Guillaume Gontard Sénateur de l' Isère
Permanences: 3, rue Gabriel Péri – 38000 Grenoble – Tél. 04 38 86 28 74Son activité au Sénat
Publié le 24.04.2026 à 17:23
Supprimé en 1941 par le régime de Vichy, le métier d’herboriste continue d’exister sous plusieurs formes, avec près de 6 000 exploitations agricoles en France selon FranceAgriMer, majoritairement de très petite taille (moins de 5 hectares) et des dizaines voire centaines d’herboristes de comptoir.
Avec ma collègue Marie-Pierre Monier, sénatrice de la Drôme, nous avons eu le plaisir d’organiser le 17 avril un colloque dédié à cette profession, aujourd’hui encore largement marginalisée.
Huit ans après la mission sénatoriale conduite par notre ancien collègue Joël Labbé, qui nous a honoré de sa présence, l’objectif de ce colloque était de faire le point sur la mise en œuvre des 39 recommandations du rapport Labbé et les chantiers, notamment d’ordre règlementaire, qu’il nous faut encore mener.

Cette journée s’est structurée en trois temps et trois tables rondes :
Parmi les intervenant.es, paysan·nes herboristes et cueilleur·euses, chercheurs en pharmacie, syndicats et herboristes de comptoir, école d’herboristerie, médecins, associations, juristes qui ont partagé leurs expériences et analyses.
Nous avons commencé par une présentation de la filière de la culture/cueillette des plantes jusqu’à leur distribution aux consommateurs.

Les discussions de la première table ronde notamment ont mis en lumière un modèle agricole particulièrement résilient et écologique :
- très peu d’intrants
- forte traçabilité
- une filière parmi les plus biologiques (≈28 %)
- circuits courts (vente directe, Biocoop…)
- ancrage territorial et lien social avec les consommateurs
- une diversité exceptionnelle (jusqu’à 300 plantes utilisées)
- des marchés en forte croissance (cosmétiques, bien-être, phytothérapie…)
Comme le souligne François Léger, ces petites exploitations sont économiquement viables et résilientes, grâce à leur ancrage territorial, leur intégration dans des réseaux locaux et des logiques de coopération.
Parmi les différents métiers, celui des cueilleur·euses est essentiel puisque 80 % des plantes utilisées ne sont pas cultivées, ce qui permet une forte traçabilité. Ils et elles jouent également un rôle de régulation des espaces et parfois de prévention, notamment dans les cas d’incendies dans le sud de la France.
Les herboristes de comptoir jouent un rôle clé de conseil et de sécurisation des usages, en permettant de lutter contre les effets de mode et les mauvaises pratiques (notamment issues des réseaux sociaux). Ils sont complémentaires de la pratique des pharmaciens (quand les pharmaciens ne pratiquent pas eux même l’herboristerie). Et dans certains territoires ruraux, ils sont parfois plus présents que les praticiens de santé traditionnel.
Et pourtant : pas de statut agricole reconnu, peu ou pas d’accès à la PAC, des revenus inexistants ou faibles.
Ce manque de reconnaissance se répercute également sur les consommateurs, avec un risque réel de dérives faute d’encadrement.
C’est dans la deuxième table ronde que nous avons discuté de la structuration de la filière incluant les problématiques de reconnaissance des métiers et de formation des futurs professionnels.

La filière se structure néanmoins comme l’a montré la seconde table ronde où ont été évoqué les travaux sur l’élaboration d’un titre de paysan – herboriste mais également le rôle des écoles d’herboristerie et les réflexions sur la création d’un référentiel métier des herboristes de comptoir
Face à la crise écologique et à la dégradation de la biodiversité, les professionnels demandent un véritable encadrement de leurs pratiques afin de prévenir les dérives et les excès, un encadrement qui passe nécessairement par une reconnaissance de leur métier.
Une réflexion sur la nécessité de sécuriser juridiquement la filière (reconnaissance statutaire des métiers, assouplissement de la liste des plantes médicinales en vente libre et de certaines allégations de santé/bien-être).

La 3e table ronde a permis de se pencher sur les problématiques juridiques et règlementaires.
Les pharmacien·nes eux-mêmes sont confronté·es à ces manques : si près de 80 % d’entre eux se déclarent prêts à s’y engager davantage, cette volonté se heurte à un manque de structuration de la filière et à des difficultés en matière de traçabilité.
