L’acier revient dans l’actualité avec ArcelorMittal, et il s’impose dans l’actualité du pays. Le site de Dunkerque semble condamné par son propriétaire, Mittal. C’est déjà un symbole d’un terrible échec. De 1948 à 2001 : Usinor était le premier groupe français de l’acier et le troisième du monde. En 2002, pour faire face à la […]
Texte intégral (1454 mots)
L’acier revient dans l’actualité avec ArcelorMittal, et il s’impose dans l’actualité du pays. Le site de Dunkerque semble condamné par son propriétaire, Mittal. C’est déjà un symbole d’un terrible échec. De 1948 à 2001 : Usinor était le premier groupe français de l’acier et le troisième du monde. En 2002, pour faire face à la concurrence, c’est la création d’Arcelor, fusion d’Usinor avec une entreprise espagnole et une luxembourgeoise. Et chacun de chanter de joie. On assistait, disait-on, à la naissance « d’un Airbus de l’acier. » Rien de tel. Quatre ans après, Arcelor est vendu à l’indien Mittal. Commence alors le saccage de l’aciérie française. 2009 : fermeture du haut fourneau de Gandrange. 2012 : fermeture des hauts fourneaux d’Hayange. 2013 : fermeture des hauts fourneaux de Florange. Et nous voici rendu à la menace de fermeture des hauts fourneaux de Dunkerque. Pourtant, l’entreprise a été gavée par l’argent des Français. 300 millions d’euros d’aides publiques rien que pour l’année 2023 ! Mais, en face, Mittal s’est comporté comme un patron voyou. Grâce à ses stratégies d’évasion fiscale, ArcelorMittal a payé zéro euro d’impôts en France sur les 5 dernières années ! Dans l’Europe entière soumise à ce type de pillage honteux, la réplique n’a pas tardé. En 2024 : l’Italie a nationalisé son plus grand haut fourneau. En 2025 : le Royaume-Uni a nationalisé son dernier haut fourneau. Et la France ? Le moment paraît opportun pour agir avec le rapport européen modifiant le commerce de l’acier comme un marché domestique (voir mon précédent post). Le 19 novembre prochain, la proposition de loi de nationalisation d’Aurélie Trouvé, députée insoumise de Seine-Saint-Denis, sera présentée en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’un texte qui sera présenté ensuite en plénière à tous les députés dans le cadre de la « niche parlementaire » du groupe Insoumis, le 27 novembre prochain. Elle sera mise en relief par le déplacement d’Emmanuel Macron à Dunkerque sur le site de Mittal. Un bon alignement des planètes se présente. Le nombre des groupes parlementaires favorables à la sauvegarde de l’acier produit en France semble prometteur. Un vote favorable semble possible. Ce serait un événement considérable pour le pays et pour l’Europe.
Le niveau de la contribution française au budget européen a souvent motivé mes protestations ces dernières années. Cette année, cela bat un record. Il s’agit de payer 29 milliards. C’est autant que le budget 2026 pour la recherche et c’est davantage que le budget 2026 pour l’écologie (24 milliards). Comme on le sait, l’argent donné revient au titre des diverses politiques décidées par l’Union. Mais concernant la France, nous donnons davantage que nous recevons. De la sorte, nous faisons un don de 12 milliards aux autres pays… C’est autant que les coupes prévues dans le budget de la Sécurité sociale pour l’année prochaine ! Pourquoi accepter ça ? D’autant que l’augmentation entre 2025 et 2026 est de 5 milliards supplémentaires. C’est autant que le montant de l’année blanche sur les allocations (5,7 milliards) ou autant que le montant retiré aux collectivités locales (5 milliards) ! Cette gabegie est insupportable. Comment accepter de se faire mettre en cause et même à être sanctionnés par l’Union européenne et être en même temps le premier contributeur net de son budget. C’est au-dessus de nos moyens.
