Publié le 16.04.2026 à 20:56
Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur le moment politique
Publié le 16.04.2026 à 10:12
Pourquoi faut-il bloquer les prix ?
Publié le 10.04.2026 à 19:58
Publié le 10.04.2026 à 19:56
La France insoumise face au capitalisme – Entretien avec Frédéric Lordon
Publié le 10.04.2026 à 09:44
Même la barbouzerie demande du professionnalisme
Publié le 16.04.2026 à 20:56
Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur le moment politique
Publié le 16.04.2026 à 10:12
Pourquoi faut-il bloquer les prix ?
Chaque semaine, l’Institut La Boétie dont Jean-Luc Mélenchon est co-président, édite une note intitulée « données et arguments ». Elle sert de référence pour les débats de formation dans les groupes d’action de La France insoumise. Cette note sera reproduite ici dans le but de documenter les mots d’ordre du mouvement et de permettre partout des débats argumentés.
Depuis plus d’un mois, la guerre d’agression lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran est à l’origine d’un nouveau choc pétrolier : le blocage du détroit d’Ormuz provoque la plus importante crise d’approvisionnement en pétrole de l’histoire. Immédiatement, les prix des carburants à la pompe ont explosé : le litre d’essence dépasse en moyenne les 2 €, soit 30 centimes de plus qu’il y a un mois, et le litre de gazole atteint un niveau record depuis 1985. Sauf que la hausse des prix n’avait rien d’inévitable : elle s’explique par des mécanismes capitalistes. Le blocage des prix et l’encadrement des marges auraient pu l’empêcher. C’est aujourd’hui la seule solution pour éviter que la situation ne s’aggrave.
1- La spéculation est le nerf de la guerre
Les profiteurs de guerre : les compagnies pétrolières sont des parasites
L’économie mondiale est dépendante aux énergies fossiles. Sans pétrole, elle est à l’arrêt. Pour les compagnies pétrolières, la guerre est donc une aubaine : elles contrôlent l’accès à une ressource dont personne ne peut se passer, qui est extrêmement demandée mais qui est soudainement devenue très rare. Dans ce contexte de tensions extrême sur les marchés, les compagnies pétrolières profitent de leur position avantageuse pour faire exploser leurs marges : elles augmentent le prix de vente à un niveau déconnecté de que ce que l’achat et le raffinage du pétrole leur a réellement coûté.
Illustrations :
- Dès le premier jour de la guerre, les prix à la pompe ont augmenté, alors que le pétrole dans les cuves des stations avait été acheté, acheminé et transformé au minimum plus d’1 mois avant
- Total a acheté début mars 70 cargaisons de pétrole à 70 dollars le baril, puis les a stockés et a attendu patiemment le bon moment avant de les revendre : quand le baril de pétrole s’échangeait à… 170 dollars. Bilan de l’opération : 1 milliards de dollars de bénéfices.
Résultats, la guerre contre l’Iran est l’occasion de surprofits spectaculaires :
- Dans les pays de l’Union européenne, depuis le début de la guerre, les compagnies pétrolières réalisent chaque jour 80 millions d’euros de surprofits, c’est-à-dire de profits en plus
- En France, c’est 11 millions d’euros de surprofits : les marges des raffineurs ont été multipliées par quatre depuis le début de la guerre !
Le précédent 2022-2023 : la guerre en Ukraine
Sous prétexte de difficultés liées à l’interruption de ses activités en Russie, Total a réalisé en 2022 les plus grands profits de son histoire : 19 milliards d’euros. C’est aussi l’un des meilleurs niveaux de toute l’histoire pour une entreprise française.
L’inflation au cœur de la lutte des classes
Comme en 2022, la hausse des prix des carburants aujourd’hui est donc tirée par les profits. Le capital est en situation d’imposer un rapport de force qui lui est favorable dans le partage de la richesse
produite, au détriment des salariés et de la population. Comment est-ce possible ? Le capitalisme mondial est en crise : il ne parvient pas à dégager des gains de productivité, c’est-à-dire à développer ses forces productives et à innover pour produire plus mais avec moins. Dans ces conditions, le capital est obligé de chercher une autre solution pour maintenir et augmenter ses marges : il extorque une rente aux usagers. Concrètement, il met à profit sa position de monopole dans les secteurs économiques stratégiques en augmentant les prix.
2- Le blocage des prix est l’unique bonne méthode
De quoi parle-t-on ? Un double dispositif de plafonnement
- Des prix => le prix de vente du litre d’essence dans les stations-services ne peut pas excéder le montant fixé par la loi : par exemple le prix avant le début de la guerre, 1,70 € / L.
- Des marges des raffineurs => quand les raffineurs (Total) vendent l’essence aux distributeurs (les stations-services), la marge qu’il prennent ne peut pas excéder le montant fixé par la loi, de façon à ce que le prix de vente final soit rémunérateur pour tous les acteurs sans excéder 1,70 €
C’est possible
Le blocage des prix est une mesure légale qui peut être activée tout de suite. Le code du commerce le prévoit dans son article L410-2 : celui-ci autorise la réglementation des prix en cas « de situations de monopole ou de difficultés durables d’approvisionnement ». Un simple décret suffit, sans aucun vote.
C’est loin d’être une mesure « soviétique »
Depuis le début de la guerre en Iran, les gouvernements agissent partout contre la spéculation
- La Croatie, la Hongrie et la Thaïlande plafonnent les prix de vente des carburants
- La Grèce encadre les marges bénéficiaires
- La Corée du Sud plafonne le prix de gros du carburant
Le dirigeant LR Xavier Bertrand lui-même appelle au blocage des prix via un plafonnement des marges des pétroliers : c’est pourtant loin d’être un dirigeant révolutionnaire !
Nous l’avons déjà fait : il n’y a jamais eu de pénurie !
- En 1989 en Guadeloupe : blocage des prix pendant 4 semaines après le cyclone Hugo.
- En 1990 en France hexagonale : plafonnement des marges de distribution et réglementation du prix de vente au détail pendant 5 semaines pendant la guerre du Golfe
- En 2020 en France hexagonale : fixation d’un prix maximum de vente au détail des masques et du gel hydroalcoolique pendant l’épidémie de Covid
Nous le faisons aujourd’hui dans les départements d’outre-mer : il n’y a pas de pénurie !
Pour lutter contre la vie chère dans les outre-mer, le préfet fixe ainsi les prix du carburant chaque mois. Sur l’île de La Réunion, le litre d’essence n’a connu aucune augmentation tout au long du mois de mars puisqu’il était plafonné à 1,54 € le litre.
=> Pour qu’il y ait une pénurie, il faudrait que Total l’organise : c’est-à-dire que l’entreprise renonce à vendre ses carburants en France, pour contourner le blocage. Sauf que la France fait partie des 15 pays les plus consommateurs de pétrole au monde. Total aura toujours plus intérêt à gagner moins qu’à perdre beaucoup. Et dans l’hypothèse où l’entreprise allait jusqu’au bras de fer, l’État pourrait réquisitionner ses stocks : c’est prévu dans la loi.
Cela ne coûte rien à l’État
L’État ne va pas débourser un seul centime d’argent public. C’est Total qui va rogner sur ses marges. Cela ne mettra pas l’entreprise en péril au vu de ses profits exceptionnels récents
C’est justement toutes les autres mesures privilégiées jusqu’ici qui font peser la charge sur l’État
- Le « chèque énergie » : c’est l’État qui paye Total à la place des ménages populaires
- La diminution des taxes : c’est l’État qui se prive de recettes fiscales… au profit de Total
- Baisser la TVA n’empêchera pas les raffineurs de continuer à augmenter les prix
- Si on veut éviter que l’État tire mécaniquement un surplus de recettes fiscales , le blocage des prix est la meilleure solution
Ce n’est pas une mesure qui « profite aux riches »
« Mais si vous bloquez les prix, cela profitera surtout aux ménages fortunés, qui vont payer moins cher alors qu’ils auraient eu les moyens de payer plus que le reste de la population » : poussés dans leurs retranchements, les éditorialistes en viennent à se soucier de l’équité… C’est un argument absurde puisqu’avant la guerre, tout le monde payait son plein d’essence au même prix. Bien sûr, en proportion des revenus cela coûte plus cher pour les classes populaires.
