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Le Travailleur Alpin

Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

Publié le 21.04.2026 à 13:00

Travailleur Alpin

« Moi, j’ai appris à compter en CP » : c’est avec son style inimitable qu’Allan Brunon, leader insoumis grenoblois à la tête d’un groupe de huit élus métropolitains, a interpellé Guillaume Lissy, maire socialiste de Seyssinet-Pariset et candidat de la gauche à la présidence de la Métropole.

Une pratique qui n’est pas sans rappeler la campagne de l’entre-deux-tours grenoblois, où l’insoumis n’avait eu de cesse de multiplier les sorties en forme de tacle à ses partenaires de gauche, s’en prenant notamment publiquement à François Ruffin – qualifié par Allan Brunon d’ « hypocrite » venant « parader sur le thème de l’union » – à l’occasion de sa participation au meeting de second tour de la liste de gauche. Meeting auquel la France insoumise n’avait d’ailleurs visiblement pas souhaité participer.

Les maths et la « fusion technique »

Seul souci : les insoumis ne sont pas en position de « faiseurs de roi » pour l’élection à la présidence de la Métropole, puisque leurs huit voix ne suffisent pas à assurer la victoire du candidat de gauche.

De fait, l’issue du scrutin dépendra du vote de chacun des élus du groupe des « petites communes ». Nombre d’entre eux, de sensibilité de gauche ou ayant participé à la gouvernance durant le précédent mandat, pourraient bien ne pas apprécier une profonde inflexion à droite de l’institution, au travers de la candidature de Raphaël Guerrero et de l’alliance assumée avec les élus de droite qu’elle incarne…

Par ailleurs, alors que les élus insoumis assument une « fusion technique » les positionnant comme le « premier groupe d’opposition municipale » à la ville de Grenoble, on imagine mal leur groupe adopter une position moins ferme à la Métropole.

Changement de ligne politique

En effet, même si des élus LFI ont précédemment occupé de hautes responsabilités dans les précédents mandats – présidence du bailleur ACTIS avec Elisa Martin, vice-présidence aux équipements sportifs avec Thierry Semanaz, présidence de la société mixte gérant les parkings couverts avec Alban Rosa… –, démontrant par là même que les insoumis peuvent être « des élus comme les autres », il semble clair que la nouvelle ligne stratégique incarnée par Allan Brunon n’entend pas s’encombrer des contradictions inhérentes à l’exercice du pouvoir local.

Reste donc la question de fond : cette ligne entend-t-elle servir de marche-pied à la droite, dans une logique de « terre brûlée » bien connue ?

Des conditions programmatiques… conformes aux programmes déjà défendus par les élus de gauche

Pour justifier leur crispation métropolitaine, les insoumis mettent en avant des « lignes rouges » programmatiques, au premier rang desquelles les transports et le logement.

Si la démarche semble louable, on peine à comprendre le degré d’agressivité de son expression. Tous à gauche en effet s’accordent désormais sur la possibilité d’avancer sur la gratuité des transports le week-end, où plus globalement la gratuité des transports est assumée comme une visée tant par les communistes que par les écologistes, et où Laurence Ruffin a annoncé préparer le lancement d’une « brigade municipale de réquisition des logements vacants », dans la lignée du travail de fond réalisé par l’élu communiste sortant Nicolas Beron Perez.

Ce qui est certain toutefois, c’est que le suivi du dossier de l’occupation du siège métropolitain n’aurait pas eu la même tonalité avec une présidence de droite, là où le tandem Christophe Ferrari – Jérôme Rubes n’a pas compté ses heures pour trouver des solutions de relogement dignes et répondre à la crise sociale… pour ne citer qu’un exemple.

La FI au pied du mur

La France insoumise est donc confrontée à son premier choix décisif, au-delà du confort des postures : va-t-elle assumer d’abandonner celles et ceux qu’elle ambitionne de défendre, au prétexte qu’elle n’a pas les moyens d’être majoritaire sur l’intégralité de ce qu’elle réclame ?

Va-t-elle miser sur une défaite de la gauche pour espérer se positionner en recours, quand bien même les premières victimes d’un basculement à droite de l’intercommunalité seraient les classes populaires et les plus précaires, ou est-ce qu’une ligne de responsabilité assumée l’emportera, au nom de l’intérêt de celles et ceux qui lui ont fait confiance dans les urnes ?

La réponse à cette question ne sera connue que le jeudi 23 avril, mais une chose est sûre, elle déterminera plus qu’on ne le croit les capacités d’implantation future de la France insoumise sur le territoire…

Robert W. Wellnes

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Publié le 20.04.2026 à 15:12

Travailleur Alpin

Une expression qui était attendue. Ce dimanche 19 avril, Christophe Ferrari publiait une déclaration où il confirmait ne pas être candidat à sa succession à la tête de la Métropole.

