11.10.2026 à 23:56
aplutsoc
Mamdani condamne la fusillade impliquant l’ICE à New York et le génocide perpétré par Israël, mais s’attire des critiques de la gauche.
La semaine dernière a marqué la fin de l’état de grâce entre New York et le maire Zohran Mamdani, ce dernier ayant dû faire face à des controverses liées à l’anniversaire de l’attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre et à une fusillade impliquant un agent de l’ICE (service de l’immigration et des douanes) et un immigrant.
Un agent de l’ICE, alors qu’il tentait d’arrêter Oscar Belgal, un immigrant d’origine dominicaine, a tiré sept coups de feu en direction de son véhicule ; l’une des balles a atteint l’homme au cou alors que son enfant de cinq ans se trouvait sur la banquette arrière. D’autres personnes se trouvaient dans la rue au moment des tirs, et un autre agent de l’ICE circulait à proximité, armé d’un fusil d’assaut.
Mamdani a publié une déclaration affirmant : « Il s’agit d’une situation inadmissible et d’une extrême gravité. J’ai appelé le Président ; lors de notre échange, j’ai exigé qu’il mette fin à toutes les opérations de l’ICE dans notre ville. Je ne resterai pas les bras croisés pendant que des agents de l’ICE terrorisent nos communautés. Abolissons l’ICE. »
Des milliers de New-Yorkais se sont rassemblés et ont défilé dans la ville en scandant « L’ICE hors de New York » et « Abolissons l’ICE ». Les orateurs ont exigé la libération de Belgal ainsi que la mise en examen de l’agent de l’ICE impliqué dans la fusillade.
Markwayne Mullin, secrétaire à la Sécurité intérieure (DSH) — le département dont dépend l’ICE —, a déclaré que l’opération avait été menée en toute légalité et que Belgal se trouvait aux États-Unis depuis trois ans, période durant laquelle il s’était livré à « d’importantes activités criminelles ».
Bien que la déclaration de Mamdani fût cohérente avec son opposition à l’ICE, la section new-yorkaise des Socialistes démocratiques d’Amérique (DSA) — dont il est membre — a publié un communiqué critiquant implicitement l’intéressé en ces termes : « Jessica Tisch doit chasser l’ICE de New York et mettre fin à la complicité du NYPD avec ces terroristes. Si la commissaire ne parvient pas à faire cesser ces injustices, elle doit être limogée. »
Milliardaire dont la fortune est estimée entre 10 et 14 milliards de dollars, Tisch se décrit comme une « fière sioniste » et est considérée comme une modérée du Parti démocrate. Mamdani, qui a hérité de sa nomination par l’administration précédente, a hésité à l’écarter de son poste.
Dix-sept élus DSA et candidats soutenus par les DSA ont signé une lettre affirmant que Tisch « doit mettre fin au soutien de la police aux opérations de l’ICE et dissoudre le Strategic Response Group du NYPD — et si elle refuse, elle doit être limogée ». Le Strategic Response Group est une unité spéciale du département de police de New York (NYPD) souvent déployée lors de manifestations ; elle a été critiquée pour son recours à une force excessive, ses arrestations de masse et ses atteintes aux droits garantis par le premier amendement.
Alors qu’il s’exprimait lors d’un rassemblement organisé pour marquer l’anniversaire de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, Mamdani a été hué par des manifestants pro-palestiniens après avoir déclaré : « Cette journée est profondément douloureuse pour tant de New-Yorkais. Elle marque le troisième anniversaire des horribles crimes de guerre du 7 octobre. Ce jour-là, le Hamas a tué plus de 1 100 Israéliens et en a enlevé 251 autres. Nous partageons la peine de nos nombreux amis et voisins qui portent encore le poids de cette perte inconcevable. » Certains membres des DSA et groupes palestiniens ont critiqué l’élu, affirmant dans une annonce pour la manifestation : « Zohran Mamdani a fait campagne en promettant de soutenir le mouvement pour la Palestine… Au lieu de cela, il a cédé à maintes reprises aux pressions sionistes. »
Cependant, Mamdani a critiqué à maintes reprises le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Israël pour les attaques contre les Palestiniens. Dans sa déclaration du 7 octobre, il ajoutait : « La souffrance n’a ni commencé ni pris fin ce jour-là. Elle s’est au contraire poursuivie à travers le génocide dévastateur et en cours perpétré par le gouvernement israélien à Gaza, qui a tué plus de 74 000 Palestiniens, dont plus de 21 000 enfants. Même depuis le soi-disant cessez-le-feu, plus de 1 400 Palestiniens ont été tués. » L’emploi du mot « génocide » a suscité la fureur des sionistes.
Mamdani se retrouve critiqué aussi bien par des conservateurs que par certains socialistes, par des sionistes que par certains Palestiniens, mais ses références progressistes demeurent intactes : opposé à l’ICE et opposé au sionisme.
DLB, 11 octobre 2026.
11.10.2026 à 23:31
aplutsoc
Le Collectif de Solidarité avec le Peuple du Nicaragua (CSPN) nous communique :

11.10.2026 à 23:23
aplutsoc
Alan Thornett fut le militant le plus connu de l’industrie automobile britannique durant la décennie pendant laquelle ce secteur a scellé le sort du syndicalisme britannique. Il a passé les quarante années suivantes à expliquer, noms et dates à l’appui, les raisons pour lesquelles ce combat avait été perdu et les raisons pour lesquelles cette défaite n’était pas inéluctable. Alan Thornett n’a jamais cessé d’écrire. Son dernier article, consacré à la politique énergétique d’un gouvernement travailliste, a été publié au mois de septembre 2026. Il est mort à Oxford, vendredi 9 octobre 2026.
Alan est né le 15 juin 1937, près d’Oxford. Il a travaillé quatre ans comme ouvrier agricole et il a servi dans l’armée pendant trois ans. À l’été 1959, il a débuté à l’usine Morris Motors (devenu ensuite British Leyland) de Cowley, conduisant un chariot élévateur dans le secteur South Works pour alimenter la chaîne de montage de la nouvelle Mini. En 1959, il a adhéré au Communist Party of Great Britain (CPGB), qu’il a quitté en 1964. À cette époque, il détenait déjà un mandat de délégué syndical, obtenu en 1963, représentant les chauffeurs de camion chargés du transport des véhicules et des pièces sur le site. En 1967, il est devenu délégué syndical principal adjoint du syndicat Transport and General Workers Union (TGWU) de l’usine Morris Motors de Cowley, tout en présidant le comité intersyndical des délégués.
Eddie Coles, un ami du même âge, a suivi un parcours similaire. Issu du monde agricole, il est passé par l’armée de l’air plutôt que par l’armée de terre, avant de commencer à travailler sur les chaînes de Cowley au cours de ce même été. À la mort d’Eddie Coles en 2002, Alan Thornett a écrit sa nécrologie. Eddie Coles n’a jamais occupé de fonction syndicale supérieure à celle de délégué d’atelier. Alan Thornett a estimé qu’Eddie Coles et d’autres militants constituaient le socle du mouvement syndical de l’usine Morris Motors de Cowley. Ce socle représentait un élément clé de ce qu’Alan Thornett a défendu tout au long de sa vie. Notre mouvement parle beaucoup de leadership ouvrier, mais il le produit rarement. La majorité des auteurs et théoriciens de gauche sont issus de l’université. Alan Thornett est venu à la politique depuis la ferme et la caserne. Il avait commencé à travailler à la ferme vers l’âge de quinze ans. Il a acquis par lui-même toutes ses connaissances sur le marxisme et l’économie de l’industrie automobile. Des décennies plus tard, il a fait de même pour les sciences de la terre. Il a fini par écrire quatre livres et plusieurs centaines d’articles. L’habitude qui faisait de lui un bon délégué syndical, celle de disposer des faits et des chiffres avant même le début d’une réunion, est la même que celle qui a fait de lui un bon écrivain.
