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Le Travailleur Alpin

Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

Publié le 23.03.2026 à 03:18

Manuel Pavard

Si la tendance s’est vite dessinée dans la soirée, l’attente aura été, une nouvelle fois, particulièrement longue, avant l’officialisation des résultats. Il était ainsi 23h30, ce dimanche 22 mars, lorsque l’information a été annoncée, le conditionnel cédant alors enfin la place à l’indicatif : Laurence Ruffin est élue maire de Grenoble, avec 56,59 % des suffrages. Un succès finalement assez confortable, avec un peu plus de treize points d’avance sur Alain Carignon, crédité, lui, de 43,41 %.

L’explosion de joie de Laurence Ruffin, entourée de ses colistiers et colistières, devant le local de campagne.

Mais pour les militants et colistiers de « Oui Grenoble », rassemblés au local de campagne de la liste d’union de la gauche écologiste et citoyenne, entre les halles Sainte-Claire et la place Notre-Dame, l’explosion de joie ayant suivi la proclamation officielle était à la hauteur de l’angoisse ressentie durant l’entre-deux-tours, dans une bonne partie de la gauche grenobloise. « Heureux » et « rassurés ». C’est d’ailleurs ce mélange de soulagement et d’allégresse qu’exprimaient nombre de partisans de Laurence Ruffin au moment où la nouvelle édile a fait son apparition, quelques minutes plus tard, sur la scène dressée dans la rue du Président-Carnot.

« Un long chemin pour arriver là »

« Pour la première fois, Grenoble a choisi une maire femme », s’est exclamé Éric Piolle, avant de transmettre le flambeau et la parole, « avec une immense fierté », à celle qui lui succède pour les six prochaines années. Une maire qui avait « préparé deux discours » opposés, au cas où. Et qui ne s’est pas fait prier pour déchirer, sous les acclamations du public, le texte devenu inutile, ne gardant que les mots de la victoire.

Après deux mandats (de 2014 à 2026), Éric Piolle passe le flambeau à Laurence Ruffin.

« Je suis très heureuse car c’est un long chemin pour arriver là », a lancé Laurence Ruffin, très émue, remerciant les militants pour leur investissement durant cette campagne. Avec un chiffre édifiant : les « 42 000 portes » auxquelles ont frappé les membres de son équipe, aux quatre coins de Grenoble. Et ce, malgré une semaine « chahutée », référence au climat délétère de ces derniers jours, largement entretenu par ses adversaires. « C’était compliqué mais l’intérêt général est toujours passé au-dessus. Nous sommes restés soudés », s’est-elle félicitée.

« On va encore devoir résister »

Pour Laurence Ruffin, son élection et son projet s’inscrivent dans la riche histoire de la capitale des Alpes et de ses valeurs. « Grenoble, c’est une ville de résistance, […] une ville qui a résisté au pouvoir royal, qui a animé la Révolution française, qui est Compagnon de la Libération. On a résisté à la corruption, à l’entre-soi… Et on va encore devoir résister », a annoncé l’élue, évoquant ensuite la « ville qui invente ». Celle de « la municipalisation de l’eau, du premier Planning familial, de la démocratie participative », a‑t-elle égrené. « C’est ici qu’on a eu la première ville écolo. Et la première maire femme. »

Laurence Ruffin a longuement remercié les militants de Oui Grenoble pour leur investissement.

Laurence Ruffin a bien sûr rappelé l’importance de « l’union de la gauche, des écologistes, des citoyens », dans sa victoire. Rassemblement qui s’est manifesté dès le début de la campagne, avec une coalition de treize partis et mouvements, puis lors du second tour, marqué par la « fusion technique » avec la liste de la France insoumise. Sans oublier les consignes de vote et le soutien apporté au lendemain du premier tour par des candidats — à l’image du Grenoble Alpes collectif ou de Romain Gentil (Place publique) — qu’elle a vivement « remerciés » pour cela.

