Journalist in Paris. In 2022, I published two books : "L'Emprise" et « Guerres cachées » (Éditions Seuil). @endeweld@piaille.fr
The Big Picture
Publié le 26.08.2026 à 18:27
« L’Argent Magique », mon nouveau livre-enquête sur le capitalisme français
Le 25 septembre prochain paraîtra aux éditions du Seuil mon nouveau livre-enquête intitulé L’Argent Magique. Enquête sur les illusions du capitalisme français. Je vous préviens d’emblée : il s’agit d’un nouveau « pavé », presque aussi imposant que mon avant dernier livre, L’Emprise, publié en janvier 2022. De quoi réjouir, je crois, un certain nombre de mes lecteurs fidèles. C’est aussi l’occasion d’en accueillir d’autres. À travers plus de 530 pages, quinze chapitres organisés en quatre grandes parties – Le temps des prédateurs, le temps des « socialistes », le temps des crises, et le temps des batailles –, je vous propose avec ce long récit de nombreuses enquêtes inédites, portant aussi bien sur Atos que sur les milliardaires Arnault, Niel, Bolloré, les « petits » nouveaux Křetínský et Saadé, ou encore la famille Dassault.
L’effet Trump sur les milliardaires français
Tous ces milliardaires sont propriétaires de médias et comptent peser d’une manière ou d’une autre sur la prochaine élection présidentielle de 2027. Je me penche ainsi sur l’effet Trump, à travers notamment tout un chapitre, cette tentation ultra-libertarienne qui met en cause la démocratie. Je m’intéresse aussi à celui qui dans une interview au New York Times se déclare plus extrême que l’extrême droite, l’entrepreneur Pierre-Édouard Stérin, ou encore, au banquier d’affaires Matthieu Pigasse qui dit regretter de se trouver bien seul à dénoncer la bascule des milieux d’affaires vers le RN.
Mais au-delà de ces grands noms du monde des affaires à Paris, mon enquête vise d’abord à comprendre les évolutions du capitalisme français depuis quarante ans : où en est la « place économique et financière » de Paris ? Cette simple question, en apparence anodine, m’a été posée il y a maintenant trois ans par l’ancien PDG du Seuil, Hugues Jallon, qui m’a inspiré ce nouveau livre et son fil conducteur : « à quoi ressemble aujourd’hui le monde des affaires à Paris ? Quels sont les nouveaux grands noms de la place ? ». Il y a douze ans à La Découverte, Jallon avait publié l’ouvrage collectif Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours : Le vrai visage du capitalisme français dirigé par les journalistes Benoît Collombat et David Servenay. Mais depuis, les grandes fresques sur le monde économique se font rares, tant le journalisme économique (comme le reste du monde de la presse et des médias) est en souffrance et soumis à la tutelle de plus en plus serrée de milliardaires et d’intérêts divers.
Rattrapé par mon sujet
En tant que journaliste, j’ai moi-même été rattrapé par mon sujet : après le rachat par Rodolphe Saadé de La Tribune à l’été 2023, j’ai été amené à arrêter ma collaboration en prenant ma « clause de cession », puis en février 2025, après un bref retour à Marianne – propriété de Daniel Křetínský – où j’ai participé à la « cellule enquête », j’ai rompu mon CDI en invoquant ma « clause de conscience », suite au débarquement de la direction de la rédaction et à la suppression de cette cellule, par un actionnaire qui ne cesse pourtant de clamer son souci de l’indépendance de la presse.
J’ai accepté de relever le « défi » lancé à l’époque par le Seuil d’enquêter sur ce vaste sujet. De fait, si j’ai écrit ce livre entre avril et juillet cette année, il m’a fallu un peu de temps pour non seulement vous raconter des coulisses inédits, vous présenter la nouvelle cartographie du monde des affaires de Paris, mais aussi vous proposer des décryptages.
Le visage de la finance à Paris
Dans ce livre, je vous offre ainsi une plongée inédite dans ce qu’est devenue la finance aujourd’hui à Paris, en particulier à travers le règne des « gestionnaires d’actifs », souvent américains, et le boom du private equity, ce secteur qui permet à des investisseurs institutionnels, des grandes fortunes, de prendre le contrôle d’entreprises sans passer par le marché boursier classique ou contournant le système bancaire particulièrement réglementé depuis la crise de 2008. Quand on essaye de réglementer le capitalisme, ce dernier trouve toujours une manière de se redéployer, loin des contrôles démocratiques.
Le private equity a largement été boosté durant une quinzaine d’années par les injections d’argent des pouvoirs publics et des banques centrales « dans l’économie ». Je m’intéresse ainsi au rôle de la BPI (Banque Publique d’Investissement) dans le développement de la « French Tech » et du « capital-risque » à la française, mais aussi aux family offices, ces véhicules financiers qui permettent aux grandes familles d’investir discrètement et avec toujours plus d’avantages fiscaux.
J’ai enquêté sur les arrière-boutiques de ces sociétés d’investissement, les fameux « fonds », qui contrairement à ce qu’a prétendu François Hollande lors de sa campagne de 2012, ont bien un « visage ». Cette plongée dans la finance des initiés constitue presque un livre dans le livre. Pour cela, j’ai rencontré tant en on qu’en off des dizaines d’acteurs de ce secteur, désormais en crise et de plus en plus contesté, bien que particulièrement méconnu du grand public (et des médias). Ce secteur financier contrôle aujourd’hui une grande part des entreprises françaises, notamment industrielles, souvent via les fameux LBO, Leveraged Buy-Out (littéralement, achat d’entreprise par effet de levier), des montages financiers qui permettent d’acheter une entreprise en empruntant la majorité de la somme nécessaire, tout en ne mettant qu’une petite part de son propre argent. Cette dette privée, dont quasiment personne ne parle en France, commence pourtant à inquiéter certains économistes aux États-Unis et en Grande-Bretagne, jusqu’au très sérieux Financial Times, mais aussi les instances de régulation de ces pays.
70 témoins clés
Au final, mes différentes enquêtes se sont étirées sur près de trois ans. Ce temps m’a permis d’interviewer près de 70 témoins clés de l’évolution du capitalisme français sur près de quarante ans. J’ai réalisé également de nombreux entretiens off – plus de 200 – avec des interlocuteurs qui ont préféré conserver l’anonymat mais m’ont permis de reconstituer de nombreux épisodes.
Si ce n’est pas un livre historique à proprement parler, je procède dans mon récit à des flashbacks, me permettant de raconter sous un jour nouveau différentes histoires clés du passé, condition souvent essentielle pour éclairer l’actualité la plus récente. Je raconte à partir de témoignages exclusifs la modernisation de la bourse de Paris dans les années 1980 et la libéralisation des banques et de la finance menées en grande partie par les socialistes au pouvoir.
Les plus jeunes ne le savent pas mais une bonne partie des grands milliardaires d’aujourd’hui, presque tous devenus propriétaires de médias, sont nés dans les années 1980, cette Génération Mitterrand à laquelle je consacre également un long chapitre. À l’époque, l’État et la puissance publique les aidait déjà, Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou François Pinault, en particulier à travers la banque nationalisée du Crédit Lyonnais, « qui faisait avant l’heure du private equity. C’était un peu la BPI de l’époque », comme me l’assure un financier qui a connu cette époque.
