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Un outil paysan pour un panier au prix juste et rémunérateur
À l’occasion d’un webinaire du cycle Échanges entre paysans et paysannes en AMAP, organisé en 2026 avec le MIRAMAP, des paysans et paysannes en AMAP ont partagé leur expérience autour d’un outil conçu par et pour les AMAP : le calculateur de la part de récolte.
Cet outil Excel, en plus de constituer un excellent outil de visualisation de la réalité économique de la ferme, permet de mieux communiquer aux amapien·nes le prix du panier, et le contextualiser, le tout dans le but de proposer un panier au prix juste pour elles et eux, comme pour les paysan·nes ! Voici ce qu’il faut retenir de ce temps d’échange.
La part de récolte : le cœur historique des AMAP
L’idée de la part de récolte ne date pas d’hier. Elle est née au Japon, portée par des groupes de femmes qui proposaient d’acheter l’intégralité de la récolte d’un agriculteur à une condition : renoncer aux pesticides. Ce principe fondateur a traversé les océans pour devenir l’un des piliers des AMAP en France. Ce principe, c’est le contrat de base entre les mangeur·euses et les paysan·nes qui permet de maintenir l’agriculture paysanne et de consommer des produits sains !
Concrètement, la part de récolte, contrairement à un achat de légumes au poids, c’est contribuer à une fraction de la récolte annuelle, qui couvre à la fois :
- les charges de production,
- les investissements passés et projetés
- le salaire du ou de la paysan·ne
- Une part d’autofinancement
Ce modèle repose sur une relation de confiance réciproque, un partage des risques et des surplus, et un financement en amont sur l’année. Il permet de sortir de la logique du prix du marché pour entrer dans celle du coût réel de production, en tenant compte le travail de celles et ceux qui nous nourrissent.
Mais attention : le calcul de la part de récolte varie considérablement d’une ferme à l’autre. Il dépend de l’ancienneté de l’installation, du niveau d’équipement, du rapport au foncier, des investissements prévus, ou encore du niveau de rémunération souhaité par le ou la paysan·ne. Chaque ferme est unique, et son prix de panier devrait l’être aussi. L’outil tente de répondre à ce défi.
Pourquoi utiliser cet outil ?
L’outil de calcul de la part de récolte reste seulement un outil et peut offrir un cadre plutôt qu’une réponse universelle. Nous vous conseillons de contacter votre réseau d’AMAP local pour un meilleur accompagnement. Concrètement, cet outil peut servir à :
- Prendre conscience de la valeur réelle de sa production, et se situer par rapport au marché, sans avoir à s’y soumettre.
- Vérifier la couverture des charges par le prix du panier et la capacité à dégager un autofinancement et une rémunération.
- Faire un bilan régulier pour suivre l’évolution de la ferme et ajuster ses projections.
- Faciliter le dialogue avec les amapien·nes, grâce à une visualisation claire des coûts et des choix de gestion.
- Anticiper les transformations de la ferme (agrandissement, changement de pratiques, embauche, etc.).
L’enjeu est de ne pas se contenter de calquer son prix sur la mercuriale des magasins bio ou sur celui du voisin. Même si ces repères peuvent être utiles, ils ne remplacent pas une analyse fine de sa propre réalité. L’essentiel est de garder en vue trois objectifs fondamentaux : la transparence, une rémunération digne et l’accessibilité pour les amapien·nes.
Concrètement, comment ça marche ?
L’outil se présente sous la forme d’un tableur Excel, structuré en plusieurs onglets :
- Un onglet « Investissements »: on y inscrit les investissements prévus ou réalisés, ainsi que leur durée d’amortissement.
- Un onglet « Charges de la ferme » : à partir du compte de résultat, on y reporte l’ensemble des charges annuelles y compris votre rémunération.
- Un onglet « Groupes AMAP » : on y renseigne le nombre de groupes, leur fréquence de livraison, etc.
- Un onglet graphique : il génère automatiquement des visuels pour communiquer facilement avec les amapien·nes, notamment en cas de modification du prix du panier.
Grâce à ce tableau, le ou la paysan·ne peut simuler différents scénarios : augmenter ses investissements, moduler son revenu, augmenter le nombre de paniers ou le nombre de livraisons, etc. Chaque variable fait varier le prix du panier, ce qui permet d’évaluer l’impact de chaque décision sur l’équilibre économique de la ferme, et de bien le communiquer aux amapien·nes.
