Réflexions sur le hack, l'intelligence artificielle, la politique...
Flash back : en 1996, je décide d'écrire un techno-thriller (Hell's r00ts) permettant de comprendre quelle forme pourrait prendre une guerre de l'information (qui marche). Il est finalement publié en février 2000, avec une licence de type Creative Commons, avant que Creative Commons n'existe... Il était temps de faire une mise à jour de ce manuel de destruction du capitalisme. Car l'environnement technique a profondément changé mais les perspectives restent aussi sombres.
À la fin des années 90, j'ai eu la chance de côtoyer des groupes de hackers qui ont façonné la cybersécurité moderne. L0pht Heavy Industries, ADM, le Cult of the Dead Cow, w00w00, Rhino9 — des noms que peu de gens connaissent aujourd'hui, mais dont les membres ont littéralement construit et déconstruit l'Internet tel que nous le connaissons. Certains d'entre eux sont devenus milliardaires. D'autres ont disparu. Tous partageaient finalement une conviction : le monde numérique était construit sur du sable, et personne ne voulait l'entendre.
En 1998, des membres de L0pht ont témoigné devant le Congrès des États-Unis. Ils ont expliqué aux sénateurs qu'ils pouvaient mettre Internet à genoux en trente minutes. Les sénateurs ont hoché la tête, l'air très intéressés.
Personne n'a rien fait.
Trente ans plus tard, certaines des vulnérabilités qu'ils décrivaient ont disparu, certaines sont apparues, d'autres existent toujours. Le protocole BGP, colonne vertébrale du routage mondial, fonctionne toujours sur un modèle de confiance plus ou moins aveugle hérité de 1989. Les systèmes SCADA qui pilotent nos ports, nos centrales, nos réseaux d'eau, sont toujours exposés. Le trading haute fréquence repose sur des algorithmes que personne ne comprend entièrement et que personne ne contrôle vraiment. Le HFT est un processus qui a fini de décorréler les marchés financiers de l'économie réelle.
L'idée de ce nouveau roman est née...