Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français
Publié le 29.08.2025 à 19:43
Edouard SchoeneDans un communiqué de presse daté du 26 août, plusieurs associations et collectifs de Fontaine (voir encadré1) alertent sur un danger imminent d’expulsion de la famille M. de son hébergement municipal : « Mme M. était convoquée par la police pour une enquête préalable à l’expulsion le vendredi 22 août au matin. Accompagnée par une membre du collectif de soutien, elle s’est vue confirmer le projet d’expulsion et préciser la procédure, qui risque d’être rapide. Avec le soutien actif (trois mobilisations publiques depuis janvier et plus de 600 signatures sur une pétition en ligne) de nombreux.ses Fontainois.e.s, nous dénonçons depuis des mois la volonté de la mairie qui maintient son projet d’expulsion injuste et brutal. Cette décision n’est accompagnée d’aucun soutien social réel. Au contraire, la dernière rencontre au CCAS a plutôt tourné au « procès » d’une mère de famille fragilisée et impuissante: il s’agit donc bien de la mise à la rue d’une mère et de ses enfants dont deux sont scolarisé.e.s dans une école et un collège de la commune. »

L’expulsion de la famille peut intervenir dans les prochains jours. Or, Mme M. a été hospitalisée en août et doit subir une nouvelle intervention chirurgicale mi-septembre. En outre, la rentrée scolaire de septembre approche pour les deux enfants scolarisé.e.s. Le collectif de soutien appelle donc au maintien de la famille dans les locaux de la ville tant qu’une offre de relogement n’aura pas été actée.

Un appel lancé alors que la ville de Fontaine engageait au même moment la démolition d’un immeuble, avenue Yves-Farge (à côté de l’école Marcel-Cachin). Un bâtiment qui, depuis des années, accueillait des familles en grande difficulté. Cet immeuble aurait pourtant pu être rénové pour maintenir sa fonction. Et ce, d’autant que la municipalité réduit brutalement, depuis le début du mandat de Franck Longo en 2020, les hébergements d’urgence.
- 1 RESF Fontaine, FCPE 38, CSF 38, Intersyndicale « Enfants migrant.e.s à l’école » (FSU 38, CGT éduc’action 38, SUD éducation 38 et CNT éducation 38), DAL 38 et Groupe solidarité de la paroisse catholique Saint-Michel du Drac.
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Publié le 29.08.2025 à 18:34
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Publié le 29.08.2025 à 16:56
Travailleur AlpinLes communistes tapent du poing sur la table. La déclaration adoptée jeudi 28 août en AG, par la section PCF de Grenoble-Meylan, s’imposait devant le triste spectacle offert par une partie de la gauche grenobloise, à un peu plus de six mois du scrutin des 15 et 22 mars 2026. « Alors que nous avions appelé – dès le mois de décembre 2023 – les forces de gauche à discuter dans l’optique de l’élection municipale de 2026, nous constatons avec consternation la multiplication des invectives échangées entre porte-paroles de différentes forces de gauche, par réseaux sociaux et médias locaux interposés », déplorent les militants.
Il en est de la « responsabilité » de la gauche. Celle de « ne pas offrir les clés de la ville à la droite qui est au service des intérêts des plus riches ». Le risque et l’adversaire sont ainsi clairement identifiés. Se déchirer de la sorte « ne peut que servir le retour d’une droite revancharde qui avait été chassée de la mairie il y a 36 ans », redoute la section PCF, mettant en garde contre toute « stratégie nationale de la terre brûlée, en vue de la séquence électorale de 2027 ». Stratégie qui profiterait aux « forces réactionnaires, l’extrême droite en tête ».
« Nous renouvelons donc ici notre appel aux forces de gauche, qui ont su éviter en 2024 la prise du pouvoir par le RN dans le cadre du Nouveau Front populaire, afin qu’elles entreprennent au plus vite un travail collectif, pour construire un projet municipal avec les Grenobloises et Grenoblois. »
Section PCF Grenoble-MeylanLes communistes ne nient pas pour autant l’existence de « divergences et désaccords à gauche. Il ne s’agit pas de les éluder, au contraire, car cette pluralité constitue une force », estiment-ils. Pour « fermer la porte au retour de la droite », la solution la plus évidente reste le « rassemblement ». D’où le message principal de cette déclaration : « Nous renouvelons donc ici notre appel aux forces de gauche, qui ont su éviter en 2024 la prise du pouvoir par le RN dans le cadre du Nouveau Front populaire, afin qu’elles entreprennent au plus vite un travail collectif, pour construire un projet municipal avec les Grenobloises et Grenoblois. »

C’est en effet le rassemblement des forces de gauche qui « garantira les meilleures conditions pour la mise en œuvre d’un projet ambitieux renouvelé construit avec les habitantes et habitants qui répond à leurs besoins, à l’échelle communale et métropolitaine », souligne le PCF. Face au budget d’austérité de Bayrou, face à la crise du capitalisme qui « creuse les inégalités, aggrave la précarité, nourrit le réchauffement climatique », les collectivités locales ont leur rôle à jouer.