=> C’est par la réduction des inégalités salariales et par l’impôt qu’on redistribue la richesse : si les éditorialistes se soucient réellement des inégalités, ils n’ont qu’à défendre le SMIC à 1 600 € net, l’indexation des salaires sur l’inflation, la taxe Zucman, le rétablissement de l’ISF…
Conclusion : il y a urgence
Le blocage des prix est d’abord une mesure de protection des intérêts populaires contre la brutalité du capital. La guerre contre l’Iran aiguise la lutte des classes menée par le capital pour préserver ses profits à tout prix. Il est impératif de briser le rapport de force qui s’installe.
Le blocage des prix est l’unique moyen de stopper la contagion de l’inflation. Car si rien n’est fait, l’inflation va se propager dans tous les secteurs économiques. L’électricité va coûter plus cher, puisque le marché européen de l’énergie fixe les prix en fonction du cours du gaz. Les produits alimentaires aussi, puisque le secteur agricole consomme beaucoup de gazole non routier et connaît par ailleurs des difficultés d’approvisionnement en engrais. Plus généralement, il y a du pétrole partout dans ce que nous consommons, sous une forme dérivée ou sous une autre. Il est déjà prévu que l’inflation dépasse les 2 % au printemps, voire 3 % d’ici la fin de l’année si tout continue ainsi.
=> Il faut bloquer le prix des carburants, de l’énergie et des biens alimentaires
Publié le 10.04.2026 à 19:58
Contre le suprémacisme
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l’occasion du lancement de la fondation européenne Pour Le Peuple, le 10 avril 2026. Retrouvez toutes les informations sur : https://forthepeoplefoundation.eu/
Bonjour tout le monde ! J’ai l’impression en vous parlant de prendre un moment de respiration. Je viens de France, comme vous le savez où il se déroule une bataille politique d’une violence totale, sur tous les plans, sur tous les sujets. Elle utilise les méthodes importées par les États Unis d’Amérique qui étaient réservés à l’Amérique latine. Dorénavant elles sont appliquées aussi à l’Europe. C’est-à-dire : l’insulte, la mise en cause judiciaire, les menaces de mort, le racisme absolument débridé, la mainmise sur tous les moyens de communication pour taper à coups redoublés sur la tête de tout ce qui pense autrement.
Cependant, quelle que soit la violence de la situation, il est évident que notre activité, ne peut pas rester simplement une activité dans des institutions à l’issue d’élections. Elle doit être aussi une activité intellectuelle. Je crois indépassable à jamais la formule d’après laquelle il n’y a pas de forme plus élevée du bonheur pour une conscience que de comprendre ce qui se passe pour pouvoir y trouver sa place. Il nous faut comprendre ce qui se passe!
S’il y a une actualité, s’il y a une histoire, s’il y a un déroulement politique, c’est parce que, à l’arrière scène un autre déroulement a lieu. Je pense que nous serons tous d’accord pour dire que nous vivons dans un mode de production qui porte un nom: le capitalisme. Mais le capitalisme n’est pas une entité métaphysique. C’est une réalité historique liée à un moment, à un temps, à des rapports sociaux et essentiellement à des rapports de force sociaux. Car le capital n’est pas une chose, n’est pas un tas d’or ou des richesses. Le capital est un processus social d’appropriation privée de la surproduction du travail humain.
Dès lors, tout est politique et tout procède de la nécessité de comprendre ce qui se passe ici et maintenant. Nous avons vécu après la période de reconstruction qui suivait la deuxième guerre mondiale. C’était une période différente qui a été entièrement administrée par les Etats-Unis d’Amérique. Le privilège leur avait été donné d’émettre de la monnaie sans aucune contrepartie matérielle. A partir de 1971, le monde a été recouvert d’une masse de dollars mis en circulation pour payer les matières premières (entre autres) comme le pétrole. Cela a donné aux Etats-Unis d’Amérique la possibilité de faire ce qu’ils voulaient, comme ils voulaient, quand ils le voulaient et de payer ce qu’ils voulaient sans avoir jamais de compte à rendre à personne.
Ce système est entré dans une phase de blocage. Un nouvel ordre géopolitique est en train de se construire. C’est aussi évidemment une nouvelle organisation aussi de l’ordre productif lui-même et du processus de l’accumulation du capital. Nous sommes maintenant entrés dans le moment où la puissance agonisante des Etats-Unis d’Amérique se débat pour se maintenir à n’importe quel prix, par n’importe quels moyens c’est à dire essentiellement par les moyens de la violence, puisqu’il ne dispose d’aucun autre moyen pour construire cette nouvelle géopolitique.
Cette nouvelle géopolitique, du point de vue de notre maître mondial les Etats-Unis, est entièrement orientée vers la confrontation avec la Chine. Car c’est elle l’actuel premier producteur du monde et mécaniquement le premier lieu d’échanges et par la force des choses, d’une manière ou d’une autre, la première monnaie du monde à venir.
La puissance intellectuelle, technique, matérielle de la Chine est irrattrapable. Dès lors, il n’existe que deux possibilités ou bien détruire cette domination ou bien passer un pacte de coopération. Quel pacte ? Ce sera le pacte de la nouvelle époque. La dernière fois, pour qu’un nouveau pacte soit organisé, il aura fallu une guerre mondiale. Et la fois d’avant aussi il aura fallu une guerre mondiale. Notre tâche, celle de notre génération politique, est d’éviter qu’il y ait besoin d’une guerre mondiale pour construire le nouvel ordre géopolitique. Voilà sur quoi doit se concentrer notre travail.
Avant tout, il faut donc comprendre. Il est clair que si le capitalisme a une nouvelle histoire, il serait terrible que les idées progressistes n’en ait pas une aussi en réponse. En particulier pour tout ce qui s’attache à la conception d’un autre mode de production sans se contenter de répéter des formules apprises de la génération précédente. Donc dans débiter le même catéchisme tiré de formules toutes faites qui, fort malheureusement, ne s’appliquent nulle part et ne se sont jamais appliquées nulle part.
Dès lors, au moins peut-on considérer que notre tâche est de reconstruire une telle conception globale tout cela et de le reconstruire vite. Parce que si autrefois nous avions du temps, du temps électoral, du temps des calendriers électoraux, aujourd’hui nous n’avons plus de temps, nous avons seulement des délais ceux de la catastrophe climatique en marche. Si nous ne parvenons pas à inverser la donne dans un délai suffisant, alors, le changement climatique se chargera à lui tout seul de désorganiser l’ensemble du fonctionnement du mode de production, des relations d’échange et du mode de production lui-même. Cela au profit d’un univers dont je ne peux rien dire puisque personne n’en a jamais rien vu. On sait simplement une chose: d’un côté, il détruira beaucoup et de l’autre côté, le capitalisme se reconstruira à sa manière, pour je ne sais quel nouvel ordre social de la production. C’est pour cela qu’il s’agit pour nous de mieux définir le collectivisme de notre temps l’alternative au capitalisme.
De son côté le capitalisme lui-même a produit sa propre vision du future. Pourquoi ? Où va-t-il ? Que veut-il maintenant ?
