
Cette semaine, nous avons voulu acheter un encart dans l'hebdomadaire agricole Terre Dauphinoise pour annoncer nos prochaines formations aux agriculteurs et agricultrices de l'Isère. Une démarche banale, payée au prix normal.
Cette demande a été refusée au motif "d'un arbitrage interne lié à la ligne du titre et à son lectorat". Traduisons : L'annonce n'avait rien de choquante elle proposait d'apprendre à souder des outils agricoles... mais elle venait de nous.
Depuis bientôt vingt ans, l'Atelier Paysan accompagne toutes les fermes, conventionnelles comme bio, à fabriquer, réparer, adapter leurs machines pour limiter leur dépendance aux industriels. Nous contribuons ainsi à diffuser des savoir-faire précieux qui ne se transmettent plus dans les parcours d'enseignement professionnel agricole. Chaque année, nous formons 600 à 800 paysannes et paysans à découper, meuler, percer, souder pour construire leurs outils, des centaines commandent nos kits d'agroéquipement prêts à souder, et des milliers utilisent les plans d'outils librement accessibles sur notre site. Le voilà le danger.
On nous parle à longueur d'éditoriaux d'« agribashing » et de monde agricole à ne pas diviser. Qui divise ici les agricultrices et agriculteurs en choisissant ce qu'ils ont le droit de savoir ? L'autonomie technique ferait-elle peur ? Craint-on que penser par soi-même soit contagieux ? Que le regard critique sur l'état de l'agriculture s'attrape au contact d'une meuleuse et d'un poste à souder ?
Nous prenons ce refus pour un aveu.
Lecteurs et lectrices de Terre Dauphinoise, nos formations vous sont ouvertes. Votre journal n'a pas voulu vous le dire. Vous le savez maintenant !
Samedi 3 octobre à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure)
Nous serons aux côtés de Cancer Colère, de la Confédération Paysanne, du Collectif de Soutien aux Victimes des Pesticides de l'Ouest (CSVPO), des Soulèvements de la terre et de dizaines d'organisations qui appellent à « désarmer Syngenta » en mettant à l'arrêt son unité de production située en Seine-Maritime.
Au-delà du seul impact sanitaire et écologique catastrophique des pesticides, c'est bien le modèle agronomique de l'agriculture industrielle et son organisation économique qui sont visés.
Les prémices de l'agriculture chimique remontent au XIXè siècle, quand l'agronomie connaissait le même engouement que l'ensemble des « sciences » et techniques industrielles. Si les premiers traitements se faisaient à dos d'humain ou en traction animale, c'est bien l'essor de la mécanisation motorisée qui a permis l'explosion des volumes d'engrais et surtout de pesticides utilisés. Deux guerres mondiales sont passées par là : elles ont boosté les connaissances en chimie (dont ont ensuite profité les industriels des engrais puis des pesticides) mais également la motorisation. La génomique et les industries de la chimie agricole et du machinisme se sont ensuite développées de concert, dans une imbrication technique qui mène au « combo » d'aujourd'hui : une agriculture pleinement dépendante des semences industrielles, des engrais de synthèse, des pesticides et de machines toujours plus sophistiquées. Ce combo produit un incroyable effet de verrouillage technologique.
La motorisation et les pesticides se sont développés au détriment de multiples savoirs et savoir-faire : ils sont une technologie, un ensemble de techniques qui s'interconnectent et font système, et dont la logique finit par s'imposer. La multiplication des scandales sanitaires et écologiques ébrèche à peine ce système. La majorité de l'agriculture étant fortement dépendante de ces technologies et dans un contexte de crise économique aiguë, c'est tout un pan de la profession qui se sent attaqué quand le recours à la chimie est critiqué. Ces agricultrices et agriculteurs finissent par s'identifier eux-mêmes à ce qui les détruit : les pesticides.
Aujourd'hui, pour voler au secours de l'agriculture chimique, on nous vend des méthodes de « réduction » (bien souvent fantasmée) des doses et de rationalisation des interventions à l'aide de pilotages numériques sophistiqués : agriculture « de précision », désherbage manuel par des robots, etc. La technologie des pesticides se mêle ainsi à celle de l'agriculture numérique, accroissant les dépendances au lieu de les réduire.
