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06.06.2026 à 17:03

Roland-Garros: la Russe Mirra Andreeva remporte à 19 ans son premier titre en Grand Chelem

FRANCE24

A 19 ans et 39 jours, la native de Krasnoïarsk devient la plus jeune joueuse à s'imposer à Paris depuis Monica Seles, qui avait 16 ans et demi lorsqu'elle a remporté le premier de ses trois titres consécutifs porte d'Auteuil en 1990. Ce sacre couronne l'évolution de cette adolescente prodige qui a remporté à 15 ans son premier match sur le circuit WTA. Victorieuse des WTA 1000 de Dubaï et Indian Wells l'an dernier, elle ajoute à son palmarès un premier tournoi du Grand Chelem dès sa première finale. Chwalinska se consolera elle avec la 21e place mondiale, son meilleur classement, qu'elle atteindra lundi à la prochaine actualisation du classement WTA. Elle a marqué l'histoire de Roland-Garros, en devenant la joueuse la plus mal classée à se hisser en finale depuis la création du classement WTA en 1975. C'est aussi la seule issue des qualifications à être allée aussi loin sur la terre battue française. Sous les yeux de Brad Pitt, la Polonaise a pu exprimer dans un premier temps avec efficacité son style unique fait de variations, entre balles en cloche, amorties et revers longs, qui ont surpris son adversaire. Mais 3 jeux partout, Andreeva, plus agressive, a commencé à prendre ses marques, avec l'appui d'un meilleur service. Elle a bouclé la première manche en 42 minutes. Une fois lancée, la Russe n'a laissé que des miettes à Chwalinska. Elle a su monter le curseur en sauvant trois balles de break pour mener 3-0. Toute proche du titre à 5-0, Andreeva a laissé filer deux jeux, avant de terminer le match sur le service de son adversaire.

06.06.2026 à 17:01

Roland-Garros: Mirra Andreeva, le sacre de la maturité

FRANCE24

Ce sacre éclatant sur la terre battue parisienne face à la Polonaise Maja Chwalinska (6-3, 6-2), marque l'aboutissement d'une ambition née dans les paysages enneigés de Krasnoïarsk, en Sibérie. En s'imposant en Grand Chelem elle réalise son "plus grand rêve" mais ne compte pas s'en contenter, elle qui expliquait dès 2023 vouloir remporter 25 sacres majeurs, un de plus que les codétenteurs du record Margaret Court et Novak Djokovic. Aussi loin qu'elle se souvienne, le court de tennis a depuis toujours été son terrain de jeu. Née le 29 avril 2007, elle y accompagne d'abord sa sœur aînée Erika. A six ans, elle s'empare de la raquette, sous l'impulsion de sa mère, qui s'est prise de passion pour le tennis grâce à Marat Safin. Formée à Cannes Le talent des filles est flagrant. La famille quitte donc les rives du fleuve Ienisseï pour celles de la mer Noire, à Sotchi, puis en 2022 pour la côte d'Azur. Plutôt que l'académie Nadal, les sœurs préfèrent celle de Jean‐René Lisnard à Cannes. Devenue samedi la plus jeune lauréate de Roland-Garros depuis Monica Seles en 1992, la droitière d'1,75 m a l'habitude de griller les étapes. En avril 2023, six mois après ses débuts sur le circuit, elle remporte son premier match au WTA 1000 de Madrid. L'année suivante elle se hisse en demi-finales de Roland-Garros et remporte à Iasi (Roumanie) son premier titre. En février 2025 elle devient à Dubaï, à 17 ans et 299 jours, la plus jeune joueuse à gagner un WTA 1000 avant d'enchaîner à Indian Wells en battant Iga Swiatek (2e mondiale) et Aryna Sabalenka (1re). De quoi atteindre la 5e place mondiale. Mais cette ascension éclair a un prix. Dès 14 ans, Andreeva subit la violence des réseaux sociaux et des menaces qui la terrorisent alors. Aujourd'hui, Andreeva s'est entourée d'une psychologue, avec qui elle développe des parades mentales: chantonner dans sa tête en plein échange ou visualiser un immense panneau rouge "Stop" pour bloquer les pensées négatives. Souvent questionnée sur l'invasion russe en Ukraine, comme cette semaine alors qu'elle affrontait la native de Kiev Marta Kostyuk, Andreeva esquive et dit se concentrer uniquement sur son jeu. "Alchimie" Elle est plus prolixe quant à sa relation fusionnelle avec sa coach Conchita Martinez, à qui elle voue une "confiance totale". L'Espagnole évoquait à Wimbledon l'an dernier une "fille très gentille, très attentionnée. En dehors des courts elle sourit beaucoup. On peut jouer aux cartes, rire, c'est très agréable". Depuis leur rencontre en avril 2024, "on s'est dit qu'il y avait une connexion entre nous (...) une alchimie", résumait Conchita Martinez, 53 ans, victorieuse à Wimbledon (1994) et finaliste à Roland-Garros (2000) et à l'Open d'Australie (1998). Mirra Andreeva s'appuie aussi sur sa soeur Erika, son modèle. "J'ai toujours essayé de lui montrer le meilleur de moi-même pour qu'elle puisse s'en inspirer. Et maintenant, j'ai l'impression que c'est un peu l'inverse" et que l'aînée s'inspire de la cadette, avouait en 2024 Erika, 230e mondiale à bientôt 22 ans. Si Andreeva fait parler la puissance de son coup droit, c'est également dans la tête qu'elle a progressé. Inconsolable après sa médaille d'argent en double avec Diana Shnaider aux Jeux Olympiques de Paris, fébrile et agacée au point de sortir de son match l'an passé en quarts à Roland-Garros face à la sensation Loïs Boisson, elle a su cette fois dompter l'événement. Elle a ainsi laissé au vestiaire la version d'elle-même capable de frapper sa raquette au sol et d'insulter le public d'Indian Wells en mars dernier. "Il y a deux ans, quand j'ai joué la demi-finale" de Roland-Garros, "j'étais excitée comme une puce, je n'arrivais pas à y croire et ça a d'une certaine manière déterminé la façon dont j'ai joué ce match", perdu 6-3, 6-1 contre Jasmine Paolini, jugeait jeudi Andreeva. "Maintenant que je vieillis, je deviens un peu plus mature à chaque match", ajoutait-elle, tout en cultivant sa légèreté hors du court. En plus d'un premier trophée majeur, Andreeva a mené à bien une quête parallèle à Paris: collectionner un pin's à épingler à son accréditation après chaque victoire.

