Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français
Publié le 13.04.2026 à 16:50
Travailleur AlpinEn quelques semaines, les prix des carburants ont flambé : +43,9% pour le gasoil, +20,4% pour le sans-plomb 95, +15,2% pour le sans-plomb 98… Le litre dépasse souvent les 2€ pour l’essence, voire 2€40 pour le gasoil.
Alors que les frais de déplacements représentent en moyenne près de 14% des dépenses des ménages français, et que le budget des familles a été comprimé par des années d’inflation galopante, la récente explosion des prix du carburant apparait comme la goutte de trop.
C’est dans ce contexte que les communistes isérois sont appelés à organiser des distributions à la sortie des stations-services et sur les carrefours routiers, pour faire connaître les propositions de leur parti.
Les communistes portent des solutions de court et moyen terme
A court terme, le PCF défend le blocage des prix à 1€50 le litre, par le plafonnement des profits et la baisse des taxes. Une mesure de bon sens, alors que la multinationale Total Energies a d’ores et déjà empoché plus d’un milliard d’euros de bénéfices exceptionnels liés à l’augmentation des prix.
Mais les militants ne s’arrêtent pas là, et défendent d’autres mesures plus structurelles. D’une part, la nationalisation de l’industrie pétrolière, pour assurer une maitrise souveraine de ce secteur stratégique, et le placer au service des intérêts de la nation. D’autre part, la sortie de la France de l’OTAN et son désalignement vis-à-vis des États-Unis, responsables des guerres impérialistes qui causent la flambée des prix.
Un positionnement international qui n’est pas neutre : toute la politique des USA consiste à susciter des instabilités sur les approvisionnements, de sorte à faire monter les prix, ce qui profite directement au secteur des gaz et pétrole de schiste « made in USA » (ndlr : peu de gens le savent, mais les États-Unis sont désormais le premier producteur mondial de pétrole, avec un volume de barils supérieur à la somme de ce que produisent l’Arabie Séoudite et la Russie réunies).
Des actions appelées à se déployer sur le territoire dans les semaines qui viennent, alors que le spectre des « gilets jaunes » est encore dans toutes les têtes.
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Publié le 13.04.2026 à 16:08
Luc Renaud« Christophe Ferrari a sa place à nos côtés. » En annonçant publiquement sa candidature à la présidence de la métropole, Guillaume Lissy a voulu tendre la main aux élus métropolitains se reconnaissant dans les valeurs défendues par la gauche. Y compris au président sortant.
Dans cette démarche « d’apaisement et de respect », il n’est pas isolé. Entouré de la maire communiste d’Echirolles et de la maire de Grenoble, il se présente d’abord comme l’animateur d’un collectif d’élus sur des programmes de gauche, dans leur diversité. Et c’est ce collectif qui pourrait être la base d’une future majorité métropolitaine grenobloise, une démarche dont Amandine Demore déclarait « partager l’enthousiasme » tandis que Laurence Ruffin soulignait l’envie commune de « faire de belles choses ». Lors de la présentation à la presse de sa candidature, Guillaume Lissy était également accompagné de maires et d’élus de Saint-Martin-d’Hères, Gières, Saint-Egrève, Champagnier… des communes qui regroupent 60% de la population métropolitaine.
Pour Laurence Ruffin, le projet métropolitain porté par la gauche s’appuie sur le fonctionnement d’une gouvernance mieux partagée.L’élection de Guillaume Lissy, après deux mandats exercés par Christophe Ferrari, n’est pas acquise. Le maire de Seyssinet, une commune de taille moyenne, ne dispose pas d’une majorité sans l’apport d’élus de « petites communes » – petites par le nombre de leurs habitants. Certaines d’entre elles ont fait leur choix, à l’image du Sappey-en-Chartreuse, dont le nouveau maire, Gildas Bouffaud, rappelait que le choix des électeurs du Sappey en faveur de la gauche s’est fait sur un programme de gauche qui annonçait la couleur. D’autres élus restent à convaincre de l’intérêt d’une majorité dépourvue d’ambiguïté. En s’adressant à eux, Guillaume Lissy et ses soutiens souhaitent s’appuyer sur un programme. « Nous voulons rapprocher la métropole des citoyens, et cela passe par les élus locaux, quelle que soit la taille de la commune », insiste Guillaume Lissy.
Trop de temps perdu ces dernières années
Façon aussi de tourner la page d’un mandat qui, sous la présidence de Christophe Ferrari, a été marqué par des relations conflictuelles. « Nous avons perdu du temps », regrette Amandine Demore. « Nous devons tourner la page et aller vers un fonctionnement plus collectif, une gouvernance partagée dans le respect de toutes les communes, avec une relation apaisée entre la ville centre et la métropole, un moteur nécessaire », insiste Laurence Ruffin.
