Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français
Publié le 04.06.2026 à 19:11
Manuel PavardChaque année, l’Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l’Algérie française (Adimad), la Fédération nationale des rapatriés et d’autres nostalgiques de l’Algérie française se réunissent autour du 7 juin au cimetière du Touvet où est enterré Claude Piegts, membre de l’Organisation armée secrète (OAS), fusillé le 7 juin 1962. Un rendez-vous annuel où sont régulièrement aperçues des figures locales de l’extrême droite, d’Alexandre Gabriac à Franck Sinisi, en passant par les militants d’Active club ou des Valyor Chambéry.
L’Adimad, association de nostalgiques de l’OAS et de l’Algérie française, co-organisatrice de la cérémonie d’hommage à Claude Piegts, enterré au cimetière du Touvet. DR (capture d’écran)Ils rendront de nouveau hommage, dimanche 7 juin, à Claude Piegts mais aussi à Albert Dovecar, Roger Degueldre et Jean Bastien-Thiry, tous anciens militants de l’organisation terroriste. Claude Piegts et Albert Dovecar, membres des commandos Delta de l’OAS sous les ordres de Roger Degueldre, ont notamment participé à l’assassinat de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1961. Jean Bastien-Thiry, lui, fut l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart, qui faillit coûter la vie au Général de Gaulle, le 22 août 1962.
Les quatre criminels de l’OAS ont tous été condamnés à mort et fusillés, à l’époque, pour leurs crimes. Ce qui n’empêche pas les organisateurs d’évoquer une « cérémonie dédiée aux soldats qui ont voulu défendre un territoire français et ses populations en danger, en Algérie française ». Une annonce de la Fédération nationale des rapatriés initialement relayée par l’Union nationale des combattants (UNC) Alpes Chartreuse, qui semble avoir supprimé son message depuis — peut-être sous la pression des instances nationales de l’UNC.
« Une falsification historique »
Alertés, le Collectif 17 octobre 1961 et le Réseau de lutte contre le fascisme (RLF) Grenoble ont convoqué la presse ce jeudi 4 juin. Avec de nombreuses autres organisations (associations, syndicats et partis politiques), ils ont écrit, le 26 mai, à la préfète de l’Isère pour lui demander d’interdire la manifestation, annonçant la tenue, dans le cas contraire, d’un contre-rassemblement devant la mairie du Touvet, dimanche 7 juin à 11 heures. À ce stade, la préfecture n’a pas prononcé d’interdiction, « faute de base légale », s’étonne Mariano Bona, représentant du Collectif 17 octobre 1961. « On va lui donner une base légale », ajoute-t-il.
Le militant dénonce en effet « une falsification historique » de la part de l’extrême droite. « Il ne s’agit en rien de ‘soldats qui ont voulu défendre un territoire français et ses populations en danger’, mais de personnes appartenant à une organisation terroriste qui eut recours aux attentats et aux meurtres pour maintenir coûte que coûte l’ordre colonial, alors que le peuple algérien luttait pour son indépendance », souligne Mariano Bona.
« Un hommage à une organisation terroriste d’extrême droite »
« Très loin du recueillement de personnes sur la tombe d’un proche », la cérémonie du Touvet est en réalité « un hommage à une organisation terroriste d’extrême-droite qui n’hésita pas à recourir au meurtre, y compris de représentants de l’État français dans l’exercice de leur fonction », rappellent les signataires du courrier adressé à la préfète.
Capture d’écran d’un post Facebook d’Alexandre Gabriac rendant hommage à Claude Piegts, terroriste de l’OAS condamné et exécuté le 7 juin 1962 et enterré au cimetière du Touvet. DR (capture d’écran)Ceux-ci précisent également que Roger Gavoury, victime de l’OAS, est cité à l’ordre de la Nation, son nom figurant par ailleurs sur une stèle commémorative dans l’enceinte de l’École nationale supérieure de la police. « Comment est-il possible d’honorer le nom d’un fonctionnaire d’État assassiné pour avoir exercé sa mission et de laisser se dérouler un hommage à ses assassins ? », s’insurgent les signataires.
