rubrique «À LIRE AILLEURS»
Publié le 15.10.2026 à 08:00
Pour comprendre la situation actuelle en Birmanie, il est nécessaire de revenir à la fois sur l'héritage de la dictature militaire, l'histoire des luttes sociales et ethniques locales, comme sur les diverses tentatives avortées de démocratisation.
Après une période de domination par le Japon pendant la seconde guerre mondiale, et devenu indépendant du Royaume-Uni en 1948, le Myanmar, dont le territoire accidenté n'a jamais été réellement contrôlé par les britanniques, voit s'affronter le gouvernement central à des mouvements ethniques armés (Karen, Kachin, Shan, etc.) et à la guérilla du Parti communiste birman (CPB). L'armée, héritière des forces coloniales, se présente comme le garant d'unité nationale fantasmée, tant le pays est une mosaïque ethnique et culturelle.
En 1962, le général Ne Win prend le pouvoir par un coup d'État et instaure un régime militaire. L'armée, rebaptisée Tatmadaw, devient l'institution centrale du pays, contrôlant l'économie et l'administration pendant que la répression s'abat sur l'opposition. Le Myanmar restera isolé sur la scène internationale pendant des décennies, sous sanctions économiques, pendant que ses habitants s'enfoncent dans la misère. Ils le resteront, car encore aujourd'hui un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté.
En août 1988, une révolte massive éclate, connue sous le nom de « Soulèvement 8888 » : des millions d'étudiants, ouvriers et moines bouddhistes descendent dans la rue pour réclamer la démocratisation du régime. La répression est sanglante.
Face au régime, une partie de l'opposition birmane prend les armes ou intensifie sa lutte préexistante. Citons L'Armée karen de libération nationale, le Parti communiste de Birmanie (CPB), et Le Front démocratique des étudiants de Birmanie, fondé en 1988 par des militants étudiants, qui devient l'un des principaux groupes de résistance.
En 1990, la junte organise des élections et la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi les remporte. La junte annule le résultat, maintient son pouvoir, et place Aung San Suu Kyi en résidence surveillée pendant 15 ans. Cet échec renforcera la résistance armée comme seule alternative.
En 2008, le régime militaire lance une réforme politique et adopte une nouvelle Constitution, qui maintient le rôle dominant de l'armée (elle contrôle 25 % des sièges au Parlement et conserve les ministères clés comme la Défense et l'Intérieur). Malgré une nouvelle victoire en 2015, la LND n'a donc qu'un pouvoir limité.
Souvent présenté par les blocs centraux occidentaux comme une période de « transition démocratique » (en réalité plus une stratégie de l'armée de libéralisation économique), ses résultats s'avèrent plus que mitigés :
Les conflits ethniques persistent (guerres contre les Karen, les Kachin, les Rohingyas) ; L'exploitation capitaliste se renforce : droits des travailleurs bafoués, syndicats désormais autorisés mais réprimés par la LND, salaires extrêmement bas malgré la création, rapidement délaissée, d'un salaire minimum, investissements étrangers captés par les élites militaire, qui contrôlent, et disputent aux minorités ethniques depuis des décennies l'extraction du gaz, des pierres précieuses et des ressources naturelles ; L'armée mène à partir de 2017 une campagne de nettoyage ethnique contre la minorité musulmane des Rohingyas, provoquant l'exode de 700 000 personnes vers le Bangladesh, dans le silence d'Aung San Suu Kyi.Cependant, après les élections de novembre 2020, qui ont donné une victoire écrasante à la LND, certains généraux craignent une réforme de la Constitution, ce qui les pousse à fomenter le putsch du 1er février 2021. Ce coup d'État déclenche la « Révolution du printemps », un soulèvement marqué par des manifestations massives et la forte présence d'une jeunesse ayant grandi à l'ère d'internet.
Dès les premiers jours, la junte écrase toute contestation : 1 500 morts, 12 000 arrestations, torture, viols et exécutions extrajudiciaires seront recensés.
