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15.07.2026 à 15:29

Dopé par l'IA, le géant de la tech ASML affiche un trimestre en hausse et relève ses perspectives

FRANCE24

Basée dans le sud des Pays-Bas, ASML est un rouage essentiel de l'économie de la "tech" puisqu'il est le plus important fournisseur au monde de machines de photolithographie, qui permettent la fabrication des semi-conducteurs, base des composants électroniques qui alimentent de nombreux secteurs, des smartphones aux missiles, et qui sont cruciales pour alimenter l'IA. Les investisseurs suivaient de près les résultats du secteur des composants électroniques, après plusieurs vagues de ventes massives, alimentées par la crainte d'un éclatement de la bulle de l'IA. L'entreprise a affiché une hausse de son bénéfice net à 2,9 milliards d'euros au 2e trimestre 2026, soit plus de 26% par rapport aux 2,3 milliards du second trimestre 2025, et 5,8% par rapport au premier trimestre 2026 (2,76 milliards d'euros). ASML a également revu à la hausse ses perspectives de chiffre d'affaires pour 2026, désormais comprises entre 43 et 45 milliards d'euros contre une fourchette de 36 à 40 milliards d'euros annoncée en avril. "Les investissements continus dans le domaine de l'IA et les progrès constants des technologies d'IA stimulent la demande en puces logiques et mémoires de pointe, renforçant ainsi les perspectives de croissance du secteur des semi-conducteurs," a déclaré Christophe Fouquet, directeur général de l'entreprise, dans un communiqué. "Nos prises de commandes sont restées extrêmement soutenues au cours du premier semestre", a-t-il poursuivi. Fort de cette dynamique, M. Fouquet a également indiqué que l'entreprise prévoyait d'augmenter de 30% la capacité de production concernant deux de ses principales machines de fabrication de puces, une nouvelle augmentation de 30% étant envisageable en 2028. Pour Kathleen Brooks directrice de recherche pour la plateforme d'investissements XTB, "cela laisse penser que l'essor de l'IA ne devrait pas ralentir de sitôt, puisque ASML occupe une place prépondérante dans la chaîne de production". "Les signes indiquant que la demande restera forte au cours des deux prochaines années pourraient contribuer à apaiser les craintes quant à la pérennité de la dynamique de l'IA", a ajouté l’analyste. Le titre ASML qui avait pris plus de 6% lors des premiers échanges à la Bourse d'Amsterdam, faisant franchir les 1.100 points à l'indice AEX pour la première fois, qui demeurait en hausse vers 12H00 GMT (+3%). "Une demande continue" Le chiffre d'affaires de l'équipementier s'est élevé à 9,33 milliards d'euros au second trimestre contre 7,7 milliards à la même période l'année dernière, soit un bond de 21,1%, et 8,77 milliards au premier trimestre 2026. "Dans l'ensemble, je dirais que ce fut un trimestre très solide, tant du point de vue de la dynamique du marché que de celui de la mise en œuvre", a déclaré Roger Dassen, directeur financier. ASML vise un chiffre d'affaires net compris entre 11 et 12 milliards d'euros pour le troisième trimestre de l'année. Le géant technologique est par ailleurs au centre d'une initiative menée par les États-Unis visant à limiter les exportations de haute technologie vers la Chine, par crainte qu'elles ne soient utilisées pour renforcer l'armée chinoise. Les États-Unis étudient en effet un projet de loi, le "MATCH Act" visant à interdire toutes les ventes d'ASML à la Chine. Si cette loi venait à être adoptée, une grande partie du chiffre d'affaires d'ASML pourrait disparaître. Pékin s'est indigné de ces restrictions à l'exportation, les qualifiant de "terrorisme technologique". ASML a prévenu que ses ventes en Chine baisseraient "considérablement" cette année et anticipe que la Chine représente environ 20% de son chiffre d'affaires en 2026. Le mois dernier, l'entreprise a démenti des accusations américaines selon lesquelles l'une de ses machines de fabrication de puces les plus avancées avait été acheminée en Chine, violant potentiellement les contrôles à l'exportation. ASML, qui compte environ 44.000 employés dans le monde, avait annoncé en janvier la suppression de près de 1.700 emplois, concernant principalement des cadres aux Pays-Bas et aux États-Unis.