Premier conseil municipal le 27 mars

« Je voudrais m’adresser à tous les Grenoblois et Grenobloises, pour leur dire qu’à partir de demain, on s’engage à travailler », a poursuivi la nouvelle maire. Dans cette période de turbulences, entre montée du fascisme et dérèglement climatique, elle promet de faire vivre les « valeurs d’antiracisme, de féminisme, de justice sociale, de collectif ». Et d’ajouter : « Très concrètement, on veut aussi améliorer la vie des gens, répondre à toutes les préoccupations et être élus pour tous les Grenoblois, qu’ils aient voté pour nous ou non. »

Devant le local de campagne, rue du Président-Carnot, après la proclamation officielle des résultats.

Laurence Ruffin en a néanmoins conscience, les obstacles à surmonter ne manquent pas. Ceci, dès ce vendredi 27 mars, date de son premier conseil municipal. La maire se retrouvera ainsi face à une droite revancharde — et sans doute aigrie après cette nouvelle élection municipale perdue. Mais également face à une inconnue, à savoir l’attitude des élus LFI et de leur chef de file Allan Brunon qui, après l’accord « technique » du second tour, entendaient rallier l’opposition. De bons nœuds dans le cerveau en perspective certes, mais Oui Grenoble reste majoritaire pour conduire sa politique. Et Laurence Ruffin l’a déjà démontré, elle ne recule pas devant les défis.

Cet article Municipales. Laurence Ruffin, première maire de Grenoble, qui reste à gauche est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 22.03.2026 à 21:31

Manuel Pavard

Après avoir frôlé l’élection au premier tour, avec près de 49 % des suffrages, Amandine Demore affrontait le second tour avec très peu d’appréhension, à Échirolles. Le maigre suspense a été vite éteint ce dimanche 22 mars. La maire communiste sortante, qui avait succédé à Renzo Sulli, démissionnaire, en octobre 2023, est de nouveau arrivée largement en tête, approchant les 60 % (59,62 %).

Amandine Demore entamera son premier mandat complet à Échirolles.

Opposée dans une triangulaire à Enzo Billon (RN) et Antar Labiod (LFI-EELV), Amandine Demore devance le candidat d’extrême droite (27,30 %) de trente-deux points, tandis que le second candidat de gauche récolte quant à lui 13,08 %. Ravie de ce succès, la maire d’Échirolles a salué le travail de son équipe, réunie dans la commune ce dimanche soir, regrettant toutefois le haut niveau d’abstention. Autre satisfaction, « la perte de trente-six voix pour le Rassemblement national entre les premier et second tours ».

Fortunes diverses pour la gauche iséroise. À Meylan, le maire sortant Philippe Cardin, crédité de 42,80 %, n’a pas réussi à confirmer sa victoire, en 2020, lorsqu’il avait fait basculer la ville à gauche. La centriste Joëlle Hours devance la tête de liste d’union de la gauche avec 57,20% des suffrages. La nouvelle édile a bénéficié notamment du désistement de Sandrine Chaix (divers droite), troisième du premier tour.

Déception également à Rives pour Jérôme Barbieri. Le communiste, candidat de l’Alliance pour Rives (divers gauche) échoue finalement avec 46,76 % des voix, battu par la tête de liste de la droite, Julien Stevant (53,24 %). À Gières en revanche, l’écologiste Mickaël Guiheneuf succède à l’ex-maire PS Pierre Verri (élu depuis 2014) — dont il était adjoint — avec 52,51 %, cinq points devant Sylvain Stamboulian (divers centre).

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Publié le 20.03.2026 à 16:00

Manuel Pavard

Après avoir apporté, la veille, son soutien à Laurence Ruffin à Grenoble, Christophe Ferrari allait-il donner des consignes de votes pour le second tour dans d’autres communes ? Beaucoup attendaient notamment sa prise de position à Meylan et à Échirolles. C’est désormais chose faite dans ce dernier cas. Le président de Grenoble Alpes Métropole appelle ainsi, dans un communiqué diffusé ce vendredi 20 mars à « faire barrage au Rassemblement national » à Échirolles.

Christophe Ferrari ne tranche pas entre la maire Amandine Demore, tête de liste d’Échirolles ensemble, et le candidat LFI Antar Labiod.

Au premier tour, Christophe Ferrari et son parti, Place publique, soutenaient la candidate socialiste Laetitia Rabih, finalement éliminée avec 8,49 % des suffrages, à l’issue d’une campagne au climat particulièrement délétère. Mais si le PS a depuis appelé à voter pour Amandine Demore au second tour, le président de la Métropole s’est, lui, bien gardé de trancher entre la maire communiste sortante, arrivée très nettement en tête avec 48,83 % des voix, et Antar Labiod (soutenu par LFI et les Écologistes), troisième avec 15,23 %.

