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rubrique «À LIRE AILLEURS»

Publié le 13.07.2026 à 08:00

QLCO : À qui profite le crime ? Premiers échos de Condé et Vendin

Début 2025, Darmanin a annoncé la création des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) et les a inscrits dans la loi dite « narcotrafic ». Six mois après l'ouverture du QLCO de Vendin-le-Vieil et trois mois après celle de Condé-sur-Sarthe, des informations concrètes commencent à sortir sur la réalité de ces endroits et sur leur véritable fonction.

Les QLCO servent les intérêts de toute la chaîne pénale : ceux du ministre évidemment, mais aussi ceux des juges et des enquêteurs, des matons et de leurs syndicats, et puis de l'administration pénitentiaire (AP). Pendant ce temps, les prisonniers et leurs proches font les frais de ce régime de détention épouvantable.

(Ce texte est tiré du numéro 64 du journal l'Envolée qu'on peut retrouver entièrement sur le liste lenvolee.net)

Pour se faire entendre « dans le saloon de la démocratie », suffit de « tirer deux coups au plafond », explique le petit shérif. Plus qu'une mauvaise blague, c'est une stratégie politique : les annonces outrancières permettent d'obtenir moins, tout en donnant l'impression d'avoir négocié. Le cow-boy a d'abord exigé que les prisonniers soient placés au QLCO pour cinq ans ; et quand les parlementaires ont finalement voté un placement d'un an, il a pu ricaner : « On s'en fiche, puisque c'est renouvelable ! » La création des QLCO sert la communication du ministre dans sa course à la présidentielle. Ça fait maintenant plus d'un an que L'Envolée raconte comment Darmanin fait sa campagne sur le dos des prisonnier·es, avec l'interdiction des activités ludiques et la chasse aux téléphones portables... Ces nouveaux quartiers, c'est sa vitrine, le symbole du message de fermeté qu'il veut incarner. Et c'est pas fini : il accélère encore la cadence avec l'annonce de l'ouverture de nouveaux QLCO à Aix-Luynes, Valence et Réau dès 2026.

LES JUGES D'INSTRUCTION SE FROTTENT LES MAINS... Derrière le nom mensonger de loi contre le « narcotrafic » se cache un outil pour enfermer la « criminalité organisée », ce qui revient en fait à la quasi-totalité des délits et des crimes pour peu qu'ils soient commis à plusieurs. On a vite fait de se retrouver avec une association de malfaiteurs sur le dos, ou une circonstance aggravante de bande organisée... Les prisonniers du QLCO sont sous le coup de diverses accusations et condamnations, du trafic de stup au banditisme en passant par le vol de voiture. Ça causait des « cent plus gros narcos », mais au bout du compte , il suffit d'être soupçonné d'entretenir des liens avec tel ou tel réseau – ou même juste avec l'extérieur – pour être envoyé à Condé ou à Vendin. 80 % des prisonniers en QLCO sont en détention provisoire. La fonction de ces quartiers est avant tout de faire avancer les instructions en poussant les prévenus à cracher le morceau. Ce dispositif est inspiré du statut de repenti tel qu'il est pratiqué dans les prisons italiennes sous le régime 41bis : pour en sortir, il faut balancer et mettre quelqu'un à ta place ! Jusqu'ici peu utilisé en France, le statut de collaborateur de justice a d'ailleurs été élargi par la loi « narcotrafic ». Les QLCO deviennent ainsi un maillon central de l'appareil judiciaire : il s'agit de faire subir des conditions horribles aux prisonniers pour leur arracher des aveux.

… ET LES MATONS FONT CE QU'ILS VEULENT Le QLCO est aussi un cadeau fait aux matons, qui ont désormais les coudées franches. Tout le savoir accumulé au fil des années en termes de torture blanche peut y être mis en pratique et amélioré. D'après les informations qui nous sont parvenues, la déshumanisation qui était déjà à l'œuvre à Condé – centrale ultra-sécuritaire ouverte en 2013 pour mater les prisonniers récalcitrants – y est poussée à l'extrême. Au QLCO de Condé, les prisonniers ne sont que trente-sept, et de toute façon, ils ne peuvent pas croiser plus de quatre autres personnes en promenade. Les cantines sont extrêmement réduites. L'administration a inventé des règles inédites : pas plus de six paires de chaussettes, de six caleçons... Les prisonniers ont froid car le chauffage n'est que rarement allumé. Pour avoir un nouveau gel douche, il faut rendre le précédent – et donc attendre une semaine l'arrivée de la prochaine cantine. Tout est fait pour désorienter complètement les prisonniers. Le jour, il n'y a pas de lumière à cause des caillebotis aux fenêtres ; et la nuit, jamais d'obscurité complète, mais une lumière basse constante, et une lumière forte qui réveille les prisonniers toutes les deux heures. Il n'y a pas d'horaire fixe : il faut toujours être à l'affût, à attendre que les matons viennent dire de se préparer. S'ils « oublient » de te prévenir, pas de promenade : « t'étais pas prêt ! » – de toute façon, la promenade est souvent supprimée pour des motifs bidon... Les agents sont tous cagoulés. Les prisonniers ne voient pas d'autres visages que ceux des quatre autres qu'ils croisent en promenade. Lors de chaque mouvement en détention, les prisonniers sont escortés par trois à huit agents. À chaque arrêt, ils doivent se mettre la tête contre le mur. Dans les cellules, à deux mètres de la porte, une ligne rouge tracée au sol indique l'endroit où ils doivent se tenir les bras en l'air ; en cas de refus, pas d'ouverture de la cellule. Sous prétexte de protéger les matons des agressions, les portes sont équipées d'arrêtoirs, et ils les bloquent systématiquement à 45 degrés ; elles sont équipées d'un système de fermeture brutale... Bref les prisonniers sont traités comme des animaux enragés. Les fouilles à nu sont quotidiennes. Pas le droit de parler, ni même de répondre aux matons. Face au mur, le prisonnier doit leur tendre lentement chaque vêtement, soulever ses testicules, et se faire passer une lampe entre les fesses. À chaque fois, il doit repositionner ses mains contre le mur. Cette fouille particulièrement ritualisée est réglée pour faire péter les plombs. Un prisonnier a raconté avoir été tabassé pour avoir fait une remarque aux surveillants lorsqu'ils lui ont demandé pour la cinquième fois de montrer ses oreilles : cinq matons se sont mis sur lui et il a pris des coups, y compris dans les parties. D'autres prisonniers ont déjà été passés à tabac. Chaque fois qu'ils n'obéissent pas, ou pas assez vite, les matons appliquent toujours la même technique : doigts dans la bouche et dans les yeux, placage au sol, écrasement des parties génitales, torsion des bras et des jambes provoquant l'asphyxie. Le matin, les prisonniers au mitard sont réveillés par des matons qui crient : « Ici, c'est chez nous ! Ici, c'est le IIIe Reich ! Les nazis, c'est nous ! » Tout est fait pour briser les liens avec les proches. Les prisonniers n'ont pas accès aux unités de vie familiale. Ils ne peuvent utiliser la cabine que deux fois deux heures par semaine, souvent au moment où les gens travaillent et où les enfants sont à l'école. En plus de l'hygiaphone qui interdit tout contact, les proches subissent un traitement déshumanisant : des matons cagoulés palpent les enfants, et ils font sauter les parloirs pour des motifs bidon – même pas besoin que le portique sonne, il suffit qu'ils décident que le scanner millimétrique a détecté quelque chose, ou qu'ils décrètent arbitrairement qu'il fallait arriver encore plus en avance.