Un outil de communication transparente
L’un des atouts majeurs de cet outil est sa fonction de médiation avec les amapien·nes. Mais attention, il ne s’agit pas de tout dévoiler à tout prix. Chaque paysan·ne est libre de communiquer sur ce qu’il ou elle souhaite. L’idée est plutôt de mettre en mots les choix de gestion et leurs conséquences sur le prix du panier.
Pour cela, il est utile de :
- Contextualiser : expliquer les spécificités de la ferme, les investissements réalisés et leur utilité pour le travail quotidien (par exemple, l’achat d’un outil de travail du sol pour réduire la pénibilité et gagner du temps), ou l’évolution du contenu des paniers.
- Revenir sur l’année écoulée : les réussites, les difficultés, les défis à venir.
- Projeter les charges de l’année suivante.
- Mettre en lumière le temps de travail : parler de son taux de rémunération horaire permet de montrer que même un prix de panier « acceptable » peut cacher un revenu bien inférieur au SMIC horaire, une fois le nombre d’heures effectuées pris en compte.
« Beaucoup d’amapien·nes sont tombées des nues quand j’ai montré que je me payait 0 euros sur cette année. Iels pensaient que comme il payaient un panier tout allait bien. La visualisation de ce que le prix du panier permettai a permis de dialoguer autour de l’augmentation du prix du panier pour que je puisse me rémunérer »
Nicolas, maraîcher en Savoie, lors de ce webinaire.
Le but est de faire comprendre aux amapien·nes ce que le prix du panier représente vraiment, et d’expliquer en toute transparence pourquoi une évolution de ce prix est parfois nécessaire.
Lien vers l’outils et autres ressources
- Pour illustrer ces propos, des maraîchers et des éleveurs de poules pondeuses ont partagé leurs expériences dans un podcast dédié. Leurs témoignages montrent la diversité des situations et la souplesse de l’outil. Écoutez le podcast !
- L’outil de calcul de la part de récolte avec trois fichiers – tableau à remplir pour suivis des prix et compositions pour paniers multiples ; tableau à remplir pour suivis des prix et compositions pour paniers uniques ; tableau vierge de calcul du prix du panier en débouchés mixtes : télécharger les fichiers
- Contactez nous pour un soutient personnalisé
- Monter des contrats solidaires, pour inclure des critères sociaux dans la définition du prix et dans ses contrats : relire l’article
Merci au MIRAMAP pour le partage de ressources
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Intéressé·e par les enjeux autour de la transmission agricole ?
On a une super idée cadeau engagé, pour vous ou pour offrir ! (et oui on pense déjà aux Fêtes de fin d’année par ici)
Imaginée par les membres du CELAVAR et dessinée par Jean Leveugle, cette nouvelle BD retrace des histoires de vie de transmission agricoles, enjeu capital du renouvellement des générations agricoles

« On va pas la fermer ! » Histoires de transmissions agricoles
Pour vous ou pour offrir ? Commandez la votre dès maintenant et pensez à mutualiser avec votre AMAP !
Le tarif : 19,90€ (prix en librairie)
pour en savoir plus ou pour commander écrivez à communication@amap-aura.org
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Entre canicules, sécheresses, incendies, récoltes incertaines pour les mois à venir, sans oublier l’autorisation de pesticides toxiques pour notre santé et la loi d’urgence agricole scandaleuse : la situation est accablante. Nous devons réagir et nous adapter à cette nouvelle réalité qui s’installe. Et face à ce constat, une certitude s’impose : les AMAP font partie de la solution. Depuis 25 ans, le mouvement l’a prouvé. Plus déterminé que jamais nous célébrons du 12 septembre au 12 novembre le mouvement des AMAP grâce à AMAP en Fêtes.
Les AMAP sont une réponse concrète à la crise climatique.
L’agriculture paysanne qu’elles soutiennent préserve les sols, les ressources en eau, la biodiversité. Face à des saisons de plus en plus imprévisibles, les fermes en AMAP sont des lieux d’expérimentation et d’adaptation grâce aux solidarités entre paysan·nes et mangeur·ses : diversification des cultures, partage des risques, etc. Non seulement les AMAP apprennent à faire face aux crises et s’y adaptent, mais elles représentent un modèle résilient qui nous permettraient d’envisager un monde vivable demain.
Les AMAP protègent notre santé.