Le règne des rentiers
Quarante ans plus tard, nombre d’acteurs économiques que j’ai interrogés constatent une « attrition de la place ». Paris s’est peut-être ouvert à l’international, mais ressemble, plus encore qu’auparavant, à un petit village. Autant certains grands noms restent actifs – ou s’efforcent de faire perdurer cette image –, autant les nouveaux peinent à décoller. Les milliardaires cherchent avant tout à préserver leur position, et les financiers à défendre les intérêts de la finance. Si les acteurs de l’économie sont passés aux discours sur la « souveraineté industrielle », après la célébration de la start-up nation, qu’en est-il du financement de la « réindustrialisation » ?
À l’heure de la fragmentation de la globalisation, le monde des affaires à Paris peine manifestement à trouver ses marques : « En France, il n’y a plus de capitalistes, seulement des rentiers, critique un entrepreneur dans l’industrie. Les gens fortunés font de l’immobilier, contrôlent des fonds spéculatifs, mais tout cela se fait au détriment de l’industrie et de l’investissement dans l’économie. Alors que les Italiens et les Allemands ont réussi à préserver leur modèle industriel ». Face à l’immensité de la tâche, un constat s’impose : le marché ne peut pas tout.
À lire, la quatrième de couverture de mon livre :
POURQUOI « LA PLACE » DE PARIS A-T-ELLE ÉTÉ DÉPASSÉE PAR WALL STREET ? À QUOI RESSEMBLE LA FINANCE DU PRIVATE EQUITY VENUE CONTESTER LA BOURSE ?
Fruit de trois ans d’enquête, L’Argent magique raconte l’émergence des grandes fortunes du pays et leur prise de contrôle d’une part toujours plus importante de l’économie. Sous le règne des Arnault, Bolloré, Křetínský ou Niel s’active tout un monde de banquiers, financiers et avocats d’affaires, aux pouvoirs discrets et intérêts croisés.
À travers de nombreux entretiens, Marc Endeweld retrace plus de quarante ans de capitalisme français pour dévoiler le visage actuel de la finance. Il décrypte les enjeux de ce nouveau secteur qu’on appelle le private equity : un secret mais puissant milieu d’initiés, cœur de l’hypercapitalisme contemporain.
Derrière les discours célébrant « la société du risque » et la start-up nation, c’est bien l’État et son « argent magique » qui ont nourri les acteurs privés. Dès 1984, le pouvoir socialiste a misé sur le tout-finance. Tout en bénéficiant du soutien de l’État, les milliardaires tâchent aujourd’hui d’en affaiblir les composantes démocratiques, par le contrôle des médias et les interventions directes auprès des dirigeants. Enivrés par le phénomène Trump, certains s’affairent même pour installer l’extrême droite au pouvoir.
Grandes figures, clans familiaux, vieux oligarques et nouveaux venus : une plongée riche en révélations, pour voir au-delà des illusions du capitalisme français.
Marc Endeweld est journaliste d’investigation. Il est notamment l’auteur, au Seuil, de L’Emprise. La France sous influence (2022). Il publie des enquêtes dans sa newsletter « The Big Picture ».
Publié le 20.08.2026 à 16:48
La « Vénérable des eaux », les « cathos », et le big bang de l’énergie (1)
La bataille Suez-Veolia n’est pas l’histoire d’une simple fusion-acquisition. Elle n’est pas non plus l’occasion d’une classique opération capitalistique sur la place financière de Paris. Elle a été aussi – et peut-être surtout – l’occasion d’un affrontement entre réseaux opposés dans les coulisses de la République. Elle fut également le théâtre de multiples chocs d’égos de dirigeants, de grandes ambitions et de petites vengeances. Car ces deux sociétés qui vendent principalement des services aux collectivités locales, ont une longue histoire avec les élus. Mais aussi parce qu’elles ont attiré l’attention de nombreuses figures issues d’un capitalisme d’État, ce capitalisme à la française dans lequel naviguent de nombreux anciens hauts fonctionnaires.
Certains de ces acteurs sont devenus banquiers d’affaires ou se sont retrouvés au plus haut niveau de l’État, d’autres encore ont pu expérimenter les joies du management de multinationales ou bien s’aventurer, grisés, dans l’expérimentation de mécanos financiers, avec des résultats mitigés . Ce dossier un peu particulier, j’ai commencé à le traiter il y a plus de sept ans. On le verra, dès 2017, la société Veolia s’est retrouvée au cœur des réseaux de la Macronie. À l’été 2015, lorsque j’interviewe à plusieurs reprises Emmanuel Macron dans son bureau de Bercy, ce dernier se laisse aller également à quelques confidences sur Isabelle Kocher, alors directrice générale du groupe Engie. Elle ignore encore à ce moment qu’elle sera bientôt l’une des victimes d’un véritable « big bang » de l’énergie concocté en secret par quelques dirigeants, tant responsables économiques que politiques.
Quand on évoque Suez-Veolia, on oublie souvent que cette histoire débute à trois, avec l’énergéticien Engie, issu de la fusion GDF-Suez engagée en 2006 par Dominique de Villepin. Derrière l’eau et les déchets, on trouve en fait la question du marché de l’énergie en France, et son organisation au plus haut niveau de l’État. Or l’énergie – même durant ces années néolibérales de célébration du marché – reste une activité souveraine. C’est une histoire que j’ai déjà évoquée dans mes précédents livres (Le Grand Manipulateur, 2019, et L’Emprise, 2022) puisque Macron s’est intéressé très tôt à l’énergie, tant chez Rothschild, qu’à Bercy puis à l’Élysée : « Emmanuel Macron pense qu’il faut réduire le nombre de champions français de l’énergie, l’histoire vient de loin », m’explique un témoin clé. Mais à l’occasion de mes recherches pour mon prochain ouvrage, L’Argent Magique. Enquête sur les illusions du capitalisme français (publié au Seuil le 25 septembre prochain), j’ai pu assembler encore davantage les morceaux du puzzle. J’ai toutefois considéré qu’entre les grandes fortunes et propriétaires des médias, les clans familiaux, la French Tech, et l’évolution de la place financière de Paris du MATIF au boom du private equity, cœur de mon prochain livre (Très bientôt, je vous en dirai plus sur ce programme déjà dense), cette histoire était trop longue.Elle pourrait être en soi l’objet d’un livre. Je vous propose plutôt de la (re)découvrir à travers une série d’articles inédits sur ma newsletter. Voici donc aujourd’hui le premier acte qui commence il y a tout juste vingt ans.
ACTE 1 : Une privatisation pour sauver Mestrallet
Publié le 10.08.2026 à 00:27
Les vrais mentors d’Emmanuel Macron
Macron fait partie d’un club restreint, celui des présidents de la Vème République ayant réussi le doublé à l’Élysée. L’ambitieux qui célébrait la « disruption » lors de sa campagne de 2017 a préservé sa place élyséenne durant deux mandats comme avant lui De Gaulle, Mitterrand et Chirac. Pourtant après presque dix ans de règne décadent, la presse reste bloquée sur quelques poncifs à son sujet. Cela ne s’explique pas uniquement par une certaine paresse journalistique. Même si celle-ci a permis aux premiers communicants qui ont accompagné Macron, en particulier Ismaël Emelien et Sibeth Ndiaye, de façonner facilement une image de modernité, loin de la réalité de l’homme, de ses réelles opinions et objectifs.