L’usine Morris Motors de Cowley était l’un des bastions les plus combatifs de Grande-Bretagne. La syndicalisation s’y est faite tardivement et dans la douleur. À la fin des années 1960, l’usine enregistrait en moyenne plus de trois cents arrêts de travail par an. Ses ouvriers se sont mobilisés contre le projet de loi In Place of Strife d’Harold Wilson et contre l’Industrial Relations Act d’Edward Heath. Dans Militant Years, écrit en 2010, Alan Thornett a écrit clairement que ce sont les ouvriers de la chaîne de montage eux-mêmes qui ont bâti ce mouvement. Il est tout aussi explicite quant à ceux qui ont cherché à le démanteler. L’entreprise, bien sûr, mais aussi les permanents de son propre syndicat. Les délégués élus sur la chaîne rendaient des comptes aux ouvriers qui travaillaient à leurs côtés. Les permanents répondaient à l’appareil syndical et, durant la majeure partie de la décennie, ils ont collaboré avec la direction pour briser l’organisation des délégués. Vers 1974, un journaliste du Sunday Times, dont le nom n’a pas été retenu, a décidé, sans raison apparente, selon les termes de Socialist Press, de donner à Alan Thornett le surnom de la Taupe. Ce surnom a rapidement circulé dans les milieux de la presse de Fleet Street.

Ce que les délégués ont mis en place à Cowley s’apparentait, selon la description d’Alan Thornett, à une forme de contrôle ouvrier de l’usine. L’exemple le plus frappant remonte à l’hiver 1971. La direction voulait introduire une étude des temps de travail dans le cadre du nouveau système de Measured Day Work, avec des ingénieurs chronométrant chaque tâche sur la chaîne. À chaque apparition des ingénieurs, la chaîne s’arrêtait. En quelques jours, le nouveau directeur de l’usine, John Symonds, a cédé, actant ce qu’Alan Thornett qualifiait, dans Militant Years, de percée unique dans l’industrie automobile. Aucune tâche ne pouvait être chronométrée ou modifiée sans l’accord des délégués syndicaux. Tant qu’un accord définitif n’était pas trouvé, ils disposaient d’un droit de veto.
C’est ce qu’ils appelaient le principe de mutualité. En clair, la cadence de travail sur la chaîne était négociée avec ceux qui l’exécutaient et elle n’était pas imposée. Quelques semaines plus tard, au mois de janvier 1972, ce même comité de délégués vota le blocage du transport de charbon à l’intérieur de l’usine en signe de soutien aux mineurs, sachant pertinemment que cela paralyserait l’unité de production North Works.
Pendant un été particulièrement chaud, alors qu’ils tenaient un piquet de grève, les délégués de Cowley avaient réclamé le remboursement de leur crème solaire. C’est peut-être une légende urbaine, mais cette idée n’est pas un mythe. Avant Margaret Thatcher, l’auto-organisation des travailleurs était parfois suffisamment puissante pour qu’une telle revendication soit réalisable.
Pendant dix ans, Alan Thornett fut militant de la Socialist Labour League (SLL) de Gerry Healy, puis de l’organisation qui lui succéda, le Workers Revolutionary Party (WRP). C’est là qu’il fut pour la première fois confronté à l’apocalypse. Le parti de Gerry Healy avait prédit un coup d’État militaire imminent et il s’était organisé en conséquence. En 1974, Alan Thornett a écrit un document critique de la direction du WRP, écrivant sans détour que cette prévision était erronée. S’opposant à ce qu’il qualifiait, dans un autre document, d’approche catastrophiste et marquée par l’ultimatisme du parti vis-à-vis de la classe ouvrière organisée, il prônait un retour à la méthode du programme de transition. Concrètement, il soutenait que le parti devait formuler des revendications en direction des députés travaillistes de gauche, pour que leur refus de combattre le gouvernement d’Harold Wilson soit mis en évidence aux yeux de ceux qui avaient voté pour eux. Le 24 novembre 1974, dans une assemblée générale de la section régionale Ouest, Gerry Healy mit Alan Thornett au défi de répondre à une série de questions sur la dégénérescence du WRP. Alan Thornett demanda l’autorisation d’y répondre dans un second document. Dès le lendemain matin, le 25 novembre 1974, Gerry Healy convoqua la commission de contrôle du WRP, qui annula une décision prise par le comité central du WRP deux jours plus tôt et prononça l’exclusion immédiate d’Alan Thornett. Au début du mois de décembre 1974, deux cents militants du WRP soutenant ce document ou soupçonnés de le faire quittèrent le WRP, entraînant la dissolution des organisations du WRP à Oxford, à Reading et à Swindon. En 1974, la section régionale Midlands du syndicat TGWU organisa la scission de la section syndicale qui constituait la base d’Alan Thornett et la démission de ses fonctions de délégué syndical adjoint. Le 19 octobre 1975, les militants exclus fondèrent la Workers Socialist League (WSL), dont Socialist Press était l’organe de presse. Au mois de décembre 1977, la section syndicale de Cowley était reconstituée et la gauche avait reconquis sa direction.
Les cinq années qui suivirent furent marquées par une guerre d’usure. Pendant la campagne électorale pour les élections syndicales de l’usine de Cowley au mois de janvier 1976, sept quotidiens nationaux et trois chaînes de télévision menèrent campagne contre Alan Thornett et la direction de l’entreprise faisait savoir qu’elle refuserait de le reconnaître en cas de victoire électorale. La liste de droite remporta le scrutin. Alan Thornett a obtenu cinq cent vingt-six voix et il arriva en dixième position sur trente-quatre candidats. British Leyland persista, année après année, à refuser de le reconnaître comme délégué syndical adjoint, tandis que le syndicat menait des enquêtes et menaçait de l’exclure. Le CPGB, en lien avec les responsables du TGWU, passa sous silence cette chasse aux sorcières.
Derek Robinson, le délégué syndical du CPGB de l’usine de Longbridge, fut licencié par Michael Edwardes en 1979, après avoir passé quatre ans à promouvoir la participation des travailleurs auprès des délégués de Leyland. Alan Thornett s’était opposé à cette politique tout au long de cette période. Lorsqu’il écrivit la nécrologie de Derek Robinson en 2017, il ne fit pas semblant d’ignorer le désaccord qui les avait opposés. Alan Thornett lui-même fut licencié le 17 novembre 1982, officiellement pour avoir omis de renouveler son permis de conduire pour poids lourds. En réalité, comme il l’affirma par écrit quelques jours plus tard, c’était une décision stratégique visant à faire le ménage dans l’usine avant le lancement de la production d’un nouveau modèle.
Beaucoup d’écrits d’Alan Thornett de cette époque ne portaient pas son nom. Lorsqu’un journal manque de rédacteurs, un seul rédacteur doit souvent prendre en charge plusieurs articles d’un même numéro. Alan Thornett écrivait sous le pseudonyme de Bill Peters dans Socialist Press, puis dans Socialist Organiser, le journal issu de la fusion, entre 1981 et 1984, de la WSL et de l’International Communist League (ICL). Des décennies plus tard, alors qu’il écrivait sur le Brexit, Alan Thornett écrivait sous le pseudonyme d’Alan Davies. Certains des meilleurs articles qui portaient la signature de Bill Peters relataient les mesures de répression contre Alan Thornett, car il était le seul militant qui avait ces informations à l’intérieur de l’usine. En 1983, il rédigea une série d’articles en cinq volets sur l’industrie automobile japonaise. Il faisait la comparaison entre l’usine Toyota de Takaoka et l’usine de Cowley. Il démontrait que le système de l’emploi à vie et celui du syndicat d’entreprise reposaient sur l’écrasement des syndicats indépendants japonais après la guerre. Le modèle japonais ne représentait pas une étape du progrès technologique, mais une défaite exportée. C’était une forme concrète d’internationalisme, aller voir sur place, puis raconter à Cowley ce qu’il avait observé.
Alan Thornett vécut la grève des mineurs britanniques de 1984 et de 1985 sans emploi ni droit de vote, tout en écrivant pour Socialist Viewpoint, lancé à l’automne 1984. Sa thèse de l’époque, qu’il défendit jusqu’à la fin de sa vie, était que le gouvernement n’avait pas les moyens de s’attaquer à un autre grand syndicat en même temps qu’au National Union of Mineworkers (NUM). À plusieurs reprises, la possibilité d’ouvrir un second front s’était présentée, mais les directions syndicales avaient systématiquement refusé cette option. Au mois de décembre 1985, il identifia le récit que le mouvement commençait déjà à se raconter, l’idée que la grève avait été une erreur et que le compromis aurait été, dès le départ, la bonne solution. Il passa la décennie suivante à combattre cette interprétation. Il a écrit en 1998 un livre dont le titre était Inside Cowley. Ce livre était préfacé par Ken Loach et il décrivait en détail la situation des années 1970. Le Social Contract était l’accord par lequel les syndicats modéraient leurs revendications salariales en échange de promesses du gouvernement travailliste de 1974 à 1979. Dans sa critique de ce livre, l’historien des relations industrielles John Mac Ilroy soulignait comment la mise en œuvre de cet accord avait affaibli le syndicalisme d’entreprise, le rendant vulnérable à l’offensive des années 1980.
