rubrique «À LIRE AILLEURS»
Publié le 02.03.2026 à 08:00
Procès de Limoges : un appel pour le droit du vivant
Cinq ans après le 15 juin 2021, un procès se tiendra à Limoges les 19 et 20 mars 2026, au cours duquel nous allons être jugés pour des faits de « destruction ou dégradation du bien d'autrui par moyens dangereux pour les personnes » et « association de malfaiteurs », en rapport avec l'incendie de huit véhicules d'ENEDIS et de deux antennes-relais de téléphonie mobile et de télévision. Nous souhaitons que le procès de Limoges soit celui des technologies du numérique.
Les compteurs Linky et les antennes 5G sont d'ores et déjà déployés sur tout le territoire français. Un épais nuage électromagnétique est en train de recouvrir le monde entier. Les firmes multinationales multiplient les actions de lobbying auprès des gouvernements et dans les commissions officielles de protection de la santé publique. Pourtant, les études menées par des scientifiques indépendants tendent à prouver la dangerosité des rayonnements électromagnétiques mais elles sont ignorées par les industriels qui affirment que cette dangerosité n'est pas prouvée scientifiquement. Cette manœuvre n'est pas nouvelle. Les industriels l'ont déjà utilisée pour le tabac, l'amiante et la dioxine.
En attendant, ils se frottent les mains devant l'ampleur de l'arnaque des objets connectés. Vendus une fortune, ces objets sont à la fois des émetteurs d'ondes, des moyens de surveillance légaux et la cause d'un gaspillage phénoménal des ressources naturelles. Nous assistons à la mise en orbite de milliers de satellites et au développement à marche forcée de l'intelligence artificielle. Un contrôle généralisé de la population se met en place à une vitesse stupéfiante.
Le principe de précaution doit être appliqué de façon rigoureuse. La santé des personnes et la préservation de l'environnement ne doivent plus être sacrifiées sur l'autel du profit. La situation de notre planète et des organismes vivants qui l'habitent est de plus en plus compromise par l'extractivisme et l'augmentation vertigineuse de la consommation d'énergie. Le réchauffement planétaire, la destruction de la biodiversité et les atteintes de toute sorte à l'environnement entraînent une série de catastrophes climatiques, sanitaires et humaines. Cette destruction du vivant connaît une accélération exponentielle. Les changements dépassent les prévisions des scientifiques qui sonnent l'alarme depuis longtemps. Le temps des bonnes paroles arrive à sa fin. Notre planète, nos mondes, sont en train d'être détruits sous nos yeux.

Devant l'étendue du désastre, il faut agir maintenant. Les États et les institutions internationales tiennent un discours écologique de façade en contradiction complète avec leurs actions. Il revient à chacune et chacun d'entre nous d'agir. Une réflexion globale et collective doit impérativement se mettre en place pour définir une nouvelle conception du vivant qui ne doit plus jamais être une marchandise. L'interdépendance entre tout ce qui vit implique la nécessité d'une coopération égalitaire entre l'humain et les autres organismes vivants.
Il est incontestable que les lois et normes actuelles sont au service des industries mortifères. La désobéissance civile est donc vitale. Pourtant, elle est souvent réprimée au nom d'un dogme « antiterroriste » qui cache mal la terreur réelle que les gouvernements sont prêts à exercer.
Soyons solidaires de toutes celles et tous ceux qui cherchent à arrêter cette machine Infernale : mobilisons-nous dans la perspective du procès de Limoges qui aura lieu les 19 et 20 mars 2026.
Nous espérons que cet appel sera discuté, repris et amplifié.
Les inculpé·es et le Comité de soutien 15 Juin
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 01.03.2026 à 13:12
L'Actu des Oubliéǝs • SVI • EP6 • Iran
En février, retour sur la révolte qui a secoué l'Iran
En Iran, le régime de terreur instauré en 1979 après une vague révolutionnaire, imposé après des assassinats politiques et par un référendum que l'on soupçonne entaché de fraudes massives, pourrait-il enfin tomber ?
Pas moins de cinq soulèvements ont secoué le pays ces huit dernières années. Le 28 décembre, c'est au bazar de Téhéran que les commerçants ferment boutique et sortent dans la rue, bientôt rejoints par toutes les composantes de la société. Une insurrection matée dans le sang, qui pourrait être une étape de plus vers la fin d'un système de domination totale.
MAJ : Fin février, des manifestations ont repris dans les universités - les états-unis semblent lancer une attaque d'envergure pour renverser le régime.

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Doublage Vivie Izae
Médias Rojava : Rojava information center Rise up 4 Rojava Women Defend Rojeva Fondation Danielle Mitterand > Rojava des ressource pour comprendre et agir Serhildan Conseil Démocratique Kurde en France
Iran : Conseil national de la résistance iranienne Iaata > L'économie politique du soulèvement actuel Lundi matin > Comprendre le soulèvement en Iran Collectif Roja > Les protestations en Iran … Le Grand Continent > Une révolte contre la rente... Orient XXI > Iran, Carthographie d'un soulèvement Ricochets > Iran, Concéder l'ignorance Dossier Mediapart : L'Iran, un pays en révolte en-hrana(.)org
Musique 4'11 - In Dafe - 21G 12'08 - Soghoot - 1404 سقوط ۱۴۰۴ 28'11 - Koorosh - MA (feat. Sami Low)
Visuel Affiche lors d'une manifestation après la mort de Jina Amini, 2022 Brett Morrison
Publié le 28.02.2026 à 08:00
Courant Alternatif n° 356 : Mort aux vaches, et au champ d'honneur !
Le numéro de janvier 2026 (n°356) de l'inusable mensuel anarchiste communiste est bouclé, les abonnements arriveront vers le 7 janvier : abonnez vous sans tarder ou réservez le dans les bonnes librairies. La « une » et le sommaire du mois ci-dessous. Les articles seront publiés sur le site de l'OCL une fois les abonnements servis, au fil du mois.

