16.04.2026 à 18:58
Pendant les mois précédant l'élection législative hongroise du 12 avril 2026, la presse française a régulièrement évoqué le duel entre le premier ministre Viktor Orban présenté comme quasi inamovible et son adversaire Peter Magyar.
Régulièrement n'est pas longuement. Bizarrement, cette presse n'a pas donné de chiffres d'intentions de vote. Une prudence liée sans doute aux craintes de se tromper du fait de la longévité politique de Viktor Orban et de l'incertitude des sondages dans un contexte autoritaire. On (...)
Pendant les mois précédant l'élection législative hongroise du 12 avril 2026, la presse française a régulièrement évoqué le duel entre le premier ministre Viktor Orban présenté comme quasi inamovible et son adversaire Peter Magyar.
Régulièrement n'est pas longuement. Bizarrement, cette presse n'a pas donné de chiffres d'intentions de vote. Une prudence liée sans doute aux craintes de se tromper du fait de la longévité politique de Viktor Orban et de l'incertitude des sondages dans un contexte autoritaire. On a donc entendu au fil des moins et des semaines citer une « large avance » de Viktor Orban sans chiffres. Mais qu'est-ce qu'une « large avance » ? Les plus curieux ont appris que cela tournait autour de 10%. Un chiffre rond en forme de diminution des risques.
A l'arrivée le candidat Peter Magyar l'a emporté de 15 % (53,07 % à 38,43 %). C'est beaucoup mais surtout l'écart s'est élargi dans le sens où presque personne ne l'attendait. En l'occurrence, on ne se plaindra pas des erreurs des pronostiqueurs, Gardons nous de croire que les choses sont semblables dans tous les régimes dits « illibéraux ».
NB. Une page wikipedia a publié le tableau des résultats de sondages
14.04.2026 à 15:13
Stéphane Beaud
Un sondage « sur le racisme », commandé par la LICRA et passé par l'IFOP, a été très commenté dans la presse de la semaine dernière. Le Monde (du 9 avril) a titré « Racisme : près d'un Français sur deux estime en avoir été victime, selon une étude réalisée pour la Licra »
Extrait 1 : [le sondage] révèle que 46 % des Français déclarent avoir déjà été victimes d'agressions ou de discriminations à caractère raciste au cours de leur vie, soit près d'un citoyen sur deux. Les expériences vécues sont de nature et d'intensité (...)
Un sondage « sur le racisme », commandé par la LICRA et passé par l'IFOP, a été très commenté dans la presse de la semaine dernière. Le Monde (du 9 avril) a titré « Racisme : près d'un Français sur deux estime en avoir été victime, selon une étude réalisée pour la Licra » [1]
Extrait 1 : [le sondage] révèle que 46 % des Français déclarent avoir déjà été victimes d'agressions ou de discriminations à caractère raciste au cours de leur vie, soit près d'un citoyen sur deux. Les expériences vécues sont de nature et d'intensité très différentes, selon l'appartenance ethnique ou religieuse perçue, mais elles aboutissent à un même processus de repli sur soi, un même sentiment de désillusion vis-à-vis de la France. Et poussent à envisager l'exil.
Extrait 2 : « Cette étude d'ampleur permet de chiffrer, de documenter et d'argumenter afin que cette question soit remise à l'agenda politique, plaide Mario Stasi, le président de la Licra. Cette enquête fait la démonstration du caractère massif et incontestable du racisme en France. »
Extrait 3 : C'est l'un des points épineux abordés dans cette étude : la question de « l'hostilité envers les Blancs » – c'est ainsi que l'étude le formule –, un thème régulièrement instrumentalisé par l'extrême droite. « C'est un phénomène qui existe, il nous a semblé impossible de faire l'impasse, même si, à l'évidence, la fréquence, l'intensité et les conséquences ne sont pas les mêmes que pour les minorités visibles », souligne François Kraus, directeur du pôle politique de l'IFOP.
