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20.10.2026 à 12:27

Marché unique : Andorre et Saint-Marin scellent un accord avec l'Union européenne après plus de dix ans de discussions

Ugo Bertet

"L'Europe a fait un nouveau pas vers l'intégration de partenaires proches, mais non membres de l'UE, en signant ce lundi un accord d'association avec Andorre (84 000 habitants) et Saint-Marin (34 000 habitants)", relèvent Les Échos. L’accord entre l'Union européenne et les deux micro-États a été signé lundi 19 octobre, à Bruxelles, "par le chef […]

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Texte intégral (2248 mots)
L'accord d'association entre l'UE, Saint-Marin et Andorre a été signé le lundi 19 octobre à Bruxelles (ici de gauche à droite, le président du gouvernement andorran, Xavier Espot, le commissaire au Commerce, Maroš Šefčovič, le commissaire à l’Économie, Valdis Dombrovskis et le ministre des Affaires étrangères saint-marinais, Luca Beccari) - Crédits : Jennifer Jacquemart / Commission européenne

"L'Europe a fait un nouveau pas vers l'intégration de partenaires proches, mais non membres de l'UE, en signant ce lundi un accord d'association avec Andorre (84 000 habitants) et Saint-Marin (34 000 habitants)", relèvent Les Échos.

L’accord entre l'Union européenne et les deux micro-États a été signé lundi 19 octobre, à Bruxelles, "par le chef du gouvernement [andorran], Xavier Espot, [le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et [le ministre des Affaires étrangères de Saint-Marin] Luca Beccari" [SER Andorra].

Le texte est le fruit d'un "parcours long et complexe", traversé par quatre gouvernements saint-marinais et trois Commissions européennes, souligne San Marino RTV. Les discussions, ouvertes en 2015, avaient abouti à un accord politique en décembre 2023. Sa signature n'est toutefois intervenue que près de trois ans plus tard, après des procédures juridiques et institutionnelles au sein de l'UE.

"Les négociations menées avec Andorre et Saint-Marin l'ont aussi été avec la principauté de Monaco. Mais celle-ci a préféré rompre les discussions avec l'Union européenne en 2023, car le droit européen entrait en contradiction avec certaines de ses règles, notamment l'accès favorisé des nationaux à l'emploi", rappellent Les Échos.

Des bénéfices concrets

L'accord doit permettre aux habitants des deux pays de bénéficier plus largement des libertés de circulation européennes. Il "créera de nouvelles possibilités d'étudier, de travailler et de vivre en Europe", a expliqué le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič, cité par l'agence espagnole EFE.

L'accord devrait ainsi permettre "la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, harmoniser les normes techniques ou sanitaires, et faciliter les échanges commerciaux, les investissements et les démarches administratives de part et d'autre", détaillent Les Échos.

Il vient notamment compléter les unions douanières dont bénéficient déjà les deux pays. "Les deux tiers des échanges commerciaux d'Andorre se font avec ses deux voisins, l'Espagne et la France. Pour Saint-Marin, la dépendance envers l'Italie, pays dans lequel il est enclavé, est encore plus forte, avec plus de 80 % de ses échanges", observent Les Échos. À terme, les sociétés de ces deux micro-États pourront aussi "participer à des appels d'offres publics européens", relève Altaveu. Tandis que les opérateurs européens pourront accéder à leurs marchés.

Le texte vise enfin à "renforcer la coopération dans des domaines tels que la recherche et l'innovation, l'éducation, la politique sociale, l'environnement ou la protection des consommateurs", détaille La Vanguardia.

Des dérogations pour préserver les spécificités des deux États

L'ouverture du marché unique sera toutefois progressive. Sur la libre circulation des personnes, Andorre "maintiendra un système de quotas" pour l'arrivée de "travailleurs, de résidents sans activité professionnelle et de saisonniers de moins de douze mois", détaille El Periòdic d'Andorra. Le dispositif entrera en application après "une période transitoire de deux ans" et sera "réexaminé tous les dix ans".

Plusieurs activités économiques bénéficieront également de périodes de transition. L'accord prévoit notamment "30 ans pour le tabac, 15 pour les services financiers, 7 pour les télécommunications" et "3 pour la libre prestation de services", énumère Altaveu. Tandis que pour les services financiers, "l'intégration se fera progressivement et sous certaines conditions", rapporte l'agence italienne Dire.

