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22.06.2026 à 18:53

Au Qatar, 13 morts dans l'explosion d'un immense complexe gazier

FRANCE24

La déflagration, l'un des accidents industriels les plus meurtriers de la région, est survenue dimanche soir dans la zone de Ras Laffan, qui abrite le plus grand centre mondial de production de gaz naturel liquéfié (GNL). Treize personnes, toutes de nationalités indienne ou pakistanaise, sont décédées et 66 ont été blessées, aucune n'ayant un pronostic vital engagé, a indiqué lundi après-midi le ministre de l'Energie Saad Al-Kaabi lors d'une conférence de presse. Il s'agit d'un "accident et non d'un sabotage ou d'un acte hostile", a ajouté le ministre alors que des installations énergétiques du Golfe avaient été attaquées par l'Iran lors de la guerre au Moyen-Orient plus tôt cette année. Le site était à l'arrêt depuis décembre pour maintenance et n'avait été redémarré que deux jours avant l'explosion, selon le ministre. Cette explosion "n'aura aucune conséquence sur les exportations" ni "sur nos besoins locaux", a ajouté Saad Al-Kaabi assurant qu'elle n'avait pas non plus causé de dégât environnemental. Rapidement les autorités avaient parlé d'"incident technique", la compagnie publique QatarEnergy précisant que l'incident s'était produit "lors du redémarrage des opérations (...) dans l'installation d'approvisionnement local en gaz de Barzan". Un des plus grands producteurs Un journaliste de l'AFP qui se trouvait à une vingtaine de kilomètres du site a vu dans la nuit des flammes illuminer le ciel nocturne et un panache de fumée. Le complexe de Ras Laffan avait subi d'importants dégâts à la suite des attaques menées par l'Iran contre ses voisins du Golfe en riposte à l'offensive israélo-américaine. Selon QatarEnergy, l'installation de Barzan a une capacité de production de 1,4 milliard de pieds cubes standards de gaz commercialisable par jour, destinés à alimenter les centrales électriques, les usines de dessalement et les industries locales. Le site dispose également d'une capacité de production d'éthane, de condensats, de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et de soufre destinés aux marchés locaux et à l'exportation. Le projet est détenu à 93% par QatarEnergy et à 7% par la compagnie américaine ExxonMobil, selon le site de l'entreprise américaine. Le Qatar, qui partage le champ gazier de South Pars/North Dome avec l'Iran, est l'un des plus grands producteurs de GNL au monde, avec les Etats-Unis, l'Australie et la Russie. Mais le petit Etat du Golfe a interrompu sa production le 2 mars après des frappes de drones iraniens sur des installations énergétiques clés. Il a aussi été confronté à la fermeture du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique. De nouvelles attaques le 18 mars ont réduit de 17% les capacités d'exportation du pays, des dégâts dont la réparation devrait nécessiter trois à cinq ans, avait alors affirmé le ministre de l'Energie. Des pays importateurs comme la Chine, la Corée du Sud, l'Italie et la Belgique figuraient parmi les plus susceptibles d’être affectés, avait déclaré Saad al-Kaabien mars. Tout cela reste une "question géopolitique et militaire", a reconnu lundi le ministre qui est également directeur général de QatarEnergy, tout en jugeant l'explosion de dimanche de sujet "différent".

22.06.2026 à 18:45

Bolivie : les pénuries s'atténuent malgré neuf barrages routiers encore actifs

FRANCE24

Le président de centre droit Rodrigo Paz a décrété samedi la mesure pour tenter de venir à bout des manifestations et des barrages qui ont provoqué de graves pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments dans plusieurs villes. Alors que la Bolivie connaît sa plus grave crise économique depuis plus de quarante ans, une vaste coalition de syndicats, de groupes indigènes et de cultivateurs de coca s'était mobilisée contre le gouvernement. Le nombre de barrages routiers est passé de 50 à neuf depuis l'instauration de l'état d'exception, qui permet le déploiement de l'armée, restreint le droit de manifester et interdit de bloquer les routes. Au plus fort de la crise, les autorités ont enregistré jusqu'à 100 barrages routiers. Dans plusieurs villes, la situation revenait progressivement à la normale. Sur un marché populaire de La Paz, des centaines d'habitants s'approvisionnaient en produits alimentaires arrivés ces dernières heures après la levée des barrages routiers qui ont asphyxié la capitale administrative pendant des semaines. "Aujourd'hui, la situation est normalisée. Les jours précédents, il y avait quatre pâtés de maisons de file d'attente, mais maintenant c'est plus calme. Nous ne nous battons plus pour acheter", a déclaré à l'AFP Rosa Quispe, une commerçante de 48 ans venue acheter du poulet. Les derniers points de résistance se concentraient dans le département de Cochabamba, dans le centre du pays, bastion de l'ancien président socialiste Evo Morales (2006-2019). Le ministre de l'Intérieur Marco Antonio Oviedo a indiqué qu'un plan était en préparation pour permettre l'entrée des forces de sécurité dans le Chapare et les zones où subsistent les derniers foyers de contestation, selon la presse locale. Il a assuré que l'opération serait menée "avec tranquillité et calme". M. Paz accuse Evo Morales d'être à la tête de la contestation et de recevoir un soutien financier de la part des trafiquants de drogue, sans toutefois fournir de preuves à l'appui. Le dirigeant indigène et ancien cultivateur de coca vit reclus dans le Chapare, où ses partisans empêchent l'exécution d'un mandat d'arrêt émis dans une affaire de traite présumée d'une mineure. Evo Morales rejette cette accusation et dénonce une persécution politique.

