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31.07.2026 à 04:41

Trêve à Gaza: le Hamas consent à un accord sur le désarmement

FRANCE24

Plus de neuf mois après l'entrée en vigueur d'une trêve dans la bande de Gaza, des responsables du Hamas ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza. Selon un responsable du Hamas, le mouvement compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix", créé en janvier par le président américain Donald Trump, pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord. Malgré le cessez-le-feu, les violences entre Israël et le Hamas avaient continué au quotidien depuis le mois d'octobre. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales. Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre. Selon Ghazi Hamad, un membre de l'équipe de négociation du Hamas, le mouvement islamiste a fait "des concessions pour le bien de notre peuple dans la bande de Gaza, afin de le sauver de la mort et du déplacement". Il a affirmé que la question des armes était liée au retrait d'Israël du territoire palestinien. "Israël n'interviendra pas dans la question du désarmement. Le Comité national est l'instance qui se chargera de cette tâche", a-t-il déclaré à l'AFP en référence au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), créé par le "Conseil de paix". M. Hamad a ajouté que le Hamas allait désormais discuter des modalités de mise en œuvre avec les médiateurs et convenir d'un calendrier pour l'exécution de l'accord. "Ce processus prendra environ 14 jours, voire davantage", a-t-il estimé. "Transition progressive" Le haut représentant pour Gaza au "Conseil de paix" Nikolaï Mladenov a assuré vendredi que "ce qui se passera ensuite est encore plus important. La mise en œuvre et la vérification doivent être réelles. Le retrait doit avancer de concert avec le désarmement". Le "Conseil de Paix entamera bientôt une transition progressive vers l'exercice de l'autorité pleine et entière, avec le soutien de la Force internationale de stabilisation (ISF)", a assuré cet organisme sur X. L'accord avait été annoncé jeudi soir par Donald Trump sur son réseau Truth Social. "Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a-t-il écrit en soulignant un accord "historique". Toujours dans le cadre de la 2e phase de l'accord de cessez-le-feu, la Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain. Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien. Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza. "Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP. Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens. Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens. L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

31.07.2026 à 04:41

Les derniers éléphants du zoo de Johannesburg au coeur d'une féroce bataille judiciaire

FRANCE24

L'existence du zoo de Johannesburg peut paraître paradoxale dans un pays célèbre pour sa multitude de réserves animalières et de parcs nationaux. Mais dans un pays aux inégalités criantes, la plupart de la population n'a pas les moyens de les visiter et le débat y prend une tournure plus politique qu'ailleurs. A la vue de l'enclos du trio, un groupe de jeunes enfants fonce vers un point d'observation en criant "Des éléphants ! Des éléphants !" Pour de nombreux visiteurs du zoo, c'est la seule occasion de voir de ses propres yeux le plus grand animal terrestre du continent. Pour des militants de la cause animale, c'est une scène de cruauté qu'ils veulent voir disparaître en demandant à la justice la mise en liberté dans la nature des trois pachydermes. Opinions d'experts internationaux à l'appui, les activistes ont expliqué en mai au tribunal que des observations montraient que Lammie, 47 ans, Ramadiba, 28 ans, et Mopane, 26 ans, étaient angoissés et déprimés, malgré les meilleurs efforts du zoo. "Ces éléphants sont des êtres hautement intelligents, socialement complexes et sensibles, qui vivent dans des conditions préjudiciables à leur bien-être et qui, de ce fait, se trouvent dans un état de détresse", ont déclaré les trois groupes à l'origine de la procédure. La justice devrait "autoriser leur transfert immédiat vers un sanctuaire adapté (...) où ils pourront se rétablir", ont-ils ajouté. Le jugement est attendu dans les semaines à venir, d'après Megan Carr, chercheuse à la Fondation EMS, qui participe à la procédure judiciaire. Selon elle, ces trois éléphants sont même les seuls à vivre encore dans un zoo urbain sur l'ensemble du continent. Ces militants avaient obtenu la libération d'un éléphant de 42 ans du zoo national de Pretoria en 2024, après des années de négociations avec le gouvernement sud-africain. L'animal avait passé 40 ans dans l'établissement. 44.000 éléphants en Afrique du Sud Uniquement affairée à se nourrir lors de la visite de l'AFP, Lammie est née au zoo. Ramadiba et Mopane ont été achetés par le zoo en 2019. D'après EMS, ils étaient auparavant utilisés pour des safaris à dos d'éléphants. Le trio est bien soigné et vient de recevoir un certificat de bonne santé, d'après la porte-parole des parcs municipaux de Johannesburg, Jenny Moodley. L'établissement pourrait accueillir jusqu'à cinq éléphants, et deux soigneurs sont affectés à chaque animal, a expliqué un autre responsable, qui n'a pas l'autorisation de parler aux médias. La nourriture est dissimulée dans l'enclos pour encourager sa recherche et la marche. La société gérant le zoo ne souhaite pas que le trio soit relâché, estimant qu'ils sont adaptés à la vie en captivité, en particulier Lammie, qui n'a jamais vécu ailleurs. S'ils devaient être transférés, cela mettrait fin à des initiatives de recherche et d'éducation permises par le zoo, a déclaré le directeur général Thanduxolo Mendrew dans des documents déposés dans le cadre de la procédure judiciaire. Leur présence permet aux écoliers, en particulier ceux issus de milieux défavorisés, de les voir en vrai, a-t-il ajouté. "Pourquoi montrer à votre enfant un éléphant en mauvaise santé alors qu'il est bien plus facile pour lui de voir des éléphants dans une vidéo ou une émission de télévision ?", rétorque Megan Carr. "Ils ont besoin d'un espace immense pour rester en bonne santé et en forme, et aucun enclos n'est en mesure d'offrir cela à un éléphant." La nuit, les éléphants se partagent deux enclos, chacun mesurant 160 mètres carrés, soit une superficie inférieure à celle d'un court de tennis moyen, selon les militants, ils sont autorisés à se déplacer librement dans un enclos plus vaste la journée. Lammie et Mopane partagent un enclos, tandis que Ramadiba est gardée dans l'autre. L'Afrique du Sud abrite environ 44.000 éléphants, environ 6.000 d'entre eux vivent sur des terres appartenant à des particuliers ou à des communautés, a indiqué le gouvernement en août dernier.

