Vendredi, le député des Landes, arrivé troisième au dernier Congrès du PS il y a un an et qui avait alors choisi de rallier Olivier Faure, a fait savoir dans une lettre au premier secrétaire que son courant "Unir" - 24 personnes - quittaient la direction du parti.
Après des mois de tensions, le mandataire de son courant, le sénateur Alexandre Ouizille, a dénoncé dans ce courrier une "collégialité bâclée", une "brutalisation du fonctionnement" des instances du parti, et une "stratégie d'isolement et d'enlisement".
Au cœur du désaccord, largement mis en scène ces dernières semaines par Boris Vallaud qui s'est rapproché de Raphaël Glucksmann et de l'écologiste Yannick Jadot, la tentation d'Olivier Faure d'accepter la participation du PS à une primaire de la gauche non-mélenchoniste, voulue par les Écologistes et les anciens Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain.
Le départ de Boris Vallaud ne révèle "pas une situation nouvelle mais une rupture symbolique, visant à donner une visibilité médiatique", a tempéré auprès de l'AFP samedi Laurent Baumel, proche d'Olivier Faure. La majorité pour participer à une primaire "de toute façon, on ne l'avait pas dans les instances", a-t-il rappelé.
Mais, s'est-il agacé, "Boris Vallaud ne résout pas l'équation pour autant", en ne proposant "pas d'alternative" à cette "solution pragmatique". Sans primaire, la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, mais aussi Clémentine Autain et François Ruffin pourraient partir de leur côté, multipliant le nombre de candidatures à gauche. Et ceci alors que le Rassemblement national caracole en tête dans tous les sondages.
Olivier Faure peut-il tenter de l'imposer quand même aux instances du parti en se basant par exemple sur un seul vote des militants ?
Cela semble être en tout cas le sens de la réaction à chaud de la direction du PS vendredi soir, pour qui "on ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires" de la gauche non-mélenchoniste. Fusse contre des circonscriptions aux législatives, comme le faisait le Parti socialiste autrefois.
"Deuxième ligne"
En attendant, les partisans de la social-démocratie continuent de multiplier les argumentaires pour que le candidat finalement désigné soit celui qui sera le mieux placé dans les sondages et non issu d'une primaire. A l'image de Raphaël Glucksmann (Place publique) ou de François Hollande.
"Il faut que la direction du PS en tire au plus vite les conséquences et reconnaisse l'infaisabilité" d'une telle procédure, a assuré samedi à l'AFP l'entourage de l'ancien président socialiste, à propos du départ de Boris Vallaud. "Il faut qu'un processus de désignation d'un candidat social-démocrate pour 2027 soit entériné avant la fin de l'année", a-t-on ajouté.
Ce candidat pourrait-il être le député des Landes lui-même ? En claquant la porte de la direction du PS, "il ne peut pas ne pas imaginer qu'il puisse être le candidat du parti", reconnaît un proche de Raphaël Glucksmann.
Mais le même envisage plutôt une "deuxième ligne", celle où le chef des députés socialistes serait "désigné +chef de file du PS à la présidentielle+, comme aux élections municipales où l'on est le premier socialiste mais pas en tête de liste". Dans ce cas de figure, il se réserverait la possibilité de se ranger finalement derrière la candidature de Raphaël Glucksmann.
"Le Parti socialiste est plus intéressé par son appareil que par la présidentielle", souffle cette source.
Toutefois dans cette configuration, François Hollande n'a pas dit son dernier mot. "Il va observer la dynamique sondagière", décrypte un responsable socialiste, n'excluant pas que l'ancien locataire de l'Élysée soutienne finalement Raphaël Glucksmann s'il reste en tête des intentions de vote.
"Mais si les sondages sont de moins en moins favorables au leader de Place Publique, il voudra sans doute prendre ses responsabilités et aller dans la course", ajoute cette source, mettant en avant son expérience des affaires internationales dans le contexte géopolitique actuel.
Face à ces conflits internes, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, joue le contraste: "Chez nous, c'est carré", répète-t-il. "Une équipe, un programme, un seul candidat" ... lui-même.