Au mois de mai 1987, Socialist Viewpoint a fusionné avec la revue de l’International Socialist Group (ISG) pour donner naissance à Socialist Outlook. Alan Thornett est devenu un des leaders de la section britannique de la Quatrième Internationale. Il a été élu au comité international, l’instance dirigeante de l’organisation. Ses comptes rendus des réunions et des congrès, notamment le congrès mondial de 2010, pendant lequel la Quatrième Internationale s’est proclamée écosocialiste, constituaient souvent la seule source d’information pour les lecteurs britanniques. Ayant évolué au sein de la version de l’Internationale dirigée par Gerry Healy, il savait quels ravages celle-ci causait à ses sections. Après la mort de Gerry Healy en 1990, Alan Thornett a écrit la nécrologie de Gerry Healy en adoptant une perspective historique plutôt que personnelle, une approche plus exigeante. Il s’est toutefois autorisé une pointe d’ironie. Il a écrit que, « dans les années 1980, Gerry Healy a davantage contribué à discréditer le mouvement trotskyste et la gauche, malgré d’autres candidats sérieux à ce titre ».
J’ai travaillé avec Alan Thornett dans les années 1990 dans l’équipe de Socialist Outlook, alors qu’il avait déjà des décennies d’expérience en tant que l’un des leaders révolutionnaires les plus respectés du pays. Notre organisation était dynamique, mais elle était traversée par des tensions, confrontée à la fin de cycles historiques, la dissolution de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), la défaite de la gauche travailliste et la victoire définitive du néolibéralisme. Cette époque a marqué la transition entre, d’une part, une Europe dans laquelle différents avenirs économiques étaient encore ouvertement débattus et, d’autre part, une Europe dans laquelle la discipline de marché, la rigueur budgétaire et l’intégration mondiale s’imposaient de plus en plus comme les seules perspectives réalistes. La bureaucratie travailliste avait condamné la classe ouvrière de nombreux pays à une longue lutte défensive. Malgré les frustrations qu’il éprouvait face à la manière dont les groupes marxistes nationaux et internationaux réagissaient à ce basculement, Alan Thornett a su relever le défi, comme leader politique et organisationnel.
Lorsque la guerre a éclaté en Bosnie, il s’est investi corps et âme dans la solidarité. Après une tentative éprouvante de collaboration avec les vestiges du WRP dans l’initiative Workers’ Aid for Bosnia (WAB), il a participé à la création de l’International Workers Aid (IWA) à Manchester, à l’automne 1993, dans le but d’apporter le soutien du mouvement ouvrier à la résistance multiethnique. Il a passé les années suivantes à rendre compte des convois tentant d’acheminer des camions jusqu’à Tuzla. Il a lui-même conduit des camions vers cette ville à plusieurs reprises et son rôle a été mis en lumière dans Solidarity is More than a Slogan, le livre de la Fondation Rosa Luxemburg (FRL) consacré à l’IWA.
Il œuvrait à la construction de partis larges bien avant que l’expression ne devienne à la mode, sans jamais prétendre que la tâche était aisée. Il a milité dans la Socialist Alliance, il a contribué à la fondation de Respect en 2004, il s’est opposé à la scission de Respect en 2007 et il a plaidé pour Left Unity. Il fut l’un des fondateurs de Socialist Resistance et d’Anticapitalist Resistance. Sa réflexion était toujours ancrée dans la perspective de classe. Les défaites des années 1980, écrivait-il en 2000, étaient ce qui rendait la politique britannique si différente de celle du reste de l’Europe. En 2008, il a soutenu qu’un parti situé à la gauche du parti travailliste devait contribuer à la revitalisation des syndicats plutôt que de s’y substituer et que Left Unity constituait un moyen d’y parvenir.
Alan Thornett écrivait comme il parlait, avec simplicité. Il présentait les faits par ordre chronologique, chiffres des scrutins à l’appui. Là où d’autres auraient cherché une envolée rhétorique, il glissait une remarque entre parenthèses. C’était un homme d’action, ce n’était pas un théoricien et chacun de ses textes s’achevait sur les mesures à prendre. Surtout, il respectait les faits, même lorsque le réflexe de la gauche allait contre les faits.
En 2009, il s’est opposé au mot d’ordre « des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques », prôné par les syndicats et par une partie de la gauche, pendant le conflit de la raffinerie de Lindsey, durant lequel la présence d’ouvriers qualifiés italiens était contestée. Après la défaite de Grangemouth en 2013, une grande partie de l’extrême gauche a accablé Len Mac Cluskey, secrétaire général du syndicat Unite. Alan Thornett a alors exposé les faits. Les délégués syndicaux avaient recommandé l’acceptation de l’accord et les salariés avaient voté en ce sens. Il a reconnu la responsabilité des leaders syndicaux dans la situation des syndicats, mais il a écrit que « critiquer Len Mac Cluskey, sans égard pour les circonstances ou les faits, ne fait guère avancer la lutte pour la revitalisation des syndicats ».
Alan Thornett a réagi immédiatement au projet de référendum sur le Brexit de David Cameron. Il voyait dans ce projet de référendum, avec une grande clairvoyance, le risque d’un déchaînement réactionnaire. Il a réussi à convaincre une grande partie de la gauche britannique que, malgré l’opposition traditionnelle au néolibéralisme de l’Union européenne, ce n’était ni le moment ni la bonne manière d’en sortir. Il a rassemblé ses arguments dans un ouvrage percutant, dont le titre était « pour un vote critique pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne contre la xénophobie ».
La seconde apocalypse était bien réelle. L’écologie est devenue le thème central de ses vingt dernières années, un sujet dont il s’est emparé bien avant la majeure partie de l’extrême gauche britannique. Au mois de février 2020, il a écrit une préface pour la traduction chinoise de Militant Years. Il a fait preuve d’une attitude rare des vieux militants. Il a désigné le seul aspect du bilan de Cowley qu’il refusait de défendre. Les délégués syndicaux avaient la force et l’influence nécessaire pour amener les ouvriers à prendre au sérieux la crise écologique mais, comme tout le mouvement syndical, ils ne les ont jamais utilisées. Il a écrit qu’il avait changé d’avis au cours des deux décennies précédentes, car il est impossible d’améliorer les conditions des travailleurs sur une planète qui se meurt, et d’y bâtir un avenir socialiste.
Il a rendu compte du congrès de 2010 de la Quatrième Internationale, lors duquel celle-ci s’est déclarée écosocialiste, soulignant le rôle des militants d’Amérique latine et, en particulier, des Philippines, dans la compréhension du caractère central des questions environnementales. En 2013, alors que le mouvement Left Unity prenait forme, il a soutenu qu’un nouveau parti de gauche se devait d’être, dès sa création, à la fois démocratique et écologiste. Il a étudié les travaux des scientifiques spécialistes de la terre et les a vulgarisés à l’intention des socialistes. En 2016, il a écrit sur les arguments du groupe de travail sur l’anthropocène en faveur d’une nouvelle époque géologique, expliquant les raisons pour lesquelles la gauche devait s’y intéresser.
Son livre dont le titre est « contre l’apocalypse, arguments pour l’écosocialisme », publié par Resistance Books en 2019, partait du bilan sombre de la gauche en matière d’environnement. Il exposait les limites planétaires, les enjeux liés à l’eau, à la pollution et à la sixième extinction, tout en retraçant la dimension écologique de la pensée de Karl Marx, de Friedrich Engels, de William Morris et d’Edward Carpenter. Le livre a été présenté lors de réunions organisées d’Édimbourg à Waltham Forest. Alors que l’épidémie de coronavirus se propageait en 2020, il a soutenu que les pandémies faisaient partie intégrante de la crise écologique. Ian Parker a écrit qu’Alan Thornett était le David Attenborough de la gauche révolutionnaire. Cette formule a marqué les esprits car elle reflétait une réalité. Alan Thornett savait rendre la science accessible à ceux qui ne l’avaient jamais abordée auparavant.
