Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français
Publié le 24.04.2026 à 17:49
Manuel Pavard« On se croirait au conclave. » La phrase, entendue au détour d’une conversation dans les couloirs du siège de la Métropole, résumait parfaitement la situation quasi ubuesque vécue ce jeudi 23 avril. Comme au Vatican, on a longtemps guetté la fumée blanche en provenance de l’hémicycle où le nouveau conseil métropolitain devait élire non pas le Pape, mais le successeur de Christophe Ferrari à la présidence. Mais à un peu plus de 2 heures du matin, au moment où le dénouement paraissait plus proche que jamais, Guillaume Lissy, l’un des deux favoris, a été victime d’un malaise. Ce qui a conduit la présidente Françoise Fontana à clore la séance, reportée au jeudi 30 avril.
Les 110 conseillers métropolitains n’ont pas réussi à départager les candidats au terme d’une séance de près de treize heures.On était alors sur le point de procéder au troisième tour du scrutin. Trois candidats restaient en lice, après le retrait, quelques minutes auparavant, d’Allan Brunon (la France insoumise). Le maire PS de Seyssinet-Pariset donc, pour l’union de la gauche (PS, PCF, Les Écologistes…), avec le soutien notamment des municipalités de Grenoble, Échirolles et Saint-Martin-d’Hères ; son principal rival Raphaël Guerrero, maire de Jarrie, soutenu par les « petites communes » et la droite ; le RN Enzo Billon, élu d’opposition à Échirolles.
Dix-huit suspensions de séance
Si la candidature d’extrême droite — créditée à chaque fois de deux voix — était symbolique, les deux autres se tenaient, eux, dans un mouchoir de poche. Deux candidats arrivés au coude-à-coude lors des deux premiers tours, représentant deux blocs d’importance relativement égale : 50 puis 51 voix pour Raphaël Guerrero, 47 voix aux deux tours pour Guillaume Lissy. Avec Allan Brunon en arbitre et faiseur de rois, grâce aux neuf puis huit voix récoltées par l’élu LFI à Grenoble. Pour rappel, il faut en en effet obtenir la majorité absolue pour être élu au premier ou au second tour, le troisième tour se jouant en revanche à la majorité relative.
Le maire de Jarrie Raphaël Guerrero, soutenu par le centre et la droite et une grande partie du groupe des « petites communes ».Mais entre ces tours de scrutin, il y a surtout eu une interminable attente. Débutée à 13h30, la séance s’est ainsi achevée près de treize heures plus tard. Car après les prises de parole des quatre hommes et de leurs soutiens, suivies du vote électronique, les suspensions de séance se sont enchaînées de façon presque ininterrompue. Dix-huit au total, d’une durée variant de trente minutes à une heure.
Un impératif, rassembler toute la gauche
Des suspensions rythmées par les discussions de couloir et d’intenses négociations, plus ou moins secrètes, entre les élus des différents groupes. Tout l’enjeu étant, pour Raphaël Guerrero et Guillaume Lissy, de convaincre davantage de conseillers métropolitains que son adversaire en vue du troisième tour. Avec, pour l’édile socialiste, un impératif : rassembler toute la gauche — La France insoumise incluse — derrière son nom, condition sine qua non pour doubler sur le fil l’ancien vice-président aux finances.
Guillaume Lissy présente sa candidature, soutenue notamment par Laurence Ruffin (au premier plan).À l’ouverture du conseil pourtant, ce dernier objectif avait tout du vœu pieux, au vu du gouffre apparent séparant les insoumis du reste de la gauche. Fidèle à son style, Allan Brunon a ainsi ouvert le bal en attaquant frontalement ses adversaires, ne ménageant pas plus Guillaume Lissy que Raphaël Guerrero, loin s’en faut. « Ces deux candidats tiennent la même ligne politique », a‑t-il fustigé, affirmant porter une « ambition de rupture ».
