Associations iséroises


l'Atelier paysan - Renage Isère France

 

Publié le 22.07.2022 à 18:54

Du nouveau à l'Atelier paysan

Ça bouge à l'Atelier Paysan, et pas que du côté de nos ateliers ou de l'effervescence politique qui nous caractérise ! Le directoire de l'Atelier paysan s'est en effet intégralement renouvelé.

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Le nouveau Conseil de surveillance élu lors de notre Assemblée générale statutaire à Félines-Minervois, le 4 juin, a depuis désigné une de nos sociétaires, Marie-Océane Fekairi, pour diriger la coopérative ces prochains mois. Cette vigneronne et formatrice bourguignonne va piloter une phase de transition pour permettre d'approfondir les questionnements de la coopérative sur son modèle économique et de nommer un directoire renforcé de plusieurs membres à l'horizon 2023.

En effet, depuis plusieurs mois – et notamment depuis l'incendie qui a ravagé début 2020 notre « maison des technologies paysannes du Grand Ouest » – notre coopérative traverse d'importantes turbulences financières. Ces dernières semaines, l'augmentation des prix du métal et de l'énergie nous frappe comme d'autres.

Tout cela nous pousse à continuer à nous interroger sur les formes du « faire » de l'Atelier.Paysan.

Cependant, nos activités de colportage se poursuivent, entre programmes de formation à l'autoconstruction, recherche & développement et diffusion de nos analyses politiques et scientifiques.


Publié le 21.07.2022 à 11:08

[Sondage future formation] Devenir accompagnant en technologies paysannes

L'Atelier Paysan projette de mettre en place une nouvelle formation pour devenir accompagnant en technologies paysannes. Paysan∙nes, partenaires de la coopérative, sociétaires : on souhaite connaître votre avis !

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Il s'agit d'une formation longue, d'un an, apportant les capacités pour :

  • animer des projets de conception et adaptation d'équipements agricoles,
  • assurer des formations à l'autoconstruction,
  • faire de l'animation territoriale sur les technologies paysannes. Nous aimerions avoir votre avis afin de bâtir au mieux cette formation. Merci d'apporter votre contribution et prendre 5 min pour répondre à ce questionnaire en ligne.

Publié le 21.07.2022 à 11:07

Un colloque scientifique sur le rôle politique de la machine !

Les 16 et 17 juin, l'université Paris Dauphine accueillait dans ses murs un colloque international dédié au rôle – largement sous-étudié – de la machine dans l'évolution de notre agriculture et notre alimentation. Intitulé « Politiques de la machine agricole - Approches sociologiques et historiques des trajectoires de mécanisation - de l'agriculture (1945-2021) », ce colloque a permis de rassembler plusieurs dizaines de chercheurs et chercheuses pour présenter et débattre de travaux de recherche en sciences sociales en partie inspirés des échanges que l'Atelier paysan développe avec la communauté académique depuis cinq ans.

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Stratégies de maintenance du matériel, recours de plus en plus important à la délégation intégrale de travaux, imaginaire véhiculé par la machine, transformation du travail provoquée par le recours au robot de traite, rôle de la fiscalité dans les choix d'investissements, enjeux de pouvoir autour du contrôle des données produites par l'agriculture numérique, rôle des CUMA, histoire de la coexistence des tractions animale et motorisée, ère industrielle des bâtiments-machines… Les dix-huit communications scientifiques présentées et discutées lors de ce colloque, auquel ont participé quatre sociétaires et le chargé de mission scientifique de l'Atelier paysan, ont balayé une grande diversité des thèmes dans lesquels peuvent se décliner nos interrogations sur le rôle de la machine dans le processus d'industrialisation agricole. Un livre devrait, dans quelques mois, rassembler tout ou partie de ces productions scientifiques : de quoi asseoir encore un peu plus la légitimité des interrogations que nous portons depuis plus de dix ans.


Publié le 21.07.2022 à 11:07

[Formation] S'installer avec l'approche collective des technologies paysannes

Fin de la session en Bretagne et préparation de l'automne.

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Les 10 stagiaires bretons ont terminé la formation « installation » le 22 juin en beauté. Après quatre semaines d'atelier, des chantiers sur des fermes, des visites et des rencontres de passionné.es, le clou final de la formation portait sur la réalisation d'un projet individuel d'autoconstruction, en autonomie, sur trois jours. Quelques illustrations de leurs travaux.