Un texte qui posait également une proposition de cap : conserver une présidence et des orientations clairement de gauche, tout en ouvrant plus largement la gouvernance aux différentes composantes du territoire. Si celui qui avait tenu en 2020 à conserver une majorité et un exécutif ancrés à gauche incite aujourd’hui à faire un pas vers une forme d’ouverture, il n’en demeure pas moins que cette déclaration tranche avec l’orientation incarnée par le maire de Jarrie, lui-même candidat à la présidence.

Raphaël Gerrero assume en effet de porter un projet de « majorité territoriale » sans référentiel politique, afin d’intégrer aussi bien la gauche que la droite, comme si gestion et politique étaient deux mondes séparés hermétiquement…

Gauche et droite : inventaire de désaccords très politiques

Il suffit pourtant de se pencher sur les dernières années du mandat pour mesurer rapidement combien les valeurs politiques des uns et des autres s’incarnent sur des votes importants.

Premier exemple, hautement symbolique dans la société contemporaine : l’égalité femmes-hommes. Le 20 décembre 2024, les groupes de droite [CCM et GO, « droite républicaine » et « droite carrignoniste », ndlr] refusaient de voter le plan d’action métropolitain 2025–2027, tout comme le dispositif d’autorisations spéciales d’absences « deuxième parent », congés menstruel » et « interruption de grosses », s’alignant de fait sur le positionnement conservateur des services de l’Etat.

Second exemple, la politique du logement, dans une agglomération qui compte près de 18 000 foyers-demandeurs en attente de logement social, et où la pression foncière fait peser un coût certain. Ici, la droite s’est frontalement opposée au plan local de l’habitat 2025–2030.

« Il faut être amnésique »

Une constance que l’on retrouve dans de nombreux votes, où les élus de droite refusent de soutenir des projets, émanant y compris de communes de leur propre obédience, à l’image de l’opération initiée par l’EPFL (établissement public foncier local) au 2 rue de la République à Claix…

Ces élus ont aussi refusé de voter le financement du plan « Logement d’abord », et refusé de voter les subventions relatives à la politique de l’habitat, destinées à financer les services assurés par l’agence SOLIHA ou encore l’association Un toit pour tous… Au global, on ne compte plus les délibérations relatives à ces compétences que les élus de droite n’ont pas votées.

À de très nombreuses reprises donc, la droite s’est fermement opposée aux politiques métropolitaines concernant l’habitat, faisant dire à un élu métropolitain qu’« il faut être amnésique pour penser qu’on pourrait maintenant mener ces politiques publiques bras dessus bras dessous avec eux : ils s’y opposent sur le fond ! ».

Le RER métropolitain n’a pas besoin d’un coup de frein

Mais l’inventaire des désaccords marqués par des votes importants ne s’arrête pas là, et les questions d’écologie concrète ne sont pas en reste.

En décembre 2025, les élus de droite ont en effet refusé l’avenant à la convention de financement relative aux études préalables concernant le service express régional métropolitain (SERM), plus communément appelé RER Métropolitain.

Tout comme ils n’ont pas voté la création des réseaux de chaleur urbains sur les communes de Vizille et Varces, lors du conseil métropolitain du 11 juillet 2025…

Des votes là aussi constants, incarnés notamment par le rejet du plan climat air énergie territorial (PCAET), document-cadre récapitulant les ambitions et objectifs en terme de politiques écologiques.

Le 23 avril, la Métropole choisit sa voie

Nombre des politiques auxquelles les élus de droite se sont opposées étaient jusqu’alors conduites par des élus aujourd’hui membres du groupe NMC (« petites communes ») – à l’image des sujets relatifs au plan local d’urbanisme intercommunal, pilotés par le maire de Poisat, Ludovic Bustos. Dans ces conditions, on peine à voir comment l’intégration pleine et entière des élus de droite proposée par Raphaël Gerrero pourrait se traduire par autre chose que par un reniement en actes de nombreuses politiques publiques conduites ces dernières années… Surtout si la proposition de Raphaël Gerrero dépend, ce qui semble se dessiner, du soutien du groupe des héritiers d’Alain Carrignon et des deux élus du RN pour dégager une majorité…

A l’inverse, le maire de Seyssinet-Pariset, candidat soutenu par des communes de gauche de toutes tailles, s’il propose un respect des maires élus et de toutes les composantes du conseil métropolitain, incarne aujourd’hui une continuité et une ambition collective renouvelée sur ce qui faisait jusqu’à présent l’ADN des orientations de la Métropole.

