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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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13.10.2026 à 19:41

Arabie saoudite : Condamné à mort pour un post Facebook

Human Rights Watch

Click to expand Image Anojan Sivarasa. © Privé

Mise à jour 21/10/26 : Le 14 octobre 2026, Arun Hemachandra, vice-ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, a annoncé que la Cour suprême d’Arabie saoudite avait « annulé le jugement condamnant Anojan Sivarasa à la peine de mort ».

(Beyrouth) – Un tribunal saoudien a condamné à mort un travailleur migrant sri-lankais pour un commentaire publié sur Facebook et jugé blasphématoire, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les autorités saoudiennes devraient annuler ce jugement et le libérer immédiatement.

La Cour d’appel saoudienne de la Province de l’Est a prononcé la peine de mort à l’encontre d’Anojan Sivarasa, 24 ans, le 17 septembre 2026, à l’issue de deux audiences. Un premier jugement l’avait précédemment condamné à cinq ans de prison.

« Condamner à mort un travailleur migrant pour un commentaire publié sur Facebook, et pour lequel il s’est déjà excusé publiquement, constitue une réaction excessive et aberrante de la part des autorités saoudiennes, dans un contexte de recrudescence des exécutions », a déclaré Joey Shea, chercheuse senior sur l’Arabie saoudite à Human Rights Watch. « Personne ne devrait être condamné à mort pour un commentaire sur une religion. »

Le 28 juin, Anojan Sivarasa a répondu à une vidéo diffusée sur Facebook par un commentaire en tamoul, qui a été jugé offensant envers le prophète Mahomet par certains internautes. Ce commentaire a rapidement attiré l’attention, et une capture d’écran aurait été transmise aux autorités saoudiennes ainsi qu’à l’employeur d’Anojan Sivarasa, a indiqué un membre de sa famille à Human Rights Watch. Anojan Sivarasa a supprimé le commentaire, et a publié une vidéo présentant ses excuses sur son compte Facebook. Son employeur l’a retenu dans ses locaux pendant au moins 24 heures, puis l’a conduit au commissariat de Dammam (Province de l’Est), où il a été arrêté le 1er juillet, a précisé ce membre de la famille. 

Anojan Sivarasa travaillait dans le bâtiment et était arrivé en Arabie saoudite à peine dix mois auparavant. Il soutient financièrement sa famille au Sri Lanka, a précisé son proche.

Le parquet d’Al-Ahsa a inculpé Anojan Sivarasa d’« insultes verbales et d’offenses à l’encontre de notre prophète Mahomet » et de « production et diffusion, via les réseaux d’information, de contenus portant atteinte aux valeurs religieuses et à la morale publique, en publiant un commentaire sur un réseau social contenant des propos contraires aux valeurs religieuses et à la morale publique », selon des documents judiciaires obtenus par Human Rights Watch.

Le 27 juillet, le tribunal pénal d’Al-Ahsa a rendu un jugement condamnant Anojan Sivarasa en vertu de l’article 6 de la loi contre la cybercriminalité et l’a condamné à cinq ans de prison et à une amende de 3 millions de riyals saoudiens (environ 800 000 dollars US), selon les documents judiciaires. Le tribunal a également ordonné la confiscation de son ordinateur et la fermeture de son compte Facebook. 

Le parquet d’Al-Ahsa a interjeté appel du jugement initial. L’avocat d’Anojan Sivarasa a également fait appel du jugement et de la peine initialement prononcés. 

Le 17 septembre, Anojan Sivarasa a informé sa famille qu’il avait été condamné à mort, a déclaré un membre de sa famille. Les documents judiciaires examinés par Human Rights Watch montrent que la Cour d’appel de la Province de l’Est l’a reconnu coupable d’avoir insulté verbalement le prophète Mahomet dans une publication sur les réseaux sociaux, et l’a condamné à mort. 

