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Un Toit Pour Tous

UTPT se donne pour mission de favoriser l’accès et le maintien dans un logement décent des personnes à faibles ressources en lien avec les collectivités locales.

Publié le 18.06.2026 à 15:51

Administrateur et référent du groupe mécénat d’Un Toit Pour Tous, Jean-Luc Chicco s’engage depuis de nombreuses années en faveur du logement des plus précaires. Il partage ici les raisons de son engagement et sa vision des enjeux à venir pour l’association.

Bonjour Jean Luc, peux-tu te présenter en quelques mots ?  

Je suis Jean-Luc Chicco, à la retraite depuis deux ans. Avant j’étais responsable logistique chez Hewlett Packard, grand groupe informatique connu. Après avoir déménagé 14 fois, je suis arrivé dans la région en 1986 et je n’ai pas bougé depuis.  

Comment t’es-tu intéressé au mal-logement ? 

Mon père avait créé « Loger Marseille jeunes » avec des oncles et des amis. C’était une structure similaire à Un Toit Pour Tous en matière de production de logements PLAI. L’objectif était d’essaimer en France. Cela m’a incité à créer, il y a plus de dix ans, « Loger Rhône Alpes » avec laquelle nous avions acquis deux logements sur le bassin grenoblois. J’ai ensuite fusionné l’association avec celle de Marseille qui s’est développée et possède aujourd’hui jusqu’à 50 appartements. Cela fait longtemps donc que je m’intéresse aux problèmes de logement.  

Comment as-tu connu Un Toit pour Tous ? 

J’ai connu Un Toit Pour Tous par le biais d’Andrée Demon avec qui j’étais en lien lorsqu’elle travaillait à l’UMHIJ (Union mutualiste pour l’habitat et l’insertion des jeunes) car celle-ci logeait des jeunes dans l’un des deux appartements de mon association. Lorsque Andrée Demon est devenue présidente d’Un Toit Pour Tous, nous sommes restés en contact. Dans le même temps, « Loger Rhône Alpes » a utilisé les services de Territoires, l’Agence immobilière à vocation sociale d’Un Toit Pour Tous, pour l’un des deux logements. 

Qu’est ce qui t’a motivé à t’investir à Un Toit Pour Tous ?  

Avant d’être en retraite j’avais souhaité m’investir dans Un Toit Pour Tous. Avec tous mes propres déménagements, j’ai toujours senti viscéralement l’importance d’avoir un chez soi, d’avoir une sorte de base pour chercher un emploi, se faire des amis. Il faut développer le vivre ensemble et non le chacun pour soi.  

Dans quel groupe de bénévole es-tu impliqué ?  

Je suis impliqué dans le groupe mécénat, d’abord en suivant les dossiers du Crédit agricole puis, je suis devenu référent du groupe à la suite d’Elisabeth Paccard. J’ai toujours aimé les chiffres, les finances. Je suis assez à l’aise dans le montage des dossiers pour chercher des financements. Je suis allé au groupe qui assure des permanences concernant le droit au logement opposable mais c’est très dur d’être confronté aux réalités que vivent les personnes en très grande précarité.  

Pour le financement de la coopérative foncière Un Toit Pour Tous-Développement, il faut faire la différence entre les acteurs publics, les dons privés, les dons des mécènes et les placements des particuliers. Nous souhaitons garder des relations régulières avec nos mécènes fidèles comme le Crédit agricole, GEG, Samse, Schneider, Point P… par exemple en les invitant à des inaugurations de nos nouveaux logements.  

 

Quelles sont aujourd’hui les difficultés qui peuvent être rencontrées ?   

Nous avons du mal à trouver des financements réguliers. Nous récoltons environ 80 000 euros par an en étant un groupe de 5. On a souvent des refus. Il faut relancer, déposer des dossiers sur des plateformes, on nous dit non sans en savoir la raison. Un des objectifs premiers est de financer des opérations de nouveaux logements en trouvant 10% de fonds propres. Cela permet de finaliser les dossiers. Nous sommes une association locale qui devrait pouvoir nous procurer plus de dons et de financements de mécènes de proximité, en plus des ressources des collectivités. Il est nécessaire de relancer les mécènes. J’effectue des recherches auprès de divers entreprises. Il faut séduire mais nos partenaires changent. C’est parfois un peu frustrant. 

