Publié le 14.01.2026 à 17:51
« Vous avez raison d’avoir peur ! »
Publié le 09.01.2026 à 21:43
Allocution des vœux 2026 à Villeurbanne avec Gabriel Amard
Publié le 08.01.2026 à 21:24
Face à l’impérialisme trumpiste : ne rien céder
Publié le 07.01.2026 à 13:40
Publié le 06.01.2026 à 21:53
STOP THE TRUMP ! – Conférence sur le moment politique
Publié le 14.01.2026 à 17:51
« Vous avez raison d’avoir peur ! »
Les informations qui parviennent d’Iran montrent un massacre organisé des opposants au régime théocratique. La preuve se renouvelle, montrant comment tout pouvoir religieux ou ethnique sur un État et une société finit inéluctablement dans la violence. Encore une fois, des élections libres, avec liberté de candidature, sont la solution. Sinon la tentative d’imposer de force la dynastie du Shah chassée en 1979 provoquera de nouvelles violences. Nombre de parlementaires insoumis parrainent des condamnés à mort iraniens dans le cadre d’une campagne internationale de soutien depuis des mois car le point de départ du moment présent est une mobilisation populaire profonde qui a éclaté d’abord sur ses mots d’ordre sociaux. Son enracinement est venu de là, en dépit des ingérences grossières de Netanyahu et de Trump qui ont facilité le travail de répression par leur intrusion dans la situation en donnant l’impression que les opposants en action sont leurs agents. Pour ne rien dire des médias français qui ont tous la mémoire courte et oublient leurs cris de joie à l’avènement de l’ayatollah Khomeini en 1979. Les esprits curieux sur ce point iront lire les écrits dans « Libération » de Serge July et des éditorialistes de cette époque… Mais les Iraniens n’ont pas l’intention de se faire libérer par de tels personnages comme Trump et Netanyahu qui révulsent toute l’humanité. Ni de se faire imposer le nouveau prétendant Shah… La révolution en cours est bien une révolution citoyenne. Elle est parvenue à son point culminant. Le pouvoir en place est sur la bascule. Sa défaite peut provoquer une vague libératrice dans toutes les directions. C’est notre espérance.
Mathilde Panot a fait un discours extraordinaire de clarté et de force résumant les raisons de notre proposition de censure ce 14 janvier. « Vous avez raison d’avoir peur », a-t-elle lancé au Premier ministre. Accord UE-Mercosur et Venezuela sont le cœur de notre motivation. Car ce sont deux évènements qui vont structurer les échanges internationaux de notre pays pendant de longues années. Deux circonstances où le pouvoir macroniste s’est montré tellement en dessous de la main qu’il fait honte aux Français. Il aura mis le pays dans une situation désastreuse aussi pour longtemps, sauf si nous redressons le cadre en 2027. Le groupe parlementaire LFI restera dans l’histoire des sessions parlementaires sous Macron comme celui qui aura assumé son rôle et son mandat sans faille et sans pause face à une suite de gouvernements illégitimes niant le résultat électoral de 2024. Le jour même où ceux qui avaient voté à l’unanimité contre l’accord UE-Mercosur s’apprêtaient à trahir leur propre engagement sur le sujet, Mathilde Panot fut donc la voix qui maintenait l’engagement contre ce traité, que sa niche parlementaire avait porté.
« Monsieur le Premier ministre, votre capitulation leur coûte cher, et la France risque d’en payer le prix.
Vous menacez de mort l’agriculture familiale française en laissant entrer en Europe pas moins de 180 000 tonnes de volaille, 99 000 tonnes de bœuf, 45 000 tonnes de miel et même 35 000 tonnes de fromage. Vous abandonnez toutes les exigences agricoles, écologiques et sanitaires. Vous renoncez à la souveraineté alimentaire du pays pour importer ce que nous savons déjà produire sans gavage systématique aux hormones de croissance, sans gigantesques fermes-usines et sans cocktail toxique à base de pesticides bannis de l’Union Européenne pour leurs effets cancérigènes. Le peuple vous regarde, et personne n’a envie de vous accompagner dans votre chute. Il faut que vous partiez. »
La veille déjà, Claire Lejeune, à la tribune de l’Assemblée nationale, parlant au nom des insoumis, avait brillamment décrit en quelques mots ce tableau de la situation à la tête de l’État dans notre pays.
