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10.06.2026 à 20:47

Bolivie: des milliers de manifestants à La Paz contre le gouvernement, qui envisage l'état d'exception

FRANCE24

"Que voulons-nous ? La démission !", ont scandé paysans, ouvriers, mineurs, enseignants et transporteurs en avançant dans les rues de La Paz, au bruit des pétards. Les manifestants rejettent les propositions de réformes de Rodrigo Paz, dont l'arrivé au pouvoir a mis fin à vingt années de gouvernements socialistes dirigés par Evo Morales (2006-2019) puis Luis Arce (2020-2025). Ils fustigent également l'absence de résultats pour sortir de la pire crise économique qu'ait connue le pays depuis quatre décennies. "Certains veulent vendre, détruire le pays. En tant que vrais Boliviens, nous ne les laisserons pas faire", a déclaré à l'AFP Omar Hancco, mineur de 44 ans originaire d'Oruro (sud). Parfois vêtus de ponchos et de casques, les manifestants ont tenté d'atteindre la place principale de la Paz, où se trouve le siège du gouvernement, mais ont été dispersés par les forces anti-émeutes à coups de gaz lacrymogènes. Au pouvoir depuis sept mois, Rodrigo Paz a dénoncé lundi des protestations réclamant sa démission, selon lui encouragées par des "narcoterroristes". Il a promulgué le même jour une loi qui lui permet de déclarer l'état d'exception. Avec cette mesure, les libertés de réunion et de circulation, essentielles pour protester, seraient restreintes, et les forces armées pourraient prêter main-forte à la police pour lever les dizaines de barrages routiers qui paralysent les principales villes du pays. À La Paz et dans la ville voisine d'El Alto, les pénuries d'aliments, de carburant et de médicaments s'aggravent. Les prix de la viande et des légumes ont doublé sur les marchés, et certains conducteurs dorment dans leurs véhicules dans d'interminables files d'attente devant les stations-service. Selon le gouvernement, l'impact économique des blocages dépasse 1,2 milliard de dollars. Les principaux syndicats mobilisés rejettent les appels au dialogue lancés par le gouvernement.

10.06.2026 à 20:29

Au procès des vols d'oeuvres de Pouchkine, les explications laborieuses des prévenus géorgiens

FRANCE24

Il y a d'abord celui qui reconnaît les vols. Mikheïl Z., 50 ans, confesse volontiers, en géorgien, avoir subtilisé en 2023 neuf éditions de Pouchkine et d'autres auteurs russes à la Bibliothèque nationale de France (BNF), en les substituant par des fac-similés d'excellente confection, après s'y être rendu une quarantaine de fois pour y consulter les oeuvres. Mais il l'assure: il a "agi seul", sans complice. Pour l'accusation pourtant, tous les protagonistes du dossier ont agi de concert et faisaient partie d'un réseau criminel structuré ayant sévi en France mais aussi dans une dizaine de pays européens. Reste à savoir qui a commandité ces vols d'ouvrages russes classiques et dans quel but, alors qu'ils ont été commis essentiellement en 2022 et 2023, après le déclenchement de la guerre entre la Russie et l'Ukraine. "Je savais comment fabriquer ces livres, je savais où vendre ces livres. En quoi avais-je besoin d'une deuxième ou troisième personne? ", a déclaré mardi cet homme, qui a par ailleurs purgé une peine de trois ans et quatre mois de prison en Lituanie pour le vol en bande organisée de 17 publications du XIXe siècle à la Bibliothèque nationale de Vilnius. Non loin de lui, dans le box vitré, est assis Beqa T. Ce dernier a pour sa part été interpellé en novembre 2022 en Lettonie, et condamné à trois ans et six mois d'emprisonnement pour des vols de livres dans plusieurs bibliothèques en Lettonie et en Estonie. Lors de son interpellation, les enquêteurs ont retrouvé en sa possession notamment de fausses pièces d'identité, du matériel de restauration de livres et des copies d'ouvrages anciens de la BNF, dont une du roman en vers "Eugène Onéguine". Pendant l'été 2022, celui qui se présente comme un "chercheur" s'était rendu à la BNF à Paris et y avait consulté neuf ouvrages. Ceux-ci ont été par la suite dérobés par Mikheïl Z. Repérages Pour l'accusation, Beqa T. avait effectué des repérages pour Mikheïl Z. Mais lui réfute, assurant qu'il ne le connaissait pas. "Je vais dans les bibliothèques de tous les pays où je me rends, je ne sais pas pourquoi il y a cette coïncidence", affirme Beqa T. au tribunal, développant longuement sa passion pour les livres. Sur les copies retrouvées en sa possession, il explique avoir juste fait des "photocopies" des éditions et les avoir assemblées afin que cela soit plus "pratique" pour les consulter par la suite chez lui, une fois revenu en Géorgie. "A quoi cela servait-il de faire une copie d'+Eugène Onéguine+, alors que le texte est par ailleurs facilement accessible?", relève Me Sarah Chirsen, qui défend avec Me Alexandre de Konn la BNF, partie civile dans le dossier. Pour avoir une version sans les modifications apportées au texte au fil des époques, rétorque le prévenu, peinant à convaincre l'avocate. Autre élément troublant, le fils de Beqa T., Mate T., est aussi mis en cause dans l'affaire, soupçonné pour sa part d'avoir, avec un autre complice, volé 10 livres de Pouchkine à la Bibliothèque Diderot de l'Ecole normale supérieure et d'avoir tenté d'en dérober d'autres à la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations à Paris. Mais il a été arrêté en Géorgie lors d'une opération menée sous l'égide d'Europol et y purge une peine de cinq ans d'emprisonnement pour ces faits. "Il a fait ça sans mon soutien", assure Beqa T. devant le tribunal. "Je n'étais pas au courant." Comment expliquer alors les déclarations aux enquêteurs géorgiens de sa belle-fille, qui le met directement en cause, lui demande la présidente du tribunal. Un "faux témoignage" fait alors qu'elle était "sous pression psychologique", balaye-t-il.