15.07.2026 à 15:27

La France dévoile sa stratégie pour devenir neutre en carbone dans un pays épuisé par les canicules

FRANCE24

"Cette actualité nous rappelle le besoin d'accélérer notre adaptation, mais n'occulte pas pour autant la nécessité de mener des efforts tout aussi soutenus en matière de décarbonation. Car la première résolution face au changement climatique reste la baisse des émissions", a affirmé la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, en présentant ce plan au ministère. Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), qui vise à se passer de consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050, doit être entérinée par la publication d'un décret d'ici à la fin de la semaine, selon le ministère. Elle ambitionne de réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990, au travers d'un recul de 5% des émissions par an, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050, c'est-à-dire un équilibre entre les quantités de carbone émises et celles absorbées par l'atmosphère. "Année après année, nous avons mis au point des technologies efficaces et accessibles pour apprendre à nous déplacer, à nous chauffer et à produire en nous passant progressivement des énergies fossiles. L'enjeu est désormais d'en accélérer le déploiement et c'est l'objet de cette nouvelle stratégie qui secteur par secteur, nous donne un mode d'emploi très concret pour réduire nos émissions", a indiqué la ministre. Transports, agriculture, industrie... Cette SNBC-3 passe en revue plusieurs secteurs, des transports à l'agriculture et aux bâtiments, en passant par l'industrie et les déchets, détaillant les objectifs de baisse des émissions du gouvernement. Dans les transports, le texte vise la "quasi-neutralité" carbone en 2050, grâce à la montée en puissance des bio-carburants, de l'électrification et de la sobriété. Il table sur 66% de voitures et 90% d'autobus électriques dans les ventes de véhicules neufs d'ici 2030. Pour l'agriculture, la SNBC-3 ambitionne une baisse de 26% d'ici 2030 et de 53% d'ici 2050 des émissions par rapport à 1990, à travers un recul des émissions des troupeaux et des déjections animales, et une baisse des émissions des engins et infrastructures agricoles. Pour l'industrie, le texte table sur un recul de 70% d'ici 2030 et de 96% d'ici 2050 des émissions, à travers l'électrification, la sobriété et la captation du carbone notamment. Le projet de cette feuille de route pour diminuer les rejets de gaz responsables du réchauffement avait été publié en décembre, avant de faire l'objet d'une série de consultations. Lors de la première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, ces engagements français avaient été salués. Pour accélérer leur mise en oeuvre, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique. Canicules Entre-temps, l'ouest de l'Europe a été essoré par trois épisodes de chaleur intenses et précoces en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion des énergies fossiles. Le gouvernement français a été accusé de ne pas aller assez vite en matière d'adaptation. Les critiques se sont cristallisées sur le nouveau gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, sur fond de finances publiques exsangues. "Est-ce que c'est la SNBC qu'auraient faite les ONG? Non, clairement, on aurait davantage appuyé sur la sobriété notamment dans le transport international", a affirmé Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat, présente au ministère. Celle-ci a aussi mis l'accent également sur la nécessaire "transparence" sur les leviers évoqués dans le texte et sur "une mise en cohérence des politiques avec ces trajectoires", à l'heure où la baisse des émissions françaises a marqué le pas en 2024 et 2025, avec des baisses respectives de 3% et 2,1%, après des baisses plus notables en 2022 (-6,8%) et 2023 (-3,9%).

