Associations iséroises


Un Toit Pour Tous
Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

15.07.2022

Didier Gosselin

Enseignants et parents souhaitaient pouvoir rencontrer la rectrice de l’académie de Grenoble.

Une délégation d’enseignants de lycées du Nord-Isère ainsi que des représentants de parents FCPE s’est réunie le 11 juillet après-midi devant le collège Aragon à Villefontaine où la rectrice, madame Insel, inaugurait une cité scolaire. Etaient présents des élus locaux, la sous-préfète, etc. et aussi des voitures de police en comité d’accueil…

Motif de la colère, les décisions arbitraires prises par le rectorat de ne pas se donner les moyens de répondre aux demandes d’orientation d’élèves de seconde en Bac STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion), et ce alors même que ces demandes d’orientation ont été validées par les familles et les conseils de classe de fin d’année. Nombre d’élèves de différents lycées du Nord-Isère et de l’académie n’ont pas reçu d’affectation le 1er juillet.

La promotion de l’échec scolaire

Dans un communiqué en date du 9 juillet, le collectif éducation du Nord-Isère indiquait que « les personnels de direction ont annoncé ouvertement que les élèves en attente d’affectation seraient donc destinés à des poursuites d’études totalement différentes de celles qu’ils envisageaient, au risque de les conduire au décrochage scolaire voire à l’échec scolaire. Quelle rentrée en septembre 2022 pour nos élèves ? Pour les uns, ils seront sélectionnés sur dossier, classés en fonction des moyennes générales et renvoyés vers la voie générale, en dépit de leur choix et sans choix de leurs options à ce stade; orientés vers d’autres établissements, notamment en filière professionnelle, à des dizaines de kilomètres du leur et dans l’hypothèse où des places resteraient dans des filières déjà saturées; maintenus en tant que redoublants (seconde) ou non-affectés (redoublants de terminale STMG) ou encore renvoyés vers le privé ! Pour tous, ces décisions pèseront lourdement pour la poursuite d’étude des élèves concernés car la voie technologique permet d’accéder en priorité aux diplômes BTS et BUT mais aussi à des filières d’excellence comme les classes préparatoires ECT ».

Décisions prises après la tenue des conseils de classe

« Nous avons demandé à être reçus, sans succès », souligne Lauriane Bouvet, enseignante et membre du collectif. « Nous voulions, enseignants et parents d’élèves, exposer à la rectrice nos arguments contre des fermetures et non création de classes pourtant annoncées (filière STMG non contingentée). Ces décisions du rectorat ont été prises après les conseils de classes ce qui met en difficulté bon nombre de familles et d’élèves. »

« Les seuls interlocuteurs que nous avons eus étaient… des responsables de la sécurité du rectorat. Lesquels nous ont dit qu’il fallait faire une demande d’audience adressée à la rectrice alors que nous avons déjà formulé ces demandes, sans accusé réception ni réponse. Nous avons exigé une date de rendez-vous collectif avec les élus parents et représentants des différents établissements. Le directeur de cabinet de la rectrice s’est engagé à recevoir les parents et à nous… répondre. »

Que les lycées se débrouillent

En refusant de s’entretenir avec la délégation, la rectrice a fait preuve d’un réel mépris. Enseignants et parents d’élèves ont dû se contenter d’un appel téléphonique d’un membre de la direction du cabinet de la rectrice, au cours duquel ils se sont entendus dire que cette décision rectorale de ne pas ouvrir de nouvelles classes STMG visait à stopper l’afflux d’orientation vers ces filières au nom de l’égalité des chances (!) et compte-tenu du fait qu’à la sortie du lycée ces élèves n’auraient pas de débouchés… Selon le rectorat, l’orientation vers des classes de première générale reste la solution et il suggère que les établissements mettent en place des dispositifs sur fonds propres pour permettre à ces élèves de réussir en filière générale…  « Aucune réponse n’a été apportée à nos arguments quant au risque de décrochage et aux problèmes d’orientation qui se poseraient de fait à l’issue de Parcoursup, souligne Lauriane Bouvet. « Pas plus qu’au sentiment d’injustice ressenti par les parents, les élèves et les enseignants suite à la prise de décision arbitraire du rectorat, qui bien que les conseils de classe aient validé des choix d’orientation, tient en mépris absolu les vœux des élèves et tout le travail d’orientation effectué pendant l’année… »

A l’heure où M. Macron parle de reconquête, de souveraineté, de relance industrielle, de plein emploi… et qu’il y a vraiment besoin d’investir massivement dans l’éducation et la formation pour répondre aux défis du XXIe siècle, lui et son gouvernement se payent de mots mais gèrent avec médiocrité et à court terme le système éducatif, n’hésitant pas à sacrifier la jeunesse, notamment la plus modeste, en ne lui donnant pas les moyens d’être formée correctement et de se projeter dans l’avenir.