Gildas Bouffaud, nouveau maire du Sappey-en-Chartreuse.Avec cette ambition, Guillaume Lissy évoque un fonctionnement plus décentralisé de la métropole répondant à la préoccupation exprimée par le maire du Sappey : « Sur des travaux de voirie par exemple, nous avons parfois le sentiment d’une métropole lointaine qui manque de réactivité et d’efficacité. » Démarche déconcentrée que les élus souhaitent mettre en œuvre dans les grands domaines d’intervention métropolitaine que sont les mobilités, l’urbanisme, l’économie avec son volet industriel, le logement… Sur le chemin de crête qui « nécessitera des compromis » pour « articuler autonomie nécessaire des communes et intérêt métropolitain », notait Guillaume Lissy.
Retour à la clarté
Une collaboration avec les communes qui implique un retour à la clarté. « Nous ne souhaitons pas, dans le respect des majorités municipales, que des membres d’une opposition municipale puissent exercer des responsabilités dans l’exécutif métropolitain. » Configuration qui a montré ses limites ces dernières années, raison pour laquelle les huit élus métropolitains de la France insoumise ne feront pas partie d’un exécutif présidé par Guillaume Lissy.
Reste maintenant à trouver un accord de gouvernance permettant de dégager une majorité stable au sein du conseil métropolitain. Une rencontre avec le groupe « Notre métropole commune » a eu lieu ce 13 avril dans l’après-midi afin de dégager les possibilités de constitution de cette majorité associant écologistes, communistes, socialistes et représentants des « petites communes ».
La date de la réunion du conseil métropolitain – qui doit légalement se tenir avant le 24 avril sur convocation du président sortant – n’était toujours pas connue ce 13 avril, ce qui fait de Grenoble une des dernières métropoles de France dans cette situation.
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Publié le 11.04.2026 à 04:57
Manuel Pavard« Depuis bientôt cinq mois, les occupantes et occupants ont fait preuve d’énormément de patience. On a mené des mobilisations pacifiques, non-violentes, symboliques, des manifestations, des conférences de presse ; on a interpellé gentiment les communes, le conseil communautaire de la Métropole », rappelle Raphaël Beth, de l’association Droit au logement (DAL). Mais « cette patience a un prix », souligne-t-il au micro. « Un prix qu’il faut nommer : ce sont deux femmes qui ont fait une fausse couche à cause de leur fatigue généralisée, c’est un enfant mort-né en raison de l’épuisement et du stress de la maman, selon le diagnostic du médecin. »
Les occupants ont pris la parole tour à tour pour confier leur dépit et leur ras-le-bol.Sa voix trahit sa colère, partagée par les militants des différentes organisations (DAL 38, UL CGT Grand Grenoble, CNT 38…) présents ce vendredi 10 avril, et bien sûr par l’ensemble des occupants du siège de Grenoble Alpes Métropole. Sur les quelque 150 personnes — essentiellement des livreurs à vélo et leurs familles — arrivées dans le bâtiment de la place André-Malraux le 19 novembre dernier, entre 70 et 80 vivent encore ici ou plutôt survivent. Après 142 jours et nuits d’occupation.
En février, déjà une conférence de presse et un ultimatum
Il y a deux mois pourtant, les occupants et leurs soutiens organisaient déjà une conférence de presse, au même endroit, pour fixer un ultimatum aux communes qui fournissent des logements. Ils réclamaient alors la remise des clés de leur habitation avant le 25 février, affirmant qu’il n’existait plus aucun frein administratif à leur relogement depuis le vote d’une délibération-cadre au conseil métropolitain.
Les manifestants sont venus soutenir les livreurs et leurs familles.Malheureusement, les semaines ont passé, la deadline a expiré et si certaines familles ont pu emménager dans leur nouveau domicile, beaucoup d’autres n’ont pas bougé. D’un côté, estime Raphaël Beth, « la situation a un peu avancé puisque environ 70 personnes ont été relogées dans des bâtiments publics qui allaient rester vides pendant des années »… Et qui le seraient encore sans cette mobilisation. Des édifices « ouverts » par les communes ayant répondu à l’appel lancé en novembre par Christophe Ferrari, président de la Métropole, et Jérôme Rubes (PCF), vice-président chargé de l’habitat et du logement : Grenoble, Échirolles, Saint-Martin-d’Hères, Saint-Égrève, La Tronche, Meylan, Pont-de-Claix, Gières.
