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14.06.2026 à 12:35

Derrière les bombardements réguliers contre l'Ukraine, un essoufflement de l'offensive russe

FRANCE24

Plus de quatre ans après le début de l'invasion russe, les communiqués de Moscou faisant état de la prise de localités sur la ligne de contact se font plus rares. Et dans certains secteurs, les forces de Kiev parviennent à reprendre pied. Selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), un centre de réflexion américain, l'Ukraine a repris du terrain aux troupes russes en avril et mai, une situation inédite depuis l'automne 2023. Si ces reconquêtes, dont l'ampleur varie selon les analyses, restent trop faibles pour bouleverser la donne sur le terrain, elles illustrent les difficultés croissantes rencontrées par l'armée russe. Plus nombreux et mieux armés, les soldats russes restent confrontés aux nouvelles réalités de la guerre: l'omniprésence des drones rend toute avancée coûteuse et risquée, créant une "zone morte" de plusieurs kilomètres de large autour des positions des deux camps. "L'offensive de l'armée russe progresse à un rythme extrêmement lent", confirme auprès de l'AFP l'expert militaire russe Alexandre Khramtchikhine, qui note cependant que celle-ci pourrait s'accélérer "si survenait un épuisement total des ressources ukrainiennes". "Pousser à négocier" Si l'armée ukrainienne est aujourd'hui en meilleure position qu'un an auparavant grâce à des réformes et à un effort sur les drones, elle reste confrontée à des défis importants: le recrutement pour le front est difficile et l'effort de guerre dépend du soutien des Occidentaux. "La situation a cessé de se dégrader pour nous", résume pour l'AFP l'analyste ukrainien Mykola Bielieskov, évoquant l'essor du secteur de la défense ukrainien qui "permet de contrer efficacement la Russie". Pour autant, l'armée ukrainienne n'a pas les ressources pour mener de grandes offensives et son objectif est surtout de "pousser la Russie à se retrouver dans une situation où elle devra négocier". Faute de pouvoir mener elles aussi des opérations d'ampleur, les forces russes, qui occupent plus de 19% du territoire ukrainien, ont recours à des infiltrations: des petits groupes de soldats sont envoyés prendre position derrière les lignes ennemies et s'y dissimuler pour favoriser ensuite l'avancée du gros des troupes. Cette tactique a eu du succès, notamment lors de la prise du noeud logistique ukrainien de Pokrovsk fin 2025 mais elle ne porte souvent ses fruits qu'après un long effort de plusieurs mois. Signe d'une capacité d'action réduite, l'effort militaire russe est aujourd'hui concentré sur la capture de la forteresse ukrainienne de Kostiantynivka dans l'est, sur un front long de plus de 1.000 km. Plus diffus, plus risqué Si le président Vladimir Poutine répète que les objectifs russes en Ukraine "seront atteints", ces buts de guerre sont déjà bien en deçà de ceux annoncés en 2022. Moscou ne parle plus désormais que de la prise du Donbass, région industrielle de l'est de l'Ukraine. Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne et ancien chef du renseignement, Kyrylo Boudanov, a lui estimé début juin qu'il était "réaliste" d'espérer une fin de la guerre d'ici l'hiver prochain. Avec des objectifs de guerre également réduits pour l'Ukraine: Kiev ne parle plus de retour aux frontières de 1991, ni même à celles de 2022, mais d'un arrêt des combats sur les positions actuelles. Loin du front, le conflit se joue aussi avec les frappes en profondeur, qui montent en puissance dans les deux camps. Après avoir dévasté l'hiver dernier le réseau énergétique ukrainien, la Russie promet des attaques massives "systématiques" et bat des records de drones et de missiles envoyés sur son voisin. L'Ukraine frappe quasiment chaque semaine le secteur pétrolier et d'autres sites en Russie et accélère son ciblage des voies logistiques en territoire occupé, touchant notamment ces derniers jours des ponts alimentant la Crimée, péninsule annexée en 2014. L'ONU relève ainsi dans une note publiée lundi que la guerre entre dans une phase plus diffuse, mais plus risquée pour les civils car l'escalade des frappes "étend désormais le champ de bataille bien au-delà des combats". Ce qui rend le conflit "aujourd'hui plus meurtrier qu'à n'importe quel autre moment".

