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14.07.2026 à 05:27

Un défilé "massif" et européen pour le dernier 14-Juillet d'Emmanuel Macron

FRANCE24

Près de 6.700 troupes à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules: jamais autant de militaires n'auront défilé sur les Champs-Elysées afin d'illustrer "le réarmement de la France, l'autonomie stratégique de la France et le réveil stratégique européen", selon l'Elysée. Au lendemain d'un nouveau sommet dans la capitale française des 37 pays de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine, la France met à l'honneur des contingents de chacun de ces pays -500 défilants au total- ainsi que 25 militaires ukrainiens qui défileront à leur suite. Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin", alors que la Russie menace la sécurité du continent et que les Etats-Unis de Donald Trump sont perçus comme imprévisibles. Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive. "Une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre", a réagi lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que 24 chefs d'Etat ou de gouvernement européens, parmi lesquels l'Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer, le Polonais Donald Tusk ou encore la Danoise Mette Frederiksen, doivent assister au défilé. "Le message que nous envoyons au monde est le suivant: oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a déclaré le chef de l'Etat lors de son traditionnel discours aux Armées à la veille de la fête nationale. "Signalement stratégique" Le défilé sera ouvert par la Patrouille de France suivie de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France. Des avions de dix pays européens y participeront également. Pour son dernier défilé en tant que chef des Armées, Emmanuel Macron, qui avait invité le président américain Donald Trump pour son premier en 2017, entend aussi montrer la remontée en puissance des armées sous sa présidence, au cours de laquelle le budget de défense aura doublé. "L'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera", a-t-il fait valoir lundi. La loi de programmation militaire, dont l'actualisation a été approuvée le 1er juillet par le Parlement, prévoit 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030, soit 36 milliards de plus que dans sa version adoptée en 2023. Selon l'Elysée, "il faut concevoir ce défilé comme un signalement stratégique, c'est-à-dire un message que la France envoie, celui d'armées puissantes qui sont capables d'entrer en premier dans un conflit, de combattre". La France entend donc montrer ses muscles avec des avions qui voleront au-dessus des Champs-Elysées avec des maquettes d'armements sous les ailes, une première pour un 14-Juillet, ou encore des hélicoptères qui défileront "au-dessus des chars, de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille", explique-t-on à l'Elysée, qui entend montrer "une armée modernisée prête au combat". Au cours du défilé seront également mis à l'honneur les militaires français déployés sur le flanc Est de l'Europe, notamment en Estonie et en Roumanie, ainsi que la Marine nationale qui célèbre ses 400 ans.

14.07.2026 à 05:13

A Gibraltar, la fin des contrôles à la frontière marque une nouvelle ère

FRANCE24

Cet accord, scellé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni et qui sera signé mardi à Bruxelles, vise à supprimer les barrières physiques et les contrôles sur les personnes et biens circulant entre l'Espagne et l'enclave, située à l'extrême sud de la péninsule ibérique, comme dans le reste de l'espace Shengen. Gibraltar, minuscule territoire britannique de près de 40.000 habitants à l'extrême sud de la péninsule ibérique, accueille chaque jour quelques 15.000 travailleurs espagnols, soit près de la moitié de sa main d’œuvre. Une "frontière fluide va faciliter la vie" ainsi que le recrutement et la fidélisation, par les entreprises de Gibraltar, des travailleurs qui vivent en Espagne, souligne Owen Smith, président de la Fédération des petites entreprises de Gibraltar, auprès de l'AFP. L'accord a été conclu après des années de négociations difficiles dans la foulée des tensions entre Londres et Bruxelles après le Brexit. "Abattre le dernier mur" Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez doit se rendre dans la zone frontalière mercredi, où des ouvriers démontent depuis plusieurs semaines l'ancienne clôture métallique et les postes-frontières séparant l'enclave de l'Espagne. "Enfin, après des centaines d'années, il va être possible d'abattre le dernier mur qui subsiste au sein de l'Union européenne", a-t-il salué. Le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a estimé que cet accord permettait de lever "les barrières physiques d'une époque révolue marquée par les tensions", tout en conservant "les clés de notre propre porte d'entrée". Les tensions avaient été à leur comble en 1969, lorsque le régime du dictateur Francisco Franco avait fermé la frontière après que Gibraltar avait voté massivement lors d'un référendum en faveur du maintien sous la souveraineté britannique. La frontière n'avait totalement rouvert qu'en 1985. Tensions diplomatiques Depuis cette réouverture, de longues files d'attente se formaient au gré des tensions diplomatiques entre Madrid et Londres sur la souveraineté de ce territoire, conduisant l'Espagne à renforcer ses contrôles. Souvent, "de nombreux travailleurs ne savaient pas quand ils devaient partir de chez eux pour arriver à l'heure au travail" ni ne savaient à quelle heure ils allaient rentrer chez eux, a expliqué un responsable syndical de la région espagnole Campo de Gibraltar, Manuel Triano Paulete. "Il est important que cette épée de Damoclès disparaisse", a ajouté ce secrétaire général de la CCOO (Confédération syndicale des Commissions ouvrières). Avec une économie fondée sur les services financiers et les jeux d’argent en ligne, Gibraltar – plus petit que le bois de Vincennes à Paris – affiche l'un des revenus par habitant les plus élevés au monde. Le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne en 2020, laissant non résolue la relation entre Gibraltar - historiquement une base militaire importante pour les Britanniques - et le bloc européen. Fin 2020, Madrid et Londres sont parvenus in extremis à un accord provisoire, afin de maintenir la liberté de mouvement à la frontière entre l'Espagne et le Rocher. Mais la signature d'un accord définitif tardait à se concrétiser. L'Espagne a cédé Gibraltar à la couronne britannique en 1713 dans le cadre du traité d'Utrecht mais elle n'a depuis jamais cessé d'en revendiquer la souveraineté, ce qui donne lieu à des tensions régulières entre Madrid et Londres.

