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Le Travailleur Alpin

Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

Publié le 02.09.2026 à 13:24

Manuel Pavard

Mi-juillet, Laurence Ruffin, élue officiellement maire de Grenoble lors du conseil municipal du 27 mars, dépassait la barre des cent premiers jours du mandat. Un cap symbolique mais pas seulement. Car durant la campagne, l’édile avait pris un certain nombre d’engagements sur les actions réalisables dans les semaines suivant son élection, plus particulièrement dans ce laps de temps précis. Une première séquence chargée de donner le ton et poser les bases de la politique municipale.

Laurence Ruffin se félicite des actions entreprises depuis le début de son mandat, lundi 31 août, à la MDH centre-ville.

À la veille de la rentrée, Laurence Ruffin a donc convoqué la presse à la Maison des habitants centre-ville, rue du Vieux-Temple, afin de faire le bilan de ces cent jours, aux côtés d’Isabelle Peters, adjointe à la mémoire et à l’international, et Vincent Berlandis, adjoint à la coopération, à la fabrique citoyenne de la ville et la transformation de l’action publique. L’occasion de détailler les réalisations articulées autour du triptyque « coopérer, protéger et inventer ». Trois piliers qui, selon la maire, guident et guideront l’intégralité de son mandat.

Temps de rencontre et maisons du quotidien

Le premier d’entre eux vise à développer « la proximité et l’écoute envers les habitants ». Exemple, l’ouverture des portes de la mairie, le 20 juin dernier. L’objectif était de « décloisonner, changer les relations entre l’institution et les habitants, en instaurant un dialogue permanent », explique Vincent Berlandis. C’est également dans ce cadre que la nouvelle équipe municipale a réuni le 21 mai, au Palais des sports, les agents de la ville et du CCAS, pour un temps d’échange et de présentation. De même, une quarantaine d’habitants ont participé, le 7 juillet, à l’hôtel de ville, à un atelier sur le fonctionnement du budget municipal.

Toujours dans cette même logique, la ville de Grenoble a aussi lancé « l’expérimentation des maisons du quotidien », poursuit l’élu. Il s’agit d’une « unité mobile, adossée aux maisons des habitants », qui mettra en lien citoyens, associations, bailleurs sociaux… « Par exemple pour organiser des visites thématiques de quartiers ou identifier les difficultés rencontrées dans l’espace public », précise-t-il. Le lancement du dispositif est prévu vers la fin septembre dans le centre-ville, avant une généralisation progressive aux autres secteurs en 2027. « C’est la première brique de proximité du dispositif d’interpellation. » Vincent Berlandis évoque en outre le comité de pilotage sur l’épargne citoyenne, projet que souhaite développer la mairie. Laquelle rencontre actuellement des collectivités, des acteurs de la finance solidaires et des plateformes nationales et internationales.

Sécurité et prévention, au carrefour de la coopération et de la protection

L’axe « coopérer » concerne enfin les actions menées par la municipalité dans le domaine de l’international et de l’hospitalité. Isabelle Peters cite ainsi « le réseau Anvita (Association nationale des villes et territoires accueillants) que Grenoble a contribué à créer et dont Laurence Ruffin a pris la coprésidence », aux côtés du député européen Damien Carême. La ville de Grenoble va par ailleurs accompagner la tournée de projections du film Welcome to Europe, sur les parcours migratoires, « qui permettra de lancer le débat avec le grand public et les réalisateurs ».

La coopération avec le procureur de la République Étienne Manteaux et la police nationale est citée en exemple par la mairie.

Parmi les actions entreprises, certaines se situent au carrefour de plusieurs des piliers précités, à l’image de la politique de sécurité et de prévention. Celle-ci concerne en effet la coopération, la municipalité agissant en « lien étroit » avec le procureur de la République, la préfète de l’Isère et la police nationale. Mais aussi la protection, à savoir « la question de vivre en sécurité dans la ville », souligne Laurence Ruffin. La maire vante « le gros travail effectué depuis le début du mandat, avec notamment le lancement du GLTD (Groupe local de traitement de la délinquance) à Hoche, sous l’impulsion du procureur, ou le recrutement de cinquante policiers municipaux ». Une mobilisation qui s’est traduite aussi par ses « deux rencontres avec Laurent Nuñez et Sébastien Lecornu ». Sans oublier le volet prévention, avec le recrutement de nouveaux médiateurs et médiatrices.

Coup de pouce aux familles monoparentales et aux femmes enceintes

Plusieurs mesures ont été prises dans le cadre du deuxième pilier mis en avant par Laurence Ruffin, « une ville qui protège et améliore le quotidien ». La ville apporte ainsi « un soutien poussé aux personnes en grande précarité, notamment aux familles monoparentales, qui représentent 35 % des familles à Grenoble et dont 60 % sont en-dessous du seuil de bas revenus », indique Isabelle Peters. D’où la nouvelle tarification sociale baptisée « coup de pouce famille monoparentale », qui permet une réduction des tarifs de restauration scolaire et d’accueil périscolaire du soir. Autre aide apportée aux familles monoparentales, la priorité dans les demandes d’entrée en crèche : une vingtaine de familles supplémentaires en ont bénéficié lors de la commission d’admission de juillet.

