Directeur de la stratégie numérique de la ville d’Échirolles
Un blog furtif
Publié le 29.12.2025 à 14:35
Publié le 05.09.2025 à 10:38
Service public et logiciels libres : le verre à moitié plein
Publié le 21.04.2025 à 13:24
Indépendance des organisations politiques et syndicales en France
Publié le 30.03.2025 à 23:16
L’université d’Utrecht aux Pays-Bas, appelle à une transition vers l’autonomie numérique
Publié le 30.12.2024 à 01:45
Publié le 06.12.2024 à 21:29
Publié le 29.12.2025 à 14:35
Le passage au libre permet de disposer d’une informatique efficace, stable, rapide, sûre et économique. Et ce n’est pas une vue de l’esprit : à Échirolles, nous l’avons fait en un mandat (6 ans, donc).
Quelques réalisations :
Côté réseau : nos propres adresses IP, nos routeurs BGP, un cœur de réseau refait à neuf.
Côté infrastructure : du Single Sign-On (LemonLDAP-ng), un passage de VMWare à Proxmox pour la virtualisation des serveurs (et une infrastructure doublée), une VOIP et des interphones libérés.
Côté environnement : une réduction drastique de la consommation électrique et des achats de matériel.
Côté sécurité : un PFSense, des Vlans revus, des DMZ différenciées par usage, des données protégées, hébergées sur nos serveurs.
Côté bureautique : des outils libres, robustes et auto-hébergés. Un passage à Linux qui nous a protégé du scandale écologique Windows 11.
Côté formation : 39 sessions de formation aux outils numériques.
Côté partenaires : la création d’un événement (AlpOSS) et de deux réseaux (Alpes Numérique Libre et France Numérique Libre).
Côté inclusion : des médiateurs numériques qui interviennent partout sur le territoire (maisons des habitants, maison des associations, etc.)
Côté communication : un serveur Peertube, la diffusion en direct du conseil municipal avec 100% de logiciels libres, des écrans d’affichages municipaux libres, des kiosques en libre accès, l’équipement en visioconférence de salles de réunions.
Côté équipe : un niveau technique impressionnant, une équipe féminisée et inclusive.
…et j’en oublie forcément.
→ Le résultat, 5 après le lancement du schéma directeur « Échirolles Numérique Libre » ?
Moyennant une seule authentification, depuis la maison et sans VPN j’accède, via notre Intranet (un WordPress créé en interne et synchronisé avec notre serveur de fichiers), aux outils qui me permettent de travailler en transversalité… et ça prend 5 secondes.
Des coûts maîtrisés (2,5 millions d’économies en coûts de fonctionnement !).
Un seul incident de sécurité, réglé en une heure.
Plus aucune panne.
Ce mandat s’achève, et quand je regarde en arrière, je mesure l’extraordinaire travail réalisé par la Direction de la Stratégie et de la Culture Numérique de la ville d’Échirolles. Il reste du boulot, évidemment, mais bravo à toutes et tous : ce que vous avez accompli est impressionnant.
Et puis un grand merci à notre élu, Aurélien Farge, qui a initié cette révolution numérique et qui aura vaillamment porté ces projets tout au long du mandat. Un travail immense, là aussi !
Joyeuses fêtes !
Quelques ressources :
- le schéma directeur « Échirolles Numérique Libre (2021-2026) »
- présentation en conseil municipal du bilan 2025 de la stratégie numérique
- le bilan 2021-2025 en version PDF
Image d’illustration : Photo de Annie Spratt sur Unsplash
Publié le 05.09.2025 à 10:38
Service public et logiciels libres : le verre à moitié plein
On a tendance à beaucoup commenter les décisions de ministères qui font le choix de suites bureautiques propriétaires et se préoccupent peu de souveraineté pour leurs propres services. Pourtant, et même s’ils sont peu diserts sur le sujet, plusieurs services de l’État français ont fait le choix d’une mise en œuvre de logiciels libres, et certains depuis bien longtemps.
La Gendarmerie Nationale a fait le choix de la suite bureautique OpenOffice (la référence à l’époque) dès 2005, et entamé sa migration vers Ubuntu à partir de 2008. Même si les prises de paroles sur le sujet n’ont pas été nombreuses (en regard de l’importance du projet), cet exemple est probablement l’un des plus connus dans la communauté, pour le nombre impressionnant de postes clients migrés sous Linux (plus de 70 000).
Au Ministère de l’Intérieur, dans un contexte de rapprochement entre la Police Nationale et la Gendarmerie, on s’interroge. Dès 2012, une étude notable, réalisée par ITEMS International avait pour objectif d’identifier précisément les secteurs logiciels du ministère où l’usage des licences libres permettrait de réaliser des économies, ainsi que les conditions juridiques nécessaires pour y parvenir. Cette étude avait examiné les économies sur le coût global de possession (et pas seulement sur le coût des licences).
