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30.04.2026 à 13:09

À Santa Marta, des avancées timides pour une sortie progressive et non contraignante des énergies fossiles

Amélie Philotas

"De Santa Marta ne sortira pas de décision contraignante… Mais émerge la volonté d’envoyer un message formel au reste du globe : dans un monde traversé par les crises, il est urgent d’accélérer la transition énergétique", résume Ouest-France, non sans faire allusion aux lourdes conséquences énergétiques liées au blocus du détroit d'Ormuz. Mardi 28 et mercredi […]

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Texte intégral (1845 mots)
Le président colombien, Gustavo Petro, était l'hôte de la conférence de Santa-Marta - Crédits : Party of European Socialists / Flickr
Le président colombien, Gustavo Petro, était l'hôte de la conférence de Santa Marta - Crédits : Party of European Socialists / Flickr CC BY-NC-SA 2.0

"De Santa Marta ne sortira pas de décision contraignante… Mais émerge la volonté d’envoyer un message formel au reste du globe : dans un monde traversé par les crises, il est urgent d’accélérer la transition énergétique", résume Ouest-France, non sans faire allusion aux lourdes conséquences énergétiques liées au blocus du détroit d'Ormuz.

Mardi 28 et mercredi 29 avril se sont réunis, à Santa Marta (Colombie), cinquante-six pays issus de plusieurs continents dont la France pour assister au tout premier sommet spécifiquement consacré à la sortie des énergies fossiles. Une conférence "au cours de laquelle [les] pays ont débattu des moyens d'abandonner le pétrole, le gaz et le charbon, principaux responsables du réchauffement climatique, au profit d'une énergie plus propre" [Euronews].

Bien qu'il reste en marge des conférences onusiennes et ne réunisse qu'une cinquantaine de pays, le rendez-vous vise "à créer des ponts avec les COP" sur le climat [Le Monde]. Il avait été annoncé l'an dernier après la COP30 au Brésil, "qui n'a pas réussi à inclure une référence explicite aux combustibles fossiles dans son accord final", rappelle Euronews.

Une transition "non contraignante"

Le sommet a cependant été rattrapé par l'actualité, dans le contexte de la crise énergétique provoquée par le blocus du détroit d'Ormuz. "Tous considèrent que la guerre au Moyen-Orient et le blocage des exportations du Golfe, qui ont fait grimper les prix des pleins d'essence et des billets d'avion partout dans le monde, leur donnent raison pour accélérer la sortie du pétrole, du gaz et du charbon. Un objectif adopté universellement à Dubaï en 2023 mais dans l'impasse politique depuis" [France 24].

La conférence n'a toutefois débouché que sur des mesures volontaires. "Les textes adoptés à Santa Marta n’ont aucun caractère contraignant. Un rapport, fruit de débats et de contributions écrites, détaille des solutions et des mesures", relève Le Monde. Parmi elles, "la création d’un panel de scientifiques dédié à la sortie des énergies fossiles, le développement de feuilles de route par chaque pays pour planifier sa transition énergétique, et l’analyse des obstacles financiers, notamment la dette et les subventions aux énergies fossiles", résume RFI.

Des avancées timides qui n'en demeurent pas moins "un premier pas vers la sortie des énergies fossiles", titre Ouest-France.

Réduction "progressive" et "équitable"

"Pas de sortie - une réduction progressive. Tel est le message", résume cependant Onuoha Magnus Chidi, conseiller auprès du ministre nigérian du développement régional, cité par France 24. "Il faut que ce soit équitable", poursuit-il. "Des gens vont perdre leur emploi… Comment allez-vous les réinsérer dans d'autres secteurs ?", demande-t-il, plaidant pour davantage d'aides financières.

D'autres pays africains maintiennent également leur intention de poursuivre le forage du pétrole, "illustrant les tensions entre les impératifs climatiques et les besoins du développement" [Le Monde]. Tel le Sénégal, qui "ne veut pas sacrifier son développement au nom du climat", explique le représentant du pays Serigne Momar Sarr, pourtant "conscient qu’on est dans des enjeux planétaires qui nécessitent la transition".

De son côté, la délégation française a "déjà publié sa feuille de route, 18 pages récapitulant ses engagements pour en finir avec le charbon d’ici à 2030, le pétrole d’ici à 2045 et le gaz d’ici à 2050 à des fins énergétiques", note Challenges.

