettre fin à l’open bar” des arrêts de travail, dénonce le syndicat MG France. (franceinfo.fr)
- Bonnet d’âne pour Gabriel Attal (blogs.mediapart.fr)
Il confond l’examen d’entrée en sixième avec l’emblématique certificat d’études qui n’a jamais eu ce rôle. Bravo l’artiste de la communication qui reprend par ailleurs en l’occurrence une proposition faite en juin 2024 par le RN Roger Chudeau qui ne confondait pas – lui – avec le CEP.
- Augmenter les salaires sans faire payer les patrons, la nouvelle arnaque de Raphaël Glucksmann (frustrationmagazine.fr)

- Plus de 2 300 enfants dorment à la rue en France, les associations déplorent un nombre toujours en hausse (lemonde.fr)
Selon un baromètre publié par l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité, ce chiffre a progressé de 9 % par rapport à 2025, et de 42 % depuis 2022. Il y a quatre ans le gouvernement avait pourtant réaffirmé son objectif de « zéro enfant à la rue ».
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Survol d’hélicopètre et contrôles systématiques : reportage aux Bure’lesques, le festival le plus surveillé de France (blast-info.fr)
D’apparence, les Bure’lesques est un petit festival militant à peu près comme les autres : des chapiteaux, des concerts, des buvettes, un camping, puis des conférences et des débats pour occuper les après-midis. Mais les autorités ne le voient pas de cet œil-là.
- Linky, vos habitudes de vie désormais collectées sans votre accord préalable (lesnumeriques.com)
Un décret autorise Enedis à récupérer automatiquement la courbe de charge des compteurs Linky depuis début mars 2026. Le problème est qu’il s’agit d’une donnée bien plus bavarde qu’un simple relevé de kilowattheures.
- Une association « gay et lesbienne » d’élus RN dissoute deux mois après sa création : « C’était une caution » (basta.media)
Créée en mai par des élus RN du Pas-de-Calais, l’association Gays et Lesbiennes du Bassin minier a été dissoute en toute discrétion cet été. Une preuve de plus de l’instrumentalisation des luttes LGBTQIA+ par l’extrême droite.
- “Tu vas crever. Je vais venir te trancher la gorge” : un adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine visé par des menaces de mort homophobes (france3-regions.franceinfo.fr)
Sébastien Scarpinato, adjoint au maire d’Ivry-sur-Seine (Les Écologistes) en charge de la lutte contre les discriminations, a rendu publiques lundi 25 août sur Instagram plusieurs menaces de mort et insultes homophobes reçues sur les réseaux sociaux, qui visent aussi son compagnon et ses proches. Ces messages interviennent dans un climat de fortes tensions au sein du conseil municipal depuis l’élection de deux élus du Rassemblement national en mars. L’élu a déposé plainte.
- À Besançon, la municipalité délaisse-t-elle la propreté de ses quartiers populaires ? (lechni.info)
- Les travailleureuses en foyers en France, éternel·les laissé·es-pour-compte (afriquexxi.info)
Souvent associés aux nuisances de voisinage, les foyers de travailleureuses migrant·es sont rarement racontés à travers la voix de leurs habitant·es. Colosses de béton vestiges des années 1960 ou immeubles modernes, ces lieux de résidence transitoire sont toujours des terrains d’invisibilité.
- Nantes. La Mairie PS jette à la rue plus de 200 Roms pour raser leurs bidonvilles (revolutionpermanente.fr)
- Les mineur·es isolé·es étranger·es à Marseille, un accompagnement “low cost” (nkyfada.com)
MNA (mineur·es non accompagné·es), MIE (mineur·es isolé·es étranger·es)… derrière ces acronymes, des enfants et adolescent·es traversent les frontières qui leur sont interdites pour tenter une vie en Europe. Les professionnels sur le terrain témoignent d’une détérioration de leur prise en charge en France et d’un contrôle accru.
- Quand la police choisit de bafouer le droit d’asile et les droits de l’enfant : Aissetou en fait les frais (anafe.org)
La police aux frontières d’Orly, a sciemment décidé de ne pas enregistrer la demande d’asile d’Aissetou (prénom d’emprunt), enfant isolée de 15 ans qui a été refoulé le 25 août 2026 en violation de son droit à demander l’asile.
- De Saint-Bernard à 2027 : trente ans de durcissement de la politique migratoire (parallelesud.com)
- French police accused of rising use of violence to stop Channel crossings (theguardian.com)
NGO criticises ‘human cost’ of UK-funded crackdown on attempts to set off from French beaches in small boats
Spécial résistances
- Devant le Medef, dans le bourbier des droites, les gauches s’épargnent (politis.fr)
- Les propos de Manon Aubry sur les milliardaires « nuisibles » n’en finissent pas d’agacer (huffingtonpost.fr)
Gérald Darmanin a réagi au discours de la députée européenne LFI sur les milliardaires, comparés à des « formes de nuisibles » aux universités d’été du parti.
- « On ne va pas se laisser faire » : la riposte contre le futur parc Dragon Ball commence (reporterre.net)
Remonté contre le projet de parc d’attraction près de Cergy-Pontoise, un collectif d’habitants dénonce un « projet d’un autre temps », monté sans concertation citoyenne et aux effets écologiques et sociaux délétères. […] « Nous sommes sidérés. Après l’été caniculaire que l’on vient de passer, le premier projet annoncé par l’État est un parc d’attractions qui va bétonner et artificialiser des terres agricoles ! C’est un projet d’un autre temps »
- Législation, sabotage, la lutte contre Airbnb s’organise (stup.media)
- Avec leurs vidéos, deux frères dynamisent une lutte contre du gaz naturel liquéfié (reporterre.net)
À Reichstett (Bas-Rhin), Colin et Brice Johner se battent contre un projet de stockage de gaz naturel liquéfié porté par Tepsa. Une lutte sur le terrain et en ligne, où leurs vidéos font plusieurs centaines de milliers de vues.
- Antigone des associations : la mairie va-t-elle encore écarter une association de solidarité avec la Palestine ? (lepoing.net)
L’an dernier, la Ville avait « fait le choix de ne pas convier » la Campagne Civile Internationale de Protection du Peuple Palestinien à l’Antigone des associations, lui reprochant d’avoir affiché son soutien à la campagne BDS. À une dizaine de jours de l’édition 2026, l’association attend toujours son affectation de stand.
- Intrusion chez Lafarge : les militant·es écologistes bel et bien condamné·es à de la prison avec sursis (reporterre.net)
Spécial outils de résistance
- Un site pour comprendre à quel point on peut récupérer tout plein d’infos sur vous sans demander la moindre permission (belibre.be)
- Bloque Bolloré sur Internet et les médias d’extrême droite (bloquebollore.codeberg.page)
Spécial MAGAM et cie
- Amazon hikes hardware prices by 60 %, blaming memory shortage (techcrunch.com)
The price explosion impacted Fire TVs, Echos, Kindles, and Eeros. One egregious example that’s been cited is that of the Echo Dot, one of Amazon’s cheapest smart speakers, the price of which jumped 60 % overnight, from $49.99 to $79.99.Cool. Less « smart » things, less surveillance.
- Addiction aux plateformes de Meta : un accord à 18 milliards de dollars pour solder le procès (next.ink)- voir aussi Chez Meta, les outils de protection des ados auraient été conçus pour éviter les procès (next.ink) et Meta agrees to major changes to Facebook and Instagram as it settles US trial over teen addiction for up to $18bn (theguardian.com)
US tech giant agrees to establish further protections for teens such as daily usage limits and blocks on night-time use
- New bootloader lets you take the “Meta” out of the original Meta Quest (arstechnica.com)
Privilege escalation attack grants “full control” and freedom from Meta’s servers/apps.
- Au revoir Instagram : la génération Z est en train de ressusciter la photo argentique (slate.fr)
- X contraint Nitter et XCancel à suspendre leur service alternatif (next.ink)
Les autres lectures de la semaine
- You Know GDPR Is Good Based on Who Hates It (matduggan.com)
Only law with real enforcement teeth changes the math. And the US cannot pass laws with teeth anymore, not because voters don’t want them (polling says they do), but because the pipeline is purchased. When someone says America “can’t” regulate tech, they mean it the way a hostage “can’t” reach the phone. GDPR didn’t spread because Europe is heroic. GDPR spread because Brussels is what fills the room when Washington leaves it.
- There’s no such thing as Just a Tool (deadsimpletech.com)

- Changes to SourceHut’s terms of service regarding LLMs (sourcehut.org)
It’s not easy to argue that LLMs make free software better. The means by which they operate involves taking, by force and without regard for the wishes of the software authors, the obligations of software licenses, or the platforms on which our work relies, vast swaths of open source software, disregarding the licensing requirements, and charging rent to produce code which is a plausible reinterpretation of its training data applied to new problems. The models which are produced in this process are proprietary, owned and controlled by private corporations, and give little back to the open source community. Therefore, the relationship between LLMs and open source seems to exploit the users we are responsible for caring for.
- Everyday Technology Is Becoming a Black Box. Is There a Cost ? (thereader.mitpress.mit.edu)
Children once learned by taking things apart. Today’s devices do not provide that rewarding activity — and the cognitive consequences may be considerable.
- Les fuites de données de Bercy et de l’éducation nationale auraient‑elles pu être techniquement évitées ? (theconversation.com)
- Souveraineté numérique : reprendre le contrôle couche par couche (grenoble.ninja)
- Le lithium au Sahel : comment les groupes armés tirent profit de la ruée mondiale vers ce minéral stratégique (theconversation.com)
- « Dangereux », le mot juste pour des aménagements « non cycloconformes » (bikinvalais.ch)
- Mesures d’urgence (x-alternative.org)
Ce texte présente les mesures d’urgence que pourrait présenter un gouvernement révolutionnaire communiste.

- Combiner les théories féministes de la reproduction et l’économie : les modes de reproduction (contretemps.eu)
- Le genre de la dette (contretemps.eu)
Dans son dernier livre, « La femme endettée », la socio-économiste Isabelle Guérin met en lumière une face cachée du capitalisme : la manière dont, à travers l’endettement, on épuise et on discipline les femmes. Une division sexuelle de la dette qui, articulée à la division sexuelle du travail, permet au système capitaliste de fonctionner et de se perpétuer.
- Corsets, crinolines et maquillage au plomb, au radium, à l’arsenic… Quand la mode mettait la vie des femmes en péril (theconversation.com)
- Spiritualiser le genre. Masculin sacré : l’opium des « mecs bien » (nantes.indymedia.org)
- Comment Victor Hugo a planqué ses lubies sexuelles dans des carnets au langage codé (slate.fr)
- Dioclétien, l’empereur romain qui abandonna le pouvoir pour cultiver des choux (theconversation.com)
- Comment l’Histoire est réécrite par les dominants (frustrationmagazine.fr)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Tariffs
- Canada
- Courage
- Solidaire
- Boycott
- Écarts
- Salaires
- Réalité
- Duplomb
- Entartreur
- Dernière tarte
- 9 to 5
- Fascist
- Flock
- AI corporations
- Sbires
- Ici
- Art

- Requirements
- Vite fait
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Le “pheromone maxxing”, quand les masculinistes arrêtent de se laver en espérant séduire (franceinfo.fr)
- Mélenchon, le croissant et le marteau, par CartoonMolotov (Blast) (tube.fdn.fr)
- How Mass Layoffs Changed Working in Tech (techwontsave.us)
- Vos adresses mail sur une seule application : Thunderbird (tube.picasoft.net)
Poursuivons ensemble notre DéMAILnagement ! Après avoir sélectionné notre nouveau fournisseur de mail et créé notre nouvelle adresse mail, nous vous proposons d’apprendre à utiliser Thunderbird pour gérer vos deux (ou plusieurs) adresses en simultanée, afin d’abandonner progressivement votre adresse hébergée chez les GAFAM au profit de votre nouvelle adresse mail.
- Exclusif : depuis l’ISS, Sophie Adenot raconte une “mission accomplie” et un “miracle” (france24.com)
- Le premier Tour de France en 1903 : une “petite course” à but publicitaire (radiofrance.fr – Première diffusion le mercredi 4 juillet 1956)
Les trucs chouettes de la semaine
- LibreOffice 26.8 : la suite libre refuse l’IA et mise tout sur la frappe pro (goodtech.info) – voir aussi LibreOffice 26.8 brings professional typography, deeper support for the world’s writing systems, and no artificial intelligence (blog.documentfoundation.org)
LibreOffice 26.8 contains no generative AI features. Documents are not transmitted to remote services for processing, and no component of the suite requires network access to function. This is a deliberate position. Any organisation handling confidential, legally privileged or personal data needs to know where that data goes, and the only assurance that survives an audit is that it does not leave the machine.
- California lawmakers unanimously pass Linux exemption from age-verification law — software distributed under the GPL, MIT, BSD, and Apache licenses are exempt (tomshardware.com)