Des logements promis depuis décembre mais en travaux
Mais de l’autre côté, cette situation évolue « extrêmement lentement car il reste encore près de 80 personnes pour lesquelles il va falloir trouver des solutions », souligne le militant du DAL 38. Ces occupants ne sont toutefois pas tous logés à la même enseigne. Parmi eux, une trentaine n’ont toujours aucune solution ni perspective de relogement à court terme. En revanche, une quarantaine n’attendent plus que les clés de leur logement — promis depuis décembre — pour en prendre possession.
Sur une banderole, les noms de communes mettant à disposition des logements vacants… et un message à l’intention des autres.En cause, les travaux entrepris par les communes concernées pour une remise en conformité. Travaux qui « mettent un temps fou à être réalisés », selon Raphaël Beth. Et ce, alors que les militants et occupants ayant visité les logements assurent que ceux-ci étaient « immédiatement habitables. On ne met pas quatre mois pour mettre aux normes une dizaine de bâtiments qui étaient loin d’être vétustes », s’étonne le représentant du DAL.
Des communes volontaires, d’autres aux abonnés absents
Ce dernier évoque également le cas de Grenoble, qui a mis à disposition des logements pour vingt-cinq personnes en février. « Ça nous semble peu dans la mesure où c’est la ville-centre. Et c’est aussi une ville particulière en termes d’engagement des maires : Éric Piolle, dès son premier mandat, avait promis l’application de la loi de réquisition, Laurence Ruffin, dans sa campagne, a mis beaucoup en avant cette revendication, donc nous, maintenant on attend des actes. »
Raphaël Beth, militant du DAL 38.Outre Grenoble, d’autres communes de l’agglomération auraient les moyens de reloger une partie des trente personnes restantes. Le DAL songe en premier lieu à « Fontaine, qui a une maison vide inoccupée » parfaitement fonctionnelle. « Mais la mairie de Fontaine refuse de prendre en charge », raille Raphaël Beth, sans illusions sur la volonté politique du maire Modem Franck Longo. Idem pour « la mairie de Saint-Martin-le-Vinoux, qui dispose de beaucoup de maisons vacantes » ou pour celle de Gières où l’on trouve « une deuxième maison, très grande ».
Des livreurs « doublement exploités par les plateformes »
Le militant comme les occupants eux-mêmes insistent par ailleurs sur leur statut administratif et leurs conditions de travail. Livreurs à vélo pour la plupart, ce sont « celles et ceux qu’on voit, jours et nuits, livrer les administrations, les hôpitaux, les particuliers, qui font vivre le commerce local — en permettant aux restaurants de survivre — et qui pourtant sont doublement exploités par les plateformes de livraison », précise Raphaël Beth. Et de fustiger l’attitude des Uber Eats et Deliveroo qui « refusent de les salarier, tout en les payant au lance-pierre. Ce qui ne leur permet évidemment pas de se loger par leurs propres moyens. »
Plusieurs livreurs à vélo ont témoigné de leurs très difficiles conditions de travail.Pour ces plateformes, les livreurs sont censés être en auto-entreprenariat mais « en réalité, c’est une exploitation pure et simple », s’insurge le trésorier de l’association Adali (Association pour les droits et l’accompagnement des livreurs indépendants). Soumis à une pression constante, ne cotisant pas pour la retraite ni pour le chômage, souvent en attente de régularisation, ils sont ainsi « très mal payés », déplore l’orateur au micro, qui pointe les « semaines de 60 heures » pour des salaires généralement inférieurs au Smic horaire.
« On doit également acheter notre vélo qui coûte 1500 euros », abonde un autre livreur et occupant. « Les sacs marqués Deliveroo ou Uber Eats, c’est nous aussi qui devons les payer. Pareil pour les casques, les manteaux, les gants, en hiver… Et quand on tombe malade ou qu’on a un accident du travail, on n’a pas droit aux soins et à l’assurance maladie. Pas non plus de congés payés. »
Un salaire de misère qui en fait la proie des marchands de sommeil
Avec un salaire de misère de « 5,60 euros par heure », les loyers étaient naturellement « inaccessibles », confie l’un des sans-logis. C’est d’ailleurs ce qui en a fait la proie des marchands de sommeil de la Villeneuve, lesquels utilisaient les logements laissés vacants par le bailleur social Actis, conséquence d’un programme de rénovation urbaine toujours en cours. Ce même Actis qui sollicité la préfecture, à l’automne 2025, pour expulser les familles, qui ont ensuite atterri au siège de la Métropole.