SOMMAIRE
3 ✔ Edito : « Mort aux vaches et au champ d'honneur »
Luttes des classes 4 ✔ Grèves spontanées à Arcelor Dunkerque sur fond d'une restructuration sans fin 8 ✔ Syndicat et syndicalisme
Dossier : Luttes conte l'agro-industrie 10 ✔ FNSEA – ETAT FRANCAIS : La co-gestion, c'est l'abattage ! 13 ✔ Ce n'est pas les vaches qu'il faut abattre mais le virus Capitaliste et son vecteur, l'État ! 14 ✔ Fermes-Usines : la résistible ascension de l'agro-alimentaire ?
Répression 18 ✔ Sainte-Soline : « Le procureur clôt l'enquête ? On la rouvre ! » 21 ✔ Limoges : Procès de l'Affaire du 15-Juin
Environnement 23 ✔ Pourquoi la pollution est d'abord un gros problème d'égalité (et non un petit souci d'écolo saoulant) ?
Militarisation générale 27 ✔ Course aux armements : Que vient faire Renault dans cette galère ?
L'air du temps 30 ✔ La brutalisation inhérente aux rapports sociaux capitalistes, vivier du fascisme 31 ✔ La démocratie c'est la peste, vive la zone. Sur le livre de Qinn Slobodian, Le capitalisme de l'apocalypse
Immigration 33 ✔ Capitalisme, immigration et xénophobie
International 35 ✔ Sahara Occidental, un conflit oublié
Rubriques : 6 ✔ Insubordination salariale 16 ✔ Big Brother 20 ✔ Qui sommes nous ? 22 ✔ Brève de l'éco : Sécu, Internet, contre-budget du R.N. 36 ✔ Poésie : Benjamin Péret, Épitaphe pour un monument aux morts de la guerre
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 27.02.2026 à 08:00
[Brochure] Iran : chroniques d'un embrasement annoncé
Brochure trouvée sur Dingueries sur le soulèvement de janvier 2026 en Iran
Ces dernières semaines, un large mouvement de révolte secoue violemment l'Iran ! A travers tout le pays, la population affronte le régime islamique. Tandis que le gouvernement iranien a coupé internet et pratiquement toute possibilité de communication avec l'extérieur du pays, il est diffi cile de savoir la tournure prise par les évènements… hormis la certitude que la répression est impitoyable et meurtrière. Nous avons compilé des textes, tracts, témoignages, communiqués, etc. qui rapportent en partie la situation là-bas. Ils donnent un aperçu des enjeux de la lutte et posent certaines questions essentielles au mouvement : quelles cibles attaquer, comment se coordonner, comment se défendre, pour quel objectif lutter ? Nous savons que jusque là, des manifestations massives embrasaient chaque nuit des centaines de villes à travers toutes les provinces du pays, réclamant la chute du régime des mollahs. Le mouvement de protestation a débuté contre l'envol des prix, l'impossibilité d'accéder à la nourriture, à l'eau, au logement, aux soins. Il s'est rapidement élargi et radicalisé, faisant trembler un État déjà instable ! La révolte actuelle est la continuité d'une décennie de luttes et d'explosions sociales régulières. Leur terreau : le régime despotique insoutenable d'un État capitaliste dont l'économie est en crise chronique d'une part, et d'autre part une longue tradition de luttes sociales radicales dont les dernières explosions remontent à quelques années seulement.
À partir du 28 décembre, le mouvement grandit et atteint différentes couches de la population, des Bazars (bourgeoisie commerçante) à la classe ouvrière, en passant par les étudiants : tous ceux qui subissent les privations et ou la terreur imposées par les « gardiens de la révolution ». Chaque jour les rassemblements se multiplient dans tout le pays et tournent chaque nuit à l'affrontement avec les forces de l'ordre (police, « gardiens de la révolutions »…). Des barricades sont érigées, des commissariats, bâtiments religieux, officiels ou associés au gardiens de la révolution sont attaqués. Les flics sont temporairement chassés de certains quartiers et leurs véhicules sont défoncés. Des portraits du guide suprême sont brûlés dans la rue. L'entraide s'organise pour évacuer les blessés et défendre les hôpitaux contre les descentes de flics cherchant à y attraper des manifestants.
D'autre part, les grèves et refus de travailler se répandent dans différents secteurs : les transports, les raffineries, l'éducation. À Arak, centre industriel à 250 km au sud de Téhéran, un conseil ouvrier (shora) élu par les grévistes aurait pris le contrôle de la ville et diffusé un appel aux travailleurs iraniens, réclamant « la fin de l'ère des patrons et des mollahs » ! Ces attaques s'en prennent ouvertement au régime, mais aussi à la religion dont les institutions sont intégrées à la machine répressive de l'État et qui encadre l'ensemble des rapports sociaux (exploitation, la famille, les rapports genrés, l'éducation, la politique…). Ce soulèvement résonne directement avec le mouvement précédent de 2022 suite au meurtre par la police des mœurs de Mahsa Amini . En face, la répression s'intensifie, elle est terrible. Les forces de l'ordre tirent à balle réelle faisant en quelques jours des milliers de morts. Dès le 8 janvier, internet et les téléphones portables sont coupés pour entraver les communications et l'organisation. Cela nous empêche de connaître l'ampleur réelle de ce qui s'y passe mais nous montre que le régime est prêt à tout pour tuer la révolte. Plus d'une dizaine de milliers de personnes sont arrêtées. Des aveux forcés sont filmés et diffusés.
Mais la future répression s'organise aussi à l'intérieur de la lutte ! D'ores et déjà les monarchistes, soutien de l'héritier du dernier Shah d'Iran, tentent de tirer leur épingle du jeu se posant comme l'alternative viable au régime. Profitant de l'affaiblissement du gouvernement en place, d'autres nuances de la réaction se préparent à prendre le relais ! Le danger peut aussi venir de l'extérieur : les menaces d'intervention des États-Unis qui prétendent défendre les intérêts de la population iranienne contre leur gouvernement sanguinaire ne doivent tromper personne. Une intervention étrangère, même motivée par des discours démocratiques et humanitaires se traduirait immanquablement par un étouffement de la révolte.
