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04.05.2026 à 04:11

Boeing de nouveau au tribunal, en lien avec le crash d'Ethiopian Airlines

FRANCE24

Sur les dizaines de plaintes déposées au civil contre l'avionneur à la suite de cet accident, la quasi-totalité ont été réglées par des accords conclus avant l'ouverture d'un procès. Il en reste désormais moins d'une poignée, dont celle concernant Samya Stumo. La jeune femme était en route pour sa première mission avec l'ONG ThinkWell, pour laquelle elle venait de commencer à travailler comme analyste. "Samya était une étoile montante de la cause pour améliorer la santé mondiale et le développement", indique l'ONG dans un hommage publié sur son site internet. Elle devait se rendre au Kenya et en Ouganda dans le cadre d'une initiative financée par la Fondation Bill et Melinda Gates destinée à améliorer l'accès aux soins médicaux dans six pays d'Afrique et d'Asie. Mais elle voyageait le 10 mars 2019 à bord du 737 MAX 8 effectuant le vol ET302, qui s'est écrasé peu après son décollage d'Addis Abeba. Boeing a admis dès 2019 qu'un logiciel antidécrochage avait contribué à cet accident, ainsi qu'à celui d'un 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air le 29 octobre 2018. Ces accidents ont fait 346 morts au total. Des proches de 155 victimes de l'accident d'Ethiopian ont déposé plainte au civil pour mort injustifiée et négligence, entre autres. Toutes ont été centralisées devant le juge fédéral Jorge Alonso à Chicago. A ce stade, seuls deux procès ont effectivement commencé. Au terme du tout premier, en novembre 2025, le jury a octroyé 28,45 millions de dollars d'indemnisation au veuf d'une victime. Le second, en janvier, a été interrompu après un accord hors tribunal au soir du second jour. Après cet accord, des plaintes d'ayants droit de quatre victimes restaient encore ouvertes, dont celle concernant Samya Stumo. Deux semaines Le procès Stumo devrait durer jusqu'au 15 mai, d'après une audience préparatoire le 28 avril. La sélection du jury est prévue lundi et mardi, et les déclarations liminaires des avocats mercredi matin. Ces procès au civil n'ont pas vocation à attribuer des responsabilités mais à déterminer la compensation financière des proches. D'après un journal local, Samya Stumo était entrée à l'université du Massachusetts Amherst à seulement 17 ans pour des études d'anthropologie et d'espagnol, après avoir effectué sa dernière année de lycée au Pérou. Elle est ensuite retournée au Pérou pour un programme de recherche sur la santé des indigènes dans les Andes, avant d'aller faire des études de santé à Copenhague et à Barcelone. Depuis son décès, sa mère Nadia Milleron milite pour améliorer la sécurité aérienne. Nièce de l'ancien candidat écologiste à la présidentielle américaine Ralph Nader, elle est actuellement candidate indépendante pour siéger au Congrès du Massachusetts. Son père, Michael Stumo, travaille au Bureau du budget de la Maison Blanche (OMB) depuis février 2025, après avoir été patron pendant dix-huit ans de la Coalition pour une Amérique prospère (CPA), organisation soutenant le protectionnisme. Les parents, tous deux avocats, ainsi que les deux frères de la victime ont prévu de témoigner au procès. Le prochain procès est fixé au 3 août, au sujet du décès de Michael Ryan, un ingénieur irlandais du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU. De nombreuses victimes du vol d'Ethiopian se rendaient à l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement (ANUE) à Nairobi. Concernant l'accident de Lion Air, toutes les plaintes ont abouti à des ententes entre parties. La dernière, qui concernait le seul étranger du vol, un Italien de 26 ans, a été trouvée fin février. Après moult rebondissements depuis 2021, un juge du Texas a ordonné le 6 novembre 2025 l'abandon des poursuites pénales contre Boeing pour les deux accidents.

04.05.2026 à 04:01

Audiovisuel: l'heure de la publication du rapport Alloncle, nouveaux litiges en vue

