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 Guillaume Gontard Sénateur de l' Isère

Permanences: 3, rue Gabriel Péri – 38000 Grenoble – Tél. 04 38 86 28 74

Son activité au Sénat


Publié le 27.02.2026 à 10:59

J’ai été alerté, en Isère, sur la rediffusion, auprès d’élu-es locaux et d’habitant-es, d’un “manifeste pour la chasse” édité en 2025 par la fédération nationale des chasseurs.

Je m’alarme du projet inquiétant de la fédération nationale des chasseurs de mettre en place une “police de proximité rurale”. La création de milices de ce type serait contraire au cadre républicain.

Dans ce manifeste, qui n’est pas nouveau, la fédération nationale des chasseurs demande également “la suppression de tous les moratoires européens et le maintien de toutes les espèces chassables”, “la réduction significative des populations de loups”, la “suppression de tous les moratoires européens et le maintien de toutes les espèces chassables”, “l’animation d’une police de proximité rurale par les fédérations des chasseurs à disposition des communes”, la “création d’un fonds dédié aux fédérations pour financer des actions de réaménagement environnemental comme les haies pour le petit gibier”, la “réduction significative des populations de loups”, le “retour à la liste complète des nuisibles dans tous les départements et le maintien partout du piégeage et du déterrage”.

Alors même que les fédérations de chasse sont tenues de remplir une mission de service public de préservation de la biodiversité, je m’interroge sur la compatibilité des objectifs affichés par la fédération nationale de chasse avec ceux du Ministère de la Transition écologique, qui donnent pourtant lieu au versement 19 millions d’euros par an aux fédérations.

Je souhaite également rappeler que l’accès à la nature doit être partagé et que chacun et chacune d’entre nous (familles, enfants, sportifs et sportives, randonneurs et randonneuses, habitants et habitantes…) doit pouvoir s’y promener en sécurité. La demande de la fédération nationale des chasseurs d’avoir “la liberté de continuer à chasser le week-end, les vacances et jours fériés” ne va pas dans le sens d’un partage des usages, apaisé et équitable.

Retrouvez ma question écrite au Ministre de la transition écologique.

Crédit photo en une : Mohammed OUZZAOUI

Publié le 25.02.2026 à 16:22

A la suite de la manifestation néo-nazie organisée à Lyon le 21 février en hommage à Quentin Deranque, et alors que les digues tombent les unes après les autres face au fascisme qui menace notre République, j’ai posé une question au Premier ministre lors des questions au gouvernement ce mercredi 25 février 2026. Si la violence doit être combattue d’où qu’elle vienne et que la mort de ce jeune militant nationaliste est inacceptable, son instrumentalisation pour réhabiliter les idées d’extrême droite et accuser la gauche de commettre des violences l’est tout autant.

Vous pouvez retrouver ma question en vidéo et sous format texte ci-dessous :

Monsieur le Premier ministre,

Le 15 mai 1945, ici même, le général de Gaulle prononçait ses premiers mots après la victoire contre le nazisme.

Samedi, tout ce que la France compte de groupuscules néo-nazis et néo-fascistes a défilé au grand jour, laissant échapper, malgré tous leurs efforts de dissimulation, leur adoration du Reich et leur haine de la différence.

Une facho pride autorisée par la République, encadrée par sa police.

Peu avant, le Parlement et la Région AURA, avec un masochisme incompréhensible, ont rendu hommage à un ennemi de la République.

Votre ministre en charge de la lutte contre les discriminations cite Charles Maurras sans sourciller.

La candidate du socle commun à Marseille fait sienne la devise pétainiste du régime de Vichy.

Le président du parti qui se nomme pourtant « Républicain » dénonce « les dérives de l’Etat de droit ».

Le Rassemblement national n’a qu’à attendre son heure pour achever la République.

Depuis le meurtre odieux de Quentin Deranque, un glissement s’opère. Une perte totale de repères pour certains, un vernis de respectabilité qui craque pour d’autres.