La mobilisation ne faiblit pas.Plusieurs de ces livreurs à vélo ont témoigné de leurs conditions de travail et de leur quotidien auprès de Médecins du monde, qui vient de réaliser un rapport sur le sujet. Intervenant lors du rassemblement, Aimeric Prod’homme, coordinateur au sein de l’association, livre quelques-unes de ses conclusions : « un état de santé qui s’est dégradé depuis le début de leur travail », pour nombre d’entre eux ; « des douleurs fréquentes (dos, épaule, douleurs urinaires à cause du travail sur les vélos toute la journée) » ; « des accidents massifs » — 49 % des livreurs déclarant au moins un accident…
Aimeric Prod’homme, coordinateur à Médecins du monde, qui a réalisé un rapport sur les conditions de travail des livreurs à vélo.Or, dans ce dernier cas, « se soigner est souvent hors de portée pour les livreurs », poursuit le représentant de Médecins du monde. « Près d’un tiers d’entre eux ont renoncé à des soins au cours de la dernière année. Et 97 % des livreurs déclarent ne pas avoir droit à l’indemnisation par les plateformes lorsqu’ils ont un accident. » Son rapport confirme en outre les propos précités : un temps de travail de « 63 heures par semaine en moyenne, pour un salaire net moyen de 800 euros par mois après déduction des frais obligatoires ».
« Comment est-ce qu’on fait pour rester calme alors que toutes les communes de la métropole n’arrivent pas à héberger rapidement 150 personnes ? »
Pour Aimeric Prod’homme, le constat est clair : « C’est une urgence sociale et une urgence de santé publique. » Médecins du monde demande donc « des mesures concrètes », notamment « garantir l’accès aux droits, à la santé, au travail, à un titre de séjour, à la prévention » (liste non exhaustive)… Et bien sûr à un logement digne et pérenne.
Au premier plan, les vélos et sacs que les livreurs doivent acheter avec leurs propres moyens.Face à une telle somme d’injustices, le calme et l’organisation affichés par les occupants sont exemplaires, salue Raphaël Beth, admiratif mais néanmoins « écœuré ». Et le militant du DAL de s’interroger, sans se priver de tacler les pouvoirs publics : « Comment est-ce qu’on fait pour rester calme alors que toutes les communes de la métropole n’arrivent pas à héberger rapidement 150 personnes ? 150 personnes sur 350 000 habitants ! »
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Publié le 10.04.2026 à 19:10
Luc Renaud
Fermeture à la mi-août. Ce fut le cas lors de l’été 2025 pour le refuge de la Selle, soixante-quinze couchages au pied de la face Sud du Râteau, au dessus de Saint-Christophe-en-Oisans. La raison ? Le manque d’eau, consécutif à l’affaiblissement du glacier de la Selle. Ce qui a conduit la Société des touristes du Dauphiné (STD) qui en est la propriétaire à envisager un projet de rénovation. Il s’agira non seulement de sécuriser l’approvisionnement en eau – les captages, mais aussi les réservoirs et la gestion au quotidien – et de reprendre l’ensemble du bâti et de ses équipements : sa dernière rénovation remonte à 1997.
Ce chantier se déroulera en plusieurs étapes. « Nous en sommes aux études », explique Catherine Fourrier, vice-présidente de la société. Cette phase se déroulera au cours de l’été et les travaux proprement dits auront lieu « vraisemblablement entre 2028 et 2030 », indique-t-elle. Le coût d’un tel chantier n’est pas anodin, entre un et deux millions d’euros, estime-t-on aujourd’hui à la STD. La première étape de lancement des études est chiffrée à 40 000 euros. D’où le lancement d’une cagnotte en ligne sur la plateforme Helloasso : le niveau des fonds propres de la STD ne lui permet pas de couvrir l’intégralité de la dépense.
Catherine Fourrier, vice-présidente de la Société des touristes du Dauphiné.Cette étroitesse de la trésorerie de la STD a une origine, la catastrophe de la Bérarde et du Vénéon du 21 juin 2024. Le refuge du Soreiller a connu une fréquentation de 10 % de celle des années antérieures, celui de la Selle a dû écourter sa saison. Manque de chance, la saison estivale 2024 a été celle des grands travaux au refuge Adèle Planchard, de l’autre côté de la Meije : un manque à gagner supplémentaire.
Avec la mise en place de navettes dans la vallée du Vénéon, la situation s’est améliorée à l’été 2025. La fréquentation du Soreiller – sous la Dibona – est remontée à 60 % de la moyenne des années antérieures, Adèle Planchard, rénové, a fait le plein. Une situation financière qui toutefois demeure fragile : outre les programmes d’investissement, les charges d’entretien courant sont importantes. Et la réduction du niveau des subventions publiques n’arrange rien à l’affaire.
Le refuge Adèle Planchard, à Villar d’Arêne, en haute vallée de la Romanche. © STDC’est dans ce contexte que la rénovation du refuge de la Selle est entreprise. Une opération d’envergure qui intervient après celle d’Adèle Planchard – un investissement de près de 900 000 euros en 2024 pour cette étape du tour de la Meije. « Le financement de ces projets est assuré par la STD avec le concours de subventions des collectivités territoriales ; pour la Selle, nous travaillons en plus un dossier pour obtenir des financements européens et nous sollicitons des fondations », précise la vice-présidente.
