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Le Travailleur Alpin

Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

Publié le 14.01.2026 à 22:49

Edouard Schoene

L’historien Nicolas Offenstadt, maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l’université Panthéon Sorbonne, également spécialiste de la Première guerre mondiale et de la RDA — où il pratique régulièrement l’urbex — sera l’invité de l’Université Grenoble Alpes (UGA), qui consacre une journée au thème « l’Allemagne en Europe hier et aujourd’hui », jeudi 22 janvier. Rendez-vous à la MSH-Alpes, 1221 rue des Universités, à Gières, de 15h à 19h30.

La conférence de Nicolas Offenstadt, venu présenter son dernier ouvrage, sera suivie d’une discussion avec le public. Puis d’échanges avec Jessica Engel, consule générale d’Allemagne à Lyon, à l’occasion de la Journée de l’amitié franco-allemande.

La couverture de son dernier livre, paru en 2026 aux éditions Tallandier.

Le lendemain, vendredi 23 janvier, l’historien présentera son livre, Histoire globale de la RDA (éditions Tallandier, 2026), à la librairie Le Square, 2 place du Dr Martin, à Grenoble. Pendant des années, Nicolas Offenstadt a sillonné l’ex-RDA pour écouter ses habitants, observer les traces de ce monde éphémère, et ramasser ses archives abandonnées. « Son ambition est de reprendre l’histoire de cette nation dans une perspective globale mais aussi de rendre compte de la façon dont ses citoyens ont subi, modelé ou rejeté les contraintes d’un régime autoritaire, jusqu’à la chute finale », indique l’éditeur.

« Le livre s’inscrit aussi dans le présent »

Pourquoi avoir choisi ce sujet d’étude finalement peu courant ? « D’abord l’histoire de la RDA elle-même demeure passionnante : comment le projet de construire une ‘autre’ Allemagne après le nazisme s’est-il développé, entre le stalinisme, la guerre froide et la tradition du socialisme allemand, ensuite comment les citoyens de RDA ont eu a/ et pu composer avec un régime autoritaire et répressif, avec des évolutions dans le temps tout en bénéficiant aussi de garanties sociales », explique l’auteur.

Enfin, poursuit-il, « ce livre rend compte de la richesse des publications et des débats en Allemagne souvent ignorés du public français ». Et Nicolas Offenstadt de conclure : « Le livre s’inscrit aussi dans le présent car l’Allemagne de l’Est aujourd’hui est un bastion de l’extrême droite (AFD). Comment le comprendre ? Quels liens avec la RDA et son histoire, et surtout avec les années d’unification où tout son héritage fut liquidé ? »

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Publié le 14.01.2026 à 17:42

Manuel Pavard

Les faits avaient suscité un torrent d’indignation, la section PCF Fontaine rive gauche du Drac condamnant alors un « acte lâche [visant] à intimider toute la communauté musulmane ». Le 19 septembre 2025, les fidèles fréquentant la salle de prière musulmane Eugénie-Cotton, rue Marguerite-Tavel, avaient découvert des ossements de porc et du saucisson déposés devant la porte d’entrée et une inscription raciste et islamophobe - « Charlie (sic) Martel 732, islam dehors » — taguée sur une fenêtre. Une affaire sur laquelle les enquêteurs de la police judiciaire (PJ) ont souhaité interroger Franck Sinisi.

L’ancien conseiller municipal d’extrême droite de Fontaine a ainsi été placé en garde à vue dans leurs locaux, ce mardi 13 janvier, a annoncé le procureur de la République de Grenoble Étienne Manteaux, confirmant les informations du Parisien.

Son ADN retrouvé sur un des os

Si le mis en cause a nié toute implication, son ADN a été retrouvé sur un des os, a indiqué le magistrat. Franck Sinisi a été présenté au parquet, ce mercredi 14 janvier, à l’issue de sa garde à vue. « Il est convoqué à l’audience correctionnelle du 10 avril 2026 pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion », a précisé le procureur.