15.07.2026 à 15:19

En Allemagne, le soupçon d'une collusion entre infox électorale russe et l'AfD

FRANCE24

Dans les Länder (Etats régionaux) orientaux de Saxe-Anhalt et de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) domine dans les sondages à deux mois des scrutins, les 6 et 20 septembre. Ce parti prorusse et antimigrants vise le contrôle d'un exécutif régional, du jamais vu depuis 1945, et cherche à porter un coup au chancelier Friedrich Merz et à son gouvernement impopulaire réunissant conservateurs et sociaux-démocrates. C'est dans ce contexte que des posts suspects sur X, Bluesky et TikTok sont apparus. Moscou, le suspect numéro un Pour des parlementaires spécialistes des questions de sécurité, le suspect numéro un est Moscou qui dans sa guerre "hybride" pour déstabiliser l'Allemagne s’appuierait sur l'AfD. Ce parti dément, dénonçant des accusations "politiques" infondées. Antibot4Navalny, un groupe d'anonymes militant contre le Kremlin, a repéré en juin une première campagne s'appropriant l'identité visuelle de médias réputés, notamment de l'AFP, et alimentant l'idée d'une scission Est-Ouest de l'Allemagne. Signalés, les comptes diffusant ces publications ont été bloqués. En juillet, une deuxième campagne est identifiée. Celle-ci vise à accuser des responsables politiques de corruption ou de délits sexuels en usurpant les noms de médias allemands comme ARD et Deutsche Welle.. Deux formations sont épargnées par ces accusations, un petit parti de gauche radicale mais surtout l'AfD. Selon Antibot4Navalny, ces deux campagnes sont à rattacher à "Matryoshka" (poupée russe), une opération d'influence internationale attribuée à l'Etat russe et qui, selon le service français de lutte contre les ingérences numériques étrangères (Viginum), relaie depuis 2023 de faux contenus à des fins politiques. S'il n'y a pas de preuves irréfutables d'une implication russe, "il n'y a aucune autre explication plausible", tranche un membre du groupe, interrogé par l'AFP via une messagerie. "Nous suivons Matryoshka quotidiennement depuis environ deux ans et demi", explique-t-il, notant un même modus operandi, à savoir l'utilisation de comptes piratés pour diffuser pléthore d'intox imitant "de 20 à 50" noms connus de médias, d'ONG et d'instituts de recherche. Konstantin von Notz, un député Vert (opposition) et vice-président de la commission de contrôle des services de renseignement, juge évident que la Russie et l'extrême droite "se partagent les tâches". "Le narratif diffusé de Russie en Allemagne, avec un budget se comptant en millions, est ensuite rediffusé de manière ciblée par l'AfD", écrit-il à l'AFP. "Sur la touche" "Ces dernières années, presque toutes les élections ont été la cible de tentatives illégitimes d'influence", poursuit M. Von Notz. Le député accuse aussi la chancellerie allemande d'inaction, l'appelant à "enfin prendre au sérieux ces dangers". Contactée par l'AFP, l'ambassade de Russie à Berlin qualifie ces accusations d'"absurdes", affirmant que l’Allemagne et l’Europe sont engagées sur une "voie extrêmement dangereuse" qui dessert leurs citoyens. Le gouvernement accuse sans cesse Moscou de livrer une guerre "hybride" mêlant désinformation, espionnage et sabotages. Le 13 juillet, l'ambassadeur russe dans la capitale allemande a encore été admonesté après des cyberattaques à l'échelle européenne. Interrogé par l'AFP, le gouvernement n'a pas fait de commentaires sur "Matryoshka", considérant que "les opérations de manipulation de l'information (...) constituent depuis longtemps une menace quotidienne". Le Renseignement intérieur (BfV), sollicité par l'AFP, a dit "avoir connaissance" de cette opération d'influence sur les réseaux sociaux destinée à "creuser les divisions" en Allemagne et constaté les similitudes avec "Matryoshka". Aucune riposte n'a cependant été engagée auprès du public. Le président de la commission parlementaire de contrôle des services de renseignement, Marc Henrichmann, issu du parti du chancelier Merz, suppose que la campagne actuelle ne trouve pas assez d'écho pour justifier une réponse d'ampleur. "Si, en s'en prenant à une campagne, on lui confère finalement davantage d'audience, alors, évidement, on se sera planté", argumente-t-il. Antibot4Navalny confirme auprès de l'AFP que si le volume des contenus est "impressionnant", l'audience est restée "médiocre". Pour autant, M. Henrichmann reconnaît que "les Allemands sont toujours un peu plus prudents" dans leurs réactions que d'autres, comme la Pologne, qui "dégainent dès que la probabilité est jugée suffisante". Il estime aussi que l'Allemagne doit donner aux renseignements une véritable capacité d'action et non de simples moyens d'observation pour contrer la Russie. Une réforme en sens doit intervenir cette année. "Nous sommes un peu sur la touche. Les services de renseignement d'autres pays (...) nous demandent constamment : alors, quand est-ce que l'Allemagne entre en jeu ?", raconte l'élu. "Allié naturel" Marc Henrichmann est en tout cas convaincu que l'AfD est un "outil bon marché" du Kremlin dans sa "guerre cognitive" visant à faire peur et à diviser l'Allemagne, car celle-ci est engagée dans un vaste réarmement et est devenue le premier bailleur de l'Ukraine pour contrecarrer les ambitions continentales russes. "Une chose est certaine, l'AfD est le porte-voix de Poutine en Allemagne et exploite consciemment ces narratifs", accuse-t-il. En Saxe-Anhalt, où l'Alternative pour l'Allemagne espère triompher le 6 septembre, cadres et militants de la formation balayent d'un revers de la main ces allégations. Pour eux, l'AfD a le bon sens de dire que le gouvernement devrait cesser de dépenser ses milliards pour l'Ukraine et les immigrés et ferait mieux d'acquérir en Russie des hydrocarbures meilleur marché pour relancer une économie en crise et le pouvoir d'achat des Allemands qui s'érode. "Chercher une entente raisonnable avec un autre pays ne signifie pas qu'on roule pour lui", dit à l'AFP Ulrich Siegmund, la tête de liste régionale. "Les intérêts allemands sont notre boussole mais pour ces intérêts nous avons aussi besoin de matières premières bon marché, c'est un fait", a-t-il insisté, en marge d'un congrès le 11 juillet. Et à M. Siegmund de se réjouir de vivre à une époque où "chaque citoyen peut se faire sa propre opinion via les réseaux sociaux". Chez les militants aussi, Moscou reste populaire, à l'instar d'Hans-Joachim Dietrich, un routier à la retraite de 66 ans pour qui "la Russie est notre allié naturel".
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