Le régime de Khamenei est affaibli par les récentes révoltes successives qui ont embrasé le pays et c'est bien dans ce contexte qu'émergent des luttes aussi puissantes que celle que nous connaissons aujourd'hui. Ces luttes s'inscrivent dans un contexte politique où le gouvernement iranien est affaibli, à la fois par les sanctions économiques imposées en 2015,et par les frappes récentes des États-Unis. On assiste à un effondrement progressif des soutiens entretenus par l'Iran dans la région : d'abord la destruction des milices du Hamas puis du Hezbollah (force d'intervention paramilitaire) dans le conflit israélo-palestinien, puis la chute consécutive du régime de Bachar al Assad en Syrie.
Derrière la crise du régime des mollahs, c'est la crise du régime capitaliste qui se dessine en Iran et partout dans le monde. Aucun changement de régime politique ne peut résoudre le problème de la crise de l'économie iranienne et de la misère, dont les causes sont plus profondes que les sanctions économiques occidentales et la corruption des « gardiens de la révolution ». Cette dernière décennie, aux quatre coins du globe des soulèvements ont éclaté, soulignant la crise que traversent les États capitalistes, qu'ils soient autoritaires ou démocratiques. C'est dans ce contexte mondial qu'intervient la révolte actuelle en Iran.
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 27.02.2026 à 08:00
Source en italien : Blog per gettare benzina sul fuoco 20 février 2026
Nous recevons et nous diffusons
Feu aux Jeux olympiques ! Aujourd'hui on ne voyage pas !
La nuit du 13 février en plusieurs points et nœuds ferroviaires nous avons incendié et endommagé les câbles le long des voies, provocant de fait le blocage de plusieurs lignes à grande vitesse. Ces actions sont notre contribution à l'accueil chaleureux et aux vœux de cette édition des Jeux olympiques d'hiver.
Nous avons participé aux blocages massifs des routes et des ports pendant les mois de mobilisation pour la Palestine, avons envahi les gares et attaqué la police quand c'était possible. Mais aujourd'hui nous avons choisi d'agir protégés de la lumière de la lune, dans un petit groupe réuni par l'affinité et par l'envie d'être conséquents aux slogans criés au cours des derniers mois : bloquons tout ! Parce que nous pensons que, outre participer aux grandes mobilisations et au conflit qu'elles peuvent engendrer, il est nécessaire de diffuser l'action autonome, pour ne pas les laisser être désamorcées, récupérées et dirigées par les professionnels de la politique « militante ».
Le pouvoir se prépare à la guerre et nous aussi, anarchistes, révolutionnaires, individus conscients, nous voudrions faire de même. L'infrastructure ferroviaire est un nœud central de la mobilité des forces et du matériel de guerre et l'accord entre RFI [1] et Leonardo, visant à mettre en place la logistique militaire dans la péninsule [2], en est l'exemple le plus clair. Attaquer la RFI est donc un acte concret d'antimilitarisme et un geste de solidarité envers tous ceux qui subissent aujourd'hui l'atrocité de la guerre et du colonialisme.
Les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina ne font pas exception : des rivières d'argent alimentent une spéculation immobilière bien contente d'armer des rivières de ciment pour construire des usines jetables et changer les « usage et destination » sociale de quartiers populaires entiers. Une grande affaire qui derrière l'image patinée et prestigieuse du grand événement sportif cache des hectares de forêts de mélèzes rasées au sol pour faire place à des pistes de ski et à des montagnes défigurées de manière irréversible par les remontées mécaniques.
Cette action exprime enfin notre rage pour la présence aux Jeux d'agents de l'Ice, les escadrons anti-immigrés désormais tristement connues pour les meurtres, rafles, abus et violences perpétrés contre les indésirables et les opposants intérieurs aux États-Unis, ce qui nous rappelle que chaque police et chaque groupement fasciste est là pour être utilisé contre sa propre population quand la "raison d'État" l'exige.
Il suffit seulement de peu d'ingrédients pour agir contre le monde de l'exploitation, de l'oppression et de la dévastation : un peu d'étude, de précaution et de détermination à parts égales, quelques complices, quelques litres de combustible... et tout est possible ! Bonne chance !
Solidarité avec les prisonniers anarchistes du monde entier Solidarité à Juan, Stecco, Anna, Alfredo, Tonio, Ghespe, Dayvid aux compagnons réprimés dans l'opération Ipogeo, aux prisonniers palestiniens
Pour l'Anarchie
Publié le 24.02.2026 à 08:00
Revolutiontimes : nouveau site international pour la revolution
Présentation du site revolutiontimes.world, un site d'élaboration collective pour la revolution
Nous sommes pour la révolution sans frontières, par une insurrection généralisée contre tous les États, contre le capital et la propriété, par l'abolition de la marchandise, de l'argent, du travail, de la famille… La création d'un monde nouveau libéré de l'exploitation et de l'oppression n'est pas séparable de la destruction de la société existante.
Au sein des soulèvements à travers le monde, des dynamiques autonomes posent concrètement dans leur pratiques la question de la révolution. Nous nous inscrivons dans cette visée. Nous sommes liés à une histoire, celle de la lutte de classe révolutionnaire.
Dans la période actuelle, notre classe lutte et se bat. Comment aller jusqu'à la révolution mondiale ?
Ce site est un outil pour tisser des liens, se rencontrer et participer, avec d'autres, à cet effort collectif mondial pour percer le brouillard du présent.
Pour cela, nous voulons :
Rendre compte des soulèvements en cours.
Œuvrer à un imaginaire collectif autour de la révolution et sa victoire.
Promouvoir les luttes réelles de notre classe dans la vie quotidienne.
Vous y trouverez des textes écrits collectivement par l'équipe éditoriale. Un petit texte intitulé « que voulons nous » présente un certain nombre de tâches que le collectif de ce site souhaite porter, bien au-delà de lui-même.
Vous trouverez également ce qui constitue le socle commun de nos positions politiques, notre rapport aux luttes et leurs dynamiques, une analyse de la période ainsi qu'une tentative de carte mondiale des soulèvements et une liste de questions que nous souhaitons partager avec les camarades en lutte à travers le monde. D'autres textes suivront.
Nous avons fait le choix d'un processus d'écriture collectif, ce qui prend du temps. Nous ferons un effort particulier pour traduire les textes dans le plus de langues possibles, cela nous semble indispensable dans une démarche internationaliste. Toute aide à ce propos sera d'ailleurs la bienvenue. Bonne lecture !