« Qui peut imaginer qu’on puisse rendre hommage impunément à un membre de la Milice ? », compare Mariano Bona. Ce combat, explique un militant de RLF, s’inscrit dans une « bataille mémorielle » opposant la gauche et les antifascistes à l’extrême droite, autour du colonialisme et notamment de l’Algérie. Et de citer — exemple parmi d’autres — le cas de la mairie de Perpignan qui tente de réhabiliter l’Algérie française.
« Comment est-il possible d’honorer le nom d’un fonctionnaire d’État assassiné pour avoir exercé sa mission et de laisser se dérouler un hommage à ses assassins ? »
Il existe en outre des précédents en matière d’interdiction préfectorale. En juin 2013, la préfecture de l’Isère avait ainsi pris un arrêté en ce sens, rendant illégal « tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords et à l’intérieur du cimetière du Touvet ». De même, en 2023, la préfecture de police de Paris avait interdit la tenue de l’hommage à Pierre Sidos, figure de l’extrême droite pétainiste dans les années 1940, fondateur de Jeune Nation et de L’Œuvre française — et lui aussi ancien de l’OAS.
Malgré cela, le collectif comme RLF estiment l’interdiction peu probable. D’où le rendez-vous donné dimanche 7 juin au Touvet, pour protester « de façon pacifique mais ferme » contre cette « scandaleuse manifestation ».
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Publié le 04.06.2026 à 18:43
Luc RenaudCe qu’on appelle un belle histoire, grenobloise en plus. Au départ, une envie. Celle de faire connaître les artistes du rap grenoblois. « Ça n’existait pas à l’époque, à la sortie du confinement », se souvient l’initiateur du projet, un Martinérois qui ne tient pas à se mettre en avant. « Ce qui compte, ce n’est pas moi, c’est ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. »
Ils au pluriel, parce qu’ils sont maintenant plusieurs à inventer « Chicagre le media » au jour le jour. Chicagre est un compte, une page, un média donc, que l’on peut trouver sur le réseau social Instagram. Les chiffres sont là : 90 000 abonnés, dont les deux tiers dans la tranche d’âge 18–35 ans et les trois quarts habitant l’agglomération grenobloise. Du lourd. Le développement est exponentiel. « L’an dernier, je ne savais pas faire un devis ». Aujourd’hui, les deux chevilles ouvrières – trente-trois et vingt-trois ans – commencent à pouvoir se rémunérer tandis que des copains viennent donner un coup de main pour faire une vidéo, élargir les contacts, dénicher un artiste en devenir.
Tous les codes de la communication d’aujourd’hui.Car la raison d’être de Chicagre, c’est toujours la musique, les artistes de Grenoble et de sa région. Mais pas seulement. « Quand tu regardes le journal télévisé et que ça parle de Grenoble, c’est pas la peine. » D’où l’idée, en forme de pied-de-nez aux discours sécuritaires d’associer Chicago et Grenoble.
De fait, « Grenoble, tu l’aimes le matin ; tu la détestes l’après-midi et tu la défends toujours le soir ». C’est dit. Alors, Chicagre le media, ce sont des publications qui mettent les artistes à l’honneur, mais aussi la ville. « Notre projet culturel à nous, c’est de mettre Grenoble sur la carte avec ce qu’on sait faire. » Sans craindre de jouer de l’humour et du second degré, non plus que de ce que le public Insta recherche – « Un mec qui saute d’un immeuble en parachute, ce n’est pas tous les jours » ; un soupçon de divertissement en passant, ça ne peut pas faire de mal. Le tout en restant fidèle à l’atmosphère des cultures urbaines et avec un credo : « on évolue, on aime être à la page ». Une conviction, aussi : « les faits divers, ce n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant, on les laisse aux médias traditionnels ».