Alan Thornett a écrit sur le climat pour Anticapitalist Resistance jusqu’à quelques semaines avant sa mort, en abordant le sujet sous l’angle de la lutte des classes. Qui paierait pour la transition et qui devrait y être contraint ? Il a défendu la voiture électrique contre des militants qui considéraient qu’elle était une simple solution technique et il a soutenu que la gauche devait contester le processus des conférences pour le climat plutôt que de le boycotter. Sa phrase la plus souvent répétée était que « nous ne pouvions rien bâtir sur une planète morte. » Pourtant, il n’a jamais laissé la catastrophe se transformer en ultimatum. L’argument qu’il a le plus vigoureusement défendu était celui qu’il avait opposé à Gerry Healy en 1974. Un mouvement incapable d’imposer le changement dans le cadre du capitalisme ne peut pas le renverser.
Au mois de février 1987, à Londres, une semaine après le décès du trotskyste argentin Nahuel Moreno, Alan Thornett s’était exprimé devant une salle réunissant divers courants qui avaient passé des décennies à s’exclure mutuellement. À propos de l’homme auquel il rendait hommage, il avait dit que « Nahuel Moreno ne détenait pas la réponse complète et aucun d’entre nous ne la détient ». Il n’aurait pas voulu prétendre autre chose à son sujet. Il avait l’habitude de consigner les événements par écrit la semaine même où ils se produisaient, en citant les noms des protagonistes. Ces écrits sont conservés et méritent d’être lus. Trois cent soixante et onze de ses textes, couvrant la période de 1976 à 2026, sont déjà rassemblés sur le site www.thornett.redmole.org, accompagnés de traductions et d’un lien vers son propre blog. Ses archives couvrant la période de 1951 à 1997 sont conservées au Modern Records Centre de l’Université de Warwick.
Alan Thornett, syndicaliste et socialiste, né le 15 juin 1937 ; décédé le 9 octobre 2026.
Source : https://redmole.org/p/alan-thornett-19372026
Traduction par Bernard Fischer.
11.10.2026 à 14:00
aplutsoc
Le journal la Tribune des Travailleurs du 7 octobre 2026 publie « 460 premières signatures » à l’encontre de « monsieur Vincent Présumey » qui serait donc, selon ce titre, un calomniateur s’attaquant à la presse ouvrière et démocratique.
Voici cet appel :

Seul le site Aplutsoc.org a à ce jour rendu publics l’ensemble des documents censés fonder cette campagne. Jamais la Tribune des Travailleurs, ni les militants du PT quêtant des signatures, n’ont communiqué ces pièces aux signataires. Ceux-ci ont donc signé sur la base d’une citation tronquée et d’un mensonge par omission.
Voici, à nouveau, le passage incriminé de l’article de Vincent Présumey du 12 août, dans son intégralité :
« La question se pose en effet, car le thème qu’il [D. Gluckstein] reprend ici circule largement dans la stalinosphère et la poutinosphère, ainsi que dans les milieux fascistes à la manière de Soral : ce serait Israël qui aurait suscité l’attaque ukrainienne [contre des livraisons d’armes iraniennes à la Russie] et Zelenski, dans ces écrits, est, comme l’écrit Gluckstein, le second « supplétif » de Washington, car il a un point commun avec Netanyahou … comme juif. D. Gluckstein évite ce thème, mais partage la représentation fondamentale : l’impérialisme unique, c’est Washington, et Israël et l’Ukraine sont ses agents provocateurs. C’est là une position impérialiste, celle de l’axe Moscou-Téhéran, largement partagée aussi dans les milieux MAGA et indissociable de l’antisémitisme. »
C’est parfaitement clair : D. Gluckstein, prétendant que l’Ukraine aurait attaqué l’Iran pour entraîner les États-Unis toujours plus loin dans la guerre, amalgame Zelensky et le criminel Netanyahou, et V. Présumey alerte sur la similitude parfaite entre cette construction idéologique complotiste et la thématique de milieux d’extrême-droite qui se trouve être indissociable de l’antisémitisme, thème que Gluckstein ne reprend naturellement pas.
Voici maintenant comment ce passage est tronqué dans l’appel reproduit ci-dessus, des « 460 premiers signataires » de façon à tromper signataires, lecteurs et militants :
« Le 12 août 2026, mettant en cause l’éditorial de la Tribune des Travailleurs (n°551, 5 août), monsieur Vincent Présumey écrit sur le site aplutsoc.org que l’éditorialiste, Daniel Gluckstein, reprend un thème « qui circule largement (…) dans les milieux fascistes à la manière de Soral ». En l’occurrence, écrit Présumey, l’éditorialiste aurait insinué que Zelensky a « un point commun avec Netanyahou … comme juif ». Et il précise : « D. Gluckstein évite ce thème, mais partage la représentation fondamentale (…) largement partagée aussi dans les milieux MAGA et indissociable de l’antisémitisme. »
Quiconque sait lire, quelle que soit sa position, est à même de voir comment D. Gluckstein a tronqué ce passage, le coupant méticuleusement, de façon à faire croire que je l’aurais traité d’antisémite !
Le mensonge par omission consiste à présenter comme « une mise en demeure assortie de menaces de poursuites judiciaires » la demande de droit de réponse du Comité de rédaction d’Aplutsoc qui n’a jamais été communiquée aux signataires !
Cette demande faisait suite à la publication dans la Tribune des Travailleurs d’un billet de D. Gluckstein (publié également par Aplutsoc, qui, répétons-le, seul, a tout publié), accusant V. Présumey d’aider à ce que police, droite et extrême-droite puissent réprimer « un journal ouvrier » !
Voici donc, à nouveau, cette demande de droit de réponse dont D. Gluckstein et la Tribune des Travailleurs se gardent bien ne serait-ce que de mentionner l’existence :
« La Tribune des Travailleurs n° 553 du 19 août 2026 a publié p.6 un article signé « DG » accusant « Vincent Présumey » d’avoir, sur son « site », semé, « prudent, mais bien pourri », « la graine du doute » sur l’antisémitisme de DG dans le cadre de « la logique (policière) » en vue de la « répression contre un journal ouvrier », cela « avec la droite et l’extrême-droite ».
Le Comité de rédaction d’Aplutsoc demande un droit de réponse.
Premièrement, notre site n’est pas « le site de Vincent Présumey », il publie des articles divers, dont certains de lui, sous la responsabilité du Comité de rédaction.
Deuxièmement, V. Présumey, militant ouvrier, a été explicite dans l’article incriminé : la thématique de D. Gluckstein établissant un axe Netanyahou-Zelensky comme supplétifs provocateurs, mis sur le même plan, de l’impérialisme US, provient de la complosphère rouge-brune antisémite. Rien de plus, rien de moins.
Troisièmement, la méthode de la « graine du doute » est celle de « DG » insinuant que V. Présumey serait lié à la police et à l’extrême-droite – laquelle par ailleurs le menace de mort de façon répétée depuis un an en raison des victoires qu’il a contribué à réaliser contre elle dans l’Allier. V. Présumey s’exprime ouvertement. Le procédé d’insinuation calomnieuse de DG dans cet article relève des méthodes du stalinisme. »
Là encore, quiconque sait lire, quelle que soit sa position, peut constater comment D. Gluckstein cite un seul passage de cette demande de droit de réponse, tout en en taisant l’existence, en faisant croire qu’après avoir aidé police, droite et extrême-droite à attaquer le « journal ouvrier », celui-ci serait menacé de poursuites, ce dont il n’est nulle part fait mention dans cette demande. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse établissant la possibilité de demander un droit de réponse, vise à éviter la diffamation et à permettre le libre débat public. Ce n’est pas une loi répressive, c’est une conquête démocratique, constitutive de l’État de droit aujourd’hui menacé.
Conclusion : en combinant citation tronquée et mensonge par omission, D. Gluckstein trompe sciemment les signataires pour leur faire croire que je l’aurais traité d’antisémite en vue de le menacer de poursuites judiciaires. Quiconque sait lire et veut bien avoir l’ensemble des documents est à même de constater que tout au contraire, c’est D. Gluckstein qui engage, avec tout le petit appareil du PT entièrement mobilisé pour cela, soit quelques centaines de militants dans toute la France, une campagne de calomnies mensongères me visant, et qu’il cherche à interdire le libre débat qui suppose la confrontation d’arguments contradictoires. Or, sans libre débat, la formule « presse ouvrière et démocratique » est un mensonge.
Naturellement, le fait que les signataires soient trompés ne les excuse en rien de ne pas avoir le courage de rechercher la vérité et de la dire. La plupart ont donc signé « de confiance ». C’est ainsi qu’en 1937, des militants communistes et syndicalistes adhéraient de confiance aux calomnies des procès de Moscou.