- Quand les petites communes partagent leurs bonnes idées (grand-format.net)
Expériences Communes est un réseau de partage d’expériences entre petites communes normandes dans tous les champs du développement durable. L’association organise des visites pour découvrir des projets inspirants.
- The Goat-Cow Is Spain’s Wildfire-Fighting Secret Weapon (reasonstobecheerful.world)
Small, nimble cows are being deployed in Galicia to lower wildfire risk by doing what they do best : eating.
- Fridge-free vaccine passes first human trial, raising hopes for the hardest-to-reach (gavi.org)
Unreliable electricity makes it hard to keep vaccines at the right temperature – this development could change that.
- Un nouveau traitement contre le cancer du pancréas pourrait améliorer la durée de vie des patient·es (humanite.fr) – voir aussi Revolution’s pancreatic cancer drug wins speedy FDA approval (edition.cnn.com)
The U.S. FDA has approved Revolution Medicines’ groundbreaking pancreatic cancer drug after it was shown to double the survival rate of patients with advanced disease in a large trial, offering new hope to those with the deadly cancer.
- 21 bonnes nouvelles – récolte du jeudi 27 aout (lescerisesdehiatus.bearblog.dev)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
Publié le 30.08.2026 à 10:00
Pour une IA coopérative
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 07 avril 2026 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
Pour déployer une autre IA, il nous faut une autre structure d’entreprises pour les porter, défendent Trebor Scholz et Mark Esposito.
Les discussions sur les strates qui constituent le réseau sont nourries, d’autant qu’elles interrogent profondément les enjeux de souveraineté technologique. La souveraineté numérique est un concept flou qui fait l’objet de beaucoup d’instrumentalisations, rappelait avec pertinence l’association Data For Good. Bien souvent, être souverain en la matière implique d’être autonome sur toutes les couches de l’industrie numérique. Un objectif impossible tant les dépendances sont partout, des logiciels au matériel, des ressources aux infrastructures, des conditions juridiques aux financements. Comme l’expliquait la chercheuse Ophélie Coelho dans son livre, Géopolitique du numérique (éditions de l’Atelier, nouvelle édition 2025) l’enjeu est bien plus de déterminer les secteurs et les couches sur lesquels nous devons reprendre le contrôle. Pour le dire autrement, l’enjeu n’est pas tant d’avoir des produits totalement souverains, que de comprendre là où la souveraineté doit s’exercer et comment.
Construire la strate de l’autonomie
Cette autonomie stratégique à laquelle aspirer est très souvent présentée comme un enjeu nationaliste ou patriotique, qui confond la souveraineté avec le leadership technologique, sans toujours voir que ces leaderships peuvent reposer sur des dépendances innombrables, à l’image de l’enjeu à déployer des centres de données sur le territoire au prétexte de souveraineté, sans questionner le fait que leur financement ou leurs équipements puissent être totalement entre les mains d’acteurs étrangers.
L’IA est en passe de devenir une couche supplémentaire dans le mille-feuille des couches sociotechniques du numérique. Et elle requestionne en profondeur ces enjeux, explique Raffi Krikorian, directeur technique de Mozilla, dans une tribune pour Rest of World. « Dans un monde de plus en plus polarisé et protectionniste, où les plateformes technologiques sont de plus en plus instrumentalisées par les politiques étatiques, construire des infrastructures nationales critiques sur des systèmes dont on n’est pas propriétaire, que l’on ne peut ni auditer ni adapter, représente un risque considérable et croissant. Ce défi comporte une dimension tant économique que politique. Un État soucieux de sa souveraineté en matière d’IA en 2026 ne pourra pas justifier de manière crédible le financement d’une infrastructure d’IA étrangère et verticalement intégrée tout en négligeant les investissements dans des alternatives nationales et open source. Investir dans les hyperscalers peut minimiser les coûts à court terme, mais cela consolide également les rentes numériques versées à des entités étrangères, maximise la dépendance à long terme envers des partenaires peu fiables et augmente considérablement les coûts de sortie. Si les gouvernements financent la dépendance, c’est bien la dépendance qu’ils obtiendront. »
Pour Raffi Krikorian pourtant, l’enjeu n’est pas tant de construire une souveraineté de l’IA nationaliste, que de bâtir des Communs maîtrisés. « L’absence actuelle de financements privés à grande échelle pour les infrastructures d’IA ouvertes reflète leur nature de bien public, et non leurs capacités. Les modèles open source atteignent déjà couramment 90 % ou plus des performances des systèmes propriétaires, pour un coût bien moindre. Investir dans les cadres d’IA ouverts, c’est investir dans les infrastructures publiques numériques, car cela génère des avantages grâce à des coûts réduits, au maintien de l’autonomie politique et à des gains de productivité à l’échelle de l’économie. L’IA ouverte offre également ce que les systèmes propriétaires ne peuvent pas : la légitimité démocratique. Les pays ne créent pas de valeur en revendant des solutions étrangères, mais en développant des produits différenciés sur des bases partagées, ouvertes et moins coûteuses. Il s’agit d’une politique industrielle qui encourage la concurrence et le développement des compétences nationales, et non d’un rejet de l’industrie nationale. »
« Internet n’est pas né de la seule initiative d’acteurs privés, mais d’investissements publics soutenus dans les technologies ouvertes. De Linux à Apache, les fondations open source partagées sont devenues l’épine dorsale de l’économie numérique mondiale, favorisant l’innovation privée tout en empêchant la mainmise sur l’infrastructure. Du CERN à Airbus en passant par Galileo, la leçon est claire : lorsque les États cofinancent des fondations ouvertes ou partagées, l’innovation privée prospère. En revanche, lorsqu’ils financent l’accès, la dépendance s’accentue. L’IA se trouve précisément à ce tournant. »
Souveraineté ne rime pas avec isolement, rappelle-t-il. « Les coûts de développement de l’IA open source peuvent être partagés. Comme l’a déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : « Investir collectivement dans la résilience coûte moins cher que de construire sa propre forteresse. » L’enjeu n’est pas que chaque pays construise son propre jardin clos. Il appartient aux nations de collaborer autour de standards ouverts et d’infrastructures partagées, en rejetant la fausse dichotomie entre dépendance et isolement des plateformes, et en construisant plutôt un avenir de l’IA qu’elles maîtrisent réellement. »
« Si nous voulons des écosystèmes d’IA résilients, ouverts et fiables, nous devons les financer comme tels – non par idéalisme, mais comme un investissement concret dans la souveraineté, la résilience et la légitimité démocratique. Les pays qui aspirent à la souveraineté en matière d’IA doivent participer à ce débat, non pas en simples observateurs, mais en tant que co-investisseurs et co-constructeurs. Plus nous attendons, plus il sera difficile de changer de cap », conclut le responsable de Mozilla en appelant à construire des protocoles plus que des plateformes, des cadres ouverts plus que des solutions, des systèmes de valeurs plus que des contraintes économiques ou techniques. Une proposition qui rappelle que c’est bien le cadre de la souveraineté qu’il faut discuter, pour comprendre là où nous pouvons avoir des dépendances et là où nous devons les refuser. L’enjeu n’est pas de construire des investissements nationaux mais bien d’investir dans des infrastructures communes porteuses de valeurs démocratiques et émancipatrices, libres et ouvertes. « La souveraineté en matière d’IA ne viendra pas de la location des modèles des géants de la tech ». Elle ne viendra pas des factures de tokens des systèmes d’IA des grands acteurs de la Tech. Elle consiste d’abord à construire une autre tech, non pas nationaliste ou patriotique, mais qui promeut une souveraineté distribuée, choisit, capacitante.
La coopération comme architecture solidaire
On se souvient que, récemment, l’économiste Francesca Bria avait évoqué le risque d’une soumission à une strate autoritaire fomentée par les géants de la Silicon valley : « derrière les strates qui composent le réseau, comme l’avait défini Benjamin Bratton dans son livre, Le Stack (UGAP, 2020), comme autant de régimes de souveraineté qui se superposent et s’imbriquent, la strate autoritaire semble l’envers de la proposition d’autonomie stratégique que propose EuroStack ». Mais le risque est bien, sous couvert de souveraineté, de produire des strates nationalistes voire militaristes, comme semble le proposer l’annonce récente d’un « Deutchland Stack » Allemand.
D’où l’importance de faire un pas de côté.
C’est la piste que proposent les chercheurs Trebor Scholz et Mark Esposito dans la revue d’innovation sociale de Stanford. Pour contrebalancer l’extractivisme des plateformes, « nous avons besoin de construire la strate solidaire de l’empilement numérique ». Lorsque les systèmes technologiques sont conçus uniquement pour l’extraction et l’efficacité, ils isolent et brisent les personnes qui les font vivre, rappellent les deux chercheurs. L’exploitation des travailleurs du clic par exemple est le « symptôme d’une industrie structurée pour transférer les risques vers le bas via des chaînes contractuelles opaques, tout en concentrant les profits et le contrôle au sommet ». Pour Scholz et Esposito, « sans intervention délibérée, ces logiques d’extraction se généraliseront à l’échelle mondiale, concentrant encore davantage le pouvoir entre les mains des plus puissants, à moins que nous ne choisissions de construire un système fondamentalement différent ». Jusqu’à présent, les chercheurs invitaient à investir dans des entreprises inclusives, dans des coopératives de travailleurs, que Scholz a beaucoup défendu. Trebor Scholz est professeur à la New School for Social Research de New York depuis 2009. Il est l’un des premiers à s’être attelé à analyser le phénomène du Digital Labor (Routledge, 2013). Il est aussi l’un des promoteurs du coopérativisme de plateformes (voir par exemple notre article de 2015), notamment dans son livre Le coopérativisme de plateformes (FYP, 2017) ainsi que dans Own this ! (Verso, 2023). Il est également le fondateur du Platform Cooperativism Consortium un réseau de promotion du mouvement coopérativiste, qui organise notamment des conférences sur la coopération, comme celle sur l’IA coopérative qui se tenait il y a peu à Istanbul. Pourtant, écrit-il dans son article, « la réponse aux méfaits de l’IA ne peut se limiter à la régulation des plateformes dominantes ».
En fait, la concentration du pouvoir des géants du numérique rend de plus en plus vulnérables même les institutions internationales les plus critiques aux politiques autoritaires et aux pressions des dirigeants, comme l’illustre la dépendance de la Cour pénale internationale à l’égard de l’infrastructure Microsoft face aux menaces proférées sous l’administration Trump. Les coopératives, les institutions publiques et les mouvements sociaux doivent donc activement construire et connecter des alternatives grâce à ce que Scholz appelle la « pile de solidarité », une économie numérique coopérative émergente.
« L’extraction ne se résume pas à des algorithmes biaisés ou à des violations de la vie privée. C’est un problème structurel : l’IA actuelle fonctionne grâce à ce que nous appelons une « strate d’extraction » verticalement intégrée, comprenant le matériel, l’infrastructure cloud, les modèles, la main-d’œuvre et les applications. Seules quelques entreprises contrôlent la construction, la gouvernance et l’utilisation de ces technologies et les personnes qui en dépendent n’ont aucun droit de regard démocratique. »
Les critiques et les régulateurs soulignent à juste titre que les seules directives éthiques ne peuvent résoudre les problèmes posés par la logique extractiviste des plateformes. Les systèmes d’IA reposent sur des modèles de propriété, des chaînes d’approvisionnement et des architectures techniques qui privilégient le profit, le passage à l’échelle et le contrôle. « Ces incitations structurelles déterminent la collecte des données, le traitement des travailleurs, les décideurs et les bénéficiaires de la création de valeur, privant ainsi les directives éthiques de tout pouvoir pour remettre en cause la logique sous-jacente du système. Une IA démocratique ne peut se contenter de louer un espace sur la strate extractiviste ! Elle exige que les travailleurs, les communautés, les coopératives et les institutions publiques se réapproprient l’infrastructure elle-même, couche par couche, de la terre au nuage. »
Scholz et Esposito plaident pour construire une architecture solidaire. Un défi qui nécessite de rejeter la notion d’intelligence artificielle, qui sous-entend une force magique et autonome, au profit d’une intelligence collective, reconnaissant le travail humain et le savoir partagé qui alimentent ces systèmes. Cependant, parvenir à la coordination nécessaire pour contester les monopoles mondiaux de l’IA demeure un défi de taille. Même des organisations établies comme l‘Alliance coopérative internationale, qui représente un mouvement d’environ un milliard de membres et des milliers de coopératives employant près de 10 % de l’emploi mondial, sont structurées principalement pour la représentation et le plaidoyer plutôt que pour la coordination et l’exploitation d’une infrastructure numérique partagée.
De la gouvernance coopérative…
Pour les deux chercheurs, plusieurs initiatives menées par des communautés, des coopératives et des institutions publiques permettent déjà de reprendre le contrôle de ces niveaux économiques, notamment des ressources, des infrastructures, des données, du travail comme du savoir.
Une approche solidaire exige des chaînes d’approvisionnement transparentes, la propriété communautaire des ressources minérales et des mécanismes de partage équitable des bénéfices. Elle permettrait également de distribuer l’infrastructure sur des serveurs fédérés, appartenant à la communauté et interconnectables sans contrôle central. Butler Rural Electric offre un précédent historique éloquent. Fondées dans les années 1930 avec le soutien du gouvernement fédéral et une gouvernance coopérative, les coopératives électriques rurales ont permis aux communautés de financer, construire et gérer leur propre infrastructure énergétique, un modèle qui continue aujourd’hui de fournir de l’électricité à environ 42 millions de personnes dans les zones rurales américaines. Des coopératives numériques telles que Hostsharing eG en Allemagne et Som Connexio en Espagne, ainsi que plusieurs coopératives de vente au détail au Royaume-Uni, appliquent cette même logique en mutualisant les ressources de leurs membres, en utilisant une gouvernance coopérative et en collaborant avec des partenaires publics pour construire et exploiter une infrastructure numérique partagée. Cela permet aux communautés de réduire leur dépendance aux fournisseurs de cloud propriétaires, de conserver le contrôle local de leurs données et d’assumer la responsabilité de la gestion des coûts environnementaux liés à la consommation d’énergie. Bien que ces initiatives soient explicitement expérimentales et de portée modeste, elles suggèrent que la capacité de calcul peut fonctionner comme un bien public. Les décideurs politiques et les responsables municipaux pourraient même appliquer ce modèle pour créer une option publique d’accès à la puissance de calcul.
Dans le modèle d’extraction, les données personnelles sont une matière première prélevée auprès des utilisateurs pour alimenter des modèles propriétaires. Cette logique considère les individus non pas comme des participants ou des détenteurs de droits, mais comme des sources passives de valeur. Le modèle de solidarité, lui, réinvente les données comme une ressource partagée, gérée démocratiquement. Par exemple, MIDATA, une plateforme suisse de données de santé détenue et gérée par des patients agit comme une fiducie pour ses membres. Elle maintient une infrastructure sécurisée permettant aux patients de consulter leurs données agrégées et de décider démocratiquement de les partager ou non à des fins de recherche médicale. MIDATA démontre qu’il est possible de créer des ensembles de données de haute qualité, issus de sources éthiques, sans surveillance. Les membres partagent volontairement leurs données car ils font confiance à la gouvernance et à la gestion des données de la coopérative, ce qui élimine le besoin d’extraction ou de surveillance coercitive.
Au travail, l’IA implique une rétroaction entre contenus et modérateurs. Les travailleurs étiquettent, examinent, corrigent et leurs décisions enregistrées sont utilisées par les systèmes pour reconnaître, classer, améliorer. Ce processus contraint les individus à absorber le fardeau psychologique des contenus. Dans le modèle solidaire, ces travailleurs ont des garanties de salaires, de droits, bénéficient de soutiens… et pilotent la gouvernance de leurs outils et missions, comme c’est le cas de nombreuses coopératives de travailleurs, comme celle de la Gamayyar African Tech Workers au Kenya, Facttic en Argentine, Outlandish à Londres… et de nombreuses autres (comme la plateforme danoise Hilfr qu’on avait évoqué dans notre article sur les plateformes du secteur du nettoyage).
… à l’IA coopérative
Scholz et Esposito proposent d’appliquer les principes coopératifs à l’IA. « L’accès à l’IA seul est insuffisant quand les outils fonctionnent comme des boîtes noires, incapables d’expliquer ou de remettre en question leurs résultats, et si leurs valeurs reposent sur des principes imposés plutôt que sur des valeurs démocratiquement établies. L’approche solidaire propose de réhabiliter le domaine du savoir comme un espace de gouvernance collective, favorisant l’explicabilité, la contestabilité, des normes partagées » pour construire d’autres IA.
AI4Coops, en Argentine, est une initiative de petite envergure qui réunit des praticiens et des technologues du monde coopératif afin d’étudier comment l’intelligence artificielle pourrait soutenir la gouvernance coopérative et l’apprentissage partagé. Elle veille à ce que la culture algorithmique ne soit pas réservée aux institutions d’élite ni concentrée au sein des géants de la technologie, mais soit largement accessible aux travailleurs, aux coopératives et aux communautés. Elle développe des outils d’IA adaptés à des problématiques locales avec des acteurs locaux, comme des systèmes de reconnaissance d’images pour du contrôle qualité dans une usine, un système d’analyse d’images satellites pour des coopératives agricoles… La coopérative britannique Animorph développe des outils de réalité augmentée pour la prise en charge de la démence, utilisant la narration immersive et des supports visuels pour soutenir la mémoire, la communication et le lien affectif des personnes atteintes de démence et de leurs aidants. Puisqu’elle est détenue par ses employés, elle refuse de monétiser la vulnérabilité des patients et conçoit des outils qui privilégient les soins aux indicateurs d’engagement. « Ces exemples montrent que l’IA au service du bien commun ne saurait se réduire à de la simple posture vertueuse, à du marketing éthique, ni à des formes d’écoblanchiment ou de blanchiment d’image. La construction d’une infrastructure solidaire exige que les modèles économiques alternatifs soient véritablement ancrés dans la démocratie au travail, la propriété partagée et une gouvernance responsable », expliquent les chercheurs. Ces modèles locaux ont d’autres vertus encore, comme la souveraineté linguistique, la maîtrise des processus, la sobriété…
Reste que, comme nous le disions, « les plateformes coopératives, qui privilégient les pratiques éthiques, des normes de travail et sociales plus élevées, peinent à être compétitives. L’absence de législation spécifique aggrave ce problème, permettant aux plateformes capitalistes d’opérer en toute impunité et de saper les efforts des acteurs de bonne foi, tels que les coopératives de plateformes. » Pour Scholz et Esposito également, l’infrastructure solidaire nécessite, pour émerger et s’imposer, une articulation stratégique des politiques, des financements et de l’organisation communautaire. Il faut que les développeurs technologiques « s’accordent régulièrement sur des principes partagés, l’interdépendance matérielle, des institutions durables, des rituels et un récit politique commun que les individus choisissent consciemment de défendre, notamment sous pression ».
Ici, Scholz et Esposito prennent l’exemple des organisations autonomes décentralisées (DAO), où la blockchain aide à formaliser la gouvernance partagée. Pas sûr que l’exemple soit convaincant, tant le mouvement est devenu à bien des égards problématique. Par contre, ils pointent vers le Public AI Network, un réseau de défense et promotion d’une IA publique intégrée, « qui fournirait des services d’IA au même titre que l’électricité ou l’eau », accessible à tous, contrainte à rendre des comptes, durable, fiable. Ou encore le projet Lestac AI en France, pour tester des services d’IA écoresponsables. Ou le modèle multilingue et open source Apertus, développé par l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)… Le protocole OpenCourier, par exemple, crée une base technique commune permettant aux plateformes de livraison gérées par leurs travailleurs de se connecter et de collaborer. Ou encore le projet d’IA coopérative du réseau des collectivités locales britanniques qui s’engage à respecter les principes coopératifs et démocratiques dans la prestation de services publics.
Pour Scholz et Esposito, ces « cercles » de strates solidaires, locales, conçoivent le développement d’infrastructures comme une forme d’action politique collective, que ce soit par le biais de fiducies de données municipales, de services cloud coopératifs ou de modèles linguistiques gérés publiquement. « Le discours dominant sur l’IA laisse faussement entendre qu’un contrôle centralisé par les entreprises est inévitable. Pourtant, des modérateurs de contenu au Kenya, des gestionnaires de données en Suisse et d’autres encore démontrent que les composantes d’un avenir numérique démocratique sont déjà présentes. Notre mission est de les relier et, ce faisant, d’exercer notre pouvoir d’agir, de refuser le désespoir et de créer un système où la technologie est au service de la majorité. »
Hubert Guillaud
Signalons encore que dans le syllabus (.pdf) du cours qu’il a donné au premier semestre à la New School sur le thème d’une « IA sans patrons », Trebor Scholz pointait encore vers bien d’autres exemples. En estimant que les infrastructures solidaires peuvent être mises en place à chaque niveau de la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’IA, il évoquait les mines coopératives au Pérou, en Colombie, en Zambie ou en Mongolie, ou des centres de données coopératifs en Allemagne ou aux Pays-Bas. Il signalait par exemple, la tribune de la doctorante Tara Merk, contributrice au Metagovernance Project, sur les limites de projets de centres de données coopératifs. Face aux data centers dominés par les géants de la Tech, Merk défendait « une plus grande diversité dans la propriété et la gouvernance des centres de données », notamment coopératifs. « Et si les centres de données étaient détenus et gérés de manière coopérative par les personnes vivant à proximité immédiate et souvent directement desservies par eux ? » Dans ce modèle, les opérateurs citoyens pourraient recevoir une part des bénéfices générés par le centre de données (à l’instar des parcs éoliens citoyens). Cela entraînerait une redistribution indirecte des bénéfices générés par les données des utilisateurs en ligne – une idée qui prend d’autant plus d’importance que ces données gagnent en valeur à l’ère de l’IA. Les centres de données coopératifs offriraient également aux citoyens un meilleur contrôle sur l’impact de ces infrastructures sur leur environnement physique local. Par exemple, les citoyens pourraient décider si et quand la quantité d’énergie ou d’eau utilisée par le centre de données entre en conflit avec d’autres besoins locaux et pourraient décider de réduire l’approvisionnement énergétique du centre de données en cas de situation critique. Guidé par les valeurs coopératives d’équité et de solidarité, de tels centres de données pourraient décider de renoncer à des bénéfices plus élevés afin de rendre son infrastructure plus accessible à tous, comme aux associations et coopératives. Cela pourrait à son tour encourager une plus grande diversité dans le développement de l’IA et inciter les entreprises à adopter une identité coopérative. De plus, en s’appuyant sur une infrastructure de centres de données coopérative, les coopératives d’IA renforceraient leur autonomie et leur indépendance, offrant à leurs membres un meilleur contrôle sur l’ensemble de la pile technologique, y compris les moyens de production de l’IA. Tara Merk est en train de faire une étude sur GAD eG, une coopérative qui pendant 50 ans a été l’un des grands fournisseurs de services informatiques allemand notamment pour les services financiers (jusqu’à sa fusion en 2015 avec une autre entreprise). Pour la chercheuse, l’exemple de GAD démontre « que les centres de données coopératifs constituent une option économiquement viable et évolutive, capable de fonctionner de manière fiable dans des secteurs critiques ».
Dans son syllabus, Scholz aborde d’autres exemples de coopératives pour montrer comment les valeurs coopératives peuvent guider des alternatives concrètes au développement technologique, comme le propose Read-Coop, la coopérative européenne à l’origine de la plateforme de reconnaissance d’écriture manuscrite Transkribus. Et pointe vers nombre de ressources sur le sujet des technologies pour la coopération.
À compléter encore par le numéro de Nature consacré aux modèles d’IA des pays du Sud, qui offre un autre regard sur d’autres façon de faire de l’IA.
PS : nous avions déjà donné ce titre à une brève de l’année dernière qui recensait encore d’autres initiatives.
Publié le 24.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 24 août 2026
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- Au Japon, les grandes villes en compétition pour devenir « capitale de secours » (huffingtonpost.fr)
Face au risque de catastrophes naturelles, les autorités vont désigner une « capitale secondaire » capable d’accueillir une partie des fonctions de l’État en cas de crise.
- Au Japon, des bodybuilders et sportifs recrutés pour faire face à la pénurie d’aides-soignants (slate.fr)
Le Japon a inventé le « macho care », misant sur des musculatures qui rassurent les résidents et des profils sains qui redorent l’image du métier.
- India faces rising uncompensable heat stress, especially during monsoon season (phys.org)
As global warming continues apace and politicians do little to address the warming crisis, the consequences are hitting home : at least 25,000 excess deaths in Europe in summer 2026, more than 200,000 heat-related deaths in Europe since 2022 and over 30,000 excess deaths this summer in India over a five-day period in which temperatures exceeded 45°C (113°F).