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Pour nous contacter et contribuer à cet effort collectif : revolutiontimes@riseup.net
Publié le 23.02.2026 à 08:00
Quelques malveillances bienvenues contre les Jeux de Milan
Vu sur Indy Nantes.
Pesaro : BRISER LA GLACE ! Revendication du sabotage de la ligne ferroviaire contre les Jeux olympiques
ispiraazione.noblogs.org 9 février 2026
Nous recevons et nous diffusons

BRISER LA GLACE
À l'aube du 7 février a été sabotée la ligne ferroviaire près de la gare de Pesaro (PU, Marches). Cette action vise à rendre visibles les contradictions qu'apporte le « spectacle » des Jeux olympiques, dans ce cas ceux d'hiver Milan Cortina 26. Parmi les divers partenaires officiels de ces jeux il y a des entreprises comme Leonardo, Eni, Gruppo FS, qui collaborent et spéculent sur les guerres et la dévastation de la terre au nom du progrès capitaliste féroce. Solidarité combative avec tous** les travailleurs** qui se rebellent contre l'exploitation des patrons, avec les peuples en lutte pour la libération de leur terre et avec ceux qui s'insurgent contre cette société. Liberté pour tous** les rebelles en cage !
https://www.ilrestodelcarlino.it/pesaro/cronaca/incendio-stazione-treni-ritardo-cxocq3d5 https://www.corriereadriatico.it/pesaro/pesaro_incendio_cabina_scambio_binari_ferrovie_gravi_azioni_sabotaggio-9345706.html

Qui sabote est ennemi de l'Italie
https://sottobosko.noblogs.org 9 février 2026
Ces Jeux Olympiques n'auraient pas pu commencer de meilleure manière. Le matin du 7 février, jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux de la Honte de Milan-Cortina 2026, trois lignes ferroviaires ont été sabotées et bloquées jusqu'à l'après-midi. Autour de 6 heures deux engins incendiaires rudimentaires ont été placés à côté des voies de la ligne ordinaire de Castel Maggiore, l'un en direction du Nord et l'autre en direction du Sud. L'objectif étaient les câbles de relevé de vitesse : l'un des deux engins, celui vers le Nord, s'est déclenché vers 8 heures, endommageant les câbles, tandis que le second, celui en direction d'Ancône, est resté non enclenché. Une armoire électrique en direction de Pesaro a pris feu, interrompant les trains vers et depuis la région des Marches. Il y a deux ans, une série d'attaques similaires en modalité et contexte avaient été lancées contre 5 infrastructures différentes du réseau LGV autour de Paris, provoquant l'annulation d'un quart des trains et d'énormes perturbations du 26 au 28 juillet, jours d'inauguration des Jeux olympiques de Paris. Mais à cause de la militarisation complète de la ville, les contestations directes à cette occasion se sont limitées à des actions de désobéissance civile et non violente. Quelques jours plus tard, voici la revendication :
« Revendication du sabotage de lignes TGV quelques heures avant la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024
Ils appellent cela une fête ? Nous y voyons une célébration du nationalisme, une gigantesque mise en scène de l'assujettissement des populations par les États. Sous des airs ludiques et conviviaux, les Jeux Olympiques offrent un champ d'expérimentation pour la gestion policière des foules et le contrôle généralisé de nos déplacements. Comme tout grand évènement sportif, ils sont aussi à chaque fois l'occasion de vouer un culte aux valeurs qui fondent le monde du pouvoir et de l'argent, à la concurrence généralisée, à la performance à tout prix, au sacrifice pour l'intérêt et la gloire nationale. L'injonction à s'identifier à une communauté imaginaire et à soutenir son supposé camp d'appartenance n'est pas moins néfaste que l'incitation permanente à voir son salut dans la bonne santé de son économie nationale et dans la puissance de son armée nationale. »
[Voir Pagaille dans les flux]
Dans les mois qui ont précédé les Jeux olympiques de Paris 2024, deux projets de lois ont été approuvés, la « Loi sécurité globale » et la « loi olympique », cette dernière autorisant l'expérimentation d'algorithmes pour la reconnaissance faciale pendant toute la durée des Jeux. Comme en France, nous avons vu promulguer le 5 février de cette année, 2 jours avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, un nouveau projet de loi sécuritaire qui entre autres choses consolide l'utilisation des zones rouges comme instrument d'exclusion sociale, autorise la détention (déjà couramment pratiquée) pendant 12 heures par les forces de l'ordre d'individuxs « dangereuxses » à l'occasion de manifestations publiques, inclut la prison pour contournement d'un contrôle de police et une peine d'amende allant jusqu'à 20 000 euros pour manifestation non autorisée (article 18 du TULPS, Décret royal du 18 juin 1931). Comme à Paris en 2024, le 7 février à Milan les contestations directes se sont limitées à des actions de désobéissance civile et non violente, exception faite pour les derniers moments du cortège lancé par le CIO (Comité des Insoutenables Olympiades). Milano in Movimento a écrit à ce sujet :
[…] nous avons décidé de relancer le mot d'ordre des grandes grèves de l'automne dernier : bloquons tout — dans notre cas, le Périphérique Est de Milan, à son entrée par piazzale Corvetto. Un imposant dispositif de police, qui déjà dans les derniers jours avait paralysé la ville pour faire place aux fascistes de l'administration Trump et à la délégation de l'État génocidaire d'Israël, en militarisant les quartiers populaires de Corvetto et San Siro, a répondu avec des tirs de gaz lacrymogènes à hauteur d'homme, des charges violentes, des bouches d'incendie sur la foule. Le cortège est resté compact et a ensuite décidé de se déplacer ensemble vers Brenta où il s'est dissout, pour retourner au PalaUtopiadi (ex PalaSharp). 6 personnes ont été arrêtées pendant les charges et ensuite relâchées avec inculpation. En bilan nous signalons également 2 gardes à vue à Milan et 15 blessé* dont 4 hospitalisé*
Après la manifestation, Meloni et compagnie ont déclaré en chœur : « Qui manifeste contre les Jeux olympiques est ennemi de l'Italie. »
Que l'on ne se permette absolument pas de critiquer l'esprit nationaliste, compétitif de ces « jeux » ou qu'ils drainent des quantités impressionnantes de fonds publics alors que des régions entières s'effondrent, en Sicile, au passage d'un ouragan. D'ailleurs, il n'y a rien de plus important en ce moment. Il n'y a pas de meilleur outil de distraction dans la situation actuelle. Il n'y a pas de meilleur masque, en Italie aujourd'hui comme ailleurs dans le passé ; comme les Jeux olympiques de Berlin de 1936, en pleine dictature nazie si on ne devait donner qu'un seul exemple. Il semble clair, lorsque les projets de loi sécuritaire deviennent des occasions pratiquement semestrielles pour resserrer les filets de la répression et étouffer toute dissidence, que la dissidence « propre », explicitement revendiquée, menée dans la légalité, ne peut plus être efficace. De même que l'on commence à ne plus ignorer l'inefficacité des modalités d'affrontement direct dans la rue mises en place ces derniers mois et années sur tout le territoire. Il semble donc nécessaire de s'armer des instruments de la clandestinité, de la décentralisation du conflit et de la multiplication de ses fronts, de l'autodéfense et du sabotage pour survivre aux temps que nous traversons. Pour l'éradication de ce système de mort et d'exploitation, pour la destruction du contrôle totalisateur qui nous étouffe. Ingouvernables, pas désobéissants. Feu aux jeux olympiques et à ceux qui les fabriquent. (A)
JO d'hiver 2026 : Les douches du village olympique à Milan victimes d'un sabotage
Les dégâts dans les chambres ont été découverts lors de tests des installations hydrauliques, quand une fuite d'eau a été détectée au plafond d'un rez-de-chaussée.