Créer un « media local implanté »
Ces lignes directrices qui accompagnent l’aventure depuis ses origines fondent aujourd’hui une ambition : passer de ce qui fonctionne sur un réseau social à un media plus complet avec un site Internet, des bureaux, de la production d’images pour des tiers… « Nous avons peut-être atteint un plafond de verre, nous voudrions passer d’une page influente à un media local implanté. »
Ce qui pose naturellement la question du financement du projet. Les promoteurs de Chicagre le media avancent sur la voie du partenariat. Ils ont notamment travaillé avec le FCG : des vidéos, publiées sur Chicagre contre rémunération. Ce que font les influenceurs, « sauf que nous, on n’habite pas à Dubaï et on suit ce qui se passe avec les clubs, les entreprises, les commerces, les associations, les festivals… avec lesquels nous travaillons ». Tout ne donne pas lieu à contrepartie financière : « nous avons fait des photos d’un tournoi des petits au club de Mistral ; si on peut mettre notre audience au service de l’engagement dans des clubs, des assos… c’est trop cool ». Le développement du media et le financement qu’il implique ne devra pas se faire au détriment de ce qui fait l’âme de Chicagre, en somme. L’ambition est là.
Chicagre à la fête du Travailleur alpin
Et la fête du Travailleur alpin dans tout ça ? Pour Chicagre, c’est un peu une occasion de s’ouvrir sur la diversité sociale et culturelle de Grenoble et sa région. « Je ne connaissais pas et puis quand j’ai vu que Rim’k était programmé à la fête du TA, je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir ; Rim’K pour moi, c’est un monument. » Contact pris, rencontres, vidéo avec Adrien Guerre, directeur technique de la fête… « J’ai bien vu que nous défendions les mêmes choses, dans la culture et le reste, et nous avons hâte d’aller à la rencontre des gens, de voir ça en vrai. » Une équipe de Chicagre le media sera donc à Saint-Egrève les 26 et 27 juin, pour filmer et rendre compte de l’événement. Disons-le, elle sera accueillie à bras ouverts.
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Publié le 03.06.2026 à 19:38
Manuel Pavard« Militer n’est pas un crime », proclamait la banderole accrochée devant le palais de justice de Grenoble, ce mardi 2 juin. Plus de 80 manifestants se sont rassemblés lors de la pause méridienne, au pied des marches du tribunal, à l’appel d’une vingtaine de syndicats (CGT, Sud, CNT, Unef, UEG…), partis (NPA‑R, LO, UCL, LFI, PT) et associations (DAL, OST…), pour dénoncer la répression anti-syndicale et afficher leur soutien à Baptiste Anglade. Après une première convocation au poste de police d’Échirolles en février, puis une seconde reportée par le parquet en avril, l’éducateur spécialisé et syndicaliste CGT avait rendez-vous devant le délégué du procureur. En cause, toujours la plainte pour « intrusion » déposée par la direction de l’école Ocellia.
Plus de 80 manifestants se sont réunis devant le tribunal, avant la convocation de Baptiste Anglade.Derrière ce motif, le centre de formation des métiers du social et médico-social vise la participation de Baptiste Anglade à un piquet de grève sur son site d’Échirolles, le 10 septembre 2025. « On a été invités, en tant que syndicalistes, à venir soutenir la mobilisation des étudiants en travail social, dans le cadre du mouvement Bloquons tout », raconte le candidat du NPA-Révolutionnaires aux municipales à Grenoble, qui dénonce une « procédure éminemment politique » et une tentative « d’intimider les grévistes contestant les budgets d’austérité ».
« Une manière de faire peur, de criminaliser et de faire un exemple »
De fait, ils étaient une trentaine, ce jour-là, à tenir le piquet de grève devant l’établissement. Mais lui seul a été accusé d’intrusion par la direction d’Ocellia. « C’est une manière de faire peur, de criminaliser et, à travers moi, de faire un exemple », fustige le travailleur social. « Quand on relève la tête, ils n’aiment pas trop ça », ajoute-t-il, s’estimant ciblé pour son militantisme politique et syndical.