Maintenant, il est arrivé à l’étape impérieuse pour lui où il voudrait tout marchandiser. Tout deviendrait une marchandise. Car autrefois, dans les débuts du capitalisme, une partie de la production participait de la circulation marchande et le reste d’autres modes de production et d’échange : la paysannerie, l’artisanat, etc. Puis, l’activité de type capitaliste sous le règne de l’accumulation capitaliste s’est élargie à toute la socialisation humaine. Elle a recouvert l’ensemble des activités humaines. On a évoqué son nom tout à l’heure car Nancy Fraser a pu montrer comment le féminisme comprenait comment le travail gratuit accompli par les femmes sous l’autorité dominante du patriarcat était lui-même une des composantes de l’accumulation du capital. Oui, nous en sommes à cette époque où, ayant tout sous son contrôle, le capitalisme peut tout transformer en marchandise.
Alors il lui faut installer l’idéologie qui permet de justifier, de légitimer cet ordre des choses. Car aucune société ne fonctionne si elle n’a pas légitimé idéologiquement ses fondements pour garantir les tâches de la reproduction sociale quotidienne. Dès lors on peut comprendre pourquoi ils ont ce que nous nommons « le fascisme ». Ce n’est pas seulement une mauvaise idée moralement, pas seulement quelque chose qui vise à nous abattre. C’est un système qui vise à organiser une compréhension du monde entièrement construite sur l’idée que les uns doivent dominer les autres. C’est le suprémacisme.
Le racisme est un suprémacisme. Une couleur de peau l’emporte sur les autres. L’islamophobie est un suprémacisme. Une forme de religion doit l’emporter contre toutes les autres. Le sexisme est un suprémacisme. La négation des droits de la nature et des droits des êtres humains en tant qu’espèce animale est un suprémacisme. C’est l’idée que les êtres humains ont vocation à dominer la nature. Non pas être en harmonie avec elle, c’est à dire s’organiser dans des cycles qui soient compatibles avec elle, mais dans un rapport de domination.
La lutte que nous menons sur les deux plans, celui des rapports de force sociaux et celui de la construction idéologique d’une alternative, est donc la même. Elle passe par le combat intellectuel, la lutte à mort contre la suprémacisme. C’est la raison pour laquelle aucun compromis d’aucune sorte n’est possible avec lui, le suprémacisme. Et pas seulement parce que nous ne voulons pas, mais parce que l’adversaire lui-même ne nous le propose pas.
Il propose notre extermination politique. Et il la commence dès aujourd’hui. Cela non seulement par contrôler tous les appareils de reproduction idéologique la presse, les médias, les livres des écoles, bref le contenu de tout ce qui est enseigné. Et par-dessus tout, il s’est approprié aussi d’une manière marchande, le savoir lui-même.
Pour la première fois, nous voyons la formule inventée par ce penseur qui a produit le concept de biosphère qui était en soviétique chimiste, un prix Nobel mondial de chimie et qui a inventé un autre concept, celui de NOOSHERE, l’ensemble du savoir humain. Dans les années 30, c’était quelque chose de complètement éparpillé. Aujourd’hui, tout a été rassemblés dans la toile du numérique. Une véritable noosphère, numérique existe. Si bien que la possibilité est établie pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, que la totalité du savoir soit dans les mains d’un certain nombre de gens limités qui, pour que vous puissiez y accéder, vont vous en vendre l’accès. C’est donc l’analyse de Cédric Durand que vous avez entendu tout à l’heure, qui nous permet de bien comprendre ce nouveau mode d’organisation du capitalisme. Sa thèse n’est ni moins ni plus anticapitaliste. Elle vise à décrire le mode d’organisation de l’accumulation dans le monde tel qu’il est aujourd’hui.
Le capitalisme est en panne de productivité. Il ne sait plus la développer . Le capitalisme a sans cesse besoin de créer de nouveaux espaces d’accumulation. Je veux dire que les anciennes préoccupations de Rosa Luxembourg sur les limites de l’accumulation se retrouvent aujourd’hui après que le capitalisme ait tout essayé pour ouvrir de nouveaux espaces et forme d’accumulation. Cet espace élargi , le capitalisme l’a créé par la dette par exemple qui est l’appropriation d’un futur avant qu’il existe. A présent voici la transaction sur l’accès au savoir par les droits de passage. Pour faire quoi que ce soit, vous devez payer un droit de passage et pour pouvoir entrer dans la circulation de la marchandise l’Atelier est en Mondial. Pour passer d’un compartiment à l’autre de l’atelier, il faut être inclus à l’intérieur de la globalisation numérique et donc des échanges qui s’y déroulent. L’adversaire a changé de visage, il a changé de méthode, il a changé d’idéologie.
Dans ce cadre, le suprémacisme n’est pas simplement la reproduction d’une combinaison particulière du fascisme comme négation de la lutte de classe, du nazisme comme affirmation raciste d’une supériorité. C’est un combiné qui prend à sa charge toutes les formes de domination, non pour les éteindre, les ralentir, les transformer en compromis, mais pour les exalter et leur permettre d’aller au bout d’elles-mêmes, jusqu’au bout.
Le capitalisme ne peut pas continuer sur la logique, y compris avec l’IA où d’un côté il y aurait des progrès techniques, une accélération extraordinaire de capacités à produire et en même temps à réduire sans cesse la base de la consommation, parce que les salaires n’y sont pas, parce que le travail gratuit est censé remplacer toutes les autres activités qui conduisent à la reproduction de l’existence humaine. Il lui faut nécessairement vaincre cet obstacle. Voilà la phase dans laquelle nous sommes.
Nous avions besoin de cette Fondation « pour le peuple ». Nous autres les insoumis, nous attachons une importance centrale à la question de la production des idées et des alternatives programmatiques. Par exemple, la question de la planification écologique. Pour nous, la planification écologique a été faite à partir d’un mot qui sert de provocation. Le mot planification, qui provoque l’effet d’un chiffon rouge sur nos adversaires. Ils se mettent aussitôt à hurler que nous voulons recréer l’Union soviétique. Cela nous arrange (pas que de recréer l’Union soviétique, nous n’y pensons pas). Ce qui nous arrange, c’est qu’ils poussent des cris contre nous. Cela créé le débat public. Nous aurions pu prendre un vocabulaire beaucoup plus conventionnel, Nous aurions pu dire, comme disent les technocrates, la « gestion prévisionnelle ». Eh bien, nous avons choisi d’appeler cela la « planification ». Mais il y a un autre piège dans ce piège. En nous traitant de Soviétiques, entre autres choses, nos adversaires ne voient pas se répandre tout ce que porte cette idée. La planification a un contenu économique et social extrêmement dense. C’est la nationalisation du temps. Le capitalisme est le royaume du temps court, de l’accumulation accélérée du cycle « argent, marchandise, argent ». Le cycle du capital doit sans cesse s’accélérer, sans cesse accélérer pour assurer l’accumulation. La planification signifie donc le rétablissement des droits du temps long. Le temps long et le seul qui nous permette de faire correspondre la production, la reproduction de l’espèce et la vie en harmonie, non pas au sens poétique, mais au sens très exactement cyclique, avec ce qu’il est convenu d’appeler la nature, en supposant que la nature et l’être humain soient deux choses différentes. Voilà dans quoi nous sommes plongés. Évidemment c’est la substitution d’un ordre par un autre.