Face à cette violence, une partie de la population se tourne, comme en 1988, vers la résistance armée :
Création des Forces de défense du peuple (PDF), des milices populaires formées par des civils, souvent issues des syndicats et des mouvements étudiants ; Des groupes ethniques armés s'allient temporairement avec les PDF, et lancent en 2023 « L'opération 1027 » et prennent le contrôle de dizaines de villes.La résistance est aussi ouvrière : les grèves massives de 2021 (ouvrières du textile, des enseignants, des mineurs) réussissent à paralyser l'économie, tandis que la solidarité ouvrière permet aux différents groupes armés de se financer. La junte interdit 16 syndicats et arrête des dirigeants, poussant les militants à la clandestinité ou à l'exil. La lutte amorcée par les travailleurs pendant la décennie de libéralisation se poursuit actuellement donc sous d'autres formes. On aurait donc tort de ne donner qu'une lecture identitaire et ethnique du conflit.
Le Myanmar est aujourd'hui divisé en trois zones :
Les territoires contrôlés par la junte : principalement les grandes villes (Naypyidaw, Mandalay, Rangoun) et les axes routiers ; Les zones tenues par les groupes ethniques armés (Karen, Kachin, Shan, Arakan, etc.) ; Les territoires libérés par la résistance populaire (PDF et alliés), où des gouvernements locaux alternatifs tentent de s'organiser.Pour maintenir son pouvoir, l'armée utilise des méthodes de guerre totale : bombardements aériens sur les zones rebelles, blocus économique (coupure d'Internet, restrictions alimentaires, pillage des ressources), recrutement forcé (la loi de 2024 impose l'enrôlement des jeunes hommes, provoquant un exode massif de réfugiés vers la Thaïlande.
Afin d'y voir plus clair, et de penser la révolution et la solidarité internationale dans le contexte de guerre civile au Myanmar, nous publions une interview d'un ancien membre de “l'Antifascist internationalist front” (AIF, une organisation politique internationaliste implantée localement), que nous remercions chaleureusement de nous avoir accordée.
L'entretien en anglais / Interview in english
L'entretien au format A5 :
Publié le 11.10.2026 à 08:00
Art de rue : 20 pancartes qui claquent
Banderole game, Vu dans la rue ces 2 dernières semaines.
Un soulèvement créatif ne peut être vaincu. Ce qui marque dans les manifestations de ces derniers jours, c'est le nombre impressionnant de pancartes au sein des cortèges, et leur extraordinaire inventivité : punchlines rageuses, dessins mordants ou terribles de vérité, caricatures, humour, détournements ou références littéraires… Un art de rue fait main et engagé, à rebours du tout numérique et de la pensée unique.
Un soulèvement créatif ne peut être vaincu. Ce qui marque dans les manifestations de ces derniers jours, c'est le nombre impressionnant de pancartes au sein des cortèges, et leur extraordinaire inventivité : punchlines rageuses, dessins mordants ou terribles de vérité, caricatures, humour, détournements ou références littéraires… Un art de rue fait main et engagé, à rebours du tout numérique et de la pensée unique.
Voici 20 pancartes aperçues dans la rue ou trouvées sur les réseaux sociaux, qui montrent la puissance du mouvement en cours.
Bravo aux artistes de la révolte ! SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE

les autres :
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 11.10.2026 à 08:00
Octobre 2010, il y a 16 ans, Geoffrey avait 16 ans, la police tirait déjà sur des enfants
Voici une histoire qui dure depuis 16 ans.
16 ans, c'est aussi l'âge qu'avait Geoffrey lorsqu'il fut visé et touché en pleine tête par un tir de LBD 40, le 14 octobre 2010 à Montreuil, par l'agent de police Jean-Yves Césaire. Il intervenait avec son unité pour réprimer les blocages de lycées lors des mobilisations contre la réforme des retraites Fillon/Sarkozy.