Certes, des fermes trouvent des chemins différents avec l'agroécologie paysanne. Et puisque la mise en concurrence permanente condamne à utiliser des pesticides pour produire à un coût « compétitif », les paysannes et paysans qui s'en passent cherchent dans la majorité des cas à valoriser économiquement cet effort technique. Mais vu le fonctionnement des marchés agricoles et des filières agro-alimentaires, vendre sa production plus chère revient à bénéficier de marchés « de niche », où une meilleure valorisation n'est possible que parce qu'elle s'adresse à une faible part de la population, la plus privilégiée (labellisation bio, vente directe, etc.). Aucune sortie des pesticides ne sera donc possible uniquement par la démonstration de cette exemplarité, il nous faut donc affronter le complexe agro-industriel.
Les pesticides cadenassent en effet économiquement le système de production alimentaire : l'agriculture industrielle consiste à remplacer le travail vivant, les bras et les cerveaux, par le travail mort, les machines, la chimie et les serveurs. Avec 380000 fermes aujourd'hui, moins de 2500000 demain, il est impossible de sortir des pesticides par une quelconque interdiction.
Une généralisation de l'agroécologie, urgente, sera notamment rendue possible :
- en bloquant aux frontières l'importation de denrées à bas coûts produites chimiquement ailleurs ;
- en installant au moins 500000 fermes supplémentaires ces 10 prochaines années ;
- en prenant démocratiquement en main nos capacités de subsistance, via des institutions populaires qui prennent en charge le surcoût nécessaire d'une alimentation produite par les humains et leurs techniques, sans le recours à la chimie, les machines et leurs technologies.
- en repensant, avec les ouvriers et ouvrières, toute la chaîne des industries ;
- en luttant avec les autres pays, afin d'éviter de délocaliser nos nuisances dans les pays du Sud global.
Porter ce regard politique et économique sur la question agricole permet de déjouer l'affrontement stérile mis en scène par le complexe agro-industriel entre « néo paysans écolos » et « agriculteurs conventionnels ».
Nous nous réjouissons donc de participer à la manifestation du 3 octobre qui réunira mouvements écologistes et mouvements paysans, associations de victimes de pesticides et syndicat de travailleuses et travailleurs de la chimie, pour politiser ensemble nos colères.Ici pour découvrir la mobilisation internationale du 3 octobre Ici pour les informations pratiques, pour participer à la mobilisation Ici pour consulter la liste des signataires
"L'Atelier Paysan est une coopérative militante dédiée à l'autoconstruction de matériel agricole. En concevant des outils simples, peu coûteux et adaptés aux petites surfaces, elle redonne leur autonomie aux agriculteurs. En opposition frontale avec l'agro-industrie, ce projet porte une ambition forte : favoriser l'installation d'un million de paysans. Plongez au cœur de cette aventure humaine à travers le regard de ses fondateurs, formateurs et stagiaires"
Jacques Bedel a filmé pendant plusieurs mois ceux et celles qui font l'Atelier Paysan, rassemblés autour de l'autoconstruction paysanne. Si aujourd'hui l'Atelier Paysan n'est plus une coopérative, il continue d'être un mouvement engagé face au l'agro-industrie, plus collectif que jamais.
Prochaine diffusion à la télé le dimanche 27 septembre 2026 à 15:00 sur les chaines Tébéo et Tébésud.
TVR : Canal 31 (TNT) | Orange : 352 | Free : 955 | Bouygues : 384 | SFR : 530 Tébéo : Canal 31 (TNT) | Orange : 353 | Free : 954 | Bouygues : 383 | SFR : 529 TébéSud : Canal 33 (TNT) | Orange : 363 | Free : 956 | Bouygues : 382
Le film-documentaire est déjà disponible sur le site de la chaine Tébéo !
C'est la rentrée, faisons le point sur le financement Vivéa. Voir les autres possibilités de financement ici.
Vivéa, Vivéa pas ...?