20 Minutes avec AFP 5 février 2026
70. C'est le nombre de chambres du village qui héberge les équipes olympiques à Milan dont les douches ont été sabotées avant le début des Jeux, a indiqué jeudi le comité organisateur des JO d'hiver.
Le tuyau d'évacuation des douches a été percé avec un outil mécanique après la fin des travaux, entre décembre 2025 et janvier 2026, dans trois immeubles du village olympique flambant neuf, selon le comité des Jeux, qui démarrent vendredi.
Une enquête a été ouverte
Les dégâts dans les chambres ont été découverts lors de tests des installations hydrauliques, quand une fuite d'eau a été détectée au plafond d'un rez-de-chaussée. L'accès au village olympique était pourtant réservé, en théorie, aux ouvriers munis d'un badge personnalisé, sous la surveillance d'une société de sécurité privée.
Une enquête a été ouverte par la Digos, le service de la police italienne chargée de la lutte contre le terrorisme, et le pôle antiterrorisme du parquet de Milan, selon la presse italienne.
JO 2026 : le chantier de la piste de bobsleigh et luge de Cortina victime de « sabotage »
Un tuyau de réfrigération de la future piste a été détaché alors que le site fait déjà l'objet de nombreuses critiques pour son impact sur l'environnement.
Le Parisien avec AFP 21 février 2025

Le chantier de construction de la piste de bobsleigh, luge et skeleton pour les JO 2026 de Milan-Cortina (6-22 février 2026) a été la cible d'un « sabotage » dans la nuit de jeudi à vendredi, a annoncé vendredi la société de livraisons des ouvrages olympiques (Simico).
« Un tuyau de réfrigération a été détaché et retrouvé au milieu de la route bloquant la circulation routière et perturbant considérablement le chantier de construction », indique la Simico dans son communiqué. « Les faits ont été signalés aux autorités compétentes », poursuit l'instance gouvernementale en charge de la construction et de la rénovation des sites sportifs et des infrastructures pour les prochains JO d'hiver. « C'est un acte irrespectueux qui met en difficulté ceux qui travaillent jour et nuit », a regretté le patron de la Simico, Fabio Saldini, cité dans le communiqué.
Des critiques des associations de protection de l'environnement
La piste de bobsleigh, luge et skeleton est le dossier le plus problématique des organisateurs des JO 2026. Alors qu'ils avaient décidé en octobre 2023 de délocaliser ces épreuves à l'étranger, faute de piste en fonctionnement en Italie, le gouvernement ultra-conservateur de Giorgia Meloni a décidé, contre l'avis du Comité international olympique (CIO), de construire une nouvelle piste malgré un agenda ultra-serré. Les associations de protection de l'environnement critiquent depuis cette décision, en raison de son impact environnemental et des coûts d'entretien de cette piste après les JO 2026.
La piste, dont la construction a débuté en février 2024 et coûtera 120 millions d'euros, doit être pré-homologuée fin mars. Avant cette pré-homologation indispensable pour que la piste soit utilisée pour les JO 2026, le CIO, ainsi que les fédérations internationales de luge et bobsleigh, feront une nouvelle visite de contrôle lundi prochain.
En début de semaine, le ministre italien des Sports et de la Jeunesse Andrea Abodi avait défendu ce projet controversé en le présentant comme « un investissement rentable et respectueux » de l'environnement.
Publié le 23.02.2026 à 08:00
Parution de la traduction de Lessons from the Hills, un texte de Rachel Ram Len Mawi à propos de sa vie dans la révolution birmane. Disponible en français sur le site de l'Assemblée Internationaliste Antimilitariste Paris-Banlieues.

Dans l'idée de faire vivre une culture antimilitariste et internationaliste, l'AIA-PB se veut le relais des luttes d'émancipation qui existent partout dans le monde. Ainsi, nous exprimons notre solidarité avec l'AIF (Antifascist Internationalist Front) qui se bat au Myanmar contre la junte militaire ayant pris le pouvoir à la suite du coup d'État de 2021. L'AIF s'inscrit dans une longue tradition d'internationalisme antifasciste allant de l'Espagne au Rojava. Les internationalistes ont ainsi pris l'initiative de former un front internationaliste pour prendre part à la lutte contre le gouvernement fasciste aux côtés des populations birmanes : l'AIF.
