rubrique «À LIRE AILLEURS»
Publié le 16.04.2026 à 22:20
Derrière la loi Yadan, 15 ans de répression de la solidarité avec la Palestine
Le 16 avril sera examiné en séance publique à l'Assemblée le projet de loi de la députée macroniste Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». L'occasion de revenir sur le parcours pour le moins édifiant de l'élue proche de l'extrême-droite israélienne et sur quinze ans de répression des formes de solidarités pro-palestiniennes en France. Article publié dans Rebellyon
Caroline Yadan, une députée proche de l'extrême-droite israélienne... et française
Se retrouver sur le devant de la scène et le feu des projecteurs, c'est un peu ce qui arrive lorsqu'on est parlementaire rédactrice d'une loi qui amène plus de 500 000 personnes à se mobiliser pour signer une pétition à son encontre. Pourtant, Caroline Yadan, porteuse du projet de loi « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme » qui passera en première lecture à l'Assemblée nationale le 16 avril prochain n'en est pas à son coup d'essai et son parcours politique marqué par une forte proximité avec la droite et l'extrême-droite israélienne parle finalement pour lui-même.
Pour commencer, Caroline Yadan est députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France, c'est-à-dire l'ensemble du pourtour Est de la Méditerranée, qui comprend dans ses délimitations les territoires palestiniens occupés par Israël. Lors des législatives de 2024, elle bat avec surprise et sur le fil Meyer Habib (député LR) qu'on ne présente plus : connu notamment pour ses saillies racistes et islamophobes en session parlementaire comme devant les caméras, et son soutien sans faille à la politique génocidaire du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou. Si Caroline Yadan n'est pas Meyer Habib, on peut tout de même relever une forte proximité idéologique entre les deux député-es et leur électorat qui les place en office.
Caroline Yadan est également secrétaire du groupe parlementaire amitié France-Israël depuis le 15 février 2023. Un groupe parlementaire assez important qui s'était par exemple illustré en 2011 quand 110 parlementaires faisaient appel au président Nicolas Sarkozy pour utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU sur la demande d'adhésion de l'État palestinien. Un appel qui était alors à l'iniative des présidents parlementaires du groupe. On ne relèvera pas toutes les prises de positions de ce groupe de parlementaires, mais on peut tout de même s'arrêter sur le cas de son président Roger Karoutchi (depuis 2021) qui demandait en 2023 à la première ministre de l'époque Élisabeth Borne que le gouvernement "punisse sévérement" les personnes qui "ne soutiennent pas Israël et qui font de l'apologie du terrorisme". Si cela nous rappelle vaguement quelque chose, c'est parfaitement normal, et nous y reviendrons.
Caroline Yadan n'a aussi pas que des amis dans le parti de son chef Renaissance. Faisant partie des députés macronistes qui affichent très médiatiquement leur soutien inconditionnel à Israël, elle désapprouve assez logiquement les manoeuvres timides de reconnaissance de l'État palestinien et d'embargo sur les armes à destination d'Israël annoncées par Emmanuel Macron et s'est depuis distanciée du groupe parlementaire macroniste. Elle fait aussi partie des députés macronistes s'étant rendus en Israël sur invitation du groupe d'influence pro-isréalien ELNET, alors que le gouvernement isréalien était alors déjà responsable de la mort de plus de 25 000 Gazaoui-es. Clou du spectacle, Caroline Yadan proposait également en juillet 2024 de faire de la reconnaissance d'Israël un préalable à l'acquisition de la nationalité française.
Il ne faut pas oublier également que Caroline Yadan a fricoté un temps au parlement avec des députés du Rassemblement National comme Julien Odoul, avec lequel elle a été co-rapporteuse d'une "mission flash" (malheuseument pas une flashmob) sur les "dérives communautaristes et islamistes dans le sport" à l'automne 2024 [1]. Une mission parlementaire dont le but à peine caché est d'alimenter l'islamophobie médiatique en tentant de démontrer que les clubs de sport seraient des lieux de "conquête" de l'islam radical. Yadan elle-même d'afficher son racisme sur le plateau d'RMC en avril 2025 en qualifiant le voile musulman d'"étendard des Frères musulmans". Sacrée ambiance.
La « loi Yadan », une réelle nouveauté ?
Depuis un peu plus d'un mois, une forte mobilisation s'est mise en place pour faire face la proposition de loi de Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». La loi élargit la définition des délits de provocation et d'apologie du terrorisme avec des critères vagues qui pourraient aisément être détournés pour censurer toute critique d'Israël. Elle ajoute aussi les critères de « minoration » et « banalisation » au délit d'apologie du terrorisme, risquant ainsi de criminaliser des discours universitaires ou militants qui viseraient à expliquer les processus sociaux et historiques ayant mené à la commission d'actes violents ; par exemple, la contextualisation des attaques du 7 octobre dans des décennies d'oppression, d'apartheid et de colonisation contre le peuple palestinien. La proposition de loi prévoit également un nouveau délit interdisant l'« appel à la destruction d'un État » pour censurer les critiques de la nature de l'État israélien, comme la dénonciation du régime d'apartheid, le débat sur un État binational ou la revendication d'égalité des droits de la mer au Jourdain.
Pour autant, malgré l'énoncé très frontal des motifs de la loi, et une répression inédite de la liberté d'expression et des libertés politiques, la "loi Yadan" n'est que l'énième mouture d'une longue répression des solidarités pro-palestiniennes en France depuis au moins une quinzaine années. En prenant un peu de recul, on peut constater que chaque attaque des territoires palestiniens par le gouvernement israélien a amené des personnes à se mobiliser et en retour, une forte répression étatique et l'apparition de propositions de lois visant à silencier ces soutiens du peuple palestinien.
