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Publié le 31.07.2022 à 22:26

Une visite au « Bivouac de la Bastille » - Troisième lettre de la Capitale Verte

Notre correspondant à Grenopolis, Arthur Morel, est très occupé. Il travaille dans un Ehpad, il a déménagé de chez son propriétaire anticapitaliste – au lieu de le pendre – et il s'occupe de sa petite fille. Ce qui lui laisse peu de temps pour écrire à Jonathan, son ami du Québec. Il a quand même réussi à passer une soirée à la Bastille, devenue depuis peu un lotissement de cabanes. La mairie Piolle a ainsi trouvé le moyen de vendre le site de nuit comme de jour. Un Luna Park, oui, mais un Luna Park Vert.
Découvrons l'expérience Bastille avec notre hardi reporter.

(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

Lire aussi :
Les Calanques, c'est fini
Vercors Xperience©, la nature et au-delà
Lettre de la Capitale verte
Deuxième lettre de la Capitale verte

- Faits divers

PIÈCE JOINTE (PDF)


 

Publié le 22.07.2022 à 21:48

STMicroelectronics, les incendiaires et les voleurs d'eau

Toujours en librairie : Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà). Voir ici

Qui a mis le feu ? La société thermo-industrielle, en 1784, avec la combustion des énergies fossiles, le perfectionnement des machines à vapeur et autres « pompes à feu ».
On pourrait certes remonter au paléolithique et à la domestication du feu, la politique de la terre brûlée ne date pas du Technocène ; mais la responsabilité de la technocratie dirigeante (ingénieurs, entrepreneurs, cadres, scientifiques, etc.) dans l'incendie planétaire est écrasante, démontrée et publiée.

Si les mots ont un sens, chacun de ses membres est aujourd'hui co-responsable d'écocide et de crime contre l'humanité – peut-être involontaire dans nombre de cas. Mais voici un demi-siècle au moins que l'ignorance des malfaiteurs ne peut plus être invoquée ; et leur persistance dans le crime est attestée par leurs dénégations et leur ligne de défense. Amalgamer « transition numérique et écologique », soutenir qu'il faut jeter davantage d'huile sur le feu et accélérer encore cette mutation machinale qui a embrasé le monde pour éteindre l'incendie, c'est insulter de toute sa morgue les victimes de la fournaise.
En attendant la traduction des coupables devant le tribunal de l'histoire, ce sont les innocents que la justice immanente frappe indistinctement : forêts, glaciers, animaux et simples Terriens, vivant par choix ou par naissance à l'écart du Cauchemar climatisé (Henry Miller, 1945).

Coupables, les fondateurs, les cadres, les ingénieurs, les opérateurs et les financiers de STMicroelectronics, une des plus importantes sociétés de semi-conducteurs européennes, issue en 1972 du Commissariat à l'énergie atomique de Grenoble.
Coupables, les présidents Chirac, Sarkozy, Hollande – et aujourd'hui Macron – qui ont tous visité, célébré, financé, ce monstre techno-industriel qui assèche les eaux de la Cuvette grenobloise pour fabriquer des smartphones et des voitures.
Coupables les élus locaux qui soutiennent des mesures dérogatoires afin que STMicro puisse pomper jusqu'aux dernières gouttes l'eau de la Cuvette.
Complices les masses de consommateurs stupidement avides d'objets connectés, et les pseudo écolos qui ne voient de remède à la peste climatique que dans le choléra nucléaire.
Complices les pseudo radicaux qui refusent de voir dans la technologie le front principal de la guerre entre puissants et subissants. Celui qui commande les autres et où toute percée, toute innovation, dégrade davantage le rapport de forces en faveur des premiers et au détriment des seconds.

En attendant le verdict de l'histoire, voici quelques éléments du réquisitoire à propos de la récente visite de Macron et de la nouvelle pluie de milliards déversée sur la nouvelle fabrique de puces de STMicroelectronics.

(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

Lire aussi : Le cycle du silicium

Post scriptum : nous avons reçu un message signalant une pétition contre la création de la nouvelle usine de STMicroelectronics. Voir ici.