Prochain rendez-vous à Tuvalu en 2027

"Les pays ont aussi décidé que ce rendez-vous serait renouvelé. La deuxième conférence sur la sortie des énergies fossiles aura lieu en 2027 dans le minuscule archipel de Tuvalu dans le Pacifique, organisée en duo avec l'Irlande", rapporte Courrier International.

"D’ici là, tous ces pays porteront ce message structuré aux prochaines négociations onusiennes sur le climat, en novembre à Antalya, en Turquie (COP31), où le Brésil, hôte de la COP30, espère toujours formaliser l’idée de feuilles de route pour sortir des énergies fossiles." [Challenges]

Au terme de ce premier sommet informel en Colombie, RFI estime en tout cas que "Santa Marta a tenu son rang. Les mots sont posés. Reste à leur donner corps — d'ici 2027 et au-delà".

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29.04.2026 à 12:13

"Seul un oui est un oui" : le Parlement européen relance l'idée d'une définition commune du viol

Valentin Ledroit

"Faut-il une définition commune du viol au sein de l'Union européenne ? Oui, répond le Parlement européen réuni cette semaine à Strasbourg" [France Culture]. Après une première tentative manquée en 2023, les eurodéputés ont décidé de relancer le débat en adoptant, mardi 28 avril, une résolution sur ce sujet. L'objectif : pousser la Commission européenne […]

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Texte intégral (2300 mots)
(De gauche à droite) Les eurodéputés sociales-démocrates Joanna Scheuring-Wielgus (Pologne) et Evin Incir (Suède) lors d'un point presse après le vote du rapport, mardi 28 avri
(De gauche à droite) Les eurodéputées sociales-démocrates Joanna Scheuring-Wielgus (Pologne) et Evin Incir (Suède) lors d'un point presse après le vote du rapport, mardi 28 avril - Crédits : Alexis Haulot / Parlement européen

"Faut-il une définition commune du viol au sein de l'Union européenne ? Oui, répond le Parlement européen réuni cette semaine à Strasbourg" [France Culture]. Après une première tentative manquée en 2023, les eurodéputés ont décidé de relancer le débat en adoptant, mardi 28 avril, une résolution sur ce sujet. L'objectif : pousser la Commission européenne à "légiférer 'dans les plus brefs délais' pour intégrer la notion de consentement dans la définition du viol", poursuit la radio.

"Le silence, l'absence de résistance, l'absence d'un 'non', un consentement antérieur, le comportement sexuel passé ou toute relation actuelle ou antérieure ne doivent pas être interprétés comme un consentement", affirment les eurodéputés dans un communiqué publié après l'adoption du rapport [Reuters]. "Seul le 'oui' veut dire oui. Tout le reste, c'est non !", résume l'eurodéputée Evin Incir (social-démocrate), rapporteuse du texte, dans les colonnes de L'Humanité.

Un "signal politique fort"

L'adoption du texte par une majorité de députés (447 voix pour, 160 contre et 43 abstentions) "a suscité une salve d'applaudissements dans l'hémicycle à Strasbourg", rapporte The Guardian. Pour l'Écologiste Mélissa Camara, interrogée par l'AFP, il s'agit d'"un signal politique fort envoyé aux victimes de violence et à la Commission européenne" [Le Nouvel Obs]. De son côté, Ouest-France rapporte que "la commissaire européenne [en charge de l'Égalité], Hadja Lhabib, s’est déclarée favorable à avoir un texte sur le sujet d’ici la fin de la mandature, en 2029".

Le quotidien régional relève que le rapport fait consensus, sauf du côté de "l’extrême droite [qui] en fait une ligne rouge […]. Dans les différentes interventions des députés issus des trois groupes d’extrême droite, on entendait que le problème venait des migrants, des femmes trans, de l’idéologie 'woke' et des féministes radicales qui veulent détruire l’hétérosexualité", poursuit le média. Et de citer l'eurodéputée centriste Laurence Farreng (Renew Europe), selon qui "les droits des femmes sont encore un problème non réglé au sein des Patriotes, le groupe politique du Rassemblement national".

Des législations nationales disparates

Derrière cette mobilisation parlementaire se cache une réalité statistique alarmante. Selon un rapport du Parlement européen cité par The Guardian et basé sur des entretiens menés auprès de 42 000 femmes dans toute l'Union européenne, "une femme sur dix a subi une forme de violence sexuelle depuis l'âge de 15 ans, et une sur vingt a été violée". Malgré ce constat, la réponse pénale demeure dérisoire : "seuls 0,5 % des viols en Europe débouchent sur une condamnation", déplore Evin Incir auprès du quotidien britannique.

