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▸ Les 15 dernières parutions

12.06.2026 à 13:00

Chine-États-Unis : Macron médiateur ?

Stéphanie ANTOINE

Alors que le sommet du G7 2026 organisé par Emmanuel Macron à Evian du 15 au 17 juin approche, le président français exhorte la Chine, les Etats-Unis et l'Europe à "agir avec urgence en vue d'une coordination de leur politique économique pour résorber les déséquilibres mondiaux". Les explications avec David Baverez, investisseur et essayiste, auteur de "Bienvenue en économie de guerre", éditions Novice, 2024.

12.06.2026 à 12:57

Aux Canaries, le pape réitère son soutien aux migrants et les appelle à s'intégrer

FRANCE24

La question de l'accueil des migrants est chère à Léon XIV, à l'instar de son prédécesseur François, à un moment où les politiques migratoires se durcissent dans de nombreux pays d'Europe et où l'Espagne fait, elle, justement figure d'exception avec des mesures beaucoup plus libérales. Depuis l'île de Tenerife sur l'archipel des Canaries, l'une des portes d'entrée en Europe des migrants en situation irrégulière, le pape a de nouveau exprimé vendredi un soutien appuyé envers les migrants, assurant devant plusieurs centaines d'entre eux réunis dans un centre d'accueil que "nous sommes tous, d'une certaine manière, des migrants". Ainsi, le souverain pontife a-t-il appelé les migrants, sans "effacer (leur) histoire", à "apprendre la langue" du pays d'accueil, "respecter ses lois, connaître ses coutumes", tout en rappelant aux sociétés qui les accueillent leurs "devoirs", notamment celui d'aider autrui à "se sentir partie vivante d'une communauté". Tout cela, selon lui, dans le but d'éviter la formation de "mondes parallèles fermés les uns aux autres, où les gens vivent ensemble sans vraiment se rencontrer". "Vies perdues" "Intégrer, c'est empêcher (un) deuxième naufrage", a encore déclaré Léon XIV, en référence à la traversée périlleuse de l'Atlantique durant laquelle 1.172 migrants ont péri en direction des Canaries, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). D'après le ministère espagnol de l'Intérieur, près de 18.000 autres ont pu arriver sur l'archipel à bord d'embarcations de fortune l'an passé, loin toutefois des près de 50.000 entrées irrégulières de 2024. A l'instar de ses propos de jeudi prononcés sur l'île voisine de Grande Canarie, au large des côtes africaines, Léon XIV a une nouvelle fois déploré "chaque vie perdue" sur les routes migratoires, "un échec pour la famille humaine". Aliu Ceesay, 16 ans, arrivé de Gambie il y a un mois, se félicite de la position de ce pape "si gentil": "Il ne se soucie pas de savoir si nous sommes noirs ou blancs, musulmans ou chrétiens. Il veut nous aider". "Enfants d'immigrés" Rencontrée par l'AFP, Jessica Lopez, une employée administrative de 43 ans, dit, elle, "comprendre et défendre" le message de Léon XIV: "Ce sont des gens qui ont laissé leur vie derrière eux", défend-elle, rappelant que "nous, la plupart de nos familles, nous sommes enfants d'immigrés". Elle note toutefois que "cela a des conséquences, dans l'espace public, au centre de santé, sur les listes d'attente". Venue avec sa mère, Claudia De Las Casas, une adolescente de 17 ans, pense aussi que c'est "très bien qu'une figure aussi importante que le pape rende le problème visible". Son frère aîné de deux ans, Jorge, acquiesce, tout en estimant qu'"en Espagne, la question des migrants est un sujet compliqué", polarisant le débat public ces dernières années entre la gauche au pouvoir central à Madrid et l'opposition de droite et d'extrême droite. Le pape doit célébrer vendredi en milieu de journée une messe en plein air sur le port de Santa Cruz devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles, avant de repartir dans l'après-midi vers Rome. Avant les Canaries, Léon XIV s'était rendu à Madrid et Barcelone au cours de ce voyage en Espagne entamé samedi dernier et durant lequel une foule immense a suivi la plupart de ses déplacements.