L’ex-conseiller municipal avait déjà eu maille à partir avec la justice pour des faits similaires. En février 2017, celui qui était alors élu sous l’étiquette Front national avait provoqué une intense polémique, en pleine séance du conseil municipal, par ses propos visant les Roms. Il suggérait en effet de « récupérer leurs dents en or » afin de financer leur hébergement.

Exclu du FN, avant de rejoindre le mouvement d’extrême droite Civitas, Franck Sinisi avait été jugé pour « incitation à la haine raciale » par le tribunal correctionnel. Puis définitivement condamné par la cour d’appel de Grenoble à deux mois de prison avec sursis et quatre ans d’inéligibilité.

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Publié le 14.01.2026 à 17:10

Edouard Schoene

Claudine Didier, tête de liste (PCF) a engagé les prises de paroles. « Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle étape de la campagne municipale. Après plus d’un an de travail collectif, nous pouvons vous annoncer que notre liste est complète et que notre programme est finalisé. C’est un moment important pour nous, parce que ce projet est le fruit d’un vrai travail d’alliance entre les forces de gauche, les écologistes, les Insoumis et des citoyennes et citoyens engagés. Une alliance construite dans le dialogue, le respect et avec une priorité commune : être utiles aux habitants de Fontaine. Dès le départ, nous avons fait un choix clair : placer la démocratie participative au cœur de notre projet municipal. Nous voulons une ville qui se décide avec ses habitants, pas sans eux. Une ville où la transparence n’est pas un slogan, mais une méthode de travail », insiste la candidate.

Claudine Didier.

Quant aux premières décisions qui seront prises en cas d’élection, Claudine Didier indique que « nous lancerons un audit interne financier et organisationnel, pour disposer d’un état des lieux clair et partagé. Les résultats seront discutés avec les services municipaux et le CCAS, dans un esprit de confiance et de respect du travail des agents. Nous mettrons également en place de véritables instances de démocratie participative, permettant aux habitants de s’informer, de débattre et de peser sur les décisions. Pas de participation de façade : les choix municipaux se feront en concertation. »

Claudine Didier, Slimane Raïs et Frank Bonnaud, dans leurs interventions respectives, ont précisé que six priorités seraient soumises aux électeurs, le détail des engagements futurs devant être pris après l’audit financier de la ville.

Slimane Raïs, la France insoumise.

Slimane Raïs (LFI) : « Dès la rentrée 2026, nous agirons pour des mesures simples et justes. À la cantine, nous mettrons en place un tarif symbolique pour le premier quotient familial parce que l’alimentation et l’école ne doivent jamais devenir un facteur d’exclusion. Et nous supprimerons les pénalités automatiques en cas d’annulation : la mairie doit accompagner les familles, pas les sanctionner. En parallèle, nous bâtirons un vrai service public de l’enfance. »

Pour la santé, l’équipe municipale, dès son élection, recrutera un médecin généraliste puis engagera  la construction d’un centre municipal de santé avec l’ARS, le département, la région et les partenaires. « Et nous utiliserons les leviers municipaux : mobiliser des locaux existants de la Ville, notamment sur la place des Écrins ou La Chapotière. »

Franck Bonnaud, Les Ecologistes.

Frank Bonnaud (EELV) énonce diverses actions pour permettre aux Fontainois d’affronter le réchauffement climatique, dont la rénovation des écoles, la réouverture du centre de loisirs de Saint-Nizier. Il insiste aussi sur une mesure importante à mettre en œuvre, « la création de places de logements pour les familles en grande précarité ».

Quant à la question importante de la métropole et des élus métropolitains, les réponses ont été claires. Claudine Didier : « Dès début du mandat de la métropole, je laisserai ma place à une autre membre de notre équipe municipale. Je ferai pleinement confiance aux élu·es métropolitain·es de notre majorité, et leur travail sera partagé pour des décisions collectives, toujours dans l’intérêt de Fontaine. » Les candidats unanimes ont énoncé que le cumul élu métropolitain – adjoint au conseil municipal sera exclu. Aussi bien les conseillers communautaires que les adjoints devront se consacrer à leurs mandats respectifs, suffisamment lourds. Les  débats sur les orientations à défendre au sein de la métropole seront débattus entre élus et lors de concertations avec les habitants.

