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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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03.03.2026 à 00:00

Laos : Enquêter sur la mort d'un activiste de premier plan

Human Rights Watch

Click to expand Image L'activiste laotien Sisay Luangmonda (également connu sous le nom Bao Mor Khaen sur les réseaux sociaux).  © Privé

(Bangkok) – Les autorités laotiennes devraient mener une enquête urgente et impartiale sur la mort suspecte d'un activiste qui avait ouvertement critiqué le gouvernement, et poursuivre en justice les responsables, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch.

Le 20 février, le corps de Sisay Luangmonda, un activiste âgé de 32 ans connu sous le nom Bao Mor Khaen sur les réseaux sociaux , a été retrouvé sur le bord d'une route dans le district de Hadxayfong, près de la capitale Vientiane ; quatre jours auparavant, sa famille avait signalé sa disparition aux autorités locales. La Fondation Manushya, qui surveille les droits humains au Laos, a rapporté que Sisay n'avait pas été revu depuis que des soldats l'avaient arrêté à l'extérieur de Vientiane entre 21 h et 22 h le 14 février, et l'avaient emmené à la prison de Phonthan.

« Les autorités laotiennes devraient mener immédiatement une enquête impartiale sur la mort suspecte de Sisay Luangmonda, un éminent détracteur du gouvernement », a déclaré Elaine Pearson, directrice pour l'Asie à Human Rights Watch. « La mort de Sisay envoie un message effrayant aux personnes qui critiquent le gouvernement laotien, renforçant le climat de peur dans ce pays. »

Sisay avait reçu des menaces de mort liées à ses commentaires sur les réseaux sociaux, critiquant la corruption et la mauvaise gestion du Parti révolutionnaire populaire lao au pouvoir.

Après l'arrestation de Sisay, les autorités laotiennes n'ont fourni aucune information à sa famille sur le lieu où il se trouvait, et n'ont pas répondu aux allégations selon lesquelles il aurait été victime d'une disparition forcée. La famille de Sisay a déclaré que depuis la découverte de son corps, les autorités laotiennes n'avaient pas ouvert d'enquête, ni procédé à un examen médico-légal de sa dépouille.

Le gouvernement réprime les activistes et les dissidents depuis sa prise de pouvoir en 1975, dans le cadre d'un système autoritaire à parti unique. Sombath Somphone, un pionnier du développement communautaire et de l'autonomisation des jeunes, a disparu de force après avoir été placé en garde à vue à Vientiane en décembre 2012. En avril 2023, à Vientiane, un tireur non identifié a grièvement blessé par balle Anousa «Jack» Luangsuphom, un activiste qui avait critiqué le gouvernement sur Internet. Saysomphone Chilikham, membre du groupe Alliance pour la démocratie au Laos, a été victime d'une disparition forcée en février 2024.

Le droit international définit la disparition forcée comme la détention d'une personne par des agents de l'État ou leurs représentants et le refus de reconnaître cette détention ou de révéler le sort ou le lieu où se trouve la personne. Les disparitions sont particulièrement douloureuses pour les familles des victimes. En septembre 2008, le Laos a signé la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, mais ne l'a pas encore ratifiée.

Les activistes qui ont fui les persécutions au Laos pour se réfugier dans les pays voisins restent en danger, selon Human Rights Watch. En mai 2023, un activiste politique laotien en exil, Bounsuan Kitiyano, a été abattu dans la province d'Ubon Ratchathani, dans le nord-est de la Thaïlande. Od Sayavong, un éminent défenseur laotien des droits humains et de la démocratie vivant à Bangkok, est porté disparu depuis août 2019.

Aucune des attaques contre des dissidents et des détracteurs du gouvernement laotien au Laos ou dans les pays voisins n'a été élucidée et personne n'a été traduit en justice.

Lors de l’Examen périodique universel devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies en 2025, le Laos a « accepté » plusieurs recommandations visant à enquêter sur les disparitions forcées, mais s'est contenté de « prendre note » des cinq recommandations relatives à la protection des défenseurs des droits humains. En août 2025, les experts des droits humains de l'ONU ont exhorté le gouvernement laotien à respecter son obligation d'enquêter sur tous les cas d'homicides illégaux.