Profitant de l’émotion légitime suscitée par ce crime, une stratégie de victimisation s’orchestre sous nos yeux pour créer une figure de martyre à même d’autoriser les pires vilenies, les pires références.

Pour laisser le poison fasciste se répandre, on dénonce à grand cri les rares effets secondaires regrettables de l’antidote antifasciste.

L’inversion des valeurs, la banalisation de l’extrême droite à l’œuvre depuis de longues années dans les démocraties occidentales atteignent aujourd’hui dans notre pays un point de bascule.

Des années 30 en Europe au temps présent aux États-Unis, le chemin est connu, la funeste destination aussi.

Monsieur le Premier ministre, chers collègues, deux choix sont devant nous : le sursaut républicain et gaulliste ou le précipice fasciste. Le moment ne souffre d’aucune ambiguïté. Ne faisons pas bégayer l’Histoire.

Publié le 23.02.2026 à 11:18

Depuis le 29 janvier 2026, la ligne TER entre Valence et Grenoble est totalement interrompue suite à un glissement de terrain à Poliénas. Sa réouverture est désormais repoussée à mi‑mars 2026, soit 15 jours de retard supplémentaires.

Cette situation pénalise gravement le quotidien des habitant·es, rallonge les trajets et complique les déplacements professionnels, scolaires et quotidiens.

Il est inacceptable que les voyageurs paient le prix d’une gestion tardive des infrastructures. La Région Auvergne-Rhône-Alpes et SNCF Réseau doivent agir immédiatement en mettant en place davantage de solutions alternatives fiables pour ce trajet TER.

Pour soutenir les usager·es impacté·es, une pétition citoyenne a été lancée pour demander une meilleure prise en charge. Je vous invite donc à la signer.

Publié le 23.02.2026 à 11:10

Le 20 février, j’ai pris la parole au nom du groupe écologiste sur une proposition de loi de mon collègue Olivier Rietmann, président de la délégation aux entreprises du Sénat, dont je suis membre. Ce texte prévoit plusieurs dispositions pour réduire les retards de paiement dont sont victimes les PME et les ETi, qui peuvent les mettre en grande difficulté. Si ces propositions sont positives – j’ai donc voté pour le texte – j’ai tenu à rappeler d’où venait une bonne part de ces délais : de l’austérité et de pratiques de nouveau management public, qui affaiblissent continuellement l’Etat.

Vous trouverez mon intervention sous format texte et vidéo ci-dessous :

Monsieur le Président,

Monsieur le rapporteur,

Monsieur le Ministre,

Mes chers collègues,

Des petites entreprises qui ferment, nous en connaissons tous. Les raisons en sont très variées et se cumulent souvent, notamment le contexte économique et la concurrence de grosses entreprises. Je regrette d’ailleurs que ces dernières bénéficient souvent de plus de soutien de la part des pouvoirs publics et des banques que nos PME, alors que celles-ci sont vitales à l’équilibre de notre économie.

A l’inverse, l’arrêt de certaines entreprises n’a parfois que trop tardé, celles-ci étant maintenues en vie artificiellement par des prêts. C’est le cas d’“entreprises zombies” qui peinent aujourd’hui à rembourser les prêts garantis par l’Etat de l’ère Covid. J’invite donc à nuancer le constat d’une explosion des faillites d’entreprises.

Notre collègue Olivier Rietmann a néanmoins cherché à éviter les faillites de PME et d’ETI qui peuvent l’être. L’enjeu des retards de paiement est arrivé comme une évidence, tant ils mettent en difficulté des petites structures. En tant que chef d’entreprise, avec mon cabinet d’architecte, que maître d’œuvre et que maire, j’ai vu des dizaines d’entreprises tomber dans des situations très compliquées à cause de factures non-réglées à temps. Je partage donc l’objectif de ce texte.