Depuis longtemps, la DGFiP (Direction générale des Finances publiques) a fait le choix d’une suite bureautique open source, avec l’adoption progressive de solutions comme OpenOffice puis LibreOffice sur les postes de travail de ses agents. Le groupe de travail MIMO (« Mutualisation Interministérielle pour une suite bureautique Office »), constitué en 2005, a piloté l’intégration d’OpenOffice puis de LibreOffice. Linux est utilisé sur la grande majorité des serveurs. Nextcloud (pour la partie cloud) et Collabora (pour l’édition collaborative) permettent le travail en transversalité. Jitsi et BigBlueButton (visioconférence) ou OpenProject (gestion de projet) sont également disponibles.
Dépendante du même ministère, La DGDDI (Direction générale des Douanes et Droits indirects) a adopté une suite bureautique libre depuis 2006. Elle participe activement au socle interministériel de logiciels libres (SILL), qui préconise une grande diversité de logiciels ouverts pour différents usages administratifs.
À l’Éducation Nationale, on note une orientation de plus en plus nette dans la mise en œuvre de logiciels libres dans les établissements scolaires même si des contrats récents, signés avec Microsoft, on beaucoup fait parler d’eux. Les déclaration de la Direction du Numérique pour l’Éducation (DNE) sur le sujet ont été nombreuses, et montrent une prise en compte progressive des enjeux de souveraineté numérique. Une forge logicielle existe depuis plusieurs années, qui favorise l’émergence de solutions open source, pour et par les enseignants. Enfin un portail d’applications, disponible ici, permet à l’ensemble des personnels de bénéficier de solutions libres.
Le Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt (MAAF) mène depuis plus de 10 ans une stratégie technique intégrant un large usage des logiciels libres. Dès 2008, il a adopté la suite bureautique OpenOffice (puis LibreOffice) pour ses postes de travail et généralisé l’usage du format ouvert ODF (OpenDocument). Le ministère utilise également des logiciels libres pour ses systèmes d’infrastructure, tels que Red Hat pour les systèmes d’exploitation serveurs, ainsi que des outils de gestion électronique de documents (Nuxeo), de workflow (BonitaSoft) et de supervision (Nagios). Par ailleurs, le ministère met à disposition sous licence libre CeCill des composants logiciels dans le domaine de l’information géographique.
Plusieurs préfectures ont aussi fait le choix de solutions libres. On peut citer la préfecture des Landes, assistée par l’ALPI (Agence Landaise pour l’Informatique), celle de l’Isère (qui utilise LibreOffice depuis plus de 10 ans), de l’Aube (suite bureautique et gestion électorale), etc.
Dans les collectivités territoriales, la dynamique autour de solutions libres, ouvertes et souveraines, s’organise. Le collectif France Numérique Libre réunit plus de 300 acteurs de cette transition partout en France (et pas seulement sur le territoire métropolitain), et permet l’émergence d’un véritable réseau autour de ces problématiques.
Au niveau européen, la position du service public dans la mise en œuvre des logiciels libres est reconnue. Un pôle d’expertise dédié aux logiciels libres a été créé à l’intérieur de la DINUM (Direction Interministérielle du Numérique) pour animer et structurer cet écosystème dans le secteur public, y compris avec les collectivités territoriales. Le gouvernement français encourage l’ouverture des codes sources et développe des outils libres pour renforcer la transformation numérique du service public, tout en mettant l’accent sur la mutualisation des compétences et la durabilité des solutions libres.
la France fait figure d’exemple dans l’usage du logiciel libre et l’ouverture des codes. La majorité des États membres de l’Union Européenne ont des politiques formelles sur l’open source, notamment dans le cadre des marchés publics, mais ces politiques sont souvent hétérogènes et parfois infructueuses faute d’ancrage culturel solide dans les administrations et de directives précises. La France, en revanche, bénéficie d’une tradition forte de promotion des logiciels libres dans le secteur public, soutenue par des mesures légales et stratégiques datant des années 2000 et renforcées progressivement (circulaire de 2012, Loi pour une République Numérique de 2016).
L’évolution de la situation géopolitique internationale est à l’origine d’une prise de conscience (récente, mais réelle) des problématiques de souveraineté numérique. Plusieurs responsable politiques se sont exprimés sur ces sujets ces derniers mois dans le cadre, par exemple, de l’enquête sénatoriale sur la commande publique. Les choses pourraient changer plus vite et de façon plus massive mais, dans ce contexte particulier, il me semblait intéressant, pour une fois, de mettre en avant les progrès réalisés dans le domaine.
Image d’illustration : Manu Schwendener sur Unsplash
Publié le 21.04.2025 à 13:24
Indépendance des organisations politiques et syndicales en France
Jusqu’à quel point les structures politiques et syndicales français sont-elles dépendantes de pays étrangers pour leur communication ?