Anne Hazobit.

À l’élection municipale de Fontaine, certaines listes se présentent sans étiquettes. La liste de gauche est au contraire identifiée et rassemble des partis de gauche PCF-LFI-EELV et des citoyens.

Pour Claudine Didier, «  le « sans étiquette », c’est l’absence de transparence. Nous avons fait un travail exigeant, depuis des mois avec militants et citoyens de gauche pour élaborer un programme. » Slimane Raïs estime que « se présenter sans sans logo c’est une posture, souvent une imposture » . Il précise que l’équipe Longo sortante avait les logos du centre droit et que certains élus sont clairement  de droite extrême. Anne Hazobit (EELV) s’en réjouit : « Nous affichons qui nous sommes. Nous pouvons être fiers du travail des élus de nos partis », tandis que Laurent Richard (PCF) le souligne  : « Quand la gauche est unie elle est gagnante. La mairie de Fontaine, actuelle est celle d’un système qui a montré ce qu’il est. Nous affichons notre modèle démocratique, nous nous inscrivons dans une tradition. »

Laurent Richard et Renaud Lugli (PCF).

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Publié le 14.01.2026 à 16:39

Maryvonne Mathéoud

Trois thèmes ont été abordé dans la soirée : les enjeux sportifs et éducatifs des Jeux olympiques et paralympiques, les enjeux économiques et sociaux (enjeux environnementaux et démocratiques à travers l’exemple des transports ferroviaires, ces mêmes enjeux à travers l’exemple du logement en zone de montage.

En introduction, Nicolas Bonnet pose la question : « Quel message politique la France doit porter pour ces Jeux olympiques et paralympiques (JOP) ? Nous vivons des situations catastrophiques avec la montée des guerres partout dans le monde. Les questions de l’olympisme sont des questions de paix, de lien entre les êtres humains par le sport, de partage, de solidarité, de fraternité. Ces valeurs progressistes ont été portées lors des JOP de Paris. La cérémonie d’ouverture a marqué les esprits et a été critiquée par les plus conservateurs et l’extrême droite au niveau mondial. »

Le deuxième problème soulevé est que le sport est en souffrance dans toute la France par un manque budgétaire criant. Sous investissement du gouvernement en direction des collectivités et sous investissement des communes.

« Nous nous sommes engagés à Paris en 2024 pour le sport pour tous, source d’émancipation. Le coût de la licence est la première barrière pour l’accès au sport. Quelles seront les retombées des JOP, en quoi les JOP vont permettre plus d’accès aux sports à toutes et tous par exemple : est ce que les enfants et les familles de nos villes en Isère vont pourvoir accéder aux sports de la neige ? L’héritage des JOP ne peut pas être que matériel », indique Nicolas Bonnet

Réduire l’empreinte carbone

Les autres sujets sont les enjeux environnementaux et sociaux. Il faut réfléchir à réduire l’empreinte carbone avec des aménagements qui prennent en compte le réchauffement climatique et le respect de l’environnement. Pour le Comité international olympique, la France est le pays où il y a le plus d’infrastructures pour la pratique des sports d’hiver avec quelques manques comme le patinage de vitesse – qui seront sans doute organisés aux Pays-Bas, compte tenu de l’infrastructure disponible dans ce pays.

« Pour les JOP de Paris nous avons investi fortement pour le traitement de l’eau dans la Seine et un demi million de personnes s’y sont baignées. Nous avons défini une charte sociale (zéro mort au travail) porté par la CGT bâtiment puis par Bernard Thibaut. Les questions des travailleurs sans papier, de l’interim, de la sous traitance ont été traitées. Un des héritage des JOP de Paris est que nous avons élargi la charte sociale pour toutes les commandes publiques », explique Nicolas Bonnet.