Les mesures proposées par ce texte nous semblent pertinentes, du renforcement des sanctions du code du commerce pour les entreprises privées à l’interdiction de la renonciation contractuelle aux pénalités de retard. Surtout, le fonds prévu par l’article 3, chargé de régler de manière anticipée les créances des acheteurs publics aux PME qui en tirent une grande part de leur chiffre d’affaires, nous semble une réponse concrète à ces retards. Rendu expérimental par la commission, ce dispositif aidera utilement nos PME et ne pose guère de risques, sachant que l’Etat et les administrations finiront par régler leurs factures. Pour toutes ces raisons, nous voterons donc pour cette proposition de loi.

Cependant, il faut aussi, mes chers collègues, traiter le problème à la racine : d’où viennent ces retards de paiement ? Dans le secteur public, c’est le milieu hospitalier qui est le plus mauvais élève. Et pour cause ! Les moyens de l’hôpital public sont notoirement insuffisants et la tarification à l’acte a créé un monstre bureaucratique. Pour réduire ces délais, sortons du nouveau management public qui a transformé les hôpitaux en entreprises et votons des budgets à la hauteur des besoins !

Oui, l’austérité est une des premières causes de l’allongement des délais de paiement. En quinze ans, plus de 2000 trésoreries ont été supprimées sur tout le territoire, au profit du tout numérique et au détriment des conditions de travail des agents. Tout cela rend bien plus difficile pour nos PME d’avoir un interlocuteur pouvant les aider à obtenir les montants qui leur sont dûs. De même, le manque de moyens des communes, avec une DGF non-indexée sur l’inflation et des transferts de compétences non-compensés, pèse sur leurs comptes et leur capacité à embaucher des comptables et des secrétaires de mairie. Voilà, mes chers collègues de la majorité sénatoriale, le résultat de votre obsession à supprimer des postes de fonctionnaires.

Par ailleurs, tous les chefs d’entreprise le savent, le plus important c’est la visibilité ! Si votre niveau de commandes et vos coûts changent constamment, impossible que votre entreprise fonctionne correctement. Ici encore, l’État ne montre pas l’exemple, avec des politiques publiques en stop and go qui déstabilisent des filières entières. Je pense notamment aux atermoiements sur notre politique énergétique, qui ont mis en danger des dizaines de milliers d’emplois ou aux réformes incessantes de Ma Prime Rénov, qui rendent fous nos artisans. Vous voulez aider nos entreprises ? Alors adoptons enfin une planification écologique avec des trajectoires claires et les financements qui vont avec !

Enfin, puisqu’il est question des relations asymétriques entre l’Etat et les entreprises, parlons des aides publiques. La plupart sont conçues par et pour les grandes entreprises. Celles-ci bénéficient d’aides pour à peu près tout : une implantation ou un agrandissement, la recherche, la décarbonation, la préservation de l’emploi… tandis que nos PME sont beaucoup moins aidées. Le MEDEF qui adore dénoncer “l’assistanat” est bien silencieux sur cette différence de traitement. Ce modèle qui mise tout sur les grands groupes rend notre économie instable et plus exposée aux délocalisations. Et je ne parle pas des relations entre ces groupes et leurs sous-traitants, où les délais de paiement et diverses pressions servent parfois à détruire la concurrence.

Ainsi, mes chers collègues, nous soutenons ce texte et ses mesures positives, mais en gardant à l’esprit les vraies raisons de ces retards de paiement et les réformes de fond à mettre en œuvre. Et oui, cela implique que l’Etat serve l’intérêt général et que, non, il n’est pas une entreprise.

Publié le 20.02.2026 à 14:47

Dermatose nodulaire, fièvre catarrhale ovine, maladie hémorragique épizootique, peste porcine africaine, influenza aviaire, tuberculose bovine… Les maladies qui touchent l’élevage, les épizooties, ne sont plus des crises isolées : elles se succèdent, se répètent et s’intensifient. Ces maladies ont des conséquences graves pour les filières d’élevage, soulèvent des enjeux sanitaires, économiques et sociaux majeurs et représentent un véritable défi pour notre système agricole et sanitaire.