LES SYNDICATS EN EMBUSCADE Comme à leur habitude, les syndicats de matons défendent la ligne la plus dure. Le QLCO est l'aboutissement de pas mal de leurs revendications. Toutes visent à l'effacement des acquis des luttes des prisonniers, comme l'obtention dans les années 1980 de la fin des parloirs hygiaphones qui – après leur grand retour pendant le covid – sont désormais normalisés dans les QLCO. Les syndicats résistent au moindre assouplissement de ces conditions déshumanisantes, forçant par exemple la direction de Condé à faire marche arrière lorsqu'une note a préconisé d'ouvrir les portes des cellules à 90 degrés. En plus, tous les personnels de Condé et de Vendin reçoivent une prime mensuelle au titre de la « dangerosité » des prisonniers. Interrogée sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers, l'administration répond tranquillement qu'ils ont appris ces gestes professionnels dans une formation spéciale QLCO – ou quand la violence devient une pratique professionnelle labellisée et la torture blanche une norme sécuritaire… Lorgnant sur Condé, les syndicats des futurs QLCO d'Aix-Luynes, de Valence et de Réau font leur petit shopping, histoire d'obtenir des promesses. Ils rivalisent de demandes extravagantes : hygiaphones ultra renforcés, boucliers stroboscopiques – pour éblouir et désorienter –, et, vas-y, un dojo pour la formation continue des matons… Sans compter, évidemment, la généralisation de la « prime QLCO » à tous les personnels. Ils s'inquiètent même qu'à Condé le courrier soit géré à l'aide d'un chariot mobile, « objet roulant pouvant être utilisé contre les agents ». On imagine bien comment cette compétition décomplexée peut pousser à la dégradation de conditions de détention déjà atroces, au QLCO et ailleurs. À la moindre petite innovation chez le voisin, les syndicats font pression sur leur direction pour obtenir la même chose chez eux. Avec une petite touche expérimentale côté matons : à Condé, ils testent la ligne rouge en cellule, qui n'existe pas à Vendin. Les conditions du QLCO commencent à se répandre dans d'autres quartiers de la détention – au quartier d'isolement de Condé en détention « normale », juste à côté, les matons enfilent déjà des cagoules à l'instar de leurs collègues.

LA PÉNITENTIAIRE SE COUVRE L'AP ne cesse d'être hantée par le spectre des luttes collectives contre l'isolement. Entre 1975 et 1982, elles avaient conduit à la fermeture des quartiers de haute sécurité – certes vite remplacés par les quartiers d'isolement. On se souvient de la mutinerie de 1987 à la centrale de Saint-Maur – le plus grand quartier d'isolement de France ! – au cours de laquelle quatre cents prisonniers ont pris directeur, matons et enseignants en otages. Les luttes de 2001 à 2005 méritent aussi d'être rappelées (voir encart)... À mesure que l'individualisation des régimes de détention progresse, les recours juridiques des prisonniers se multiplient. Ils ont fini par obtenir quelques victoires ponctuelles sur des placements illégaux ou des maintiens à l'isolement hors délai, ou encore sur l'usage de l'isolement en préventive. La création des QLCO remet les compteurs à zéro, puisque légalement, ces lieux ne sont pas des quartiers d'isolement. La preuve : chaque prisonnier en croise quatre autres une heure par jour ! Cette pirouette permet à l'AP d'arguer que les conditions de détention en QLCO sont bien meilleures qu'à l'isolement. La magistrature suit : tous les référés ont été rejetés, et les recours seront examinés dans des mois, voire des années. De toute façon, le flou des critères d'affectation – quasiment pas explicités dans la loi – a été entériné par le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État : le ministère et l'administration ont donc les mains libres. Les QLCO s'inscrivent dans la logique plus ancienne de la multiplication des régimes d'isolement qui ne disent pas leur nom : les quartiers maison centrale, l'étage zéro ou encore « la gestion isolée »…

Les luttes dans les QI (2001-2005) Moben, mange ta peine, éditions du Bout de la ville, 2025 « Entre 2001 et 2005, il y a eu de grandes luttes collectives au sein des QI. À chaque fois, ça se passait à peu près comme ça : on commençait toujours par aller voir le surveillant pour lui exposer le problème qu'on avait ; là il y avait plusieurs cas de figure. Le plus souvent ça se passait sans violence, le surveillant faisait remonter l'information et on pouvait discuter et négocier avec la direction et le problème était résolu. Mais quand on avait affaire à une sourde oreille, on s'organisait pour tout bloquer. Ça voulait dire que le soir on bouchait l'œilleton qui sert aux surveillants à regarder à l'intérieur de la cellule, ce qui les oblige à appeler le gradé et à s'équiper (c'est-à-dire mettre du matériel anti-émeute) pour ouvrir la porte. On « bloquait » aussi les promenades : ça veut dire qu'ils nous descendaient quatre par quatre, chacun dans une petite promenade et au moment de remonter on refusait, ils mettaient des fois trois heures à nous rentrer en cellule ou ils appelaient les Éris. Et là, y avait bagarre ! Bref, le QI était mis hors service. Il ne pouvait plus fonctionner normalement : les surveillants étaient obligés de faire des comptes rendus d'incident (CRI) tous les jours, ça remontait aux directions interrégionales, et le directeur de la taule se faisait taper sur les doigts. Et nous, on était envoyés au mitard après s'être fait tabasser. On n'avait pas grand chose à perdre alors on a fait ça pendant des années et on a fini par obtenir pas mal de choses ; notamment des plaques chauffantes et des frigos. Nous avons aussi obtenu des salles de sport, c'est-à-dire une cellule avec dedans une barre fixe, un vélo ou un tapis de course, parfois les deux. On a obtenu le droit de prendre des douches après le sport, et non plus seulement deux à trois fois par semaine. On a obtenu la télé pour ceux qui n'ont pas d'argent. On a aussi obtenu de vraies bibliothèques …

En août 2025, un mois après l'ouverture du QLCO de Vendin, les prisonniers ont entamé des mouvements collectifs. Ils se sont organisés pour inonder les coursives, taper dans les portes et tenter d'obtenir des extractions médicales. En septembre, plusieurs dizaines d'entre eux ont fait une grève de la faim. À Condé aussi, les prisonniers ont commencé des mouvements. En janvier, ils ont tapé et inondé les coursives, et la direction a décidé de couper l'eau aussi sec. Certains rendent d'eux-mêmes tout ce que l'AP pourrait leur enlever – télé, frigo… –, ou même arrêtent de cantiner pour réduire le pouvoir de l'administration en lui retirant tout moyen de pression. En septembre à Vendin, en janvier à Condé, les prisonniers ont fait sortir des communiqués dénonçant l'arbitraire de ce régime de détention et son impact sur leurs proches.

« SUPER CARTEL DE VENDIN-LE-VIEIL

Grève de la faim à partir du 1er septembre 2025 Nous, détenus, annonçons aujourd'hui une grève de la faim à compter du 1er septembre 2025. Notre mouvement n'est pas dirigé contre nos conditions de détention mais contre les conditions inhumaines imposées à nos familles. Nos familles paient le prix fort. * Elles parcourent des centaines de kilomètres pour venir nous voir, parfois au détriment de leur santé, de leur travail, de leur équilibre. * Au parloir, elles se retrouvent derrière un hygiaphone, dispositif justifié officiellement pour éviter l'introduction d'objets illicites. Pourtant, chacun sait qu'un portique à ondes millimétriques détecte déjà tout objet interdit. Même les surveillants témoignent que ce système sert avant tout à « casser psychologiquement » détenus et familles. Une mise en scène indigne * Les familles, y compris des enfants, sont accueillies par des agents cagoulés censés les impressionner. Pourtant, en détention même, les agents ne portent pas de cagoule. * Les appels téléphoniques sont limités à deux fois par semaine, sur des créneaux restreints (8h-12h, 14h-16h). Or, à ces heures, les proches travaillent et les enfants sont à l'école. * Rappelons que nos proches n'ont commis aucune faute : ils ont un casier vierge, ils paient leurs impôts et n'ont évidemment aucun numéro d'écrou. La vérité contre les mensonges Nous ne sommes pas violents avec les agents, seuls quelques individus isolés et déséquilibrés le sont. La vérité, c'est que les agents sont en sous-effectifs, et non 250 comme l'affirme le ministre de la Justice, Monsieur Gérald DARMANIN. DARMANIN ment. Le délégué syndical David LACROIX ment. Notre position Votre rêve est de nous pousser à la violence. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Notre résistance sera pacifique mais déterminée. Le 1er septembre 2025, nous entamerons une grève de la faim pour défendre la dignité de nos familles. »

« À GÉRALD DARMANIN (ALIAS MOUSSA DE SON VRAI PRÉNOM)

Je fais ce courrier de la part de tous les détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe. À partir de cet instant, c'est-à-dire le 5 janvier au soir, nous entamons des mouvements de protestation contre le QLCO qui instaure ses propres règles à l'instar du QLCO de Vendin-le-Vieil qui parait beaucoup plus souple : deux heures de promenade, lecteur DVD en cellule, pas de marquage au sol à suivre (une ligne par terre). Ici à Condé, les requêtes ne sont pas prises en compte, les détenus sont 23 heures sur 24 en cellule et pour la plupart (pour ne pas dire tous) n'ont rien à faire dans un QLCO. Le QLCO n'a aucune vocation si ce n'est une vengeance personnelle sur les détenus, nous regrettons l'opacité des procédures pour affecter les détenus : si l'ensemble des dossiers était traité avec discernement, aucune des personnes détenues à l'instant n'aurait suffisamment de motivations pour y être affectées. Les QLCO ont été créés juste pour assouvir les ambitions politiques du ministre de la justice, à part ça, ça sert à rien : les agents sont des cagoulés alors que j'étais incarcéré dans cette prison il y a 40 mois en arrière, je les connais tous, c'est une mascarade. Pour finir, l'ensemble des détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe est déterminé à protester, on attend des changements ainsi que de pouvoir s'entretenir avec le chef d'établissement pour améliorer nos conditions de détention.

