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19.08.2026 à 17:21

La justice française ordonne la remise à l'Allemagne de "Gino", militant antifasciste albanais

FRANCE24

Rexhino Abazaj, alias "Gino", "se pourvoit en cassation", a annoncé à la sortie de l'audience Me Youri Krassoulia, son avocat. Ce conseil dénonce une décision "scandaleuse" de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, compétente en matière de mandat d'arrêt européen. Le trentenaire est accusé par la Hongrie de violences contre des néonazis qui défilaient à Budapest en février 2023, attaqués à coups de matraques et de marteaux. Il encourt une peine allant jusqu'à 24 ans de prison dans ce pays et jusqu'à 10 ans en Allemagne, des victimes présumées étant de nationalité allemande. En avril 2025, la France avait refusé de le remettre à Budapest, invoquant des "risques" d'un "traitement inhumain" en prison et l'incertitude de lui garantir un procès équitable dans ce pays de l'Union européenne. "Cette nouvelle décision, qui vient saccager la première décision d'avril, manque totalement de courage par rapport à ce qui avait été décidé par le passé", fustige encore Me Krassoulia. Le militant antifasciste était depuis la première décision rendue en sa faveur au cœur d'une autre procédure, enclenchée en 2025, l'Allemagne le réclamant donc pour les mêmes faits. Remis ensuite à la Hongrie ? "Gino" est libre et vit à Paris. Présent mercredi, il n'a pas dit un mot, accusant le coup à sa sortie d'audience. "+Gino+ est remis à l'Allemagne sans aucun contrôle sur la suite des événements et sur l'éventuelle remise in fine à la Hongrie", déroule Me Krassoulia. L'avocat pointe "une traque des antifascistes en dehors du droit". Le député LFI Thomas Portes abonde sur X: "La justice française se rend complice de la chasse aux militants antifascistes organisée par l'extrême droite hongroise et européenne". Lors d'une précédente audience en juin, Me Laurent Pasquet-Marinacce, autre avocat de "Gino", avait en effet soulevé un "risque". "Nous n'avons pas les moyens de savoir si la Hongrie a condamné en son absence notre client: si la France le remet à l'Allemagne, est-ce que la Hongrie ne va pas le réclamer pour qu'il exécute sa peine là-bas ?" Lors de cette audience en juin, l'avocate générale avait de son côté soutenu que l'Allemagne avait "répondu très précisément aux questions" que la cour d'appel de Paris lui avait transmises, notamment que ce pays avait diligenté "son enquête propre" et non pas "repris" celle de la Hongrie. La défense de "Gino" demandait en revanche à la cour d'appel de Paris de transmettre cette question préjudicielle - sur une enquête allemande qui serait influencée par la Hongrie - à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Requête rejetée mercredi. Le précédent Maja T. Fin septembre 2025, la Hongrie a suivi l'exemple américain en classant le mouvement "antifa" comme organisation "terroriste". En février, la justice hongroise a condamné à huit ans de réclusion Maja T., activiste non-binaire remis à Budapest par l'Allemagne, pour ces mêmes violences contre des néonazis. Thomas Portes rapporte lui avoir rendu visite dans une prison de Budapest, déplorant des conditions de détention "absolument ignobles". A la mi-avril, le Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban et son parti Fidesz ont été largement battus aux législatives par le conservateur Peter Magyar et son mouvement Tisza. La scène politique hongroise est toujours en cours de recomposition. Les députés hongrois ont élu la semaine dernière comme chef de l'Etat un ancien président de la Cour suprême évincé par Viktor Orban, Andras Baka, qui a immédiatement appelé la majorité à ne pas se venger du précédent gouvernement. "Les Hongrois détricotent depuis si longtemps les droits civiques qu'il est difficile de croire à un changement rapide en la matière et la presse internationale se fait le relais de réticences internes au changement au sein du pouvoir", s'était alarmé en juin Me Pasquet-Marinacce.