Allan Brunon (LFI) a réussi à s’imposer en arbitre avec ses huit voix potentiellement décisives.Peu importe que l’un soit soutenu, par exemple, par les élus écologistes et communistes du territoire et l’autre notamment par la droite carignoniste. Pour le candidat LFI, c’est — ou c’était alors — blanc bonnet et bonnet blanc. Il reprochait notamment à Guillaume Lissy une prétendue volonté « d’intégration de la droite » à son futur exécutif métropolitain, ce dont se défendait pourtant le maire de Seyssinet-Pariset.
« Ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous sépare »
Se disant « très respectueux des engagements et des convictions » d’Allan Brunon, Guillaume Lissy a toutefois déploré « les outrances » du militant insoumis. Mais sans renoncer à tendre la main à l’ensemble du camp progressiste et même, plus largement, aux élus du groupe des « petites communes ». « Je veux dire à tous ceux dont je partage les valeurs et les combats, que ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous sépare, a‑t-il souligné. Nous défendons un idéal républicain sur lequel nous pouvons toutes et tous nous retrouver. »
Guillaume Lissy a regretté que certains élus n’aient pas accepté sa main tendue.Guillaume Lissy a également loué le « projet clair et ambitieux » construit, ces dernières semaines, avec les élus de gauche rassemblés. Un projet « qui insiste sur les transitions, sur la solidarité, sur la démocratie, qui protège les plus fragiles et qui permet à notre territoire d’avancer », a‑t-il précisé.
Raphaël Guerrero a insisté sur le compromis, sans faire oublier une candidature penchant davantage à droite de par ses soutiens.De son côté, Raphaël Guerrero s’est présenté comme « le seul à pouvoir rassembler et continuer le travail » de Christophe Ferrari, prétendant incarner une candidature « du compromis et de la coopération entre les 49 maires » du territoire. Mais « compromis ne veut pas dire consensus mou », a ajouté le maire de Jarrie. Un candidat s’affichant officiellement rassembleur mais néanmoins soutenu par la totalité des élus de droite, de la majorité fontainoise à l’opposition grenobloise.
La juste place de la ville-centre
Toujours dans cette optique, Raphaël Guerrero a d’ailleurs de nouveau lancé un appel à la maire de Grenoble. Peine perdue car Laurence Ruffin ne s’est évidemment pas laissée berner, demeurant fidèle à ses engagements. « La ville de Grenoble s’inscrit dans un collectif conduit par Guillaume Lissy », a‑t-elle rappelé dans l’hémicycle. « La ville-centre n’est pas là pour prendre toute la place, a poursuivi la maire. Mais sans la ville-centre, la Métropole ne fonctionnera pas. »
Les élus ont fini exténués après une séance ayant approché les treize heures.Chat échaudé craint l’eau froide en effet. Pas question, pour Laurence Ruffin, de revivre le conflit larvé ayant déchiré la gauche, entre Christophe Ferrari et Éric Piolle. « Nous l’avons déjà vécu lors du dernier mandat et personne ne souhaite que cela se passe à nouveau comme ça », a assuré la maire, promettant d’adopter une nouvelle « gouvernance apaisée ».
Amandine Demore est intervenue pour soutenir Guillaume Lissy.Autre soutien du maire de Seyssinet-Pariset, son homologue d’Échirolles Amandine Demore a elle aussi pris la parole avant le vote. « Faire corps autour de cette candidature, c’est choisir l’équité territoriale plutôt que la hiérarchie des territoires, c’est affirmer que les communes méritent toutes d’être entendues, quelle que soit leur taille. C’est pour cela que nous devons nous rassembler autour de cette candidature et de ce projet, pour sortir de la logique de blocage et aller vers quelque chose de positif, de constructif », a lancé la maire communiste.
On repart à zéro le 30 avril
Une logique de blocage qui a pourtant prévalu pendant de longues heures, donnant aux observateurs extérieurs une impression de statu quo… Jusqu’au tournant survenu peu avant 2 heures du matin. Les négociations entre LFI et le reste de la gauche venaient enfin d’aboutir à un « accord technique », glissait Allan Brunon. Indiquant avoir reçu des gages de la part de Guillaume Lissy et son équipe sur la non-ouverture à droite de son exécutif, il acceptait de retirer sa candidature avant le troisième tour.