« Dans une fin de règne, plus rien ne tient, tout se mélange, plus aucune parole ne vaut, plus rien n’est à sa place. (…)
-Nous avons un Premier ministre qui menace d’une dissolution qu’il ne lui appartient pas de prononcer,
-Nous avons des députés élus pour s’opposer qui ne s’opposent plus à rien et avalent des couleuvres du soir au matin
-Nous avons des députés dont les partis sont au gouvernement qui n’en soutiennent pas le budget ou ont piscine quand il s’agit de siéger-Et nos débats budgétaires sont court-circuités par des discussions de salon à Bercy et divers dîners où, paraît-il, les choses se décideraient.
-Et le comble tout de même : le 49.3 auquel le Premier ministre s’est engagé, solennellement et fermement, à renoncer, sera finalement utilisé… à la demande de ceux-là mêmes qui avaient âprement négocié qu’il ne soit pas employé. En somme, toutes vos déclarations sont des tentatives de donner de la solidité à du vent. »
Peu d’heures auparavant nous avions été témoins d’une pantalonnade de première grandeur en entendant les menaces de dissolution de l’Assemblée par le Premier ministre. Un mouvement de menton vite prolongé par une piteuse reculade de petit garçon. Cet épisode souligne la confusion qui règne dans le moment. La séparation des pouvoirs, le respect des attributions de chacun, tout semble avoir volé en éclats. La confusion des esprits est au point où nombre dans le groupe gouvernemental semblent ne plus même maîtriser la compréhension de ce qui se passe à propos du budget et des négociations secrètes avec le PS, la droite et je ne sais qui encore qui aurait une cuillère dans le pot.
François Hollande peut exulter. Le refus du PS de voter la motion de censure déposée par LFI (après une tentative pour faire un dépôt commun) finit de souligner le changement d’alliance du parti mené sous sa conduite. Car ce dernier en a repris le contrôle politique progressivement depuis la rupture avec LFI en passant par les refus successifs de voter la censure (c’est la neuvième fois, je crois), le soutien à l’accord de Bougival (au sujet de la Calédonie-Kanaky) et ainsi de suite. Car il y a des décisions de toutes tailles qui ont émaillé ce chemin. Il a suivi sa méthode de toujours : injecter le poison par petites doses continues, diviser ses concurrents et attendre la chute de son devancier. Avec l’effondrement de Glucksmann, il tient son créneau pour passer le fossé qui le séparait du cœur de l’écosystème « centre-gauche » entre « Ruffin et Glucksmann » comme dit la motion unanime du PS sur l’organisation de la présidentielle au PS. Souvenir ! Souvenir ! En 2011, il avait agi avec tactique pour enfermer Jospin dans sa cage. Puis à l’écroulement de Strauss-Kahn il avait surgi à temps pour ramener au centre gauche un Parti socialiste tenté d’investir Martine Aubry, « la dame des trente cinq heures », à qui Jean Gandois président du MEDEF, avait « déclaré la guerre » sur le perron de Matignon. Ces deux-là se haïssaient comme tous les socialistes entre eux. Pour lire un bilan bien saignant de Hollande, il faut lire la tribune de Cohn Bendit et elle contre lui. C’est aussi utile que de lire les discours au lance-flammes de Danielle Simonnet, aujourd’hui candidate de la liste des sortants parisiens sur les budgets passés d’Anne Hidalgo et de son premier adjoint Grégoire… Ce week-end, François Hollande a officialisé sa proposition de créer un nouveau parti de centre gauche, même sous forme fédérale. C’est l’arrêt de mort de la primaire. Si elle a lieu, la fédération se constituera instantanément et la scission sera