- Nécrotechnologies

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Publié le 20.07.2022 à 21:56

De Messmer à Macron, le discours du nucléaire

A un demi-siècle de distance, Pierre Messmer, premier ministre, et Emmanuel Macron, président de la République, tiennent deux discours si frappants de similitude, qu'on ne peut y voir que des versions successives d'un même discours fondamental. L'un à la télévision, le 6 mars 1974 ; l'autre à Belfort, le 10 février 2022. (Voir les textes en annexe)
Face à la similitude des contextes - le choc pétrolier suivant la « guerre du Kippour », en 1974 ; et la crise énergétique, résultant en 2022 de l'explosion de la consommation, de la raréfaction des ressources, et du renoncement aux énergies carbonées (pétrole, charbon) ; l'Etat français réagit de la même façon. Le développement éperdu de sa filière électronucléaire accompagné d'une offensive rhétorique visant à justifier et à glorifier cette ruée vers l'atome.
L'invasion de l'Ukraine, le 24 février 2022, soit 14 jours après le discours de Macron, et les divers embargos, d'origine russe ou occidentale, frappant les exportations de gaz, de charbon et de pétrole russes, ne peuvent que renforcer cette impression de déjà-vu.

De ce discours du nucléaire, on peut relever quelques lieux communs.

1) La revendication du « progrès » fondé sur la rationalité techno-scientifique. C'était déjà l'ultima ratio de Pierre et Marie Curie, lors de leur discours de Stockholm, le 6 juin 1905 : « Je suis de ceux qui pensent, avec Nobel, que l'humanité tirera plus de bien que de mal des découvertes nouvelles (1). »

2) La revendication d'une tradition et d'une excellence nationales en la matière, remontant aux héroïques époux Curie, et poursuivie par leur fille et leur gendre, Irène et Frédéric Joliot-Curie, eux-mêmes pionniers de la Bombe et fondateurs du Commissariat à l'énergie atomique (2). Cette même excellence étant censée garantir la sécurité des Français vis-vis de tout risque de pollution radioactive ou d'accident nucléaire.

3) La défense de l'indépendance et de la souveraineté nationales, grâce au nucléaire, que ce soit en matière d'énergie ou en matière militaire – les deux étant d'ailleurs intrinsèquement liées, puisque toute technologie est duale, civile et militaire.

4) La « chasse aux gaspis » (1974). « L'énergie est notre avenir, économisons-la » (2022). L'appel aux citoyens et aux particuliers pour réduire, sinon pour rationner leurs dépenses énergétiques (chauffage, éclairage), afin de maintenir l'alimentation de l'Etat industriel. Cette participation au devoir civique induisant une soumission indiscutée aux consignes gouvernementales jugées vertueuses puisque, précisément, il s'agit de réduire la gabegie.

5) L'« ouverture » et même le « soutien » aux « énergies alternatives » et « renouvelables », éolienne, solaire, hydroélectrique, etc., censés prouver que l'Etat nucléaire n'est pas monopolistique. A condition bien sûr que ces « énergies de flux », qui ne peuvent fournir pour le moment qu'une « énergie d'appoint », soient technologisées et industrialisées – notamment sous la direction du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (3).

6) La lutte contre l'effet de serre et le réchauffement climatique, mise en avant dès 1976 par Louis Néel, directeur-fondateur du Commissariat à l'énergie atomique de Grenoble (1956), et prix Nobel de physique 1970, pour justifier l'industrie nucléaire et la construction de Superphénix, puisqu'il n'est pas question de remettre en cause « une société de consommation », avec une « certaine expansion industrielle (4) ». Où l'on voit ce que signifie vraiment cette injonction à « écouter les scientifiques », aussi bien répétée par Greta Thurnberg, la petite mascotte du pseudo - « mouvement climat », que par toutes les autorités politiques et médiatiques.

Bref. Nous avons demandé à Jean-Manuel Traimond et à ses amis du collectif Passerelle de lire pour nous ces deux discours de Messmer et de Macron, tels qu'ils se dupliquent à un demi-siècle de distance. On trouvera ci-dessous leur introduction, suivie des deux textes en question.