« Faire enfin revenir les jours heureux »
« Les politiques locales peuvent et doivent être des leviers pour répondre aux besoins sociaux, favoriser la justice sociale, lutter contre le réchauffement climatique, adapter la ville à ses effets, offrir un cadre de vie de qualité aux habitantes et habitants », affirment les communistes de Grenoble. Une ville où « les différentes composantes de la gauche élaborent des politiques municipales progressistes depuis 36 ans. Et les communistes y ont pris leur part », ajoutent-ils.
À plus long terme, l’union de la gauche constitue également « la voie la plus sûre pour préparer les victoires indispensables en 2027, pour mettre fin à la phase de régression en cours, et faire enfin revenir les jours heureux », espère la section PCF. Avant de conclure en se projetant sur les prochaines échéances : « Dans les jours qui viennent, les communistes grenoblois prendront leur part à la mobilisation du 10 septembre et à celles qui suivront pour la justice sociale et climatique : l’argent existe ; en témoigne l’insolent gonflement des grandes fortunes. »
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Publié le 29.08.2025 à 11:11
Travailleur AlpinIl l’a finalement annoncé cette semaine à ses équipes. Raphaël Mocellin ne briguera pas de second mandat, et laissera sa place à l’occasion des élections municipales des 15 et 22 mars prochains.

Alors que sa liste l’avait emporté en juin 2020 de 36 voix à peine face à celle d’extrême droite conduite par Jacques Lascoumes, ce départ laisse un vide au centre de l’échiquier, et ne manquera pas d’accentuer la polarisation de la campagne qui s’annonce.
Une majorité sortante divisée
Plusieurs autres élus sortants de premier plan ont d’ores et déjà annoncés qu’ils ne se représenteraient pas. Et surtout, la question de la succession s’annonce épineuse : si le nom de la conseillère départementale (divers droite) Imène Desmet est prononcé par certains, elle serait loin de faire l’unanimité dans les rangs de l’équipe municipale actuelle.
Selon nos sources, plusieurs élus seraient en train de sonder dès à présent d’autres hypothèses, faisant dire à une militante de gauche de la commune que « ça y’est, la guerre des chefs est déclarée chez eux ». Une majorité déjà affaiblie par le départ de Noëlle Thaon en 2020, qui a d’ores et déjà annoncé qu’elle repartirait en campagne avec sa propre équipe.
L’extrême droite en embuscade
Mais cette annonce du maire sortant ne fait pas que des malheureux. Jacques Lascoumes, à la tête du premier groupe d’opposition, pourrait bien profiter de la situation. Un citoyen nous confiait son inquiétude sur le sujet : « Avec le délitement de l’équipe sortante qui se poursuit, sans leadership [NDLR : sans succession faisant l’unanimité], Lascoumes pourrait bien récupérer une frange de la droite, et l’emporter ce coup-ci, si la gauche ne se bouge pas… »
Le collectif de gauche « Unis pour St Marcellin » construit sa dynamique
En face, fort heureusement on ne reste pas inactif. Suite à la réussite de sa première réunion publique qui a, le 23 mai dernier, rassemblé plus d’une soixantaine d’habitants, le collectif initié par plusieurs personnalités locales de gauche1 poursuit la construction de sa dynamique. Pas moins de quatre réunions de travail se sont tenues depuis, les 19 et 26 juin, 22 juillet et 28 août, voyant l’équipe s’étoffer au fur et à mesure.

Ils sont aujourd’hui plusieurs dizaines d’habitantes et habitants engagés dans le processus, et prévoient de lancer en grand à la rentrée un questionnaire citoyen pour recueillir les demandes et avis de la population [plus d’infos à venir sur notre site].
