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11.06.2026 à 20:39

Oise: perpétuité requise contre une femme accusée d'avoir commandité le meurtre de son époux

FRANCE24

"Derrière Jean-Christophe Piel, combien d'autres vies ont été détruites par cette femme ?", a tonné l'avocat général, soulignant "les mensonges et la simulation, une constante" dans sa vie et demandant que soit retirée l'autorité parentale de Delphine Pinto sur leurs deux filles. Le représentant de l'accusation a demandé une peine de sûreté maximale de 22 ans pour l'accusée, poursuivie pour complicité de meurtre en bande organisée, et pour le tireur présumé, jugé pour meurtre en bande organisée, soulignant leur "absence totale de remise en question". Ce dernier a déjà été condamné plusieurs fois pour trafic de stupéfiants et délits routiers par le passé. Leur culpabilité "n'est pas qu'une hypothèse" mais "la clé" qui permet d'expliquer la mort de Jean-Christophe Piel, un kinésithérapeute de 41 ans abattu d'une balle dans la tête en août 2021 alors qu'il cueillait des roses dans son jardin à Breuil-le-Vert (Oise). L'avocat général a également réclamé 18 ans de réclusion criminelle à l'encontre de "l'intermédiaire", amant de Delphine Pinto, qui a mis cette dernière en relation avec le tireur présumé. Le magistrat a en outre requis quatorze ans de réclusion criminelle à l'encontre de l'homme soupçonné d'avoir fourni l'arme du crime, et cinq ans dont un avec sursis à l'encontre du fils issu du premier mariage de Mme Pinto, accusé d'avoir été eu connaissance du plan d'assassinat. Ces réquisitions ont été accueillies avec émotion et soulagement par les proches de M. Piel, nombreux sur les bancs des parties civiles, qui se sont montrés soudés et dignes lors de l'audience. "dizaines de contradictions" L'avocat général a dépeint les "dizaines d'évolutions" et "dizaines de contradictions" dans les versions avancées par les accusés. "A eux cinq, ils ont tout dit et son contraire", a-t-il martelé dans son réquisitoire. Les accusés ont livré au cours du procès des déclarations contradictoires au sujet de leurs différentes rencontres présumées, tous niant leur implication dans le meurtre. Pour les filles de Delphine Pinto et Jean-Christophe Piel, nées en 2014 et 2017, "il n'y a pas d'autre consolation que la vérité, et cette vérité ne leur a pas été donnée par les co-accusés" a déploré Valérie Bulard, avocate de SOS Jeunesse, administrateur ad hoc de ces petites filles. Mme Pinto, 48 ans, avait assuré mercredi n'avoir "jamais commandité le meurtre" de son époux, tout en ayant pu "souhaiter sa mort" et le faire savoir à son amant. Des témoins ont décrit une femme menaçante et un mari sous emprise. Une semaine avant sa mort, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d'une ordonnance de non-lieu alors qu'il était accusé par Mme Pinto d'agression sexuelle incestueuse sur l'une de leurs petites filles. Il avait également été accusé d'agressions sexuelles par deux des trois autres enfants de Mme Pinto, nés d'une précédente relation mais qu'il avait adoptés. Des "calomnies", a assuré l'avocat général, qui a estimé que M. Piel était un "homme innocent". "Delphine Pinto, ce n'est pas cette mère qui ferait tout pour protéger ses enfants", avait aussi estimé Murielle Bellier, avocate de proches de M. Piel, plus tôt jeudi. Me Bellier a dénoncé notamment le mensonge "ignoble" de Mme Pinto, qui avait fait croire à ses enfants que son fils, atteint d'une maladie du dos, allait mourir de façon imminente. Delphine Pinto avait aussi reconnu, après une question du président de la cour, être "mythomane", alors qu'elle a déjà été condamnée avant cette affaire pour des faits d'escroquerie et d'usurpation d'identité. L'avocat général est également revenu sur un appel entre Mme Pinto et son amant, mentionnant des "travaux réalisés" juste après la mort de M. Piel. "Dès les premiers mots, nous comprenons que l'échange est codé", a-t-il détaillé, assurant que le "vocabulaire commun et connu à l'avance" démontre que "l'échange révèle un unique objet: l'annonce de l'exécution de Jean-Christophe Piel". Le procès doit reprendre vendredi à 9H00 avec les plaidoiries de la défense. La décision sera ensuite attendue dans la soirée.

11.06.2026 à 20:08

Mondial 2026 : la coupe de Trump ?