14.07.2026 à 05:05

L'armée russe a exécuté des centaines de prisonniers de guerre ukrainiens, accuse Kiev

FRANCE24

Son époux Andriï Doubnytsky fait partie, selon Kiev, des centaines de prisonniers de guerre exécutés par les forces russes depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en 2022. Le nombre de victimes recensées varie selon les sources ukrainiennes. Mais toutes insistent sur deux points: la liste des cas connus n'est pas exhaustive, et ces exécutions relèvent d'une politique délibérée de Moscou. Andriï Doubnytsky est mort en février 2024 à l'âge de 25 ans, lorsque les forces ukrainiennes ont abandonné la ville d'Avdiïvka, dans la région orientale de Donetsk, épicentre de combats acharnés. Blessé lors d'une tentative de repli, ce soldat de la 110e brigade reste sur une position avec cinq de ses compagnons d'armes. Malgré la situation, Andriï espère encore une évacuation. Il téléphone à sa "Liouda" le 15 février. "Il était extrêmement nerveux et pleurait", confie à l'AFP cette femme de 27 ans aux longs cheveux bruns. Et quelques heures plus tard, il lui envoie un message pour dire que son groupe va très probablement être capturé, puis disparaît du réseau. Selon toute vraisemblance, c'est ce qui est arrivé: sur une vidéo publiée par des médias, son camarade Ivan Jytnyk apparaît parlant en visio avec un proche lorsqu'un soldat russe lui ordonne de déposer les armes. Pourtant, le 17 février, Lioudmyla voit sur un réseau russe une vidéo montrant cinq corps gisant dans une flaque gelée rougie par le sang, et reconnaît l'un d'entre eux comme étant celui de son mari. "Nette recrudescence" des cas Deux jours plus tard, la 110e brigade confirme la mort de plusieurs militaires, dont Andriï Doubnytsky et Ivan Jytnyk, et accuse les forces russes d'avoir violé un accord sur leur évacuation. Le Parquet ukrainien a ouvert une enquête pour "exécutions par balles" de prisonniers de guerre désarmés. Le cas d'Andriï n'est pas isolé. Le nombre de victimes n'est pas connu avec certitude, mais selon Kiev, les exécutions par les troupes russes ont commencé à augmenter à partir de 2023. "Cela découle d'une politique de la Russie qui a de fait encouragé et rendu possibles de tels crimes, les commandants donnant ensuite les ordres en ce sens", dit à l'AFP Andriï Atamantchouk, un responsable du Parquet ukrainien qui supervise les enquêtes sur ces faits. Un rapport de l'ONU de fin juin évoque 129 cas vérifiés d'exécutions de prisonniers de guerre ukrainiens et l'organisation s'alarmait début 2025 d'une "nette recrudescence" de ces faits. A ce jour, l'Ukraine a ouvert 116 enquêtes portant sur le meurtre de 306 militaires ukrainiens depuis 2022, selon M. Atamantchouk, qui ajoute que ce total est loin d'être exhaustif. Les services de renseignement ukrainiens mènent leur propre recensement, qui fait état de "plus de 900 militaires" tués dans "plus de 340" incidents depuis 2022, a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable au sein de ces structures, pour qui ce chiffre ne représente sans doute qu'"entre 25% et 40%" de l'ensemble de ces cas. Interrogées par l'AFP sur l'écart entre leurs statistiques, les deux structures ont évoqué une différence de méthodologie: le Parquet dit s'appuyer sur "des faits documentés et prouvés" tandis que le renseignement affirme recevoir "les informations plus rapidement" de la part d'unités déployées sur le front et d'autres sources. "Rendre justice" Les autorités russes n'ont pas donné suite aux demandes de l'AFP de commenter ces allégations mais Moscou rejette systématiquement les accusations de crimes de guerre et accuse en retour les forces ukrainiennes d'en commettre. D'après le renseignement ukrainien, le groupe paramilitaire russe Wagner, démantelé après sa rébellion avortée de juin 2023, a "donné le ton" en matière d'exécutions et en recrutant des détenus condamnés pour des crimes violents. Le plus souvent, les victimes sont abattues par balles, comme ce soldat ukrainien que l'on voit être tué après avoir lancé "Gloire à l'Ukraine" dans une vidéo devenue virale en 2023. Les enquêteurs font également état de meurtres d'une extrême brutalité, notamment par décapitation. Pour l'heure, seulement cinq militaires russes ont été condamnés en Ukraine pour des exécutions de captifs ukrainiens, dont deux par contumace, selon le procureur Atamantchouk, qui évoque l'extrême complexité des enquêtes, notamment faute d'accès aux zones de combat. Il espère toutefois qu'il sera un jour possible de "rendre justice" aux familles des victimes, ne serait-ce qu'en leur donnant "les noms de ceux qui ont tué leurs proches". Pour Lioudmyla Doubnytska "cela n'a aucun sens". "Je ne sais pas en quoi cela me soulagera, même si je sais un jour qui l'a fait", lance la jeune femme, les larmes aux yeux.
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