Opération "Bordure protectrice" et premières semonces
Pour bien comprendre la construction progressive de la répression des solidarités au peuple palestinien, il faut revenir au début des années 2010. En 2012, l'affaire Merah et l'attaque antisémite de l'école Ozar Hatorah à Toulouse relance en période électorale l'enjeu de la lutte contre l'antisémitisme dans un climat de plus en plus sécuritaire. Le monde médiatique est alors aussi particulièrement marqué par l'alliance, et véritable phénomène, antisémite d'Alain Soral et Dieudonné, dont les citations des spectacles successifs au Théâtre de la main d'Or de Paris se retrouvent commentés sur tous les plateaux. Le bras de fer pathétique entre l'humoriste d'extrême-droite et Manuel Valls (alors ministre de l'intérieur) prennent des proportions telles que le dernier en vient à faire la publicité du premier par ses communications et interditions à répétition.
Sur ces bases déjà bien crasses, s'ajoute à partir du 8 juillet 2014 une opération militaire sanglante de l'État d'Israël dans la bande de Gaza. En juin, trois adolescents israéliens avaient été tués en Cisjordanie, menant à l'arrestation d'environ 800 Palestiniens et le meurtre de 9 autres par l'armée israélienne. Durant l'été, c'est plus de 2000 Palestinien-nes qui seront tués par Tsahal dans la bande de Gaza.
Le 13 juillet, une première manifestation a lieu à Paris durant laquelle des personnes liées de près ou de loin à la Ligue de défense juive (mouvement sioniste d'extrême-droite) sont venues attaquer la fin du parcours de la manifestation avant de se réfugier derrière les condés. En réaction aux débordements de la première manifestation, Bernard Cazeneuve (alors minitre de l'intérieur) demande personnellement à la Préfecture d'interdire la manifestation du samedi suivant, 19 juillet. Malgré l'interdection, plusieurs milliers de personnes se retrouvent à Barbès pour témoigner leur solidarité avec les Gazaoui-es. Face aux attaques policières, la manifestation tourne à l'émeute, les flics sont attaqués et de nombreux véhicules incendiés. 38 personnes sont interpellées pendant la manifestation. Sur le déroulé de la manifestation du 19 juillet 2014, on peut retrouver ce super papier publié à l'époque sur Paris-Luttes-Infos contre les intox déroulées par le gouvernement socialiste pour réprimer le mouvement. Le lendemain à Sarcelles, une autre émeute éclate autour de la présence dans le quartier de plusieurs personnes de la Ligue de défense juive armée.
Malgré le soutien d'une partie de la gauche d'opposition (notamment le NPA, l'UJFP et le Parti des indigènes de la République), le gouvernement interdit à nouveau le rassemblement parisien déposé le 26 juillet en prenant appui sur les émeutes du week-end précédent. Bravant une nouvelle fois l'interdiction, plusieurs milliers de personnes descendent tout de même dans la rue pour témoigner leur solidarité avec la Palestine. À la suite de ces rassemblements, Hollande, Valls et Cazeneuve se serrent les coudes pour justifier le musèlement du mouvement pro-palestinien et le « nouvel antisémitisme qu'il faut combattre », selon les mots de Valls. Ce « nouvel antisémitisme » brandi à chaque discours, c'est évidemment celui prêté aux musulman-es et habitant-es de quartiers, qui cacheraient derrière leur soutien à la Palestine et leur antisionisme une aversion réelle pour les Juif-ves. Un mot-clé médiatique et un trope islamophobe apparu dans le courant des années 2000 et qui, on a pu le constater depuis le 7 octobre, n'a malheureusement fait que prendre toujours plus d'ampleur. Déjà à l'époque, plutôt que de s'en prendre à la Ligue de défense juive (alors déjà interdite aux États-Unis) et au Betar (autre organisation de jeunesse d'extrême-droite sioniste, à laquelle a d'ailleurs appartenu un temps un certain Meyer Habib), ou à prendre position contre les violations du droit international par le gouvernement isréalien de Benjamin Netanyahu, le gouvernement réprime le mouvement de soutien à Gaza et transforme la lutte sérieuse contre l'antisémitisme en "cause nationale" bien creuse, comme on ne le sait désormais que trop bien.
Une première résolution en 2019
Cinq ans après l'été 2014, Emmanuel Macron, alors en fonction depuis 2 ans fait les choux gras de la presse lorsqu'il associe dans son discours donné au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de février 2019 l'antisionisme à une forme d'antisémitisme. Reprenant à son compte des termes finalement assez proches de son ancien compère de gouvernement Manuel Valls en argumentant que l'antisionisme était "une des formes modernes de l'antisémitisme."
Les troupes du parti présidentiel La République en marche (LREM) bien en ordre, une résolution sort assez vite du bois pour faire entrer la nouvelle définition de l'antisémitisme du président. L'exposé des motifs de la résolution est parfaitement clair et s'aligne sur la définition de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA), fortement poussée par la droite et l'extrême-droite israélienne :
critiquer l'existence même d'Israël en ce qu'elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l'égard de la communauté juive dans son ensemble.
Dans un tribune publiée dans le Monde le 2 décembre 2019, veille du passage de la loi devant l'Assemblée, 127 intellectuel-les juif-ves à l'international appellent à ne pas soutenir la proposition de résolution [2]. Ils et elles rappellent déjà que la résolution nie l'existence des 20 % de la population israélienne qui sont des citoyen-nes palestinien-nes en ne désignant Israël que comme une « collectivité composée de citoyens juifs ». Iels s'en prennent point par point à la confusion manifeste de la résolution de loi entre racisme et critique légitime d'un État, poussée par un gouvernement israélien qui dénonce toute opposition à politique comme antisémite, se refermant toujours plus dans la position de leader autoritaire d'un État suprémaciste juif.
Malgré les critiques portées à la résolution et le malaise patent dans les rangs de l'Assemblée (seul un tiers des parlementaires se sont prononcé-es sur le texte), la résolution est adoptée le 3 décembre 2019. Si la proposition de loi de Caroline Yadan paraît aujourd'hui beaucoup plus explicite sur la répression du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien, la résolution de 2019 fait figure de première pierre à l'édifice.
