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27.06.2026 à 08:11

Toujours plus de radars sol-air, un défi pour les avions de combat

FRANCE24

Les Sukhoï russes abattus depuis 2022 par les défenses ukrainiennes, un Rafale indien par les Pakistanais en 2025, et même un F35 américain, présenté comme un des avions les plus furtifs du monde, touché en vol au dessus de l'Iran en 2026... Après des décennies de guerre asymétrique où les avions de chasse évoluaient sans être menacés, ces exemples viennent rappeler une évidence: face à un ennemi étatique bien équipé, ils peuvent être repérés et détruits en vol. Suspendu dans l'énorme salle anéchoïque (dont les parois absorbent les sons, NDLR) de la Direction générale de l'armement (DGA) de Bruz (Bretagne), le Rafale présente différents profils à une grande plateforme hérissée d'antennes qu'il est interdit de photographier. Pendant plusieurs semaines, à la fin du printemps, il a été bombardé d'ondes et modélisé au plus près pour définir au mieux sa "surface équivalente radar" (SER), une représentation des atouts et faiblesses face aux différents types de radar selon le point de l'appareil où vient frapper l'onde, destinée à le repérer et l'identifier. Quand le rebond de l'onde est faible, l'avion est discret, quand il est fort, il est très visible. "Le Rafale doit s'adapter constamment à la menace qui évolue. Les conflits récents montrent l'émergence de stratégies de déni d'accès plus évoluées, avec une prolifération de systèmes intégrés sol-air très intriqués les uns dans les autres, dans un maillage complexe de radars et batteries en couches successives", résume l'ingénieur général de l'armement Thomas, responsable du programme Rafale à la DGA, qui n'est identifié que par son prénom conformément aux exigences de l'armée française. En outre, ajoute-t-il, "les capacités de détection évoluent vers de nouvelles bandes de fréquence radar", contre lesquelles les avions ne sont pas nécessairement bien outillés. Si elle n'est pas prise en compte, cette évolution menace directement la promesse des avions dits furtifs. Le dernier passage du Rafale dans l'installation de Bruz, baptisée Solange, remonte à 2013, avant le retour en force de la guerre de haute intensité. Mieux préparer la mission "Quand on parle d'avions furtifs, cela veut dire qu'ils sont conçus de manière refléter discrètement les ondes radars émises principalement entre 2 et 4 gigahertz (GHz) qui viennent du sol - On appelle cela la bande S -, et celles émises entre 8 et 10 GHz quand elles viennent du ciel. C'est la bande X", explique à l'AFP une source industrielle européenne spécialiste du sujet sous couvert d'anonymat. Cela permet de tromper les stations radars de surveillance aérienne classiques, et les radars embarqués des chasseurs en vol. Mais, "de plus en plus de radars sortent de ces fréquences. S'ils montent dans ce qu'on appelle la bande Ku par exemple, à 12 GHz, ou qu'il descend en dessous de 1 Ghz en bandes UHF ou VHF, l'avion redevient parfaitement détectable", ajoute-t-elle. A Bruz, "il faut caractériser tous les angles de présentation possible de l'avion. Il réfléchit différemment selon les gammes de fréquence. Parmi les menaces émergentes, on voit les basses fréquences (comme la VHF et l'UHF, NDLR), qui vont plus loin mais sont moins précises, tandis que dans les hautes fréquences (comme la Ku, NDLR), c'est plus précis mais cela va moins loin", explique Gildas, expert en furtivité radar de la DGA. La nouvelle définition de la surface équivalente radar de Rafale sera représentée schématiquement par une sphère dans laquelle tranchent des crevasses représentant les points faibles selon l'endroit de l'appareil où vient frapper l'onde. "Dans cette bulle de SER, on voit les +secteurs poubelle+, ces angles qui concentrent la réflexion des ondes et qu'on ne veut pas présenter aux radars", explique Corentin, expert détection à la DGA. Cette connaissance plus fine permettra aux pilotes de mieux connaître les capacités de leur avion, de mieux adapter leur trajectoire pour rester furtif le plus longtemps possible, car comme le rappelle un pilote de Rafale, "dans la guerre aérienne, celui qui est vu en dernier a un avantage déterminant".