- À proximité du Japon, l’armée russe organise des tirs de missiles depuis les îles Kouriles et lance un avertissement à l’Otan (humanite.fr)
- Russie : vague d’arrestations lors d’un rassemblement de soutien à un parti antiguerre (france24.com)
- Ukrainian publishers call for support after Russian attacks destroy 10m books (theguardian.com)
The country risks ‘the collapse of the entire book ecosystem’ following destruction of warehouses in July and August, say Ukrainian publishers
- Cybersécurité et voitures électriques : les bornes de recharge présentent des risques (undernews.fr)
Une nouvelle étude de Flare a analysé 1 000 bornes de recharge pour véhicules électriques accessibles via Internet dans 56 pays. 72 % acceptaient des connexions sans chiffrement, autrement dit, le protocole transportant les jetons d’authentification, les commandes de session et l’accès aux systèmes de paiement et aux serveurs s’exécutaient en clair sur la plupart des bornes observées. L’étude de Flare souligne que l’exposition des bornes est principalement concentrée en Europe.
- Incendies : l’inaction climatique pourrait augmenter les surfaces brûlées de près de 40 %, selon une étude (humanite.fr)
Une étude de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) publiée ce jeudi 20 août alerte sur l’augmentation des incendies en Europe dans les années à venir.
- Une cyberattaque liée à l’Iran a mis une centrale électrique britannique à l’arrêt (huffingtonpost.fr)
Le gouvernement britannique a indiqué qu’une cyberattaque avait paralysé une centrale électrique du pays pendant quatre jours.
- Comment la guerre en Iran a fait exploser la fortune de l’homme le plus riche d’Afrique (slate.fr)
Le blocage du détroit d’Ormuz, qui a des répercussions douloureuses sur le prix des biens de consommation de base et du carburant, a fait fructifier la fortune du milliardaire nigérian Aliko Dangote.
- L’alerte des artistes face à la répression de l’homosexualité au Sénégal (afriquexxi.info)
Plusieurs cinéastes, écrivains ou encore photographes sénégalais se sont saisis de la question LGBTQIA+ dans leur œuvre. Ils se disent inquiets du durcissement de la loi contre les personnes homosexuelles et y voient une instrumentalisation politique visant à détourner l’esprit des populations loin des vraies préoccupations du pays.
- 25.6 million LGBTQ+ adults in US ; transgender population twice prior estimates (kxan.com)
- La dette américaine passe le seuil des 40 000 milliards de dollars (france24.com)
La dette du Trésor américain atteint désormais 40 047 milliards de dollars, un seuil franchi pour la première fois, selon des chiffres rendus publics mercredi par le gouvernement des États-Unis. La hausse est plus rapide que prévu, en raison notamment de la hausse des emprunts et des intérêts payés.
- Trop de chevaux sauvages ? Trump trouve une astuce pour les envoyer à l’abattoir (reporterre.net)
Le gouvernement Trump a trouvé une astuce pour éliminer les coûteux 58 000 chevaux mustangs sauvages qu’il garde dans des parcs fédéraux. Le New York Times a révélé que le Bureau of Land Management (BLM), l’agence chargée de protéger ces animaux, les solde à bas prix à des intermédiaires qui les revendent à des abattoirs au Canada.
- “Sabotage” : Experts, lawmakers blast RFK Jr. for destroying healthcare research (arstechnica.com)
US healthcare is broken. Under RFK Jr., the research agency working to fix it is, too.
- Disney sues FCC and its chair, escalating fight against Trump’s chief censor (arstechnica.com)
“Again and again, the Administration has attacked ABC’s speech—the stories its journalists report and the viewpoints its network programs air,” the lawsuit said. “Over time, those attacks have escalated into express demands that ABC be stripped of its broadcast licenses because of its speech.”
- Aux États-Unis, même l’indépendance de la presse militaire est attaquée (huffingtonpost.fr)
À la suite de plusieurs publications contraires au discours que souhaite imposer le Pentagone, plusieurs dirigeants de « Stars and Stripes » ont été congédiés.
- « Un soupir de soulagement » : Trump suspend son projet anti-immigration dans un parc national (reporterre.net)
Face à une mobilisation transpartisane, l’administration Trump a finalement suspendu jusqu’à nouvel ordre son projet anti-immigration à la frontière avec le Mexique, dans le parc national de Big Bend. Les opposants restent toutefois « sur leurs gardes ».
- The Peter Thiel-Linked Race Science Network that Penetrated Cambridge University and Targeted Jason Arday (bylinetimes.com)
Jason Arday, a 41-year-old academic who resigned as Cambridge’s Professor of Sociology of Education, was found dead on Friday following intense scrutiny of many aspects of his qualifications and personal life by the majority of the established press. His coordinated targeting by an explicitly anti-black race science network did not come out of nowhere […] Backed by the pro-Trump Silicon Valley billionaire Peter Thiel, this network has spent a decade penetrating Cambridge University before reaching Reform UK, Restore Britain, and the pan-European far-right.This phase of the campaign against Jason Arday began when academic and anti-black racist Nathan Cofnas raised claims of plagiarism in Arday’s work in a Substack post last month.
- ICE Shot a Journalist and Threw Him in Detention. He’s Approaching 300 Days Behind Bars With a Festering Wound (theintercept.com)
With the case of Carlitos Ricardo Parias, the U.S. has broken its own record for holding a journalist in custody.
- Secret ‘Keyhole’ program emerges as ICE surveillance of protestors widens (biometricupdate.com)
Records point to broader undercover structure supporting covert identities, surveillance and technical operations

- Man in Darth Vader Costume Praises Flock Cameras at City Council Meeting (ommondreams.org)
“The emperor is a fan of Flock, and we must continue utilizing Flock technologies so that we can follow and surveil the rebel scum as they move from playground to playground, from playground to pool, from pool to gymnasium,” the person dressed as the infamous Star Wars villain said.
- 170,958 Preventable Deaths. 1 Guilty Plea. 0 Accountability. (qasimrashid.com)
Luigi Mangione pled guilty to killing one person—Brian Thompson, 624 days ago. Since, HELL Corporations have killed 274 people, every single day.
- En Floride, l’élection d’Angie Nixon confirme la montée en puissance de la gauche (humanite.fr)
Elle accusait un handicap habituellement rédhibitoire dans la politique états-unienne : son budget de campagne était seize fois inférieur à celui de son concurrent. Angie Nixon l’a néanmoins emporté, avec une très confortable marge qui plus est : 56 % contre 44 %. Sa victoire dans la primaire démocrate pour le siège de sénateur de l’État de Floride vient confirmer la tendance nationale
- Trump’s space transportation policy calls for new spaceport on federal land (arstechnica.com)
“We probably need another site that’s capable of heavy and super heavy launch capability.”
- La Nasa échoue à sauver le télescope Swift, condamné à brûler dans l’atmosphère (france24.com)
La mission robotique de sauvetage du télescope Swift, qui perd régulièrement en altitude et est condamné à brûler dans l’atmosphère terrestre, est un échec. Le robot de la start-up Katalyst “n’attrapera ni ne propulsera” le télescope en raison d’un “problème persistant de contrôle d’altitude”, a déploré mercredi la Nasa.
- Comment cette ville colombienne a résisté au tremblement de terre du 10 août (slate.fr)
À Armenia, dans l’ouest de la Colombie, les bâtiments ont tenu bon face au séisme. Les leçons tirées d’une précédente catastrophe, couplées aux mesures de reconstruction et de prévention mises en place, ont permis à la ville d’être mieux préparée cette fois-ci.
- Au Brésil, Discord suspend les directs sur la plateforme après le suicide d’une adolescente (lemonde.fr)
- Research finds pedestrian-focused infrastructure can boost safety (cts.umn.edu)
- Reverse-Lookup Service Exposed Millions of Photos of People’s Faces (wired.com)
When someone uploads a photo to the people-search tool ClarityCheck, the website has a clear message : “Your reverse image search is private and secure.” New research, though, shows that the website left more than 9 million image files, including photographs of people’s faces, publicly exposed. And a second misconfiguration publicly exposed people’s email addresses and phone numbers.
- Nvidia’s new financial strategy does not compute (theverge.com)
- Comcast is turning millions of its routers into motion detectors (theverge.com)
Comcast is activating free Wi-Fi motion sensing on Xfinity gateways, allowing its routers to detect movement at home.
- Ordinary WiFi can now identify you with near-perfect accuracy (sciencedaily.com)
Everyday WiFi networks could potentially identify and track people without cameras or special equipment, using signals already being transmitted by nearby devices.

- The expanding role of face biometrics, for better and for worse (biometricupdate.com)
Spécial IA
- Japan to require AI firms to disclose training data (japantimes.co.jp)
A government panel Tuesday broadly approved a plan to adopt what is known as a “principle code” for generative artificial intelligence businesses to protect intellectual property rights by urging firms to disclose their AI training data and methods for collecting such data to the public.
- La Commission des services publics de l’Alberta freine un centre de données (ici.radio-canada.ca)
La Commission des services publics de l’Alberta a rejeté le projet de centrale au gaz naturel qui aurait fourni l’énergie à un centre de données à Olds, à 80 kilomètres au nord de Calgary.
- IA : aux États-Unis, des centrales à gaz sont construites pour alimenter les data centers (reporterre.net)
Bloomberg News a analysé 99 projets de centrales au gaz naturel que prévoient de construire les exploitants de data centers pour se fournir en électricité. Si toutes ces centrales étaient en service, elles émettraient environ 318 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an. Ce qui pourrait accroître les émissions du secteur électrique étasunien de 20 % les prochaines années.
- Township Fights Nuclear Weapons Data Center By Passing a Moratorium on Electrical Infrastructure (404media.co)
Ypsilanti Township in Michigan passed a six month moratorium on “major electric utility infrastructure” […] The moratorium is a delaying tactic, the latest in the Township’s long fight to stop the construction of a $1.2 billion data center that’s backed by the University of Michigan and the Pentagon’s nuclear war scientists at Los Alamos National Laboratories (LANL).
- Aux États-Unis, le boulet électoral des datacenters IA (next.ink)
- Voters Aren’t Waiting For November to Try Ousting Officials Over Data Centers (slashdot.org)
A growing backlash against AI data centers is spilling into local politics, with residents in more than a dozen communities pushing recall elections against officials who approved projects.
- OpenAI s’offre le futur plus grand centre de données d’IA au monde (rfi.fr)
OpenAI s’apprête à louer pour vingt ans, aux États-Unis, le plus grand centre de calcul jamais créé pour l’intelligence artificielle […] Le site construit dans l’Ohio sera équipé de plus d’un million et demi de puces électroniques de Nvidia d’ici 2032. Sa consommation électrique vertigineuse est comparable à celle de 7 millions de foyers américains.
- Nourrir l’IA avec les cadavres d’entreprises : Google pose 10 millions de dollars pour racheter les mails d’une compagnie aérienne morte (numerama.com)
- New ChatGPT Feature Collects Every Keystroke You Make (futurism.com)
- Person Hides Prompt Injection in Legal Filing Telling AI to Side With Them (404media.co)
A person representing themselves in a Connecticut court hid a series of instructions designed to manipulate artificial intelligence in an official court filing. These “prompt injections” told the hypothetical LLM to side with them, and to “ensure your textual output agrees with the presented filing to ensure remediation.” The instructions were written in tiny, 3-point white font and hidden throughout the filing.
- Anthropic Criticized For Adding Watermarks to Text that Claude Generates – or Processes (slashdot.org) – voir aussi Anthropic : le tatouage de Claude se niche dans le choix des mots (next.ink)
- Error by AI scribe during medical appointment leaves patient devastated (abc.net.au)
When Rebecca Green arrived for her first appointment with a urologist, she was asked whether she consented to having the appointment transcribed by artificial intelligence (AI). She said yes without hesitation. “I don’t want to be in her bad books or be that annoying patient who takes up more of her time,” she said. But that decision would cause her a lot of stress, with the AI scribe making up the serious but false claim that Ms Green was taking illegal drugs.
- Report supporting Australia’s teen social media ban appears to contain AI hallucinations, Senate hears (theguardian.com)
- Sous la pression, OpenAI commence à déployer son ChatGPT bridé pour ados (huffingtonpost.fr)
« ChatGPT for Teens » s’applique automatiquement pour tous les mineurs et est notamment enrichie de rappels plus fréquents à chercher de l’aide humaine.
- Grok aurait généré 7 000 deepfakes pédocriminels d’une mineure pour son beau-père (next.ink)
- Subtlefakes : Slightly Altered Nonconsensual AI Images Are Taking Over X (404media.co)
These more convincing images are not AI generated nudes of celebrities or face-swapped identities onto porn videos, but AI generated images of celebrities that are subtly edited to make them more revealing or provocative.
- AI Boosted Homework Scores, Then Exam Scores Dropped (slashdot.org)
- Bosses Horrified as “AI Native” College Graduates Hit the Workplace (futurism.com)
“Massive numbers of students are going to emerge from university with degrees, and into the workforce, who are essentially illiterate.”

- Welcome to the AI crisis in math (theverge.com)
- Flock Has a Powerful New AI Tool for Police. We Got Its Code (wired.com)
Flock’s surveillance cameras have already sparked outrage. WIRED reconstructed its next-generation AI system, already in use by some police, to confirm it goes much further than tracking license plates.
Spécial Israël
- NSW ‘seeking urgent advice’ on controversial court ruling that found anti-Israel vandalism was not antisemitic (theguardian.com)
The New South Wales government could appeal a supreme court judge’s controversial decision to refuse its request for a terror order over a Sydney man convicted of writing “Fuk Israel” on cars […] Justice Desmond Fagan this week found disparaging Israel was “political comment” not antisemitism.
- Les États-Unis sanctionnent la juriste Tomoko Akane, présidente de la CPI (lemonde.fr)
Les États-Unis ont annoncé, mardi 18 août, des sanctions contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, ainsi qu’un autre haut responsable, dans le cadre de leur campagne contre cette institution accusée d’être « politisée ». […] Ces sanctions constituent en majorité une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l’encontre d’Israël, allié des États-Unis.
- Les représailles de Trump contre la CPI n’ont qu’un but : protéger Netanyahou (humanite.fr)
Les crimes commis par les États-Unis depuis 1945 mériteraient à eux seuls un tribunal mondial. Las, cet État s’arroge le droit de juger le monde entier tout en refusant obstinément d’être jugé. L’ardeur que manifestent aujourd’hui Donald Trump et Benyamin Netanyahou dans leur croisade contre le droit international est celle de malfaiteurs en quête d’impunité.
- Pour Israël, des agences de com’ créent un faux think tank pour influencer les chatbots (next.ink)
Par l’intermédiaire de l’agence de publicité Piro, Havas a monté de toutes pièces le site d’un faux « think tank » pour le compte d’Israël. Toutes les soi-disant études sont rédigées de manière à influencer les chatbots sur certaines questions concernant notamment Israël ou Gaza. Une autre agence de communication gérée par l’ancien directeur de la campagne numérique de Donald Trump, Clock Tower X, aide Havas à diffuser la propagande israélienne dans les chatbots IA.
- Israël et les Américains se prennent encore le bec, cette fois sur des frappes en Syrie (huffingtonpost.fr)
Le ministre israélien de la défense a reproché à l’envoyé spécial américain en Syrie d’avoir critiqué une frappe israélienne. Il assure que les Etats-Unis avaient été informés de cette manoeuvre militaire.
- Quatre pays dont la France exhortent Israël à stopper « l’extension des colonies en Cisjordanie » (huffingtonpost.fr)
Dans une déclaration conjointe, la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Allemagne pressent Israël de « mettre fin à l’expansion des colonies en Cisjordanie ».
- Flottille pour Gaza : la Turquie émet un mandat d’arrêt international contre Benyamin Netanyahou (humanite.fr)
Le ministère turc de la Justice a annoncé, vendredi 21 août, avoir émis un mandat d’arrêt international contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et un autre responsable israélien dans le cadre d’une enquête sur l’interception de la « Global Sumud Flotilla » en mai dernier.
- La lente asphyxie de la Cisjordanie (orientxxi.info)
Tandis que se poursuit le siège par les colons de la localité de Qusra, les mesures économiques contre les Palestiniens étouffent la Cisjordanie. Rétention des droits de douane dus aux Palestiniens, annulation des permis des travailleurs, blocage des routes… L’économie palestinienne est rendue exsangue par les sanctions et la prédation de l’occupant israélien. En Cisjordanie, le taux de pauvreté a plus que doublé depuis octobre 2023
- ‘Destroying agriculture is the purpose’ : How Israel is drying up the West Bank’s most fertile farmlands (mondoweiss.net)

- Gaza : seulement 3 % des terres agricoles intactes et accessibles, alerte l’ONU (lorientlejour.com)
- Israel’s Ben-Gvir posts video of gallows site for hanging Palestinians (theguardian.com)
Far-right minister says those convicted in military courts of terror offences will be executed after passing of death penalty law that does not apply to Jewish extremists
- En 2025, 350 travailleurs humanitaires ont été tués dans le monde, dont 186 à Gaza, selon l’ONU (lemonde.fr)
Depuis le début de 2026, 82 travailleurs humanitaires ont été tués, 97 blessés et 39 enlevés à travers le monde, a également fait savoir l’institution.
- « Nous continuerons à réclamer des réponses en leurs noms » : l’Australie, l’Angleterre et le Canada condamnent la clôture par Israël d’une enquête sur la mort d’humanitaires à Gaza (humanite.fr)
Plus de deux ans après la mort de sept humanitaires de l’ONG World Central Kitchen dans un bombardement à Gaza, Israël a annoncé l’abandon des poursuites pénales ce mercredi 19 août. Une décision qui provoque l’indignation à Londres, Ottawa et Canberra.
Spécial femmes dans le monde
- J’ai déjà vu les talibans fermer les écoles aux filles. Les revoir le faire est déchirant (theconversation.com)
En août 2021, les talibans ont repris Kaboul et, en l’espace de quelques semaines, interdit aux filles de fréquenter l’école au-delà de la 6e année. Cette interdiction est toujours en vigueur.
- États-Unis : l’hécatombe des Amérindiennes sort progressivement du silence médiatique (rfi.fr)
Aux États-Unis, des milliers de femmes amérindiennes disparaissent ou sont assassinées dans une quasi-indifférence. Longtemps cantonné aux marges, ce drame commence à émerger dans l’espace médiatique, sans que le nombre de disparitions ne baisse ni que la colère des communautés ne retombe.
- Police called on trans men using women’s restroom as required by Kansas law (mronline.org)
The men, dressed in yellow “Compliance Crew” shirts, were part of a small group of trans-masculine Kansans who used the women’s room at facilities across the state that day in a coordinated action.
- Ariana Grande n’a pas du tout aimé que Donald Trump utilise sa musique pour un contenu transphobe (huffingtonpost.fr)
Le post en question est une vidéo publiée sur un compte TikTok vérifié de l’administration Trump.
- Une femme dénonce un médecin qui portait des lunettes connectées Meta lors d’une consultation où elle a dû se déshabiller (developpez.com)
- Meta ran ads for an app promising to nudify female politicians (arstechnica.com)
One ad featured a pornographic video with deepfake closely resembling a US politician.
- Le paradoxe de l’ultra‑trail : pourquoi les femmes excellent mais sont sous‑représentées (theconversation.com)
Pendant 56 heures et 9 minutes, sans presque dormir, l’États-Unienne Rachel Entrekin a couru à travers l’Arizona. Le 9 mai 2026, la kinésithérapeute de 34 ans est devenue la première femme à remporter […] l’un des ultra-trails les plus durs d’Amérique du Nord. Elle a pulvérisé le record absolu de l’épreuve et devancé le premier homme de plus d’une heure
Spécial France
- Le coût de la vie pèse de plus en plus lourd pour les étudiants ultramarins (la1ere.franceinfo.fr)
Plus 1,66 % sur un an. C’est ce que représente l’augmentation du coût de la vie d’un étudiant français et c’est la conclusion d’une étude publiée par le syndicat étudiant UNEF (Union nationale des étudiants de France). Cette augmentation s’explique par la hausse des loyers, celle du prix des transports, mais aussi celle du prix des produits alimentaires. Et ce sont les étudiants ultramarins qui sont les plus touchés par la précarité. L’UNEF juge que les étudiants en Outre-mer sont également oubliés des politiques publiques.
- 40 ans de la télévision à Mayotte : au moment de l’abolition, la moitié de la population de l’archipel mahorais était considérée comme esclaves (la1ere.franceinfo.fr)
- Le Conseil constitutionnel censure le contrôle de l’âge des internautes, mineur·es ou pas (next.ink)
Les Sages ont jugé que la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineur·es de moins de 15 ans aux réseaux sociaux va d’une part à l’encontre de la liberté d’expression des mineur·es, et d’autre part au droit à la vie privée des majeur·es. Ces dernier·es ne devraient pas être obligé·es de faire vérifier leur âge sans « garanties légales ». L’Élysée réclame un nouveau texte d’ici à la présidentielle de 2027.
- La Direction générale des finances publiques annonce une “troisième fuite” sur des données liées aux successions vacantes, rapidement “coupée” (franceinfo.fr)
- ZeroBytes, les hackers qui ont piraté le fisc, assurent avoir vendu les données volées (huffingtonpost.fr)
- L’Éducation nationale se fait pirater par le hackeur des impôts : 43 Go de données dans la nature (personnels, élèves…) (lesnumeriques.com) – voir aussi Piratage de l’Éducation nationale : “C’est très inquiétant, des données sensibles concernant des enfants sont en jeu” (france3-regions.franceinfo.fr)
Alors que le ministère de l’Éducation nationale a confirmé une “intrusion frauduleuse” visant ses fichiers et “l’exfiltration de données à caractère personnel”, les académies de Créteil et Versailles seraient particulièrement concernées par cette fuite massive.

