Le premier des 104 matches de ce Mondial hors normes, Mexique-Afrique du Sud, a débuté avec un peu de retard, à 13h06 locales (19h06 GMT, 21h06 à Paris) dans le mythique stade Azteca qui peut accueillir 80.824 spectateurs.
"C'est déjà la fête au Mexique", lance à l'AFP Ingrid Orozco, une supportrice de 40 ans. "C'est extraordinaire", abonde avec émotion Gustavo Ramírez, 19 ans.
L’enceinte accueille son troisième match d'ouverture, un record, après une cérémonie mêlant musique traditionnelle et moderne. Des danses en habits coutumiers et costumes indigènes ont célébré "l'unité, la diversité et la culture ancestrale" du Mexique.
Shakira a été la star de cette cérémonie. Après l'hymne du Mondial-2010 Waka Waka (This Time for Africa), la Colombienne, lunettes de soleil, body jaune et jupe mauve, a chanté "Dai Dai", une des chansons créées pour le tournoi, avec l'étoile nigériane Burna Boy. Un titre en espagnol et anglais mêlant afrobeat et rythmes caribéens, interprété au milieu de dizaines de danseuses et danseurs.
Les festivités, ponctuées par des feux d'artifice au-dessus du stade, ont réuni également le groupe mexicain Maná, le chanteur pop vénézuélien Danny Ocean, le groupe Los Ángeles Azules, la star colombienne du reggaeton J Balvin ou encore l'Hispano-Mexicaine Belinda.
"Boycott"
Avant le début du match, les porte-drapeaux des 48 pays participants ont fait un cercle au centre du terrain avant que le ténor italien Andrea Bocelli et la star de k-pop Ejae interprètent l'hymne officiel du Mondial, intitulé DNA, un mélange d'opéra et de musique électronique produit par le DJ français David Guetta.
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a enfin présenté à la foule le trophée de la compétition.
Des milliers de supporters, vêtus du maillot de leur équipe nationale, des chapeaux de charro, des coiffes autochtones et des drapeaux, ont déferlé toute la matinée vers le stade, certains étant arrivés dès 6h30.
Des centaines de membres de la Garde nationale — une force de police militarisée — et des policiers en tenue anti-émeute protègent les entrées et les abords de l’Azteca. Des policiers à cheval ont aussi été déployés.
"Nous voulons simplement nous plonger dans l’ambiance et découvrir toutes les activités, la musique et les animations, explique à l'AFP Sheree Toomes, une fan écossaise qui avoue toutefois être effrayée par la présence de nombreuses forces de l'ordre. "La police, l’armée, on ne voit pas ça au Royaume-Uni", dit-elle.
Sur la grande avenue menant au stade Azteca, une grande pancarte "Boycott de la Coupe du monde de la FIFA 2026 !" a été installée.
"Soif de victoire"
Ces derniers jours, des enseignants en grève ont profité du tournoi pour faire entendre leurs revendications.
Ils ont ont bloqué une partie de la capitale et conduit le gouvernement à fermer avec des barrières métalliques les accès à la grande place centrale, le Zocalo, où est installée une zone pour les supporters pouvant accueillir 55.000 personnes.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a cependant affirmé que tout était "sous contrôle" et la fan zone a ouvert comme prévu jeudi matin. Mais l'impatience de milliers de supporters attendant à l'entrée du site a provoqué d'importantes bousculades, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Arrêtez de pousser, il y a des enfants, vous vous comportez comme des animaux!, a lancé au mégaphone un responsable de la municipalité.
"Je suis venu voir la sélection mexicaine, la soutenir", dit à l'AFP Luis Enrique Huerta, un serveur de 22 ans. "Aujourd'hui il faut laisser la politique de côté pour se concentrer sur les 90 minutes qu’est le football."
Rafael Hernandez, un supporter de 29 ans arborant un drapeau du Mexique, assure que "l’attitude des gens, ce qui se dégage aux alentours, donne une ambiance de Coupe du monde qui crie la faim et la soif de victoire, c’est la seule chose importante".