Baptiste Anglade n’entend pas reconnaître une quelconque culpabilité, comme le propose le parquet.Pour couronner le tout, les cours se tenaient en distanciel, le 10 septembre. Décision prise par les responsables de l’école « par peur de la grève », affirme Baptiste Anglade. À en croire le syndicaliste CGT, ces derniers sont d’ailleurs coutumiers du fait. Récemment, explique-t-il, « des collègues sont allés distribuer des tracts à Ocellia. Et comme c’était annoncé un peu en avance, le directeur de Lyon est carrément venu avec des vigiles »… Pour un simple tractage.
« La direction d’Ocellia doit retirer sa plainte »
« Cela prouve qu’ils ne sont pas sereins », poursuit l’éducateur de rue. « Ce qu’ils espèrent, c’est qu’il n’y ait plus de mobilisations, de faire suffisamment peur pour que tout ça s’arrête. » Un discours qu’ont également tenu des étudiants d’Ocellia ainsi que d’autres travailleurs sociaux et des inspecteurs du travail, intervenus à tour de rôle au micro lors du rassemblement. Tous ont pointé les mêmes types de méthodes et la même répression exercée à l’encontre des militants syndicaux et politiques ou plus largement des grévistes.
Une étudiante en travail social s’exprime devant les manifestants.À l’issue de sa convocation devant le délégué du procureur, Baptiste Anglade s’est vu proposer un classement sans suite sous conditions. Une telle procédure « laisse penser à ce que la réforme Darmanin prévoit de généraliser avec la reconnaissance de culpabilité », s’insurge le NPA-Révolutionnaires Grenoble dans un communiqué. « Notre camarade devrait payer une contribution citoyenne mais sans être acquitté : il resterait sous la menace que les faits soient poursuivis en cas de nouvelle infraction. » Pour Baptiste Anglade, il n’y a ainsi pas d’alternative : « La direction d’Ocellia doit retirer sa plainte. »
Banderole affichée devant le tribunal.Cet article Grenoble. Rassemblement devant le tribunal en soutien au syndicaliste Baptiste Anglade est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 03.06.2026 à 12:01
Luc RenaudAssurément, ce sera un grand moment. Un rendez-vous à noter d’ores et déjà dans vos agendas : le samedi 27 juin à 18h, vous êtes invités à chanter parmi plusieurs centaines d’autres chanteurs à la fête du Travailleur alpin.
Ce rendez-vous, il a été préparé avec « le Truc ». Et c’est quoi, ce « truc » ? Alice Boudière en est à l’origine. C’est elle qui tiendra la baguette pour diriger l’ensemble. Diriger n’est d’ailleurs pas le bon terme. « C’est avant tout une soirée pour se faire plaisir, ouverte à tous, absolument tous », sourit Alice.
La soirée se décompose en trois temps. D’abord, l’apéro pour faire connaissance : à la fête du TA, il y a de quoi. On se retrouve ensuite – ce sera à 18h devant la grande scène – pour découvrir le titre de la chanson qui sera interprétée à trois voix. On répète par petits bouts chacune des voix, avec Alice et son compère, le guitariste Fabrice Gudet. Puis vient le grand moment de l’interprétation de la chanson, en version concert, à deux ou trois reprises. Concert filmé pour conserver un souvenir inoubliable de son émotion.
Alice Boudière, à l’origine des soirées du Truc.Pour Alice Boudière, l’envie vient de loin. Déjà toute petite, elle chante, avec un attrait pour la polyphonie, sans forcément accrocher avec l’univers de la chorale. D’où, le Truc, cette belle pousse qui grandit depuis trois ans. « Tout a commencé avec l’anniversaire d’un copain ; une trentaine de participants. » Depuis, le bouche à oreille a fonctionné : une soirée organisée à la Belle électrique a rassemblé neuf cents personnes. Le record sera-t-il battu à la fête du TA ?