Honte ! Mais il ne manque pas de militants ayant refusé de verser dans ces méthodes, des camarades qui me connaissent ou qui ont demandé les documents. Le courage de chercher la vérité et de la dire est à la portée de toutes et de tous.
Mais il y a plus. D. Gluckstein sait parfaitement que je suis régulièrement menacé de mort par l’extrême droite depuis maintenant plus d’un an. Par la campagne qu’il a lancée, contre « monsieur » Vincent Présumey, il voudrait, n’est-ce pas, me mettre au ban du mouvement ouvrier. Ce qui me protège des menaces bien réelles dont je suis la cible, c’est d’en être un militant, c’est le milieu des camarades, des syndicalistes, des défenseurs de l’école publique. Par une telle campagne, c’est bien ma sécurité qui est, de fait, visée.
Mais nous ne sommes pas en 1937, Daniel Gluckstein. Ces méthodes, les méthodes du stalinisme, ne marcheront pas. La vérité aura le dernier mot.
Vincent Présumey, le 11 octobre 2026.
09.10.2026 à 10:33
aplutsoc


09.10.2026 à 00:10
aplutsoc
Nous publions ce billet de Laurent écrit après la manifestation parisienne de la jeunesse scolarisée (lycéens et étudiants) de ce jeudi 8 octobre. À la suite, nous reproduisons deux documents. D’une part, la déclaration de l’AG des personnels de l’université Sorbonne Nouvelle après l’intervention musclée de la BRAV contre les étudiants occupant le campus de Nation. D’autre part, la déclaration commune de l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et recherche face au ministre.
La Bastille noire de monde, noire de jeunes, quel symbole ! La Gen Z, venue de toute l’Ile-de-France, n’en finit pas de nous étonner.
Elle le fait en mixant les codes qui sont les siens (battles d’aura, cosplay ou musique rap) avec des symboles plus anciens (le slogan ACAB, les écriteaux couverts de slogans tout aussi inventifs que ceux de Mai 68, voire la Marseillaise qui retrouve son caractère pleinement révolutionnaire).
De nouveaux établissements de l’enseignement supérieur, qui sont tout sauf des bastions gauchistes, s’engagent à leur tour dans la lutte ? Diantre ! La police intervient pour dégager la place ? Les manifestant-es partent en manifs sauvages vers Nation en entonnant les chants des Gilets Jaunes. Mieux, les premières coordinations se mettent en place et se sont fixées un objectif ambitieux pour mardi prochain : marcher sur Matignon !
L’opinion publique est désormais majoritairement de leurs côtés et les ex-soixante-huitards, devenus ronchons, sont non seulement forcés de reconnaître le caractère excessif de la répression policière, qui a abouti à la suspension de l’utilisation des grenades dit de désencerclement, mais aussi la portée existentielle de la mobilisation.
Lecornu enfin, dans son allocation de mercredi soir, a été contraint d’apporter des réponses à une crise multifactorielle, qui peut se résumer à celle des moyens de vivre du plus grand nombre, qui menace, avec le point de fusion qu’est désormais la date du samedi 17 octobre, dopée par la force d’entraînement de la jeunesse, de se transformer en une crise de régime : JAUNES ET JEUNES, MÊME COMBAT !
LD, 08-10-2026.

7 OCTOBRE 2026
Invitées par le ministre de l’Enseignement supérieur, la Recherche et l’Espace, Philippe Baptiste, pour échanger sur le projet de loi de finances 2027 et l’actualité de l’ESR, l’ensemble des organisations syndicales représentatives de l’ESR ont lu la déclaration suivante avant de quitter la salle.
« Monsieur le Ministre,
Des centaines de milliers de lycéens et de lycéennes, d’étudiants et d’étudiantes étaient mobilisé·es et en manifestation hier pour leurs légitimes revendications. Nous étions avec eux, car ces revendications sont aussi les nôtres.
Nous demandons notamment depuis des mois la suppression de la hausse des droits d’inscription pour les étudiant·es étrangers extra-communautaires, l’abandon de tout projet d’augmentation des droits d’inscription pour toutes et tous, la levée immédiate des barrages au droit aux études que contiennent Parcoursup et Mon Master.
De même, nous refusons les saignées budgétaires dans les services publics, dont celui de l’ESR, qu’impliquent les 54 milliards d’euros de coupes prévues dans le projet de budget 2027.
Vous avez annoncé publiquement une hausse du budget de 500 M€, pourtant l’analyse du projet de loi de finances montre de réelles baisses de dotation qui si elles ne sont pas amendées mettront durablement en difficulté les établissements et les agent·es dans l’exercice de leur mission de service public. La mise en réserve du budget atteint le niveau inédit de plus d’un milliard.
En conséquence les crédits des subventions pour charge de service public (SCSP) du programme 150 « Formations supérieures et recherche universitaire » régressent de 213 M€. Et compte tenu de la hausse de notre activité avec notamment l’accueil de 30 000 étudiant·es supplémentaires, le sous-financement atteindra en 2 027 483 M€ par rapport à 2026.
De même dans le programme 231 « Vie étudiante », il n’est pas prévu de revalorisation du montant des bourses sur critères sociaux (BCS) dont le montant est inchangé depuis 2023, le financement du repas à 1 € nécessite lui aussi un financement plus conséquent pour répondre aux difficultés des Crous.
Concernant le programme 172 « Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires », sa progression ne suffit pas à compenser les 200 M€ de déficit du CNRS prévu en 2027, ni à respecter la LPR pour laquelle il manque 354 M€.
Si l’on additionne les baisses de ces trois programmes, on constate que loin de l’augmentation promise, le sous-financement atteint 1 Md et 11 M€. Il faut dès à présent réaffecter le milliard mis en réserve dans les crédits de SCSP pour d’une part respecter la LPR et d’autre part financer la croissance de l’activité des établissements et la revalorisation des bourses sur critères sociaux.
Tel est le résultat de l’analyse rapide du projet de budget que nous faisons, et ce sans même introduire nos revendications qui rejoignent pour la plupart celles des lycéen·nes et étudiant·es qui manifestent en ce moment.
Il faut donc réviser ce projet de loi de finances.
Il est urgent de satisfaire ces revendications, comme le montre la mobilisation grandissante dans la jeunesse. Or, non seulement ces revendications ne sont pas entendues, mais de plus le gouvernement tente de les faire taire par une brutale répression.
Dans ces conditions, nous continuerons dès demain d’être aux côtés des lycéennes et lycéens, étudiantes et étudiants, et nous ne pouvons pas continuer à participer à des discussions. »


08.10.2026 à 09:07
aplutsoc2
Des camarades nous alertent ce matin : la Tribune des Travailleurs, organe du PT, lance une grande campagne contre … Vincent Présumey, mensongèrement accusé d’avoir traité Daniel Gluckstein d’antisémite, et Aplutsoc, mensongèrement accusé d’attaque judiciaire contre la Tribune des Travailleurs pour avoir en réalité demandé … un droit de réponse !
Décidemment, notre camarade Vincent, déjà pris pour cible par l’extrême droite, gène beaucoup de monde !
Depuis plus d’une semaine, c’est là la principale occupation de l’appareil du PT : pourquoi, au compte de quelles forces?
Que des militants puissent signer une déclaration mensongère sans disposer des éléments d’informations est regrettable et rappelle comment il a été possible au stalinisme de généraliser mensonge et calomnie.
C’est avec une grande tranquillité, ayant déjà tout rendu public – nous, et nous seuls – que nous démonterons la campagne que ce petit appareil a choisi de mener, et que nous aiderons les militants et la classe ouvrière à répondre à la question : pourquoi ? pourquoi cette campagne ? pourquoi ce choix délibéré, maintenant ?
Mais nous le disons avec fermeté : à cette question, il sera répondu.
07.10.2026 à 19:33
aplutsoc
Résolution de Soyez comme nous sommes : augmenter les salaires et établir des normes de charge de travail
Soyez comme nous sommes exige de l’État qu’il prenne des mesures urgentes pour remédier à la crise des effectifs dans le système de santé, augmenter la rémunération du personnel soignant et établir des normes nationales en matière de charge de travail professionnelle sûre.
Les membres de l’organisation ont adopté une résolution en ce sens le 12 septembre 2026 lors de la conférence nationale annuelle Soyez comme nous sommes.
