Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français
Publié le 28.02.2026 à 16:37
Luc Renaud« Je me sens légitime, comme jeune femme, à faire ma place. » Iseult Brenier n’y va pas par quatre chemin. Tout comme elle n’a pas hésité à demander un rendez-vous à David Queiros – en juin de l’année dernière – avec une proposition en mains, celle d’être candidate pour les élections des 15 et 22 mars prochains. C’est chose faite : Iseult Brenier est candidate en dixième position sur la liste du maire de Saint-Martin‑d’Hères.
Les retraites, en 2023
Cette volonté de s’engager ne vient pas de nulle part.« J’ai commencé à militer pendant ma première année de fac, pour défendre les retraites. » C’était lors du deuxième mouvement, en 2023, elle avait 19 ans. Militante sur le campus, puis un passage par Erasmus, à Istanbul. « Ca m’a donné l’occasion de voir d’un peu plus haut ce qui se passe sur la planète, et ça ne fait pas envie, on ne voit pas vraiment ce qu’on peut faire avec un résultat rapide ; du coup, explique-t-elle,j’ai pensé que le mieux serait l’engagement local, pour un aboutissement concret plus rapide », s’excuse-t-elle presque.
C’est cette possibilité d’agir qu’elle trouve à Saint-Martin‑d’Hères, dans une ville « qui a une histoire particulière, un héritage social ; on y vit pas comme ailleurs » et des valeurs qu’elle partage avec David Queiros et ses co-listiers – tout en n’ayant pas de carte d’un parti politique en poche. Et puis, elle est un peu tombée dedans petite : sa grand-mère était adjointe communiste de René Proby et son père et président d’une communauté de communes dans le Nord Isère : « J’ai grandi dans les débats politiques et les projets locaux. »
Des militants qui se connaissent souvent depuis très longtemps
Aujourd’hui, Iseult Brenier est pleinement investie dans la campagne électorale. Marchés, porte-à-porte… Même s’il n’est pas toujours facile de s’engager aux côtés de militants « qui se connaissent parfois depuis très longtemps », « moi qui arrive toute seule » dans un milieu « qui n’est pas forcément le plus ouvert ».
« Le porte-à-porte, au début, c’est un peu impressionnant, raconte-t-elle, mais les gens sont le plus souvent très contents d’habiter dans une commune avec ces services publics ; quand on rencontre une famille avec de jeunes enfants par exemple. » Il arrive que ce soit plus difficile, « quand il faut expliquer que ce n’est pas la ville qui a augmenté la taxe foncière, c’est l’État qui a augmenté les bases d’imposition ; c’est technique et c’est de toute façon une atteinte au pouvoir d’achat ».
Neyrpic, une étape majeure vers la requalification de l’entrée Nord-Est de l’agglomération grenobloise.Ses ambitions pour ce prochain mandat ? « Il faut d’abord être élu, une chose après l’autre », sourit-elle. Ce qui n’empêche pas de se projeter. « Ce serait bien une ville encore plus attractive pour les jeunes qui restent trop souvent dans le centre ville de Grenoble, en lien avec le campus. » Côté urbanisme, elle appelle de ses vœux la poursuite de la requalification de l’avenue Gabriel Péri, « Neyrpic, c’est très bien, ça nous permet d’aller plus loin dans les aménagements ».
Un mandat qu’elle conjuguera avec la fin de ses études – Iseult Brenier est étudiante à Sciences po en Master 1 de « management des collectivités territoriales » — puis une entrée dans la vie professionnelle. « Je ne sais pas vraiment vers quoi je me dirigerai, l’avantage de ma formation est qu’elle est assez généraliste, on verra et j’essaie de ne pas trop m’en faire. » Ce qui semble acquis, c’est qu’Iseult Brenier saura saisir la balle au bond.
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Publié le 28.02.2026 à 14:22
Edouard SchoeneLe tribunal a rendu son jugement : relaxe.
Le procureur avait requis une peine de 2000 euros d’amende avec sursis à l’encontre de l’enseignant, militant de la cause palestinienne.