Une première
Ce qui est sûr, c’est que ce sera une première. Une première en plein air – un défi technique avec du matériel de prise de son et des techniciens professionnels. Et puis la fête du TA, son histoire, ses couleurs. « Nous allons nous insérer dans quelque chose de plus large, une grande fête, avec une dimension politique, ça va au delà d’une simple soirée conviviale », se réjouit Alice Boudière.
Au cœur de la fête, l’esprit du Truc sera comme un poisson dans l’eau. « La motivation, c’est l’envie de chanter, de passer un bon moment entre potes et c’est, je crois, ce qui a fait le succès des soirées que nous avons organisées ; on se fait embarquer par des copains pour y venir et ça fait un bien fou. »
Assurément, un grand moment, on vous dit. « Chanter, danser, il n’y a pas plus populaire, et cela se partage avec tous. » Une heure et demi de partage, aux couleurs de la fête du Travailleur alpin 2026.
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Publié le 02.06.2026 à 10:01
Manuel PavardL’intitulé du rassemblement, figurant sur les tracts et affiches, était particulièrement éloquent. « Pas de blabla, se loger est un droit ! » Une manière pour les collectifs organisateurs (intercollectif des écoles occupées, expulsés-es du quartier de l’Abbaye, occupants-es de la Métropole, l’Oasis des jeunes, collectif de femmes sans-abris et de demandeurs d’asile) de mettre les points sur les i : l’heure n’est plus, pour eux, aux discussions et négociations, mais à l’action. D’où la mobilisation programmée, ce samedi 30 mai, dans un lieu lui non plus pas choisi au hasard : l’ancien hôtel Gallia, boulevard Maréchal-Joffre, à deux pas de Chavant.
De fait, les manifestants poursuivaient un double objectif. De manière générale, « continuer à mettre la pression » sur les pouvoirs publics concernant la réquisition des logements vides, et plus spécifiquement, « pointer ironiquement un bâtiment qui appartient à la mairie », indique Manon, militante de l’association Droit au logement (DAL 38), co-organisatrice du rassemblement.
« Un cas de figure déjà expérimenté avec la lutte des occupants de la Métro »
Désormais fermé, l’hôtel Gallia a accueilli jusqu’en 2024 des familles sans-abri — et souvent sans-papiers ou en demande d’asile — dans le cadre de plans d’hébergement d’urgence, via une convention passée avec la préfecture de l’Isère. Il dispose aujourd’hui de « 36 chambres vides et immédiatement habitables », selon les collectifs. Et le bâtiment est la « propriété de la ville de Grenoble, avec une gestion par l’EPFL », explique Manon. Il s’agit ainsi d’un « cas de figure déjà expérimenté pour la lutte des occupants de la Métro », à savoir un logement situé dans un bâtiment municipal, géré par l’EPFL du Dauphiné.
Cinq collectifs de sans-abri appelaient à manifester devant l’ex-hôtel Gallia.Pour le DAL et les collectifs de sans-logis, réquisitionner un tel lieu répondrait en outre à une réelle « urgence ». Pour les occupants du siège de la Métropole déjà. Sur les quelque 150 personnes — principalement des livreurs à vélo et leurs familles — présentes au début de l’occupation, en novembre dernier, une grosse centaine ont intégré leur nouveau logement. « La dernière famille ce matin, à Saint-Égrève », précise la militante du DAL. « Mais il reste encore 34 personnes pour lesquelles on n’a plus de proposition de relogement », déplore-t-elle.