« Nous ne nous attendions pas du tout à cette situation », a déclaré le proche d’Anojan Sivarasa. « Notre maison est en deuil. La famille est sous le choc et peine encore à s’en remettre. »

Le 5 octobre, un autre détenu a attaqué Anojan Sivarasa en prison, avec une petite arme, le blessant à la tête et au visage, a ajouté son proche. Il a reçu des soins médicaux et a été transféré dans une autre cellule. 

L’Arabie saoudite a exécuté plus de 2 000 personnes au cours de la dernière décennie, en violation, dans de nombreux cas, du droit saoudien et du droit international. Les autorités ont exécuté au moins 356 personnes en 2025, ce qui constituait un triste record annuel depuis le début du recensement de statistiques à cet égard dans ce pays.

Le droit international relatif aux droits humains, y compris la Charte arabe des droits de l’homme que l’Arabie saoudite a ratifiée, oblige les pays qui recourent à la peine de mort à ne l’appliquer que pour les « crimes les plus graves », et dans des circonstances exceptionnelles. Human Rights Watch s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, en raison de sa cruauté inhérente. 

« L’Arabie saoudite devrait immédiatement annuler la condamnation à mort d’Anojan Sivarasa, et et libérer », a conclu Joey Shea. « Les autorités saoudiennes devraient cesser de recourir à des lois abusives pour prononcer des peines exceptionnellement dures pour des délits d’expression, en particulier à l’encontre des travailleurs migrants qui se trouvent déjà dans une situation vulnérable et ne bénéficient que de protections limitées. »

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Articles

Reporteri.net  BBC

Yop-L.frii 

 

 

13.10.2026 à 17:57

La France ne devrait pas renvoyer des Afghan·e·s vers le régime des talibans

Human Rights Watch

Click to expand Image Des personnes afghanes qui s’étaient réfugiées au Pakistan chargeaient un camion avec leurs affaires à Chaman, dans le nord du pays, le 19 octobre 2025 ; elles s’apprêtaient à traverser la frontière et à retourner en Afghanistan, suite à la décision du gouvernement pakistanais d’expulser de nombreux réfugiés afghans. © 2025 Abdul Basil/AFP via Getty Images

La France a confirmé avoir entamé un « dialogue technique » avec les autorités talibanes concernant les retours forcés vers l’Afghanistan. Cette annonce marque un dangereux revirement de politique qui expose les Afghan·e·s vivant en France à des risques de persécution, de torture et d’autres violations graves, en violation des obligations internationales de la France en matière de droits humains.

Ce « dialogue technique » fait suite à la visite d’une délégation des talibans à Bruxelles en juin, au cours de laquelle les politiques migratoires et de retour ont été discutées avec des responsables de l’Union européenne. L’Allemagne a déjà expulsé 263 Afghans depuis l’année dernière.

Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que ces discussions visaient « à faciliter l'éloignement de ressortissants afghans, qui sont de manière illégale sur le territoire national et qui représentent un risque de sécurité national. ». Les responsables français affirment que ce dialogue porte sur un champ restreint, mais n’ont donné aucune garantie quant à la protection des personnes particulièrement exposées, notamment les femmes.

Depuis leur prise de pouvoir en août 2021, les talibans ont promulgué des décrets et adopté des lois qui ont privé les Afghans de leurs droits fondamentaux. Les femmes et les filles ne peuvent pas exercer leurs droits à l’éducation, à la liberté de circulation et à la liberté d’expression. Il existe également des preuves irréfutables indiquant que les forces talibanes ont détenu et torturé des personnes qui ont été renvoyées de force dans le pays.

Toute coopération française avec les talibans dans le cadre d’un processus de retour se ferait en pleine connaissance de cause quant à la responsabilité des talibans dans de graves violations des droits humains et une oppression systématique. Au début du mois, la Cour pénale internationale a annoncé publiquement la délivrance de mandats d’arrêt à l’encontre du chef suprême des talibans, Haibatullah Akhundzada, et de trois autres hauts responsables pour le crime contre l’humanité de persécution fondée sur le genre et des motifs politiques. Ces mandats, émis en 2025, concernent la persécution des femmes, des filles et des personnes qui ne se conforment pas aux attentes des talibans en matière de genre, ainsi que la persécution politique de celles et ceux considérés comme des « alliés des filles et des femmes ».

