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18.08.2026 à 18:55

Fisc piraté: le gouvernement présente ses excuses, une "troisième fuite" repérée et "coupée"

FRANCE24

"Oui, nous nous excusons, parce que ce qui est arrivé est insupportable pour les Français", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Bercy consacrée à cette cyberattaque historique contre la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Dans la foulée, la directrice générale de l'institution, Amélie Verdier, a admis l'existence d'une brèche informatique inédite concernant des données de successions, repérée lundi et rapidement "coupée". Cette faille n'est "vraiment pas du tout de la même ampleur" que les précédentes attaques, a-t-elle toutefois tempéré. Selon elle, les informations exposées s'avèrent beaucoup moins sensibles, s'apparentant à de simples "annonces légales" publiques. Sur le front de la communication, David Amiel a exigé que chaque contribuable inquiet pour ses données "soit accueilli avec le plus grand respect" par les services des impôts. "Nos systèmes d'information comportent des faiblesses", a concédé le ministre, qui a évoqué plusieurs phases d'un plan d'action, dont "la lutte contre la compromission des comptes des agents" et un renforcement "de la formation cyber des agents". Constatant que l'explosion des capacités de l'IA décuplait les menaces, David Amiel a également demandé "à ce que l'on se teste nous-mêmes avec des intelligences artificielles sous contrôle". Infiltration via un "agent externe" Amélie Verdier s'est par ailleurs employée à détailler la chronologie de la première attaque, la plus importante. Fin juin, les pirates parviennent à subtiliser les accès d'un "agent externe, réputé sécurisé", qu'ils utilisent ensuite pour s'introduire dans "les canaux d'accès" aux données fiscales. Une fois infiltrés, les hackers ont "fait des tests" d'extraction de manière manuelle, avant d'enclencher un siphonnage massif. Le tout en restant sous les seuils d'alerte de la DGFiP, calibrés pour permettre aux agents de brasser un grand volume d'informations quotidiennement. Par un moyen technique que la directrice s'est refusée à divulguer, les services de Bercy finissent par détecter la compromission d'un compte et coupent ses accès. Des "investigations" sont alors menées en interne, mais se révèlent "malheureusement insuffisantes", de l'aveu même d'Amélie Verdier, puisqu'elles passent totalement à côté du vol massif de données. Ce n'est finalement que le 12 août, jour de la revendication du piratage sur un forum de revente spécialisé, que la DGFiP prend conscience de l'ampleur de la fuite. Commission d'enquête "Nous n'avions pas connaissance du vol de données avant le 12 août", a martelé Amélie Verdier. Elle dément ainsi fermement les accusations, notamment syndicales, reprochant au fisc d'avoir tardé à rendre l'affaire publique. Saisi du dossier, le parquet de Paris a ouvert une enquête, retenant notamment les chefs d'"extraction frauduleuse de données" et d'"association de malfaiteurs". Lundi, l'administration a entamé une campagne pour contacter les victimes et les sensibiliser aux risques d'hameçonnage et d'usurpation d'identité. De son côté, le groupe de pirates "ZeroBytes", contacté le même jour par l'AFP, a affirmé avoir déjà revendu les données à "deux personnes", pour plusieurs "milliers" d'euros. L'affaire menace désormais de glisser sur le terrain politique, à quelques semaines d'une rentrée sociale tendue et de la reprise des discussions budgétaires. Les sénateurs socialistes ont réclamé la création d'une commission d'enquête parlementaire, pointant du doigt la répétition des failles de sécurité au sein du ministère de l'Économie.