Saint-Marin et Andorre devront de leur côté assurer la "reprise évolutive de l'acquis européen", explique Il Resto del Carlino, c’est-à-dire intégrer dans leur législation les règles européennes applicables aux domaines couverts par l'accord, y compris leurs évolutions futures. Les deux pays conserveront leur souveraineté, mais ne disposeront pas du même pouvoir de décision sur ces règles que les États membres de l'UE. Une complexité qui a contribué à étendre les négociations.

Un accord qui doit encore être ratifié

"C’est l’un des accords les plus étendus signés par l’Union européenne et cela donne aux citoyens et aux entreprises de ces pays des certitudes juridiques, un statut que seuls la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein avaient, jusqu’à présent, au sein de l’espace économique européen", s’est félicité le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič [Les Échos]. Andorre et Saint-Marin ne deviendront toutefois ni membres de l'Union ni parties à l'Espace économique européen (EEE).

"Au-delà de cet accord d'association, nous envoyons un signal politique, en ces temps d'incertitudes géopolitiques", a assuré Maroš Šefčovič [Les Échos]. "Nous sommes dans une phase de graves turbulences géopolitiques, une période critique de l’histoire où tous les pays, quelle que soit leur taille, comptent", a complété le commissaire européen au Commerce [San Marino RTV].

"Après la signature, le Conseil de l'UE demandera l'accord du Parlement européen avant de procéder à la conclusion de l'accord", indique SER Andorra. Andorre et Saint-Marin devront ensuite ratifier cet accord, une procédure qui passe par un "référendum consultatif" du côté de la principauté, précise la radio andorrane. Mais la ratification ne semble pas acquise en Andorre : un "sondage publié en 2024 prêtait une forte majorité au 'non'", soulignent Les Échos. L'accord devra également faire l'objet de ratifications dans les États membres de l'UE.

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19.10.2026 à 12:18

"La France sous haute tension" : la presse européenne décrypte les manifestations et les violences du week-end

Valentin Ledroit

"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines […]

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Texte intégral (1811 mots)
La Place de la République à Paris et ses rues adjacentes ont été l'épicentre des violences samedi 17 octobre
La Place de la République à Paris, samedi 17 octobre - Crédits : FreCha / wikimedia commons CC BY-SA 4.0

"Le chaos, les pillages et la violence ont secoué les villes françaises lors des manifestations de samedi [17 octobre], organisées par les étudiants, les syndicats et les Gilets jaunes", résume El Mundo. Le quotidien espagnol décrit "des vitrines de magasins complètement détruites, des éclats de verre dans les rues et encore des barricades dans certaines d'entre elles, avec des conteneurs, des barrières, des bicyclettes et du mobilier urbain".

En Italie, Il Giornale retient notamment "le clocher qui s'effondre, le toit dévoré par les flammes [et] une immense colonne de fumée" au-dessus de l'hôtel de ville de Limoges. La RTBF rapporte "qu’une adolescente a été blessée en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère et a perdu un œil”. Dimanche, la situation était toujours sensible à Paris, où "des moments calmes [ont succédé] à des moments de tension entre forces de l'ordre et manifestants cagoulés", poursuit le service public belge.

Les fractures sociales françaises au cœur du mouvement

Au-delà du bilan matériel, la presse européenne s'interroge sur les causes du mouvement et des débordements. "Il s'agit d'un problème à 100 % d'origine française. Des conséquences d'un échec français né sur le sol français", affirme le journaliste du Spiegel, rejetant d'emblée tout lien entre les violences et l'immigration. "Cette affirmation, qui se cache également derrière l'expression 'violence migratoire', relève du racisme pur et simple", estime-t-il.

De son côté, The Independent rappelle que le système éducatif français peine à "permettre aux enfants issus de milieux défavorisés de gravir l'échelle sociale". Les manifestations lycéennes de septembre se sont depuis élargies, sous l'effet d'une colère liée au pouvoir d'achat et à la dégradation des services publics.