Une Métropole qui est donc bel et bien à la croisée des chemins.

Verdict dans l’après-midi du jeudi 23 avril…

Robert W. Wellnes

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Publié le 19.04.2026 à 17:20

Luc Renaud

La météo printanière était de la partie, les militants à pied d’œuvre : toutes les conditions étaient réunies pour cette belle journée de pleine nature, le safari pêche que les communistes de la vallée organisent chaque année au mois d’avril.

Cette année, c’est dans un nouveau cadre que la manifestation était organisée. Lieu habituel de ce rendez-vous, les étangs de Montfort, à Crolles, ne sont pour l’heure plus susceptibles d’accueillir ce type de pêche, menacés par un risque de phénomène d’eutrophisation. Ce sont donc les étangs de Maupas, au Cheylas, qui ont accueilli l’édition 2026 de ce safari pêche.

Un changement de lieu, mais toujours la convivialité au rendez-vous. Et un beau succès pour les organisateurs. Quarante-neuf pêcheurs ont pu faire la démonstration leur savoir faire, une centaine de repas a été servi et le blanc de Savoie d’un petit producteur a tenu la vedette de la buvette. Sans oublier le bonheur des enfants qui accompagnaient leur famille dans un cadre idyllique.

De belles rencontres, où l’on parle politique et de beaucoup d’autres choses ; un rendez-vous qu’il convient d’inscrire dans ses tablettes.

Un samedi de pleine nature à proximité de l’Isère.
Une centaine de repas, une paella appréciée, a été servie.
La pêche, tout un art.
La buvette, pour échanger les dernières infos.
De très belles prises.
Rendez-vous l’année prochaine.

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Publié le 19.04.2026 à 12:12

Luc Renaud

Christophe Ferrari, président sortant de Grenoble Alpes métropole, ne sera pas candidat à un troisième mandat à la direction de la métropole grenobloise. C’est ce qu’il annonce ce dimanche : « je constate que les conditions politiques d’un rassemblement autour de ma candidature ne sont pas réunies. Je ne serai donc pas candidat à la présidence de la métropole ».

Cette déclaration s’inscrit dans ce qui prend la forme d’un « testament politique ». Il constate tout d’abord que « la gauche demeure aujourd’hui la force majoritaire de l’assemblée métropolitaine. Elle est donc légitime à présider la métropole et à en constituer le socle politique principal. Vouloir contourner cette réalité démocratique reviendrait à nier le verdict des urnes. »

Un socle à gauche, ouvert à la droite, propose le président sortant

C’est dans le cadre de ce constat que le président sortant se prononce pour « une majorité territoriale large, stable et cohérente, en laissant en dehors de l’exécutif métropolitain toutes les oppositions municipales, en respect des maires et de leurs équipes municipales : notamment le RN, les élus de la liste d’Alain Carignon et les élus LFI grenoblois. »

Cette « majorité territoriale », Christophe Ferrari l’oppose à une gouvernance qui associerait les forces de gauche et les petites communes : le maire du Pont-de-Claix estime «  qu’il n’existe pas, à ce stade, de dynamique suffisamment forte, de volonté suffisamment partagée pour envisager ce scénario ». Pour Christophe Ferrari, « majorité territoriale » signifie donc « un socle très majoritaire d’élus de gauche et de petites communes, et une place juste accordée à la droite et au centre droit au sein de l’exécutif et plus largement dans la gouvernance métropolitaine ». Concrètement, « cela pourrait notamment se traduire par des responsabilités confiées au centre droit et à la droite en matière de mutualisations entre les communes et la métropole, ou encore en faveur de la proximité, de la territorialisation de l’action publique, ou encore de travaux de gros entretien et de renouvellement de l’espace public pour lesquels des délégations d’élus de secteur, de toute obédience politique, pourraient être mises en œuvre ».

Si cette perspective que le président sortant appelle de ses vœux ne se concrétisait pas, « alors nous irons vers un système bloqué, lent, impuissant, où chacun cherchera à faire perdre l’autre plutôt qu’à faire gagner le territoire », prédit-il. Difficile, pourtant, d’associer une présidence de gauche et un « socle politique principal » de la métropole à gauche, avec « des responsabilités confiées au centre droit et à la droite » pour mettre en œuvre des politiques publiques de gauche.