Image et contre-image
Certes, la création du personnage Macron a procédé d’une démarche aux allures de bulldozer (et parfois mensongère). Mais cette image est restée sur la rétine de beaucoup, particulièrement dans les services politiques qui confondent trop souvent journalisme et communication, encore dix ans plus tard. Cette image faisait de Macron le héraut de la modernité, le promoteur et représentant de la start-up nation, entouré de supporters de DSK. Sans oublier la quintessence du libéralisme culturel sauce Obama, un « progressiste ». Dès L’Ambigu Monsieur Macron, j’avais apporté à mes lecteurs beaucoup d’éléments qui permettaient de nuancer fortement ce portrait. Nombreux ont atterri un peu tard, par exemple dans les rangs de l’ancien Parti socialiste. Mais cette « ignorance » était souhaitable, voulue même : tous avaient intérêt à croire à cette image. Et dans ce déni volontaire, ne se trouvaient pas uniquement ses supporters, mais aussi ses ennemis, qui souhaitaient façonner coûte que coûte une « contre-image », faisant d’Emmanuel Macron un satellite, extérieur à la vie politique française, voire, dans les récits nationalistes, étranger à la nation. Dès 2015 et 2016, les éléments de langage sont déjà là : Emmanuel Macron ne pouvait pas être un concurrent sérieux à la présidentielle car ce n’était qu’un banquier de chez Rothschild, ou au mieux un technocrate de Bercy, qui comme tant d’autres, ne pouvait pas comprendre les électeurs.
Dans ces archétypes, il y a parfois du vrai, mais ils échouent presque toujours à expliquer réellement Macron, et surtout, à comprendre la permanence de son pouvoir – malgré la dissolution ratée de juin 2024, qu’il a lui-même initiée. Le coup le plus rude fut ainsi porté par Emmanuel Macron lui-même Pour mieux comprendre Emmanuel Macron, il ne suffit pas de se retourner sur le passé, il faut également dézoomer, considérer la big picture, et surtout écarter ses propres préjugés.
Un récit trompeur
Il est facile de mettre en avant le fait que Jacques Attali ou Alain Minc auraient fait Macron. Rien n’est plus faux. Si l’un ou l’autre ont pu jouer parfois avec cette image, et s’ils ont même parfois pu aider le futur président dans son ascension, ni l’un ni l’autre n’ont réellement donné les clés du pouvoir à Emmanuel Macron, ils n’ont même pas cru en Macron au moment crucial, c’est-à-dire dans les mois précédant 2017. À cette époque, Attali soutenait Valls, et Minc, Juppé. L’un comme l’autre ne croyaient pas à l’aventure présidentielle de Macron. Tout au long de ses deux mandats, le président ne s’est pas privé de le leur rappeler, même s’il a toujours veillé à apporter le minimum d’égard présidentiel requis à ces deux personnages influents de la République.
Utiliser ce récit – Attali et Minc ont fait Macron – permet une charge critique facile (et à l’occasion nauséabonde). Mais elle occulte surtout largement les soutiens dont a bénéficié Macron dans sa conquête de l’État. Et ces soutiens, aujourd’hui, peuvent se réjouir de ce récit qui leur permet de garder dans l’ombre leur responsabilité dans une aventure qui s’achève dans l’échec. Dans cette Vème République à bout de souffle, il ne suffit pas de gagner son ticket pour l’Élysée, il s’agit aussi de gouverner, et longtemps.
Dans l’entourage du chef de l’État, trois vrais mentors – en plus de Brigitte – ont joué un rôle bien plus important. Ils ont donné les clés de l’État à Macron. Notamment en lui donnant les clés de près d’un demi-siècle d’histoire politique (souvent souterraine) entre la IVème et la Vème République. Ces trois-là ont tous la caractéristique d’avoir connu de très près les coulisses de la Vème République, ceux dont on ne parle que rarement. Qu’on le veuille ou non, Macron est une pure production du système politique français. Son succès peut bien être le résultat de l’essoufflement voire de l’implosion du régime de la Vème République, Macron a grandi dans ses coulisses. S’il n’a pas eu besoin de cumuler les mandats avant de ravir la présidence, c’est parce qu’il a côtoyé des personnages clés au sein des réseaux politiques, de droite comme de gauche – tant institutionnels, régaliens, et financiers – qui lui ont permis de contourner les partis. Tout cela conjugué aux nouveaux outils de mobilisation offerts par le numérique, en particulier les réseaux sociaux, par lesquels il a pu s’adresser directement aux Français, dans la plus pure tradition de la Vème République – un homme rencontrant le peuple –, tout en bénéficiant d’analyses très précises sur chaque cible électorale grâce aux logiciels analysant le comportement des internautes.
Les secrets de la Contrescarpe
Publié le 31.07.2026 à 11:05
IA et conflit d’intérêt : pourquoi Cédric O a perdu en justice

Cédric O, l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron et l’ancien ministre chargé du numérique, n’a pas manqué de raisons d’être comblé ces dernières années. Cet ex-DSK boy, passé par HEC, fait partie des cofondateurs de Mistral AI – dans laquelle il investit 176,10 euros au départ, via son cabinet Nopeunteo quelques mois seulement après son départ du gouvernement en 2022. Aujourd’hui, ses parts dans Mistral sont valorisées plusieurs dizaines de millions d’euros. En septembre 2023, cet ardent partisan de la dérégulation de l’intelligence artificielle auprès des pouvoirs publics français et de Bruxelles est nommé « expert » au « comité de l’intelligence artificielle » lancé par la Première ministre Elisabeth Borne. Il y siège comme « autorité qualifiée », sans que sa participation à l’entreprise Mistral AI ne soit mentionnée.
Ce mélange des genres suscite de nombreuses critiques, notamment dans la presse, dont celles très explicites de Bertrand Burgalat, président du Syndicat national de l’industrie phonographique, au point que Cédric O décide d’assigner en justice ce dernier qui l’a notamment accusé sur l’antenne de BFM Business en mars 2024 de « prise illégale d’intérêt » [à 4 minutes 28 dans la vidéo disponible plus loin] : « on est quand même dans quelque chose qui relève du pénal », avait ajouté le producteur et président du SNEP. Portant plainte pour diffamation, l’ex-ministre lui réclame alors 50 000 euros en réparation de son préjudice moral… Lors de l’audience, Cédric O a expliqué que Burgalat l’avait personnellement attaqué et mis en cause sa probité parce qu’il ne partageait pas ses idées, ce qui était contraire à sa propre conception du débat…
On ne peut plus débattre sereinement
Publié le 13.07.2026 à 11:08
Les années géorgiennes de Raphaël Glucksmann : un avant-goût de guerre
Le 13 juin dernier, lors du meeting de Raphaël Glucksmann à Aubervilliers, des drapeaux géorgiens flottaient en nombre dans le public, sans que les commentateurs politiques ne le remarquent. C’est pourtant une référence aux années géorgiennes du jeune Glucksmann entre 2009 et 2013, qu’on peut voir en action dans ce reportage de France 24. Ce week-end, Le Monde a publié un long papier sur cette période : « Raphaël Glucksmann, une éducation politique passée par la Géorgie ».
Pour le candidat à la présidentielle, c’était une autre époque : entre ces deux dates, il s’est mis au service de Mikhaïl Saakachvili, alors président de la Géorgie, « à la fois stratège et diplomate, plume et communiquant de luxe », assure d’abord Le Monde dans son article avant d’expliquer que le jeune Glucskmann se retrouve « sous contrat avec le Conseil national de sécurité, qui coordonne, sous l’autorité de la présidence, le travail des affaires étrangères, de la défense et des services de renseignement ».
