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17.07.2026 à 19:51

Démolitions de maison, contrôles d'identité: le Pakistan pousse des Afghans au départ

FRANCE24

Parmi les méthodes employées, des démolitions d'habitations, la multiplication des barrages et contrôles d'identité ainsi que des appels publics et incessants à quitter le Pakistan, ont raconté des habitants et responsables. "La police n'a tenu compte de rien, même pas de ma santé", se lamente le vieil homme, rencontré par des journalistes de l'AFP à Mattani, un village près de Peshawar, le chef-lieu de la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord), frontalière de l'Afghanistan. Beaucoup des quelque 200 maisons d'Afghans ont été détruites à Mattani, selon les résidents. "Ma femme et moi, nous sommes âgés et nous vivions seuls ici. Nous n'avons pas d'argent pour louer et le gouvernement a démoli notre maison", ajoute Ahmad Mula. Najeeb Rehman, 50 ans, a lui tenté de récupérer les médicaments de son père et les documents scolaires de ses enfants avant que le bulldozer ne démolisse son habitation, mais sans succès, dit-il en montrant les murs effondrés. A quelques mètres, des Afghans chargent les affaires qu'ils ont pu sauver, dont des lits et un panneau solaire, sur un camion qui les emmènera de l'autre côté de la frontière. Fin juin, les autorités pakistanaises ont enjoint aux forces de l'ordre d'arrêter tout citoyen afghan sans visa à compter du 10 juillet. Le ministère de l'Intérieur n'a pas répondu aux questions de l'AFP sur les démolitions rapportées par les résidents. "Une vaste répression contre les Afghans sans papiers a débuté le 10 juillet et se poursuit", a confirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un responsable policier de haut rang à Peshawar. "Même avant que le gouvernement publie des directives claires, la police avait terminé de cartographier la présence de ressortissants afghans à travers la province", a-t-il ajouté. Des millions d'Afghans ont trouvé refuge et refait leur vie au Pakistan lors des quatre décennies de guerre qui ont ravagé leur pays, depuis la fin des années 1970. Des centaines de milliers d'autres sont arrivés depuis le retour au pouvoir des autorités talibanes en Afghanistan en 2021. Mais fin 2023, sur fond de relations tendues avec le gouvernement taliban afghan qu'il accuse de soutenir des mouvements commettant des attaques sur son sol, Islamabad a durci sa politique contre les Afghans, en les poussant au départ par différents moyens. "Les gens se cachent" Des millions d'entre eux sont déjà revenus en Afghanistan depuis cette date, la plupart contraints de quitter la grande ville de Karachi (sud) ou la capitale Islamabad. Cette fois-ci, l'opération pour les pousser au départ touche la province de Khyber Pakhtunkhwa dont les 40 millions d'habitants partagent des liens culturels, linguistiques et historiques très forts avec les régions afghanes voisines. Une même famille peut ainsi avoir des membres du côté afghan ou pakistanais et avoir été séparée par la ligne Durand. Tracée à l'époque coloniale, cette ligne n'a jamais été reconnue comme frontière par l'Afghanistan. Des chiffres de l'ONU montrent que près de 6.200 Afghans sont rentrés dans leur pays entre le 4 et le 11 juillet, un chiffre en hausse d'environ 30% par rapport à la semaine précédente. Le gouvernement afghan a aussi fait état d'une hausse des retours depuis le 12 juillet. Plus d'un million d'Afghans vivent encore au Pakistan, selon les Nations unies. A Peshawar, un journaliste de l'AFP a constaté que la police avait multiplié des barrages pour effectuer des contrôles d'identité. "Nous avons reçu des instructions strictes pour arrêter des ressortissants afghans sans papiers", a confié à l'AFP, sous couvert d'anonymat, l'un des policiers présents sur un barrage. Au "Board Bazaar", un des centres commerciaux connu comme le "mini Kaboul" en raison des nombreuses boutiques tenues par des Afghans, un des commerçants dit avoir vu une baisse du nombre de clients. Beaucoup craignent des arrestations: "Les gens se cachent chez eux et le commerce est au point mort", témoigne Zabi Ullah.