06.06.2026 à 17:01

De la disparition de Lyhanna à l'affaire d'Etat, une semaine entre larmes et colère

FRANCE24

Cette retraitée veut désormais "des actes" alors que la polémique enfle, jusqu'au sommet de l'Etat, sur les dysfonctionnements dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineures visant le principal suspect. Récit de cette semaine à Fleurance, entre douleurs et colère. - Une enfant disparaît Vendredi 29 mai, Lyhanna, scolarisée en 6e, est aperçue une dernière fois à 15H00, devant son collège de Fleurance, bourg de 6.000 habitants situé à 80 km de Toulouse. Ne la voyant pas revenir, ses parents donnent l'alerte à 18H45. La gendarmerie lance aussitôt un appel à témoin et les premières recherches débutent dans la soirée. Samedi et dimanche, l'inquiétude grandit: malgré les battues citoyennes, encadrées par les gendarmes, Lyhanna reste introuvable. Des affichettes à l'effigie de l'enfant sont disséminées dans la commune. L'angoisse monte quand un suspect est mis en garde à vue dès samedi; Lyhanna a été vue dans son véhicule vendredi après-midi. Devant les enquêteurs, cet homme de 41 ans se défend, affirmant avoir déposé la jeune fille à la piscine. Mais ces "informations ont été jugées incohérentes et imprécises" selon le parquet d'Auch, qui ouvre une enquête pour "enlèvement et séquestration de mineure". Chasseurs, pêcheurs et même cavaliers amateurs sont mobilisés tout au long des recherches pour passer au peigne fin massifs forestiers, champs et plans d'eau de la région, sur une superficie de 450 km2, grande comme quatre fois Paris, selon la gendarmerie. Profil inquiétant Jérôme B., habitant de la commune voisine de Montestruc-sur-Gers, est déféré lundi au tribunal judiciaire d'Agen, puis mis en examen et incarcéré. Désormais visé par quatre plaintes et deux signalements, Jérôme B. n'avait jusqu'à présent jamais été entendu par des enquêteurs. Pourtant, un "comportement inapproprié" envers une lycéenne lui avait coûté son emploi d'agent d'entretien au sein d'établissements scolaires du Gers en 2021. Une plainte pour viols sur une enfant de 10 ans avait été déposée à Toulouse en août 2025. Mais comme les faits avaient eu lieu à Montestruc-sur-Gers, où il habite, la plainte avait été transmise au parquet d'Auch. Selon la procureure, cette plainte avait été reçue en décembre dernier et "transmise pour enquête à la gendarmerie en janvier 2026. Les investigations sont en cours depuis", mais Jérôme B. n'avait pas été auditionné. Un délai qui ulcère les habitants de Fleurance. La colère et la polémique se sont depuis étendues au-delà du Gers. Scandale national Vendredi, l'exécutif a déploré des dysfonctionnements "accablants" et le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, "furieux" du traitement du suspect par la justice, a parlé d'un "immense échec". Il a présenté des excuses à la famille et la chancellerie a évoqué des "sanctions" si des manquements étaient avérés. Une enquête administrative a été ouverte. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a demandé que les premières conclusions "lui soient remises sous 15 jours". Mais pour des associations féministes ainsi que de victimes, les dysfonctionnements dépassent l'affaire Lyhanna. "Ce n'est pas un fait divers. C'est une défaillance systémique des institutions", dénonce la Fondation des femmes sur Instagram. "On ne peut pas demander aux victimes de parler si, lorsqu'elles parlent, elles ne sont ni entendues ni protégées", poursuit l'organisation, qui demande "une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants". Plusieurs associations appellent à la tenue d'un "Grenelle national sur les crimes commis contre les mineurs". Quelques 73% des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sont classées sans suite, souvent pour manque de preuves, rappelle Jérôme Moreau, porte-parole de France Victimes. - Découverte et identification du corps - Après six jours de recherches, le corps de Lyhanna a été retrouvé jeudi dans le silo d'un site agricole désaffecté dans lequel le suspect avait travaillé il y a huit ans, dans la commune de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance. Devant le collège Hubert Reeves où était scolarisée Lyhanna, élèves et professeurs sont abasourdis, encore sous le choc. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place. Une marche blanche, à laquelle seront présents les parents de Lyhanna, aura lieu dimanche à 15H00 dans les rues de Fleurance. Les parents ont demandé aux "maires présents à leurs côtés depuis le début des recherches de bien vouloir les accompagner".
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