Pour Christophe Ghersinu, l’enjeu est de « redonner la parole aux Saint-Marcellinois, pour construire une vraie alternative qui parte des besoins et attentes des habitants ». Une chose est certaine, la course de vitesse est lancée, et l’avenir de la capitale du Sud-Grésivaudan promet de faire débat dans les mois qui viennent.
Robert W. Wellnes
1 Pierre Liotard, bénévole associatif et ancien adjoint au maire du temps de Jean-Michel Revol ; Christophe Ghersinu, conseiller municipal d’opposition ; Elisabeth Pouech, bénévole associative et ancienne élue du temps de Jean-Michel Revol ; Jonathan Soen, ancien conseiller municipal d’opposition écologiste ; Jeanne Maury, membre du CA du CCAS et co-cheffe de file de « Saint Marcellin écologique et progressiste » en 2020)
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Publié le 28.08.2025 à 16:36
Travailleur AlpinLes écoliers ne sont pas les seuls à faire leur rentrée. Tous partis confondus, les politiques reprennent le chemin des campagnes électorales. Et pour cause. La dernière élection majeure (sauf dissolution surprise de l’Assemblée nationale) avant la fin du second quinquennat d’Emmanuel Macron se profile.
Les 15 et 22 mars prochains, les citoyens seront en effet appelés à voter dans chacune des près de 35 000 communes – 512 en Isère – pour renouveler leurs conseils municipaux et intercommunaux.
Si les « échanges » à gauche sur Grenoble font la une de la presse locale, il est d’autres négociations qui ne sortent pas des discussions de couloirs feutrés. Et un bruit qui se fait de plus en plus persistant : inquiets de la fragilité du « bloc central », plombé par l’impopularité du président de la République, une partie des ténors de la droite « républicaine » tenterait de conclure un pacte de non-agression avec la formation de Marine Le Pen et de Jordan Bardella.
Un deal « métropole contre ruralité »?
L’entourage d’Alain Carignon tenterait en effet de convaincre le parti d’extrême droite de lui laisser le champ libre dans la majorité des communes de la métropole, en échange d’une intégration de candidats membres du RN – mais non affichés publiquement – par des élus « divers droite » du Nord-Isère.
À quelques exceptions près, l’évolution de la sociologie électorale cantonne l’extrême droite à un rôle de témoignage dans les communes du cœur métropolitain. Mais le risque qu’elle dépasse les 10 % dans une série de communes urbaines rend fébrile certains élus de la droite « classique ». À ce jour, des fusions de second tour risqueraient fort d’être désavouées par les responsables nationaux de LR, et plus encore du MoDem ou de Renaissance. Tandis qu’une absence pure et simple du scrutin favoriserait d’emblée des reports de voix plus… discrets.

Mais comme tout accord politique, le retrait et la discrétion du RN auraient un prix : pouvoir entrer par la petite porte dans les bourgs et villages gouvernés par la droite. Des discussions seraient en cours autour d’une liste de communes de moins de 9 000 habitants, catégorie la plupart du temps synonyme de municipalité « sans étiquette ».
S’il dispose désormais d’une solide assise nationale, le parti de Marine Le Pen souffre en effet d’un manque cruel d’implantation locale, et certains de ses responsables ont, semble-t-il, bien compris qu’ils auraient du mal à entrer dans les mairies sans qu’on leur « ouvre la petite porte »…
Feu vert à Grenoble et Fontaine, frictions en vue à Domène
Si Grenoble serait évidemment au cœur des discussions, ce « pacte de non-agression » ne devrait pas avoir de mal à se concrétiser également à Fontaine. Il faut se rappeler que le maire actuel, Franck Longo (LR passé Modem), a déjà dû sa pole position au premier tour de mars 2020 – puis sa victoire au second tour – à l’absence opportune de la liste du Rassemblement national.
De plus, il compte déjà plusieurs élus qui flirtent ouvertement avec les idées d’extrême droite, à l’image de Gérard Tardy qui déclarait sur les réseaux sociaux, en juin 2020, que la délinquance était « à 98 % d’origine maghrébine ». Ou encore d’Evelyne De Caro, qui écrivait en 2011 au maire d’alors : « Pour être considérés sur la commune, nous devons être des sans-papiers, d’origine étrangère, homosexuels. Pourriez-vous nous indiquer ce que vous proposez, lorsqu’on est français ou d’origine européenne, en situation complètement régulière, hétérosexuel, marié, divorcé ou veuf, en d’autres termes, nous aurions dit normaux ? » Tous deux sont adjoints au sein de l’équipe officiellement « centriste ».