L’élue communiste loue également la mise en place des « ordonnances vertes » à destination des femmes enceintes. « Le dispositif prévoit des ateliers autour de l’alimentation, des perturbateurs endocriniens, et une distribution de paniers de fruits et légumes bio », détaille-t-elle. Le tout grâce à « un partenariat entre la ville, la CPAM, la CAF, le département, l’AGECSA et les professionnels de santé ». Objectif : favoriser une alimentation saine et accessible pendant la grossesse. L’expérimentation sera menée sur le secteur 6 pendant cinq mois, puis généralisée en cas de succès.

Élection sénatoriale IsèreLa ville de Grenoble a mis en place un projet d’accès à la montagne pour 390 jeunes Grenoblois.

Isabelle Peters mentionne enfin le projet « Jeunes en montagne » lancé par la ville de Grenoble, afin de faciliter l’accès des jeunes Grenoblois et Grenobloises aux massifs alpins qui les entourent. Grâce à ce dispositif doté d’un budget de 24 000 euros, « 390 jeunes ont pu partir en immersion à la montagne cette année, avec des nuitées dans des refuges, dans des gîtes ou en bivouac ; certains dans le cadre scolaire, d’autres issus d’associations socioculturelles », se félicite l’adjointe.

« On a la volonté que, même l’été, Grenoble soit agréable à vivre. »

Le troisième pilier, « inventer », est lié aux solutions que Grenoble doit imaginer et mettre en œuvre pour « préparer l’avenir, dans une ville particulièrement touchée par le réchauffement climatique », rappelle Laurence Ruffin. « On a la volonté que, même l’été, Grenoble soit agréable à vivre. » Ce qui suppose de s’attaquer aux « vraies inégalités » existant entre les habitants, sur le fait de partir en vacances ou non, de vivre dans un logement isolé ou dans une passoire thermique, de disposer d’une terrasse, d’un jardin ou d’habiter un logement sans balcon, etc.

Les inégalités entre logements face au réchauffement climatique, un défi pour la municipalité.

L’anticipation du changement climatique se traduit à la fois par des politiques d’atténuation et d’adaptation, toutes étant indispensables. Les élu·es citent ainsi la mobilisation du CCAS, qui a créé une équipe citoyenne dédiée à la « vigilance canicule », mêlant bénévoles et agents volontaires du CCAS. L’objectif est de renforcer la veille auprès des publics les plus sensibles aux fortes chaleurs, en particulier les personnes âgées isolées.

« Un parc à moins de cinq minutes à pied »

La question de l’accès à l’eau est elle aussi prioritaire, comme en témoigne l’ouverture élargie de la piscine Jean-Bron, 220 jours par an. Ceci pour « augmenter l’offre de nage et renforcer l’apprentissage de la natation, notamment pour les enfants scolarisés », justifie Isabelle Peters. Plus de baignade donc, mais aussi plus d’espaces verts. La ville a ainsi tenu son engagement : « aujourd’hui, chaque Grenoblois dispose d’un parc ou espace vert à moins de cinq minutes à pied de chez lui », affirme la majorité. Illustration : le nouveau square Lilian-Dejean inauguré en mai dernier, rue Mallifaud, ou l’extension du parc Flaubert.

La lutte contre le réchauffement climatique se décline également dans la réhabilitation des écoles, avec de plus en plus de cours végétalisées, à l’instar de l’école des Trembles dont les élèves ont beaucoup mieux supporté la canicule. « Il reste encore un grand nombre d’écoles à végétaliser », reconnaît néanmoins Vincent Berlandis, qui évoque l’ambition de la mairie consistant à « permettre aux Grenoblois d’utiliser les cours d’école pendant les vacances ». L’élu et sa consœur Isabelle Peters n’oublient pas non plus l’ouverture et l’inauguration festive de la cour Perret, qui a rouvert ses portes début juillet, ou encore la transformation de l’accueil du Museum.

« Un autre période qui va aboutir au plan de mandat »

Au final, assure Laurence Ruffin, « on a réalisé quasiment tous nos engagements des cent jours ». Reste notamment la baignade dans l’Isère, prévue initialement le 30 août et in fine reportée au 12 septembre. Un simple « décalage », promet la maire, saluant le travail effectué pour garantir les conditions d’une baignade en sécurité. Autre sujet encore en cours, celui concernant l’hébergement, dont le nombre de places a augmenté. « Un travail sur la vacance des bâtiments » est actuellement mené, confie l’édile. Ce qui doit conduire au lancement effectif des brigades de réquisition, à l’automne prochain.