Rendez-vous est pris pour la rentrée où l’éducation sera au cœur des luttes sociales à venir.

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04.07.2022

Maryvonne Mathéoud

Un bel anniversaire ce 30 juin dernier.

LSR, Loisirs solidarité des retraités Fontaine et ses environs fêtait son 40e anniversaire. L’association de retraités compte 103 adhérents.

C’est une belle journée festive qui a eu lieu le jeudi 30 juin au centre social Georges Sand à Fontaine. Une soixantaine d’adhérentes et d’adhérents s’étaient réunis pour cet évènement.

Michèle Dupuy Fourré ancienne présidente de LSR Fontaine et ses environs rappelait les origines de l’association. En 1981 c’est Louis Viannet secrétaire confédéral de la CGT qui proposa la création de LSR. Le mot d’ordre de l’époque était : la retraite, une vie nouvelle, le droit aux vacances au sport et à la culture. En 1982 LSR naissait en Isère sous l’impulsion de Milou Raspail et Lucien Combe entre autre.

Cette association permet aux retraités aux revenus modestes d’avoir accès aux vacances aux loisirs et à la culture.

écologiste

Martine Grégot présidente de LSR Fontaine et ses environs développe les trois mots, loisirs, solidarité, retraité.e.s, dans leur signification actuelle.

« Loisirs : plus que jamais les loisirs c’est une industrie qui brasse beaucoup et qui s’adresse à des consommateurs qui achètent.
Solidarité : depuis des années nous vivons une régression sociale et aujourd’hui, c’est véritablement un recul des idées progressistes et une prédominance honteuse du pouvoir de l’argent lié au rejet des autres, quels qu’ils soient.
Et retraités : oui, c’est nous, dans notre diversité. Le nouveau projet du patronat et de Macron pour le recul de l’âge à 65 ans est un affront au monde du travail. »

Puis elle indique que pour les adhérentes et adhérents à LSR, ces trois mots, c’est tout autre chose. « Certes, nous ne vivons pas dans un monde de bisounours. Il me semble que nous avons gardé les valeurs d’origine malgré la violence de la société. Notre époque est plus sombre, plus inquiétante qu’il y a 40 ans : guerre, pandémie, paupérisation, libéralisme à outrance, climat, pollution … ». « Il faut vivre et sortir et se cultiver et se changer les idées ! Loisirs : avec nos petits moyens, nous proposons des loisirs accessibles à tous. Nous recherchons à satisfaire le plus grand nombre par la diversité de nos activités. »

Elle saluait le travail important de Claude Bourchanin secrétaire et le travail rigoureux de Bernard Maurel trésorier. Elle rappelait les différentes les différents projets en cours initiés par la commission culturelle animée par Marc Lakomy et indiqué que chacun avait sa place pour proposer organiser et animer des activités.

Palestine Jérusalem Grenoble

L’après midi festif animée par Colette c’est poursuivi par des contes et des chansons.

Yvette Anselmet a lu Devos, Édouard Schoene a lu un texte de Martha Medeiros faussement attribué à Pablo Neruda, Marc a conté une histoire, Bernard et Odile ont chanté Ferrat, Coco de la Mure a joué du saxo puis les participants ont partagé le gâteau d’anniversaire et le verre de l’amitié.

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04.07.2022

Travailleur Alpin

Le 11 juin, des habitants s’étaient rassemblés pour la défense des barbecues du parc de la Poya.

Un « atelier participatif » a été réuni le 22 juin par la ville de Fontaine. A l’ordre du jour, les barbecues qui équipent le parc de la Poya et dont la disparition avait été annoncée. La mairie déclare finalement sa préférence pour le passage à l’électrique. Vraiment utile, cette dépense ?

304, c’est le nombre de personnes ayant répondu au questionnaire « Quel avenir pour nos parcs et espaces verts ? » (essentiellement par Internet). 17, c’est le nombre d’habitantes et d’habitants présents à cette réunion du 22 juin. De nombreux élus et élues rejoignent la salle petit à petit, au fil de la celle-ci. Madame Evelyne de Caro, lanceuse d’alerte, malgré elle, sur la suppression des barbecues dans les parcs, n’est cependant pas présente !