Comment vois-tu ton rôle d’administrateur ?  

Je suis aussi au conseil d’administration car la présidente m’y avait convié. On voit la gouvernance de l’intérieur, les questions qui se posent. C’est enrichissant. La structure est très bien tenue au niveau financier. 

Quels sont les enjeux pour les années à venir ? 

Un Toit Pour Tous a passé un cap. Son patrimoine vieillit et nécessite aujourd’hui une attention particulière. L’association peut s’appuyer sur une équipe salariée et bénévole très performante. L’un des enjeux est de poursuivre les opérations de réhabilitation dans le diffus, tout en menant des projets plus spécifiques, comme celui du Bercail Paysan 

À moyen terme, on peut s’interroger sur l’orientation de l’aide des collectivités. Le logement social devrait être une priorité en France. Nous sommes un pays riche et nous n’arrivons pas à faire assez de logement social.                                                                                   

Comment vis-tu ton engagement à Un Toit Pour Tous ?  

Être bénévole dans une association, ce n’est pas la même chose que travailler en entreprise. On doit faire le tri entre l’essentiel et l’important dans sa vie. Lorsqu’on s’engage, c’est qu’on est capable de donner du temps. C’est une question de respect vis-à-vis des autres personnes. Je me donne jusqu’à 70 ans (j’ai 66 ans) et après je ferais un point d’étape.  

Quelles sont tes relations avec les salariés d’Un Toit Pour Tous ? 

Je travaille un peu avec les salariés mais l’équipe mécénat est principalement en lien avec le directeur, le service communication, Un Toit Pour Tous Développement. Nous sommes assez autonomes et nous nous réunissons tous les mois. Il me semble toutefois qu’il serait utile qu’une personne salariée puisse s’investir davantage dans la recherche de mécènes.  

Quels sont les temps forts de l’association pour toi ? 

Ce sont les rencontres annuelles avec la présence des élus, qui permettent des temps d’interpellation. Il y a aussi la journée salariés-bénévoles qui constitue un temps fort convivial.  

Un mot pour conclure ?  

Les dons des particuliers et le mécénat devraient avoir une place plus importante dans les ressources pour financer nos actions. Il faut se donner les moyens de les augmenter.  

L’article Portrait bénévole : Jean-Luc Chicco, référent du groupe mécénat est apparu en premier sur Un Toit Pour Tous.


Publié le 08.06.2026 à 09:34

Après une présentation des réalités du mal logement par l’Observatoire de l’hébergement et du logement, cette soirée au Minimistan s’est conclue par une mise en lumière de l’action des bénévoles d’Un Toit Pour Tous.

Le nouveau président, Paul Coste, a présenté les différents groupes de bénévoles de l’association et leurs référents qui permettent d’être en appui des 47 salariés.

 

Une aide très utile des locataires dans leurs démarches numériques

Pour illustrer ces engagements bénévoles, Marie-Odile et Dominique ont témoigné chacun de leurs actions pour Un Toit Pour Tous.

Marie-Odile a toujours été sensible au mal-logement et est membre d’une Société civile immobilière Ensemble Offrir un Toit. C’est à la permanence numérique que Marie-Odile consacre son temps pour l’association. Il s’agit d’aider les locataires dans leurs démarches sur internet et en particulier leurs recherches de logements en dehors du secteur aidé. Vu le contexte de l’immobilier, cet accompagnement est de plus en plus difficile. Elle aide ces personnes à ne pas se décourager.

 

À la recherche de financement et pour les petites réparations dans les logements

Dominique a rejoint plus récemment l’association et est actif dans deux groupes. Participer au groupe mécénat est très utile pour trouver des financements pour réhabiliter les logements qui vont être loués. Le groupe bricoleur lui permet d’aller dans les logements et vivre de riches rencontres avec les locataires. Les bénévoles bricoleurs réalisent de petites réparations et sont souvent remerciés par des parts de gâteaux. Ils cherchent aussi à impliquer les bénéficiaires dans le bricolage. Dominique s’est engagé dans ces groupes à la suite d’une journée de présentation dédiée aux adhérents et bénévoles. Il apprécie beaucoup l’ambiance de l’association.