Quand on est sociologue et qu'on sait la difficulté d'étudier avec des outils scientifiques appropriés - questionnaires bien pensés, entretiens bien menés et surtout longues observations (directes ou participantes) – l'objet de recherche éminemment difficile qu'est « le racisme » (notamment son subtil dégradé, ses diverses et insidieuses manifestations, etc.), on peut dire qu'à la lecture des articles sur ce récent sondage de la LICRA, les « bras vous en tombent ». Je cite ici les justes remarques de Jérôme Bourdon (post Linkedin) : « [Cette enquête] ne révèle rien que la dérive des sondages. Le flou absolu des questions est effrayant. Qu'est-ce qu'une discrimnation, qu'une agression ? Un sourire de travers dans le métro, une insulte, une baffe, ou le martyr vécu par ce chinois doté d'un visa talent à Paris, qui a été récemment, longuement torturé par la police ? Tout est pareil ? Quant à la "race", tout y est, la couleur de peau, l'ethnicité, la religion bien sûr... Quel bazar. »
Bref tout ou presque serait à critiquer dans ce sondage, sur le modèle assi de ce qu'ont fait il y a plus de 25 ans l'anthropologue Alain Morice et la sociologue Véronque de Rudder à propos d'un sondage de la CNCDH, dans un article en 2000 d'Hommes et migrations intitulé « À quoi sert le sondage annuel sur le racisme ? » [2].
L'un des points les plus discutables de ce sondage LICRA/IFOP est d'intégrer - comme le signale le site du Figaro (« L'Ifop intègre les « Blancs » dans un sondage sur le racisme réalisé pour la Licra ») - dans le champ de l'enquête ce que l'IFOP nomme ici « l'hostilité envers les Blancs et qui est souvent dénoncé à droite dans l'espace politique comme étant du « racisme anti-Blancs », une notion que tous les chercheurs ayant travaillé peu ou prou sur le racisme critiquent fortement. Voir notre tribune avec l'historien Gérard Noiriel dans le Monde en 2012 [3].
Le deuxième point essentiel, à nos yeux, est la manière dont toute la presse générale (ou presque) a repris - sans recul et sans critique aucune – les résultats de ce sondage dit « inquiétant ». Or ce type de sondage, repris en boucle pendant deux jours dans tous les médias et sur la toile, a pour effet certain de faire apparaître notre pays comme abîmé et gangréné par un racisme envahissant (de toutes sortes).
Il ne s'agit pas, bien sûr, de nier la forte montée du racisme (antisémitisme inclus) qui s'est opérée des deux dernières années, en particulier à la faveur de l'importation en France des conflits au Moyen-Orient ou, plus récemment, après l'élection de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis (93). Il suffit d'avoir le courage de regarder C-News trente minutes par jour pour être saisi – et proprement effaré - par le racisme décomplexé qui y sévit régulièrement et en toute impunité (à ce propos à quoi sert l'ARCOM ?). En précisant que ce racisme est aussi très ciblé, visant quasi-exclusivement les Maghrébins ou Africains subsahariens et leurs descendants la plupart nés en France.
Ce n'est pas une découverte que de constater que les sondages d'opinion font l'opinion. Les recherches sur les sondages en sociologie et science politique (cf. Bourdieu, Champagne, Garrigou, Lehingue puis Caveng, Dezé, Touzet, etc.) l'ont amplement montré depuis 50 ans. Ce qui est à la fois regrettable et désespérant, c'est :
• d'une part, de constater aujourd'hui l'aggravation de la force de frappe des sondages d'opinion qui semblent, plus que jamais, dicter l'agenda des thèmes d'actualité politique.
• d'autre part, l'absence de toute prise en compte du savoir critique (et utile) des sciences sociales dans les salles de presse des « grands journaux », notamment chez les journalistes des pages politiques. Comme s'il n'existait aucune formation sur ce sujet dans les meilleures écoles de journalisme ou comme si, là où elle existe, cette formation reçue n'avait servi strictement à rien sur le terrain professionnel.