faite. Bien sûr, Olivier Faure cèdera avant. Car il est incapable de résister à quoi que ce soit venant de sa droite. Et alors la fédération se créera quand même. À cette heure, par cette simple déclaration, Hollande a gagné. Pour Hollande, il faut écarter l’étiquette devenue mortifère depuis la cascade de reniements que ce mot incarne des deux côtés de l’hémicycle. L’espace qu’il vise est là, bien clair : tout le « centre-gauche » capable d’une « grande coalition » sous son autorité. Revenu à l’Assemblée sous l’étiquette NFP, il a habilement laissé porter à l’inconsistant Faure et Guedj le sale boulot de la rupture avec LFI dans toutes les élections sous le slogan « pas de LFI ni au premier ni au second tour ». Cet épisode a permis au PS de s’installer dans l’espace de « l’arc républicain » de Attal à Retailleau et LR qui eux-mêmes y intègrent le RN. Les anciens collaborateurs de François Hollande que sont Boris Vallaud, ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée aux côtés de Macron et Olivier Faure ancien secrétaire général du groupe parlementaire PS, sont retournés à leur place subalterne qu’ils n’ont jamais su dépasser. Ils ont rendu à nos adversaires l’immense service de participer à l’opération de diabolisation de LFI, dont le seul résultat est d’avoir libéré les forces les plus obscures qui nous pourchassent désormais sous leur protection. L’officialité de notre pays et sa classe médiatique y ont puissamment contribué.
À présent une vague raciste inouïe peut donc s’étaler sur le pays. Elle vise désormais aussi les nouveaux nés. L’exemple de Zaïd le montre. Mais autant pour toute la population racisée. Dans son discours, Mathilde Panot a pointé la responsabilité du gouvernement. « En une année, Aboubacar Cissé, Hichem Miraoui et Djamel Bendjaballah ont été assassinés par l’extrême droite. Mais vous voilà à crier à bas le voile, à vous taire face à des défilés de néo-nazis ou face à une chasse aux personnes noires dans la Creuse. La France de Macron, c’est la chaine du milliardaire d’extrême droite CNEWS qui emploie 30 000 fois le mot islam entre 2020 et 2024, soit 21 fois par jour, et qui dicte ses obsessions au reste de la sphère médiatique et pourrit l’atmosphère politique du pays ! La France de Macron ce sont des soignantes comme Majdouline licenciées parce qu’elle porte un calot ou Mélina exclue de son lycée et déscolarisée pour avoir porté un turban de chimio. Voilà à quoi mène le climat islamophobe dans le pays. » Le meurtre par trois balles dans la tête de Renee Nicole Good aux USA, sans un mot de l’officialité française, est une alerte grave. Un symptôme de la maladie qui ravage les élites sociales et médiatiques du pays depuis qu’elles ont appris avec le génocide de Gaza à se taire devant l’incroyable et le plus insupportable. Mais comment oublier combien le terreau est prêt ici aussi pour le pire. En France déjà, Rayana, une jeune passagère, est morte par un tir policier parce que le conducteur avait refusé d’obtempérer. D’autres meurtres racistes se répètent en France selon Le Canard enchaîné et restent impunis. L’alerte est-elle suffisante ? Un front du refus peut-il se constituer pour combattre ce qui doit l’être ? La manifestation du 14 mars organisée par les associations antiracistes est un point de ralliement si elles savent empêcher les manœuvres de division qui ont tellement affaibli la réplique à propos du Venezuela. LFI fut seule présente dans l’ensemble des cadres engagés ce week-end et dans de nombreuses villes de France. Et parfois seule ou au coude à coude avec le PCF.