L’accès aux sports, une volonté politique

Reste la question de la difficulté d’avoir accès à une pratique sportive. « Il y a plusieurs raisons ; le manque de temps libre (aménagement du temps de travail, retraite à 60 ans…), le coût de la pratique du sport, le manque d’équipements sportifs, le manque d’animateurs », note Nicolas Bonnet. L’école est le premier lieu où tous les enfants ont accès au sport gratuitement. D’où l’intérêt des classes découvertes. « L’un des héritage des JOP pourrait être que tous les enfant aillent en classe de mer ou de montagne. »

Ce qui implique une volonté politique. « Pour les JOP de Paris il y a eu un héritage construit par la ville de Paris la Seine-Saint-Denis, mais pas par l’État, déplore Nicolas Bonnet, pour les gouvernement de droite il s’agit d’abord de faire passer les intérêts privés avant les intérêts collectifs. »

Pour Gilles Fournel la CGT prend à bras le corps les enjeux des JOP 2030 afin qu’ils correspondent aux standards sociaux de la France comme ça était le cas pour Paris. La charte sociale, partie intégrante du dossier de candidature pour les JOP à Paris, a permis la réussite des jeux dans des conditions très correctes.

Charte sociale

Les JO de 2024 ont été préparés en dix ans sur une commune. Pour 2030, le contexte est largement différent avec des délais beaucoup plus restreints et avec deux régions pour une seule candidature. C’est dans ces conditions que la chartre sociale doit être validée par les organisateurs. « Ce n’était pas le cas pour Paris, puisqu’elle était incluse dans le dossier candidature et avec un contexte politique et économique largement dégradé depuis », déplore Gilles Fournel. Sur la charte des jeux de 2024, il y a eu des avancées considérable sur la sécurisation des chantiers et les conditions de travail.

« Concernant la question sécuritaire, elle a été démesurée. On a eu des moments ou la ville était complètement fermée. Il y a eu des questions de liberté problématiques. On a eu 15 000 militaires et une base militaire construite à Paris. Les gouvernements de droite veulent mettre en avant de nouvelles règles pour restreindre les libertés. Ce n’est pas forcement lié à l’olympisme mais au pouvoir »,rappelle Gilles Fournel.

Aux JOP de Paris il y a eu un réel engouement très important pour les jeux paralympiques. Mais pour développer la pratique du sport paralympique il faut investir massivement. C’est un rapport de force politique et économique.

Pour les retombées positives des JO il faut tenir compte des retombées écologiques et sociales pour le plus grand nombre. Par exemple, 40 % des enfants d’Autrans ne peuvent pas accéder aux pratiques du ski.

Rénover les logements en montagne

Autre problème, il faut réfléchir aux transports moins coûteux et moins polluant, penser à la gestion des parkings, réorganiser le transport ferroviaire. Il faudra gérer les installations démesurées pour les villages. La loi montagne doit être au service de la population locale. Les citoyens doivent être associer aux décisions et aux projets de la montagne. Le sujet de la démocratie locale et central, c’est essentiel pour défendre et faire vivre ces structures.

Pour Henriette Picchioni, quel sera l’héritage des JOP de 2030 ? Il faut préserver la nature notamment en rénovant des bâtiments (objectif : rénover 2500 logements d’ici 2030) et en construisant des logements écologiques, avec une isolation performante pour l’hiver mais aussi pour les grandes chaleurs. Puis après les JO il faut les rendre accessibles à tous surtout aux saisonniers et aux jeunes qui travaillent dans les villages et qui peinent à se loger mais aussi des logements intergénérationnels. Les logements seront à la vente ou à la location. Il faut également développer des espaces publics tels que des crèches, des parcs, des écoles, des commerces…. À Villard-de-Lans il y a 60 % de résidences secondaires. Un projet à l’étude prévoit de mettre en location ces logements en échange de services.