La maire et ses deux adjoint·es se sont également projetés vers les prochains mois du mandat.

Vincent Berlandis le concède toutefois, « les politiques publiques prennent du temps et ce n’est pas en cent jours qu’on peut transformer une ville ». Cela se déroule « sur le temps long » en effet. Et « maintenant s’ouvre une autre période qui va aboutir au plan de mandat », abonde Laurence Ruffin. Une feuille de route qui permettra de poursuivre et déployer les expérimentations : développement des maisons du quotidien, nouvelles séances du budget communal dans les quartiers, poursuite des actions de fraîcheur, renouvellement des séjours montagne, développement de l’offre de piscine, soutien aux familles monoparentales, mobilisation du patrimoine existant…

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Publié le 27.08.2026 à 17:11

Luc Renaud

Daniel Maron s’est éteint dans la nuit du 24 au 25 août dernier. Né le 17 juillet 1940, il venait d’avoir 86 ans.

« Homme de lettres », comme il aimait à se définir, Daniel Maron a effectué sa carrière professionnelle comme facteur, à Vienne. C’est à la retraite qu’il avait rejoint Lens-Lestang, près de Beaurepaire.

Daniel Maron était un militant communiste de toujours. Il avait rejoint le parti après son passage sous les drapeaux pendant la guerre d’Algérie. Parti auquel il est toujours resté fidèle, à Vienne puis Beaurepaire, en portant ses couleurs lors de différents scrutins électoraux, en exerçant des responsabilités au niveau local et départemental et en n’hésitant jamais à mettre les mains à la pâte, que ce soit à la fête du Travailleur alpin, à la foire de Beaucroissant ou lors des fêtes et initiatives dont il était souvent l’organisateur. Un engagement qui le rendait toujours disponible pour « donner la main », par exemple lors de la création du potager solidaire de Beaurepaire et de son épicerie.

Dublin, pour son 70e anniversaire

Toutes activités que devaient pourtant s’interrompre, sans qu’il fût possible d’y déroger, lors du Tournoi des cinq nations – six aujourd’hui. Car Daniel Maron était un amoureux du rugby, qu’il pratiqua, et portait haut « la mauvaise foi du supporter » devant les matchs de l’équipe de France. Ses amis n’ignoraient rien de cette passion : pour son 70e anniversaire, ils s’étaient tous habillés en vert : le cadeau, c’était un billet pour Dublin où il put assister à un match du tournoi.

Un engagement politique indéfectible, le rugby, mais aussi la pêche à la truite dans les rivières du pays roussillonais ou les lacs de montagne, ces grands « moments de convivialité » comme on dit aujourd’hui : tout cela « ne pouvait exister qu’en s’appuyant sur une amitié sincère, solide, qui a soudé notre groupe au fil des années, là où le mot fraternité a pris tout son sens », écrivent ses amis en lui rendant hommage.

À sa compagne, Christiane, à sa famille, à ses proches et à ses amis, la rédaction du Travailleur alpin présente ses sincères condoléances.

Les obsèques de Daniel Maron auront lieu le mercredi 2 septembre à 9h30 au crématorium de Beaurepaire.

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Publié le 27.08.2026 à 15:49

Travailleur Alpin

Ce 26 août, des inondations dévastatrices ont ravagé le Népal laissant derrière elles des centaines de victimes, de blessés et de personnes disparues. Des milliers de familles, mais aussi des touristes se retrouvent aujourd’hui sans ressources, privés de logement et confrontés à une situation d’urgence.

Face à cette tragédie, le Secours populaire français lance un appel à la solidarité. L’association appelle aux dons financiers pour donner à son partenaire népalais et son réseau d’associations partenaires en Asie du Sud-Est les moyens d’agir afin d’accompagner les personnes sinistrées pour faire face aux besoins immédiats, comme dans la durée.

Depuis le séisme qui a dévasté le Népal en 2015, le Secours populaire français soutient son partenaire népalais, expérimenté et engagé auprès des populations les plus vulnérables, et compte également sur son réseau en Asie du Sud-Est et en Indonésie.

Les dons financiers peuvent être envoyés au 8 rue des Peupliers, 38100 Grenoble. Préciser « Fonds d’urgence ». Dons également possibles sur https://www.secourspopulaire.fr/38/don/

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Publié le 26.08.2026 à 17:07

Manuel Pavard

Plus de 220 000 personnes évacuées, quelque 240 habitations détruites, quatre sapeurs-pompiers décédés et des centaines d’autres blessés… Les terribles incendies survenus durant l’été en Gironde, dans les Landes, mais aussi dans le Var, à Fontainebleau ou dans la Drôme, laissent derrière eux un lourd bilan. Et des images imprimées sur les rétines de millions de Français. « L’opinion publique a pris conscience de certaines choses. Il y a quand même eu 183 maisons brûlées au Porge… En France », s’émeut Adrien Guerre, sapeur-pompier professionnel (SPP), sergent-chef à Saint-Martin-d’Hères et représentant du personnel CGT.