Darmanin contre le mouvement pro-palestinien
Le 7 mai 2021, les forces de police israélienne prennent d'assaut l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à coup de lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes. Face à l'occupation du Mont du Temple et du quartier de Sheikh Jarrah, le Hamas lance des roquettes depuis la bande de Gaza et le gouvernement isréalien y répond par une campagne de frappes aériennes. Au total, plus de 250 Palestinien-nes sont tué-es, près de 2000 blessé-es et 72 000 déplacé-es.
Le 15 mai, une soixantaine de rassemblements sont appelés un peu partout en France en soutien au peuple Palestinien. Quelques jours auparavant, le 13 mai, Darmanin (alors ministre de l'intérieur) annonce l'interdiction de la manifestation parisienne. En cause, les « graves troubles à l'ordre public [...] constatés en 2014 ». Darmanin annonce en conférence de presse ne pas vouloir « revivre les scènes ignobles de 2014 dans les rues de Paris. » À l'éqoque effectivement, les images des révoltes pour la Palestine dans les rues de Paris avaient fait le tour des plateaux internationaux et avaient suscité l'ire du gouvernement isréalien. Pour autant, rien n'annonçait une volonté particulière de confrontation ou d'intensité dans le rassemblement, un seul exemple datant de 7 ans suffisait à la macronie pour tenter de baîllonner les voix pro-palestiniennes.
À l'instar de l'été 2014, 3000 personnes ont bravé l'interdiction pour déambuler dans Paris malgré la forte répression policière. 44 personnes sont interpellées dans la capitale et la Préfecture profite du cadre de l'état d'urgence sanitaire pour distribuer des amendes à tour de bras : 367 personnes sont ainsi verbalisées pour divers motifs, manifestation interdite, non port du masque... Au total, tout de même 22 000 personnes parviennent à descendre dans le rue à travers le pays pour manifester leur soutien à la Palestine face aux attaques de l'armée israélienne [3].
On y arrive, la "loi Yadan" déposée en 2024
Retour au présent. Le 19 novembre 2024, alors que le mouvement de solidarité avec la Palestine bat son plein à l'international, que les facs américaines et françaises sont occupées et bloquées en soutien au peuple palestinien, que plusieurs milliers de personnes manifestent chaque semaine contre le génocide en cours à Gaza, la députée Caroline Yadan dépose sa proposition de loi visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». Dans l'exposé des motifs, elle y fustige les expressions radicales à l'encontre d'Israël qui "prospère au sein de nos écoles et universités ou sur internet" [4]. Selon elle, et tous les député-es qui la suivent, seul l'État d'Israël serait ainsi remis en question.
« Qui remet en cause l'existence de l'État afghan depuis le retour des Talibans ? Personne. Qui remet en cause l'existence de l'État iranien depuis le retour des Mollah ? Personne. Seul Israël est ainsi constamment stigmatisé. »
Et donc... la critique d'Israël en devient automatiquement antisémite. Caroline Yadan n'a soit pas bien analysé les prises de position politique vis-à-vis des États cités, ou choisit plus vraisemblablement l'hypocrisie. La proposition de loi Yadan est inédite dans la répression particulièrement précise des formes de soutien à la lutte palestinienne. Pour autant, comme on l'a dit, et comme elle même l'écrit, cette proposition de loi ne pourrait exister sans une décennie de répression des solidarité avec la Palestine :
« En 2019, la représentation nationale a posé les jalons de la prise en compte de ce nouvel antisémitisme en adoptant une résolution destinée à reconnaître la définition opérationnelle de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA). »
Face à l'offensive du gouvernement contre l'expression de la solidarité avec la Palestine, il convient prendre considération du passé afin de lutter au présent. La répression que nous vivons n'est que l'aboutissement d'un long processus de silenciation des voix de la résistance palestinienne. À nous de continuer à les faire vivre au plus fort.
[1] https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/commissions-permanentes/affaires-culturelles/actualites/conclusions-de-la-mission-flash-sur-les-derives-communautaristes-et-islamistes-dans-le-sport
[2] https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/02/appel-de-127-universitaires-juifs-aux-deputes-francais-ne-soutenez-pas-la-proposition-de-resolution-assimilant-l-antisionisme-a-l-antisemitisme_6021348_3232.html
Publié le 16.04.2026 à 08:00
Tattoo Circus à Bruxelles 19-20-21 juin
Bienvenuxs pour la première édition du tattoo circus de Bruxelles : trois jours de rencontres autour des luttes anti carcérales avec du tatouages et autres pimperie en tous genres. Article publié sur stuut.info
Tout d'abord, c'est quoi un tattoo circus ? Né à Rome en 2007 dans les milieux anarchistes, puis organisé régulièrement dans différentes villes en Europe, c'est un évènement où les tatoueur.euses, pierceur.euses et autres participant.es renoncent à tout profit personnel pour que tous les bénéfices aillent en soutien à des prisonnie.res et des luttes anticarcérales.
L'idée est de ramener le tatouage occidental à ses origines marginales et transgressives : celles des criminel.les, des galèrien.nes et des bagnard.es en refusant sa récupération capitaliste et en rejetant l'appropriation des symboles des cultures colonisées.
Pourquoi un tattoo circus ? Parce que les prisons tuent, traumatisent et humilient. Parce que les prisons ne réparent pas, ne protègent pas et ne sécurisent pas. Parce que la prison n'est pas un « mal nécessaire », la prison c'est un choix politique. C'est l'élément crucial d'un système fondé sur l'inégalité, l'exclusion et la punition. C'est aussi une manière de contrôler socialement les populations, de punir celleux qui ne peuvent ou ne veulent pas se plier au système capitaliste. Le système carcérale et répressif est façonné par des logiques capitalistes, racistes et sexistes. La prison - tout comme la police et le système judicaire - ne se réforme pas. Les prisons se détruisent.
Ce tattoo circus se veut un moment de rencontre et de partage autour de quelque chose qu'on aime, pour lutter contre quelque chose qui nous révolte.
