Dans un arrêt inédit, rendu le 28 mai mais dont les motivations ont été communiquées aux parties cette semaine, la cour d'appel de Paris a retenu le proxénétisme et les circonstances aggravantes de sexisme et de racisme pour les multiples viols dénoncés lors des tournages de la plateforme pornographique French Bukkake.
A l'appui de multiples recours, les plaignantes ont contesté la décision de renvoyer ces hommes, accusés de violences sexuelles et de traite d'êtres humains, devant une cour criminelle, où la peine encourue était moins lourde qu'aux assises.
"Nous interpellons aujourd'hui le Garde des Sceaux, monsieur (Gérald) Darmanin, pour que le parquet cesse l'obstruction sur les autres plaintes contre l'industrie +pornocriminelle+, notamment celles dans l'affaire Jacquie et Michel", affirme l'association féministe dans un communiqué
Dans le cas de la plateforme French Bukkake, "il aura fallu (...) trois ans d'errements (...) pour que les parties civiles puissent avoir accès à une justice impartiale", souligne Osez le féminisme.
L'arrêt définitif est maintenant "parfaitement clair sur le fait que la pornographie est un système de déshumanisation et de violence sexiste, contraire à la dignité humaine", ajoute-t-elle.
Selon l'association, "l'affaire Jacquie et Michel est en tout point similaire à celle de French Bukkake: des dizaines de victimes témoignent d'un même système organisé de proxénétisme et de viols à échelle industrielle, de scénarios haineux, sexistes, parfois racistes".
De plus, "les connexions entre Jacquie et Michel et les inculpés de French Bukkake sont totalement établies en procédure. Le site Jacquie et Michel n'a jamais été fermé. Les vidéos des viols circulent encore en ligne en violation du droit à la dignité des victimes".
Fin août 2025, un juge d'instruction chargé d'une enquête visant le site de porno amateur avait clos sans mise en examen le volet concernant le fondateur de la plateforme, Michel Piron, pour complicité de viol. Les deux autres personnes concernées par ce volet sont l'épouse de M. Piron et un acteur, qui ont toujours été entendus comme témoins assistés.
Les investigations visant la plateforme ont été lancées en juillet 2020, après un signalement d'associations relayant des témoignages d'actrices dénonçant des "pratiques sexuelles hors normes et douloureuses" réalisées sans leur consentement.