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Table de lavage

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Modification d'une brouette

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Arracheuse de pommes de terres

C'est reparti pour préparer les prochaines sessions qui débuteront dès septembre dans les trois régions où nous disposons d'atelier fixe : à Renage (38), St Nolff (56) et Félines Minervois (34). Quatre sessions au total d'ici décembre, pour former 42 porteurs et porteuses de projet d'installation agricole. Il reste quelques places pour la session de Félines- Minervois qui débute le 29 août. Infos et contact sur cette page.

Merci aux Régions et à Pôle Emploi de permettre la réalisation cette formation unique très appréciée !


Publié le 21.07.2022 à 11:06

[Chantier triangle] Nous recherchons des fermes pour convertir des outils au triangle d'attelage !

Vous avez envie, mais pas le temps de convertir votre matériel au triangle d'attelage : accueillez un chantier pédagogique sur votre ferme ! Pour l'ergonomie, la sécurité, le gain de temps, on ne se lassera jamais de vanter les mérites du triangle d'attelage.

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Dans le cadre de chantier pédagogique, nous proposons de venir avec un groupe de stagiaires sur 2-3 jours pour adapter vos outils au triangle d'attelage. Les stagiaires sont formés et relativement autonomes, ce qui permet de convertir une dizaine d'outils pendant la durée du chantier. Nous proposons ces chantiers dans les secteurs proches des lieux de formation (Bretagne, Rhône-Alpes et Occitanie). Si vous avez peu de temps, que vous laissez trainer ce chantier depuis un moment, c'est l'opportunité de vous filer un coup de pouce. Pour avoir plus d'informations sur ce type de chantier, consulter notre page dédiée et pour connaître les conditions, contacter Réjane : r.morgantini@latelierpaysan.org / 04 76 65 85 98.


Publié le 19.07.2022 à 11:39

Colportage de Reprendre la terre aux machines tous azimuts

Les 7 et 8 juin derniers, dans la foulée de l'Assemblée générale de la coopérative qui s'est déroulée en Occitanie, des sociétaires de l'Atelier Paysan sont allés essaimer le projet politique de la coopérative auprès de divers publics dans le Gers et à Toulouse. Ont suivi des interventions à Grenoble et en Bretagne. Tour d'horizon des collectifs avec qui nous travaillons à la transformation sociale de notre alimentation et de l'agriculture qui la produit.

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Le mardi 7 juin, l'Atelier Paysan s'est rendu dans le Gers, à Saint-Elix-d'Astarac, pour une rencontre autour du manifeste Reprendre la Terre aux machines en partenariat avec l'association Saves Climat. Accueilli dans la ferme des Mawagits, l'animateur Hugo Persillet a tenu une conférence de plusieurs heures suivie d'un échange avec le public. Une pierre de plus à l'édifice de l'essaimage politique pour une autonomie paysanne, directement sur une ferme !

Le lendemain matin, répondant à l'invitation de l'association Tacikollectif, deux sociétaires sont allés participer à une discussion au centre social Izards Borderouge à Toulouse, axée sur le projet d'ouverture d'une cantine bio et solidaire portée par un groupe de femmes de ce quartier populaire. Jean-Claude Balbot et Hugo Persillet ont pu apporter leur regard entre autres sur la nécessité de s'adresser directement aux paysannes et paysans à proximité pour éviter de dépendre des surplus des commerces voisins à long terme. Cette rencontre a également servi d'occasion pour présenter la perspective de revendications et d'actions pour la mise en place d'une Sécurité sociale de l'alimentation.

Dans l'après-midi, répondant cette fois-ci à l'invitation de l'économiste militante Geneviève Azam, Jean-Claude et Hugo sont intervenus au séminaire Bifurcation écologique et Sécurité sociale de l'alimentation organisé par l'Atelier d'écologie politique (Atécopol) à Toulouse. Celui-ci réunit de multiples chercheuses et chercheurs sur les enjeux d'écologie politique et sur la position du milieu de la Recherche par rapport à ces thématiques. Ils ont pu évoquer les problèmes posés par l'Aide alimentaire, et aborder l'enjeu de la démocratie dans l'alimentation comme un levier nécessaire pour faire face au complexe agro-industriel et ses ravages.

Dans la soirée, c'est le Tiers-lieu Le 100ème singe, qui organise (entre autres mille choses) des terres en « archipels » pour en faire des espaces tests d'installation en agroécologie paysanne qui a accueilli les deux colporteurs à Castanet. Une dernière une conférence publique a été tenue autour du rôle des machines dans la transition agroécologique suivie d'un échange avec les participantes et participants pour envisager les moyens de sortir de notre impuissance politique en fonction des différentes échelles d'action envisageables.