Si Geoffrey a du mettre ses projets et sa vie d'adulte entre parenthèses, Césaire a conservé son boulot, n'a perdu aucun jour de salaire, il n'a pas été interdit d'exercer par la justice et pas davantage par son administration : se rendre coupable de faux en écriture lui a juste couté un conseil de discipline. Sanction : 5 jours d'exclusion temporaire… AVEC SURSIS ! Dès 2012, il avait été promu, nommé brigadier, comme son supérieur Landurain qui était passé brigadier-chef. En 2016, Césaire a été muté, à sa demande, en Guadeloupe, devenu chef d'unité avec douze agents sous ses ordres. Le combat est vraiment inégal, il faut s'y préparer.
Voilà les enjeux avant que ne s'ouvre cette nouvelle audience devant la cour d'appel de la chambre civile. Un premier rendez-vous avait été fixé en février 2026. Nouveau coup tordu : audience reportée, l'AJE n'a pas rendu son mémoire à temps. Huit mois dans la vue.
Voilà où on en est.
Après avoir soutenu le flic en lui offrant la protection fonctionnelle, en l'ayant promu, muté, puis payé à sa place une petite partie des indemnités pour aller dans une cassation pourrie par son baveux Liénard, avec l'idée qu'il ne dénoncera jamais sa hiérarchie sur la question du faux et usage de faux en écriture publique en bande organisée, l'État, se croyant sorti d'affaire, le laisse tomber sur la question des indemnisations avec la complicité du tribunal de Bobigny.
Comble de tout, la victime se retrouve au côté du flic pour engager la responsabilité de la l'État concernant l'agression, la réelle cause des blessures de Geoffrey. Le tout dissimulé derrière son faux en écriture, condamné mollement par le tribunal et sauvagement récupéré par l'AJE pour ne pas payer « solidairement » avec le policier mutilateur.
16 ans après, report après report, décision inique après décision inique, dégradation après dégradation, harcèlement après harcèlement, la justice nous a démontré qu'elle est minée par l'appareil policier, installé dans tous les rouages des institutions. Si tout le monde déteste la police, tout le monde doit aussi détester la justice. Le prochain acte se jouera le 13 octobre 2026, dans le vieux tribunal de l'ile de la Cité, à deux pas de la Sainte-Chapelle et de la préfecture de police. Ce sera 16 ans exactement après le tir qui lui a déchiré la vie. Ainsi Geoffrey, reconnu victime, a déjà passé la moitié de sa vie en procédure par les turpitudes de la police et de leurs petites mains trafiquant dans les tribunaux. Ce qui est le plus désolant, c'est qu'on a oublié Geoffrey, seul face à ces sordides procédés.
—
Geoffrey et ses proches n'appellent pas à venir en soutien au tribunal le 13 octobre, ils et elles n'en attendent rien et encouragent plutôt toutes celles et ceux qui le peuvent à soutenir les enfants qui se révoltent partout en ce moment, les jeunes gardé-es à vue dans les commissariats comme celleux qui sont jugé-es à la chaîne au tribunal judiciaire de la Porte de Clichy. Cette jeunesse qui doit encore et toujours affronter la férocité de l'État, de ses armes et de sa police.
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 10.10.2026 à 08:00
La classe lycéenne ! Une émission de Mayday
Le mouvement lycéen de ces derniers jours a surgi en plein marasme, désastre climatique tous les jours plus aigu, fascisation accélérée, mouvement social à l'arrêt et en une semaine il a bloqué la grande majorité des lycées, empli les rues, saturé l'espace médiatique et donné des idées aux travailleur-euses qui ne savaient plus par où reprendre la lutte.
Cette semaine Mayday donne donc la parole à des dizaines de lycéen-nes rencontrées aux abords des lycées, dans les rues révoltées et les manifs déterminées. Beaucoup de reportages et des voix qui nous parlent des conditions d'étude de la jeunesse, de la galère dans les bahuts de banlieue où tout a commencé, de la rage et de l'envie de se faire enfin entendre, avec aussi des débats animés, des désaccords sur les moyens de la lutte, des profs qui soutiennent et d'autres qui pacifient, des coups de gueule...

