Associations iséroises


Un Toit Pour Tous
Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

20.01.2022

Réindustrialisation. La CGT invite les candidats à l’élection présidentielle à se rendre à Moirans

Luc Renaud

La phase de contrôle du scintillateur, le coeur des appareils de radiologie.

La CGT est à l’origine d’un projet de création d’une filière industrielle de l’imagerie médicale. Le dossier fait maintenant partie de ceux que soutient le Conseil national de l’industrie, organisme gouvernemental, ainsi que trois ministères. Le syndicat invite les candidats à l’élection présidentielle à venir sur place dire ce qu’ils en pensent.

« Nous devons maintenant concrétiser, c’est là un choix politique au niveau national et c’est pourquoi nous invitons les candidats à l’élection présidentielle à venir à Moirans pour nous dire comment ils comptent appuyer ce projet de réindustrialisation. » Franck Perrin, délégué CGT chez Thales Trixell, commentait ce 20 janvier devant la presse locale cette invitation syndicale lancée aux candidats.

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Franck Perrin, responsable CGT Thales Trixell, et Chantal Sala, secrétaire du syndicat CGT au CHU de Grenoble.

Et cela pour des propositions désormais soutenues largement au-delà des rangs de la CGT : le dossier compte parmi les projets de création de filière industrielle que le Conseil national de l’industrie – organisme gouvernemental – a fait sien. Il est également applaudi par la direction du groupe Thales.

Et Franck Perrin, élu CGT du personnel, a été chargé de piloter un groupe de travail constitué au sein du comité stratégique de filière qui travaille sur les industries et technologies de la santé (CSF-ITS). Tout cela sous l’égide des services du Premier ministre, assorti de la signature des ministères de l’Industrie, de l’Économie et de la Santé.

Tout avait commencé par une grève

Et pourtant… tout avait commencé par une grève. En 2012, le groupe Thales avait décidé d’abandonner sa branche médicale pour se recentrer sur ses activités militaires. L’activité du site de Moirans – entre Voiron et Grenoble – était menacée. Avec la CGT, les salariés s’y étaient opposés. Ils ont gagné. « Nous avons voulu tout de suite construire une perspective de développement, rappelle Franck Perrin, pour ne pas nous retrouver quelques années plus tard menacés par un nouveau plan social ».

Du composant électronique jusqu’à la gestion des données

Cette perspective, c’est aujourd’hui celle de la création d’une filière industrielle de l’imagerie médicale. Filière intégrée, des composants électroniques jusqu’à la construction de matériels à partir des besoins exprimés par les utilisateurs, le CHU de Grenoble par exemple. Une filière qui s’appuierait notamment sur le bassin grenoblois. On connaît le potentiel de la vallée du Grésivaudan dans le domaine des composants électroniques. Celui du CEA, à Grenoble dans le domaine de la recherche et de l’innovation. Des nouvelles PME innovantes issues de la recherche en ces matières.

Grenoble Alpes métropole

Des opérations qui se réalisent en salle blanche.

Ce que l’on sait moins, c’est que la moitié des examens radiologiques passés dans le monde utilisent un élément qui produit par l’usine Trixell – filiale de Thalès – à Moirans. Ce coeur des appareils de radiologie se nomme « scintillateur ». Il est vendu à des multinationales comme Siemens ou General electric lesquelles l’intègrent dans les appareils d’imagerie médicale vendus sous leur marque.

« La tendance, explique Frank Perrin, c’est d’assortir la vente de ces appareils à des contrats de fourniture et d’entretien ; ça devient très cher pour la Sécurité sociale ».

Une convention « Territoire d’industrie »
D’où l’idée : pourquoi les industriels de l’électronique, de la santé et de la gestion des données ne pourraient-ils pas coopérer pour proposer des systèmes complets, du composant jusqu’au contrôle des données médicales produites par ces appareils ?

Grenoble Alpes métropole

Une technologie maîtrisée sur le site Trixell de Moirans.

Avec un objectif immédiat : la signature d’un contrat du type « Territoire d’industrie » qui matérialiserait l’engagement des industriels, de l’État et des collectivités territoriales pour la concrétisation de cette idée lancée par les cégétistes de Thales et Trixell. Toutes raisons qui motivent l’invitation lancée aux candidats à l’élection présidentielle.