Depuis octobre 2025, les accords de financement Vivéa sont très aléatoires. Pour Vivéa, l'autonomie technique n'est pas une priorité [1].
Bonne nouvelle : nos formations d'octobre sont assurées d'être financées pour les cotisant·es Vivéa. Nous espérons qu'il en sera de même pour les suivantes.
Les actions qui sont assurées de financement Vivéa sont indiquées dans la programmation grâce à ce visuel :
Les autres formations programmées ne sont pas encore passées en comité Vivéa.
Vivéa, oui mais...
Vivéa a fortement réduit la prise en charge individuelle de nos formations, qui s'élève désormais à 21 €/heure, quand elles nous coûtent 33 €/heure. Nous avons dû répercuter la différence sur les participant·es. Et, comme si la question de l'équipement n'était pas un enjeu lors de l'installation, Vivéa continue d'exclure les porteurs et porteuses de projet du dispositif de prise en charge des formations techniques.
Notre réponse
Les paysannes et paysans doivent pouvoir s'outiller, concevoir et réparer leurs outils et leurs bâtiments. Ils et elles doivent pouvoir échapper aux dépendances coûteuses de l'agro-équipement. Vivéa n'est pas a la hauteur de leurs besoins de formation. C'est pourquoi, pour limiter le surcoût sur les stagiaires et faciliter l'accès aux formations, Soudons, fermes ! a décidé de créer un fonds d'urgence exceptionnel pour la saison de formation 2026-2027. Ce fond sera doté de ressources provenant de soutiens privés (mécénat et dons de particuliers). Il bénéficie d'une dotation initiale de 15 000 € et sera abondé par plusieurs campagnes de soutien durant toute la saison de formation (jusqu'à mars 2027). Il sera mobilisé en en complément des financements existants, et jusqu'à son épuisement, sur les dispositifs suivants :
Tarif "bourgeon" Pour les personnes finançables par Vivéa, qui finalisent leurs inscriptions 2 mois avant le début de la formation (convention signée, et acompte réglé), le fonds de soutien finance 50% du reste à charge de la formation.
Tarif "porteurs de projet" Pour les porteurs de projet, le financement France Travail, qui peut financer l'intégralité de la formation, reste le financement privilégié. En cas de refus du financement par France Travail, le fonds de soutien finance 40% de la formation. Pour en bénéficier, il faut pouvoir justifier d'un plan de professionnalisation personnalisé (PPP) ou d'un projet personnalisé d'installation (PPI).
Tarif "porteuses de projet" Afin de soutenir l'installation de paysannes, pour lesquelles l'accès à la technique est moins favorisé, le fonds de soutien finance 40% supplémentaires pour les femmes et minorités de genre qui sont en parcours d'installation, soit un financement global jusqu'à 80% du coût de la formation.
[1] Voir notre lettre ouverte à la directrice de Vivéa, et notre appel aux élu·es Vivéa.
Parce que les luttes d'hier éclairent celles d'aujourd'hui, la Confédération paysanne, L'Atelier Paysan et les Soulèvements de la terre avec le Centre d'histoire du travail (CHT) rééditent et préfacent Les paysans dans la lutte des classes. Écrit en 1970 par Bernard Lambert, ce livre a profondément marqué l'histoire des luttes paysannes et a amené à la création de la Confédération Paysanne.
Le processus d'industrialisation du monde agricole décrit par Bernard Lambert ne s'est pas arrêté : il s'est accéléré. Nous pensons qu'une grande partie de ses analyses permet de comprendre l'agriculture sans paysans et paysannes qui se construit sous nos yeux. Et que certaines des stratégies qu'il proposait pour la combattre méritent aujourd'hui d'être remises en question.
Alors après plusieurs années de révoltes agricoles et de réappropriations des colères par l'extrême droite et l'agro-industrie, nous avons besoin de désigner les responsables et de nommer la lutte des classes qui traverse le monde agricole. Cela nous semble clé pour faire lutte commune - et pas uniquement au sein des organisations agricoles : parler d'agriculture, c'est parler du travail, de la propriété, de notre santé, de ce que nous mangeons et de notre rapport au vivant.