L’agro-industrie nous intoxique par ce qu’elle met dans notre assiette, nos sols et notre eau. Pesticides, engrais de synthèse, polluants éternels : ces substances toxiques se diffusent, provoquant cancers, troubles neurologiques, perturbations endocriniennes, infertilité. L’AMAP, en contribuant au développement de l’agroécologie, supprime ces substances toxiques. Par le soutien à l’agriculture paysanne -le travail avec la nature, la qualité des produits, l’autonomie, la répartition, le développement local et la transmissibilité- elle recrée des systèmes vivants et résilients. L’AMAP prouve chaque semaine qu’on peut se passer de substances toxiques tout en produisant une alimentation de qualité, saine, de proximité et accessible pour tous·tes.
Les AMAP œuvrent pour la démocratie alimentaire.
Dans le monde des supermarchés aseptisés, les AMAP entendent faire partie d’un mouvement qui reprend le pouvoir sur l’alimentation : pouvoir choisir ce que l’on mange et comment c’est produit, par qui et dans quelles conditions.Dans les AMAP, nous produisons, nous mangeons, nous décidons ensemble. Mangeur·ses et paysan·nes échangent sur la production, les prix, les aléas. L’AMAP est un micro-système alimentaire écologique, équitable et solidaire. Une preuve vivante qu’une autre agriculture est possible, que la santé est un droit pour tous·tes, pas un privilège.
Alors oui, après 25 ans, le mouvement des AMAP est plus déterminé que jamais. Ainsi, on célébrera les AMAP du 12 septembre au 12 novembre 2026. Partout en France, les AMAP et les fermes en fêtes ouvriront leurs portes pour des visites, ateliers, conférences, ciné-débats, distributions hors-les-murs, théâtre, concerts, etc. AMAP en fêtes, c’est surtout l’occasion de se retrouver, d’échanger et de montrer au plus grand nombre qu’un autre modèle est non seulement possible, mais déjà là, vivant, joyeux.
Le MIRAMAP, le Réseau AMAP Auvergne-Rhône-Alpes et les réseaux régionaux

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C’est la rentrée ! Au programme : bonnes résolutions, forum des associations et AMAP bien sûr.
L’entrée dans l’automne correspond aussi au renouvellement des contrats et à l’accueil de nouveaux membres.
Pour vous y retrouver, on vous a concocté un petit kit spécial rentrée, pour préparer la rentrée de votre AMAP, consolider et dynamiser votre collectif !
Explorons ensemble 3 axes centraux de la vie de l’AMAP :
- Trouver de nouveaux membres
- Dynamiser les réinscriptions
- Accueillir les nouveaux membres
Trouver de nouveaux·elles amapien·nes
Alors que certaines AMAP doivent mettre en place une liste d’attente car la capacité maximal de paniers est atteinte pour les fermes partenaires, d’autres ont la capacité de grandir et d’acceuillir de nouveaux membres gourmands.
Comment faire connaître mon AMAP ? Comment trouver de nouveaux membres ?
Quelques pistes de réflexion :
Le pouvoir de la communication
On ne vous le dit jamais assez : communiquez ! Rendez-vous visible en ligne comme dans la « vraie » vie
Les outils de communication mis à votre disposition par le Réseau AMAP AuRA :
- kit de communication
- flyers personnalisables
- banderoles personnalisables,
- site web personnalisable clé en main
et ce que vous pouvez mettre en place de votre côté pour gagner en visibilité :
- affichage : commerces, écoles, médiathèque, mairie..
- réseaux sociaux
- presse locale
- emails et appels téléphoniques…
- le bouche-à-oreille !!! (on vous en parle plus bas)
Miser sur la convivialité
- proposer des temps d’échanges, AMAPéro, portes ouvertes, dégustation….
- participer aux événements de la commune : forum des assos et fêtes de quartier par exemple : de bonnes occasions de rencontrer et de faire découvrir l’AMAP
Participer à AMAP en Fêtes !
Faites connaître son AMAP à travers AMAP en Fêtes !
Et ce sont les 25 bougies des AMAP et toutes celles à venir pour que nous célébrons cette année avec AMAP en Fêtes. 25 ans de ce modèle résilient, dont les piliers sont l’engagement, la solidarité et les liens humains.
Projections, portes ouvertes, dégustation, amapéro… autant d’événements pour faire connaître votre AMAP et votre mouvement.