Avec mon collègue Daniel Salmon, sénateur d’Ille-et-Vilaine, nous avons donc organisé au Sénat un colloque à ce sujet. Le vendredi 20 février, nous avons eu la chance de rencontrer de nombreux professionnels de la question : juristes, ingénieurs, agriculteurs, vétérinaires, sociologues, biologistes, chercheurs sont venus partager leurs travaux riches et pointus. Ces tables rondes étaient précisément l’occasion de prendre le temps, de prendre du recul, pour réfléchir à cet enjeu de manière globale.

Face à la dermatose nodulaire par exemple, l’État a imposé depuis juin l’abattage total et systématique du troupeau lorsqu’un cas est détecté dans un élevage. Plus de 3 000 bovins ont ainsi été abattus. C’est une décision qui a souvent été mal comprise, prise sans réelle concertation, sans accompagnement et sans recul scientifique.

Nos discussions ont démontré la nécessité d’un protocole global et d’une coordination nationale, intégrant pleinement les agriculteurs et agricultrices sur le terrain, qui doivent être acteurs des discussions et des décisions prises. Mais aussi une adaptation à certaines situations spécifiques car les abattages totaux ne peuvent constituer une réponse unique et systématique. Nous devons co-construire, avec l’ensemble de la profession agricole et au plus près des territoires, une stratégie sanitaire renouvelée : favoriser l’élevage de plein air lorsque cela est possible, faciliter l’accès aux vaccins, mobiliser des moyens adaptés lorsque les abattages sont inévitables.

Les indemnisations doivent également être ajustées aux différents types de structures et de modèles, notamment pour l’agriculture biologique. Un accompagnement psychologique des éleveurs doit aussi être prévu face aux situations éprouvantes qu’ils traversent.

Le financement de la recherche constitue également un enjeu central pour mieux comprendre et affronter ces maladies, et cela sur le temps long. Or, nous le déplorons, ce secteur a récemment été touché par une coupe budgétaire dans la dernière mission Agriculture du budget.

Il devient indispensable d’adapter notre système pour mieux gérer ces maladies, mais surtout pour mieux les prévenir, en tenant compte de nos écosystèmes et en privilégiant des modèles plus résilients.La répétition de ces crises met en évidence les limites de notre modèle agricole actuel : développement de l’élevage intensif, concentration des exploitations, effets du changement climatique, mondialisation des échanges.

À défaut d’anticipation et de réponses réellement adaptées, nous continuerons à générer de la souffrance animale, de la souffrance humaine, des pertes économiques majeures, mais aussi des pertes génétiques parfois irréversibles, notamment pour les races à petit effectif. C’est l’ensemble de la filière qui en subit les conséquences.

Nous remercions chaleureusement tous nos intervenants et les personnes qui ont participé à l’organisation de cette journée. Merci à Pauline Ezanno, Fabienne Grebert, Eugénie Duval, Anatole Poinsot, Xavier Bailly, Stéphane Galais, Dorian Nicolle, Eric Meens, Jocelyne Porcher, Sébastien Mouret, Robin Petit-Roulet, François Charrier, Eric Cardinale, Marie-Christine Legal, Sophie Guillon et Benoit Biteau.

Merci également à tous les participants sur place et en visio-conférence.

Publié le 18.02.2026 à 10:59

La mort de Quentin Deranque est un drame. La violence politique est la négation de la République, la négation de la démocratie. Personne ne devrait mourir pour des idées, fussent-elles condamnables par la loi.

A la famille de Quentin Deranque et à ses amis et à ses proches je renouvelle mes condoléances et leur apporte ma compassion dans cette douloureuse période de deuil.

Mais porter le deuil et rendre hommage sont deux choses tout à fait distinctes.

La République et donc l’Assemblée nationale et le Sénat ne devraient pas rendre hommage à un militant néo-nazi dont les convictions sont antithétiques avec les valeurs de la République que sont la Liberté, l’Egalite et la Fraternité, dont le projet politique est la destruction même de la République.

Les collaborateurs du régime nazi, même d’anciens héros de guerre comme Philippe Pétain ont été démis de tous les honneurs civils et militaires que la République leur avait accordés. Ils ont terminé leur vie dans la honte.