L’impressionnant incendie qui a ravagé plus de 42 000 hectares en Gironde doit entraîner une vraie prise de conscience de la part des pouvoirs publics, espèrent les sapeurs-pompiers. © SDIS 33 / Instagram (capture d’écran)

Pour lui comme pour la quasi-totalité de ses collègues, « les méga-feux de l’été ont fait office de déclencheur et de révélateur », mettant en lumière « un manque criant de moyens et de financement ». Pourtant, « le sujet est sur la table depuis 2022 », rappelle-t-il. Il s’agissait déjà d’incendies en Gironde, à l’époque. Et l’intersyndicale avait déjà alerté le ministre. Mais « les promesses étaient restées lettre morte », déplore Adrien Guerre. Pire, « la situation s’est depuis aggravée dans le pays et les moyens alloués aux SDIS n’augmentent pas alors que les réalités du terrain le justifieraient ». Un chiffre ? « Depuis 2015, on a mille engins feux de forêt en moins sur l’ensemble du territoire », illustre le pompier martinérois.

L’été 2026, un « point de rupture »

Évoquant également le « point de rupture » de l’été 2026, les organisations syndicales du SDIS de l’Isère (CGT, Syndicat autonome SPP-PATS 38, Avenir secours, Sud SPP-PATS 38) partagent ce constat d’une situation « devenue intenable » pour les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels administratifs, techniques et spécialises (PATS). Réunies en intersyndicale, elles ont donc adressé une lettre ouverte aux parlementaires de l’Isère, datée du mercredi 19 août.

L’heure n’est plus aux discussions mais à l’action. Car aujourd’hui, « [leur] colère dépasse le stade de l’alerte ». Une colère qui est « le résultat de décennies de sous-investissement, d’arbitrages budgétaires défavorables et d’un désengagement progressif de l’État envers la sécurité civile. L’écart entre les discours officiels et la réalité du terrain n’a jamais été aussi profond », soulignent les syndicats. Lesquels ne demandent « pas de compassion » mais exigent « des décisions politiques et législatives à la hauteur des enjeux ».

Financement, recrutement, santé

Quid des revendications des sapeurs-pompiers ? Adrien Guerre résume les trois principales. Tout d’abord, des financements d’urgence et pérenne afin de « mieux financer les SDIS », selon le représentant CGT, qui vise à la fois l’État et le département de l’Isère. Ensuite, lancer un plan national de recrutement, aussi bien des sapeurs-pompiers professionnels que des effectifs administratifs, techniques et spécialisés. Pour l’Isère, l’intersyndicale estime ainsi « les besoins à 150 SPP et 50 PATS ».

Les sapeurs-pompiers de l’Isère lors d’une opération de sensibilisation auprès des habitants de la Villeneuve, en janvier 2025.

« On manque de pompiers professionnels », confirme Adrien Guerre qui, outre le recrutement, insiste sur la nécessité de « former correctement » les futurs soldats du feu. On l’a vu en effet ces dernières semaines, à chaque fois, « la lutte contre les feux de forêt repose sur le volontariat ». D’ailleurs, « si on convertissait en équivalent temps plein le travail non salarié des volontaires, cela reviendrait à embaucher 23 000 professionnels sur le territoire », explique-t-il.

Mal protégés face aux risques cancérigènes et sujets au stress

Le militant syndical évoque enfin la santé des sapeurs-pompiers, sujet « longtemps tabou » selon lui. Face aux incendies, « l’inhalation de particules de carbone et de fumées toxiques est cancérigène, pourtant on a très peu de protections », s’indigne celui qui se souvient avoir combattu, par le passé, « deux feux de forêt avec des simples cagoules, en respirant de la fumée H24 ». De fait, la majorité des SDIS ne disposent pas des cagoules filtrantes efficaces contre les fines particules, mais au coût élevé.

Dans leur lettre ouverte, les syndicats du SDIS 38 réclament donc le « déploiement d’équipements de protection de nouvelle génération contre les risques toxiques et cancérigènes liés notamment aux feux d’espaces naturels ». Sans oublier la « reconnaissance effective des pathologies professionnelles auxquelles sont exposés les agents ». On pense aux cancers (poumon, foie, vessie…) mais également aux problèmes psychiatriques, à l’instar du trouble de stress post-traumatique (TSPT), souvent sous-estimé. « On a tous dans nos connaissances un ou deux collègues qui souffrent de stress lié aux interventions », affirme Adrien Guerre.

Les pompiers occuperont la place de la République durant quatre jours

Ces différentes propositions, auxquelles s’ajoutent d’autres revendications comme la prise en compte de la pénibilité pour la retraite, la modernisation des filières, le recentrage sur les missions essentielles ou la revalorisation salariale, « s’adressent aux parlementaires et à Laurent Nuñez », indique le sapeur-pompier isérois. L’intersyndicale du SDIS 38 appellent en effet les députés et sénateurs locaux à intervenir auprès du gouvernement — et notamment du ministre de l’Intérieur — pour porter leurs demandes.

