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15.06.2026 à 08:43

Le remboursement de médicaments contre l'obésité, un "nouvel espoir" pour des patients

FRANCE24

Agée de 48 ans, Virginie a déjà bénéficié d'une prise en charge intégrale exceptionnelle du Mounjaro, financée par le laboratoire. Elle a perdu 30 kilos en un an. Actuellement sans emploi, cette patiente n'aurait jamais pu assumer elle-même le coût de son traitement: "Entre 300 et 350 euros par mois", précise-t-elle, cheveux bruns au carré, après avoir reçu son injection hebdomadaire. Le gouvernement a annoncé fin mai le remboursement, pour certaines formes sévères d'obésité, du Mounjaro du laboratoire américain Eli Lilly, et de son concurrent Wegovy du danois Novo Nordisk. Disponibles sur ordonnance en France depuis fin 2024, ces stylos injectables sont à partir de lundi pris en charge à 65% par l'Assurance maladie, uniquement dans le cadre de structures spécialisées dans l'obésité. Après avoir souffert de problèmes de poids "depuis toujours", Virginie a déjà subi une opération de réduction de l'estomac en 2012, qui lui a permis de perdre 40 kilos, mais des problèmes de santé ont entraîné une reprise de poids importante. Explosion des demandes Suivie au centre spécialisé de l'obésité (CSO) de Valenciennes, Virginie s'apprête à subir un "bypass", une opération qui raccourcit le parcours des aliments dans le système digestif. Mais avec un indice de masse corporelle supérieur à 60, contre 18 à 25 environ pour une personne de corpulence normale selon l'OMS, elle doit auparavant perdre du poids pour réduire les risques liés à cette opération. Une étape que le Mounjaro l'aide à franchir. Le traitement provoque chez elle "un effet de satiété quasi permanent" lui permettant de réduire ses portions alimentaires, sans ressentir de "frustration". Selon l'Observatoire français d'épidémiologie de l'obésité (OFÉO), l'obésité touche environ 18% des adultes en France. Dans les Hauts-de-France, région métropolitaine la plus concernée, la prévalence dépasse 22%. Au CSO de Valenciennes, qui suit déjà plus de 1.000 patients, l'annonce du remboursement a provoqué un afflux immédiat de demandes. "Les infirmiers sont submergés", constate Delphine Renard, cadre de santé, qui assure recevoir "une cinquantaine d'appels minimum par jour de patients qui souhaitent rentrer dans le parcours et être pris en charge". Une hausse anticipée par les équipes médicales. "Nous avons créé une liste de patients qui ne pouvaient malheureusement pas débuter le traitement du fait des contraintes financières", explique le Dr Mihaela Moldovanu, médecin endocrinologue nutritionniste. Une quarantaine de noms y figurent déjà et seront les premiers à être reconvoqués, précise-t-elle. "Pas une solution miracle" Mais les professionnels mettent en garde contre certaines idées reçues. Certains "pensent qu'on fait une injection parce que l'été arrive et qu'on veut mettre son maillot de bain cet été", déplore Mme Renard. Le remboursement de ces médicaments constitue "une avancée majeure" dans la prise en charge de l'obésité, mais ils ne sont pas "une solution miracle", prévient aussi le Dr Moldovanu. Lorsqu'ils ne sont pas associés à une chirurgie bariatrique - portant sur l'anatomie de l'estomac et de l'intestin - ils doivent être pris sur le long terme, pour éviter des effets contreproductifs. "L'obésité reste une maladie chronique multifactorielle qui nécessite un traitement au long cours", rappelle Mme Moldovanu. Même prudence pour le Dr Guelareh Dezfoulian, chirurgienne digestive endocrino-bariatrique au centre hospitalier de Valenciennes, qui rappelle qu'une personne atteinte d'obésité sévère "a une qualité de vie extrêmement diminuée". Pour ces "malades qui souffrent", ces médicaments sont une "solution", mais ils doivent être accompagnés de changements durables dans leurs comportements, insiste-t-elle. Une réalité acceptée par Virginie, qui se déplace actuellement avec des béquilles, et pour qui le Mounjaro représente "un nouvel espoir", notamment en ce qui concerne sa mobilité. Après son opération, elle compte partir avec son mari Romain pour découvrir le Japon, un rêve qu'ils cultivent depuis des années, dans l'ombre de la maladie.