Signé : L'association de bien-fêteurs de Condé-sur-Sarthe. »

Publié le 13.07.2026 à 08:00

Rouslan Sidiki - Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en Russie

Citoyen russe et italien, électricien de la ville de Riazan, explorateur des sites industriels, cycliste itinérant, anarchiste et partisan dans la résistance à la guerre russe en Ukraine. Tous ces mots peuvent servir à décrire Rouslan Sidiki, âgé de 36 ans. Il a été condamné en Russie le 23 mai 2025, à 29 ans de prison. Selon le verdict, le camarade passera les 9 premières années de sa peine en prison, avant d'être transféré dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité.

St-Arc (CC BY-NC-SA)

Riazan

Dès mon plus jeune âge, j'ai été fasciné par les mécanismes et l'électronique. J'ai donc reçu des livres de sciences et des jeux de construction.

J'ai eu une enfance typique de jeune dans une zone industrielle des années 90. J'ai passé beaucoup de temps dans la rue, car il n'y avait rien à faire à la maison. C'était beaucoup plus marrant de fuir le vigile du chantier, lancer des bonbonnes de gaz dans le feu en attendant l'explosion, fouiller dans les sous-sols, construire des cabanes dans le bois.

Syracuse

Vers l'âge de 12 ans, il rejoint sa mère lors des vacances d'été. Dès lors, il vivra et étudiera en Italie. Il ne retournera à Riazan que pour les étés et y retrouver sa grand-mère.

Je me souviens parfois de ma vie en Italie avec nostalgie. J'y ai plutôt bien vécu : la mer, les montagnes et un volcan sont à proximité. Un endroit idéal pour ceux qui aiment la tranquillité. Mais, comme je l'ai dit plus tôt, la perspective d'une vie plus longue en Europe me semblait trop ennuyeuse. Eh bien, 2023 s'est avérée être l'année la moins ennuyeuse de ma vie, surtout la période du 29 novembre au 2 décembre.

Tchernobyl

J'ai vécu et travaillé en Italie, mais alors que j'étais retourné une nouvelle fois en Russie, j'ai décidé de rester lorsqu'on m'a proposé un emploi d'électricien à Riazan.

Avant les événements de 2014, je me rendais en Ukraine une fois par an pour faire de la randonnée dans la zone de Tchernobyl. J'aime traverser des terrains difficiles, me cacher des patrouilles, utiliser du matériel militaire. Je me suis également fait des amis en Ukraine, dont certains ne retourneront malheureusement jamais camper.

Nouvelle voie

Légende : À gauche, Nikolaï Panteleïev, fondateur et doyen de la « Nouvelle Voie », à droite Rouslan Sidiki

Un jour, en lisant une publication, je suis tombé sur une commune de la région de Léningrad, dont la description correspondait à ma vision d'une communauté autonome. De plus, à « Nouvelle Voie », il y avait un besoin de nouveaux habitants. Mon projet incluait la construction d'une petite centrale hydroélectrique sur la rivière, permettant d'alimenter la colonie en électricité. Je travaillais à Riazan en dédiant quelques mois par an à « La Nouvelle Voie », où je m'occupais du jardinage et du bricolage. Tous les ans, j'espérais qu'on pourrait créer une forme de production auto-suffisante qui permettrait à la commune d'exister sans dépendre de l'extérieur. Malgré nos désaccords, je valorise l'expérience que j'y ai vécue et j'espère que la maison que j'ai construite servira un jour à quelqu'un d'autre.

Anarchisme

Je ne suis pas devenu anarchiste d'un seul coup. À l'époque où je ne connaissais pas encore ce mot-là, j'avais déjà une conception d'un monde juste : sans États, avec des communes autogouvernées. L'un de mes amis m'a dit qu'il s'agissait là de l'idéal anarchiste. Je n'aime pas la rigidité idéologique de certains anarchistes et communistes qui me rappellent parfois des fanatiques religieux. Je peux dire une seule chose : mon rejet du totalitarisme et du fascisme reste inébranlable. Des idées issues de divers courants de pensée peuvent m'être proches. Le monde change et ce qui était pertinent et actuel il y a un siècle peut ne plus l'être aujourd'hui.

Maïdan

La guerre de 2014 commence avec l'invasion de Sloviansk par Igor Guirkine, officier des renseignements de l'armée russe, aussi responsable de l'annexion de la Crimée, même si un nombre non négligeable de mineurs a effectivement pu rejoindre des formations armées qui se sont montées par la suite.

Je suivais la situation en Ukraine depuis fin 2013. À cette époque, je pensais prendre part aux manifestations, mais finalement je n'ai pas réussi à économiser assez pour prendre des congés à mes frais. Je ne m'attendais pas à ce que la Russie fasse un pas aussi minable, profitant de la période de transition politique dans le pays pour annexer la Crimée et envahir le Donbass. Je pense qu'aujourd'hui, personne n'est dupe quant à ceux qui ont occupé la Crimée, abattu l'avion de Malaysia Airlines, ou encore ceux qui se sont battus autour de Donetsk et Louhansk en prétendant être « des mineurs du Donbass en colère ».

24-02-2022

« J'avais envie de ronger les canons des fusils avec mes dents, de désespoir. »

Un mois avant [la grande invasion], le flux d'informations était rempli de rapports manifestement faux sur des bombardements et d'autres provocations de la part de l'armée ukrainienne. On peut établir un parallèle historique avec les fausses provocations qui ont précédé l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie ou l'invasion de la Finlande par l'URSS. Ayant pris conscience du fait que la guerre allait durer, j'ai décidé d'agir militairement à la fin de l'année 2022. L'armée russe a délibérément attaqué les infrastructures énergétiques de l'Ukraine dans le but de priver les citoyens d'eau, de chauffage et de lumière afin de faire pression sur leurs dirigeants. L'État russe nous a coupé tous les moyens d'agir sur la situation de manière pacifique : la personne qui manifeste contre la guerre devient traître à la patrie et subit la répression. Dans cette situation, il n'est pas étonnant que certains préfèrent quitter le pays, pendant que d'autres prennent des explosifs.

Aéroport militaire

Le bourdonnement des bombardiers TU-22 et TU-95 de l'ère soviétique que j'entendais par ma fenêtre annonçait les frappes sur l'Ukraine. J'habitais avec ma grand-mère âgée de 80 ans et je comprenais à quel point il est difficile pour les personnes âgées et malades de vivre sans chauffage ni éclairage l'hiver. [Lors de l'été 2023] Cela m'a convaincu du choix de ma cible : l'aéroport militaire Diaguilevo, situé à 10 kilomètres de chez moi. J'ai partagé mes plans concernant l'aéroport avec un camarade ukrainien, qui m'a mis en lien avec une personne expérimentée dans le domaine. Il n'y a eu aucun accord concernant une rémunération éventuelle, les relations se nouaient d'égal à égal, de façon amicale, personne ne m'a donné d'ordre. Juste avant de partir, j'avais remarqué un renard qui fouillait aux alentours, mais sans y prêter une attention particulière. Plus tard, j'ai appris par les médias que seulement l'un des quatre drones est arrivé à destination : le renard a sans doute renversé les trois autres.