Le document souligne que le système de santé ukrainien fonctionne dans un contexte de guerre totale et de pénurie importante de personnel. Parallèlement, l’absence de normes modernes et scientifiquement fondées en matière de charge de travail entraîne une surcharge des professionnels de santé, un épuisement professionnel et, par conséquent, une baisse de la qualité des soins médicaux.
L’organisation insiste par ailleurs sur les problèmes de financement. Selon les auteur es de la résolution, le modèle de financement actuel ne permet pas de couvrir intégralement les dépenses réelles des établissements de santé ni d’assurer un niveau de rémunération adéquat, ce qui contribue à aggraver la crise des effectifs.
Soyez comme nous sommes exige une augmentation des salaires minimums des professionnels de santé
L’une des principales revendications adressées au Conseil des ministres concerne la mise en place, à compter du 1er janvier 2027, d’un salaire minimum garanti pour les professionnels de santé :
Il s’agit précisément des salaires de base, sans tenir compte des primes pour le travail en zone de combat, les gardes de nuit et le cumul d’emplois.
Soyez comme nous sommes exige également la mise en place d’une indexation annuelle des salaires minimaux à un niveau au moins égal à celui de l’inflation.
Les professionnels de santé réclament la fixation de normes relatives à la charge de travail
Soyez comme nous sommes demande au ministère de la Santé d’approuver, d’ici au 1er juillet 2027, des normes nationales uniformes en matière de charge de travail professionnelle sûre. Il s’agit notamment de définir le rapport « médecin — patient », « infirmière — patient » et d’autres catégories de professionnels de santé, en tenant compte des spécificités des différents types de soins médicaux.
Soyez comme nous sommes exige un changement d’approche en matière de financement de la médecine
Une partie distincte de la résolution concerne le fonctionnement du Service national de santé d’Ukraine. L’organisation insiste également sur la transparence du calcul des tarifs du Programme de garanties médicales, avec la publication de la méthodologie utilisée pour leur détermination, des principaux éléments constitutifs du coût des services et de la justification des modifications tarifaires.
En outre, il est proposé que la NSZU [service national de santé] analyse chaque année la conformité du financement prévu par les contrats avec les dépenses réelles des établissements de santé et qu’elle rende publics les résultats de cette analyse.
Les professionnels de santé souhaitent participer à l’élaboration des politiques
La question du dialogue social occupe une place particulière dans la résolution. L’organisation estime que les organisations professionnelles, les syndicats et les représentants du personnel médical doivent être associés à l’élaboration des textes réglementaires et de la politique publique concernant les conditions de travail, la charge de travail et les effectifs.
L’organisation demande notamment aux collectivités locales de mettre en place des programmes locaux visant à attirer et à fidéliser le personnel médical. En outre, les collectivités locales doivent organiser des consultations publiques avant de prendre des décisions concernant la réorganisation, la reconversion ou la fermeture d’établissements de santé municipaux.
Soyez comme nous sommes s’est déclaré prêt à coopérer avec les autorités publiques et les collectivités locales, les associations professionnelles, les syndicats et les partenaires internationaux afin de mettre en œuvre les dispositions de la résolution.
Le document prévoit la transmission de la résolution aux autorités publiques et aux collectivités locales compétentes, ainsi que sa publication dans des sources accessibles au public.
Soyez comme nous sommes, le 7 octobre 2026.
Source : RESU / PLT
07.10.2026 à 14:02
aplutsoc2
Un article de DESK Russie.
Le site DESK Russie est d’orientation politique libérale, pro-capitaliste, mais anti-Poutine et attachée à l’Etat de droit. Nous ne le rejoindrons naturellement pas sur tout ce qui concerne l’histoire des révolutions du XX° siècle et de la Russie. Ses enquêtes sont bien documentées et étayées : c’est le cas de l’important article paru ce 4 octobre, qui a pu passer inaperçu de nos lecteurs militants en pleine déferlante de la jeunesse, sur lequel nous attirons leur attention : Les héros russes de LFI (article non signé, engageant donc la rédaction).
Cet article est centré sur le personnage d’Alexeï Sakhnine, présenté depuis son arrivée en France en octobre 2022, et dès mars 2022, comme l’opposant de gauche russe à Poutine favori de LFI et de Jean-Luc Mélenchon. Nous invitons d’autant plus nos lecteurs à lire ce dossier et à en tirer leurs conclusions, qu’il étaye et repose probablement en bonne partie sur des données sur lesquelles Aplutsoc s’était exprimées ou qu’il avait partagées.
Nous avons en effet réagi immédiatement à l’arrivée en France du groupe de A. Sakhnine dans l’article Regardez nos opposants russes comme ils sont beaux (… et nous embêtez pas avec les Ukrainiens), ainsi que par la réaction de Hanna Perrekhoda A propos des « bons » opposants russes selon LFI/POI, nous avons noté la place particulière de Sophia Chikirou dans ce « dispositif » (25 mai 2025), appelé à la solidarité avec les militantes anarcha-féministes russes et ukrainiennes confrontées aux réseaux masculinistes liés à cette prétendue opposition de gauche à Poutine (8 novembre 2025), publié la traduction de l’important article de Galyna Rymbu à ce sujet, et nous prenons part aux réunions d’information sur les réseaux impérialistes russes en Europe engagée notamment à Marseille.
De toute évidence, le bon dossier publié par DESK Russie s’appuie sur les informations et alertes diffusées par les militants de gauche internationaliste réels, citant notamment Vincent Présumey sur Borotba, une organisation « Potemkine » ukrainienne, Hanna Perekhoda sur la gauche occidentale et l’Ukraine, Alexandre Volodarski, anarchiste ukrainien originaire de Louhansk, sur le rôle pour le moins trouble d’A. Sakhnine « émigré politique russe » en Suède, « avocat très habile de la contre-révolution », écrit-il.
S’il contient des éléments que nous ignorions qui alourdissent encore ce lourd dossier, comme le séjour d’A. Sakhnine en Corée du Nord en octobre 2019, cet article n’est pas pour autant exhaustif sur ce dossier explosif. Explosif pourquoi ?
Parce qu’il met en question, non seulement l’orientation de J.L. Mélenchon sur l’Ukraine, la Russie et la situation internationale, mais la possible présence autour de lui de groupes de pression liés à l’Etat russo-poutinien – disons tout de suite qu’il est probablement dupe, mais cela ne diminue en rien la responsabilité politique.
D’autres personnages que A. Sakhnine sont concernés – l’article de DESK Russie commence à aborder le cas de l’un d’eux, le faux « déserteur ukrainien » Konovalov. Tout cela, en termes de journalisme d’investigation, n’est donc pas le fin mot de l’affaire, mais son premier à cette échelle.
Dans ce cadre, il nous faut souligner un aspect clef qui n’est pas explicité nettement dans cet article : la porte d’entrée de la prétendue « gauche » russe nationaliste dans LFI, et au-delà dans Die Linke avant la rupture du BSW (on va y revenir) et dans la gauche travailliste britannique, c’est le POI et son courant international.
Récemment encore, Informations Ouvrières publiait un article d’Alexeï Sakhnine au nom de l’un des mouvements postiches qu’il a contribué à mettre en place, La paix par en bas, qui, d’une part, tente de s’infiltrer parmi les déserteurs et émigrés russes, et qui, d’autre part, dit préconiser la désertion en masse en Ukraine.
Dans LFI, la plate-forme liée à ces réseaux russes correspond au POI, qui s’est depuis 2022 – à la même date que l’arrivée d’A. Sakhnine en France, qui correspond à l’affaire Quatennens aux relents masculinistes, dont le POI a ardemment pris la défense – imposé comme une sorte de « garde prétorienne », selon la formule (entre autres) de Danielle Simonnet – de J.L. Mélenchon dans LFI, en relation avec Sophia Chikirou, notamment.
La lien POI/BSW.
Or, la relation POI/PSL (Post Sovietic Left, nom que se donne le groupe politique d’A.Sakhnine en émigration) passe par le BSW allemand, ce que souligne d’ailleurs l’article de DESK Russie à partir du cas de Konovalov, cet autre personnage dont la montée en épingle a été organisée entre la direction du POI, Sophia Chikirou et le BSW :
« Il se retrouve aussi sur les mêmes scènes que Michael von der Schulenburg, ancien haut fonctionnaire de l’ONU devenu eurodéputé BSW, qui s’est rendu à Moscou à deux reprises depuis le début de la guerre.