 

Pour Michelle Daran, Un Toit Pour Tous, une association astucieuse et engagée

Cette soirée s’est conclue par quelques mots de Michelle Daran qui, après cinq années, quitte la présidence d’Un Toit Pour Tous car elle est élue conseillère municipale de Grenoble et à la Métropole. Elle quitte cette responsabilité avec regret, estimant que cet ensemble, riche de la diversité de ses métiers, constitue un montage astucieux réalisé au fil des années. Pour comprendre l’histoire de l’association, elle recommande la lecture des chapitres écrits par Georges Douillet (lien). Malgré des périodes difficiles, depuis plus de trente ans, l’association a toujours rebondi par des choix intelligents. Un Toit Pour Tous a fait aussi partie des associations qui ont œuvré pour les améliorations législatives pour faire face au mal logement. C’est aussi un rôle de l’association que Michelle apprécie beaucoup et qu’elle continuera à suivre, en parallèle de ses nouvelles fonctions.

L’article Des bénévoles aux actions diverses et astucieuses pour le logement des plus défavorisés est apparu en premier sur Un Toit Pour Tous.


Publié le 08.06.2026 à 09:13

Soirée spéciale dédiée aux nouveaux bénévoles au Minimistan le 12 mai dernier, avec un temps fort d’information sur le mal-logement.

Après une visite commentée de l’exposition photographique Considérables ! inaugurée fin mars, puis un film présentant les différentes activités d’Un Toit Pour Tous, une cinquantaine d’auditeurs engagés dans les différents groupes de l’association ont eu la chance de bénéficier d’une « formation express » de haut niveau sur le mal logement.

Condensée certes, et pourtant extrêmement apprenante et pour le moins motivante : impossible, à la fin de la session, de douter du sens de son engagement !

 

L’Observatoire d’Un Toit Pour Tous : un outil d’analyse et d’interpellation

À deux voix, René Ballain, président de l’Observatoire de l’hébergement et du logement, et Marie Guillaumin, responsable salariée, ont en effet livré une démonstration, sans appel et chiffres à l’appui, de la gravité d’une crise qui se joue au croisement des difficultés économiques et sociales de notre pays.

Une mise en lumière du rôle de l’Observatoire de l’hébergement et du logement, producteur des études indispensables à l’activité d’interpellation et d’alerte de l’association. Car c’est grâce à ce type d’analyse parfaitement documentée, qu’il est possible de peser sur les choix politiques nationaux, comme par exemple le projet de plan de relance du logement annoncé par le gouvernement.

 

Le mal-logement, une présentation choc…

…par le contenu bien sûr, mais aussi, pour ceux qui l’ont connu, du fait du lieu. La salle dite de l’évènementiel du Minismistan était, jusqu’à sa fermeture, un des espaces du Foyer de l’Étudiante, qui logeait en plein quartier Alma Très Cloîtres, aujourd’hui ciblé quartier prioritaire de de la politique de la Ville, des jeunes filles venues de familles peu aisées faire leurs études en France. Un lieu emblématique !

En partant de la genèse d’une notion qui fut développée par les bénévoles de l’ancienne Fondation Abbé Pierre, aujourd’hui Fondation pour le logement des défavorisés, dont René Ballain fut un des promoteurs, les deux intervenants ont su captiver l’attention du public.

La problématique fut déployée de façon très structurée, d’une façon que les chiffres bruts ne peuvent à eux seuls suffire à décrire, bien qu’ils soient frappants :

  • un taux d’effort dans le budget des ménages de + 6% en cinq ans, accentué pour les ménages les plus modestes
  • la baisse continue des aides au logement, moins 4 milliards depuis 2017
  • le doublement des expulsions locatives en trois ans seulement (de 15 à 30 000)
  • environ 350 000 personnes sans domicile à l’échelle du pays
  • 2,8 millions de demandeurs de logement social au 1er janvier 2025, un nouveau record

 

Le mal-logement, trois âges et cinq critères

L’histoire du mal logement depuis 1945 peut se caractériser par trois phases distinctes :

  • Jusqu’aux années 60, le mal-logement est principalement associé à la pauvreté et au sans-abrisme,
  • À partir des années 70, la question des logements inadaptés émerge progressivement (logements vétustes, au confort minimal, de taille insuffisante pour les familles…),
  • Depuis les années 1990, s’ajoutent les difficultés d’accès et de maintien pour les plus défavorisés.