Célébrer la mémoire d’un nationaliste est une faute morale autant que politique qui dit beaucoup du glissement à l’œuvre de la France qui plonge chaque jour vers la peste brune. Je n’ai donc pas assisté à l’hommage prononcé mercredi par le président du Sénat Gérard Larcher. Hommage prononcé dans la même enceinte que celle, où le 15 mai 1945, le général De Gaulle s’est pour la première fois exprimé après la victoire définitive contre le nazisme. 

Je déplore par ailleurs que Gérard Larcher, qui a fixé des règles strictes s’agissant des hommages publics qu’il réserve aux victimes du terrorisme et aux victimes innocentes du narcotrafic, ait dérogé aussi facilement à sa propre règle. Il ne le fait pas pour les victimes du racisme, de l’homophobie ou du masculinisme.

Quentin Deranque n’est pas un martyr. Il est mort de la violence politique dont lui et ses camarades d’extrême droite sont les principaux instigateurs.

Quentin Deranque était un ennemi de la République. La République n’a pas à lui rendre hommage. J’ai refusé de lui rendre hommage.

Publié le 18.02.2026 à 10:02

Le train est un mode de transport particulièrement écologique : il consomme six fois moins d’énergie et émet neuf fois moins de CO2 que le transport routier. Pourtant, notre réseau ferroviaire se détériore, conséquence des sous-investissements de l’État. Nous sommes d’ailleurs l’un des pays d’Europe qui investit le moins dans ses trains.

Source : Allianz Pro Schiene

L’exemple des trains de nuit démontre parfaitement le désengagement de l’État dans ces infrastructures. En effet, malgré les déclarations successives de membres du gouvernement depuis plusieurs années, se targuant de vouloir relancer cette forme de mobilité, nous pouvons observer un manque flagrant d’actions concrètes, voire même un recul sur cette question.

J’ai eu la chance de participer à un colloque sur ce sujet à l’Assemblée nationale le 18 février. Cette journée, organisée par le député Christophe Proença et la députée Valérie Rossi, a été l’occasion de revenir sur un constat : le gouvernement abandonne le bien commun que constitue notre réseau ferroviaire, alors même qu’il permet une mobilité durable et moins polluante, rendant possible une véritable transition écologique, qui est une urgence et une priorité.

Ces trains de nuit, comme la ligne Paris–Berlin–Vienne supprimée en décembre dernier (je m’étais alors rendu à la mobilisation des syndicats de cheminots à la gare de l’Est à Paris), affichent un taux de remplissage de plus de 70 %, répondant ainsi à une réelle demande. Ces réseaux méritent une véritable réhabilitation sur notre territoire, mais aussi au niveau international. Supprimer ces lignes est une erreur politique et un abandon écologique.

L’association « Objectif train de nuit », par exemple, formule des propositions en accord avec les réalités concrètes de notre réseau ferroviaire. Les flux de fret et de voyageurs à faible volume quotidien ne peuvent garantir, individuellement, la viabilité économique de leur transport par rail. C’est pourquoi elle propose de les regrouper dans un même convoi sur des axes pertinents afin de les rendre viables, dans l’objectif de décarboner les transports de fret et de voyageurs tout en réduisant leur consommation d’énergie.

Je suis personnellement particulièrement mobilisé sur la ligne Paris-Briançon, qui traverse l’Isère et qui subit régulièrement des annulations de trains en raison de l’état déplorable du réseau, alors même que notre territoire a besoin de ces itinéraires alternatifs.

La loi-cadre sur les transports, qui sera discutée au printemps, sera l’occasion de débattre enfin des financements alloués au transport ferroviaire, alors qu’un mur d’investissement se profile pour maintenir et développer notre réseau, largement délaissé à l’exception du TGV ces dernières décennies. Si je partage une des propositions de ce texte, à savoir le fléchage des bénéfices des concessions autoroutières vers le ferroviaire, j’aurai souhaité que ces concessions soient renationalisées. 