Au premier plan, les élus communistes d’Échirolles ; au fond, le RN Enzo Billon.Les cartes étaient alors totalement rebattues, Guillaume Lissy passant d’outsider à favori grâce aux huit voix promises des insoumis. Tout cela avant son malaise — heureusement sans gravité in fine -, ultime coup de théâtre d’une séance qui, comme en 2020, restera dans les annales. Les 110 conseillers métropolitains ont de nouveau rendez-vous jeudi 30 avril au siège de la Métropole pour élire leur président. On repartira à zéro, avec trois tours. Et peut-être de nouveaux candidats…
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Publié le 23.04.2026 à 17:14
Luc RenaudFace aux difficultés économiques qui affectent l’entreprise, la direction de Soitec propose actuellement aux organisations syndicales d’ouvrir des négociations sur une rupture conventionnelle collective, dispositif qui s’apparente à un plan de départs volontaires.
Le syndicat se déclare prête « à examiner la possibilité d’un plan de départs volontaires » mais prévient que « cela ne se fera pas au détriment des salarié.es qui resteront. » C’est pourquoi la CGT pose ses conditions à l’ouverture de négociations sur cette rupture conventionnelle.
Elle demande tout d’abord des garanties sur l’évolution de la charge de travail pendant et après la mise en œuvre des départs volontaires et le retour à des procédures d’amélioration des conditions de travail. Concernant le pouvoir d’achat – en cette période d’inflation des prix du carburant – la CGT demande l’ouverture de négociations sur les primes de transport, de partage de la valeur, d’intéressement… et la garantie d’une augmentation des salaires au niveau de l’inflation. Enfin, le syndicat demande une présentation de l’organisation de l’entreprise avant et après les départs, ainsi la participation des organisations syndicales à la définition du nombre de départs envisagés, globalement et par catégorie d’emploi.
« Nous avons exprimé nos préoccupations à plusieurs reprises »
La CGT n’en souligne pas moins que « la gravité de la situation actuelle » a des causes. « L’inaction de nos dirigeants depuis plusieurs mois est particulièrement alarmante, estime le syndicat qui ajoute : nous avons exprimé nos préoccupations à plusieurs reprises lors des réunions du CSE, et nos experts ont souligné la fragilité d’une stratégie reposant sur la spéculation, qui nous place aujourd’hui dans une situation extrêmement délicate. »
La mise en œuvre d’un plan de départ volontaire est conditionnée à l’accord de la CGT, syndicat majoritaire à Soitec.
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Publié le 23.04.2026 à 16:08
Edouard SchoeneLe débat de plus de deux heures était introduit puis animé par Latifa Madani, journaliste à l’Humanité avec une première question, « est-ce que l’IA est un outil comme les autres ? »
Hugo Pompougnac, coauteur de Que faire de l’IA président de « Espace Marx » prend la parole. L’IA est un outil comme les autres.
Marx dans un texte célèbre, Grundgrisse, dit : « la prochaine grande révolution industrielle c’est lorsque la science va devenir une force productive directe. » Avec l’IA on y est.
L’IA est une technologie de stockage et de transmission de l’information. L’humanité depuis l’homme a stocké les informations sur les grottes, le livre, la pellicule, le microsillon…Toutes ces formes coexistent, elles ne s’annulent pas. Les sociétés sont profondément transformées avec ces technologies successives. On débat ainsi depuis des années de l’IA à partir de fictions (livres et films).
Alain Boussard, président de la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité.L’IA relève t elle de transformations technologiques ou y a‑t-il plus que cela ?
Thierry Ménissier : Je suis très intéressé par l’histoire des techniques. Le terme « progrès » a été remplacé par « l’innovation », l’usager est roi il se fait tondre dans les règles de l’art, sur un modèle capitaliste. Les forces du capital sont concentrées d’où une préoccupation majeure pour la liberté. Les états sont à la remorque de grands groupes. Thomas Hobbes, philosophe du XVIIe siècle, dit que la pensée n’est rien d’autre que du calcul. Nous sommes plein d’ambigüités sur les questions liées à l’IA.