La grille d’analyse développée par l’Observatoire permet de définir, actuellement, cinq « états » du mal-logement :

  • l’absence de logement personnel et l’abri précaire,
  • les difficultés d’accès au logement,
  • des conditions d’habitat dégradées (logement non-décent, habitat indigne),
  • des difficultés à se maintenir dans son logement,
  • et enfin, le blocage des parcours résidentiels et les inégalités territoriales.

 

Le mal-logement, qu’en est-il en Isère ?

Dans notre département, 1 610 personnes sont sans abri ou en abri précaire, alors que le dispositif d’hébergement d’urgence n’offre que 2 050 places, toutes occupées. On assiste de ce fait à une concurrence entre les publics, avec des pratiques de tri, ce qui fait froid dans le dos. Une femme enceinte de 8 mois sera prioritaire par rapport à une femme enceinte de 4 mois. Des enfants en bas âge seront prioritaires par rapport à des enfants d’âge moyen.

Le dispositif d’hébergement d’urgence (le 115) est embolisé, avec 65 % des demandes qui ne sont pas satisfaites (6 demandes pour une place). Quant aux difficultés d’accès au logement de droit commun, elles sont accentuées par l’écart entre le nombre de demandes et la disponibilité des logements.

Le parc privé est faiblement mobilisé, alors que le parc social est insuffisant.

En 2024, en Isère, 11 400 nouveaux ménages ont demandé un logement social, pour 2 400 attributions seulement. En outre, 17 communes ne répondent pas aux obligations de la loi Solidarité et renouvellement urbain (soit 20% minimum du parc de logement constitué de logements sociaux).

 

De lourdes conséquences : recours à des logements indignes et non-décents, fracture de la mobilité résidentielle

En effet, concernant les conditions d’habitat, outre l’augmentation considérable de la précarité énergétique (que le projet de loi gouvernemental pourrait aggraver en remettant sur le marché des logements étiquetés F ou G pour leur performance énergétique), l’habitat indigne est malheureusement un recours par défaut. Estimé à 450 000 logements au niveau national (indice de parc privé potentiellement indigne), il serait de 600 000 en réalité d’après la Fondation pour le logement des défavorisés. Moisissures, infiltration, insalubrité, locaux impropres à l’habitation… qui pèsent sur la santé physique et mentale des occupants.

Enfin, la mobilité résidentielle, c’est souvent de la rue au CHRS puis retour à la rue. Dans le parc social, le taux de rotation est très faible (7,3% contre 29% dans le parc privé). L’ensemble du parcours résidentiel est rouillé : engorgement à chaque étage, « débordement à la chaîne » (Marie Guillaumin).

 

Conclusion : l’ampleur des difficultés comme le renouvellement constant des situations de mal-logement nécessitent de la robustesse

Ces constats appellent en effet une analyse solide et rigoureuse. Comprendre les évolutions est indispensable pour mieux cerner les besoins et adapter les réponses.

Et René Ballain d’insister :

Soyons prêts à déployer force et vigueur dans les missions d’Un Toit Pour Tous : la robustesse des études et de l’analyse soutient la qualité et la puissance de l’interpellation publique ainsi que la pertinence de tous les engagements de l’association, dont le projet associatif sera ré-activé prochainement.

Des temps forts à venir qui poussent à la mobilisation.

L’article Un conférence sur le mal-logement au Minimistan est apparu en premier sur Un Toit Pour Tous.


Publié le 21.05.2026 à 14:34

Mardi 21 avril 2026 Un Toit Pour Tous a présenté, en visioconférence, ses actions pour répondre aux besoins toujours croissants de logements très sociaux.