Ce ne sera d’ailleurs pas la seule initiative prise pour faire aboutir cette revendication de création d’emplois dans l’industrie et la recherche.

Le rôle des collectivités territoriales

Le 16 mars se déroulera une assemblée des salariés de Trixell, où le patron de Thales, le responsable du comité stratégique de filière et Franck Perrin en sa qualité de pilote du groupe transverse de ce CSF exposeront le potentiel de ce projet industriel.

Des rendez-vous ont été sollicités avec les responsables des différentes collectivités locales concernées et notamment la région, cheffe de file de l’intervention économique. A cet égard, Eric Hours, conseiller régional communiste membre de la commission économique de l’assemblée régionale, interviendra sur ce dossier lors de la prochaine réunion de cette commission.

Tout est désormais question de choix politique. La réindustrialisation, ce pourrait être autre chose que des mots dans un discours. Chiche !

Le Travailleur alpin avait été le premier média local à rendre publique cette initiative.
Le dossier de presse élaboré par la CGT.
La lettre d’invitation envoyée aux candidats à l’élection présidentielle.

Franck Perrin, responsable CGT Thales-Trixell, et pilote du groupe de travail qui anime le projet imagerie médicale du comité stratégique de fillière des industries et technologies de santé.

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18.01.2022

Grenoble capitale verte valait bien une mobilisation pour le climat

Travailleur Alpin

Grenoble, capitale verte. Une inauguration saluée dans les rues de Grenoble.

Tandis que des personnalités européennes s’étaient déplacées en l’absence du président de la République, près de 1500 manifestants se sont rassemblés pour souligner les insuffisances de la politique gouvernementale.

Samedi 15 janvier s’est déroulée la cérémonie officielle consacrant Grenoble capitale verte européenne pour l’année 2022. Diverses personnalités étaient réunies au musée d’histoire naturelle afin d’officialiser cette distinction et souligner les actions accomplies qui ont permis de distinguer la ville. Le président de la république Emmanuel Macron, qui avait annoncé sa venue s’est récusé pour s’exprimer par visioconférence. C’est la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompile qui représentait le gouvernement.

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Avec de nombreuses personnalités dont le préfet de l’Isère et le président de la métropole grenobloise, elle a été accueillie par le maire Eric Piolle. Greenoble, ou GreenGrenoble, en quoi les choses vont-elles évoluer, en quoi les actions annoncées, bien modestes au regard des enjeux climatiques, vont -elles concourir au respect des engagements pris ?

C’est ce qu’ont tenu à exprimer samedi après-midi à l’heure même de la cérémonie officielle, les défenseurs de la nature et de l’environnement. A l’appel de douze associations et collectifs, près de 1500 personnes se sont rassemblées samedi à 14 h parc Paul Mistral pour former un cortège qui s’est ensuite répandu dans les rues de la ville pour rejoindre la place de Verdun où ont été brûlés, sous les fenêtres de la préfecture, des portraits volés du président Macron maquillés de vert.

Palestine Jérusalem Grenoble

Durant le défilé, les slogans énoncés par les manifestants ont souligné les contradictions et les oppositions structurelles entre l’urgence de combattre le réchauffement climatique et le maintien de la domination d’un système capitaliste débridé, pilleur forcené des ressources naturelles sans grande considérations pour les habitants et les ressources de la planète. Le changement ne viendra pas de son côté. Il viendra par les mobilisations larges, et surtout par une claire vision des transformations sociales, économiques et politique, qu’il faudra construire ensemble.

François Perez

Les associations qui appelaient à manifester : Alternatiba, Attac, Confédération paysanne, Collectif Plus jamais ça, Coordination des Gilets jaune, Greenpeace Isère, Solidaires Isère.

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14.01.2022

Éducation nationale. Face au mépris, journée de mobilisation sans égale

Travailleur Alpin

L’ensemble des syndicats avaient appelé à cette journée de grève et de manifestation.

Mobilisation importante des personnels de l’éducation nationale le 13 janvier, en Isère comme dans tout le pays. Un millier de personnes rassemblées devant le rectorat de l’académie de Grenoble puis place de Verdun, face à la préfecture.

