26.10.2026 à 21:00
C’est un séisme social dont nous mesurons à peine la portée. Ce que la France traverse aujourd’hui est tout simplement historique. Tout a basculé le 17 octobre dernier. C’était la convergence redoutée par le pouvoir : celle de la « Gen Z » et des ronds-points, celle des lycéens, des étudiants et des collectifs contre la vie chère. Face à cette démonstration de force inédite, le dialogue semble totalement rompu alors que la détermination ne cesse de grandir. Face à un pouvoir de plus en plus radicalisé, la jeunesse a choisi le rapport de force. Pour ces étudiants et ces lycéens, il ne s’agit plus seulement de protester, mais de bloquer le système afin de retrouver un avenir. Qu’est-ce qui pousse cette génération à se cabrer ainsi et à entrer en dissidence ? Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour faire plier le pouvoir ? Pour en parler, David Libeskind a reçu deux membres de l’INTERFAC, Mathis Aversenq-Guichard et Coppélia Moreau, ainsi qu’un lycéen, Seydou Ba.
26.10.2026 à 15:03

A partir des années 1970, afin d’expliquer la dynamique du capitalisme, l’analyse matérialiste des structures et des rapports de classe a laissé la place à un tournant culturel centré sur le rôle des idéologies, du langage, de la culture, des imaginaires et des valeurs. Au moment où le néolibéralisme s’imposait pour transformer les économies et les sociétés, faisant exploser les inégalités de richesse et de pouvoir, l’analyse des institutions économiques et politiques était reléguée au second plan. Professeur de sociologie à l’Université de New York, Vivek Chibber estime que les approches culturalistes de ces dernières décennies ont fait leur temps. Dans La matrice des classes sociales, qui vient d’être traduit en français par les éditions Agone, il renoue avec le matérialisme classique pour proposer une nouvelle théorie sociale.


Dans une riche préface, le philosophe Florian Gulli réinscrit ce « tournant culturel dans le contexte des années 1968 marquée par l’avènement d’une nouvelle génération d’intellectuels critiques qui estime que la classe ouvrière a cessé de constituer une force révolutionnaire – Herbert Marcuse évoquant des « classes populaires conservatrices ». L’intérêt se portera davantage sur de nouvelles catégories pendant que l’université et le monde intellectuel deviennent le moteur de la contestation. Les « cultural studies », longtemps incarnées par le sociologue britannique Stuart Hall, s’efforceront d’expliquer par l’école, la famille ou les médias le consentement des masses aux capitalisme des Trente Glorieuses, dans un contexte d’embourgeoisement de la classe ouvrière. L’École de Francfort, par son attention aux industries culturelles et sa critique de l’aliénation marchande, contribueront également au primat de la culture et à un désinvestissement de l’analyse économique. Ce tournant culturel constituera le cadre intellectuel de la « Nouvelle gauche »
Avec une cruelle ironie, Gulli note que ce mouvement explique largement l’élitisme qui sévit aujourd’hui dans une grande partie de la gauche. « Cet élitisme, qui immunise les porte-paroles de la gauche contre toute remise en question, fournit en outre une explication commode à l’impuissance de la gauche, qui reste minoritaire parce que trop intelligente et trop subtile pour le populo« . Dans la Matrice des classes sociales, Vivek Chiber propose un nouveau matérialisme redonnant une place à la capacité rationnelle d’agir des individus, à distance d’un tournant culturel qui exagère le pouvoir de l’idéologie, mais également des excès d’un structuralisme qui accorde aux structures des pouvoirs magiques.
La force de la structure de classe
Vivek Chibber réaffirme l’importance de la structure de classe, qui oppose ceux qui possèdent les moyens de production à ceux qui n’ont que leur force de travail. Celle-ci exerce une pression réelle sur les acteurs les conduisant à adopter des stratégies et des comportements spécifiques. Ce ne sont pas les propriétés des individus, variables en fonction de leur origine, leur religion, leur genre, qui sont déterminants mais leur position sociale dans la structure de classe. Il ne s’agit pas pour autant d’écarter toute influence de la culture. Toute action reste motivée par la façon dont les acteurs comprennent leur position et leur donnent un sens, en fonction de l’univers idéologique et symbolique dans lequel ils ont été socialisés. Chibber rejoint ici l’historien Edward Palmer Thomson dans sa critique d’un marxisme qui séparerait structure économique et culture1. L’activité économique n’est pas moins immergée dans la culture que les autres pratiques sociales. Mais la culture reste soumise à la structure de classe. Dans le cas d’un salarié, c’est la contrainte économique – bien plus que la culture ou l’idéologie – qui lui fera accepter un nouveau rôle. La dégradation de ses conditions de vie et sa vulnérabilité économique suffiront à lui faire réintégrer la structure sociale s’il avait décidé de chercher à s’en affranchir. La contrainte n’a pas besoin d’être imposée, elle est dans la structure même des choix offerts.