14.06.2026 à 12:27

Un pétrolier de la flotte fantôme russe intercepté dans la Manche

FRANCE24

Selon des images diffusées par le ministère britannique de la Défense, des commandos de la marine sont montés à bord du navire à la faveur de l’obscurité en descendant suspendus à des cordes depuis un hélicoptère. L'opération menée à l'aube, d'une durée de six heures, a bénéficié d'un soutien aérien, notamment des hélicoptères Chinook, Merlin Mk4 et Wildcat, et du concours de bâtiments de la marine, dont la frégate HMS Sutherland et le chasseur de mines HMS Ledbury. "Lors de la première opération de ce type dirigée par le Royaume-Uni, le navire SMYRTOS a été arraisonné par des commandos des Royal Marines et des agents des forces de l'ordre spécialement formés de l'Agence nationale contre le crime, malgré les efforts de la Russie pour contourner les sanctions et continuer à alimenter sa guerre barbare en Ukraine", a détaillé le ministère de la Défense dans un communiqué. Le navire doit être transféré vers un mouillage au large de la côte sud de l'Angleterre et placé sous surveillance. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est dit sur X "reconnaissant au Royaume-Uni d’avoir pris cette mesure importante contre la flotte pétrolière de la Russie". "Chaque décision de nos partenaires qui prive d'argent la Russie limite aussi la guerre elle-même", a-t-il souligné. "La Russie s'appuie sur sa flotte fantôme pour financer son conflit en Ukraine et notre interception porte un coup à la guerre illégale de Poutine", a commenté de son côté le ministre britannique de la Défense Dan Jarvis, ajoutant que l'opération avait été menée "en étroite coordination avec les Français". Perturber la flotte fantôme avec l'aide de partenaires internationaux "permet de s'attaquer directement aux ressources qui alimentent l'agression de la Russie en Ukraine et de réduire sa capacité à menacer la sécurité en Europe et au-delà", a-t-il assuré. Londres a sanctionné des centaines de navires soupçonnés de faire partie de la flotte fantôme utilisée par la Russie pour contourner les embargos occidentaux depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022. Ces navires, généralement de vieux pétroliers à la propriété douteuse, se voient interdire l'accès aux ports et services britanniques. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé que l'opération de dimanche avait porté "un nouveau coup à la Russie et rappelle à ceux qui alimentent la guerre de Poutine en Ukraine qu'ils ne peuvent pas se cacher". "Guerre hybride" En mars, le gouvernement avait annoncé que les forces britanniques seraient autorisées à monter à bord et à saisir les navires de la flotte fantôme traversant ses eaux. Cette annonce est intervenue après l'assouplissement par Washington des restrictions sur le pétrole russe afin d'atténuer la flambée des prix provoquée par la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. La France, la Belgique, la Finlande et d'autres pays européens ont également récemment saisi des navires de contournement des sanctions, soupçonnés d'appartenir à la flotte fantôme russe. Selon Londres, ces navires sont en outre soupçonnés d'avoir endommagé à plusieurs reprises des câbles sous-marins dans la mer Baltique. Le gouvernement britannique a indiqué qu'il proposerait une nouvelle législation visant à empêcher "la Russie et d'autres États hostiles" de saboter des câbles internet sous-marins vitaux. Une série d'incidents maritimes ont eu lieu dans la mer Baltique depuis 2023, au cours desquels des câbles sous-marins et des lignes électriques ont été endommagés. Des experts militaires et des dirigeants européens affirment que la Russie a intensifié sa "guerre hybride" dans cette région stratégique, désormais entièrement bordée par des membres de l'Otan, à l'exception de la Russie. L'ancien ministre de la Défense John Healey, qui a démissionné cette semaine en accusant M. Starmer de ne pas fournir de financements suffisants pour défendre la Grande-Bretagne, a déclaré en avril que les forces armées avaient pisté et dissuadé trois sous-marins russes dans les eaux britanniques de l'Atlantique Nord, à proximité de câbles et d'oléoducs sous-marins vitaux. La Grande-Bretagne est reliée au reste du monde par environ 64 grands câbles de télécommunications sous-marins.

