Agés de 22 et 26 ans, ils avaient été arrêtés mercredi matin dans la région lyonnaise et dans l'Aube, deux semaines après une première vague d'interpellations, selon des sources policières.
"On pense désormais avoir tous ceux qui ont participé directement aux coups portés à Quentin Deranque", avait alors précisé l'une de ces sources à l'AFP.
Les deux hommes, arrêtés sur commission rogatoire des trois juges d'instruction chargés d'une information judiciaire ouverte pour "meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées", ont été placés en détention provisoire, suivant en cela les réquisitions du parquet.
"Nous dénonçons fermement la qualification juridique de meurtre, c'est-à-dire d'homicide volontaire, ajoutée sous la pression par un parquet qui avait lui-même exclu cette qualification initialement", commentent dans un communiqué transmis à l'AFP Mes Camille Vannier et Raphaël Kempf, avocats, basés en région parisienne, des deux mis en examen.
"Il est évident qu'il n'existe aucune intention de donner la mort dans ce dossier", poursuivent ces conseils qui attendent de "l'information judiciaire qu'elle ne cède pas à cette présentation tronquée des faits et que soient considérées les responsabilités des militants fascistes dans le déclenchement des violences".
Mes Vannier et Kempf estiment encore que "depuis le 12 février 2026, le pays a connu une grave inversion des valeurs: un néofasciste a été présenté comme un pacifique étudiant en philosophie", ajoutant que leurs "clients font les frais de cette présentation médiatico-politique unilatérale".
"La justice devra être indépendante face à ces pressions et établir toutes les responsabilité", concluent ces avocats.
Le jeune militant de 23 ans, qui évoluait dans la galaxie des groupuscules de l'ultradroite lyonnaise, a été frappé violemment au sol le 12 février par plusieurs personnes encagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé deux jours plus tard.
Les 17 et 18 février, onze personnes avaient été interpellées dans plusieurs départements, dont sept soupçonnées d'avoir participé aux violences contre Quentin Deranque, survenues après un affrontement entre militants d'ultradroite et d'ultragauche.
Six hommes avaient été mis en examen pour "homicide volontaire" et un pour "complicité". Ils sont actuellement tous les sept en détention provisoire.
Âgés de 20 à 26 ans, ils sont, selon une source proche du dossier, "connus pour être soit membres, soit proches" de la Jeune garde antifasciste, un mouvement d'ultragauche fondé en 2018 à Lyon par le député LFI Raphaël Arnault et dissous en juin. Deux étaient collaborateurs du parlementaire à l'Assemblée nationale.
Parmi les onze interpellés figuraient également trois femmes et un homme, soupçonnés d'avoir aidé certains suspects à se cacher, qui ont été remis en liberté et seront ultérieurement convoqués pour s’expliquer sur les faits, avait indiqué le parquet de Lyon.