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12.07.2026 à 22:01

Wimbledon: Sinner reconduit son titre et réaffirme son emprise sur le circuit

FRANCE24

Si la défaillance physique brutale de l'Italien de 24 ans à Roland-Garros avait fait naître des interrogations, renforcées par le premier titre en Grand Chelem enfin décroché à 29 ans par l'Allemand à Paris, Sinner a répondu sans ambiguïté dimanche sur le gazon londonien. Vainqueur 6-7 (7/9), 7-6 (7/2), 6-3, 6-4 contre Zverev deux jours après avoir corrigé 6-4, 6-4, 6-4 le septuple vainqueur du tournoi Novak Djokovic (8e), le patron du circuit s'est offert un cinquième titre en Grand Chelem et une 100e victoire dans les quatre tournois phares du tennis mondial. "Je suis content de ma victoire, mais aussi de la manière dont on a joué tous les deux", a commenté Sinner dans un discours de victoire plus sobre que sa réaction après la balle de match, quand il s'est pris la tête à deux mains et étendu de tout son long sur l'herbe jaunie du Central. "Jannik, je ne t'aime plus", a pour sa part plaisanté le finaliste malheureux avant de féliciter son bourreau, qui a "encore démontré pourquoi il est le meilleur joueur au monde". Mauvais souvenirs Manifestement libéré par son titre à Paris, Alexander Zverev avait signé dans la foulée le meilleur parcours de sa carrière à Wimbledon, où il n'avait jusqu'à présent jamais dépassé les huitièmes de finale. Il sera récompensé en supplantant lundi au deuxième rang mondial l'Espagnol Carlos Alcaraz, sur la touche depuis trois mois en raison d'une blessure au poignet droit. Si Sinner restait sur neuf victoires contre Zverev, ce dernier a encore accrédité l'hypothèse d'une finale équilibrée en arrachant la première manche, son premier set gagné contre l'Italien après quatorze manches perdues d'affilée. Mais l'Allemand a commis deux fautes directes en coup droit au début du tie-break de la deuxième manche qui ont permis à Sinner de s'adjuger le deuxième acte. Pas découragé pour autant, le Hambourgeois s'est procuré sa première balle de break du match à 3-3 dans le troisième set, après 2h42 de bagarre. Mais au moment de s'élancer vers le filet pour tenter de renvoyer une amortie de l'Italien, le colosse allemand (1,98m) a dérapé, chuté, et s'est immédiatement agrippé le genou droit dans une grimace de douleur. De quoi rappeler les mauvais souvenirs de l'édition 2022 de Roland-Garros, quand il malmenait le maître des lieux Rafael Nadal avant de s'arracher plusieurs ligaments de la cheville droite. Relevé par Sinner en personne, Zverev n'a plus eu la moindre occasion de prendre le service de son adversaire et a concédé dans le jeu suivant le premier break du match, synonyme de perte de la troisième manche. L'Italien a porté l'estocade en prenant une nouvelle fois le service du Hambourgeois à 3-3 dans le quatrième set. Après 3h46 de duel, le vainqueur des cinq premiers Masters 1000 de la saison a ainsi décroché à 24 ans son sixième trophée de la saison, et le plus prestigieux. Battu en finale de l'US Open 2025 par son grand rival espagnol Carlos Alcaraz (2e), il avait été éliminé en demi-finales de l'Open d'Australie en janvier et dès le deuxième tour de Roland-Garros fin mai, disparaissant précocement du seul tournoi du Grand Chelem qu'il n'a pas gagné. "Je suis certain que tu vas décrocher ce trophée", a lancé Sinner à sa victime du jour. "Tu étais tout près d'y parvenir" dimanche, "et je sais que tu veux devenir N.1 mondial. Là aussi, tu es vraiment tout près", a fait mine de s'inquiéter Sinner, s'attirant les rires du public londonien. Zverev a lui remercié les spectateurs pour un soutien ressenti "comme jamais auparavant", lui qui a été visé ces dernières années par des accusations de violences conjugales formulées par deux anciennes compagnes. "Même si j'ai perdu cette finale (...), à 29 ans, c'est la première fois que je me crois capable de remporter" Wimbledon, a-t-il positivé.