Pour autant, on peut noter qu’une autre commune de la périphérie pourrait bien troubler le jeu : Domène, où la guerre fratricide entre Chrystel Bayon (maire depuis 2017) et Michel Savin (maire de 1995 à 2017, sénateur depuis 2017) attise les convoitises d’un troisième candidat, l’élu ex-LR et désormais RN Quentin Feres, qui a lancé son « collectif citoyen » en avril dernier.
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, dans un contexte d’instabilité politique croissante, les signaux de ces tractations inquiètent de plus en plus à gauche. Ce qui pourrait (aussi) rebattre certaines cartes en vue du scrutin de mars 2026. Affaire à suivre…
Robert W. Wellnes
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Publié le 28.08.2025 à 16:28
Luc RenaudDe nouvelles difficultés sont à prévoir pour les circulations ferroviaires sur les lignes SNCF qui se croisent à Veynes : Grenoble Gap, Valence Briançon et Veynes Sisteron Marseille. La troisième voie de la gare de Veynes va en effet être indisponible pendant six mois. Seules deux voies seront ainsi utilisables pour accueillir les trains en gare de Veynes.
Cette limitation à deux voies va empêcher les doubles croisements de circulations : impossible de voir en gare trois trains de différentes provenances. D’où des retards en cascade à prévoir et des difficultés supplémentaires pour les correspondances. Autre conséquence, la limitation à sept voitures du train de nuit Paris Briançon, alors qu’il peut en comporter quatorze lors des périodes d’affluence.
Retards en cascade
Cette situation résulte de la dégradation de la voie C – la plus longue en gare de Veynes – dont il faut remplacer les rails. Or la SNCF ne dispose pas des stocks nécessaires pour effectuer ces travaux rapidement.
Dans un communiqué publié cet été, les syndicats CGT, FO, Sud et UNSA estiment que cette situation est « le symbole criant de la désorganisation, du sous-investissement chronique, et des choix budgétaires désastreux faits ces dernières années ». Le Collectif de l’étoile ferroviaire de Veynes craint des substitutions par des cars de trains à destination de Grenoble.
Cheminots et usagers s’inquiètent également de l’interruption en semaine de la circulation des trains de nuit Paris Briançon, conséquence de travaux autour de Livron-sur-Drôme. Cette interruption est prévue du 1er septembre à la mi-décembre. Des cars remplaceront le train mais ils n’offriront qu’une centaine de places contre quatre cents disponibles dans le train de nuit.
Le Paris Briançon à l’essai sur la ligne Grenoble Veynes
Dans un courrier adressé à Marie-José Allemand députée socialiste de la 1re circonscription des Hautes-Alpes (Gap-Veynes), le PDG de SNCF voyageurs indique que des tests vont être entrepris dès septembre pour faire passer le Paris Briançon par Grenoble et la ligne des Alpes. Cet itinéraire alternatif ne pourra toutefois être mis en service – dans l’hypothèse d’essais concluants – que huit jours en 2025 et seize en 2026 compte tenu des circulations actuelles et des travaux programmés sur cet itinéraire de détournement.
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Publié le 27.08.2025 à 22:42
Travailleur AlpinMardi 26 août à Grenoble, une traditionnelle commémoration s’est déroulée pour rendre hommage aux victimes de la « rafle de Bizanet » le 26 août 1942, à Grenoble, en « zone libre ». Ce jour-là, 353 hommes, femmes et enfants furent conduits à la caserne Bizanet, avenue Maréchal-Randon. Une centaine d’entre eux furent déportés après un passage à Vénissieux et à Drancy. Cinquante-trois ne revinrent jamais.
Un grave incident est intervenu pendant le discours de M. Claus Habfast, au nom de la ville de Grenoble. M. Alexandre Cohen, prétendu porte drapeau (il est récusé par les responsables du Souvenir français et de l’ANACR), est intervenu pendant le discours pour s’offusquer publiquement des propos de l’élu, arguant que son propos était hors sujet. Il s’en est allé en pleine cérémonie. Le président du CRIF Eric Hattab, la sénatrice Frédérique Puissat, la députée Camille Galliard-Minier, députée, la conseillère régionale Catherine Bolze, et la conseillère départementale Joëlle Hours notamment lui emboîtaient le pas.