Stop the wagons

Chaque jour, Rouslan voit passer un train devant ses fenêtres, pour une « destination lointaine ». Son second geste aura une plus grande résonance et peut rappeler aux Italiens, l'histoire racontée dans la chanson de Francesco Guccini, « La locomotiva ». Cependant, R. Sidiki n'est pas dans les meilleures dispositions ; il est très affecté par le décès brutal de sa grand-mère.

La guerre suivait son cours, et j'ai alors décidé que si je n'y arrivais pas depuis le ciel, il fallait agir au sol. L'infrastructure ferroviaire, c'est le système sanguin d'un pays belligérant. J'ai partagé mes réflexions avec mon camarade ukrainien. [Après les préparatifs terminés] Quand le jour s'est levé et que j'ai commencé à distinguer l'image transmise par la caméra, j'ai attendu le bon moment, vérifié qu'il ne s'agissait pas d'un train passager et déclenché l'explosion. Je me suis échappé de l'endroit de l'action, j'ai dissimulé mon vélo, mes chaussures et mes vêtements à environ dix kilomètres. J'ai ensuite emprunté un autre itinéraire pour rentrer chez moi, sans vélo et habillé autrement.

Torture

L'explosion a eu lieu le 11 novembre 2023 et j'ai été arrêté le 29. Les tchékistes m'ont dit qu'ils n'avaient pas réussi à déterminer comment je suis arrivé sur le lieu du sabotage. Le téléphone de campagne Ta-57 (appelé communément « Tapik ») leur a servi d'appareil de torture. Ils ont attaché des câbles électriques à mes jambes et quand l'un d'eux ordonnait de lancer l'appel, ils commençaient la torture à l'électricité. Le lendemain matin, des gens masqués m'ont repris et ont commencé à me frapper dans la foulée et à me torturer à l'aide d'un Taser. Le Taser n'a rien de flippant, mais il crame les tissus des fringues en laissant des traces de brûlure sur le corps. Ils ont même brûlé une partie de mon tatouage sur l'épaule.

Dans ce cas précis, un événement extraordinaire s'est produit. Après les tortures subies au poste de police, Rouslan a été emmené en prison, où le médecin traitant a documenté les blessures. L'avocat demande – et se voit généralement refuser – un rapport médical. Dans le cas de Rouslan, l'administration pénitentiaire commet une « ­erreur » et délivre le document. Cela pourrait avoir son importance. Pour une fois, les autorités elles-mêmes reconnaissent les blessures. Il est difficile de dire s'il s'agit d'une question d'incompétence ou d'un geste de défiance de l'intérieur du système. « Le seul espoir pour Rouslan est de faire connaître son cas. Cela le protégera de nouvelles tortures et, peut-être, un jour, il pourra être inscrit sur la liste des prisonniers de guerre à échanger », explique son avocat.

Procès

La déclaration finale de Sidiki devant la cour

« Je regrette que mes actions aient mis en danger [Alexander] Bogatyrev, [Sergey] Tarabukin et [Dmitry] Unshakov. Ils n'étaient pas mes cibles et je suis heureux qu'aucun préjudice grave ne leur soit arrivé. Mon objectif était le matériel militaire russe, ainsi que les chaînes logistiques utilisées pour transporter celui-ci et le carburant. Je voulais compliquer les opérations de combat contre l'Ukraine. Bien sûr, toute explosion ou nouvelle sur des sabotages peut effrayer des gens. Mais c'est le cas aussi pour les survols de missiles et de début d'opérations militaires – ils sont destinés eux aussi à terroriser les populations civiles. J'ai déclaré à plusieurs reprises que je n'avais pas l'intention d'intimider délibérément qui que ce soit. J'ai moi-même choisi mes cibles. J'ai attaqué la zone de stationnement des avions militaires pour détruire des avions de combat. J'ai fait sauter la ligne ferroviaire pour la mettre hors d'usage, après avoir confirmé que des transports militaires l'utilisaient. Je me suis assuré qu'aucun train de voyageurs ne circulait sur la voie que j'ai sabotée et j'ai maintenu un contact visuel pour confirmer cela. Si je ne me souciais pas de la vie humaine, j'aurais pu faire dérailler un train sans être physiquement présent. Je n'ai rien à voir avec la tentative supposée de fabriquer un nouvel engin explosif ou de faire sauter un autre train. Après l'explosion du 11 novembre 2023, j'ai su que la sécurité allait être resserrée. De plus, j'avais de nombreux problèmes personnels. Je n'ai aucune rancune à l'encontre du peuple de Russie. Depuis [20]14, j'ai des désaccords sur ce qui se passe, mais ce n'est pas une raison pour haïr qui que ce soit. Quand les moyens pacifiques d'influencer les décisions du gouvernement ne sont pas disponibles et la dissidence est criminalisée, certaines personnes émigrent, tandis que d'autres agissent. Peu importe la gravité du crime, la torture pendant un interrogatoire est inacceptable dans un État de droit. Électrocuter et frapper une personne arrêtée est quelque chose d'abject. La responsabilité incombe non seulement à ceux qui commettent de tels actes, mais aussi à ceux qui savent et ne font rien. »

Et, pour finir, je lirai une strophe de Nestor Makhno : Même si, maintenant, ils nous enterrent, Notre vérité ne sera pas balayée. Elle surgira quand le moment viendra, Et elle gagnera – je crois en ce jour !

Sources https://danslabrume.noblogs.org/post/2025/03/11/rouslan-sidiki-raconte/ Rouslan Sidiki raconte comment il a fait dérailler un train et attaqué un aéroport militaire http://www.furfur.me/furfur/freedom/freedom/218979-new_path Enquête sur Nouvelle Voie https://attaque.noblogs.org/post/2025/05/25/riazan-russie-lanarchiste-ruslan-sidiki-condamne-a-29-ans/ Déclaration finale de Sidiki https://sotavision.world/etot-srok-suchestvyet-poka-zhiv-ya-ili-zhivo-gosudarstvo/ Interview Sota Vision https://desk-russie.eu/2025/05/29/lourde-peine-pour-un-resistant-russe.html Desk

Publié le 08.07.2026 à 11:43

Calais : Besoin de soutien au Markaz Alshebaab

Besoin de soutien dès maintenant à Calais au Markaz Alshebaab, nouveau lieu d'organisation collective dans la jungle de l'hôpital, à l'initiative de personnes migrantes et solidaires !

💥 Besoin de soutien dès maintenant à Calais au Markaz Alshebaab ! 💥

(English below)

❗Hello ! Besoin de soutien à Calais ! Le Markaz Alshebaab (“le centre des jeunes”) est un nouveau lieu d'organisation collective dans la jungle de l'hôpital, à l'initiative de personnes migrantes et solidaires. Depuis ce lundi des flics sont passés à plusieurs reprises. Besoin de monde sur place pour continuer les constructions, occuper le lieu, soutenir les habitant-es du campement..!

📍 L'emplacement GPS du lieu : 50.937705, 1.900656 https://cartes.app/?clic=50.93771%7C1.90066 ⛺ C'est possible de poser sa tente sur place, ou de se garer à 10-15min à pied.

💥 Venez dès maintenant et dans les prochains jours/semaines. À chaque expulsion on reconstruira. Hésitez pas à ramener des outils et du matériel de construction !

Bienvenue à tout moment !

📢 À faire tourner !

English :

❗Hello ! Call out for support in Calais ! The Markaz Alshebaab (“the youth center”) is a new collective organizing space in the hospital's “Jungle” camp, initiated by people on the move and in solidarity. Since Monday, police have been passing by several times. We need people on site to continue building, occupy the space, and support the camp's residents !

📍 GPS coordinates : 50.937705, 1.900656Automatic word wrap ⛺ You can pitch your tent on site, or park a 10-15 minute walk away.

💥 Come now and in the coming days/weeks. We will rebuild after every eviction. Feel free to bring tools and building materials !

Welcome anytime !

📢 Please share !

Publié le 07.07.2026 à 08:00

JUIN 2026 A CALAIS

Résumé de ce qui s'est passé à la frontière franco britannique au mois de juin 2026.

Reprise du blog Passeuses d'hospitalités des exilé.e.s à Calais, lu sur lille.indymedia.org.