Pour ces dernières, les associations souhaitent que le nouvel exécutif métropolitain « poursuive la même stratégie ». Avec une crainte toutefois. « La Métropole a déjà pas mal fait le tour des logements disponibles, ces derniers mois, dans les communes volontaires », souligne Manon, qui évoque une autre piste : « Grenoble Habitat propose une décote de loyer sur des logements sociaux. Il faudrait qu’une association fasse l’intermédiaire, les loyers étant alors à la charge de la Métropole. »
« Autant que les chambres puissent servir à quelque chose »
Autre sérieuse urgence, les écoles occupées pour mettre à l’abri des enfants à la rue. D’après l’intercollectif des écoles occupées, il n’existerait à ce stade « aucune proposition de solution pour passer l’été, contrairement aux années précédentes. Les familles vont peut-être devoir rester dans les écoles pendant les vacances. »
Réquisitionner les 36 chambres de l’ex-hôtel Gallia apparaît donc tout indiqué aux yeux des collectifs. En attendant que le bâtiment fasse l’objet d’un nouveau projet — immobilier ou autre -, « autant que les chambres puissent servir à quelque chose », estime Manon. Mais qu’en dit le propriétaire ? « Selon la ville de Grenoble, les chambres sont insalubres car il y aurait des nuisibles », s’étonne la militante, circonspecte. « Même si c’est le cas, il faudra bien s’occuper de ce problème un jour, donc pourquoi pas maintenant ? »
Une idée pour les brigades de réquisition ?
Sur les réseaux sociaux, le DAL 38 ironise : « Pas besoin d’aller bien loin pour les fameuses ‘brigades de réquisition’ de Mme Ruffin : un bâtiment vide qui appartient à la mairie est à 650 mètres de l’hôtel de ville ! » L’association fait ici référence aux brigades de réquisition des logements vacants, promesse de campagne dont Laurence Ruffin a annoncé le lancement imminent. Le dispositif doit servir à « identifier des logements vides », explique Manon. « C’est une première étape mais des bâtiments vides, il y en a déjà pas mal qu’on a identifiés. »
Pour les manifestants, fini le « blabla » !Les militants pointent surtout une différence stratégique. Selon eux, le dispositif viserait surtout des logements privés. Or, « le pouvoir de réquisition des maires n’est pas assez fort pour s’attaquer au privé » , affirme Manon. Cela relèverait ainsi davantage des pouvoirs de l’État. Il faut donc, poursuit-elle, « aller plutôt vers des bâtiments entiers qui appartiennent à l’État ou à des collectivités », moyennant bien sûr quelques aménagements nécessaires. Et sur ce plan, l’hôtel Gallia vient s’ajouter à la liste des bâtiments vides déjà recensés par le DAL et les collectifs de sans-logis, après la cité universitaire du Rabot, l’ex-CPAM, rue Maginot, ou encore l’ancien centre des impôts de Philippeville.
Sollicitée, la ville de Grenoble n’avait pu être jointe à l’heure de la publication de cet article. Nous publierons son point de vue sur l’ex-hôtel Gallia et les brigades de réquisition des logements vacants dès que possible.
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Publié le 31.05.2026 à 08:54
Edouard SchoeneCette décision a été annoncée par le Dauphiné libéré qui donnait la parole à M. Thoviste, adjoint, vice-président à la métropole, qui justifiait ce choix par des risques d’incendie-sécurité, des fumées, l’incivisme, la protection de l’environnement.
Très rapidement, une mobilisation s’est engagée pour défendre l’existence des barbecues.
Le PCF a lancé une pétition en ligne pour demander au maire « de suspendre la décision de suppression des barbecues publics, d’organiser une concertation avec les habitants et de rechercher des solutions permettant de préserver cet espace de vivre-ensemble tout en garantissant le respect du parc et de ses usagers. »
Renaud Lugli, co-secrétaire du PCF, a évoqué le dossier auprès du Travailleur alpin : « La suppression des barbecues publics dans le parc la Poya est une décision regrettable pour de nombreux habitants de Fontaine. Ces installations favorisaient la convivialité, les rencontres et le vivre-ensemble. Même si des préoccupations de sécurité ou de propreté peuvent être entendues, leur retrait semble excessif. Il aurait été préférable de renforcer l’encadrement et la sensibilisation des usagers. Cette mesure risque de priver plusieurs familles d’un espace de partage apprécié de toutes et tous. »
De son côté, EELV Fontaine a publié un communiqué dans lequel on peut lire :
« Derrière la lutte contre les nuisances, un projet excluant. L’utilisation en masse d’un espace public extérieur est en soi génératrice de nuisances, barbecues ou pas : dégradations, déchets, bruit… Les incivilités qui sont dénoncées peuvent s’accompagner par la sensibilisation, la médiation, la régulation, comme c’est nécessaire dans de nombreux parcs urbains ou espaces publics fréquentés.