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Publié le 13.01.2026 à 17:17

Edouard Schoene

Hervé Derriennic, coprésident de l’association Centre de santé Saint-Bruno, se montre dubitatif devant les derniers développements de ce dossier : « En fin de mandat, la municipalité déciderait de ‘parachuter’ un centre de santé dans le quartier Flaubert : achat d’un local et lancement d’un Appel à manifestation d’intérêt auprès de médecins et professionnels de santé, dont les conclusions ne seraient connues qu’au terme de six à huit mois. Ni un habitant, ni un médecin n’est mobilisé à ce jour. »

Et de s’interroger : « Quels sont les éléments objectifs qui justifient ce projet à deux stations de tram des centres de santé de la Villeneuve, dans un quartier encore en construction pour dix ans (moins de 30 % des logements prévus dans la zone sont construits). Et la démarche de santé communautaire apparaît oubliée. »

De nombreux atouts pour le projet de Saint-Bruno

Oui, plusieurs nouveaux centres de santé sont nécessaires à Grenoble, réaffirme l’association. Néanmoins, celle-ci ne comprend pas que le projet de Saint-Bruno se retrouve aujourd’hui en seconde position, sans garantie de subvention au cours du prochain mandat. Et ce, d’autant qu’elle dispose d’atouts incontestables :

  • un soutien de 1500 pétitionnaires et de multiples démarches en cours pour associer corps médical, associations, citoyens
  • un argumentaire d’urgence d’un centre avec un nombre important de ménages pauvres
  • un préaccord pour l’acquisition d’un bâtiment place Saint-Bruno
  • un projet de travaux conforme à la subvention municipale
  • un projet de centre de santé communautaire
Les porteurs de projet et des habitants du quartier devant l’espace diocésain Saint-Bruno, sur la place éponyme, où l’association espère implanter son futur centre de santé communautaire.

Forte de ces différents éléments, l’association a demandé à Éric Piolle, par une lettre ouverte datée du 19 décembre, de se positionner pour que le centre de santé Saint-Bruno soit immédiatement retenu par la ville, pour bénéficier des 800 000 euros de subvention dédiés à cet effet dans le budget. Mais à ce jour, pas de réponse ni de proposition de rendez-vous de la part du maire de Grenoble.

Les porteurs de projet terminent leur plaidoyer en interpellant directement la ville. « Les habitants attendent une réponse favorable de la municipalité, marque de confiance dans l’avenir de leur quartier », assènent-ils.

Le PCF Grenoble soutient la création d’un centre de santé à Saint-Bruno

La section de Grenoble du PCF a publié, le 4 janvier, un communiqué de soutien à l’association pour la création d’un centre de santé communautaire à Saint-Bruno. Après avoir repris les arguments développés par les porteurs de projet, elle conclut : « Un centre de santé communautaire porte une autre idée de la santé. Une santé de proximité, non marchande où les professionnels peuvent travailler en équipe et où le patient est un acteur de sa santé. Ces structures offrent aussi de meilleures conditions de travail aux soignants ce qui est un levier pour attirer et maintenir des médecins dans les quartiers qui en ont le plus besoin. » Pour les communistes grenoblois, c’est ainsi « un choix politique fort à un moment où notre système de santé est en panne, où l’Etat se désengage, où la médecine libérale recule dans les quartiers populaires et où la prévention reste trop souvent le parent pauvre des politiques de santé ».

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Publié le 12.01.2026 à 15:52

Manuel Pavard

Ils sont arrivés dans ces locaux le 19 novembre, expulsés, pour la plupart, des logements où ils vivaient, à la Villeneuve. Ces familles étaient alors « sous la coupe de marchands de sommeils mafieux », souligne la fédération du PCF de l’Isère. Laquelle évoque une « véritable double-peine pour ceux qui sont déjà persécutés par les institutions alors qu’ils ont fuient des pays où ils sont en danger, et qu’ils travaillent (beaucoup de livreurs à vélos, notamment) ».

Les occupant-e‑s du siège de la Métropole manquent de nombreuses choses.