Priorité au logement des plus démunis

Le terme de logement social couvre en fait des réalités humaines très diverses. Marie Guillaumin, de l’Observatoire de l’hébergement et du logement, a présenté de nombreux chiffres montrant l’importance de l’action de l’association. Les familles dont se préoccupe le plus Un Toit Pour Tous sont celles ayant un revenu inférieur au plafond PLAI, c’est-à-dire, par exemple inférieur à 1 063 euros pour une personne seule en 2025. Les différentes catégories de logements sociaux sont classées en fonction des types de prêt pouvant financer ces opérations (PLAI, PLUS, PLS ou PLI). Les prêts de financement les plus longs permettent les loyers les plus faibles et sont donc destinés aux locataires qui sont le plus en grande précarité. Un Toit Pour Tous se préoccupe principalement des personnes encore plus démunies classées en PLAI adapté dont plus de la moitié (56 %) étaient préalablement sans domicile personnel (sans domicile, en foyer, en structure d’hébergement d’urgence, hébergés chez des tiers, à l’hôtel ou en habitat précaire) avant d’être logés par l’association. Le PLAI adapté s’est développé depuis 2018. Il a pour but de produire un logement au loyer et aux charges maîtrisés tout en garantissant un accompagnement spécifique des locataires.

57% des demandeurs pour 8,5% d’offre en logements très social

Sur le bassin grenoblois, les logements PLAI ne représentent que 8,5% du parc de logement social disponible. Dans le même temps, 57% des nouveaux demandeurs de logements sociaux ont des ressources inférieures à celles du plafond PLAI. Pour la période du Plan local de l’habitat de la métropole 2017-2024, 74 % des objectifs de logements sociaux ont été atteints soit 825 logements dont 123 pour ceux agréés en PLAI adaptés. Un Toit Pour Tous est le principal intervenant sur ce segment.

Priorité aux logements agréés PLAI adaptés                                                              

Pour la période 2025-2030, la Métropole prévoit de soutenir la réalisation de 430 logements en PLAI par an, dont 40 en PLAI adaptés. Les personnes qui occupent les logements classés en PLAI adaptés sont orientés vers Un Toit Pour Tous par des commissions intercommunales. Ce sont des ménages qui bénéficient de l’aide personnalisée au logement. 14 travailleurs sociaux et 5 gestionnaires logements accompagnent ces familles.

Acquisition réhabilitation : le savoir-faire d’Un Toit Pour Tous                                                         

Malgré la hausse des demandes de logements sociaux, il est constaté une baisse de la construction de ceux-ci et un fort ralentissement de la mobilité des occupants qui ne peuvent les libérer pour aller vers le marché classique.

Durant le précédent Plan local de l’habitat, la moitié (53 %) des objectifs d’acquisitions réhabilitations a été atteint. Pour le prochain plan, il y a des objectifs d’augmenter fortement cette voie de développement des logements sociaux.

Un Toit Pour Tous a une production très particulière. L’association privilégie des projets d’un ou de quelques logements anciens entièrement à réhabiliter afin de lutter contre la précarité énergétique. Ils sont situés très majoritairement en diffus, dans des copropriétés privées, dans des quartiers attractifs peu dotés en logements sociaux et bien équipés en services afin de favoriser la mixité sociale et une bonne insertion des ménages logés.

La coopérative Un Toit Pour Tous-Développement : création en 2006.
544 logements dont 180 en PLAI Adaptés. 30 nouveaux logements par an sont pris en acquisition amélioration.
De nombreux partenariat avec les collectivités locales, avec des associations, des promoteurs, investisseurs, marchands de biens.

Une équipe pour le développement de nouveaux logements et l’entretien du patrimoine existant                                                                                          

Durant ce 12-14, Léa Besonhé et Claire Cavaro nous ont montré très concrètement par quatre opérations très différentes, les complémentarités des savoir-faire de leurs équipes. Cela commence par la prospection : dénicher des logements qui correspondent le plus aux besoins des demandeurs et élaborer un plan de financement. Puis, la consultation du service de maîtrise d’œuvre et de conduite de travaux pour envisager la faisabilité technique de la réhabilitation.