Comment a-t-on pu ? Sans les amendements des insoumis, le budget de la Sécurité sociale aurait été discuté sans qu’une seule politique de prévention dans la santé publique ne soit alléguée pour produire des économies ! Pourtant, le budget ne parlait que de cela : économiser, dépenser moins. Mais seulement par des coupes budgétaires ! Pourtant, les sommes en jeu sont considérables. Les accidents du travail coûtent 14,5 milliards d’euros par an. La France est le pire pays d’Europe pour les accidents du travail. Et souvenons-nous comment Macron a supprimé les Comités Hygiène Sécurité Condition de Travail (CHSCT) en début de mandat en 2022 ! La malbouffe coûte 19 milliards d’euros par an. Le nombre de diabétiques a doublé en 20 ans. Macron a refusé de bloquer les prix alimentaires. La malbouffe à pas cher a donc continué à étendre son emprise sur les estomacs des gens sans moyens. Les cancers coûtent 22 milliards d’euros par an. Leur nombre a doublé en 30 ans. Tout le monde s’accorde pour attribuer cette percée aux « facteurs environnementaux ». Macron a prolongé le droit à l’usage des glyphosates et autres pesticides. Et ses députés ont refusé l’interdiction de l’usage du nitrite dans la charcuterie alors que ce produit est interdit dans les croquettes pour chiens et chats. Il s’agit au total de 55 milliards de coûts. Pas un euro d’économie n’est envisagé en prenant les décisions permettant la diminution des risques. Telle est la comptabilité publique en macronie. Le prix du malheur est payé sans discuter et celui des petits bonheurs toujours disputés.
Deux social-démocraties inconciliables se sont réunies chacune de leur côté à Trappes avec Olivier Faure et à Pontoise avec François Hollande et Bernard Cazeneuve. On a donc pu voir un moment fort dans la réorganisation des courants issus de la décomposition du PS. Bien sûr, cette réorganisation ne se limite pas aux seuls segments de PS présents dans chaque regroupement. Car chacun satellise divers groupes politiques dont certains sont en compétition directe avec les ambitions des leadeurs socialistes. Voici d’abord un petit recensement des nébuleuses composant les deux social-démocraties inconciliables.
Le socialiste Olivier Faure et ses alliés issus de l’ex-NFP se sont décidés à investir en commun une candidature présidentielle en octobre 2026. Il y a six composantes identifiées dans ce regroupement baptisé « gauche unitaire » : le courant au PS d’Olivier Faure et sa nébuleuse Boris Vallaud, le courant à EELV de Marine Tondelier, Génération.s (Benoît Hamon), L’Après (avec Clémentine Autain et Raquel Garrido, également nommées « ex-LFI »), « Picardie debout » (François Ruffin) et GDS (Gérard Filoche).
L’ex-socialiste Bernard Cazeneuve et François Hollande ont également décidé de se regrouper en vue de la présidentielle et de désigner « le moment venu » le candidat commun de la « gauche réformiste » selon la déclaration de François Hollande. Il y a plusieurs composantes ici aussi. Quatre viennent du PS : « La Convention », club de Bernard Cazeneuve, les amis de François Hollande, « la République en commun » (Carole Delga) la « Fédération Progressiste », (François Rebsamen), et quatre composantes externes : le parti Radical de gauche (Guillaume Lacroix), le parti « Place Publique » (Raphaël Glucksmann), le « collectif des sociaux démocrates réformateurs », « le mouvement des citoyens ».
Ce qu’ils ont en commun ? Première caractéristique. Tous rejettent le programme signé dans le cadre du NFP. Mais un an et quatre mois avant l’élection présidentielle, ils reconnaissent tous la nécessité de formuler un nouveau programme pour s’opposer à LFI. Mais chacun le préparera de son côté. Deuxième caractéristique : chacun est menacé par une dissidence « de proximité ». Quoique décide le PS Faure, Glucksmann tête de liste commun aux deux dernières élections européennes a déjà déclaré sa candidature. Et s’il y renonçait, il y aurait cependant une candidature du bloc Cazeneuve. À moins qu’il y ait les deux en même temps et pourquoi pas davantage avec Hollande ? Côté Faure, ce n’est pas tout. Dans l’hypothèse où la candidature choisie ne serait pas l’EELV Tondelier, le sénateur Yannick Jadot a annoncé sa candidature pour « assumer l’identité écologique ». De même, dans l’hypothèse où une candidature socialiste ne serait pas choisie par la primaire, nombre de socialistes ne cachent pas qu’ils rejoindraient immédiatement Glucksmann. On a entendu Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, le reconnaître devant les deux éditorialistes de Libération et France inter. De la sorte, on peut parler de système autobloquant puisque quel que soit le résultat, il produira lui-même sa négation, c’est-à-dire une candidature alternative de plus.