"Ces conditions de vie discriminatoires constituent une forme de violence sociale", complète Der Spiegel, évoquant les quartiers défavorisés où se concentrent les difficultés scolaires, le chômage et les tensions avec la police. "L'échec de la France consiste à laisser se succéder depuis des décennies, dans les banlieues, les générations perdues. […] Et pour certains, la criminalité offre une perspective plus attrayante que le système éducatif".

Der Standard considère que "la République française fait à ses jeunes citoyens une promesse qu'elle ne peut tenir : la promesse d'égalité". Le quotidien autrichien cite le témoignage d'un jeune manifestant, diplômé avec mention en physique et mathématiques, qui aurait déposé 80 candidatures pour des formations et des emplois, toutes infructueuses. "Il faut le souligner, Mohammed manifestait pacifiquement samedi", est-il précisé, en distinguant la mobilisation sociale des auteurs de violences.

Une crise de l'autorité qui pourrait profiter au RN ?

"À Paris, la police n'a plus maîtrisé la situation pendant des heures", note Der Standard qui décrit une "France sous haute tension". The Guardian rapporte les accusations de Guillaume Guérin, maire (LR) de Limoges, dénonçant "une défaillance colossale de l'État" après l'incendie de l'hôtel de ville. Selon l'édile, les assaillants n'étaient pas "des manifestants qui défendent des causes", mais "des personnes organisées pour faire la guerre".

Pour Blick, ces violences pourraient surtout bénéficier à Marine Le Pen. "Dans un décor très présidentiel, drapeau tricolore derrière elle, [la candidate du RN] a dressé le bilan accablant du titulaire de la fonction suprême. Une intervention qui, à bien des égards, la conforte dans son rôle de présidente (presque) déjà élue au suffrage universel". "Elle incarne la fermeté, l'autorité, le recours. Plus les émeutiers cassent, plus ils font son jeu politique", juge l'universitaire Dominique Wolton, interrogé par le journal suisse.

Dimanche soir, Emmanuel Macron a dénoncé les violences dans une allocution télévisée, faisant part de sa "colère" et de sa "honte" [La Libre]. Le président a également promis de faire la lumière sur les "défaillances d'anticipation et de renseignements" des forces de l'ordre. Ce lundi matin, il a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, "compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel" [Euronews].

À six mois d’un scrutin très attendu, le climat politique inquiète également la presse étrangère. Der Standard estime que "[Jean-Luc] Mélenchon poursuit finalement la même stratégie de polarisation que [Marine] Le Pen : tous deux espèrent accéder au second tour de l'élection présidentielle grâce à l'autre". Un affrontement qui, selon le journal autrichien, "divise et sape la démocratie" et pourrait conduire à de nouvelles tensions "au plus tard au printemps prochain".

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16.10.2026 à 12:19

Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky défie Donald Trump, l'UE renouvelle son soutien à l'Ukraine

Manon Mazuir

"Plutôt que l’option de la docilité attendue par Donald Trump, le président ukrainien a finalement opté pour la confrontation", attaque Le Monde. Jeudi 15 octobre, "Volodymyr Zelensky a annoncé la reprise des attaques ukrainiennes sur les raffineries russes, après plusieurs jours de pause à la demande des autorités américaines", explique le quotidien du soir. "L'Ukraine avait […]

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Texte intégral (2115 mots)
"Vous pouvez compter sur nous", a assuré le président du Conseil européen, António Costa, aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ce vendredi 16 octobre - Crédits : Conseil européen
"Vous pouvez compter sur nous", a assuré le président du Conseil européen, António Costa, aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ce vendredi 16 octobre - Crédits : Conseil européen

"Plutôt que l’option de la docilité attendue par Donald Trump, le président ukrainien a finalement opté pour la confrontation", attaque Le Monde. Jeudi 15 octobre, "Volodymyr Zelensky a annoncé la reprise des attaques ukrainiennes sur les raffineries russes, après plusieurs jours de pause à la demande des autorités américaines", explique le quotidien du soir. "L'Ukraine avait frappé plus tôt une raffinerie de Rosneft à Riazan, au sud-est de Moscou" [L'Express].

Le courroux du président américain ne s'est pas fait attendre. "Je pense que c’est une honte", a déclaré Donald Trump à la chaîne Newsmax [Le Parisien]. "Tout ce que fait" Volodymyr Zelensky, "c’est de faire grimper les prix mondiaux du pétrole […]. Quand vous frappez des raffineries de diesel […] vous ne rendez pas service au monde", a fustigé celui qui a par ailleurs déclenché la guerre au Moyen-Orient le 28 février dernier [L'Express].