« Le RN représente le contraire des valeurs qui sont les miennes »

Pour rappel, les deux candidats de gauche affronteront ce dimanche 22 mars, dans une triangulaire, Enzo Billon, tête de liste du RN, crédité de 25,68 % au premier tour. C’est contre le parti d’extrême droite, « porteur d’un programme de division, d’exclusion et de rejet de l’autre », que Christophe Ferrari a choisi de concentrer ses attaques. « Le Rassemblement national représente le contraire des valeurs qui sont les miennes et plus largement le contraire des valeurs qui ont permis à notre territoire de progresser et de prospérer », affirme-t-il.

Et le maire de Pont-de-Claix de conclure : « J’appelle l’ensemble des électeurs échirollois à rester fidèle à notre histoire collective et en particulier à l’histoire d’Échirolles. Celle d’une terre de résistance et d’accueil tout au long de son existence qui ne peut donner aucune de ses voix au Rassemblement national. »

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Publié le 20.03.2026 à 12:00

Luc Renaud

Les organisateurs rappellent la trop longue liste – non exhaustive – d’étrangers qui ont perdu la vie à la suite d’agressions criminelles. « À la mémoire d’Aboubacar Cissé, Malien, sans-papiers, musulman, tué dans une mosquée, nous luttons contre l’islamophobie et la négrophobie. À la mémoire de Djamel Bendjaballah, tué par un militant fasciste, nous nous opposons à la présence des fascistes dans nos quartiers. À la mémoire d’El-Hacen Diarra, Mauritanien, résident d’un foyer de travailleurs immigrés, tué par la police, nous exigeons vérité et justice pour tous les crimes policiers. À la mémoire de Mamadou Garanké Diallo, Guinéen, mort au large de Dunkerque en voulant traverser la Manche pour fuir une OQTF, nous revendiquons la régularisation des sans-papiers et la reconnaissance des mineures isolées… » 

En organisant cette manifestation dans le cadre d’un mouvement national, la Cisem appelle notamment à « se mobiliser pour faire obstacle aux rafles policières ; barrer la route au RN et à Reconquête et à tous les groupes fascistes ; s’opposer aux contrôles au faciès, aux armes et pratiques mortelles ; abolir le permis de tuer sur le refus d’obtempérer et la présomption de légitime défense pour la police ; obtenir le retrait des lois islamophobes, de la loi de 2004 dite « sur les signes religieux à l’école », à la loi « séparatisme » ; exiger la régularisation des sans-papiers, la reconnaissance des mineurs isolés, le renouvellement automatique des titres de séjour… » La Cisem demande à Grenoble « le relogement le plus rapide possible des occupants de la Métro et des écoles occupées » en rappelant que « le racisme passe aussi par l’appauvrissement et les politiques d’isolement social dont sont victimes les personnes sans-papiers ».

Le PCF appelle à manifester

Sous le titre « Défendre les droits des migrants, c’est défendre l’ensemble du monde du travail ! », le PCF appelle également à cette manifestation.

Pour les communistes, « la stigmatisation de l’immigration est le moteur du processus de fascisation de la société, poussée par les médias de milliardaires comme ceux du groupe Bolloré ». Ce processus est mis en œuvre avec un objectif : « S’en prendre aux migrants, c’est servir l’agenda des tenants du capital, qui ont pour objectif l’intensification de l’exploitation du monde du travail. » De fait, « ce n’est pas et jamais été l’immigration en-soi qui fait pression sur les salaires des travailleurs, mais bien le fait de faire des travailleurs migrants des « sans droits ni titres » qu’il est possible d’exploiter sans limite. » Et « ce n’est pas un hasard si en Italie comme en France, on retrouve parmi les soutiens de l’extrême droite des franges du monde économique qui profitent allègrement du « travail dissimulé », exploitant des migrants traités en esclaves des temps modernes. » Une arme utilisée pour tirer tous les salaires et les conditions de travail vers le bas.