Si le lecteur ne fonctionne pas cliquez ici
ou retrouvez l'émission sur toutes les plateformes de son.
Mayday c'est mercredis à 18h sur radio canut et aussi en rediffusion sur la Clé des ondes (Bordeaux), Radio Dragon (Mens), Radio Zinzine (Limans), radio Cause Commune (Paris et Île-de-France), radio Méga (Valence), radio Larzac (causses et au delà), radio Grenouille (Marseille), JetFM (Nantes). Toutes nos émissions se réécoutent aussi ici ou sur les trucs de podcast : https://audioblog.arteradio.com/blog/98875/mayday
Publié le 06.10.2026 à 08:00
Le Projet-Evasions a besoin de ptis sous
Pour qu'on puisse continuer notre agitation sociale on se lance dans un mois de recherche de fonds.
Le Projet-Evasions c'est un réseau multilingue d'amitiés anarchistes qui existe depuis 2019. Après sept joyeuses années à mener nos petites activités*, le temps est venu pour nous de faire appel à votre soutien.
Par « petites activités » on veut dire : faire des trucs dans lesquels on voit du sens, un potentiel émancipateur, révolutionnaire et des perspectives anarchistes. Par « trucs » on parle de création de plein de contenus (livres, brochures, articles, podcast, capsules audio, stickers, revues, cartes postales, jeux, expositions, affiches), d'ateliers et de présentations, de création d'outil pour se former à l'antirep et d'un gros travail de diffusion. Tout ça dans plein de langues différentes paske, l'a-t'on-dit, on est un projet multilingue à cheval entre plusieurs zones linguistiques.
On crée souvent du contenu qu'on a envie de partager mais aussi des outils dont d'autres personnes peuvent se saisir. La majorité du temps on crée notre contenu nous même et quelques fois on collabore avec des personnes externes. On diffuse toutes les versions papiers à prix libre, chaque personne peut décider librement, en fonction de ses propres capacités, de ce qu'elle peut et veut nous donner en échange. En parallèle, toute les versions digitales de ce que l'on produit sont disponibles gratuitement sur notre site internet.
L'argent qu'on a est majoritairement utilisé pour payer les impressions. Même si on travaille principalement avec une imprimerie camarade qui nous soutien de ouf, les frais d'impression restent notre dépense principale. En deuxième place se trouvent les frais d'envoi qui augmentent chaque année. Quand on envoie à l'étranger, les frais de poste et de douane sont souvent plus élevés que les frais d'impression de la publication que l'on envoie. À côté de ça, on achète aussi régulièrement des livres et d'autres publications auto-éditée qu'on rediffuse à prix libre. À l'âge d'or de notre trésorerie (désormais revolu), on a plusieurs fois pu soutenir des anarchistes en prison, des projets en quête de thunes et quelques rares fois défrayer un peu de nos voyages et du travail que l'on fait. En dernière position dans nos dépenses se trouve les frais de notre site internet et deux trois bricoles logistiques.
À l'heure où l'on écrit ce texte notre caisse comporte exactement 741 francs suisse et 123 euros et si l'on souhaite la remplir à nouveau c'est qu'on a plusieurs projets qui seront bientôt prêts pour à être envoyé à l'impression. Comme élément de comparaison : l'impression des 1000 exemplaires de Illégal élégance nous a coûté 3000.- soit 3.- l'exemplaire et l'impression des 4000 livres sur les interrogatoires nous avait coûté 16'000.- soit 4.- par livre.
