
27.03.2026 à 12:22
admn_iris
Depuis plusieurs années, Cuba fait face à une situation économique et sociale particulièrement tendue, largement accentuée par l’embargo des États-Unis, qui limite fortement les échanges commerciaux et l’accès aux ressources. La pandémie de Covid-19 a également durement frappé le pays, notamment avec la chute du tourisme, un secteur clé pour l’économie cubaine. Dans ce contexte déjà fragile, les récentes déclarations de Donald Trump ont ravivé les tensions, évoquant un possible durcissement des mesures à l’encontre du gouvernement cubain. Par ailleurs, l’intervention miliaire américaine au Venezuela a eu un impact direct sur Cuba, plongeant l’île dans une grave crise énergétique. La population cubaine est aujourd’hui fortement touchée, et le pays se rapproche d’une situation humanitaire dramatique. Alors que les États-Unis sont déjà engagés dans la guerre en Iran, des interrogations demeurent : quelles sont leurs véritables intentions vis-à-vis de Cuba ? Cherchent-ils à affaiblir durablement le régime ou à provoquer un changement politique ? Quelle est la gravité de la situation économique à Cuba aujourd’hui ? Pourquoi la dépendance au Venezuela a-t-elle un impact aussi important sur l’île ? Et surtout, quelles répercussions ces tensions auront-elles sur la vie quotidienne des Cubains ? Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.
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Depuis plusieurs années, Cuba fait face à une situation économique et sociale particulièrement tendue, largement accentuée par l’embargo des États-Unis, qui limite fortement les échanges commerciaux et l’accès aux ressources. La pandémie de Covid-19 a également durement frappé le pays, notamment avec la chute du tourisme, un secteur clé pour l’économie cubaine. Dans ce contexte déjà fragile, les récentes déclarations de Donald Trump ont ravivé les tensions, évoquant un possible durcissement des mesures à l’encontre du gouvernement cubain. Par ailleurs, l’intervention miliaire américaine au Venezuela a eu un impact direct sur Cuba, plongeant l’île dans une grave crise énergétique. La population cubaine est aujourd’hui fortement touchée, et le pays se rapproche d’une situation humanitaire dramatique. Alors que les États-Unis sont déjà engagés dans la guerre en Iran, des interrogations demeurent : quelles sont leurs véritables intentions vis-à-vis de Cuba ? Cherchent-ils à affaiblir durablement le régime ou à provoquer un changement politique ? Quelle est la gravité de la situation économique à Cuba aujourd’hui ? Pourquoi la dépendance au Venezuela a-t-elle un impact aussi important sur l’île ? Et surtout, quelles répercussions ces tensions auront-elles sur la vie quotidienne des Cubains ?
Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.
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26.03.2026 à 16:13
Déborah Yapi
Puissance agricole incontournable, acteur diplomatique en devenir, le Brésil s’impose aujourd’hui comme un pivot stratégique dans un monde en pleine recomposition. Entre une gouvernance marquée par le clientélisme et l’influence structurante de la bancada ruralista, une diplomatie du non-alignement portée par Lula da Silva, et un mix énergétique décarboné à 50 % unique parmi les grands émetteurs, le pays dispose d’atouts considérables — mais aussi de failles profondes. À l’horizon 2035 et 2050, la vraie bataille ne se joue pas dans ses champs ou ses forêts : elle se joue dans les normes mondiales, les enceintes climatiques et la capacité du Brésil à faire reconnaître ses modèles tropicaux d’agriculture et d’énergie comme des références globales. À l’occasion de la sortie du Déméter 2026, Caroline Rayol, senior intelligence strategic analyst au sein du Groupe d’intelligence économique ADIT, répond à nos différentes questions :
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Puissance agricole incontournable, acteur diplomatique en devenir, le Brésil s’impose aujourd’hui comme un pivot stratégique dans un monde en pleine recomposition. Entre une gouvernance marquée par le clientélisme et l’influence structurante de la bancada ruralista, une diplomatie du non-alignement portée par Lula da Silva, et un mix énergétique décarboné à 50 % unique parmi les grands émetteurs, le pays dispose d’atouts considérables — mais aussi de failles profondes. À l’horizon 2035 et 2050, la vraie bataille ne se joue pas dans ses champs ou ses forêts : elle se joue dans les normes mondiales, les enceintes climatiques et la capacité du Brésil à faire reconnaître ses modèles tropicaux d’agriculture et d’énergie comme des références globales.