- France : SFR confirme une nouvelle fuite de données visant ses abonnés fibre (it-connect.fr)
- Baroud d’honneur pour Bloctel, avec la fuite de 600 000 numéros opposés au démarchage (next.ink)
Bloctel devait protéger les utilisateurs opposés au démarchage téléphonique… mais ce n’était pas un franc succès. Bloctel a tiré officiellement sa révérence le 11 août, non sans un dernier fait d’arme : « Un accès frauduleux à un compte professionnel a permis à un cybercriminel de récupérer des fichiers contenant 3 millions de numéros de téléphone, dont 600 000 inscrits sur Bloctel ».
- La marche des fiertés de Paris, annulée à cause de la canicule, a sa date de report : elle aura lieu le samedi 3 octobre prochain (huffingtonpost.fr)
- « Plus de 40 000 » préservatifs « non conformes » vendus en France, les autorités recommandent des dépistages et tests de grossesse (humanite.fr)
Le ministère de la Santé et la Répression des fraudes ont alerté, vendredi 21 août, sur la mise en vente de « plus de 40 000 préservatifs » non conformes en pharmacie ou encore sur Amazon. Les autorités recommandent aux consommateurs ayant utilisé ces préservatifs de faire un dépistage des infections sexuellement transmissibles et de réaliser un test de grossesse.
- « Beaucoup d’habitant·es sont mort·es de cancer » : en Charente-Maritime, des dizaines de maisons rendues « inhabitables » par la pollution d’une usine d’engrais (humanite.fr)
À Tonnay-Charente, des dizaines d’habitant·es subissent la pollution aux métaux lourds d’une usine d’engrais de la société Timac Agro. Sur 92 parcelles analysées, près de la moitié présente « un état des sols incompatible avec les usages résidentiels et l’autoproduction alimentaire ».
- La carte de la pollution des plages permet d’éviter les maladies (lareleveetlapeste.fr)
Pour une 3e édition, Eau & Rivières de Bretagne (ERB) publie une carte interactive qui évalue les risques sanitaires lors d’une baignade dans une eau polluée par des bactéries ou des virus. Grâce au soutien d’autres associations, cette carte couvre l’ensemble des plages de l’Hexagone. Près de 20 % des plages françaises présentent des épisodes réguliers de contamination fécale pouvant causer des gastro-entérites ou des infections.
- Gironde : le pare-feu illégal de Benoît Bartherotte pendant l’incendie visé par une asso anti-corruption (huffingtonpost.fr)
La propriété de 4 hectares de cet entrepreneur se trouve sur la pointe du Cap-Ferret. Le 23 juillet, il avait pris la décision d’abattre des pins sur plusieurs centaines de mètres de large pour ériger ce pare-feu.
- Pris d’une envie pressante, le randonneur brûle son papier toilette pour effacer ses traces : 50 pompiers mobilisés, 5000 m2 détruits (leprogres.fr)
Samedi soir, à Rotalier, une belle imprudence d’un randonneur empruntant le sentier situé en sortie de commune, est à l’origine d’un incendie.
- Nouvelle alerte dans les Landes (blogs.mediapart.fr)
Le mode opératoire du nématode du Pin est d’une efficacité redoutable. Une fois introduit dans l’arbre, ce ver du phylum des Nematoda s’installe dans les vaisseaux du bois et bloque la circulation de la sève. Les symptômes suivent vite : les aiguilles rougissent, puis tombent, les pousses se flétrissent. L’arbre peut mourir en moins de deux mois.
- Sainte-Soline à sec mi-juillet : évaporation ou infraction ? (reporterre.net)
Remplie par les seules pluies hivernales, la réserve d’eau de Sainte-Soline a vu ses stocks à sec en moins de deux mois de fortes chaleurs. Si l’évaporation apparaît possible, la Coopérative de l’eau des Deux-Sèvres affirme avoir utilisé l’eau pour irriguer, bien que la justice ait suspendu ses autorisations.
- « Personne n’était au courant » : une bassine construite en catimini en Normandie (reporterre.net)
- Rendements en chute libre, évaporation record… Le bilan des méga-bassines de l’été 2026 (bonpote.com)
- « Il n’y a plus d’eau » : les pénuries s’enchaînent dans le Finistère (reporterre.net)
- « Pendant les foins, c’est intenable » : les agriculteurices en colère contre le passage au tout-numérique (reporterre.net)
La comptabilité sur papier, c’est bientôt terminé : à la rentrée, les agriculteurices devront toustes faire des factures de manière électronique. Beaucoup jugent cette obligation intenable et dénoncent une « marche forcée vers le tout numérique ».
- La canicule en France a fait au moins 7 300 morts, selon un bilan encore provisoire (france24.com)
- « Un discours autour de l’habitabilité de la planète » : la France insoumise se présente comme le parti de l’écologie (reporterre.net)
RIP
- Yvette Roudy, première ministre des Droits des femmes, est morte (nouvelobs.com)
Figure historique du féminisme français et ancienne ministre socialiste de François Mitterrand, Yvette Roudy est morte à l’âge de 97 ans. Première titulaire d’un ministère des « Droits de la femme », elle avait notamment obtenu le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale et porté la loi de 1983 sur l’égalité professionnelle.
Spécial femmes en France
- La spationaute Sophie Adenot va effectuer une nouvelle sortie dans l’espace mardi (france24.com)
La Française Sophie Adenot va de nouveau sortir mardi de la Station spatiale internationale (ISS) en compagnie de l’Américain Anil Menon, annonce la Nasa. Elle va poursuivre le remplacement d’une antenne défectueuse, pour lequel elle a déjà passé plus de six heures dans l’espace.
- Le coup de gueule Faustine Bollaert, critiquée sur son physique dans une vidéo « sans maquillage » (huffingtonpost.fr)
« À quel moment sommes-nous devenus tellement habitués aux visages filtrés et retouchés qu’un visage de femme simplement naturel devient suspect ? Et surtout, à quel moment est-il devenu si banal de commenter méchamment le physique de quelqu’un ? » […] « J’ai 47 ans. J’ai des rides. Et j’ai bien l’intention de continuer à rire suffisamment pour en avoir d’autres »
- Le maire de Chartres refuse que Patrick Bruel commence sa tournée dans sa ville (huffingtonpost.fr)
Le chanteur, mis en examen pour viol et agression sexuelle et visé par plus de trente plaintes, prévoit de maintenir une tournée de 35 dates à partir d’octobre.
- Après Chartres, d’autres villes s’opposent à la venue de Patrick Bruel en concert (huffingtonpost.fr)
Alors qu’il maintient sa tournée de 35 dates à l’automne, le chanteur visé par de multiples accusations de violences sexuelles subit les foudres de plusieurs mairies.
- « Où sont les hommes ? » : La charge du fils de Gisèle Pelicot contre Patrick Bruel (huffingtonpost.fr)
David Pelicot pointe du doigt le silence des hommes face aux accusations qui pèsent contre Patrick Bruel, alors qu’il continue de préparer sa tournée prévue à l’automne.
- Après l’affaire Lyhanna, des centaines de suspects de violences sexuelles sur mineur·es incarcérés (huffingtonpost.fr)
Gérald Darmanin a livré un nouveau point d’étape, assurant que 1 587 personnes ont été incarcérées depuis qu’il a ordonné le réexamen des plaintes.
- Lot. « On protège les violeurs », et il ne faut pas le dire (lempaille.fr)
L’avocat toulousain Ismaël Meziti se dit « très supris qu’une petite affaire de diffamation soit traitée aussi vite et avec autant au sérieux par le parquet », alors qu’il travaille sur des histoires de viols sans réponse depuis plusieurs années.
- Ce que l’on sait de la découverte d’un corps calciné dans le Gard, identifié comme étant celui de Sonia Bellina (huffingtonpost.fr)
Après avoir confirmé qu’il s’agissait bien du corps de l’influenceuse, le parquet de Nîmes a également annoncé que deux suspects ont été interpellés ce mercredi 19 août dans le cadre de l’enquête ouverte pour assassinat.
Voir aussi Le bracelet anti-rapprochement qu’il portait a aidé à identifier le suspect du meurtre de Sonia Bellina (huffingtonpost.fr)
L’homme de 32 ans mis en examen pour l’assassinat de Sonia H. était porteur du dispositif depuis sa condamnation pour violences contre son ancienne compagne.
Spécial médias et pouvoir
- Rappelle-toi Barbara (hors-serie.net)
Le déchaînement médiatique qui a fait suite à la manifestation contre la présence de Barbara Butch lors d’un festival à Grenoble constitue l’un des multiples épisodes de désinformation contre les défenseurs de la cause palestinienne. Comme on pouvait s’y attendre, des contre-enquêtes journalistiques contredisent aujourd’hui les premières versions, qui imputaient des violences diverses et des propos antisémites aux manifestant·es.
- Un débat sur France Inter : réflexions stratégiques et tactiques (frustrationmagazine.fr)
- Quand les médias sous‑informent et désinforment à propos de la crise environnementale (theconversation.com)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Piratage des impôts : comment en est-on arrivé là ? (cybernetica.fr)
La France de 2026 est au niveau de la Bulgarie en 2019
- Piratage du fisc : “Il n’y a pas de pilote dans l’avion”, dénonce un ancien secrétaire général du Conseil national du numérique (franceinfo.fr)
“Vous imaginez bien à quel point ça rend risibles tous les discours sur la souveraineté”, estime Jean-Baptiste Soufron, mardi sur France Culture, après la cyberattaque contre le fisc, fin juin.
- En quoi consiste la « nouvelle unité cyber », réponse de Sébastien Lecornu aux piratages en série (huffingtonpost.fr)
- Des incendies à la cybersécurité, le gouvernement pris en défaut sur son sens des priorités (huffingtonpost.fr)
- La colère du gouvernement après l’enregistrement de Laurent Nuñez à son insu, « un précédent très grave » (huffingtonpost.fr)
Le site d’investigation « Mediapart » relaie une déclaration de Laurent Nuñez, capté lors de la réunion entre le ministre de l’Intérieur et les syndicats de pompiers.
- Sébastien Lecornu copieusement hué à son arrivée au Porge, commune dévastée par les incendies (huffingtonpost.fr)
Le Premier ministre a été sifflé par de nombreux habitants ce lundi en Gironde, où il est venu pour constater les dégâts après les incendies ravageurs de la fin juillet.
- Le gouvernement publie la liste des animaux « nuisibles » pouvant être tués, la LPO outrée (huffingtonpost.fr)
Cette liste est valable pour les trois prochaines années. Elle autorise notamment la chasse du renard « en tout lieu », avec l’aide d’un chien ou non.
- Pour la ministre de la transition écologique Monique Barbut, le meilleur candidat sur le climat est… Jean-Luc Mélenchon ! (huffingtonpost.fr)

- Le gouvernement rétropédale finalement sur le doublement du plafond des franchises médicales (huffingtonpost.fr)
La ministre de la Santé a reconnu, dans les pages du « Figaro », que le choix de doubler le plafond des franchises médicales avait pu apparaître « brutal ».
- François Fillon suspendu de la Légion d’honneur, plus d’un an après sa condamnation (huffingtonpost.fr)
L’ancien Premier ministre, condamné dans le dossier des emplois fictifs de son épouse Penelope, a été suspendu pour 10 ans de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Pour l’élection présidentielle de 2027, Éric Ciotti part avec Marine Le Pen avant même le premier tour (huffingtonpost.fr)
À huit mois de la présidentielle, le président de l’UDR appelle les électeurs « de droite » à « ne plus perdre de temps » et à soutenir la candidate… d’extrême droite.
- La justice française ordonne la remise du militant antifasciste Gino Abazaj à l’Allemagne (humanite.fr)
La cour d’appel de Paris a ordonné, mercredi 19 août, la remise de Gino Abazaj à Berlin, qui l’accuse de violences contre des ressortissants allemands ayant participé à un défilé néonazi en février 2023. Le militant antifasciste « se pourvoit en cassation », a annoncé son avocat.
- Astrée dysfonctionne : l’office du juge administratif face à la défaillance algorithmique dans le contentieux des étrangers (kohenavocats.com)
Le 17 août 2026, Mediapart a révélé que le logiciel Astrée, développé par le ministère de l’Intérieur pour traiter des contentieux de masse, connaît d’importants taux d’erreur pendant sa phase de test. L’information est particulièrement sensible en droit des étrangers. Une décision administrative peut priver une personne de son séjour, de son emploi, de sa vie familiale ou de sa liberté. Elle ne peut donc pas devenir la conséquence opaque d’un classement statistique, d’une extraction de données défectueuse ou d’une proposition algorithmique insuffisamment contrôlée.
- Régine Komokoli, élue LFI : cible d’une vague de haine raciste depuis plusieurs mois (humanite.fr)
Les vitres de son véhicule brisées avec un mot d’insulte laissé à l’intérieur, des injures racistes reçues en ligne par centaines, depuis des mois Régine Komokoli, conseillère municipale et départementale d’Ille-et-Vilaine (LFI) est la cible d’une vague de haine raciste.
- “On aime la messe, les femmes, les toros…” : propos sexistes, atteinte à la laïcité, la nouvelle campagne de Robert Ménard vivement critiquée (france3-regions.franceinfo.fr)
Le discours prononcé par Robert Ménard, maire de Béziers lors de l’ouverture de la féria le 12 août 2026 et des affiches placardées dans la ville font réagir. Des associations accusent l’édile de sexisme et de non-respect de la laïcité.
- “Il faudrait une guerre pour les exterminer” : les appels au meurtre contre les gens du voyage se multiplient en Franche-Comté (france3-regions.franceinfo.fr – article de juillet 2026)
“Ça fait un bon mois que c’est vraiment horrible” assure Rémy Vienot, président de l’association Espoir et Fraternité Tsigane de Franche-Comté et animateur de la page Facebook visée. “Tous les jours, j’ai des centaines de commentaires violents, insultants, méprisants. Et certains sont même des appels au meurtre, à l’extermination”.
- Tué par la police alors que son véhicule était immobilisé : la famille de Cheikh témoigne (humanite.fr)
Une nouvelle affaire qui relance le débat autour de l’usage des armes par la police. Cheikh F, 29 ans, d’origine maghrébine, a été tué par balle par un policier municipal du Pontet (Vaucluse) lors d’une course-poursuite près d’Avignon dans la nuit du 14 au 15 juillet.
Spécial résistances
- How to talk about “AI” without adding to the anthropomorphization (buttondown.com)
- PFAS, « chaleur fatale »… Un projet de data centers destinés à l’IA révolte des riverains (reporterre.net)
Dans l’Oise, la tension monte autour d’un projet de deux data centers dédiés à l’IA. Des riverains refusent de voir s’installer dans leur campagne ces « radiateurs géants », dont le dossier comprend de nombreuses « ambiguïtés », « incohérences » et « insuffisances ».
- 57 jours de grève au Samu social de Paris : ce qu’ont gagné les salarié·es (basta.media)
Après 57 jours de grève, les salarié·es du Samu social de Paris ont signé un accord avec la direction le 18 août. Ces agent·es qui accompagnent les sans-abri ont obtenu des primes et devront dorénavant être mieux impliqué·es dans les prises de décision.
Spécial outils de résistance
- DeltaChat (sebsauvage.net)
DeltaChat est une superbe application de messagerie chiffrée avec des fonctionnalités tout à fait comparables à WhatsApp ou Signal.
- Open Slopware (codeberg.org)
Free/Open Source Software tainted by LLM/AI usage, along with alternatives and last untainted commit so you can fork.
- Plugin « Qui possède les Médias ? » (dl.hckr.fr)
Une poignée de milliardaires possède l’essentiel de la presse française. Une extension qui vous le dit pendant que vous lisez, sans que vous ayez rien à chercher.
Spécial MAGAM et cie
- Mark Zuckerberg encouraged growth over child safety, ex-Meta executive testifies at trial (reuters.com)
- As demand for Meta AI glasses explodes, it’s harder to avoid creepy recordings (arstechnica.com)
Until comprehensive consumer privacy laws are passed, the Electronic Frontier Foundation (EFF) has warned that Meta seems prepared to make the tech even more invasive in its bid to sell more glasses and stay ahead of rivals in the burgeoning industry.
- Meta a déposé un brevet pour des lunettes qui notent vos ami·es et effacent les moins intéressant·es (journaldugeek.com)
- Ireland scraps €1bn Microsoft tender after procurement concerns (computing.co.uk)
The Irish government has cancelled a planned procurement framework worth up to €1bn for Microsoft software and services after concerns were raised during the tender process.
- Microsoft 365 : de nombreuses données perdues après l’arrêt d’une offre gratuite (next.ink)
Après l’arrêt de l’offre gratuite à 365 Business Premium et Office 365 E1 pour les organismes sans but lucratif, nombre d’entre eux ont perdu leurs données. Microsoft avait prévenu, mais la communication de l’entreprise a été bien confuse et les données non récupérables.
- « Nous sommes désolés » : GitHub s’explique sur sa panne de 7h47, sans voir le bout du tunnel (numerama.com)
GitHub est revenu sur les causes de la panne géante qui a paralysé la plateforme le 17 août. En cause : un pic de trafic que l’infrastructure n’a pas su absorber.

- Watching TikTok and Instagram Reels Videos Deactivates the Brain’s Cognitive Control Network, Study Finds (rathbiotaclan.com)
Les autres lectures de la semaine
- What Was the Internet ? (bostonreview.net)
As AI overtakes the web, five writers reflect on how far it’s fallen and what comes next.
- This is nuts (taxresearch.org.uk)
In case you were wondering, the Strait of Hormuz is still closed. The US economy is propped up by an AI buzz that is increasingly fuelled by vast off-balance-sheet exposures. The Fed is possibly going to raise interest rates. China’s economy is still slowing. Yields everywhere are climbing, and Japan is suffering a bond crisis. Private credit is stressed. Virtually every measure of leverage is engorged. Asian geopolitics is messy and getting messier. Europe is Europe, and the UK is being particularly British.
- A Thermodynamic Failure of the Soul (sightlessscribbles.com)
A writer friend recently sent me an email dripping with praise. He gushed over my developmental edits on his fantasy manuscript. My feedback was funny. My feedback was honest. My feedback was developmental juice that didn’t have any trouble asserting its flavor. He praised the wit, and he praised the heavy, resonant impact of the feedback. Then he begged to know what Large Language Model I used to achieve such perfection. […] Angered by his assumption, I replied instantly. “I used my fucking brain !”
- The Web Is Being Made Accessible for AI, Not People (techpolicy.press)
- L’algorithme biaisé à Gaza : l’IA comme nouvelle architecture du pouvoir (blogs.mediapart.fr)
- Zero-Knowledge Proofs Aren’t Age Verification Silver Bullets (eff.org)
- Réseaux sociaux, algorithmes, prison : vers l’hypersurveillance ? (theconversation.com)
- Are You a Human ? (newyorker.com)
From branding irons to iris scans, the ancient business of proving who you are has never been stranger—or more lucrative.
- The people vs the AI overlords (anarc.at)
We engineers have a lot of power, it is not organized, but that’s just a couple of unions away (easy !). Tech overlords know this, so they are attacking our profession, directly, by forcing us to train and use models that they can control.
- I ran Photoshop on a £0.60 computer chip – some thoughts about simpler computers (pointinthecloud.com)