22.06.2026 à 18:37

Non-lieu confirmé dans le scandale sanitaire du chlordécone

FRANCE24

La confirmation du non-lieu, prononcé en 2023 par deux juges d'instruction parisiennes, a été annoncée par Mes Rachid Madid, Olivier Tabone et Christophe Lèguevaques, avocats parties civiles, à l'issue du délibéré à huis clos. "À l'heure d'une grande défiance des Français à l'égard de leur institution judiciaire, c'est un rendez-vous manqué avec les Français, en particulier ultramarins", a tancé Me Madid. "Le combat judiciaire se prolongera sans doute devant la Cour de cassation", a-t-il ajouté, à l'unisson des autres avocats parties civiles. "C'est un jour sombre, sinistre, puisque cela veut dire que les pollueurs bénéficient d'une immunité", a renchéri Me Lèguevaques. "À l'instar des victimes de l'amiante qui ont fini par gagner grâce à leur opiniâtreté, nous allons poursuivre notre combat", a prévenu dans un communiqué Me Harry Durimel, partie civile. Me Lèguevaques annonce aussi "une nouvelle salve judiciaire pour trouver les responsables et les empêcher de dormir tranquilles dans leur belle villa à Saint-François (Est de la Guadeloupe)". Me Tabone a une pensée "pour les disparus, pour les victimes qui sont aujourd'hui encore vivantes, qui souffrent de maladies extrêmement graves: nul ne sait combien de temps ce pesticide va continuer à provoquer des dommages". "Claque au visage" Classé depuis 1979 comme agent possiblement cancérogène, ce pesticide a été utilisé aux Antilles dès 1972 et par dérogation jusqu'en 1993 alors qu'il était interdit dans l'Hexagone dès 1990. Le chlordécone, qui fut répandu dans les bananeraies pour lutter contre le charançon, peut rester dans les sols jusqu'à 600 ans. Plus de 90% de la population adulte, en Guadeloupe et en Martinique, est contaminée, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Marie Toussaint, eurodéputée écologiste, présente au tribunal pour soutenir les plaignants, a évoqué "une claque au visage, un déni de justice". Elle réclame "un tribunal spécial pour pouvoir juger des crimes qui ne le sont toujours pas aujourd'hui". Requise par le ministère public lors de l'audience à l'automne 2025, la confirmation du non-lieu aura un grand écho en Guadeloupe et Martinique où l'amertume et la colère restent toujours vives. "La réalité" en Guadeloupe et Martinique est de "vivre tous les jours avec la crainte de développer un cancer, de transmettre le chlordécone à l'enfant qu'on peut porter", a dépeint pour l'AFP Lilith, figure du collectif Diasporas solidaires avec les victimes de l'empoisonnement colonial (Dsavec). "Victimes décédées" Dès 2006, de premières plaintes pour administration de substances nuisibles ou empoisonnement, contre l'Etat ou contre X, émanent d'associations guadeloupéennes et martiniquaises de producteurs agricoles, de consommateurs, de défenseurs de l'environnement ou encore de protection de la santé. Une information judiciaire avait été ouverte en 2008 à Paris. Dans leur non-lieu de 2023, les magistrates parisiennes ont pourtant reconnu un "scandale sanitaire" et une "atteinte environnementale" durables, mais ont aussi pointé la difficulté de "rapporter la preuve pénale des faits dénoncés", "commis 10, 15 ou 30 ans avant le dépôt de plaintes". Les parties civiles avaient plaidé que "lorsque l'exposition (à une substance néfaste) est toujours en cours", la "prescription ne doit pas pouvoir faire obstacle à la mise en cause des responsables", comme l'a résumé à l'AFP Me François Lafforgue, partie civile. "Quoiqu'il en soit, nous continuerons à accompagner des victimes du chlordécone dans leurs actions en réparation de leurs préjudices et nous nous prévaudrons des dernières avancées législatives", assurait avant lundi Me Lafforgue. La loi sur la reconnaissance de la responsabilité de l'État dans ce dossier, promulguée récemment, donne un an au gouvernement pour remettre au Parlement un rapport sur les modalités d'indemnisation. La France "a l'élégance de reconnaître et réparer" mais "souvent quand la majorité des victimes sont décédées et surtout quand elles sont dites ultramarines ou majoritairement non blanches", a critiqué pour l'AFP Me Georges-Emmanuel Germany, partie civile.
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