Les camions des pompiers investiront les rues de Paris du 26 au 29 septembre.

Quant au contexte, celui-ci ne doit rien au hasard, à l’approche du coup d’envoi de la campagne présidentielle et à quelques semaines de la présentation du projet de loi de modernisation de la Sécurité civile, prévue le 8 septembre. Cela intervient surtout à un mois d’une mobilisation nationale « d’une ampleur inédite », à laquelle se joindra le SDIS de l’Isère. À partir du 26 septembre, des sapeurs-pompiers professionnels et personnels administratifs venus de toute la France occuperont ainsi la place de la République, à Paris, durant quatre jours, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Avec en point d’orgue, une manifestation que l’intersyndicale nationale espère « historique », le 29 septembre, dans les rues de la capitale.

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Publié le 25.08.2026 à 16:33

Luc Renaud

Les hommages se multiplient à la suite de la disparition de Jean Giard, ce 21 août dernier. Et d’abord parmi les militants communistes qui l’ont accompagné. Yves Contreras évoque ainsi « la bataille du référendum pour le tram, il avait été un artisan essentiel de la victoire du oui ». En 1983, Alain Carignon avait fait sa campagne municipale sur le thème du rejet du projet de tram, notamment porté par Louis Maisonnat, président communiste du syndicat mixte des transports en commun de l’époque. Élue, la nouvelle majorité grenobloise de droite avait dû concéder l’organisation d’un référendum local et le oui l’avait emporté. La ligne A était inaugurée en 1987. Yves Contreras se souvient encore « de son éloge funéraire à Louis Maisonnat devant l’hôtel de ville de Fontaine, il y a 40 ans, qui nous avait tous impressionnés par sa justesse de ton, sa conception de l’élu et son profond humanisme ».

Humanisme, un mot qui revient dans tous les hommages. François Auguste, qui fut secrétaire de la fédération du PCF de l’Isère de 1989 à 2000 en témoigne lui aussi. « Mon histoire avec lui est celle d’une longue amitié. Issu de la classe ouvrière, catholique progressiste, il était devenu un intellectuel communiste. Esprit vif et critique, il respectait les individus, amis ou adversaires politiques. Il avait une analyse fine de l’évolution du capitalisme et des combats à mener pour le dépasser, pour construire le communisme. Pour lui, communisme et démocratie devaient être indissociables. Il était profondément humaniste, loyal et fidèle à ses engagements. »

Le 22 novembre 2018, lors d’une rencontre organisée par la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité à Saint-Martin-d’Hères.

La mémoire de Jean Giard convoque également des histoires personnelles. « Jean nous avait mariés Christian et moi », se souvient AnneMarie Gueguen. « Eloigné du PCF un certain temps, il était resté très réactif à l’actualité qui nous bousculait, participant aux manifs tant qu’il a pu s’y déplacer, encore présent ce 1er Mai sur le stand PCF Grenoble. Nous devions fêter ses 100 ans avec Yvette Anselmet, centenaire de notre cellule des Eaux Claires, début décembre. Trop tard hélas ! Hommage à ce grand homme généreux, solidaire, à l’écoute, lucide jusqu’au bout… »

Et Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF, rappelle que « militant syndical et politique, CGTiste et communiste — de carte puis de cœur -, il était de ceux qui défendait l’unité du monde du travail, de l’ingénieur•e et du cadre à l’ouvrier•e et l’employé•e, unité si indispensable dans une société dominée par le capital. Militant de l’union de la gauche, il ouvrira lors des cantonales de 1964 la voie à la victoire de Hubert Dubedout à la mairie de Grenoble : qui s’en souvient aujourd’hui ? »

Des hommages à la mémoire de Jean Giard lui sont également rendus par delà le PCF.

Laurence Ruffin, dans une déclaration publiée le 26 août (cet article est modifié en conséquence ce 26 août), indique à propos du dirigeant communiste qu’a été Jean Giard : « J’ai eu la chance de le connaître. Il avait notamment soutenu notre projet municipal lors de la campagne, en nous faisant part de ses conseils et de son expérience. À l’approche de ses 100 ans, son engagement et sa lucidité sur les combats à mener face aux inégalités grandissantes de notre société étaient restés intacts. ». Elle ajoute : « Jean Giard était une personne profondément inspirante. Il a marqué Grenoble, et il a aussi marqué mon engagement. »

« Jean Giard était une personne profondément inspirante. Il a marqué Grenoble, et il a aussi marqué mon engagement. »