Il est malheureusement à craindre que se multiplient, lors de cette année pré-électorale, des sondages aussi retentissants et aussi critiquables que celui, tout récent, de la LICRA/IFOP. Que faire ? On peut se demander si les associations professionnelles de sociologues (AFS) et de politistes (AFSP) ne pourraient pas tenter de se mobiliser face à l'empire des sondages d'opinion pour proposer publiquement de temps en temps de belles ripostes scientifiques à tous ces sondages dits « sociétaux » qui, trop souvent, déforment allègrement la réalité sociale…
Stéphane Beaud
02.04.2026 à 22:04
Jean-Yves Dormagen, professeur de science politique à l'Université de Montpellier mais aussi président de « l'institut » Cluster 17, a récemment publié une tribune dans les colonnes du Monde pour réaffirmer la contribution (selon lui) essentielle des sondages d'opinion au bon fonctionnement de la démocratie. Au lendemain d'une campagne municipale où les erreurs d'estimation des instituts ont été une nouvelle fois nombreuses et importantes, cette tribune a quelque chose de cocasse.
Jean-Yves Dormagen s'empare (...)
Jean-Yves Dormagen, professeur de science politique à l'Université de Montpellier mais aussi président de « l'institut » Cluster 17, a récemment publié une tribune dans les colonnes du Monde pour réaffirmer la contribution (selon lui) essentielle des sondages d'opinion au bon fonctionnement de la démocratie [1]. Au lendemain d'une campagne municipale où les erreurs d'estimation des instituts ont été une nouvelle fois nombreuses et importantes [2], cette tribune a quelque chose de cocasse.
Jean-Yves Dormagen s'empare du fait que l'institut Gallup a renoncé, sous la pression de Donald Trump, à produire son baromètre de popularité présidentielle. On peut regretter une telle décision, à condition de ne pas oublier de se préoccuper de la politique plus largement liberticide menée par la Maison Blanche, aux conséquences autrement plus graves pour la population étatsunienne que l'arrêt d'une simple enquête de popularité. On sait aussi qu'aux États-Unis, pays au monde où l'on produit le plus de sondages, les instituts restent bien évidemment libres de poursuivre leur activité et de réaliser les enquêtes qu'ils souhaitent ou qu'on leur paie.
Le politologue s'alarme ensuite de la multiplication des procédures en diffamation à l'égard des instituts états-uniens ou de leurs responsables en raison de la publication de résultats d'enquêtes défavorables au président. Il note entre autres que de telles actions impliquent des coûts importants « susceptibles de fragiliser l'indépendance des acteurs concernés et de produire un effet dissuasif ». En effet, on ne saurait lui donner tort. Mais alors, pourquoi ne pas rappeler que de pareilles procédures ont été engagées également en France, non pas par l'administration française mais par des instituts de sondages, et ce contre des chercheurs, simplement parce qu'ils avaient osé critiquer la méthodologie de leurs enquêtes [3] ? Si les poursuites entamées aux Etats-Unis s'avèrent liberticides, elles le sont a priori tout autant en France. Et pourtant, ce sont bien des organismes qui se prétendent en l'occurrence au service de la démocratie qui en sont les instigateurs. Or, au-delà de puissants effets d'autocensure, les coûts financiers se révèlent, dans ce cas, d'autant plus élevés que ces actions pèsent sur des universitaires dont les ressources n'ont pas grand-chose à voir avec celles des entreprises sondagières, tout de même mieux armés pour répondre aux attaques dont elles font l'objet. Il y a donc ici comme deux poids, deux mesures.
