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14.08.2026 à 08:25

GB: Nigel Farage réélu député face au candidat satirique Tête-de-Poubelle

FRANCE24

Selon les résultats annoncés vendredi par les autorités électorales, M. Farage, 62 ans, a recueilli 22.239 suffrages contre 9.455 pour son adversaire, soit près de 63% des suffrages exprimés, lors de cette partielle dans la station balnéaire vieillotte de Clacton-on-Sea qu'il avait lui-même provoquée et qui a été boycottée par les autres grands partis. Les sondages et les analystes avaient largement anticipé la victoire du héraut du Brexit. Mais le score de Tête-de-Poubelle, qui a recueilli 27% des voix, est beaucoup plus haut que les estimations qui le donnaient à 20%, un score hypothétique déjà considéré comme remarquable. Le taux de participation, lui, s'est établi à 44%, un chiffre inférieur aux 59% enregistrés lors des élections générales de 2024, mais pas inhabituel pour une élection partielle. "Le résultat à Clacton parle de lui-même", a réagi sur X M. Farage, qui n'a pas assisté à l'annonce des résultats. Les partis traditionnels - travaillistes, conservateurs et libéraux-démocrates- avaient décidé de boycotter ce scrutin dès que Nigel Farage avait annoncé le 7 juillet sa démission du Parlement, déclenchant automatiquement cette élection anticipée, et sa candidature. Farage avait décidé de remettre en jeu son siège de député - conquis pour la première fois en juillet 2024, après sept tentatives infructueuses - après avoir été rattrapé par des affaires de dons non déclarés. Le gendarme de l'éthique parlementaire enquête sur un don de cinq millions de livres (5,7 millions d'euros) qu'il a reçu d'un milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, Christopher Harborne, peu avant son élection comme député à Clacton en juillet 2024. Selon le Times, Farage aurait également reçu un don non déclaré de George Cottrell, entrepreneur en cryptomonnaies condamné pour fraude aux Etats-Unis en 2017. Le "peuple" versus "l'élite" Face à ces enquêtes qui l'ont visiblement déstabilisé et mis le doigt sur sa fortune, Farage a présenté le scrutin comme le "verdict du peuple" contre "l'establishment". "L'establishment a décidé de lancer une offensive tous azimuts contre nous", a affirmé Nigel Farage. "Que le peuple soit mon juge et non l'élite de Westminster". Son parti Reform UK a connu une ascension spectaculaire depuis deux ans, ralliant plusieurs personnalités du parti conservateur. Il a notamment remporté les élections locales en mai, qui ont contribué à la démission du Premier ministre travailliste Keir Starmer, remplacé le 20 juillet par Andy Burnham. Mais Reform a perdu du terrain dans les sondages depuis l'arrivée d'Andy Burnham à Downing Street. Certains commentateurs se demandent s'il n'a pas atteint son pic, alors que les prochaines législatives au Royaume-Uni ne sont pas attendues avant 2029. Cette victoire pourra-t-elle le relancer? Selon plusieurs analystes, catte élection n'a fait que lui fournir un bref répit car l'enquête parlementaire, mise en pause le temps de l'élection, va désormais reprendre. Si elle devait conclure à une faute sérieuse, il pourrait être suspendu du Parlement pour plus de 10 jours, ce qui déclencherait une nouvelle élection à l'issue moins prévisible: les partis traditionnels ont déjà annoncé qu'ils présenteraient alors des candidats. Si Farage a semblé affaibli récemment, le politologue John Curtice estime néanmoins qu'il pourrait encore sortir indemne de ces enquêtes. Et repartir au combat, avec pour principale cible le parti conservateur, qu'il espère "détruire" ou "avaler", après avoir déjà rallié à Reform plusieurs personnalités issues des Tories. Les prochaines législatives au Royaume-Uni ne sont pas attendues avant 2029

14.08.2026 à 08:21

En Méditerranée, protéger les herbiers de posidonie menacés par les ancres de bateaux

