Associations iséroises


LE POSTILLON 

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Le Postillon n’est pas un média internet, mais uniquement un journal papier de Grenoble et sa cuvette.

 

Publié le 20.05.2022 à 15:56

Les réunions vont sauver le monde

Qui a lu le « Plan climat air énergie 2020-2030 » de la Métropole grenobloise ? Nous-mêmes avions reculé devant cette laborieuse tâche. Jusqu'à le parcourir un peu et tomber sur cette petite perle, page 247, dans la partie visant à « inciter les acteurs économiques au changement ». 70 « partenaires » se sont engagés à « tenir compte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les décisions qu'ils sont amenés à prendre, à considérer la sobriété énergétique comme la priorité de leur stratégie énergétique et à intégrer des mesures d'adaptation au changement climatique dans leurs actions d'aménagement ». Mais quel est le principal « indicateur de résultat » de ces nobles ambitions ? Des objectifs chiffrés ? Des interdictions claires ? Des engagements concrets ? Eh non ! Cette politique sera évaluée grâce au « nombre de réunions du réseau d'entreprises sur les thématiques du Plan Climat Air Énergie ». À chaque réunion organisée, trois éco-points gagnés, et la planète sera sauvée.


Publié le 20.05.2022 à 15:54

Les QR-codes à la poubelle !

Les QR-codes, voilà les nouveaux envahisseurs ! Ils sont partout, sur les passes bien sûr, mais aussi dans n'importe quel tract, dépliant, support publicitaire. La députée Émilie Chalas, toujours en avance dans la décadence numérique, a fait coller des affiches A0 remplies d'un seul immense QR-code, renvoyant vers son bilan de mandat. Face à cette invasion angoissante, on pourrait espérer que des pouvoirs publics soucieux de l'intérêt commun développent une politique saine : mettre tous les QR-codes à la poubelle. Or c'est l'exact inverse qui se produit : des habitants de Claix nous informent que leurs poubelles viennent d'être équipées de QR-codes. En même temps, le journal municipal du mois de janvier annonce qu'une expérimentation de la Métropole sur le tri des déchets est menée dans la commune (et dans neuf autres) : « Cette opération consiste dans un premier temps à identifier les bacs avec des erreurs de tri et à le signaler aux propriétaires par des adhésifs d'information. Dans un second temps, les bacs mal triés ne seront plus ramassés si ces erreurs sont récurrentes. » Gageons que la suite logique sera l'imposition d'amendes aux mauvais trieurs, grâce au traçage précis du bac permis par le QR-code. Faudra-t-il aussi flasher un QR-code avant de déposer quelque chose dans une poubelle ? Hélas, de nos jours, les pires scénarios ne sont jamais jetés.


Publié le 20.05.2022 à 15:51

La cuvette micro-onde

Combien d'ondes se bouffe-t-on dans la Capitale Verte ? Le 25 novembre dernier, la fédération Drôme Ardèche Isère des collectifs de riverains d'antennes-relais a effectué des mesures de rayonnements électromagnétiques, générés par les antennes-relais de téléphonie mobile. Après 29 mesures effectuées, « la moyenne des mesures s'établit à 8,46 V/m alors qu'en 2016 elle était de 4,52 V/m soit une augmentation de l'exposition des personnes de 87 %. […] L'arrivée de la 4G, 4G+,5G augmente considérablement l'intensité du rayonnement électromagnétique. » Selon la même fédération, les scientifiques internationaux indépendants des opérateurs préconisent de ne pas dépasser un seuil d'exposition de 0,60 V/m. À Grenoble Capitale Verte ou ailleurs, ces propositions n'ont néanmoins créé aucune onde de choc.


Publié le 20.05.2022 à 15:50

À vos panneaux !

Il y a deux numéros, nous avions lancé un concours à propos des très envahissants panneaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes « Ici, la région agit pour votre commune », « Ici la région agit pour la montagne ». Un pullulement abject : si toutes les collectivités se mettaient à réclamer leur affichage à chaque somme déboursée, on croulerait sous ces hideuses publicités. Donc en septembre, on écrivait : « Le Postillon offrira un abonnement à la personne qui déboulonnera et nous apportera un max de ces panneaux à Noël. » Après en avoir reçu une bonne vingtaine, en fait, on prolonge le concours jusqu'au mois de mai. Avec un gros projet : ériger une grande statue avec la collection qu'on aura amassée d'ici là. À vos tournevis !


Publié le 20.05.2022 à 15:48

STMicro, Soitec : toujours plus d'eau pompée !

Les marchands de puces ont le sourire, les business des machins connectés ne s'étant jamais aussi bien portés. « Dopé par le marché de la voiture autonome », STMicro Crolles va ainsi « investir plus d'un milliard d'euros » pour construire une deuxième extension de son usine de production de plaques de silicium. Parmi les constructions, il y aura « une seconde station de traitement des effluents liquides » car l'eau extra-pure consommée en milliards de milliards de litres est souillée après son passage dans les salles blanches. À cette occasion, Jean-François Clappaz, vice-président à l'économie de la communauté de communes du Grésivaudan se réjouit car cette installation permettra « d'optimiser ses consommations d'eau, sachant que ST a abaissé de 30 % la quantité d'eau nécessaire à la production depuis son installation à Crolles il y a 20 ans » (Le Daubé, 2/02/2022). À l'entendre, ST aurait donc réduit sa consommation d'eau ? Si l'usine à puces a peut-être diminué la quantité d'eau consommée par plaque de silicium fabriquée, elle pompe, par contre, toujours de plus en plus d'eau. En 2015, une enquête publique expliquait que STMicro allait bientôt consommer 176 litres d'eau par seconde (voir Le Postillon n°42) ! Dans les prochains mois, cette quantité astronomique devrait encore exploser. On en veut pour preuve un marché public lancé en novembre 2021 par la communauté de communes du Grésivaudan afin d'effectuer les « travaux de renforcement du surpresseur d'eau potable de Domène ». L'objectif de ces travaux est on ne peut plus clair : « Cette opération a pour objectif de renforcer l'alimentation en eau potable des communes de Crolles [NDR : où se trouve STMicro] et de Bernin [NDR : où se trouve Soitec] en raison de l'augmentation significative des besoins industriels en eau potable à court terme (moyenne d'environ 16 000 m3/j avec des pointes supérieures à 20 000 m3/j). […] Depuis l'été 2019, la consommation d'eau industrielle a significativement augmenté avec une grosse sollicitation des ouvrages d'eau potable et des besoins supplémentaires à satisfaire pour l'été 2022. » Ces investissements réalisés sur le réseau d'eau potable pour le besoin de gros industriels seront donc payés par l'ensemble des usagers de l'eau, avec peut-être une augmentation du tarif à la clef. Si ça vous choque, continuez surtout à bien penser à couper le robinet quand vous utilisez votre brosse à dents connectée.