De manière un peu surannée, Jean-Yves Dormagen renoue également avec la veille rhétorique de George Gallup, le fondateur de l'American Institute of Public Opinion, l'un des premiers "instituts" de sondages à avoir vu le jour en 1935 aux États-Unis. Comme l'a bien montré le politiste Loïc Blondiaux dans un remarquable ouvrage, La Fabrique de l'opinion (Le Seuil, 1998), c'est en présentant les sondages comme des « référendums sur échantillon », autrement dit comme des dispositifs de consultation s'inscrivant naturellement dans le fonctionnement de la démocratie, que Gallup et plus largement les tenants de l'industrie sondagière ont cherché (parmi d'autres moyens) à légitimer leur activité. Plus tard, cet argument sera repris par des politologues français ayant tous des intérêts dans cette industrie : Alain Lancelot, Roland Cayrol et, aujourd'hui, Jean-Yves Dormagen. Il s'agit là d'un argument visant à faire oublier que les "instituts" de sondages, loin de poursuivre une vocation philanthropique, éducative ou démocratique, constituent avant tout des entreprises commerciales avec pour objectif le profit économique. On ne saurait leur en faire le reproche. Mais, au moins, qu'on nous dispense des discours assurant que la liberté de sonder serait un gage de qualité démocratique d'un régime. Jean-Yves Dormagen ne nous épargne même pas l'argument de l'absence des sondages dans les régimes illibéraux. Ils y existent pourtant bien, certes avec des biais, mais cela dément l'essence démocratique des sondages [4]. De toute façon, cela n'impliquerait nullement que les sondages doivent nécessairement être réalisés dans des régimes démocratiques. Aucune définition de la démocratie n'inclut parmi ses critères la liberté de sonder ! Rappelons, naïvement, que les démocraties ont existé bien avant que les sondages ne fassent leur apparition, et que sans sondages, cela ne les empêchait pas de fonctionner correctement. En France, la première élection où ils deviennent importants est l'élection présidentielle de 1965.
Plutôt que de faire des sondages un outil indispensable des démocraties, suggérant que les critiques sont des antidémocrates, on peut se demander si les démocraties ne gagneraient pas à se dispenser des sondages. En les qualifiant autrefois, dans les colonnes du Monde, de « pollution de la démocratie », Maurice Druon n'était-il qu'un vieillard cacochyme ? Quoi qu'il en soit, plutôt que de tisser les louanges du commerce de l'opinion, de pointer un risque illusoire, il vaudrait mieux se préoccuper de la surabondance des enquêtes sondagières (environ 1000 enquêtes d'opinion publiés en moyenne par an en France), de l'opacité persistante qui entoure les estimations, de l'importance des enquêtes dans la construction de rapports de force politiques sans rapport avec la réalité (que l'on songe à la campagne municipale lyonnaise), de leur rôle dans la sélection des candidats, dans le financement des campagnes ou encore dans le calcul de la représentativité médiatique des partis politiques.
Enfin, puisque personne n'ose s'en émouvoir, sinon en privé, il serait peut-être temps de s'inquiéter du mélange des genres quand des universitaires mettent leur titre au service d'entreprises commerciales qui prétendent opérer au nom de la science et de la liberté.
PS. Le Monde a publié une version papier amendant la tribune publiée en ligne. On sourit au nouveau titre : « En rendant visible l'état de l'opinion, les sondages fonctionnent comme un discret contre pouvoir » (Le Monde, 31 mars 2026). Combien de dirigeants font des guerres que leur « opinion publique » désapprouvent ? Cette révision, en quelque sorte soft, probablement voulue par les responsables des tribunes, atténue moins qu'elle camoufle la thèse des sondages comme substance de la démocratie. Une intervention de la rédaction du journal sans doute.
[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/28/l-arret-de-la-mesure-de-la-popularite-de-trump-par-l-institut-gallup-invite-a-considerer-la-liberte-de-sonder-comme-un-indicateur-de-la-liberte-d-un-regime_6675041_3232.html
[2] https://www.lecanardenchaine.fr/politique/53329-les-instituts-de-sondage-aux-fraises ; https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/03/26/municipales-2026-comment-expliquer-l-ecart-entre-certains-sondages-et-les-resultats_6674398_4355770.html
28.03.2026 à 18:22
Comme bien d'autres transformations du monde social, il n'est pas aisé d'en saisir le cheminement au gré des événements. On peut ainsi être tenté de voir les élections municipales de 2026 comme conformes au scenario rituel.