77% des répondants se sont dits favorables au maintien des barbecues existants

Les résultats sont présentés par la chargée de mission démocratie participative sur la ville de Fontaine. Tout le monde écoute attentivement les interprétations autour de ces résultats jusqu’à la question qui intéressait le plus grand nombre : « Des barbecues sont installés dans certains parcs. Etes-vous favorables à ce qu’ils soient maintenus ? » 77% des répondants se sont dits favorables au maintien de ces installations.

Diverses réactions se font entendre : « Ah oui ! Quand même, les gens sont attachés aux installations », « Seulement 304 personnes, c’est peu représentatif de la population fontainoise ».

Des barbecues électriques à l’horizon 2023, quel coût pour les Fontainois ?

D’autres diapositives sont diffusées par la suite, dont une amenant à la décision prise par le maire et sa municipalité : les barbecues existants seront remplacés par des barbecues électriques à l’horizon 2023. Les participants se demandent alors en quoi cet atelier est participatif puisque la décision semble déjà prise, un compromis qui vient questionner de nombreuses personnes dans la salle :

• peut-on parler de déni démocratique, puisqu’une réponse ayant obtenu 77% d’avis favorables par un panel de citoyens est remise en cause ?
• les barbecues électriques d’un prestataire privé seront-ils payants pour les utilisateurs ?
• pourquoi la municipalité ne fait-elle pas d’information et de prévention sur ce sujet au sein des parcs afin de limiter les incivilités constatées du fait d’une minorité d’habitants ?

Le maire de Fontaine annonce le prix d’un barbecue électrique à hauteur de 5000€. Il en existe cinq au sein du parc la Poya. Soit une dépense de 25000€, sans compter la démolition des barbecues actuels et l’acheminement de l’électricité, alors que cela ne coûterait rien aux contribuables en conservant l’existant.

Parc de la Poya Fontaine

Entre le barbecue le plus proche et la forêt, 217 mètres.

Un arrêté préfectoral pour seul argument ?

L’argument de poids pour cette suppression est un arrêté préfectoral en date du 28 avril 2017 réglemente l’emploi du feu à moins de 200 mètres des bois et forêts et à l’intérieur de ceux-ci. Or, d’après le maire, « le parc la Poya est à moins de 200 mètres de la forêt ».

Lorsqu’on fait le calcul de distance sur Géoportail, le barbecue le plus proche actuellement de la forêt est en fait à 217,17 mètres de la forêt. Les barbecues sont ainsi hors périmètre d’interdiction et conformes à l’arrêté préfectoral. L’argument réglementaire ne tient donc pas.

Que penser des barbecues connectés ?

Outre les questions citées plus haut, soulignons que ce genre de dispositif est assez récent. La ville de Bourgoin-Jallieu vient d’en installer un pour un budget de 9600€ et la ville de Rennes l’expérimente depuis un an. Peu de recul, donc sur l’efficacité et la durabilité de ce dispositif. Peu de recul également sur les coûts induits (dépenses énergétiques, entretien).

Palestine Jérusalem Grenoble

L’hôtel de ville de Fontaine.

À suivre…

Ce sera un dossier à suivre donc : le maire de Fontaine ira-t-il au bout de la démarche ? Sera-t-il rattrapé par les contraintes financières très lourdes qui pèseront de tout leur poids sur les collectivités en raison de l’inflation des prix, notamment énergétiques ?
Satisfaire la minorité qui rêve de parcs aseptisés, débarrassés de ses usagers sans se mettre trop à dos la majorité adepte de la convivialité est un exercice d’équilibriste délicat !

Saluons dans l’attente la victoire, fût-elle provisoire, du collectif pour la défense des barbecues publics et le talent de M. Longo et de son équipe pour reculer en marche avant !

Renaud Lugli

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02.07.2022

Luc Renaud

Marie-Pierre Répécaud et Pierre Berthet, agriculteurs à Velanne, en Dauphiné.

Un climat qui se réchauffe et se réchauffera. Une gestion de l’eau qui doit évoluer. Dans un contexte où l’accès à une alimentation de qualité devient un enjeu, et pas seulement au Sud de la planète. Des réalités qui posent non seulement la question d’une adaptation du modèle agricole, mais aussi d’un changement global. Reportage.

« Le problème dépasse l’agriculture. Il faut tout à la fois changer nos habitudes alimentaires et le mode de production agro-industriel ». Marie-Pierre Répécaud et Pierre Berthet sont paysans à Velanne, près de Saint-Geoire-en-Valdaine, en Isère. Et militants de la Confédération paysanne, dont Marie Pierre Répécaud est secrétaire nationale.