« Le gouvernement laotien procède depuis longtemps à des arrestations arbitraires, à des disparitions forcées et à des exécutions extrajudiciaires d’opposants », a conclu Elaine Pearson. « Les gouvernements concernés et les organes des Nations Unies chargés des droits humains devraient saisir toutes les occasions qui se présentent pour faire pression sur les autorités laotiennes afin qu'elles mènent des enquêtes approfondies et poursuivent en justice les responsables de graves violations. »

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02.03.2026 à 20:30

Liban/Israël : Les civils exposés à un grave risque de violations

Human Rights Watch

Click to expand Image Un bâtiment endommagé était en feu après une frappe aérienne israélienne à Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 2 mars 2026. © 2026 AFP via Getty Images

(Beyrouth, 2 mars 2026) – Les civils sont exposés à un grave risque de violations alors que le conflit entre Israël et le Hezbollah s'intensifie, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Tôt dans la matinée du 2 mars, le Hezbollah a tiré des roquettes et des drones sur le nord d'Israël ; l'armée israélienne a riposté en menant plus de 70 frappes contre le Liban, notamment dans le sud et l'est du pays, ainsi que la banlieue sud de Beyrouth. Ces frappes ont tué au moins 52 personnes et blessé au moins 154 habitants ; elles ont aussi déplacé des dizaines de milliers de personnes, selon le ministère libanais des Affaires sociales. Aucune victime n'a été signalée suite aux tirs de roquettes du Hezbollah vers le nord d'Israël.

« Lorsque des crimes de guerre et d'autres graves abus sont commis en toute impunité, ils sont susceptibles de se reproduire, et ce sont les civils qui en paient le prix », a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur sur le Liban à Human Rights Watch. « Les pays alliés à Israël, tout comme ceux qui soutiennent le Hezbollah, devraient faire pression sur les belligérants afin qu'ils respectent les lois de la guerre, et minimisent les dommages causés aux civils. »

Depuis le 7 octobre 2023, les forces israéliennes ont commis de nombreuses violations du droit de la guerre au Liban en toute impunité, notamment des attaques apparemment délibérées ou indiscriminées contre des journalistes, des civils, des secouristes, des institutions financières, des installations liées à la reconstruction, et une mission de maintien de la paix de l’ONU, en plus de l'utilisation illégale de munitions au phosphore blanc dans des zones peuplées, parmi d’autres violations. 

À la suite d'une escalade des hostilités entre septembre et novembre 2024, plus de 1, 2 million de personnes ont été déplacées au Liban, des milliers de bâtiments et de maisons ont été détruits, et des villages frontaliers ont été réduits en ruines. Avant l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024, le Hezbollah avait mené des attaques contre le nord d'Israël sans prendre les précautions nécessaires pour protéger les civils, utilisant des armes explosives dans des zones peuplées sans avertir efficacement les civils.

Après que le Hezbollah a annoncé avoir tiré une salve de roquettes et un essaim de drones visant le centre de défense antimissile israélien Mishmar HaCarmel, au sud de Haïfa, l'armée israélienne a déclaré avoir frappé un « haut responsable terroriste du Hezbollah dans la région de Beyrouth » et un « terroriste du Hezbollah dans le sud du Liban ». Elle a ensuite annoncé avoir lancé « une campagne offensive contre le Hezbollah » et une nouvelle vague de frappes au Liban visant « les installations de stockage d'armes du Hezbollah et d'autres infrastructures ». 

L'agence de presse nationale libanaise a rapporté le 2 mars que les autorités avaient donné instruction aux services de sécurité libanais d'arrêter les responsables des tirs de roquettes depuis le Liban. 

Selon l'Agence France-Presse, les frappes israéliennes ont provoqué un exode massif depuis la banlieue sud de Beyrouth. Vers 4 heures du matin, l'armée israélienne a émis des avertissements d'évacuation pour plus de 50 villages et villes du sud du Liban, demandant aux habitants d’« évacuer immédiatement leurs maisons et de s'éloigner des villages d'au moins 1 000 mètres vers des terrains dégagés ». Les avertissements précisaient que « toute personne se trouvant à proximité des agents, des installations et des armes du Hezbollah mettait sa vie en danger ».

Quelques heures plus tard, un porte-parole de l'armée israélienne a appelé les habitants qui avaient évacué leurs maisons à ne pas y retourner. L'armée israélienne a lancé au moins 18 avertissements d'évacuation le 2 mars, avant ce qu'elle a qualifié de frappes imminentes visant l'institution financière al-Qard al-Hassan, affiliée au Hezbollah, au Liban.

L'utilisation d'une institution financière, d'une association ou d'une banque par un groupe armé ne constitue pas en soi une contribution effective à une action militaire, et par conséquent, al-Qard al-Hassan n'est pas une cible militaire légitime au regard du droit de la guerre, a déclaré Human Rights Watch. L'appartenance ou l'affiliation au Hezbollah ou à d'autres mouvements politiques dotés de branches armées ne constitue pas en soi un motif suffisant pour déterminer qu'un individu est une cible militaire légitime. Les directives du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) soulignent que les personnes qui exercent exclusivement des fonctions non combattantes au sein de groupes armés, y compris des rôles politiques ou administratifs, ou qui sont simplement membres ou affiliées à des entités politiques dotées d'une composante armée, telles que le Hezbollah, ne peuvent être prises pour cible à aucun moment, sauf si et uniquement pendant qu'elles participent directement aux hostilités, comme tout autre civil.