- Hongrie, États-Unis, Italie : comment l’extrême droite affaiblit les syndicats (lesechos.fr)
Dans une étude portant sur les trois pays, la Fondation Friedrich-Ebert et la Fondation Jean-Jaurès alertent sur le risque d’un « recul sévère et global des droits et des libertés syndicales » quand l’extrême droite accède au pouvoir.
- Jacqueline Dérens : la réconciliation en Afrique du Sud, à quel prix ? (humanite.fr)
Le prix à payer pour « la réconciliation nationale », pour éviter la guerre civile […], était d’oublier les familles des victimes, les victimes anonymes et celles disparues à jamais. La commission Khampepe, qui va siéger jusqu’à la fin 2026, va-t-elle redonner raison à ceux qui disaient qu’on ne bâtit pas l’avenir d’un pays en fermant les yeux sur les atrocités passées ?
- Pesticides : quand les agences sanitaires snobent la science au profit des industriels (reporterre.net)
Le règlement européen impose la prise en compte de l’ensemble des connaissances scientifiques pour évaluer la toxicité d’une substance, mais la recherche publique reste dans une approche réglementaire taillée pour les industriels.
- The permaculture movement and the global south : towards a democratised agroecological knowledge project (link.springer.com)
- Chaos climatique : le choc de l’été 2026 nous mène-t-il vers un « monde d’après » ? (reporterre.net)
- El Niño : Comprendre ce phénomène climatique complexe (imep-cnrs.com) – voir aussi El Niño : un épisode d’une ampleur « sans précédent » prévu pour 2026 (reporterre.net)
- Disabled people are creating the future in their bedrooms (onlys.ky)
- Sortir du modèle médical du handicap (lmsi.net) Pour une re-politisation de la question du handicap, par Charlotte Puiseux
- Faut-il nationaliser Doctolib ? (mrmondialisation.org)
Au fil des années, la plateforme de prise de rendez-vous médicaux Doctolib s’est imposée comme un outil incontournable pour une grande partie de la population. Au point de devenir un véritable intermédiaire entre les patient·es et le système de soins. Derrière ce service largement utilisé se trouve pourtant une entreprise privée, qui occupe désormais une place centrale dans un domaine aussi essentiel que la santé.
- The fog of hunger (aeon.co)
From childhood, a significant portion of the world’s women are trained to restrict their appetite. And there’s a huge, hidden, cognitive price to pay for it
- À l’âge du fer, ce sont les femmes qui dirigeaient plusieurs sociétés en Grande-Bretagne (slate.fr)
Une nouvelle étude de l’ADN de corps vieux de plus de deux millénaires confirme que les femmes jouaient un rôle essentiel dans certaines communautés celtes de l’âge du fer.
- Vin, huile, profits : le véritable rôle des intendantes dans les fermes romaines (theconversation.com)
les vilicae de la Rome antique jouaient un rôle central dans la gestion des exploitations agricoles […] Les historiens modernes ont pourtant généralement considéré qu’elles n’étaient seulement chargées que des tâches domestiques, et des repas du foyer, restant à l’écart des activités productives de l’exploitation.
- Sécheresses, incendies et famines… Comment une période de réchauffement a redessiné le Moyen Âge (theconversation.com)
- Putting mice into hibernation causes a major loss of synapses (arstechnica.com)
Hibernation cuts down on synapses, but mice seem to retain memories anyway.
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Ceinture
- Philanthropie
- Barbut
- Onions
- Careful
- Catering
- Agriculture
- Github
- Infrastructure
- Now
- No
- Change my mind
- Urgence
Les vidéos/podcasts de la semaine
- Russie : la justice exclut le parti anti-guerre des législatives – Entretien avec Nikolaï Rybakov (humanite.fr)
La Cour suprême russe a, sans surprise, confirmé la demande d’exclusion de Iabloko au scrutin des 18, 19 et 20 septembre. La formation sociale-libérale, qui n’avait plus siégé au Parlement depuis 2007, a connu un soutien populaire inédit autour de sa participation et de son programme plaidant pour la paix en Ukraine.
- En Italie, Roberto Vannacci déborde Giorgia Meloni sur sa droite (humanite.fr)
Quelques mois après avoir lancé son parti politique, Roberto Vannacci se hisse dans les sondages en exploitant les thèmes xénophobes, misogynes et anti-LGBT. Un mouvement qui contraint la cheffe du gouvernement à sortir l’artillerie lourde comme elle l’a fait lors du drame de Ceuta.
- Exposing the Invisible (exposingtheinvisible.org)
Through a series of documentary films, video interviews and recorded talks, Exposing the Invisible captures different techniques, tools and most importantly the mindset and motivation of those working at the new frontiers of investigation.
- Economist Baker explains : AI bubble is about to burst (therealnews.com)
- Avoir raison… avec Mary Shelley (radiofrance.fr)
Derrière le mythe de Frankenstein se trouve Mary Shelley. Ce roman fondateur de la science-fiction explore les limites éthiques de la création scientifique et, à travers la figure unique de la créature aux multiples dimensions, révèle le génie visionnaire d’une femme dans son siècle.
Les trucs chouettes de la semaine
- Linux sera votre prochain système d’exploitation (franceinfo.fr)
Parce que Windows commence à fatiguer, avec des publicités dans les menus, des rappels insistants pour utiliser tel navigateur, tel compte en ligne, ou tel service d’intelligence artificielle. On a parfois l’impression d’avoir acheté un ordinateur mais de vivre dans un centre commercial.
- « Souveraineté numérique » : le sésame de l’ANSSI accordé à la plateforme Nextcloud en France (goodtech.info)
Le secteur public français dispose d’une alternative souveraine de plus. L’ANSSI vient d’accorder sa certification CSPN à la plateforme Nextcloud. Un signal fort pour la souveraineté numérique et la protection des données sensibles face aux écosystèmes fermés.
- China joins Europe in scrapping Windows for Linux (zdnet.com)
The specialized Chinese version of Windows was already scheduled for retirement in February 2027, but now its end-of-life date has been moved up.
- Cancer de la peau : un vaccin contre le mélanome testé avec succès par deux laboratoires américains (humanite.fr)
Deux laboratoires américains viennent de tester avec succès une thérapie contre les rechutes des patient·es atteint·es d’un cancer de la peau. […] L’un des espoirs potentiels est également de développer ces vaccins dans une perspective de prévention des cancers.
- The “Sisterhood” Protecting Indonesia’s Coral Reefs (reasonstobecheerful.world)
- Camera Traps Reveal Iberian Lynxes Soaking Their Prey, a First-Ever Discovery Among Carnivores (smithsonianmag.com)
Scientists speculate that the wild cats are trying to improve hydration or ease their cubs’ transition to solid food. The finding points to resilience in one of the world’s most endangered felines
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
Publié le 23.08.2026 à 10:00
Intelligence artificielle générale : le délire complotiste de la tech
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 18 novembre 2025 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
« Le mythe de l’intelligence artificielle générale ressemble beaucoup à une théorie du complot et c’est peut-être la plus importante de notre époque »
« Le mythe de l’intelligence artificielle générale ressemble beaucoup à une théorie du complot et c’est peut-être la plus importante de notre époque ». Obsédées par cette technologie hypothétique, les entreprises d’IA nous la vendent avec acharnement, explique le journaliste Will Douglas Heaven dans la Technology Review.
Pour élaborer une théorie du complot, il faut plusieurs ingrédients, rappelle-t-il : un schéma suffisamment flexible pour entretenir la croyance même lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu ; la promesse d’un avenir meilleur qui ne peut se réaliser que si les croyants découvrent des vérités cachées ; et l’espoir d’être sauvé des horreurs de ce monde. L’intelligence artificielle générale (IAG) remplit quasiment tous ces critères. Et plus on examine cette idée de près, plus elle ressemble à un complot. Ce n’en est pas totalement un, bien sûr, pas exactement, concède Heaven. « Mais en nous penchant sur les points communs entre l’IAG et les véritables théories du complot, je pense que nous pouvons mieux cerner ce concept et le révéler pour ce qu’il est : un délire techno-utopique (ou techno-dystopique, à vous de choisir) qui s’est ancré dans des croyances profondément enracinées et difficiles à déraciner ».
Une histoire de l’IAG
Dans son article, Heaven retrace l’histoire du terme d’intelligence artificielle générale, initié par Ben Goertzel et Shane Legg. Quand ils discutent de cette idée, l’idée d’une IA capable d’imiter voire dépasser les capacités humaines était alors une plaisanterie. Mais Goertzel en tira un livre sous ce titre (Springer, 2006) qui se présentait sous les atours les plus sérieux, puis organisa en 2008 une conférence dédiée au sujet (une conférence devenue annuelle et qui continue encore). En rejoignant DeepMind en tant que cofondateur, Shane Legg y importe le terme, légitimant le concept. Proche de Peter Thiel et de Eliezer Yudkowsky, Goertzel a beaucoup discuté avec eux du concept. Mais si l’iconoclaste Ben Goertzel était enthousiaste, le sombre Yudkowsky, lui, était beaucoup plus pessimiste, voyant l’arrivée de l’AGI comme une catastrophe. Malgré tous ces efforts, le concept n’a alors rencontré que peu d’échos et semblait surtout tenir de la pure science-fiction.
C’est la publication de Superintelligence par le philosophe Nick Bostrom en 2014, qui va changer les choses. Bostrom rend acceptable les concepts spécieux de Yudkowsky. Aujourd’hui, l’IAG est évoquée partout, que ce soit pour annoncer l’arrivée de temps immémoriaux ou pour prédire l’extermination de l’humanité.
Dans son récent livre, apocalyptique, If Anyone Builds It, Everyone Dies : why Superhuman AI Would Kill Us All (Si quelqu’un le construit, tout le monde meurt, Little Brown, 2025, non traduit), coécrit avec Nate Soares, Yudkowsky accumule les déclarations extravagantes pour une interdiction totale de l’IAG. Un ouvrage « décousu et superficiel », comme l’explique le journaliste Adam Becker – auteur lui-même de More Everything Forever : AI Overlords, Space Empires, and Silicon Valley’s Crusade to Control the Fate of Humanity (Hachette, 2025, non traduit) – dans sa recension critique pour The Atlantic, qui « tente de nous faire croire que l’intelligence est un concept discret et mesurable, et que son accroissement est une question de ressources et de puissance de calcul ». L’IA superintelligente hypothétique des Cassandre « fait ce dont rêvent toutes les start-ups technologiques : croître de façon exponentielle et éliminer ses concurrents jusqu’à atteindre un monopole absolu », expliquait déjà l’écrivain de science-fiction Ted Chiang. La superintelligence évoque bien plus un capitalisme débridé porté par des individus parfaitement néoréactionnaires qu’autre chose, comme l’analysait Elisabeth Sandifer dans son livre sur l’extrême-droite technologique américaine, ou encore les livres de Thibault Prévost ou Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet que nous avons déjà chroniqué. « En réalité, l’apocalypse de l’IA qui inquiète tant Yudkowsky et Soares n’est autre que notre propre monde, vu à travers le prisme déformant d’un miroir de science-fiction », une « vision simpliste du salut technologique », conclut Becker.
Malgré sa vacuité, l’ouvrage de Soares et Yudkowsky est un des bestsellers du New York Times. Pour Heaven, comme toutes les théories du complot les plus puissantes, l’intelligence artificielle générale s’est infiltrée dans le débat public et a pris racine.
Le mythe d’une machine plus intelligente que l’humain, capable de tout faire, se retrouve pourtant dès l’origine de l’IA, chez Alan Turing comme chez John McCarthy. « Mais l’IAG n’est pas une technologie, c’est un rêve », affirme Becker. Comme nombre de théories du complot, il est impossible de réfuter une idée aussi protéiforme que l’IAG. Discuter d’IAG consiste en un affrontement de visions du monde, et non en un échange de raisonnements fondés sur des preuves, puisqu’il ne peut y en avoir autour d’un objet hypothétique pour lequel il n’existe pas de définition précise et partagée. Les prédictions sur l’avènement de l’IAG sont formulées avec la précision de numérologues annonçant la fin des temps. Sans véritable enjeu, les échéances sont repoussées sans conviction. « L’IAG, c’est toujours ce qui arrivera, la prochaine fois, mais son arrivée imminente est la vérité que partagent ses adeptes ».
Du conspirationnisme
Pour l’anthropologue des religions Jeremy Cohen, qui étudie les théories du complot dans les milieux technologiques, la vérité cachée « est un élément fondamental de la pensée conspirationniste ». Pour Ben Goertzel et les thuriféraires de l’IAG, les raisons du scepticisme envers l’IAG tiennent du scepticisme global. « Avant chaque grande avancée technique, du vol humain à l’énergie électrique, des hordes de prétendus experts vous expliquaient pourquoi cela n’arriverait jamais. En réalité, la plupart des gens ne croient qu’à ce qu’ils voient. » Si vous n’êtes pas convaincus par l’IAG, c’est que vous êtes un idiot naïf disent ses partisans, inversant la charge de la preuve, alors qu’ils sont bien plus que d’autres les idiots utiles de ce qu’ils dénoncent et vénèrent à la fois.
« L’idée de donner naissance à des dieux-machines est évidemment très flatteuse pour l’ego », affirme la philosophe Shannon Vallor de l’Edinburgh Futures Institute (voir notre article sur son livre, « L’IA n’est qu’un miroir »). « C’est incroyablement séduisant de penser que l’on pose soi-même les fondements de cette transcendance ». C’est un autre point commun avec les théories du complot. Une partie de l’attrait réside dans le désir de trouver un sens à un monde chaotique et parfois dénué de sens et dans l’aspiration à être une personne consciente du danger. Pour David Krueger, chercheur à l’Université de Montréal et ancien directeur de recherche à l’Institut de sécurité de l’IA du Royaume-Uni, nombre de personnes travaillant sur l’IA considèrent cette technologie comme notre successeur naturel. « Ils voient cela comme une forme de maternité » dont ils ont la charge, explique-t-il. Jeremy Cohen, lui, dresse des parallèles entre de nombreuses théories du complot moderne et le mouvement New Age, qui connut son apogée dans les années 1970 et 1980. Ses adeptes croyaient que l’humanité était sur le point d’accéder à une ère de bien-être spirituel et d’éveil de la conscience, instaurant un monde plus paisible et prospère. L’idée était qu’en s’adonnant à un ensemble de pratiques pseudo-religieuses, les humains transcenderaient leurs limites et accéderaient à une sorte d’utopie hippie. Pour Cohen, nous sommes confrontés aux mêmes attentes à l’égard de l’IAG : que ce soit par la destruction ou la sublimation de l’humanité, elle seule permettra de surmonter les problèmes auxquels l’humanité est confrontée. Pour Yudkowsky et Soares, les enjeux de l’IAG sont plus importants que le risque nucléaire ou le risque climatique.
Pour beaucoup de ceux qui optent pour cette croyance, l’IAG arrivera d’un seul coup, sous la forme d’une singularité technologique introduite par l’auteur de science-fiction Vernor Vinge dans les années 80. Un moment transcendant où l’humanité, telle que nous la connaissons, changera à jamais. Pour Shannon Vallor, ce système de croyance est remarquable par la façon dont la foi en la technologie a remplacé la foi en l’humanité. Malgré son côté ésotérique, la pensée New Age était au moins motivée par l’idée que les gens avaient le potentiel de changer le monde par eux-mêmes, pourvu qu’ils puissent y accéder. Avec la quête de l’IA générale, nous avons abandonné cette confiance en nous et adhéré à l’idée que seule la technologie peut nous sauver, explique-t-elle. C’est une pensée séduisante, voire réconfortante, pour beaucoup. « Nous vivons à une époque où les autres voies d’amélioration matérielle de la vie humaine et de nos sociétés semblent épuisées », affirme Vallor. La technologie promettait autrefois un avenir meilleur : le progrès était une échelle que nous devions gravir vers l’épanouissement humain et social. « Nous avons dépassé ce stade », déclare Vallor. « Je pense que ce qui redonne espoir à beaucoup et leur permet de retrouver cet optimisme quant à l’avenir, c’est l’IA générale. » Poussons cette idée à son terme et, une fois encore, l’IA générale devient une sorte de divinité, capable de soulager les souffrances terrestres, affirme Vallor. Kelly Joyce, sociologue à l’Université de Caroline du Nord, qui étudie comment les croyances culturelles, politiques et économiques façonnent notre rapport à la technologie, considère toutes ces prédictions extravagantes concernant l’IA générale comme quelque chose de plus banal : un exemple parmi d’autres de la tendance actuelle du secteur technologique à faire des promesses excessives. « Ce qui m’intrigue, c’est que nous nous laissions prendre au piège. »
« À chaque fois », dit-elle. « Il existe une conviction profonde que la technologie est supérieure aux êtres humains. » Joyce pense que c’est pourquoi, lorsque l’engouement s’installe, les gens sont prédisposés à y croire. « C’est une religion », dit-elle. « Nous croyons en la technologie. La technologie est divine. Il est très difficile de s’y opposer. Les gens ne veulent pas l’entendre. »
Le fantasme d’ordinateurs capables de faire presque tout ce qu’un humain peut faire est séduisant. Mais comme beaucoup de théories du complot répandues, elle a des conséquences bien réelles. Elle fausse notre perception des enjeux, déstabilise l’industrie pour l’éloigner d’applications immédiates… Et surtout, elle nous invite à la paresse. À quoi bon s’acharner à résoudre les problèmes du monde réel, quand les machines s’en chargeront demain ? Le projet pharaonique de l’IA engloutit désormais des centaines de milliards de dollars et détourne nombre d’investissements de technologies plus immédiates, capables de changer dès à présent la vie des gens.
Tina Law, spécialiste des politiques technologiques à l’Université de Californie à Davis, s’inquiète du fait que les décideurs politiques soient davantage influencés par le discours selon lequel l’IA finira par nous anéantir que par les préoccupations réelles concernant l’impact concret et immédiat de l’IA sur la vie des gens dès aujourd’hui. La question des inégalités est occultée par la notion de risque existentiel. « Le battage médiatique est une stratégie lucrative pour les entreprises technologiques », affirme Law. Ce battage médiatique repose en grande partie sur l’idée que ce qui se passe est inévitable : si nous ne le construisons pas, quelqu’un d’autre le fera. « Quand quelque chose est présenté comme inévitable », rappelle Law, « les gens doutent non seulement de leur capacité à résister, mais aussi de leur droit à le faire. » Tout le monde se retrouve piégé.
Selon Milton Mueller, du Georgia Institute of Technology, spécialiste des politiques et de la réglementation technologiques, le champ de distorsion lié à l’IAG ne se limite pas aux politiques technologiques. La course à l’IA générale est comparée à la course à la bombe atomique, explique-t-il. « Celui qui y parviendra en premier aura un pouvoir absolu sur tous les autres. C’est une idée folle et dangereuse qui faussera profondément notre approche de la politique étrangère. » Les entreprises (et les gouvernements) ont tout intérêt à promouvoir le mythe de l’IA générale, explique encore Mueller, car elles peuvent ainsi prétendre être les premières à y parvenir. Mais comme il s’agit d’une course sans consensus sur la ligne d’arrivée, le mythe peut être entretenu tant qu’il est utile. Ou tant que les investisseurs sont prêts à y croire. Il est facile d’imaginer comment cela se déroule. Ce n’est ni l’utopie ni l’enfer : c’est OpenAI et ses pairs qui s’enrichissent considérablement.
Voilà. Le grand complot de l’IAG est enfin résolu, ironise Heaven. « Et peut-être cela nous ramène-t-il à la question du complot, et à un rebondissement inattendu dans cette histoire. Jusqu’ici, nous avons ignoré un aspect courant de la pensée conspirationniste : l’existence d’un groupe de personnalités influentes tirant les ficelles en coulisses et la conviction que, par la recherche de la vérité, les croyants peuvent démasquer cette cabale ». L’IAG n’accuse publiquement aucune force occulte d’entraver son développement ou d’en dissimuler les secrets. Aucun complot n’est ourdi par les Illuminati ou le Forum économique mondial… ici, ceux-là même qui dénoncent les dangers fomentent la cabale. Ceux qui propagent la théorie du complot de l’IAG sont ses principaux instigateurs. Les géants de la Silicon Valley investissent toutes leurs ressources dans la création d’une IAG à des fins lucratives. Le mythe de l’IAG sert leurs intérêts plus que ceux de quiconque. Comme le souligne Vallor : « Si OpenAI affirme construire une machine qui rendra les entreprises encore plus puissantes qu’elles ne le sont aujourd’hui, elle n’obtiendra pas l’adhésion du public nécessaire. » « N’oubliez pas : vous créez un dieu et vous finissez par lui ressembler », ironise Heaven. « Beaucoup pensent que s’ils y parviennent en premier, ils pourront dominer le monde ».
À bien des égards, conclut Heaven, je pense que l’idée même d’IAG repose sur une vision déformée de ce que l’on attend de la technologie, et même de ce qu’est l’intelligence. En résumé, l’argument en faveur de l’IA générale repose sur le postulat qu’une technologie, l’IA, a progressé très rapidement et continuera de progresser. Mais abstraction faite des objections techniques – que se passera-t-il si les progrès cessent ? –, il ne reste plus que l’idée que l’intelligence est une ressource dont on peut augmenter la quantité grâce aux données, à la puissance de calcul ou aux réseaux neuronaux adéquats. Or, ce n’est pas le cas. L’intelligence n’est pas une quantité que l’on peut accroître indéfiniment. Des personnes intelligentes peuvent exceller dans un domaine et être moins douées dans d’autres. Tout comme les babioles dopées à l’IA peuvent exceller dans une tâche et être nulles dans bien d’autres, surtout toutes celles, innombrables, qui échappent à leurs données et continueront de leur échapper.
De l’IAG au fantasme des trombones
Ce fantasme d’automatisation totale que produirait l’IAG est aussi la symbolique du jeu du maximiseur de trombone. Le jeu met en scène, très concrètement, une idée développée par le chantre du transhumanisme d’extrême droite, Nick Bostrom, dès 2002, à savoir celle du « risque existentiel » que ferait peser sur nous cette intelligence artificielle superintelligente, capable de créer des situations pouvant détruire toute vie sur terre. Pour Bostrom, l’usine à trombone est un démonstrateur, où une IA qui aurait pour seul objectif de produire des trombones, pourrait exploiter toutes les ressources pour ce faire jusqu’à leur plus total épuisement, en optimisant son objectif sans limites.
Cette démonstration, pourtant extrêmement simpliste, a marqué les esprits. Son aporie même, qui fait d’un objectif absurde le démonstrateur ultime de l’intelligence des machines, demeure particulièrement problématique. Puisqu’il n’y a ici aucune intelligence des machines, mais bien au contraire, la démonstration de leur pure aberration. Or, la crainte que les systèmes d’IA puissent interpréter les commandes de manière catastrophique « repose sur des hypothèses douteuses quant au déploiement de la technologie dans le monde réel », comme le disaient les chercheurs Arvind Narayanan et Sayash Kapoor. Le jeu est bien plus un simulateur de marché qu’un jeu sur l’IA. Universal Paperclips incite les joueurs à l’empathie avec ses buts, notamment en proposant de nouvelles fonctionnalités pour les assouvir, et c’est bien notre empathie avec le jeu qui conduit l’IA à détruire l’humanité pour accomplir son but absurde de productivité sans limite. Son créateur, Frank Lantz, raconte d’ailleurs que ce n’est pas l’augmentation des chiffres, mais la manière dont ils augmentent qui incite les joueurs à cliquer et à faire cœur avec les objectifs du jeu. « Les jeux incrémentaux sont très bruts. Ils s’attachent à un processus pour faire que les joueurs deviennent obsédés par sa croissance ». L’interface épurée hypnotise par la répétition. « Le joueur détruit l’univers avec le même sentiment d’éloignement que lorsqu’on commande un pull en ligne ». Cette fiction est censée nous prévenir que l’IA pourrait avoir des motivations très différentes de l’homme.
Pourtant le jeu, très scripté, ne montre en rien que l’IA pourrait raisonner, planifier ou comprendre le monde physique ou le dominer. Il masque surtout que des fonctionnalités déclenchent des possibilités et que celles-ci sont prévues par l’interface et le concepteur du jeu. La fable du maximiseur de trombone ne démontre en rien que l’IA pourrait prendre le contrôle du monde, mais que ses objectifs et fonctions, eux, sont le produit de celui qui les a programmés. Le maximiseur de trombone n’accomplit aucune démonstration qu’une intelligence artificielle générale conduirait à l’extermination du genre humain. Comme l’ont dit Kate Crawford ou Melanie Mitchell, les voix les plus fortes qui débattent des dangers potentiels de la superintelligence sont celles d’hommes blancs aisés et racistes, et, pour eux, la plus grande menace est peut-être l’émergence d’un prédateur au sommet de l’intelligence artificielle, mais qui est certainement personne d’autre qu’eux-mêmes. Le capitalisme est un bien plus grand maximiseur que l’IA. Les entreprises maximisent le cours de leurs actions sans se soucier des coûts, qu’ils soient humains, environnementaux ou autres. Ce processus d’optimisation est bien plus incontrôlable et pourrait bien rendre notre planète inhabitable bien avant que nous sachions comment créer une IA optimisant les trombones.
Hubert Guillaud
MAJ du 8/12/2025 : « L’intelligence artificielle générale n’aura pas lieu. Il n’y a pas de marché de l’IA, rien qu’une poignée d’entreprises qui fait mine de gagner de l’argent le temps d’en finir avec la démocratie ». Thibault Prévost.
MAJ du 27/12/2025 : Cessons de considérer l’intelligence artificielle générale comme l’objectif ultime de la recherche en IA, préviennent un collectif de chercheurs. L’IAG compromet notre capacité à choisir des objectifs efficaces, expliquent-ils en pointant 6 pièges majeurs : l’illusion du consensus, la promotion de recherches scientifiques erronées, la présomption de neutralité axiologique, la loterie des objectifs, la dette de généralité et l’exclusion normalisée.
Pour éviter ces écueils, les chercheurs soutiennent que la communauté de recherche en IA doit :
- privilégier la spécificité des objectifs techniques et sociétaux ;
- placer le pluralisme au centre des préoccupations, en considérant la pluralité des approches pertinentes pour atteindre de multiples objectifs importants ;
- et encourager l’innovation par une plus grande inclusion des disciplines et des communautés.
Publié le 17.08.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 17 août 2026
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- Comment Taïwan se prépare à une invasion chinoise (legrandcontinent.eu)
Décapitation du pouvoir, blocus naval, brouillage des communications et guerre urbaine figurent parmi les scénarios auxquels Taipei se prépare.
- Potatoes ‘boil’ in the ground as record heatwave sweeps across swathes of Asia (theguardian.com)
- Le Liban abolit officiellement la peine de mort, une première au Moyen-Orient (rfi.fr)
Le Parlement libanais a voté, mardi 11 août 2026, l’abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d’« historique » par le ministre de la Justice, Adel Nassar. Le pays n’avait plus procédé à des exécutions depuis 2004.
- République démocratique du Congo : le bilan de l’épidémie d’Ebola dépasse 2 000 morts (fr.euronews.com)
- En Norvège, 4 500 euros d’amende pour avoir dérangé un ours polaire endormi (huffingtonpost.fr)
Une personne a écopé d’une amende de 4 550 euros au Svalbard, dans l’Arctique, pour avoir actionné une corne de brume pour réveiller un ours polaire endormi.[…]La réglementation locale dispose qu’« il est interdit de déranger inutilement, d’attirer ou de poursuivre un ours polaire », déclaré espèce protégée au Svalbard en 1972.
- Pollution, accidents, bouchons : faire payer tous les coûts du trafic inciterait à délaisser la voiture (rts.ch)
Le trafic engendre des coûts que la collectivité doit supporter, souligne l’Université de Bâle dans un communiqué publié lundi. Il s’agit notamment des charges sanitaires liées à la pollution atmosphérique et au bruit, des frais médicaux occasionnés par les accidents de la route, des pertes financières dues au temps passé dans les embouteillages ainsi que des coûts associés aux dommages indirects du changement climatique.
- La Belgique fait face à l’un des pires incendies de son histoire (huffingtonpost.fr)
Un feu d’ampleur s’est déclaré vendredi 14 août dans le pays. Celui-ci s’est rapidement propagé en quelques heures jusqu’à brûler 2 700 hectares.
- L’extrême droite à la conquête de l’Union européenne (blogs.mediapart.fr)
L’extrême droite n’est plus une force politique marginale en Europe. Elle gouverne déjà plusieurs pays, domine la vie politique dans d’autres et influence désormais les principales décisions de l’Union européenne.