Jeudi 13 janvier toute la journée, les écoles et collèges étaient en grève dans le département de l’Isère comme dans toute la France. Le mot d’ordre lancé par douze organisations syndicales de l’enseignement et des parents d’élèves a été suivi à 70 % dans l’élémentaire et à 60 % pour le secondaire, selon de justes évaluations faites par les organisateurs du mouvement. Une mobilisation sans égale depuis plus de 20 ans.

Incohérences ministérielles

Professeurs, lycéens, parents d’élèves étaient dans la rue pour dire leur ras-le-bol face aux difficultés d’exercer leur métier dans les conditions aggravées par l’épidémie de covid qui sévit depuis deux ans et par les incohérences du ministre de l’éducation nationale qui se refuse à écouter et à entendre pour que les bonnes dispositions soient prises pour sauvegarder le service public éducatif. Réunis à 13h sous les fenêtres du rectorat place Bir-Hakeim à Grenoble, environ un millier de manifestants ont accompagné une délégation de vingt-cinq membres qui était reçu par le recteur. Ensuite, vers 15h, enseignants, parents, militants syndicalistes, se sont retrouvés plus nombreux à 15 heures place de Verdun face à la préfecture.

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Le collège Condorcet, de Tullins, l’un des nombreux établissements présents devant la préfecture.

Au cours de ce rassemblement à la fois jeune et coloré, confiant et déterminé, les représentants syndicaux ont tenu à expliquer les raisons de leur profonde colère et appeler à la poursuite du mouvement interprofessionnel annoncé pour le 27 janvier.

Des moyens matériels et humains

Ainsi, dans allocution, une représentante de la FSU Isère a pu souligner combien « la situation est catastrophique dans toutes les écoles et établissements : cas positifs, cas contacts, les élèves vont, viennent, partent, repartent, reviennent. Les plus fragiles disparaissent des radars… » Et de souligner : « Aujourd’hui, nous sommes tous d’accord, nous ne voulons pas la fermeture des établissements. Les solutions passent par des dotations de moyens matériels et techniques suffisants à tous les niveaux : infirmières, médecins scolaires, assistantes sociales, CPE, AED, AESH, agents techniques et d’entretien, enseignantes et enseignants administratifs et de direction. Un contingent spécifique dédié au remplacement, des masques FFP2 fournis par l’employeur. »

Palestine Jérusalem Grenoble

Pierre Labriet, adjoint au maire d’Echirolles, l’un des élus qui sont venus soutenir les manifestants.

La panoplie des besoins est clairement spécifiée. Encore faut-il que ce gouvernement consente à y prêter attention. Dans ce but, la mobilisation devra se poursuivre et s’amplifier. La politique mise en œuvre par le premier ministre Castex et son ministre de l’éducation nationale, Jean Michel Blanquer, n’a fait qu’aggraver les abandons successifs décidés par les gouvernements précédents de Sarkozy à Hollande.

Aujourd’hui, avec en plus la pandémie, la coupe déborde. Il s’agit de sauver le service public de l’éducation. Les personnels en ont conscience, les parents d’élèves aussi. Ainsi que l’exprimait Albert Einstein, on ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont créés. Raisons pour lesquelles, il devient urgent de changer d’orientation, de changer de personnels politiques.

François Perez

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09.01.2022

2013, trois assassinats à Paris. « Nous continuons à exiger vérité et justice »

Edouard Schoene

Elus et militants, le 8 janvier, place Félix Poulat.

Le 9 janvier 2013, trois militantes kurdes étaient assassinées à Paris. Le régime d’Erdogan est directement en cause. Pourtant l’enquête est au point mort : les autorités françaises font obstacle à la manifestation de la vérité.

Samedi 8 janvier, quelques dizaines de militants, d’élus, ont rendu hommage à Fidan DoğanSakine Cansız et Leyla Söylemez assassinées à Paris le 9 janvier 2013. Le rassemblement se tenait rue Félix Poulat à Grenoble

Plusieurs élus-es avaient tenu à apporter leur soutien aux campagnes de solidarité avec le peuple kurde : Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, Myriam Laïdouni Denis, conseillère régionale EELV, Emilie Marche, conseillère régionale FI, Simon Billouet, conseiller départemental de l’Isère et
Antoine Back, adjoint à la ville de Grenoble .

