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30.06.2026 à 00:03

Joie mêlée de tristesse à la Fraternité Saint-Pie X, face au couperet du schisme avec l'Eglise catholique

FRANCE24

"C'est extraordinaire. C'est un moment très spécial et très attendu", confie, très émue, à l'AFP Maria, la mère de l'abbé argentin Pelayo Muskett Bunge, qui vient d'être ordonné. À peine ordonnés, les cinq nouveaux prêtres – deux Argentins, un Belge, un Espagnol et un Français – imposent les mains sur la tête de leurs proches pour leur donner leur première bénédiction sacerdotale. Autour d'eux, des milliers de fidèles se pressent, après avoir assisté sous une chaleur écrasante à la cérémonie, pendant quatre heures, dans un champ au pied des montagnes, à proximité du séminaire de la Fraternité dans le canton alpin du Valais. "On a chaque année les ordinations sacerdotales" mais cette fois elles prennent une dimension particulière avec la "perspective des sacrements épiscopaux" mercredi, explique Alexandre Maret, un fidèle suisse âgé de 41 ans ayant connu l'évêque français Marcel Lefebvre (1905-1991), qui a fondé en 1970 cette communauté. "Ce qu'il nous expliquait à l'époque est toujours d'actualité : le combat doctrinal n'a quasiment pas changé", ajoute-t-il. Cette communauté regroupe des fidèles attachés à une interprétation stricte de la tradition doctrinale et liturgique et qui condamne l'oecuménisme. Elle avait reçu un important écho médiatique en 1988, après avoir illicitement ordonné quatre évêques, entraînant une excommunication immédiate. La mesure fut levée en 2009 mais, presque quarante ans après les premières consécrations épiscopales, les "Lefebvristes" s'apprêtent à réitérer cet acte de dissidence. La Fraternité, qui compte aujourd'hui plus de 750 prêtres et plus de 260 séminaristes, dans environ 80 pays, entend en effet consacrer quatre nouveaux évêques (deux Français, un Américain et un Suisse), faisant valoir qu'elle ne dispose plus que de deux évêques alors que ce sont eux qui ont la charge d'ordonner les nouveaux prêtres. "Historique" "C'est un événement historique très important. C'est un moment décisif. Sans le travail des évêques, des prêtres, des frères et des soeurs de la congrégation, nous serions dans une situation bien plus difficile", relève Samuel Putz, un fidèle américain de 26 ans, qui habite dans la même ville au Kansas dont est originaire un des quatre abbés qui doivent être consacrés évêques. A Ecône, environ 150 prêtres ont participé à la cérémonie célébrée dans un faste liturgique dominé par le pourpre et l'or. La messe, en latin à l'exception de l'homélie, alternait longs silences et chants. Dans l'assemblée, les femmes portaient une mantille, un chapeau ou un fichu pour se protéger du soleil. Avant de recevoir l'ordination sacerdotale, les cinq futurs prêtres et les trois aspirants diacres se sont allongés face contre terre, portant leur aube de dentelle, tandis que résonnait en latin la litanie des saints. Pour le Vatican, consacrer un évêque sans l'accord du pape est un acte d'insubordination direct, qui entraîne une excommunication automatique des évêques (consacrés et consacrants) et caractérise un "acte schismatique". "On continue de perpétuer la foi et on considère que l'Eglise ne le fait plus comme Jésus l'avait institué. C'est pour ça, sûrement" que la Fraternité "dérange le Vatican", affirme Marie Desclos, une jeune fidèle française, arrivée de Toulouse pour assister au diaconat de son cousin. Si le Vatican "accepte que les évêques en Chine soient choisis par le gouvernement chinois, pourquoi ne pouvons-nous pas faire de même ?" déplore Isabel Masuda, une fidèle argentine de 65 ans en provenance de Buenos Aires. "On aime le pape" Cette ordination est une "joie" pour les fidèles mais l'opposition du Vatican "est douloureuse parce qu'on se considère vraiment comme membre de l'Eglise à part entière. On aime l'Eglise, on aime le Pape", lance M. Maret. Le jeune Américain du Kansas est du même avis : "Voir un tel rejet de la part du Saint-Père, ça fait mal. C'est très triste, c'est vraiment dévastateur". Rejetant en bloc les évolutions de l'Eglise depuis le Concile Vatican II, dans les années 1960, la Fraternité, qui compte environ 600.000 fidèles, défend un modèle de société traditionnellement patriarcale et un idéal d'Etat théocratique. Bien qu'influente dans certains milieux conservateurs, elle demeure minoritaire au sein de l'Eglise catholique et ses quelque 1,3 milliard de fidèles. "Actuellement, on a vraiment l'impression qu'on ne s'entend plus. Ce que nous disons n'est plus compris à Rome. (Mais) nous ne faisons rien d'autre que de dire ce qu'a dit l'Eglise pendant des siècles", a martelé lundi Mgr Bernard Fellay, un des deux derniers évêques de la Fraternité, devant les fidèles.