Le droit international humanitaire, également connu sous le nom de droit de la guerre, exige des parties à un conflit qu'elles veillent en permanence, lors des opérations militaires, à épargner la population civile et à « prendre toutes les précautions possibles » pour éviter ou minimiser les pertes accidentelles de vies civiles et les dommages aux biens civils. Ces précautions consistent notamment à faire tout ce qui est possible pour vérifier que les cibles des attaques sont des objectifs militaires et non des civils ou des biens civils, à donner un « avertissement préalable efficace » des attaques lorsque les circonstances le permettent et à s'abstenir de toute attaque si le principe de proportionnalité n'est pas respecté. 

Les avertissements qui ne laissent pas aux civils suffisamment de temps pour se rendre dans une zone plus sûre ne sont pas considérés comme « efficaces » au regard de la loi. Les avertissements généraux sans rapport avec une attaque imminente ne peuvent être considérés comme « efficaces » et peuvent au contraire semer la peur parmi la population touchée.

Le droit international coutumier interdit « les actes ou menaces de violence dont le but principal est de semer la terreur parmi la population civile ». Les déclarations appelant à l'évacuation de zones qui visent principalement à semer la panique parmi les habitants ou à les contraindre à quitter leur domicile pour des raisons autres que leur sécurité relèvent de cette interdiction. 

Les civils qui n'évacuent pas après avoir reçu des avertissements sont toujours pleinement protégés par le droit international humanitaire. Les déplacements forcés sont interdits par le droit de la guerre, sauf dans les cas où la sécurité des civils est en jeu ou pour des raisons militaires impératives. De plus, certains civils ne sont pas en mesure de tenir compte d'un avertissement d'évacuation, pour des raisons de santé, de handicap, de peur ou parce qu'ils n'ont nulle part où aller.

Human Rights Watch a exhorté les principaux alliés d'Israël, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne, à suspendre leur aide militaire et leurs ventes d'armes à Israël et à imposer des sanctions ciblées aux responsables impliqués de manière crédible dans des crimes graves. Les autorités judiciaires libanaises devraient ouvrir des enquêtes nationales sur les crimes internationaux graves, et le gouvernement devrait adhérer au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) et soumettre une déclaration acceptant la compétence de la Cour avant la date d'adhésion, y compris depuis au moins le 7 octobre 2023.

« Le gouvernement libanais devrait prendre des mesures pour garantir que les auteurs de crimes internationaux commis sur le territoire libanais soient traduits en justice, notamment en menant des enquêtes nationales et en accordant à la CPI la compétence pour enquêter dans le pays », a conclu Ramzi Kaiss. 

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02.03.2026 à 20:06

Le Secrétaire américain à la Défense critique les règles d'engagement

Human Rights Watch

(Washington, 2 mars 2026) – Lors d'une conférence de presse tenue le 2 mars au sujet des opérations en Iran, le Secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a critiqué des « règles d'engagement stupides » (« stupid rules of engagement »), suggérant qu'elles pourraient nuire à « notre lutte pour la victoire ». Ces remarques sont préoccupantes, compte tenu du fait qu’en 2025, Pete Hegseth a agi pour affaiblir d’une part le rôle des hauts responsables chargés de veiller au respect par les États-Unis du droit international humanitaire (qui codifie les lois de la guerre), et d’autre part les mécanismes militaires américains visant le même but.

Les règles d'engagement sont des directives militaires officielles qui indiquent aux forces armées quand, où, comment et contre qui elles peuvent recourir à la force. Elles doivent toujours être conformes aux lois de la guerre. 

Depuis le début de l'administration Trump, le département de la Défense, sous la direction du secrétaire Hegseth, a délibérément et systématiquement affaibli les protections destinées à garantir le respect des lois des conflits armés. Il a démis de leurs fonctions des juristes militaires de haut rang sans invoquer publiquement de faute professionnelle, et a remplacé des conseillers juridiques (« Judge Advocates General » ou « Juges-avocats généraux ») de l'Armée de terre, de l'Armée de l'air et de la Marine, sapant ainsi le contrôle juridique des opérations de combat. 

Hegseth a supprimé les « équipes environnementales civiles » (« civilian environment teams ») et d'autres mécanismes qui avaient été précédemment mis en place pour limiter les dommages causés aux civils lors d’opérations militaires. La Stratégie de défense nationale de 2026 (National Defense Strategy, NDS) omet toute référence à la protection des civils. En outre, le département de la Défense a assoupli les restrictions sur l'utilisation des mines antipersonnel, et a poursuivi l'achat d'armes à sous-munitions, malgré les dommages immédiats et à long terme prévisibles de ces armes pour les civils.

Human Rights Watch s'efforcera d'évaluer si ces mesures prises par le département de la Défense augmentent de manière illégale le risque de préjudice pour les civils, lors d’opérations militaires américaines.

Les responsables civils et militaires américains devraient réaffirmer le respect par les États-Unis des lois de la guerre, et rétablir le personnel et les structures de contrôle qui contribuent à protéger les civils pendant les conflits armés. 

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