Chaises de camping, ballons, vélos d'enfants: tout est comme figé dans un quartier de lotissements, où les volets de la plupart des maisons sont clos. Trois CRS circulent à pied, sonnent aux portes, ouvrent les portails pour vérifier si les occupants des lieux sont encore là. Ils veillent aussi aux risques de cambriolage.
"Je suis content que vous veniez pour lui dire de partir", les accueille un habitant. Il tente de convaincre son père, nonagénaire, qui refuse de quitter le domicile.
"Monsieur, il faut évacuer par rapport aux fumées, c'est mieux pour la santé", tente un policier. "Ceux qui quittent leur maison restent bloqués sur la route, donc non", lui rétorque sur le perron l'intéressé, torse nu.
C'est par un sms, à 1 heure du matin, qu'il a reçu l'ordre d'évacuer. "Hier soir, la fumée était terrible, on voyait pas les arbres" à quelques dizaines de mètres de distance, raconte-t-il. Mais ce matin, "c'est rien du tout ce qui reste", argumente le vieil homme sous un ciel bas et gris.
Un voisin, Didier Chasseux, 69 ans, se donne encore 24 heures pour se décider. "Il y a des gens plus en danger", dit-il, "par rapport à des gens malades", il s'estime plutôt bien loti. Et assure ne pas être inquiet, convaincu que "ça ne va pas brûler".
Les CRS continuent de toquer aux portes dans la rue. "Ça fait longtemps que je l'avais dit que ça arriverait, des conneries comme ça", grogne Philippe Lamarque, artisan peintre de 70 ans qui s'apprête à plier bagages avec sa femme et son fils.
"Ils n'ont qu'à faire une grande tranchée, un pare-feu immense (...) Ils ont les bulldozers, ils ont tout."