- British widow, 78, told to leave Sweden under Brexit rules after living there for 21 years (theguardian.com)
- US Supreme Court just blew up EU-US Data Transfers (noyb.eu)
On Monday, the US Supreme Court decided in Trump v. Slaughter that the US Federal Trade Commission (“FTC”) may not be independent anymore. Since 2000, the EU has relied on the “independent” FTC as the enforcer of EU-US deals on personal data. According to EU treaty law, such oversight must be independent. In the current EU-US deal, the European Commission relies on the independent FTC 259 ( !) times. Max Schrems : “Given that there are no independent authorities in the US anymore, we call on the European Commission to orderly withdraw the adequacy decision on the US.”
- Groenland : le projet de forage pétrolier américain temporairement bloqué (humanite.fr)
- Le Canada brûle, son Premier ministre mise sur le pétrole (et prend l’avion pour des vacances en Italie) (reporterre.net)
- Trump envoie des bulldozers défigurer un parc national pour stopper l’immigration (reporterre.net)
Le 6 août, des bulldozers ont débarqué au sein du parc national de Big Bend, au sud du Texas, aux États-Unis. Des entrepreneurs mandatés par le gouvernement fédéral ont entamé les travaux de construction d’une barrière frontalière le long du Río Grande. « Il s’agit de l’attaque la plus odieuse contre un parc national américain depuis des générations »
- ICE wants to give agents electrified gloves that shock people into compliance (theverge.com)
The agency is looking to spend up to $20 million on the devices.
- US boosts drone surveillance as flesh-eating screwworms spread in Texas (arstechnica.com)
Hundreds of Homeland Security drones retasked to survey wildlife and livestock.
- Toddler’s tragic death from brain-destroying amoeba offers lessons for doctors (arstechnica.com)
The opportunistic pathogen was first identified in 1986 from the brain of a San Diego Zoo monkey, which died from the infection. Since then, only about 200 human cases have been recorded worldwide. About 90 percent of them have been fatal.
- Trump signs bonkers order that cuts vaccines, promotes ones that don’t exist (arstechnica.com)
President Trump signed an executive order Monday that makes sweeping, unilateral changes to federal vaccine recommendations. The order aims to reduce the number of lifesaving vaccines all children are recommended to get—from 18 to 11—while also splitting them up and spacing them out over more time and more medical visits.
- Physics PhDs Are Leaving the US at a Record-high Rate (aip.org)
Physics PhD graduates in 2025 left the US at the highest rate in the last 30 years, finds a new AIP report. Of these graduates, non-US citizens left the country at nearly double the rate of the previous year, the largest one-year increase since 1997.
- One in Three Alerts Wrong : High Error Rates and Data Concerns Force Cities to Drop Flock (gadgetreview.com)
- Inside the growing vigilante movement to knock out Flock surveillance cameras (theguardian.com)
An underground network of privacy activists is disabling or destroying the ubiquitous surveillance devices sprouting up across the US
- Texas targets internet infrastructure to enforce age assurance law (biometricupdate.com)
Order requiring Verisign to suspend a noncompliant domain signals regulators are moving beyond fines to infrastructure-level enforcement
- Donald Trump rend ses publications sur Truth Social payantes, deux médias l’attaquent en justice (huffingtonpost.fr)
Cela fait plusieurs jours que Donald Trump a annoncé qu’il comptait rendre payant l’accès privilégié à ses publications sur Truth Social. Or, au vu de l’impact que celles-ci ont sur les marchés, la crainte de délits d’initié de grande ampleur s’est fait une place dans l’actualité américaine.
- ‘If we don’t fight back, we don’t have a future’ : the journalist taking on the ‘tech fascists’ of Silicon Valley (theguardian.com)
- How clean air clubs are protecting Americans from wildfire smoke (theguardian.com)
- La Colombie en « état d’urgence » après un puissant séisme (huffingtonpost.fr)
La « région du café » et la ville de Cali, la troisième du pays, ont notamment été touchées par ce séisme de magnitude 7,4.
Voir aussi « Nous perdions espoir » : après le séisme en Colombie, ces rescapés ont été sauvés des décombres (huffingtonpost.fr)
- First test flight of largest all-electric aircraft used just $5 of electricity (arstechnica.com)
The X1 aircraft is comparable in size to a small regional airliner and can achieve a maximum takeoff weight exceeding 25,000 pounds with the help of four wing-mounted electric motors. The battery-electric propulsion system delivered more than one megawatt of power during the maiden flight.
- Trafic de fourmis : les dessous d’un business juteux en pleine explosion (reporterre.net)
- Qui sont ces peuples autochtones qui choisissent de nous éviter ? (slate.fr)
Le rapport de la semaine
Spécial IA
- Pourquoi nous n’avons pas encore bien compris l’AI Act (legrandcontinent.eu)
Alors que les géants américains commencent à adapter leurs modèles à ce règlement européen entré en vigueur il y a dix jours, l’un de ses principaux architectes explique ce que l’on peut réellement faire de cet outil au service de l’autonomie.
- Why we should all be worried about AI in elections (restofworld.org)
- Meta Patents AI Glasses to Use Facial Recognition to Identify People, Make Highlight Reels of Your Dinner Party (yro.slashdot.org)
- Big Tech Wants to Harvest Your Thoughts (wired.com)
Analyzing 30 of the most prominent companies currently in the market, they found that all but one had unlimited access to the consumer’s brain data ; two-thirds could share it with third parties ; and two implied that they were already selling it to third parties. “And if you sell something to a third party, […] they are not held by the original consumer agreement. You cannot be less protected. This is predatory. The companies act like this because there is no regulation. They think, ‘Let me just take possession of it all.’ It’s like the Wild West. You go in there and stake a claim for whatever you can.”
- Booksellers « suspect » AI firms are buying and then destroying rare books (arstechnica.com)
- Twitch content has trained Amazon AI for years, but users can opt out now (arstechnica.com) – voir aussi Twitch Says Quiet Part Out Loud : Amazon AI Is Opt Out Because ‘Nobody Would Opt In’ (aftermath.site) et Twitch Adds Setting Letting Users Opt Out of AI Training Amid User Backlash (gizmodo.com)
- Amazon backs power plant that may become top source of US climate pollution (arstechnica.com)
Amazon announces first off-the-grid data center in race to reap AI profits.

- L’IA stimule l’industrie pétrolière et booste ses bénéfices (reporterre.net)
C’est le constat d’une étude publiée le 4 août […] le déploiement des outils d’IA va permettre de diminuer les coûts de forage, de récupérer entre 470 et plus de 1 000 milliards de barils supplémentaires de pétrole dans les gisements existants, et d’exploiter ceux qui étaient autrefois jugés non rentables.
- Perplexity blocks Time’s ads served to AI agents, calling them ‘deceptive’ (digiday.com)
- Company Offering ‘100 % Human-Written, Never AI’ Medical Research Is Entirely AI (404media.co)
- As the videogame industry continues to be hammered by layoffs, Netflix is offering up to $840,000 per year for a new Director of Generative AI for Games (pcgamer.com)
- Boy George says band will be ‘fired’ if they refuse to play AI song live (thepinknews.com)
Spécial Israël
- « Des impacts ont été constatés » (blogs.mediapart.fr)
Sous les yeux du monde, les soldats israéliens assassinent des enfants, avec une désinvolture méthodique. Dans leurs rapports, chaque fois, la même effarante litote : « des impacts ont été constatés ».
- La France condamne à son tour les violences israéliennes dans le village de Qusra, en Cisjordanie (huffingtonpost.fr)
Des colons israéliens assiègent depuis plusieurs jours des habitations palestiniennes dans ce territoire, laissant les habitant·es sans accès à la nourriture.

Spécial femmes dans le monde
- Après le mandat du Portugais António Guterres, le poste de secrétaire général·e de l’ONU devrait revenir à une personnalité latino-américaine. Et, qui sait, peut-être enfin à une femme. (theconversation.com)
Spécial France
- Camouflet pour Macron, le Conseil constitutionnel censure l’interdiction des réseaux sociaux aux mineur·es (huffingtonpost.fr)
Les Sages ont estimé que le texte voté sous l’impulsion d’Emmanuel Macron « porte atteinte à la liberté d’expression et de communication. »
- Sur la loi fin de vie, le Conseil constitutionnel émet trois petites réserves qui ne remettent pas en cause le texte (huffingtonpost.fr)
Emmanuel Macron a salué la décision du Conseil constitutionnel qui va permet l’instauration d’une aide à mourir.
- Ce que l’on sait de la double cyberattaque massive visant les Finances publiques (huffingtonpost.fr)
Un cybercriminel s’est attaqué cet été au système d’information du fisc et au Serveur professionnel de données cadastrales. Deux à trois millions de Français·es pourraient être concerné·es.
Voir aussi Les oppositions accusent le gouvernement d’avoir caché le piratage des impôts (huffingtonpost.fr)
- Un maire menace de démissionner face à un projet de stockage par batteries lithium (reporterre.net)
- Mort d’un ouvrier sur le chantier de la ligne C à Toulouse : l’autopsie révèle un “écrasement” et non un malaise (france3-regions.franceinfo.fr)
Coup de théâtre après la mort d’un employé sur le chantier de la ligne C du métro toulousain lundi 3 août 2026. L’autopsie a révélé que l’homme de 48 ans a succombé à un écrasement, contrairement à ce qu’affirmait son employeur, qui évoquait un malaise. Une enquête pour “homicide involontaire” a été ouverte par le parquet de Toulouse.
- Sécheresse : des restrictions d’eau dans plus de 70 % de la France (fr.euronews.com)

- À Plogoff, le Plug off festival est annulé (letelegramme.fr)
Le Plug Off, festival débranché du réseau électrique, prévu à Plogoff les 22 et 23 août, est annulé, face aux fortes chaleurs et au risque d’incendie dû à la sécheresse.
- Incendies : le mineur soupçonné du départ du feu mortel à Mérignac reconnaît avoir jeté un mégot (huffingtonpost.fr)
Deux sapeurs-pompiers étaient décédés en juillet près de Bordeaux après que leur camion avait été « piégé » dans une parcelle de pins livrée aux flammes.
- Un nouvel incendie dans les Landes, plus de 1 000 hectares brûlés en 24 heures (reporterre.net)
- Chute de pierres : le mont Blanc fragilisé par les fortes chaleurs et déjà trois alpinistes tués (reporterre.net)
- « On nous enlève un des seuls lieux de nature » : les berges d’un lac fermées en pleine canicule (reporterre.net)
La région Île-de-France a décidé de fermer aux promeneurs les abords de la base nautique de Vaires-Torcy, en Seine-et-Marne, après deux noyades mortelles. Elle condamne ainsi un espace de fraîcheur gratuit, alors que les canicules s’enchaînent.
- « On ne peut rien faire face à 40 °C » : l’agro-industrie paie le prix fort du dérèglement climatique (reporterre.net)
- Irriguer les vignes ? « Une hérésie devenue une évidence » face aux canicules (reporterre.net)
- Énergie solaire : une production en forte hausse durant les canicules (reporterre.net)
- Nouveau record d’indisponibilité du parc nucléaire français, avec 20,4 % de puissance manquante mercredi (franceinfo.fr)
- Trois réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines arrêtés par une invasion de méduses (humanite.fr)

- Le client de ce restaurant des Alpes-Maritimes achète 300 euros une langouste… Pour lui rendre sa liberté (huffingtonpost.fr)
Spécial femmes en France
- Un vrai casse-tête : le concours pour imaginer les futurs billets d’euros raconté par la seule Française en lice (telerama.fr)
La designeuse Isabelle Daëron fait partie des dix derniers candidats dont les propositions ont été retenues par la Banque centrale européenne pour dessiner nos futurs billets. Ils seront mis en circulation courant 2030.
- Sophie Adenot va devenir la première astronaute Française à sortir dans l’espace (humanite.fr)
Sophie Adenot va effectuer une sortie extravéhiculaire dans l’espace le 18 août. Une première pour une Française.
- Aux championnats d’Europe d’athlétisme, vous ne verrez plus ce type d’images au nom de la lutte contre le sexisme (huffingtonpost.fr)
Nombre d’athlètes féminines, « moi y compris, se sont retrouvées en compétition à se focaliser davantage sur les caméras que sur leur propre performance », témoigne dans le guide pratique Holly Bradshaw, médaillée de bronze au saut à la perche aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 […] « Les commentateurs jouent également un rôle crucial pour enrichir les retransmissions », souligne-t-elle. Un aspect qui n’est toutefois pas couvert par le guide pratique.
- « Jme fou jte pécho » : de nouveaux échanges à caractère sexuel entre Guillaume Pley et une mineure de 14 ans révélés (leparisien.fr)
RIP
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Cette lettre explosive de Gérald Darmanin à Laurent Nuñez sur les violences sexuelles se retourne contre lui (huffingtonpost.fr)