Plus tard (le 20 juin), l'Atelier Paysan s'est rendu dans les bureaux grenoblois de l'AGEDEN suite à une invitation des coordinateurs d'équipe de l'association dont le cœur d'activité est l'accompagnement technique des économies d'énergie, avec un volet alimentation et agriculture. Face au sentiment de manque de légitimité sur les sujets qui touchent à l'agriculture, les responsables d'équipe ont pu recevoir des clés de compréhension sur l'état des lieux du monde paysan, sur les liens étroits entre agriculture et énergie, ainsi que sur la nécessité de remise en cause du modèle industriel reposant sur un recours effarant aux technologies énergivores.

Enfin l'Atelier Paysan s'est rendu le samedi 2 juillet à Concarneau dans le sud Finistère pour intervenir auprès des militantes et militants engagés dans les Low tech. Jean Claude a porté la parole de la coopérative lors d'une tribune consacrée à l'alimentation dans le cadre du Low tech festival. Le matin Hugo animait un atelier de formation politique auprès d'une quarantaine de personnes conviées par l'Atelier Z, pour prendre la mesure de l'impasse des alternatives en agriculture et étudier les conditions et les luttes nécessaires à engager pour une généralisation de l'agroécologie paysanne, à rebours des projets de robotisations et de numérisations de nos champs.

À bientôt par chez vous ? Contactez-nous


Publié le 12.07.2022 à 11:35

[PPAM] DES NOUVELLES DE LA RÉCOLTEUSE

Après de premiers essais de notre récolteuse autoportée à Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) en 2021, dont témoignait cette vidéo, nous avons longuement échangé et travaillé avec ses utilisateurs durant l'hiver 2021-2022 pour modifier et améliorer la récolteuse en vue de la nouvelle saison de production.

Récolte

La récolte du thym avec la récolteuse PPAM autoportée en cours de développement, Photo l'Atelier Paysan.

L'Atelier Paysan a pu participer aux récoltes sur le thym en juin qui ont eu lieu au Prieuré de Marcevol, qui produit des PPAM surtout pour la distillation. Cela a permis de faire des observations, des mesures et des tests [Illustration 1]. On vous présente donc les nouveaux résultats et les chantiers restants.

Observations en récolte

Illustration 1 : Observations de l'effet des déflecteurs lors de la récolte, Photo l'Atelier Paysan.

Les producteurs du Prieuré de Marcevol sont globalement satisfaits de la récolteuse et très satisfaits de sa maniabilité. Pour l'instant (les déflecteurs n'étant pas encore parfaitement au point), on faisait deux passages par rang. On remplissait 2 bigbag à l'aller, 1 au retour et on passait à la faucille récolter quelques grosses touffes restantes (remplissant 1 ou 2 paniers).

Nous avons aussi identifié de nouvelles pistes d'amélioration. Toutefois, contrairement à l'année dernière, il y a eu des améliorations conséquentes. En effet :

  • il est désormais possible pour une personne de récolter seule,
  • il n'est plus nécessaire de pousser/tirer la machine,
  • des premiers déflecteurs (absolument nécessaires pour récolter le thym) ont été intégrés,
  • les commandes électriques ont été intégrées dans un « tableau » de bord permettant de sélectionner les différents circuits (avance, tapis roulant et rabatteur) et d'adapter leur vitesse. L'ensemble est alimenté via une manette qui coupe l'alimentation lorsqu'elle est relâchée,
  • le système de réglage de la hauteur de coupe a été amélioré pour gagner en ergonomie et en rapidité d'utilisation.

On vous en dit plus sur le réglage de la hauteur de coupe et sur l'état des tests sur les déflecteurs.

Réglage de la hauteur de coupe

Le système de réglage de la hauteur de coupe a été modifié depuis l'année dernière. Le système précédent de cordelette et de poulies précédent (présenté dans la première page outil publiée sur la récolteuse PPAM) n'était pas assez pratique à manœuvrer ni assez résistant. Le Prieuré de Marcevol l'avait remplacé par des chaînes soulevées à la main : il fallait monter un côté puis l'autre du tapis. Toutefois, cela ne donnait pas pleinement satisfaction car c'était long à faire et très lourd à porter.