En analysant leurs sites web, j’ai tenté d’identifier les dépendances de chaque organisation selon trois thèmes : l’hébergement du site web officiel, le relais de messagerie pour le nom de domaine correspondant, et les réseaux sociaux mis en avant sur la page principale.
Le niveau de dépendance des partis politiques est généralement élevé. Les syndicats semblent plus sensibles à la problématique de l’autonomie numérique : la plupart des sites et des messageries sont soit auto-hébergés, soit hébergés en France.
Pour les réseaux sociaux, en revanche, les choses sont plus compliquées. Quelques syndicats indiquent des comptes officiels sur des instances Mastodon en France, mais aucun parti politique. Pour le reste, les réseaux américains sont évidemment très présents.
Sites Web des principaux partis politiques en France
Horizons (https://horizonsleparti.fr)
- Hébergement : Clever Cloud ()
- E-mails : Google ()
- Réseaux sociaux : X (), Instagram (), Facebook (), LinkedIn (), Youtube (), Telegram ()
La France Insoumise (https://lafranceinsoumise.fr)
- Hébergement : Scaleway ()
- E-mails : Gandi ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), Instagram (), Youtube (), Telegram (), Twitch ()
Les Écologistes (https://lesecologistes.fr)
- Hébergement : OpenAction ()
- E-mails : OVH (), Google ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), Instagram (), Youtube (), Bluesky (), Mastodon ()
Les Républicains (https://republicains.fr)
- Hébergement : Automattic ()
- E-mails : Scaleway ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), Youtube (), Instagram (), LinkedIn (), Snapchat ()
Parti Communiste Français (https://www.pcf.fr)
- Hébergement : Nation Builder ()
- E-mails : Octopuce ()
- Réseaux sociaux : Tiktok (), Youtube (), Facebook (), X (), Instagram ()
Parti Socialiste (https://www.parti-socialiste.fr)
- Hébergement : Nation Builder ()
- E-mails : Google ()
- Réseaux sociaux : Whatsapp (), Facebook (), X ()
Rassemblement National (https://rassemblementnational.fr)
- Hébergement : OVH ()
- E-mails : OVH ()
- Réseaux sociaux : X (), Facebook (), Youtube (), Instagram (), Telegram (), Tiktok ()
Renaissance (https://parti-renaissance.fr)
- Hébergement : Google Cloud ()
- E-mails : Microsoft ()
- Réseaux sociaux : Telegram (), X (), Instagram (), Facebook (), Tiktok (), Youtube (), LinkedIn ()
UDR (https://www.udr.fr)
- Hébergement : Nation Builder ()
- E-mails : OVH ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), Youtube (), Tiktok (), Instagram ()
Sites Web des principaux syndicats en France
CAT (https://www.c-a-t.fr)
- Hébergeur : OVH ()
- E-mails : OVH ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), Instagram (), LinkedIn ()
CFDT (https://www.cfdt.fr)
- Hébergeur : Amazon ()
- E-mails : BI ()
- Réseaux sociaux : LinkedIn (), Bluesky (), Facebook (), Youtube (), Threads (), Tiktok (), Instagram ()
CFE-CGC (https://www.cfecgc.org)
- Hébergeur : Izencia ()
- E-mails : Microsoft ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), Instagram (), Youtube (), LinkedIn (), Bluesky (), Threads ()
CFTC (https://www.cftc.fr)
- Hébergeur : CFTC ()
- E-mails : Google ()
- Réseaux sociaux : LinkedIn (), Facebook (), X (), Instagram (), Youtube ()
CGT (https://www.cgt.fr)
- Hébergeur : Evolix ()
- E-mails : Scaleway ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), Youtube (), Instagram (), Twitch (), Telegram (), LinkedIn ()
CNT (https://www.cnt-f.org) (site en maintenance)
- Hébergeur : Globenet ()
- E-mails : Globenet ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), Mastodon (), ? (site en maintenance)
FO (https://www.force-ouvriere.fr)
- Hébergeur : Nursit ()
- E-mails : Alinto ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), Mastodon (), Youtube (), Flickr ()
SNJ (https://www.snj.fr)
- Hébergeur : HaiSoft ()
- E-mails : HaiSoft ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), LinkedIn (), Instagram ()
Solidaires (https://solidaires.org)
- Hébergeur : Globenet ()
- E-mails : Globenet ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), X (), Instagram (), Telegram (), Tiktok (), Mastodon ()
UNSA (https://www.unsa.org)
- Hébergeur : UNSA ()
- E-mails : Serinya Telecom/Gandi ()
- Réseaux sociaux : Facebook (), Bluesky (), X (), Instagram (), LinkedIn (), Youtube ()
Image d’illustration : Aaron Burson sur Unsplash