Reste à espérer que la météo de ce printemps soit favorable au ski de randonnée et que celle de cet été permette une bonne fréquentation des cinq refuges de la Société des touristes du Dauphiné : de quoi faciliter la réalisation du programme de rénovation de la Selle avec, en ligne mire dans les années à venir, celle du refuge Jean Collet, en Belledonne.
Des navettes pour le haut Vénéon
Pour cet été 2026, l’accès à la vallée du haut Vénéon devrait être facilité par rapport à ce que l’on a connu l’été dernier.
La route D530 sera ouverte jusqu’au Etages, à 3 km de la Bérarde, dès son déneigement et jusqu’au 5 juillet. En juillet et jusqu’au 30 août, il faudra emprunter une navette à partir du hameau de Pré Clot, à 10 km de la Bérarde – sauf pour les riverains, les randonneurs justifiant d’une réservation en refuge. Une quinzaine d’allers retours sont annoncés entre Venosc et Combe noire, à 300 m de la Bérarde. Ces navettes, mises en place par le Conseil régional, s’emprunteront sur réservation et au tarif de 4,80 euros – elles étaient moins nombreuses mais gratuites l’an dernier.
Dès le 30 août, la route sera ouverte à nouveau jusqu’aux Etages.
L’accès au hameau de la Bérarde demeure toujours interdit et il faut emprunter la rive gauche du Vénéon pour rejoindre sentiers et refuges.
La Société des touristes du Dauphiné a 150 ans
Club de montagne grenoblois – et qui le revendique – qui allie les pratiques et la gestion de cinq refuges, la STD se situe au cœur des débats pour inventer l’avenir du tourisme d’altitude à l’heure des questions nouvelles posées par le réchauffement climatique et la surfréquentation.
La Société des touristes du Dauphiné est une association d’amoureux de la montagne qui pratiquent le ski de randonnée, l’alpinisme, la randonnée ou l’escalade. Elle a fêté son cent cinquantième anniversaire en janvier dernier : sa création remonte à 1875.
Une création constitutive de son identité. Elle a vu le jour un an après la naissance du Club alpin français, à Paris, et c’est à Grenoble que des alpinistes ont voulu baser la Société des touristes du Dauphiné. De cette superbe originelle face aux prétentions parisiennes, « il est resté quelque chose », sourit Catherine Fourrier avant d’ajouter : « Nous sommes une petite structure d’un centaine d’adhérents, nous nous connaissons tous, et c’est dans cette ambiance conviviale que nous pratiquons la montagne ; je ne crois pas qu’il soit à l’ordre du jour de rejoindre quelque chose d’aussi gros que la FFCAM » – la Fédération française des clubs alpins et de montagne, anciennement le CAF.
Ski de randonnée sous la houlette des encadrants de la STD, ici dans le tour du Pelvas, dans le Queyras. © STDCette proximité entre les membres de la STD assure un fonctionnement de l’association « qui nous permettra de faire face à toutes difficultés comme c’est le cas depuis l’origine de la société ».
Avec une double dimension, celle des activités montagne et la gestion du patrimoine de l’association. L’une des particularités de la STD est en effet d’être propriétaire de cinq refuges, quatre en Oisans et un en Belledonne. Ce qui constitue de nos jours une charge importante. Le programme de rénovation du refuge Jean Collet a ainsi été reporté pour cause d’incompatibilité avec le plan local d’urbanisme de la commune de Sainte-Agnès. Et les normes anti-incendie – entre autres – de locaux accueillant du public sont tout aussi drastiques en montagne qu’en plaine, « c’est bien normal, mais cela a un coût et c’est lourd à gérer ».
Surfréquentation
Reste la question qui agite le milieu de la montagne, notamment depuis la crise du covid, celle de la surfréquentation « qui pose question pour la flore et la faune notamment ». En habitués des courses d’altitude, Catherine Fourrier et les membres de la STD relèvent l’impact des réseaux sociaux, « de la belle image que l’on veut aller reproduire en montant avec des baskets sans s’inquiéter de la météo ». Ou du camping sauvage et de ses ravages sur les rivages du lac Achard ou du Lauvitel.
La Meije, en haute vallée de la Romanche.Faut-il généraliser le gendarme au départ du sentier pour vérifier l’équipement et la réservation en refuge, comme au pied du mont Blanc ? Ou la fermeture des accès des hautes vallées assorties d’un transport obligatoire en navettes comme en amont de Névache dans la vallée de la Clarée ? « Nous avons vu en Espagne des itinéraires que l’on ne peut emprunter qu’avec une réservation sur un site internet et qui ne délivre qu’un nombre limité de d’autorisations de passage », note Catherine Fourrier. À l’image de ce qui est déjà en place dans la calanque marseillaise de Sugiton.