Stéphanie ANTOINE

Coup d’envoi ce jeudi de la Coupe du monde organisée conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada. L’événement sportif le plus suivi de la planète s’ouvre dans un contexte géopolitique tendu. Avant même le premier coup de sifflet, Donald Trump est pointé du doigt pour sa politique autoritaire et les difficultés d’accès au territoire américain, où se déroulera la majorité des matchs.

11.06.2026 à 19:45

Mondial-2026: à Mexico, les fans fêtent le football malgré les manifestations

FRANCE24

Le premier des 104 matches de ce Mondial hors normes, Mexique-Afrique du Sud, a débuté avec un peu de retard, à 13h06 locales (19h06 GMT, 21h06 à Paris) dans le mythique stade Azteca qui peut accueillir 80.824 spectateurs. "C'est déjà la fête au Mexique", lance à l'AFP Ingrid Orozco, une supportrice de 40 ans. "C'est extraordinaire", abonde avec émotion Gustavo Ramírez, 19 ans. L’enceinte accueille son troisième match d'ouverture, un record, après une cérémonie mêlant musique traditionnelle et moderne. Des danses en habits coutumiers et costumes indigènes ont célébré "l'unité, la diversité et la culture ancestrale" du Mexique. Shakira a été la star de cette cérémonie. Après l'hymne du Mondial-2010 Waka Waka (This Time for Africa), la Colombienne, lunettes de soleil, body jaune et jupe mauve, a chanté "Dai Dai", une des chansons créées pour le tournoi, avec l'étoile nigériane Burna Boy. Un titre en espagnol et anglais mêlant afrobeat et rythmes caribéens, interprété au milieu de dizaines de danseuses et danseurs. Les festivités, ponctuées par des feux d'artifice au-dessus du stade, ont réuni également le groupe mexicain Maná, le chanteur pop vénézuélien Danny Ocean, le groupe Los Ángeles Azules, la star colombienne du reggaeton J Balvin ou encore l'Hispano-Mexicaine Belinda. "Boycott" Avant le début du match, les porte-drapeaux des 48 pays participants ont fait un cercle au centre du terrain avant que le ténor italien Andrea Bocelli et la star de k-pop Ejae interprètent l'hymne officiel du Mondial, intitulé DNA, un mélange d'opéra et de musique électronique produit par le DJ français David Guetta. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a enfin présenté à la foule le trophée de la compétition. Des milliers de supporters, vêtus du maillot de leur équipe nationale, des chapeaux de charro, des coiffes autochtones et des drapeaux, ont déferlé toute la matinée vers le stade, certains étant arrivés dès 6h30. Des centaines de membres de la Garde nationale — une force de police militarisée — et des policiers en tenue anti-émeute protègent les entrées et les abords de l’Azteca. Des policiers à cheval ont aussi été déployés. "Nous voulons simplement nous plonger dans l’ambiance et découvrir toutes les activités, la musique et les animations, explique à l'AFP Sheree Toomes, une fan écossaise qui avoue toutefois être effrayée par la présence de nombreuses forces de l'ordre. "La police, l’armée, on ne voit pas ça au Royaume-Uni", dit-elle. Sur la grande avenue menant au stade Azteca, une grande pancarte "Boycott de la Coupe du monde de la FIFA 2026 !" a été installée. "Soif de victoire" Ces derniers jours, des enseignants en grève ont profité du tournoi pour faire entendre leurs revendications. Ils ont ont bloqué une partie de la capitale et conduit le gouvernement à fermer avec des barrières métalliques les accès à la grande place centrale, le Zocalo, où est installée une zone pour les supporters pouvant accueillir 55.000 personnes. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a cependant affirmé que tout était "sous contrôle" et la fan zone a ouvert comme prévu jeudi matin. Mais l'impatience de milliers de supporters attendant à l'entrée du site a provoqué d'importantes bousculades, a constaté un journaliste de l'AFP. "Arrêtez de pousser, il y a des enfants, vous vous comportez comme des animaux!, a lancé au mégaphone un responsable de la municipalité. "Je suis venu voir la sélection mexicaine, la soutenir", dit à l'AFP Luis Enrique Huerta, un serveur de 22 ans. "Aujourd'hui il faut laisser la politique de côté pour se concentrer sur les 90 minutes qu’est le football." Rafael Hernandez, un supporter de 29 ans arborant un drapeau du Mexique, assure que "l’attitude des gens, ce qui se dégage aux alentours, donne une ambiance de Coupe du monde qui crie la faim et la soif de victoire, c’est la seule chose importante".
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