L’appel à ce rassemblement de l’Association iséroise des amis des Kurdes rappelait les faits : « Alors que tous les indices recueillis au fil de l’instruction pointent vers Ankara et son agence de renseignement (MIT), la justice française a décidé dans un premier temps de clore le dossier, suite à la mort du tireur, Ömer Güney – officiellement décédé en prison d’une tumeur au cerveau en décembre 2016 -, au prétexte que la disparition de « l’assassin présumé » entraînait l’extinction de l’action publique. Cependant, suite à des révélations mettant directement en cause le président turc Erdogan, ainsi que l’ancien ambassadeur de Turquie à Paris, Ismail Hakkı Musa, les familles des victimes ont obtenu l’ouverture d’une nouvelle instruction qui dure maintenant depuis trois ans, sans aucune avancée. Et pour cause: les autorités françaises refusent toujours de partager avec les juges les informations détenues par leurs services de renseignement, opposant le secret défense.

L’Etat français refuse de lever le secret défense

Ce refus politique entrave le travail de la justice, assurant l’impunité à un crime terroriste grave commis sur le territoire français par des agents du régime d’Erdogan. Ne pas lever le secret défense revient à un déni de justice intolérable. Le terrorisme n’est pas le fait du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mais bien celui de l’Etat turc qui, non content d’exercer une répression féroce à l’intérieur de ses frontières, mandate des criminels en Europe et lance son armée toute puissante dans des opérations transfrontalières contre des populations qui ne demandent qu’à vivre en paix.  Nous réaffirmerons  l’exigence du retrait du PKK des listes des organisations terroristes.  La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a statué en 2018 que la présence du PKK sur la liste du conseil de l’Europe n’avait pas de fondement : c’est une victoire importante, où le Conseil de l’Europe a été condamné ».

Répondant à la presse, Maryvonne Mathéoud, co-présidente d’AIAK donnait des informations d’actualité. « En ce triste anniversaire comment ne pas penser aussi à la situation du peuple kurde que ce soit en Turquie où la répression s’amplifie, notamment contre le HDP , menacé d’interdiction alors que ses députés, ses maires, ses militants sont arrêtés et emprisonnés. Son président, Selahattin Demirtas, est détenu depuis 2016 en dépit des demandes de libération adressées à Ankara par la Cour européenne des droits de l’homme, qui juge sa détention illégale.

Le nettoyage ethnique du régime d’Erdogan

La guerre antikurde de la Turquie ne s’arrête pas à ses frontières. Avide de conquêtes, le régime du sultan Erdogan, soutenu par une armée de mercenaires djihadistes, a envahi et occupé une partie du Rojava, massacrant des milliers de civils et se livrant à une véritable campagne de nettoyage ethnique. Les campagnes militaires de la Turquie font également rage au Sud-Kurdistan (nord de l’Irak). En France, la répression contre les militants kurdes perdure ; dernier exemple Mezher Kartal militant du HDP est en centre de rétention depuis quatre mois, menacé d’expulsion. »

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06.01.2022

Saint-Martin-d’Hères. La disparition d’Henri Rive

Max Blanchard

Henri Rive, figure connue et reconnue à Saint-Martin-d’Hères, nous a quittés dans la nuit du 5 au 6 janvier.

Henri Rive, ancien premier adjoint de la ville de Saint-Martin-d’Hères, s’est éteint dans la nuit du 5 au 6 janvier, à l’âge de 94 ans. Syndicaliste, militant communiste, il a été l’un de ceux qui ont préparé les jeux d’hiver de Grenoble. Il fut très impliqué dans le mouvement de Mai 68 et l’un des dirigeants de la coopérative ouvrière Manufrance.

Il était né le 13 avril 1927 à Vienne où ses parents tenaient une épicerie avant de venir s’établir à Oullins, puis à Caluire-et-Cuire, et enfin à Lyon. Il fit sa scolarité primaire à Caluire-et-Cuire, et obtint son certificat d’études en 1939.