Ensuite, le service maîtrise d’ouvrage sollicite les soutiens financiers nécessaire à l’équilibre de l’opération auprès des pouvoirs publics, de la Fondation pour le logement des défavorisés, de la Caisse de dépôts et de consignation et ajoute des fonds propres (SHA-Pluralis et dons-mécénat). Une fois le bien entièrement réhabilité et prêt à être habité, le service logement s’occupera de la location et les locataires seront accompagnés par les équipes de gestion locative et d’accompagnement social de l’AIVS® Territoires.

La gestion du patrimoine éclaire les futurs projets                                      

Les liens étroits entre le service maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre permettent d’évaluer les possibilités et les coûts éventuels de chacune des réhabilitations. Le service Développement et patrimoine a aussi à sa charge le suivi des logements que gère Un Toit Pour Tous avec toutes les interventions d’entretiens nécessaires au cours de ces années. Cela permet des retours d’expérience précieux dans tous les aspects concrets de la vie d’un logement et de ses occupants.

Des artisans partenaires de confiance

Dans le respect du code de la commande publique, la maîtrise d’œuvre d’Un Toit Pour Tous effectue la consultation des entreprises auprès d’artisans compétents sur la réhabilitation totale des logements.

Principalement des baux à réhabilitation

Actuellement, l’essentiel des opérations est conduit dans le cadre de baux à réhabilitations par convention avec l’établissement public foncier local et les collectivités locales. Cela permet de bénéficier d’une exonération de la taxe foncière durant la durée du bail et de ne payer en charge foncière que la redevance du bail.

La durée entre la prospection et la mise en location est en général de deux ans.

 

L’objectif des trois derniers 12-14 organisés par Un Toit Pour Tous à propos du logement d’abord est de montrer la diversité des actions possibles.

Le 10 mars ont été présentées en visioconférence les missions des « Pensions de familles » (12/14 Mars 2026 – Logement d’abord et pensions de famille).

Le 16 juin 2026 de 12 à 14h, en présentiel, à la Maison de la Vie Associative de Grenoble, seront exposées les règles et fonctionnement de l’Intermédiation locative.

L’article Une équipe pour loger les plus démunis est apparu en premier sur Un Toit Pour Tous.


Publié le 20.05.2026 à 10:38

La disparition récente de Louis Besson remet en lumière l’héritage majeur de la loi du 31 mai 1990, dite « loi Besson », qui a profondément structuré la lutte contre le mal-logement en France.
À travers deux ouvrages publiés fin 2025, plusieurs acteurs associatifs et chercheurs reviennent sur l’élaboration de cette loi fondatrice, née de la mobilisation conjointe des associations, des chercheurs, des collectivités et de responsables politiques engagés.

La loi du 31 mai 1990 -dite loi Besson, mais que son auteur préférait appeler la loi des associations – a institué des outils majeurs pour lutter contre le mal logement :

  • Les plans départementaux pour le logement des plus défavorisés (PDALPD),
  • Le fonds de solidarité logement (FSL) dont le financement est assuré à parité par l’Etat et le Département,
  • Un dispositif fiscal adapté.

 

Deux livres pour rendre compte de son élaboration et de son déploiement

Deux ouvrages (cf. les références complètes en annexe) publiés fin 2025 relatent la place qu’ont joué les associations, spécialisées dans l’accueil et le soutien aux ménages les plus défavorisés, dans l’élaboration de la loi Besson du 31 mai 1990 ainsi que des ses finalités dans le contexte du moment :

  • Instituer le droit au logement, les associations dans la fabrique de la loi Besson, M. Pesle, A. Rode ;
  • Le droit au logement empêché ? R. Ballain, T. Tellier, D. Vanoni ;

Cet article est issu d’un entretien avec René Ballain, maitre d’œuvre des deux ouvrages, ancien chercheur associé au laboratoire Pacte de l’institut d’ Etudes Politiques de Grenoble, et depuis longtemps administrateur à Un Toit Pour Tous.

Mais l’actualité c’est aussi la disparition récente de Louis Besson,  et c’est une manière de lui rendre hommage que des citer des extraits du texte que celui-ci avait rédigé en préface du premier ouvrage :

 « Un droit au logement qui est le droit à une vie autonome … d’avoir non seulement un toit, mais de pouvoir accueillir et donc d’avoir des relations sociales … de pouvoir disposer d’une adresse que tout employeur exigera ! ». Louis Besson.