Et pour cause : comme je l’avais découvert lors d’une précédente enquête, le rôle de Raphaël Glucksmann durant presque quatre ans auprès de Mikhaïl Saakachvili va bien au-delà d’une simple fonction de relations publiques, et se rapproche davantage d’un « consultant en révolution », comme il se présente alors lui-même. Car sur cette période, Raphaël Glucksmann se retrouve au cœur de discussions sur l’importation d’armes par la Géorgie, des éléments qui ont été oubliés par Le Monde. Au printemps 2024, j’avais bien évidemment demandé à plusieurs reprises des réactions à mes informations aux équipes de campagne de Raphaël Glucksmann : malgré mes relances – y compris sur son propre téléphone –, le candidat aux européennes avait alors choisi de ne pas commenter. Voici les éléments :
Ses années géorgiennes, un avant-goût de guerre

Leur première rencontre date de 2004, à Kiev. En pleine révolution orange ukrainienne, Raphaël Glucksmann tourne un documentaire sur les mobilisations contre Moscou. De son côté, Mikhaïl Saakachvili, alias « Micha », a été élu président de Géorgie quelques mois plus tôt. Entre les deux hommes, c’est un coup de foudre. Et un même vœu : que les anciennes républiques soviétiques se rapprochent de l’Occident.
Les années suivantes, le jeune Glucksmann multiplie les voyages à Tbilissi, la capitale géorgienne, séjournant souvent à l’hôtel Ambassadori, à deux pas de la présidence. L’ambiance du tout nouveau régime le happe.
En août 2008, alors que les troupes russes envahissent la Géorgie après que Saakachvili a décidé de récupérer l’Ossétie du Sud par la force, Raphaël Glucksmann soutient le pays dans Libération : « Certes Saakachvili n’est pas Gandhi, mais sous son impulsion, la Géorgie a changé de visage. La corruption a été presque réduite à néant, les journalistes étrangers y jouissent d’une liberté totale, les élections s’y déroulent sous le contrôle des organisations internationales, l’économie décolle sans rente pétrolière, le gouvernement est formé de jeunes gens dont la double nationalité américaine, anglaise ou israélienne fait ressembler Tbilissi à une Babel occidentale plantée au cœur du Caucase. »
Avec son père, André Glucksmann, le jeune Raphaël avait soutenu l’atlantiste Nicolas Sarkozy à la présidentielle 2007. Mais, en août 2008, si le président français sauve le régime de Saakachvili en négociant un cessez-le-feu, il confie de fait à Vladimir Poutine l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Insupportable pour Raphaël Glucksmann, qui milite alors auprès des néoconservateurs parisiens, ceux de la revue Le Meilleur des mondes et du cercle dit de l’Oratoire, comme le philosophe Pascal Bruckner ou le cinéaste Romain Goupil, qui ont soutenu l’intervention américaine en Irak.
Opérations de lobbying
Du jour au lendemain, Glucksmann débarque en Géorgie. « Raphaël était là par conviction antirusse, mais il n’était pas un agent américain », tient à préciser un Français qui l’a côtoyé en Géorgie et qui connaît les fantasmes suscités par son parcours : « Il a de vraies convictions, il aime être dans le fond de l’action. » Reste que les Américains sont alors omniprésents en Géorgie et que le jeune conseiller de « Micha » a forcément dû composer avec eux.
Modeste conseiller technique, simple plume, ou conseiller du soir ? Non, « conseiller spécial » du président, assure un habitué du palais présidentiel géorgien. Raphaël Glucksmann « passait entre dix-sept et dix-huit heures par jour avec Saakachvili, il était en permanence avec lui, c’était son ombre ». Il lui est arrivé de rencontrer en personne Madeleine Albright, chargée de représenter Barack Obama. À l’ambassade française, cette omniprésence n’échappe à personne. À la fin de ses années 2000, Glucksmann est comme chez lui en Géorgie. Il connaît tous les ministres, responsables politiques, haut gradés et chefs d’état-major.
Un tropisme militaire car les Russes menacent, et le président Saakachvili veut augmenter ses capacités militaires et renouveler son armement dans le cadre de l’Otan. Les premières discussions en ce sens commencent un an avant la guerre de l’été 2008, notamment avec des acteurs français de la défense, et se prolongent ensuite tant bien que mal.
Après les accords obtenus par Sarkozy entre Russes et Géorgiens, un embargo sur les armes, certes officieux mais bien réel, est instauré contre Tbilissi : Moscou veille à interdire toute importation d’armes dans la petite république du Caucase. Si les alliés occidentaux n’ont pas officiellement apporté leur soutien à cet embargo, dans les faits, ils le respectent, de peur de mécontenter Poutine.
Au cœur des discussions, la modernisation des avions soviétiques Sukhoï Su-25 ou d’hélicoptères.
La Géorgie doit donc mobiliser des canaux parallèles pour récupérer des armes, anticipant une nouvelle offensive russe. Devenu conseiller du président Saakachvili en janvier 2009, Glucksmann organise de nombreuses réunions entre des généraux et des financiers géorgiens ainsi que des marchands d’armes à la présidence et permet aux mêmes de visiter une base militaire. Lors de ces rencontres, Glucksmann reste discret : il est d’abord les yeux et les oreilles du président, lui transmettant des comptes rendus détaillés. Au cœur des discussions, la modernisation des avions soviétiques Sukhoï Su-25 ou d’hélicoptères.
Pour contourner l’embargo russe, Glucksmann et ses amis géorgiens entament des discussions avec ATE, une discrète entreprise d’armement proche du groupe Dassault et des milieux de défense israéliens, cofondée par deux Français en Afrique du Sud au beau milieu de l’apartheid dans les années 1980, et qui s’est fait une spécialité de contourner les embargos.
Les Sud-Africains se sont spécialisés dans la modernisation de matériels russes. Dans les années 1990, ils en ont fourni à l’Algérie pour combattre le GIA. Raphaël Glucksmann le savait, lui qui avait fait un stage de journalisme au Soir d’Algérie et dont le père était proche des généraux du régime algérien.
À cette époque, Glucksmann se rend régulièrement à Paris. Il côtoie les réseaux franco-géorgiens et multiplie les rendez-vous dans les palaces, parfois au Plaza Athénée, pour faire avancer les dossiers d’armement de la Géorgie. Il rencontre Alexandre Vulic, conseiller de Pierre Lellouche, secrétaire d’État aux Affaires européennes, au cœur des réseaux franco-américains, et assure le lien avec Mamuka Kudava, ambassadeur géorgien en France, tout en mettant en œuvre un lobbying intense auprès des pouvoirs publics et des médias. Un activisme présenté, aujourd’hui, par son entourage comme une « résistance à Poutine ».
Des connexions à… Washington
Pour cette dernière mission, il s’aide de son ami Félix Marquardt, rencontré chez ses parents. Cet Austro-Américain, lobbyiste et communicant, grand mondain à Paris, conseillait aussi Saakachvili et organisait des voyages en Géorgie à l’époque. En octobre 2010, les deux compères publient dans Le Figaro une tribune s’interrogeant sur l’émergence de la Chine. Le même mois, Félix Marquardt organisait à Paris un grand dîner en l’honneur de Noursoultan Nazarbaïev, président autocrate du Kazakhstan, en présence d’une partie de l’élite politico-industrielle française.