J’ai été militant d’un Parti socialiste comme vous le savez, ce qui faisait de moi, dans le meilleur des cas un réformiste, radical. Eh bien, s’il s’agit seulement d’emballer les nouvelles réalités avec des mots qui puissent rassurer, va pour le « réformisme radical ». Mais je n’e crois plus ce mot. Je crois à l’imminence des révolutions citoyennes. Car je pense qu’un nouvel acteur a surgi dans l’histoire. Cet acteur, c’est le peuple. C’est à dire toute cette immense partie de la population qui, pour produire à reproduire son existence matérielle, a besoin de transiter, de passer par les réseaux collectifs. C’est à dire d’accéder à des services qui ne peuvent être assumés qu’en réseaux, réseaux d’électricité, réseaux d’énergie, réseaux pour la nourriture. Là, je dis le gaz, c’est l’eau, l’électricité c’est toutes les prestations qui permettent la reproduction sociale. Et la reproduction de la vie matérielle passe par les réseaux collectifs par les quels l’accumulation capitaliste entre dans tous les domaines sans exceptions. La collectivisation des réseaux est une des premières tâches des gouvernements insoumis ou des gouvernements collectivistes parce que c’est par ce moyen qu’il y a la possibilité d’abord de rétablir la dictature du temps long sur le temps court qui aujourd’hui exerce sa dictature.
Et c’est deuxièmement, le moyen de prendre en compte un mode de gouvernement qui se construit son action par la satisfaction des besoins. La prise en compte politique des besoins nécessite la démocratie, c’est à dire la capacité pour les gens de dire ce dont ils ont besoin et de structures de base dans lesquelles ils peuvent le dire. C’est pourquoi la démocratie n’est pas, comme je l’ai entendu dire dans ma jeunesse, une sorte de concession qu’on ferait à la bourgeoisie pour ne pas lui être trop désagréable. C’est au contraire la condition même de l’accomplissement du collectivisme. Pas de collectivisme possible sans démocratie c’est à dire sans égalité du droit de chacun pour dire ce qui est bon pour tous . Les suprémacistes, eux, veulent l’inverse : ceux qui dominent décident de ce qui est bon et de ce qui ne l’est pas. Quant à nous, nous avons besoin de tout le monde pour savoir ce qui est bon et ce qui ne l’est pas.
Car la société que nous allons faire naître nécessite aussi une relecture de la manière avec laquelle tous nos besoins sont accomplis. Chez les êtres humains, tout est « artificiel ». Nous avons des besoins en tant qu’espèce, nous avons besoin de dormir, nous avons besoin de nous reproduire, nous avons besoin de nous nourrir. Mais la manière de le faire dépend de modes, de rites, de perceptions culturelles. Nous sommes des êtres socio-culturels. Dès lors, si nous voulons changer la société, nous devrons changer aussi de fond en comble nos modes de consommation. Et ceci n’est pas possible par la force. Il est nécessaire de le faire par consentement de l’ensemble de la société, donc par une élévation du niveau de conscience de la société, donc par une élévation de son niveau de savoir. Ce qui exclut que ces savoirs deviennent des marchandises. Sinon seuls y accéderaient ceux qui auraient les moyens de se les procurer.
Voilà quelles sont les tâches immenses. Repenser notre époque, repenser les raisons pour lesquelles le mode d’accumulation conduit au déferlement du racisme, de l’islamophobie, du sexisme non comme des conséquences imprévues, mais comme un plan méthodiquement appliqué pour faire continuer le pouvoir des dominants. Et deuxièmement, être capable de penser une autre forme de société où la socialisation de la vie humaine serait une réelle production collective consciente c’est-à-dire démocratique, en permettant de penser une autre façon d’accéder à la réalité.
Ce sont des tâches évidemment extraordinairement ambitieuses. J’’en suis conscient, mais je pense que c’est une des vérification de la nécessité du collectivisme. Nous avons de plus grandes chances de trouver une solution si nous y mettons tous que si nous, en abandonnant la gouvernance à quelques-uns.
ESPAGNOL
Jean-Luc Mélenchon intervino para el lanzamiento de la nueva fundación europea de izquierda de ruptura, el 10 de abril de 2026. “Para el Pueblo” está dedicada a fomentar el debate, la justicia social y el desarrollo de políticas progresistas.
¡Buenos días a todos! Al hablarles tengo la sensación de tomar un momento para respirar. Vengo de Francia, como saben, donde hay una batalla política de una violencia total, en todos los planos, sobre todos los temas. Utiliza los métodos importados por los Estados Unidos de América que estaban reservados a América Latina. A partir de ahora también se aplican a Europa. Es decir: el insulto, la judicialización, las amenazas de muerte, el racismo absolutamente desenfrenado, el control sobre todos los medios de comunicación para violentar con redoblada fuerza a todo el que piense de manera diferente.
Sin embargo, sea cual sea la violencia de la situación, es evidente que nuestra actividad no puede quedarse solo dentro de las instituciones al término de unas elecciones. Debe ser también una actividad intelectual. Para mi, no hay mejor fórmula que aquella según la cual no existe forma más elevada de felicidad para una conciencia que comprender lo que ocurre para poder encontrar su sitio en ello. ¡Necesitamos comprender lo que está pasando!
Si hay una actualidad, si hay una historia, si hay un desarrollo político, es porque entre bastidores tiene lugar otro desarrollo. Creo que todos estaremos de acuerdo para decir que vivimos dentro de un modo de producción que tiene un nombre: el capitalismo. Pero el capitalismo no es una entidad metafísica. Es una realidad histórica relacionada a un momento, a un tiempo, a unas relaciones sociales y sobre todo a unas correlación de fuerzas sociales. Pues el capital no es una cosa, no es un montón de oro ni de riquezas. El capital es un proceso social de apropiación privada de la sobreproducción del trabajo humano.
A partir de ahí, todo es político y todo procede de la necesidad de comprender lo que ocurre aquí y ahora. Hemos vivido tras el período de reconstrucción que siguió a la segunda guerra mundial. Fue un período diferente que fue enteramente administrado por los Estados Unidos de América. Se les había otorgado el privilegio de emitir moneda sin ninguna contrapartida material. A partir de 1971, el mundo fue inundado de una masa de dólares puestos en circulación para pagar las materias primas (entre otras cosas) como el petróleo. Eso le dio a los Estados Unidos de América la posibilidad de hacer lo que querían, como querían, cuando querían, y de pagar lo que querían sin tener que rendir cuentas jamás ante nadie.
Este sistema ha entrado en una fase de bloqueo. Un nuevo orden geopolítico se está construyendo. Es también, evidentemente, una nueva organización del propio orden productivo y del proceso de acumulación del capital. Hemos entrado ahora en el momento en el cual la potencia agonizante de los Estados Unidos de América se debate para mantenerse a cualquier precio, por cualquier medio, es decir esencialmente por los medios de la violencia, puesto que no dispone de ningún otro medio para construir esta nueva geopolítica.
Esta nueva geopolítica, desde el punto de vista de nuestro amo mundial los Estados Unidos, está enteramente orientada hacia la confrontación con China. Porque es el actual primer productor mundial y mecánicamente el primer lugar de intercambios. E inevitablemente, de una manera u otra, la futura primera moneda mundial.
La potencia intelectual, técnica y material de China es inalcanzable. A partir de ahí, sólo existen dos posibilidades: destruir esa dominación, o establecer un pacto de cooperación. ¿Qué pacto? Será el pacto de la nueva época. La última vez, para que se organizara un nuevo pacto, fue necesaria una guerra mundial. Y la vez anterior también fue necesaria una guerra mundial. Nuestra tarea, la de nuestra generación política, es evitar que haga falta una guerra mundial para construir el nuevo orden geopolítico. En esto debe concentrarse nuestro trabajo.
Ante todo, hay que comprender. Está claro que si el capitalismo tiene una nueva historia, sería terrible que las ideas progresistas no tuvieran también una en respuesta. En particular para todo lo que concierne a la concepción de otro modo de producción, sin conformarse con repetir fórmulas de la generación anterior. Es decir, sin recitar el mismo catecismo extraído de fórmulas hechas que, muy desgraciadamente, no se aplican en ninguna parte y nunca se han aplicado en ninguna parte.