Après un cursus au lycée Ampère de Lyon, il s’inscrivit en faculté de droit et au centre d’études et de préparation aux concours administratifs. Il obtint en la licence de droit et le diplôme de l’IEP. Après avoir réussi les épreuves du concours de rédacteur de la ville de Lyon en 1950, il fut affecté au secrétariat général en janvier 1951, sous la municipalité d’Édouard Herriot.

En 1952 il épouse Madeleine Margot, employée à la comptabilité de la ville de Lyon. Ils auront trois enfants.

Un syndicaliste

Henri Rive, intéressé par les questions syndicales depuis l’IEP, adhéra à la CGT-Force Ouvrière pendant six mois au début de 1952. Il fut élu à la commission paritaire 1ère catégorie en 1952 et réélu en 1954. Il adhéra à la CGT en 1955 et fut candidat du syndicat national des cadres des services publics et de santé aux élections paritaires de 1956.

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N’ayant pas de perspective de carrière à Lyon, Henri Rive, candidat à Saint-Étienne pour un poste de direction à l’action sociale municipale, fut recruté en 1959 par le député-maire Alexandre de Fraissinette (RPF puis CNI).  Alors que le syndicat majoritaire était la CGT- FO, il fut élu à la commission paritaire de 1ère catégorie.

Elu à la commission exécutive et au bureau du Syndicat national CGT-UGIC des cadres des services publics et de santé lors du congrès de Vierzon en 1961, il fut également élu à la commission exécutive de la fédération CGT des services publics et de santé la même année. Il devint vice-président du syndicat national en 1967.

Palestine Jérusalem Grenoble

N’ayant pas été choisi pour être secrétaire général par le nouveau maire de Saint-Etienne Michel Durafour, Henri Rive, postula pour la mairie de Grenoble en 1965 où le nouveau maire Hubert Dubedout (Groupement d’Action Municipale, allié à la SFIO et au PSU) se heurtait au secrétaire général en place. Arrivé à Grenoble en septembre 1965 en tant que directeur de service, il fut chargé de la préparation des Jeux Olympiques et du développement de la ville. Il devint secrétaire général adjoint en janvier 1968 et secrétaire général, après le départ en retraite du titulaire du poste, en 1976.

En 1967, il adhéra au Parti communiste français. Sa nomination au poste de secrétaire général fut l’objet d’une campagne de dénigrement orchestrée par la droite, à laquelle H. Dubedout et la municipalité répondirent fermement.

En 1977, des élus du PCF entrèrent au conseil municipal. Un recrutement important de cadres amena deux secrétaires généraux adjoints (chargés des finances et du personnel) contrebalançant l’influence du secrétaire général.

Henri Rive, toujours vice-président du syndicat national des cadres communaux CGT, contrairement à beaucoup de ses camarades, refusa d’adhérer à l’influent syndicat des secrétaires généraux et secrétaires généraux adjoints dans le cadre d’une « bi-appartenance ». Dirigeant du syndicat départemental des cadres CGT de l’Isère, il fut élu membre de la commission exécutive de l’Union syndicale nationale des ingénieurs, cadres et techniciens communaux CGT.

Grenoble Alpes métropole

En 1971, Henri Rive fut élu conseiller municipal communiste de Saint-Martin-d’Hères. Dans la municipalité dirigée alors par Joseph Blanchon, maire PCF, il occupa différents postes d’adjoint, puis fut 1er adjoint de 1995 à 1999, réélu jusqu’en 2001. Il présida, après l’avoir créé, le syndicat intercommunal d’informatique et fut également président de la commission des finances de la communauté d’agglomération de Grenoble.

Un élu communal

Il démontra sa capacité à gérer, sans confusion des rôles de secrétaire général d’une grande ville, de militant syndical et d’élu d’une ville moyenne. En mai 1968, il fut un des responsables du comité de grève de la mairie de Grenoble occupée. Pendant une période, il fut membre de la commission exécutive de l’union départementale CGT. Il resta membre de la commission nationale paritaire jusqu’à la création du conseil supérieur de la fonction publique territoriale en 1984. Il siégea plusieurs années, en tant qu’élu communiste, dans le collège des maires-employeurs du conseil d’administration du Centre national de la fonction publique territoriale.