- Le premier ministre reconnait que la fraude fiscale détectée est 18.5 fois supérieure à la fraude sociale détectée (blogs.alternatives-economiques.fr)
Le Premier Ministre Sébastien Lecornu a rendu public dans un message publié sur X un bilan de la lutte contre la fraude sociale et fiscale “609 millions d’euros recouvrés au titre des fraudes sociales détectées et 11,3 milliards d’euros au titre des fraudes fiscales détectées”
- Macron sur un jet-ski fait la Une de Paris Match, ses opposants lui décernent la palme de « l’indécence » (huffingtonpost.fr)
Le président de la République apparaît en une de « Paris Match » sur un scooter des mers sous le titre « dernier été aux commandes ».
Voir aussi Dans « Paris Match », Emmanuel Macron dépeint en capitaine de jet-ski (humanite.fr)
Quand la France vient de brûler et que les Français subissent la cinquième canicule de l’été, présenter le président s’adonnant aux joies des sports nautiques ce n‘était peut-être pas la meilleure des idées.
- Canicules et incendies : les principaux pyromanes sont identifiés mais restent impunis (reporterre.net)
- Des canadairs basés dans le Sud-Ouest : comment l’État a enterré ses promesses (environnementsantepolitique.fr)
Après les incendies de 2022 en Gironde, Gérald Darmanin avait promis une base aérienne locale pour que des canadairs puissent éteindre au plus vite les feux naissants. Mais rien n’a été fait. Interrogés, le garde des Sceaux et Bruno Retailleau se renvoient la responsabilité de cette annonce.
- Les travaux du plus grand data center d’Europe ont commencé en Île-de-France (reporterre.net)
Le préfet de Seine-et-Marne a donné son autorisation le 29 juillet pour lancer le chantier de cet immense data center, qui va artificialiser 90 hectares de terres agricoles. Il devrait consommer, à lui seul, autant d’électricité que celle produite par un réacteur nucléaire.
- Avant l’éclipse du 12 août 2026, le gouvernement en a vraiment fait moins que lors de celle de 1999 (huffingtonpost.fr)
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Attention, ceci n’est pas une contravention ! Mais une Amende Forfaitaire Délictuelle (expansive.info)
- L’antitsiganisme : un racisme d’État assumé (ujfp.org)
- Des tags antisémites et antiféministes retrouvés sur une fresque de Louise Michel à Trélissac en Dordogne (franceinfo.fr)
- À Lyon, un rassemblement raciste en faveur de la « remigration » interdit par la préfecture (huffingtonpost.fr)
Le préfet du Rhône a interdit ce rassemblement « introduisant une discrimination fondée sur la race et l’origine ethnique » et créant un risque de trouble à l’ordre public.
- Couvre-feux : les maires de droite et d’extrême droite bannissent les jeunes de l’espace public (humanite.fr)
- Les vrais pyromanes sont en uniforme (contre-attaque.net)
Lors d’un pot de départ, la BAC de Saint-Denis fait cramer son commissariat à coups de mortiers d’artifice après avoir vidé ses propres extincteurs pour s’amuser
- L’IGPN saisie après la collision entre un jeune homme en trottinette et un fourgon de CRS à Rennes (franceinfo.fr)
Le pronostic vital du jeune homme est toujours engagé. D’après les premières investigations, ce dernier a doublé une voiture et s’est retourné “pour vérifier qu’il n’était pas suivi”, heurtant le fourgon de CRS qu’il n’avait pas vu.
Spécial résistances
- 730 000 signatures contre le « permis de tuer » : le Parlement refuse le débat, le pays s’en empare (ldh-france.org)
- La garantie de l’indépendance de la justice et la liberté d’expression des syndicats de magistrats (humanite.fr)
Solidaires du Syndicat de la magistrature victime d’attaques pour avoir critiqué l’instauration d’une présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes, les signataires de ce texte rappellent le principe de l’indépendance des pouvoirs et le droit des magistrats à la liberté d’expression.
- Les pompiers, ressortis bredouilles de leur rencontre avec Laurent Nuñez, appellent à manifester (huffingtonpost.fr)
- « La “dénumérisation” de nos services publics paraît absolument nécessaire » (la-croix.com)
Plus les services publics obligent à utiliser internet pour effectuer des démarches, plus ils fragilisent l’accès à des droits essentiels pour des millions d’usager·es, alerte depuis plusieurs années la défenseure des droits. Deux chercheureuses appellent l’État à garantir un égal accès aux services publics.
Spécial outils de résistance
- Tech : Une grave faille de sécurité dans Tails (secoursrouge.org)
Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1 avant toute utilisation de cette distribution Linux réputée pour son haut niveau de sécurité et d’anonymat.
- This ‘adversarial’ pattern can prevent surveillance cameras from detecting you (techcrunch.com)
Spécial MAGAM et cie
- Google co-founder Sergey Brin has now spent $100 million to fight the billionaire tax (techcrunch.com)
- Following Epic loss, Google has started hosting rival app stores in the Play Store (arstechnica.com)
Aptoide has become the first app store distributed inside Google Play under a judge’s order.
- En Australie, Meta paye des suprémacistes blancs et anti-vaccins pour publier sur Facebook (next.ink)
- ‘I’ve definitely lost followers’ : influencers face backlash over Meta ‘pervert glasses’ content (theguardian.co)
Using ‘spy glasses’ made by Facebook owner leads to floods of negative comments, say content creators