Le capitalisme n’a pas besoin d’une culture spécifique et d’un esprit d’entreprise préalable pour se développer, contrairement à ce que soutenaient les tenants des théories de la modernisation. C’est lui qui créé de manière endogène l’état d’esprit nécessaire à travers la pression exercée sur les capitalistes par leur position structurelle. La structure impose ses normes, soit par adaptation des acteurs, soit par élimination des acteurs récalcitrants. « Même s’il y aura toujours des gens qui refusent ou sont incapables d’adapter leur éthique aux exigences du capitalisme, le marché lui-même garantit qu’ils resteront en marge du système économique », souligne le sociologue. Vivek Chibber ne nie pas l’existence d’interactions mutuelles entre la structure et la culture mais soutient que l’influence de la première sur la seconde reste plus importante. Un travailleur trouvera de bonnes raisons de revoir assez vite son appréciation négative du travail salarié, même à contre-cœur dans une logique de survie.
Résister ou négocier avec le capital ?
Un certain déterminisme marxiste a longtemps véhiculé l’idée que la structure de classe conduisait mécaniquement à la constitution des travailleurs en classe, à l’origine de formes de résistances collectives. L’absence de conscience de classe était alors vu comme une exception, ou une déviance d’une partie du monde ouvrier. Chibber montre pourtant que les travailleurs choisissent rationnellement des modes de résistance individuelles plutôt que collectives. Leur dépendance économique et leur vulnérabilité vis-à-vis du pouvoir de l’employeur les conduit à privilégier la sécurité de leur emploi au détriment de la lutte pour les conditions de travail. Autrement dit, il est préférable d’avoir un emploi mal payé ou dangereux que de ne pas avoir d’emploi du tout. S’ils ne sont pas organisés, le moyen le plus tentant pour les travailleurs n’est pas de s’en prendre au patron mais de se rendre plus attractif à ses yeux. Par ailleurs, dans un contexte de compétition généralisée sur le marché du travail, le meilleur moyen de garder son emploi n’est pas de créer une organisation pour se lancer dans la lutte collective mais de s’appuyer sur les réseaux informels pour détourner les offres d’emplois au profit de son réseau afin de limiter le niveau de compétition.
Certains travailleurs peuvent aussi avoir intérêt – parce qu’ils ont des compétences rares -à préférer la négociation individuelle, plus bénéfique dans l’immédiat, par rapport à une action plus large et collective dont l’issue est incertaine, voire risquée. Par ailleurs, les travailleurs sachant qu’ils bénéficieront tous de la satisfaction des revendications indépendamment de leur participation, la tentation peut être forte de s’abstenir de participer pour laisser les autres faire les frais du mouvement. Ces différents éléments ont pour conséquence de renforcer l’atomisation du marché du travail et de briser l’élan vers l’action collective, et donc d’empêcher la conscience de classe. On ne passe pas si facilement d’une classe en soi à une classe pour soi.

Construire une culture de solidarité
La culture joue justement un rôle essentiel dans la construction d’une culture de la solidarité incitant les travailleurs à voir plus loin que leur bien être individuel immédiat et saisir ce qu’ils doivent à l’intérêt collectif. « En incitant chaque travailleur à considérer le bien–être de ses pairs comme relevant de sa propre responsabilité, nous dit Vivek Chibber, une éthique solidaire contrecarre les effets de l’individualisation habituellement engendrée par le capitalisme. Cela permet de créer une identité collective qui, à son tour, est l’accompagnement culturel de la lutte des classes ». S’il peut exister des formes de coopérations et de solidarités spontanées entre travailleurs, il y a un besoin d’organisation pour éviter que ces initiatives ne restent éphémères et dépendantes de groupes d’individus. Pour qu’une véritable culture de solidarité s’impose, il faut une ligne claire et une intention, impliquant des pratiques au travail, et en dehors afin d’encourager le tissage de liens, une confiance et un sentiment d’obligations réciproques capables de soutenir une organisation de classe – pique-niques mensuels, réunions occasionnelles pour exposer ses griefs, productions culturelles comme des pièces de théâtre ou des concerts. La forme la plus aboutie reste la création d’une organisation syndicale ou d’un parti, intégrant les pratiques informelles adoptées par les travailleurs, en les structurant et les pérennisant. Ces organisations établissent un lien entre la recherche collective du bien être des travailleurs et la prise de décision collective en matière de stratégie, tout en apportant un mécanisme fiable pour coordonner les actions. Elles jouent ainsi un rôle essentiel dans la construction d’une identité de classe.
