LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie Blogs Revues MÉDIAS
IRIS
 
INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

▸ Les 10 dernières parutions

04.05.2026 à 18:38

Retrait de l’OPEP : le pari risqué des Émirats arabes unis

admn_iris

Le retrait effectif des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), ce vendredi 1er mai 2026, n’est pas une surprise en soi. C’est le timing choisi qui l’est. En effet, la question des quotas d’exportation de pétrole est depuis quelques années le principal point de friction entre l’Arabie saoudite et Abou Dhabi, Riyad souhaitant restreindre l’offre des pays de l’OPEP pour garantir, avec l’appui de la Russie au sein de l’OPEP+, un prix de rentabilité qui répond à ses besoins de financement pour son plan ambitieux de développement « Vision 2030 ». Les Émirats qui exportaient avant le conflit en Iran près de 3MB/J avaient l’ambition d’augmenter leur production aux alentours de 5 MB/J. Cette ambition avait été annoncée par Sultan Al-Jaber, ministre de l’Énergie, président de la Compagnie nationale pétrolière d’Abou Dhabi (ADNOC) lors de la COP28 qu’il présidait. Ce retrait aura sans doute une incidence sur le fonctionnement de l’OPEP déjà affaibli par plusieurs départs, dont celui du Qatar en 2018. L’organisation qui contrôlait 50 % du pétrole mis sur le marché ne représente plus que 30 % de la production mondiale. Une temporalité qui souligne des approches divergentes sur le conflit avec l’Iran Ce qui surprend le plus dans cette décision de se retirer de l’OPEP est sa temporalité. Ce retrait vient en plein milieu d’un conflit dont l’issue n’est pas prévisible. Les Émirats, qui jusqu’ici essayaient de ménager leur voisin iranien et servaient de coffre-fort aux dépôts des oligarques iraniens (gardiens de la révolution et autres mollahs), ont changé de stratégie.  Les Émirats ont été probablement le pays le plus ciblé par les tirs de missiles et de drones iraniens. Ils ne sont pas intervenus militairement en appui de leurs alliés américain et israélien et ont bénéficié de l’aide française en vertu des accords de défense […]

L’article Retrait de l’OPEP : le pari risqué des Émirats arabes unis est apparu en premier sur IRIS.

Texte intégral (1294 mots)

Le retrait effectif des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), ce vendredi 1er mai 2026, n’est pas une surprise en soi. C’est le timing choisi qui l’est. En effet, la question des quotas d’exportation de pétrole est depuis quelques années le principal point de friction entre l’Arabie saoudite et Abou Dhabi, Riyad souhaitant restreindre l’offre des pays de l’OPEP pour garantir, avec l’appui de la Russie au sein de l’OPEP+, un prix de rentabilité qui répond à ses besoins de financement pour son plan ambitieux de développement « Vision 2030 ». Les Émirats qui exportaient avant le conflit en Iran près de 3MB/J avaient l’ambition d’augmenter leur production aux alentours de 5 MB/J. Cette ambition avait été annoncée par Sultan Al-Jaber, ministre de l’Énergie, président de la Compagnie nationale pétrolière d’Abou Dhabi (ADNOC) lors de la COP28 qu’il présidait.

Ce retrait aura sans doute une incidence sur le fonctionnement de l’OPEP déjà affaibli par plusieurs départs, dont celui du Qatar en 2018. L’organisation qui contrôlait 50 % du pétrole mis sur le marché ne représente plus que 30 % de la production mondiale.

Ce qui surprend le plus dans cette décision de se retirer de l’OPEP est sa temporalité. Ce retrait vient en plein milieu d’un conflit dont l’issue n’est pas prévisible. Les Émirats, qui jusqu’ici essayaient de ménager leur voisin iranien et servaient de coffre-fort aux dépôts des oligarques iraniens (gardiens de la révolution et autres mollahs), ont changé de stratégie. 

Les Émirats ont été probablement le pays le plus ciblé par les tirs de missiles et de drones iraniens. Ils ne sont pas intervenus militairement en appui de leurs alliés américain et israélien et ont bénéficié de l’aide française en vertu des accords de défense qui lient les deux pays. Les récentes déclarations du 1er mai sur le réseau social X de Anwar Gargash, l’influent conseiller politique de Mohamed Ben Zayed, ne laissent place à aucune ambiguïté : « Bien entendu on ne peut faire confiance à aucune disposition unilatérale iranienne ni s’appuyer sur elle après l’agression perfide contre l’ensemble de ses voisins ». La confiance est désormais totalement rompue avec l’Iran. Et en coulisse, les Émirats incitent les États-Unis à reprendre les hostilités.