12.06.2026 à 12:55

En France, l'arrivée d'énormes centres de données bouscule les territoires

FRANCE24

Un an après une première salve de 109 milliards d'euros d'investissements dans l'IA, la France a engrangé la semaine dernière une nouvelle moisson de 93 milliards d'euros, tirée par les projets de giga data centers dans les Hauts-de-France. Le gouvernement avait estimé en janvier que la puissance électrique recherchée par les projets de ce type atteignait 28,6 GW - soit près de la moitié du total de la puissance nucléaire aujourd'hui installée en France - dont 5,8 GW déjà sécurisés par un site et faisant l'objet d'engagements de raccordement. "On assiste à une fuite en avant sur l'implantation des centres de données, sans réelle stratégie autre que de reproduire le gigantisme du modèle américain", déplore Lou Welgryn, coprésidente de Data for Good, une association qui plaide pour un "numérique d'intérêt général". Selon l'Agence de la transition écologique (Ademe), les usages numériques des Français pourraient faire quadrupler la consommation électrique des data centers d'ici 2035. Un changement d'échelle doublé d'un saut technologique pour accompagner l'essor de l'intelligence artificielle et l'explosion des besoins en stockage de données. Mais sur le terrain, l'accueil est parfois réservé, voire franchement hostile. Selon le collectif marseillais "Le nuage était sous nos pieds", une trentaine de groupes d'opposants seraient aujourd'hui mobilisés. Aux Pennes-Mirabeau, commune de 23.000 habitants située à deux pas de Marseille, l'opérateur japonais Telehouse compte implanter "Cézanne", un data center de 70MW. Philippe Chabeaudy fait partie des habitants qui, en 2016, y ont échappé à un feu dévastateur. "Le choix d'implantation est incompréhensible. Pour refroidir les serveurs, le data center va rejeter l'équivalent de la chaleur produite par 70.000 chauffages électriques de 1.000 watts alors qu'il se trouve à 85 mètres d'une pinède", souligne-t-il, craignant le risque d'incendies. Extension géographique Jusqu'ici concentrés en Île-de-France, à Marseille ou dans le Nord, les projets s'étendent géographiquement. "Avec la vague des data centers liés à l'IA, il n'y a pas forcément besoin d'être proche des métropoles pour entraîner des modèles et on voit arriver des projets de plusieurs centaines de mégawatts sur des sites de plusieurs dizaines d'hectares, souvent en zone rurale ou périurbaine, avec des émissions carbone qui viennent contrecarrer les stratégies environnementales locales", observe l'urbaniste Cécile Diguet. Si l'électricité française est décarbonée à 95%, les data centers disposent, en cas de panne, de groupes électrogènes de forte puissance alimentés notamment au gazole, particulièrement polluant. Dans l'Indre, le maire DVD de Châteauroux Gil Avérous accueille lui avec enthousiasme le possible premier centre de données détenu en propre par Google en France. "Les données, on les produit, qu'on le veuille ou non, elles seront stockées quelque part. Pour nous ce sera l'occasion de renforcer notre desserte électrique et de permettre l'implantation de nouvelles industries", argumente l'ex-ministre. Un investissement de 300 millions d'euros pour RTE, gestionnaire du réseau haute tension, qui devrait construire 90 kilomètres de ligne électrique. "Législation permissive" Mais pour l'élu régional écologiste Jérémie Godet, ce projet de 195 ha, l'équivalent de "279 terrains de football", n'est "pas compatible avec la transition écologique", d'autant que "la puissance d'1,2 à 1,3 GW attendue représente plus que la consommation électrique de l'Indre en un an". Il pointe aussi la "contradiction majeure" à vouloir "construire la souveraineté numérique en accueillant Google à bras ouverts". Elus et habitants ont aussi parfois l'impression d'être trop tardivement informés d'un projet, ce qui favorise les recours. A Wissous (Essonne), trois associations bataillent en justice contre le "saucissonnage" artificiel d'un vaste data center, destiné selon elles à contourner la règlementation environnementale. "L'impulsion politique très forte pour attirer les investissements se traduit par une législation de plus en plus permissive", juge Maxime Colin, de France Nature Environnement Île-de-France, pour qui de récents décrets retirent aussi des possibilités d'information du public. Pour Michaël Reffay, délégué général de l'association France Datacenter, "il n'y a jamais eu de volonté de la filière de forcer la main des élus, qui sont très désireux d'accueillir des milliards d'investissements". Un data center est selon lui "bien moins contraignant qu'une usine de méthanisation et EDF en a besoin comme relais de croissance". Mais pour Maxime Efoui-Hess, du Shift Project, la trajectoire suivie "revient à "prioriser l'électricité pour les centres de données alors même que d'autres usages comme les véhicules électriques sont appelés à se développer".
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