Alors on a décidé de faire une petite campagne de dons durant le mois d'octobre. Vous pouvez nous envoyer vos modestes ou conséquentes donations avec la mention « EVASIONS » ici
Un énorme merci à celleux qui peuvent nous soutenir https://projet-evasions.org/ep6_fr/]
Impression de stickers pour une pride révolutionnaire. Sortie de notre livre « Comment la police interroge et comment s'en défendre » (fr, de, eng, esp) Publication de la brochure « Hate Work – Support Sexworkers » (fr, de, eng) Édition et publication de « Childfree – Un jeu de rôle pro-choix » (fr, eng, de, pl)2021
– Sortie du 2e, 3e et 4e numéro de la revue Epectase (fr, de, eng, it)
– Première et deuxième offensive de Stickers
– écriture de l'article « Un mois plus tard » à propos du meurtre policier de Nzoy (de, fr)
– publication de la brochure « Pas d'oubli #1 » (eng, fr, de)
2020
Publication de « Révolte 2019 – Livre et exposition » (fr, de) Sortie du premier numéro de la revue Epectase (fr, de, eng) Publication du jeu « Taceo #1 – Un jeu contre la police » (fr, de, eng)2019
Traduction de l'article « L'insurrection n'est pas un jeu » (eng, fr, de) écriture de l'article : « Le jeu de rôle à l'assaut de l'enfer carcéral » (eng, fr, de)Publié le 05.10.2026 à 08:00
« Renouveau lycéen » : décryptage d'une escroquerie médiatique
Les médias sponsorisent un faux lycéen mais un vrai communicant macroniste pour tenter de casser le mouvement
Publié par Contre-Attaque : https://contre-attaque.net/2026/10/03/renouveau-lyceen-decryptage-dune-escroquerie-mediatique/

Si vous regardez encore la télévision – ce qui est mauvais pour votre santé – vous n'avez pas pu le rater. Il est partout, sur toutes les chaînes de télévision depuis deux jours : Nathanaël Combary, présenté comme le « représentant des lycéens ». Il présente bien, il a un discours modéré, il cogne sur LFI mais pas sur le gouvernement… c'est le personnage idéal pour mettre en scène un « dialogue » entre les lycéens et le pouvoir. Pendant que, sur le terrain, la police massacre le mouvement.
Le 2 octobre, Nathanaël Combary était reçu par le Ministère de l'Éducation devant un parterre de caméras, et a déclaré : « On a maintenant une écoute et un dialogue qui a été restitué et renoué entre nous et le ministère ». Une réalité parallèle, « l'écoute » se faisant à coup de grenades dans la vraie vie. Il a ensuite fait le tour des plateaux des milliardaires, où tous les éditorialistes boomers, ceux qui justifient à longueur de journée les tirs de LBD sur des mineurs, le trouvent formidable.
Alors qui est ce nouveau chouchou des médias, ce « porte-parole » autoproclamé des lycéens ?
Déjà, Nathanaël Combary n'est pas lycéen. Il participe à la campagne électorale de Gabriel Attal. Il a été assistant parlementaire d'une députée macroniste. Et cerise sur le gâteau, il est actuellement employé de Minerva, agence de communication macroniste présidée par Louis Jublin, conseiller d'Attal.
Dès le nom de son « syndicat », on sent qu'il y a embrouille : « Renouveau lycéen ». Ça sonne comme « Renaissance », « Ensemble » et tout le marketing creux du macronisme. Sur Instagram, la page de cette organisation compte 1.500 abonnés, ses publications sont rares et le nombre de « likes » est famélique, alors qu'elle prétend exister depuis 2021. C'est un groupe totalement inconnu, sans militant, sans public : une coquille vide.
C'est pourtant à son dirigeant que les médias donnent la parole, plutôt qu'aux lycéens et lycéennes réprimées. Une pure production du système. À un militant et un communiquant du camp de ceux qui sont en train de mutiler des adolescent·es.
Sur LinkedIn, Nathanaël Combary se félicite de travailler pour l'entreprise Minerva, et affirme « accompagner des personnalités publiques, des entreprises et des dirigeants dans la construction de leur récit, leur image et leur stratégie d'influence ». Novlangue pour parler de propagande et de lobbyisme en faveur des puissants.