Aucun pays ne devrait contraindre des réfugiés à retourner en Afghanistan tant que les talibans continuent de commettre des violations généralisées des droits humains. La France devrait suspendre tout projet d’expulsion, et aucune coopération en matière de contrôle des migrations ne devrait servir de prétexte pour renvoyer des personnes vers un pays où elles courraient un risque réel de persécution, voire pire.

13.10.2026 à 06:00

Turquie : Le pays hôte de la COP31 réprime les défenseurs de l'environnement

Human Rights Watch

Click to expand Image Des habitants de la région du plateau de Perşembe, située dans le nord de la Turquie non loin de la mer Noire, ainsi que des représentants d'organisations écologistes, manifestaient contre un projet d’exploration aurifère présentant certains risques environnementaux pour cette région, le 19 juillet 2026.  © 2026 Privé

(Istanbul, le 13 octobre 2026) – Alors que la Turquie s’apprête à accueillir en novembre la 31ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP31), les autorités de ce pays procèdent à des arrestations et à des poursuites arbitraires à l’encontre d’activistes et d’autres personnes participant à des manifestations pour la défense de l’environnement, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

« Alors que la Turquie s'apprête à accueillir le sommet annuel de l'ONU sur le changement climatique, la répression qu'elle exerce en matière d'environnement rappelle de manière frappante son intolérance à l'égard de la contestation », a déclaré Deniz Bayram, chercheuse adjointe auprès de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Les autorités turques devraient prêter attention aux préoccupations de la population concernant l'impact environnemental d'activités telles que l'exploitation minière dans leurs régions et y répondre, au lieu d'arrêter et de poursuivre des manifestants. »

En août 2026, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 23 personnes ayant participé en Turquie à des manifestations en faveur de la protection de l'environnement et a examiné les reportages, documents et procédures judiciaires pertinents. 

Human Rights Watch a également documenté le traitement réservé aux défenseurs de l’environnement dans deux régions actuellement affectées par des projets industriels. Des manifestations contre l'exploitation du charbon dans la forêt d'Akbelen, située dans la province de Muğla (sud-ouest de la Turquie), ont lieu depuis 2023, tandis qu’un projet d'exploration aurifère dans la zone du plateau de Perşembe et aux alentours, dans la région de la mer Noire (nord de la Turquie), ont suscité des protestations tout au long de l'année 2026. Les autorités des deux zones ont dispersé par la force des manifestants non violents, notamment en recourant aux gaz lacrymogènes, aux canons à eau et au gaz poivre. La police a arrêté et verbalisé des manifestants, et a intimidé les habitants en procédant à des contrôles d’identité arbitraires.

En septembre, Human Rights Watch a écrit au ministère de l’Intérieur turc ainsi qu’aux parquets de Milas (province de Muğla), de Korgan (province d’Ordu) et de Tirebolu (province de Giresun), pour solliciter des informations complémentaires et une réponse à ses constatations. À ce jour, Human Rights Watch n’a toutefois reçu aucune réponse à ces courriers.

Les forces de l'ordre et de sécurité turques ont arrêté des membres de la société civile, des avocats et des journalistes lors de manifestations. Les manifestants font face à diverses poursuites pénales et enquêtes fondées sur des allégations douteuses, notamment pour rassemblement illégal, recours à la violence pour empêcher un agent public d'exercer ses fonctions, intrusion, outrage à agent public et diffusion de fausses informations. Les autorités ont également arrêté temporairement au moins deux personnes ayant exprimé en ligne leur soutien aux manifestations.