Il y en va de même pour les médecins. La pratique de phytothérapie n’est ni reconnue, ni encadrée, ni enseignée, ni conventionné.
Par ailleurs, si plusieurs centaines de plantes sont inscrites à la pharmacopée, seules 148 plantes peuvent aujourd’hui être vendues librement en dehors des pharmacies. Les autres restent soumises au monopole pharmaceutique, ce qui limite fortement l’activité des herboristes.
De la même manière, toute allégation de santé, même s’agissant des petits maux du quotidien, demeure interdite s’agissant des plantes médicinales. Pas le droit de dire que le thym aide à combattre un petit rhume ou que la mélisse favorise la digestion…
Sur le plan juridique, bien des batailles restent à mener, notamment au plan européen. Il nous faut œuvrer au côté de la filière à poursuivre la mise en place des recommandations du rapport Labbé et même aller plus loin en permettant la reconnaissance du métier d’herboriste.
La matinée a également été agrémenté deux cartes blanches très différentes :
Emmanuelle Bernier herboriste et éleveuse nous a livré un témoignage poignant sur la manière dont elle reconstruisant son activité dans les Corbières (Aude) après les terribles incendies qui ont ravagé le département il y’a deux ans. Elle a aussi expliqué comment sa pratique pouvait permettre de circoncire la portée des prochains feux.

Emmanuel Delafon, PDG de Chartreuse diffusion a rappelé comment l’herboristerie était au cœur de l’activité des moines chartreux et de la production de liqueur depuis huit siècles et comment son entreprise développait une gamme supplémentaire de produit à base de plante. L’Herboristerie peut également intéresser des entreprises à diffusion mondiale.

Reconnaître l’herboristerie comme une forme de soin complémentaire de la médecine traditionnelle, c’est :
- créer des diplômes et formations reconnus
- accompagner la structuration d’une filière d’avenir
- soutenir des formes agricoles durables
- garantir la qualité et la sécurité pour les consommateurs
- reconnaître et encadrer la cueillette sauvage
- protéger les ressources naturelles
- relocaliser une production aujourd’hui largement importée
- garantir une rémunération juste
- sécuriser tous les acteurs et toutes les actrices de la filière
- élargir la liste des plantes en vente libre
- permettre certaines allégations de santé étayées
Il nous faut collectivement œuvrer dans cette direction.
Retrouvée l’intégralité du colloque : (lien YouTube)
Merci à Joël Labbé, Marie-Pierre Monnier, Marie Pochon, Marie Le Roy, François Léger, Emilie Pascal, Alix Courivaud, Marion Blandin, Célia Despax, Adeline Gadenne, Emmanuelle Bernier, Emmanuel Delafon, Thierry Thevenin, Sandrine Lamoulie-Ferrier, Françoise Pillet, Sabrina Boutefnouchet, Aline Mercan, Thierry Hennebelle, Flavien Meunier, Nicolas Choisis
Publié le 13.04.2026 à 18:07
Le 3 avril, je me suis rendu à Mizoën (Isère) pour visiter la centrale hydroélectrique EDF du Nid d’aigle. Mise en service en 2024, cette installation sur la Romanche est capable de produire l’équivalent de la consommation annuelle de 6 000 personnes. Avec le directeur d’EDF Hydro Alpes et Jean-Charles Galland, nous avons fait un tour d’horizon des installations hydroélectriques de la région et évidemment abordé la proposition de loi visant à relancer les investissements dans le secteur électrique et à sortir de l’obligation d’ouverture à la concurrence des concessions.
Deuxième source d’électricité française après le nucléaire, l’hydroélectricité dispose en effet de très nombreux atouts. Outre la production d’énergie, nos barrages permettent de réguler les cours d’eau – et donc de limiter les crues et inondations – et de gérer au mieux la ressource en eau pour la répartir en fonction des nombreux usages (industrie, agriculture, eau potable, tourisme, refroidissement des centrales nucléaires…).
En plus de ces fonctions stratégiques, nos barrages sont aussi une solution d’avenir pour le stockage d’énergie, grâce aux stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), qui permettent d’utiliser des excédents d’électricité pour recharger les lacs et ensuite de les vider pour faire coïncider l’offre et la demande d’électricité. Des capacités indispensables pour équilibrer le réseau avec la montée en puissance des énergies renouvelables intermittentes.