Le changement climatique, ils en constatent les effets dans leur exploitation d’une cinquantaine d’hectares. Ils y produisent des céréales et élèvent une dizaine de vaches pour la viande. En bio, bien sûr, avec rotation des cultures, production de farines et de pains, vente directe… « Nous avons fait les foins en mai, avec quinze jours à trois semaines d’avance sur ce qui se pratiquait il y a une dizaine d’années. » Il fait plus chaud au printemps, l’herbe pousse plus vite. Mais il ne s’agit pas que de récoltes plus précoces. « En Languedoc-Roussillon, une étude a montré une baisse globale des rendements de 11 % en dix ans », relève Pierre Berthet.

Car c’est bien le défi : nourrir la population. Alors que « nous sommes et nous allons être confrontés à un climat que nous ne connaissons pas ». Ce qui pose – mais pas seulement – le problème de l’eau. « Il ne s’agit pas d’être pour ou contre l’irrigation, elle s’est toujours pratiquée, la question posée est celle de la gestion de l’eau et des modes de prélèvement. » L’irrigation par pompage massif dans les nappes phréatiques, c’est reculer pour mieux sauter : une solution de court terme qui aggrave la situation à moyen terme.

Pour Marie-Pierre et Pierre, la solution réside dans une modification des modes de culture et d’organisation des exploitations. Il faudra sans doute modifier les variétés cultivées. Mais surtout limiter la croissance des exploitations et développer un modèle d’agriculture plus intensive en ce sens qu’elle sera plus économe et saura tirer partie des ressources naturelles – à rebours des clichés. « Cela veut dire des haies ; une complémentarité entre les cultures végétales, le maraîchage et l’élevage ; un soin des sols ; une gestion des eaux de ruissellement pour en retarder l’écoulement et l’utiliser pour l’irrigation, d’une manière générale retarder l’écoulement des eaux pour en faciliter l’infiltration dans les sols. » Cela implique aussi des créations d’emploi – la ferme des Pierres gardées emploie trois salariés – pour tirer un meilleur parti des ressources naturelles, une relocalisation des productions. Des techniques nouvelles sont à inventer ; « l’agriculture de demain a besoin d’ingénierie ».

Le projet d’une Sécurité sociale alimentaire

Toutes choses qui passent par des choix politiques. « Les petits gestes de chacun, c’est bien, mais ce n’est pas ça qui résoudra le problème, ce sont les politiques publiques qui sont en cause. » Ainsi de la destination des dix milliards de la politique agricole commune. « Cet argent favorise la concentration des exploitations, une agriculture industrielle de court terme ; on ne construit pas l’avenir en favorisant l’épuisement des nappes souterraines et de la fertilité des sols, en restant piloté par les grands groupes de l’industrie agro-alimentaire. » Sortir d’un modèle incompatible avec le changement climatique, c’est une décision politique.

Une agriculture du futur inaccessible en ces temps de baisse du pouvoir d’achat ? La Confédération paysanne défend un projet, celui d’une Sécurité sociale alimentaire. « C’est quelque chose que nous travaillons depuis quelques années à l’échelon national et européen », avec la Coordination européenne via campesina – qui regroupe en France la Confédération paysanne et le Modef. Il s’agirait d’attribuer à chaque Français une carte alimentaire de 150 euros par mois qui donnerait accès à des points de vente eux-mêmes liés par convention à des exploitations agricoles de proximité autant que possible. Une façon d’éloigner la nourriture du marché capitaliste et des stratégies de recours à l’arme alimentaire dans les rapports internationaux. Et de donner accès à tous à une alimentation saine, un enjeu de santé publique. Tout en garantissant un revenu décent aux producteurs. « Il y a des expérimentations en cours en Normandie, à Dieulefit dans la Drôme », note Marie-Pierre. « A Sassenage, ce que fait Emmaüs va dans le même sens », ajoute Pierre. L’initiative de la fédération communiste de l’Isère mettant en relation producteurs et consommateurs pour des fruits et légumes solidaires – cette année du 7 au 10 octobre – témoigne d’un projet similaire.

Le changement climatique et l’un de ses corollaires, l’évolution nécessaire de la gestion de l’eau, pose le problème politique d’une organisation de la société respectueuse du bien commun.

Météo France, des milliards de données

Plusieurs fois par jour, le centre Météo France de Grenoble correspond et échange ses observations avec le centre de Toulouse, coordonateur national, et celui de Lyon, d’un point de vue régional, afin de coordonner et traduire les données recueillies. Le tout visant à assurer une bonne cohérence entre les analyses locales et leur expression nationale.