Dans un incident survenu le 29 juillet, les autorités ont arrêté des manifestants dans la région orientale de la mer Noire et les ont retenus jusqu'à huit heures sans procédure légale régulière. Parmi les personnes arrêtées figuraient deux enfants et une femme de 84 ans.

Des défenseurs de l’environnement ont également fait face à des poursuites pénales, à des amendes administratives et à d’autres formes de pression juridique pour avoir surveillé les atteintes à l’environnement ou cherché à protéger leurs terres et leur environnement.

Peu avant le sommet de l'OTAN tenu en juillet dernier à Ankara, les autorités ont ordonné l'arrestation de 225 personnes, y compris des activistes politiques à des défenseurs de la nature, suspectés d'« appartenance à des organisations armées ». Les 25 et 26 juin, les tribunaux ont placé 178 d'entre elles en détention provisoire et 34 sous contrôle judiciaire, sans toutefois invoquer d'éléments probants attestant d'une activité criminelle. Parmi les personnes arrêtées figuraient 13 membres d'une organisation de protection de la nature, qui ont été libérés par la suite, tout comme 14 autres personnes qui avaient été placées en résidence surveillée.  

Les enquêtes pénales et les arrestations de défenseurs de l’environnement qui se poursuivent depuis 2023 ont eu un effet dissuasif considérable sur les droits à la liberté d’expression et de réunion, pourtant protégés par le droit international des droits humains et par la Constitution turque. Si nombre de ces procédures ont abouti à des décisions de non-lieu ou à des acquittements, les enquêtes font peser une charge immense sur les personnes visées, car elles s’étendent sur des années et les contraignent à comparaître à maintes reprises devant les autorités chargées de l’application des lois.

Une femme âgée de 75 ans à Denizli, dans l'ouest de la Turquie, a écopé d’une amende en mai 2024 pour avoir refusé l'accès à sa propriété à deux employés d'une compagnie minière, dans le cadre d'une action de protestation contre l'extraction de charbon. Elle a été accusée d'avoir frappé ces employés, allégation qu'elle dément avec véhémence. La décision fait l'objet d'un appel.

Des policiers et des gendarmes ont empêché des journalistes et des passants de filmer des manifestations pour l'environnement dans les zones touchées – en recourant parfois à la violence – et ont procédé à des arrestations, ainsi qu'à l'ouverture d'enquêtes visant des journalistes qui couvraient ces manifestations, selon les médias. 

Human Rights Watch a précédemment fait part de ses préoccupations aux autorités turques, soulignant que les efforts visant à développer l'extraction du charbon et les capacités de production d'électricité à partir de charbon en Turquie font peser de graves risques sur la santé publique, la protection de l'environnement et le respect d'autres droits humains.

La répression à l'encontre des défenseurs de l'environnement s'inscrit dans une offensive plus large contre l'espace civique en Turquie, a déclaré Human Rights Watch, incluant la détention d’activistes à Istanbul qui protestaient contre une répression anti-LGBT le 15 septembre 2026. Certains d'entre eux affirment avoir été maltraités durant la période de plus de 24 heures qu'ils ont passée en détention.

La participation de la société civile est importante pour amener les États à rendre des comptes sur leurs politiques environnementales, selon Human Rights Watch. Elle est également essentielle dans les contextes où les décisions prises par le gouvernement central peuvent avoir de graves répercussions environnementales à l'échelle locale.

En tant que pays hôte de la COP31 en novembre, la Turquie a l'obligation de faciliter la participation de la société civile à la conférence..

« Le gouvernement turc a ignoré les mesures de protection de l'environnement et s'en est pris aux populations locales qui dénoncent les atteintes à l'environnement touchant leurs communautés », a conclu Deniz Bayram. « Les États participant à la COP31 devraient s’exprimer contre la répression exercée par la Turquie à l’encontre des défenseurs de l’environnement, et rappeler à leurs hôtes que la participation de la société civile est essentielle pour atteindre les objectifs de la COP. » 

Suite détaillée en anglais.

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