Ce n'est pas faux sauf à considérer des micro changements de la scénographie. Bien sûr, les sondages locaux se sont multipliés à l'approche du scrutin, sans doute avec moins de précautions que jamais. Les soirées télévisées ont été occupés par quelques remarques sur les pronostics (...)
Comme bien d'autres transformations du monde social, il n'est pas aisé d'en saisir le cheminement au gré des événements. On peut ainsi être tenté de voir les élections municipales de 2026 comme conformes au scenario rituel.
Ce n'est pas faux sauf à considérer des micro changements de la scénographie. Bien sûr, les sondages locaux se sont multipliés à l'approche du scrutin, sans doute avec moins de précautions que jamais. Les soirées télévisées ont été occupés par quelques remarques sur les pronostics erronés pour les attribuer aux tactiques des candidats et non à des approximations sondagières. Il est vrai que les sondeurs habituels étaient mobilisés sur les plateaux pour commenter les résultats.
Encore plus que d'habitude puisqu'on vit des visages inconnus. S'agissait-il de satisfaire les demandes plus élevées de médias plus nombreux ou de récompenser quelques cadets de l'industrie des sondages ou encore de satisfaire à la mission montante des sondeurs. A-t-on en effet remarqué que ceux-ci passent brutalement de la présentation de sondages à l'explication des votes ? Ils sont en ce sens en parfaite affinité de doxosophes journalistes pour lesquels les votes sont des opinions politique comme les réponses aux enquêtes d'opinion.
Ils peuvent donc disserter du recul de la participation électorales, des manifestations récurrentes de rejet de la politique professionnelle sans jamais s'interroger sur leur rôle.
17.03.2026 à 15:01
Les élections municipales les du 15 mars 2036 ont donné lieu a une abstention élevée (42,8 %). En 2020 dans un premier tour biaisé par le convid 19 (58,4 %) - en 2014 il était 36.5%- , confirmant la tendance lourde un un déclin de la participation électorale. Dans cette conjoncture il est plaisant de relire le sempiternel constat sur le maire comme institution la plus appréciée des électeurs. Ou plutôt des sondes. Il faudra en effet de demander quel est le degré de réalité des réponses des sondes. Comme (...)
- Municipales 2026 / Municipales, Échantillon représentatif, Doxosophie, politologieLes élections municipales les du 15 mars 2036 ont donné lieu a une abstention élevée (42,8 %). En 2020 dans un premier tour biaisé par le convid 19 (58,4 %) - en 2014 il était 36.5%- , confirmant la tendance lourde un un déclin de la participation électorale. Dans cette conjoncture il est plaisant de relire le sempiternel constat sur le maire comme institution la plus appréciée des électeurs. Ou plutôt des sondes. Il faudra en effet de demander quel est le degré de réalité des réponses des sondes. Comme on le dit vulgairement, « cela ne mange pas de pain » de déclarer sa confiance dans l'institution municipale alors que par ailleurs les sondes sont nombreux à dire leur hostilité aux dirigeants politiques.
14.03.2026 à 19:05
Comme d'habitude, à mesure que la date du scrutin approche, les sondeurs insistent : leurs sondages ne sont pas des prévisions. Tout en annonçant des résultats. Au conditionnel s'entend. En l'absence par définition d'estimation de l'abstention. Par définition puisque les sondages en ligne ne mobilisent guère que des participationnistes, de surcroît politisés. La part déclarée de ces abstentionnistes dans les sondages fait sourire : autour de 3 pour cent. Alors que l'abstention a toutes chances de battre son (...)