On ne transformera pas l'agriculture sans transformer la société. Et inversement.
Le lancement le 11 septembre à la Fête de l'Humanité ouvre une tournée partout en FranceJournalistes, médias, libraires, collectifs, syndicats, associations ou organisations : si vous souhaitez mettre en lumière ce sujet dans vos publications ou évènements ou si vous souhaitez organiser une rencontre sur votre territoire, contactez-nous, invitez-nous, cette tournée est à construire ensemble !
Nous contacter : paysansluttedesclasses@ik.me En savoir + A propos de l'éditeur :www.cht-nantes.org
Cette année on remet le couvert à Renage pour vous faire découvrir le cœur de nos activités et échanger en direct avec l'équipe !
Retrouvez nous le 5 novembre à L'Atelier Paysan, en Isère de 10h à 17h !
Au menu• Un espace forum : des stands pour présenter chacune de nos activités et notre projet. Venez discuter avec les personnes en charge d'organiser les formations à l'autoconstruction, la R&D des outils autoconstruits, la fabrication des kits ou encore l'animation et la diffusion de notre projet dans les territoires !
• Un espace d'exposition et de démonstration d'outils autoconstruits : on ramène quelques outils des fermes partenaires du coin pour vous les présenter, en visite libre ou avec des explications par l'équipe technique ou même les paysan.nes autoconstructeur.ices !
• Des ateliers d'initiation pour se mettre dans la peau des personnes qui conçoivent et construisent les outils. Venez tester la CAO (conception assisté par ordinateur) ou découvrir le soudage !
• L'espace logistique : visitez notre atelier pour découvrir la fabrication dces kits mais aussi toute l'organisation logistique de préparation et d'expédition des pièces, matériaux et matériels pour les formations ! Réservez votre journée, demi-journée dès maintenant pour nous rencontrer sur notre site principal à Renage (38). Un repas sur le pouce est prévu le midi.
Si vous êtes intéressé.e pour venir en groupe, nous prévenir : r.morgantini@latelierpaysan.org
Nos formations visent à accompagner les fermes à gagner en autonomie sur leur équipement agricole : apprendre à construire, réparer ou adapter son outil.
Elles s'adressent aux travailleurs et travailleuses agricoles en activité ou en projet d'installation, et couvrent 4 grandes thématiques :
- Le travail du métal et l'autoconstruction d'outils agricoles
- Le travail du bois pour l'équipement et le bâti
- La mécanique agricole
- Les autres technologies paysannes telles que l'électricité ou l'électronique libre
- Nos formations ont lieu en atelier ou directement dans les fermes, sous forme de "chantiers", pour apprendre en collectif et en faisant
- Période : d'octobre à avril
- Selon votre profil, elles peuvent être en partie prises en charge par les organismes financeurs
- Les inscriptions sont possibles jusqu'à 1 mois avant le début de la formation
- Si vous construisez un outil, le délai d'approvisionnement est d'environ 1 mois
- Cette année l'anticipation est récompensée : réduction du reste à charge si inscriptions 2 mois avant la formation !
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Le travail du métalDe 2 à 8 jours selon votre besoin et votre projet de construction d'outil, si vous en avez un ! Vous pouvez aussi participer à une formation métal pour apprendre ou perfectionner des techniques de soudage et d'assemblage, sans investir dans un outil propre.
Des sessions en mixité choisie (entre femmes et minorité de genre) sont également proposées ou peuvent être organisées à la demande.
Les outils constructibles en formation métal : Lors des formations au travail du métal, vous pouvez construire votre outil de la gamme Atelier Paysan :
- En formation 3 jours : petits outils, principalement des outils manuels ou équipements d'atelier
- En formation 5 jours : (presque) tous les outils de la gamme Atelier Paysan, toutes filières confondues : triptyque, rouleaux, bineuse, BPO...
- En formation 8 jours ou en formation travaux libres : outils plus complexes tels ques l'épandeur à compost/fumier, four à pain, décortiqueur à petit épeautre, brosse à blé...
Les outils sont également disponibles en kit prêt-à-assembler, livrés chez vous pour une autoconstruction en toute autonomie.