À l’occasion de la sortie du Déméter 2026, Caroline Rayol, senior intelligence strategic analyst au sein du Groupe d’intelligence économique ADIT, répond à nos différentes questions :
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26.03.2026 à 14:17
Déborah Yapi
Nous sommes au 27e jour de la guerre lancée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Le moins que l’on puisse dire est que le scénario imaginé par Donald Trump – une victoire éclair, rapide et décisive – ne s’est pas matérialisé. Pire, l’Iran semble tenir les rênes des négociations, dictant le calendrier et choisissant ses interlocuteurs. Un renversement de situation que Donald Trump n’avait sans doute pas anticipé. Face à cet enlisement, plusieurs questions s’imposent : Donald Trump sera-t-il tenté de franchir un nouveau palier et d’opter pour une intervention militaire directe ? Les milliers de soldats américains déployés dans la région pourraient-ils être engagés dans une opération terrestre, notamment autour de l’île de Kharg, verrou stratégique du pétrole iranien dans le Golfe ? Si le conflit venait à s’étendre, quelles seraient les conséquences pour l’ensemble de la région ? Mon analyse dans cette vidéo.
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Nous sommes au 27e jour de la guerre lancée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Le moins que l’on puisse dire est que le scénario imaginé par Donald Trump – une victoire éclair, rapide et décisive – ne s’est pas matérialisé.
Pire, l’Iran semble tenir les rênes des négociations, dictant le calendrier et choisissant ses interlocuteurs. Un renversement de situation que Donald Trump n’avait sans doute pas anticipé.
Face à cet enlisement, plusieurs questions s’imposent : Donald Trump sera-t-il tenté de franchir un nouveau palier et d’opter pour une intervention militaire directe ? Les milliers de soldats américains déployés dans la région pourraient-ils être engagés dans une opération terrestre, notamment autour de l’île de Kharg, verrou stratégique du pétrole iranien dans le Golfe ? Si le conflit venait à s’étendre, quelles seraient les conséquences pour l’ensemble de la région ? Mon analyse dans cette vidéo.
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25.03.2026 à 18:02
Déborah Yapi
Les frappes israélo-américaines en Iran ont profondément divisé la scène internationale et mis en évidence des divergences de position au sein de l’Union européenne. Alors même que ces attaques soulèvent de sérieuses questions au regard du droit international, de nombreux dirigeants européens ont peiné à les condamner fermement. Dans ce contexte, une voix s’élève : celle de l’Espagne. Madrid a clairement qualifié la guerre en Iran d’illégale et refusé d’y prendre part. Cette position met en lumière une interrogation centrale : l’Union européenne applique-t-elle le droit international de manière sélective ? Alors qu’elle avait unanimement dénoncé l’invasion russe en Ukraine comme une violation du droit international, des prises de position face aux frappes en Iran apparaissent prudentes et nuancées. Cette posture ainsi que l’alignement historique européen sur les États-Unis et Israël pourrait avoir des conséquences durables sur la crédibilité internationale de l’Union européenne, y compris sur le plan moral, en raison d’une condamnation perçue comme incohérente ou insuffisante. Comment expliquer la passivité européenne face aux États-Unis et à Israël ? L’Espagne peut-elle réellement incarner une alternative et « sauver l’honneur » de l’Union européenne ? Les divergences européennes fragilisent-elles la crédibilité de l’Europe sur la scène internationale ? Et dans quelle mesure les opinions publiques européennes contestent-elles la stratégie de leurs dirigeants face au conflit au Proche-Orient ? Autant de questions abordées dans ce podcast avec Josep Borrell, président du CIDOB (Barcelona Center for International Affairs), ancien haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et ancien vice-président de la Commission européenne.
L’article Guerre en Iran : l’Espagne sauve t-elle l’honneur de l’UE ? Avec Josep Borrell est apparu en premier sur IRIS.
Les frappes israélo-américaines en Iran ont profondément divisé la scène internationale et mis en évidence des divergences de position au sein de l’Union européenne. Alors même que ces attaques soulèvent de sérieuses questions au regard du droit international, de nombreux dirigeants européens ont peiné à les condamner fermement. Dans ce contexte, une voix s’élève : celle de l’Espagne. Madrid a clairement qualifié la guerre en Iran d’illégale et refusé d’y prendre part. Cette position met en lumière une interrogation centrale : l’Union européenne applique-t-elle le droit international de manière sélective ? Alors qu’elle avait unanimement dénoncé l’invasion russe en Ukraine comme une violation du droit international, des prises de position face aux frappes en Iran apparaissent prudentes et nuancées. Cette posture ainsi que l’alignement historique européen sur les États-Unis et Israël pourrait avoir des conséquences durables sur la crédibilité internationale de l’Union européenne, y compris sur le plan moral, en raison d’une condamnation perçue comme incohérente ou insuffisante.