AU MOINS UNE PERSONNE MORTE EN JUIN Le 20/06/26, une femme est décédée alors qu'elle tentait de traverser la Manche en small-boat. Elle a été retrouvée inconsciente après que la Border Force ait intercepté l'embarcation dans les eaux anglaises. La stèle apparue au cap Blanc-nez en février au moment de la commémorAction avec comme inscription gravée « pour toutes les personnes tuées par les frontières. Ni oubli ni pardon liberté de circulation pour toustes » a disparu. Elle est restée plus de quatre mois.

CHAOS SUR LES PLAGES Le retour des beaux jours et les « fenêtres météo » qui en découlent augmentent le nombre de tentatives de traversées. Des incidents ont fait quotidiennement les choux gras de la presse : « un enfant séparé de ses parents lors d'une tentative de traversée », « quatre personnes tombées à l'eau dont un bébé ont inhalé de l'eau de mer », « deux jeunes femmes retrouvées inconscientes sur la plage », des enfants apeurés immergés dans la Manche", ... Les interventions des sauveteurs se sont enchainées de Cayeux-sur-mer en Normandie à Oostduinkerke en Belgique en passant par Berck, Merlimont, Le Touquet, Dannes, Hardelot, Le Portel, et Boulogne. Des familles qui suffoquent avec le gaz lacrymo, des hospitalisations en nombre, des grands groupes en errance bloqués devant des gares loin de tout campement, des familles séparées, .... Chaque jour a son lot de violence et de harcèlement. Le 15/06, deux hommes ont tenté la traversée à bord d'un canoë-kayak et se sont rapidement retrouvés en hypothermie sévère. En juin, au moins personnes sont arrivées en UK en small-boat d'après le home office dont 710 personnes le 15/06, un record en 2026.

MOBILISATIONS CONTRE LES EXPULSIONS Un groupe de personnes exilées du camp Hospital, excédées par la répétition des expulsions a commencé à se réunir début juin pour s'organiser. Pendant une semaine, tous les matins, des sit-in ont eu lieu avec en amont des ateliers de création de pancartes facilités par une poignée de soutiens locaux. Le 1er jour de mobilisation était un jour d'expulsion et les nombreux CRS ont tenu les manifestant.es à distance afin de continuer leur basse besogne. Le 12/06, le groupe a organisé une manif festive et revendicative. Environ 250 personnes ont déambulé dans les rues de Calais. Les prises de parole par des habitants du camp Hospital ont permis de dénoncer la violence des expulsions mais aussi le harcèlement quotidien dans les rues, dans les gares et autour des campements. La marche a suscité la curiosité des calaisien.nes rencontré.es grâce au tractage autour de la manif. Par contre on a eu droit à quelques doigts d'honneur et à un salut nazi décomplexé Le 21/06, une vingtaine de personnes exilées sont venues tracter dans les rues de Calais nord pendant la fête de la musique. La mobilisation continue....

https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2026/06/12/manifestation-en-soutien-aux-personnes-exilees/

L'association HRO a publié son rapport annuel qui documente principalement les violences perpétrées lors des expulsions. https://humanrightsobservers.org/wp-content/uploads/2026/06/rapport-annuel-HRO-2025-version-francaise.pdf

BMX Les petits camps sont toujours expulsés plusieurs fois par semaine. BMX, un camp historique regroupe de moins en moins de personnes car épuisées par le harcèlement. Le 26/06, des rochers ont été déposés pour empêcher les véhicules des associations de rejoindre le camp.

FAFS NEWS

Entre le 06 et le 09/06, des fascistes anglais sont venus sur la côte pour filmer les lieux de vie, les distributions, les plages et poster les vidéos sur les réseaux sociaux. Ils provoquent des personnes exilées pour obtenir du contenu incitant à la haine. Ces vidéos portent le logo du compte Patriots of Britain. On y reconnait au moins un membre de « Raise the colors ». Le 14/06/26, le bateau de Danny Tommo « The Patriot » acheté pour soit-disant intercepter et chasser les small-boat, a mystérieusement coulé. Le bateau à moteur aurait été saboté (coque perforée et moteur détérioré) mais serait réparable (dommage !) et Tommo réclame à nouveau de l'argent pour le retaper. https://opaleaf.noblogs.org/2026/06/05/the-patriot-le-navire-de-tommo/ Le 18/06, Jordan Florentin et son média d'extrême droite Frontières est venu sur le littoral pour alimenter sa com avec quelques vidéos.

CANICULE La canicule accentue la dureté des conditions de vie sur les camps. Les zones ombragées sont insuffisantes pour toutes les personnes exilées survivant le long des côtes. Les températures restent élevées la nuit et les tentes deviennent des étuves. Aucun lieu de fraicheur n'a été mis à disposition par les autorités malgré la fatigue, les insolations, les hyperthermies, les malaises, et l'aggravation des problèmes de santé existants. Pendant ce temps, les recommandations de la pref pour se protéger défilent sur les panneaux publicitaires à Calais. Les hangars du plan grand froid restent clos et vides ! A Calais, l'asso CFC, qui remplit les IBC (cuves d'eau) ne chôme pas et a considérablement augmenté la quantité d'eau mais n'a pas de solution pour qu'elle soit fraiche. Les cuves sont pour la plupart en plein soleil. Il y a urgence sanitaire. Dans la rue, la chaleur est aussi mortelle que le froid.

DURCISSEMENT L'accord « one in one out » qui permet d'expulser vers la France des personnes exilées qui ont rejoint le RU en small-boat est prolongé jusqu'au 01/10/26 mais ne sera pas reconduit ensuite. Nunez a annoncé le caractère dorénavant européen du dossier. Le 12/06/26, le pacte Asile et Immigration est entré en vigueur dans l'opacité la plus totale. Le 17/06, un nouveau volet du pacte « le règlement retour » a été voté au parlement européen. Au programme, la possibilité d'expulser les débouté.es de l'asile vers des centres de rétention (les fameux hubs de retour) à l'extérieur de l'Europe. Le pire arrive....

CHANNEL EN DANGER La scène nationale calaisienne Le Channel dans le viseur de la mairie depuis très longtemps traverse une zone de turbulence sans précédent. Les futures conventions d'occupation du Channel ne laisse pas le doute sur les intentions de la mairie : droit d'intervenir sur la tenue des salarié.es, droit de renvoyer ou remplacer quelqu'un, droit de regard sur la programmation et sur l'ambiance sonore. Un choc pour les salarié.es et les personnes qui fréquentent le lieu. Un collectif « Le Channel en danger » s'est monté et s'organise. Le 09/06, 150 personnes se sont rassemblées devant la sous-pref.

PRIDE Le 07/06 a eu lieu la Marche des fiertés de Calais : village associatif, déambulations festives, pancartes, slogans et prises de paroles ont alerté sur la fascisation ambiante et la violence envers les personnes LGBTQIA+

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Publié le 06.07.2026 à 08:00

Lettre ouverte pour déprogrammer Barbara Butch et le pinkwashing israélien

Lettre ouverte à destination du festival Plein Champ et de la mairie du Mans qui invitent la sioniste Barbara Butch. Pour la faire déprogrammer de ce festival, ainsi que de celui du Cabaret Frappé à Grenoble, et qu'elle ne soit plus invitée ailleurs. De sorte d'agir solidairement avec les palestinien.ne.s contre le sionisme, l'instrumentalisation de la judéophobie et le pinkwashing. Notamment en vue de dissuader de potentiel.le.s futur.e.s soutiens au projet de loi qui remplacera probablement celui de Yadan.

Bonjour,

Nous sommes le Collectif Déprogrammons Barbara Butch. Nous avons constitué ce collectif lors d'une réunion publique (https://sarthe.demosphere.net/rv/6893), car nous avons appris que la mairie du Mans invite la sioniste Barbara Butch à jouer de la musique au Festival Plein Champ le Samedi 4 Juillet au Mans, en la présentant comme « une militante de l'amour et de l'inclusion ».

Alors que Barbara Butch soutient activement la guerre coloniale et génocidaire de l'État israélien contre les palestinien.ne.s, puisqu'en 2025 cette DJ a joué de la musique dans la résidence de l'ambassadeur français à Tel-Aviv, au profit du pinkwashing de l'État israélien car dans le cadre du mois des fiertés LGBTQIA+ et en pleine colonisation et en plein génocide des palestinien.ne.s ! Puis qu'en 2026 elle a signé une tribune de soutien au liberticide projet de loi Yadan, qui visait à instrumentaliser la judéophobie pour l'assimiler à l'anti-sionisme, afin d'interdire toute critique de l'État israélien et de criminaliser les soutiens aux palestinien.ne.s. Et que suite aux critiques qu'elle a reçues, elle n'a pas retiré sa signature mais a tenté de masquer son sionisme tout en le réaffirmant.