A partir de ahí, al menos podemos considerar que nuestra tarea es reconstruir una concepción global de todo esto, y reconstruirla rápidamente. Porque si antes teníamos tiempo, tiempo electoral, tiempo de los calendarios electorales, hoy ya no tenemos tiempo, solo tenemos plazos: los de la catástrofe climática en marcha. Si no logramos invertir la situación en un plazo suficiente, entonces el cambio climático se encargará por sí solo de desorganizar el conjunto del funcionamiento del modo de producción, de las relaciones de intercambio y del modo de producción en sí mismo. Todo esto a favor de un universo del cual no se nada, porque nunca nadie lo ha visto. Solo sabemos una cosa : por un lado, destruirá mucho y, por el otro, el capitalismo se reconstruirá a su manera, para cualquier tipo de nuevo orden social de la producción. Por eso tenemos que definir mejor el colectivismo de nuestro tiempo como alternativa al capitalismo.
Por su parte, el capitalismo ha producido su propia visión del futuro. ¿Por qué? ¿Adónde va? ¿Qué quiere ahora?
Ahora ha llegado a la etapa imperiosa para él en la que querría mercantilizarlo todo. Todo se convertiría en mercancía. En el pasado, en los inicios del capitalismo, una parte de la producción participaba de la circulación mercantil y el resto de otros modos de producción e intercambio: el campesinado, la artesanía, etc. Luego, la actividad de tipo capitalista bajo el reinado de la acumulación capitalista se extendió a toda la socialización humana. Cubrió el conjunto de actividades humanas. Antes hablamos de Nancy Fraser, porque pudo mostrar cómo el feminismo comprendía que el trabajo gratuito realizado por las mujeres bajo la autoridad dominante del patriarcado era en sí mismo uno de los componentes de la acumulación del capital. Sí, estamos en esa época en la que, teniendo todo bajo su control, el capitalismo puede transformarlo todo en mercancía.
Entonces necesita instalar la ideología que permita justificar y legitimar ese orden de las cosas. Pues ninguna sociedad funciona si no ha legitimado ideológicamente sus fundamentos para garantizar las tareas de la reproducción social cotidiana. A partir de ahí se puede comprender por qué tienen lo que nosotros llamamos «el fascismo». No es solamente una mala idea moralmente, no es solamente algo que pretende abatirnos. Es un sistema que pretende organizar una comprensión del mundo enteramente construida sobre la idea de que unos deben dominar a los otros. Es el supremacismo.
El racismo es un supremacismo. Un color de piel se impone sobre los demás. La islamofobia es un supremacismo. Una forma de religión debe imponerse sobre todas las demás. El sexismo es un supremacismo. La negación de los derechos de la naturaleza y de los derechos de los seres humanos en tanto que especie animal es un supremacismo. Es la idea de que los seres humanos tienen la vocación de dominar la naturaleza. No de estar en armonía con ella, es decir, organizarse en ciclos compatibles con ella, sino en una relación de dominación.
La lucha que llevamos en los dos planos, el de las relaciones de fuerza sociales y el de la construcción ideológica de una alternativa, es la misma. Pasa por el combate intelectual, la lucha a muerte contra el supremacismo. Es la razón por la cual ningún compromiso de ningún tipo es posible con él, el supremacismo. Y no sólo porque nosotros no lo queramos, sino porque el propio adversario no nos lo propone. Propone nuestra exterminación política. Y la comienza hoy mismo. No sólo controlando todos los aparatos de reproducción ideológica: la prensa, los medios, los libros escolares, en resumen, el contenido de todo lo que se enseña. Sino también, por encima de todo, se ha apropiado el propio saber de manera mercantil.
Por primera vez, vemos la fórmula inventada por ese pensador que produjo el concepto de biosfera. Era un químico soviético, un Premio Nobel mundial de química, e inventó otro concepto: el de NOOSFERA, el conjunto del saber humano. En los años 1930, era algo completamente disperso. Hoy, todo ha sido reunido en la red digital. Existe una verdadera noosfera digital. De modo que se establece por primera vez en la historia de la humanidad la posibilidad de que la totalidad del saber esté entre las manos de un número limitado de personas. Y para poder acceder a este saber, les venderán el acceso. Ese es el análisis de Cédric Durand que escucharon hace un momento, nos permite entender bien este nuevo modo de organización del capitalismo. Su tesis no es ni más ni menos anticapitalista. Pretende describir el orden de organización de la acumulación en el mundo tal como es hoy.
El capitalismo está en crisis de productividad. Ya no sabe cómo desarrollarla. El capitalismo necesita crear constantemente nuevos espacios de acumulación. Quiero decir que las antiguas preocupaciones de Rosa Luxemburgo sobre los límites de la acumulación se vuelven a encontrar hoy, después de que el capitalismo lo haya intentado todo para abrir nuevos espacios y formas de acumulación. Este espacio ampliado, el capitalismo lo ha creado gracias a la deuda, por ejemplo, que es la apropiación de un futuro antes de que este exista. Ahora está apareciendo la transacción sobre el acceso al saber mediante derechos de paso. Para hacer cualquier cosa, hay que pagar un derecho de paso y para poder entrar en la circulación de la mercancía el Taller es Mundial. Para pasar de un compartimento a otro del taller, hay que estar incluido dentro de la globalización digital y por tanto de los intercambios que en ella se desarrollan. El adversario ha cambiado de rostro, ha cambiado de método, ha cambiado de ideología.
En este marco, el supremacismo no es simplemente la reproducción de una combinación particular del fascismo como negación de la lucha de clases, del nazismo como afirmación racista de una superioridad. Es un combinado que asume todas las formas de dominación, no para apagarlas, ralentizarlas, transformarlas en compromiso, sino para resaltarlas y permitirles llegar hasta el final de ellas mismas, hasta el final.
El capitalismo no puede seguir con esa lógica, incluida la de la IA, donde por un lado habrían progresos técnicos, una aceleración extraordinaria de las capacidades de producir y al mismo tiempo una reducción constante de la base del consumo, porque los salarios no están ahí, porque se supone que el trabajo gratuito debe reemplazar todas las otras actividades que conducen a la reproducción de la existencia humana. Necesita imperativamente vencer ese obstáculo. He ahí la fase en la que estamos.
Necesitábamos esta Fundación «Para el pueblo». Nosotros los insumisos otorgamos una importancia central a la cuestión de la producción de ideas y de alternativas programáticas. Por ejemplo, la cuestión de la planificación ecológica. Para nosotros, la planificación ecológica se ha construido a partir de una palabra que sirve de provocación. La palabra planificación, que provoca el efecto de un trapo rojo sobre nuestros adversarios. Se ponen inmediatamente a gritar que queremos recrear la Unión Soviética. Eso nos viene bien (no solo recrear la Unión Soviética, en eso no pensamos). Lo que nos viene bien es que lancen gritos contra nosotros. Eso crea el debate público. Podríamos haber tomado un vocabulario mucho más convencional, podríamos haber dicho, como dicen los tecnócratas, la «gestión previsional». Pero hemos elegido llamarlo «planificación». Pero hay otra trampa dentro de esa trampa. Al tratarnos de soviéticos, entre otras cosas, nuestros adversarios no ven extenderse todo lo que porta esa idea. La planificación tiene un contenido económico y social extraordinariamente denso. Es la nacionalización del tiempo. El capitalismo es el reino del tiempo corto, de la acumulación acelerada del ciclo «dinero, mercancía, dinero». El ciclo del capital debe acelerarse constantemente, acelerarse sin cesar para asegurar la acumulación. La planificación significa pues el restablecimiento de los derechos del tiempo largo. El tiempo largo es el único que nos permite hacer corresponder la producción, la reproducción de la especie y la vida en armonía, no en el sentido poético, sino en el sentido muy exactamente cíclico, con lo que se conviene en llamar la naturaleza, suponiendo que la naturaleza y el ser humano sean dos cosas diferentes. En esto estamos sumergidos. Evidentemente es la sustitución de un orden por otro.
