Carnaval entrepreneurial et investissements « kaki »
Alors que le PIB ne cesse de reculer et que la récession économique rôde dans le pays, la banque publique d’investissement (BPI) organisait début octobre le « plus grand rendez-vous business d’Europe ». Une célébration caricaturale de l’entrepreunariat français, qui a fait la part belle aux acteurs du complexe militaro-industriel, et contribué à la banalisation de l’économie de guerre.
Si certains d’entre vous se demandent parfois par quels biais l’argent public est distribué aux entreprises, une partie de la réponse se trouvait le 8 octobre dernier à l’Accor Hotel Arena de Bercy, où s’est joué l’événement annuel de la Banque publique d’investissement (BPI). Premier investisseur d’Europe en fonds propres avec 1.493 prises de participations dans des entreprises (ou « tour de table » en langue entrepreneuriale) — pour un montant investi de 72 milliards d’euros sur la seule année 2025 —, la BPI est un levier financier prodigieux pour les entrepreneurs auxquels elle est dévouée.
Depuis 12 ans, la BPI organise chaque année « BIG », un événement dont la dernière édition s’est tenue dans l’immense Accor Hotel Arena de Bercy. Pour attirer les 75 000 personnes présentes ce jour-là (selon les organisateurs), « la banque des entrepreneurs » n’a pas lésiné sur les moyens : une centaine de médias partenaires, plus de 500 conférences et ateliers, des tables rondes et des conférences à la pelle, animés par des centaines d’intervenants « inspirants ». Emmanuel Macron, Patrick Pouyanné, Xavier Niel, Tony Parker, Babara Butch, Nathan Devers, et moult chefs d’entreprises venus broder un discours autour d’un seul mot d’ordre : le « culot ».
Ce mot — qui succède à celui de « vérité », « liberté », « fierté », « révolution », « conquête » pour les éditions précédentes —, sera placardé dans toute l’enceinte et répété comme un mantra tout au long de la journée.