Près de deux mois plus tard, ces quelque 150 personnes sans-logis occupent toujours le siège de la Métropole de Grenoble, place André-Malraux. Si deux familles ont pu être relogées à Pont-de-Claix, la quasi-totalité des occupant-e‑s sont toujours dans l’attente, suspendus aux négociations actuellement menées entre la Métropole et les CCAS des différentes communes du territoire. Soutenus par le DAL, ils exigent la réquisition des logements vacants.

« Une situation d’urgence humanitaire »

« Notre camarade vice-président au Logement à la Métropole, Jérôme Rubes, est pleinement mobilisé aux côtés de nos élu-e‑s pour mettre en oeuvre des solutions pérennes et dignes, défendant une réelle solidarité intercommunale pour partager l’effort sur l’ensemble du territoire », assurent toutefois les communistes, pointant un État « aux abonnés absents ». Et ce, alors qu’il s’agit de sa compétence.

Mobilisés sur tous les fronts, les livreurs à vélo CGT (dont beaucoup occupent la Métropole avec leur famille) ont notamment participé aux manifestation des salariés de Teisseire, à Crolles.

Problème, avec cette occupation qui s’éternise, la situation sur place devient de plus en plus compliquée… Et risquée pour les familles. Car les locaux ne sont pas adaptés à un si grand nombre de personnes, sur une aussi longue durée. « Les occupant-e‑s sont dans une situation d’urgence humanitaire », confirme le PCF Isère, qui a donc décidé de lancer un appel aux dons (voir liste des besoins en encadré). Ceux-ci sont à déposer au siège de la fédération, au 20 rue Émile-Gueymard.

Liste des besoins

Matériels :

  • Vêtements « hommes » : pulls, vestes, chaussettes et tout autre vêtement chaud
  • Vêtements « femmes »
  • Vêtements bébés de 6 à 36 mois
  • Couches taille 2 à 6 (surtout 3 4 5)
  • Lingettes bébé
  • Produits hygiène : savons et shampoings liquides, dentifrice, crème hydratante sans parfum
  • Serviettes hygiéniques
  • Lessive liquide
  • Liquide vaisselle
  • Poussettes

Nourriture :

  • Lait maternisé 2e et 3e âge
  • Lait entier
  • Riz
  • Sauce tomates
  • Oignons
  • Viande hallal
  • Aubergines rondes
  • Huile d’arachide
  • Baguettes de pain (pas de pain spéciaux)
  • Brioches pour petits déjeuners
  • Fruits (pommes, bananes, oranges, poires)
  • Œufs
  • Café moulu

Les personnes ayant du mobilier, de la vaisselle, des appareils électroménagers, peuvent le signaler également. Il y en aura certainement besoin dans les futurs logements car les CCAS ne pourront probablement pas tout fournir.

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Publié le 12.01.2026 à 11:07

Maryvonne Mathéoud

Il y a treize ans, le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz, cofondatrice du PKK, Fidan Dogan, responsable du Conseil démocratique kurde en France (CDK‑F), et Leyla Saylemez, responsable de la jeunesse kurde, étaient assassinées au Centre culturel kurde Ahmet-Kaya, rue d’Enghien, à Paris .

L’assassin présumé est décédé avant son procès, mais différents éléments indiquent que le service de renseignements turc, le MIT, est impliqué dans cet assassinat. Grâce à la persévérance des familles des trois victimes, le dossier du triple meurtre a pu être réouvert en 2019 pour « complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroriste criminelle ». La justice française a du mal à avancer, des pièces essentielles étant classées « secret défense ».

Deux triples meurtres à dix ans d’écart

Malheureusement, un nouveau crime va frapper des militants kurdes à Paris, presque dix ans plus tard. Le 23 décembre 2022, Mîr Perwer, chanteur et réfugié politique kurde, Abdulrahman Kizil, réfugié politique kurde, vieil habitué du Centre culturel Ahmet-Kaya, et Emine Kara, responsable du mouvement de femmes kurdes en France qui avait combattu et milité durant trente ans dans les quatre parties du Kurdistan (en Turquie, Irak, Syrie et Iran), étaient à leur tour assassinés.