Laurence Ruffin

« Jean était à la fois ferme dans ses convictions et constamment ouvert à la discussion et au dialogue. Je garderai de lui le souvenir de très nombreuses discussions portant sur la situation grenobloise, mais aussi beaucoup plus largement sur la situation politique nationale et internationale », rapporte, à nos confrères de Place Gre’net, celui qui fut l’adjoint aux Finances de l’ancien maire socialiste Michel Destot. Sur les réseaux sociaux, Michel Destot, indique garder le souvenir d’un « militant infatigable, à l’abord simple et généreux, doté d’une exigence intellectuelle qui forçait le respect et l’estime ». Et il ajoute : « Comment oublier son engagement pour le retour de la gauche au pouvoir municipal ? Je garde précieusement en mémoire sa présence rayonnante au premier rang du public, mon épouse à ses côtés, au conseil municipal du 1er juillet 1995 où je fus élu maire de Grenoble. » Un retour de la gauche à la direction municipale après deux mandats d’Alain Carignon, de 1983 à 1995.

En janvier 2026, Jean Giard avait reçu Laurence Ruffin. Il était pleinement engagé à ses côtés dans sa campagne électorale municipale.

Alain Carignon qui, lui aussi rend hommage à la mémoire de Jean Giard. « Il avait le respect des autres. De tous les autres. Tous nos affrontements se sont déroulés sur le terrain des idées et j’ai toujours aimé débattre avec lui, car sa fibre humaine transparaissait toujours », écrit-il.

C’est aussi l’implication de Jean Giard pour la promotion de la citoyenneté des personnes âgées à laquelle il est rendu hommage. Jean Giard avait accompagné son épouse, atteinte de la maladie d’Alzheimer, et il devint vice-président de France Alzheimer Isère, il fut à l’origine de l’association Alertes 38. Il en prit la présidence et rédigea notamment un rapport sur les nouvelles technologies au service du maintien à domicile des personnes âgées, à la demande du conseil général de l’Isère et de la ville de Grenoble. Pour lui, l’intergénération, c’est-à-dire le dialogue et les solidarités entre générations, est un facteur de cohésion sociale qui implique des choix politiques. Membre fondateur du collectif « Une société pour tous les âges », il est aussi devenu vice-président de l’association « Vieillir, c’est vivre ».

Kheira Capdepon, adjointe à la maire de Grenoble chargée de la Solidarité intergénérationnelle, note ainsi que « son parcours, son engagement pour les autres , et notamment pour la place des personnes âgées dans notre société auront marqué notre ville ».

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Publié le 22.08.2026 à 15:48

Luc Renaud

Jean Giard est décédé à l’hôpital de Grenoble dans la matinée du 21 août, à la veille de son centième anniversaire.

Il était né le 30 septembre 1926, à Paris. Dès l’âge de dix ans, il entra au petit séminaire de Saintes (Charente-Maritime) et poursuivit sa formation religieuse au grand séminaire de L’Houmeau. Il se rapprocha alors de la Mission de France, qui regroupait des catholiques soucieux d’une intervention au sein de la classe ouvrière. À l’issue d’un stage à Montceaux-les-Mines, embauché comme maçon, il devint secrétaire du syndicat CGT puis dirigeant de l’union locale de 1952 à 1953.

Le Vatican ayant décidé de fermer le séminaire de la Mission de France pour cause de dérive progressiste, il se vit fermer la possibilité d’être ordonné prêtre-ouvrier. « C’est plus l’Église qui m’a quitté que moi ai quitté l’Église ! En renonçant aux prêtres ouvriers, j’ai pensé qu’elle trahissait une de ses missions fondamentales… », disait-il.

En 2023, lors du banquet républicain organisé par les Société des lectrices et lecteurs et lectrices de l’Humanité dont Jean Giard était membre. De gauche à droite, Jean-Louis Millet, François Perez, Alain Boeuf, Charles Rollandin et Jean Giard.

Il se maria le 7 février 1953 avec Françoise Chapuis, alors ouvrière dans la métallurgie de Montceau-les-Mines, et le couple s’établit ensuite à Grenoble. Jean Giard, ouvrier du bâtiment, fut licencié pour activité syndicale : il devint secrétaire de l’union locale CGT en 1956.

C’est en 1954 que Jean Giard adhéra au PCF, parti au sein duquel il assuma rapidement des responsabilités : membre du secrétariat fédéral dès 1961, chargé des ingénieurs, cadres et techniciens et des nouvelles technologies, secrétaire des communistes grenoblois en 1963. Candidat à des différentes élections à Grenoble, il fut élu en 1977 avec la liste conduite par Hubert Dubedout et adjoint aux finances de la ville de 1977 à 1983 puis siégea dans l’opposition aux municipalités Carignon jusqu’en 1995. Il fut élu député de 1986 à 1988, à l’occasion du scrutin législatif organisé à la proportionnelle départementale.