Un autre fil ramène à Andrej Hunko, ancien député Die Linke, aujourd’hui cadre du BSW. En 2014, c’est lui qui avait offert à Sergueï Kiritchouk et à Borotba l’un de leurs principaux accès à la gauche allemande : interviews, rencontres publiques et relais politiques. Plus de dix ans plus tard, Konovalov cite Hunko parmi les responsables européens ayant personnellement exprimé leur solidarité avec la position de PSL.
Le 23 juin 2025, Konovalov participe à Strasbourg à des rencontres avec des parlementaires français et des membres de The Left à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Dans son entretien au site de PSL, il explique avoir été invité notamment par Sophia Chikirou. »
Le même Andrej Hunko, qui pour le POI est un éminent « militant ouvrier » allemand, promouvait, en 2019, aux cotés d’A. Sakhnine, l’ « objecteur de conscience » ukrainien Rouslan Kotsaba pour le prix de la paix d’Aix-la-Chapelle, qui ne lui a finalement pas été remis en raison de ses écrits antisémites (« Les Juifs ont élevé Staline et Hitler ») – qu’il a dit regretter (voir Wikipedia). On retrouve Hunko le 5 mai 2024 à l’assemblée du POI, Espace Charenton.
Et le 20 juin dernier se tenait à Londres, structuré par le POI, sous l’égide des députés LFI Obono et Legavre (POI), un « meeting international contre la guerre », où est intervenu, élément de plus et pas le moindre, du lien POI/BSW, le responsable des jeunesses du BSW Felix Krekow Rojas.
Contorsions du POI et critiques justes mais tronquées du PT.
Notons que le PT (Parti des Travailleurs, qui publie la Tribune des Travailleurs), interpelle, de façon tout à fait justifiée, le POI sur ses liens maintenus avec le BSW même après les élections de Saxe-Anhalt. Le groupe allemand lié au POI, Soziale Politik und Demokratie, est entièrement et publiquement intégré au BSW. La scission de Die Linke et la création du BSW, sur une ligne populiste « de gauche », date de janvier 2024 et s’est faite en relation avec J.L. Mélenchon et le POI, en même temps que se développait le soutien au réseau russe d’A. Sakhnine. Ce lien historique, structurel, n’est plus présentable et assumable aujourd’hui, en raison des positions anti-immigrées et de la connivence BSW/AfD.
D’où vient cette relation ? Regardez les positions de politique internationale, sur la Russie, de l’AfD, du BSW, du POI, et vous avez la réponse en même temps que l’explication de l’importance du petit groupe russe de Sakhnine dans ce réseautage.
Comment se dépatouiller de la situation présente où les liens du BSW avec des gens qui assument le nazisme sont étalés sur la place ? Le 17 septembre, Informations Ouvrières a publié une déclaration de l’AGBBSW, regroupement de syndicalistes du BSW qui s’oppose … parfois en de bien étranges termes, à la collusion avec l’AfD :
« Le BSW ne doit jouer ni dans “l’équipe CDU” ni dans “l’équipe AfD”. Il doit se battre pour les voix contre les deux camps. Dans cette situation, le BSW a besoin d’un nouveau départ.
Il lui faut un profil propre et clair ainsi qu’une défense offensive des intérêts des travailleurs et des “petites gens”. Comme la social-démocratie l’a été à ses meilleures époques (et comme le SPD ne l’est plus depuis très longtemps). Sans effrayer la majorité de la population, comme le fait Die Linke, par des positions ou des comportements mal orientés ou excessifs que seules de petites minorités défendent. »
Comme on le voit, et la référence à la vieille social-démocratie n’est là que pour le décorum, on a là un appel au retour au supposé populisme initial et non pas une rupture claire et radicale avec les post-nazis, non pas l’indépendance de classe, mais la défense des « petites gens » y compris contre Die Linke censé les « effrayer » (par le « wokisme ? le féminisme ? la défense démocratique des migrants ?).
En même temps, dans le même article, le racisme est dénoncé comme un danger et il est souhaité un retour à « une alternative de gauche classique ». Mais une alternative de gauche, plus exactement une alternative de classe, « classique », est-elle possible à une formation construite comme un « mouvement gazeux » autour d’une cheffe ?
Entre les deux lignes sous-jacentes à cet article, un choix est à faire, et, en attendant, le POI maintient le lien avec le BSW qui est lié à l’AfD qui sont liés à Moscou (et à Vance et Musk) !
Autrement dit, il choisit …
Dans la Tribune des Travailleurs et dans une vidéo diffusée par le PT, Dominique Ferré pose très justement la question : « peut-on se revendiquer du mouvement ouvrier et manifester une telle complaisance avec ceux qui pactisent avec les nazis ? »
Et la réponse à cette question devrait être claire pour tout militant ouvrier. Cependant, le PT n’identifie pas les sources de cette complaisance, que nous avons pourtant clairement dans cet autre passage de la déclaration de l’AGBBSW publié par Informations Ouvrières et sur lequel a réagi à juste titre Dominique Ferré :
« Le risque de guerre devient de plus en plus menaçant du fait de l’escalade de la guerre en Ukraine et du conflit contre la Russie, que le gouvernement fédéral et l’Union européenne poussent en avant. Le réarmement massif qu’ils poursuivent accélère simultanément le démantèlement de l’État social. La société se militarise. » « Le BSW doit concentrer son action sur la lutte contre le réarmement et la guerre … ».
Ce point central et causal fonde la persistance du POI à maintenir son groupe allemand dans le BSW … comme il fonde la convergence BSW/AfD …
Le PT, ayant la même position sur la guerre et l’impérialisme russe, ne peut que difficilement mettre l’accent sur ce point, étant d’ailleurs exposé à des risques politiques similaires (les uns et les autres répétant d’ailleurs, et c’est aussi le cas d’A. Sakhnine, être contre la dictature de Poutine, mais …) …
Jusqu’où et jusqu’à quoi ces relations délétères conduiront-elles le POI ? Soyons clairs sur un point : quoi que l’on pense du « lambertisme » d’autrefois, sujet sur lequel j’ai largement écrit, il ne s’agit pas de lui. Lambert a soutenu tous les pays et peuples d’Europe centrale et orientale opprimés et attaqués par la Russie qui dominait l’URSS. Nous sommes là dans un tout autre registre, qui ne relève pas du mouvement ouvrier.
J.L. Mélenchon, lui, s’il veut vraiment gagner contre Marine Le Pen, aurait, si tel est son but, celui pour lequel des masses le soutiennent, tout intérêt à rompre explicitement de tels fils, et à se ranger contre l’impérialisme russe en soutien de l’Ukraine, au lieu de prétendre que la Russie défend ses capitales attaquées comme il l’a fait dernièrement encore …
Vincent Présumey, le 07/10/26.
07.10.2026 à 10:44
aplutsoc
Article mis à jour à 18H45, le 07/10/2026.
Nous reproduisons quelques expressions de structures syndicales de niveau divers portant sur la suite à donner après le succès national de la mobilisation lycéenne du 6 octobre, rejointe par les étudiants, et soutenu par les organisations syndicales ou de parents d’élèves.
Il est d’autant plus regrettable que l’Intersyndicale nationale ait arrêté la date du 5 novembre pour une prochaine journée d’action sur le budget, alors même que les lycéens portent cette problématique d’une façon brulante et incontournable : un budget pour satisfaire les besoins sociaux et rebatir les services publiques ou un budget pour rassasier les détenteurs des titres de la « dette » publique …C’est maintenant qu’il faut frapper pour empêcher un budget Macron / Lecornu / Le Pen.
Déclaration de la section académique de Créteil (93-94-77) SNLC-FO
Déclaration de la confédération CGT
Déclaration de l’Union syndicale Solidaires :
Déclaration de la FSU 03 (Allier ) :
Le communiqué du 07 octobre 2026 de la CGT Educ’ Action :
Le communiqué national de la FSU :
07.10.2026 à 10:14
aplutsoc
Trois semaines après son début, le mouvement lycéen, après s’être élargi à toute la jeunesse scolarisée, est en train de bouleverser en profondeur la situation politique et sociale du pays.
Ce 6 octobre, loin d’être l’acmé de la mobilisation, n’en est que le véritable début, d’abord parce que la stratégie de la tension, savamment entretenue par le gouvernement, a échoué.
En effet, c’est près de 500.000 personnes qui ont manifesté ce mardi pour son Acte III alors que la totalité des universités et plus de la moitié des lycées étaient perturbés, dont même ceux huppés, voire privés.
