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 Guillaume Gontard Sénateur de l' Isère

Permanences: 3, rue Gabriel Péri – 38000 Grenoble – Tél. 04 38 86 28 74

Son activité au Sénat


Publié le 22.10.2026 à 16:09

Le 22 octobre, j’ai présenté la position du groupe écologiste du Sénat sur un texte très technique touchant à l’Office national des Forêts (ONF). Ce service public, parmi les plus anciens de France, assure une gestion de 11 millions d’hectares, en lien étroit avec les élus locaux et dans une perspective de gestion durable. Mais il a été fortement impacté par les restrictions budgétaires et les pertes d’effectifs.

Alors que le texte proposé ne propose que du bricolage, les défis auxquels font face nos forêts sont immenses : scolytes, mégafeux, sécheresse, prolifération des cervidés etc. J’ai donc plaidé pour l’abstention et surtout pour de vrais investissements dans ce service public crucial.

Vous pouvez retrouver mon discours en vidéo et sous format texte ci-dessous :

Merci M. le Président,

Madame la ministre,

Mes chers collègues,

735 ans. C’est l’âge vénérable de l’Office national des forêts, un de nos plus vieux services publics. Cette institution gère pas moins de 11 millions d’hectares, dont un quart des forêts en métropole, et vend 40% des volumes de bois produits en France. Sans cet outil formidable, des pans immenses de forêts, notamment publiques, seraient laissées à l’abandon ou à la gestion strictement financière du marché sylvicole. 

Au contraire, grâce au travail des quelque 8100 agents, ces bois sont gérés de manière durable : coupes sélectives plutôt que coupes rases, adaptation des forêts au changement climatique, entretien au quotidien, etc. Je tiens à remercier les agents qui effectuent ce travail de terrain et garantissent une bonne gestion de notre patrimoine forestier. Un travail mené en lien étroit avec les élus locaux, avec qui un lien de confiance précieux a été tissé au fil des années.

Mais les logiques néolibérales ont fortement dégradé ce grand service public. Si la baisse s’est arrêtée ces dernières années suite à plusieurs suicides, les effectifs restent deux fois moins nombreux qu’il y a 40 ans, alors que nos forêts font face à des défis immenses : sécheresse, invasion de scolytes, mégafeux, prolifération des cervidés… Malgré les alertes, le budget 2027 ne prévoit pas un euro de plus pour l’ONF.

La situation s’est encore compliquée en avril lorsque le Conseil constitutionnel a jugé les frais de garderie non conformes à la loi, faute de modalités de recouvrement. Ces frais versés par les propriétaires des terrains, souvent des communes, représentent près de 18% des recettes de l’ONF. Surtout, ils servent à financer des missions indispensables comme la gestion des travaux forestiers, la surveillance de la santé des arbres ou l’instruction des demandes. Alors que les recettes de la vente de bois sont très variables d’une année à l’autre, il s’agit là d’une ressource pérenne. Ces frais assurent par ailleurs une péréquation entre les communes, celles qui vendent le plus de bois payant pour les autres, dans l’esprit du service public.

Le texte proposé aujourd’hui entend donc clarifier le cadre légal de ces frais de garderie, et d’en exclure les terrains non-forestiers, comme les sous-sols, les installations de production d’énergies renouvelables et de télécommunications. On peut effectivement s’interroger sur le fait de demander une redevance aux communes sur ces terrains. Néanmoins, en excluant ceux-ci de la base de taxation, nous priverions l’ONF de recettes dont il a pourtant bien besoin. 

Soyons clairs : si l’on réduit les contributions des communes, alors il n’y a que deux possibilités pour financer l’ONF : augmenter les subventions de l’Etat ou les revenus de la vente de bois. Comme le gouvernement et la droite sénatoriale refusent la première option, l’ONF devra encore couper plus pour vendre plus, au détriment d’une gestion durable des forêts. Cette loi a d’ailleurs peu d’intérêt, puisque le cadre légal des frais de garderie devrait être réglé dans le PLF, où nous pourrons aussi discuter du montant de la contribution de l’Etat.