 

Construire un droit au logement effectif et pérenne relève-t-il du mythe de Sisyphe ?

« L’histoire du logement, c’est l’histoire de sa crise », Christian Topalov., sociologue des questions de logement.

«  C’est faire montre de lucidité que de souligner que la loi du 31 mai 1990 … n’ a seulement engagé qu’une nouvelle étape de la lutte contre le mal logement. En effet la société n’a pas uniquement à traiter un « stock » de situations … mais à faire face à un » flux » qu’il convient de prendre en compte continûment … ». Louis Besson.

Comment la loi peut-elle répondre à ces besoins : Il faut que ceux-ci  »rentrent en politique ». A cet égard, à la fin des années 80, il y alignement des planètes :

  • on dispose alors d’ analyses de la réalité, en s’appuyant et sur le travail de la recherche et sur l’action des associations de terrain,
  • et de beaucoup d’expériences sur un certain nombre de territoires,
  • l’élaboration de la loi s’est aussi appuyée sur l’engagement de fonctionnaires du ministère du logement,
  • et c’est la rencontre de grandes figures morales, telle celle de Louis Besson, alliant compétences et valeurs morales,
  • – encore fallait-il un contexte politique favorable et le soutien sans faille du premier ministre d’alors

Nombre de facteurs qui font cruellement défaut aujourd’hui, alors que la crise s’intensifie.

 

Une multiplicité d’acteurs, c’est une chance pour l’élaboration de la loi

On peut construire de la politique publique en s’appuyant sur des rapports officiels, mais on peut le faire également et surtout en mobilisant les acteurs de la société civile et en tablant sur leur expérience.

La loi Besson a légitimé  et consolidé le travail d’une pluralité d’acteurs de terrain,  constituant une sorte de chaine réunissant des associations, des convictions et des expérimentations.

C’est aussi une histoire de personnes. L’ élaboration de la loi de 1990 et son déploiement dans les années qui ont suivi son adoption ont été facilités par l’action d’un certain nombre de personnalités engagées dans des structures diverses.

Patrick Doutreligne en est un des représentants, responsable habitat de l’UNIOPS  (Union nationale interfédérale des œuvres privées sanitaires et sociales) au début des années 1990, puis membre du cabinet de Louis Besson associé à la préparation du volet logement de la loi de lutte contre les exclusions de 1998, avant de devenir secrétaire général du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées puis délégué général de la Fondation abbé Pierre (FAP).  D’autres figures ont aussi assuré la permanence de la préoccupation du logement des plus défavorisés comme Alain Chaudières ou Claude Chigot (tous deux à l’origine de la FAP) pour ne citer qu’eux.

 « Je veux souligner … la contribution déterminante des associations dans la définition du contenu de la loi du 31 mai 1990. »

«  Cette active et efficace complicité avait trouvé sa raison d’être dans la double conscience d’une présence simultanée de besoins aigus – partiellement satisfaits par l’offre HLM – et d’associations mobilisées dont il fallait reconnaitre et valoriser la remarquable action pour le droit au logement. » Louis Besson.

 

Un partenariat Etat – Département

Mais si l’Etat ne bouge pas, et s’il ne mobilise pas les collectivités territoriales, il ne se passe rien au niveau législatif (à l’inverse, quand c’est  lui qui détricote, on voit la régression que cela engendre …).

Louis Besson s’est appuyé sur les conseils généraux pour  créer ce partenariat alors que ce dernier n’est pas à proprement parler de compétence en la matière (dans la loi, il n’y a rien sur les intercommunalités, lesquelles à l’époque n’interviennent pas dans ce domaine : depuis, ce sont elles qui conduisent les PLH, la loi SRU, les aides à la pierre, la politique d’attribution.)

Certains départements avaient en effet mis en place les premiers plans départementaux (Yvelines, Côte d’Or, Ille et Vilaine, ) ; des communes également créent des fonds d’aide aux impayés, au relogement, et instituent des systèmes de garantie, ains que quelques départements.