Les AMAP c’est super : faites passer le mot !
Le meilleur canal de communication en AMAP ? C’est vous !
Le bouche-à-oreille a fait et continuer de faire ses preuves !
Parlez de l’AMAP autour de vous, toutes vos motivations d’être en AMAP sont bonnes à partager, vous êtes légitimes pour porter la voix du mouvement des AMAP, car vous en faites partie !
Et surtout, mobilisez tout le collectif : imagine si chaque amapien·ne « recrute » une ou deux personnes … ?
Et pour appuyer votre enthousiasme et votre discours :
- La super vidéo « Qu’est ce qu’une AMAP ? »
- Une infographie pour expliquer simplement ce qu’est une AMAP
- Comment lever les freins et les idées reçues en AMAP ? Retrouvez les ressources proposées par nos collègues des AMAP de Provence
- 15 (très) bonnes raisons d’être en AMAP (par l’AMAP de Nizerel)
Les ressources
Retour sur l’atelier « Baisse d’adhérent·es : comment trouver de nouveaux membres ? Quels leviers de communication mettre en mouvement ? » avec Thérèse et Gaëlle lors des Rencontres Régionales
Fiche Pratique : « Comment recruter de nouveaux amapien-nes ? »
L’article récap « Comment trouver, accueillir et fidéliser de nouvelles et nouveaux amapien·nes ? »
Vous avez d’autres idées d’actions à mettre en place pour faire connaître votre AMAP ? Vous avez des bonnes pratiques et expériences à partager ? Contactez-nous pour nous en faire part !
Fidéliser et relancer les contrats
Alors que la résilience du modèle AMAP s’inscrit dans l’engagement mutuel dans la durée de ses membres, via le contrat et le préfinancement, l’un des principaux défis de l’AMAP est de s’assurer que le nombre d’adhérent·es soit stable ou continuer d’augmenter. En effet, chaque année, le renouvellement des contrats est un temps fort qui mobilise le collectif de l’AMAP !
Comment fidéliser les amapien·nes ? Comment réussir les réinscriptions de contrat et renforcer l’engagement de ses membres ?
Les ressources
Zoom sur des bonnes pratiques
Déménagements, changements de contraintes d’organisation… différentes facteurs peuvent amener un·e amapien·ne a ne pas renouveller son contrat. Comment faire face à cette situation et mettre en place des bonnes pratiques pour remplacer les amapien·nes qui n’ont pas renouvelé leur contrat ?
Partage des bonnes pratiques de l’AMAP les Bios de Feuilly (informations recueillies lors d’un échange entre AMAP)
« Certain.es membres du collectif, ceux qui connaissent bien l’AMAP, appellent les amapien.nes qui ont/vont quitté l’AMAP mais également tous les nouveaux.elles »
Le réseau AMAP AuRA encourage cette pratique car elle permet d’avoir un état des lieux réel des situations des départs et mener des actions précises. Lors des échanges téléphonique avec les futurs ex-amapien.nes, ces membres ont une oreille attentive sur la nature des départs qui peuvent être multiples mais également prendre connaissance de situations qui peuvent initier des départs. Ils lèvent les freins au départ, ils redonnent des informations qui n’auraient pas transmises/comprises , ils rappellent le sens de l’AMAP pour mieux « ré-accueil ».
Accueillir les nouveaux membres
L’accueil d’un·e nouvel·le amapien·ne dans votre AMAP est une étape essentielle pour l’engagement durable des personnes en AMAP. Il est donc primordial de soigner cet accueil, qui sera la première étape du parcours d’engagement des nouveaux·elles amapien·nes. Nous sommes là pour vous accompagner dans cette étape importante !
informer : explique aux nouveaux membres comment s’organise l’AMAP et les valeurs qu’elles portent, mais aussi les différentes tâches et missions dans lesquels ils peuvent s’impliquer
organiser des apéros d’accueil pour mettre en mouvement la convivialité
Ressources :
Pour vous aider dans cette démarche, le Réseau vous propose un kit « Accueil d’un·e nouvel·le amapien·ne » en 2 parties :
- 1ère partie : la procédure d’accueil
- 2ème partie : un livret d’accueil à personnaliser
Des suggestions, des questions, des bonnes pratiques à nous partager ? N’hésitez pas à nous écrire, on est toujours très contentes de vous lire !
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Écouter la version podcast : la part de récolte en AMAP