29.06.2026 à 23:55

Wimbledon: Sinner et Djokovic malmenés pour leur entrée en lice, Sabalenka souveraine

FRANCE24

La N.1 mondiale Aryna Sabalenka n'a elle pas tremblé pour son premier match sur le gazon anglais. Sinner sue sang et eau Sans Carlos Alcaraz (2e), blessé au poignet droit, le N.1 mondial Jannik Sinner est le grand favori de Wimbledon. L'Italien de 24 ans voulait chasser les doutes d'entrée après sa sortie dès le deuxième tour à Paris, alors qu'il menait deux sets à rien. Lundi après-midi, l'opération "confiance" a démarré poussivement contre le Serbe Miomir Kecmanovic (50e), vaincu 4-6, 6-3, 6-7 (6/8), 6-2, 6-3 au terme d'un match émaillé de plusieurs chutes de Sinner, qui a fini le pied droit en sang. "C'est normal sur gazon", a tenté de dédramatiser le vainqueur. "Lors des premiers matches, quand le gazon est encore frais, on glisse toujours un peu plus (...) Tout va bien", a assuré le patron du circuit, interrogé sur l'état de son pied. "J'étais très nerveux, je suis content d'avoir trouvé un moyen de m'en sortir aujourd'hui", a soufflé Sinner, qui affrontera au deuxième tour le Portugais Nuno Borges (48e). En fin de soirée, le septuple vainqueur de Wimbledon Novak Djokovic a lui aussi peiné contre le Chinois Wu Yibing (102e). Vainqueur 6-4, 5-7, 6-4, 6-4, le Serbe de 39 ans peut continuer à rêver d'un 25e titre record en Grand Chelem. Mais il devra pour cela s'extirper d'un deuxième tour piégeux mercredi contre l'ex-troisième mondial Stefanos Tsitsipas (87e). "Je me sens à la fois content et très frais", a souri Novak Djokovic. "J'aurais sans doute dû perdre le quatrième set, il a eu beaucoup de balles de break. Je ne l'avais jamais affronté et il m'a surpris par la qualité de chacune de ses frappes", a ajouté le Serbe, entré sur le court vêtu d'un élégant blazer blanc. La relève du circuit, incarnée par Rafael Jodar (26e) et Joao Fonseca (27e), a elle validé en trois sets son billet pour le deuxième tour, comme l'ex-N.1 mondial Daniil Medvedev (8e) et le Canadien Félix Auger-Aliassime (4e). Sabalenka solide, Chwalinska battue Battue 6-0 au troisième set à Roland-Garros puis à Berlin, la N.1 mondiale Aryna Sabalenka devait rasseoir son autorité sur le circuit. Elle a commencé à le faire lundi en balayant 6-2, 6-3 la Serbe Teodora Kostovic (184e). La transition entre la terre battue et le gazon a été "très courte", a rappelé la Bélarusse. "Je ne pourrais pas être plus heureuse de ma prestation, avec une victoire en deux sets", s'est-elle félicitée. Eliminées dès le premier tour de Wimbledon en 2025, les Américaines Jessica Pegula (4e) et Coco Gauff (7e) se sont rachetées en gagnant en deux sets lundi. La récente lauréate de Roland-Garros Mirra Andreeva (5e) a bien enchaîné en battant 7-5, 6-4 la Polonaise Magda Linette (59e). Sa victime en finale à Paris, Maja Chwalinska, a en revanche été battue 2-6, 7-5, 6-2 contre la Thaïlandaise Manachaya Sawangkaew (164e). "Je suis forcément très déçue", a commenté la Polonaise, blessée à la cheville droite. "J’étais à un point de gagner le match." Une fronde qui fait pschitt Tôt dans la matinée, la fronde financière des stars du circuit s'était soudainement tue, puisque la vingtaine de joueurs mobilisés, dont les N.1 mondiaux Jannik Sinner et Aryna Sabalenka, ont renoncé à écourter leurs obligations médiatiques durant la première semaine de Wimbledon. "Après des réunions constructives entre les représentants des joueurs et la gouvernance du All England Tennis Club", qui organise Wimbledon, "les joueurs confirment qu'ils reprendront normalement leurs obligations médiatiques dès le lundi 29 juin", ont-ils annoncé. Les joueurs impliqués avaient pourtant indiqué la semaine précédente qu'ils limiteraient la durée de leurs interventions médiatiques à 15 minutes durant la première semaine de Wimbledon pour tenter, entre autres, d'obtenir une plus grande part des revenus dégagés par les quatre tournois du Grand Chelem.