Soutenir cette lutte passe notamment par la traduction et la mise à disposition des ressources disponibles sur leur site https://aifmyanmar.noblogs.org/. Ainsi, nous partageons aujourd'hui la première version française de Lessons from the Hills, de Rachel Ram Len Mawi, un texte personnel dans lequel iel revient sur son engagement dans la révolution birmane au sein de l'État de Chin.
Ce texte est donc disponible sur notre blog à la lecture au format page par page et à l'impression au format brochure, et nous l'avons intitulé Les montagnes sont le refuge des peuples libres : quelques leçons tirées de la vie dans les collines birmanes.
Publié le 22.02.2026 à 08:00
Le déroulé des faits ayant conduit à la mort de Quentin Deranque se confirme : les médias ont menti, les autorités aussi
Publié par Contre Attaque :

TF1, l'AFP, L'Obs, France Info, Libération, Juan Branco, François Ruffin, Raphaël Glusckmann, Emmanuel Macron et tous les autres reprennent depuis 5 jours un narratif inventé par des néo-nazis pour criminaliser l'antifascisme et transformer les agresseurs en victimes. C'est un scandale d'État.
Hier, Contre Attaque dévoilait des images inédites prises à Lyon le 12 février, démontrant qu'un commando armé avait tendu une embuscade à un groupe de militants de gauche, provoquant une bagarre générale ayant conduit à la mort de Quentin Deranque.
Ce mardi, alors que tous les députés français rendaient hommage au militant d'extrême droite, Le Canard Enchaîné allait dans le même sens que notre enquête : les néo-nazis lyonnais étaient effectivement postés en amont du meeting de Rima Hassan et ont organisé une attaque contre les potentiels antifascistes qui passeraient par cette rue. Le Canard dévoile des images des faits qui ont eu lieu avant le début du meeting, à plusieurs centaines de mètres de Science Po. On y voit un groupe d'extrême droite avec une torche inflammable – qui est jetée vers les antifascistes dans le but de les brûler gravement, comme nous l'expliquait notre témoin – mais aussi de barres de fer et casques. Le Canard écrit : « Certains sont équipés de gants coqués. L'un d'eux frappe ses opposants à coups de casque de moto, un autre utilise une béquille, ainsi qu'une gazeuse. Un 3e se sert d'un parapluie ».
En analysant précisément cette courte vidéo, on peut dénombrer 13 antifascistes qui sont chargés par 16 militants d'extrême droite. C'est donc le groupe de Quentin qui est en surnombre. Surtout, dans cet extrait de quelques secondes, le groupe néo-nazi est entièrement vêtu de noir, la plupart des visages masqués, utilisant une gazeuse et des bâtons, alors que le groupe qui riposte uniquement avec ses poings porte des tenues claires et colorées.
Ce détail n'est pas anodin : il démontre que c'est bien le groupe de Quentin Deranque qui était préparé au combat, alors que les antifascistes semblent avoir été pris par surprise. Ils n'ont aucun matériel défensif ou offensif, et leurs vêtements sont reconnaissables. Un groupe venu avec le projet de se battre ne se présenterait pas ainsi.
Un militant proche de Quentin Deranque jurait au média d'extrême droite Frontières qu'il a vu l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault porter des coups : « On est 15 à l'avoir vu, sûrs à 100% ». Sans le faire exprès, il confirmait ainsi que sa bande était au moins composée de 15 personnes, et donc qu'elles ont abandonné leur ami. Cette bagarre initiée par l'extrême droite, comme il s'en produit régulièrement à Lyon, s'est mal terminée pour ceux qui l'ont organisée.
La « protection » de Némésis n'était pas l'objectif
Dans Médiapart, un autre témoignage corrobore aussi ce déroulé : « un étudiant engagé à gauche » qui allait à la conférence de Rima Hassan confirme que son groupe a emprunté le tunnel ferroviaire et serait alors tombé sur les militants identitaires qui leur auraient « sauté dessus ». « Il y avait beaucoup de désordre. Ils nous ont lancé une torche ou un fumigène qui est arrivé directement dans le visage d'un d'entre nous ». Tout se recoupe. Bien plus que les 15 versions contradictoires données par l'extrême droite depuis des jours.
Il faut souligner une autre erreur : le groupe Némésis répète que Quentin et ses amis avaient été invités pour « protéger » les militantes. Cette version ne tient pas à l'épreuve des faits : pourquoi ce groupe de gros bras serait resté caché derrière un tunnel, à plusieurs centaines de mètres de la conférence et donc de l'action de Némésis ?
En réalité, le groupe de Quentin n'était pas le « Service d'ordre » de Némésis, mais une bande armée rodant non loin d'un meeting de gauche, à la recherche de potentielles proies. Il se coordonnait peut-être avec Némésis mais n'était pas là pour elles. Le Canard Enchaîné le confirme, décrivant sur ces images « un groupe d'énervés d'extrême droite qui semble attendre les autres à la sortie du pont ferroviaire ». C'est une pratique courante de la part des groupes fascistes, à Lyon comme ailleurs, qui consiste à attaquer par surprise des personnes ou des groupes isolés en marge d'événements militants. Pour quiconque s'intéresse à l'extrême droite et connaît la situation lyonnaise, c'est une évidence. Si la justice n'était pas aux ordres, elle poursuivrait l'entourage de Quentin pour violences en réunion avec armes, voire même tentatives d'homicides.
Quentin s'est relevé et a refusé des soins
L'extrême droite a donc perdu la bagarre, a abandonné trois de ses membres dans sa fuite, et Quentin a refusé les soins. Sur France Info, un voisin du défunt dit l'avoir vu se relever après avoir été frappé : « Il avait l'air un peu sonné, il était debout mais il refusait d'aller à l'hôpital, bien qu'on lui propose. J'ai juste vu les personnes qui parlaient avec lui, qui lui ont dit d'aller à l'hôpital… En tout cas, c'est ce qui est sûr, c'est qu'il a refusé ». Ce n'est que plus d'une heure et demie plus tard, dans un autre quartier, qu'il a été évacué dans un état grave. Pourquoi avoir refusé une prise en charge aux urgences ? Avait-il du matériel compromettant ? Voulait-il surjouer le rôle du combattant viril auprès de ses copains fascistes ? Ou était-il simplement trop sonné pour prendre la bonne décision ? Auquel cas, c'est l'absence de réaction de ses camarade qui est dramatique.