Le PCF insiste : « Notre camp social doit porter une parole forte. Une parole qui unifie, qui rassemble, autour d’un mot d’ordre clair : même travail, mêmes droits ! »

Cet article Grenoble. La Cisem appelle à manifester contre le racisme et le fascisme est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 19.03.2026 à 19:40

Manuel Pavard

Dimanche 22 mars, les Grenoblois auront « le choix entre deux projets de société », résume Laurence Ruffin. « Le service public ou le modèle privé », selon Philippe Rio. « Le rejet de l’autre ou la main tendue », pour Guillaume Gontard. « Soit la première femme maire, soit le premier maire condamné », compare Cyrielle Chatelain. « Est-ce que vous voulez la honte ? Est-ce que vous voulez la fierté ? », demande François Ruffin au public.

Le public enthousiaste au Palais des sports.

Intervenus à tour de rôle sur la scène du Palais des sports, ce mercredi 18 mars au soir, pour ce dernier grand meeting de la campagne municipale, les différents orateurs ont tous insisté sur ce point. Après la « fusion technique » entre la liste Oui Grenoble et celle de la France insoumise, le second tour donnera en effet lieu à un duel entre deux options antagonistes : Laurence Ruffin, candidate de l’union de la gauche, ou Alain Carignon, celui de LR mais aussi de l’union des droites.

« Le Nouveau Front populaire grenoblois »

La tête de liste de Oui Grenoble rappelle d’ailleurs que l’ancien maire, arrivé avec 0,7 % d’avance au premier tour, a « siphonné les voix de toute la droite, du macronisme jusqu’à l’extrême droite ». En face, une « gauche dispersée » mais néanmoins majoritaire : un peu plus de 58 % des suffrages en additionnant l’ensemble des listes. Une gauche qui a « su s’unir » en vingt-quatre heures, regroupant désormais quatorze partis — même si LFI n’entend pas faire partie d’une éventuelle majorité municipale. « Nous avons fait ici le Nouveau Front populaire grenoblois », se félicite ainsi Laurence Ruffin.

Laurence Ruffin entre Amandine Demore et Philippe Rio.

La candidate se dit « fière de Grenoble, ville de la Résistance et compagnon de la Libération. C’est la ville du premier Planning familial, de la municipalisation de l’eau, de Mounier. Et c’est dans cette trajectoire qu’on s’inscrit aujourd’hui », explique-t-elle. « Grenoble inspire par son histoire, sa remise en question sans cesse, son municipalisme », abonde le maire PCF de Grigny (Essonne) Philippe Rio, président de la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens, citant lui aussi « la municipalisation de l’eau » et celle « du gaz », tout comme les « avancées écologiques et démocratiques ».

« Des espaces de résistance et d’espoir »

« Grenoble doit rester à gauche dimanche », implore l’édile francilien, réélu au premier tour, le 15 mars, pour un troisième mandat, et élu « meilleur maire du monde » en 2021, par la City Mayors Foundation, pour son action contre la pauvreté. Car, ajoute-t-il, « les élections municipales vont donner une tonalité à ce qui va se passer l’an prochain », avec le double rendez-vous des présidentielles et législatives. Chaque commune et chaque métropole remportées par la gauche seront « des espaces de résistance et d’espoir pour gagner en 2027 », affirme Philippe Rio. Et celui-ci de saluer ses camarades communistes présents dans la salle : David Queiros, réélu à Saint-Martin-d’Hères, et Amandine Demore, en ballottage très favorable à Échirolles. « Il y a deux nouveaux maires au féminin que l’on doit élire dimanche : ici Laurence, et à Échirolles, Amandine », s’exclame-t-il.

Philippe Rio, maire PCF de Grigny.

Pour Philippe Rio, à Grigny comme à Grenoble, « l’union de la gauche, des écologistes et de tant d’autres » est une condition sine qua non à la victoire. Des militants qui, estime-t-il, « ont compris l’essentiel. Face au danger de la droite et de l’extrême droite, face aux crises sociales, démocratiques, écologiques, nous avons une responsabilité qui nous oblige et nous n’avons pas le droit de nous diviser. Nous n’avons pas ce luxe. »

Les élus communistes ont fait le déplacement.