- Municipales 2026Comme d'habitude, à mesure que la date du scrutin approche, les sondeurs insistent : leurs sondages ne sont pas des prévisions. Tout en annonçant des résultats. Au conditionnel s'entend. En l'absence par définition d'estimation de l'abstention. Par définition puisque les sondages en ligne ne mobilisent guère que des participationnistes, de surcroît politisés. La part déclarée de ces abstentionnistes dans les sondages fait sourire : autour de 3 pour cent. Alors que l'abstention a toutes chances de battre son dernier record. Pour des municipales 2026, elle risque fort de descendre sous les 60 pour cent (contre 55 en 2020). « L'absention c'est fondamental, si nous descendons sous la barre des 60% c'est un désastre démocratique » selon le célébre « cartomancien » Brice Teinturier, directeur général délégué (Ipsos-BVA) (https://youtu.be/zCGwKqh4ESU?si=TNL73V4vU1bHupjF).
Mais ne doutons pas qu'au bout de quelques minutes, l'attention se portera sur les anticipations de second tour. Le futur enterré, comme d'habitude, dans le passé.
25.02.2026 à 15:45
Les sondages sont mauvais pour Donald Trump apprend-on au fil des jours et avec l'horizon des mid terms. Peut-être le plus mauvais signe est-il qu'ils sont convergents. Ils paraissent accablant pour ceux qui se fient aux sondages et presqu'autant pour les sceptiques. Pas pour Donald Trump. A cet égard, il se révèle un critique particulièrement radical comme nul autre n'oserait le lui disputer. On sait la propension des candidats et autres politiques à récuser les chiffres lorsqu'ils sont mauvais et (...)
- L'opinion « ça se travaille » / politologie, Souvenons-nous, Contrôle des sondages, DoxosophieLes sondages sont mauvais pour Donald Trump apprend-on au fil des jours et avec l'horizon des mid terms. Peut-être le plus mauvais signe est-il qu'ils sont convergents. Ils paraissent accablant pour ceux qui se fient aux sondages et presqu'autant pour les sceptiques. Pas pour Donald Trump. A cet égard, il se révèle un critique particulièrement radical comme nul autre n'oserait le lui disputer. On sait la propension des candidats et autres politiques à récuser les chiffres lorsqu'ils sont mauvais et à les souligner lorsqu'il sont « bons ».
En l'occurrence ils sont mauvais pour lui. Sondage Ipsos Washington Post et ABC, 60 % ont une opinion négative, 64% désapprouvent sa politique douanière, 64% l'estiment déconnecté ; 65 % qu'il n'agit pas contre l'inflation. Un sondage CNN va dans le même sens avec un taux d'approbation de 36%. Un record (cf. Huffpost, 24 février 2026). Comment Trump réagit-il ? La veille de son discours sur l'état de l'Union, il en donne un avant-goût : « Je suis sidéré par le manque de soutien mais nous bénéficions d'un soutien discret, un soutien silencieux ». La fameuse majorité silencieuse en somme. Et de parier sur des vrais sondages qui disent que je les écraserait tous ». Des sondages aux élections, il n'y a qu'un pas. Un pas inquiétant. A cette occasion Trump a précisé son interprétation des élections. Comment concilier en effet ses dénonciations des triches électorales démocrates et le fait qu'il soit vainqueur ? Il faut croire que la contradiction lui a été signalée pour apporter cette interprétation des élections de 2024. « Ils ont triché aussi, elle était tout simplement trop importante pour être truquée ». Et de s'accorder 85 millions de voix au lieu de 77. Avec cette arithmétique, on peut tout simplement se passer d'élections.
18.02.2026 à 18:22
Les sondages pour les élections municipales se suivent à un rythme soutenu. Certains retiennent plus volontiers l'attention car ils interviennent dans des compétitions tendues. Le duel entre Christian Estrosi, maire sortant de Nice et candidat Horizon, et Eric Ciotti son ancien ami candidat Union des droites pour la République, augure une campagne propice aux coups bas et ficelles tactiques.