À quoi s'attendre ? Des stands de tattoo, piercing, coiffure, nail art et strass dentaires en continu. Pendant les trois jours il y aura aussi des infokiosques, des points infos sur différentes luttes et situations de révoltes et répression, des projections, discussions, écoutes de podcasts, de la sérigraphie, des ateliers pour survivre en gav et des ateliers pour écrire des lettres aux détenu.e.s. Mais aussi des cantines veganes, des spectacles et des concerts le samedi soir. Le programme plus détaillé avec toutes les activités suivra. Rdv dès 18h le vendredi et jusqu' au dimanche 18h.
Quelques infos pratiques déjà
Les activités seront à prix libre et tous les bénèfs iront en soutien à des collectifs et luttes anti‐carcérales Accessible PMR mais certaines activités auront lieu à l' étage sans ascenseur. Cantines veganes, petit dèj et bar avec soft et alcool. Espaces chill à l' intérieur et l' extérieurRDV les 19‐ 20‐ 21 juin au Mona : Av. de Jette 225, 1090 Jette.
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 12.04.2026 à 08:00
Pas d'argent pour la guerre, pas de pub pour JcDecaux
Il y a quelques nuits, on a ciblé un panneau JcDecaux à Toulouse. On y a laissé un tag « pas d'argent pour la guerre » et cassé la vitre de l'autre côté.
Dernièrement on a vu fleurir une nouvelle campagne pour l'armée, mais cette fois-ci pas pour l'engagement mais pour inciter les propriétaires à louer leurs logements en priorité à des militaires. On ne parle donc plus là d'une campagne de recrutement mais de communication visant à l'adhésion de la société civile à la doctrine et l'omniprésence militaire, une tentative d'appeler au sentiment national et à se regrouper derrière l'armée. Un appel du pied à celleux qui détiennent les biens, par celleux qui s'assurent du maintien de la société capitaliste. Tout ça se place dans le cadre d'un nouvel élan de militarisation dans toute l'Europe notamment avec le programme Rearm Europe, et d'une crise du logement rendant toujours plus compliquées nos conditions matérielles d'existence.
De plus, l'entreprise JcDecaux est elle aussi activement complice de cette militarisation puisque, depuis 2020, elle investit largement dans différentes entreprises de l'armement, à travers le fond HLD. Dans leurs investissements, on trouve notamment Exosens, fabriquant des lunettes de vision nocturne pour l'armée française et vendant aussi à l'OTAN ou Israël.
On trouve aussi Aresia, entreprise jouant un rôle clé dans la fabrication des avions de combat Rafale et Mirage et cherchant à s'intégrer au système de combat aérien du futur (SCAF), programme de collaboration entre les grands fabriquants de l'aéronautique militaire français, espagnols, belges et allemands afin de développer de nouvelles technologies de pointe toujours plus meurtrières.
Enfin, on trouve MVG (Microwave Vision Group), travaillant sur les systèmes de mesures des ondes électromagnétiques, entre autre utiles pour les drones, les radars et les systèmes de guerre électronique. Et on ne parle pas là de quelques maigres actions : les entreprises de l'armement dans lesquels JcDecaux a investi leur fournissent la moitié voire plus de la moitié de leurs revenus.
Tous ces investissements témoignent de plusieurs choses : on constate depuis plusieurs années un virage de la part des entreprises françaises, avec une part considérable de leurs fonds orientée vers l'industrie militaire et un État français bien content de pouvoir faire appel à des entreprises françaises pour soutenir ses différents programmes armés. Avec toujours des entreprises à double facette, produisant à la fois des technologies pour le civil et pour le militaire, les recherches sur un terrain venant nourrir l'autre (comme avec MVG, Airbus ou Ariane). La course technologique ne saura se détacher de la course à l'armement, et il n'y aura donc pas de production écologique ou éthique.
Pour plus d'informations sur les investissements militaires de JcDecaux, on vous renvoie ici : https://fr.linkedin.com/pulse/dossier-reconversion-militaire-des-decaux-jerome-dern--dey2e
À travers cette action, on invite les gens qui en auraient l'envie et la capacité à y faire écho là ou` iels vivent, luttent, s'organisent, à cibler d'autres produits JcDecaux (sucettes publicitaires, abribus, panneaux d'affichage, vélos...). Ça peut être des tags, ouvrir des panneaux, briser les vitres, remplacer les pubs... On a encore la chance (mdr) d'avoir plus de panneaux de pub que de caméras et donc de pouvoir aller en niquer sans trop se prendre la tête, autant en profiter ! Protégez-vous, visez les angles et amusez-vous !
Petit tuto de Montpellier pour ouvrir les panneaux ici : https://infokiosques.net/spip.php?article1714
Publié le 12.04.2026 à 08:00
Le Seum est un journal pour la révolution ici et partout dans le monde. Les articles sont rédigés et discutés de manière collective. La parution est un peu chaotique. Ce journal est un outil d'agitation et de propagande révolutionnaire anarchiste-communiste. Il est gratuit et imprimé à des milliers d'exemplaires... Et peut-être bien plus, si vous nous aidez à répandre le Seum, l'imprimez et le distribuez autour de vous !
En début d'année, les USA enlevaient le chef de l'État vénézuélien Nicolas Maduro pour contrôler son pétrole et forcer le régime à changer d'alliance géo-politique. Ils aspirent à faire de même avec le régime cubain et pour cela étouffent la population de l'île sous un embargo meurtrier. La révolution ressurgissait en Iran, sous le feu et le sang d'une répression abominable, tandis qu'à l'extérieur, le fils de l'ancien dictateur iranien, le shah, a tenté d'imposer son retour pour faire main basse sur le pays. Qui l'emportera et sur quelle ruine règnera-t-il ? La question est brûlante, désormais que les USA et Israël ont attaqué le pays et le bombardent sans relâche. Et Israël continue son dévorement de la Palestine, attaque le Liban…
La guerre de bloc s'étend et paraît recouvrir et étouffer même les assauts révolutionnaires. Est-ce le cas ? Et devons-nous l'accepter ?