L’élu communiste illustre ses propos en évoquant « l’attachement aux services publics » des Grenoblois. Là aussi, « deux projets de société » s’opposent, souligne-t-il : « Celui du patrimoine de ceux qui n’en ont pas et qui en auront toujours besoin pour faire société. Et ceux qui voudront les privatiser, pour enrichir les actionnaires et les rendre inaccessibles, pour les classes populaires d’abord mais aussi pour les classes moyennes. Et ainsi continuer à diviser notre société. »

« Alain Carignon n’aime pas Grenoble, il s’en sert »

Sur la scène du Palais des sports, tous les intervenants insistent sur ce danger représenté par la droite et sur l’espoir qu’incarne l’union de la gauche. Le vote, ce dimanche, sera scruté de près car « Grenoble a toujours été une ville ouverte sur le monde, en avance », vante le sénateur de l’Isère Guillaume Gontard, citant Hubert Dubedout, la municipalisation de l’eau, le Planning familial, la participation citoyenne…

Le sénateur écologiste de l’Isère Guillaume Gontard.

Pour le président du groupe écologiste au Sénat, « le choix est plus que simple. Soit un projet qui permet de poursuivre l’adaptation au changement climatique, aux changements sociaux, soit un projet passéiste. Une ville qui tend la main ou une ville qui montre du doigt. » Guillaume Gontard en est convaincu, « en réalité, Alain Carignon n’aime pas Grenoble. Il s’en sert pour la corruption et pour ses magouilles. Mais Grenoble ne mérite pas ça. »

« Comme Thomas Ramos à la 82e minute »

Cyrielle Chatelain, députée de la deuxième circonscription de l’Isère, dénonce quant à elle le programme du candidat Les Républicains et ses « idées en commun avec le Rassemblement national ». Le 31 janvier dernier, rappelle la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, « Alain Carignon et Thierry Perez [NDLR : député RN de la dixième circonscription de l’Isère] défilaient derrière la bannière d’Alliance Police nationale ».

Une équipe soudée.

Alain Carignon, ironise de son côté François Ruffin, a monté « une école de formation de la corruption : il n’y a que des gens condamnés autour de lui ». Reliant la tête de liste de la droite aux Trump, Poutine, Netanyahou et Milei actuellement au pouvoir dans le monde, le député de la Somme fait l’éloge, en comparaison, de « l’obsession de la coopération » manifestée par sa sœur. « C’est sa vraie originalité, son apport politique. Elle est habitée par ce désir de faire avec les gens », assure-t-il.

François Ruffin, de retour à Grenoble pour soutenir sa sœur.

Évoquant « la soif d’unité des gens de gauche, depuis le 12 février 1934 » jusqu’à aujourd’hui, François Ruffin est persuadé que « les Grenoblois sauront trancher entre les deux bulletins ». Et ce, y compris dans la dernière ligne droite, « comme Thomas Ramos inscrivant la pénalité gagnante à la 82e minute » lors du France-Angleterre clôturant le Tournoi des six nations.

« Une maire au travail ou un champion du clientélisme »

« Les heures devant nous sont cruciales », confirme Laurence Ruffin, qui appelle à la mobilisation et « remercie le Grenoble Alpes collectif » dont deux militantes sont venues réitérer leur soutien pour le second tour au Palais des sports. L’ancienne dirigeante de la Scop Alma s’adresse aux électeurs de gauche mais également à ceux de Place publique ou d’Hervé Gerbi, indique-t-elle. Et « à tous les Grenoblois et Grenobloises », inquiets du projet d’Alain Carignon.

Laurence Ruffin lance un appel à la mobilisation.

Laurence Ruffin boucle alors la boucle en décrivant le choix que ces derniers auront à faire, dimanche 22 mars, « entre l’hospitalité et l’émancipation ou la régression sociale, entre une maire au travail ou un champion du clientélisme, entre deux méthodes, la corruption ou la coopération ». Et de conclure, sous les acclamations : « Faisons en sorte qu’aucune voix ne manque. Non à la corruption, non à Carignon, oui à Grenoble ! »

Cet article Grenoble. Meeting de Laurence Ruffin : un « choix entre deux projets de société » est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 19.03.2026 à 17:58

Manuel Pavard

Sa prise de position était attendue. Pour diverses raisons. D’une part car ses passes d’armes avec Éric Piolle ont rythmé une bonne partie des conseils métropolitains, durant la dernière mandature. D’autre part pour sa prise de position en faveur de candidatures rivales au premier tour, dans plusieurs communes : citons la liste Grenoble capitale citoyenne, conduite par Romain Gentil, ou, autre exemple, la socialiste Laetitia Rabih — également soutenue par Place publique — à Échirolles. Mais dans son communiqué, Christophe Ferrari tient à « apporter sans ambigüité [son] soutien à Laurence Ruffin et à faire barrage à la liste d’Alain Carignon ».