La « Géorgie connexion » de Glucksmann serait incomplète si l’on oubliait la lobbyiste Zoé Reyners, qui l’aide actuellement pour sa communication politique : il y a quinze ans, cette dernière travaillait déjà pour sa société Noé Conseil afin de faire connaître la Géorgie à l’opinion publique occidentale. Elle aussi a eu un coup de foudre : naturalisée géorgienne, Zoé Reyners s’envole un temps à Washington pour travailler à l’ambassade de la petite république, avant de devenir l’assistante de Saakachvili.
Mais quand « Micha » perd les législatives de 2012, Glucksmann retourne à Kiev, participant aux manifestations d’Euromaïdan, en compagnie de son épouse de l’époque, Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur de Géorgie entre 2005 et 2012, devenue vice-ministre en Ukraine, elle qui avait bénéficié d’une bourse américaine pour faire ses études aux États-Unis. Si l’on en croit Le Monde, Raphaël Glucksmann se décrit alors comme « consultant en révolution ».
Publié le 27.06.2026 à 16:30
Le fantôme de Benalla à LVMH inquiète jusqu’à l’Élysée

Cela fait bientôt trois ans que le géant du luxe LVMH vit au gré des articles de presse sur la famille Arnault. La succession du patriarche, Bernard Arnault, 77 ans, est dans toutes les têtes, excitant les convoitises et suscitant la curiosité des journalistes. Au point que l’épouse du milliardaire, Hélène Mercier-Arnault, pianiste concertiste, a profité de la sortie de son dernier album pour multiplier ces derniers mois les interviews dans les médias, histoire de faire valoir son point de vue. Et pour elle, pas de doutes, c’est bien Xavier Niel, compagnon de Delphine Arnault, qu’elle surnomme « El Diablo », selon un article de Sophie des Déserts dans Libération, qui est derrière toutes ces publications de presse ciblant sa famille. Xavier préfère s’amuser de telles accusations, comme L’Obs l’a écrit au printemps. Une vraie telenovela.
Depuis des mois, tout Paris glose sur l’affrontement qui opposerait les fils d’Hélène Mercier-Arnault – Alexandre, Frédéric et Jean – et leurs aînés issus d’un premier mariage, Delphine et Antoine. Mais pour la matriarche, comme elle n’a cessé de l’affirmer dans ses interviews, cette présentation est inexacte, la fratrie reste unie coûte que coûte. Tous les enfants Arnault ont des fonctions dans le groupe. Tous ont pris la parole lors de la dernière assemblée générale fin avril 2026 où leur père a ironisé devant les actionnaires : « Est-ce qu’ils ont l’air très ambitieux ? ».
La guerre de l’ombre des communicants
Dans l’ombre, le groupe est surtout le théâtre d’une guerre féroce de communicants où tous les coups sont permis. Depuis l’automne, et jusqu’à il y a encore quelques jours, Hélène Mercier-Arnault, qui est par ailleurs une amie de Brigitte Macron, était conseillée dans son offensive médiatique par Louis Jublin, l’ancien conseiller com’ de Gabriel Attal à Matignon. Et comme le souligne Politico début mai, « entre Jublin et Jean-Charles Tréhan, directeur des relations extérieures au groupe, qui ont longtemps été proches, allant jusqu’à se dire amis, la rupture est déjà consommée ».
Dans cette même suite de « confidentiels », Politico écrit : « Jublin en est persuadé : les communicants de LVMH feraient carrément circuler à nouveau l’histoire, vieille d’il y a quelques années, de photos de lui prenant de la cocaïne lors de fêtes, dont il reconnaît l’authenticité. Un épisode passager, assure-t-il, lié à un épisode personnel douloureux et désormais loin derrière lui ». On se pince. Ces confidentiels Politico sont alors alimentés par un « conseiller de LVMH » anonyme, comme il est écrit.
Une véritable guerre d’influence entre « amis », car d’autres noms dans le « dossier » apparaissent, avec pour point commun de s’être fréquentés dans un récent passé. Les joies du microcosme parisien… Ainsi, en avril, dans l’article que L’Obs consacré à LVMH peu de temps avant l’assemblée générale du groupe, on apprend également qu’Anastasia Colosimo, l’ex-conseillère presse internationale à l’Élysée, connaissance commune des deux communicants, a essayé de jouer les médiatrices entre eux…
Dans ce contexte, les nerfs sont donc à vif, et c’est un article de La Lettre, du 1er décembre 2025, qui va finir par enflammer tout ce beau monde. La feuille confidentielle y affirme qu’Alexandre Benalla, l’ex-chargé de mission de l’Élysée, a travaillé par le passé pour Frédéric Arnault, quand ce dernier dirigeait le fabricant de montre Tag Heuer, sur des « missions de renseignement d’affaires » à l’international mais aussi pour « protéger au mieux sa propre image ». Forcément, l’article fait le tour des rédactions et du petit Paris des affaires. Et chez LVMH, les ennemis de Frédéric Arnault , qui dirige maintenant Loro Piana à Milan, se délectent et tentent d’utiliser cet article auprès de son père pour décrédibiliser le potentiel héritier.
Il est vrai que dans le monde si feutré du luxe, la seule évocation du nom d’Alexandre Benalla semble incongrue. Dans l’article, on apprend que les journalistes de La Lettre ont réussi à joindre l’ex-chargé de mission de l’Élysée et que ce dernier a confirmé en partie leurs infos. Il « affirme en revanche avoir toujours refusé d’effectuer les missions franco-françaises que lui a soumises Frédéric Arnault », écrit alors La Lettre.
Le démenti écrit d’Alexandre Benalla
Et pourtant, les choses ne se sont peut-être pas passées ainsi. Avec un certain empressement, et non sans crainte, Alexandre Benalla, dans les jours qui suivent la publication de l’article, va écrire de sa propre plume un assez long mail à Bernard Arnault dans lequel il explique que les propos qui lui sont attribués par les journalistes sont inexacts et qu’il n’a jamais travaillé « ni directement ni indirectement pour le groupe LVMH, ni pour aucune de ses entités, ni pour M. Frédéric Arnault ». Ajoutant : « C’est précisément la réponse que j’ai apportée aux journalistes qui m’ont interrogé ».
Alexandre Benalla écrit donc à l’homme le plus puissant de France l’exact inverse de ce qu’il a manifestement dit aux journalistes de La Lettre. Pourquoi prendre une telle initiative si les faits relatés dans l’article étaient rigoureusement exacts ? Dans toute cette histoire, qui manipule qui ? Qui « ambiance » ? Aujourd’hui, l’un des deux auteurs de l’article me confirme qu’Alexandre Benalla a bien été appelé en personne et que ce dernier a confirmé leurs informations issues de « deux sources ». Alexandre Benalla avait-il un intérêt à mener en bateau ces journalistes de bonne foi ? A priori aucun, sinon, pourquoi se rétracter quelques jours plus tard ?
Pour tâcher d’y voir plus clair, je contacte l’ancien chargé de mission de l’Élysée, mais ce dernier ne me répond pas quand je lui dis avoir connaissance de son démenti auprès de Bernard Arnault. Pour rajouter dans la bizarrerie, lorsqu’en février dernier, j’ai moi-même contacté par mail Frédéric Arnault au sujet de l’article de La Lettre en lui expliquant que j’avais recueilli des éléments contradictoires sur ce sujet, le jeune dirigeant me répond simplement, comme il l’avait fait auprès des journalistes de La Lettre, n’avoir « jamais rencontré M. Alexandre Benalla et ne lui ai donc jamais confié de mission de renseignement d’affaires ». Frédéric Arnault ne fait alors pas mention du démenti d’Alexandre Benalla, et me renvoie vers le service de presse de LVMH.