Oui, disent certains, car il faudrait être « réalistes », avoir comme boussole l'« anti-impérialisme », ce qui reviendrait à se tenir du côté des régimes opposés aux USA, le bloc autour de la Chine : Iran, Russie, Corée du nord, malgré la terreur répressive sur les Ouïghours et ailleurs, l'écrasement sanglant des soulèvements…
Oui, disent d'autres, car il faudrait être « réalistes », avoir comme boussole la « démocratie » et s'opposer aux régimes cités plus haut. Il faudrait se tenir au côté des USA, de l'Ukraine, Taïwan en cas de guerre, malgré tout. Fermer les yeux voire soutenir le génocide en Palestine.
La guerre hors limite qu'Israël et ses alliés mènent contre les populations en Palestine et désormais au Liban est un laboratoire où toutes les méthodes de répression imaginable sont testés, pour demain être exporté ailleurs. La tuerie par laquelle la République islamique d'Iran a réprimé le mouvement récent est un message pour tout les soulèvements. Ces deux évènements ne sont pas isolés, mais forment une conjoncture générale : le visage même de la contre-révolution.
Et ceux qui sous prétexte de calculs géopolitiques se solidarisent à ces États ont dans la bouche une fosse commune. Même ennemis, ces États se copient et tendent vers un même modèle répressif, dystopique. Pour maintenir et accroître l'exploitation et l'oppression, le capital s'attaque aux conditions même de la vie sur terre. C'est tout ce système d'États, cette toile d'araignée au dimension du monde, qu'il s'agit d'abattre pour vivre.
Les prix montent toujours plus, les guerres s'accumulent et sont à la fois une dynamique générale de la période mais aussi un moyen de répression des soulèvements. Et ainsi, la boucle perdure, les prix montent encore, de nouvelles guerres s'étendent... Jusqu'à quand ?
Les conditions qui nous sont faites ici, le sort réservé aux populations sous les bombes là, méritent plus que des indignations, de piteux votes pour le moins pire ou des mobilisations dans les clous. Mais qui sait, peut-être sommes nous moins loin qu'on ne le pense d'une nouvelle explosion sociale ?
Publié le 02.04.2026 à 08:00
Tous-tes à Dijon le 18 avril 2026 contre les projets de construction de nouveaux CRA !
Face au projet de construction de 3000 nouvelles places en centre de rétention administrative (CRA), on s'organise !

Le collectif antiCRA de Dijon, en coordination avec des collectifs antiCRA d'ailleurs en France, organisent une manifestation le 18 avril 2026 contre le projet de construction d'un CRA à Longvic, à côté de Dijon, et plus globalement contre le projet national de doubler le nombre de places en CRA et contre toute forme d'enfermement.
Le programme :
12h : Repas partagé, expo et table de presse. Théâtre municipal de Dijon 13h30 : Départ de la manifestation. Direction place Darcy par rue de la Liberté 15h : Jonction avec le rassemblement pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Place Darcy 16h30 : Exposé mis en scène du collectif Confrontière (2h) puis débat. Bourse du travail 20h : Repas et concert. Espace autogéré des Tanneries (35-37 rue des ateliers)
Publié le 31.03.2026 à 08:00
[Bure] Faisons dérailler l'expulsion - la Gare prend sa revanche, semaine du 13 au 19 avril
[Au regard des dernières informations, le CIGEO [
Publié le 29.03.2026 à 08:00
Les post-anarchistes, en mode défense nationaliste et pro-guerre, se multiplient.
Voici encore un phénomène inquiétant : le « national-anarchisme ». Des individus se revendiquant anarchistes qui, sous couvert d'« anti-impérialisme », justifient l'entrée en guerre pour défendre une prétendue agression extérieure. En réalité, ils défendent l'État-nation, exactement comme de vulgaires réactionnaires.
Rappel élémentaire : toute personne qui revendique la guerre, la mobilisation nationale ou la défense d'un territoire étatique n'est pas anarchiste. C'est une contradiction totale. Ce courant n'a rien de libertaire ; il s'inscrit pleinement dans le roman national et relève historiquement et idéologiquement de l'extrême droite.
Présenter la guerre comme une « auto-défense populaire », alors qu'elle sert objectivement les intérêts de la bourgeoisie, des élites militaires et des appareils étatiques, est une imposture. Se battre sous les drapeaux, s'aligner avec des forces nationalistes ou fascistes, légitimer l'union sacrée au nom d'un ennemi extérieur : tout cela relève de la logique étatique la plus classique.
L'anarchisme ne choisit pas entre deux impérialismes, ne bénit aucun front, ne sacralise aucune frontière. Il refuse la guerre des États parce qu'elle est toujours menée contre les populations, jamais pour elles. Transformer la soumission à l'État en vertu révolutionnaire est une falsification pure et simple. Appeler cela de l'anarchisme est une foutaise.
Le délire de ces individus est tout aussi grotesque que dangereux. Ils pleurent ensuite les morts qu'ils ont eux-mêmes contribué à produire, tout en appelant à la guerre, à la mobilisation et au sacrifice. Inciter à la mort au nom d'une cause prétendument libertaire relève d'un crime : la négation totale de la vie, de l'autonomie et de la solidarité.
Leur justification est encore plus cynique lorsqu'ils invoquent une soi-disant « libération Queer ». Beaucoup de ces personnes s'en réclament, tout en acceptant, voire en soutenant des régimes, des armées ou des mouvements profondément discriminatoires. Ils veulent être « libérés » à l'intérieur de systèmes excluants, autoritaires et violents, tant que leur étiquette identitaire est tolérée ou instrumentalisée.
C'est là toute la supercherie : remplacer l'émancipation collective par un marché identitaire, où l'on négocie ses droits avec l'État, l'armée ou la nation. Aucune libération n'est possible dans un cadre qui repose sur l'oppression, la hiérarchie sociale et l'exclusion. On ne se libère pas sous des bombes, ni aux côtés de bourreaux, ni au prix du sang des autres.
Ce qu'ils proposent n'est ni une libération, ni une lutte, ni une rupture. C'est une intégration forcée dans la tuerie de masse repeinte en discours radical. Une mascarade réactionnaire, incompatible avec toute idée d'anarchie. Voilà la déchéance de ces post-anarchistes adhérents au national anarchisme (idéologique d'extrême droite).