Cette impunité est alimentée par un ensemble de lois nationales disparates. "Jusqu'à présent, les définitions pénales de ce qui est considéré comme un viol variaient considérablement d'un pays à l'autre en Europe", constate Deutsche Welle. Plusieurs pays appliquent aujourd'hui le principe du "seul un 'oui' est un oui", promu par les eurodéputés dans leur rapport. D'abord "mis en place en Suède", il s'est étendu à "de nombreux autres pays de l'Union européenne, tels que la Belgique, le Danemark, la Croatie, la Grèce, l'Espagne et les Pays-Bas", puis la France plus récemment, poursuit le média allemand.

D'autres pays, comme l'Allemagne, l'Autriche et la Pologne appliquent quant à eux le principe du "non veut dire non" : "le viol est considéré comme un délit si l'acte est commis contre la volonté manifeste de la victime, c'est-à-dire si celle-ci refuse activement de donner son consentement" [Deutsche Welle]. Plus grave encore, "huit pays, allant de l'Italie à la Hongrie en passant par la Roumanie, font encore figure d'exceptions, puisqu'ils exigent toujours des victimes qu'elles prouvent, dans une certaine mesure, qu'elles ont manifesté une résistance verbale, qu'elles ont été contraintes ou qu'elles se sont défendues physiquement", complète The Guardian.

Une première tentative manquée

Le Parlement européen n'en est pas à sa première tentative de légiférer sur le sujet. "Ce nouvel appel du pied intervient trois ans après l’échec d’une telle harmonisation législative", retrace Libération. Dans le cadre d'une directive sur les violences faites aux femmes, finalement adoptée en 2024, "le Conseil avait entravé l’adoption de cette mesure. Plus précisément, douze pays avaient fait barrage, dont l’Allemagne, les Pays-Bas, la République tchèque, la Roumanie, la Hongrie ou encore… la France", souligne le quotidien. "Les États opposés à cette mesure assuraient que l’UE n’avait pas la compétence d’intervenir dans le domaine du droit pénal. Ce que des juristes, ONG et universitaires avaient contredit" [Libération].

"Mais les temps ont changé", affirme l'eurodéputée polonaise Joanna Scheuring-Wielgus (social-démocrate), car "la question du consentement a fait irruption sur le devant de la scène publique en 2024" [The Guardian]. "L’onde de choc de l’affaire Gisèle Pelicot, victime de viols commis par des dizaines d’hommes recrutés par son ex-mari et devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles, avait [notamment] poussé la France à adopter par la suite, en novembre 2025, une législation au niveau national incluant la notion de consentement", explique ainsi Ouest-France.

"Son courage et sa prise de parole ont ouvert les yeux même aux opposants les plus conservateurs à ce changement", salue Joanna Scheuring-Wielgus [The Guardian].

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28.04.2026 à 12:44

Grain ukrainien présumé volé : pourquoi Kiev hausse le ton contre Israël

Manon Mazuir

"Regain de tension entre l'Ukraine et Israël", attaque Euronews. "L'ambassadeur d'Israël en Ukraine [Michael Brodsky] a été convoqué ce mardi matin après l'arrivée au port de Haïfa d'un navire chargé selon Kiev de grain ukrainien volé par la Russie, a indiqué lundi le chef de la diplomatie ukrainienne", Andrii Sybiha [20 Minutes]. Un épisode qui […]

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Texte intégral (1996 mots)
L'agriculture est la principale source de revenus de l'Ukraine, qui, selon les estimations des Nations unies, représente 20 % du PIB. Ici, le chargement du grain dans les cales d’un cargo maritime en Ukraine - Crédits : elena_larina / iStock
L'agriculture est la principale source de revenus de l'Ukraine qui, selon les estimations des Nations unies, représente 20 % du PIB. Ici, le chargement du grain dans les cales d'un cargo maritime en Ukraine - Crédits : elena_larina / iStock

"Regain de tension entre l'Ukraine et Israël", attaque Euronews. "L'ambassadeur d'Israël en Ukraine [Michael Brodsky] a été convoqué ce mardi matin après l'arrivée au port de Haïfa d'un navire chargé selon Kiev de grain ukrainien volé par la Russie, a indiqué lundi le chef de la diplomatie ukrainienne", Andrii Sybiha [20 Minutes].