Fui militante de un Partido Socialista como saben, lo que hacía de mí, en el mejor de los casos, un reformista, radical. Si se trata solamente de envolver las nuevas realidades con palabras que puedan tranquilizar, de acuerdo con el «reformismo radical». Pero ya no creo en esa palabra. Creo en la inminencia de las revoluciones ciudadanas. Pues creo que un nuevo actor ha surgido en la historia. Ese actor es el pueblo. Es decir toda esa inmensa parte de la población que, para producir y reproducir su existencia material, necesita transitar, pasar por las redes colectivas. Es decir acceder a servicios que solo pueden ser asumidos en redes: redes eléctricas, redes de energía, redes para la alimentación. Ahí digo el gas, el agua, la electricidad, todas las prestaciones que permiten la reproducción social. Y la reproducción de la vida material pasa por las redes colectivas por las que la acumulación capitalista penetra en todos los ámbitos sin excepción. La colectivización de las redes es una de las primeras tareas de los gobiernos insumisos o de los gobiernos colectivistas porque por ese medio existe la posibilidad de restablecer en primer lugar la dictadura del tiempo largo sobre el tiempo corto que hoy ejerce su dictadura.
Y es en segundo lugar el medio de tener en cuenta un modo de gobierno que construye su acción a través de la satisfacción de las necesidades. La consideración política de las necesidades requiere la democracia, es decir la capacidad de la gente para decir lo que necesita y de estructuras de base en las que puedan decirlo. Por eso la democracia no es, como lo escuché decir en mi juventud, una especie de concesión que se haría a la burguesía para no resultarle demasiado desagradable. Es al contrario la condición misma del cumplimiento del colectivismo. No hay colectivismo posible sin democracia, es decir sin igualdad del derecho de cada uno a decir lo que es bueno para todos. Los supremacistas, ellos, quieren lo contrario: los que dominan deciden lo que es bueno y lo que no lo es. En cuanto a nosotros, necesitamos a todo el mundo para saber lo que es bueno y lo que no lo es.
Porque la sociedad que vamos a hacer nacer necesita también una relectura de la manera en que todas nuestras necesidades son satisfechas. En los seres humanos, todo es «artificial». Tenemos necesidades como especie : necesitamos dormir, necesitamos reproducirnos, necesitamos alimentarnos. Pero la manera de hacerlo depende de modas, de ritos, de percepciones culturales. Somos seres socioculturales. A partir de ahí, si queremos cambiar la sociedad, tendremos que cambiar completamente nuestros modos de consumo. Y esto no es posible por la fuerza. Es necesario hacerlo por consentimiento del conjunto de la sociedad, por tanto por una elevación del nivel de conciencia de la sociedad, por tanto por una elevación de su nivel de saber. Lo que excluye que esos saberes se conviertan en mercancías. De lo contrario, solo accederían a ellos quienes tuvieran los medios para procurárselos.
He ahí cuáles son las tareas inmensas. Repensar nuestra época, repensar las razones por las que el modo de acumulación conduce a la oleada del racismo, de la islamofobia, del sexismo, no como consecuencias imprevistas, sino como un plan metódicamente aplicado para mantener el poder de los dominantes. Y en segundo lugar, ser capaces de pensar otra forma de sociedad donde la socialización de la vida humana sea una real producción colectiva consciente, es decir democrática, permitiendo pensar otra manera de acceder a la realidad.
Son tareas evidentemente extraordinariamente ambiciosas. Soy consciente de ello, pero creo que es una de las verificaciones de la necesidad del colectivismo. Tenemos más posibilidades de encontrar una solución si la buscamos entre todos que si, abandonando la gobernanza a unos pocos, la dejamos en manos de algunos.
ANGLAIS
Jean-Luc Mélenchon spoke at the launch of the new European foundation of the radical left on April 10, 2026. “For the People” is dedicated to fostering debate, social justice, and the development of progressive policies.
Good morning everyone! As I speak to you, I have the feeling of taking a moment to breathe. I come from France, as you know, where there is a political battle of total violence, on every level, on every issue. It uses methods imported from the United States of America that were previously reserved for Latin America. From now on, they are also being applied in Europe. That is to say: insults, judicialization, death threats, absolutely unrestrained racism, control over all media in order to violently attack, with redoubled force, anyone who thinks differently.
However, whatever the violence of the situation, it is clear that our activity cannot remain only within institutions at the end of an election. It must also be an intellectual activity. For me, there is no better formula than the one according to which there is no higher form of happiness for a consciousness than to understand what is happening in order to find its place within it. We need to understand what is happening!
If there is a present moment, if there is a history, if there is political development, it is because behind the scenes another development is taking place. I believe we can all agree that we live within a mode of production that has a name: capitalism. But capitalism is not a metaphysical entity. It is a historical reality linked to a moment, a time, to social relations, and above all to a correlation of social forces. Capital is not a thing, not a pile of gold or wealth. Capital is a social process of private appropriation of the surplus produced by human labor.
From that point on, everything is political and everything stems from the need to understand what is happening here and now. We lived through the period of reconstruction that followed the Second World War. It was a different period, entirely managed by the United States of America. They had been granted the privilege of issuing currency without any material counterpart. From 1971 onward, the world was flooded with a mass of dollars put into circulation to pay for raw materials (among other things), such as oil. This gave the United States of America the possibility to do whatever it wanted, however it wanted, whenever it wanted, and to pay whatever it wanted without ever having to answer to anyone.
This system has entered a phase of blockage. A new geopolitical order is being built. It is also, evidently, a new organization of the productive order itself and of the process of capital accumulation. We have now entered a moment in which the declining power of the United States of America is struggling to maintain itself at any cost, by any means—essentially through violence—since it has no other means to construct this new geopolitics.
This new geopolitics, from the point of view of our global master, the United States, is entirely oriented toward confrontation with China. Because China is now the world’s leading producer and, mechanically, the primary hub of exchanges. And inevitably, in one way or another, the future leading global currency.
China’s intellectual, technical, and material power is unmatched. From that point on, only two possibilities exist: to destroy that dominance, or to establish a pact of cooperation. What kind of pact? It will be the pact of the new era. The last time a new pact had to be organized, a world war was necessary. And the time before that, too, required a world war. Our task, the task of our political generation, is to prevent the need for a world war to build the new geopolitical order. This is where our work must be focused.
First and foremost, we must understand. It is clear that if capitalism has a new history, it would be terrible if progressive ideas did not also develop one in response. In particular with regard to the conception of another mode of production, without simply repeating formulas from the previous generation. That is to say, without reciting the same catechism drawn from ready-made formulas that, unfortunately, are applied nowhere and have never been applied anywhere.
From that point on, we can at least consider that our task is to reconstruct a global conception of all this—and to reconstruct it quickly. Because whereas before we had time—electoral time, the time of electoral calendars—today we no longer have time, we only have deadlines: those of the ongoing climate catastrophe. If we fail to reverse the situation within a sufficient timeframe, then climate change will by itself disrupt the entire functioning of the mode of production, of exchange relations, and of the mode of production itself. All this in favor of a universe about which I know nothing, because no one has ever seen it. We know only one thing: on the one hand, it will destroy a great deal, and on the other, capitalism will rebuild itself in its own way, for any kind of new social order of production. That is why we must better define the collectivism of our time as an alternative to capitalism.
For its part, capitalism has produced its own vision of the future. Why? Where is it going? What does it want now?
It has now reached a stage where it imperatively seeks to commodify everything. Everything would become a commodity. In the past, at the beginning of capitalism, part of production took part in commodity circulation and the rest belonged to other modes of production and exchange: the peasantry, craftsmanship, etc. Then, capitalist-type activity, under the rule of capital accumulation, spread to all of human socialization. It covered all human activities. Earlier we spoke of Nancy Fraser, because she was able to show how feminism understood that unpaid labor carried out by women under the dominant authority of patriarchy was itself one of the components of capital accumulation. Yes, we are in that era in which, having everything under its control, capitalism can turn everything into a commodity.