17.07.2026 à 19:47

Pologne : le président nationaliste bloque une loi sur les unions civiles

FRANCE24

Avec la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie, la Pologne compte parmi les derniers Etats membres de l'UE à n'avoir légalisé ni le mariage ni les unions civiles entre personnes de même sexe. Ce statut accorderait certains des droits actuellement réservés en Pologne aux couples mariés, tels que le droit de propriété commune, l'accès aux informations médicales réciproques et les droits relatifs à l'inhumation. "En tant que gardien de la Constitution, je ne peux accepter une solution qui conduirait à la perte du statut particulier du mariage défini (...) comme l'union d'une femme et d'un homme", a expliqué sur X le chef de l'Etat. En prévision des réactions hostiles des milieux conservateurs, les dirigeants de la coalition centriste dirigée par le Premier ministre Donald Tusk avaient pourtant insisté sur le fait que ces unions ne concernaient pas uniquement des couples mais pouvaient aussi aider des voisins ou des membres d'une même famille. Le projet présenté par le gouvernement visait ainsi à instaurer un "statut de la personne la plus proche", y compris pour les couples de même sexe. Le veto du président peut être cassé par les députés mais il faudrait pour cela réunir une majorité des trois cinquièmes à la chambre basse du parlement, ce qui réussit rarement en Pologne. "Droit au bonheur" La Pologne figure systématiquement parmi les pays les plus mal classés en Europe pour les droits des LGBT+, selon l'Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (ILGA). Avant les dernières élections législatives en 2023, la Coalition civique de Donald Tusk avait promis de déposer un projet de loi légalisant les partenariats civils dans les 100 premiers jours de son mandat. Cependant, le fait que son parti doive partager le pouvoir avec des partenaires de coalition plus conservateurs, ainsi que la cohabitation avec le président Nawrocki, ont retardé, rendu difficiles ou impossibles des compromis et la réalisation de nombreuses promesses de campagne sur les questions sociales. Donald Tusk a critiqué le veto présidentiel, dénonçant "une expression de mépris envers les gens et leur droit au bonheur et à une vie normale". Les conservateurs polonais, dont beaucoup sont étroitement liés à l'Église catholique, attaquent depuis longtemps les mesures favorables aux droits LGBT+, y voyant une "idéologie du genre". Mais l'opinion publique a beaucoup évolué sur cette question ces dernières années. Selon une étude publiée l'an dernier par l'institut publique de sondages CBOS, 62% des Polonais sont favorables à la légalisation des partenariats entre personnes de même sexe — le niveau de soutien le plus élevé jamais enregistré auparavant. Le président qui cohabite difficilement avec la coalition au pouvoir s'est forgé parmi ses détracteurs une réputation de "machine à vetos" peu disposée à tendre la main à l'opposition. En moins d'un an à son poste, M. Nawrocki a d'ores et déjà battu le record historique du nombre de vetos jamais posés par un président polonais. Traditionnellement Catholique En mettant son veto au projet de loi, M. Nawrocki "a tourné le dos à deux millions de personnes vivant aujourd'hui dans des relations informelles" en Pologne, a regretté Katarzyna Kotula (Gauche), à la manœuvre sur ce texte. Elle a rappelé que la Pologne a commencé à reconnaître les mariages entre personnes de même sexe conclus dans d'autres pays de l'Union européenne, à la suite d'arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) et de sa propre Cour suprême administrative. Les associations estiment qu'entre 30.000 et 40.000 citoyens polonais ont contracté un mariage unisexe à l'étranger et sont susceptibles de demander la transcription de leurs dossiers en mairie. En Pologne, pays traditionnellement catholique, seul le mariage formalise l'union entre deux personnes — exclusivement de sexe opposé — tandis que la législation sur l'avortement compte parmi les plus restrictives d'Europe. La loi polonaise autorise l'avortement uniquement en cas de viol, d'inceste ou de danger pour la vie de la mère. Le fait d'aider à un avortement y est passible de trois ans de prison.

17.07.2026 à 19:39

Cinéma: "De la Comédie-Française", une farce enlevée pour célébrer l'amour du théâtre

FRANCE24

Le long-métrage, réalisé par Bertrand Usclat et Martin Darondeau, a été co-écrit avec l'actrice Pauline Clément, sociétaire de la Comédie-Française et complice de longue date du créateur du programme court "Broute". Elle y incarne Nina, une metteuse en scène confrontée, à trois heures de la représentation, à une cascade d'imprévus: problèmes techniques, garde d'enfant impossible, retards des comédiens et conflits d'ego s'enchaînent. Mais une seule règle prévaut : on n'annule jamais une représentation à la Comédie-Française. "C'est vraiment une fiction mais, quand on vous raconte des trucs qui se sont passés là-bas, c'est tellement de haut niveau, ça ne sert à rien d'inventer", s'amuse Pauline Clément. La panne de réveil de Pierre Niney un jour de représentation ou Laurent Lafitte qui se tranche un doigt sur scène font désormais partie de la légende du temple de l'art théâtral à la française. Le projet est né de la volonté de l'institution de dépoussiérer son image. Habituée à naviguer entre théâtre et pastilles humoristiques à la télévision ou sur Internet, Pauline Clément est sollicitée pour réunir ces deux univers. La direction de la Comédie-Française "me disait : +On ne sait pas où tu en es. Est-ce que tu préfères ton travail à l'extérieur ou le théâtre que tu fais ici ?+", se remémore l'actrice. "Fusion" "Je me disais qu'un jour, j'aimerais faire une fusion des deux", poursuit-elle. C'est donc avec cette idée qu'elle sollicite Bertrand Usclat, rencontré au conservatoire. Initialement envisagé comme une série télévisée à la "Dix pour cent", leur projet est rejeté par toutes les chaînes avant qu'un producteur de cinéma ne propose d'en faire un film. Il a été écrit en deux mois pour disposer d'une rare fenêtre de tournage de trois semaines dans la salle Richelieu, site historique de la Comédie-Française, à l'époque en travaux. Le résultat est une comédie ramassée de 1 heure 12 mn, qui a déjà remporté quatre prix au Festival de l'Alpe d'Huez, dédié à l'humour. "Pendant toute l'écriture, j'étais inquiète. Je me disais : si le film sort et fait un bide, qu'est-ce que je fais après ? Parce que la Comédie-Française, c'est toute ma vie", se souvient Pauline Clément. Bertrand Usclat, qui a décliné une proposition d'audition à la Comédie-Française au sortir du conservatoire pour se concentrer sur sa chaîne YouTube, est ravi de consacrer son premier long-métrage au théâtre. "Le premier grand succès parisien de Molière, c'est +Les Précieuses Ridicules+, qui est en fait une parodie des salons bourgeois. Normalement, on commence avec des gros trucs classiques, à l'ancienne, et lui débarque en disant: +On va faire marrer les gens+", expose-t-il. "Ca a toujours été mon rapport au théâtre. Quand il n'y a pas d'humour sur scène, je pense qu'il y a un ratage", poursuit le réalisateur. En tout, 22 comédiens de la Comédie-Française jouent dans le long-métrage, dont certains déjà vus au cinéma comme Guillaume Gallienne, Marina Hands ou Laurent Stocker, et d'autres dont c'est le premier film, comme Sefa Yeboah. "C'est un film sur la Comédie-Française par ceux qui la font, la troupe", résume son administrateur général, Clément Hervieu-Léger, qui y voit un moyen d'ouvrir la porte "de notre maison pour un public qui n'y a peut-être jamais mis les pieds".
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