Ni post-anarchisme, Ni frontière, Ni État, pour l'Anarchosyndicalisme, pour le socialisme libertaire !
Vive la révolution sociale ! Source : https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1490
Publié le 26.03.2026 à 08:00
Comme un air de printemps sombre sur zone Du jeudi 16 au dimanche 19 avril 2026 : une semaine d'organisation contre l'ordre nucléaire !
Depuis le lundi 23 Mars, la Gare est expulsable ! Nous avons clairement indiqué, à plusieurs reprises dans le passé, que nous n'avions pas l'intention de quitter cet endroit de notre plein gré. Nos nombreux appels à occupation ont moyennement fonctionné, ne nous permettant pas d'avoir la force et le nombre suffisant pour résister à une expulsion disproportionnée au vu des 8 hectares de la Gare à défendre. Cependant, les divers évènements, rencontres et chantiers collectifs ont permis de créer une constellation informelle de résistance et de lutte contre le nucléaire et son monde de merde aux quatre coins de la France, et au-delà. Malgré tout, nous n'avons pas envie de laisser la préfecture dicter la façon dont nous allons partir et subir cette expulsion. Nous n'avons pas envie de la laisser dérouler une opération parfaitement planifiée et médiatisée : des centaines de flics contre quelques occupant.e.x.s mal réveillé.e.x.s au beau matin, pendant que d'autres, loin, ne peuvent que suivre le fil info. Cela s'est vu trop de fois, dans tant de lieux d'occupation, dont au Bois Lejuc en 2018.
Nous ne laisserons pas la préfecture mettre en scène notre impuissance ! Nous ne resterons pas assis à la Gare à attendre le jour de l'expulsion ! La Gare écrira librement sa propre histoire. C'est pourquoi la Gare souhaite vous informer qu'elle a choisi la date et l'heure des festivités pour ce printemps et vous invite à quatre jours d'événements très spéciaux et inhabituels à partir du jeudi 16 avril.
Pour ces dernières retrouvailles, nous voulons réunir toutes les personnes qui ont développé un lien avec ce lieu chargé d'histoires, de résistance et de lutte contre CIGEO, au cours des 19 dernières années. Nous invitons aussi toustes celleux qui le souhaitent, à découvrir la Gare avant que les bulldozers de la mafia nucléaire ne la rasent. C'est l'occasion de faire tous.te ensemble des adieux à la Gare à sa manière ! ;)
Dans l'immédiat, nous appelons donc touste celleux qui le souhaiteraient à venir dès maintenant pour soutenir l'occupation de la Gare et sa défense.
Quelle que soit la façon dont vous souhaitez passer ces jours à la Gare, soyez consciente.x.s que vous vous rendez dans un lieu occupé illégalement.
La Gare vous accueillera dès le jeudi 16 avril : divers ateliers, chantiers, discussions, spectacles et concerts auront lieux les jours suivant avec cantine et sleepings sur place. Le dimanche matin, nous nous retrouverons à la Gare pour rendre hommage à la lutte de ce lieu et pour sa résistance. Le dimanche 19 avril, il y aura un départ collectif, festif et déterminé. Ce sera le moment de montrer que la lutte continue et que les résistances fleurissent partout sur le territoire !
L'événement sera maintenu même si la Gare est expulsée avant ! [https://bureburebure.info/expulsion-de-la-gare-des-le-mardi-24-mars-le-recourt-a-la-force-publique-est-autorise/] Dans ce cas, le week-end se déroulera dans un autre lieu mais nous irons, quoi qu'il arrive, faire nos adieux à la Gare !
Ce n'est pas un abandon mais la suite logique d'une lutte à long terme contre La poubelle de l'ANDRA.
Collectif Informelle de la Gare qui Exceptionnellement, s'est Organisé (CIGEO)
Comment venir à la Gare ?
Adresse :
Ancienne Gare de Luméville (55) RD138 Luméville-en-Ornois
Publié le 21.03.2026 à 08:00
Depuis 15 ans, la Communauté Squattée de Prosfygika à Athènes existe comme l'un des plus grands quartiers auto-organisés et libérés d'Europe. Actuellement, Prosfygika est menacée d'expulsion et d'attaque. Nous relayons leur appel à soutenir et à participer à la défense de la communauté.
SOUTENIR – DIFFUSER – RÉSISTER

Durant l'été 2025, en toute discrétion, la Région de l'Attique, à travers un accord programmatique, a lancé la planification de la répression et de l'expulsion de la Communauté Squattée de Prosfygika, située à l'avenue Alexandras.
Avec le début de l'année 2026, elle a activé une nouvelle phase de son plan, en utilisant des articles payés par des relais gouvernementaux et en promouvant toutes les étapes prévoyant l'expulsion violente de la Communauté de Prosfygika dans les six prochains mois et — comme d'habitude — un vaste festin d'argent public.
Au cours de la dernière décennie, c'est la quatrième fois que l'État et le gouvernement tentent d'expulser, et de piller Prosfygika. Cette fois-ci semble être la plus grave et sur le point d'être mise en œuvre. Tous les indices montrent l'existence d'un plan qui prévoit à la fois le financement du projet — dont le coût total est estimé à 15 millions d'euros, avec des fonds européens du programme régional ESPA Attique 2021–2027 — et, sur le plan de la propagande, la prétendue création de logements sociaux et de foyers pour les proches des patient·e·s de l'hôpital anticancéreux « Agios Savvas », en tentant d'exploiter les sensibilités et réflexes sociaux.
Ils n'y parviendront pas, cette fois non plus !
Prosfygika constitue une Communauté de plus de 400 personnes — Grecs, réfugiés et migrants — comprenant environ 50 enfants, des groupes sociaux vulnérables, des personnes souffrant de graves troubles de santé mentale, des patient·e·s atteint·e·s de cancer, des personnes âgées, etc.