Derrière cette justification, c’est un public qui est visé, car la suppression des barbecues impacte d’abord les plus précaires des Fontainois.es. Pas celles et ceux qui peuvent en faire chez elles et eux. Il s’agit donc d’une mesure profondément injuste et qui vise à exclure de l’espace public une partie des habitant.es.…. »
Un lieu de rendez-vous populaire et familiale. (Image d’archives 2022)Les élus du groupe municipal « Fontaine nous rassemble » vont intervenir en conseil municipal. Toujours à gauche, les deux élus insoumis du groupe « Fontaine en commun » ont condamné la décision de démantèlement des barbecues.
Le samedi 30 mai, tandis que se tenait un vide grenier au parc de la Poya, des visiteurs du parc ont signé la pétition en explicitant leur choix :
« J’étais habitué à venir ici partager des barbecues en famille ou entre amis. »
« C’est insupportable de pénaliser des habitants qui vivent dans des petits appartements surchauffés, qui ne pourront plus bénéficier de ces moments agréables ». « Cette décision est un mépris des classes populaires. »
Un groupe militant de jeunes, Young Struggle, s’était donné rendez-vous au parc pour le lancement de la campagne de parrainage de prisonnier·es politiques, sous forme d’un pique nique. La réaction était unanime pour condamner la décision de l’équipe de M. Longo.
Cette décision sans la moindre concertation signe une nouvelle étape de la droite au pouvoir : accélérer les décisions impopulaires.
Rappelons tout de même qu’en 2022, lors d’un rassemblement militant contre la disparition des barbecues, M. Longo accompagné par Mme Emilie Chalas, députée en campagne électorale, avait apporté des grillades et se déclarait personnellement favorable au maintien des barbecues, « très appréciés par nombre d’habitants ».
Toute la durée du mandat 2020–2026, grâce à la mobilisation militante, les barbecues sont restés en place.
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Publié le 29.05.2026 à 10:10
Manuel PavardAprès avoir appris, dans un article du Dauphiné libéré, la décision de la municipalité Longo de démonter, cette semaine, les huit barbecues publics installés dans le parc de la Poya, la section PCF Fontaine rive gauche du Drac monte au créneau. Dans un communiqué diffusé ce jeudi 28 mai, elle affiche son opposition à cette suppression, appelant à signer la pétition en ligne « Pour le maintien des barbecues publics dans le parc la Poya de Fontaine ».
« Les barbecues publics participent pleinement à l’animation, la popularité du parc la Poya et au lien social entre les habitants de tous âges et de tous horizons », soulignent en effet les communistes. La disparition de ces équipements « pénaliserait particulièrement les familles populaires ne disposant pas d’espace extérieur privé, ainsi que les habitants qui utilisent régulièrement le parc comme lieu de rassemblement convivial durant les beaux jours », ajoutent-ils.
« Envisager des solutions alternatives »
La section PCF fontainoise appelle donc le maire Franck Longo à « reconsidérer sa décision ». Car, estime-t-elle, « un parc public doit rester un lieu de partage et de rencontre accessible à toutes et tous ». Évoquant les arguments employés par la majorité municipale, les militants assurent « [comprendre] les préoccupations éventuelles liées à la propreté, au bruit ou à la sécurité ».
Toutefois, « plutôt qu’une suppression définitive, nous demandons à la municipalité fontainoise d’envisager des solutions alternatives », indiquent les communistes. Avant de détailler leurs propositions : « dialogue avec les habitants et associations locales ; amélioration de l’entretien des espaces ; installation de panneaux de sensibilisation et de prévention ; horaires d’utilisation encadrés ; présence humaine pour réprimer les contrevenants ».
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