Autant de missions d’intérêt général qu’assurent depuis des décennies les concessionnaires de barrages que sont EDF et Engie (qui détient la CNR et la SHEM). Depuis 2015, ce système est néanmoins fragilisé par deux contentieux ouverts par la Commission européenne au nom de la concurrence. Ces incertitudes juridiques ont bloqué de nombreux investissements dont nos barrages ont urgemment besoin et doivent être résolus.
Après avoir échangé avec les syndicalistes et les élus locaux, j’ai défendu en 2021 la création d’une quasi-régie, régime garantissant la propriété publique des barrages et le maintien du statut des salariés, tout en respectant le droit européen. Je regrette que cette proposition n’ait pas abouti à l’époque, mais suis demeuré déterminé à trouver une solution.
Le texte récemment proposé par les députés Bolo et Battistel instaurant un régime d’autorisation, où l’Etat reste propriétaire des barrages et les exploitants actuels pourront continuer à les utiliser pendant 70 ans, offre une porte de sortie du contentieux. Une initiative positive garantissant l’essentiel : la propriété publique des barrages, les conquêtes sociales des salariés et le dialogue avec les acteurs locaux sur les usages de l’eau.
Ce texte crée cependant des contreparties aux concurrents d’EDF qui risquent de poser problème. D’une part, les exploitants actuels pourraient décider de ne pas reprendre des petits barrages peu rentables ou, par la suite, de faire entrer au capital des acteurs extérieurs pour divers investissements, notamment dans des STEP. Un risque de privatisation partielle existe donc. D’autre part, cette loi oblige EDF à vendre aux enchères 6GW d’électricité issue des barrages à ses concurrents, soit 30% à 40% de sa production. Un mécanisme proche de l’ARENH, qui a ruiné EDF au bénéfice de spéculateurs.
Si j’ai préféré m’abstenir plutôt que de rejeter ce texte qui permet tout de même de débloquer les investissements, je regrette que le principe même de la mise en concurrence n’ait pas été discuté. Celle-ci n’a en effet aucun sens pour des infrastructures construites par l’État et dont la nature plaide pour un opérateur unique, puisque tout lâcher d’eau a des conséquences en aval.
Plutôt que de tenter de remédier aux complications induites par la concurrence, c’est la pertinence de cette dernière que nous devons interroger. Permet-elle de faire baisser les prix de l’électricité ? D’augmenter les investissements nécessaires à nos barrages ? De mieux discuter démocratiquement de tous les enjeux de gestion de l’eau, y compris avec les collectivités ? Rien ne le prouve, d’autant que le secteur privé doit rémunérer ses actionnaires.
Il en va de même pour le reste de la production d’électricité, raison pour laquelle j’avais proposé, en plus de la quasi-régie, d’instaurer un service public des énergies renouvelables, afin que l’État pilote leur déploiement dans l’intérêt général. Alors que nous célébrons les 80 ans d’EDF, cela aurait été une grande avancée pour l’indispensable transition énergétique.
Publié le 08.04.2026 à 11:37
En ce 8 avril, nous célébrons les 80 ans de la loi de nationalisation de l’énergie, qui a donné naissance à EDF. Portée par le ministre communiste Marcel Paul et issue du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), la loi du 8 avril 1946 crée EDF sous la forme d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), chargé de la production, du transport et de la distribution de l’électricité et du Gaz sur l’ensemble du territoire.
Elle fonde également un statut spécifique pour le personnel des Industries Électriques et Gazières (IEG), garantissant des droits sociaux protecteurs et une stabilité de l’emploi.
Un choix politique clair : garantir l’égalité d’accès à l’énergie sur tout le territoire, avec des tarifs unique. Le temps où la solidarité avait un sens, puisque l’on payait le même prix sur tout le territoire, quel que soit le coût de raccordement au réseau, parfois très élevé pour des bâtiments isolés.
La loi de 1946 laisse toutefois subsister certains distributeurs non nationalisés (DNN), aujourd’hui appelés entreprises locales de distribution (ELD). Ces acteurs historiques, souvent ancrés dans les territoires, permettent de tenir compte de réalités locales. C’est le cas par exemple de Gaz Électricité de Grenoble (GEG), à Grenoble, qui continue d’assurer localement la distribution et la fourniture d’énergie dans un cadre régulé.
80 ans plus tard, à l’heure des crises énergétique et climatique, cette loi rappelle l’importance de protéger l’accès à l’énergie pour toutes et tous. Je resterai fidèle à l’esprit de cette loi d’intérêt général.
