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22.07.2026 à 12:11

Dans une Tunisie écrasée par la chaleur, les coupures d'électricité attisent la colère

FRANCE24

Depuis plusieurs jours, la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (Steg) publie quotidiennement des "alertes canicule", listant les zones concernées par des coupures destinées à soulager un réseau sous forte tension. C'est le "délestage", un terme devenu familier pour les Tunisiens. Selon le PDG de la Steg, Faycel Trifa, la demande a explosé sous l'effet de "l'utilisation excessive des climatiseurs". Un autre responsable a indiqué à la télévision publique que la consommation nationale pourrait avoir atteint mardi un record historique de 6.000 mégawatts, après un premier pic de 5.600 MW la semaine dernière. Des coupures estivales, de courant mais aussi d'eau, touchaient déjà certaines régions ces dernières années. Cette fois, c'est presque tout le pays qui est concerné par ces interruptions qui peuvent durer une heure, comme trois ou six, voire plus, selon certains témoignages. "On dirait que Dieu a ouvert les portes de l'enfer", murmure l'employée d'une pâtisserie à Tunis, tandis que les gâteaux s'étiolent dans une boutique plongée dans la pénombre. Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, les coupures dominent les conversations. Certains disent désormais éviter les ascenseurs de peur d'y rester coincés. Le président Kais Saied a jugé la situation "anormale" et affirmé que les responsables de ces "défaillances" devraient répondre de leurs actes. Réseau vieillissant La Steg souligne que sans délestage, c'est le "black-out" qui menace, à savoir une coupure généralisée qui plongerait le pays dans le noir. Pour Héla Tlili, enseignante économiste à l'Université Tunis El Manar qui a beaucoup travaillé sur les énergies renouvelables, la Tunisie fait face à la fois à une demande record en pleine saison touristique et à un réseau insuffisamment dimensionné. "La consommation progresse beaucoup plus vite que la production", résume-t-elle, en notant que le pays dépendait encore largement du gaz naturel pour produire son électricité, alors que la production de gaz a baissé et que les importations pèsent sur les finances. Elle évoque également un réseau vieillissant et un manque d'entretien. La situation risque de se répéter: la Tunisie est habituée à vivre des étés difficiles, mais avec le réchauffement climatique, les épisodes de chaleur deviennent plus intenses et plus fréquents. Avec de vraies conséquences économiques: l'organisation patronale Conect déplore ainsi le manque de précision des annonces de coupures, qui empêche selon elle les entreprises de se préparer. Dans une usine de la banlieue sud de Tunis, le travail s'est quasiment arrêté "pendant deux jours", dit un employé sous couvert de l'anonymat. "Ils vont me bousiller mon frigo", se désole de son côté un boucher, alors qu'une baisse de tension fait gémir ses équipements. Stocker l'énergie Héla Tlili estime indispensable d'accélérer le développement des énergies renouvelables. "La Tunisie a un très fort potentiel solaire" et "un potentiel éolien intéressant", dit-elle. "Le véritable défi, c'est le stockage", ajoute-t-elle, notamment avec des batteries pour réinjecter la nuit le surplus d'énergie solaire produit en journée. Mais cela demande un important investissement financier, souligne-t-elle, en appelant à un "changement de paradigme": "passer d'un modèle centré sur +produire toujours plus+" à un modèle fondé, entre autres, sur la diversification des sources et une meilleure gestion de la demande. En attendant, de nombreux Tunisiens suffoquent. Mariem, un nom d'emprunt, habite à Bhar Lazreg, banlieue populaire du nord de la capitale. Elle n'a pas les moyens d'acheter un climatiseur et son ventilateur est tombé en panne. "J'ai dormi par terre, sur le carrelage, pour trouver un peu de fraîcheur", raconte-t-elle, après avoir conseillé à son fils "de dormir avec une bouteille d'eau congelée, enveloppée dans une serviette, sur la poitrine". Les inquiétudes montent aussi au sujet des prisonniers, dont les cellules ne sont pas adaptées. Mardi, le cardiologue Dhaker Lahidheb, suivi par plus de 200.000 personnes sur Facebook, a appelé le président Saied à accorder "une grâce pour raisons climatiques" aux détenus souffrant de maladies chroniques et non impliqués dans des crimes graves.