Publié le 09.01.2026 à 21:43
Allocution des vœux 2026 à Villeurbanne avec Gabriel Amard
Publié le 08.01.2026 à 21:24
Face à l’impérialisme trumpiste : ne rien céder
Donc Macron ne signera pas l’accord UE-Mercosur. Tant mieux. L’Assemblée nationale unanime avait voté une résolution de LFI contre ce traité de libre-échange. Et ensuite ? Déjà, notons que Macron n’ayant rien mené à bon port, les Français vont être battus et isolés. « L’Europe qui nous protège » a bonne mine pour un Français. Et comment va « le couple franco-allemand » cette gnognotte de toujours ? Le final de la diplomatie macroniste est le même sur tous les continents : une série de catastrophes. Afrique : on est expulsés. Amérique : Trump se moque de Macron et des Français. Asie : après la visite en Chine et les menaces qui ont suivi… On oublie. Manquait l’Europe. C’est fait. Von der Leyen va signer l’accord UE-Mercosur le 12 janvier prochain quoiqu’il arrive. Puis le Parlement européen va voter. La coalition majoritaire du PS et de la droite tiendra-t-elle ? Ou bien la droite et l’extrême droite s’entendront et suffiront ? Encore une fois, l’élection de 2027 étend ses enjeux. Combien d’autres désastres Macron aura-t-il déclenchés d’ici là ?
L’enlèvement de Nicolás Maduro par les USA de Donald Trump propage une onde de choc mondiale. Elle atteint tous les espaces politiques. Les parallèles avec l’expansionnisme nazi et leur théorie de « l’espace vital » ressurgissent. Il en est de la volonté d’annexion du Groenland par Trump comme de la situation des Sudètes abandonnées à Munich. Venant après l’agression du Venezuela et les menaces sur la Colombie, le Mexique et Cuba, la gravité de la situation appelle une vigilance sur tous les points et une mobilisation soigneusement ciblée.
Pèse d’abord le choix des mots : « enlèvement »kidnapping » comme des militants politiques, ou bien « capture » ou « arrestation » comme les médias de l’officialité. « Le président déchu », ose même France 24. La honte venue du sommet de l’État, capitulant instantanément devant Trump, ruisselle sur la pyramide des plumes à gages et des affidés de l’atlantisme de droite et de gôche. Car toutes les variétés d’atlantistes de droite et de « gôche » communient dans la même insupportable arrogance : « quoiqu’on pense de Maduro », « en dépit de notre claire condamnation des atteintes aux droits de l’homme », etc. Sous-entendu : « il l’a bien cherché » ! Cela fonctionne comme la manière hypocrite de relativiser le crime des USA de Trump. Alors encore une fois un autre champ politique se constitue. Il y a d’un côté les atlantistes de droite et de « gôche », les hypocrites de droite et de « gôche ». Et, de l’autre, les indépendantistes de gauche et de droite !
Et de là tout le reste. À cette heure toute une certaine « gôche » voudrait déplacer l’enjeu, il faut ramener le curseur là où il doit être. Trêve de palabres inutiles. Chacun a le droit de croire ce qu’il veut à propos du chavisme. Nous n’exigeons pas des autres qu’ils partagent notre analyse. Nous refusons en revanche que d’autres essaient de nous imposer celle des États-Unis. Car ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la lutte contre l’impérialisme envahisseur de Trump. C’est le mot d’ordre central à propos du rapt de Maduro. C’est la protection à organiser de la Colombie, du Mexique, de Cuba et du Groenland.
Il faut tenir la tranchée au point de bascule. Ce point-clef est l’exigence de la libération de Maduro. Les hypocrites refusent d’en parler. Dès le soir, des chiens de garde me couraient derrière pour me demander : « Vous voulez le retour de Maduro ? » pour pouvoir faire leur sale besogne : « Mélenchon refuse de critiquer Maduro » (Le Monde / Libération). Sous-entendu : critiquer Maduro le soir de son enlèvement est une condition pour avoir le droit de protester contre Trump. « Vous demandez son retour » ? Sous-entendu : « Son retour serait celui des atteintes aux droits de l’homme ». Bla bla bla. Cette presse condamne le chavisme depuis sa première victoire électorale. Comment oublier « Libération » et sa pleine page « Le credo antisémite de Chavez », cette grossière manipulation que j’avais démontée à l’époque en montrant le truquage du texte espagnol du commandant. Et surtout en prenant contact avec le président de la communauté juive de Caracas ! J’étais même allé le voir sur place. Ce n’était certes pas un chaviste. Mais un net francophile. Il avait démenti clairement : « Chavez a tous les défauts, mais pas celui-là ». C’était déjà à « Libération » et au « Monde » leur habituel alignement sur la politique des USA et du parti démocrate, leur ami de toujours. Peu leur importait déjà de devoir avaler pour cela l’extrême droite et la social-démocratie vénézuélienne, qui avait pourtant été écrasée dans les votes qui ont élu pour la première fois Hugo Chávez.
