"A la tombée de la nuit, le feu avait parcouru 1.700 hectares. Depuis, il a continué sa progression et menace toujours une partie des communes de Cotignac, Correns et Montfort-sur-Argens", a détaillé la préfecture du Var dans un communiqué publié à 02H00 du matin mercredi, ajoutant qu'une nouvelle estimation de la surface brûlée sera donnée à la levée du jour.
Et "plus de 2.300 foyers sont privés d'électricité", principalement à Cotignac, selon la préfecture.
"Durant les prochaines heures, les sapeurs-pompiers au sol vont s'attacher à traiter le maximum de lisières et réduire les points chauds alors que les conditions météo sont plus favorables", indique le communiqué.
L'opération mobilise 900 sapeurs-pompiers, 350 engins et 60 gendarmes, avec des renforts venus de différentes régions.
Ils avaient été surpris en fin d'après-midi par une réactivation du feu malgré une baisse du vent.
"Le feu est en train de descendre de la montagne du Gros Bessillon à une vitesse très importante, qui n'était pas tout à fait anticipable, vu les conditions climatiques", avait alors expliqué le préfet du Var, Simon Babre.
Environ 400 personnes ont été évacuées, notamment depuis Pontevès, d'où est parti le feu, et des centres d'accueils ont été mis en place pour accueillir les sinistrés.
Dans cette région boisée et vallonnée de l'arrière-pays toulonnais, l'incendie est parti d'un champ, selon les secours. Dans les environs de Cotignac, un vidéaste de l'AFP a vu un impressionnant nuage de fumée grise monter derrière les crêtes d'un massif en flammes.
"Pour l'instant la priorité absolue de toute la zone c'est ce feu-là", a indiqué lors du point presse le patron des pompiers du Var, Éric Grohin.
"Une grosse catastrophe"
"Une grosse catastrophe", déplore Isabelle Scarica, qui fait partie d'une cinquantaine de bénévoles mobilisés à Pontevès pour préparer des sandwiches pour les soldats du feu.
"Ça a pris une très grosse ampleur, ça touche les autres villages, c'est assez impressionnant", ajoute cette éducatrice quadragénaire.
Un camion-citerne des pompiers a été endommagé et "quatre sapeurs-pompiers et deux habitants de Pontevès ont été légèrement intoxiqués par des fumées", selon la préfecture.
Avant une interruption nocturne imposée par le manque de visibilité, plus de 100 largages ont été effectués par les moyens aériens, qui ont mobilisé en journée huit Canadair, quatre hélicoptères bombardiers d'eau et deux avions Dash.
Sur l'ensemble de l'arc méditerranéen, les autorités multiplient les appels à la vigilance pour cette semaine, en raison d'un vent sec et chaud qui doit s'accentuer en fin de semaine, de températures caniculaires et de la sécheresse de la végétation.
Un autre feu virulent avait brûlé 200 hectares dans le Var et détruit des habitations entre dimanche et lundi près des Arcs-sur-Argens.
Forte sécheresse
Ces dernières semaines, les pompiers sont confrontés à des départs de feu quotidiens à travers toute la France. Aggravée par des canicules à répétition et une forte sécheresse, la saison des feux en 2026 a débuté plus tôt que d'ordinaire.
Depuis début 2026, près de 40.000 hectares ont été brûlés, soit "beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l'année dernière", selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Dans les Hautes-Alpes, un feu de végétation provoqué par un impact de foudre, il y a cinq jours, a parcouru 130 hectares dans le massif des Écrins, dans une zone inhabitée et "très difficilement accessible" surplombant deux communes : L'Argentière-la-Bessée et Freissinières.
Quelque 90 pompiers sont mobilisés, a expliqué mardi le préfet des Hautes-Alpes, Philippe Bailbé. Des chutes de roches compliquent leur tâche : une sapeur-pompier a été légèrement blessée par un rocher et un engin endommagé par un bloc de deux tonnes.
La Corse a également été touchée. Malgré neuf jours de lutte, un incendie dans le secteur de Corte "poursuit sa progression" sur une superficie estimée à 260 hectares, selon les pompiers de Haute-Corse, qui ont mobilisé mardi quatre hélicoptères bombardiers d'eau.
Un autre incendie, dans la zone d'Albertacce, est lui désormais fixé selon les pompiers, qui revoient à la baisse sa superficie - 284 hectares. "Il restera sous surveillance active durant la nuit."