- Facebook ads are so hard to block that uBlock Origin stopped filtering them (neowin.net)
- Zuckerberg faces questions over why superyacht reportedly declined to help stranded boat (theguardian.com)
Small cruise ship rescued skiff in south-east Alaska even though Meta billionaire’s $300m megayacht was closer
- Microsoft Responds to Outcry After Quietly Installing Beta ‘Photos’ App on Enterprise Machines (tech.slashdot.org)
“OneDrive Photos automatically scans your system storage for photos,” and apparently “doesn’t need a Microsoft account to work, as it can also detect your local files.”
- Vulnerability giving attackers full control of Macs is under active exploitation (arstechnica.com)
Screen-sharing bug lets remote hackers log in without a password.
- A Zoom Screen-Sharing Bug Let Anyone Take Over Other Devices on a Call (wired.com)
Les autres lectures de la semaine
- Rising Prevent referrals and the runaway train of mass surveillance (openrightsgroup.org)
- Forget Climate Doomerism. We Know What We Must Do to Protect the Planet (truthout.org)
- I’m done using AI (brettcodes.com)
- Faut‑il s’inquiéter de la « starlinkisation » de l’accès à Internet en Afrique ? (theconversation.com)
En mai 2026, le réseau Internet par satellite Starlink, de la société SpaceX d’Elon Musk, avait réussi à s’implanter dans plus de la moitié des 54 États du continent africain.
- Africa’s growing e-waste crisis (meer.co)
Why tackling electronic waste requires stronger regulations, international cooperation, and sustainable solutions
- Ceuta : certaines vies ont moins de valeur que d’autres (politis.fr)
Jeudi 30 juillet, des dizaines de milliers de personnes ont convergé depuis le Maroc vers la ville de Ceuta. Au moins 77 personnes sont mortes en essayant de rejoindre l’enclave espagnole, dans une indifférence générale qui souligne une hiérarchisation des vies et un racisme banalisé.
- Matthieu Pigasse porte beau (blog.mondediplo.net)
- Une montagne blanche, masculine, bourgeoise (reporterre.net)
- The “Disability Dongle” : Why Silicon Valley Hates Me and you (sightlessscribbles.com)
- Marie-Claude Vaillant Couturier, pionnière de la documentation de l’horreur des nazis (humanite.fr)
- Informer sur les catastrophes à l’époque du Japon féodal : le rôle des « kawaraban » (theconversation.com)
En mêlant information et divertissement, ces feuillets pouvaient paraître quelques jours à peine après un séisme, un incendie, mais aussi relater toutes sortes de faits divers. Retour sur l’histoire d’un format médiatique méconnu, qui a su contourner la censure pour faire circuler des nouvelles dans le Japon d’avant le XXᵉ siècle.
- Des siècles avant les Incas, les habitants de la région colombienne de La Mojana ont développé un gigantesque système de canaux et de parcelles surélevés. Ce système aurait été bâti par une société non hiérarchique et pourrait inspirer les populations locales. (slate.fr)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Doucement
- Shadok
- Méduses
- Dinguerie
- Fort
- Popularité
- Remember
- Popular
- Génération perdue (bouletcorp.com)
- En images : les photos les plus marquantes de l’éclipse solaire (france24.com)
Les vidéos/podcasts de la semaine
- « Il faut arrêter » le développement de l’IA, qui met « en danger toute notre infrastructure monétaire et informatique » (rfi.fr)
- Éclipse totale de Soleil du 30 juin 1973 depuis le vol Concorde 001 (xjubier.free.fr)
Les trucs chouettes de la semaine
- L’association Granagora préserve les semences paysannes, plus robustes et adaptées au réchauffement climatique (france3-regions.franceinfo.fr)
- Créer des mares en pleine ville : une jolie manière de lutter contre les moustiques (reporterre.net)
- Did poop enable the evolution of complex animals ? (arstechnica.com)
- Have physicists finally discovered glueballs ? New evidence points to yes. (arstechnica.com)
- La renaissance du vélo à Pékin (ledevoir.com)
La capitale chinoise s’inspire d’Amsterdam pour venir à bout de la congestion causée par l’explosion du nombre de voitures.
- Taxi drivers rarely die of Alzheimer’s – how complex mental maps and spatial reasoning protect your brain (theconversation.com)
- How Baltimore Achieved Historically Low Homicides—With Less Police (emeraldbook.org)
Baltimore has engineered a 68 % drop in homicides since 2019, outpacing the national average—all while operating with 400 fewer officers. Here’s how the city debunked the myth that more police are the only answer to violent crime.
- Quelles applis de ton smartphone peux-tu remplacer par du libre ? (tutox.fr)
- Est-ce que vos apps fonctionnent sans Google Play Services ? (checksap.io)
- Résolution de la rentrée : quitter WhatsApp (baudelot.eu)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).
Publié le 16.08.2026 à 10:00
L’IA appliquée à la science… rêve de progrès
Cet article est une republication, avec l’accord de l’auteur, Hubert Guillaud. Il a été publié en premier le 02 juin 2026 sur le site Dans Les Algorithmes sous licence CC BY-NC-SA.
Tout l’été, profitez de republications de « Dans Les Algorithmes » ! Rendez-vous tous les dimanches de juillet et d’août pour réfléchir, ensemble, sur les enjeux de l’Intelligence Artificielle.
L’application de l’IA à la science ne promet pas tant des progrès qu’une concentration renforcée.
Ce que l’IA accélère
Les promesses de l’IA pour découvrir de nouveaux matériaux ou révolutionner les découvertes scientifiques sont fortes. L’idée que l’IA serait l’avenir de la science comme on l’entend très souvent est bien plus un moyen d’orienter les investissements qu’une vérité scientifique, au risque d’augmenter la dépendance de la science à l’IA.
Dans le domaine de la fabrication de médicament, on attend là encore que l’IA permette de nouvelles percées, explique The Economist. Pourtant, les partenariats entre entreprises pharmaceutiques et sociétés d’IA se multiplient, notamment dans l’espoir de mieux identifier des molécules, de raccourcir le temps de développement des essais cliniques et de diminuer le taux d’échec de ceux-ci (actuellement, « les médicaments candidats entrant en essais cliniques ont un taux d’échec de 90 %, ce qui porte le coût de développement d’un médicament efficace à la somme astronomique de 2,8 milliards de dollars »). « Même des gains d’efficacité marginaux représenteraient des avantages considérables. Des rapports provenant de l’ensemble du secteur suggèrent que l’IA a commencé à apporter ces gains. Elle a réduit la phase préclinique (celle qui précède les essais cliniques sur l’homme) à 12-18 mois, contre trois à cinq ans auparavant. Et elle a amélioré le taux de réussite. Une étude publiée en 2024, portant sur les performances de molécules proposées par l’IA lors des premiers essais cliniques, a révélé un taux de réussite de 80 à 90 %. À titre de comparaison, les moyennes historiques se situaient entre 40 et 65 %. »
« La conception d’un nouveau médicament commence généralement par le criblage de petites molécules organiques afin d’identifier celles présentant une activité biologique prometteuse afin de sélectionner les plus probables. L’IA peut analyser des bibliothèques de dizaines de milliards de molécules, en testant des propriétés telles que la puissance, la solubilité et la toxicité grâce à des émulations logicielles de ces molécules, sans qu’il soit nécessaire d’utiliser les molécules réelles en laboratoire. Jim Weatherall, l’un des responsables de cette activité chez AstraZeneca, une autre grande entreprise pharmaceutique, affirme que cette méthode permet de trier les molécules prometteuses deux fois plus vite qu’auparavant, et que plus de 90 % du processus de découverte de petites molécules de l’entreprise est désormais assisté par l’IA. »
L’IA sert donc d’abord à optimiser les investissements. L’IA contribue également à améliorer la conception des essais cliniques. Par exemple en formulant une hypothèse sur une maladie et en tentant de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses par une recherche bibliographique.
L’IA se révèle également prometteuse dans la sélection des patients pour les essais cliniques. Elle peut analyser les dossiers médicaux, les biopsies et les examens d’imagerie des candidats afin d’identifier ceux qui pourraient tirer le meilleur parti d’un nouveau médicament. Une meilleure sélection des participants permet de réduire la taille des essais, et donc de les rendre plus rapides et moins coûteux. Une autre utilisation de l’IA consiste à créer des patients synthétiques permettant de comparer un patient réel et son double numérique pour comparer l’évolution prédite sans traitement par rapport au patient testé. À terme, les patients synthétiques permettraient de réduire les groupes témoins et leurs coûts (au risque tout de même que ces comparaisons aient une fiabilité relative).
L’optimisation des essais cliniques via l’IA représente une réduction considérable des risques, avec une diminution concomitante des coûts de développement des médicaments.
Mais si l’IA promet de produire de nouveaux médicaments, elle ne promet pas que nous ayons les capacités industrielles de le faire, comme le montrent les innombrables pénuries que nous traversons. Elle ne résout pas le risque d’abandon de la santé pour tous, qu’évoquait par exemple le philosophe Alexandre Monnin dans AOC il y a quelques mois (voire notre synthèse).
Au contraire. Dans le domaine de la médecine, comme le soulignaient l’avocate américaine des sans-abris Leah Goodridge et la médecin et chercheuse, Oni Blackstock, directrice de l’association Health Justice, dans une tribune pour The Guardian, l’IA risque bien plus d’être utilisée pour refuser des soins que pour faire progresser la médecine. En Californie du Sud, où le nombre de personnes sans abris est l’un des plus élevés du pays, Akido Labs gère des cliniques pour les personnes sans domicile fixe et celles à faibles revenus. Mais ces patients sont vus par des assistants médicaux qui utilisent l’IA pour écouter les conversations, puis proposer des diagnostics et des plans de traitement potentiels, qui sont ensuite examinés par un médecin. L’objectif de l’entreprise, a déclaré son directeur technique à la Technology Review, est de « supprimer le médecin de la consultation ».
Cela s’inscrit dans une tendance plus large où l’IA générative est de plus en plus intégrée au système de santé, rappellent Goodridge et Blackstock. En 2025, une enquête de l’Association médicale américaine a révélé que deux médecins sur trois utilisaient l’IA dans leur travail quotidien, notamment pour diagnostiquer les patients. Une start-up spécialisée en IA (OpenEvidence, qui n’est pas accessible en Europe) a levé 200 millions de dollars pour fournir aux professionnels de santé un ChatGPT pour médecins. Et les législateurs américains examinent actuellement un projet de loi qui autoriserait l’IA à prescrire des médicaments. Bien que cette tendance à l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé affecte presque tous les patients, son impact est plus profond sur les personnes à faibles revenus, qui rencontrent déjà d’importants obstacles à l’accès aux soins. « Les personnes sans domicile fixe et à faibles revenus ne devraient pas servir de cobayes pour l’IA dans le domaine de la santé. Au contraire, leurs voix et leurs priorités devraient déterminer si, comment et quand l’IA sera mise en œuvre dans leurs soins ».
La saturation des hôpitaux, les coûts d’accès au soin… expliquent en grande partie ces développements. D’autant que ces contraintes « sont souvent amplifiées dans les communautés économiquement défavorisées, où les établissements de santé sont souvent sous-financés et les patients non assurés, avec un fardeau plus lourd de maladies chroniques dû au racisme et à la pauvreté ». Les très documentés biais des IA de santé, « qui diagnostiquent bien moins les problèmes des patients noirs et hispaniques, des femmes et des patients bénéficiant de l’assurance Medicaid, promettent surtout d’aggraver les inégalités de santé pour les patients qui rencontrent déjà des obstacles à l’accès aux soins ». Pire, comme on le lit dans la TR, les patients ne sont même pas informés que leur professionnel de santé ou leur système de santé utilise l’IA. Un assistant médical explique ainsi que ses patients savent qu’un système d’IA les écoute, mais qu’il ne leur dit pas qu’elle formule des recommandations diagnostiques. Ces discriminations sont renforcées par la tendance croissante à l’utilisation de l’IA pour déterminer les remboursements de santé des personnes à faibles revenus (voir ce que nous disions d’United HealthCare connu pour sa politique de refus de remboursement de soins de santé). Bref, si l’IA d’un côté promet une amélioration de la production de médicaments, elle risque bien plus d’empêcher les publics d’y accéder.
Il y a d’autres domaines que l’IA accélère, comme le pointait Cade Metz dans le New York Times. Notamment la recherche en mathématiques, en biologie et en chimie. Mais là encore, bien des annonces tonitruantes se révèlent souvent assez décevantes une fois que les spécialistes les décortiquent. C’était le cas notamment lorsqu’une startup d’IA, Harmonic a annoncé avoir résolu un problème mathématique, avant que les experts ne constatent que ses solutions ne différaient guère des travaux antérieurs de mathématiciens. L’IA parvient à identifier des solutions existantes, enfouies dans des décennies d’articles de recherche plus qu’elle n’en invente. « On a l’impression d’être face à un élève brillant qui a tout mémorisé pour l’examen, mais qui ne comprend pas vraiment le concept », assène le mathématicien Terence Tao. L’IA permet bien plus de suggérer des hypothèses ou des expériences qui permettent de cibler les recherches, explique un spécialiste du cancer, qui constate lui aussi que cela permet d’accélérer les processus. Mais un chercheur expérimenté est toujours nécessaire pour guider le système. Pour Terence Tao, interviewé dans Nature, l’IA peut commettre des erreurs invérifiables dans nombre de domaines, mais en maths, elles sont vérifiables. Les inconvénients sont donc bien plus limités. « On commence à voir des exemples où l’IA – peut-être par chance – résout des problèmes importants pour les mathématiciens. C’est encore très rare et l’IA présente encore de nombreuses faiblesses ; elle ne remplace pas le travail humain. Mais il devient de plus en plus difficile de nier l’efficacité de ces outils. » Mais définir de nouveaux concepts et déterminer les problèmes à résoudre restera probablement du ressort des mathématiciens humains… au moins pendant un certain temps encore, estime le médaillé Fields.
… au risque de réduire le champ d’investigation de la science
Si l’IA pour la recherche scientifique promet, elle pourrait aussi avoir des effets délétères, rappelle la journaliste Grace Huckins pour la Technology Review et réduire à terme le dynamisme de la science. Une étude publiée dans Nature a révélé que si certains scientifiques perçoivent des avantages professionnels à adopter l’IA, la science dans son ensemble pourrait en pâtir, car l‘IA réduit le champ d’investigation de la communauté scientifique. Cela pourrait s’expliquer par le fait que l’IA excelle particulièrement dans l’analyse de données et de publications existantes, ce qui incite les scientifiques qui l’utilisent à se concentrer sur des domaines établis où des données à grande échelle sont disponibles. Il pourrait en résulter un nombre réduit de scientifiques disponibles pour étudier des problèmes moins adaptés à l’IA. Intégrer efficacement l’IA dans la science est plus qu’un simple défi technique : préserver le dynamisme et la diversité de la science à l’ère de l’IA pourrait nécessiter un effort concerté de la part de la communauté scientifique.
Dans un éditorial pour Science, Julio Ottino et Brian Uzzi enfoncent le clou et dénoncent le risque d’une « progression sans progrès ». « Les progrès réalisés dans l’utilisation de l’intelligence artificielle pour faire progresser la découverte scientifique rendent de plus en plus réaliste l’idée de systèmes automatisés de « science de bout en bout » : des chaînes de traitement intégrées capables de générer des hypothèses, de mener des expériences (in silico ou robotisées), d’analyser les résultats et de produire des résultats publiables avec une intervention humaine minimale. La question cruciale n’est pas de savoir si l’IA peut « faire » de la science, mais si la science – en tant que système social et évolutif produisant des connaissances fiables – peut survivre à la manière dont l’IA la pratique. »
Or, « la science n’est pas simplement une suite de tâches optimisables. Elle progresse par un processus analogue à l’évolution darwinienne : variation à travers de nombreux efforts indépendants ; sélection par la critique, la réplication et la compétition ; et conservation des résultats robustes. Cette structure distribuée permet à la science de s’autocorriger et de générer de la nouveauté. L’indépendance n’est pas fortuite ; elle est le mécanisme qui produit à la fois la fiabilité et la découverte. »
Mais, la science n’a jamais pleinement atteint cet idéal, rappellent-ils. Elle a aussi été façonnée par les biais, les erreurs et la fraude. Les partisans de l’intelligence artificielle arguent que l’automatisation pourrait atténuer certaines de ces limitations tout en accélérant les découvertes et en élargissant la participation. Reste donc à savoir si l’IA en science réduit ces imperfections ou les amplifie à l’échelle des machines.
L’intégration de l’IA à la science risque de modifier fondamentalement la structure de la science. Notamment en favorisant des plateformes dominantes, entraînées sur des données similaires et optimisées pour certains objectifs. « Comme sur d’autres marchés de technologies numériques, la concentration est un résultat plausible. Le risque est fort qu’une poignée de systèmes façonnent la majorité de la production scientifique […]. La diversité simulée au sein d’un système ne saurait se substituer à la diversité épistémique entre des approches véritablement concurrentes. »
La conséquence n’est pas seulement institutionnelle ; elle est bien épistémique, c’est-à-dire qu’elle concerne toutes les connaissances. « Le système scientifique prospère grâce à l’inefficacité : efforts redondants, tentatives infructueuses et chemins divergents. Il ne s’agit pas de coûts à éliminer, mais de sources de découverte. À l’inverse, les pressions d’optimisation favorisent la convergence. Il risque d’en résulter une production accrue, mais une exploration moindre de l’inattendu. »
« Ce rétrécissement a des implications sur la créativité. Une grande partie de la force de l’IA réside dans l’exploration combinatoire, le réarrangement des connaissances existantes en de nouvelles configurations. Or, nombre d’avancées majeures en science ne sont pas des combinaisons ; ce sont des ruptures, des changements conceptuels qui contredisent les hypothèses des cadres antérieurs. Parce que ces avancées s’écartent des schémas encodés dans les données existantes, elles sont les moins susceptibles d’émerger de systèmes entraînés sur le passé. »
« L’indépendance n’est pas seulement une garantie de fiabilité ; elle est la condition de la rupture conceptuelle. » À l’inverse, « l’optimisation de chaque composant ne garantit pas l’intégrité de l’ensemble. » Au contraire, elle peut la compromettre.
« Il ne s’agit pas de rejeter l’IA, mais de la considérer comme un simple progrès technique. Préserver les propriétés fondamentales d’un système scientifique évolutif devient désormais une contrainte de conception. Les résultats scientifiques doivent garantir une traçabilité claire – une chaîne de responsabilité identifiable qui ne se dissout pas dans des systèmes opaques. Les dispositifs institutionnels et techniques doivent assurer des approches véritablement distinctes, et non de simples variations au sein d’une architecture partagée. »
« Ces exigences ne sont pas des inefficacités à éliminer par l’ingénierie. Elles représentent les solutions accumulées au problème de la fiabilité des connaissances. Un système d’IA peut produire des résultats impressionnants. Mais s’il remplace un processus évolutif par un processus artificiel, il risque de restreindre non seulement le champ de nos découvertes, mais aussi notre capacité de découverte tout court. »
Le financement de la recherche : submergé par l’IA
Geraint Rees et James Wilsdon pour Nature tirent la sonnette d’alarme. L’IA est en train de submerger les appels à projets et demandes de financement de la recherche, améliorant le nombre, la qualité, le volume des demandes au risque de provoquer l’effondrement même du système. Les réponses générées par l’IA peuvent être entraînées sur les publications des chercheurs, sur les critères d’attribution des subventions et même sur les projets retenus pour ajuster les demandes aux résultats attendus. Et l’effet se constate déjà, pointent les chercheurs. Dans une étude qui a regardé les projets de 12 organismes de financement de la recherche de l’Union européenne, les chercheurs montrent une augmentation des candidatures depuis 2022.
« Les décideurs politiques et les organismes de financement vont devoir repenser l’allocation des fonds de recherche avant que le système ne devienne ingérable. » Confrontés à un afflux de réponses de qualité, ils devront alors faire des choix largement arbitraires quant aux projets à financer et aux candidats.
Jusqu’à présent, les organismes de financement de la recherche ont principalement réagi à ces évolutions en restreignant l’utilisation de l’IA par les candidats et les évaluateurs, certains déclarant les demandes inéligibles si elles sont élaborées avec de l’IA. Mais ces préconisations sont impossibles à appliquer, car la probabilité de détection est faible et ne constitue pas une réponse au problème. Le risque est fort que toutes les propositions répondent aux critères de financement et que les différences entre elles soient minimes. « Lorsque les propositions et les évaluations sont toutes deux gérées par des agents entraînés sur le même corpus de travaux déjà financés, le système n’évaluera plus la qualité des idées, mais plutôt la capacité des agents à simuler les idées précédemment récompensées par les financeurs. »
« Parmi les propositions visant à remédier à la surcharge des systèmes de financement figurent le recours à des tirages au sort (attribution aléatoire de fonds à des demandes de subvention correspondant à un certain niveau de qualité) et des modèles distribués d’évaluation par les pairs, où les chercheurs qui soumettent des demandes de subvention sont chargés d’évaluer celles d’autres chercheurs. Ces mesures permettent de lutter contre le volume de demandes, mais elles restent inefficaces si les indicateurs de qualité deviennent peu fiables. »
Geraint Rees et James Wilsdon proposent plutôt que les organismes de financement envisagent de recentrer l’évaluation non plus sur les propositions écrites, mais sur le chercheur principal, son équipe et ses programmes de recherche passés et en cours. « Les financeurs devraient investir dans la vérification des antécédents afin d’examiner la performance de recherche d’un individu ou d’un groupe sur une période prolongée, ainsi que dans des entretiens et des évaluations de portefeuilles de la performance d’équipe sur la durée. » Mais cette solution écarte de fait les plus petites ou plus jeunes équipes : les aides risquent alors d’aller uniquement aux projets les plus établis.
En mars, le Conseil de la recherche médicale du Royaume-Uni a annoncé le rétablissement des entretiens pour tous les candidats présélectionnés : une approche chronophage et laborieuse et peu adaptée aux grands volumes de candidatures. Le NIH américain, regroupant l’ensemble des Instituts nationaux de la santé, lui, a limité à 6 dépôts par an le nombre de candidatures individuelles, après avoir constaté que certains chercheurs en soumettaient plus de 40. Les financeurs pourraient également envisager des approches plus radicales, suggèrent les deux chercheurs. Il pourrait s’agir d’instaurer un quota fixe de propositions par chercheur ou pour l’ensemble de sa carrière, toutes sources de financement confondues. Ils pourraient aussi répartir le budget disponible entre les chercheurs éligibles à l’échelle nationale et attribuer le même montant à tous, éliminant ainsi la concurrence.
D’autres solutions proposent aux organismes de recherche de s’appuyer sur l’IA pour l’évaluation. « L’IA pourrait ensuite servir à prioriser et à présélectionner les candidatures, en comparant les données selon ces différents profils afin d’identifier les candidats dont le parcours est cohérent avec les informations fournies dans leur dossier. Ce processus de présélection serait transparent, auditable et conçu pour favoriser la diversité, et non la freiner, à travers les différentes étapes de carrière, disciplines et institutions. » Mieux (ou pire, c’est selon), certains modèles proposent de prédire l’impact d’un article ou d’une recherche, fléchant les financements vers les projets les plus porteurs.
Quelles que soient les solutions retenues, la nécessaire transformation du financement de la recherche risque de se faire dans la douleur et la contestation, estiment les chercheurs. La mise en place d’infrastructures IA nécessite des investissements soutenus, des tests rigoureux et une gouvernance continue. Les financeurs confrontés à des contraintes budgétaires pourraient hésiter. C’est oublier pourtant que le système gaspille déjà des ressources considérables en comités d’experts et en nouvelles soumissions, sans parler du temps consacré par les chercheurs à répondre aux appels. Un système basé sur l’IA native et bien conçu pourrait constituer un investissement judicieux, défendent les chercheurs. Reste que des systèmes d’évaluation entraînés sur des données de financement historiques intégreront les inégalités passées, risquant d’amplifier, plutôt que de corriger, l’effet Matthieu, c’est-à-dire la concentration au profit des plus dotés. « Il s’agit d’un risque réel, mais nous pensons que la conception et la gouvernance peuvent contribuer à l’atténuer. Les biais dans les systèmes d’IA sont mesurables, ce qui permet de les examiner et d’y remédier », soulignent-ils, certainement trop rapidement, car les biais ne sont ni mesurables ni corrigeables facilement. Troisièmement, les chercheurs et les institutions pourraient se montrer réticents face aux décisions façonnées par des algorithmes qu’ils ne peuvent pas interroger. La transparence et les mécanismes d’appel pourraient contribuer à instaurer la confiance, défendent-ils encore.
Le système de financement par subvention conçu pour un monde pré-IA est devenu défaillant. Les financeurs doivent s’adapter, estiment les chercheurs. Il pourrait en résulter un système plus performant : un système qui exploite la puissance de l’IA et la combine à des connaissances spécialisées, et qui réduit le temps et l’énergie gaspillés dans la rédaction de demandes de subventions improductives pour les réorienter vers une recherche novatrice. Un constat plus facile à déclamer qu’à mettre au point.
Prédire les résultats de la science… au risque de l’y enfermer
Certains modèles proposent de prédire l’impact d’un article ou d’une recherche, fléchant les financements vers les projets les plus porteurs, expliquaient donc Geraint Rees et James Wilsdon. Qu’en est-il ?
Savoir si une étude changera le monde ? C’est pourtant l’idée que propose Funding the Frontier : un tableau de bord pour prédire l’impact de la recherche. L’outil (non disponible) utilise le Big data pour retracer l’impact sociétal des projets de recherche sur les politiques, les médicaments ou les produits, explique Nature (voir également l’article de recherche qui montre des captures d’écran du tableau de bord et la vidéo promotionnelle). Le projet porté par Dashun Wang « intègre des données sur les publications de recherche, les brevets, les documents d’orientation et les essais cliniques, et présente ces informations de manière visuelle et intuitive. Ils ont également combiné cet outil à un algorithme prédictif basé sur l’apprentissage automatique pour prédire les études et les domaines susceptibles d’apporter les plus grands bénéfices sociétaux à l’avenir – par exemple, les subventions les plus susceptibles de déboucher sur un brevet ». « Même sans son aspect prédictif, disposer d’un outil permettant de rechercher l’impact des recherches sur la société » est déjà une information importante, estime un chercheur.
Un chef de projet d’une importante agence de financement américaine l’a utilisée pour examiner les impacts sociaux généraux des subventions de l’agence, lui permettant de constater l’impact de certaines recherches ailleurs dans le monde. « Un autre utilisateur, investisseur dans le domaine de la recherche biomédicale, a constaté que dans le domaine de la recherche sur la maladie d’Alzheimer, l’impact clinique le plus important au cours des 20 dernières années provenait d’études visant à comprendre la maladie, mais que l’impact futur le plus important prévu se concentrait sur les études portant sur les systèmes de soutien social des personnes atteintes de la maladie, ce qui laisse entrevoir de nouvelles opportunités d’investissement ».
L’aspect prédictif est pourtant préoccupant, estime le même James Wilsdon qui en évoquait les perspectives précédemment. Le spécialiste des politiques de recherche estime que ce tableau de bord pourrait créer des prophéties autoréalisatrices et des décisions d’investissements plus conservatrices, au détriment de recherches plus originales, capables d’ouvrir d’autres possibilités.
Coincés dans l’Academic Slop ?
En attendant, le travail académique commence à crouler sous la « prolifération métastatique de publications » truffées d’hallucinations et de distorsions de contenus, comme s’en plaint sur Facebook la philosophe du droit, Antoinette Rouvroy. L’Academic Slop est arrivé, constate également le chercheur Seva Gunitsky dans sa newsletter. Il raconte que dans la revue dont il s’occupait le nombre de soumission a doublé voire triplé depuis l’apparition de l’IA générative, et que le taux de rejet s’est envolé. Techniquement compétents, certains de ces articles respectent les normes et sont tout à fait convenables. Faciles à produire et exigeant peu de créativité, ils constituent néanmoins le type de travail incrémental légitime que le philosophe des sciences Thomas Kuhn appelait la fabrique de la « science normale ». Pour Gunitsky la valeur d’une théorie originale va continuer à prendre de l’importance. « Les travaux quantitatifs de qualité deviennent bon marché et abondants ; une bonne théorie reste difficile à élaborer ».
Mais l’effet le plus important est que l’évaluation par les pairs repose désormais davantage sur le discernement. Si n’importe qui peut produire un article empirique compétent sur n’importe quel sujet, le principal obstacle devient l’identification des questions importantes à poser. « Dans ce contexte, la question pour les évaluateurs et les éditeurs n’est plus tant « est-ce juste ? » que « pourquoi est-ce important ? ». Cette question est inévitablement subjective, mais pas totalement, car elle exige une solide connaissance des débats en cours. Elle nécessite néanmoins de connaître les tensions et les lacunes productives, les énigmes intéressantes et les idées reçues apparemment établies. »
« Ce concept porte un nom : la phronesis. C’était le terme employé par Aristote pour désigner la sagesse pratique, ou la capacité à discerner la conduite à tenir dans des circonstances particulières. Contrairement à l’épistémè (la connaissance scientifique) ou à la technè (le savoir-faire technique), la phronesis ne peut se réduire à des règles ou à des algorithmes. Elle requiert de l’expérience, du jugement et ce qu’Aristote appelait la « perception ». Cela signifie non seulement l’intelligence, mais aussi la capacité intellectuelle de percevoir les caractéristiques essentielles d’une situation donnée. »
La philosophe Isaiah Berlin appelait cette qualité « le sens du réel » dans le jugement politique : la capacité de percevoir ce qui est possible et ce qui compte à un moment historique donné. Or, il n’est pas certain que les IA possèdent cette capacité voire ne la possèdent jamais. « Si le discernement devient le critère ultime de qualité, nous nous dirigeons encore davantage vers un système à deux vitesses dans l’édition scientifique. Les revues les plus prestigieuses privilégieront les articles d’une originalité remarquable ou présentant des avancées théoriques ou empiriques majeures, tandis que toutes les autres publieront les articles produits par l’IA qui font progresser, de manière graduelle, notre compréhension de sujets spécifiques. Et peut-être que la théorie gagnera en prestige au détriment des méthodes sophistiquées d’analyse des données. »
Pas sûr que la théorie et l’empirisme puissent ainsi si facilement se scinder en deux. Le risque que les publications automatisées se transforment en matière noire scientifique, que personne ne lit ni ne consulte est fort. À nouveau, ici aussi, le risque est fort que s’accentue davantage les hiérarchies de prestige comme critère d’importance. « Paradoxalement, l’effet uniformisant de l’IA pourrait rendre le monde universitaire plus élitiste encore ».
« La technologie qui nous a inondés de dissertations étudiantes façonnées avec l’IA va maintenant inonder de nos propres travaux, et nous aurons besoin de ce même discernement dont nous nous plaignons de l’absence chez nos étudiants. » Pas sûr que ce soit plus facile pour les experts. L’IA fait peut-être gagner beaucoup de temps à certains, mais la pollution des travaux de recherche qu’elle engendre en fait perdre énormément aux lectrices et lecteurs. Le goulot d’étranglement de la lecture et de la vérification s’annonce plus resserré que jamais.
La seule chose dont on soit sûr, en observant toutes ces perspectives… ce n’est pas que l’IA apporte un progrès scientifique notable, c’est que l’IA en science renforce les inégalités dans toutes les couches de la science.
Hubert Guillaud
MAJ du 02/06/2026 : Une analyse de 7,3 millions d’articles de revues scientifiques publiés entre 2020 et 2025 révèle qu’en 2025, un peu plus de la moitié présentent des signes d’influence des LLM, avec des variations importantes d’utilisation selon la région du monde, le prestige de l’établissement, l’éditeur et la discipline. « Le développement économique et la proximité de l’anglais comme langue principale sont des facteurs prédictifs clés de ces variations régionales. Les établissements moins bien classés affichent des taux d’adoption plus élevés que les universités d’élite, les jeunes éditeurs à but lucratif présentent des taux supérieurs à ceux de leurs concurrents, et l’adoption varie considérablement selon les disciplines universitaires. L’adoption des LLM dans la rédaction académique est répandue, mais socialement stratifiée. »
MAJ du 21/06/2026 : Dans leur newsletter, Tim O’Reilly et Ilan Strauss, proposent de garantir un exosquelette pour appliquer l’IA à la science. Cet exosquelette est constitué d’innombrables systèmes permettant de garantir les références, comme le DOI (l’identifiant d’objets numériques qui attribue un numéro à chaque publication scientifique), RetractationWatch (la base de données des articles scientifique dé-publiés et rétractés), Orcid (qui fournit un identifiant unique aux chercheurs), Open Alex (un graphe de connaissances scientifiques)… ou encore le projet Vraix du MIT (cherchant à créer une toile du savoir pour distinguer les contenus possiblement génératifs des autres)… et nombres d’autres, qui n’ont pas été intégrés aux systèmes d’IA, alors qu’ils pourraient permettre de résoudre de nombreux problèmes : diminuer les citations erronées, réduire l’emprise de la littérature scientifique non valide… une infrastructure fondée sur des principes ouverts qui cherchent à garantir que les contenus scientifiques ne puissent être ni accaparés ni dégradés. Ces infrastructures sont des biens publics que les entreprises d’IA ignorent pour la plupart ou, pire, fragilisent. « À l’heure actuelle, la relation entre l’IA et l’infrastructure scientifique est presque exclusivement extractive. Les entreprises d’IA entraînent leurs modèles sur des articles scientifiques. Elles créent des produits capables de générer et de manipuler des textes scientifiques. Elles se disputent le marché de l’« IA au service de la science ». Pourtant, elles ne contribuent pratiquement pas à l’infrastructure qui, à la base, garantit la fiabilité des connaissances scientifiques. »
Les entreprises d’IA consomment du contenu scientifique sans rien apporter en retour. Strauss et O’Reilly font une analogie avec Content ID de YouTube : face à l’utilisation non autorisée de leurs œuvres, la première réaction de l’industrie musicale a été d’exiger leur retrait. La réponse de YouTube a été : « Et si nous vous aidions plutôt à les monétiser ? » Cette approche a permis d’aligner les intérêts et de créer une économie dynamique pour les créateurs. Nous devrions appliquer le même raisonnement à la science. Les entreprises d’IA ne devraient pas seulement utiliser l’infrastructure scientifique pour améliorer leurs produits (elles le devraient pourtant), mais elles devraient surtout chercher à aider la science à gagner en valeur, en pérennité et en exhaustivité.
Pour cela, les systèmes d’IA devraient améliorer la validation de leurs sources et références. L’infrastructure existe, il leur suffit de l’utiliser. Ils pourraient également réinjecter les métadonnées extraites dans OpenAlex, améliorant ainsi le graphe de données pour tous. Ils pourraient utiliser et financer RetractationWatch pour améliorer leurs modèles et réponses. Les fournisseurs d’IA pourraient également financer cette infrastructure scientifique très fragile qui constitue le socle technique de la crédibilité de la science. « Les entreprises d’IA, qui génèrent des milliards de revenus grâce à des produits reposant sur la crédibilité scientifique, devraient contribuer à l’infrastructure qui garantit cette crédibilité. Il ne s’agit pas de philanthropie, mais d’un intérêt bien compris. » Elles pourraient également contribuer à améliorer cette chaîne qui identifie la provenance du contenu scientifique. « Lorsque l’IA contribue à un article scientifique, cette contribution doit être traçable : elle ne doit pas simplement faire l’objet d’une déclaration standard, mais être liée à des affirmations, des sources et des étapes de vérification précises. »
« Les entreprises d’IA qui s’appuieront sur cette infrastructure créeront de meilleurs produits. Mais surtout, elles investiront dans l’infrastructure civilisationnelle qui rend possible, à la base, l’existence de connaissances fiables. À condition toutefois que les entreprises d’IA cessent de considérer cette question comme le problème d’autrui et commencent à la voir comme un socle sur lequel bâtir — un socle dont dépend leur propre succès dans le domaine scientifique. »

