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26.04.2026 à 19:24

Ukraine : Phénix, ou le projet d’une autonomie humanitaire

Antoine Laurent

À la croisée du kibboutz, du camp de hippies et du phalanstère, ce centre d'accueil repose sur un fonctionnement participatif et vise à s’affranchir des supports financiers extérieurs.

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Texte intégral (6033 mots)

Situé dans l’oblast de Lviv, le centre Phénix, géré par l’association Volunteer Action, propose un accueil temporaire aux déplacés internes fuyant les combats. À la croisée du kibboutz, du camp de hippies et du phalanstère, il repose sur un fonctionnement participatif et vise à s’affranchir des supports financiers extérieurs. Un projet original destiné, selon son fondateur, à devenir un modèle humanitaire reproductible.

Tous les frais sont couverts, un hôpital offrant des consultations gratuites se trouve à proximité, le lieu est accessible en bus et les animaux – de basse-cour y compris – sont les bienvenus. En plus des 3 000 mètres carrés qu’offre l’édifice qu’il occupe, le refuge qui a ouvert ses portes en août 2025, dispose d’un bâtiment agricole et de quelques parcelles de terrain.  C’est ce qu’explique avec entrain Jay Rivera durant la visite, un volontaire américain à l’origine de sa création, avant de s’arrêter devant la reproduction pixelisée d’une toile du peintre polonais Aleksander Raczyński, affichée au détour d’un couloir. Casque à plumets, sabre au côté, entouré d’une foule d’officiers et d’enfants, l’empereur François-Joseph Ier s’avance au milieu de la foule. En arrière-plan, on distingue d’imposants bâtiments de style néo-gothique. Nous sommes en 1880 et le monarque visite l’un des plus grands établissements de bienfaisance d’Europe : l’orphelinat et hospice de Drohobytch, fondé sur volonté testamentaire d’un richissime comte polonais.

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Aleksander Raczyński (1822-1889), L’empereur chez les orphelins et indigents à Drohowyż, huile sur toile, 1880. Musée national de Cracovie (Pologne) // Wikimedia Commons

Ces bâtiments, précise Jay, sont précisément ceux qu’occupe aujourd’hui le Phénix, à l’ouverture duquel il travaille depuis bientôt trois ans et qui accueille pour l’heure une quarantaine de déplacés (souvent appelés « réfugiés » dans le langage courant). Pris d’intérêt pour la vocation initialement philanthropique du lieu dont leur projet semblait se faire l’écho, le volontaire américain et sa compagne, Alina Kozik, volontaire elle aussi, ont mené leurs recherches pour finalement découvrir que l’institution de ce mystérieux aristocrate, jadis située dans l’une des provinces les plus septentrionales de l’Autriche-Hongrie, était organisée autour d’une notion fondamentale : l’autonomie. Autonomie financière de l’institution, dotée de plusieurs milliers d’hectares de bois et de terre agricole ; autonomie des orphelins, auxquels une éducation élémentaire et une formation professionnelle étaient dispensées tout au long de leur séjour.

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Le bâtiment qui accueille le centre Phénix. Photo fournie par l’institution.

Soutien financier en berne, besoins d’accueil de long terme

Si l’histoire du lieu passionne autant notre interlocuteur c’est que, dans un contexte bien différent, l’autonomie de son refuge et de ses habitants est précisément ce qui le préoccupe ; car en Ukraine, la baisse progressive de l’attention internationale, face à l’installation du conflit dans la durée, s’accompagne d’une difficulté croissante à lever des fonds pour les associations de volontaires.

Or, analyse Jay, le fonctionnement des centres d’accueil pour déplacés classique les rend totalement dépendants des apports financiers extérieurs, dans la mesure où l’acquisition des ressources nécessaires à leur fonctionnement repose quasiment intégralement sur une dépense d’argent et l’exécution des tâches quotidiennes par le travail, salarié ou bénévole, de personnes extérieures. De son point de vue, cette organisation n’est pas compatible avec un fonctionnement de long terme. « Les gens finissent par s’installer et ne pensent plus à aller de l’avant, illustre-t-il. Et les centres d’accueil se remplissent. Et ensuite, que fait-on ? On se retrouve avec une structure dévoreuse de ressources, alors même que les dons diminuent et que le soutien des gouvernements baisse. »  