27.06.2026 à 08:03

Mondial-2026: France-Suède en 16es, le Cap-Vert magnifique

FRANCE24

Avec trois matches nuls en autant de rencontres, et profitant de l'élimination de l'Uruguay, battu par l'Espagne, les +Requins bleus+ ont décroché vendredi à Houston leur billet pour la phase à élimination directe où ils affronteront l'Argentine championne en titre, dans le duel des extrêmes. L'Angleterre, le Portugal, le Ghana, l'Egypte, le Paraguay, la Belgique et le Sénégal ont également validé leur qualification pour les 16es de finale. . Dembélé enflamme les Bleus Sans leur sélectionneur Didier Deschamps, qui doit revenir samedi de France où il a assisté aux obsèques de sa mère, mais avec leur Ballon d'Or Dembélé, les Français n'ont pas traîné pour bousculer une équipe B de Norvège, sans Erling Haaland ni Martin Oedegaard. La star du PSG a réussi son triplé en 25 minutes, entre la 7e et la 32e. Désiré Doué a inscrit le quatrième but, de la tête, dans le temps additionnel (90+4). Dembélé est le troisième Tricolore de l'histoire à inscrire trois buts dans une rencontre de Coupe du monde après Just Fontaine en 1958 (deux fois) et Kylian Mbappé en finale en 2022 face à l'Argentine. En 16es de finale, la France affrontera la Suède, qualifiée parmi les huit meilleurs troisièmes. Avantage de cette première place pour les Bleus, ils joueront leur 16e de finale à East Rutherford, en banlieue de New York pas trop loin de leur camp de base de Boston, en s'évitant ensuite, s'ils avancent dans le tournoi, de trop longs déplacements à travers les Etats-Unis. En huitièmes de finale, ils pourraient croiser l'Allemagne, opposée au Paraguay en 16es. Même absent vendredi, Deschamps est lui devenu le sélectionneur comptant le plus de victoires en Coupes du monde (17 entre 2014 et 2026), devant l'Allemand Helmut Schön (16 entre 1964 et 1978). . Cap Vert, "petites îles aux grands rêves" Le Mondial-2026 tient sa belle histoire. Les épatants débutants du Cap-Vert ont décroché une superbe qualification pour les 16es, où les attendent la légende Lionel Messi et les siens, après avoir neutralisé l'Arabie saoudite (0-0), comme du reste l'Espagne (0-0) et l'Uruguay (2-2) lors de ses premiers matches. A la surprise générale, l'équipe figurant au-delà du 60e rang au classement Fifa sort invaincue d'un groupe H pourtant très relevé, et parvient à se qualifier avec seulement trois points. Un exploit qui a fait basculer la capitale capverdienne Praia dans la liesse dans la nuit, et que la sélection doit aussi à la notable contre-performance dans cette Coupe du monde de l'Uruguay, première grosse équipe au tapis. Après deux nuls contre l'Arabie saoudite et contre le Cap-Vert, la Celeste de Marcelo Bielsa a bien mal porté son surnom vendredi à Guadalajara, en s'inclinant 1-0 face à une équipe espagnole pourtant peu emballante, sous les yeux du roi Felipe VI d'Espagne, venu au Mexique sceller la réconciliation entre les deux pays. . Les Belges sur le gong, l'Iran en salle d'attente Dans un groupe G qui semblait pourtant largement à sa portée, la Belgique aura attendu l'ultime match pour décrocher son billet pour les 16es. Mais elle l'a fait avec la manière, en écrasant la Nouvelle-Zélande (5-1) à Vancouver. Dans l'autre rencontre du groupe, face à une Egypte qui se savait en 16es, l'Iran a bien cru décrocher une qualification historique en marquant dans le temps additionnel avec Shoja Khalilzadeh (90+3), mais le but a été refusé pour hors-jeu. La Team Melli devra attendre samedi pour savoir si ses trois points sont suffisants pour aller en 16es. La rencontre se tenait à Seattle, et ses organisateurs en avaient fait le "match des fiertés" malgré les récriminations des deux camps. Conséquence du dénouement du groupe G: le Sénégal est assuré de faire partie des huit meilleurs troisièmes. . Fin de la phase de poule samedi La phase de poules du Mondial s'achève samedi avec les derniers matches des groupes J, K et L qui permettront de connaître le tableau complet des 16es de finale, devant débuter dimanche avec Canada-Afrique du Sud. A suivre notamment la +finale+ du groupe K entre le Portugal de Cristiano Ronaldo et la Colombie de Luis Diaz, deux équipes déjà qualifiées. Autriche, Algérie, Croatie font partie des équipes qui peuvent encore décrocher leur sésame pour les 16es.

