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29.08.2026 à 04:35

Les Islandais votent sur une reprise des négociations d'adhésion à l'UE

FRANCE24

Dans le sillage de la crise financière qui avait terrassé son économie, l'île de près de 400.000 habitants avait présenté sa candidature à l'UE en 2009, mais les discussions avaient été gelées en 2013 avec l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement eurosceptique. Treize ans plus tard, l'issue de la consultation s'annonce indécise, les derniers sondages montrant que les camps du "oui" et du "non" sont au coude au coude. "C'est très serré, mais je suis toujours optimiste", a déclaré à l'AFP la ministre des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, porte-drapeau du "oui". "Rien n'est joué tant que ce n'est pas terminé." Les bureaux de vote ouvriront à 09H00 GMT et fermeront à 22H00 GMT. En l'absence de sondages à la sortie des urnes, les premiers résultats crédibles sont attendus tard dans la nuit. Quelque 273.000 électeurs sont invités à répondre à la question suivante: "L'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union européenne?" En cas de victoire du "oui", un second référendum sera nécessaire sur la question de l'adhésion elle-même. La question de la pêche, pilier de l'économie nationale et dont Reykjavik veut garder le contrôle exclusif, sera probablement l'un des principaux points de friction, même si Bruxelles affiche sa volonté de trouver des "solutions créatives". "Les fondamentaux (du débat, ndlr) sont très largement d'ordre intérieur, mais le second mandat de Donald Trump et les bouleversements géopolitiques qui l'accompagnent ont eu un impact significatif", explique à l'AFP Eirikur Bergmann, professeur de science politique à l'université de Bifröst. Avec une économie redevenue florissante, certains ne voient pas l'intérêt de discuter d'une adhésion quand le pays a déjà accès au marché unique via son appartenance à l'Espace économique européen (EEE). Trump en toile de fond "C'est comme quand on est en couple avec quelqu'un sans vivre ensemble: si on perd quelque chose en se mariant, pourquoi se marier?", fait valoir Hjordis Vilhjalmsdottir, une animatrice radio de 60 ans, des lunettes aux couleurs islandaises sur le nez. "Nous n'avons pas besoin que Bruxelles nous gouverne. Nous pouvons nous débrouiller seuls. Il y a à peine cent ans, nous étions l'un des pays les plus pauvres d'Europe. Aujourd'hui, nous sommes l'un des pays les plus prospères d'Europe", abonde Elias Theodorsson, entrepreneur de 65 ans. Revers de la médaille: cette prospérité s'accompagne d'une inflation et de taux d'intérêt élevés sur fond de volatilité de la monnaie nationale. Certains ménages paient plus de 9% d'intérêts sur leur crédit immobilier, nourrissant chez les partisans du "oui" l'espoir qu'une adoption à terme de l'euro permettrait de bénéficier de taux moins élevés. "L'écart est tellement important, et cela changerait énormément de choses pour mon foyer", fait valoir Alexandra Yr van Erven, une employée d'université de 32 ans. "Je pense simplement que la chose responsable à faire est de donner à ce gouvernement le mandat de négocier un accord avec l'Union européenne pour voir quelles possibilités s'offrent à nous. Ensuite, nous pourrons juger l'accord obtenu", dit-elle. Sur le plan international, le retour de la guerre en Europe avec l'invasion russe de l'Ukraine a ébranlé les certitudes en matière de sécurité. L'imprévisibilité de Donald Trump et ses visées sur le Groenland voisin ont encore accru les inquiétudes. Stratégiquement située aux portes de l'Arctique, l'île ne dispose pas de forces armées et s'appuie pour sa défense sur l'Otan et sur un accord bilatéral conclu avec les Etats-Unis en 1951. "Les gens commencent désormais à remettre en question la validité de cet accord", souligne Eirikur Bergmann. Les résultats du vote seront suivis de près par l'UE qui n'a pas accueilli de pays riches, contributeurs nets au budget européen, depuis 1995. A Bruxelles, une éventuelle adhésion de l'Islande, déjà largement intégrée au marché européen, serait perçue comme une vitrine positive de la politique d'élargissement, alors que des candidats comme le Monténégro, l'Albanie, l'Ukraine ou la Moldavie suivent des parcours plus complexes. Elle pourrait aussi relancer le débat chez la richissime Norvège, elle aussi membre de l'EEE mais toujours rétive à une adhésion. "La décision de l'Islande renforcerait sans aucun doute les arguments en faveur de l'accueil de nouveaux membres par l'Union européenne", a noté la commissaire à l'Elargissement, Marta Kos.