Le locataire de la Maison-Blanche a même de nouveau imputé au chef d'État ukrainien "la pleine responsabilité de l’impossibilité d’un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie" : "je pense qu’il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine", a-t-il ainsi lancé, comme le relate Le HuffPost. "Zelensky n’est pour nous pas le bon type pour trouver un accord", a tancé Donald Trump, qui avait déjà réclamé quelques jours plus tôt son remplacement [Libération].

Volodymyr Zelensky "trahi" par les États-Unis

Le président américain avait annoncé unilatéralement une "'trêve énergétique' la semaine dernière, surprenant ses alliés, Kiev y compris" [20 Minutes]. Un "cessez-le-feu concernant les sites énergétiques […] que la Russie n'a pas respecté", note L'Express.

Kiev accuse Washington "d'avoir suspendu le partage de renseignements et perturbé les services d'accès à internet par satellite Starlink, alors que les attaques russes contre l'Ukraine se sont intensifiées", relate Euronews. Le président ukrainien s’était inquiété, mardi 13 octobre, du fait que son pays n’avait pas été informé de l’imminence d’une attaque russe contre une centrale électrique de la capitale ukrainienne. Les perturbations ont été "présentées comme un problème technique". Une hypothèse rejetée par Volodymyr Zelensky selon qui des "responsables américains ont 'averti leurs homologues ukrainiens que le partage de renseignements serait suspendu si Kiev ne mettait pas fin à ses frappes'" [Euronews].

À l’origine également de ce changement de ton de l'Ukraine, "l’accord conclu [le 9 octobre dernier] entre les États-Unis et la Russie sur la livraison de barils de pétrole russe, vivement dénoncé par Kiev", décrypte Courrier international. "Un accord qui se fait au mépris des sanctions imposées sur le pétrole russe", rappelle Le Monde. Une stratégie assumée par Donald Trump "pour faire baisser le prix de l’énergie alors que les élections de mi-mandat auront lieu le 3 novembre outre-Atlantique", contextualise L'Opinion.

Dans une interview accordée au journaliste britannique Piers Morgan, Volodymyr Zelensky "a déclaré se sentir trahi par les agissements de Trump. 'C’est douloureux quand le président Trump choisit un camp, et pas le nôtre', a-t-il déploré" [L'Opinion].

L'Ukraine en quête de soutien européen

C'est à Bruxelles que Volodymyr Zelensky tente ce vendredi 16 octobre d'obtenir "un soutien réaffirmé de ses alliés européens" lors du Conseil européen réunissant les chefs État et de gouvernements de l'UE [BFM TV]. À leur arrivée au deuxième jour de ce sommet européen, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, ont réaffirmé "la nécessité de maintenir la pression sur la Russie pour contraindre Moscou à mettre fin à sa guerre d'agression contre l'Ukraine", informe La Libre. 

Présent dès jeudi dans la capitale belge, "le dirigeant ukrainien y a rencontré le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, pour souligner l'urgence de réapprovisionner l'Ukraine en missiles intercepteurs et en munitions, face à la recrudescence des frappes russes" [BFM TV]. Le patron de l'Otan a souligné de son côté "l'importance d'un 'cessez-le-feu énergétique" [TF1 Info].

"Auprès des Européens, qu'il a commencé à rencontrer dès jeudi après-midi, Volodymyr Zelensky a rappelé la nécessité de maintenir la pression sur Moscou" [BFM TV]. "Nous voulons tous en Europe que cette guerre prenne fin. Et pour que cela arrive, il faut des signaux forts : plus de pression réelle sur la Russie et davantage de soutien en matière de défense pour l'Ukraine", a-t-il martelé.

Mais le président ukrainien se trouve à Bruxelles en pleine discussion budgétaire européenne pour la période 2028-2034. "C'est le moment où on compte ses sous et la guerre en Ukraine coûte cher", note RFI. "Prix, durée de l’aide, c’est ce qui explique que, tout en affirmant leur soutien à l’Ukraine, de nombreux pays disent aussi leur soutien à un cessez-le-feu énergétique", fait valoir la radio française.

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