Publié le 03.04.2026 à 21:00
Ce 3 avril, j’ai visité l’entreprise Heliup, installée au Cheylas depuis juin 2025, qui propose des solutions photovoltaïques pour grandes toitures de bâtiments (commerciaux, industriels, logistiques, collectivités ). Je m’y suis rendu accompagné des députés Cyrielle Châtelain et Jérémie Iordanoff et du conseiller départemental Jérôme Cucarollo. Je tiens à remercier Yannick Veschetti, président et fondateur d’Heliup, et Victor Chatelain, responsable stratégie et affaires institutionnelles, pour cette visite instructive.
C’est dans ces locaux de 4000m2 que sont assemblés des panneaux photovoltaïques très légers (5kg contre 12 à 15kg pour un panneau photovoltaïque classique), et hautement performants, destinés à être installés sur du bâti existant. Aujourd’hui, 40 salarié-es travaillent actuellement sur la chaîne de production, entièrement automatisée. Une visite très enrichissante pour échanger autour de la transition énergétique, alors que toute la filière des renouvelables a failli s’arrêter début 2026 faute de nouveaux appels d’offres, en raison des retards considérables pris par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Pourtant, dans un objectif de sortie des énergies fossiles, d’indépendance énergétique et de neutralité carbone à l’horizon 2050, les énergies renouvelables, dont fait partie l’énergie solaire, doivent impérativement être soutenues. Si le soutien aux installateurs comme Heliup est nécessaire, la filière industrielle solaire française mériterait beaucoup plus de soutien. Malheureusement, au fil des années et des renoncements des gouvernements successifs, de nombreuses entreprises prometteuses, comme Photowatt à Bourgoin-Jallieu, ont fini par disparaître face au rouleau compresseur de la concurrence chinoise à bas prix.

Cette visite a été l’occasion d’échanger sur des propositions concrètes à porter afin de redévelopper cette filière : imposer le respect des cahiers des charges européens pour les panneaux qui arrivent sur le marché, favoriser la solarisation du bâti existant et renforcer le soutien aux projets photovoltaïques sur les zones déjà artificialisées avec la création d’un espace dédié dans les appels d’offres nationaux, permettant de différencier l’équipement du bâti existant et les projets solaires sur le neuf.
Malheureusement, alors que la crise énergétique se renforce et que l’urgence climatique n’est plus à démontrer, la droite sénatoriale s’obstine à freiner les énergies d’avenir. Lors de l’examen au Sénat du projet de loi relatif aux Dispositifs d’Adaptation au Droit de l’Union Européenne (DDADUE) en février 2026 (visant à transposer la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments), plusieurs reculs en matière de solarisation ont été actés…
Publié le 02.04.2026 à 17:18
Droit de vote, droit à la contraception et à l’avortement, égalité professionnelle, lutte contre les violences sexistes et sexuelles… Ces droits ont été arrachés par les militantes et les associations féministes. Les élections municipales 2026 ont encore une fois montré que, dans un monde pensé par et pour les hommes, les femmes élues restent encore minoritaires.
Selon le répertoire national des élu-es, 48,2 % des conseiller•es municipaux sont désormais des femmes, contre 42,4 % après les élections municipales de 2020. Une avancée notable permise notamment par la généralisation de la parité sur toutes les listes, y compris dans les communes de moins de 1000 habitants, où existait précédemment le panachage. Une réforme que j’ai soutenu lors de son passage au Sénat et qui a eu un effet très net : dans ces petites communes, les femmes occupent désormais 52% des places dans les conseils municipaux contre 37% en 2020 !
Si la parité est presque atteinte au niveau des conseils municipaux, les inégalités persistent sur les fonctions exécutives. Ainsi, les femmes sont seulement 23% à occuper la fonction de maire, et seulement 8 ont été élues maires parmi les 42 villes de plus 100 000 habitants cette année.
Au Sénat et à l’Assemblée nationale, les femmes occupent seulement 36% des sièges. Comme le relève l’observatoire des inégalités dans son rapport du 1er août 2024 , «la part de femmes à l’Assemblée nationale a baissé de 2,7 points entre 2017 et 2024. Cette évolution est due en partie à la progression du Rassemblement national, parti qui compte la part d’élues la plus faible. »
Plus largement, les femmes élues paient souvent leur engagement au prix fort. Elles sont confrontées à des stéréotypes de genre et à des attitudes sexistes qui cherchent encore trop souvent à les discréditer. Elles sont interrompues dans leur discours, jugées sur leur apparence, interrogées sur leur vie privée, questionnées sur leur âge, spoliées de leurs idées, cyberharcelées et même parfois agressées puis silenciées.