10.06.2026 à 20:19

La Bourse de Paris termine en léger recul, entre inflation américaine et Moyen-Orient

FRANCE24

Le CAC 40 a perdu 0,51%, à 8.161,83 points, soit un recul de 41,60 points. L'indice vedette parisien avait grappillé 0,05% la veille. "La situation au Moyen-Orient demeure fragile et continue de peser sur le moral des investisseurs. On ne sait toujours pas quand un accord pourra être trouvé entre les États-Unis et l'Iran", selon Andreas Lipkow, de CMC Markets. Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth Social. Il a déclaré plus tard dans la journée que les États-Unis "vont attaquer" l'Iran. Le président américain avait pourtant assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de "deux à trois jours". Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran, ce qui a occasionné des représailles. La guerre en Iran provoque depuis plusieurs mois une hausse des prix du pétrole, qui fait grimper l'inflation partout. L'indicateur a ainsi bondi le mois dernier aux États-Unis à 4,2% sur un an, contre 3,8% en avril, soit son plus haut niveau en près de trois ans, selon des données officielles publiées mercredi. Ces chiffres sont globalement conformes aux prévisions des analystes. Mais le "message d'ensemble reste que l'inflation est trop élevée et trop persistante pour permettre à la Réserve fédérale américaine (Fed) d'envisager une baisse de taux à court terme", selon Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM. L'institution est de plus en plus sous pression pour restreindre sa politique monétaire afin de lutter contre cette inflation, avant sa prochaine réunion aura lieu les 17 et 18 juin, la première de son nouveau président, Kevin Warsh. En Europe aussi, la politique monétaire est au cœur des préoccupations, avant la réunion de la Banque centrale européenne jeudi. L'institution devrait, elle, déjà rehausser ses taux directeurs pour lutter contre l'inflation, malgré une croissance atone dans la zone. Dans ce contexte, le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette française a grimpé à 3,85%, contre 3,81% la veille en clôture. Recommandation de Soitec abaissée Le titre Soitec a chuté de 10,56% à 125,35 euros, après que Jefferies a abaissé sa recommandation sur la société de "hold" (conserver) à "underperform" ("sous-performance"), d'après la plateforme Factset. Il a en outre souffert d'un climat actuel d'interrogations sur les valorisations des entreprises de la tech et des semi-conducteurs, qui jouent un rôle clé dans le développement de l'IA et ont été un des moteurs des marchés depuis le début de l'année.
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