NOTES
1) Eve Curie, Madame Curie, Hachette, 1958, p.175
2) Cf. Françoise d'Eaubonne à Grenoble, par Le Casse-Noix (ici)
3) Cf. Frédéric Gaillard, Le soleil en face, rapport sur les calamités de l'industrie solaire et des prétendues énergies alternatives, L'Echappée, 2012
4) Cf. Françoise d'Eaubonne à Grenoble, par Le Casse-Noix ; « Creys-Malville, le dernier mot » (ici) et dans Memento Malville, Pièce détachée n°14

(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

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Publié le 11.07.2022 à 21:45

Pierre de Ronsard & William Blake - Notre Bibliothèque Verte n°45 & 46

Disponible en librairie : Notre Bibliothèque Verte (deux volumes). Voir ici

On nous a si souvent traités de « poètes », nous, les défenseurs de la nature, avec une condescendance qui rejetait pêle-mêle « les papillons », « les petites fleurs » et « les petits oiseaux », raillant notre sensiblerie et notre mièvrerie supposées, qu'on ne s'étonnera pas de nous voir chercher une fois de plus nos auteurs parmi les chanteurs du monde. Du temps que le monde était monde – mundus, propre – et non pas immonde (souillé) ; enchanteur et enchanté.
Que ce mot de « poète » soit lancé comme une marque de dédain ; qu'on ne prête pas davantage attention à l'exultation lyrique du chanteur dans et de la nature (de l'amour et de la liberté) ; qu'on ne prenne pas plus au sérieux cette exultation naturelle ; suffit d'ailleurs à juger ces réalistes de l'immonde, tel qu'ils ont transformé le monde. Cette engeance de scatophages, qui, ayant putréfié l'air et la terre, les eaux et forêts, se repaît en ricanant de ses propres ordures.
Nous parlons de la société industrielle et de ses collaborateurs, quels que soient leurs rangs et leurs couleurs politiques. Restez chez vous, comme vous nous l'intimiez au beau temps du virus et du confinement à domicile. Ne venez pas saloper le Vercors, les Calanques et Brocéliande de votre infection pléthorique, électrique et motorisée. Touriste, dégage !

Ronsard ? Un tree hugger (embrasseur d'arbres) comme se gaussent les rudes mineurs et bûcherons américains. Un de ces écolos larmoyants qui enlacent les arbres pour empêcher qu'on les abatte (quand ils n'y enfoncent pas des clous pour briser les scies des tueurs), et qui supplie pour sa forêt de Gastine :

Escoute, Bucheron (arreste un peu le bras)
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas,
Ne vois-tu pas le sang lequel degoute à force
Des Nymphes qui vivoyent dessous la dure escorce ?

Quant à William Blake, l'imprécateur des « moulins sataniques » - les usines fumantes de charbon – pire encore que Ronsard, il défend le surnaturel. Un autre monde est certain au-delà des brouillards industriels, une Jérusalem resplendissante, qu'il voit, comme Rimbaud voit au ciel « des plages sans fin couvertes de blanches nations en joie ».

Enfin nous trouvons les voyants et visionnaires plus lucides que les réalistes, apologistes de la terre brûlée, de l'Amazone écorchée et de la fournaise estivale. C'est que la fin du monde arrive de plus en plus avant la fin du mois.

Pour lire les notices, ouvrir le document ci-dessous.

Lire aussi :

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Publié le 27.06.2022 à 21:37

"Technopolice" : L'escroquerie du citoyennisme numérique

La Quadrature du net (QDN), association « pour un Internet libre, décentralisé et émancipateur » (tendance « RGPD »), était à Calais le 21 juin, Roubaix le 22 et Lille le 24, avec sa « Caravane de la Technopolice », afin d'alerter les citoyens sur les technologies de surveillance de masse dans l'espace public, et de lancer contre celles-ci une plainte collective : « Partout sur le territoire français, la Smart City révèle son vrai visage : celui d'une mise sous surveillance totale de l'espace urbain à des fins policières. »

Ladite « Quadrature » - pourtant un working space d'ingénieurs, de juristes et d'experts - révèle ainsi qu'elle ne sait, ni ce qu'est la police ; ni ce qu'est la technopolice. Mais qu'attendre de gens qui ne voient même pas l'ineptie du jeu de mots qui leur sert d'enseigne. La « quadrature du cercle » qu'ils essaient de détourner par humour machinal étant le type même du problème irrésoluble.
Quoi que prétendent la QDN et ses experts, l'« Internet libre » et le « numérique inclusif » ne seront jamais qu'un oxymore et un pléonasme. Examen d'une escroquerie en association citoyenne.

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