On connait la mécanique et sa musique. C’est celle du 7 octobre : les principes ne seraient plus rien. Seule compterait la délimitation du camp du bien et de celui du mal. Condamner tous les crimes de guerre d’où qu’ils viennent ne suffit pas ! Au contraire. Finauds ! Il faudrait absoudre les uns par la dénonciation des autres. De là vient ensuite la légitimité de la chasse aux « non-alignés » qui refusent ce chantage. Mais tout cela fonctionne comme une tactique. Elle valide le droit du plus fort. Lui reste maître de disposer librement des autres peuples et nations comme du droit international. Et aussi, bien sûr, de la morale humaine : jusqu’à justifier un génocide.
Tenons-nous-en à ce qui peut unir, au lieu de chercher à cliver et à imposer des points de vue entre gens qui ne les accepteront pas. Tout se concentre sur un point : Maduro doit être libéré ! Refuser de demander la libération de Nicolás Maduro et de son épouse, c’est légitimer l’enlèvement ! C’est être plus trumpiste que la droite vénézuélienne elle-même ! Car on a vu le parlement vénézuélien unanime chantant l’hymne national pour exiger, tous bords confondus dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, la libération et le retour de Nicolás Maduro !
Résumons. Pour nous insoumis, il ne sera jamais question de donner raison à la propagande de l’extrême droite vénézuélienne et des traîtres à leur patrie qui la composent. Ceux-là sont la honte de leur pays. Ils ont organisé l’enlèvement d’Hugo Chávez. Ils ont contesté toutes les élections au Venezuela sauf celles qu’ils ont gagnées. Ils ont organisé des agressions et des attentats de mois en mois, répandu des calomnies, combiné des alliances avec le narcotrafic . Et sans crainte du ridicule ni de l’infamie, leur clown pathétique « prix Nobel de la paix », recrachée par toutes les autorités morales et intellectuelles du monde, a appelé Netanyahu à intervenir militairement au Venezuela ! Aujourd’hui, même Trump dit qu’elle ne bénéficie d’aucun respect sur place à Caracas.
L’essentiel des difficultés du gouvernement chaviste résulte de l’embargo américain appuyé par leurs pitoyables larbins atlantistes européens. Le chavisme a voulu organiser le partage de la rente pétrolière, subventionné les coopératives de femmes, aidé toutes les victimes de catastrophes naturelles dans la région, distribué du pétrole à qui ne pouvait en acquérir aux prix mondiaux ! Chávez a été enlevé par l’opposition le 11 avril 2002. Elle a simulé son exécution avant que le peuple des favelas sorte pour exiger sa libération et le sauver de la mort ! Le chavisme n’a jamais refusé les résultats du vote des Vénézuéliens. Au contraire de Macron. Chávez a reconnu sa défaite quand il a perdu le référendum le 2 décembre 2007 pour avoir droit à un troisième mandat présidentiel. Nicolás Maduro a accepté sa défaite électorale le 6 décembre 2015 et reconnu aussitôt les gouvernorats et municipalités d’opposition. Laquelle opposition en a tiré prétexte aussitôt pour faire une tentative de coup d’État le 30 avril 2019 contre Nicolás Maduro. Un putsch mené par Juan Guaidó, président de la nouvelle Assemblée d’opposition reconnue par Maduro ! Avant de simuler une invasion depuis la Colombie aux côtés de narcotrafiquants ! Que valent alors les mines sucrées qui résument le chavisme aux prétextes des « atteintes aux droits de l’homme » mis en avant par les néo-nazis vénézuéliens ?