Accompagné d’une quinzaine de soutiens, l’enseignant est sorti du tribunal satisfait que la justice ait reconnu que ses agissements ne pouvaient pas être assimilés à des injures, à des actes antisémites.
Il a affirmé continuer à agir, pendant la campagne des élections municipales de Grenoble pour que les candidats prennent des engagements concrets pour les droits des Palestinien·nes.
Les plaignants ont dix jours pour faire appel du jugement de relaxe.
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Publié le 27.02.2026 à 16:28
Manuel PavardLes derniers arrivés ont dû suivre les débats debout, dans le couloir. À un peu plus de deux semaines du premier tour des élections municipales, la petite salle de la maison des associations a fait le plein, ce jeudi 26 février au soir, pour la réunion publique sur la sécurité organisée par la liste « Échirolles ensemble ». Près de 120 personnes sont ainsi venues écouter — et parfois questionner — les deux invités : Amandine Demore, maire PCF d’Échirolles et tête de liste, et Anthony Caillé, enquêteur à la Brigade de répression du banditisme (BRB) et secrétaire général de la CGT-Intérieur.
Le débat s’est tenu dans une salle comble, à la maison des associations d’Échirolles.Ce dernier dépeint la réalité d’un métier, issue de l’expérience de terrain d’un policier exerçant depuis 1998. Une époque correspondant à « la dernière police de proximité » (entre 1998 et 2001), dont « il ne reste plus rien » aujourd’hui. Évoquant la situation d’Échirolles, comparable à celle de nombreuses villes populaires, Anthony Caillé recadre d’emblée le débat. Avec une question cruciale : « Parle-t-on du bon niveau de responsabilité ? »
De fait, rappelle-t-il, « la sécurité n’est pas uniquement une compétence locale. Elle relève d’une architecture nationale. Elle dépend de l’organisation des services d’enquête, des moyens de la justice, des choix budgétaires de l’État, des doctrines fixées au niveau central. » Et si les habitants ont « droit à la tranquillité », ils ont aussi « droit à l’égalité » — en matière de sécurité comme pour le reste.
« Manque de moyens structurels » et « culture du chiffre »
Appelant à « refuser deux pièges, le déni et la surenchère », Anthony Caillé met également en garde contre la confusion fréquente entre délinquance, insécurité vécue et sentiment d’insécurité. Lequel traduit souvent une perte de confiance des citoyens envers les autorités policières et judiciaires.
Enquêteur à la Brigade de répression du banditisme et secrétaire général de la CGT-Intérieur Police, Anthony Caillé vient de publier « Que peut la police ? » (Éditions de l’Atelier).Exemple : « Dans un service d’enquête, lorsqu’il manque deux ou trois enquêteurs sur une équipe déjà réduite, les dossiers ne disparaissent pas. Ils s’accumulent. Un enquêteur peut se retrouver avec 60, 70, parfois 80 procédures en attente. Cela signifie concrètement des auditions repoussées, des expertises demandées tardivement, des exploitations téléphoniques retardées, des réquisitions bancaires qui mettent des mois à arriver. » Conséquences, des mis en cause qui poursuivent leurs activités, des victimes dans l’attente et des habitants ayant « le sentiment que rien ne bouge ». En cause, tout simplement le « manque de moyens structurels ».
Anthony Caillé regrette l’instauration dans la police de la « culture du chiffre », dans un contexte d’élargissement des missions et de diminution des effectifs (de 140 000 policiers titulaires au début des années 2000 à 111 000 en 2022). Problème, les nécessités d’enquêtes longues et discrètes, permettant de remonter des filières, s’accommodent mal des besoins de visibilité médiatique et de « chiffre immédiat ». Sans compter la « saturation judiciaire » : parquets surchargés, reports d’audiences…
Les maires « en première ligne » face aux habitants
Au bout du compte, « la chaîne (enquête, instruction, jugement) se fragilise et la pression retombe sur le territoire », note le syndicaliste. Et en premier lieu sur les municipalités, vers lesquelles vont se tourner les habitants. Ceux-ci « ne saisissent pas le ministre. Ils interpellent leur maire car ils attendent une réponse immédiate, visible, compréhensible », ajoute-t-il. Et ce, à Échirolles comme ailleurs. « Les maires se retrouvent en première ligne », confirme ainsi Amandine Demore, qui ne passe « pas une semaine sans être interpellée sur la sécurité ».