Chibber invite à se défaire de l’idée que l’action collective et la solidarité ne relèveraient que du pur altruisme. Le sentiment de reconnaissance mutuelle entre les travailleurs repose sur des intérêts matériels, et reste limité par eux. Le cas des caisses de grèves que tentent de constituer les syndicats afin d’aider les travailleurs en cas d’arrêt de travail montre que les adhérents ne s’engagent par dans un mouvement uniquement sur des principes ou des valeurs mais en fonction de l’évaluation de ses chances de succès, ses conséquences et la capacité à en payer le prix. Un certain niveau de sacrifice sera jugé raisonnable si l’objectif semble pouvoir être atteint mais inenvisageable pour un objectif irréaliste. Le refus de s’engager dans une action collective peut donc s’expliquer comme un choix parfaitement rationnel, à rebours de la théorie de la « fausse conscience ». Tout l’enjeu est de gagner les travailleurs à une stratégie de résistance collective en renversant le rapport bénéfice/risque qui les dissuade habituellement de participer à des revendications collectives. « La constitution en classe requiert un processus continu d’intervention culturelle, mais sa concrétisation est subordonné à la prise en compte des intérêts matériels des travailleurs », conclut le sociologue.
Du consentement à la résignation
Dans les années 1970, pour comprendre les raisons de la stabilité du capitalisme, les culturalistes ont expliqué, en convoquant la thèse de « l’hégémonie culturelle » d’Antonio Gramsci, que les travailleurs avaient intériorisé de façon passive la vision du monde véhiculée par les institutions dominantes, sous entendant qu’ils avaient consenti à leur exploitation par la seule force de l’idéologie. Or, cette lecture revient à prendre les travailleurs pour des imbéciles. Adam Przeworski a proposé, à partir de sa lecture de Gramsci, une interprétation plus matérialiste du consentement en soulignant que les travailleurs n’acceptent d’être exploités que s’ils peuvent en tirer des avantages réels. Le consentement de la classe dominée a reposé sur la promesse d’une amélioration continue de ses conditions de vie, la croissance du capitalisme des décennies d’après- guerre ayant coïncidé avec celle des revenus de la classe ouvrière.
Chibber souligne toutefois que le consentement a laissé la place depuis les années 1980 — avec le ralentissement de la croissance et la stagnation des salaires qui ont caractérisé l’ère néolibérale — à la résignation. Les travailleurs n’acceptent leur place dans la structure de classe que parce qu’ils ne voient pas d’autres options viables pour eux. Dans un contexte d’asymétrie dans l’organisation des travailleurs face aux employeurs – renforcé par l’affaiblissement des syndicats – , c’est la pression écrasante de la survie économique imposée à toute la population qui explique la stabilité du système. La résignation des travailleurs ne s’obtient pas par endoctrinement idéologique mais par la pression des circonstances, c’est-à-dire les choix qui s’offrent à eux du fait de leur position structurelle et des rapports de force dans lesquels ils sont embarqués.
L’idéologie joue un rôle en offrant aux acteurs sociaux les ressources pour mettre en œuvre les stratégies de classe que leur imposent les structures. Chibber prend également ses distances avec une conception mécanique, fonctionnaliste voire mystique des structures au sein de laquelle l’individu serait un quasi automate dépourvu de la moindre capacité d’agir. En réalité, dans un monde de contraintes qui pèsent sur les acteurs, ces derniers choisissent d’obéir aux règles imposées par la structure de classe car celle-ci leur donne de bonnes raisons de le faire.
Revitaliser les organisations des travailleurs

La situation actuelle est marquée par un paradoxe. D’un côté, le regain de mobilisation sociale à l’œuvre depuis les années 2010 traduit une contestation inédite du néolibéralisme, dans un mouvement à la fois pluridimensionnel (économique, culturel, politique) et international. La vague populiste de la dernière décennie est vue par Chibber comme «le nouveau visage de la rébellion de la classe ouvrière ». D’un autre côté, les organisations syndicales et politiques liées au au mouvement ouvrier ont été profondément affaiblies. Ce déclin a joué un rôle majeur dans la concentration des richesses et des revenus ainsi que la stagnation du niveau de vie de la majorité. De plus en plus coupées du monde du travail, les organisations de gauche, notamment les partis sociaux-démocrates, ne considèrent plus la classe ouvrière comme leur base et dépendent de plus en plus des CSP +. Enfin, la structure de classe renforce les aspects les plus atomisants de la société, divisant les travailleurs au lieu de les unir et accentuant la tendance à la résistance individuelle.