Sans surprise, Nathanaël a effectué son stage d'assistant parlementaire chez la députée macroniste Julie Delpech il y a quelques mois seulement… Un « représentant lycéen » qui n'est donc ni représentant ni lycéen sillonne les plateaux pour taper sur LFI et les « casseurs ».
Publié le 04.10.2026 à 08:00
Mardi 6 octobre, on y va déter, équipés et solidaires : grève nationale et blocage total !

Wesh l'équipe, faut qu'on parle de ce qui se passe en ce moment, parce que c'est hyper grave.
Le gouvernement Lecornu vient de présenter son projet de budget pour 2027, et c'est une énorme cure d'austérité : 54 milliards d'euros d'économies sur notre dos.
Concrètement, ils veulent supprimer 1 588 postes de profs (alors qu'on est déjà souvent plus de 35 par classe !), et geler les APL ainsi que les allocations familiales. Bref, c'est une attaque directe contre la jeunesse et les familles les plus pauvres.
Depuis fin septembre, on s'est mobilisés en masse dans les lycées. Mais la réponse de l'État est ultra-violente. En quelques jours, il y a déjà eu plus de 5 000 interpellations (rien que le jeudi 1er octobre, ils ont arrêté 1 949 personnes !).
Le pire, c'est qu'il y a déjà au moins 170 élèves blessés. À Tours et à Argenteuil, des lycéens de 16 ans ont été gravement touchés à l'œil par des tirs policiers, et à Saint-Denis, un autre a fini à l'hôpital pour une suspicion de fracture du crâne.
Face à cette violence, on ne peut plus juste attendre gentiment. Les syndicats officiels (comme la FIDL ou l'Union étudiante) et les partis politiques comme LFI nous demandent de faire des marches pacifiques ou d'attendre sagement les élections de 2027.
Mais on sait très bien que les marches déclarées ne suffisent plus. Ce qui marche vraiment, c'est le blocage strict et le rapport de force.
La preuve : la ministre a déjà dû reculer sur la tarification des BTS et des Prépas grâce à la pression de la rue ! Pour tenir le coup, la rue n'est pas un choix politique, c'est une nécessité.
On doit s'organiser, se protéger et faire bloc.
🛡️ GUIDE DE SURVIE : DE LA RUE À LA GAV
Pour que la solidarité soit notre meilleure arme face à la répression, voici les règles d'or et techniques de défense collective (defco).
En manif : "Be Water" et protection collectiveMatos de base : Du sérum phy pour les yeux, des fringues sombres et neutres (pas de marques visibles), un masque de protection FFP2, des lunettes de protections, et surtout le numéro d'un groupe d'anti-répression ou d'un proche écrit au marqueur sur le bras.
Technique du parapluie : Les parapluies ne servent pas qu'à se cacher. Ouvrir plusieurs parapluies à l'avant et sur les côtés du cortège crée un mur visuel instantané. Ça bloque les caméras de surveillance, empêche les flics de cibler des personnes et protège des tirs de gaz lacrymo ou de LBD.
"Be Water" (Sois l'eau) : Pas de position fixe si on est encerclés ou dépassés. On reste mobiles, fluides et spontanés. Si une charge arrive, on reflue ensemble sans paniquer, et on se reforme plus loin. On évite de rester statique face aux nasses.
En cas d'interpellation : La base légale de la DefcoSi tu te fais choper par les flics, active immédiatement le mode "Défense Collective". En garde à vue (GAV), tu as des droits fondamentaux que la police essaiera de te faire oublier.
Applique la règle des 3 piliers :
Le Droit au Silence : C'est ta meilleure arme. À TOUTES les questions (sauf ton identité de base : nom, prénom, adresse), ta seule et unique réponse doit être : « Je n'ai rien à déclarer ». Ne cherche pas à te justifier ou à raconter ton histoire "pour sortir plus vite", ça sera retenu contre toi ou tes potes.