Depuis son élection à la mairie, fin 2023, celle-ci n’a pas chômé sur ce plan, se signalant notamment par son combat pour l’ouverture d’un commissariat de plein exercice à Échirolles — il n’existe actuellement qu’un poste de police avec trois agents prenant des plaintes. Dans ce dossier, la maire communiste a montré « comment appeler l’État à ses responsabilités. J’ai amené une pétition comportant plus de 5 000 signatures d’Échirollois à Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur », raconte-t-elle.
Amandine Demore s’est notamment félicitée des récentes avancées dans le dossier du commissariat, que la DGPN a promis d’étudier.Faute de réponse positive de la Place Beauvau, Amandine Demore, fidèle à sa « ténacité », a insisté, écrivant un courrier au ministre actuel, Laurent Nuñez. Ce qui a fini par payer, du moins en partie. « Il m’a répondu fin janvier et pour la première fois, la porte s’entrouvre, se félicite-t-elle. Il dit qu’il est attentif à mes observations et qu’il les transmet à la Direction générale de la police nationale, en vue d’un ‘examen approprié de ma requête’. » L’édile espère notamment que Louis Laugier, actuel DGPN mais aussi ex-préfet de l’Isère — qu’elle a donc côtoyé à ce titre — se montrera particulièrement attentif à sa requête.
« Je me bats pour retrouver une police de proximité »
« Je me bats pour retrouver une police de proximité », explique Amandine Demore, qui n’a pas de mots assez durs pour la déclaration passée de Nicolas Sarkozy indiquant qu’il ne voulait plus « voir de policiers jouer au ballon avec les gamins ». « Certes, ce n’est pas la fonction première de la police mais je serais heureuse de voir les policiers discuter avec les jeunes », assure la maire, convaincue de l’importance de réparer les liens souvent rompus entre l’institution policière et la jeunesses des quartiers populaires.
Pour Anthony Caillé, une réelle politique de gauche cumulerait ainsi « une police de proximité forte, avec un maillage territorial » (réinvestir les quartiers, ramener les services publics, des médiateurs…). Cette police de proximité a en outre deux avantages : « elle connaît la population et elle peut amener des infos aux enquêteurs judiciaires », précise le policier à la BRB.
Un ancien agent de police de proximité a pris la parole pour faire part de son expérience.Dans le public, un participant intervient à ce sujet, en réaction à la remarque d’un autre habitant portant sur les « contrôles au faciès » incessants subis par ses enfants métis. L’homme était justement agent de police de proximité à Échirolles : « Comme on connaissait les gamins, à l’époque, on ne les contrôlait pas, se souvient-il. Le rapport à la population était totalement différent. » Dépité par l’évolution de la profession, il a démissionné lorsque la police de proximité a été supprimée, devenant… informaticien.
« Si la réponse pénale dépend de la richesse d’un territoire, alors l’égalité républicaine se fissure. »
Comment remédier à cette erreur majeure ? La CGT-Intérieur souhaite la création d’une direction générale de la police de proximité. Direction à laquelle seraient rattachés des effectifs dans les commissariats. Quant au recrutement, les solutions existent, selon Anthony Caillé, qui cite deux chiffres : les besoins sont estimé à 30 000 policiers de proximité et on compte environ 30 000 policiers municipaux. En nationalisant ou étatisant leur statut, on règlerait une partie du problème.
Sur la question de la police municipale, la position du syndicat diffère sensiblement de celle portée majoritairement par les mairies, y compris de gauche. Le syndicaliste policier se veut néanmoins lucide : « À Échirolles, la police municipale ne date pas d’hier. Elle fait partie du paysage institutionnel local depuis l’après-guerre, elle est armée depuis les années 1970. Ce n’est pas une réponse improvisée aux tensions récentes, mais un choix politique ancien », reconnaît-il.