« Pour ma part, je l’ai connu un soir de janvier 1955, au cours d’une modeste réunion publique qu’il animait portant sur l’affrontement militaire qui s’amorçait en Algérie. Nous avons ensuite beaucoup défilé, distribué, collé des affiches, organisé de multiples réunions, débats, colloques et autres soirées culturelles, colloques et animations », se souvient François Perez.

En septembre 2021, Jean Giard participait à une rencontre à la fédération du PCF sur le thème du bien vieillir.

Jean Giard quitta le bureau fédéral du PCF en 1990. En avril 1991, il participa à la création du mouvement Refondations puis devint l’un des animateurs de la coordination nationale des « refondateurs communistes ». Il démissionna du PCF en 1994 tout en participant, dès 1992, à la création du mouvement Go citoyenneté qui se donnait l’objectif de ramener la gauche à la direction de la ville en 1995 – ce qui fut fait avec l’élection du socialiste Michel Destot.

« Il est toujours resté un observateur très attentif de la vie politique », témoigne Jean-Louis Millet, qui fut l’un de ses proches collaborateurs à la mairie de Grenoble, de 1977 à 1983. Jusque dans ses derniers mois, Jean Giard suivait avec assiduité les confrontations d’idées, par exemple « lors des débats du congrès du PCF en juin dernier ». « Il s’était engagé dans la campagne municipale de Laurence Ruffin », rappelle Jean-Louis Millet. « En mars 2026, Jean Giard s’inquiétait encore des résultats des élections municipales à Grenoble et soutenait ardemment la liste de rassemblement conduite par Laurence Ruffin », renchérit François Perez. Chaque jour, il lisait la presse quotidienne. Et « il suivait chaque étape du Tour de France à la télé. », sourit François.

Jean Giard et Yannick Boulard à la fête du Travailleur alpin, en juin 1983.

Toujours syndiqué à la CGT, Jean Giard s’était en outre investi dans le tissu associatif en occupant la vice-présidence France Alzheimer Isère. Il créa l’association Alerte 38 dont la raison d’être est la promotion de la citoyenneté des personnes âgées et du vivre ensemble intergénérationnel. Jean Giard, parmi les nombreux ouvrages dont il fut l’auteur ou le co-auteur, avant publié en 2018 Vieillissement et citoyenneté, aux éditions l’Harmattan. Ainsi en janvier 2026, « il a offert son témoignage à des étudiants brésiliens venus prendre part à un colloque sur le grand âge organisé par l’université de Grenoble », note François Perez.

Ceux qui l’ont connu garderont le souvenir d’un homme « d’une très grande modestie et d’une brillante lucidité », souligne Jean-Louis Millet. Un homme qui savait se ressourcer dans la nature, et plus particulièrement dans le Vercors dont il était tombé amoureux. « C’était un grand voyageur », dit encore Jean-Louis Millet. L’Afrique, l’Asie, l’Europe… une curiosité qui l’amenait par delà les frontières.

À ses enfants, Claire, Thérèse et Jean-Pierre, la rédaction du Travailleur alpin présente ses condoléances attristées.

Une réaction d’Emeric Vibert, secrétaire de la section communiste de Grenoble

« C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de notre camarade Jean Giard dans la matinée du 21 août .

Il était une figure importante de notre parti au sein duquel il avait occupé de nombreuses responsabilités telles que secrétaire des communistes de Grenoble en 1963 et membre du bureau de la fédération de l’Isère de 1961 à 1990.

Ouvrier du bâtiment, syndicaliste, il fut notamment élu à la ville de Grenoble de 1977 à 1983 en tant qu’adjoint aux finances puis dans l’opposition à l’équipe de Carignon de 1983 à 1995 et bien sûr député de 1986 à 1988.

Par delà les débats que nous pouvions avoir, nous le savions très attaché au PCF et à ce qu’il représente dans la société d’aujourd’hui ; à la fraternité qui a toujours accompagné ses engagements. C’est avec plaisir que nous le croisions lors de rencontres organisées dans nos locaux ou à l’occasion d’un rassemblement de lutte.

C’est donc le cœur lourd que nous présentons toutes nos condoléances à sa famille. »

Le 10 décembre 2025, Jean-Louis Millet, François Perez et Jean Giard.
Jean Giard aux côtés d’Yvette Anselmet, lors d’un débat sur la Sécurité sociale le 11 octobre 2025.

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Publié le 21.08.2026 à 20:09

Luc Renaud

Un chiffre. « Quand j’ai été embauché, en octobre 2017, nous étions dix bouchers pour un chiffre d’affaires de 40 000 euros par mois ; aujourd’hui, nous sommes sept, pour un chiffre de 55 à 60000 euros », témoigne Jean-Michel Gatta, délégué CGT. Une croissance du chiffre de l’ordre de 40 %, avec une inflation sur la période de 21,31 %… et une diminution d’un tiers du nombre de salariés employés.