Patience ! Tenir bon encore une fois. Comme contre le génocide, tous viendront un par un sur notre position en se bousculant pour passer sur la première ligne de la photo. Car comme d’habitude dès la première seconde ils ont renoncé à tout. Bientôt ils vont comprendre à quel point le peuple en France sait reconnaître ceux qui cèdent sur la souveraineté et ceux qui défendent en toutes circonstances l’indépendance de leur pays au nom des principes qui le fondent. Car il n’y a pas de souveraineté du peuple sans indépendance.
Les Insoumis sont donc formellement en désaccord avec tout ce qui ressemble à un tir dans le dos des Vénézuéliens quand ceux-ci réclament, à l’unanimité de leur Assemblée nationale, la libération et le retour du président Nicolás Maduro. Nous avions proposé un appel des organisations sans autre ajout de ligne politique. D’aucuns ont insisté pour y rajouter leurs éléments de langage. Et enlever la référence au retour libre de Maduro. Bref, dorénavant les Insoumis ne peuvent plus signer le texte comme nous avions prévenu.
Les Insoumis n’attachent aucune importance à la soupe aux logos pour signer « dans l’unité » des textes qui valideraient l’enlèvement et oublieraient la revendication du retour libre du président Maduro. Les Insoumis n’en signeront aucun. Ils ne seront solidaires d’aucune déclaration comprenant la condamnation du chavisme. Et cela vaudra aussi pour la Colombie, le Mexique et pour Cuba. L’approbation de la presse de l’officialité bien-pensante de droite et de gôche nous est indifférente. Ceux-là, depuis la première heure de nos victoires électorales aux Amériques, ont toujours haï tout ce que nous avons aimé et soutenu, et pris acte de tous les mauvais coups portés contre les nôtres. Leur vocabulaire a toujours été conforme aux éléments de langage des ambassades.
La haine du parti médiatique français et de l’officialité qui l’entoure concernant les insoumis et à mon sujet est sans précédent en France. On le sait. Rien de neuf. Mais il est temps de savoir d’où elle est alimentée. Car elle vient de loin. Voyez cet article du « New York Times » qui tente de relativiser les déclarations de Trump contre les Européens. Il s’agit de l’article d’une face de pierre de ce journal, équivalente à Olivier Pérou du « Monde » ou Dov Alfon de « Libération » et leurs sbires. Ces deux-là dénoncent LFI, premier groupe parlementaire de gauche, comme une « secte », violent nos vies privées en contradiction avec l’éthique dominante jusque-là dans la presse française. D’où tirent-ils leur audace ? Lisez ce que disent des Insoumis les Trumpistes aux USA mêmes, dans le « New York Times », un des journaux de référence de ce pays, sous la plume de Christopher Caldwell, éditorialiste au « New York Times ». Celui-là a adopté récemment la ligne pro-RN du trumpisme en titrant : « Une révolution sous nos yeux. Comment l’Islam va transformer la France et l’Europe ». À présent, il s’en prend aux insoumis :
« Regardez la France, où une population croissante d’Arabes et de musulmans est de plus en plus vocale et de plus en plus efficace politiquement. La France insoumise a dirigé une coalition qui a remporté les élections nationales du pays en 2024, bien que sa pluralité de sièges ne lui ait pas permis de prendre le pouvoir. Dirigé par Jean-Luc Mélenchon, le parti prône une sorte de mamdanisme devenu national. Il défend les immigrants musulmans et non européens du pays autour d’un programme qui inclut la redistribution des revenus et des richesses et une critique féroce d’Israël.
Il n’y a rien d’illégitime à cela. Mais si la France reste une démocratie, elle sera de plus en plus un pays qui combat le sionisme. Et il est raisonnable de s’attendre à ce que cela en fasse un allié moins compatible et moins fiable pour les États-Unis. Reconnaître cela ne revient pas à affirmer que tous les musulmans sont fermés à la persuasion ou qu’ils sont pires que les chrétiens qui dominaient autrefois la culture de la France. Il s’agit simplement d’ouvrir les yeux et de voir que le terrain d’entente sur lequel une alliance peut être construite est en train de se réduire. »
Tout le monde a compris.