Le centre isérois reçoit également tous les quarts d’heure une photo aérienne de la zone Sud-Est, et particulièrement de la région alpine, prise par un satellite géostationnaire.

Toutes ces pratiques contribuent à tisser un réseau d’informations susceptibles d’assurer une fiabilité d’analyse renforcée.

Pour les météorologues prévisionnistes, l’analyse du réchauffement climatique doit se faire par observations, analyses et comparaisons. Des modèles climatiques sont utilisés, qui permettent de faire des estimations en fonction des incertitudes et des développements. Car si l’évaluation est liée à des outils, elle rencontre également beaucoup d’incertitudes inhérentes aux réactions de la société. Les certitudes sont indiquées par des fourchettes liées aux outils et aux politiques développés.

De nombreuses avancées techniques sont réalisées et elles permettent progressivement d’améliorer la qualité des analyses, de leur donner une plus grande fiabilité, même si celle-ci est désormais à neuf jours.

Un établissement public

Météo France est un établissement public administratif. A ce titre il reçoit une subvention de l’État qu’il doit compléter par des contrats commerciaux avec des sociétés (comme avec l’Area), des collectivités (départements ou communes). Sa mission première : développer une vigilance climatique pour assurer la sécurité des biens et des personnes.
Le centre de Grenoble est situé sur le domaine universitaire. Il comprend quatre services à missions différentes : centre d’étude de la neige, centre de météorologie Alpes du Nord, service maintenance, coordination des risques d’avalanche. Fort d’une cinquantaine de spécialistes, il comprend quatre directions et s’appuie sur trois stations d’observation et de mesures (Grenoble, Bourg-Saint-Maurice et Chamonix).

Un satellite envoie une photo tous les quinze minutes.
L’été annoncé sous le signe d’un chaud effroi

L’été devrait être chaud. Et sec. C’est ce qui transpire des estimations publiées par le ministère de la Transition écologique sur la base des observations de Météo France.

Certains alarment. Parfois avec raison. Mais « il faut être prudent dans les affirmations », tempère Denis Roy, météorologue responsable du centre météorologique des Alpes du Nord de Météo France. « Réchauffement climatique, c’est sûr, mais pour étudier la sécheresse, il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. »
La chaleur est un élément, mais il faut également apprécier la quantité d’eau tombée, l’exposition et la nature des sols, aussi bien que l’état des nappes phréatiques, les circulations souterraines, et ce qui est puisé. « II faut faire un lien entre les différents éléments et leur interaction. » Et tenir compte des situations locales. L’archivage des données et les comparaisons sont pour ce faire des outils d’appréciation.

L’importance de la neige

« Dans notre région, nous devons étudier la place de la neige : les chutes diminuent, sa nature évolue car elle est désormais plus liquide, mais aussi plus lourde en densité. Simultanément avec la fonte des glaciers. » Un facteur de sécheresse estivale.

Ce sont ces données qui sont collectées, analysées et transmises. « Nous avons une mission d’État pour la vigilance : nos travaux doivent aider les préfectures à prendre ou non des arrêtés sécheresse. »

Max Blanchard

Météo-France
Echirolles-ecole-fraicheur
Le goudron a laissé place au sable, aux pavés disjoints, aux copeaux de bois et aux arbres.
À la recherche de la fraîcheur perdue
Limiter les effets des canicules est devenu un impératif. C’est possible, moyennant des études préalables et de gros investissements. Un projet abouti, à Échirolles.

C’est intuitif. Pour faire du frais, il faut plus d’eau, moins de béton, du courant d’air, de l’ombre… Et ce n’est pas faux. Là où c’est un peu plus compliqué, c’est de déterminer ce qu’il faut faire et où pour que ce soit le plus efficace possible.

Ce qu’a fait la ville d’Échirolles avant de réaliser l’îlot de fraîcheur du quartier de la Luire. L’aboutissement de longs mois d’études qu’expliquait Christophe Romero, directeur adjoint ville durable, à ses collègues de collectivités de l’agglomération, lors d’une rencontre organisée par l’Agence locale de l’énergie et du climat.

Il a fallu d’abord mesurer : trente-deux capteurs ont été installés dans la commune. Cartographier en croisant les critères : la température, bien sûr, mais aussi les vents et leur circulation, le couvert végétal, l’impact des déplacements… Le tout pour établir une liste de points chauds dont on appréhende la gravité… la nuit. Là où la température ne parvient pas à baisser parce que la chaleur du jour est restituée la nuit.