L’autre aspect de cet affaiblissement de l’ONF est la mutation des effectifs : les contractuels sont désormais plus nombreux que les fonctionnaires. Pourtant, ils ne disposent pas de représentants syndicaux et le second article de cette proposition de loi entend geler cette situation inacceptable. Cessons l’hypocrisie : si vous soutenez la privatisation de l’ONF, donnez le droit aux salariés de droit privé à une représentation syndicale ! Sinon, renforcez ses moyens et embaucher des fonctionnaires, comme nous le proposons !

Ainsi, ce texte se contente de bricolage plutôt que de s’attaquer à la question centrale des moyens et des missions confiés par l’Etat à ce grand service public. Ce rafistolage est l’arbre qui cache la forêt de la destruction méthodique de l’ONF. Le groupe écologiste s’abstiendra donc sur ce texte, en attendant de pouvoir planter les graines d’un renouveau.

Crédit photo en une : Lukasz Szmigiel

Publié le 22.10.2026 à 15:05

Ce jeudi 22 octobre, le groupe écologiste du Sénat organisait sa niche parlementaire. Après un débat sur les pesticides et les cancers qu’ils causent, durant lequel la droite sénatoriale a complètement nié le problème, nous avons ensuite débattu de la proposition de loi de ma collègue Antoinette Guhl, qui fait suite à la commission d’enquête qu’elle a organisé durant 6 mois sur les marges de la grande distribution, qui a permis de nombreuses révélations.

Ce texte propose un principe simple : étant donné la crise du pouvoir d’achat et l’envolée des prix alimentaires d’une part, et la hausse des marges des distributeurs d’autre part, nous ne pouvons laisser le marché gouverner notre alimentation sans règlementation. Le régime des prix ne peut être 100% libre, il faut l’encadrer.

La proposition de loi prévoit donc d’obliger les grands magasins appartenant à une chaîne (afin de ne pas toucher les petites épiceries) à proposer un panier de 80 produits sains (produits frais, fruits et légumes, féculents…) à prix coûtant. La droite sénatoriale a complètement ignoré nos arguments, ainsi que la faim et les maladies causées par la malbouffe. Elle nous a aussi rétorqué que le calcul du prix serait trop compliqué tout en faisant la promotion d’enseignes qui le pratiquent déjà.

La proposition de loi n’a malheureusement pas été adoptée. Vous pouvez retrouver mon intervention sur le texte en fin de séance ci-dessous :

Crédit photo en une : NRD

Publié le 21.10.2026 à 12:17

A la suite des manifestations, des pillages et de la répression observée ce samedi 17 octobre dans toute la France, j’ai été de nombreuses fois interrogé sur mon analyse de la situation. La voici dans ce texte :

Je prends la plume ce soir pour revenir sur les évènements du week-end après avoir laissé retomber quelque peu la cendre. Je ne peux pas aller jusqu’à dire que ma tête est reposée tant se mêle encore la colère, la tristesse, le désarroi mais aussi un peu d’espoir devant une génération qui se lève pour ses droits.

J’ai vécu samedi la manifestation de l’intérieur, j’ai constaté l’énergie, la détermination, le pacifisme d’une foule dont de nombreux éléments battaient le pavé pour la première fois. Je me suis interrogé et emporté en observant et subissant les manœuvres de la force publique brutalisant le cortège sans raison apparente. J’ai vu des jeunes gens en sang, les jambes lacérées par l’explosion des grenades. J’ai été témoin une nouvelle fois de la violence illégitime de l’Etat à l’encontre de ses – de nos – enfants. Le bilan est accablant : deux éborgnés, une main arrachée, une personne gravement blessée au crâne, et de nombreuses personnes meurtries dans leurs chairs et dans leurs esprits pour avoir exercé leur droit, constitutionnel, de manifester.

A toutes les victimes de ces violences d’État, je veux exprimer mon soutien plein et entier. Je continuerai de signaler à la justice l’ensemble des faits portés à ma connaissance et me battrai pour une reconnaissance et une condamnation ferme de ces violences, qui nous font honte et n’ont pas leur place dans un État de droit.

En revenant de la manifestation, j’ai vu avec horreur la désolation du centre-ville de Grenoble ravagé, saccagé, pillé. Des scènes d’émeutes, de guérilla urbaine. Comme tout un chacun, j’ai été sidéré, révulsé. Dans ce climat post apocalyptique, j’ai traversé des rues désertées où ne demeuraient que quelques pillards, souvent très jeunes, achevant la besogne commencée par d’autres. Je n’ai pas vu la police nationale. A Grenoble comme ailleurs, les commerçant.es ont attendu des heures durant la protection dont ils avaient besoin, la protection à laquelle ils avaient droit. Seul.es, démuni.es, ils et elles ont parfois tout perdu.