Consulter le catalogue outils_
Le travail du boisDe 3 à 5 jours, de l'initiation et la construction de petits outils et équipements en bois en atelier, à la construction d'un bâti ou d'une charpente en chantier collectif sur une ferme.
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La mécanique agricoleDe 1 à 2 jours, ouvertes à toutes et tous sans aucun prérequis, pour démystifier « la méca », comprendre son fonctionnement et acquérir des compétences de bases utiles pour entretenir et réparer son tracteur et ses outils moteur 2 temps.
Des sessions en mixité choisie (entre femmes et minorité de genre) sont également proposées ou peuvent être organisées à la demande.
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Les autres technologies paysannesOn appelle "technologies paysannes" les techniques et technologies appropriables et facilement reproductibles sur les fermes. Cette thématique inclue :
- L'électricité à la ferme
- L'électronique libre
- Le logiciel Brinjel pour la planification des cultures
Le projet de « canal Seine-Nord Europe » (CSNE), ce sont 107 km d'un canal de plus de 50 m de large traversant en tout 64 communes des Hauts-de-France. Il doit permettre à des péniches à grand gabarit de circuler de Compiègne, dans l'Oise, à Aubencheul-au-Bac, dans le Nord, en reliant ensuite le canal Dunkerque/Escaut/Deûle et la Belgique et les Pays-Bas. Mais derrière une vitrine vertueuse vantant le fret fluvial, l'objectif est de favoriser l'exportation de céréales ou de matériaux pour le BTP. Comme le résument les Soulèvements de la terre, « c'est un projet qui appuie à la fois la croissance du modèle agro-chimique, de l'industrie du béton et la logique des transports à longue distance qui sont 3 causes majeures de dégradation environnementale et climatique ».
Ce méga canal, ce sont 3200 hectares de terres artificialisées, un accaparement de l'eau à coups de mégabassines et en rebouchant un bras de l'Oise, des millions de tonnes de béton à couler et un siphon pour l'argent public (10 milliards d'euros quand on tient compte des travaux annexes). C'est un projet où l'on retrouve pêle-mêle la SAFER, qui participe d'un projet dément de remembrement sur 70 000 hectares, l'État, la Région Hauts-de-France, la FNSEA, des promoteurs de silos de stockage et des géants du négoce et de l'export… Une « belle » illustration du complexe agro-industriel.
Après une première mobilisation en octobre 2025, l'Atelier Paysan était à nouveau présent au rassemblement organisé à Villers-au-tertre (59), où 3500 personnes se sont mobilisées du 9 au 12 juillet pour entraver et désarmer le chantier. Une présence au côté notamment de la Confédération Paysanne et des Soulèvements de la terre, avec qui nous avons affiché en commun la prochaine disponibilité de l'ouvrage Les paysans dans la lutte des classes, de Bernard Lambert, réédité ce mois-ci et malheureusement toujours d'actualité.
Avec quelques exemplaires de Reprendre la terre aux machines, pour les personnes chanceuses, nous avons continué de parler de subsistance subversive et reçu un intérêt habituel pour les catalogues Outils et recueils techniques. De quoi diffuser aux plus motivé·es des bulletins d'adhésion à l'association Communs Paysans.

(crédit des deux dernières photos : Les Soulèvements de la Terre)
Pour un récit détaillé et un reportage photo sur la mobilisation : https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/retour-sur-la-mobilisation-contre-le-mega-canal-de-juillet-2026
En savoir plus sur le méga scandale du méga canal : https://lessoulevementsdelaterre.org/le-mega-canal-prend-leau-enterrons-le-du-9-au-12-juillet-2026-rejoignez-la-mobilisation-nationale-contre-le-canal-seine-nord-europe
La formation longue à l'autonomie technique, c'est 9 semaines de chantiers, rencontres et travaux pour penser la place des outils et des machines dans son projet et développer les savoir-faire nécessaires pour concevoir, adapter, bricoler et réparer ses équipements.
Retour en images sur la dernière session d'avril à juin 2026 en Bretagne, qui a rassemblé 11 porteurs et porteuses de projet à l'installation dans les filières maraîchage, arboriculture et céréales/meunerie.