On comprend dans ces conditions que la charge de travail augmente. De même que les dividendes versés aux actionnaires, majoritairement à la famille Despinasse – qui compte parmi les grandes fortunes de France – : la CGT a calculé que « les 116 millions d’euros versés aux actionnaires ces trois dernières années […] correspondent à une ponction de plus de 19 000 € par salarié et par an. » Le syndicat en tire une conclusion : « Il y a largement de quoi satisfaire nos revendications ».

Jean-Michel Gatta, délégué CGT des boucheries Despi en Isère.

Une prise de position qui semble partagée par les quelque deux mille salariés et apprentis que comptent les boucheries Despi dans les trois cents étals du pays. Le 15 août dernier, ils étaient appelés à la grève. 70 % d’entre eux ont pris part au mouvement. Plusieurs établissements ont compté 100 % de grévistes, comme la boucherie Despi de Grand frais, à Crolles.

Une technicité et une pénibilité en manque de reconnaissance

Les revendications, ce sont notamment une augmentation des salaires, reconnaissant tout à la fois la pénibilité et les technicité du métier de boucher d’aujourd’hui. « Nos salaires, même si c’est difficile à estimer tant les conditions sont variables en fonction des magasins et des postes de travail, c’est de l’ordre de 1600 euros nets par mois », précise Jean-Michel Gatta. Un peu plus que le SMIC – 1 477,93 net mensuels depuis le 1er juin dernier –, mais loin des réalités du métier. « Nous travaillons dans les chambres froides, nous portons du poids, nous avons la responsabilité des normes d’hygiène et de traçabilité, nous mettons en œuvre des techniques de découpes et de présentation… » Jean-Michel Gatta ajoute immédiatement que « ça fait partie du jeu, du métier, mais ça doit être reconnu », comme doivent l’être l’augmentation des charges de travail apparues ces dernières années avec l’orientation choisie du « travail artisanal » dans la préparation des viandes. « Pour les brochettes, par exemple, nous découpons les viandes et les légumes, nous les marinons, nous les fabriquons… on est loin des procédés industriels d’il y a une dizaine d’années et c’est tant mieux ».

A Crolles, la grève a été suivie à 100%.

Ce que demande la CGT, c’est dont une augmentation générale des salaires de 5 % pour rattraper une partie du pouvoir d’achat perdu – la direction voudrait s’en tenir à l’augmentation prévue par la convention collective de 1,5 % tandis que le SMIC a augmenté de 2,41 % au 1er juin.

Mais le syndicat met aussi en avant la dégradation de la santé des salariés qu’il estime due à la dégradation des conditions de travail. « Nous sommes partout en sous-effectifs, insiste Jean-Michel Gatta, par le passé, nous avions des inaptitudes au travail constatées à partir de 55 ans ; aujourd’hui, ça arrive à 40 ans, voire moins. »

La CGT prévient : « en l’absence d’avancées et de réponses satisfaisantes de la direction, […] des actions sont prévues dans les prochains mois et un appel à la grève est renouvelé jusqu’au 31 décembre 2026. »

Ce 15 août, une mobilisation visible.
Un fonds américain a pris le contrôle de Grand frais

Les boucheries Despi constituent l’un des trois piliers des magasins que l’on connaît sous la bannière « Grand frais » – tout en étant présentes sous d’autres enseignes. Des « marchés couverts » que l’on trouve dans trois cents communes du pays dont onze en Isère (Crolles, Echirolles, Salaise-sur-Sanne, Voiron, Bourgoin…)

Despi, ce sont les étals de viande, la distribution alimentaire fraîche est gérée par la société Prosol, tandis que l’épicerie est un secteur dévolu à Euro Ethnic Foods – trois affaires au départ familiales.

En décembre dernier, Prosol a changé de mains – une opération à quatre milliards d’euros. C’est désormais le fonds de pension américain Apollo qui détient 70 % des actions de la société. Apollo n’est pas inconnu en France. Le fonds est détenteur d’actions de l’équipementier aéronautique Latécoère, il a échangé une partie des dettes de Vallourec contre des actions ensuite revendues à Arcelor-Mittal pour près d’un milliard d’euros, il est encore actif dans des montages financiers avec Air France, EDF ou TotalEnergie. Il était l’actionnaire de référence de Kem one dans la chimie lyonnaise depuis 2021 avant de s’en retirer en juin dernier.

L’annonce de cet accord avec le fonds américain indique que vingt-cinq nouveaux magasins Grand frais pourraient ouvrir d’ici l’année prochaine, sur des sites de magasins Gifi, comme à Pont-de-Beauvoisin.

Prosol n’est pas seul concerné dans ces évolutions des périmètres de propriétés du capital. En juin 2024, la famille Despinasse avait mis en vente les boucheries Despi. Le projet a depuis été abandonné. Reste aujourd’hui à savoir si l’arrivée du fonds américain en position dominante au sein de la structure de Grand frais ne va pas rebattre les cartes.

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