Le festival Plein Champ se veut être une fête artistique et populaire. Il n'est pas possible de faire la fête avec quelqu'une qui soutient activement la guerre coloniale et génocidaire de l'État israélien contre les palestinien.ne.s. C'est pourquoi avec de nombreuses organisations nous envoyons une lettre ouverte au festival Plein Champ et à la mairie du Mans pour les inviter vivement à annuler l'invitation qu'iels font à Barbara Butch, et qu'ainsi iels ne se rendent plus complices des horreurs causées par l'État israélien.

En quelques jours nous avons déjà réuni une trentaine de signatures d'organisations, ainsi que de nombreuses signatures individuelles que nous choisissons de ne pas visibiliser par rapport aux dangers sionistes. D'autres signatures sont à venir. Car ces signatures proviennent à la fois du département de la Sarthe et aussi d'ailleurs. Car nos solidarités avec les palestinien.ne.s dépassent les frontières. C'est pourquoi nous ferons en sorte que Barbara Butch ne soit plus invitée ni ici ni ailleurs. Plein de chouettes artistes peuvent la remplacer !

Nous mettons en copie de ce mail des centaines de médias, d'organisations militantes, d'autres artistes invité.e.s et de partenaires commerciaux du festival Plein Champ. Pour les alerter et les inviter à prendre position publiquement, comme nombre d'organisations l'ont déjà fait contre l'invitation faite à Barbara Butch au festival Cabaret Frappé à Grenoble (https://www.instagram.com/p/DZF0vXAl09o).

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[...] [slides Insta à retrouver sur les sites sources]

Publié le 30.06.2026 à 08:00

13es JOURNÉES D'ÉTUDES pour l'Arrêt du nucléaire 2026

Elles se tiendront cette année les 3, 4 et 5 juillet à nouveau à Fromental (87) (entre La Souterraine et Bessines).

Le collectif Arrêt du nucléaire, né il y a dix ans, poursuit la tradition des « Journées d'études » en invitant tous les antinucléaires de France et d'ailleurs à venir s'informer, échanger et réfléchir ensemble sur l'état de l'industrie nucléaire et les moyens de la combattre. Comprendre la fragilité technique et financière de cette industrie, mal masquée par la « relance » voulue par Macron et les divers projets de SMR, ainsi que les tensions liées à la gestion de l'électricité, devrait nous aider à lutter efficacement pour obtenir enfin l'arrêt du nucléaire civil et militaire, véritable poison pour l'humanité.

affiche

Lire la suite ici : https://labogue.info/spip.php?article2515

Inscriptions (indispensable) : ADN-JE2026@proton.me

Publié le 24.06.2026 à 08:00

Coupe du Monde du racisme et de l'exclusion aux États-Unis

Racisme et suprémacisme décomplexés aux États-Unis, l'un des pays hôtes du mondial de football avec le Mexique et le Canada Publié précédemment dans : https://contre-attaque.net/2026/06/15/coupe-du-monde-du-racisme-et-de-lexclusion-aux-etats-unis/

Depuis le 11 juin, nous assistons à un nouveau mondial de la honte. Après la dictature gazière du Qatar et l'autocratie militaire russe, ce sont les USA de Donald Trump qui coorganisent la compétition. C'est peut-être l'une des premières fois de l'histoire que le pays hôte de la compétition bombarde, en ce moment même, l'un des pays participants, à savoir l'Iran. Et c'est sans compter sa complicité active dans le génocide du peuple palestinien ainsi que les agressions militaires permanentes dans le monde entier.

L'organisation d'une Coupe du Monde aux USA, pays dirigé par des néofascistes, s'accompagne de multiples mesures racistes : arbitre officiel somalien expulsé manu militari, interrogatoire d'un joueur de la sélection irakienne, équipe iranienne interdite de dormir aux USA, censure du maillot haïtien par la FIFA… On fait le point.

Les maillots haïtiens censurés

Le maillot de l'équipe de football haïtienne a été interdit par la FIFA. La tunique arborait une scène historique du pays. On y voyait des silhouettes de combattants brandissant le drapeau du pays. Une image rappelant subtilement la bataille de Vertières, une victoire contre l'armée française en 1803 qui avait mené à l'indépendance de l'île le 1er janvier 1804.

Haïti est le premier État Noir à s'être libéré du colonialisme et de l'esclavagisme. Cela fait partie de son identité et de sa fierté, mais l'équipe de foot n'a pas le droit de le montrer. La FIFA a jugé que ce visuel était « trop politique ». Elle fait en réalité un cadeau aux suprémacistes européens et étasuniens.

Un arbitre somalien expulsé

Omar Artan, ressortissant somalien, avait obtenu en 2025 le titre de meilleur arbitre africain selon la Confédération africaine de football (CAF). Il avait toutes les qualités requises pour arbitrer des rencontres de la prestigieuse compétition de ballon rond. Mais il a été arrêté le week-end dernier après son arrivée à l'aéroport international de Miami en Floride. Les médias relatent que l'homme a été interrogé pendant près de onze heures, détenu dans une cellule avant d'être expulsé à bord d'un vol à destination de la Turquie. Et tout cela avant même le début de la compétition.

D'après les services de l'immigration de Trump, l'arbitre serait « lié à des personnes soupçonnées d'appartenir à des organisations terroristes ». En réalité le président de la première puissance économique mondiale avait déclaré en novembre dernier que la Somalie était un « pays pourri », et avait fait part de son intention de mettre un terme au statut protégeant les réfugiés Somaliens. Cette expulsion s'inscrit dans la continuité des exactions de l'ICE et de l'agenda suprémaciste de Trump qui montre que, même dans le cadre de la coupe du monde, il continue d'appliquer ses méthodes.

« J'avais les bons documents, j'avais tout, j'avais le bon visa » a réagi Omar Artan. « Je ne suis qu'un arbitre qui tentait de vivre son rêve, le plus grand rêve de ma vie : participer à la Coupe du monde »… De son côté la Fédération Internationale de Football Association – FIFA – ressemble a un paillasson. Elle n'a ni protégé, ni soutenu son propre arbitre : « La Fifa n'intervient pas dans les procédures d'immigration du pays hôte, y compris dans l'octroi des visas » explique un communiqué lapidaire. La FIFA est au service du foot-business, et ne s'intéresse qu'aux retombées économiques. L'organisation est aussi empêtrée dans de multiples scandales de corruption. Les droits fondamentaux ? Très peu pour elle.

Un joueur irakien en rétention

L'attaquant Irakien Aymen Hussein a été retenu pendant plus de 7h en arrivant à l'aéroport de Chicago avec sa sélection. Le Guardian révèle que l'Office des douanes a fouillé et inspecté le téléphone du joueur, et a mené un long interrogatoire avant qu'il soit autorisé à entrer sur le territoire. Selon la même source, le photographe officiel de l'équipe nationale, Talal Salah, « a été retenu pendant plus de dix heures, a subi des contrôles téléphoniques similaires et s'est finalement vu refuser l'entrée aux États-Unis »…

L'équipe d'Iran doit quitter les USA après chaque match

Pour punir l'Iran, l'administration Trump n'a donné que des visa temporaires à l'équipe de foot du pays. Les joueurs ont eu des autorisations seulement le jour du match, ce qui les oblige à ne pas rester plus de 24 heures sur le territoire des USA, et à rentrer le soir même pour rejoindre un camp de base au Mexique. Quant aux membres de l'encadrement, une partie de l'équipe n'a tout simplement pas reçu de visa pour les USA.

Le président de la Fédération de football iranienne proteste : « Dans quel endroit du monde une équipe nationale n'est autorisée par le pays hôte à ne rentrer que la veille de ses matchs ! »

Des journalistes africains empêchés de couvrir la coupe du monde

Les salariés des médias sportifs qui possèdent une accréditation disposent d'un visa aux États-Unis avec la possibilité de ne rentrer qu'une seule fois sur le territoire. Or, puisque la compétition a lieu dans trois pays différents, ce visa est incompatible avec les déplacements nécessaire.