Le président de la Métropole de Grenoble rappelle ce contexte. « Des différences et des débats m’ont éloigné de l’équipe municipale sortante », souligne-t-il, regrettant également « qu’il n’y ait pas eu ce pas de côté et cette ouverture plus large, notamment envers Grenoble capitale citoyenne, pour bâtir l’union de toute la gauche ». Des propos qui feront peut-être rire jaune certains militants locaux, au regard de l’influence prêtée au représentant de Place publique sur les divisions de la gauche dans différentes campagnes électorales.

« Aucune voix ne doit manquer à Laurence Ruffin »

Toutefois, assure Christophe Ferrari, « nous partageons avec Laurence Ruffin de nombreux engagements, beaucoup de combats communs et un socle de valeurs. Celles d’un territoire hospitalier et cosmopolite, qui bâtit et rénove des logements abordables, celles d’un territoire écologique accompagnant les habitants dans les transitions nécessaires, celles d’un territoire solidaire avec les plus précaires et vulnérables », précise-t-il.

Des priorités qui « ne sont pas partagées » par le candidat LR, assène le maire de Pont-de-Claix.« En promettant des coupes massives dans les budgets municipaux et métropolitains, dans les services publics, sans s’engager à baisser rapidement les impôts et l’endettement, Alain Carignon ne peut ni prétendre soulager le portefeuille des Grenobloises et Grenoblois, qu’ils soient habitants, commerçants, acteurs économiques ou associatifs, ni améliorer le cadre et la qualité de vie à Grenoble, ni préparer l’avenir en particulier des plus fragiles pour qui l’existence d’un service public fort est une question de survie », dénonce-t-il.

Christophe Ferrari conclut son communiqué par un appel aux électeurs grenoblois : « Dimanche, aucune voix ne doit manquer à Laurence Ruffin pour battre Alain Carignon, l’heure est à la mobilisation ! » Un soutien qui entraîne une question : le président de la Métropole donnera-t-il des consignes de vote du même ordre à Meylan et à Échirolles ?

Romain Gentil : « Grenoble doit rester ancrée à gauche »

Après l’échec d’une fusion avec la liste Oui Grenoble, Romain Gentil, passé à côté d’une qualification au second tour pour trois petites voix, avait promis de donner ses consignes de vote en fin de semaine. Le candidat de Grenoble capitale citoyenne, soutenu par Place publique, le PRG et Équinoxe, l’a fait ce jeudi 19 mars : « Le 22 mars, l’enjeu doit dépasser les divergences de pratiques. Dans l’isoloir dimanche, une seule question à se poser : “est-ce que l’on veut d’Alain Carignon comme maire de Grenoble ?” Pour “Grenoble capitale citoyenne”, la réponse est claire : c’est non. C’est pourquoi nous invitons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs que nous avons portées, une ville solidaire, écologiste et démocratique, à se mobiliser dimanche pour voter “Oui Grenoble”. »

Romain Gentil refuse de « laisser les finances de la ville à une droite affairiste et discréditée » ainsi que « la destruction des services publics qui sera la conséquence des coupes budgétaires proposées par Alain Carignon. Nous refusons de laisser la question de la sécurité être instrumentalisée à des fins électoralistes, au détriment de réponses justes et efficaces », ajoute-t-il. Avant de lancer, en vue du second tour : « Grenoble doit rester ancrée à gauche ».

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Publié le 18.03.2026 à 12:19

Manuel Pavard

Après la fusion officialisée entre Oui Grenoble et la France insoumise, c’est désormais une coalition de quatorze partis de gauche , « dans l’esprit du Nouveau Front populaire », qui attaque la dernière ligne droite de la campagne municipale. À quelques jours du second tour, Laurence Ruffin a maintenant un objectif en tête : mobiliser massivement ses électeurs et convaincre le maximum de Grenoblois. Et pour enclencher cette dynamique, la liste d’union de la gauche écologiste et citoyenne invite les habitants ce mercredi 18 mars au soir au Palais des sports, pour son grand meeting du second tour.