Tandis que la journaliste énonce « l’IA ne fait qu’amplifier le système capitaliste prédateur », Hugo Pompougnac réagit par un « non » en citant Lequin qui considère que l’IA n’est qu’un moyen de reproduire et diffuser la mémoire de l’humanité. La presse de Gutenberg a donné la bible laquelle a donné la réforme, …la révolution. La société finit par s’approprier les technologies. Certes les capitalistes font du mal mais c’est nous qui déciderons de ce que l’on fera de l’IA.
Hugo Pompougnac, chercheur.Thierry Ménissier développe alors la notion de pouvoir en faisant état de 12 nouveaux concepts d’ « algocratie », utilisation d’algorithmes pour influencer ou gouverner des secteurs. « Il n’y a rien de plus politique qu’une data (donnée) produite par l’IA, car les données sont construites.
Tout au long de la soirée, dans un dialogue respectueux, les deux points de vue s’étofferont, celui du philosophe, spécialiste de l’éthique de l’IA, très inquiet sur la place des monopoles produisant l’IA, et celui du technicien de l’IA-militant appelant à une intervention citoyenne sur cette avancée technologique.
H. Pompougnac : Le taux d’activité n’a jamais été aussi haut qu’aujourd’hui ; à ce jour l’IA crée plus d’emplois qu’elle n’en détruit. Les emplois de l’industrie textile détruits par le capitalisme en Europe, envoyés au Bangladesh ne sont pas des emplois liés à l’automatisation mais à des technologies traditionnelles avec des emplois d’ouvriers·ères surexploités. L’IA n’est qu’un prétexte de plus des capitalistes pour détruire des emplois.
Thierry Ménissier, philosophe.T. Ménissier : « les auteurs de mon ouvrage Vocabulaire critique de l’IA sont très partagés . L’IA impose une transformation cognitive qui peut faire de dégâts. Ainsi les algorithmes introduits dans la fonction publique, la maltraitance algorithmique, …
Le professeur, plus optimiste à l’observation de ses étudiants, constate que la jeunesse peut avoir un usage raisonnable et utile de l’IA, mais condamne les tentatives ministérielles de réduire l’enseignement en face à face au profit d’outils de l’IA.
H. Pompougnac dénonce ensuite à plusieurs reprises la multitude de décisions publiques prises sans le moindre débat démocratique. « On oublie de faire une allocation des ressources (matérielles, agricoles, eau, énergétiques…) en fonction des besoins ».
T. Ménissier, « J’ai perdu ma chaire d’enseignement quand j’ai commencé à parler de l’éthique de l’IA dans mes cours ». Le professeur évoque alors les courants « biocentristes », écocentristes qui développent le droit du monde animal, végétal, des sites de la nature. « Je ne suis pas sûr que l’on puisse faire de la politique sur ces questions éthiques ».
Latifa Madani, journaliste à l’Humanité.Latifa Madani relance l’échange en interrogeant : « Peut on contrôler, orienter l’IA ? »
H. Pompougnac s’appuie sur la contribution de P. Khalfa dans l’ouvrage dont il est coauteur pour demander :
- • Propriété publique des data centers
- • Publication des sources de données utilisées pour entrainer les IA
- • Ouverture des logiciels (opensource)
T. Ménissier notant que Google est la seule firme privée propriétaire de câbles sous marins et terrestres souligne que « la fin de la propriété privée peut aussi apporter des catastrophes »
A l’issue d’une heure trente d’échanges à la tribune, la salle intervient pendant une demi-heure pour interroger et s’exprimer.
Un intervenant souligne la révolution apportée par un nouvel outil IA, « Claude », qui peut désormais utiliser l’ordinateur d’un client, être un assistant virtuel.
H. Pompougnac confirme qu’un tel outil donne le vertige. Il souligne que nombre d’entreprises de l’IA sont très fragiles car actuellement non rentables et reposant exclusivement sur la bourse par la levée de fonds.
T. Ménissier évoque le modèle chinois : « l’état développe des moyens considérables pour le développement avec une main de fer, tandis que le système de financement de l’innovation en Europe est aberrant, ridicule».