Abou Dhabi se singularise des autres États du Golfe par sa proximité avec Israël. L’entente avec Tel-Aviv va bien au-delà d’une reconnaissance ou de l’établissement de relations diplomatiques. Les deux pays sont engagés dans de nombreuses coopérations notamment dans le domaine de la défense. Israël aurait récemment fourni à son partenaire du Golfe un système sophistiqué de défense contre les missiles.

La coopération entre Israël et les Émirats s’étend à l’Afrique. Les Émiriens leur ont ouvert les portes du Somaliland un point très stratégique dans la Corne de l’Afrique et qui se situe à une courte distance du Yémen des Houthis.

Cette stratégie en solo exaspère le grand voisin saoudien qui a adopté une toute autre approche. Riyad maintient son alliance avec Washington et se garde bien de répliquer aux propos insultants de Donald Trump. En même temps, le royaume wahhabite privilégie désormais d’autres alliances en essayant de construire un axe avec le Pakistan, la Turquie et l’Égypte trois puissances régionales. Les Saoudiens veulent neutraliser la menace iranienne sans vouloir l’anéantissement de l’Iran. En cela, ils semblent beaucoup plus proches des Omanais (qui ont été marginalisés par les États-Unis). Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères iranien, s’est ainsi rendu à Mascate le 25 avril avant de se rendre à Moscou. Il a été reçu par le Sultan et a eu des discussions approfondies avec son homologue Sayed Badr Al-Busaïdi. Pourtant Oman a toujours été prudent dans ses relations avec l’Iran. Est-ce par sympathie pour le régime ou un choix de conserver des relations de bon voisinage avec un puissant voisin qui a des capacités de nuisance importantes ?

L’absence de réaction des pays du Golfe dans leur ensemble est surprenante. Leurs installations vitales ont été durement frappées par les attaques balistiques iraniennes sans que cela entraîne de répliques de leur part. Ces pays auraient pu participer même symboliquement à des ripostes, vu le formidable arsenal accumulé, avec l’appui des forces américaines. Ils ont privilégié une attitude attentiste, voire pusillanime. Les Omanais qui partagent le contrôle du détroit d’Ormuz avec les Iraniens et dont une grande partie du trafic s’effectuait sur le rail dans leurs eaux territoriales ont accepté cette fermeture sans sourciller.

Cette absence de réaction peut se comprendre par les doutes sur la capacité des Américains et des Israéliens à détruire les capacités de nuisance de l’Iran, leur voisin immédiat, et avec lequel il faudra continuer de compter.

Cela explique aussi la volonté émirienne qui se distingue des autres monarchies du Golfe par cette envie d’en finir une fois pour toutes avec cette menace.

Ce conflit aura de multiples conséquences. Il officialisera une rupture de fait entre les deux monarchies rivales (Arabie saoudite et Émirats), mais pourrait remettre en question le fonctionnement du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui n’a jamais réussi à concilier les intérêts, souvent divergents, des uns et des autres.

L’autre conséquence sera la diminution de l’importance du détroit d’Ormuz comme débouché pour les exportations de pétrole et autres. D’ores et déjà, des plans pour faire renaître de vieilles routes sont à l’étude (le chemin de fer du Hedjaz pourrait être étendu à tous les pays du Golfe et aboutir en Méditerranée par exemple), l’Arabie saoudite dispose déjà du port de Yanbu qui lui permet d’exporter une grande partie de sa production de pétrole par la mer Rouge. Les Émiriens renforceront les capacités de leur débouché maritime à Fujairah dans la mer d’Arabie en dehors du détroit. Les Omanais ont eu une intuition qui s’avérera gagnante en développant l’immense complexe maritime de Duqm sur l’océan Indien. 

Le conflit avec l’Iran aura eu le mérite de clarifier les positions des uns et des autres.

L’article Retrait de l’OPEP : le pari risqué des Émirats arabes unis est apparu en premier sur IRIS.

30.04.2026 à 17:21

10ᵉ Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité

stagiaire-comm@iris-france.org

La 10ᵉ édition du Forum de Dakar, première organisée à 100 % par le Sénégal sans co-organisation française, s’est tenue les 20 et 21 avril 2026 sur le thème « L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté ». Plus de 700 participants, 60 pays, un panel de haut niveau, deux plénières et six ateliers. Le Forum a accouché d’une initiative phare — la Doctrine de Dakar sur la prévention des conflits — et d’un constat nouveau : la paix africaine ne sera ni importée, ni déléguée, ni improvisée. Mais l’épisode marquant restera la passe d’armes entre le ministre malien Abdoulaye Diop et le professeur Maurice Dione (Université Gaston Berger), qui a cristallisé la fracture entre la diplomatie des juntes sahéliennes et la pensée académique africaine, qui reste au fond, attachée aux normes démocratiques.