Dans le quartier, + 3,5 degrés

Des études, et la décision. Le choix s’est porté sur l’école Marcel David à la Luire pour en faire un îlot de fraîcheur. Le quartier ressortait en rouge : 3,5 degrés de plus qu’à la Frange verte. Et à l’école, il y avait de quoi faire : une grande cour de goudronnée plein sud, pas loin de 10 000 m2 en comptant les accès.

Le projet a été élaboré avec les enseignants, les parents et les riverains. Les surfaces ont été désimperméabilisées : l’eau s’infiltre et peut rafraîchir les sols. Quatre-vingt dix arbres – en plus des platanes existants – ont été plantés : ils feront de l’ombre. Une marre a été créée, de même qu’un jardin pédagogique : ils sont alimentés par la récupération des eaux de pluie sur les toitures des bâtiments. Un espace public pour les habitants du quartier a été aménagé, avec ses arbres qui lui procureront une ombre salvatrice. Le tout – avec reprise au passage des réseaux d’assainissement – pour près d’un million d’euros, financé pour près de la moitié par l’Agence de l’eau.

L’un des projets qui a valu à la ville d’Echirolles d’être labellisée CIT’ergie niveau or.

Échirolles, l’une des trois

En septembre dernier, la ville d’Echirolles a reçu le label CIT’ergie or. Trois collectivités françaises ont été distinguées à ce niveau : la ville et la métropole de Brest, la ville de Lorient et Echirolles. Ce label est décerné tous les quatre ans par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). L’îlot de fraîcheur de la Luire et l’équipement en photovoltaïque, entre autres, ont été salués par l’Ademe.

Une réalisation utile pour la suite

Daniel Bessiron, adjoint à l’environnement durable, aux transitions, aux éco-quartiers, n’est pas peu fier de faire découvrir une réalisation issue d’une vraie concertation. Et il note aussi que le travail réalisé pour concevoir cet îlot de fraîcheur est utile pour une réflexion plus large sur l’aménagement durable de la ville : l’implantation des bâtiments, leur orientation, l’aménagement des espaces publics… autant de décisions à prendre dans lesquelles le critère fraîcheur peut aujourd’hui être intégré.

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28.06.2022

Travailleur Alpin

La délégation CGT au CSE central du groupe EDF se réunissait ce mardi 28 juin en Isère, avant une visite du barrage de Grand’Maison.

Ce mercredi 29 juin sera le jour de la présentation devant le CSE central d’EDF de l’expertise commanditée par les élus CGT dans le cadre d’un droit d’alerte économique. Expertise qui montre comment EDF est contrainte de vendre à perte… et d’acheter au « prix du marché ».

Comme une réponse aux dirigeants des multinationales Total Energie, EDF et ENGIE… Ces derniers signaient le dimanche 26 juin une tribune dans le Journal du Dimanche, pour appeler les Français à se serrer encore la ceinture face à la crise énergétique. « Une provocation », pour Rudy Propleski, responsable de la FNME-CGT en Isère, alors que « la flambée des prix est précisément la conséquence des choix politiques de libéralisation, appliqués depuis une vingtaine d’années en France et en Europe ! », disait-il en accueillant ses camarades des quatre coins de la France.

Propleski-Giono-EDF-PCF

Rudy Propelski, responsable de la CGT mine énergie en Isère, et Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF.

Gwénaël Plagne, délégué syndical à Cordemais (44) complète en précisant que « suite à ces déclarations, plusieurs sites de stockage gaziers sont bloqués par les agents mobilisés, qui revendiquent non seulement des hausses de salaire – le bas de la grille des industries électriques et gazières étant désormais sous le niveau du SMIC – mais aussi une autre politique énergétique pour le pays ».

A la division technique générale, unité d’ingénierie basée à Saint-Martin-le-Vinoux (38), les agents ont quant à eux tenu une assemblée générale ce mardi, en partie sur site et en partie par visioconférence.

Le mécanisme de l’étranglement financier d’EDF

Si le gouvernement Macron entend prolonger son « bouclier tarifaire » jusqu’à fin 2022, les syndicalistes pointent que ce « bouclier » protège surtout les acteurs privés du secteur, en contribuant à faire couler l’entreprise historique. Pour comprendre ce qu’il se passe, il faut se pencher sur le mode de calcul des tarifs d’électricité… Explication.

