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24.07.2026 à 05:27

Andy Burnham installe son Downing Street "du Nord" à Manchester

FRANCE24

Le travailliste de 56 ans, qui a pris ses fonctions lundi et succédé à Keir Starmer, a promis de redonner du pouvoir et d'apporter "la croissance économique à chaque région". Il débute, pour cela, par la création de ce bureau baptisé "No. 10 North" ("N°10 du Nord") dans cette ville du nord-ouest de l'Angleterre, dont il était maire il y a encore quelques semaines. Cette appellation fait référence au 10, Downing Street à Londres, lieu de travail et résidence officielle du Premier ministre. Le "No. 10 North", lui, se trouvera dans un immeuble du centre de Manchester, Heron House, où l'agence britannique du cyber-renseignement GCHQ dispose de bureaux. Andy Burnham prévoit d'y travailler au moins une fois par semaine, et d'y être régulièrement rejoint par ses ministres, selon Downing Street, qui soutient qu'il ne s'agira pas d'une mesure "gadget". Depuis des décennies, "le pouvoir et les ressources ont été concentrés, et trop de communautés locales se sont senties oubliées, privées de l'attention et des investissements qu'elles méritent", a déclaré le nouveau Premier ministre, cité dans un communiqué. Il présidera sur place vendredi la première réunion du Conseil économique national, une instance créée en 2008 pour soutenir la relance après la crise financière, et qu'il a décidé de réactiver pour échanger avec les maires, ministres, syndicats ou encore dirigeants d'entreprises sur le sujet de la croissance. Le nouveau chef de l'exécutif soutient que l'agglomération de Manchester, dont les performances économiques dépassent la moyenne nationale et où le maire est élu depuis 2017, constitue un modèle pour les autres régions d'Angleterre. Signal positif Les experts interrogés par l'AFP se montrent plus sceptiques sur le "No. 10 North", et notent que la création d'une annexe du gouvernement central ne relève pas en soi d'une véritable politique de décentralisation. "C'est ce qu'on appelle la +déconcentration+, très courante même dans des États très centralisés, et qui ne signifie pas en elle-même un transfert de pouvoir", explique Alan Trench, universitaire et conseiller en politiques publiques. Le Royaume-Uni - composé de l'Angleterre, de l'Écosse, du pays de Galles et de l'Irlande du Nord - a connu à la fin des années 1990 d'importantes réformes constitutionnelles - baptisées "dévolution" - qui ont permis la création de parlements à Édimbourg, Cardiff et Belfast. Andy Burnham, qui a rencontré jeudi les Premiers ministres indépendantistes écossais et gallois, s'est dit favorable à accentuer la dévolution, sans donner davantage de détails, mais en excluant tout soutien à des référendums d'indépendance. En Angleterre, malgré la création de mairies régionales et d'autres structures locales ces dix dernières années, le territoire reste l'un des plus centralisés d'Europe. "Il n'existe aucun pouvoir législatif décentralisé en Angleterre", souligne Alan Trench. Andy Burnham a lui-même été confronté aux limites du système : à Manchester, ses responsabilités étaient cantonnées à quelques domaines de compétence, comme les transports, en plus d'être partagées avec dix autres responsables locaux élus. Contrepoids au Trésor Désormais à la tête du gouvernement, il a demandé à plusieurs ministères, dont le puissant Trésor, de "transférer certaines fonctions stratégiques" au "No. 10 North". Un signal "positif", indique Nicola McEwen, professeure à l'université de Glasgow. Pour réussir, avance-t-elle, cette structure devra être capable de "dialoguer avec les institutions décentralisées, de favoriser leur développement", mais également d'exercer une influence sur le pouvoir central à Londres, afin que celui-ci "s'adapte à cette vision" nouvelle. L'idée n'est pas inédite, notent aussi ces experts : des fonctionnaires travaillent déjà dans des pôles administratifs délocalisés à Glasgow (Écosse), Sheffield (nord de l'Angleterre), ou à Darlington (nord-est). Michael Keating, professeur de sciences politiques à l'université d'Aberdeen, en Ecosse, doute surtout de la capacité de cette structure à créer un véritable "contrepoids" au puissant ministère des Finances. "Ca a déjà été tenté et le Trésor finit toujours par l'emporter. Il ne renoncera pas au contrôle des finances publiques", affirme-t-il à l'AFP.

24.07.2026 à 05:19

Les Etats membres de la CPI vont décider de l'avenir du procureur Karim Khan

FRANCE24

En mai 2025, le Britannique avait quitté temporairement ses fonctions en attendant le résultat d'une enquête lancée l'année précédente à la suite des accusations d'une collaboratrice. Il a depuis été suspendu en juin par les 21 membres du Bureau de l'Assemblée qui a convoqué cette réunion exceptionnelle vendredi au siège de l'ONU à New York, en précisant que cette suspension n'était pas une indication sur "l'issue finale" de cette affaire. La décision de relever ou non Karim Khan de ses fonctions est ainsi entre les mains des 125 Etats membres qui se prononceront à bulletins secrets, à la majorité absolue, lors d'une réunion principalement à huis-clos. L'accusatrice s'est exprimée pour la première fois dans les médias la semaine dernière, lors d'un entretien accordé à CNN. La jeune femme présentée comme une avocate originaire de Malaisie appelée Sarah y décrit "une escalade des tentatives". "Il est impossible qu'il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas est que M. Khan n'était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde", a-t-elle déclaré. Karim Khan, âgé de 56 ans et en poste depuis 2021, a toujours rejeté toutes les accusations. Dans une lettre ouverte publiée cette semaine sur X, ses avocats ont appelé les Etats membres à ne pas relever le procureur de ses fonctions, affirmant notamment que les procédures permettant à leur client de se défendre n'avaient pas été respectées. Question de "crédibilité" Assurant que les rapports d'enquête, non rendus publics, n'avaient pas établi de preuves de conduite répréhensible, ils ont estimé que si Karim Khan était sanctionné, "tout futur procureur retiendrait la leçon": "l'indépendance entraîne un prix à payer et la machinerie de la Cour peut être retournée contre ses propres responsables quand leur indépendance devient gênante". Une allusion aux dossiers très médiatiques traités par leur client. Karim Khan avait notamment fait les gros titres en 2024 en obtenant des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre à Gaza. La CPI, dont le siège est à La Haye, avait également délivré des mandats d'arrêt contre des hauts responsables du Hamas palestinien, tués depuis. En raison du dossier contre les responsables israéliens, Karim Khan a été sanctionné par les Etats-Unis, tout comme plusieurs magistrats impliqués. "Le processus aurait pu être mieux géré, mais il y a eu une enquête approfondie (...) et à mon avis les preuves sont plus que suffisantes pour le relever de ses fonctions", a déclaré à l'AFP Stephen Rapp, ancien ambassadeur américain spécialisé dans les crimes de guerre, estimant que dans le cas contraire, cela pourrait marquer "la fin de la Cour". "Cela détruirait sa crédibilité et la rendrait encore plus vulnérable aux attaques injustes des Etats-Unis", a-t-il estimé. "Quiconque pense que renvoyer Karim Khan arrêtera une enquête ou que le garder renforcera une enquête a tort", a-t-il insisté, affirmant sa confiance envers la CPI.

24.07.2026 à 04:09

En direct : nouvelles frappes américaines en Iran, le pétrole au-dessus des 100 dollars le baril

Yona HELAOUA

Les États-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un deuxième front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. Suivez notre direct.
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