Plus largement, ces montants resteront malheureusement insuffisants face aux besoins, notamment pour développer les RER métropolitains promis par le Président de la République. Le groupe écologiste du Sénat se mobilisera pour faire connaître ses demandes et ses propositions, afin d’aboutir enfin à un calendrier clair et à un véritable engagement de l’Etat pour un service public ferroviaire digne de ce nom.

Crédit photo en une : Osman Rana

Publié le 12.02.2026 à 09:08

Voilà trois ans que tout le secteur énergétique en France attendait une feuille de route claire pour les années à venir, jusqu’en 2035. Après avoir longtemps tergiversé et avec l’enlisement des débats parlementaires, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) s’est faite attendre. Ce retard a eu des conséquences très concrètes : des appels d’offres stoppés et donc des entreprises en difficulté, en particulier dans les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien. J’ai ainsi reçu de très nombreux courriers témoignant des inquiétudes profondes de l’ensemble de cette filière quant au blocage de nombreux projets. Pire, profitant de l’incohérence du camp gouvernemental, la droite et l’extrême-droite ont voté en juin 2025 à l’Assemblée nationale un moratoire sur le développement des énergies renouvelables, heureusement supprimé depuis.

Les préoccupations de cette filière d’avenir sont plus que légitimes, au regard des conséquences environnementales, économiques et sociales que pourrait entraîner l’absence de soutien des politiques publiques et d’une direction claire concernant le solaire et l’éolien. L’abandon de ces sources d’énergie, dont le coût de production est pourtant très compétitif face au nucléaire, nous semble être une erreur totale.

Plus largement, des questions majeures se posent quant à l’adéquation entre la production et la consommation d’électricité, la France connaissant actuellement une surproduction. Le retard de l’électrification des usages et la désindustrialisation semblent être les causes de cette production excédentaire. Le gouvernement a demandé un rapport sur ce sujet, attendu pour l’année prochaine. Celui-ci sera utile pour éclairer les débats.

Cela fait désormais deux ans que notre groupe Écologiste – Solidarité et Territoires s’oppose fermement au moratoire proposé par les Républicains et le Rassemblement national et insiste auprès du gouvernement pour une PPE ambitieuse. Les débats très laborieux menés dans les deux chambres du Parlement n’ont malheureusement pas permis d’aboutir à un accord, laissant cette question essentielle en suspens bien trop longtemps.

Face à cette impasse et à l’urgence de sauver la filière, le gouvernement s’est résolu à faire adopter par décret la programmation pluriannuelle de l’énergie. La feuille de route énergétique de la France vient d’être annoncée aujourd’hui même par le Premier ministre. Si nous estimons que celle-ci est largement insuffisante, elle permet au moins de fixer un cap minimal et de passer des appels d’offres. Au vu de la conjoncture actuelle, de l’absence prolongée de décisions et de l’urgence à agir, ce décret apparaît comme la moins mauvaise des solutions possibles.

Nous déplorons cependant vivement la révision à la baisse des objectifs concernant le solaire et l’éolien, et nous restons convaincus que le nucléaire ne constituera jamais une réponse à lui seul aux défis énergétiques et climatiques. S’agissant du solaire photovoltaïque, la PPE3 prévoit 48 GW de capacités installées en 2030, puis une fourchette comprise entre 55 et 80 GW en 2035. Ces objectifs demeurent insuffisants, mais ils tracent au moins une trajectoire qui ne cède pas au moratoire. Nous espérons que cette PPE3 permettra malgré tout à la filière des énergies renouvelables de se structurer et de prospérer, afin d’offrir à nos territoires des perspectives de développement réellement durables.

Pour autant, l’orientation prise par notre pays à travers ce décret n’est pas à la hauteur des enjeux. Au vu des enjeux de souveraineté énergétique, de prix de l’électricité, de transition écologique et d’aménagement du territoire qu’elle pose, la PPE nécessite un vrai débat démocratique. Je regrette donc le passage en force du gouvernement et espère que la prochaine version de la PPE ira jusqu’au bout de son étude au Parlement.

Crédit photo en une : Raimond Klavins

END