A toutes les commerçantes, à tous les commerçants vandalisé.es, pillé.es, parfois même brutalisé.es et violenté.es, je tiens à témoigner ma profonde émotion et à apporter mon plus complet soutien. Je me battrai lors de l’examen du budget pour que l’État leur vienne en aide à la hauteur des préjudices subis. Je salue la réaction rapide des municipalités, des collectivités locales, à commencer par celle de Grenoble et sa Métropole, qui se mobilisent pour venir en aide aux commerçants et reconstruire ce qui a été détruit.

La violence aveugle qui s’est déchainée dans nos centre-ville et sur des édifices républicains, comme à Limoges, Lyon et de Marseille, contraste avec l’ambiance bon enfant et les revendications claires et légitimes des cortèges immenses. Ces actions incompréhensibles dont on peine à trouver un sens politique, appellent une réponse pourtant profondément politique. Nous ne pourrons faire l’économie d’une vraie analyse de ce fait social, symptomatique d’une société de plus en plus délitée.

Mais le moment exige un retour au dialogue, au calme et à l’apaisement. Dans l’immédiat, un seul acteur de cette tragédie est capable de rétablir la situation : le Gouvernement. Les évènements du week-end sont une faillite considérable de la puissance publique. La stratégie de maintien de l’ordre est manifestement un désastre et la commission d’enquête lancée par l’Assemblée nationale (et la mission d’information sénatoriale) devra faire la lumière sur ce fiasco.

Mais aujourd’hui, le maintien de l’ordre n’est plus le sujet. La police la plus puissante, la plus armée et la plus brutale d’Europe n’est manifestement pas capable de contenir la terrible colère qui monte dans le pays. Colère des lycéens face à leur condition d’enseignement indignes, colère de jeunesses sans perspectives, colères des classes populaires et moyennes étouffées par l’inflation et l’explosion des prix des produits pétroliers, colère face à l’inaction climatique, colère face au racisme et aux discriminations, colère de tous les démocrates, de tous les défenseurs de la liberté face à un pouvoir vertical, sourd et de plus en plus autoritaire.

Face à la colère, face à ce qui ressemble de plus en plus à une révolte qui gronde, la seule issue au conflit est le retour du politique ! La répression nourrit la colère aussi sûrement que le rondin de bois nourrit le feu. Cette stratégie de l’embrasement met aussi en danger nos forces de l’ordre, devenues le seul rempart d’un pouvoir très largement rejeté.

Depuis le début du mouvement lycéen, le Gouvernement a fait le choix délétère de la répression, policière et judiciaire, et du pourrissement. Il porte l’essentiel de la responsabilité de la dégradation de la situation. Il est tributaire de son bilan des dix dernières années, objectivement désastreux. La tentative à l’œuvre de faire porter ses échecs à ses adversaires politiques de gauche serait risible si elle n’était pas absolument pathétique et indécente.

Ce que le Gouvernement a fait, seul le Gouvernement peut le défaire. Pour éviter que la décennie de pouvoir macroniste irresponsable, brutal et vertical ne se termine en pugilat, le Premier ministre doit faire exactement l’inverse : prendre ses responsabilités, apaiser et concerter. D’autres ont su le faire par le passé : Georges Pompidou en mai 1968, Jacques Chirac en 1995 ou encore Dominique de Villepin en 2006. Il n’y a pas de mal à reconnaître ses erreurs, mais bien à les reproduire.

Le Gouvernement doit donc faire amende honorable, annoncer des mesures fortes dans le budget pour notre jeunesse et pour le pouvoir d’achat pour calmer les esprits et offrir une issue acceptable au mouvement social. Il doit ensuite rouvrir le dialogue social avec les organisations lycéennes et étudiantes et avec l’ensemble des partenaires sociaux. Il doit lancer un cycle de négociation sociale sur le pouvoir d’achat, massif et incontestable qui travaillera jusqu’à la présidentielle, et engagera ses successeurs que nous désignerons au printemps.