29.06.2026 à 23:49

A Hébron, la gestion du Caveau des Patriarches attise les tensions

FRANCE24

Vénéré comme lieu de sépulture d'Abraham et d'autres figures bibliques à la fois par les juifs, les musulmans et les chrétiens, le sanctuaire, dans la vieille ville, est depuis longtemps au centre des tensions à Hébron. Connu des musulmans sous le nom de mosquée d'Ibrahim (Abraham en arabe, NDLR), il est situé dans une zone fortement contrôlée par Iraël, où quelque 200 familles de colons israéliens vivent aux côtés d'environ 40.000 Palestiniens, deux communautés régies par des règles différentes en matière de sécurité et de circulation. Invoquant la nécessité d'assurer la sécurité des colons, les autorités israéliennes y ont installé des barrières et des barrages, et des forces y patrouillent dans les rues, où les Palestiniens non résidents ne peuvent pas circuler librement. Le ministre israélien des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich, a franchi un nouveau pas en annonçant mi-juin vouloir retirer l'administration du sanctuaire, y compris en matière de construction, aux Palestiniens et le transférer à Israël. "C'est un peu comme rendre visite à nos parents ici", déclare à l'AFP Nitzan, un employé de 36 ans des parcs nationaux israéliens, qui refuse de donner son nom complet. "C'est un lieu que toute l'humanité devrait visiter pour dire merci à Dieu", ajoute cet habitant de la colonie voisine de Kiryat Arba. Le militant palestinien de défense des droits humains, Issa Amro, riverain des quartiers des colons, décrit une toute autre réalité: "nous avons l'impression de vivre dans une prison géante: les checkpoints restreignent les déplacements, personne de l'extérieur ne peut venir chez nous", déplore-t-il. Au fil des années, de nombreux commerces palestiniens ont fermé. Les ruelles de la vieille ville, jadis animées, sont désormais quasi-désertes. M. Amro montre à l'AFP une vidéo d'hommes jetant des pierres sur ses fenêtres, des Israéliens souhaitant le chasser de chez lui, dit-il. Il raconte être souvent harcelé tant par des colons que des soldats israéliens. - Voisins "difficiles" - Mentionnée dès les années 1990 dans les accords d'Oslo signés entre Israël et l'Autorité palestinienne, Hébron est devenue en 1997 la seule ville de Cisjordanie incluant une zone sous contrôle militaire israélien, dite H2, celle du caveau des Patriarches. Le site, l'un des plus révérés du judaïsme, est également divisé en deux parties, avec des entrées séparées. "Avant, le moindre petit chantier ici nécessitait l'approbation du Premier ministre", "mais petit à petit, la procédure est devenue plus simple", se réjouit auprès de l'AFP Aaron Maruani. Cet adjoint au maire de la colonie de Kiryat Arba, âgé de 35 ans, se rend au Caveau depuis son enfance pour prier chaque samedi. Nitzan ne croit pas pour sa part à une coexistence possible avec les Palestiniens. "Il est difficile de vivre avec ces voisins. Les Palestiniens ne veulent pas de nous ici", déclare-t-il. Comme nombre d'Israéliens, il invoque les profondes racines historiques de la présence juive à Hébron. La communauté juive séculaire en a été évacuée par les autorités coloniales britanniques après les violences antijuives de 1929, au cours desquelles des Arabes ont tué près de 70 juifs. Quelques familles revenues ont à nouveau été expulsées lors du soulèvement palestinien de 1936, et empêchées de revenir. Avant une nouvelle effusion de sang en 1994, quand le colon israélo-américain Baruch Goldstein a tué 29 musulmans palestiniens en prière sur le site du sanctuaire. - "Chinatown en Israël" - Sans compter Jérusalem-Est, annexée par Israël, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, qu'Israël occupe depuis 1967, parmi quelque trois millions de Palestiniens. Ces colonies sont illégales au regard du droit international. A Hébron, certains représentants des colons disent vouloir que la ville soit placée sous contrôle israélien total. Pour l'un d'entre eux, Yishai Fleischer, un des porte-parole de la communauté juive de la ville, cela ne signifierait pas que les Palestiniens "ne pourraient pas avoir leur propre maire arabe et leur propre culture arabe". "Mais ce serait comme un Chinatown au sein d'Israël dans son ensemble". Les Palestiniens interrogés par l'AFP redoutent eux une expulsion pure et simple. Directeur de la mosquée d'Ibrahim, Moatz Abou Snena estime que la décision du ministre Smotrich s'inscrit dans une tendance plus large, celle d'une "prise de contrôle progressive de la mosquée, d'une judaïsation accrue du lieu et de l'effacement de son caractère islamique et religieux". Pour Issa Amro, la question dépasse celle du sanctuaire: "nous vivons dans notre propre ville sous la loi militaire, tandis que les Israéliens vivent sous la loi civile", affirme-t-il, dénonçant un "apartheid".
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