Henri Rive mit fin à ses fonctions de secrétaire général de Grenoble en avril 1983, après l’élection à la mairie d’Alain Carignon (RPR). Il fut alors détaché à plein temps auprès de la fédération CGT des services publics, sur les droits syndicaux nationaux. Il devint président non rémunéré de la Société Coopérative Ouvrière de Production et de Distribution (SCOPD) Manufrance. Il amorça une modernisation de l’outil de travail, avec la construction d’une nouvelle usine. Mais la situation financière étant très dégradée, l’aide gouvernementale intervenant trop tard et de façon inefficace, la SCOPD fut mise en liquidation en 1985. Il fut condamné à 18 mois de prison ferme, puis relaxé, ainsi que d’autres dirigeants de la SCOPD et des syndicalistes CGT, lors du procès en appel à Lyon le 30 mars 1993. Les accusés furent accompagnés au Palais de Justice par 60 à 70 000 manifestants venus de toute la France après une forte mobilisation de la CGT à laquelle Henri Rive avait pris une part active.

De 1985 à sa prise de retraite de fonctionnaire territorial en octobre 1987, Henri Rive fut le secrétaire régional Rhône-Alpes de la fédération CGT des services publics.

Jusqu’au bout, il fut un militant communiste inlassable, ainsi qu’un citoyen fortement impliqué dans la vie de sa commune.écutif en formation.

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17.12.2021

« Laïla, femmes afghanes », œuvre censurée à Grenoble

Edouard Schoene

L’ancien musée de peinture, place de Verdun à Grenoble.

Une exposition présente des œuvres d’art visuel (peintures, sculptures, photos, installations) à l’ancien musée de peinture de Grenoble, sur le thème « temps de métamorphose » jusqu’au 19 décembre. Un artiste semble avoir été écarté de cette exposition par une censure politique.

On pourrait penser que la censure dans les salons d’art avait disparu dans notre pays. Dans l’histoire de l’art, « le salon des refusés » demeure un événement historique. Ce salon ( de 1863 à 1886) s’est tenu cinq fois pour accueillir à paris des peintres refusés par le salon officiel.

L’œuvre refusée est un triptyque de trois tableaux (46 cm x 55 cm), Laïla femmes afghane.
Inspiré d’enluminures du XVIè siècle, sur « Laïla », femme afghane, le triptyque montre Laïla entourée d’une femme afghane de début 2021 et du tchadri fin 2021.

Comment qualifier ce refus d’exposer cette œuvre autrement que par le terme de censure ? Le dossier a été envoyé début octobre 2021. Toutes les précisons requises figuraient (description du projet, dimensions…). L’équipe de production disposait de trois mois pour réaliser l’exposition. La place était largement suffisante pour accueillir d’autres œuvres que celles qui sont exposées.

L’artiste écarté, Jean-Claude Lamarche, est un des premiers adhérents, depuis des décennies de l’association qui produit des expositions à Grenoble. A l’origine, l’association « les amis de Jacques Lamoure », association d’artistes grenoblois, revendiquait une salle consacrée aux artistes plasticiens locaux pour exposer leurs œuvres. Sous le mandat du maire Carignon, cette salle, dans la mairie de Grenoble, leur était attribuée. Cette association a changé de nom et se nomme « Maison des Arts Plastiques de Grenoble et de l’Isère ». Depuis plusieurs années la MAPGI expose à l’ancien musée de peinture, place de Verdun à Grenoble. Alors quelles sont les raisons invoquées pour écarter l’œuvre qui répond au thème de l’exposition et se situe au cœur de l’actualité ?

Voici les extraits de réponse des organisateurs : « Nous avons pensé que ton thème était polémique et pour le musée nous ne prenons pas cette idée ». « D’autant que la Mapgi expose dans un local prêté par la mairie, avec un certain nombre de logos de soutien. Ce ne peut être le cadre de prises de positions personnelles ».

Difficile de ne pas interpréter l’absence de Laïla femmes afghanes à l’exposition autrement que par une censure. Censure au moment où les femmes afghanes souffrent dans leur pays, où des milliers d’entre elles ont dû se résoudre à se réfugier, étonnante sur notre territoire d’agglomération, dans un espace public. Censure scandaleuse.

Laïla, femmes afganes, une oeuvre de Jean-Claude Lamarche.

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