19.08.2026 à 17:13

Cyberattaques: Lecornu demande la création d'une "nouvelle unité cyber"

FRANCE24

"Il y a urgence à concevoir et conduire sans délai une réponse opérationnelle plus réactive et plus forte aux cyberattaques que l'Etat rencontre actuellement. Il faut reprendre l'initiative sur le terrain", écrit le Premier ministre dans un courrier adressé au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, dont les services chapeautent l'ANSSI. "Je vous demande de constituer une équipe de contact composée d'agents de l'ANSSI et chargée d'intervenir en première ligne en cas de suspicion d'atteinte grave à l'intégrité du système d'information de l'Etat", appuie Sébastien Lecornu dans ce courrier dont l'AFP a obtenu copie. Le chef du gouvernement demande également au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale qu'une "proposition d'organisation et de règle d'engagement de cette nouvelle unité" lui soit présentée d'ici vendredi. Le Premier ministre reconnaît et déplore qu'en termes de cybersécurité, "peu de ministères sont au niveau requis" en France. "Ce n'est pas acceptable", ajoute-t-il. Lundi, le Premier ministre avait déjà demandé à l'ANSSI de réaliser un "audit approfondi" sur le vol de données ayant affecté la Direction générale des finances publiques (DGFiP). La DDGFiP a confirmé le 14 août deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, ainsi que le vol de données concernant au moins 678.000 particuliers et professionnels et environ 200.000 comptes présents dans ses fichiers cadastraux. Parmi les informations fiscales des particuliers dérobées figurent les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou encore le taux de prélèvement à la source. La France figure parmi les pays les plus ciblés par des cyberattaques, en raison de l'attractivité de ses données mais aussi de certaines faiblesses de ses défenses.

19.08.2026 à 17:11

Affaire Bruel: une avocate annonce une nouvelle plainte pour tentative de viol

FRANCE24

"J'ai déposé une plainte cet été pour tentative de viol", des "faits prescrits" à ce stade, a confirmé Me Myriam Guedj-Benayoun à l'AFP mercredi. Sur France Inter, elle a précisé que la victime "était extrêmement jeune au moment des faits dénoncés, tout juste majeure", sans préciser le lieu ou l'époque de commission des faits. Patrick Bruel, 67 ans, est déjà mis en examen depuis mi-juin dans quatre dossiers de violences sexuelles, et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres. A la demande du chanteur, son contrôle judiciaire a été assoupli fin juillet pour l'autoriser à quitter le territoire français, une décision dont le parquet a depuis fait appel. Avec celle révélée mercredi matin, ce sont au moins neuf nouvelles plaintes qui ont été déposées contre lui pour des faits de viol, tentative de viol ou agression sexuelle. Me Guedj-Benayoun a également indiqué sur France Inter que cette plaignante dénonçait des faits dans lesquels on décelait "à nouveau le même mode opératoire: on est dans le monde du spectacle, elle est approchée, invitée à une soirée et finalement, à cette soirée, elle sera seule avec Patrick Bruel et c'est là qu'elle va dire qu'elle est victime de tentative de viol". "Il est permis par le code pénal de travailler sur la sérialité des faits et la connexité des faits, qui (font) que certaines prescriptions vont pouvoir être levées", a-t-elle ajouté au sujet de la prescription des faits. L'avocate défendait déjà deux femmes accusant Patrick Bruel de violences sexuelles à Bruxelles et à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse). Elle a précisé à l'AFP qu'elle allait également "déposer des témoignages corroborés de personnes qui auraient également été victimes, préférant témoigner pour soutenir les plaignantes que de subir la violence judiciaire en portant plainte elles-mêmes". Contactés, les conseils du chanteur Mes Fanny Colin, Céline Lasek et Christophe Ingrain n'ont pas donné suite à ce stade aux sollicitations de l'AFP. Le chanteur a toujours contesté les nombreuses accusations dont il fait l'objet. Joint mercredi matin, le parquet de Nanterre n'avait pas répondu en milieu d'après-midi aux questions de l'AFP.
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