Aux yeux du volontaire, la situation est préoccupante, dans la mesure où les besoins d’accueil des déplacés internes demeurent d’actualité. Depuis un an et demi, à l’exception du mois dernier, l’armée russe continue de progresser, engendrant de nouveaux déplacements de population. En outre, la prudence voudrait selon lui que l’on conserve une solide capacité d’accueil dans les régions frontalières de l’Ukraine, afin de pouvoir faire face à une potentielle nouvelle vague de départs. « En octobre 2022, la Russie a mené la première vague d’attaques de grande ampleur sur l’ensemble du territoire ukrainien […]. Ça a provoqué un énorme afflux de réfugiés », rappelle-t-il, et de préciser que certains d’entre eux ont dû passer la nuit dehors. Notre interlocuteur, il le souligne, parle d’expérience. Entre avril 2022 et juillet 2024, il a contribué au fonctionnement et à la création de différentes structures d’accueil gérées par des volontaires à Przemyśl, en Pologne.

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Jay Rivera dans l’une des chambres communes aménagées au profit des déplacés (les familles reçoivent chacune une chambre ou davantage si nécessaire). Centre d’accueil Phénix. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.

Quand bien même « la guerre devait finir demain, raisonne Jay, il y aurait encore énormément de personnes déplacées. Beaucoup tenteront de retourner en Ukraine sans avoir nulle part où aller. Nous continuerons donc notre activité même après la fin de la guerre. » La fin de la guerre… Ce qu’anticipe notre interlocuteur, c’est qu’elle s’accompagnera probablement d’une baisse encore plus marquée des donations et subventions au profit des projets humanitaires en Ukraine. Aussi, chercher à financer un projet de long terme en se reposant sur des financements extérieurs n’est « tout simplement pas viable, développe celui qui, il y a quelques années encore, occupait le poste de responsable de comptes dans une agence de communication américaine.Donc lorsque nous avons conçu le Phénix, la première question était : comment créer quelque chose qui soit financièrement viable ? C’est ça l’élément clé. » Jay a donc travaillé à identifier les principaux coûts de fonctionnement de son futur refuge, afin de trouver une manière de réduire chacun d’eux au minimum et de parvenir à « une forme d’autosuffisance ».

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 Un groupe d’enfants s’amuse dans le couloir qui dessert chambres et cuisine. Centre d’accueil Phénix. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.

Sobriété financière

Ainsi, précise-t-il, au Phénix, « nous avons fait creuser notre puits, donc on ne paye plus les factures pour l’eau […]. Nous avons des cochons. Une truie est actuellement gestante, et nous prévoyons d’abattre un autre cochon, ce qui nous fournira de la viande […]. Ensuite, il y a aussi des poules, qui fournissent des œufs. » Par ailleurs, poursuit notre interlocuteur, enthousiaste, « nous avons fait venir un boulanger qui a appris aux résidents à faire du pain. Ainsi, nous produisons notre propre pain chaque jour, ce qui revient à environ un quart du prix de la même quantité de pain achetée en magasin. » La leçon a porté ses fruits et les résidents semblent pleinement tirer parti de la grande cuisine commune où se poursuit l’interview : le pain, tout juste défourné, est excellent.

Concernant le coût de l’électricité et la garantie de l’approvisionnement du refuge, la solution, indique Jay, est en cours d’élaboration. Il y a quelques mois, il est parvenu à nouer un partenariat avec une entreprise américaine rencontrée lors d’une conférence internationale dédiée à la reconstruction de l’Ukraine. L’entreprise, précise notre hôte « a accepté d’offrir des éoliennes permettant une capacité de production électrique de 300 kilowatts continus. » Reste à décider de la manière dont cette énergie, par nature intermittente, devra être utilisée.

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Une petite fille dessine un cœur avec ses mains. Centre d’accueil Phénix. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.

« Ensuite, poursuit Jay, momentanément interrompu par le son strident d’une vidéo qu’un petit garçon, assis à quelques tables de là, vient de lancer sur un téléphone, il y a le chauffage. Le chauffage, cet hiver, ça nous a tués. Ça nous a coûté 2 500 $ par mois », précise-t-il en guise d’introduction. À voir les quatre mètres de hauteur sous plafond des espaces communs de ce bâtiment dépourvu d’isolation thermique, le chiffre paraît presque modeste. Surtout après un hiver aussi rigoureux.  « Vous savez ce que c’est que le minage de Bitcoin, n’est-ce pas ? », reprend le fondateur, avec un sourire en coin, avant d’indiquer que les serveurs informatiques nécessaires à la production de crypto-monnaie produisent une grande quantité de chaleur.