Car la campagne présidentielle en cours, nouvelle course de petits chevaux déplorables ne suffira pas à octroyer la respiration démocratique dont notre pays a besoin après 10 ans de pouvoir jupitérien.

Et considérant qu’il est de toute façon peu probable que le/la prochain.e président.e de la République dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale dans notre pays fracturé, on peut même être plus ambitieux en lançant une immense consultation citoyenne dans tout le pays, des Etats généraux : repartir des doléances des gilets jaunes, des contributions des lycéens et des lycéennes et bâtir un programme citoyen concerté pour répondre aux défis que doit relever notre pays : reconstruction du pacte républicain et démocratique, réduction des inégalités, lutte contre la pauvreté, abolition des privilèges de quelques-uns, retissage du lien social, adaptation et atténuation du dérèglement climatique, accès à un logement abordable et sobre, renforcement de la sécurité nationale et européenne, etc.  Un programme qui servira de feuille de route incontestable à une Assemblée nationale vraisemblablement partagée.

Il est trop tard pour Emmanuel Macron qui rejoindra les oubliettes de l’histoire. On pourrait penser que Sébastien Lecornu saurait prendre de la hauteur et changer de politique, mais le veut-il seulement ? Sa responsabilité devant l’Histoire est immense, le pays n’a plus que deux options : sombrer dans le fascisme ou changer radicalement de politique en définissant un nouveau pacte social et démocratique.

Crédit image en une : Norbu Gyachung

Publié le 19.10.2026 à 15:38

Avec la sénatrice Marie-Pierre Monier et la députée Marie Pochon, j’ai organisé en avril dernier un colloque au Sénat sur l’avenir de la filière de l’herboristerie en France. Sept ans après la publication du rapport mission d’information sénatoriale conduite par Joël Labbé : « Les plantes médicinales et l’herboristerie : à la croisée de savoirs ancestraux et d’enjeux d’avenir. », la filière de l’herboristerie française poursuit son essor.

Cette vitalité a été constatée lors des rencontres « Imaginons ensemble l’herboristerie de demain » ; qui a réuni à l’automne 2025, trois jours durant, à Nyons dans la Drôme, les acteurs et actrices de la filière : producteur·rices, herboristes, pharmacien·nes, praticien·nes, formateur·rices, organismes de formation, chercheur·euses, élu·es du territoire et parlementaires… L’objectif était alors de penser le développement d’une herboristerie durable, respectueuse des plantes et des humains : petites structures en circuit court, entreprises ancrées dans leur territoire, créatrices de lien, de savoir-faire et d’emplois locaux.

Pour compléter ce travail, et en attendant une future proposition de loi, j’ai décidé de lancer un groupe de travail autour de l’herboristerie. Nous avons organisé une première réunion au Sénat ce 19 octobre, qui a permis d’esquisser les contours de la Fédération des Métiers de l’Herboristerie Engagée. Cette riche journée de travail réunissait tous les acteurs de la filière : la Fédération Française des Écoles d’Herboristerie (FFEH), le Syndicat SIMPLES, la Fédération des Paysan-ne-s Herboristes(FPH), l’Association des Herboristeries de France (AHF), la Guilde Française des Praticien.nes en Herboristerie et l’ Association française des professionnels de la cueillette (AFC).

En attendant la suite de ces travaux, vous pouvez retrouver les conclusions du colloque que j’ai organisé en début d’année dans le livret ci-dessous :

Publié le 14.10.2026 à 18:24

Le 14 novembre 2026, en commission de la Culture et de l’éducation au Sénat, j’ai interpellé le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray sur les revendications légitimes des lycéens. Ils et elles portent des demandes de bon sens, qui doivent être entendues : recrutement de professeurs, moins d’élèves par classe, rénovation du bâti scolaire (notamment face aux canicules), plus de démocratie dans les établissements etc.

J’ai travaillé cette question avec cinq lycéens de l’Isère, rencontrés lors de mes visites sur les blocages et venus au Sénat pour la journée. Ils ont cependant été déçus de la réponse du ministre, et du mépris plus général du Gouvernement pour leurs revendications et leur mouvement.