Au cours de ses 16 années d'existence, les points de vente et de production de drogues — y compris de drogues dures — qui gangrénaient le quartier avec la tolérance de la GADA (Direction générale de la police d'Athènes) ont été éliminés, et 22 structures autonomes d'autosuffisance sociale, d'utilité collective et d'auto-organisation ont été mises en place pour les habitant·e·s de la Communauté et des quartiers voisins d'Ambelokipi et de Gyzi. À titre indicatif :
La Maison des enfants et la Structure d'auto-éducation, ainsi que la Crèche auto-organisée, fonctionnant quotidiennement avec un programme éducatif complet pour les enfants de la Communauté de Prosfygika et du quartier au sens large, en coopération directe avec les écoles, associations de parents et syndicats d'enseignants d'Ambelokipi, de toute l'Attique et du pays. La Structure de santé et la Pharmacie sociale, offrant des soins aux habitant·e·s du quartier dans le besoin, en coopération avec des dizaines de structures de santé auto-organisées, de cliniques sociales et de syndicats de soignant·e·s à l'échelle nationale. La Structure d'hébergement pour les patients et leurs accompagnant·e·s de l'hôpital anticancéreux « Agios Savvas », en coopération avec l'association des employé·e·s de l'hôpital. La Boulangerie collective "Berkin Elvan", produisant quotidiennement du pain et d'autres produits de la boulangerie pour les habitant·e·s du quartier et d'Athènes. La Structure de travaux techniques, assurant l'entretien continu des bâtiments de Prosfygika. Le Café et Cinéma collectifs, pour enfants et adultes, offrant des activités de loisirs et contribuant au développement culturel des habitant·e·s du quartier et d'Athènes en général. Le Centre social, qui accueille l'assemblée générale hebdomadaire de décision de la Communauté, ainsi que la Bibliothèque et la Salle de lecture du quartier. Au fil des ans, il a également accueilli de nombreux événements, présentations et assemblées à caractère social, politique et culturel, tant de la Communauté que d'autres groupes et collectifs sociaux. La Structure des femmes, visant la collectivisation et l'autonomisation des femmes et des personnes de genres divers, la création et la diffusion d'une culture opposée au système patriarcal, et fonctionnant également comme refuge d'urgence pour les femmes et personnes de genres divers dans le besoin. "L'Équipe de solidarité", hébergée dans les infrastructures de la Communauté, qui fournit de la nourriture cinq jours par semaine à de nombreuses personnes dans le centre d'Athènes.Toutes les structures de la Communauté sont ouvertes à toutes et tous et fonctionnent sur la base de l'auto-organisation et de la solidarité sociale.
Au cours de l'année écoulée, la Communauté a déjà annoncé publiquement sa décision de procéder à la rénovation extérieure des bâtiments de Prosfygika, par autofinancement et avec la participation et le soutien d'architectes, d'ingénieur·e·s civils et d'autres spécialistes techniques. Le plan de la Région constitue une réponse visant à court-circuiter cette initiative sociale afin de mettre la main sur l'argent public.
Cette nouvelle tentative de la Région constitue une directive politique centrale et une décision du régime Mitsotakis visant à démanteler le plus grand projet social existant actuellement dans le tissu urbain d'Athènes — et du pays — ainsi que l'un des plus importants d'Europe, qui a attiré l'attention et l'intérêt d'universités et d'institutions culturelles et éducatives en Grèce et à l'étranger.
Au-delà de son caractère social, la Communauté de Prosfygika s'est constamment trouvée en première ligne des luttes sociales, politiques, de classe et internationalistes. Des militant·e·s de Grèce, d'Europe ainsi que des organisations révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan résident également au sein de la Communauté. Le régime Mitsotakis voit Prosfygika à la fois comme un adversaire politique qu'il cherche à détruire et comme un bien économique qu'il rêve de piller et d'exploiter.
Il s'agit d'une décision politique qui, derrière les mensonges sur le « développement du quartier », vise à expulser des personnes et à démanteler des modèles sociaux d'auto-organisation et de contribution collective. Il est clair que, entre autres, il s'agit d'un nouveau tour de passe-passe préélectoral d'un gouvernement en déroute dont le seul produit restant est la doctrine de « la loi et l'ordre ».
Ils mentent lorsqu'ils prétendent que la Région se soucie du logement social. Prosfygika constitue déjà un logement social pour des centaines de personnes que la crise a jetées à la rue et que l'effondrement de toutes les structures sociales a plongé dans la misère et la marginalisation. Leur projet de mettre plus de 400 personnes à la rue afin d'en loger 50 des leurs est le comble de l'hypocrisie et de l'inhumanité d'un système qui ne se soucie que de son propre profit et du pillage des fonds publics et européens. C'est un prétexte éhonté pour piller un logement social existant au nom d'un nouveau logement social, alors que 80 000 appartements vides appartenant à la municipalité d'Athènes restent inoccupés dans le centre-ville. Ils mentent lorsqu'ils prétendent se soucier des proches des patient·e·s atteint·e·s de cancer que la Communauté héberge et soutient depuis des années — des personnes qui dorment souvent dans leur voiture pendant des jours ou des semaines durant les traitements de longue durée de leurs proches. La Communauté fournit déjà des conditions de vie saines et un soutien grâce à son propre travail et à ses ressources. La Région prévoit de jeter les proches de patient·e·s atteint·e·s de cancer à la rue tout en mettant en place des relations clientélistes avec des personnes dans le besoin. Dans le même temps, d'innombrables propriétés appartenant à l'État et à l'Église se trouvent à quelques rues seulement de Prosfygika. Ils mentent lorsqu'ils prétendent se soucier des questions sociales du quartier, alors que Prosfygika est un exemple de coexistence harmonieuse de personnes venues du monde entier — 27 nationalités différentes et leurs langues, cultures et religions. C'est le seul quartier adjacent à une unité de l'OKANA (Organisation de traitement des addictions) sans point de deal. Le seul problème de sécurité publique dans la zone réside dans les politiques de GADA (Direction générale de la police d'Athènes) et du ministère de l'Ordre public, qui envahissent périodiquement le quartier avec des gaz lacrymogènes — à la frontière de deux hôpitaux — pour démanteler une Communauté auto-organisée promouvant un autre modèle d'égalité et de justice sociales. Ils mentent lorsqu'ils prétendent se soucier de la valorisation de Prosfygika et du développement d'Ambelokipi. La requalification de Prosfygika fera exploser les loyers et le coût de la vie dans toute la zone, expulsant de force des dizaines voire des centaines de voisin·e·s incapables de faire face à la hausse des prix. Cette situation affectera progressivement toutes les zones environnantes, modifiant la composition sociale au profit des plus riches.Nous appelons chaque personne dotée de conscience et d'empathie à se tenir aux côtés de la Communauté de Prosfygika contre les projets d'expulsion et de pillage de ce quartier historique de résistance, d'auto-organisation et de refuge.