Ainsi, un nouveau système a été réalisé [illustration 2]. Le bas du tapis est donc actuellement relié à un câble métallique. Celui-ci s'enroule autour d'une barre qui est entraînée en rotation par une manivelle placée sur le côté de la récolteuse. Un système économique de cliquet auto-construit vient bloquer la barre en position et permettre de monter l'ensemble cran par cran.

Réglage de hauteur de coupe

Illustration 2 : Les éléments du système de réglage de hauteur de coupe. Photo l'Atelier Paysan.

Ce système donne pleine satisfaction au Prieuré de Marcevol. Il est rapide à utiliser, ergonomique et suffisamment précis pour leur utilisation. Cela permet aussi de remonter la lame de coupe pour chaque déplacement de la récolteuse hors récolte (par exemple pour les manœuvres en bout de rang) avant de la baisser facilement pour le nouveau rang. Cela est surtout intéressant pour des coupes basses sur des terrains accidentés.

Tests sur les déflecteurs

Les déflecteurs sont un point très sensible de la récolteuse car ils sont primordiaux pour permettre une bonne récolte. Ils sont actuellement fixés sous la barre de coupe et leur écartement est réglable. Rosmaryn du Prieuré a trouvé un moyen d'adapter les releveurs d'épi pour permettre à leur hauteur de s'adapter à la hauteur de coupe. Nous avons ensuite testé 4 formes différentes, du déflecteur plan à un déflecteur avec des cônes imbriqués [Illustrations 3 et 4]. C'est ce dernier système qui a le mieux fonctionné et qui ouvre la porte à la réalisation de plaques imbriquées dont la longueur pourrait être adaptée pour chaque plante.

Déflecteur droit

Illustration 3 : Déflecteurs plans, tôle en plastique, Photo l'Atelier Paysan.

Déflecteur gauche

Illustration 4 : Déflecteurs à cônes imbriqués, tôle en métal, Photo l'Atelier Paysan.

Et la suite ? Le travail ne s'arrête pas ! On est en construction avec le groupe de producteurs et de productrices PPAM pour savoir quelle forme prendra la suite du travail sur la récolteuse. Une rencontre en physique autour de la récolteuse sera la bienvenue pour ce groupe de travail, qui a majoritairement travaillé par visio pour l'instant. Ce groupe rassemble des producteurs et des productrices de PPAM du Jura, des Alpes Provençales et des Pyrénées Orientales. Des chantiers principaux sont déjà envisagés :

  • Suite du travail sur les déflecteurs,
  • Modification de la motorisation d'avance,
  • Permettre une vitesse de déplacement plus rapide que celle de récolte.
  • Diverses améliorations mécaniques.

A l'année prochaine pour de nouvelles évolutions ! En attendant, n'hésitez pas à nous faire part de vos retours, remarques et questions en écrivant à a.demathieu@latelierpaysan.org. Cela permettre d'enrichir notre travail sur la récolteuse PPAM.


Publié le 12.05.2022 à 10:19

3 et 4 juin : l'Atelier paysan en Occitanie et Assemblée générale de la coopérative

Rendez-vous à Félines-Minervois (34) pour une journée grand public le vendredi 3 juin et le samedi 4 juin pour l'AG réservée aux sociétaires de la coopérative.

JPEG - 601.8 koVendredi 3 juin : journée et soirée ouvertes au public

Possibilité d'arriver la veille au soir. Contacter Anaïs Landecy au siège de l'Atelier paysan à Renage, a.landecy [@] latelierpaysan.org / 04 76 65 85 98

Important ! Certains événements de cette journée nécessitent une inscription ou une réservation, merci de compléter impérativement ce formulaire : inscriptionreservation-pour-le-vendredi-3-juin-avec-latelier-paysan-en-occitanie.

10h00-10h30 >Accueil et café au Domaine Beauregard, sur la commune de Bizanet (11 200) 10h30, visite du domaine avec Nicolas Mirouze, sociétaire de l'Atelier paysan (sur inscription, pour aider à la logistique)

« Domaine viticole familial depuis la fin du XIXème siècle, Beauregard a été repris en 1999 par Karine et Nicolas Mirouze, qui l'ont transformé en profondeur en réduisant par deux la surface et en divisant par quatre le volume. Les vins produits aujourd'hui sont élaborés sans aucuns intrants et c'est le travail réalisé toute l'année dans les vignes qui permet de fermenter de façon spontanée lle raisin. Aujourd'hui l'objectif est d'ouvrir le domaine à d'autres productions et de définir un modèle viable de polyculture-élevage organisé collectivement... Une grande aventure ! »