Un épisode qui n'est pas isolé : "Kiev avait déjà informé Israël mi-avril de l'arrivée au port d'Haïfa d'un […] navire transportant selon elle du grain en provenance de territoires ukrainiens occupés par Moscou" [Le Figaro]. Affirmant hier qu'un "autre navire de ce genre est arrivé à Haïfa", Andrii Sybiha a également déploré le "manque de réponse appropriée d'Israël à la requête légitime de l'Ukraine en ce qui concerne le navire précédent" [Le Monde]. "Nous mettons une fois de plus en garde Israël contre l'acceptation de ce grain volé et contre toute atteinte à nos relations", a-t-il ajouté, selon Le Figaro.

Ce à quoi son homologue israélien Gideon Sa'ar a répliqué, lundi soir sur X, que "les relations diplomatiques, en particulier entre nations amies, ne se mènent pas sur Twitter ou dans les médias" [Politico]. Le chef de la diplomatie a également ajouté que "les allégations ne [constituaient] pas des preuves" [Le Monde] et que Kiev n'avait "même pas soumis une demande d'assistance juridique avant de se tourner vers les médias et les réseaux sociaux" [Euronews]. Et de conclure que "la question [serait] examinée" par les autorités israéliennes, qui "agiront conformément à la loi" [Le Monde].

Des céréales provenant des territoires occupés déjà livrées à Israël

Selon les services de surveillance du trafic maritime, le navire désormais incriminé, le Panormitis, "transporterait plus de 6 200 tonnes de blé et 19 000 tonnes d'orge" [Euronews]. Selon le journal israélien Haaretz, le cargo attendait dimanche "l'autorisation d'accoster dans le port de Haïfa" [Kyiv Post]. La journaliste d'investigation ukrainienne Kateryna Yaresko, du projet SeaKrime, précise que "le Panormitis a été chargé de céréales provenant des territoires ukrainiens occupés par le biais de transferts d'autres navires et a quitté le port de Kavkaz dans la région russe de Krasnodar" [Euronews].

Cette dernière rapporte également qu'"Israël a autorisé le vraquier russe Abinsk à entrer dans le port de Haïfa début avril, avec à son bord 43 700 tonnes de blé provenant des territoires ukrainiens occupés", note le Kyiv Post. Selon les autorités ukrainiennes, ce dernier "pourrait être impliqué dans les activités de la 'flotte fantôme', que l'État agresseur utilise pour exporter, transporter et vendre illégalement des céréales ukrainiennes volées dans les territoires temporairement occupés et, en fin de compte, pour financer la guerre contre l'Ukraine" [Euronews].

Au début du mois, le chef de la diplomatie ukrainienne avait d'ailleurs "abordé la question directement avec son homologue israélien Gideon Sa'ar", selon le média ukrainien. Mais "malgré les informations fournies et les contacts entre les parties, le navire [avait] été autorisé à décharger dans le port de Haïfa les 12 et 14 avril", explique Kiev [Euronews]. Israël aurait alors "informé Kiev qu'il était trop tard pour intercepter le navire, celui-ci ayant déjà quitté le port" [Kyiv Post].

Outre le chargement du Panormitis, "quatre cargaisons de céréales provenant de l'Ukraine occupée ont déjà été déchargées en Israël cette année", d'après le journal Haaretz [The Times of Israel].

La Commission européenne évoque de possibles mesures ciblées

Le porte-parole de l'Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères, Anouar El Anouni, a déclaré au journal israélien Haaretz que l'UE "a pris note des informations selon lesquelles un navire de la flotte secrète russe transportant des céréales ukrainiennes volées a été autorisé à décharger au port de Haïfa en Israël, et ce malgré des contacts antérieurs entre l'Ukraine et les autorités israéliennes à ce sujet", relate Le Monde. "Nous condamnons toutes les actions qui contribuent à financer l'effort de guerre illégal de la Russie et à contourner les sanctions de l'UE, et nous restons prêts à cibler de telles actions", a-t-il ajouté.

En mai 2024 déjà, le Conseil européen avait indiqué qu'il existait "des preuves que la Russie s'approprie […] illégalement de grandes quantités (de céréales et oléagineux) dans les territoires ukrainiens qu'elle occupe, et les exporte comme produits prétendument russes", souligne Ouest-France. À ce jour, les troupes russes occupent "un peu plus de 19 % du territoire ukrainien", précise le quotidien régional.

"Selon les estimations de Kiev, au moins 15 millions de tonnes de céréales ukrainiennes ont été volées par la Russie depuis le début de l'invasion à grande échelle en 2022" [Euronews].

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