FRANCE24

Lorsque l'été bat son plein sur le littoral du Var, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) effectue des rondes pour s'assurer que les lourdes ancres et longues chaînes des bateaux ne raclent pas les fonds et arrachent des rhizomes - ou racines - des herbiers de posidonie, grands alliés dans la lutte contre le changement climatique. "Des mètres carrés de posidonie enlevés, c'est de la production d'oxygène en moins. Pour la planète, c'est un peu comme si on rasait des forêts entières", résume Pierre Mingeaud, plongeur et inspecteur de l'environnement à la DDTM. Plante endémique en Méditerranée aux longues feuilles fines, la posidonie séquestre du carbone et produit de l'oxygène. Elle filtre l'eau, préserve les plages de l'érosion et sert d'abris à de nombreuses espèces. A quelques encablures de l'île de Porquerolles, devant un paysage idyllique de collines boisées plongeant dans une mer azur, des dizaines de bateaux sont au mouillage. Deux plongeurs de la DDTM, épaulés par une équipe du Parc national de Port-Cros, s'immergent pour filmer tout potentiel arrachage de racines. Si le bateau ne provoque pas de dommages, il en ira d'un simple rappel de la règlementation qui interdit l'ancrage des bateaux sur ces herbiers sous-marins. Si des rhizomes sont arrachés, l'infraction est passible d'une peine de 150.000 euros et trois ans d'emprisonnement selon le code de l'environnement. Une amende doublée en cas d'infraction dans un parc national. "Planter une pioche" Pour des touristes italiens, la journée s'assombrit. En retirant l'ancre de leur yacht, un mètre carré de posidonie arraché, estime à sa sortie de l'eau Pierre Mingeaud. "C'est un peu comme si vous plantez dans la pelouse une pioche et que vous tirez vers vous, ça fait un sillon", explique-t-il. Mécontent, le plaisancier conteste. Le parquet devra décider d'éventuelles poursuites devant le tribunal maritime de Marseille. Dans le bassin méditerranéen, les herbiers de posidonie ont perdu 10% de leur surface au cours du siècle passé. Comme dans d'autres pays européens, plusieurs initiatives en France visent à enrayer cette perte et à accroître la superficie des herbiers. La Méditerranée française en abrite quelque 80.000 hectares, 66% en Corse et 33% en Provence-Alpes-Côtes d'Azur, rappelle à l'AFP le chef de l'unité littorale des Affaires Maritimes du Var, Franck Goguy. Sur une vingtaine de bateaux contrôlés en une journée, nombreux sont les plaisanciers qui méconnaissent ou négligent la règlementation, imposant de jeter l'ancre sur les bancs de sable. Tout comme ils ignorent généralement l'existence d'applications permettant de différencier zones sableuses et prairies de posidonie. "Il y a encore besoin de faire de la pédagogie", reconnaît M. Goguy, précisant que les contrôles permettent aussi de sensibiliser le public. En 2025, sur 1.500 bateaux contrôlés, ses services ont recensé plus de 1.100 "suspicions d'infraction", ayant abouti à une centaine de procès-verbaux. "Équilibre à trouver" Ces dernières années, le tribunal maritime de Marseille a prononcé des amendes - parfois avec sursis - de dizaines de milliers d'euros. Pour la première fois en 2024, il avait même reconnu au civil la notion de préjudice écologique d'atteinte à l'herbier de posidonie. Mais au grand dam des associations de défense de l'environnement, un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence en juillet a renversé cette jurisprudence, établie au fil d'une douzaine de décisions. Dans cette affaire, la cour a noté l'absence au dossier de constat sous l'eau, de photographie ou de relevé "permettant d'objectiver une atteinte effective aux herbiers, imputable aux mouillages." Thomas Abiven, garde-moniteur du parc de Port-Cros, exhibe des touffes de posidonie arrachées par un bateau qu'il a contrôlé et verbalisé. Le contrevenant paiera une amende d'une centaine d'euros pour destruction d'espèce protégée. Il rappelle l'importance de protéger la posidonie, "un des poumons de la Méditerranée", qui, une fois arrachée, met "énormément de temps" à se régénérer. Dans une région très prisée des touristes, "pour que l'économie aille bien, il faut que l'environnement aille bien aussi. C'est un équilibre à trouver."