Les violences de genre en politique et le manque de représentativité façonnent les politiques publiques. La démocratie paie le prix fort de ces inégalités. Partout où l’extrême droite progresse, les droits des femmes et des minorités de genre reculent, y compris dans nos communes.
Pourtant, à l’échelle communale et intercommunale notamment, nous pouvons agir pour renverser la table : en appliquant de manière stricte de l’égalité salariale dans les emplois municipaux, en assurant la transparence des rémunérations et indemnités, en facilitant la conciliation vie privée/vie professionnelle en adaptant les horaires de travail pour les agent-es municipaux et les élues, en mettant en place un congé menstruel et hormonal, en prenant en charge les gardes d’enfants lors des conseils municipaux, en créant des procédures efficaces de signalement et de traitement des VSS et des discriminations, en incluant les associations féministes dans les groupes de travail municipaux…
Les élu•es locaux ont le pouvoir de promouvoir et faire avancer les droits des femmes et des minorités de genre dans leur commune: garantir un accès prioritaire aux mères isolées dans le parc social, promouvoir des campagnes de sensibilisation locales sur l’égalité, faciliter l’accès aux soins pour les femmes et minorité de genre, soutenir les associations féministes, former les professionnels de la jeunesse au repérage des violences sexistes et sexuelles, mobiliser des logements communaux pour l’hébergement d’urgence des femmes victimes de violences…
Partout, au Sénat comme en mairie, soyons à la hauteur.
Crédits photos en une : Yves Tennevin
Publié le 26.03.2026 à 09:42
Interpellé par des soignants de l’association (Action de santé libérale en équipe) sur le risque de faillite de leur structure qui remplit un rôle majeur de prévention et d’éducation à la santé, il m’a paru important de relayer leurs demandes auprès du ministère de la santé. J’ai donc déposé une question écrite, que vous trouverez sur le site du Sénat et ci-dessous :
M. Guillaume Gontard interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur la situation de l’association Asalée (Action de santé libérale en équipe).
L’association ASALEE, créée en 2004, embauche aujourd’hui 2 080 infirmières sur tout le territoire national. Ces dernières prennent en charge plusieurs millions de patients par an, adressés par les 9 000 médecins partenaires du réseau. Les infirmières Asalée assurent des consultations d’éducation à la santé et un suivi des patients sur le long cours, en lien étroit avec les médecins généralistes. Grâce à cet accompagnement, les patients deviennent acteurs de leur propre santé.
Reconnue dispositif d’utilité publique en 2017, l’association Asalée était, jusqu’en 2026, quasi exclusivement financée par la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Après avoir réduit ses subventions en 2023, la CNAM a définitivement cessé de financer l’association en décembre 2025, au motif de dysfonctionnements internes, contestés par la gouvernance de l’association.
Déjà touchée par des retards de paiement et une diminution continue de ses financements, l’association Asalée est en cessation de paiement depuis le 5 mars 2026 et présente un déficit de 67 millions d’euros, ce qui inclut notamment le montant des primes Ségur non compensées par l’État, les dettes auprès de l’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf), les salaires non versés, et les indemnités dues aux médecins partenaires.
Les conséquences sont dramatiques pour les professionnelles, qui n’ont pas touché de salaire depuis janvier 2026 malgré la poursuite de leur activité.
Il a reçu en Isère plusieurs infirmières membres du réseau Asalée ainsi que de nombreux témoignages de patients, très inquiets de voir leur prise en charge et leurs activités interrompues en cas de disparition de l’association.
Face à un système de santé à bout de souffle et à des médecins généralistes débordés, l’action d’Asalée est essentielle: elle permet d’éviter la sur-sollicitation des médecins généralistes, de limiter les hospitalisations et le recours à la prise de médicaments. Les actions de prévention, la prise en charge ultra personnalisée des patientes et des patients et les consultations de groupe sur les pathologies chroniques notamment réalisées dans des territoires sous-dotés comblent les déficits de prise en charge en matière de santé.
Le coût estimé des économies réalisées grâce aux activités d’Asalée s’élèverait à plus de 3 milliards d’euros par an pour la sécurité sociale, pour un coût de fonctionnement de seulement 102 millions d’euros par an.
Il l’interroge sur le soutien que compte apporter le Gouvernement à cette association d’utilité publique, garante de la santé de millions de Français et sur laquelle repose le fragile équilibre financier de la sécurité sociale.