Suite de la journée et soirée à Félines-Minervois : Foyer municipal, 34210 Félines-Minervois (parking : suivre les fléchages)

13h00 > Repas (stands de restauration rapide sur place)

14h30 – 17h00 > Quelles stratégies individuelles et collectives d'équipement en agriculture ?Premiers résultats de l'enquête collective menée sur une cinquantaine de fermes françaises dans le cadre d'un projet de recherche participative sur les politiques d'équipement agricole. Deux discussions :

  • Choix d'équipement : des stratégies financières
  • Réparer ou faire réparer : les déterminants de la maintenance

18h00-19h00 > Visite de la Maison des technologies paysannes d'Occitanie, notre nouvel atelier et centre de formation(31 bis route de Camplong à Félines-Minervois, à 400 m du foyer municipal)

À partir de 19h30 > Repas : restauration rapide, buvette, expositions, jeux, musique…

20h45 : deux évènements en parallèle !

  • « N'I A PRO », poésie et luttes viticoles, par Marie Coumes et Laurent CavaliéSalle Le Cellier, gratuit, sur réservation (dans la limite des places disponibles)

Marie Coumes et Laurent Cavalié sont allés à la rencontre des anciens militants des CAV Comités d'Actions Viticoles. Ceux qui ont mené leur combat des années soixante jusqu'à la manifestation tragique de Montredon-des-Corbières en mars 1976. Ces vignerons formulèrent en leur temps une volonté farouche de vivre et travailler au pays. Par là même, ils exprimèrent une grande dignité à être " de quelque part ", sans chauvinisme et loin de tout régionalisme. Les deux comédiens, musiciens chanteurs, redonnent la parole à ces hommes et ces femmes qui voulaient vivre dignement de leur travail.

  • Conférence-discussion autour du livre d'Aurélien Berlan, Terre et liberté – La quête d'autonomie contre le fantasme de la délivrance (éd. La Lenteur, 2021), avec son éditeur Matthieu AmiechFoyer municipal de Félines

Dans la plupart des civilisations ou des milieux sociaux, l'idée de la liberté qui prévaut est de pouvoir se décharger de la vie matérielle, des tâches de subsistance : sur les esclaves, sur les travailleurs manuels et les femmes, sur les machines... Dans cet essai philosophique remarquable, Aurélien Berlan ravive une conception opposée, subalterne, de la liberté portée par des mouvements populaires d'hier, en Occident, et des mouvements paysans d'aujourd'hui, dans les pays du Sud (en Inde et au Mexique, en premier lieu) : la prise en charge collective et égalitaire des besoins de base, des besognes nécessaires à la vie sur terre.


[OUTILS DE MEUNERIE EN FORMATION] Bilan de la dernière session !

En avril a eu lieu la dernière formation de ce semestre destinée à l'autoconstruction d'outils de meunerie.

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Pour cette session, direction la Haute-Saône ! Début avril, un camion de l'Atelier paysan s'est posé, l'espace d'une semaine, au fournil de la Modestine à Cornot, pour animer une formation avancée au travail du métal. Douze personnes ont participé à cette formation, paysannes et paysans (et futurs !) réunis dans le hangar de la ferme pour se frotter à la soudure, la découpe et autre manipulation du métal pour gagner en autonomie technique. Les supports pédagogiques de cette formation : 2 outils de meunerie :

  • La brosse à blé, outil de retrait des poussières en surface du grain de blé en amont du moulin
  • Le décortiqueur, outil permettant de décortiquer les grains par brassage au contact d'une grille. Principalement éprouvé sur le petit épeautre, 5 tailles de grilles des cartouches sont interchangeables pour effectuer des tests sur d'autres graines Douze outils ont été travaillés, avec lesquels les participantes et participants sont repartis pour la mise en route à la ferme. Une belle semaine d'apprentissage collectif, de partage de compétences et d'échanges humains. Merci au GAEC de la Modestine pour l'accueil chaleureux et la mobilisation locale, merci à l'Adear 70 pour l'organisation. La saison de formation redémarre en octobre 2022, dans les antennes de l'Atelier paysan à Renage (38), St Nolff (56), Félines-Minervois (34), mais aussi chez vous ! Si vous êtes intéressés par une thématique de formation ou pensez à un groupe de personnes intéressées d'accueillir une formation, contactez-nous !