Cette chaleur « est généralement perçue comme un déchet » ; mais en Ukraine, indique-t-il, il existe des entreprises spécialisées dans l’installation de systèmes de chauffe-eau fonctionnant grâce à la récupération de cette chaleur, laquelle pourraient ainsi alimenter les radiateurs du refuge. Le projet paraît aussi complexe qu’intriguant. Jay s’explique : en plus de réaliser des économies, l’objectif serait de créer une source de revenus stable pour le centre d’accueil, ce que permettrait la location d’une partie de l’espace disponible à une entreprise, ou le lancement d’une activité de production de crypto-monnaie dont les bénéfices seraient reversés au refuge.

Les tâches quotidiennes : rythme et thérapie

On l’aura deviné, l’autonomie tant souhaitée par notre hôte et ses camarades passe aussi par la mobilisation des résidents eux-mêmes. « La cuisine, le ménage… toutes ces tâches doivent être accomplies chaque jour. Donc, chaque mois, nous demandons à nos résidents “Ok, qui veut faire quoi ? Faites équipe, formez un groupe, établissez un planning et accomplissez les tâches” »,explique-t-il, désignant du doigt le planning affiché sur la porte du grand frigo de la cuisine.

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La préparation d’un repas par les résidents dans la cuisine commune. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.

Cette demande de participation à la gestion quotidienne du refuge, reprend Jay, après une caresse à son chien, venu avec lui des États-Unis et qui ne le lâche pas d’une semelle, ne s’explique pas uniquement par des considérations financières. « Je ne sais pas si vous connaissez les programmes en douze étapes », poursuit-il ; avant de préciser qu’il s’agit du mode de fonctionnement des groupes d’entraide tels que ceux des Alcooliques anonymes et que c’est de ce modèle dont il s’inspire. « La force première de ces groupes de rétablissement, explique-t-il, c’est qu’on se retrouve dans un groupe de gens qui sont exactement dans la même situation que soi. » Une socialisation qui pousse instinctivement les participants à créer « des structures de soutien [mutuel]. » Ainsi, ajoute-t-il, les résidents « s’apportent une forme de thérapie les uns aux autres, sans même s’en rendre compte. Et ils créent de nouveaux liens. Au lieu d’avoir évacué uniquement avec leur famille, ils avancent désormais en groupe », précise Jay, avant d’ajouter avoir déjà mis en pratique ce fonctionnement avec succès dans l’un des refuges de Pologne qu’il a contribué à mettre en place.

Dans les refuges classiques, commente-t-il, « les résidents, qu’est-ce qui leur [reste] à faire pendant la journée ? Rester assis ? Broyer du noir ? Déprimer ? feint-il d’interroger. Il faut que les gens s’impliquent ; et faire en sorte qu’ils gardent un rythme [de vie] qui soit proche de celui qu’ils avaient auparavant, mais suffisamment différent [c’est-à-dire avec suffisamment de temps libre, NDLR] pour qu’ils puissent demeurer ouverts aux opportunités qui se présenteront à eux. » Jay est intimement convaincu de l’efficacité de la méthode dont il s’inspire. « De mon côté, confie-t-il, je suis un alcoolique en voie de guérison. Je suis sobre depuis quatre ans, bientôt cinq. Ce [type de] groupe de soutien m’a sauvé la vie. »

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Le réfectoire et la cuisine commune. Centre d’accueil Phénix. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.

Si la socialisation est importante pour les adultes, elle l’est aussi pour la vingtaine d’enfants qui vivent au Phénix, que leur domiciliation dans des zones proches du front a privés d’échanges avec leurs semblables pendant parfois des mois. Ateliers jardinage, activités de plein air, cours d’anglais, Alina, Jay et les autres volontaires font de leur mieux pour pousser les enfants à l’interaction, encourageant par ailleurs les parents à organiser eux-mêmes des activités ; et les volontaires tentent de proposer une séance de cinéma chaque semaine – « c’est la raison pour laquelle nous avons une machine à popcorn », conclut Jay, en désignant le curieux ustensile, installé dans un coin de la cuisine.