Enfin, lorsque je questionne Jean-Charles Tréhan, le directeur des relations extérieures de LVMH – lequel travaille avec Antoine Arnault chargé de l’image du groupe –, celui-ci ne me parle pas non plus de l’existence d’un courriel de Benalla envoyé quelques semaines plus tôt à son patron. Encore plus étrange, le communicant du groupe de luxe me demande alors : « Alexandre Benalla a-t-il fait un démenti après cet article ? » Je constate, comme lui, que l’ex-chargé de mission n’a jamais fait de démenti public après la publication de l’article du 1er décembre.
Les gardes du corps de Xavier Niel
Ce silence chez LVMH s’explique sûrement par d’autres éléments, extérieurs au groupe. Car l’article du 1er décembre de La Lettre dans lequel est évoqué Alexandre Benalla et le fils Arnault, a suscité l’inquiétude à un très haut niveau selon mes informations. Quelques jours avant la publication de l’article, la nouvelle vient aux oreilles de Xavier Niel qui ne prend pas le dossier à la légère. Car à l’époque, ses propres gardes du corps, Djamel et Issam, ont été mis à sa disposition par Alexandre Benalla. C’est du moins ce que m’affirme ce dernier, six mois avant la publication de l’article de La Lettre alors que j’enquête sur un tout autre dossier.
Travaillant aujourd’hui entre la France et la Suisse, Alexandre Benalla a monté sa propre société de conseil, Comya Group, et il travaille avec plusieurs prestataires de sécurité et de cybersécurité. Sur son site internet, Alexandre Benalla explique que son « cabinet de conseil stratégique (…) compte d’anciens officiers de la DGSE, du SAS britannique et du Special Boat Service », et qu’il propose notamment un « conseil en protection rapprochée pour chefs d’État, dirigeants d’entreprise et personnes fortunées. Sûreté des déplacements et devoir de protection ».
Aujourd’hui, l’ancien homme de confiance d’Emmanuel Macron est beaucoup moins catégorique sur le fait qu’il ait pu travailler pour le milliardaire des télécoms et affirme, auprès de proches, ne connaître les deux gardes du corps que du temps de la campagne présidentielle de 2017. Tous deux faisaient partie de l’équipe de sécurité du candidat Macron, que Benalla dirigeait alors. En attendant, selon mes informations, Xavier Niel a fait appeler ce dernier par ses gardes du corps pour savoir si « l’info » propagée par les questions des journalistes de La Lettre était vraie. Contacté sur ces éléments, Xavier Niel n’a pas réagi.
Quand Emmanuel Macron s’en mêle
Mais l’histoire n’est pas finie, car peu de temps avant la publication de l’article de La Lettre, Alexandre Benalla reçoit également deux coups de fil d’Emmanuel Macron qui s’inquiète de voir son ancien collaborateur travailler pour LVMH, et lui demande de se tenir loin de tout cela. À chaque fois, l’ex-chargé de mission explique qu’il ne travaille pas avec Frédéric Arnault, qu’il ne le fréquente pas, et que tout cela n’est qu’une fake news. En attendant, l’intéressé n’a pas fait de démenti public.
Il est utile de rappeler que la société de renseignement économique Forward Global qui travaille pour LVMH, mais aussi Louis Jublin, ex-chargé de com’ à Matignon d’Attal, ou Anastasia Colosimo, ex-conseillère d’Emmanuel Macron, ont tous pu travailler par le passé avec certains des soutiens historiques d’Alexandre Benalla. A Genève et Paris, dans les beaux quartiers les folles rumeurs vont bon train. Mais cet intérêt du président de la République pour son ancien chargé de mission, et le fait qu’il prenne du temps pour intervenir dans un dossier privé et y démêler le vrai du faux, est une nouvelle preuve de l’implication des Arnault et de Niel dans le pouvoir.
Je profite de cet article pour annoncer la publication à la rentrée de mon livre « La Place de Paris.» aux éditions du Seuil. Dans ce nouveau livre d’enquête, j’évoque notamment les grandes familles, la dérégulation de la finance par Mitterrand, l’histoire de certains des milliardaires français, leurs envies de politique (très à droite) à quelques mois de la présidentielle, mais aussi la French Tech et la BPI, les grands patrons, le fonctionnement actuel et passé de la place économique et financière de Paris, et enfin le « monde de la finance » cher à François Hollande, notamment le private equity, ou certaines des grandes batailles récentes comme Atos. Pour cet ouvrage, sur lequel j’ai travaillé pendant trois ans, j’ai rencontré de nombreuses figures de la place qui ont accepté d’être citées et plus d’une centaine d’interlocuteurs m’ont aidé.
Et pour soutenir mon travail d’enquête, vous pouvez vous abonnez à ma newsletter en version payante (ou y contribuer en optant pour un abonnement de soutien).
Publié le 11.06.2026 à 18:03
Entre Trump et Starmer, fritures sur la ligne
« No alliance lasts forever » (« Aucune alliance n’est éternelle »). Ce banc-titre apparaît dans le générique de la troisième saison de « La Diplomate », qui a pour héroïne une ambassadrice américaine à Londres, diffusée à l’automne dernier sur Netflix. Depuis trois ans, le succès de cette série confirme la fascination d’Hollywood pour le pouvoir américain. À moins que ça ne soit l’inverse : dès 2023, les rues de Washington étaient couvertes d’affiches promouvant la première saison, un marketing bien ciblé vers les milliers de fonctionnaires au cœur de la machine de la première puissance du monde. Aux manettes, la scénariste Debora Cahn a travaillé pour les séries fameuses « À la maison Blanche » et « Homeland » et a l’habitude de multiplier les interviews « off » auprès de diplomates, d’espions, de hauts fonctionnaires, pour préparer ses scénarios.
Aucune alliance n’est éternelle ? L’effet dramatique est évident, mais il n’est pas si farfelu : depuis le Brexit – cela fera dix ans ce 23 juin – la « relation spéciale » entre le Royaume-Uni et les États-Unis n’a cessé de se disjoindre : derrière l’alliance sécuritaire – notamment dans le nucléaire militaire et le renseignement électronique – les divergences stratégiques se multiplient entre les deux pays depuis une dizaine d’années. Le révélateur Trump de ces dernières semaines dévoile comme souvent un état de fait plus profond.
Le sacro-saint point de vue français
Publié le 25.05.2026 à 20:08
Au Quai, la valse des ambassadeurs différée par l'Élysée : dispute autour du poste en Israël
Traditionnellement, le Quai d’Orsay procède à deux grands mouvements d’ambassadeurs chaque année, l’été et l’hiver. Les annonces des nominations se font au printemps et à l’automne. Mercredi dernier, justement, aurait dû être annoncée une série de mouvements, concernant une vingtaine de postes, selon mes informations. Si aucune grande ambassade (Washington, Londres, Berlin, UE) n’était concernée, plusieurs nouvelles nominations portaient sur des pays sensibles dans le contexte géopolitique actuel : le Canada, les Émirats Arabes Unis, l’Ukraine, et enfin Israël.