La réunion avait pour cadre un amphithéâtre de l’université, au campus de Saint-Martin-d’Hères.Une intervenante évoque l’importance de la souveraineté de l’IA et souhaite connaître les limites de l’IA pour nous conseiller sur l’action pour l’environnement, contre les idées de l’extrême droite… Un jeune interroge sur le rôle de l’IA sur l’information produite, la manipulation de l’opinion publique. Puis une jeune femme demande ce que serait notre société lors d’une panne générale nous privant de l’IA. Un musicien se prononce sur la propriété intellectuelle. Un étudiant dénonce la réduction des moyens de l’université avec une perspective de mettre en place des outils fantasmés d’IA. Un cuisinier précise que « si on met de la merde dans un congélateur on ne stocke pas pour un bon repas ; si l’IA stocke de mauvaises données elle ne nous fera rien gagner. »
H Pompougnac précise sa pensée : « on laisse entendre que le privé serait plus efficace que le public. En France on a construit le réseau électrique, le rail, les transports, la santé de manière publique. Il ne faut pas se soumettre aux prédateurs privés. La France doit allouer ses ressources de manière démocratique.
Deux sujets importants pour moi que nous développons à l’espace Marx :
- • Une critique de la planification de l’IA pour définir les marchés
- • Guide de l’usage de l’IA par les militants
T. Ménissier : « à l’université, dans les conseils, nous avons des débats vifs sur les questions évoquées ici. Après les présidents décident. Nous faisons de la politique ici et nous tentons de sauver l’enseignement supérieur.
Le néolibéralisme tue le libéralisme. Le droit d’auteur était une institution forte.
L’ultralibéralisme veut tout dominer avec des monopoles. »
Ainsi se concluait la riche soirée consacrée à l’IA.
Voir :
https://www.espaces-marx.eu/2026/03/24/dossier-ia-lapensee.html
Pour aller plus loin avec Thierry Ménissier et Hugo Pompougnac, sur les enjeux de l’IA
https://www.youtube.com/watch?v=3p47Qlck2W4
https://www.alternative-communiste.fr/2025/12/14/que-faire-de-lia/
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Publié le 23.04.2026 à 15:14
Edouard SchoeneLe tract d’invitation plantait le décor : « le numérique a envahi nos vies. À sa suite, on nous dit que la déferlante de l’intelligence artificielle, déjà engagée, est inéluctable. Nous l’utilisons quelquefois sans même le savoir. Pour elle, les États dépensent des milliards, des centres de données gigantesques — comme celui d’Eybens — sortent de terre sans aucune concertation des citoyen-ne s. Formidable outil, elle nous permet d’aller plus vite, plus loin, mais au service de quelle idéologie et à quel prix social, écologique, démocratique ? Dans le secteur de la culture, du spectacle et de l’information, rares sont les métiers qui y échappent. Comme dans un film de science- fiction, la machine tend à remplacer l’humain… pour le meilleur ou le pire ? »
Avec Yumi Fujimori, comédienne, qui intervient notamment dans le doublage des films, membre du groupe de travail doublage du SFA-CGT, le public a découvert l’avancée de l’usage de l’intelligence artificielle pour tenter de remplacer les comédiens par des voix artificielles et les actions syndicales pour négocier les cadres conventionnels pour défendre la profession et la qualité du travail.
Clément Pouré, journaliste (notamment à Mediapart), auteur du livre Les Nouveaux contremaîtres a traité, avec des détails passionnants, des questions démocratiques liées à l’arrivée de l’intelligence artificielle.

Claire Boine, professeure en droit des technologies et gouvernance de l’intelligence artificielle à l’institut universitaire européen (Florence) a développé une série de points de vue, d’exemples concrets sur la place du droit, en particulier en Europe, les mobilisations des salariés pour défendre leurs métiers, le droit d’auteur en particulier. Cette juriste a souligné l’offensive libérale monstrueuse des entreprises et pouvoirs politiques des États-Unis contre les protections qui se mettent en place au niveau européen.