La vice-présidente de la STD n’en oublie pas pour autant que « nous avons toujours pu profiter de la montagne sans contrainte » et se refuse à envisager « des restrictions de la liberté d’accès au milieu naturel ». Le dossier est ouvert.
Une certitude, pourtant. Celle de l’importance de transmettre une culture de la montagne afin que le tourisme alpin demeure possible dans les meilleures conditions. Un club comme la STD, c’est cela aussi son rôle aujourd’hui.
Cet article Montagne. Un financement participatif pour lancer la rénovation du refuge de la Selle est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 09.04.2026 à 18:30
Travailleur AlpinDepuis 1995 et la victoire de Michel Destot (PS) à Grenoble face à Alain Carignon, il y a deux constantes à la métropole grenobloise : elle est gouvernée par une majorité de gauche, et elle n’est pas présidée par un⸱e élu⸱e de la ville-centre.
L’élargissement réalisé entre 2004 et 2014, avec l’intégration des communautés de communes du Pays de Vif (2004), de Venon (2009), Miribel-Lanchâtre (2012), puis des communautés de communes du Sud Grenoblois et des Balcons Sud de Chartreuse (2014), introduit une dimension « territoriale » plus forte. Sous l’impulsion de Marc Baïetto (maire d’Eybens & président de 2010 à 2014), un groupe des « petites communes » est créé, devenant un pilier essentiel des majorités de gauche.
En 2014, les écologistes entrent en grand dans l’institution, avec leurs victoires à Grenoble et Eybens, et font alors le choix d’une alliance avec une partie des socialistes, en portant la candidature de Christophe Ferrari à la présidence. En face, communistes et petites communes avaient alors défendu celle de Jacques Nivon, maire de Champ-sur-Drac.
Six ans plus tard, la situation évolue, et c’est désormais Christophe Ferrari qui s’appuie sur les petites communes pour contrer la candidature de Yann Mongaburu, président sortant du SMMAG soutenu par Eric Piolle. Une élection au caractère traumatique, qui verra l’écologiste arriver en tête à deux reprises, puis être battu grâce à l’arbitrage des voix de la droite. Mais là encore, pas de renversement politique pour autant : exécutif comme majorité conserveront pour périmètre l’alliance « gauche & territoires ».
En 2026, nouveaux rapports de forces
Les dernières municipales, sans modifier l’essentiel des grands équilibres, viennent toutefois acter plusieurs évolutions.
L’entrée officielle d’un groupe France Insoumise d’abord, fruit de la fusion technique réalisée avec la liste de Laurence Ruffin au second tour des municipales grenobloises. Les insoumis étaient en réalité présents depuis 2014 (sous l’étiquette « Parti de Gauche » avant 2017), mais dilués dans un groupe commun avec les écologistes, qui leur avait toutefois permis d’accéder à de hautes responsabilités. Dans la lignée des orientations plus offensives du mouvement, ils comptent désormais compter en tant que tels, et s’affirmer.
Les convergences de la droite ensuite. Leurs élus siégeaient dans trois groupes distincts auparavant (« Métropole territoires de progrès solidaires (MTPS) » — centristes ; « Communes au cœur de la Métropole (CCM) — droite républicaine ; « Société civile, divers-droite et centre (GO-SCDDC) — droite carignoniste). La recomposition grenobloise qui a vu le ralliement d’Émilie Chalas à Alain Carignon, soutenu par tous les ténors de la droite « républicaine », puis la démission de ce dernier suite à sa défaite, pourrait bien aboutir à la convergence au sein d’un seul groupe, sous la houlette du maire de Fontaine Franck Longo.
Le retour du Parti socialiste enfin. Après un mandat qui aura vu les « pro-Ferrari » s’opposer aux socialistes lors des élections intermédiaires locales (départementales et sénatoriales), puis des élections municipales où certains ont officialisé des alliances avec la droite à Fontaine et Échirolles, le groupe métropolitain « Arc des communes en transition écologiques et sociales » (ACTES) devrait sans surprise disparaitre. Ceci, au profit de transferts vers le groupe des « petites communes » et d’un groupe socialiste autonome, même si des évolutions sont certainement encore à venir.
Estimation des forces en présence au nouveau conseil métropolitain.Quel(le) président(e) pour quelle majorité ?
Bien plus qu’en 2020, l’élection à la présidence — qui devrait se tenir au plus tard le 24 avril – sera intimement liée au périmètre d’une future majorité. Et là, la composition de l’assemblée ne donne que peu d’issues possibles.