29.08.2026 à 04:21

A Blois, le patron du PS Olivier Faure sous pression

FRANCE24

Pressé par ses troupes de participer à cette primaire en vue de la présidentielle d'avril et mai, le député du Val-de-Marne ne se prononcera pas à Blois, préférant faire un discours d'unité du parti. Mais sa candidature est devenue un secret de Polichinelle. Il a jusqu'au 15 septembre pour se déclarer, alors que déjà quatre candidats sont sur les rangs, dont le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, considéré comme le favori, et arrivé à Blois vendredi sous les applaudissements. Mais en fin tacticien, le chef socialiste s'est imposé en douceur dans le point presse de son futur rival, histoire de montrer qu'il ne faut pas penser faire sans lui. Reste que l'eurodéputé, qui a annoncé sa candidature dimanche, est pour le moment crédité de 10 à 15%, alors qu'Olivier Faure reste cantonné, quand il est testé, autour de 5%. Fait notable, il n'a pas été invité au débat du Medef jeudi à Rolland-Garros, où sept candidats à la présidentielle, dont Raphaël Glucksmann, se sont affrontés. "L'une des raisons pour lesquelles Raphaël Glucksmann est celui qui, aux yeux des Français, incarne notre famille politique, c'est parce que tout le monde a pu croire qu'il était déjà le candidat désigné. Et donc il totalise ce qu'est en fait l'espérance d'un candidat socialiste", remarque un proche du premier secrétaire. Mais le patron socialiste risque gros dans un duel avec Raphaël Glucksmann, qui a le soutien de plusieurs de ses opposants, comme la présidente d'Occitanie Carole Delga, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, ou l'édile de Montpellier Michael Delafosse. Surtout, l'eurodéputé a obtenu le renfort du chef des députés socialistes Boris Vallaud. "pas dans le match " Pour un opposant à Faure, "c'est mathématique, il ne peut pas gagner". Il se réfère au fait que celui qui est à la tête du parti depuis 2018 a été mis en minorité dans son parti pour la première fois en juin dernier, lors d'un vote des militants sur l'organisation de la primaire. Olivier Faure plaidait pour une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche moyennant une somme de 2 euros, mais les militants ont préféré une primaire "fermée" entre le PS et Place publique, accessible via une adhésion à 15 euros. "Faure n'est pas dans le match, je ne le vois pas gagner", abonde l'eurodéputé François Kalfon. "Il est chef du parti depuis huit ans. S'il était vu comme un possible candidat à la présidentielle, ça se saurait", tacle un proche de Boris Vallaud. Mais "Raphaël Glucksmann nous a aussi habitué à des trous d'air", ironise un proche d'Olivier Faure. Et l'entourage du premier secrétaire souligne que la primaire peut convaincre des adhérents supplémentaires, et notamment ceux qui croient encore à l'union de la gauche et des Ecologistes. C'est d'ailleurs sur cette ligne que devrait se positionner le patron socialiste: sa proximité avec les Ecologistes et sa patronne Marine Tondelier, alors que Raphaël Glucksmann fait pour l'heure office d'épouvantail pour une large part des militants verts, malgré le ralliement de Yannick Jadot. "Je suis en dialogue permanent avec Marine Tondelier et la direction des Verts et nous continuons à chercher ensemble une voie qui permettra, à un moment, de se retrouver", a expliqué Olivier Faure dans Libération. Avant d'aller voir si l'herbe est plus verte du côté des insoumis, Marine Tondelier va attendre de connaître l'issue de la primaire social-démocrate, estime un proche d'Olivier Faure. En cas d'échec à la primaire, certains de ses opposants font déjà monter la petite musique d'une démission. "Jamais de la vie. Il ira jusqu'au bout de son mandat", rétorque un élu local. L'entourage du premier secrétaire s'indigne: "C'est quand même extraordinaire de voir que des gens qui sont revenus à la vie politique grâce aux options qu'il a prises (en faisant par deux fois l'union de la gauche, ndlr), sont les premiers à vouloir son départ".

29.08.2026 à 03:43

Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

FRANCE24

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis. Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées". Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien. "Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays. Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée. En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient. Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années". Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains". Mainmise américaine Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage. Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir. Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises. "Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital. Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela". Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel. "Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola. Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti". D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie. eml-ni-mav-pgf-bc/sia
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