Selon mes informations, auraient dû être nommées les personnes suivantes :
Publié le 28.04.2026 à 22:57
Aux origines de la stratégie Křetínský
Il est encore jeune, Daniel Křetínský (50 ans), et pourtant, en quelques années à peine, ce milliardaire tchèque francophone est devenu un pilier de la place de Paris. Celui qu’on décrit comme un amoureux de la France (il a fait des études de droit à Dijon), n’est pas qu’un financier froid et opportuniste, qui serait surtout avide de bons coups. Pourtant ses investissements tous azimuts dans les médias (Marianne, Franc-Tireur, Loopsider, la chaîne T18, et une participation dans TF1), dans l’édition (Éditis), la grande distribution (Casino, Fnac Darty), et dans l’énergie (Uniper, et bientôt TotalEnergies dont son groupe sera l’un des principaux actionnaires), rendent sa stratégie illisible aux yeux de bon nombre d’acteurs français. Pour y voir plus clair, il faut revenir en arrière…
À la table des Macron, apprécié des Arnault
Publié le 15.04.2026 à 18:29
Comment CMA-CGM compte racheter le groupe M6 plus vite que prévu
Depuis février, la nouvelle se répand dans les états-majors des médias français : le groupe M6, qui compte plusieurs chaînes de télévision (principalement M6, W9 et Paris Première) et plusieurs radios (RTL, RTL2, Fun Radio), pourrait bientôt être de nouveau à vendre. Son propriétaire, le groupe allemand Bertelsmann (qui le détient depuis la fin des années 1990), avait déjà tenté la vente en 2022, mais avait alors échoué devant de multiples contraintes réglementaires.
Multiples verrous dans les prochaines années ?
Publié le 02.04.2026 à 21:30
La communication financière d'Atos sous investigation de la justice
On a assisté à un bien étrange chassé-croisé ce mardi 31 mars : d’un côté, l’AFP annonçait que l’État avait finalisé pour 404 millions d’euros le rachat auprès d’Atos de son entité de supercalculateurs, de nouveau dénommée Bull, nom historique de cette activité. De l’autre, on apprenait dans Le Monde, que le groupe Atos, déjà objet d’une enquête pour corruption et abus de bien social, était la cible d’une nouvelle enquête du Parquet National Financier (PNF), pour diffusion d’informations trompeuses sur sa situation financière, suite à un signalement de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). « La communication du closing entre l’État et Atos sur les supercalculateurs a fait réagir le PNF qui a souhaité communiquer lui aussi », croit savoir un acteur important du dossier Atos.
Signalements à l’AMF dès l’été 2023
La justice s’intéresse en particulier à la communication d’Atos lors du dévoilement aux marchés financiers, à l’été 2023, d’un projet de scission du groupe informatique en deux entités, et la reprise de l’une d’elles par le milliardaire tchèque Daniel Křetínský. Comme je l’avais révélé à l’époque dans plusieurs articles, le plan annoncé par la direction d’Atos comportait de nombreuses incohérences dans sa présentation financière, et beaucoup d’observateurs – tant les salariés que certains actionnaires ou acteurs du marché – dénonçaient l’opacité et l’invraisemblance d’une telle communication. Suite à de nombreux signalements auprès de l’AMF, le gendarme de la Bourse a donc considéré, après de premières investigations, que les faits reprochés – une éventuelle communication intentionnellement trompeuse – pourraient relever du pénal. L’institution de contrôle a donc décidé d’alerter le PNF. Contactés, ni l’AMF ni le PNF n’ont souhaité faire de commentaires.
Pour Atos, l’ouverture de cette enquête supplémentaire est bien sûr une très mauvaise nouvelle. Depuis 2023, les signalements se multiplient sur l’insincérité de la communication financière du groupe, malgré les changements de direction. « Il y a une connexité des faits. L’enquête ne va pas se limiter à l’été 2023 », m’assure l’un des auteurs de ces signalements.
À l’automne 2023, le banquier d’affaires René Proglio, jusqu’alors administrateur indépendant d’Atos, avait lui-même produit un signalement auprès de l’AMF. Peu de temps après, il avait également été auditionné longuement par la gendarmerie dans le cadre de la première enquête du PNF. Maintenant que la seconde enquête sur la diffusion d’informations trompeuses est ouverte, c’est toute la communication financière du groupe depuis bientôt trois ans qui risque d’être mise en doute par les marchés. Contacté dès hier, la direction de communication d’Atos m’assure en cette fin d’après midi vouloir répondre à mes questions demain en fin de journée.
Doutes sur les dernières communications financières
En effet, plusieurs actionnaires d’Atos et acteurs de la place que j’ai interrogés émettent déjà des doutes sur la dernière communication datant du 6 mars sur l’exercice financier 2025 d’Atos. Dès la fin mars, le blog Atos a mis les pieds dans le plat dans un article tonitruant dont il a l’habitude : « EXCLU Blog : nous lançons une alerte sur une possible communication trompeuse d’Atos ». L’auteur du blog, Marc Prily, qui suit le dossier Atos depuis de nombreuses années a récemment gagné en justice contre l’entreprise qui avait décidé d’engager des poursuites judiciaires à son encontre.
Et Marc Prily de pointer une première évidence : Atos dans sa communication financière du 6 mars se réjouit de signes de reprise du commerce B2B (Business-to-Business) en se fondant sur le quatrième trimestre 2025. Or, sur cette période, le groupe a bénéficié de la signature d’un marché de 354,8 millions d’euros avec le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) pour la construction d’un futur supercalculateur (dénommé Alice Recoque)… Dans les prochains mois, cet argent ne tombera donc pas dans les poches d’Atos mais dans celles de Bull désormais étatisé.
De mon côté, des critiques que je recueille à l’encontre de la situation financière d’Atos, ressortent principalement trois grands axes :
le groupe affiche une perte nette de 1,404 milliard d’euros, soit une baisse organique de 13,8 %, avec une variation nette de cash de –326 millions d’euros, et la consommation de 88 % du plan d’économies triennal Genesis en moins d’un an.
l’amélioration de marge s’est faite dans un contexte de baisse de revenus, de réduction des coûts, de sortie de pays, de revue de portefeuille de contrats et d’incurrence accélérée d’une large part de l’enveloppe de restructuration de 700 millions d’euros. Enfin, le book-to-bill1 annuel de 89 % reste, par définition, inférieur à 100 %, donc inférieur à ce qu’exigerait une véritable logique de reconquête sur une base consolidée.
selon des données internes collectées pour janvier et février 2026, le book-to-bill d’Atos France tomberait à 54 % en janvier et en février. Les contrats “red & black” qui désignent, en pratique, des contrats internes classés comme sous-rentables ou destructeurs de valeur suscitent également des interrogations.