14.08.2026 à 08:07

Cheval de course : la possibilité "d'acheter une patte" sans être millionnaire

FRANCE24

Durant les ventes de yearlings (pur-sang d'un an révolu) à Deauville qui se déroulent de samedi à lundi, plus de 300 chevaux seront présentés aux enchères, qui avaient atteint l'an dernier des records avec la vente d'une pouliche à 3 millions d'euros. Un investissement "passion" qui ne garantit aucune rentabilité, préviennent les professionnels. "Est-ce que je peux vous dire que j'ai gagné de l'argent en 40 ans aux courses? Non", assure à l'AFP le président de France Galop, organisme chargé du contrôle de la filière des courses de galop, Guillaume de Saint-Seine, qui compare cet investissement avec l'achat d'art contemporain. "Pour dire que +vous avez une patte+", il est possible de devenir propriétaire en indivision en achetant au minimum 5% d'un cheval, explique-t-il. Il faut pour cela déposer un dossier avec notamment des preuves de revenus assurant l'entretien du cheval avant d'être agréé comme associé avec l'aval de France Galop et du service central des courses et jeux du ministère de l'Intérieur. C'est ce qu'à fait Laurent, 68 ans, en investissant il y a 8 ans dans un cheval avec un ami malgré "une connaissance très limitée de ce milieu". "On a vécu quelques bonnes expériences, la découverte de quelques champs de course, l'ambiance autour des hippodromes", raconte-t-il mais "avec une réussite qui aurait dû nous inciter à arrêter". Posséder "5% d'un cheval en région parisienne, c'est 4 à 5 euros par jour de participation aux frais d'entraînement", auxquels s'ajoutent des frais de vétérinaire, des frais de transport, d'assurance, etc, estime Guillaume de Saint-Seine. "Des micro-bouts de chevaux" "Ce qui peut être fastidieux dans la qualité d'associé, c'est que vous recevez des relevés de compte tous les mois", selon lui. Il existe alors des "racing clubs" avec "autant d'actionnaires qu'il y a de porteurs de parts" dans la société qui peut posséder plusieurs chevaux, ajoute-t-il, "vous mettez l'argent maintenant et vous n'avez plus rien à payer pendant deux ou trois ans". C'est par ce biais que Laurent a continué ses investissements. Après avoir été associé "un an ou deux", il prend des parts avec une vingtaine de personnes dans la société Everest Racing créée par Ghislain Bozo, courtier en chevaux de course, et la banque Oddo BHF. Une façon de "répartir les risques", explique Ghislain Bozo à l'AFP. Dans Everest Racing, "on a fait des parts à 50.000 euros", sans "redemander d'argent pendant 4 ans", détaille-t-il. "Je ne l'ai jamais vendu comme un investissement mais comme une une expérience", dit-il. Après quatre premières pouliches, Everest Racing acquiert Malavath pour 145.000 euros et la revend un an et demi plus tard 3,5 millions d'euros, puis Lindy pour 90.000 euros et revendue 2 millions de dollars. Finalement les investisseurs "ont fait +70% de résultats", se réjouit Ghislain Bozo, "les bonnes histoires existent mais il faut juste être prêt à des moments difficiles". A 26 ans, Thibault de Seyssel, courtier hippique, souhaitant "rendre le plus abordable possible" l’accès à la propriété de chevaux de course, s'est inspiré des Etats-Unis. Il a eu l'idée d'une plateforme participative où "des nouveaux propriétaires passionnés par les courses hippiques, qui n'ont jamais eu ni l'occasion, ni forcément les moyens d'investir dans un cheval de course" pourront acquérir "des micro-bouts de chevaux", jusqu'à 0,01% de l'équidé. Son projet, monté avec le groupe Matchem, filiale de la NJJ holding de Xavier Niel, doit d'abord être examiné par l'Autorité des marchés financiers (AMF) car il s'agit d'une plateforme de financement participatif. Il espère un agrément pour 2027. La France comptait 25.482 chevaux à l'entrainement pour 10.121 propriétaires en 2025, selon des données du site du ministère de l'agriculture.
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