Pour l’heure, trois candidats se sont déclarés

Le président sortant de la métropole donne également son avis sur les grands axes de ce que pourrait être les politiques mises en œuvre au cours du prochain mandat. Il cite ainsi la construction de logements, notamment sociaux ; la lutte contre la misère et l’exclusion, le développement économique ; l’entretien des espaces publics ; la transition écologique… Dans le domaine des transports, il appelle à la création d’une police des transports qui permettrait, selon lui, une augmentation de l’utilisation des transports publics.

Trois candidats se sont aujourd’hui déclarés pour succéder à Christophe Ferrari : Guillaume Lissy, maire de Seyssinet-Pariset, soutenus par les élus de gauche, Allan Brunon pour le groupe La France insoumise, et Raphaël Guerrero, maire de Jarrie, choisi pour porter la candidature du groupe Notre métropole commune auquel appartient Christophe Ferrari.

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Publié le 16.04.2026 à 17:31

Luc Renaud

Rendez-vous manqué. La déléguée du procureur de la République a reporté la convocation à une date ultérieure, le 2 juin à 14h30 au palais de justice de Grenoble.

Ce 16 avril, Baptiste Anglade devait être entendu dans le cadre de la procédure initiée à la suite d’une plainte nominative de la direction d’Ocellia, organisme de formation d’étudiants se destinant aux métiers du social. Cette convocation devait permettre un « classement sous conditions en vue d’un avertissement pénal probatoire ». Autrement dit, une sorte de reconnaissance de l’infraction supposée, ce que « je ne vais évidemment pas faire », précisait ce 16 avril le syndicaliste CGT.

Une centaine de personnes ont participé au rassemblement de solidarité.

Car ce qui est en cause relève bien de l’activité syndicale. Le 10 septembre 2025, Baptiste Anglade – accompagné d’une bonne dizaine de personnes – était venu apporter le soutien de la CGT action sociale aux étudiants qui tenaient un piquet de grève devant l’établissement. Ce qui a suffi à la direction d’Ocellia pour le désigner comme « fauteur de trouble ».

C’est donc cette plainte qui n’est pas classée sans suite et qui donne lieu à ce « classement sous conditions ». On imagine la difficulté juridique d’un tel dossier.

Baptiste Anglade, syndicaliste CGT, était par ailleurs candidat du NPA‑r lors de la dernière élection municipale à Grenoble.

Quoiqu’il en soit, une quarantaine de syndicats, partis et mouvements ont marqué leur solidarité face à ce qui relève de la remise en cause des libertés syndicales. Une centaine de personnes se sont rassemblées ce 16 avril devant l’hôtel de ville d’Echirolles, où était initialement programmée l’entrevue avec la déléguée du procureur.

« Je suis fier d’être un militant syndical », nous disait Baptiste Anglade.

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Publié le 14.04.2026 à 16:53

Luc Renaud

La fédération de l’Isère du Secours populaire français appelle à des dons financiers qui peuvent être envoyés au 8 rue des Peupliers, 38100 Grenoble (préciser fonds d’urgence) ou par internet en suivant ce lien.

« Aujourd’hui, l’urgence est extrême. Au Proche-Orient, des populations civiles entières vivent sous les bombes. Des familles sont brisées, des enfants terrorisés. Nous assistons au massacre d’innocents dont des milliers d’enfants. Au Liban, notre partenaire DPNA (Development for People and Nature Association) a dû évacuer ses locaux alors que ses volontaires apportent la solidarité aux victimes civiles. Le Secours populaire français appelle à la solidarité et une mobilisation immédiate, massive, déterminée pour collecter les moyens nécessaires permettant de maintenir l’espoir et de soutenir celles et ceux qui, sur le terrain, tiennent encore », précise l’appel du SPF.

La fédération rappelle que le Secours populaire français s’est forgé dans la résistance française et qu’il appartient dans le monde à un vaste réseau de deux cents partenaires qui refusent la fatalité et agissent, partout, auprès des plus vulnérables. Des origines et des liens qui confèrent une dimension essentielle à l’engagement du Secours populaire en faveur de la solidarité internationale.

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Publié le 14.04.2026 à 11:27

Luc Renaud

« Les Cubains sont depuis toujours la minorité vivant aux États-Unis qui se rend le plus souvent dans le pays de ses origines. Imagine-t-on un réfugié politique des dictatures chilienne ou argentine aller passer ses vacances dans le pays qu’il a fui ? » La question était posée par Salim Lamrani, professeur des universités en histoire de l’Amérique latine, lors de la conférence débat donnée le 11 avril dans les locaux du PCF à Grenoble. Ce rendez-vous avait été organisé par la section communiste de Grenoble et l’association Acip-Asado – Association pour la coopération inter-peuples / Actions de solidarité avec les peuples d’Amérique latine et pour la diffusion des cultures d’origine. Elle s’inscrivait dans le cadre de la journée nationale de mobilisation organisée par le PCF contre le blocus de Cuba par les États-Unis.