22.07.2026 à 12:01

OpenAI fait état d'un piratage "sans précédent" d'une plateforme par ses agents d'IA

FRANCE24

L'entreprise basée à San Francisco a évoqué un "cyberincident sans précédent" et annoncé une enquête conjointe avec Hugging Face, la bibliothèque de code en ligne qui en a été la cible. OpenAI a précisé que l’incident impliquait une combinaison de modèles, dont son GPT-5.6 Sol lancé récemment ainsi qu'un modèle "encore plus performant" en cours d'élaboration. L’entreprise cherchait à évaluer les capacités de piratage des modèles en leur assignant des tâches dans un environnement d’essai numérique strictement contrôlé, où l’accès à internet était limité pour des raisons de sécurité. "Pendant qu’ils opéraient dans notre environnement de test en bac à sable (ndlr, isolé), nos modèles ont consacré une quantité importante de (puissance de calcul) à trouver un moyen d’obtenir un accès libre à internet, dans le but de résoudre le problème d’évaluation", a indiqué OpenAI dans un blog relatant l’incident. Une fois connectés à internet, ils ont ciblé la plateforme Hugging Face - un vaste répertoire de modèles d’IA, de jeux de données et d’autres informations - pour les aider dans leur quête. À la recherche d’"informations secrètes" pouvant l’aider à tricher lors de l’évaluation, le système d’OpenAI "a enchaîné plusieurs vecteurs d’attaque, notamment en utilisant des identifiants volés". Potentiel "catastrophique" La cybersécurité constitue un enjeu crucial à mesure que l'IA gagne en sophistication, compte tenu du risque que des modèles avancés détectent avant les humains des failles dans les logiciels existants. Interrogé par l'AFP, Hussein Abbass, professeur d'informatique à l'Université de Nouvelle-Galles du Sud à Canberra, juge l'incident "à bien des égards stupéfiant". "Il n’a pas seulement attaqué Hugging Face. Il a en fait attaqué son propre système interne pour exploiter ses propres vulnérabilités", explique cet expert en IA. "Et c’est effrayant", ajoute-t-il. GPT-5.6 et d’autres modèles d'IA de pointe, notamment la série Mythos du grand rival d’OpenAI, Anthropic, suscitent des inquiétudes quant à leur capacité potentielle à franchir les défenses de cybersécurité. Les deux entreprises américaines ont dû retarder temporairement la mise à disposition générale de ces technologies de dernière génération en raison de craintes à Washington qu’elles puissent aider à s’introduire dans des infrastructures cruciales. Les IA avancées sont "normalement entre les mains de personnes responsables qui ont une éthique", mais "ce sera catastrophique si cela tombe entre les mains de quelqu’un qui a l’intention de nuire", souligne M. Abbass. La question de la gouvernance du secteur de l’IA est devenue centrale et "nous avons besoin d’un effort collectif pour gérer cette situation", estime-t-il. Hugging Face avait signalé avoir été la cible de cette "intrusion informatique" la semaine dernière, sans mentionner OpenAI. Selon la plateforme, "celle-ci se distinguait de tout ce que nous avions déjà traité sur un point important: elle était pilotée de bout en bout par un système d’agent IA autonome et nous l’avons en grande partie détectée et disséquée grâce à notre propre IA". Clément Delangue, directeur général de Hugging Face, a indiqué sur X que compte tenu de la sophistication de l'agent, l’entreprise avait soupçonné une cyberattaque provenant d’un laboratoire d’IA de premier plan mondial. "Nous sommes fermement convaincus qu’il n’y avait aucune intention malveillante de leur part", a écrit M. Delangue, en référence à OpenAI. "C’est assez hallucinant que tout cela se soit produit de manière autonome!", a-t-il commenté.

22.07.2026 à 11:52

Tennis : la WTA impose un test pour déterminer le sexe biologique en vue des JO de 2028

Romain HOUEIX

La WTA, l'instance régissant le tennis féminin, a annoncé la mise en place, mardi, d'un test génétique unique pour toutes les joueuses du circuit afin de dépister leur sexe biologique. Une condition requise pour participer aux Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles.
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