« La commune peut compléter, pas remplacer »
Toutefois, si la police municipale assure une présence et peut jouer un rôle d’apaisement, en revanche, « elle n’est pas une police judiciaire structurée et n’a pas vocation à conduire des investigations longues, à exploiter des circuits financiers complexes, à coordonner des opérations interrégionales », souligne Anthony Caillé.
De plus, la police municipale se trouve sous l’autorité directe du maire. Et ses effectifs comme ses équipements sont très variables, d’une commune à l’autre. « Si la réponse pénale dépend de la richesse d’un territoire, alors l’égalité républicaine se fissure », déplore le secrétaire général de la CGT-Intérieur. Qui rappelle une évidence trop souvent contredite dans les faits : « La commune peut compléter, elle ne peut pas remplacer. »
Aurélien Farge, adjoint à la maire d’Échirolles et membre de son équipe de campagne, a conduit les débats.Amandine Demore abonde, refusant également « l’inégalité de traitement entre les communes ». Fière du travail de la police municipale à Échirolles, l’élue PCF a bien conscience de la nécessaire répartition des rôles : la commune n’a pas à se substituer à l’État et la police municipale n’a pas à assumer les fonctions de la police nationale — notamment concernant la lutte contre le trafic de stupéfiants et le démantèlement des réseaux. « Ce n’est pas son rôle », affirme-t-elle.
« La police doit avancer sur ses deux jambes, répression et prévention »
Sur le fond, la maire et le policier partagent une conviction : la police doit « avancer sur ses deux jambes, la répression et la prévention ». Une balance qui doit rester autant que possible à l’équilibre. Et pour restaurer la confiance avec l’ensemble de la population, la police ne doit éluder aucun débat, aucune remise en question, insiste Amandine Demore. Et l’édile de pointer, pêle-mêle, l’accueil des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles, confrontées à un « manque de confidentialité » scandaleux en venant déposer plainte dans un commissariat. Ou encore le débat inexistant sur la dépénalisation et/ou légalisation de l’usage de drogues. Sans prendre position à ce sujet, elle s’interroge : « Je ne suis pas médecin mais à quel moment, en France, on étudie ce qui marche dans d’autres pays ? »
Plusieurs personnes sont intervenues dans le public pour interroger Amandine Demore et Anthony Caillé.De son côté, Anthony Caillé égrène quatre questions selon lui fondamentales. « Voulons-nous que la sécurité repose principalement sur les communes, ou exigeons-nous que l’État réinvestisse réellement dans ses capacités d’enquête et de justice ? Acceptons-nous que la qualité de la protection varie selon les moyens financiers d’une ville, ou affirmons-nous que l’égalité devant la sécurité est un principe intangible ? Préférons-nous des réponses visibles et ponctuelles, ou sommes-nous prêts à soutenir des stratégies longues, patientes, qui démantèlent réellement les structures illégales ? Sommes-nous capables de rééquilibrer nos politiques publiques pour investir autant dans la prévention, l’éducation et la présence humaine que dans les dispositifs coercitifs ? »
De la réponse à ces questions, le représentant syndical tire un enseignement : « Il ne s’agit plus d’être plus ferme ou plus indulgent, mais d’être cohérent. » Et de conclure : « À Échirolles comme ailleurs, la sécurité ne peut pas être une réaction à l’actualité. Elle doit être une politique durable, nationale, et fidèle à nos principes républicains. » Amandine Demore formule, elle, une promesse au public. Malgré les menaces et intimidations des trafiquants, elle ne pliera pas : « Vous pouvez compter sur ma détermination. »
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Publié le 26.02.2026 à 18:28
Manuel PavardC’est l’une des préoccupations majeures des habitants — à Grenoble comme dans toutes les villes françaises — et ce, autant dans leur vie quotidienne qu’à l’occasion des échéances électorales. « Le logement est l’enjeu numéro un pour améliorer le quotidien », a ainsi souligné Laurence Ruffin lors d’une réunion publique dédiée au sujet, lundi 23 février au soir, à l’Île verte. « C’est le premier des droits, la base pour travailler, étudier ou fonder une famille. C’est aussi un levier puissant pour mener la transition écologique », a ajouté la candidate, qui intervenait aux côtés de Marie-Charlotte Garin, députée écologiste du Rhône, de Didier Monnot, ancien directeur général d’un bailleur social, et d’Hélène Reinhard, urbaniste et membre de « Barcelone en commun ».