Les massacres à Gaza et en Cisjordanie
Les reproches, repris ensuite par des déclarations du CRIF, du groupe en campagne de M. Carignon et d’autres, portaient sur des phrases prononcées par M. Claus Habfast qui évoquait l’actualité des massacres à Gaza et en Cisjordanie perpétrés par l’armée israélienne.
Voici un extrait du discours incriminé : « À ce point, permettez-moi de partager quelques réflexions plus intimes. Il y a 41 ans, je suis arrivé en France en tant qu’immigré, originaire d’un pays porteur d’une histoire douloureuse, celle du pays responsable de la Shoah. Cet héritage douloureux fait partie de mon identité. Il m’a accompagné dans mon engagement politique et citoyen, m’imposant une responsabilité particulière : celle de ne jamais oublier, de ne jamais relativiser, de toujours rester vigilant face à la haine et aux comportements dégradant la dignité de la personne humaine. Mais aujourd’hui, cet héritage me laisse profondément troublé, face à la tragédie et aux morts à Gaza. Je ne suis pas seul. De nombreux juifs de la diaspora, à l’instar d’Ezra Klein, journaliste et figure du judaïsme libéral américain, constatent que trois postulats qui animaient nos pensées depuis des décennies ont volé en éclats : l’action en faveur d’Israël sert également la diaspora juive ; l’antisionisme — s’élever contre Israël — constitue une forme d’antisémitisme ; avec le temps, une solution à deux États finira par émerger. »

Claus Habfast nous a transmis une intervention qu’il a faite à la télévision publique, ICI Isère. « Il n’était pas mon intention de blesser des personnes, j’en suis profondément désolé. J’ai toujours été, je l’ai dit dans mon discours, aux côtés d’Israël, par mon histoire et mon parcours de citoyen. Mais je voulais partager le trouble que je ressens face à la situation à Gaza. Et j’ai mis un doute sur la légitimité du gouvernement Netanyahou face à l’histoire. Je suis prêt à en discuter avec ceux qui ont été choqués. Ce que je regrette. La question est aussi de savoir si l’on peut parler d’une actualité brulante lors d’une cérémonie mémorielle ? Cela a toujours été le cas, à Grenoble et à Paris. Mon intention était de ne pas passer sous silence un sujet qui est dans toutes les têtes, mais sans volonté de blesser ni choquer. »
Parmi les descendants de personnes tuées après la rafle, présents à la cérémonie, il s’en est trouvé qui ont remercié M. Habfast pour son discours, d’autres qui avaient un avis différent.
Témoignages
M. X (qui souhaitait garder l’anonymat) nous a écrit : « Mais quel est celui qui quotidiennement détourne les regards du génocide perpétré à Gaza en invoquant pour le justifier, la Shoah ? C’est Benjamin Netanyahou. Il n’est pas une occasion à ne pas saisir actuellement pour dénoncer le massacre et la colonisation menés par l’Etat d’Israël. Et ce dans l’intérêt des Palestiniens et des Juifs du monde entier. Brecht disait le ventre est encore fécond… Et malheureusement ce sont des Juifs qui aujourd’hui qui sont à la manœuvre. Ceux qui se taisent, ceux qui veulent détourner le regard sur ce drame absolu auront demain à en répondre. Oui c’est faire acte de lucidité, de courage, face aux pressions des soutiens inconditionnels à la bande d’assassins du gouvernement actuel d’Israël que de le dénoncer et tenter d’obtenir la paix et un État palestinien. »
J’ai été auditionné par la police de Grenoble, sur plainte de M. Cohen, pour avoir publiquement rendu compte à la MJC de ce que nous avions vu en 2018 en Palestine.
Edouard SchoeneM. Schoene, notre collaborateur, s’est adressé au Dauphiné libéré et au TA pour apporter son soutien à M. Habfast : « Le discours au nom de la municipalité de Grenoble est juste, courageux, digne . Militant de la paix je porte un badge depuis octobre 2023, édité par le Mouvement de la paix avec le mot paix en français, arabe, hébreu et les drapeaux de la Palestine et d’Israël. Je ne suis pas surpris que l’incident de la commémoration ait été déclenché par M. Alexandre Cohen, connu à Fontaine pour ses agissements assez fanatiques pour soutenir les ultras d’Israël. J’ai été auditionné par la police de Grenoble, sur plainte de M. Cohen, pour avoir publiquement rendu compte à la MJC de ce que nous avions vu en 2018 en Palestine. C’était considéré par M. Cohen comme de l’incitation à la haine antisémite. Mes parents, juifs, ont échappé de peu à la déportation à Auschwitz, arrivés au camp de Drancy le 30 juillet 1944, après le dernier convoi pour le camp de la mort. »
Plusieurs de nos lecteurs ont insisté sur la gravité de l’erreur qu’il y aurait à s’interdire de situer un discours mémoriel dans l’actualité. Sauf à vouloir faire croire que la barbarie appartiendrait définitivement au seul passé.