Catalogue de la gamme de formation proposée par l'Atelier Paysan Contact : Audrey SOMBARDIER -formations@latelierpaysan.org - 06.01.68.71.00


Publié le 11.05.2022 à 10:05

TÉMOIGNAGE DE STAGE

Interview de Clément Jeauffrinau, paysan arboriculteur avec sa compagne Clémence Monvoisin à Questembert, dans le Morbihan. Propos recueillis par Pierre Guéret, formateur de l'Atelier paysan le 29 avril 2022

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Déjà deux ans d'écoulés depuis ta venue en formation « S'installer avec l'approche collective des technologies paysannes » (2020), peux-tu nous raconter ce que tu as fait depuis la fin de cette formation ? Juste après ma sortie de formation, nous avons créé une structure qui s'appelle ‘'le verger de mon voisin''. On fêtera nos deux ans le premier mai qui vient. On a acheté cette maison avec des terres. On est parti de prairie, avec l'objectif de monter une ferme fruitière en agriculture biologique. On a déjà planté 3 200 pommiers, 600 poiriers et 2000 fraisiers. À terme, on aura 4 000 fraisiers, des myrtilles, des framboisiers, des cassissiers, des groseilliers, de la rhubarbe, et il y aura des petites surprises à venir dans les prochaines années. C'était pour nous une grosse installation parce qu'il n'y avait rien. Il a fallu tout faire donc à la fois créer l'entreprise, maîtriser l'outil agricole, maîtriser les plantations, l'irrigation. C'est tout un travail sur l'autonomie, à la fois apprendre par soi-même, mais aussi apprendre avec les autres. C'est ça qui était cool, on a un carnet d'adresses et de contacts assez important qui se remplit tous les jours, cela nous permet de ne pas toujours appeler la même personne.

Peux-tu nous dire ce que la formation de l'Atelier paysan t'a apportée ? Plein de choses ! Déjà c'était une rencontre avec d'autres porteurs et porteuses de projets, plein d'échanges autour de l'installation car on n'était pas tous au même niveau, on n'était que quelques-uns à vraiment avoir de la terre et à s'installer dans la foulée. Certaines et certains n'en étaient encore qu'au stade de projet. La formation m'a aussi permis de me dire, ‘'je suis capable de vraiment plein de choses'' ! Travailler le métal, je suis capable de faire de la mécanique sur un tracteur même si je ne maîtrise pas encore totalement le sujet, mais j'ose davantage me lancer dans l'inconnu pour bricoler. Je dépends moins de techniciens extérieurs à la ferme. J'ai également gardé des contacts avec d'autres stagiaires, ils peuvent passer à la maison, c'est toujours un plaisir de les recevoir. J'ai pu découvrir d'autres fermes dans le secteur pendant les visites organisées, ça permet de s'inspirer de modèles différents, d'imaginer la meilleure façon de travailler chez soi, que ça soit sur des questions d'ergonomie, de travail du sol, la gestion du parc matériel. C'était trop court, hyper intense, je suis sorti de là, j'étais crevé, mais j'étais vraiment content de la faire, c'était le bon timing, parfait pour moi en fait ! Aujourd'hui ça ne serait même pas la peine d'y penser vu mon emploi du temps...

Auprès de quel public tu conseillerais cette formation ? Les porteurs et porteuses de projets, ça c'est sûr, c'est une formation pour eux, parce que j'étais dans ce cas-là, des gens qui ont déjà une idée de ce qu'ils veulent faire, mais qui ne savent pas trop par où commencer. J'ai construit mes outils, je les ai utilisés directement en sortie de formation, je les ai même déjà modifiés pour certains !

Tu dis souvent ‘'on'', vous êtes deux sur la ferme ? Oui, je suis conjoint collaborateur, c'est Clémence qui est installée à titre principal.

Est-ce que ce n'est pas gênant qu'un seul de vous deux ait fait la formation à l'atelier paysan ? À la base, on voulait la faire tous les deux, ça aurait été vraiment top, mais le calendrier qu'on s'était fixé ne pouvait pas le permettre. On avait plein d'autres choses à gérer en même temps. En plus, Clémence avait déjà un diplôme agricole, elle avait déjà fait pas mal de visites de ferme, moi pas. Elle avait plus pris le temps d'analyser le projet et du coup le choix a été fait que ce soit moi qui fasse la formation. J'ai eu de la chance de pouvoir faire cette formation, quand je vois où on en est aujourd'hui, je lui dois beaucoup !