Salim Lamrani, professeur des universités en histoire de l’Amérique latine.

Soirée riche en informations. Sur l’ancienneté des tentatives impérialistes des États-Unis à Cuba et plus généralement dans l’ensemble de l’Amérique latine. À Cuba, la colonisation espagnole a pris fin en 1898 à la suite d’une guerre de libération de trente ans. Dès 1901, l’armée américaine prend pied sur l’île. Sous des régimes d’ingérence divers, l’île demeure assujettie au voisin états-unien – implantation de la mafia et des multinationales… – jusqu’à la révolution libératrice de 1959.

Et c’est le début d’une avalanche de lois et de décrets pris par tous les gouvernements qui se sont succédés aux États-Unis depuis 66 ans pour asphyxier l’économie cubaine. Salim Lamrani livrait un large aperçu de cet état de siège condamné tous les ans depuis trente-trois ans par la quasi unanimité des États membre de l’ONU à coup de lois extra-territoriales et même parfois rétroactives, évidemment contraire au droit international. Jusque dans des détails ubuesques : un citoyen américain qui se rend au Chili, achète du vin, se rend à Grenoble en faisant escale à la Havane, n’a pas le droit de boire de ce vin à Grenoble : il est passé par Cuba. Des restrictions du commerce avec l’île sont imposées à toute la planète sous peine d’amendes – Airbus ne peut pas vendre un avion à Cuba – interdiction d’accès au financement de l’économie, limitations confinant à l’interdiction pour des Cubains résidant aux États-Unis d’envoyer des fonds à leur famille…

Vincent Boulet, responsable du secteur international du PCF.

Cet état de siège a connu une aggravation brutale avec la nouvelle arrivée de Trump au pouvoir et le blocus pétrolier. Une situation dramatique imposée au peuple cubain que dénonçait notamment Vincent Boulet, responsable du secteur international à la direction nationale du PCF. Le blocus total de l’île entraîne des conséquences dramatiques pour la population cubaine. Ce sont des hôpitaux paralysés faute d’électricité produite par des centrales électriques alimentées par des hydrocarbures. Une production agricole qui ne peut être acheminée vers les villes, faute de moyens de transport. Des difficultés pour étudier, travailler… « Cette situation est la plus grave depuis des décennies d’état de siège américain », s’indignait Vincent Boulet en saluant le courage des Cubains qui refusent de céder et de se soumettre à la puissance impérialiste états-unienne.

Face à l’urgence, le PCF organise une campagne nationale de collecte de dons pour faire parvenir de l’aide humanitaire à la population cubaine.

Un large public pour cette conférence.

Plus largement, ce sont les modalités de la solidarité qui étaient débattues ce 11 avril au siège grenoblois du PCF. Le gouvernement français comme d’ailleurs l’Union européenne restent silencieux face à l’agression de l’île et la remise en cause du droit international, le « deux poids deux mesures » à Cuba comme à Gaza. « Tous ce que nous pourrons faire pour briser le mur de silence sera une aide à Cuba », disait Vincent Boulet. L’expression d’une solidarité qui s’inscrit dans un cadre plus large au niveau international. « Notre pays doit s’inscrire dans le mouvement qui prend forme avec l’émergence de ce que l’on appelle le « Sud global » et qui témoigne de l’aspiration des peuples et des États, sous des formes très diverses, de trouver des voies autonomes de développement », estimait Vincent Boulet. En relevant que les États-Unis ont échoué dans toutes leurs tentatives, depuis cinquante ans et la guerre du Vietnam, pour imposer leur loi : la crise du capitalisme, plus particulièrement depuis 2008, sa phase actuelle d’impérialisme renouvelé conduit à une impasse toujours plus meurtrière. « La France doit se tenir aux côtés des nations émergentes et d’un nouvel ordre mondial dans le respect du droit international et de la souveraineté des nations », insistait Vincent Boulet.

Le soutien à Cuba face à l’agression états-unienne est partie prenante de la construction d’un nouvel ordre international.

La soirée s’est achevée autour d’un buffet de spécialités latino-américaines préparées par les militants de l’Acip-Asado et un concert de chansons cubaines.

Emeric Vibert, secrétaire de la section communiste de Grenoble lors du rassemblement rue Félix Poulat.
La soirée s’est conclue en musique.

Cet article Grenoble. Solidarité avec Cuba face à l’agression états-unienne est apparu en premier sur Travailleur alpin.


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