Il fallait donc mailler toutes ces initiatives dans une approche plus large et mettre en avant qu’on ne peut avancer que si en même temps une politique d’insertion et contre les exclusions est mise en œuvre, sans parler de la politique de la ville.

Il faut lire ces deux livres pour comprendre finement cette méthode d’élaboration qui s’est appuyée sur l’expertise des associations, et pour comprendre également ce qui se joue actuellement. Et, pour obtenir de grandes lois, il faut aussi de grands ministres, Louis Besson mais il faut citer également Jean Claude Gayssot pour la loi SRU.

Ces lois, bien que toujours discutées et remises en cause, sont toujours là et structurent la politique du mal logement et ont contribué grandement à la décentralisation de la politique du logement.

 « Interpeller les pouvoirs publics avec la légitimité de ceux qui « font » et ne se contentent pas de revendiquer … c’est gagner une crédibilité qu’il serait dommage de ne pas pouvoir entendre au regard des lourdes réalités humaines l’exclusion aujourd’hui encore si présentes. » Louis Besson.

Voilà qui résonne tellement avec ce qu’essaie de faire Un Toit Pour Tous !

 

Pour aller plus loin :

  • Instituer le droit au logement, les associations dans la fabrique de la loi Besson (1980-1995),  préface de Louis Besson ;    Manon Pesle, Antoine Rode,  édition l’Aube ;
  • Le droit au logement empêché ? Histoire et perspective de la loi Besson (1990- 2025), postface  de Christophe Robert ;    René Ballain, Thibault Tellier, Didier Vanoni, édition L’aube.

 

L’article Loi Besson : un héritage toujours d’actualité face à la crise du logement est apparu en premier sur Un Toit Pour Tous.


Publié le 18.05.2026 à 14:13

Au sein d’une association comme la nôtre qui a pour but de réhabiliter des logements pour les remettre à disposition de mal- logés, l’engagement et le travail des bénévoles est essentiel.

Et parmi ceux qui consentent à s’investir dans cette mission, pas toujours gratifiante et agréable tant les problèmes d’importance se dévoilent vite, certains ont un rôle primordial et parfois même vital pour qu’une telle association puisse survivre et perdurer en se développant.

Paul Henri fût de ceux-là.  Et si Un Toit Pour Tous est encore bien vivante à ce jour, c’est grâce à lui qui, il y a environ 30 ans, sauva de la faillite Territoires, son agence immobilière à vocation sociale en allant défendre (presque seul) cette cause naissante dans la difficulté devant le tribunal de commerce.

Pour cela et pour toutes les activités et autres actions nombreuses qu’il mit en œuvre pendant plus de 20 ans au sein d’Un Toit Pour Tous, nous lui devons toute notre gratitude et notre reconnaissance.

L’ingénieur structure qu’il fût pendant sa vie professionnelle, le jour de sa retraite venu, céda naturellement sa place à un autre personnage, initiateur au sein d’Un Toit Pour Tous d’une organisation qui permettait un meilleur fonctionnement et une harmonisation des relations entre les bénévoles et les salariés de l’association. Ainsi par son intermédiaire Un Toit Pour Tous n’a pas cessé de d’œuvrer au bénéfice d’une population dans le besoin toujours plus nombreuse.

Tout cela se fit à l’image de l’homme qui nous quitte aujourd’hui : dans le respect de chacun, de façon discrète, sans mise en avant de ses qualités et de ses idées pourtant indéniables et si bénéfiques pour Un Toit Pour Tous.

L’intérêt et le bien commun furent sa priorité, dans la modestie et en totale conformité avec ses profondes convictions personnelles. C’est le message que Paul Henri, notre ami véhiculait.

Nous avons eu la chance d’œuvrer avec lui sans toujours nous rendre compte de l’importance de son action et de la chance que nous avions d’être à ses côtés.

Nous nous devons d’essayer de suivre aussi longtemps que possible son exemple, continuer à marcher dans sa trace pour qu’elle ne s’efface pas.

Une fois encore à toi notre ami Paul Henri un immense merci pour tout ce que tu as donné.

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