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05.06.2026 à 04:27

Narcotrafic: jugement attendu au procès de Bingui et du clan Yoda

FRANCE24

Après trois semaines de débats devant le tribunal correctionnel de Marseille, le ministère public a réclamé la peine la plus sévère - 16 ans de prison - contre Bingui, 35 ans, extradé par le Maroc en janvier et que le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait alors qualifié d'"un des plus gros narcotrafiquants du pays". Jugé pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment, le tout en récidive légale, il encourt 20 ans de prison. La décision de justice est prévue à 16h00. Outre "Fé", alias "Le Chat", les peines les plus lourdes ont été réclamées contre Mohamed Hussein Saleh, qualifié de "bras droit" (12 ans de prison), et Zine Eddine Belkai, "grand gérant" des points de vente du réseau, en fuite (10 ans). Le procureur a demandé que ces peines soient assorties d'une période de sûreté des deux tiers, et réclamé des amendes allant jusqu'à 500.000 euros pour Félix Bingui. "Si on les écoute, personne n'a rien fait, n'a rien vu", mais "la réalité, ce sont des quantités astronomiques de drogues proposées à la population marseillaise, des sommes astronomiques qui génèrent des profits colossaux par des circuits organisés", a lancé dans son réquisitoire le représentant du ministère public, soulignant que "les enquêteurs ont travaillé des mois pour atteindre les chefs de réseau". "Le but de la procédure n'était pas la manifestation de la vérité, mais de faire tomber M. Bingui", a rétorqué Me Philippe Ohayon, qui dans sa plaidoirie a dénoncé "un réquisitoire politique, prononcé au nom d'une politique pénale", et "une inversion des valeurs" avec une peine requise équivalente à celle d'un violeur multirécidiviste ou d'un meurtrier. Paris sportifs et poker Très concentré tout au long des débats, Bingui, qui compte 13 inscriptions à son casier, a nié toute implication dans le trafic qu'on lui reproche, affirmant être installé depuis 2021 à l'étranger, d'abord en Espagne, puis aux Emirats et enfin au Maroc. Son train de vie dispendieux entre vols en classe affaires et séjours en hôtels de luxe, il le justifie essentiellement par son "don" pour les paris sportifs, et sa réussite au poker ou à la "barboute" (dés). Une source de revenus "évoquée de manière récurrente dans le dossier", ironisera la présidente du tribunal. D'autres prévenus - convoyeurs, ravitailleurs ou conditionneurs - ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés, tout en minimisant leur rôle dans le réseau et surtout en refusant d'en identifier les chefs. Pendant deux ans, d'août 2021 à juin 2023, les enquêteurs ont surveillé, écouté, suivi les prévenus, mis en cause pour la gestion de plusieurs points de vente des quartiers Nord, principalement celui de "La Fontaine", situé à l'entrée de la cité de la Paternelle et considéré à l'époque comme l'un des plus juteux de Marseille. Les trafics de cette cité, qui généraient des dizaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires quotidien, seront début 2023 au cœur de la guerre de territoires entre le gang des Yoda et la future DZ Mafia, qui prendra le dessus au bout de plusieurs mois et au prix de dizaines de morts et de blessés à Marseille. alc/smk/cbn/alh

05.06.2026 à 04:15

Poutine attendu sur l'économie en berne à Saint-Pétersbourg, sous la menace des drones ukrainiens

FRANCE24

Mercredi, à l'ouverture de l'événement dans l'ancienne Leningrad soviétique, ville natale de M. Poutine, des drones ukrainiens avaient frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les invités arrivant au forum ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. A la veille de son discours, point d'orgue de la rencontre annuelle, Vladimir Poutine a été interpellé par Volodymyr Zelensky qui a réitéré sa proposition de cessez-le-feu "complet" et lui a proposé une rencontre en tête-à-tête. "Vos ressources diminuent considérablement. Vous n'aurez pas assez d'argent ni de capital politique pour continuer à acheter la loyauté des Russes comme vous l'avez fait ces 26 dernières années", a averti le président ukrainien dans une lettre ouverte. Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, une inflation élevée, des coûts d'emprunt prohibitifs et des pénuries de main-d'oeuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le ministère russe a encore indiqué avoir abattu 123 drones ukrainiens, y compris au dessus de la région de Moscou mais pas dans celle de Saint-Pétersbourg où se déroule le forum. De leur côté, les autorités ukrainiennes ont fait état de bombardements russes, tuant trois personnes au total jeudi soir et vendredi au petit matin dans les régions de Zaporijjia et Dnipropetrovsk (est) ainsi que celle de Kherson (sud). "Lente dégradation" Vladimir Poutine a jusqu'à présent minimisé les difficultés de l'économie russe, préférant insister sur sa résilience face aux sanctions occidentales. Interrogé par l'AFP au sujet des difficultés économiques de la Russie, le dirigeant russe a cité l'auteur américain Mark Twain jeudi, lors d'une rencontre avec des responsables d'agences de presse internationales. "Les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées", a lancé M. Poutine, rejetant l'idée que la Russie soit au bord d'une crise majeure. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles — la première baisse trimestrielle en trois ans. Et l'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 — soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. "L'économie russe entre dans une phase de stagnation, marquée par des taux d'intérêt élevés et une forte pression inflationniste", relève jeudi Alexandre Koliandre, économiste russe basé à Londres. Pour autant, la Russie ne risque selon lui pas un retour à la crise chaotique des années 1990. "Il s'agit simplement d'une lente dégradation de tous les secteurs", explique-t-il à l'AFP. Ancien "Davos russe" La Russie est l'un des pays développés les moins endettés au monde (environ 15% du PIB fin 2025) et dispose d'un fonds souverain d'environ 156 milliards d'euros. Ses exportations d'hydrocarbures connaissent une hausse considérable depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques. Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) était autrefois surnommé le "Davos russe" et les investisseurs occidentaux s'y pressaient pour conclure des accords et côtoyer l'élite russe. Depuis le début de la guerre en Ukraine, il est devenu une illustration de la nouvelle place de la Russie dans le monde. Les invités viennent désormais de Chine et d'Arabie saoudite et les Américains et Européens se font plus rares. Cette année, des personnalités telles que l'ancien acteur hollywoodien Steven Seagal, devenu partisan de Poutine, la figure complotiste américaine Candace Owens ou des députés du parti d'extrême droite allemand AfD ont été conviés. Coupures d'internet Les Russes sont, eux, de plus en plus nombreux à souffrir de la hausse du coût de la vie. Des petites et moyennes entreprises interrogées par l'AFP ont affirmé qu'elles risquaient de fermer. "Les gens ont moins d'enfants, se serrent la ceinture, et les coûts augmentent", explique Svetlana, propriétaire d'une marque de vêtements à Khabarovsk, une ville de l'Extrême-Orient russe. Les coupures d'internet — imposées officiellement pour contrer les frappes de drones ukrainiens — font que son terminal de paiement par carte est souvent hors service. Vera, 42 ans, propriétaire d'un salon de beauté dans la région de Moscou, a vu le prix de ses fournitures "doubler" cette année. Mais après avoir survécu à une "quasi-faillite" en 2022, elle est convaincue que "ces difficultés ne sont que des désagréments".

05.06.2026 à 04:14

Pour le bien de l'humanité, Anthropic suggère une pause concertée du développement de l'IA

FRANCE 24

Et si, pour laisse le temps à l'humanité de s'adapter, on mettait le développement de l'intelligence artificielle en pause ? C'est l'idée proposée par Anthropic, qui plaide pour la création d'un système de coordination mondiale afin qu'aucun rival n'en profite pour prendre les devants. 
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