Laurence Ruffin lors du meeting de présentation de la liste et du projet, le 5 février, au Palais des sports.Face à la crise du logement, qui n’est « ni une fatalité ni un simple phénomène de marché », selon elle, les villes peuvent agir, dans le champ de leurs compétences, estime la tête de liste de l’union de la gauche écologiste et citoyenne, qui a détaillé ses propositions en vue des municipales. Des mesures réparties en deux grandes catégories, la première visant à obtenir « des logements accessibles pour chacun et chacune ».
Une brigade de lutte contre les logements vacants
Parmi elles, l’objectif 30% de logement social, que Laurence Ruffin entend atteindre « grâce à des constructions de qualité, au développement des quartiers Presqu’île, Flaubert, Esplanade, GrandAlpe, et à une coopération renforcée avec la Métropole et les bailleurs sociaux pour transformer les logements et bureaux vacants en logements sociaux ».
La candidate propose également un bail réel solidaire (BRS) accessible pour tous, des loyers plafonnés dans toute la ville — en généralisant l’encadrement des loyers -, une garantie logement pour les jeunes ou encore la création d’une brigade de lutte contre les logements vacants. Laquelle aurait pour missions « contrôles, accompagnement, incitations à la remise sur le marché et si nécessaire réquisition solidaire ».
Pour dire « stop à la spéculation », Laurence Ruffin appelle à encadrer les Airbnb et les résidences services. Ceci, via plusieurs dispositions : passage de 120 à 90 jours maximum, instauration d’un numéro d’enregistrement… La liste d’union de la gauche est aussi très attendue par les associations sur le plan de l’hébergement d’urgence, afin de « poursuivre l’objectif de zéro enfant à la rue ». Ses engagements ? « Plaidoyer et pression sur l’État, conforter les hébergements du CCAS, mise à disposition à l’État des bâtiments temporairement inoccupés ».
« Zéro passoire thermique l’hiver et zéro bouilloire thermique l’été »
Seconde ambition majeure, « des logements rénovés dignes et confortables ». Plusieurs propositions rentrent ainsi dans cette catégorie, à commencer par « zéro passoire thermique l’hiver et zéro bouilloire thermique l’été » — avec toute une batterie de mesures associées, concernant la réhabilitation des logements, le choix des matériaux, la végétalisation, la ventilation, etc.
L’ex-dirigeante d’Alma Scop prône par ailleurs l’extension du permis de louer et vise « l’objectif 100 % des ascenseurs fonctionnels ». Enfin, Laurence Ruffin veut poursuivre le développement d’un écoquartier favorable à la santé à Flaubert, « avec des logements sains, bien éclairés, construits en matériaux durables, de la végétalisation et des lieux de fraicheur, des services de santé pour les habitants et les habitantes ». Sans oublier de réaffirmer son « soutien aux projets d’habitat coopératif ».
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Publié le 26.02.2026 à 15:52
Manuel PavardC’est sa quatrième campagne municipale à Grenoble et comme à chaque fois, Lutte ouvrière a pu déposer sa liste en préfecture dans les temps, sans grandes difficultés. « Il y avait suffisamment de travailleurs qui avaient une colère à crier », souligne Catherine Brun, qui répète le mot : « C’est une liste qui exprime sa colère contre l’évolution de la société. » Sentiment qui ne débouche pas encore sur une explosion sociale, reconnaît-elle. Mais le constat est là : que ce soit ses colistiers ou les électeurs rencontrés sur les marchés, dans les entreprises, tous « comptent au centime près ». Ce qui ne fait que renforcer, chez les militants de LO, « la conviction qu’on peut changer cette société capitaliste de fond en comble », indique l’enseignante retraitée de 68 ans.