L'Avocat·e choisi·e ou commis·e d'office : Exige un·e avocat·e dès le début. Aucune audition ou interrogatoire ne peut commencer sans sa présence. Si tu as le nom d'un avocat anti-rep ou d'un collectif sur ton bras, donne-le. Sinon, demande l'avocat d'office.
Le Médecin : Demande à voir un médecin, même si tu penses n'avoir rien. C'est capital pour faire constater d'éventuels coups ou violences policières subis pendant l'interpellation, et ça laisse une trace officielle. Pareil si tu as des médicaments à prendre (pense à en avoir avec toi). Ne dis rien au médecin qui puisse être utilisé contre toi.
Ne rien signer à l'aveugle : Ne signe aucun document (procès-verbal, déclaration) sans l'avoir lu attentivement. Si tu n'es pas d'accord avec ce qui est écrit ou si on a déformé tes propos, refuse de signer.
Rappel crucial pour les mineurs (90% des interpellés en ce moment) : Les flics ont l'obligation de prévenir tes parents ou tuteurs légaux immédiatement. La présence d'un avocat est obligatoire pour les mineurs pendant les auditions. Ne te laisse pas impressionner par leurs coups de pression.
Que faire si mon pote se fait arrêter ?La solidarité ne s'arrête pas quand les flics embarquent quelqu'un.
Si tu vois ton pote se faire choper, suis DIRECTEMENT ces étapes pour le sortir de là :
Prends les infos en direct : Note immédiatement l'heure exacte, le lieu précis de l'arrestation, la tenue qu'il portait, et essaie de capter le matricule (RIO) des flics ou leur unité (BAC, Brav-M, CRS).
Note son identité complète : Note son nom, prénom, sa date de naissance complète et le numéro de téléphone de ses parents (surtout s'il est mineur, c'est super important).
Alerte le groupe légal : Contacte tout de suite le collectif légal ou la "legal team" de ta ville ou de ton mouvement si vous en avez mis un en place. Transmets-leur toutes les infos pour qu'ils puissent chercher dans quel commissariat il a été envoyé.
Préviens ses proches : Si ton pote est mineur, appelle immédiatement ses parents pour qu'ils soient au courant avant que la police ne les appelle (ou s'ils font traîner les choses). Dis-leur de demander tout de suite un·e avocat·e pour leur enfant.
Fais du soutien psy au comico : Ne le laisse pas tout seul. Dès que vous savez dans quel commissariat il est retenu, rassemblez-vous en groupe devant. Faire du bruit et être présents montre aux flics qu'il n'est pas isolé et ça donne de la force à ceux qui sont à l'intérieur.
Mardi 6 octobre, on y va déter, équipés et solidaires : grève nationale et blocage total !
Publié le 04.10.2026 à 08:00
Le temps du soulèvement : l'appel d'une jeunesse insurrectionnelle
À Saint-Denis, Paris, Nantes, Lyon, Rennes, Bordeaux, Lille, Toulouse, mais aussi à Niort, Sens, Saintes ou Saint-Nazaire : des dizaines de milliers de lycéen·nes et de jeunes précaires se lèvent, s'auto-organisent et débordent le cadre.
Ce n'est plus une simple colère scolaire, c'est le soulèvement méthodique d'une génération à qui l'on a tout confisqué : les moyens dans l'éducation, les espaces de fête, l'air respirable et l'avenir…
À Rennes, l'embrasement gagne du terrain. La colère a franchi un cap : les premières barricades à l'université s'érigent et les accès se verrouillent. Face aux flics et au mépris des institutions, les étudiant·es refusent de courber l'échine. Leurs revendications sont claires : stop au sous-investissement chronique qui laisse les bâtiments tomber en ruine et fin du massacre de leurs conditions d'étude et de vie — un constat d'urgence rappelé sans détour par Héloïse Lefebvre Milon, secrétaire générale de l'Union Étudiante. Face à la précarité organisée et à l'austérité budgétaire, la jeunesse rennaise a choisi l'offensive et l'action directe.