D’un côté, la droite espère jouer son va-tout, prônant par la voix de Franck Longo une « gouvernance transpartisane qui se concentre sur les compétences obligatoires ». Au-delà de l’opportunisme tactique – Jérôme Rubes, vice-président communiste sortant et adjoint à Saint-Martin‑d’Hères, rappelant que « la droite propose généralement une gestion transpartisane lorsqu’elle est minoritaire, mais jamais quand elle est majoritaire… » –, on comprend en allant dans le détail quelles inflexions des politiques métropolitaines cela supposerait.
Dans ce domaine, on peut citer leurs oppositions ou abstentions sur plusieurs délibérations concernant le portage de projets de logements, des modifications du Plan local intercommunal d’urbanisme, l’égalité femmes-hommes ou encore la gestion du Stade des Alpes…
Pourtant, certains, à l’image de Sylvain Laval, président sortant du SMMAG et maire de Saint-Martin-le-Vinoux, ont publiquement ouvert la porte à une telle alliance. On parle également d’une potentielle candidature de Raphaël Guerrero, maire de Jarrie et vice-président sortant, pourtant très proche de Christophe Ferrari. Si le dernier siégeait jusqu’à présent au sein du groupe ACTES, les deux premiers sont des piliers du groupe des « petites communes », artisans durant le mandat précédent des affrontements avec la ville-centre.
De l’autre, les élus écologistes, socialistes et communistes multiplient les échanges, sans annoncer de candidature à la présidence pour le moment. Un proche des discussions confie : « Pour nous, l’important n’est pas de commencer par sortir un candidat à la présidence, et d’ensuite foncer, mais plutôt de construire l’architecture d’un vrai pacte de gouvernance à proposer aux petites communes. Le ou la candidate arrivera après, pour incarner cette proposition de contrat de majorité, en confiance. »
Les noms qui circulent à ce stade sont ceux de Guillaume Lissy (maire PS de Seyssinet-Pariset), Jérôme Rubes (adjoint au maire de Saint-Martin‑d’Hères et vice-président sortant, PCF) et d’Amandine Demore (maire PCF d’Echirolles), Laurence Ruffin ayant indiqué qu’elle ne serait candidate que si « Grenoble n’était pas respectée », ce qui ne devrait pas arriver. Une chose est désormais presque certaine : la tradition d’une présidence qui ne soit pas issue de la ville-centre perdurera, quelle que soit l’issue du conseil métropolitain.



Pour la majorité, peu d’options viables
Le hic de taille, c’est que ni une alliance « petites communes / droite », ni un bloc de gauche sans les petites communes ne peuvent être majoritaires et gouverner demain. Pour la gauche, pas question de céder aux exigences d’une droite qui demeure très largement minoritaire, et qui s’est plusieurs fois opposée frontalement aux politiques métropolitaines.
Par conséquent, une candidature portée par une alliance « petites communes / droite » positionnerait les élus RN et LFI en arbitre permanent de l’institution, entraînant une instabilité sans précédent.
Un socialiste livre son commentaire – un brin cynique. « On comprend bien quel intérêt aurait la droite, qui tient le Département, la Région et les territoires alentour, à bordéliser de façon permanente la métropole… Ça serait tout bénèf’ pour eux, et ils pourraient préparer tranquillement la reconquête de communes comme Vif, Noyarey, Vizille, Eybens, Gières, Le Sappey… », anticipe-t-il.
Et ce dernier de conclure : « Il n’y a pas de mystère, une seule majorité stable est possible : un pacte de gouvernance entre la gauche de gouvernement et les petites communes, à l’image de ce qui a toujours fonctionné dans notre territoire. »
Robert W. Wellnes
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Publié le 08.04.2026 à 13:22
Manuel PavardUne soixantaine de trains supprimés — sur deux cents au total — au départ et à l’arrivée de Grenoble, 40 à 50 % des conducteurs de train en grève… Le mouvement de grève lancé ce mardi 7 avril, en gare de Grenoble, par l’intersyndicale (CGT, CFDT, SUD Rail, UNSA), a « plutôt été une réussite », estime Martin Vidal, conducteur de train et secrétaire de la CGT cheminots. La mobilisation pouvait en effet sembler incertaine, autour d’une revendication n’ayant pas d’effets directs sur les salaires, les retraites ou les conditions de travail des cheminots — même si cela les touchera in fine.
Banderole « Touche pas à ma VAE » déployée par les grévistes sur le pont Nelson-Mandela, à l’intention des conducteurs de train arrivant à Grenoble.Dans leur viseur, la suppression prochaine, dans la capitale des Alpes, des visites avant expédition (VAE). « C’est un processus de sécurité mis en place quand les trains arrivent en gare et que les rames, garées dans les chantiers SNCF, sont visitées par les agents d’escale. Ils s’assurent que tous les voyageurs sont bien descendus, que personne n’est bloqué dans les toilettes, qu’il n’y a aucun objet abandonné ou colis suspect à bord », explique le syndicaliste.