Par exemple, le Sénégal joue son 1er match contre la Norvège à New York, et devra ensuite se rendre à Toronto. Les journalistes sénégalais ne pourront donc plus entrer aux États-Unis s'ils se rendent au match au Canada. « Visiblement, on ne veut pas nous voir aux États-Unis » confiait à L'Équipe le journaliste Ivoirien Patrick Guitey. Cette règle administrative est une humiliation raciste, il couvrira la coupe du monde depuis Abidjan.

L'ICE autour des stades

La milice raciste ICE, qui rafle les personnes sans-papiers ou tout simplement celles qui n'ont pas la bonne couleur de peau, et qui n'hésite pas à torturer ou tuer, sera déployée aux abords des onze stades étasuniens de la Coupe du monde. Une manière de faire régner la peur au sein des communautés hispaniques et haïtiennes qui voudraient aller voir un match, et qui risqueront donc des arrestations, des violences et des expulsions.

L'ICE pourrait aussi s'en prendre à certains visiteurs étrangers. Une organisation de défense des droits civiques, l'Aclu, s'inquiète des agissements de l'ICE à l'encontre des six millions de voyageurs annoncés pour la compétition. Cette ONG prévient les visiteurs qu'ils risquent de subir de possibles « violations graves de leurs droits », des « risques d'arrestation, détention, expulsion et contrôle au faciès ».

Le mondial de la spéculation

Il y a enfin une autre forme d'exclusion : les prix. Les tarifs les plus bas pour les premiers matchs démarrent entre 200 et 300 dollars. Les prix sont qualifiés de « dynamiques », c'est-à-dire que le prix augmente en fonction de la demande. Pour une demi-finale, par exemple, il faut compter actuellement entre 3.000 et plus de 9.000 euros la place, et les prix les plus élevés pour la finale s'envolent à 32.970 dollars. Pour se rendre au stade, il faut aussi prendre les transports, qui ont aussi vu leurs prix exploser. Le train qui relie le centre de New-York au stade coûte normalement 13 dollars, mais les autorités l'ont multiplié par 10. Profits maximum. Ces tarifs démentiels ne sont accessibles qu'à la petite partie la plus riche de l'humanité, et exclut de fait les supporters de pays pauvres.

« Tout le monde sera le bienvenu au Canada, au Mexique et aux États-Unis pour la Coupe du monde de la Fifa l'année prochaine », avait assuré Gianni Infantino, le patron de la FIFA, en août 2025. Mais pas dans les États-Unis de Donald Trump, où l'ICE, sa milice militarisée, assassine des opposant·es et des migrant·es en toute impunité. À moins que vous soyez blanc et riche.

Publié le 21.06.2026 à 08:00

Festival antispéciste autogéré aux Tanneries à Dijon du 20 au 26 Juillet 2026 - Les Vermines

Du 20 au 26 juillet aux Tanneries, à Dijon, se tiendra le festival « Les Vermines », un festival antispéciste et antiautoritaire.

Avec celleux qui s'échappent des abattoirs, des centres de rétention, des camps, des placards, des hôpitaux, des frontières et des prisons, on lancera nos cailloux contre toutes les formes de domination.

La programmation :

Au programme, des ateliers de partage de connaissances, compétences, groupes de discussions et ateliers de création. Mais aussi des soirées, des jeux, des projections et des shows.

Les docs et liens utiles :

Vous pouvez retrouver les liens utiles sur le linktree : https://linktr.ee/les.vermines.festival

Inscription :

📝Le formulaire d'inscription est ouvert ! On sait que ça peut être dur de se projeter aussi loin et de s'engager sur sa venue, mais votre inscription nous aiderait vraiment beaucoup à connaître les besoins logistiques (bouffe et dodo notamment) ! Dedans, vous pourrez aussi nous communiquer vos besoins spécifiques. Vous pouvez compléter le formulaire, et renvoyez un message ou un mail pour réajuster vos dates d'arrivée/de départ ou pour annuler si besoin 💫 !

Lien pour le formulaire d'inscription : https://framaforms.org/inscription-pour-le-festival-les-vermines-1771194518

Covoiturage :

Vous pouvez proposer un covoit ou chercher un covoit via ce tableau : https://cryptpad.fr/sheet/#/2/sheet/edit/b-S+mqWkTNrhjI6YAWsBll6E/

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🧾​La charte des Vermines :

Les Vermines, c'est un festival antispéciste intersectionnel et autogéré.

L'équipe d'organisation du festival s'est rencontrée et formée en parti lors des Luttes Hybrides 2025. Notre organisation est autonome et différente des festivals antispécistes ayant eu lieu précédemment aux Tanneries (UELA, Luttes hybrides). 

🐔​ L'antispécisme

Nous sommes un festival militant, dont l'objectif est de se rencontrer, s'organiser, et se former collectivement sur l'antispécisme. L'antispécisme est la lutte contre le spécisme, l'oppression exercée par les humain.x.es envers les animaux non humain.x.es. Le spécisme est aussi une organisation sociale, qui fait des animaux non-humain.x.es des propriétés au service des intérêts humains. Le spécisme est systémique et organisé économiquement, institutionnellement et légalement. Le spécisme repose sur l'animalisation des personnes. Les catégories humanité/animalité sont construites et sont justifiées par le suprémacisme humain et blanc. Notre antispécisme est intersectionnel, les systèmes de domination s'entre-nourissent et ont des racines communes. Notre antispécisme est radical et abolitionniste. La lutte contre le spécisme ne se réduit pas à la lutte contre le capitalisme et l'industrialisation. Il implique la fin de toutes les formes de dominations spécistes, y compris dans les rapports de coexistences. L'antispécisme est un projet politique dans lequel les animaux non-humain.x.es sont les premièr.es acteurices de leurs luttes, dont nous tentons d'être des allié.x.es. 

🗣️​La programmation

Pour la programmation du festival, on a décidé d'investir des moyens de transmission de savoirs horizontaux. Nous pensons qu'il n'y a pas que la recherche universitaire qui est légitime et riche. Le savoir n'est puissant seulement quand il est collectivement partagé. En tant que militant.x.es, nous sommes expert.e.x.s de nos vécus et de nos pratiques. La programmation est en autogestion, tu peux proposer des ateliers, discussions, films ou autre, en nous envoyant une proposition par mail ou en ajoutant ta proposition directement sur le tableau de programmation sur place ! La proposition de sujets d'ateliers est ouverte à tous.tes.x. En revanche, pour l'animation d'ateliers, on privilégie les personnes précaires, marginalisées, racisées, folles, trans, sexisées, de tout âge, neurodissidentes, corps dissidents... Et toutes les personnes qui se sentent pas légitimes mais qui le sont 🖤Pas de vérification de profils, on vous fait confiance, sentez-vous légitime, proposez. Veillez simplement à visibiliser les triggers s'il y en a, et portons une attention collective à la répartition de la parole et à nos rapports de pouvoirs dans les échanges (ne pas couper la parole, faire attention à l'espace qu'on prend dans la discussion quand on est privilégié·x·e.s). 

On demande une vigilance collective à définir les mots et gestes utilisés, sans partir du principe que tout le monde les connaît (les mots théoriques et militants, les gestes non verbaux pour s'organiser, etc), que ce soit dans le cadre des ateliers mais aussi dans les discussions informelles. Sentez-vous légitimes à demander des clarifications sur des termes ou des idées, que ce soit aux personnes qui les ont employées, ou aux personnes de l'orga qui seront là si besoin. 