Le 17 février 2026, la publication d'un sondage Cluster 17 pour Politico donnait une avance large à Eric (...)
Les sondages pour les élections municipales se suivent à un rythme soutenu. Certains retiennent plus volontiers l'attention car ils interviennent dans des compétitions tendues. Le duel entre Christian Estrosi, maire sortant de Nice et candidat Horizon, et Eric Ciotti son ancien ami candidat Union des droites pour la République, augure une campagne propice aux coups bas et ficelles tactiques.
Le 17 février 2026, la publication d'un sondage Cluster 17 pour Politico donnait une avance large à Eric Ciotti crédité de 41 % des intentions de vote contre 31% pour Christian Estrosi. Les sondage s'avère providentiel pour le premier tandis que le second a dénoncé la « manipulation » et annoncé un recours à la commission des sondages.
Le plaignant a raison sur le premier point réserve faite sur le terme de « manipulation ». Selon la notice technologique déposée par le sondeur auprès de la commission des sondages, le sondage a été effectué sur un échantillon de 580 répondants sur 684 personnes inscrites sur les listes électorales et sur un échantillon représentatif de la population niçoise. L'échantillon dit « utile » est notoirement insuffisant. Ce n'est certes pas un défaut isolé car sur les élections municipales les sondeurs ne trouvent pas assez de personnes pour répondre à leur questions sauf dans de grandes villes comme Paris. Le même "institut" faisait un sondage sur Strasbourg avec 580 répondants, un autre sur Clichy avec 415 répondants, un autre sur Amiens avec 408 répondants. Ce sondeur n'est pas seul en cause comme il suffit de s'en convaincre avec le sondage Ifop sur Nimes sur 607 personnes inscrites sur les listes électorales.
On ne développera pas l'analyse des biais de ces échantillons manifestement pas représentatifs comme cela apparaît immédiatement : par exemple comment vérifier certaines réponses, comme l'inscription sur les listes électorales ou encore comment ne pas voir que la proportion minime de non réponses est bien éloignée dues taux habituels d'abstention ? Les échantillons en ligne basés sur le volontariat retiennent donc ceux qui savent qu'ils vont voter ou du moins le disent. Pour un statisticien, c'est une tâche un peu honteuse d'avoir à critiquer des sondages aussi bancals.
L'équipe de Christian Estrosi a donc raison sur le fonds mais pourrait étendre sa contestation à l'ensemble des sondages sur les élections municipales. Par contre, on ne lui accorde guère de chances d'être entendue par une commission des sondages qui a enregistré tous les sondages des municipales sans ciller. Comme d'habitude.
18.02.2026 à 01:38
L'"institut" Gallup arrête de mesurer la popularité (The Hill, 12 février 2026, Le Monde, 12 février 2026). On est enclin à y voir la conséquence des menaces de Donald Trump, contempteur habituel de sondages « truqués » qui, en janvier a franchi un pas en jugeant que les « sondages faux et frauduleux « devraient constituer un « crime ». Donald Trump a de quoi être mécontent d'une baisse de popularité passée en un an de 47 % à 36 % d'opinions favorables en un an. D'autres que lui manifestent le même mécontentement (...)
- La fabrique des sondages / Artefact, Popularité, politologie, Vote de paille, Effet d'aquiescementL'"institut" Gallup arrête de mesurer la popularité (The Hill, 12 février 2026, Le Monde, 12 février 2026). On est enclin à y voir la conséquence des menaces de Donald Trump, contempteur habituel de sondages « truqués » qui, en janvier a franchi un pas en jugeant que les « sondages faux et frauduleux « devraient constituer un « crime ». Donald Trump a de quoi être mécontent d'une baisse de popularité passée en un an de 47 % à 36 % d'opinions favorables en un an. D'autres que lui manifestent le même mécontentement mais sans menaces assorties.