Dans un débat riche elle a défendu contre l’avis contradictoire de plusieurs intervenants, l’existence de centre de données construits sur le sol français pour la défense de la souveraineté nationale.
A l’appui de son argumentaire elle a détaillé les sanctions imposées par le pouvoir des États-Unis à des juges de la CPI en leur interdisant l’entrée aux États-Unis et tout accès aux technologies des États-Unis. Conséquences : ces juges n’ont plus de carte de crédit, plus d’accès aux banques et serveurs internets…
Un vaste consensus s’est dégagé pour nier à l’intelligence artificielle la notion d’intelligence en la limitant à des algorithmes permettant de réaliser des taches dans des domaines essentiels de non contribution humaine ; l’IA exclut ainsi le remplacement des métiers manuels, des métiers où l’homme et la femme demeurent indispensables. Un exemple a été cité de perte de compétences de chirurgiens qui s’en remettent trop aux interprétations par l’IA de l’imagerie médicale.
Tous les intervenants (tribune et salle) ont souligné la nécessité que le public le plus vaste comprenne ce qu’est l’intelligence artificielle, la pratique avec esprit critique et intervienne collectivement, en particulier sur le plan syndical, pour la défense et l’extension des droits de salariés.
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Publié le 21.04.2026 à 13:00
Travailleur Alpin« Moi, j’ai appris à compter en CP » : c’est avec son style inimitable qu’Allan Brunon, leader insoumis grenoblois à la tête d’un groupe de huit élus métropolitains, a interpellé Guillaume Lissy, maire socialiste de Seyssinet-Pariset et candidat de la gauche à la présidence de la Métropole.
Une pratique qui n’est pas sans rappeler la campagne de l’entre-deux-tours grenoblois, où l’insoumis n’avait eu de cesse de multiplier les sorties en forme de tacle à ses partenaires de gauche, s’en prenant notamment publiquement à François Ruffin – qualifié par Allan Brunon d’ « hypocrite » venant « parader sur le thème de l’union » – à l’occasion de sa participation au meeting de second tour de la liste de gauche. Meeting auquel la France insoumise n’avait d’ailleurs visiblement pas souhaité participer.
Les maths et la « fusion technique »
Seul souci : les insoumis ne sont pas en position de « faiseurs de roi » pour l’élection à la présidence de la Métropole, puisque leurs huit voix ne suffisent pas à assurer la victoire du candidat de gauche.
De fait, l’issue du scrutin dépendra du vote de chacun des élus du groupe des « petites communes ». Nombre d’entre eux, de sensibilité de gauche ou ayant participé à la gouvernance durant le précédent mandat, pourraient bien ne pas apprécier une profonde inflexion à droite de l’institution, au travers de la candidature de Raphaël Guerrero et de l’alliance assumée avec les élus de droite qu’elle incarne…
Par ailleurs, alors que les élus insoumis assument une « fusion technique » les positionnant comme le « premier groupe d’opposition municipale » à la ville de Grenoble, on imagine mal leur groupe adopter une position moins ferme à la Métropole.
Changement de ligne politique
En effet, même si des élus LFI ont précédemment occupé de hautes responsabilités dans les précédents mandats – présidence du bailleur ACTIS avec Elisa Martin, vice-présidence aux équipements sportifs avec Thierry Semanaz, présidence de la société mixte gérant les parkings couverts avec Alban Rosa… –, démontrant par là même que les insoumis peuvent être « des élus comme les autres », il semble clair que la nouvelle ligne stratégique incarnée par Allan Brunon n’entend pas s’encombrer des contradictions inhérentes à l’exercice du pouvoir local.
Reste donc la question de fond : cette ligne entend-t-elle servir de marche-pied à la droite, dans une logique de « terre brûlée » bien connue ?
Des conditions programmatiques… conformes aux programmes déjà défendus par les élus de gauche
Pour justifier leur crispation métropolitaine, les insoumis mettent en avant des « lignes rouges » programmatiques, au premier rang desquelles les transports et le logement.