Tout en constatant que les conditions historique qui avaient rendu possible le développement du mouvement ouvrier il y a un siècle ont profondément évolué, le sociologue plaide pour un renouveau et une revitalisation des institutions sociales et politique des travailleurs, à même de reconstruire une culture de la solidarité nécessaire à l’action collective. Or ce renouveau implique de considérer avec précision la réalité des contraintes qui pèsent sur les travailleurs afin d’élaborer un moyen viable de les surmonter. Il nécessitera également de raviver une tradition d’analyse critique – tombée en désuétude depuis 40 ans – que les anciens militants ouvriers tenaient pour évidence, tout en revenant sur les excès du « tournant culturel » à l’œuvre depuis un demi-siècle.
Romain Masson
(1) Sur le débat avec Althusser voir Edward P. Thompson, Misère de la théorie. Contre Althusser et le marxisme anti-humaniste, L’échappée, 2015
Photo d’ouverture : © Clément Gruin / Wikimedia Commons – CC BY-SA 4.0
22.10.2026 à 21:15
C’est la polémique qui déchire le monde littéraire. Le roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir, best-seller paru chez Grasset, a été brutalement retiré de la course au Goncourt. Son éditeur, les Éditions Boréal, a confirmé que l’IA a bien été utilisée dans le processus d’écriture et a annoncé rompre toute collaboration avec lui. Alors est-il inacceptable qu’une machine écrive un roman ? Deux auteurs aux visions profondément opposées sont venus sur QG aux côtés d’Aude Lancelin pour en débattre : Thomas B. Reverdy, professeur agrégé de lettres, notamment auteur de L’Hiver du mécontentement (prix Interallié 2018). Dans une tribune publiée dans Le Monde, il réclame un label clair pour identifier les œuvres écrites par des machines. Face à lui : Vincent Cespedes, auteur d’une vingtaine de livres, notamment de La Société de la trahison (Albin Michel). Il défend l’idée que l’intelligence artificielle peut devenir pour les écrivains une alliée, et s’apprête à lancer une collection « 100 % IA »
20.10.2026 à 22:17
Les journées du 17 et du 18 octobre feront date. Au terme d’un double quinquennat marqué par des mouvements sociaux d’une nature et d’une ampleur inédite en France, une violence d’une toute autre forme s’est manifestée. Commerces pillés, mairies attaquées, en proie aux flammes, magasins de luxe et petits commerces saccagés, le mouvement lycéens, toujours vivant, a été occulté par ce chaos. Des analyses simplistes fracturent chaque heure qui passe davantage notre pays. Certaines déclarations, très inquiétantes, menacent même nos libertés politiques les plus fondamentales. Pour faire le point sur les événements récents et la fin d’un macronisme plus dangereux que jamais, Aude Lancelin et Harold Bernat ont reçu en direct dans Quartier Populaire sur QG, le sociologue Nicolas Framont, fondateur de Frustration. Une émission à revoir en accès libre.
14.10.2026 à 23:01
Trois ans après les attaques du 7 octobre et la guerre menée par Israël à Gaza, la question palestinienne reste entière. Malgré le cessez-le-feu, Gaza est dévastée. À l’approche des élections israéliennes, tandis que les élections palestiniennes se voient reportées à 2027, une question demeure: qui décidera de l’avenir de la Palestine ? Sur fond d’escalade des violences en Cisjordanie et de crise du droit international, Aude Lancelin a reçu trois invités exceptionnels pour en parler : Rima Hassan, députée européenne LFI, juriste en droit international et voix majeure de la cause palestinienne en France. Elle publiera le 6 novembre Palestine Errante (La Fabrique) Sophie Bessis, historienne, ancienne rédactrice en chef de Jeune Afrique, auteure notamment de La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d’une imposture (LLL) Gilbert Achcar, professeur émérite à l’Université de Londres, spécialiste du Moyen-Orient et auteur de “Gaza, génocide annoncé”. Il publie Les guerres de l’empire américain au Moyen-Orient, aux éditions La Dispute
12.10.2026 à 21:15
Nous avons fabriqué une machine surpuissante, qui peut-être nous a déjà dépassé. Et personne ne sait réellement ce qui adviendra bientôt. Cet été, Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, affirmait que, dans dix ans, les humains ne seraient probablement plus « aux commandes » à l’échelle mondiale. Sommes-nous engagés dans une fuite en avant devenue incontrôlable ? Faut-il stopper la course ? La chose est-elle même encore possible ? Pour croiser le fer sur ce sujet essentiel, Aude Lancelin a reçu Laurent Alexandre, cofondateur de Doctissimo, notamment auteur de « Vivre 1 000 ans » chez Buchet Chastel. Et Maxime Fournes, ingénieur en intelligence artificielle, diplômé de Cambridge. Après avoir travaillé au cœur du deep Learning, il alerte aujourd’hui sur les risques liés aux IA génératives à la tête de l’association « Pause IA ». Une émission à ne pas manquer !