La décision de Gallup revêt une portée symbolique quand on se souvent que l'"institut" fit beaucoup pour imposer la crédibilité des sondages en annonçant la réélection de Franklin D. Roosevelt en 1936 alors qu'il était donné vaincu par les journaux sur la fois des votes de paille. Du coup la décision invite à s'interroger sur la portée d'une telle décision. Les cotes de popularité ne sont pas des intentions de vote. Pas besoin d'être candidat pour y figurer ais seulement de bénéficier d'une certaine notoriété préalable. Sans qu'on puisse ignorer des coups de pouce discrets. Et contrairement aux intentions de vote, pas de redressement faute de pouvoir les faire. Autant qu'à leur niveau, la valeur des cotes de popularité tient à leur évolution : la cote d'untel monte celle d'un autre descend. A cet égard, l'intérêt est bien réel puisque, comme les mesures préalables des intentions de vote, ils servent aux politiques à se mettre en avant et en ordre de bataille.
Dans ses explications sommaires, Gallup ne cite pas le Président des Etats Unis mais des préoccupations de « priorité de recherche ». On n'est pas obligé d'y croire mais il est vrai que les cotes de popularité n'ont aucun intérêt scientifique. Sauf pour les politiques, elles sont des pièces du spectacle politique. La décision de Gallup annonce-t-elle d'autres replis de l'industrie des sondages ? On sait que les sondages politiques sont une activité mineure dans le chiffres d'affaires des entreprises de sondages (5 à 10%), peu rentables financièrement et cibles des critiques. Mais la politique est le produit d'appel que sans lequel on ne connaitrait le nom d'aucune entreprise. Il en va manifestement autrement pour Gallup.
06.01.2026 à 09:05
On ne compte plus les années, on devrait dire les décennies, où, le chanteur de variétés de J. J. Goldman est « la personnalité préférée des Français ». Inutile donc de revenir sur les billevesées de ce sondage, il suffit pour cela de se reporter aux articles que lui a consacrés l'Observatoire (voir infra). Petite « nouveauté » cependant le JDD sort lui aussi son sondage de la « personnalité préférée des Français » mais avec CSA. Le résultat est presque, le même (du moins pour l'instant). Cela ne change guère (...)
- Actualité / Frédéric Dabi, Artefact, CSA, IfopOn ne compte plus les années, on devrait dire les décennies, où, le chanteur de variétés de J. J. Goldman est « la personnalité préférée des Français ». Inutile donc de revenir sur les billevesées de ce sondage, il suffit pour cela de se reporter aux articles que lui a consacrés l'Observatoire (voir infra). Petite « nouveauté » cependant le JDD sort lui aussi son sondage de la « personnalité préférée des Français » mais avec CSA. Le résultat est presque, le même (du moins pour l'instant). Cela ne change guère les choses, sauf à vouloir faire dans la surenchère biaisée.
La supercherie n'effraie pas l'Ifop, mais CSA non plus. Il fallait marquer comme tous les ans la fin de l'année et la début la nouvelle. Petite « nouveauté » donc le tandem Jdd-Csa sort lui aussi son sondage de la « personnalité préférée des Français ». Comme pour l'Ifop avec son panel de « sondés préférés » [1]. Les résultats de Csa donnent respectivement à la 4e et la 7e places J. Bardella et M. Le Pen mais aussi M. Maréchal (37e) et P. de Villiers (40e). Doit on s'en étonner ? Bolloré oblige !
Et encore Goldman : le ridicule ne tue pas
Impostures de l'année, et maintenant l'effet Goldman
J.J. Goldman encore et toujours
Sarkozy, Goldman et l'abbé Pierre
Le « mystère » Jean-Jacques Goldman
[1] On notera pour la petite histoire que la presse annonce pour l'occasion la « rupture » du Jdd avec l'Ifop. Dans la pratique cette « rupture » avec remonte à plusieurs années déjà. Depuis le Jdd est passé dans les mains du groupe Bolloré.