Nous appelons tout le monde à se mobiliser et à diffuser notre lutte dans son quartier, sa famille et ses cercles sociaux, dans les écoles, les syndicats et les lieux de travail, afin de protéger Prosfygika des plans prédateurs des grands escrocs du gouvernement.
Ceux qui ne se sont pas souciés de la vie de 57 personnes dans les trains. Ceux qui ont transformé la Grèce en décharge de l'Europe. Ceux qui ont démantelé toutes les structures sociales et les services publics de santé, d'éducation, de logement et de culture. Ceux qui ont laissé mourir tant de personnes pendant la COVID. Ceux qui ont réduit les paysans et paysannes et les campagnes à la mendicité. Ceux qui ont poussé un demi-million de jeunes à quitter le pays au cours de la dernière décennie. Aucun d'entre eux ne mérite la moindre confiance concernant Prosfygika, et tout le monde doit connaître les plans sordides cachés derrière leurs paroles.
L'expulsion et la répression de Prosfygika auront des conséquences incalculables sur la santé mentale et physique de dizaines d'enfants, de personnes âgées et de patient·e·s de la Communauté. Beaucoup d'entre eux ne seront plus en vie l'année suivante l'expulsion — sous la responsabilité du gouvernement et de ses agents.
L'expulsion et la répression du logement des réfugié·e·s affecteront également le mouvement et toutes les luttes en cours, car chaque espace libéré perdu constitue un coup porté à la lutte commune contre l'exploitation et l'injustice que subit la quasi-totalité de la société.
De notre côté, nous avons la responsabilité et le devoir de défendre les maisons que nous entretenons depuis des années avec abnégation comme si elles étaient les nôtres, en maintenant vivant un monument national et architectural que la planification étatique aurait laissé s'effondrer afin de tirer profit de sa reconstruction. Nous avons la responsabilité et le devoir de défendre les membres de notre Communauté, qui se retrouveraient autrement à dormir dans des cartons, dans la faim et la misère.
Nous déclarons publiquement que nous ne céderons pas un seul centimètre de terre au régime et à ses entreprises, et que nous lutterons de toutes nos forces pour annuler concrètement leurs plans sordides — même au prix de nos vies. Nous avons un devoir historique et social de lutter et de continuer.
Nous ferons en sorte que le coût énorme que l'on nous impose pour protéger notre quartier et notre Communauté soit encore plus lourd pour le gouvernement et ses agents.
SI NOUS TOMBONS, NOUS TOMBERONS SUR LEURS TÊTES
Nous appelons :
Toutes et tous — individus, collectifs, syndicats, associations, organisations — à faire tout ce qui est possible pour briser l'opération de répression et d'expulsion de Prosfygika. Toutes et tous — individus, collectifs, structures, initiatives — à se tenir aux côtés de Prosfygika ou à venir y vivre. Toutes et tous à rester vigilant·e·s face aux provocations possibles de l'État et de la police, qui tenteront de diviser et de briser la Communauté et notre lutte commune.PROSFYGIKA DE RÉSISTANCE SOCIALE, D'AUTO-ORGANISATION, D'ÉGALITÉ ET DE SOLIDARITÉ
PAS UN SEUL EURO D'ARGENT PUBLIC POUR LE RENOUVELLEMENT DE PROSFYGIKA
PLEINE RESPONSABILITÉ À LA COMMUNAUTÉ — AUTOFINANCEMENT ET AUTO-ORGANISATION
TOUCHE PAS À PROSFYGIKA
SOIT NOUS GAGNONS, SOIT NOUS GAGNONS
Nous appelons tous les internationalistes à soutenir et à participer à la défense de la communauté, que ce soit en venant d'Athènes, en participant à notre campagne internationaliste #saveprosfygika, en organisant des événements de solidarité ou par d'autres formes d'expression de solidarité !
Pour rendre cette restauration possible, nous avons besoin d'un soutien financier. Collecte de fonds : https://www.firefund.net/saveprosfygika
Mail : sykapro_squat@riseup.net Blog : sykaprosquat.noblogs.org Instagram : @sykapro Twitter : @Prosfygika
Publié le 21.03.2026 à 08:00
L'Actu des Oubliéǝs • SVI • EP7 • USA : ICE, le Nord se souvient
En mars, nous retournons aux États-Unis où la bataille fait rage contre l'ICE, en particulier dans les villes du Nord, héritières des luttes anti-escalavage, pour l'égalité des droits et plus récemment Black Lives Matters

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DOUBLAGE Marylou, Mona, Antonin
MEDIAS [en] Immigrant Justice (.org) Tempest mag In These Times The Antidote Zine Lake Effect Collective Illinois Coalition for Immigrant Refuge Hands off Chicago
[fr] A l'encontre : l'ICE mène une guerre de classe Mediapart Crimethinc
MUSIQUE 1'05 - Nur-D - Black Kid White Town feat. Brandon Pulphus 13'51 - Ice Age (feat. Nuestro Cielo) (TrackBoost Anti-Fascist Hip-Hop) 29' Lil Skibidi Mane – Anti ICE
VISUEL Rond Point à Minneapolis, 29 janvier 2026 Auteur Chad Davis