Catherine Brun entourée d’une partie de ses 58 colistiers. © LOLe contexte national et international dessine pourtant un tableau inquiétant et en apparence peu favorable aux révolutionnaires. La candidate évoque ainsi le récent passage de Nathalie Arthaud « face à la meute », sur le plateau de BFMTV. Bien sûr, « le meurtre de Quentin Deranque ne correspond pas aux méthodes du mouvement ouvrier », rappelle-t-elle d’emblée. Mais comme la porte-parole de Lutte ouvrière, Catherine Brun dénonce la « campagne dégueulasse contre la France insoumise » orchestrée par cette « meute allant de France Inter à CNews, et réunissant le Rassemblement national, la droite, le gouvernement et une partie du PS ».
« Face à la meute »
Cette offensive réactionnaire se déroule sur deux fronts en parallèle. D’un côté, « ils veulent intimider ceux qui remettent en cause l’ordre social, qui luttent contre le génocide des Palestiniens, pour les droits des immigrés », la diabolisation de LFI et des collectifs antifascistes préfigurant une répression encore plus large. De l’autre, « ils refont à l’extrême droite sa virginité puis demain, vont s’allier à elle », alerte la militante trotskiste.
Si cette dernière n’exonère pas la gauche de « sa responsabilité » dans la montée de l’extrême droite, elle fustige surtout l’énorme hypocrisie des discours gouvernementaux. Et d’ironiser sur « Lecornu ou Macron dénonçant la violence politique alors qu’ils défendent un ordre social qui laisse mourir des migrants dans la Méditerranée et des ouvriers sur les chantiers. Si ça, ce n’est pas de violence… »
Sur le plan international, Catherine Brun évoque les menaces liées à la montée des tensions et aux guerres. Pour elle, les coupables sont tout désignés : « Les capitalistes se battent pour savoir qui mettra la main sur les richesses du Groënland, qui aura accès aux terres fertiles d’Ukraine, qui contrôlera le coltan des mines du Kivu en RDC ou qui exploitera le pétrole du Venezuela. Ces guerres commerciales peuvent à tout moment se transformer en guerres généralisées… et ce sera la jeunesse des classes populaires qui servira de chair à canon, avertit-elle. Pas question ! »
« Les problèmes ne se résolvent pas à l’échelle locale »
Quid des problématiques locales et des gros dossiers grenoblois, sur lesquelles s’affrontent la grande majorité des candidats ? Sur ce point, Lutte ouvrière reste fidèle à sa ligne historique. « Les problèmes des gens, ce sont les salaires, le logement… Ils ne se résolvent pas à l’échelle locale. Ceux qui promettent ça sont des menteurs », assène la tête de liste. Exemple, selon elle, l’occupation du siège de la métropole de Grenoble par les familles de livreurs à vélo : « Les municipalités se passent la patate chaude et la ville de Grenoble n’a toujours pas appliqué sa promesse de réquisition des logements vides. »
Catherine Brun cite notamment le combat des livreurs à vélo occupant le siège de la Métro, illustration selon elle de la difficile résolution des problèmes à l’échelle locale.Pour répondre aux préoccupations des travailleurs — qu’ils soient français ou immigrés -, la liste LO appelle à « aller prendre l’argent où il est, c’est-à-dire dans les poches des capitalistes ». Catherine Brun l’assure, ses camarades ne sont « pas résignés. On veut affirmer dans ces élections la force de notre classe et planter le drapeau rouge. » S’organiser donc, en vue de « la construction d’un parti communiste révolutionnaire ». Pour cela, la candidate ne fait pas confiance « aux socialistes ou aux écologistes, qui nous ont trahis comme les autres », estime-t-elle. Et de conclure : « On veut se représenter nous-mêmes, on en a marre de déléguer ! »
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Publié le 25.02.2026 à 15:58
Edouard SchoeneSamedi 22 février, vingt-deux militants de la liste conduite par Claudine Didier (PCF, LFI, Ecologistes) étaient au porte-à-porte dans le quartier populaire les Floralies. Parmi les propos recueillis auprès des habitants : « Nous avons fait une erreur en participant au dégagisme des communistes en 2020. On a vu ce que qu’a fait Longo. On votera pour vous, la gauche rassemblée ». « On ne se laissera pas impressionner par la campagne médiatique honteuse, nous voterons pour votre liste jeune, qui porte l’espoir de la gauche unie ». « Votre programme que j’ai commencé à lire est clair, offensif. J’apprécie votre plan d’urgence de la première année avec un élan démocratique ».
