Les autorités syriennes ont annoncé, lundi, avoir déjoué une large opération de contrebande de drogues via la frontière entre le Liban et la Syrie, selon des informations de l'Agence officielle syrienne d'information Sana. La cargaison, en provenance du Liban, devait être acheminée en Syrie pour arriver ensuite en Jordanie puis dans les pays du Golfe, estime Sana. Les autorités syriennes ont ainsi saisi 226 ballons destinés à transporter de la drogue, 106 kilos de haschisch, 650 000 capsules de captagon, 238 grammes de crystal meth, 60 grammes de marijuana et des faux billets d'une valeur de 30 000 dollars américains. L'opération a été menée par le bureau de lutte contre les stupéfiants de la ville de Yabroud, dans le sud de la Syrie. Les contrebandiers se sont enfuis vers le Liban, après des affrontements limités avec les autorités syriennes, poursuit Sana.
Le captagon, amphétamine de synthèse illégale, était devenu la principale exportation de la Syrie pendant la guerre civile déclenchée en 2011, constituant une source majeure de financement illicite pour le pouvoir sous Bachar el-Assad, qui avait transformé le pays en narco-Etat. Depuis la chute d'Assad, les nouvelles autorités islamistes ont signalé de nombreuses saisies importantes de captagon à travers le pays, dont des cargaisons en provenance du Liban.
Selon un rapport de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publié fin décembre 2025, la fabrication de captagon en Syrie a été fortement perturbée par le changement de régime. Selon cette agence, la production se poursuit toutefois probablement « dans les pays voisins de la Syrie. » Le rapport souligne en outre que si les pays du Golfe restent la destination principale de ce marché illicite, les trafiquants continuent de diversifier leurs stratégies depuis décembre 2024, date de la chute de Bachar el-Assad. De nouvelles routes et points de « ré-emballage » des pilules, souvent transportées en étant dissimulées dans des chargements d'autres produits, ont ainsi été signalés en Europe de l'Ouest et centrale et en Afrique du Nord, tandis que le transport se fait de manière plus fréquente via des itinéraires terrestres et maritimes, avec le passage de plusieurs frontières avant d'arriver dans le Golfe pour brouiller les pistes. Le rapport fait également état de méthodes « originales » pour traverser les frontières terrestres, dont l'utilisation de drones ou de ballons gonflables.
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