Comment expliquer la passivité européenne face aux États-Unis et à Israël ? L’Espagne peut-elle réellement incarner une alternative et « sauver l’honneur » de l’Union européenne ? Les divergences européennes fragilisent-elles la crédibilité de l’Europe sur la scène internationale ? Et dans quelle mesure les opinions publiques européennes contestent-elles la stratégie de leurs dirigeants face au conflit au Proche-Orient ?
Autant de questions abordées dans ce podcast avec Josep Borrell, président du CIDOB (Barcelona Center for International Affairs), ancien haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et ancien vice-président de la Commission européenne.
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25.03.2026 à 15:18
Coline Laroche
In North Korea, Party Congresses have only become politically significant subjects of analysis since the era of Kim Jong Un. Since the establishment of the North Korean regime, only nine Party Congresses have been held, with Congresses being held infrequently during Kim Jong Il’s era. However, since Kim Jong Un came to power, starting with the 7th Party Congress, they have become regularised political events held approximately every five years. Nevertheless, it is difficult to view the Party Congress itself as a core institution of North Korean politics. This is because North Korea’s Party Congresses are closer to political events utilised according to the leader’s needs than they are to political processes, like party conventions in democratic nations, where policies are discussed and accountability is demanded. In reality, policies or goals presented at the Party Congress are not necessarily implemented afterwards, and there is rare political mechanism for holding anyone accountable for failure. Therefore, when analysing North Korea’s Party Congresses, the crucial question is not what was announced at the congress, but rather what the leader sought to gain through it. In this context, the 9th Party Congress held in February 2026 should also be examined not primarily for its policy content, but rather for the political message the Kim Jong Un regime sought to convey through this political event.
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In North Korea, Party Congresses have only become politically significant subjects of analysis since the era of Kim Jong Un. Since the establishment of the North Korean regime, only nine Party Congresses have been held, with Congresses being held infrequently during Kim Jong Il’s era. However, since Kim Jong Un came to power, starting with the 7th Party Congress, they have become regularised political events held approximately every five years. Nevertheless, it is difficult to view the Party Congress itself as a core institution of North Korean politics. This is because North Korea’s Party Congresses are closer to political events utilised according to the leader’s needs than they are to political processes, like party conventions in democratic nations, where policies are discussed and accountability is demanded. In reality, policies or goals presented at the Party Congress are not necessarily implemented afterwards, and there is rare political mechanism for holding anyone accountable for failure. Therefore, when analysing North Korea’s Party Congresses, the crucial question is not what was announced at the congress, but rather what the leader sought to gain through it. In this context, the 9th Party Congress held in February 2026 should also be examined not primarily for its policy content, but rather for the political message the Kim Jong Un regime sought to convey through this political event.
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25.03.2026 à 14:26
stagiaire-comm@iris-france.org
La Chine et l’Inde s’imposent aujourd’hui comme deux acteurs incontournables de la scène internationale. De part et d’autre de l’Himalaya, leur montée en puissance simultanée et leurs trajectoires distinctes ont redéfini les équilibres mondiaux et l’analyse de leur relation demeure centrale pour appréhender les perspectives géopolitiques, économiques, sécuritaires et démographiques à venir. Les tensions entre ces deux puissances ne cessent de se renforcer à mesure que leurs ambitions s’affirment. Cette rivalité s’exprime aussi bien sur le plan territorial, notamment le long de leurs frontières, que dans leur volonté d’étendre leur influence en Asie et sur la scène internationale. Emmanuel Lincot, directeur de recherche et co-responsable du Programme Asie-Pacifique à l’IRIS, répond à nos questions à l’occasion de la parution de son ouvrage « Chine–Inde, la guerre des mondes » (éd. Cerf) :
L’article Chine-Inde : la confrontation de deux géants est apparu en premier sur IRIS.
La Chine et l’Inde s’imposent aujourd’hui comme deux acteurs incontournables de la scène internationale. De part et d’autre de l’Himalaya, leur montée en puissance simultanée et leurs trajectoires distinctes ont redéfini les équilibres mondiaux et l’analyse de leur relation demeure centrale pour appréhender les perspectives géopolitiques, économiques, sécuritaires et démographiques à venir. Les tensions entre ces deux puissances ne cessent de se renforcer à mesure que leurs ambitions s’affirment. Cette rivalité s’exprime aussi bien sur le plan territorial, notamment le long de leurs frontières, que dans leur volonté d’étendre leur influence en Asie et sur la scène internationale. Emmanuel Lincot, directeur de recherche et co-responsable du Programme Asie-Pacifique à l’IRIS, répond à nos questions à l’occasion de la parution de son ouvrage « Chine–Inde, la guerre des mondes » (éd. Cerf) :
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24.03.2026 à 19:55
Coline Laroche
Les frappes israélo-américaines et la guerre en Iran qui en a découlé viennent révéler les profondes fractures internes aux États-Unis. D’une part, elle met en exergue une opposition de l’opinion publique aux récentes décisions de l’administration Trump en matière de politique étrangère. D’autre part, elle met en évidence des divisions au sein même du parti républicain, en témoigne la récente démission de Joseph Kent, le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme. Quelle est la nature des divisions au sein de l’administration Trump ? Le président est-il encore soutenu par son électorat ainsi que par l’opinion publique ? Le point avec Marie-Cécile Naves, directrice de recherche à l’IRIS. Joseph Kent a annoncé sa démission de l’administration Trump le 17 mars pour protester contre l’implication états-unienne dans la guerre en Iran. En quoi cette décision témoigne-t-elle d’une division profonde au sein de l’administration Trump et du camp républicain ? La démission de Joseph Kent, qui a donné comme raison que c’est sous la pression israélienne et du lobby American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) que les États-Unis étaient entrés en guerre, s’inscrit dans la suite de la déclaration, au début du mois, du ministre des Affaires étrangères états-unien, Marco Rubio (qui a été obligé de rétropédaler après). Sur ce sujet, le bruit de fond despodcasters influents comme Megyn Kelly, Joe Rogan, Tucker Carlson, et même Steve Bannon grossit. Ils ont retenu la rupture de la promesse trumpienne sur l’engagement dans des conflits extérieurs, d’une part, et font monter la musique anti-Israël, d’autre part. Cela revêt une importance structurelle dans la mesure où cela alimente des divisions déjà présentes sur l’avenir du mouvement MAGA, avec notamment la montée d’un mouvement antisémite incarné par la frange Nick Fuentes. MAGA peut-il devenir encore plus extrémiste ? Oui et le sujet de la guerre ne manquera […]
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Les frappes israélo-américaines et la guerre en Iran qui en a découlé viennent révéler les profondes fractures internes aux États-Unis. D’une part, elle met en exergue une opposition de l’opinion publique aux récentes décisions de l’administration Trump en matière de politique étrangère. D’autre part, elle met en évidence des divisions au sein même du parti républicain, en témoigne la récente démission de Joseph Kent, le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme. Quelle est la nature des divisions au sein de l’administration Trump ? Le président est-il encore soutenu par son électorat ainsi que par l’opinion publique ? Le point avec Marie-Cécile Naves, directrice de recherche à l’IRIS.
Joseph Kent a annoncé sa démission de l’administration Trump le 17 mars pour protester contre l’implication états-unienne dans la guerre en Iran. En quoi cette décision témoigne-t-elle d’une division profonde au sein de l’administration Trump et du camp républicain ?
La démission de Joseph Kent, qui a donné comme raison que c’est sous la pression israélienne et du lobby American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) que les États-Unis étaient entrés en guerre, s’inscrit dans la suite de la déclaration, au début du mois, du ministre des Affaires étrangères états-unien, Marco Rubio (qui a été obligé de rétropédaler après).
Sur ce sujet, le bruit de fond despodcasters influents comme Megyn Kelly, Joe Rogan, Tucker Carlson, et même Steve Bannon grossit. Ils ont retenu la rupture de la promesse trumpienne sur l’engagement dans des conflits extérieurs, d’une part, et font monter la musique anti-Israël, d’autre part. Cela revêt une importance structurelle dans la mesure où cela alimente des divisions déjà présentes sur l’avenir du mouvement MAGA, avec notamment la montée d’un mouvement antisémite incarné par la frange Nick Fuentes. MAGA peut-il devenir encore plus extrémiste ? Oui et le sujet de la guerre ne manquera pas d’attiser les tensions. Le 25 mars 2026 s’ouvre, à Dallas, le traditionnel Conservative Political Action Conference, à savoir la grand-messe des ultraconservateurs qui nous donnera une idée des rapports de force. Quant au vice-président Vance, il se garde bien de prendre la parole. Il ne soutient pas la guerre parce qu’il sait qu’elle est électoralement impopulaire et que ce qu’il a en tête, c’est l’après-Trump.
Le président Trump maîtrise encore le contrôle sur le parti républicain : il soutient des candidates et candidats aux primaires en vue des Midterms, avec sa menace de la punition pour les moins fidèles, et il continue d’imposer aux élues et élus du Congrès (qui, par deux fois, ont refusé de sanctionner le déclenchement de la guerre), de le soutenir.
Dans quelle mesure les décisions de politique étrangère de Donald Trump — l’intervention au Venezuela, les frappes en Iran, blocus de Cuba —, sont-elles soutenues par son électorat et, plus largement, par l’opinion publique états-unienne ?
La guerre n’est pas populaire aux États-Unis et ne risque pas de le devenir.L’opinion publique états-unienne n’est pas derrière le président comme elle était derrière George W. Bush en 2001-2002. Mois d’un tiers des Américaines et Américains soutiennent Trump et ce soutien se concentre principalement au sein de l’électorat MAGA.
Il semblerait que Donald Trump ne parle plus à son électorat, sauf pour réaffirmer la toute-puissance militaire des États-Unis, faire le « show » ou faire des blagues. Comme si la guerre était un jeu, une distraction, un moment à passer, voire une « excursion ». Sur le pétrole, il a même affirmé que l’augmentation du cours est une bonne nouvelle : les États-Unis étant un gros producteur, ils (en l’occurrence ici les majors états-uniennes) vont s’enrichir. Le lendemain, il déclare que « les prix montent, mais faites-moi confiance, je vais gagner la guerre et tout redeviendra normal ».
Parle-t-il à ses électeurs, à ses amis entrepreneurs ou à Wall Street ? On dirait qu’il parle surtout aux marchés. Combien de temps cela tiendra-t-il ? Difficile à dire.
Dans un contexte marqué par des coupes budgétaires (« shutdown » partiel) et à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026, la stratégie de l’administration Trump en matière de politique intérieure est-elle susceptible de consolider son électorat, ou au contraire d’accentuer les divisions, y compris au sein du Parti républicain ?
La popularité du président Trump est en baisse constante, mais il est clair que l’électorat républicain le soutient encore : chez les MAGA, la fidélité relève d’une logique de culte du chef ; au-delà, il donne satisfaction sur plusieurs enjeux – expulsions des immigrés, obsession anti-trans, baisse des impôts des plus riches, retours en arrière sur l’écologie. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise.
Le problème ici, c’est le pouvoir d’achat et ce soutien se fissurera si les prix continuent d’augmenter. C’est ce qu’on appelle le mur du réel. Ce contexte est évidemment lié à la guerre en Iran : l’augmentation du prix du pétrole, donc de l’essence, résulte directement de la guerre. Or, l’essence était quasiment le seul produit dont le prix diminuait aux États-Unis ces derniers mois. Et ce n’est pas tout : l’augmentation du prix du pétrole, si elle se confirme, se répercutera par un accroissement des coûts de production dans beaucoup de secteurs économiques : l’agriculture, la grande distribution, l’industrie, etc.
N’oublions pas le coût direct de cette guerre, près de 15 milliards de dollars à ce stade, alors que des millions d’Américaines et d’Américains perdent leur assurance santé, n’ont plus de job pour beaucoup de fonctionnaires fédéraux, ne peuvent pas emprunter pour acheter un logement, etc. Par ailleurs, la Maison-Blanche demande une rallonge de 200 milliards au Congrès pour le budget militaire, en plein « shutdown » partiel.
Les Midterms, si elles se tiennent (car la Maison-Blanche envisage très sérieusement de les reporter, voire de les annuler tant les perspectives de défaite sont grandes à ce stade), ne se dérouleront pas dans des conditions normales : Donald Trump souhaite supprimer le vote par correspondance, imposer de nouvelles règles pour accéder aux bureaux de vote, voire empêcher certaines populations de voter, contester les résultats en cas de défaite, etc. L’envoi de ICE dans les aéroports est un test de contrôle de la population. C’est sa réponse à l’impopularité.
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