Publié le 13.10.2026 à 09:38

Depuis l’apparition des premiers magasins de CBD (cannabidiol) en 2018, la filière vit dans une insécurité juridique complète et subit des réformes non concertées qui la fragilisent, entraînant la disparition de nombreux commerces. Estimé à plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, ce secteur représente aujourd’hui plus de 2 000 à 3 000 emplois directs et plusieurs milliers d’emplois indirects. L’intérêt de cette molécule pour le bien-être et pour certains soins est par ailleurs attesté par de nombreuses études scientifiques, et la culture du chanvre contenant moins de 0,3 % de THC est autorisée.

L’Etat n’a pourtant cessé d’entraver le développement de cette filière, généralement en faisant un amalgame entre les différentes formes de cannabis, peu importe le taux de THC (la molécule déclenchant les effets psychotropes du cannabis). L’arrêté du 30 décembre 2021 interdisait ainsi la vente de fleur et de feuille, menaçant toute la filière. Celui-ci a rapidement été suspendu (dès le 24 janvier 2022) par le Conseil d’Etat, qui l’a ensuite cassé le 29 décembre 2022. Le Conseil d’Etat a en effet considéré que le CBD n’était pas un psychotrope et ne présentait pas de risque généralisé pour la santé publique justifiant une interdiction généralisée.

Dans le Projet de loi de finances pour 2026, le Gouvernement a tenté de placer le CBD sous le même régime que le tabac avec un droit d’accise insoutenable et contrôle douanier de la production agricole en rupture totale avec son fonctionnement. L’Assemblée nationale et le Sénat ont cependant supprimé l’essentiel de ces dispositions.

Enfin, en avril 2026, le gouvernement a porté un nouveau coup dur contre la filière avec l’interdiction du CDB alimentaire via le règlement européen Novel food. Le Conseil d’Etat a été saisi et tranchera.

La filière est pourtant tout à fait responsable et veut de la stabilité, au lieu d’un amalgame dénigrant une molécule aux bienfaits reconnus. Déjà en septembre 2022, j’avais porté une résolution, adoptée par le Sénat à une très large majorité, pour valoriser la filière chanvre d’une part et encadrer juridiquement la filière CBD.

Face aux nouvelles attaques incompréhensibles du Gouvernement et à l’inquiétude de la filière, il nous fallait aller plus loin et déposer une proposition de loi (PPL) créant un cadre juridique clair. J’y ai donc travaillé avec les acteurs de cette filière, notamment l’Association française de producteurs de cannabinoïdes (AFPC) et l’Union des professionnels de CBD (UPCBD).

Ce travail vient d’aboutir à un texte déposé aujourd’hui, que j’ai présenté en conférence de presse avec les présidents de ces deux structures. Cette PPL crée, entre autres, un statut pour la fleur de chanvre, renforce la traçabilité des produits, interdit la vente au mineur, garantir l’application du taux normal de TVA et adapte le code de la route pour autoriser la présence d’une faible quantité de CBD dans le sang afin de concilier les exigences de sécurité routière avec la réalité des usages légaux.

Vous trouverez ce texte sur le site du Sénat. J’espère maintenant pouvoir faire étudier ce texte rapidement par le Sénat, puis par l’Assemblée nationale, afin de trouver une issue positive à ce blocage juridique qui n’a que trop duré.

Crédits image en une : CBD Infos

Publié le 05.10.2026 à 16:02

En raison du retrait d’une subvention d’un montant de 200.000 euros par la Direction générale de la prévention des risques du ministère de la Transition écologique, l’Institut des risques majeurs de Grenoble (IRMA) s’est vu contraint d’annuler son évènement « Résilience Tour », organisé chaque année pour informer et sensibiliser élu-es locaux, élèves et grand public aux risques naturels et technologiques.

Alors que le Gouvernement dit vouloir soutenir les communes et les territoires de montagne, le retrait de cette subvention compromet au contraire leur transition. Avec mes collègues Jérémie Iordanoff et Cyrielle Chatelain, députés de l’Isère, nous avons écrit à la ministre de la Transition écologique Monique Barbut pour lui demander de restaurer cette subvention et l’interroger sur les moyens qu’elle compte mettre en œuvre afin d’accompagner les territoires dans la transition écologique. Vous trouverez une copie de ce courrier ci-dessous :

Madame la Ministre,
Nous souhaitons vous alerter sur les graves conséquences du retrait d’une subvention importante allouée à l’Institut des risques majeurs de Grenoble. En raison du retrait de cette subvention (d’un montant 200.000 euros) par la direction générale de la prévention des risques de votre ministère, l’Institut des risques majeurs de Grenoble (IRMA), se voit contraint d’annuler son évènement Résilience Tour, organisé chaque année pour informer et sensibiliser élu-es locaux, élèves et grand public aux risques naturels et technologiques.