L’article 10ᵉ Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité est apparu en premier sur IRIS.

Lire plus (254 mots)

La 10ᵉ édition du Forum de Dakar, première organisée à 100 % par le Sénégal sans co-organisation française, s’est tenue les 20 et 21 avril 2026 sur le thème « L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté ». Plus de 700 participants, 60 pays, un panel de haut niveau, deux plénières et six ateliers. Le Forum a accouché d’une initiative phare — la Doctrine de Dakar sur la prévention des conflits — et d’un constat nouveau : la paix africaine ne sera ni importée, ni déléguée, ni improvisée. Mais l’épisode marquant restera la passe d’armes entre le ministre malien Abdoulaye Diop et le professeur Maurice Dione (Université Gaston Berger), qui a cristallisé la fracture entre la diplomatie des juntes sahéliennes et la pensée académique africaine, qui reste au fond, attachée aux normes démocratiques.

L’article 10ᵉ Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité est apparu en premier sur IRIS.

30.04.2026 à 17:07

Trump/Iran : Nier la réalité ne la change pas

Déborah Yapi

Alors que Donald Trump s’efforce d’afficher un contrôle total face à l’Iran, la réalité semble lui échapper un peu plus chaque jour. Les scénarios évoqués (guerre rapide, changement de régime, fin du programme nucléaire) se sont progressivement évaporés. Ce qui devait être une démonstration de leadership s’apparente aujourd’hui à une impasse stratégique. En tentant d’imposer un rapport de force, Donald Trump a surtout mis en lumière une absence de vision stratégique et une posture de suiveur vis-à-vis de Benyamin Netanyahou.   L’idée d’une toute-puissance américaine en ressort profondément fragilisée. Une fois encore, l’interventionnisme militaire montre ses limites : loin d’apporter des solutions, il produit des blocages durables et des effets contraires aux objectifs initiaux. Pendant ce temps, la République islamique d’Iran gagne du temps. Parallèlement, la pression exercée sur les marchés énergétiques par le blocage du détroit d’Ormuz, avec un baril en forte hausse, est favorable aux compagnies pétrolières américaines. Néanmoins, la  crise énergétique qu’elle engendre ne risque-t-elle pas de retourner l’opinion publique mondiale contre les États-Unis, étant eux même à l’origine de cette guerre ? Ce contexte pourrait-il s’avérer favorable à la Chine qui est en capacité de produire de l’énergie décarbonée à un coût actuellement moindre ? Face à cette conjoncture, les lignes commencent à bouger au sein même des États-Unis : les démocrates se réveillent, le doute s’installe chez certains soutiens de Trump. Cette fragilisation interne peut-elle remettre en cause la poursuite du conflit ? Jusqu’à quand cette stratégie peut-elle tenir politiquement ?   Mon analyse dans cette vidéo.

L’article Trump/Iran : Nier la réalité ne la change pas est apparu en premier sur IRIS.

Lire plus (372 mots)

Alors que Donald Trump s’efforce d’afficher un contrôle total face à l’Iran, la réalité semble lui échapper un peu plus chaque jour. Les scénarios évoqués (guerre rapide, changement de régime, fin du programme nucléaire) se sont progressivement évaporés.

Ce qui devait être une démonstration de leadership s’apparente aujourd’hui à une impasse stratégique. En tentant d’imposer un rapport de force, Donald Trump a surtout mis en lumière une absence de vision stratégique et une posture de suiveur vis-à-vis de Benyamin Netanyahou.  

L’idée d’une toute-puissance américaine en ressort profondément fragilisée. Une fois encore, l’interventionnisme militaire montre ses limites : loin d’apporter des solutions, il produit des blocages durables et des effets contraires aux objectifs initiaux. Pendant ce temps, la République islamique d’Iran gagne du temps.

Parallèlement, la pression exercée sur les marchés énergétiques par le blocage du détroit d’Ormuz, avec un baril en forte hausse, est favorable aux compagnies pétrolières américaines. Néanmoins, la  crise énergétique qu’elle engendre ne risque-t-elle pas de retourner l’opinion publique mondiale contre les États-Unis, étant eux même à l’origine de cette guerre ? Ce contexte pourrait-il s’avérer favorable à la Chine qui est en capacité de produire de l’énergie décarbonée à un coût actuellement moindre ?

Face à cette conjoncture, les lignes commencent à bouger au sein même des États-Unis : les démocrates se réveillent, le doute s’installe chez certains soutiens de Trump. Cette fragilisation interne peut-elle remettre en cause la poursuite du conflit ? Jusqu’à quand cette stratégie peut-elle tenir politiquement ?  

Mon analyse dans cette vidéo.

L’article Trump/Iran : Nier la réalité ne la change pas est apparu en premier sur IRIS.

3 / 10
  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌓