Au petit matin, les provinces de Holguín, Granma, Santiago de Cuba et Guantánamo, toutes situées dans l'est de l'île, "ont été synchronisées au réseau" électrique national, a expliqué à la télévision cubaine Félix Estrada du ministère de l'Energie et des Mines.
Des coupures programmées sont toutefois toujours en cours dans ces quatre provinces, malgré cette reconnexion, en raison "du déficit de capacité" de production dont souffre le pays, en dehors de cette panne, a-t-il toutefois précisé.
Mercredi soir l'entreprise publique Union Eléctrica de Cuba (UNE) avait annoncé que se trouvaient "sans courant, de façon partielle la province de Holguin, et en totalité les provinces de Granma, Santiago de Cuba et Guantanamo", sur les 15 que compte le pays.
"A 20H54 (01H54 GMT, jeudi), une panne s'est produite dans la sous-station Holguin 220 kV, provoquant la déconnexion du réseau électrique dans la partie orientale du pays", avait précisé l'entreprise sur X.
"Il n'y avait plus d'électricité depuis 05H00 de l'après-midi" mercredi en raison des délestages, avait raconté par téléphone à l'AFP Isabel, 28 ans, une habitante de Santiago de Cuba, ville de 400.000 habitants.
"Comme il n'y a jamais de courant, je ne savais même pas que c'était général" dans l'est du pays, avait ajouté cette mère de famille qui n'a souhaité donner que son prénom. "Nous avons de la connexion (internet), mais tout est noir, comme toujours ici", avait-elle déploré.
Cuba, sous embargo américain, souffre régulièrement depuis deux ans de coupures géantes de courant. Ce pays de 9,6 millions d'habitants a connu cinq coupures générales depuis fin 2024, certaines ayant duré plusieurs jours.
La situation pourrait encore empirer après la signature par le président américain Donald Trump d'un décret disposant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane.
"S'effondrer"
Pour justifier cette politique de pression, Washington invoque une "menace exceptionnelle" que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine.
Dimanche, Donald Trump a assuré que le Mexique, qui fournit Cuba en pétrole depuis 2023, allait cesser de le faire.
La veille, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait annoncé toutefois son intention d'envoyer de l'aide humanitaire sur l'île communiste et avait dit travailler à un moyen de continuer à lui envoyer du pétrole.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "extrêmement préoccupé par la situation humanitaire à Cuba, qui va s'aggraver, voire s'effondrer", si les Etats-Unis continuent de menacer l'approvisionnement de l'île en pétrole, a déclaré mercredi son porte-parole Stéphane Dujarric.
Les huit centrales thermoélectriques du pays, presque toutes inaugurées dans les années 1980 et 1990, tombent régulièrement en panne ou doivent être arrêtées pour de longues semaines de maintenance. Le manque fréquent de carburant contribue aussi aux fréquentes coupures.
Le gouvernement cubain affirme que les sanctions américaines l'empêchent de réparer son réseau électrique, mais des économistes relèvent cependant le sous-investissement chronique de l'Etat dans ce secteur.
Depuis cinq ans, Cuba connaît une profonde crise économique, avec une insuffisance de devises qui contribue à l'érosion de nombreux services de base. Outre les coupures d'électricité, les Cubains font face à une forte inflation et à des pénuries.
Donald Trump, qui multiplie les menaces contre Cuba, répète que les Etats-Unis ont engagé un dialogue avec le gouvernement cubain, qui débouchera, selon lui, sur un accord.
"Il y a bien eu des échanges de messages" mais pas "de dialogue à proprement parler en ce moment", a tempéré lundi le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, dans un entretien à l'AFP.