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02.11.2026 à 11:07

Plongée dans l’évènement annuel de la banque publique d’investissement (BPI)

Carnaval entrepreneurial et investissements « kaki »

Alors que le PIB ne cesse de reculer et que la récession économique rôde dans le pays, la banque publique d’investissement (BPI) organisait début octobre le « plus grand rendez-vous business d’Europe ». Une célébration caricaturale de l’entrepreunariat français, qui a fait la part belle aux acteurs du complexe militaro-industriel, et contribué à la banalisation de l’économie de guerre.

Allons enfants de l'investissement... - © Reflets

Si certains d’entre vous se demandent parfois par quels biais l’argent public est distribué aux entreprises, une partie de la réponse se trouvait le 8 octobre dernier à l’Accor Hotel Arena de Bercy, où s’est joué l’événement annuel de la Banque publique d’investissement (BPI). Premier investisseur d’Europe en fonds propres avec 1.493 prises de participations dans des entreprises (ou « tour de table » en langue entrepreneuriale) — pour un montant investi de 72 milliards d’euros sur la seule année 2025 —, la BPI est un levier financier prodigieux pour les entrepreneurs auxquels elle est dévouée.

Depuis 12 ans, la BPI organise chaque année « BIG », un événement dont la dernière édition s’est tenue dans l’immense Accor Hotel Arena de Bercy. Pour attirer les 75 000 personnes présentes ce jour-là (selon les organisateurs), « la banque des entrepreneurs » n’a pas lésiné sur les moyens : une centaine de médias partenaires, plus de 500 conférences et ateliers, des tables rondes et des conférences à la pelle, animés par des centaines d’intervenants « inspirants ». Emmanuel Macron, Patrick Pouyanné, Xavier Niel, Tony Parker, Babara Butch, Nathan Devers, et moult chefs d’entreprises venus broder un discours autour d’un seul mot d’ordre : le « culot ».

Ce mot — qui succède à celui de « vérité », « liberté », « fierté », « révolution », « conquête » pour les éditions précédentes —, sera placardé dans toute l’enceinte et répété comme un mantra tout au long de la journée.

Le culot pour tous ! - © Reflets
Le culot pour...

26.10.2026 à 11:51

Vichy : des croix gammées ornent un immeuble

Personne n'a jugé utile de les retirer en dépit du passé de la ville

À Vichy, au 13, rue Lucas, de petites croix gammées se répètent sur les garde-corps d’un immeuble du centre-ville. Construit en 1912, bien antérieur au parti nazi, ce motif ornemental interroge aujourd’hui les passants : comment regarder un symbole dont le sens a été bouleversé par l’Histoire ?

Un ornement surprenant dans la ville symbole de la collaboration avec le nazisme - © Reflets

Au 13, rue Lucas, à Vichy, de curieux garde-corps soulignent la ligne de toutes les fenêtres et balcons de cet immeuble de cinq étages. Sous la frise végétale, un même motif se répète sur la longueur totale des garde-corps : de petites croix gammées, en file indienne. Vichy ayant été le coeur battant de la collaboration avec l'occupant nazi durant la deuxième guerre mondiale, ce choix ornemental interroge.

À 500 mètres de l’endroit où, le 10 juillet 1940, Pierre Laval fait voter les pleins pouvoirs à Philippe Pétain, malgré l’opposition de 80 courageux parlementaires, le symbole a de quoi surprendre. Plus de 80 ans après la chute du Reich, ce décor attire le regard et pose une question : pourquoi est-ce que personne n’a pensé à l’enlever ?

D’autant qu’il se trouve juste en face du Grand Établissement thermal de première classe, et de sa magnifique coupole de grès flammé, qui évoque l’architecture mauresque. Au rez-de-chaussée du 13 rue Lucas, les commerçants des boutiques n’ont pas d’information sur les étranges croix gammées qui ornent l’immeuble.

Au cœur de la reine des villes d’eau, l’office de tourisme propose depuis peu un circuit pédestre permettant de découvrir les lieux clés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à Vichy. Audrey Mallet, docteure en histoire contemporaine (Paris-I Panthéon-Sorbonne, IHTP-CNRS, Concordia University), responsable du département Humanités à l’ENSAE Paris et chercheuse au LinX, à l’École polytechnique en est l’instigatrice.

...

18.10.2026 à 16:56

Manifestation du 17 octobre 2026 : les raisons d'un fiasco de l'État

Le désordre dénoncé aujourd'hui a été organisé par les autorités

Les politiques et autres toutologues ont beau jeu de dénoncer les actes de casse, de vandalisme et les incendies. L'État avait tout fait à Paris pour que la situation soit, exactement, celle qui s'est produite. Par ailleurs, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans le calme. De nombreux jeunes ont même aidé à éteindre les débuts d'incendie et replacé le mobilier urbain ou des commerçants après le passage de casseurs.

Utiliser un canon à eau contre des manifestants perchés à plusieurs dizaines de mètres du sol sur la statue représentant la République, pas une très bonne idée... - © Reflets

Pendant la semaine qui a précédé la manifestation du 17 octobre, l'État a refusé, par la voix du préfet de Paris, de valider un parcours de manifestation. Jusqu'au dernier moment, même l'heure du début était incertaine. Un appel était fixé à 14 heures tandis que la presse parlait de 11h. Cette position ne pouvait mener qu'à la multiplication des cortèges et donc l'éparpillement des manifestants. Une situation qui favorise les attaques par des petits groupes de personnes venues pour la confrontation et donc, casser.

Mieux. Alors qu'à midi l'Orchestre du nouveau monde jouait sur la place, la salle de commandement a demandé à un groupe de forces de l'ordre de tenir une position intenable et totalement inutile, ce qui engendrera les premières violences.

Position de la compagnie de CRS - les premiers heurts partent d'ici.
Position de la compagnie de CRS - les premiers heurts partent d'ici.

Cette position est difficile à tenir. Les hommes ne sont pas nombreux. Ils se trouvent à un carrefour. Des manifestants vont arriver de la rue Yves Toudic, de la rue du Feaubourg du Temple et bien entendu, de la place de la république. Toute personne ayant déjà assisté à une manifestation place de la République sait que c'est généralement ici que se concentrent les affrontements. Peut-être parce que ceux qui se trouvent sur la place sont sur une position plus élevée. Ce qui facilite les jets de projectiles ?

Bref, la compagnie va faire plusieurs remontées de la rue du Fauboug du Temple vers la place, ce qui ne va pas...

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