Mais notons : pire que les chrétiens ? Ceux qui défendaient le pape François venu à Marseille pour la cause des immigrés qui s’y noyaient, la théologie de la Libération haïe aux USA ? Les chrétiens massacrés en Palestine, bombardés au Liban, martyrisés au Soudan ? Le sionisme, les musulmans, et même les chrétiens : les obsessions de l’Amérique trumpiste rejoignent celles des néo-conservateurs de droite et de « gôche » en France.
Au total, le paysage se redessine sous le crayon de Donald Trump, ses ambassades et ses agents d’influence. Nous, les insoumis, ne voulons pas de ce genre de relations avec les USA, quel que soit le président qu’ils élisent, ce qui est leur affaire. Au contraire d’autres, nous ne rêvons pas du retour du parti démocrate, ni de personnages du type de Joe Biden, qui était juste un sous-Trump sans sa volonté, son audace et sa franchise. Nous voulons que la France soit respectée par les USA, y compris son actuel président Emmanuel Macron. Nous faisons vivre l’autre voix de la France. Celle de l’indépendance de son peuple. Nous défendons l’unité de son peuple pour qu’il puisse rester uni, quelle que soit la religion de chacun de ses enfants !
Publié le 07.01.2026 à 13:40
Je marche monsieur !
Trente ans qu’il est parti. François Mitterrand, l’homme, me manque. On va trouver cela ridicule mais j’avais fini par penser qu’il était en quelque sorte immortel. En tout cas, je me comportais comme si c’était le cas. Autant j’avais été transi la première fois que je l’ai rencontré après l’annonce de son cancer, persuadé que c’était peut-être la dernière fois que je le verrai, autant ensuite, de lui parler à intervalles réguliers m’avait fait pratiquement oublier à la fois son âge et sa maladie. Tant d’années après, l’affection que je lui portais est restée intacte en moi. Je travaille encore chez moi à cette heure sous le regard d’une photo de l’une de ces rencontres rituelles qu’il avait avec le groupe socialiste du Sénat après le vote du budget, tous les 20 décembre dans l’appartement du questeur. Je sens et je vois la lueur amusée dans son regard et l’air content de moi qui m’animait quand j’avais réussi, à ma modeste place, un bon coup politique avec lui. Dans ma relation avec lui, à ce moment et depuis lors, la politique n’était pas le seul composant. Il y avait quelque chose de plus personnel. En tout cas pour moi. Je viens d’un milieu populaire, mes parents étaient des gens de la petite nouvelle classe moyenne des années 60. Je ressentais comme un très grand honneur l’attention que me portait le Président de mon pays. Les gens d’autres milieux, ceux de là « haute » comme on dit, sont plus familiers de rencontres dans un tel écart de position. Je ne l’étais pas. Dans mon cas, il s’ajoutait au fait lui-même la douceur, la délicatesse, l’extrême courtoisie que François Mitterrand exprimait. Si j’insiste ici sur l’aspect personnel c’est dans un souci de vérité avec moi-même.
Je le surnommais « le vieux », non seulement par une habitude de surnommer mes dirigeants par un mot simple, mais bien sûr parce, que de mon passé trotskyste, j’avais gardé le surnom qui se donnait couramment à l’ancien chef de l’Armée rouge. Léon Trotsky était « le vieux » pour ses secrétaires et ses jeunes partisans. C’était une marque de respect et d’affection. Sans doute en raison de son âge, François Mitterrand suggérait cette forme de lien affectif. Des centaines de milliers de gens l’ont appelé « tonton » dans les manifestations et les luttes contre la droite dans la période entre la cohabitation de 1986 et sa réélection triomphale en 1988. À mon tour aujourd’hui je suis « le vieux » pour nombre d’amis inconnus, de jeunes militants. Et j’en suis très honoré.