FRANCE24

Au bout de six mois sous haute tension, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur "la neutralité" et "le financement de l'audiovisuel public" a adopté de justesse ce rapport polémique il y a une semaine, par 12 voix contre 10, et huit abstentions. Le président de cette commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), s'est prononcé pour, afin que le document soit rendu public et que "les Français puissent juger des méthodes de l'extrême droite". Pour sa part, Charles Alloncle (UDR), qui redoutait une "censure", s'est félicité que soit assurée une "transparence sur l'utilisation de l'argent des Français". La publication du rapport pourrait être décalé de lundi soir à mardi matin, a-t-il indiqué à l'AFP, précisant ne pas être décisionnaire du moment de parution. La commission d'enquête avait été créée fin octobre par le groupe d'Eric Ciotti dans la foulée de l'affaire Legrand-Cohen, deux journalistes du service public accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion d'une vidéo. Nombre des quelque 80 recommandations du rapport Alloncle ont fuité. Elles soumettraient France Télévisions à une cure d'austérité. Le député préconise par exemple de supprimer la chaîne France 4 et France TV Slash, dédiées aux publics jeunes, pour "redéployer les moyens" sur une nouvelle offre diffusée sur France.tv et les réseaux sociaux. France 2 et France 5 seraient fusionnées au profit d'une "grande chaîne généraliste", tandis que franceinfo et France 24 seraient aussi refondues en une seule entité. Côté radio, il suggère de supprimer le Mouv', l'antenne de Radio France dédiée au hip hop. Enjeu pour 2027 L'ensemble des mesures d'économies se chiffre à plus d'un milliard d'euros, soit un quart des crédits alloués par l'État à l'audiovisuel public. La somme serait affectée à "l'entretien du patrimoine" de l'État et au désendettement du pays. Parmi ses autres mesures, M. Alloncle propose de soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité, et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l'Elysée. Un "retour à l'ORTF", critique un député du bloc central. Charles Alloncle espère que les présidentes de France Télévisions et Radio France "se diront qu'il y a un certain nombre de recommandations" à appliquer. Sa "seule victoire" serait que, "demain, l'audiovisuel public se porte mieux et que, dans un an, notamment lors de la campagne de 2027, on se dise qu'il n'y a pas besoin de privatiser" ces entreprises, a-t-il lancé depuis le plateau de Cyril Hanouna sur W9, au soir du vote. Il n'a pas mis cette option d'une privatisation dans son rapport, qu'il a présenté à la cheffe des députés du parti d'extrême droite, Marine Le Pen. "Demain, à la tête du pays, nous engagerons la privatisation de l'audiovisuel public", a de son côté soutenu le président du RN, Jordan Bardella, à BFMTV. Le Rassemblement national, qui porte cette idée depuis plusieurs années, a lancé une pétition "pour soutenir l'ouverture d'un débat national". A l'opposé, les socialistes dénoncent dans le rapport Alloncle une série de "mensonges" et de "partis pris", quand les Insoumis pointent un "pamphlet idéologique". Outre les mesures avancées, le ton employé par l'élu UDR fait bondir à gauche et au-delà, comme durant les auditions agitées de la commission. Le rapport comporte "un certain nombre d'outrances, d'attaques personnelles", selon Erwan Balanant (MoDem). "Des personnes pourraient porter plainte pour diffamation", relève la socialiste Ayda Hadizadeh, mais Charles Alloncle est couvert par l'irresponsabilité parlementaire et ne pourrait être condamné. Plusieurs groupes politiques vont joindre leurs propres contributions au rapport. Les écologistes y taclent Charles Alloncle, qui devrait selon eux s'appliquer à lui-même "le principe de neutralité qu'il revendique". Les élus MoDem ont prévu un prochain "contre-rapport". De son côté, le gouvernement assure ne pas demeurer dans "le statu quo", après la suspension du projet de holding commune pour l'audiovisuel public que portait Rachida Dati quand elle était ministre de la Culture. Catherine Pégard, qui lui succède rue de Valois, reçoit lundi les patronnes de France Télévisions et Radio France. Elle a déclaré dimanche au Figaro vouloir une "accélération" des réformes de l'audiovisuel public tout en conservant une "grande ambition".

04.05.2026 à 03:55

Musk contre Altman: le procès sur la mission d'OpenAI entame sa 2e semaine

FRANCE24

Sam Altman, le patron d'OpenAI passé en dix ans du statut de protégé d'Elon Musk à ennemi juré, n'est attendu que la semaine du 11 mai sur le fauteuil des témoins. De ce procès dépend l'avenir du jeune et puissant géant de l'IA générative, désormais valorisé plus de 850 milliards de dollars et en lice pour une introduction en Bourse. En attendant son patron emblématique, ce sera donc son plus fidèle compagnon de route, Greg Brockman, cofondateur et président d'OpenAI, qui subira lundi le feu des questions des avocats d'Elon Musk au tribunal d'Oakland, près de San Francisco. Le PDG de Microsoft Satya Nadella, dont le groupe se voit accuser d'avoir illégalement financé la transformation commerciale d'OpenAI, pourrait aussi témoigner dans la semaine. De mardi à jeudi dernier, Elon Musk s'est présenté pendant trois jours en bienfaiteur désintéressé des débuts d'OpenAI, auxquels il a contribué par des dons à hauteur de 38 millions de dollars de 2016 à 2020, avant d'être trahi. Le patron de SpaceX et Tesla assure qu'il voulait contrebalancer la domination de Google et placer cette révolution technologique, susceptible de détruire l'humanité selon lui, dans de meilleures mains, délivrées de la pression du profit. "Vous ne pouvez pas voler une organisation caritative", a martelé l'homme le plus riche du monde, qui juge illégal le virage commercial opéré par OpenAI avec le soutien de Microsoft. Sa structure commerciale, déjà l'une des entreprises les plus valorisées de la planète, reste toutefois encore subordonnée à la fondation philanthropique d'origine. Compétition mondiale Face à lui, Sam Altman et Greg Brockman ont assisté au premier rang à la quasi-intégralité de son audition, sans aucune déclaration dans ou en dehors de la salle d'audience, cernée par des dizaines de journalistes depuis le premier jour. En face, l'avocat d'OpenAI a contre-attaqué le multimilliardaire sur ses propres ambitions lucratives. Elon Musk vient d'absorber xAI, son propre laboratoire d'IA dont le chatbot Grok est un rival de ChatGPT, dans son mastodonte spatial SpaceX. Valorisé quelque 1.250 milliards de dollars, ce dernier est en route pour une introduction en Bourse sans précédent. L'enjeu est considérable: si la juge Yvonne Gonzalez Rogers qui tranchera seule après l'avis du jury, donne raison à Elon Musk, OpenAI pourrait voir son entrée en Bourse compromise. Les cartes de la féroce compétition mondiale sur l'IA, dans laquelle Google et les champions chinois de la tech sont bien placés, en seraient rebattues. En tête, OpenAI rivalise désormais avec Anthropic, et son modèle Claude. Leur compétition commence à produire des dizaines de milliards de dollars de revenus annuels, sans commune mesure toutefois avec les centaines de milliards d'investissements encore nécessaires pour recruter les talents, acheter les processeurs ou encore construire et électrifier les centres de données géants de cette révolution technologique.
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