27.06.2026 à 08:01

Face aux canicules, des solutions "low-tech" pour combattre la chaleur en ville

FRANCE24

Selon l'urbaniste Clément Gaillard, spécialiste de l'adaptation au changement climatique, l'enjeu pour les villes est de "rendre l'espace public plus confortable et praticable" en cas de fortes chaleurs. Cela passe selon lui par la multiplication des zones d'ombre. "Soit le sol le permet, et dans ce cas il faut privilégier les plantations d'arbres, soit on peut installer des voiles d'ombrage en s'accrochant sur les façades existantes", explique-t-il à l'AFP. Remise au goût du jour, cette solution déjà utilisée au XIXe siècle s'est développée à Toulouse, où elle a permis, selon la municipalité, de faire baisser la température "de un à cinq degrés". Ces voiles présentent toutefois quelques contraintes, entre risque d'arrachage en cas de tempête, limitation de l'accès des pompiers aux façades et frein au refroidissement nocturne si elles ne sont pas ajourées. Certaines villes innovent avec des solutions hybrides. A Cuers (Var), la commune s'est lancée dans une démarche de "ville basse température l'été", avec une panoplie de dispositifs, dont les ombrières simples pour freiner le rayonnement du soleil, et une ombrière photovoltaïque qui doit produire de l'électricité pour un centre culturel. L'usage de plantes grimpantes, comme le houblon ou la vigne vierge, permet aussi de former de l'ombre sur de larges surfaces, que ce soit en façade ou sur des câbles entre des bâtiments. "De plus en plus de collectivités font le choix de variétés comme le houblon, qu'elles associent à une ombre rapide car c'est une plante qui pousse vite", explique Loéna Trouvé, cheffe de projet au Centre d'études et d'expertise sur les risques (Cerema). La gestion de l'eau est aussi un levier essentiel. A Lyon, le projet des arbres de pluie entend favoriser l'infiltration des eaux pluviales là où elles tombent, afin de créer des îlots de fraîcheur. Bancs rafraîchis Pour y parvenir, la ville agrandit les fosses entourant les arbres existants, tandis que la voirie a été repensée pour retenir l'eau vers l'arbre grâce à des tranchées d'infiltration et autres noues (des fossés larges et peu profonds) plantées, plutôt que de l'évacuer vers les réseaux d'assainissement. "Le premier sujet de l'adaptation, c'est l'eau, parce que sans eau, pas de végétal. Or, il reste encore des progrès à faire pour considérer que l'eau pluviale n'est plus un déchet, mais une ressource essentielle pour préserver les espaces verts et, avec l'effet d'évapotranspiration, contribuer au rafraîchissement de la ville", observe Sébastien Maire, délégué général de l'association France villes et territoires durables. Parmi les dispositifs ponctuels, figurent également les brumisateurs et les bancs rafraîchis, qui restent froids en captant l'air du sous-sol, comme celui de carrières, pour ensuite le rediffuser. Testé à Paris, le simple arrosage des rues a également démontré qu'il pouvait significativement réduire la chaleur des surfaces, notamment s'il intervient en fin de journée pour maximiser l'effet d'évaporation. "On va le pratiquer dans les rues étroites car plus une rue est étroite et plus elle est confortable en journée mais a du mal à évacuer la chaleur la nuit", souligne Clément Gaillard. Parmi les solutions "low-tech", les patios sont en bonne place, assure l'urbaniste. "Ces cours intérieures très ombragées fonctionnent comme des pièges à air froid. Plus un patio est étroit, plus il est rafraîchi en journée, avec des températures allant jusqu'à 9°C de moins qu'à l’extérieur", souligne M. Gaillard, même si la densification urbaine a réduit leur présence. Reste que ces solutions trouvent aussi leurs limites face à des canicules de plus en plus fréquentes, longues, intenses, et qui plongent les arbres dans une situation de stress hydrique. Certains experts plaident pour une approche globale qui mobiliserait à la fois les espaces publics et privés. "Après des stratégies d'adaptation sur le domaine public, qui représente environ 20% du territoire des villes, l'étape suivante est une démarche de coopération avec les autres 80%, à savoir les entreprises qui ont du foncier, les bailleurs sociaux, les copropriétés, le clergé", plaide ainsi Sébastien Maire.
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