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28.08.2026 à 01:35

Une mouche de l'Arctique colonise le milieu naturel en Antarctique, alertent les scientifiques

FRANCE24

L'augmentation des températures due au changement climatique favorise, selon les experts, l'arrivée d'espèces invasives en Antarctique. D'après les Nations unies, la péninsule est l'une des régions qui s'est le plus réchauffée au cours du dernier demi-siècle, avec une hausse de près de 3°C. Une expédition de l'institut de recherche chilien Centro Internacional Cabo de Hornos a observé, lors du dernier été austral, entre décembre et mars, des colonies de mouches de l'espèce Trichocera maculipennis dans des cavernes, près de zones de nidification de manchots. Au cours des cinq dernières années, la présence de l'insecte avait déjà été signalée dans les égouts de bases scientifiques et militaires de l'Antarctique. Mais désormais, ces mouches "accomplissent leur cycle de vie dans un environnement naturel", explique le biologiste Hugo Benitez, qui dirige ces recherches. Selon lui, l'insecte aurait été introduit en Antarctique par des navires touristiques, scientifiques ou militaires. "Le changement climatique augmente les chances (...) d'offrir un environnement plus propice à des espèces qui ne vivaient pas dans cet endroit", ajoute l'expert, dont les observations font partie d'une étude qui n'a pas encore été publiée. Le biologiste, qui étudie les espèces invasives depuis une décennie, avait déjà montré, dans une étude publiée en 2025 dans la revue scientifique Zoologischer Anzeiger, que cette mouche était en train de s'adapter à l'Antarctique. L'étude menée sur 294 spécimens, collectés dans quatre stations de l'Antarctique, a mis en évidence une diminution de la taille des ailes au fil du temps et des variations de leur forme. Selon le scientifique, la présence de larves dans le sol provoque une hausse imperceptible de la température, ce qui peut engendrer "une déstabilisation écosystémique de l'environnement". "Les écosystèmes terrestres antarctiques comptent peu d'espèces (...). L'arrivée d'une espèce supplémentaire (...) pourrait avoir un impact assez significatif et, à ce titre, constitue un sujet de grande préoccupation", commente auprès de l'AFP Arlie McCarthy, chercheuse à l'Institut Helmholtz de biodiversité marine fonctionnelle au Danemark, non impliquée dans cette recherche.

28.08.2026 à 01:21

Présidentielle : Retailleau met les bouchées doubles pour sa rentrée

FRANCE24

"Nous sommes entrés dans le money time", affirme l'entourage du patron des Républicains, reconnaissant qu'il y a "un match dans le match entre les candidats" à droite et au centre "et que c'est maintenant que ça se joue". Estimé dans les sondages entre 6 et 12%, Bruno Retailleau a préparé cette rentrée décisive avec une équipe plus structurée - le préfet Franck Robine a pris en août ses fonctions de directeur de campagne, des porte-parole doivent être nommés la semaine prochaine. Le voilà plus armé pour rompre avec sa discrétion estivale, officiellement due à l'écriture de son livre à paraître cet automne. Premier changement : son programme divulgué par étapes depuis son entrée en campagne en février a été simplifié, à l'image de sa promesse que "le travail paye plus", présentée initialement d'une manière assez indigeste et qu'il résume désormais plus directement comme "quasiment deux mois de plus de salaire" pour les employés. Et puis, le choix des mots: si Jean-Luc Mélenchon et LFI restent son chiffon rouge, il va désormais jusqu'à les qualifier de "collabos" des islamistes. Idem lorsqu'il cible Edouard Philippe et Gabriel Attal. S'il persiste à nier qu'il soit lui-même macroniste malgré son année passée à Beauvau, il choisit désormais de présenter ses deux rivaux comme des "contaminés" par les deux quinquennats du chef de l'Etat. Une stratégie qui passe aussi par une présence renforcée sur le terrain. Après les universités d'été du Medef jeudi où il a promis que les entreprises ne seraient plus des "vaches à lait", il se rend vendredi à la Foire agricole de Châlons-en-Champagne pour s'adresser au monde rural auquel il affirme appartenir. L'objectif de Bruno Retailleau est de "bouleverser" la campagne et de remettre en cause "le privilège" dont bénéficie Edouard Philippe, perçu comme le candidat le mieux placé à droite pour accéder au second tour, explique son entourage. Le patron de LR entend aussi tirer profit du duel entre Edouard Philippe et Gabriel Attal qui a assuré mardi qu'il n'y avait "plus de favori" dans le bloc central. Un constat qui "nous va très bien", sourit l'un des proches du Vendéen. "Le troisième homme" Bruno Retailleau a aussi besoin de gagner des points pour faire taire les rumeurs d'un ralliement inéluctable à Edouard Philippe, une petite musique propagée par le RN et Eric Ciotti, mais aussi par les membres de son parti qui ne croient pas aux chances de leur propre candidat. "Il est le troisième homme d'un match à trois et cette position n'est pas confortable", affirme une source parlementaire LR qui voit dans ses attaques contre LFI une volonté "d'exister en tentant de créer un ping-pong avec Jean-Luc Mélenchon" qui l'ignore pour l'instant. Même ceux qui l'ont soutenu l'an dernier face à Laurent Wauquiez pour prendre la présidence du parti commencent à s'impatienter. A l'image du président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand qui a confirmé jeudi son intention de se lancer dans la course à l'Elysée, même s'il a précisé que le "moment n'était pas venu" d'annoncer officiellement sa candidature. Son homologue d'Ile-de-France, Valérie Pécresse, a réitéré cette semaine son soutien à Bruno Retailleau, tout en ajoutant qu'elle voyait "des signaux de convergence politique très intéressants" avec... Edouard Philippe. Si Bruno Retailleau avait semblé un temps en mesure de rassembler sa famille après avoir reçu l'appui de 75% des adhérents à sa candidature, son départ du gouvernement Lecornu en octobre 2025, et la suspension prononcée contre les membres de son parti ayant choisi d'y rester, a suscité de l'amertume. "Il est dans un traquenard parce que je pense qu’il voit l’impérieuse nécessité de se retirer, mais il a autour de lui des mauvais génies qui l’incitent à se maintenir et qui lui mettent une pression de folie", affirme l'un de ces ministres ostracisés du parti. Un autre se montre plus bienveillant et lance un appel au ralliement: "Je dis à Edouard Philippe et à Bruno Retailleau, démerdez-vous, mais entendez-vous !".

