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30.10.2026 à 12:14

Pologne : le chef de l’opposition conservatrice évoque une sortie de l’UE ; le Premier ministre proeuropéen s’y oppose

Manon Mazuir

Lors d'une intervention au Forum de Krynica mercredi 28 octobre, Jarosław Kaczyński, président du parti Droit et Justice (PiS), principale formation de l'opposition national-conservatrice, a évoqué "l'hypothèse d'un Polexit si l'Union européenne ne se réformait pas comme il l'entend" [Le Figaro]. Premier ministre en 2006 et 2007 et aujourd'hui député, Jarosław Kaczyński, "a critiqué les actions et […]

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Texte intégral (2405 mots)
Jarosław Kaczyński, fondateur du parti national-conservateur Droit et Justice, a été Premier ministre de la Pologne en 2006 et 2007 - Crédits : Chancellerie du président du Conseil des ministres de Pologne / Wikimedia Commons CC BY 3.0 PL
Jarosław Kaczyński, fondateur du parti national-conservateur Droit et Justice, a été Premier ministre de la Pologne en 2006 et 2007 - Crédits : Chancellerie du président du Conseil des ministres de Pologne / Wikimedia Commons CC BY 3.0 PL

Lors d'une intervention au Forum de Krynica mercredi 28 octobre, Jarosław Kaczyński, président du parti Droit et Justice (PiS), principale formation de l'opposition national-conservatrice, a évoqué "l'hypothèse d'un Polexit si l'Union européenne ne se réformait pas comme il l'entend" [Le Figaro].

Premier ministre en 2006 et 2007 et aujourd'hui député, Jarosław Kaczyński, "a critiqué les actions et le fonctionnement de l'Union européenne, et en particulier de la Commission européenne et du Parlement européen" [Euronews]. Le chef de PiS a même exigé "la suppression de la Commission européenne, 'un organe très néfaste [qui] ne devrait pas exister', ainsi qu'un nouveau traité entre États", rapporte BFM TV.

L'ancien chef du gouvernement a déclaré que la Commission européenne "exerçait une influence trop importante, mais que les prochaines élections en France et en Espagne, qui pourraient porter au pouvoir des responsables politiques d'extrême droite, pourraient ouvrir la voie à des discussions sur le changement", relate The Independent.

La menace d'un "Polexit"

Si ses revendications n'étaient pas satisfaites, l'actuel traité européen "précise les conditions de sortie d'un pays de l'Union européenne", a-t-il ajouté. "Tout commence par des négociations, et nous devons absolument les entamer. C'est une méthode difficile et risquée, mais la situation est tellement critique qu'il vaut la peine d'y recourir si les autres échouent", a plaidé le chef de l'opposition [Le Figaro].

Au pouvoir entre 2015 et 2023, "le PiS, qui a largement contribué à l'élection du nationaliste Karol Nawrocki à la présidence de la République en juin 2025, a engagé au cours de cette mandature des réformes jugées à Bruxelles contraires aux règles d'un État de droit", rappelle BFM TV.

"Le parti estime que la politique de l'UE est dictée par ses pays fondateurs et en particulier l'Allemagne, à qui il réclame 1 300 milliards d'euros de réparations pour les crimes nazis perpétrés pendant la Seconde Guerre mondiale", selon Le Figaro.

Indignation du gouvernement proeuropéen

"Ses propos ont suscité des critiques de la part de hauts responsables du gouvernement polonais" [The Washington Times]. Dans un message publié sur X et repris par Euronews, le Premier ministre proeuropéen Donald Tusk a déclaré que la sortie de la Pologne de l'UE était un "enjeu qui fait aujourd’hui l’objet d’une lutte en Pologne. Une lutte acharnée". Et d'ajouter : "je n’ai pas l’intention de la perdre, même si tout le monde ne joue pas dans mon camp".