07.10.2026 à 22:23
Un mouvement lycéen d’une ampleur et d’une intensité inédites depuis plus de vingt ans a pris forme fin septembre en France. Les blocages sont désormais quotidiens dans des centaines d’établissements. Et la réponse du gouvernement est d’une violence elle aussi inédite: plus de 5.000 gardes à vue, des mutilations, des centaines de mineurs grièvement blessés. Un niveau de répression comparable aux moments les plus intenses du mouvement des Gilets jaunes. Cette jeunesse, qui n’a connu que Macron, aura été la grande sacrifiée de ce double quinquennat. Dans sa résistance et sa révolte, elle exprime le bilan calamiteux d’un président de la République qui aura administré le pays au service des grandes fortunes sans aucune considération pour le peuple. Pour en parler, Aude Lancelin et Harold Bernat ont reçu en direct la philosophe Barbara Stiegler
06.10.2026 à 23:03
QG a fait son grand retour en direct à Paris pour une soirée consacrée au bilan de dix années de macronisme qui ont conduit la France au bord de l’explosion. Près d’une décennie de pouvoir, de choix économiques et fiscaux au profit des grandes fortunes ont mené l’État français au bord de la banqueroute. Pour évoquer les rouages et les secrets des années Macron, Aude Lancelin a reçu Marc Endeweld, journaliste d’investigation et essayiste, qui publie « L’Argent magique » aux éditions du Seuil, Jean-Baptiste Rivoire, fondateur du média Off Investigation, ainsi que Christian Savestre, journaliste spécialiste en fiscalité, coauteur avec Marc Joly de « En finir avec le déni », aux éditions Anamosa. Une émission exceptionnelle à ne pas manquer !
01.10.2026 à 21:15
Prune Missoffe a longtemps été responsable dans une association qui plaide pour moins de prison et pour le respect des droits humains en milieu carcéral. L’été dernier, elle a décidé d’embarquer à bord du Spectre, l’un des bateaux de la Global Sumud Flotilla partis tenter de briser le blocus de Gaza. Arrêtée par l’armée israélienne, elle a été incarcérée en Palestine occupée avant d’être libérée quelques jours plus tard. De cette expérience, elle a tiré un livre, « À contre-courant », publié aux éditions Les Liens qui Libèrent. Un récit qui raconte la bascule vers l’engagement, la peur, la sororité en cellule, le deuil, mais aussi ce que cela change en soi de vivre, collectivement, une lutte d’une telle intensité. Elle était l’invitée d’Itzel Marie Diaz ce jeudi 1er octobre à 20h30 sur QG
29.09.2026 à 21:15
Face à une dette publique de plus de 3 500 milliards d’euros, Jean-Luc Mélenchon a relancé une mesure choc : annuler la dette française détenue par la Banque centrale européenne, soit environ 20 % du total pour redonner des marges de manœuvre à l’État et financer les investissements nécessaires. Pour Gabriel Attal, ce projet mènerait à la « banqueroute totale », pour Christine Lagarde, présidente de la BCE, c’est une violation des traités européens. Alors, hérésie technique et juridique ou affrontement idéologique entre partisans de la rigueur et défenseurs d’une économie fondée sur la relance et la satisfaction des besoins humains ? Pour en parler, François Boulo a reçu Nicolas Dufrêne, économiste, directeur de l’Institut Rousseau, auteur de « La dette au XXIe siècle, comment s’en libérer » (Odile Jacob). Il défend depuis 2020 l’annulation des dettes publiques détenues par les banques centrales et a inspiré le leader de LFI sur ce point