Laurence Ruffin s’adressera une nouvelle fois aux électeurs, mercredi 18 mars.

Le rendez-vous est donné dès 19h30, avec un concert pour « chauffer » le public, avant les différentes prises de parole. Parmi ces soutiens, sont annoncés le sénateur de l’Isère Guillaume Gontard, président du groupe écologiste – solidarité et territoires au Sénat, la députée de la deuxième circonscription de l’Isère Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale ou encore le frère de la candidate, François Ruffin, député de la Somme et fondateur du mouvement Debout ! — déjà présent au meeting du premier tour, le 11 mars dernier.

Le « meilleur maire du monde » aux côtés de Laurence Ruffin

Autre invité de marque, Philippe Rio, maire PCF de Grigny, dans l’Essonne, et président national de la Coopérative des élu·es communistes, républicain·es et citoyen·nes. Celui qui a été élu « meilleur maire du monde » par la City Mayors Foundation, en 2021, pour son action contre la pauvreté, vient d’être réélu au premier tour, dimanche 15 mars, pour un troisième mandat. Une large victoire avec 65,78 % des voix, à la tête de la liste d’union de la gauche, « Grigny pour vous ».

Philippe Rio, maire de Grigny et président national de la coopérative des élus communistes, interviendra au meeting pour soutenir Laurence Ruffin et la liste d’union de la gauche.

Les intervenants céderont ensuite la parole à Laurence Ruffin, qui défendra son « projet politique aux antipodes » de celui d’Alain Carignon. Le candidat LR qui, dénonce Oui Grenoble dans un communiqué, « porte une approche réactionnaire, autoritaire, affairiste, climatosceptique, antiféministe et raciste contraire aux valeurs portées par Grenoble, ville Compagnon de la Libération ». À l’inverse, la liste d’union de la gauche et sa candidate entendent « continuer à faire vivre la Grenoble que nous aimons : la ville de toutes les révolutions et de toutes les résistances, une ville solidaire, émancipatrice, antiraciste, ouverte sur le monde ».

La liste Oui Grenoble pour le second tour
  • Ruffin Laurence
  • Kismoune Abdelwaheb
  • Germain Amandine
  • Brunon Allan (LFI)
  • Belair Margot
  • Monge Alexis
  • Viguier Lauren (LFI)
  • Tadjine Mehdi
  • Marcoux Léonie
  • Castillo Bastien (LFI)
  • Pantel Chloé
  • Confesson Alan
  • Pissard-Gibollet Coline (LFI)
  • Moreau Gilles
  • Doukhi Kenza (LFI)
  • Beltran-Lopez Luis
  • Cenatiempo Cécile
  • Monot Gaëtan
  • Peters Isabelle
  • Djebbouri Abdelnour (LFI)
  • Capdepon Kheira
  • Namur Gilles
  • Daran Michelle
  • Amran Zakaria (LFI)
  • Krief Sandra
  • Bertrand Olivier
  • Deslattes Céline
  • Bouzeghoub Hassen
  • Sy Michelle
  • Kada Nicolas
  • Naili Meriem
  • Back Antoine
  • Rimet Meille Laurette
  • Berlandis Vincent
  • Carroz Marion
  • Rossi Robinson (LFI)
  • Raki Majda (LFI)
  • Martin Thibault
  • Ajmi Ines
  • Mandroux Thomas (LFI)
  • Wabene Mayelle Angélique (LFI)
  • Boubeker Khemisti (LFI)
  • Terrier Marlène
  • Sellami Karim
  • Nebili Jasmine (LFI)
  • Moulin Leny
  • Messaoudi Myriam
  • Belhadj Mohamed
  • Ferrandes Rosalinda (italienne)
  • Jouanneau Sylvain
  • Belattar Dyna
  • Charriau Pascal
  • Ciss Fatou
  • Abdi Ilyass
  • Barnezet Sylvie
  • Slama Serge
  • Michard Claire
  • Wazizi Djamel
  • Faure Julie
  • Avrillier Raymond
  • Denis Marine
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