Les résidents s’expriment

Invités à s’exprimer sur le mode de fonctionnement participatif du Phénix, aucun des trois résidents que nous interrogeons ne trouve motif à se plaindre. Absorbés dans leurs pensées suite à une évacuation difficile et par conséquent peu expansifs, ils semblent néanmoins satisfaits de leurs conditions d’accueil. « Nous avons été accueillis chaleureusement, nous sommes tous devenus très proches […], précise Natalia, 33 ans, originaire de l’oblast de Dnipropetrovsk. J’appréhendais la manière dont nous devrions nous intégrer ici, poursuit-elle,parce que [ça impliquait de] vivre avec des inconnus […]. Mais le fait que d’autres personnes aient vécu des choses similaires et soient très solidaires, malgré leurs propres difficultés – car c’est difficile pour tout le monde – fait que nous nous soutenons mutuellement et formons comme une famille. »  

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De gauche à droite, Leonid, Miroslava, 8 ans et Natalia. Leonid, du fait de problèmes de santé, n’est plus déployé sur le front et reçoit donc la solde de base des militaires ukrainiens ; un revenu insuffisant pour louer un logement, ce qui permettrait à la famille de se réunir plus souvent. Centre d’accueil Phénix. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.

Natalia est arrivée il y a deux mois et demi en compagnie de trois de ses quatre enfants, âgés de huit, trois et un ans, de son père et de sa belle-sœur. Sa mère, quant à elle, a succombé à ses blessures suite à un bombardement. Le front se rapprochant dangereusement de son village, l’administration a annoncé l’évacuation obligatoire des familles avec enfants. Visiblement anxieuse, elle raconte son histoire la tête appuyée contre ses mains jointes, s’exprimant parfois les yeux fermés. Le fonctionnement participatif du lieu semble par ailleurs avoir conquis son mari, Leonid, engagé volontaire de 42 ans venu rendre visite à sa famille au cours de l’une de ses rares permissions. « J’ai l’habitude, c’est un peu comme à l’armée », commente-t-il, amusé. Naguère employé agricole, il a traversé tout le pays pour se rendre au refuge. « L’entraide, c’est crucial. C’est pour ça que je contribue moi aussi. Par exemple, quand il y a des choses à charger, à déplacer […]. Aujourd’hui, j’ai aussi aidé à récurer », ajoute-t-il, jovial, malgré sa fatigue visible.

À écouter Natalia et Leonid, on comprend que le futur demeure incertain. Si les moyens de la famille le leur permettent, peut-être Natalia et les enfants retourneront-ils plus à l’est, afin de se rapprocher de Leonid. Dans le cas contraire, cette femme discrète réfléchit à la manière de scolariser ses enfants en présentiel dans une école de la région. Même constat pour Oleksandr et Ioulia, originaires de Houliaïpolié (oblast de Zaporijjia) qui ont accompagné Natalia durant son interview. « Notre maison nous manque », précise Oleksandr. « On verra quand la guerre finira, ajoute Ioulia. On n’a plus nulle part où rentrer. Bien sûr nous avons des terrains, mais quel usage en faire [sans maison] ? »  Arrivés il y a deux mois, nos deux interlocuteurs ont repris certaines de leurs anciennes habitudes : Ioulia s’occupe de leurs quatre enfants ; et Oleksandr a retrouvé un emploi dans l’agriculture. Sur son temps libre, ajoute Natalia, il conduit à destination les résidents qui n’ont pas le permis de conduire, à bord de l’un des véhicules du refuge. « Même la nuit, pour amener les enfants à l’hôpital par exemple », précise-t-elle de sa petite voix.

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De gauche à droite : Serhiy, 14 ans, Ioulia et Oleksandr sont arrivés au refuge il y a deux mois. En 2022, la famille est restée bloquée un mois durant sous les bombardements, avant de pouvoir être évacués vers Zaporijjia à bord d’un bus scolaire. « Nous avons eu de la chance d’avoir un puits pour accéder à l’eau potable, ainsi que de la farine, ce qui nous a permis de préparer du pain rudimentaire », précise Oleksandr de sa voix grave. Centre d’accueil Phénix. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.