Bien sûr, quelqu’un d’aussi politisé que moi et si friand de leçons de l’Histoire ne pouvait ignorer la trajectoire que cet homme avait accompli de l’extrême droite de sa jeunesse à l’incarnation du programme commun de l’union de la gauche à ce moment de sa vie où je me suis rangé derrière lui. On voit de nos jours assez de trajectoires dans le sens contraire pour n’avoir, du coup, que meilleure opinion de la sienne ! Ce qui a facilité pour moi mon adhésion à ses rangs c’est que, de sa biographie, je retenais d’abord les exploits où se signalait concrètement, au-delà de l’évolution des idées au fil d’une vie, le courage personnel dans les risques de l’engagement. Ses trois évasions hors des camps de prisonniers allemands, après cela sa traversée à pieds jusqu’à la zone libre en passant par Mouchard dans le Jura. Ses deux déplacements, une fois à Londres et une fois à Alger, pour s’intégrer à l’organisation de la résistance autour de De Gaulle. Tout cela pour moi était le sens véritable de son identité humaine et politique.
Depuis lors, bien sûr, d’autres chapitres sont venus à ma connaissance dont je ne m’étais pas inquiété à l’époque. Je pense à ses choix et à ces décisions pendant la guerre d’Algérie alors qu’il était ministre. Sur ce point, et quoique je lui ai entendu dire quasi par hasard en diverses circonstances, je ne peux avoir le cœur en paix. Même en « tenant compte du contexte ». J’ai vécu avant d’autres le sentiment de la « double nationalité » même si je n’ai jamais eu qu’un seul passeport. Je ne dis pas pour plaisanter que je suis un maghrébin européen. C’est aujourd’hui banal puisque c’est la situation de plusieurs millions de Français. Nous sommes la première communauté de fait en France. Et dans cette situation, les esprits libres que déchirent des injonctions et des fidélités affectives contraires souffrent dans maintes circonstances. Mais ils apprennent vite l’essentiel. Pour se tenir droit et choisir ses engagements il faut décider, au cas par cas, en fidélité à ses propres principes de vie. Les allégeances aveuglées et non-choisies ne sont pas compatibles avec mon engagement dans l’esprit des Lumières. Cela est simple, dans la patrie qu’unit un programme politique universel comme « Liberté, Égalité, Fraternité », même quand rien de tout cela ne s’applique comme c’est le cas en ce moment. Alors la France reste à faire. J’en suis.
Le mitterrandisme voulait dire l’union de la gauche. Je partage avec lui une situation unique : il a été deux fois le candidat des communistes en 1965 et 1974. Et moi deux fois : en 2012 et en 2017. L’union de la gauche n’était pas seulement un accord électoral comme on le croit. Au demeurant, en 1981 comme en 1988 lors des deux élections de François Mitterrand, il n’y avait pas d’union de la gauche électorale. Toutes les gauches avaient leur candidat contre lui. L’union de la gauche était d’abord un programme de transition vers le socialisme. Ce qui en est résulté est une autre affaire et une autre discussion que nous, les Insoumis avons tranché avec notre programme « L’Avenir en commun ». Et c’est un autre débat.
Le mitterrandisme était une vision de la France. Je voudrais la prolonger. Indépendance, souveraineté, refus de la vassalisation. Voyez François Mitterrand assis entre Kohl et Thatcher… On ne voit que lui, pourtant le plus petit entre ces deux-là. Voyez ses yeux et son regard perçant depuis-là.
Comment oublier ce discours au congrès de Brest du PS. Envahi par sa présence, un an après sa mort, alors que pas un avant moi n’avait évoqué son nom, je me rappelais l’une de mes dernières discussions avec lui, et son injonction : « marchez votre chemin ! Ne cédez jamais ». Et je concluais, comme aujourd’hui et à cet instant où je le convoque en mémoire : « Je marche, monsieur ».
Publié le 06.01.2026 à 21:53