📅L'autogestion

Nous portons des valeurs anti-autoritaires, de fait, les liens de parentalité sur le savoir, la connaissance et les méthodes n'ont pas leur place ici, nous avançons dans l'optique d'une émancipation collective, sans chef·fes. L'autogestion se reflète dans notre manière de nous organiser, au maximum collectif, en permettant à tous·tes en théorie de participer à l'organisation, en proposant un atelier, en prenant des décisions collectives. Malheureusement, l'autogestion n'est pas parfaite. Notre festival est organisé par une petite dizaine de personnes. L'organisation concentre des informations, porte une charge mentale et a pris des décisions en amont du festival. Cependant, le cadre que nous proposons peut être modifié, amélioré, et nous encourageons à ce que la responsabilité du bon déroulement du festival soit une responsabilité collective et partagée. On aimerait sortir d'une verticalité « organisation / participant·x·es ou consommateur·x·ice » d'un festival libéral. Des outils sont proposés pour sortir de cette verticalité. Une boucle signal « Auto-orga Vermines 2026 » va être créée pour proposer, s'organiser et coordonner le festival, filer un coup de main sur une/des tâche(s) avant ou pendant le festival. Vous pouvez le rejoindre et faire selon vos énergie et vos capacités. Pour le rejoindre, envoyez nous un dm ou demande nous par mail. Un tableau d'autogestion avec les tâches et les descriptions des tâches sera également accroché dans les espaces communs. Chacun·x·e.s peuvent s'y inscrire. Les tâches sont ingrates quand elles ne sont portées que par les mêmes alors qu'elles pourraient être effectuées collectivement. Pour autant, l'autogestion n'implique pas un égal partage des tâches. Chacun·e.x.s s'investit comme ielles le peuvent, selon ses énergies et ses capacités, et aucun jugement ne sera porté sur le travail mené. L'autogestion implique aussi la possibilité d'une organisation collective et de prises de décisions collectives. Les 3 temps d'assemblée général et la criée sont des moments et des outils propices pour proposer, modifier et améliorer le cadre du festival collectivement. 

🌮​La cantine

La cantine des Vermines est vegan et boycotte l'achat de produits coloniaux. Ainsi, les repas proposés seront entièrement végétaliens : aucun produit d'origine animale ne sera proposée par la cantine, et aucun produit issu du commerce colonial (café, chocolat, thé, etc.) ne sera acheté. L'approvisionnement se fera autant que possible auprès de producteur.rice.x.s proches et grâce à des récupérations alimentaires, qui par conséquent, ne sont pas garanties biologiques. 

Si vous avez des produits non vegan, vous pouvez les garder dans vos sacs ou les consommer hors des espaces collectifs.

Le pôle cantine s'engage à préparer des repas pour 100 personnes à chaque service. Dans un esprit d'autogestion, il est rappelé que les personnes prenant en charge les repas ne sont pas des prestataires de service mais aussi des participant·es du festival. Selon ses énergies, ses envies et ses capacités, tousxte le monde pourra s'investir en cuisine, contribuer au bon déroulement des repas ou prendre soin des espaces et du matériel de cuisine en s'inscrivant directement via le tableau des tâches. 

❤️‍🩹​Le soin pendant le festival

La responsabilité collective passe aussi par la gestion de conflits, le soin et l'écoute. Une team écoute sera présente, n'hésitez pas à la solliciter si vous en avez besoin. Une boîte à message sera aussi disponible dans les espaces communs pour déposer un message à la team écoute si vous avez du mal à aller les voir directement. 

❌​ La prévention des VHSS

Il est nécessaire de prendre en charge les VHSS et créer les conditions de leur prévention. La sécurité physique et émotionnelle de chacun·e est primordiale : si une personne subie une forme de violence ou de discrimination, une team écoute est là pour soutenir, accompagner et aider à définir comment elle souhaite que cela soit portée. Personne n'est laissée seule. Si nécessaire nous prendrons des mesures, y compris l'exclusion, pour protéger chacun·e dans une optique de care ferme et féministe.

❌​ Discriminations

Nous portons une vigilance accrues à toutes les oppressions et souhaitons créer un cadre où les personnes sexisées, queers, précaires, racisées, porteuses d'handicap visibles ou invisibles puissent se sentir pleinement en confiance et libre d'occuper l'espace comme iels le veulent. 

🧑‍🦽‍➡️​Accessibilité Nous pensons qu'il est important d'être transparent.e.x.s sur l'accessibilité/non accessibilité du festival, c'est pourquoi deux documents ont été rédigé pour cela : « Document sur l'accessibilité des Vermines » et « Charte d'accessibilité des Vermines ». Dans le premier doc, vous trouverez des infos, espace par espace, avec des photos. Dans le deuxième doc, vous trouverez aussi des infos relatives à des besoins spécifiques (chambre PMR, volumes sonores, alimentation, etc). Si vous avez des besoins spécifiques qui freineraient votre venue au festival, n'hésitez pas à nous contacter, on essaiera de trouver des solutions

Publié le 15.06.2026 à 20:30

Suivi de la mobilisation contre le G7

Suivi de Renversé sur les mobilisations contre le G7 à Genève et alentours !

Du 15 au 17 juin 2026 se tiendra le sommet du G7 à Evian.

Le discours médiatique déjà mis en place donne, dés à présent, un bon aperçu de ce qui nous sera servit lors du Sommet. Pas un mot sur le rôle clé des puissances du G7 dans le génocide à Gaza, dans le désastre climatique, dans les conflits mondiaux et dans la montée du fascisme et du militarisme. À la place, dans une stratégie classique de retournement de situation, c'est la contestation qui est stigmatisée, des larmes de crocodiles sont versées en avance pour les potentiels bris de vitres et les acteurs du capitalisme genevois s'insurgent de la publication d'une « carte des multinationales et autres fripouilles« accusée d'être »une incitation à la casse »

Alors, avec nos camarades du réseau mutu, nous allons proposer un suivi des mobilisations contre le G7 durant tout le mois de juin, à travers un article continuellement mis à jour.

Nous y publierons, les appels à manifestation et autres rendez-vous, les comptes rendus de petites et grandes actions, des suivis live et bien plus. Nous souhaitons couvrir les rencontres internationales du 13 juin, la manifestation du 14 juin et les journées d'action du 15 au 17 juin.

L'article de suivi sera en ligne dès le 1. juin. Vous déjà nous envoyer vos appels à actions et à manifs et les retours de vos actions de mobilisations à contact@renverse.co. D'autres canaux de communication seront publiées prochainement.

Vive les médias libres, No G7.

Publié le 12.06.2026 à 08:00

Canicule 2026 : suffocation dans les passoires thermiques ...et désarmement des bétonneurs

« Dans les logements sociaux, on cuit dans l'indifférence »

Depuis des décennies, on sait qu'il faut changer l'architecture et l'ubanisme, rénover, rafraîchir, isoler... pour s'adapter tant que faire se peut au réchauffement climatique punitif et catastrophique produit par la civilisation industrielle, et pourtant pas grand chose ne change, et très lentement, plus lentement que l'aggravation des canicules et vagues de chaleur. Et vas-y que le système ajoute des radiateurs géants (data center), des routes, des autoroutes, des terres bétonisées...

Dans la Drôme comme ailleurs, de nombreux habitants locataires, notamment les plus pauvres, suffoquent souvent dans des bouilloires thermiques. Même les propriétaires qui auraient les moyens de faire des rénovations thermiques (isolation du toit, volets, doubles vitrages modernes...) ne font souvent rien, car rien ne les y oblige. Aux locataires de supporter l'étouffoir l'été et de payer de lourdes factures de chauffage pour l'hiver. Les anciens HLM surchauffés se rénovent plus ou moins lentement. Ca risque de ne pas s'arranger avec l'argent des livrets A détournée pour la guerre et les armées.... Pour les établissements scolaires la situation est souvent catastrophique (extrait : Environ 80 % des écoles nécessiteraient une rénovation thermique importante pour faire face aux canicules futures. Dans les Landes, en début de semaine, 53 °C ont été mesurés dans une école primaire, entraînant un malaise et des vomissements. Dans ce contexte d'impréparation totale, sans être la panacée, la climatisation pourrait parer au plus pressé. Or, seuls 7 % des écoles, collèges et lycées sont climatisés — c'est le niveau le plus faible du secteur tertiaire. À titre de comparaison, environ 64 % des bureaux bénéficient d'air rafraîchi, ainsi que la quasi-totalité des centres commerciaux. La classe dehors, alternative rafraîchissante et bienfaisante à de multiples égards, accuse des retards importants par rapport à d'autres pays européens).

A quand une vraie organisation offensive des mals logés et victimes du capitalisme punitif pour imposer de vraies adaptations structurelles ?

Après cette première canicule 2026, surnommée canicule Amazon, combien d'autres cet été ? En restant dans la thématique GAFAM, nous pourrons nommer la suivante Apple, ou Google, ou encore Microsoft.

—> Face aux canicules, 3 petits gestes conseillés pour notre survie : hydratation, repos à l'ombre, et ...désarmement d'industries nuisibles (« La vague de chaleur sur les bétonneurs ne fait que commencer »).

[...]

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