Des projets et des travaux

Ces premiers signes sont encourageants ; et du courage, pour mener à bien le projet Phénix, il en faut, car l’ancien orphelinat semble avoir été laissé à l’abandon pendant des décennies. Aménagement des 12 chambres communes destinées aux résidents, réfection du système électrique et de la plomberie, aménagement de la cuisine, installation de caméras de surveillance… Les chantiers que Jay et Alina sont parvenus à superviser en amont de l’ouverture du refuge sont déjà nombreux ; et les travaux ne sont pas terminés : des vastes sanitaires sont en construction, afin qu’hommes et femmes, y compris en situation de handicap, puissent bénéficier d’espaces séparés. En attendant, précise Jay, « nous avons des horaires de douche différents pour les hommes et les femmes. »

Dans les mois à venir, ajoute-t-il, le deuxième étage du bâtiment accueillera des vétérans accompagnés de leurs familles, soit une trentaine de personnes en tout. Le projet, mené en partenariat avec deux centres hospitaliers de Lviv, consiste à aider les blessés de guerre et leurs familles à réapprendre à vivre ensemble, après parfois des années de séparation – en s’inspirant des mêmes méthodes qui sous-tendent le fonctionnement du refuge actuel. À cette fin, sept appartements sont en cours d’aménagement. L’étape suivante : garantir l’accès aux différents étages pour les personnes à mobilité réduite. Encore un chantier conséquent ; d’autant que le bâtiment est classé monument historique.

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Le bâtiment agricole, destiné à être rénové, permet d’accueillir chiens, chats, poules, chèvres et cochons – un argument des plus humanitaires car, en dépit des risques, de nombreux civils vivant à proximité du front refusent de quitter leur domicile sans leurs animaux, que les équipes d’évacuation n’acceptent que rarement. Oblast de Lviv. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.
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Thierry Willems dans le local qu’il a aménagé au refuge. L’atelier, comme beaucoup de rangements, est fait maison. Le volontaire bruxellois quittera le refuge à l’été pour lancer son propre projet d’accompagnement des vétérans ukrainiens, dans une ferme de la région. Thierry, désormais en couple avec une Ukrainienne, n’envisage pas de retour en Belgique. Centre d’accueil Phénix. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.
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Le troisième étage du bâtiment du Phénix, qui accueillera bientôt d’anciens combattants et leur famille, est aujourd’hui en cours d’aménagement. Centre d’accueil Phénix. 09/04/2026. Photo : Antoine Laurent.

Enfin bien sûr, il y a les travaux de maintenance et les petits aménagements, comme le rappelle Thierry Willems – alias Captain Sunflower –, un volontaire francophone de la périphérie bruxelloise qui a rejoint le projet en juin 2025. Construire un auvent à proximité de l’entrée, des clôtures pour la petite ferme du refuge, un chenil… rien ne semble l’effrayer. D’autant que, là encore, les résidents lui prêtent souvent main forte : « On fait tout ensemble », résume cet ancien militaire spécialiste de l’antiterrorisme. Grâce à son réseau personnel et aux contacts de Jay, Thierry dispose des outils nécessaires et s’est aménagé un atelier. Interrogé sur son chantier le plus compliqué, il répond avec ce sourire taquin qu’arborent souvent les militaires. « Cet hiver, avec -25° C, le château, il a eu froid. Et les tuyaux aussi », indique-t-il, avant d’expliquer que l’eau captée dans le puits du refuge est envoyée dans un réservoir, lui-même situé au dernier étage de l’une des tours de l’aile qu’occupe le centre.

Avec de telles températures, poursuit-t-il, les canalisations acheminant l’eau depuis la citerne à travers les greniers ont commencé à geler. « Et donc, on a dû installer des systèmes […]. [Avec d’autres volontaires,] on a mis une résistance tout autour des tuyaux et puis on a isolé. Et on a fait ça par moins 13 et moins 18 », explique-t-il, avant de nous conduire dans les combles, où l’installation serpente sur une cinquantaine de mètres. « C’est un intérieur relatif », commente-t-il, en désignant les lucarnes béantes. Aussi, en attendant la réfection de la toiture, Thierry et ses coéquipiers ont-ils dû travailler dans 30 cm de neige. « Et donc couché là-dedans avec le fer à souder pour faire les connexions […]. Je mettais mes mains autour du fer à souder, pendant qu’il chauffait. Et puis après ça, je lâchais, Je faisais mes deux soudures […] je remettais les gants [et] j’avançais d’un mètre ou deux », résume-t-il, encore ému par cette expérience invraisemblable.

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