12.07.2026 à 21:09

Tennis: Jannik Sinner, le champion qui ne voulait pas d'histoire

FRANCE24

A 24 ans, Sinner compte désormais cinq titres du Grand Chelem à son palmarès et a réussi en mai un exploit que même les légendes Rafael Nadal et Roger Federer n'avaient pas accompli. En remportant le tournoi de Rome, un titre qui échappait aux joueurs italiens depuis cinquante ans, le patron du circuit était devenu le deuxième joueur de l'histoire, après Novak Djokovic, à gagner les neuf Masters 1000 du calendrier. Une collection complétée en moins de trois ans, là où le Serbe avait eu besoin de douze saisons (2007-2018) pour réaliser son carton plein dans les tournois les plus prestigieux du circuit masculin après ceux du Grand Chelem. Mais il en faudrait plus pour faire changer le gamin aux boucles rousses du Haut-Adige (nord-est de l'Italie), où l'allemand est la langue du quotidien, qui rêvait plutôt de devenir champion de ski. "Je ne joue pas au tennis pour les records. Je joue pour m'améliorer, pour m'amuser, pour écrire ma propre histoire, pour mon équipe et pour ma famille", a-t-il coutume de déclarer dans l'une de ces conférences de presse auxquelles il se plie sans grand plaisir mais avec professionnalisme. Des carottes au changement de côté "J'aimerais qu'on se souvienne de moi comme quelqu'un de fair-play, comme quelqu'un de bien, c'est plus important pour moi que tout le reste", a-t-il rappelé à Rome. Né le 16 août 2001 à San Candido, Sinner a dû vite quitter ses parents Hanspeter et Siglinde qui travaillent dans un hôtel-restaurant perché au-dessus de la spectaculaire vallée de la Fiscalina. Direction Bordighera pour rejoindre l'académie de tennis de Riccardo Piatti. L'adolescent longiligne devient N.1 mondial chez les juniors en 2018. En 2019, il s'installe dans le top 100 avec le statut de "révélation de l'année". Cette année-là, le grand public italien découvre le phénomène qui a remporté son premier titre, au tournoi ATP 250 de Sofia, et qui le séduit par sa simplicité, son éthique de travail et... les carottes qu'il mange aux changements de côté. De quoi donner des idées à ses tifosi, qui s'habillent en orange et/ou se déguisent en... carottes. Il lui faudra attendre 2022 et le début de sa collaboration avec son compatriote Simone Vagnozzi et l'entraîneur australien Darren Cahill pour passer un cap, en frappant encore plus fort et en asphyxiant ses adversaires. "Cette force intérieure" Depuis, il est inarrêtable ou presque: premier Italien à remporter un titre du Grand Chelem depuis Adriano Panatta (1976), premier Italien à devenir N.1 mondial, premier Italien à conquérir le Masters ATP, premier joueur de l'histoire à remporter cinq Masters 1000 consécutifs - avant son sixième à Rome. Son palmarès est déjà riche de 30 titres, dont cinq en Grand Chelem, sans oublier deux éditions de la Coupe Davis (2023, 2024). "Il a un talent unique que nous, les entraîneurs, ne pouvons pas enseigner: cette force intérieure qui le pousse à vouloir apprendre de chaque situation, qu’il gagne ou qu’il perde", admire Cahill qui le voit "atteindre son pic à 27 ans". Pour son illustre aîné Adriano Panatta, Sinner peut battre à terme le record de 24 tournois majeurs de Djokovic. "Le seul record qu’il lui sera très difficile, voire impossible, de battre, c’est de gagner 14 fois Roland Garros comme Nadal", pronostique la légende italienne. Si la célébrité lui pèse dans une Italie qui l'adule, Sinner, déjà près de 65 millions de dollars de gains sur le circuit, s'est retrouvé dans une tempête entre 2024 et 2025 pour une affaire de dopage qui a écorné son image. Contrôlé positif à un stéroïde anabolisant, il a d'abord été blanchi, avant d'écoper d'une suspension de trois mois négociée avec l'Agence mondiale antidopage et bien trop clémente pour certains. Depuis son retour en compétition en mai 2025, il est sur une autre planète, même s'il a connu une sortie de route précoce à Roland-Garros en mai. En quête à Paris du seul trophée majeur qui lui faisait encore défaut, l'Italien avait connu une brutale défaillance physique au deuxième tour, disputé dans une chaleur étouffante, et avait encaissé son élimination la plus précoce en Grand Chelem depuis trois ans. Depuis, "on a procédé à quelques changements", a expliqué Sinner à Wimbledon. "C'est un processus qui prend du temps, il n'y a rien de magique, mais on fait tout notre possible" pour gérer la chaleur, seule faiblesse apparente dans l'armure si épaisse de l'Italien.
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