Entre 2022 et 2025, le Résilience Tour s’est déployé à travers la France métropolitaine et ultramarine, permettant de sensibiliser plus de 30 000 participant-es et de mobiliser près de 800 acteurs et actrices locaux. Chaque année, il a été distingué par un prix national dans le cadre de la Journée nationale de la résilience. Aux côtés des personnels de l’institut et des publics touchés par l’annulation de cet évènement, nous vous faisons part de notre plus grande incompréhension.

Alors que nos territoires sont de plus en plus exposés aux risques naturels et technologiques et que vous avez reconnu à plusieurs reprises la nécessité de doter les collectivités et les élu-es de connaissances et d’outils en matière de prévention et gestion des risques, cette décision est un énième affront. Il s’agit également d’un recul incompréhensible des politiques publiques d’adaptation des territoires aux effets du changement climatique.

Alors que votre Gouvernement dit vouloir soutenir les communes et les territoires de montagne, le retrait de cette subvention compromet au contraire leur transition. Nous vous demandons instamment de restaurer cette subvention et vous interrogeons sur les moyens que vous comptez mettre en œuvre afin d’accompagner les territoires dans la transition écologique.

Dans l’attente de votre retour, nous restons à votre disposition pour tout échange et vous prions de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de notre haute considération.

Publié le 01.10.2026 à 12:07

J’ai participé ce matin, avec d’autres collègues parlementaires, à un échange avec Marie-Ange Debon, PDG de La Poste, au Musée postal de Paris. J’ai profité de cette occasion pour relayer les nombreuses inquiétudes des élu.es et des usager.ères, à la suite des révélations de la presse concernant le projet de transformation de 441 bureaux de poste en agences postales communales ou en relais-poste chez des commerçants, d’ici à la fin de 2027.

S’ajoutant à la disparition de nombreuses boîtes aux lettres (7 en moins chaque jour depuis 2018), cette transformation de la présence de la Poste dans les territoires signifie une dégradation du service pour les usager.ères. Les agences postales communales et les relais commerçants ne permettent ainsi que des opérations très simples et pas les services bancaires. La Poste a pourtant une mission de service public bancaire et nombre de ses client.es sont des personnes en difficulté, y compris avec les outils digitaux censés pallier ce désengagement physique.

Par ailleurs, les agences postales communales correspondent à un transfert de charges financières de la Poste vers les communes. La première verse en effet une part de la paie des agents communaux chargés d’effectuer ces missions, tandis que les secondes doivent financer le reste. Alors que de nombreuses communes sont déjà en grande difficulté financière et que cette mission ne relève pas de leurs obligations légales, elles s’engagent souvent malgré tout à prendre en charge ces frais afin d’assurer le maintien d’une présence postale réclamée par les habitant.es.

Durant cette réunion, nous avons été plusieurs parlementaires à demander une véritable transparence sur ce que souhaite réellement faire La Poste, et à réaffirmer la nécessité de réinstaurer un dialogue de confiance avec les élu.es. Plusieurs bureaux de poste ruraux sont concernés mais aussi des bureaux situés en zone urbaine. C’est notamment le cas à Grenoble, avec quatre points concernés, ou encore à Tencin, Froges et Saint-Jean-d’Hérans.

Enfin, j’ai aussi utilisé cette occasion pour mentionner la situation sociale au sein de la Poste, avec des pratiques illégales que j’avais déjà dénoncé dans une question au gouvernement en 2024.

Cette situation est évidemment le fruit de choix politiques, notamment budgétaires, puisque l’État ne compense qu’à peine la moitié du coût des missions de service public effectuées par le groupe. Les prochains débats sur le projet de loi de finances seront l’occasion d’infléchir, ou non, cette politique de destruction des services publics. Ces décisions, le plus souvent prises en ignorant, voire en méprisant les élu.es, ne font qu’accentuer le sentiment d’abandon.

Crédit image en une : Frédéric Bisson

END

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