Les manifestants brandissaient les portraits des six militant-es kurdes assassiné-es à Paris en 2013 et 2022. © Édouard Schoene

Les autorités françaises ont pourtant retenu la thèse d’un acte raciste isolé, et non la thèse d’un attentat politique organisé. Cela interroge fortement alors que l’assassin a été déposé par une voiture devant le centre culturel, et que les victimes sont des réfugiés politiques kurdes et une responsable internationale du mouvement kurde.

« Nous réclamons la vérité et la justice, la levée du secret défense dans l’enquête de ces assassinats politiques pour pouvoir faire la pleine lumière sur ces crimes ; l’arrêt des mesures d’intimidation et de répression contre les militant.es kurdes opposants au président turc Recep Tayyip Erdoğan », a lancé Mariano Bona, co-responsable de l’Association iséroise des amis des Kurdes (Aiak), lors du rassemblement commémoratif annuel organisé à Grenoble.

Le Rojava menacé

Puis les différentes organisations appelant au rassemblement ont évoqué l’avenir préoccupant pour la Syrie et la région : interventions armées de la Turquie et d’Israël, populations alaouite et druze victimes de massacres commis par l’Armée nationale syrienne (ANS) et une partie des forces gouvernementales, agressions de Daech, quartiers kurdes d’Alep bombardés par les forces militaires relevant du gouvernement de Damas…

Le Rojava (administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie) est menacé. Pourtant c’est un acquis démocratique précieux pour l’avenir de la Syrie. Après avoir combattu et vaincu l’État islamique en 2015, notamment à Kobané, les combattantes et combattants du Rojava ont en effet mis en place sur le territoire libéré une société démocratique, multiethnique, féministe, où les femmes et les hommes sont à parité à tous les niveaux (conseil municipal, administration, armée…), où toutes les personnes vivent à égalité de droits, quelle que soit leur appartenance culturelle, leur langue, leur religion. L’expérience démocratique du Rojava est sans pareille dans tout le Moyen-Orient.

Maryvonne Mathéoud, présidente d’Aiak, a pris la parole lors du rassemblement. © Édouard Schoene

Dans un communiqué, le CDK‑F indique que, depuis plusieurs jours, les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, sont la cible d’attaques militaires intensifiées menées par les forces armées de Damas. Déjà soumis à un blocus sévère, ces quartiers densément peuplés, majoritairement habités par des civils et des personnes déplacées, subissent désormais des bombardements lourds et indiscriminés. Selon l’organisation, ces attaques s’inscrivent dans une logique de punition collective et de mise sous pression d’une population civile, au mépris total du droit international humanitaire.

Appel à la France pour sauver les Kurdes d’Alep

Cette escalade intervient alors même que des discussions politiques sont en cours sur l’avenir de la Syrie et sur les modalités d’une solution durable et inclusive. Face à cette situation, la France ne peut rester silencieuse. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, puissance diplomatique majeure et acteur engagé dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, la France a une responsabilité politique et morale particulière.

Le CDK‑F appelle les autorités françaises à condamner publiquement et sans ambiguïté les attaques visant les civils à Alep ; agir diplomatiquement pour obtenir l’arrêt immédiat des bombardements et la levée du blocus imposé aux quartiers concernés ; soutenir l’ouverture de corridors humanitaires afin de permettre l’accès aux secours et aux soins ; œuvrer activement, dans les enceintes internationales, à une solution politique fondée sur le dialogue, le respect des droits des peuples et la protection des populations civiles.

Le peuple syrien a trop souffert de la guerre. Les civils kurdes d’Alep, comme l’ensemble des composantes du pays, ont droit à la sécurité, à la dignité et à la paix. Le Conseil démocratique kurde en France restera mobilisé et appelle l’ensemble des forces démocratiques, humanitaires et politiques en France à se saisir de cette urgence.

Cet article Grenoble. Vérité et justice pour les six victimes kurdes assassinées à Paris est apparu en premier sur Travailleur alpin.


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