Publié le 19.03.2026 à 18:43
Comme chaque année le 19 mars, j’ai pris part aux cérémonies du cessez-le-feu acté par les Accords d’Évian de 1962, marquant la fin officielle de la Guerre d’Algérie. Cette année, je me suis rendu à Monterrat pour honorer cette mémoire.
Comme le rappelle l’historien Benjamin Stora dans son rapport officiel de 2021 remis au président de la République, malgré ce cessez-le-feu, les violences se sont en réalité poursuivies après le 19 mars 1962.
Cette guerre coloniale a profondément marqué des générations entières, en France comme en Algérie. Entre 1954 et 1962, les historiens estiment entre 300 000 et 500 000 morts côté algérien, et environ 25 000 côté français. 1,5 à 2 millions de Français ont été mobilisés et près de 2 millions d’Algériens ont été déplacés dans des camps, et environ 800 000 pieds-noirs ont fui l’Algérie en 1962.
Malgré son ampleur, il faudra attendre 1999 pour que le terme officiel de « Guerre d’Algérie » soit reconnu en France. Aujourd’hui, nous rendons hommage à toutes les victimes : soldats français, combattants pour l’indépendance, civils, personnes contraintes de participer à cette guerre ou déplacées.
Mais commémorer, ce n’est pas seulement se souvenir. C’est aussi regarder l’histoire en face. Reconnaître la réalité du passé colonial de la France en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Reconnaître les violences commises. Reconnaître les mémoires multiples de celles et ceux qui ont vécu cette guerre : anciens combattants, familles algériennes, Harkis, pieds-noirs ( plus de 35 000 pieds-noirs vivent dans le département de l’Isère) et les objecteurs de consciences qui ont refusé d’y participé.
Dans un contexte où l’histoire est parfois instrumentalisée, et où des logiques coloniale persistent, il est de notre responsabilité collective de rappeler l’histoire et de nommer ce qui se déroule aujourd’hui, notamment à Gaza et en Cisjordanie La France et l’Algérie ont depuis toujours noué des relations particulières. Après la tentative irresponsable de l’ancien ministre Retailleau d’abîmer cette relation, notre diplomatie doit aujourd’hui retrouver le dialogue et relancer notre coopération bilatérale.
Le 19 mars doit être une journée de recueillement, mais aussi une exigence politique : celle de la lucidité face à l’histoire coloniale, et de la reconnaissance inconditionnelle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Publié le 27.02.2026 à 10:59
J’ai été alerté, en Isère, sur la rediffusion, auprès d’élu-es locaux et d’habitant-es, d’un “manifeste pour la chasse” édité en 2025 par la fédération nationale des chasseurs.
Je m’alarme du projet inquiétant de la fédération nationale des chasseurs de mettre en place une “police de proximité rurale”. La création de milices de ce type serait contraire au cadre républicain.
Dans ce manifeste, qui n’est pas nouveau, la fédération nationale des chasseurs demande également “la suppression de tous les moratoires européens et le maintien de toutes les espèces chassables”, “la réduction significative des populations de loups”, la “suppression de tous les moratoires européens et le maintien de toutes les espèces chassables”, “l’animation d’une police de proximité rurale par les fédérations des chasseurs à disposition des communes”, la “création d’un fonds dédié aux fédérations pour financer des actions de réaménagement environnemental comme les haies pour le petit gibier”, la “réduction significative des populations de loups”, le “retour à la liste complète des nuisibles dans tous les départements et le maintien partout du piégeage et du déterrage”.
Alors même que les fédérations de chasse sont tenues de remplir une mission de service public de préservation de la biodiversité, je m’interroge sur la compatibilité des objectifs affichés par la fédération nationale de chasse avec ceux du Ministère de la Transition écologique, qui donnent pourtant lieu au versement 19 millions d’euros par an aux fédérations.
Je souhaite également rappeler que l’accès à la nature doit être partagé et que chacun et chacune d’entre nous (familles, enfants, sportifs et sportives, randonneurs et randonneuses, habitants et habitantes…) doit pouvoir s’y promener en sécurité. La demande de la fédération nationale des chasseurs d’avoir “la liberté de continuer à chasser le week-end, les vacances et jours fériés” ne va pas dans le sens d’un partage des usages, apaisé et équitable.
Retrouvez ma question écrite au Ministre de la transition écologique.
Crédit photo en une : Mohammed OUZZAOUI