En réponse, le chef de PiS a accusé Donald Tusk "d’avoir déformé ses intentions" : "nous voulons que l’Union profite non pas aux élites, mais aux citoyens ordinaires", a-t-il rétorqué sur X [The Washington Times]. Et de déclarer que "la réforme de l’UE qu’il prône visait à 'améliorer les conditions de vie des citoyens, faire baisser les prix de l’énergie, renforcer la sécurité, mener une politique migratoire responsable ainsi qu’une politique économique et agricole ambitieuse, sans bureaucratie inutile'", énumère The Independent.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a quant à lui "souligné l’hypocrisie du PiS" [Euronews] : "ils veulent donc bel et bien le Polexit. Une frontière douanière avec l’Allemagne, la République tchèque, la Slovaquie et la Lituanie. Des contrôles d’identité aux aéroports. La fin des subventions aux agriculteurs et aux investissements. […] Et pourtant, ils juraient leurs grands dieux que cela n’arriverait jamais", a-t-il écrit sur X.

Pour insister sur l'importance de l'UE, le chef de la diplomatie "a également cité le fonds européen Safe destiné à financer des projets dans la défense et au nom duquel Varsovie, voisine et soutien de l'Ukraine - et qui partage aussi une frontière avec la Russie et le Bélarus - a perçu 43,7 milliards d'euros", note BFM TV.

Les élections législatives en ligne de mire

La réaction sur X du Premier ministre polonais "fait indirectement référence aux élections législatives qui se tiendront l’année prochaine en Pologne", décrypte Euronews.

"À un an des élections législatives, les sondages indiquent que Kaczyński pourrait ramener son parti au pouvoir s’il s’allie avec des groupes d’extrême droite plus modestes qui ont le vent en poupe en Pologne ces dernières années", précise l'agence de presse américaine AP News.

Dans ce contexte, "la majorité parlementaire accuse régulièrement la droite de faire du pied à l'extrême droite europhobe, en hausse dans les sondages à un an des prochaines législatives", analyse BFM TV.

"Le gouvernement Tusk aime à rappeler que la Pologne a énormément bénéficié de son adhésion à l'UE en 2004. En 20 ans, Varsovie 'a reçu' près de 268 milliards d'euros contre 99 milliards de 'contributions' au budget européen, soit 'un solde net de plus de 167 milliards d'euros'", a fait valoir le ministre des Affaires étrangères au début de l'année [Le Figaro].

Selon deux sondages réalisés en mai dernier, "entre 60 et 70% des Polonais interrogés plébiscitent le maintien du pays dans l'UE", note Le Figaro. Ainsi, pour Radosław Sikorski, "les propos de Kaczyński devraient aider les électeurs polonais à comprendre les conséquences d'un choix en faveur de l'extrême droite". "Je remercie Jarosław Kaczyński pour son honnêteté", a-t-il déclaré [AP News].

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29.10.2026 à 12:11

Sommet UE-Canada : l'attribution du statut de "membre associé" à Ottawa rejetée par plusieurs États membres

Ugo Bertet

"L’Union européenne a reculé sur son offre d’ouvrir des pourparlers avec le Canada pour en faire un 'membre associé' à la suite de désaccords entre ses États membres, au moment même où s’ouvre un sommet UE-Canada à Montréal", relève The Guardian. Cette proposition avait été faite par "la présidente de la Commission, Ursula von der […]

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Texte intégral (2073 mots)
Le 21e sommet UE-Canada se tient à Montréal les 29 et 30 octobre 2026 (ici le Premier ministre canadien, Mark Carney, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 16 septembre dernier) - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

"L’Union européenne a reculé sur son offre d’ouvrir des pourparlers avec le Canada pour en faire un 'membre associé' à la suite de désaccords entre ses États membres, au moment même où s’ouvre un sommet UE-Canada à Montréal", relève The Guardian.

Cette proposition avait été faite par "la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l'état de l'Union au Parlement européen", le 16 septembre dernier [Euronews]. Une annonce qui avait pris "certains pays de l'UE au dépourvu", souligne Politico.

Alors que Bruxelles et Ottawa "cherchent à réduire leur dépendance économique et stratégique envers les États-Unis et la Chine" [RTL], l'UE a, pour l'heure, "abandonné toute mention d'adhésion associée dans le dernier projet de déclaration commune qui doit être adopté à l'issue du sommet", note Euronews.