Face à la contestation légitime, la réponse du pouvoir n'est plus politique, elle est violente et militaire. Depuis quarante-huit heures, le bilan de la sauvagerie policière glace le sang : à Saint-Ouen-l'Aumône, Eden, 14 ans, a eu
Publié le 03.10.2026 à 08:00
Manifestation anti-fasciste contre l'ouverture du R-haiNe d'un local en centre-ville du Mans pour en faire son siège départemental et une permanence parlementaire. Nous pensons nécessaire de nous opposer largement à cette tentative d'implantation fasciste au Mans et autour. Première étape d'une lutte qui parviendra à fermer ce local du R-haiNe !

Samedi 3 Octobre à 15h15 à Lafayette : Manifestons nos solidarités anti-fascistes contre l'ouverture d'un local du Rassemblement Nazional au Mans !
_
Depuis 2023 le Rassemblement Nazional a choisi la Sarthe comme porte d'entrée stratégique pour tenter de conquérir le Nord-Ouest de l'État français, qui lui résiste... et nous ne cesserons de lui résister ! Alors le R-haiNe investit d'importants moyens financiers et humains pour s'implanter localement, parachutant des élu⸱es (1) et l'argent public européen qu'il a détourné par millions.
Le R-haiNe louait déjà un local au Mans depuis au moins 2025, mais il ne l'ouvrait pas au public. Depuis peu il loue un local au 147 rue Gambetta, remplaçant l'association LGBTQIA+ Homogène. Cette dernière en est partie après avoir subi deux fois des dégradations de sa vitrine : détériorations de son affichage et collages d'auto-collants « Europe Jeunesse Révolution » avec croix celtique. Le slogan et le symbole du Groupe Union Défense (GUD), qui est lié au FN/RN depuis sa création (2) et dont 2 membres ont assassiné Federico Martín Aramburú en 2022.
Créé par des nazis et des colons, le R-haiNe est un parti fasciste qui veut à nouveau déporter et exterminer certain⸱es d'entre nous, comme en attestent les écrits judéophobes de son président Jordan Bardella (3). Face au danger de sa prise de pouvoir, nous avons toustes intérêt à nous opposer massivement et efficacement au R-haiNe pour le faire reculer puis disparaître (4).
Samedi 3 Octobre le R-haiNe ouvrira un local au Mans pour en faire son siège départemental et la permanence de l'euro-députée Angéline Furet.
Samedi 3 Octobre nous nous rassemblerons à 15h15 à Lafayette au Mans pour manifester nos solidarités anti-fascistes. Cette manifestation sera la première étape d'une lutte qui parviendra à fermer ce local du R-haiNe !
Nous invitons toustes les individu⸱es et les organisations à nous rejoindre et à partager cet appel.
Les fascistes n'ont pas gagné. Ensemble nous pouvons infliger une défaite au RN dont il ne se remettra pas !
L'Assemblée Générale anti-fasciste de la Sarthe (agantifasciste72@systemli.org) et le Collectif Rêvolutionnaire Autonome Anarchiste Anti-fasciste du Mans et des Environs (CRAAAME) (le_craaame@riseup.net)
_
Sources :
1 : https://larnapee.info/Infos-candidat-e-s-Rassemblement-Nazional-second-tour-en-Sarthe-136
2 : https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/la-gud-connection-dans-les-coulisses-du-rn
4 : https://ciaofachos.org/ni-congres-ni-meeting-pour-le-rn/#pourquoi-lutter-contre-le-RN
Publié le 02.10.2026 à 18:30
Stop Pesticide : suivi de la manifestation du 3 octobre
Le 3 octobre, paysan·nes, travailleu·ses agricoles, personnes malades et habitant·es de territoires contaminés convergeront pour dénoncer les ravages de l'agrochimie, représentée par le numéro un mondial des ventes de pesticides : Syngenta. Suivez toute la mobilisation en direct sur le réseau Mutu !