Aujourd’hui, le « tarif régulé de vente d’électricité » (TRVE) ne dépend pas des coûts de production d’EDF – seul opérateur du marché qui fournit à ce tarif, les autres appliquant des « prix de marché » fluctuants. Au contraire, le TRVE dépend des coûts d’approvisionnement des fournisseurs alternatifs, ceux-là même qui ne le pratiquent pas.

Et pour cause, puisqu’il s’agit de… garantir la compétitivité de ces fournisseurs privés !

C’est comme ça qu’EDF se retrouve à leur livrer chaque année un volume important de l’électricité produite par ses centrales nucléaires, vendue à perte via le mécanisme de l’ARENH (« accès régulé à l’énergie nucléaire historique »). Le TRVE dépend pour 67 % de ce « prix ARENH », et à 33 % d’une une formule calculée sur une moyenne des prix de marché sur les deux dernières années.

Mais si les fournisseurs concurrents d’EDF font davantage appel à l’ARENH – c’est à dire au-delà de ce que la loi leur attribue, et qui représente déjà près d’un quart de la production nucléaire française –, ces demandes complémentaires sont « écrêtées » : le prix d’achat à EDF n’est alors plus le même, et cet écrêtement est répercuté l’année suivante sur… le TRVE, produisant une augmentation de ce dernier.
En gros, le principe est simple : le tarif grimpe mécaniquement pour assurer le taux de marge des fournisseurs alternatifs, rentabilité qui repose sur la vente à perte de l’électricité des centrales nucléaires par EDF à ces mêmes fournisseurs !

La guerre en Ukraine a bon dos…

Et comme les fournisseurs alternatifs ne sont que des spéculateurs n’ayant pas ou très peu de moyens de production, la spirale est infernale. C’est ainsi que la proposition d’augmentation des tarifs datant de janvier 2022 s’est chiffrée à +44 %, dont 7,7 % dépendait de la fluctuation du marché, et 41,6 % à cette fameuse « demande complémentaire » d’électricité nucléaire… bien avant l’invasion russe de l’Ukraine, donc !

Palestine Jérusalem Grenoble

Les élus CGT du personnel au Comité social et économique central du groupe EDF.

Quelques mois avant les élections, le gouvernement a donc agi face à ce risque de flambée des prix, de deux (des pires des) manières : en augmentant le volume de l’ARENH, donc le volume d’électricité vendue à perte par EDF à ses concurrents ; et en plafonnant à 4 % la hausse du TRVE pour les particuliers, sans impact direct sur les tarifs de marché qui sont pourtant ceux auxquels les collectivités locales sont contraintes de faire appel, par exemple.

EDF se retrouve donc obligée, d’un côté de brader sa propre électricité à ses concurrents qui eux ne produisent presque pas, et de l’autre d’acheter au prix fort de l’électricité sur les marchés, qu’elle revend à tarif plafonné aux particuliers… conduisant l’entreprise publique dans une impasse à très court terme, impasse qui permettra alors au gouvernement de revenir à la charge avec ses projets d’éclatement de l’entreprise. On risque donc de revoir surgir le « projet Hercule », rejeté grâce à la mobilisation des énergéticiens, et qui consistait à éclater l’entreprise en privatisant l’ensemble de ses secteurs rentables (réseau de transport, énergies renouvelables, etc.) pour laisser le reste à la charge du contribuable.

Tout bénèf’ pour les spéculateurs, qui pourront se partager le gâteau !

Face au démantèlement d’EDF, la CGT défend le service public

Ces mécanismes pervers sont parfaitement démontrés dans le rapport de SECAFI, cabinet d’expertise mandaté par le CSEC, dont nous avons pu consulter la synthèse qui sera présentée le mercredi 29 juin.

L’expertise démontre du reste que « la flambée des prix résulte d’abord d’un défaut de régulation. L’ouverture à la concurrence a conduit à la déconnexion croissante des prix du marché du mix de production de la France. Le gaz fossile est devenu le prix directeur du marché alors qu’il ne contribue qu’à environ 10 % des consommations d’électricité ». Et c’est là que la guerre entre en jeu, le prix du gaz faisant bondir artificiellement celui de l’électricité…

EDF Grand-Maison CGT

Grève au barrage de Grand-Maison, en 2020.

Pourtant, des solutions existent, y compris dans l’urgence actuelle, dans le cadre des lois existantes. C’est ce que démontre le cabinet, en formulant trois propositions concrètes.