Un statut absent de la déclaration conjointe

Contrairement à une adhésion classique, ce statut "pourrait permettre à un pays extérieur de participer étroitement à certaines politiques européennes sans devenir membre à part entière de l’Union" [RTL]. "Les contours de cette association restent [toutefois] à définir", complète la radio française. À son arrivée à Montréal, Ursula von der Leyen a pourtant encore utilisé cette terminologie. "Nous avons une nouvelle ambition : rapprocher le Canada […] en tant que membre associé de l’UE", a écrit la présidente de la Commission sur ses réseaux sociaux, ajoutant : "Montréal, nous sommes sur le point d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire commune" [CBC].

Cependant, "au lieu d’annoncer un programme de travail sur le développement de 'l’adhésion associée'", le projet de déclaration commune précise que les deux parties "travailleraient à définir, d’ici le sommet UE-Canada de 2027, le concept d’une association toujours plus étroite entre le Canada et l’UE", écrit The Guardian. Bien que ce projet doive "encore être approuvé définitivement" [Politico], la mention de 'membre associé' en a disparu.

"Ligne rouge"

"Un groupe de pays, dont l’Allemagne, la Grèce et la France", a mené cette opposition [Politico], Berlin l’ayant même qualifiée de "ligne rouge", souligne CBC. "Personne n’a été consulté sur l’adhésion associée en dehors du personnel le plus proche de Von der Leyen, semble-t-il", a déclaré un diplomate [The Guardian]. Pour autant, le désaccord "porte surtout sur la forme de ce rapprochement, plus que sur son principe", puisque "pour Paris, le problème ne réside pas dans le rapprochement avec Ottawa mais dans les conséquences d’un tel précédent", note RTL.

Le statut de 'membre associé' avait déjà été évoqué pour d'autres États. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait "précédemment proposé un statut similaire pour l’Ukraine" [Euronews], une proposition elle aussi "rejetée", rappelle The Guardian. Berlin fait désormais valoir que cette formule devrait être "réservée en tant qu’étape intermédiaire aux pays candidats potentiels […], notant que le statut n’a pas d’ancrage formel dans les traités actuels de l’UE", écrit le quotidien britannique. Appliquer cette expression au Canada "pourrait brouiller la distinction entre association durable et étape préparatoire à l’adhésion", estime RTL.

"Membre associé" ou "alliance pour l'avenir" ?

De son côté, le Premier ministre canadien, Mark Carney, privilégie l’idée d’une 'alliance pour l’avenir', "une formule plus souple destinée à rassurer l’opposition", précise RTL. Le chef du gouvernement a déclaré que son pays "n’avait aucun intérêt à rejoindre officiellement l’UE", note The Guardian. "Peu importe les dénominations ou la terminologie exactes […], l'essentiel réside dans l'impact [que ce rapprochement] aura sur le quotidien des Canadiens", a affirmé Mark Carney [CBC].

Alors que "les divergences concernent surtout la nature juridique et politique de la future alliance" [RTL], le débat autour du statut de 'membre associé' pourrait dépasser le seul cas canadien. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, avait également suggéré que l’Australie et la Nouvelle-Zélande "puissent elles aussi devenir des membres associés de l’UE", rapporte France info. Une "proposition que les intéressés n’ont toutefois pas vraiment reprise à leur compte", conclut le média français.

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28.10.2026 à 12:08

Mobilisations en France : la presse européenne réagit à l'adoption de la loi "casseur-payeur" par le Sénat

Léa Deseille

"Un projet de loi 'antidémocratique'", cite Reuters. "Érigé comme une 'urgence' face aux violences du 17 octobre, le projet de loi "casseurs-payeurs" a été adopté et nettement élargi mercredi [28 octobre] au Sénat" [La Libre]. "Le texte contenait à l’origine cinq articles et avait été élaboré à l’été 2025, après les débordements qui avaient suivi […]

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Texte intégral (1972 mots)
Pendant la manifestation du 17 octobre, plus de 2 500 commerçants ont constaté des dégradations, selon le décompte des chambres de commerce et d'industrie en France  - Crédits : Jules* / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0
Pendant la manifestation du 17 octobre, plus de 2 500 commerçants ont constaté des dégradations, selon le décompte des chambres de commerce et d'industrie en France - Crédits : Jules* / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

"Un projet de loi 'antidémocratique'", cite Reuters. "Érigé comme une 'urgence' face aux violences du 17 octobre, le projet de loi "casseurs-payeurs" a été adopté et nettement élargi mercredi [28 octobre] au Sénat" [La Libre].