31.07.2026 à 04:41

Avec les frappes ukrainiennes, la saison "gâchée" du secteur touristique en Crimée annexée

FRANCE24

Sur la péninsule de la mer Noire, plages et soleil attirent d'ordinaire les estivants russes par millions, mais cet été le tourisme boit la tasse à cause des frappes de drones ukrainiens qui privent la Crimée de courant et de carburant. "Je considère que la saison est complètement gâchée. Elle n'existe pratiquement pas", juge Anatoli. Depuis la mi-juin, il vend 10 à 20 glaces par jour, quand il en écoulait jusqu'à 400 l'an dernier. Et pourtant, "on continue à travailler, parce que tout avait été préparé à l’avance: le matériel, les réparations, le brevet, les taxes". Aves ses cigales à gogo, 276 jours de soleil par an, et ses oliviers, la Riviera locale fait penser à la Ligurie italienne, avec laquelle elle partage la même latitude. D'ailleurs la Crimée, annexée par Moscou au détriment de l'Ukraine en 2014, attire depuis longtemps l'estivant. En Russie, elle est largement perçue comme faisant intégralement partie du pays. Hôtels désertés A l'époque soviétique, des générations de Russes y ont passé leurs vacances, ce qui a contribué à développer un vif attachement pour cette région. Mais cet été, sur le front de l'hôtellerie, c'est la dégringolade. Selon les autorités régionales installées par Moscou, le nombre de réservations pour juillet a chuté de 72% par rapport au même mois l'an dernier et de 68% pour le mois d'août. Pour attirer le client, un hôtel de luxe de Simeïz, dont les gérants ne souhaitent pas être cités, propose des réductions de 30% sur ses chambres. Las, les allées, les transats de la piscine et la terrasse du restaurant sont désertés. Il y a bien quelques touristes locaux "le week-end, mais sinon...", soupire une responsable. A la mi-juin, l'Ukraine, contre laquelle Moscou a lancé une offensive à grande échelle en février 2022, a accentué ses frappes de drones contre les sous-stations électriques et les dépôts de carburant de la péninsule de la mer Noire. Les pannes de courant et les pénuries d'électricité font désormais partie du quotidien. Pas de quoi effrayer Ioulia, venue en vacances à Simeïz en famille. "Dans la nuit, j'ai entendu un drone par deux fois et c'est tout", relativise la jeune maman... qui ignore qu'à quelques kilomètres de là un engin ukrainien s'est écrasé contre un immeuble de Yalta, blessant 17 civils. "Si on est venu, c'est qu'on n'a pas peur", ajoute Ioulia, arrivée de la région russe de Belgorod, frontalière de l'Ukraine et elle-même cible de raids ukrainiens. "Tous mes proches m'écrivent. Ils me demandent comment on a osé partir". Ioulia a pris le train qui emprunte le pont de Kertch, devenu par la force des choses la principale voie d'accès à la Crimée depuis la Russie. "Personne n'est à l'abri" Théâtre de raids ukrainiens, la route qui relie la péninsule à la région de Rostov-sur-le-Don en passant par les territoires ukrainiens contrôlés par Moscou est trop dangereuse pour beaucoup. Vladislav est, lui, venu en voiture depuis Krasnodar, la région russe que le pont de Kertch connecte avec la Crimée. Et il a emporté des bidons d'essence dans le cas - plus que probable - où il ne trouverait pas de station-service proposant du carburant aux particuliers. Comme Ioulia, il est serein, car "chez nous aussi (les drones) volent. Ils volent au-dessus de nos têtes quand on se réveille ou quand on va se coucher. Ca vole tout le temps. Personne n'est à l'abri". Mi-juillet, le gouvernement de Vladimir Poutine a déboursé plus de 4,3 milliards de roubles (environ 48 millions d'euros) pour soutenir le secteur touristique de Crimée. Mais ça n'est que pour le tourisme. A en croire Lilia, une estivante originaire de la région de Bakhtchyssaraï, une localité au nord de Sébastopol où vivent de nombreux Tatars de Crimée, le secteur privé "souffre". "Je connais des gens qui tiennent une auto-école. Elle est totalement à l'arrêt à cause de l'essence", explique Lilia, installée sur une plage de Simeïz. "Les gens ne viennent plus prendre de leçons parce que l'essence est très chère et qu'on n'en trouve pas".
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