Une dissimulation de TF1
Samedi 14 février, TF1 a diffusé en prime time, lors de son Journal Télévisé, les images « choc » et décontextualisées qui ont ensuite été reprises partout. Présentées comme les vidéos d'un habitant, elles montraient « quinze individus avec des vestes noires ou claires, plusieurs encagoulés, frapper trois individus au sol », selon la chaîne.
Dès le lendemain, Libération interrogeait le même témoin, Maxime, qui expliquait qu'il avait filmé non pas une mais deux vidéos. Une première du début de l'altercation, une seconde de la fin, celle où les coups sont portés au sol. Ce témoin précisait que TF1 avait choisi de ne diffuser que la seconde, et pas celle « où on peut voir deux groupes se faire face ».
Ce choix éditorial est gravissime : il s'agit d'une tromperie délibérée de l'opinion. La rédaction de TF1 avait la preuve qu'il s'agissait d'un affrontement entre deux groupes, mais a présenté à la population un morceau de scène tronquée, faisant croire à une agression gratuite sur une personne isolée.
Il a fallu attendre notre enquête, d'autres témoignages et la vidéo du Canard Enchaîné pour démonter cette intox, mais le mal est fait. Nos médias pèsent peu en comparaison du JT de Martin Bouygues, milliardaire ami de Sarkozy. Et on le sait, l'esprit humain a tendance à retenir la première version qu'on lui donne, surtout si elle est choquante. Et il a plus de mal à la remettre en question par la suite, même avec des arguments solides.
La police a donné carte blanche à l'extrême droite
Médiapart écrit que « les renseignements territoriaux étaient avertis depuis plusieurs jours du projet de happening des fémonationalistes Némésis devant l'IEP. Pour autant, aucune présence policière visible n'a été déployée aux alentours du bâtiment, ne serait-ce que de manière dissuasive ». Au même moment, la police était mobilisée à Lyon 3 pour évacuer une action antimilitariste lors d'une conférence portant sur la guerre. Cela veut dire que les autorités ont décidé de laisser l'extrême droite agir en toute liberté, se promener avec des armes pendant que des agents s'en prenait à une action non-violente dans une fac.
Ce choix est révélateur de la situation lyonnaise, où les agressions fascistes ont lieu depuis 15 ans dans une impunité totale, mais aussi de l'état de notre pays, où l'on a pu voir la police protéger la marche néonazie parisienne du 10 mai dernier et interdire le rassemblement antifasciste.
Rien que la semaine dernière, le 7 février, un gros dispositif de gendarmes était déployé au milieu des champs dans la Meuse pour protéger un repaire de néonazis, la Taverne de Thor, et gazait le cortège contre l'extrême droite qui était pourtant familial et bon enfant.
Les médias des milliardaires, l'extrême droitisation du pouvoir politique et la multiplication des milices fascistes dans les rues ne peuvent conduire qu'à de tels drames, qui en alimenteront d'autres. Dans une spirale infernale du pire, à moins qu'un sursaut n'ait lieu contre cet engrenage lugubre.
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }Publié le 19.02.2026 à 08:00
L'antifascisme et la violence : retour sur les événements du 12 février à Lyon
Le 12 février alors que Rima Hassan intervenait lors d'une conférence à l'IEP de Lyon, le groupe de « féministes » identitaires racistes Némésis accompagné de son service d'ordre ont tenté de s'introduire dans la conférence et de la perturber. A l'issue d'un affrontement avec des militants antifascistes, un des nationalistes finit à l'hôpital. Retour sur une mort prévisible, l'emballement médiatique qui s'ensuit et la nécessité de tenir une ligne antifasciste face à la vague brune qui s'annonce. Article initialement publié sur Rebellyon
Rappel des faits
Le 12 février alors que Rima Hassan intervenait lors d'une conférence à l'IEP de Lyon, le groupe de "féministes" identitaires racistes Némésis accompagné de son service d'ordre ont tenté de s'introduire dans la conférence et de la perturber. Elles ont été repoussées en dehors de l'Université. Un peu plus tard un affrontement a éclaté entre les militants identitaires et des antifascistes. Les antifascistes ont fini par prendre l'avantage et plusieurs identitaires sont tombés au sol. Alors qu'il avait quitté la scène, l'un des nationalistes finit par perdre connaissance avant de se retrouver en état de mort cérébrale a l'hôpital.
Autodéfense populaire et violence de l'extrême droite à Lyon
Bien que nos joues soient sèches, il n'y a aucune satisfaction a tirer d'un tel événement tragique. La mort de Quentin D. est le résultat symptomatique d'une situation extrêmement tendue depuis des années à Lyon. La ville est connue pour être un bastion de l'extrême droite, favorisé par l'implantation historique d'une bourgeoisie catholique réactionnaire. Elle a vu pululer au fil du temps nombre de groupuscules d'extrême droite de différentes obédiences (royalistes, identitaires, catholiques traditionalistes, nationalistes-révolutionnaires etc ...). Depuis, ces groupes ont commis de nombreuses attaques, que ce soit en s'attaquant à des rassemblements de gauche, à des locaux d'organisations ou en commetant des agressions racistes ou homophobes. Ces violences, exercées par les militants-es de ces groupes, sont consubtantielles à la nature du projet politique d'extrême droite qu'ils portent : le nationalisme, le racisme, le masculinisme, bref le maintien de la hiérarchie sociale et la suprémacie blanche.