"Le texte contenait à l’origine cinq articles et avait été élaboré à l’été 2025, après les débordements qui avaient suivi le sacre européen du PSG", rappelle Euronews. "Un texte qui se veut une réponse aux scènes de casse devenues récurrentes dans les manifestations françaises", explique Le Temps. "Après les pillages du 17 octobre, le Sénat l’a durci et y a ajouté une vingtaine de dispositions" [Euronews].

"Une solidarité financière" entre auteurs directs et indirects des dégradations

"Ce texte législatif prévoit qu'une personne participant à une manifestation pourrait être tenue de payer jusqu'à 10 000 euros pour les dommages et actes de vandalisme, même si elle n'en est pas directement responsable, si elle manifestait à proximité ou au sein du même groupe que les auteurs des dégradations", détaille The Guardian.

Cette loi crée le principe d'une "solidarité financière pour les auteurs directs et indirects des dégradations commises en groupe", complète Euronews. Selon le gouvernement, ce texte va dans le "'bon sens', face à 'l'urgence' de répondre par la loi aux dégradations des derniers jours, avec plus de 2 500 commerces touchés selon le décompte des chambres de commerce et d'industrie en France", note La Libre.

"Elle autorise en outre l'État à saisir les prestations sociales des personnes condamnées, ou celles de leurs parents si elles sont mineures, afin de contribuer au paiement des frais", précise Reuters. "Les allocations familiales, les aides personnelles au logement et le RSA pourront également [faire l'objet d'une saisie] sur le fondement de ce texte" [Le Quotidien]. "Après avoir envisagé d'atténuer cette mesure lors d'un vote à main levée, les sénateurs l'ont finalement durcie au cours d'une deuxième délibération, intégrant aussi [ces] prestations sociales", note le média italien Giornale Roma.

Une atteinte à la liberté de manifester

"Le projet de loi a suscité des critiques de la part d'organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International, et d'experts juridiques, qui avertissent qu'il pourrait porter atteinte au principe de responsabilité individuelle et au droit de manifester", souligne The Local. "Les critiques estiment que contraindre une personne à payer pour un dommage qu'elle n'a pas personnellement causé pourrait porter atteinte à la présomption d'innocence et menacer le droit de manifester", poursuit le site d'information anglophone. "Dans une lettre ouverte au Monde, des syndicats de gauche et la Ligue française des droits de l'homme ont écrit : 'Cette loi injuste, qui constitue une grave atteinte à la liberté de manifester, doit être abandonnée, sous peine de risquer un grave recul pour l'état de droit'", ajoute The Guardian.

Un argument rejeté par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. "Ce que change ce projet de loi, c’est que nous créons une responsabilité conjointe et non collective", a-t-il déclaré sur le plateau de TF1 [Reuters]. Ce dernier "s'est 'félicité' du vote des sénateurs, estimant qu'ils avaient 'considérablement enrichi' le texte gouvernemental", écrit La Libre. "Le Sénat l’a adopté dans la nuit à 229 voix contre 105, avec le soutien du Rassemblement national", détaille Le Quotidien. "Il est désormais transmis à l’Assemblée nationale, où son examen promet d’autres discussions électriques, en l’absence de majorité", poursuit le média.

Emmanuel Macron est désormais "accusé par les syndicats de tenter de restreindre le droit fondamental français de manifester", analyse The Guardian. "Les manifestations de rue, considérées comme un moyen fondamental pour les citoyens de se faire entendre auprès de l'État, ont régulièrement servi à exprimer leurs critiques face aux changements législatifs, qu'il s'agisse de la réforme des retraites ou de la légalisation du mariage homosexuel", rappelle le quotidien britannique. "Les restrictions adoptées au cours d'un mandat peuvent rester en vigueur après un changement de gouvernement", souligne le média espagnol ElPlural, à six mois de l'élection présidentielle française.

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