La formation longue à l'autonomie technique est soutenue par la Région Bretagne et France Travail. Elle délivre une certification professionnelle reconnue par l'Etat.
Le collectif Assez DC obtient une première victoire inédite. Suite à l'audience du jeudi 2 juillet, la justice administrative a rendu son ordonnance ce vendredi 10 juillet sur un référé suspension déposé le 1er juin par le collectif drômois « Assez DataCenters » contre le projet de supercalculateur de Rovaltain (Valence TGV). Le juge suspend le permis de construire jusqu'à ce que le recours soit jugé sur le fond. Une victoire d'étape pour la première audience en France liée à la contestation publique d'un datacenter dédié à l'intelligence artificielle !
Alors que la France subit son 3ème épisode caniculaire en quelques semaines, que les incendies ravagent des terres asséchées dans la Drôme et dans le sud de la France, et que la ressource en eau vient à manquer, nombre de scientifiques, associations et collectifs citoyens soulignent les dangers liés à l'explosion du nombre et de la taille des datacenters liés à l'intelligence artificielle, notamment en termes de consommation d'énergie et de création de dômes de chaleur.
C'est dans ce contexte que le juge a donné raison au collectif Assez DC (Assez DataCenter Rovaltain) qui regroupe les Soulèvements de la Terre Romans, les Amis de la Terre Drôme, ATTAC Romans, Stop Linky 5G Drôme-Ardèche, Arrêt du Nucléaire Drôme-Ardèche, l'Atelier Paysan et des riverain·es, représenté par leur avocat Me Louis Cofflard,
Pour Me Louis Cofflard, « c'est une grande victoire pour les associations, avec qui nous avons dénoncé avec rigueur un dossier manifestement illégal puisqu'il tentait un "passage en force" au mépris des droits environnementaux les plus élémentaires, notamment l'étude d'impact et l'enquête publique ; les incidences environnementales de ce type de projet sont très lourdes de conséquence et nécessitent par conséquent un vrai débat démocratique. »
Le collectif a notamment démontré que le projet autorisé par le permis de construire représente un risque important pour la santé et l'environnement (îlot de chaleur, pollution de l'air, installation électro-intensive). De fait, l'installation doit faire l'objet d'une étude d'impact environnementale, d'une enquête publique et obtenir une autorisation environnementale pour pouvoir s'implanter. La procédure n'a pas été respectée et aucune mesure ne permet de garantir la sécurité et la bonne maîtrise des risques… Sans compter que le Plan Local d'Urbanisme interdit strictement les Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE) soumises à autorisation dans cette zone !
La tentative de la défense de faire passer ce projet industriel pour un simple entrepôt sans risque n'a pas convaincu le juge qui estime qu'un doute sérieux existe pour suspendre les travaux le temps que l'affaire soit jugée au fond.
Pour Gaby, des Soulèvements de la Terre : « C'est une victoire d'étape importante. Elle permet d'ouvrir le débat sur la vitesse, la manière et la pertinence de l'implantation de ces infrastructures qui comme toute méga-industrie, soulèvent un grand nombre d'impacts et enjeux. »
Comme le souligne Jean-Claude Lemaire, des Amis de la Terre Drôme : « Il y a un choix de société derrière le développement de l'IA et la multiplication des projets mis en œuvre à marche forcée confisque tout débat citoyen. Faut-il laisser empoisonner le monde en prétendant que l'IA apportera plus tard l'antidote ? Non. Protégeons tout de suite notre santé, notre environnement et notre avenir ! »
« Il y a aujourd'hui des dizaines de projets de datacenters dédiés à l'IA et la contestation monte de toutes parts, rappelle Thomas de l'Atelier Paysan. On manque souvent d'outils juridiques pour les ralentir ou les empêcher donc cette victoire d'étape est un signal encourageant pour tous les collectifs en lutte contre l'IA dans notre pays. »
Le collectif espère que cette première victoire en référé sera suivie dans quelques mois lors du jugement sur le fond du recours déposé en février dernier.