14.06.2026 à 12:15

Anti-obésité: début du remboursement de Wegovy et Mounjaro en France

FRANCE24

Ces analogues du GLP-1, une classe de médicaments qui contrôle la glycémie et fait perdre du poids, sont désormais pris en charge à 65% par l'Assurance maladie pour les patients atteints d'obésité massive sans comorbidité ou sévère avec comorbidité. Seuls les médecins des structures spécialisées dans l'obésité, comme notamment les centres spécialisés de l'obésité (CSO), peuvent établir la première prescription de ces médicaments injectables. L'ordonnance sécurisée doit s'accompagner d'un formulaire de prise en charge. "Il faudra vraiment qu'on s'assure que les ordonnances sont parfaites", dit à l'AFP, Eric Myon, un pharmacien parisien qui essayait encore cette semaine "de récupérer la liste de tous les prescripteurs de CSO ou rattachés aux CSO (...) pour savoir quel médecin est vraiment prescripteur, primo-prescripteur, reconnu et validé". Seul réel changement attendu dans l'immédiat par ce pharmacien, secrétaire général de l’UNPF (Union National des Pharmacies de France): "à partir de lundi, tous les prix de ces GLP-1 seront identiques en France", alors que jusque-là leurs prix variaient en fonction des officines. A court terme, il ne s'attend "pas à une évolution de la demande" : "les médecins ne vont pas pouvoir voir tous les patients voulus d'ici à l'été" et, selon lui, les autres patients déjà traités qui ne rentrent pas dans les critères, "vont continuer à les acheter" hors prise en charge. Dans sa pharmacie, "une quinzaine de personnes par semaine" n'hésitent pas à payer ces produits de leur poche, "la motivation des patients dépassant leurs contraintes économiques". "Suivi tranquille" C'est aussi le choix de Léa Boulanger, 29 ans, traitée depuis décembre pour son obésité sévère avec Mounjaro pour lequel elle débourse 279 euros par mois : "je préfère avoir mes prescriptions par mon médecin traitant en qui j'ai confiance. Il n'y a pas de jugement ni de tabou", explique à l'AFP cette maraîchère bio dans l'Oise, déterminée à continuer à financer elle-même son produit qui lui a fait perdre "20 kilos", pour bénéficier d'un "suivi tranquille". Car les règles sont théoriquement contraignantes. La prise en charge à 65% des médicaments doit être combinée à une alimentation moins calorique et une augmentation de l'activité physique. Mais "croyez-vous que des inspecteurs de la Haute autorité de santé iront vérifier que les gens font bien leur temps d'exercice chaque jour et qu'ils ont rempli correctement leur frigo?", questionne Pierre-Yves Geoffard, professeur à l'Ecole d'Économie de Paris. Un million de personnes seraient potentiellement éligibles, mais le ministère de la Santé estime que la réalité sera probablement en-dessous, tablant sur un coût total de cent millions d'euros pour l'Assurance Maladie en 2027. - "Page blanche" - Une estimation prudente, alors que, dix-huit mois après le lancement de ces amaigrissants, le marché de l'obésité en France pèse déjà plus de 150 millions d'euros, une valeur multipliée par plus de 20 par rapport à 2024, selon des données du groupe Iqvia. Depuis le lancement de Wegovy en octobre 2024, le nombre de boîtes vendues par mois a progressé de 23%. Et, avec l'arrivée des versions en comprimés, la dynamique pourrait s'amplifier. "Est-ce que les autorités françaises vont vouloir accélérer sur les formes orales pour rapidement avoir un traitement de maintenance à un coût plus maîtrisable que les injectables?" s'interroge Alexandre Fauconnier, du cabinet de conseil Kearney. Face à une forte attente, certaines mutuelles pourraient proposer une prise en charge plus large, notamment pour les personnes non éligibles au remboursement: "cela leur leur fait un argument de vente dans un marché concurrentiel d'assurance complémentaire", estime M. Geoffard. "La page est blanche pour nous en tant que complémentaire santé", confiait récemment Olivier Milcamps, directeur études & prospective de Harmonie Mutuelle. "On va proposer le ticket modérateur" aux personnes éligibles et travailler à "un pacte tarifaire" mais "en cas d'abandon de l'activité physique adaptée par les patients adhérents, est-ce qu'on arrête de rembourser le médicament?".
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