It therefore needs to establish the ideology that allows this order of things to be justified and legitimized. No society functions without having ideologically legitimized its foundations in order to guarantee the tasks of daily social reproduction. From that point on, one can understand why they have what we call “fascism.” It is not only a morally bad idea, not only something that seeks to crush us. It is a system that aims to organize an understanding of the world entirely built on the idea that some must dominate others. It is supremacism.
Racism is a form of supremacism. One skin color is imposed over others. Islamophobia is a form of supremacism. One form of religion must be imposed over all others. Sexism is a form of supremacism. The denial of the rights of nature and of the rights of human beings as an animal species is a form of supremacism. It is the idea that human beings are destined to dominate nature—not to be in harmony with it, that is, to organize themselves in cycles compatible with it, but in a relationship of domination.
The struggle we are waging on both fronts—the balance of social forces and the ideological construction of an alternative—is the same. It passes through intellectual combat, a life-and-death struggle against supremacism. This is why no compromise of any kind is possible with it. And not only because we do not want it, but because the adversary itself does not propose it. It proposes our political extermination. And it begins today. Not only by controlling all the apparatuses of ideological reproduction—the press, the media, school textbooks, in short, the content of everything that is taught—but also, above all, by appropriating knowledge itself in a commodified way.
For the first time, we see the formula invented by the thinker who developed the concept of the biosphere. He was a Soviet chemist, a Nobel Prize winner in chemistry, and he invented another concept: the noosphere, the totality of human knowledge. In the 1930s, it was something completely dispersed. Today, everything has been brought together in the digital network. There is a true digital noosphere. Thus, for the first time in human history, the possibility exists that the entirety of knowledge is in the hands of a limited number of people. And to access this knowledge, they will sell access to it. This is the analysis of Cédric Durand that you heard earlier, which allows us to understand this new mode of organization of capitalism. His thesis is no more and no less anti-capitalist. It seeks to describe the organization of accumulation in the world as it exists today.
Capitalism is in a productivity crisis. It no longer knows how to develop it. Capitalism constantly needs to create new spaces for accumulation. I mean that Rosa Luxemburg’s earlier concerns about the limits of accumulation are reappearing today, after capitalism has tried everything to open new spaces and forms of accumulation. This expanded space, capitalism created it through debt, for example, which is the appropriation of a future before it exists. Now there is emerging the transaction of access to knowledge through toll-like rights. To do anything, one must pay a right of passage, and to enter the circulation of commodities, the workshop is global. To move from one compartment of the workshop to another, one must be included within digital globalization and therefore within the exchanges that develop within it. The adversary has changed its face, its methods, and its ideology.
Within this framework, supremacism is not simply the reproduction of a particular combination of fascism as the denial of class struggle, and Nazism as the racist affirmation of superiority. It is a combination that embraces all forms of domination—not to dampen them, slow them down, or transform them into compromise, but to intensify them and allow them to reach their full extent, to the very end.
Capitalism cannot continue along this logic, including with artificial intelligence, where on the one hand there would be technical progress, an extraordinary acceleration of productive capacities, and at the same time a constant reduction of the consumption base, because wages are not there, because unpaid labor is supposed to replace all other activities that lead to the reproduction of human existence. It must imperatively overcome this obstacle. That is the phase we are in.
We needed this “For the People” Foundation. We, the insubordinate movement, give central importance to the question of producing ideas and programmatic alternatives. For example, the question of ecological planning. For us, ecological planning has been built around a word that serves as provocation. The word “planning,” which acts like a red rag to our adversaries. They immediately start shouting that we want to recreate the Soviet Union. That suits us well (not recreating the Soviet Union—that is not what we have in mind). What suits us is that they shout against us. That creates public debate. We could have used much more conventional vocabulary; we could have said, as technocrats do, “forward-looking management.” But we chose to call it “planning.” There is another trap within that trap. By calling us Soviets, among other things, our adversaries fail to see everything that this idea carries. Planning has an extraordinarily dense economic and social content. It is the nationalization of time. Capitalism is the realm of short-term time, of accelerated accumulation of the cycle “money, commodity, money.” The cycle of capital must constantly accelerate to ensure accumulation. Planning therefore means restoring the rights of long-term time. Long-term time is the only one that allows us to align production, the reproduction of the species, and life in harmony—not in a poetic sense, but in a strictly cyclical sense—with what is called nature, assuming that nature and human beings are two different things. This is what we are immersed in. It is, of course, the substitution of one order for another.
I was a member of a Socialist Party, as you know, which made me, at best, a reformist—albeit a radical one. If it is merely a matter of wrapping new realities in words that can reassure, that would be “radical reformism.” But I no longer believe in that word. I believe in the imminence of citizens’ revolutions. Because I believe a new actor has emerged in history. That actor is the people. That is to say, that immense part of the population which, in order to produce and reproduce its material existence, needs to pass through collective networks. That is, to access services that can only be organized through networks: electricity networks, energy networks, food distribution networks. Here I mean gas, water, electricity—all the services that allow social reproduction. The reproduction of material life passes through collective networks through which capital accumulation penetrates all spheres without exception. The collectivization of networks is one of the first tasks of insubordinate governments or collectivist governments, because through this means it becomes possible, first of all, to restore the dominance of long-term time over the short-term time that currently imposes its dictatorship.
Secondly, it is a way of taking into account a mode of governance that builds its action through the satisfaction of needs. The political consideration of needs requires democracy—that is, people’s ability to say what they need and the existence of grassroots structures in which they can express it. This is why democracy is not, as I heard in my youth, a kind of concession made to the bourgeoisie so as not to offend it too much. On the contrary, it is the very condition for the fulfillment of collectivism. There can be no collectivism without democracy—that is, without equality in each person’s right to say what is good for all. Supremacists want the opposite: those who dominate decide what is good and what is not. As for us, we need everyone in order to know what is good and what is not.
Because the society we are going to bring into being also requires a rethinking of how all our needs are satisfied. In human beings, everything is “artificial.” We have needs as a species: we need to sleep, to reproduce, to eat. But the way we do so depends on customs, rituals, and cultural perceptions. We are socio-cultural beings. From that point on, if we want to change society, we will have to completely change our modes of consumption. And this cannot be done by force. It must be done with the consent of society as a whole, therefore through a rise in the level of collective awareness, and thus through a rise in the level of knowledge. Which excludes turning that knowledge into commodities. Otherwise, only those with the means would have access to it.
These are the immense tasks before us: to rethink our era, to rethink the reasons why the mode of accumulation leads to waves of racism, Islamophobia, and sexism—not as unforeseen consequences, but as a methodically applied plan to maintain the power of the dominant classes. And secondly, to be capable of thinking of another form of society in which the socialization of human life is a truly conscious collective production—that is, democratic—making it possible to think of another way of relating to reality.