La participation de profs, de parents, de syndicalistes et d’élu-es, dont celle du Maire de Saint-Denis qui a littéralement donné de sa personne, a permis de laisser la police à distance pour retenir le caractère massif, déterminé et enjoué d’un mouvement pleinement politique qui met l’exécutif sur la défensive comme on a pu le constater à l’Assemblée.
Quel délice aussi de voir les droitards qui lâchent leur fiel sur les plateaux TV se faire reprendre par des jeunes au langage soutenu et aux idées claires.
C’est pour cela que ce qui reste d’intersyndicale doit arrêter ses simagrées, elle qui a lancé la veille sa date de grève pour le 5 novembre prochain : il n’y a pas les adultes qui travaillent et s’engagent sérieusement d’un côté et les jeunes qui étudient et s’expriment spontanément de l’autre, il doit y avoir une seule et même classe qui se met en mouvement comme en Mai 68, qui est dans toutes les têtes.
Nous sommes passés du 11 mai, la nuit des barricades remplacées en 2026 par les blocus, au 13 mai, journée de grève appelée en réponse à la répression étudiante : il nous faut désormais massifier le mouvement pour passer un cran, d’abord en remettant le couvert ce jeudi 8 octobre, puis en visant le million de participant-es samedi 17 octobre, début des vacances scolaires.
On l’a vu lors du CPE, cette période peut être mise à profit pour se coordonner, occuper et développer les grèves dans la durée.
10 ANS (de Macron), CA SUFFIT ! L’IMAGINATION AU POUVOIR !



06.10.2026 à 22:49
aplutsoc
Déferlante. Les chiffres centralisés par la CGT et les organisations lycéennes sont de l’ordre de quelques centaines de milliers. Disons-le : la réalité est probablement supérieure. La jeunesse, comme sujet social, se constitue dans un affrontement suscité par les lycéens, qui entraîne toutes les autres couches de jeunes et au-delà, dans tout le pays. Aujourd’hui, ils ont mis les syndicats et une grande partie des professeurs avec eux, et l’appui de la population. Déferlante ; la seule comparaison historique, c’est le 13 mai 1968.
La question du pouvoir est posée et les présidentielles n’en sont pas l’issue, mais l’obstacle. Dans les manifestations, outre les Marseillaises portées par les voix des filles, deux slogans : Macron démission et La jeunesse emmerde le Front National. Deux slogans liés, indissociables, par lesquels l’affrontement social et politique direct commence. Question du pouvoir et question du RN deviennent, avant même la présidentielle, la même question : celle de la V° République, de l’État.
Le pouvoir est ébranlé.
D’un côté, le ministre Nunez ne veut pas avouer qu’il a ouvertement appelé ses troupes à la violence, et a tenté de limiter les dégâts aujourd’hui par des consignes de mises à distance, mais nullement appliquées partout. On aurait déjà pu avoir des morts, on a des jeunes, des enfants, défigurés et mutilés à vie. Et cela va continuer tant que cet appareil d’État ne respectera pas le droit, ne sera pas mis au pas.
De l’autre côté, Lecornu suivi par Geffrey désorganisent les lycées, les ferment par centaines, puis proclament un enseignement en « distanciel » irréalisable, et maintenant appellent à des assemblées lycéennes… tenues par les proviseurs !
Les proviseurs refusent : ils ont raison… mais qu’ils laissent donc enfin les lycéens tenir leurs assemblées générales par eux-mêmes dans les lycées, au lieu de les jeter à la rue pour ne pas être responsables de ce qui pourrait arriver !
Cette crise au sommet, où ils commencent à ne plus pouvoir, et ce mouvement d’en bas maintenant vertébré par le soulèvement de la jeunesse, où l’on n’accepte plus, se cristallise sur un premier point qui s’appelle : budget.
Macron et Lecornu veulent un budget de guerre sociale et ont besoin de Marine Le Pen pour cela. Elle veut le leur donner, et annonce qu’au pouvoir, elle fera encore plus de prétendues « économies » au service des marchés financiers.
Donc, dans l’immédiat, « Macron démission » et « La jeunesse emmerde le Front National », cela veut dire : « À bas le budget ! ». À bas le budget Macron/Le Pen : la bataille pour battre et défaire Le Pen commence par la bataille pour battre et défaire le budget, incompatible avec n’importe laquelle des revendications lycéennes, de la réfection des locaux à la baisse des effectifs par classes.
Battre le budget, c’est la première manche pour battre Macron, Le Pen et la V° République. Le débouché politique n’est pas la présidentielle, c’est l’affrontement social disloquant l’appareil d’État pour imposer lui-même l’élection des représentant.e.s du peuple constituant.
Bien sûr, la ponte hier soir par l’intersyndicale (sauf Solidaires) d’un appel à une journée d’action contre le budget le… 5 novembre prochain, ne correspond pas au mouvement tel qu’il est engagé.
Celui-ci va chercher à s’amplifier encore et rapidement. Les lycéens vont repartir au combat dès jeudi, les facs partent en grève, le SNES-FSU dit envisager un appel à la grève des professeurs rapidement.
Et ce mouvement va chercher à se centraliser. Dans toutes les villes, il s’est dirigé sur les préfectures et sous-préfectures où des lycéens ont souvent été longuement reçus, ayant des listes précises de revendications : leur satisfaction est contradictoire avec le budget en préparation. La montée sur Paris, sur le pouvoir, va se dessiner.
Comment gagner, telle est la question de notre assemblée-débat du 18 octobre prochain. Les travaux pratiques ont commencé.




05.10.2026 à 12:25
aplutsoc
Rappel : Journaliste, Giorgos Mitralias est l’un des fondateurs et animateurs du Comité grec contre la dette, membre du réseau international CADTM et de la Campagne Grecque pour l’Audit de la Dette. Membre de la Commission pour la vérité sur la dette grecque et initiateur de l’appel de soutien à cette Commission.
Cet article du militant internationaliste Giorgos Mitralias brossant un début d’analyse de la montée en puissance d’une nouvelle gauche radicale à l’échelle internationale (États-Unis, France, Allemagne, Espagne) mérite réflexion et discussion. En Espagne le combat pour le droit au logement se développe par les manifestations et occupations des places publiques : les salariés et la jeunesse renouent avec le mouvement d’auto-organisation, dont ils ont été dépossédés par l’évolution droitière du parti Podemos dans les institutions monarchiques de l’Espagne. Aux États-Unis le mouvement de Mandani dans la jeunesse a conquis la mairie de New York sur la question du logement et met à l’ordre du jour la construction d’une alternative se situant sur le terrain de l’émancipation sociale et socialiste. En Allemagne les Linke, qui avaient été éprouvés par l’opération populiste de Sahra Wagenknecht, en s’appuyant sur une campagne dans la jeunesse du même type qu’à New York, font une percée remarquable à Berlin.
Ce texte a été publié au moment où commençait en France le mouvement des lycéens contre les mesures de démantèlement de l’école publique. Dans l’article de Svobada que nous publions aujourd’hui « l’arme nucléaire doit-elle tirer ? », Poutine explique : « [qu’il] espère que Marine Le Pen ou son parti remportera l’élection présidentielle française en avril prochain. Il se croit donc en bonne voie. » Il faut y ajouter la montée en puissance de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) un parti néo-nazi dans les Länder de l’ex-RDA. Le mouvement en France des lycéens contre la répression policière, entraînant les étudiants met pour le mardi 6 octobre les organisations syndicales en position de monter en ligne. La force de ce mouvement, c’est qu’il se construit, comme en Espagne, sur l’auto-organisation. Ce mouvement nous sauvera-t-il du cauchemar d’un face-à-face Le Pen-Mélenchon au deuxième tour de l’élection présidentielle de mai 2027, représentants de deux partis qui s’affichent pro-poutiniens. Les déclarations récentes du leader France Insoumise ont fait de l’Ukraine l’État agresseur. Les propos de Giorgos Mitralias sur France Insoumise demanderaient à être discutés.
Sommes-nous à un tournant pour une recomposition d’une gauche radicale à l’échelle internationale ? La décomposition des vieux partis, sociaux-démocrates et staliniens, qui ont exercé les pouvoirs dans le sens de la gestion du néo-libéralisme, en désespérant les opprimés, ont ouvert la voie du pouvoir aux formations d’extrême droite. Est-ce le moment d’une inversion de la situation ?
RD, le 04/10/2026.