Si la démarche semble louable, on peine à comprendre le degré d’agressivité de son expression. Tous à gauche en effet s’accordent désormais sur la possibilité d’avancer sur la gratuité des transports le week-end, où plus globalement la gratuité des transports est assumée comme une visée tant par les communistes que par les écologistes, et où Laurence Ruffin a annoncé préparer le lancement d’une « brigade municipale de réquisition des logements vacants », dans la lignée du travail de fond réalisé par l’élu communiste sortant Nicolas Beron Perez.
Ce qui est certain toutefois, c’est que le suivi du dossier de l’occupation du siège métropolitain n’aurait pas eu la même tonalité avec une présidence de droite, là où le tandem Christophe Ferrari – Jérôme Rubes n’a pas compté ses heures pour trouver des solutions de relogement dignes et répondre à la crise sociale… pour ne citer qu’un exemple.
La FI au pied du mur
La France insoumise est donc confrontée à son premier choix décisif, au-delà du confort des postures : va-t-elle assumer d’abandonner celles et ceux qu’elle ambitionne de défendre, au prétexte qu’elle n’a pas les moyens d’être majoritaire sur l’intégralité de ce qu’elle réclame ?
Va-t-elle miser sur une défaite de la gauche pour espérer se positionner en recours, quand bien même les premières victimes d’un basculement à droite de l’intercommunalité seraient les classes populaires et les plus précaires, ou est-ce qu’une ligne de responsabilité assumée l’emportera, au nom de l’intérêt de celles et ceux qui lui ont fait confiance dans les urnes ?
La réponse à cette question ne sera connue que le jeudi 23 avril, mais une chose est sûre, elle déterminera plus qu’on ne le croit les capacités d’implantation future de la France insoumise sur le territoire…
Robert W. Wellnes
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Publié le 20.04.2026 à 15:12
Travailleur AlpinUne expression qui était attendue. Ce dimanche 19 avril, Christophe Ferrari publiait une déclaration où il confirmait ne pas être candidat à sa succession à la tête de la Métropole.
Un texte qui posait également une proposition de cap : conserver une présidence et des orientations clairement de gauche, tout en ouvrant plus largement la gouvernance aux différentes composantes du territoire. Si celui qui avait tenu en 2020 à conserver une majorité et un exécutif ancrés à gauche incite aujourd’hui à faire un pas vers une forme d’ouverture, il n’en demeure pas moins que cette déclaration tranche avec l’orientation incarnée par le maire de Jarrie, lui-même candidat à la présidence.
Raphaël Gerrero assume en effet de porter un projet de « majorité territoriale » sans référentiel politique, afin d’intégrer aussi bien la gauche que la droite, comme si gestion et politique étaient deux mondes séparés hermétiquement…
Gauche et droite : inventaire de désaccords très politiques
Il suffit pourtant de se pencher sur les dernières années du mandat pour mesurer rapidement combien les valeurs politiques des uns et des autres s’incarnent sur des votes importants.
Premier exemple, hautement symbolique dans la société contemporaine : l’égalité femmes-hommes. Le 20 décembre 2024, les groupes de droite [CCM et GO, « droite républicaine » et « droite carrignoniste », ndlr] refusaient de voter le plan d’action métropolitain 2025–2027, tout comme le dispositif d’autorisations spéciales d’absences « deuxième parent », congés menstruel » et « interruption de grosses », s’alignant de fait sur le positionnement conservateur des services de l’Etat.
Second exemple, la politique du logement, dans une agglomération qui compte près de 18 000 foyers-demandeurs en attente de logement social, et où la pression foncière fait peser un coût certain. Ici, la droite s’est frontalement opposée au plan local de l’habitat 2025–2030.
« Il faut être amnésique »
Une constance que l’on retrouve dans de nombreux votes, où les élus de droite refusent de soutenir des projets, émanant y compris de communes de leur propre obédience, à l’image de l’opération initiée par l’EPFL (établissement public foncier local) au 2 rue de la République à Claix…
Ces élus ont aussi refusé de voter le financement du plan « Logement d’abord », et refusé de voter les subventions relatives à la politique de l’habitat, destinées à financer les services assurés par l’agence SOLIHA ou encore l’association Un toit pour tous… Au global, on ne compte plus les délibérations relatives à ces compétences que les élus de droite n’ont pas votées.