  • 1. Suspendre l’ARENH, au motif des conditions exceptionnelles actuelles liées à la guerre en Ukraine. L’option est prévue dans le Code de l’énergie, cette suspension permettrait de supprimer le fameux « écrêtement », mécanisme artificiel responsable de la flambée des prix.
  • 2. Revoir le calcul du TRVE pour l’asseoir sur la production de base de la France, incluant l’hydraulique, énergie à bas coût. Et surtout, le déconnecter des mécanismes spéculatifs européens. L’Espagne et le Portugal ont d’ores et déjà opté pour ce fonctionnement, précisément pour stopper des hausses vertigineuses de leurs propres prix…
  • 3. Revenir à un mode de calcul des prix sur la base des coûts de production. La Cour des comptes évalue ce coût pour le nucléaire historique à 60€/MWh (contre 174 € pour le TRVE appliqué au 1er juin 2022…).

Respecter une concurrence « non faussée », comme dit l’Europe

Le plus cocasse, c’est que ces propositions ne sont pas du tout incompatibles avec le droit de la concurrence européen, elles permettent au contraire de revenir à une concurrence réellement « non faussée », là où aujourd’hui les modes de calculs font d’EDF la « vache à lait » des opérateurs privés, qui ne sont y compris pas incités à développer leurs propres moyens de productions, puisqu’ils ont simplement à se servir au guichet de l’énergie produite par EDF… Le gouvernement pourrait donc les appliquer en un décret.

Bien évidemment, la CGT revendique par ailleurs la création d’un pôle public de l’Énergie, qui sortirait définitivement ce secteur essentiel des griffes du marché et permettrait seul d’engager les investissements d’un vraie transition écologique pour sortir des énergies carbonées, une transition qui implique un développement sans précédent de l’électrification des usages, reposant sur un mix de production décarboné…

Mais avec la présentation de ce rapport complet et documenté, le conseil d’administration d’EDF va devoir se positionner officiellement – et donc l’État, actionnaire majoritaire d’EDF SA.

Et répondre de sa politique de destruction de l’outil productif français.

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22.06.2022

Luc Renaud

A Fontaine, deux circonscriptions et deux députées de gauche, Elisa Martin (LFI) et Marie-Noëlle Battistel (PS).

Fontaine affirme son identité de territoire de gauche, affirme le PCF.

Sous le titre « Fin de l’hégémonie macroniste à Fontaine ! », la section communiste de Fontaine rive gauche a publié le 20 juin la déclaration suivante :

Le deuxième tour des élections législatives sur les 3ème et 4ème circonscriptions sonne le début de la fin de l’hégémonie macroniste à Fontaine.
Le duo Franck Longo – Laurent Thoviste a pesé de tout son poids pour tenter de faire élire les candidates soutenues par le président Macron, Fanny Lacroix (4ème circonscription) et Emilie Chalas (3ème circonscription), le maire de Fontaine s’est investi personnellement en présidant le comité de soutien de cette dernière.

Les électeurs et électrices Fontainois ne les ont pas suivis. Plus que cela, ils ont offert une large victoire aux candidates du rassemblement de la gauche, Marie-Noëlle Battistel et Elisa Martin.

Pour nous, communistes de la rive gauche du Drac, ces deux scrutins sont riches d’enseignements et d’espoirs. La pré-campagne menée par nos porte-paroles, Claudine Didier et Renaud Lugli, et notre investissement en appui aux candidates NUPES ont contribué à la victoire de la gauche. Fontaine affirme à nouveau son identité de territoire de gauche, déjà observé lors des élections départementales de 2021, sur la partie sud fontainoise.
Cependant le taux très élevé d’abstention tant localement que nationalement et l’élection de 89 députés d’extrême-droite sont des signes très inquiétants quant au présent et à l’avenir de notre démocratie.

L’élection sur notre territoire de deux députées de gauche peut s’expliquer autant par les effets de la politique macroniste à l’échelle nationale que par la politique locale menée depuis deux ans à Fontaine : aucune réalisation nouvelle, liquidation de la démocratie participative, suppression du conseil municipal des enfants, éviction de la MJC Nelson Mandela, mise à mort de l’Office du Mouvement Sportif, suppression de moyens aux associations culturelles, abandon d’une éducation périscolaire digne de ce nom, tentative de démantèlement des barbecues publics…

Nous continuerons de demeurer vigilants et en proximité des Fontainoises et des Fontainois, et de tous les habitantes et habitants de la rive gauche du Drac afin de vous informer, de vous accompagner et d’appeler à la mobilisation pour s’opposer collectivement aux décisions tant municipales que nationales allant à l’encontre de vos intérêts.

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