18.08.2026 à 18:35

Pour se régénérer, l'Amazonie compte sur une poignée d'espèces d'arbres

FRANCE24

Parmi les milliers d'espèces que compte la forêt amazonienne, un petit groupe de 15 à 25 espèces d'arbres assure à lui seul une grande partie de la régénération forestière et de l'absorption de carbone, explique à l'AFP Fernando Elias, chercheur au Musée Emilio Goeldi, dans l'Etat brésilien du Para (nord). "C'est fantastique de voir à quel point la forêt est résiliente. Ces espèces donnent une nouvelle chance" à l'Amazonie après la "rupture totale" avec l'environnement causée par la déforestation, dit-il. "Quand on détruit une forêt, on ne détruit pas seulement la biodiversité. On détruit la capacité de la forêt à réguler le climat", souligne le chercheur. S'étendant sur neuf pays, les milliards d'arbres de la plus grande forêt tropicale au monde stockent d'énormes quantités de carbone, jouant un rôle essentiel pour freiner le réchauffement climatique. Fernando Elias a mené une étude publiée le mois dernier par la revue scientifique Global Change Biology, visant à analyser les forêts secondaires émergeant de zones déboisées dans l'Amazonie brésilienne. Selon lui, les espèces pionnières repérées par l'étude "ont une capacité de colonisation rapide" qui permet par la suite le retour d'autres espèces ayant notamment besoin d'ombre pour pousser, comme c'est le cas dans les forêts natives. La température sous la canopée de ces espèces clés peut être jusqu'à six degrés plus fraîche, selon M. Elias. Elles produisent une grande quantité de feuilles qui tombent au sol, augmentent la matière organique et marquent "le début du rétablissement de la forêt". Leçons L'étude menée par le chercheur estime que la surface de forêt secondaire en Amazonie est aussi vaste que l'Uruguay. Les forêts secondaires font leur apparition dans des pâturages abandonnés, des exploitations agricoles ayant fait faillite, ou lorsque le propriétaire d'un terrain est légalement tenu de le restaurer. Étudier la manière dont elles se régénèrent est essentiel pour comprendre comment restaurer les zones déboisées. Les auteurs de l'étude ont analysé des données provenant de ces forêts en cours de restauration dans quatre régions de l'est de l'Amazonie, se penchant sur plus de 25.000 espèces d'arbres et palmiers. Ils ont identifié parmi les espèces pionnières le Cecropia palmata, au tronc gris pâle et aux énormes feuilles en forme de mains, ainsi que l'Inga alba, dont les longues gousses renferment une pulpe blanche sucrée et comestible. Des espèces de palmiers comme l'imposant inaja et le babassu, apprécié depuis longtemps par les communautés rurales pour ses noix riches en huile, jouent également un rôle majeur dans la régénération. "Si nous connaissons les espèces qui absorbent le plus de carbone et qui jouent un rôle dominant dans le fonctionnement de ces écosystèmes, nous pouvons orienter les efforts de reforestation pour faire en sorte, par exemple, qu'elle soit plus rapide", résume Fernando Elias. Sa recherche a été menée dans le cadre du Réseau durable pour l'Amazonie, un projet international visant à étudier comment la déforestation et d'autres activités humaines transforment la forêt. Selon les données de l'Institut national de recherches spatiales (Inpe), un organe public brésilien, une surface pratiquement équivalente à celle de l'Espagne a été déboisée au Brésil au cours des quatre dernières décennies. Sous le gouvernement du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, la déforestation a chuté l'an dernier à son niveau le plus bas depuis dix ans. Lula, qui vise la réélection pour un quatrième mandat non consécutif en octobre, a promis d'éradiquer la déforestation illégale d'ici 2030. Le Brésil s'est également engagé à restaurer 12 millions d'hectares de terres dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat de 2015.

18.08.2026 à 18:09

Ukraine : dix morts dans une frappe russe dans le nord-est

FRANCE24

L'attaque s'est produite à Petcheniguy, une localité située à une soixantaine de kilomètres de la ville de Kharkiv, a précisé sur Telegram le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Synegoubov. Un journaliste de l'AFP sur place a vu les corps de victimes recouverts de couvertures de survie et des pompiers travailler au milieu de voitures et bâtiments calcinés et fumants. "Les Russes ont violemment attaqué un carrefour très fréquenté" où sont situés "le bureau de poste et des magasins, uniquement entourés de bâtiments résidentiels", a affirmé le président Volodymyr Zelensky. "Nous répondrons évidemment à cette attaque russe", a-t-il ajouté, appelant ses alliés à accroître leur pression sur Moscou. Quatre ans et demi après le début de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine, les deux pays font monter en puissance leurs frappes de longue portée, faisant un nombre croissant de victimes civiles. "Il n'y a plus rien" Iana Tchelombytko, une habitante du village, était chez elle lors de l'impact. "La toiture en ardoise s'est envolée, les fenêtres se sont envolées, tout", témoigne-t-elle auprès de l'AFP. Du café et du magasin, situés à quelques dizaines de mètres de chez elle, "il n'y a plus rien. C'est horrible", poursuit-elle. Selon Oleksandr Goussarov, chef de l'autorité militaire locale, des analyses ADN seront probablement nécessaires pour identifier toutes les victimes de cette frappe, la plus meurtrière dans cette localité, selon lui, depuis le début de l'invasion russe à grande échelle déclenchée en février 2022. La région de Kharkiv, frontalière de la Russie, est très régulièrement visée par des drones et missiles, et certaines zones sont occupées par les forces russes. Selon un rapport de la Mission de surveillance des droits de l'Homme des Nations unies en Ukraine (HRMMU), le mois dernier a été le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis mai 2022. Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé dans la nuit de lundi à mardi 147 drones, dont 111 ont été abattus ou interceptés. L'armée de l'air ukrainienne a annoncé la semaine dernière qu'elle allait cesser de rendre publics des chiffres détaillés sur les frappes de missiles balistiques russes, à un moment où la Russie intensifie ses attaques avec des armes que l'Ukraine a de plus en plus de mal à intercepter. 620 drones ukrainiens sur Moscou L'Ukraine a de son côté intensifié ses frappes sur la Russie et les territoires occupés par Moscou, des attaques qu'elle qualifie de représailles et de tentative d'assécher le financement de la guerre en visant des infrastructures énergétiques et logistiques russes. Selon le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, au moins 620 drones ont été lancés contre la région de la capitale russe dans la nuit, dont 180 ont été détruits. Le gouverneur Andreï Vorobiov a rapporté de son côté que l'attaque avait fait trois blessés, dont une enfant de 10 ans. Les autorités russes ont également fait état d'un mort et 17 blessés dans une frappe ukrainienne à Energodar dans la partie de la région ukrainienne de Zaporijjia (sud) occupée par l'armée russe, sur un arrêt de bus où se trouvaient des employés de la centrale nucléaire également occupée par Moscou. Les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit sont, eux, au point mort depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient en février dernier.
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