Pour en faire une rapide liste rien que ces dernières années à Lyon :
19 juillet 2019 : agression de supporters algérien-nes qui fêtaient la victoire de leur équipe Aout 2020 : incendies criminels de la mosquée de Bron et de Perrache à 1 semaine d'intervalle 31 janvier 2021 : attaque du contre rassemblement de la manif « marchons enfants » contre la PMA par une cinquantaine de militant-es nationaliste ayant fait plusieurs blessés 20 mars 2021 : attaque du local de la Plume Noire alors que 10 personnes se trouvaient à l'intérieur. 24 avril 2021 : attaque du rassemblement de la fierté lesbienne à hôtel de ville 27 novembre 2021 : attaque du rassemblement des familles des victimes de crimes sécuritaires devant le palais de justice de Lyon par une dizaine de militant-es nationalistes 15 avril 2022 : attaque du blocage de Science-Po Lyon par la Cocarde étudiante pendant l'entre deux tours 9 juin 2022 : Un cadre des identitaires attaques 2 jeunes avec un couteau dans le bas des Pentes de la Croix-Rousse 16 octobre 2022 : attaque d'un piquet de grève des agents de nettoyage de Perrache syndiqué à la CNT-SO 5 décembre 2022 : 2 militants du collectif « fermons les locaux fascistes » sont agressé dans le vieux lyon 11 novembre 2023 : plusieurs dizaines de militant-es nationalistes attaquent une conférence sur la Palestine organisée à la Maison des passages dans le vieux Lyon 2 février 2024 : attaque de 2 jeunes racisés à la sortie d'une boite de nuit par des identitaires, dont Sinisha Milinov leader de la cocarde étudiante et inscrit sur une liste du FN par le passé 25 mai 2024 : agression raciste de deux supportrices de l'OL au Groupama Stadium 7 juillet 2024 : attaque du rassemblement de gauche suite au résultat des législatives 6 octobre 2024 : attaque au couteau contre le groupe de supporters « multiculturel » de six neuf -pirates par des supporters d'extrême droite 11 octobre 2024 : agression d'une femme qui portait une casquette du club de foot antifasciste St-Pauli place Carnot 8 janvier 2026 : meurtre d'Ismaïl Aali après un traquenard organisé à Lyon 5 février 2026 : agression d'étudiant-es à l'entrée de Lyon 3 par des militant-es de la cocarde accompagné par des militants NR et identitairesFace à cela les militants-es progressistes et a fortiori les révolutionnaires, ne croyant pas au recours a l'État ni à sa police qui se contente de protéger l'ordre établie, ont toujours répondu par l'autodéfense populaire et l'organisation antifasciste. Cette autodéfense n'est pas une fin en soi, c'est une première mesure nécessaire pour faire face à l'extrême droite mais elle doit forcément s'accompagner de la construction d'un horizon révolutionnaire d'émancipation désirable afin de contrecarrer la tentation fasciste. Elle passe par le fait de connaitre l'extrême droite et ses courants, de former les gens a les reconnaitre, de contrecarrer leur propagande, d'organiser les solidarités mais aussi par le fait de savoir se défendre physiquement face à eux et de les empêcher de s'organiser.
La violence antifasciste n'existe qu'en réponse à celle de l'extrême droite. C'est l'extrême-droite qui définit le niveau de violence et pas l'inverse. Par exemple dans l'histoire, face à l'arrivé au pouvoir d'une dictature militaire les antifascistes ont du prendre les armes pour lutter. Aujourd'hui, face à des militants nationalistes entraînés à se battre, les antifascistes leur font face dans la rue. Au delà de la violence, à d'autres moments historiques ou sur d'autres territoires où l'extrême droite reste minoritaire et faiblement implantée, c'est le travail de veille et d'information qui prévaut afin d'endiguer son développement
La mort de Quentin D. était prévisible
La mort de Quentin D. n'est pas le fruit d'un événement isolé, que l'extrême droite et la presse tentent de présenter comme une agression ou un lynchage. C'est le fruit d'affrontements répétés entre l'extrême droite et celleux qui s'y opposent. C'est le fruit d'un climat de violence dans laquelle l'extrême droite mène la danse. Car il faut en être conscient, chaque affrontement physique peut avoir un débouché fatal, autant pour les militants nationalistes que pour les antifascistes, comme nous le rappelle la mort tragique de Clément Meric en juin 2013. Le narratif qui tente de faire passer Quentin D. pour un jeune garcon innocent et bon croyant est grossier. On sait d'ores et déjà qu'il était passé par des groupes comme l'Action francaise vienne, et qu'il était un militant actif du milieu nationaliste révolutionnaire local. En jouant les gros bras dans des services d'odre lors d'actions comme celles de Nemesis, il savait pertinemment qu'il acceptait à minima de blesser des gens et qu'il risquait lui même de l'être. Quand son projet politique est basé sur l'écrasement des autres il est malvenu de se présenter comme la victime parfaite.

Médiatiquement, l'événement a été transformé en véritable campagne contre les « antifas » par l'ensemble de la classe politique. Partout, c'est le discours de Némésis qui est répété en boucle sur les plateaux. Même à gauche, nombreux se sont empressés d'envoyer des messages de soutien à l'extrême-droite, jetant d'un même geste sous le bus les militant-es antifascistes qui les protègent bien souvent des nervis l'extrême-droite dans les manifs et les rassemblements. L'événement rentre d'ores et déjà dans une offensive globale de diabolisation de la figure de l'antifasciste en terroriste intérieur, que l'on voit se dérouler en Europe en Hongrie, en Allemagne, en Italie mais aussi outre-Atlantique aux États-Unis.
Depuis 13 ans et la mort de Clément Méric, le climat politique a bien changé et la fascisation s'est accélérée avec une vitesse inédite, portant l'extrême droite aux portes du pouvoir et infusant ses idées nauséabondes dans l'ensemble de la société.
Il importe de tenir bon face à cette offensive et de serrer les rangs afin de ne pas se faire emporter par la vague brune. Il s'agit pour cela de garder une ligne claire, et de rappeler la raison d'être de l'antifascisme.
.lire-ailleurs { text-align: center;font-weight: 800; } .lire-ailleurs a { background-color:#f5f5f5; color:black; display: block; padding: 0.5rem 0; margin-bottom: 0.5rem; text-decoration: none !important; } .lire-ailleurs a:hover { background-color: #a30005; transition-property: background-color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a:hover span { color: white; transition-property: color; transition-duration: 0.3s; } .lire-ailleurs a span { color:#a30005; }PS : Depuis les événements du 12 février l'extreme droite s'en est déjà pris à plusieurs lieux comme le local de Solidaires et de la Plume Noire ainsi qu'à la mosquée de la Croix-Rousse. Un rassemblement de commemoration se prépare samedi prochain.