These are obviously extraordinarily ambitious tasks. I am aware of that. But I believe it is one of the confirmations of the necessity of collectivism. We have a better chance of finding a solution if we search for it together than if, by abandoning governance to a few, we leave it in the hands of a small number. »
Publié le 10.04.2026 à 19:56
La France insoumise face au capitalisme – Entretien avec Frédéric Lordon
Publié le 10.04.2026 à 09:44
Même la barbouzerie demande du professionnalisme
Même la barbouzerie demande du professionnalisme. C’est pourquoi il faut remercier l’amateurisme du cabinet du ministre de la Justice dont le porte-parole a téléphoné de tous côtés pour commenter le déroulement de la garde à vue de Rima Hassan. « Le Canard enchaîné » l’a entendu ! Peut-être le conseiller bavard en lisait-il le déroulement grâce à un code d’accès sur le matériel de ceux qui sur place en relevaient le contenu. Je dis sans doute. Car je n’ai pas pu le voir moi-même, quoique j’habite le quartier du commissariat où Rima Hassan a été détenue. Mais j’ai été très sensible au message sicilien que cette proximité m’adressait peut-être. J’ai dit : peut-être. Tout avait été calculé aux petits oignons par monsieur Nuñez et ses potes au ministère de la Justice. Peut-être, aussi. Patatras ! L’ivresse de l’action, le flot de l’adrénaline et hop, le dérapage ! On aurait trouvé de la drogue dans le sac de Rima ! De la drogue ! Rima Hassan « pro terroriste et camée » comme dit le subtil David Lisnard pour l’insulter sans vergogne, tout président de l’Association des maires de France qu’il est censé être encore. « Des maires » peut-être, mais pas de tous puisqu’il n’a pas eu le temps ni le réflexe de prendre contact avec ses collègues de la Seine-Saint-Denis grossièrement insultés par l’officialité médiatique. Mais revenons au sujet. Bien sûr, il n’y avait pas de drogue ni rien qui y ressemble dans le sac de Rima. Seulement un produit légal à usage médical dont Rima a aussitôt donné la facture et la carte de visite du lieu d’achat. Mais d’ailleurs imagine-t-on sérieusement qu’une personne se droguant viendrait au commissariat avec ses produits le jour d’une garde à vue ? Donc pas de drogue. Mais grâce à la fuite organisée au ministère et au circuit barbouzard de diffusion de « l’information » ce fut un déchaînement. Tous les rigolos de la presse audiovisuelle et leurs compères abrutis de haine anti-insoumise dans la presse écrite régionale se sont lâchés. Habitués à recopier les infos données par la police moyennant on ne sait quoi, ils n’ont rien vérifié, rien discuté. Bilan pour tous ces pieds nickelés : l’Arcom est saisie et les plaintes pleuvent sur les auteurs des articles diffamatoires. Il fallait en voir plus d’un se tortiller sur les plateaux de télé pour diminuer leur responsabilité et combien de chaînes de télé continuer d’afficher des bandeaux ambigus pour créer de la confusion. Quant au barbouze du ministère, c’est une première : l’inspection générale lui tombe dessus. Sans précèdent : une enquête pour un viol du secret de l’instruction. Nous savons à quel point c’est incroyable vu comment ont été traitées plus d’une d’entre nous dans des conditions identiques. La justice n’a jamais ni poursuivi une seule personne responsable de ce délit ni puni une seule fuite. Personnellement, je suis convaincu que personne ne le sera, comme d’habitude. Ce sera parfait car le ridicule dans toute cette affaire est promis à se montrer bientôt encore plus crûment.
Je mets à la suite de ce post le relevé des « affaires » déclenchées contre Rima Hassan. Et les non-lieux qui vont avec. Treize sur seize ! Et quoique le déclenchement vienne des mêmes personnes, jamais une sanction pour abus de recours comme d’autres parmi nous en ont connu. On va voir la suite. Ni la justice ni la police ne sont acquises de la cave au grenier aux manipulateurs de tout ce harcèlement. Rappelons-le : les informations sur les manquements dans l’affaire de Lyon sont venues de la police elle-même. Les non-lieux rendus à propos des mises en cause de Rima Hassan sont des décisions de justice prises par des juges. Il ne faut pas désespérer de notre pays. Mais plus vite viendra la libération, mieux ce sera. Rendez-vous en 2027.
L’affaire « barbouze contre Rima Hassan » ne fait que commencer. On peut promettre ici d’autres épisodes savoureux.
Et nous n’oublions pas l’affaire de Lyon où police, justice et médias se sont bien tenus par la barbichette pour produire un récit sans rapport avec les faits. Ils ont manqué à tous leurs devoirs en laissant faire le jour de la rixe à laquelle participait Quentin Deranque et dont il est mort. Tout cela pour pouvoir coller à Rima une responsabilité dont les barbouzes savaient de façon documentée qu’elle était innocente. Et cela alors que le même ministère et celui de l’Intérieur connaissaient minute par minute la situation. Et même la photographiait. Et n’ont pas apporté assistance à personne en danger. Vous allez voir, chers lecteurs, comme la suite va être intéressante dans ce domaine aussi !
Encore une histoire de pieds nickelés macronistes. « Non à la loi Yadan » ! Une pétition utile
En effet et pour ne citer que cela, il faut dire combien, au lendemain du vote de la loi raciste de la Knesset (Chambre parlementaire en Israël) sur la peine de mort réservée aux Palestiniens, nombre de parlementaires commencent à prendre la mesure de ce que représente moralement et politiquement le « soutien inconditionnel » que la loi Yadan rendrait obligatoire. Beaucoup ont déjà regretté publiquement même leur conduite passée sur le sujet et reconnu le génocide. On a vu récemment de hauts décideurs socialistes dénoncer le génocide et les autres crimes de guerre de l’armée de Netanyahu comme un tout. C’est le cas d’Olivier Faure pour ne citer que la figure du repenti la plus spectaculaire. Je crois que cette fois-ci beaucoup vont encore changer de camp. Certes leur sincérité est voisine de zéro et leur opportunisme au top niveau. Peu importe. Ce qui compte, c’est le résultat. C’est-à-dire l’isolement croissant du gouvernement Netanyahu devenu désormais quasi absolu en France. Par exemple, le groupe socialiste a retourné sa veste et décidé de ne pas voter la loi. Cela même si Guedj, Hollande et Grégoire étaient ses premiers signataires et le restent. En tous cas le texte de la pétition expose avec une grande clarté les raisons rationnelles de la signer.
« Ce projet de loi, porté par Caroline Yadan, prétend lutter contre de nouvelles formes d’antisémitisme.
Cependant, lorsque l’on lit l’exposé des motifs, on remarque un amalgame entre l’antisémitisme et la critique d’Israël (antisionisme). On peut lire par exemple : « Cette haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs. L’appel à la destruction de cet État, parce qu’il forme un collectif de citoyens juifs, est une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble. »
Cet amalgame opéré par Caroline Yadan n’est pas innocent. En effet, en 2025, un tribunal correctionnel a relaxé une personne accusée d’antisémitisme pour avoir soutenu la cause palestinienne. Ce même tribunal a énoncé : “La référence à Israël ou au sionisme, défini comme un mouvement politique et religieux visant à l’établissement puis à la consolidation d’un État juif en Palestine, ne peut, à elle seule, être interprétée comme visant la communauté juive dans son ensemble”.
On peut donc craindre que ce projet de loi ne cherche à contrer ces relaxes et à obliger les juges à opérer cet amalgame entre antisémitisme et antisionisme afin de faire taire toute critique contre Israël.
Cet amalgame est scandaleux pour trois raisons :
– Il représente un réel danger pour la liberté d’expression, en muselant tout soutien à la cause palestinienne. Si ce projet de loi devait être voté, des slogans pacifistes comme « l’égalité et la liberté pour tous de la mer au Jourdain » pourraient faire l’objet de condamnations judiciaires. Le travail des journalistes et des chercheurs.e.s pourrait également s’en retrouver censuré.
– Il appuie indirectement la colonisation de la Palestine par Israël, illégale au regard du droit international.
– Il dessert la lutte contre l’antisémitisme en assimilant les Juives et les Juifs à la politique de Benjamin Netanyahou alors que nombre d’entre elleux critiquent ouvertement (et à juste titre) cette politique mortifère.
Oui, il faut lutter contre l’antisémitisme de toutes nos forces, comme contre toutes les autres discriminations. Mais pas en muselant la liberté d’expression ni en assimilant la communauté juive à la politique de Benjamin Netanyahou.