La suppression du dispositif testée « site par site »
Chaque année, des dizaines de colis et de personnes sont ainsi découverts grâce à la VAE. Un dispositif que la SNCF entend pourtant supprimer dès le 1er juin en gare de Grenoble, avant d’étendre la mesure à la région. « La stratégie de la SNCF, c’est de tester site par site, précise Martin Vidal. Ensuite, ce sera Lyon Perrache. Et avant, ça a déjà été appliqué dans d’autres dépôts, comme Annemasse. Mais là-bas, les agents d’escale ont continué à faire la visite par professionnalisme. »
Entre 40 et 50 % des conducteurs de train étaient en grève à Grenoble.À Grenoble, la direction de la SNCF entend confier ce rôle de contrôle — largement vidé de son contenu — aux conducteurs de train. Lesquels devront simplement effectuer « deux annonces » au micro afin d’informer les passagers. Sans VAE, les cheminots craignent de voir des voyageurs ou des bagages rester à bord et se retrouver sur les chantiers SNCF, à 3 kilomètres de la gare. Sans compter leur absence de formation pour gérer, par exemple, des personnes violentes.
« Le but de la SNCF, c’est que l’exploitation des TER soit rentable en vue de la privatisation, pour attirer les groupes privés. »
Si leurs missions ne se limitent pas à la VAE, les trois postes d’agents d’escale à Grenoble subiraient les conséquences d’une telle suppression. Martin Vidal craint ainsi de voir, à terme, « deux emplois qui sautent ». Après avoir un temps invoqué de présumés motifs d’efficacité, « la direction a fini par avouer que c’était surtout pour des raisons financières », confie-t-il d’ailleurs, décrivant un maillon d’une chaîne plus globale.
La CGT cheminots prévoit, comme les autres syndicats, d’autres actions contre la suppression de la VAE avant le mois de juin.De fait, les syndicats replacent cette décision dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des TER, programmée en 2032, pour le secteur de Grenoble et Chambéry. « Le but de la SNCF, c’est que l’exploitation des TER soit rentable en vue de la privatisation, pour attirer les groupes privés », dénonce le représentant CGT.
Ce dogme des économies tous azimuts se heurte toutefois à la résistance des cheminots. À Grenoble donc, mais également à la gare de Lyon Perrache où une grève est prévue, vendredi 10 avril, contre la suppression d’une vingtaine de postes de contrôleur. « Il n’y aura plus de contrôleur obligatoire entre Mâcon et Avignon, déplore Martin Vidal. C’est de plus en plus souvent le cas dans les TER : les gens n’auront personne pour les renseigner. » Désormais, l’objectif est clair pour les grévistes grenoblois : « On va essayer de régionaliser le conflit. » Avec de nouvelles actions en prévision d’ici le 1er juin.
Une pétition lancée par la CGT
La CGT cheminots Grenoble a lancé une pétition intitulée « Stop aux suppressions du personnel en gare », accessible à ce lien : https://www.change.org/p/stop-au-suppression-de-postes-en-gare-de-grenoble
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Publié le 07.04.2026 à 21:00
Daniel OriolC’est dans le cadre de la journée de syndicalisation initiée par l’union départementale CGT de l’Isère que l’union locale de Roussillon/Beaurepaire était présente ce 7 avril au matin sur la zone commerciale de Green 7 à Salaise-sur-Sanne.
Les militants.es avaient préparé cette initiative une semaine plus tôt en allant à la rencontre des salarié.es avec un tract les invitant à venir débattre sur la nécessité de se syndiquer.
Le monde médiatique, le gouvernement et le patronat toujours plus arrogant font tout pour que les salariés.es se battent les uns contre les autres.
Unir le monde du travail
Tous les jours, de nouveaux coups sont portés contre le mode du travail. C’est la menace de la baisse des indemnités journalières de la Sécurité sociale ou les salaires qui stagnent avec une augmentation des prix. Les syndicalistes relèvent des conditions de travail qui se dégradent et l’accès à la santé mis à mal par des politiques publiques délétères… sans oublier les fermetures d’usines et menaces sur l’emploi très présentes en Isère.
Bien sûr, ce présence dans la zone commerciale ne peut à elle seule déboucher sur une multitude d’adhésions mais elle devrait inciter les bases existantes à se renforcer en allant encore plus au contact des salariés.es.
C’est en effet dans les entreprises que naissent les besoins de se réunir, de revendiquer!
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