À de très nombreuses reprises donc, la droite s’est fermement opposée aux politiques métropolitaines concernant l’habitat, faisant dire à un élu métropolitain qu’« il faut être amnésique pour penser qu’on pourrait maintenant mener ces politiques publiques bras dessus bras dessous avec eux : ils s’y opposent sur le fond ! ».
Le RER métropolitain n’a pas besoin d’un coup de frein
Mais l’inventaire des désaccords marqués par des votes importants ne s’arrête pas là, et les questions d’écologie concrète ne sont pas en reste.
En décembre 2025, les élus de droite ont en effet refusé l’avenant à la convention de financement relative aux études préalables concernant le service express régional métropolitain (SERM), plus communément appelé RER Métropolitain.
Tout comme ils n’ont pas voté la création des réseaux de chaleur urbains sur les communes de Vizille et Varces, lors du conseil métropolitain du 11 juillet 2025…
Des votes là aussi constants, incarnés notamment par le rejet du plan climat air énergie territorial (PCAET), document-cadre récapitulant les ambitions et objectifs en terme de politiques écologiques.
Le 23 avril, la Métropole choisit sa voie
Nombre des politiques auxquelles les élus de droite se sont opposées étaient jusqu’alors conduites par des élus aujourd’hui membres du groupe NMC (« petites communes ») – à l’image des sujets relatifs au plan local d’urbanisme intercommunal, pilotés par le maire de Poisat, Ludovic Bustos. Dans ces conditions, on peine à voir comment l’intégration pleine et entière des élus de droite proposée par Raphaël Gerrero pourrait se traduire par autre chose que par un reniement en actes de nombreuses politiques publiques conduites ces dernières années… Surtout si la proposition de Raphaël Gerrero dépend, ce qui semble se dessiner, du soutien du groupe des héritiers d’Alain Carrignon et des deux élus du RN pour dégager une majorité…
A l’inverse, le maire de Seyssinet-Pariset, candidat soutenu par des communes de gauche de toutes tailles, s’il propose un respect des maires élus et de toutes les composantes du conseil métropolitain, incarne aujourd’hui une continuité et une ambition collective renouvelée sur ce qui faisait jusqu’à présent l’ADN des orientations de la Métropole.
Une Métropole qui est donc bel et bien à la croisée des chemins.
Verdict dans l’après-midi du jeudi 23 avril…
Robert W. Wellnes
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Publié le 19.04.2026 à 17:20
Luc RenaudLa météo printanière était de la partie, les militants à pied d’œuvre : toutes les conditions étaient réunies pour cette belle journée de pleine nature, le safari pêche que les communistes de la vallée organisent chaque année au mois d’avril.
Cette année, c’est dans un nouveau cadre que la manifestation était organisée. Lieu habituel de ce rendez-vous, les étangs de Montfort, à Crolles, ne sont pour l’heure plus susceptibles d’accueillir ce type de pêche, menacés par un risque de phénomène d’eutrophisation. Ce sont donc les étangs de Maupas, au Cheylas, qui ont accueilli l’édition 2026 de ce safari pêche.
Un changement de lieu, mais toujours la convivialité au rendez-vous. Et un beau succès pour les organisateurs. Quarante-neuf pêcheurs ont pu faire la démonstration leur savoir faire, une centaine de repas a été servi et le blanc de Savoie d’un petit producteur a tenu la vedette de la buvette. Sans oublier le bonheur des enfants qui accompagnaient leur famille dans un cadre idyllique.
De belles rencontres, où l’on parle politique et de beaucoup d’autres choses ; un rendez-vous qu’il convient d’inscrire dans ses tablettes.
Un samedi de pleine nature à proximité de l’Isère.
Une centaine de repas, une paella appréciée, a été servie.
La pêche, tout un art.
La buvette, pour échanger les dernières infos.
De très belles prises.
Rendez-vous l’année prochaine.Cet article PCF Grésivaudan. Une journée de pleine nature aux lacs de Maupas est apparu en premier sur Travailleur alpin.