Ces données n’empêchent pourtant pas Philippe Salle, PDG d’Atos, de se réjouir de la situation de son groupe : « Nous avons atteint ou dépassé nos objectifs financiers et amélioré la rentabilité du Groupe et la génération de trésorerie, assure le dirigeant dans son communiqué officiel. Nous avons renforcé les fondamentaux de notre modèle opérationnel le rendant plus résilient et axé sur la performance. D’importants succès commerciaux, une reconnaissance sectorielle et des positions de marché solides témoignent d’un regain de confiance croissant de nos clients dans l’ensemble de nos activités. »
L’assèchement du pipe de commandes
Or, malgré quelques signes encourageants à la fin d’année, dès l’été et l’automne 2025, les indicateurs virent au rouge écarlate. Aucun d’entre eux ne confirme alors un redressement : malgré les différentes opérations de communication de la direction, le cours de bourse ne remonte pas suffisamment, il végète à un niveau résiduel, sans rapport avec les valorisations de 2020 ; les prévisions de chiffre d’affaires 2025 sont une nouvelle fois revues à la baisse de plus de 700 millions d’euros ; la marge opérationnelle visée tourne alors autour de 3 %, là où elle dépassait 6 % il y a quelques années ; surtout, le book-to-bill s’affaisse alors autour de 66 %, révélant l’assèchement du pipe de commandes ; le PSE (Plan de Sauvegarde l’Emploi) est retoqué par l’auditeur social pour ses ciblages ad hominem et ses catégories artificielles (ce PSE est contesté par la CGT) ; l’omerta sur le cash persiste : les communications financières de l’entreprise sont « nettes de » – grâce notamment à l’affacturage, cette opération qui permet à une entreprise de céder ses créances clients (factures) à un organisme spécialisé pour obtenir un financement immédiat, améliorant sa trésorerie, ou grâce aussi aux effets de change entre les différents pays où Atos est présent –, sans vue claire au final de la trésorerie disponible ni du BFR (Besoin de fonds de roulement2).

Le tableau est donc celui d’une entreprise en déliquescence accélérée, pas d’un groupe en voie de stabilisation. Pour maintenir financièrement à flot le bateau Atos, la direction joue en fait sur les coûts, et non sur l’activité qui se retrouve en forte baisse. Lors de la communication financière du groupe sur le troisième trimestre 2025, la baisse du chiffre d’affaires est particulièrement marquée sur les marchés de l’Amérique du Nord (– 28,8 % sur un an) et du Royaume-Uni/Irlande (– 30,5 %). C’est une chute significative, car la plupart des contrats d’Atos sont des contrats de long terme auprès d’entreprises dans lesquelles le groupe informatique envoie des équipes d’informaticiens détachés. Il est donc très rare qu’Atos soit confronté à des fortes variations de ce genre. « C’est simple, c’est du jamais vu ! », s’exclame l’ancien haut cadre que j’ai interrogé. Et cette situation s’est maintenue en fin d’année :

Pour contourner ces chiffres et ces faits, les communicants d’Atos affichent un optimisme déroutant, comme lorsqu’ils doivent justifier cette baisse soudaine du chiffre d’affaires pour l’Amérique du Nord dans le rapport financier de l’automne : « Cette baisse s’explique principalement par les sorties de contrats intervenues en 2024 et par une nette réduction de périmètre de certains clients existants. L’activité ne bénéficie pas encore de l’amélioration de la dynamique commerciale, même si des signes de reprise sont perceptibles, avec une hausse des prises de commandes d’une année sur l’autre ».
L’État en plein manquement ?
Dans ce contexte particulièrement incertain pour l’avenir d’Atos, le comportement de l’État interroge. Pourquoi l’Agence des Participations de l’État (APE), en charge du rachat des activités supercalculateurs n’a pas souhaité négocier de nouvelles conditions auprès de la direction d’Atos, alors que les hauts fonctionnaires de Bercy ont reçu de nombreuses alertes concernant la situation économique du groupe ? Pourquoi ce rachat a-t-il été décalé d’un mois (6 avril au final) ? L’État, en continuant d’avancer sur l’achat des activités supercalculateurs d’Atos sans exiger de vérification indépendante, ne s’est-il pas placé lui-même en situation de manquement majeur ?
À toutes ces questions, l’APE et le service de presse de Bercy m’ont répondu : « pas de commentaire ». Absence de réponse également de la part du ministre de l’Économie, Roland Lescure, que j’ai interrogé via sa messagerie whatsapp (pour être précis, il m’a répondu tôt ce matin à 5h59 avant d’effacer son message que je n’ai donc pu lire). Selon mes informations, la commission d’enquête parlementaire sur les « fonds spéculatifs dans la production nationale » compte bien obtenir des réponses à ces questions en s’emparant dans les prochains mois du dossier Atos.
L’État a donc décidé d’engager 404 millions d’euros d’argent public et sa signature sans être certain de la base informationnelle du dossier. L’absence de toute réévaluation complète de l’opération par Bercy et l’opacité autour de la doctrine exacte qui a conduit l’APE à poursuivre ce calendrier après le 6 mars 2026 ne peuvent que susciter les interrogations. L’État ne serait pas seulement un acheteur mal informé ; il serait l’autorité qui a décidé de ne pas savoir.
À relire :
Novasco, Atos : l’Etat plutôt complique qu’otage, The Big Picture, 10 janvier 2026.
Atos : « la bombe », le banquier et la justice, The Big Picture, 12 juin 2025.
« Qui veut la peau du groupe ? » : Atos, une liquidation qui ne dit pas son nom, Marianne, 30 janvier 2025.
Le géant informatique Atos bientôt liquidé aux frais de la princesse ? Marianne, 25 mai 2024.
Atos : la fuite en avant de Meunier et le bal des prédateurs, The Big Picture, 26 septembre 2023.
Atos / Eviden, les doutes de « la place de Paris », The Big Picture, 2 août 2023.
Rien ne va plus chez Atos : vers un démantèlement ? The Big Picture, 31 juillet 2023.
Le fiasco du projet de découpage d’Atos, The Big Picture, 15 avril 2023.
À écouter :
Atos, comment échouer dans un domaine à succès, France Culture, 7 mai 2023.
Le Book-to-bill désigne un ratio couramment utilisé dans le secteur industriel, en particulier dans le domaine des semi-conducteurs et de la haute technologie. Le ratio book-to-bill correspond au rapport entre les nouvelles commandes signées par l’entreprise (Bookings) et les facturations enregistrées au cours d’une période donnée (Billings), indiquant la dynamique commerciale. Un ratio > 1 signifie plus de commandes que de ventes (expansion), < 1 l’inverse (ralentissement), et peut correspondre à un risque d’épuisement du carnet de commandes.
En finance, le BFR est l'argent nécessaire pour financer le cycle d'exploitation (stocks, créances clients) avant que les ventes ne rapportent. Autrement dit, le BFR est la mesure des ressources financières qu'une entreprise doit mettre en œuvre pour couvrir le besoin financier résultant des décalages des flux de trésorerie correspondant aux décaissements (dépenses d'exploitation nécessaires à la production) et aux encaissements (commercialisation des biens et services) liés à son activité.
Publié le 21.03.2026 à 11:50
Rachida Dati, l'intouchable de la Macronie

Dans une récente dépêche, la très officielle AFP croit savoir qu’Emmanuel Macron a toujours été séduit par l’aspect « transgressif » de Rachida Dati. Pourtant, ce jugement est loin d’expliquer le poids que la candidate à la mairie de Paris continue à avoir auprès de l’Élysée. Pour quelles raisons Dati semble intouchable en Macronie ?
Dans son article, l’AFP assure également que la mise en avant de Rachida Dati par le « Château » serait l’un des signes principaux de la « droitisation » du président de la République. Passons sur le fait qu’Emmanuel Macron a, dès 2017, toujours plus regardé sur sa droite que sur sa gauche. Surtout, les relations sont anciennes entre la Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy et le président Macron… Il faut pour le comprendre, revenir à la campagne présidentielle de 2017.