15.06.2026 à 08:17

Affaire Lyhanna: Lecornu-Darmanin, duo à l'épreuve de la crise

FRANCE24

Différence de tempérament ? Répartition des rôles ? Le chef du gouvernement et son ministre de la Justice "se parlent tout le temps", assure un proche de ce dernier. Les deux dirigeants perdent du terrain dans un sondage Ipsos BVA pour La Tribune Dimanche réalisé cette semaine: -5 points pour Gérald Darmanin, qui reste le ministre le plus apprécié (39%), -4 points pour Sébastien Lecornu, à 24% d'opinions favorables. Et les appels formels ou incitatifs à la démission s'empilent sur le bureau du garde des Sceaux, de l'insoumise Mathilde Panot et l'écologiste Yannick Jadot au premier secrétaire du PS Olivier Faure, en passant par le Rassemblement national. Des opposants qui "font de la politique", a évacué jeudi M. Lecornu, réitérant sa "confiance" envers son ministre. Une épreuve au sommet du pouvoir pour ces deux amis - M. Lecornu est le parrain d'un des enfants de M. Darmanin - issus de la droite. Le premier, inconnu du grand public, était un soutien de Bruno Le Maire quand le second était déjà député du Nord et œuvrait d'abord pour Xavier Bertrand, puis pour le retour de Nicolas Sarkozy. Les deux ont franchi le rubicon après l'élection d'Emmanuel Macron et l'arrivée d’Édouard Philippe à Matignon. Membres de tous les gouvernements depuis juin 2017, ils font désormais partie du dernier carré de fidèles du chef de l’État. Leur évidente complicité a même tourné au cocasse quand, pour rester au sein d'un gouvernement d'emblée fragilisé, M. Darmanin a été sommé par Lecornu de ne plus "faire de politique". Comprendre: mettre en sourdine son activité partisane - il a créé un parti, "Populaires"- et réfréner ses ambitions présidentielles. Une injonction paradoxale alors que "Darmanin, c'est le seul au gouvernement dont la surface politique permet à Lecornu de le laisser en première ligne", relève cette semaine un observateur, qui le voit même en "paratonnerre" d'un Premier ministre dont la discrétion et la prudence épousent la mission assignée par l’Élysée: éviter la chute du gouvernement et une fin de quinquennat en catastrophe. -Fonceur et "démineur"- Si Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin sont proches tant en politique que dans la vie, tout les oppose dans le style. Autant celui qui revendique depuis longtemps d’être un "moine soldat" cultive la discrétion, autant le garde des Sceaux et ancien ministre de l'Intérieur communique à tout va, et encore davantage depuis la découverte des dysfonctionnements judiciaires dans l'affaire de la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans. Sébastien Lecornu a réuni à deux reprises les ministres concernés par l'affaire Lyhanna mais il ne s’est pas exprimé ensuite devant les caméras, réservant son expression aux questions au gouvernement en réponse à Marine Le Pen. "Lecornu, c'est la technique du démineur", "c'est le plus malin", formule un député socialiste. Charge à Gérald Darmanin d'occuper le terrain: "excuses" aux Français, passage sur le grill parlementaire, émissions spéciales sur les chaînes d'info, magistrats sommés de reprendre 70.000 dossiers de plaintes touchant à des enfants d'ici au 14 juillet... "Il s'accroche pour pouvoir jouer un rôle dans la campagne" présidentielle, juge un conseiller. Dans leur défense, les deux hommes frôlent parfois l'incohérence. Gérald Darmanin assure qu’il "ne nous a manqué ni de moyens, ni de lois" dans l'affaire Lyhanna quand Sébastien Lecornu annonce qu’il va enrichir le texte sur la protection des enfants, et que le budget sur les violences sexuelles ne sera pas rogné. A moins qu'ils ne se partagent les rôles. Peu après la découverte du corps sans vie de Lyhanna, une source gouvernementale accuse la procureure d'Auch de n'avoir pas appliqué une circulaire pénale, tandis que Sébastien Lecornu invite les députés à ne pas jeter "l'opprobre" sur les juges. "Qu'il puisse y avoir des critiques, c'est légitime". Mais elles "peuvent être perçues comme injustifiées" quand "elles proviennent de responsables qui font mine de découvrir une situation qui est connue de tous", a réagi le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz.

15.06.2026 à 08:16

Exclusif : Ousmane Sonko déclare qu'"il n'y aura pas de déchirure" avec Bassirou Diomaye Faye

FRANCE24

Dans un entretien exclusif accordé à France 24 er RFI à Dakar, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, affirme qu'"il n'y aura pas de déchirure" avec le président Bassirou Diomaye Faye. Il revient également sur ses ambitions pour 2029, la dette sénégalaise, les élections, la gestion de la crise universitaire et défend le durcissement législatif sur l’homosexualité.
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