Le Dauphiné libéré a annoncé le renoncement de M. Cohen à présenter une liste et son soutien à M. Longo. Ce citoyen fontainois était présenté comme « porte drapeau gardien de la mémoire », DL 23/4/25.
Lors de multiples cérémonies officielles de commémoration d’événements liés aux guerres, des représentants d’associations d’anciens combattants sont autorisés à porter un drapeau.
Or il se trouve que M. Alexandre Cohen collectionnait les drapeaux, comme porte drapeau des associations Souvenir Français, ANACR, UNC. Il a été récusé par ces trois associations et prié de rendre les drapeaux. Comme il refusait de le faire, continuant à se prétendre porte-drapeau, il a été convoqué par la police nationale fin janvier 2026 après plainte d’une des trois associations.
Il a dû restituer les drapeaux.
M. Cohen qui soutient la liste hétéroclite de droite de M. Longo est connu pour avoir tenté de poursuivre en justice des randonneurs qui s’étaient rendus en Palestine et qui avaient raconté, à la MJC, ce qu’ils avaient vu, notamment le drame vécu par les Palestiniens colonisés en Cisjordanie.
Dernier ralliement à la liste que M. Longo qualifie de « pragmatique, sans idéologie, sans logo », celui de Mme Amélie Amore, ex-responsable locale du PS à Fontaine (les instances départementales du Parti socialiste devraient annoncer la radiation du PS).
Claudine Didier, tête de liste, de l’union de la gauche rappelle que contrairement à ce que Mme Amore a déclaré dans la presse locale n’avoir eu qu’un siège proposé, le parti socialiste a eu une offre de quatre postes éligibles. Elle précise que le PS n’a été présent que trois fois en 18 mois de discussions des partis de gauche. En outre chaque parti de gauche s’était vu proposer une place de conseiller métropolitain.
Les collages d’affiches et les réunions se suivent.
Le 24 février, neuf personnes étaient réunies pour écouter M. Longo, salle Tavel. Certes le même jour le carnaval sillonnait les rues de la ville.
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Publié le 24.02.2026 à 16:52
Manuel PavardDans quel état se trouve la police nationale aujourd’hui ?
Sarkozy a tout « flingué » en allant au bout du raisonnement sur les baisses de moyens et d’effectifs. Aujourd’hui, on est toujours sur une politique de perte d’effectifs (environ 140 000 policiers titulaires il y a vingt ans, 111 000 en 2022, selon les dernières statistiques officielles). On est un peu moins mal lotis que d’autres car on a eu la chance d’avoir une LOPMI [NDLR : loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur] mais c’est trompeur car la moitié du budget est affecté au numérique, pour le ministère.
Globalement, les policiers sont épuisés : 20 millions d’heures supplémentaires impayées, quelques millions de procédures en souffrance, 27 suicides en 2024 et à peu près autant en 2025, beaucoup de démissions et d’arrêts maladie… Ils s’interrogent sur le sens du métier. Désormais, la police a uniquement une mission répressive et ne fait quasiment pas de prévention (hormis quelques exceptions, comme lors des JO 2024).
Anthony Caillé, secrétaire général CGT-Intérieur, Marie-Laure Cordini, secrétaire de l’UD CGT 38, et Christophe Torchy, secrétaire national CGT-Intérieur, devant l’hôtel de police de Grenoble, en juin 2025.Comment refonder le lien si abîmé entre la police et la population ?