De fait, les discours prononcés au nom du collectif du 17 octobre et par le maire de Grenoble, pour rendre hommage aux victimes algériennes du massacre du 17 octobre 1961, sont-ils différents chaque année. Celui des ministres (Sébastien Lecornu et Patricia Mirallès), lu par les maires de France le 8 mai 2025, était sans aucun contenu. Il ne rendait même pas hommage à nos alliés.
Quand le président de la République s’exprime « hors sujet »
Rendant hommage aux combattants qui ont permis la victoire sur le nazisme, le discours du président Macron, le même jour, a pourtant quant à lui traité par ailleurs d’autres sujets. Ainsi : « Des peuples colonisés accédaient à la liberté, affirmant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais là aussi, en mai 1945, des violences et des massacres venaient préfigurer l’histoire, Sétif, Béjaïa, la région de Kherrata, Guelma, en Algérie, en Syrie aussi. »
Les militants du CRIF et élus proches de Netanyahu auraient-ils perturbé le discours du président pour propos hors sujet et anticolonialistes ?
Fabien Bobois
Oui, le devoir de mémoire se conjugue au présent !
Une déclaration de Jérémie Giono, secrétaire départemental du Parti communiste français
En lisant le compte-rendu de la « polémique » suscitée par le discours du conseiller municipal de Grenoble lors de la commémoration de la rafle Bizanet ce mardi 26 août, je n’ai pu réprimer un profond sentiment de colère.
En tant que responsable du « parti des fusillés », je tiens aujourd’hui à exprimer tout mon soutien à Claus Habfast.
Condamner le fait qu’un élu lie le souvenir de drames passés à l’Histoire présente, voilà bien une dénégation du principe même de toute commémoration républicaine. Une commémoration, c’est précisément un temps où le passé doit éclairer le présent d’une lumière crue, pour permettre à notre humanité de progresser.
Oui, le devoir de mémoire ne peut se conjuguer qu’au présent !
A ce titre, la référence aux pogroms terroristes du 7 octobre 2023 est effectivement pertinente, et ceux qui y font référence ne doivent pas occulter la part de responsabilité de l’actuel premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a soutenu pendant des années le développement du Hamas à Gaza, au côté du Qatar, « meilleur allié » des USA au Moyen-Orient, dans l’objectif cynique de fracturer le peuple palestinien.
Je rappelais ces faits largement documentés dans une tribune publiée en février 2024 sur le média Place Gre’net.
Alors non, personne n’est légitime à s’insurger qu’à l’occasion d’une commémoration de cette nature, le drame qui se déroule en Israël/Palestine soit condamné dans les termes utilisés par Claus Habfast ce mardi 26 août.
Car comme je l’indiquais déjà le 28 mars 2022 aux représentant∙e∙s du CRIF Grenoble-Dauphiné, ce sont bien ceux qui se livrent aux plus abjectes instrumentalisations, allant désormais jusqu’à accuser le président de la République d’antisémitisme en associant abusivement ce terme à toute critique du gouvernement Netanyahou, qui contribuent à mettre en danger les Juifs de France comme d’Israël.
Ce sont eux qui contribuent à donner de l’écho aux pires propos de haine complotiste.
Ce sont eux qui déshonorent et mettent en danger l’Etat d’Israël.
Et que des élu∙e∙s du « bloc de droite » (LR & Renaissance) se permettent de s’engouffrer dans ce type de polémique, alors qu’ils sont de ceux qui proposent de supprimer la date hautement symbolique du 8 mai 1945 du calendrier des jours fériés, celle-là même qui commémore la victoire sur le régime nazi, c’est le comble de la honte.
Pour leur part, les communistes ne baisseront jamais le drapeau de la Résistance, que vive au présent la mémoire des Justes !
Jérémie GIONO
Secrétaire départemental du PCF Isère
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