28.08.2026 à 01:15

Le Groenland présente un rapport très attendu sur la contraception forcée des Inuites

FRANCE24

Ce sera ensuite au gouvernement groenlandais de déterminer les suites à donner aux conclusions du rapport. "Pour nous, il s'agit d'essayer de comprendre notre Histoire. D'autres peuvent estimer que nous devrions simplement nous taire à ce sujet et essayer d'être conciliants, en raison de l'agressivité des États-Unis envers le Groenland", explique à l'AFP Naaja Nathanielsen, députée représentant l'île arctique au Parlement danois. Alors ministre, c'est Mme Nathanielsen qui en août 2024 a lancé cette commission chargée de faire la lumière sur les implications juridiques de la campagne qui s'est déroulée entre les années 1960 et 1990. Pendant cette période, plus de 4.000 Groenlandaises se sont vu poser un stérilet, en grande majorité sans leur consentement ou celui de leurs parents si elles étaient mineures. "Tout ce qui se passe actuellement entre le Danemark et le Groenland est scruté de près. Il y a une pression sur cette relation, donc bien sûr, dès qu'on commence à parler de génocide, cela accroît cette pression", note l'historienne Astrid Andersen, chercheuse à l'Institut danois des études internationales (DIIS). "Tout le monde au Groenland a été très clair sur le fait que cette affaire tragique ne doit pas être utilisée pour légitimer d'autres objectifs politiques sur la scène internationale", insiste-t-elle. Les quatre experts attitrés n'ont pas réussi à s'accorder sur l'approche à adopter et ont écrit deux rapports remis avec près de six mois de retard sur le calendrier initial. - "Pas seulement de l'Histoire" - Pour Henriette Berthelsen, l'une des victimes, leurs conclusions sont de toute façon biaisées par l'absence d'Inuits groenlandais parmi les experts. "Pour moi, ce n'est pas seulement de l'Histoire ou de la politique, c'est mon corps, ma vie et mon droit à l'autodétermination. Et une fois de plus, je constate que ce sont d'autres qui vont enquêter et définir ce qui a été fait à moi-même et à d'autres femmes inuits", déplore-t-elle auprès de l'AFP. Baptisée au Groenland l'affaire "anticonception", la campagne a notamment touché des adolescentes de 12 ans dont certaines n'ont ensuite jamais pu avoir d'enfants. A l'heure où l'immense île arctique est convoitée par les Etats-Unis, Nuuk et Copenhague soignent leur lien tout en faisant la lumière sur plusieurs épisodes du passé : enfants adoptés sans consentement de la part des parents ou arrachés à leurs familles, contraception forcée. Le Parlement danois a donné jeudi le feu vert à l'indemnisation des victimes de la campagne de contraception, voulue par la Première ministre. L'année dernière, Mette Frederiksen avait officiellement présenté les excuses du Danemark. "Dépasse l'imagination" Mais la médiatisation de l'affaire a ravivé des traumatismes enfouis depuis des décennies. "J'ai réalisé tout ce que cela m'avait coûté, toutes ces hospitalisations, ces opérations, ces formations perdues et, surtout, ces douleurs que je n'avais jamais associées à ce fichu stérilet", confie Kirstine Najârak Berthelsen. "Il était si bien enfoui dans mon subconscient. (...) Tout ce qui est arrivé aux autres dépasse l'imagination, si on ne l'a pas vécu soi-même", ajoute-t-elle. Fin 1970, une femme groenlandaise sur deux en âge de procréer, soit au moins 4.070 femmes, avait reçu un stérilet, selon une enquête présentée en septembre 2025. C'est la prise de parole d'une victime puis une série de podcasts en 2022 qui ont révélé au grand public l'existence de cette campagne de contraception. Pour Henriette Berthelsen, il faut désormais lancer une commission "Vérité et réconciliation", une possibilité envisagée par le gouvernement danois. Selon cette psychologue de 68 ans, cela permettra de "reconnaître ce qui s'est passé". "Je crois que ce n'est qu'ainsi que nous pourrons commencer à guérir et à aller de l'avant – non pas en adversaires, mais en êtres humains et en peuples égaux en dignité."
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