Quatre mots : concours, formation, embauche, mission. D’abord donc, revenir à ce qui existait avant, avec des concours par filière de métiers : pour les enquêteurs, pour le commissariat… Puis la formation, qui ne doit plus dépendre du seul pouvoir de la police nationale mais se dérouler dans les universités, durant deux-trois ans, avec de l’histoire, du droit, de la sociologie. Le policier, qui arrive avec ses biais, sortirait ainsi avec une vue sur la société plus juste. Autre avantage, il reviendrait avec une licence. Troisièmement, l’embauche : il faut remettre de la police de proximité et la sacraliser en créant une direction générale de la police de proximité. Direction à laquelle seraient rattachés des effectifs dans les commissariats. Enfin, renouer avec notre mission de service public, au service de toutes et tous et de l’intérêt général. Autrement dit, repenser la police comme un bien commun républicain.
La CGT-Intérieur se positionne contre la police municipale. Pour quelles raisons ?
Je rappelle d’abord qu’on n’a rien contre les policiers municipaux, on est contre le principe de police municipale. Déjà, les chiffres : en nationalisant les 30 000 policiers municipaux, on aurait 30 000 agents de police de proximité. La CGT remet en question la fragmentation de la sécurité, qui est un service public. Dans un État de droit, tout le monde doit bénéficier de la même sécurité, sur l’ensemble du territoire. Or, avec les polices municipales, il y a rupture d’égalité entre les citoyens, selon leur commune.
Ensuite, le principe de redevabilité : à qui la police municipale rend-elle des comptes ? Au maire. Elle devient donc un instrument politique. En plus, ça coûte un « pognon de dingue » ! Les maires dépensent sans compter pour la police municipale, à budget constant, donc au détriment d’autres services. Ils donnent de plus en plus de pouvoir aux policiers municipaux qui ne peuvent pourtant pas faire de police judiciaire, d’enquête ou de garde à vue, seulement des contrôles et interpellations.
Notons aussi qu’il n’existe aucune doctrine d’emploi de la police municipale — contrairement à la police nationale. Dans les communes où les agents sont armés, ils font ce qu’ils veulent, sans cahier des charges. La droite aimerait que des policiers municipaux deviennent officiers de police judiciaire mais c’est une pente glissante. Le dernier projet de loi donne en outre aux policiers municipaux la possibilité de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour une quinzaine d’infractions. Nous sommes contre car cela donne au policier municipal un pouvoir d’agent de contrôle, de constatation et de juge.
Pour Anthony Caillé et la CGT-Intérieur, la sécurité est un service public qui devrait donc être assuré par la seule police nationale, et non par les polices municipales.Qu’est-ce qu’une politique de gauche en matière de sécurité ?
En priorité, des actions de prévention. Remettre de la vie et du collectif dans les quartiers, des médiateurs, des services publics… Il faut que l’État réinvestisse mais c’est également le rôle des mairies, qui ne peuvent pas se substituer à l’État sur le régalien. Concrètement, une vraie politique de gauche de sécurité, c’est une sécurité sociale.
La CGT parvient-elle à exister face aux syndicats policiers réactionnaires comme Alliance, omniprésent médiatiquement ?
En fait, c’est le serpent qui se mord la queue. Comme on fait 2 % aux élections professionnelles, l’administration ne nous laisse pas intervenir, du coup beaucoup de policiers ne savent même pas qu’on existe. Et au niveau médiatique, c’est le même problème. Nous sommes très peu appelés et quand on l’est, c’est souvent pour commenter des faits divers — ce qu’on se refuse à faire -, très rarement pour parler de nos conditions de travail ou de nos missions. Pour comparer, je dois faire un plateau TV tous les deux mois alors que le secrétaire général d’Alliance en fait quatre par jour !
Même pour la sortie de mon livre, aucune radio, aucune télé… Je m’attendais au moins à être contacté par les médias du service public mais pas de nouvelles non plus de Radio France ou France TV. C’est sans doute dans l’air du temps, et cohérent avec la droitisation ambiante, mais c’est inquiétant…
Réunion publique le 26 février à Échirolles
Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur et auteur de Que peut la police ? (Éditions de l’Atelier), et Amandine Demore, maire d’Échirolles et candidate à la tête de la liste « Échirolles ensemble », participeront à une conférence débat sur la sécurité et le narcotrafic, jeudi 26 février, à 20 heures, à la Maison des associations, 1 place de la Libération.
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