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13.07.2026 à 05:13

Expulsés par Trump malgré leur statut: le cauchemar des "Dreamers" aux Etats-Unis

FRANCE24

Le 2 janvier dernier, les autorités "me reçoivent et me disent, nous allons vous expulser maintenant", raconte à l'AFP cet Hondurien qui est arrivé aux Etats-Unis à l'âge de 8 ans avec sa famille. Il est alors expulsé vers son pays natal où il reste pendant 118 jours. Dans ce laps de temps, il manque la naissance de son fils au Texas. "J'ai craqué, je me suis effondré par terre et j'ai pleuré. Parce que je n'avais pas prévu de ne pas être là pour mon fils", explique-t-il. Le président américain Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une des grandes priorités de son deuxième mandat. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, les agents de la police de l'immigration (ICE) ont multiplié les arrestations à travers les Etats-Unis, jusque dans les entreprises, lors de raids dénoncés par des organisations de défense des droits humains et l'opposition démocrate. José Contreras fait pourtant partie des 500.000 personnes protégées de l'expulsion par le programme "Dreamers" ("rêveurs") mis en oeuvre en 2012 par le président Barack Obama. Mais l'administration du républicain a arrêté 343 personnes sous ce statut et en a expulsé au moins 86, selon l'ONG Home is Here, citant une lettre adressée par le ministère de la Sécurité intérieure au Congrès. "Prendre ma fille dans mes bras" Maria de Jesus Estrada, 42 ans, est elle arrivée aux Etats-Unis à 15 ans et y a vécu jusqu'à aujourd'hui. Lors d'un rendez-vous avec les autorités, elle se retrouve encerclée par six agents de l'immigration qui l'arrêtent et lui annoncent son expulsion. "Je ne vais opposer aucune résistance. J'ai juste besoin d'une minute. J'ai besoin de prendre ma fille dans mes bras", répond-elle alors aux autorités. Elle est expulsée vers le Mexique le même jour. Dans les deux affaires, les autorités américaines ont déclaré qu'ils avaient été expulsés en raison d'une décision datant d'une époque où ils étaient beaucoup plus jeunes. Et dans les deux cas, les tribunaux américains ont finalement jugé leur expulsion illégale et demandé leur retour aux Etats-Unis. "Les cas de José Contreras et Maria Jesus Estrada témoignent de la manière illégale et inhumaine avec laquelle ce gouvernement déforme la loi", affirme à l'AFP leur avocate Stacy Tolchin. "Menace considérable" Lors de son précédent mandat, Donald Trump avait signé un décret pour se débarrasser du programme "Dreamers", avant que la Cour suprême n'annule cette décision à cause d'un vice de forme. L'administration démantèle le programme "par des manoeuvres dilatoires, des refus, des détentions et des expulsions", a déclaré Todd Schulte de FWD.us, groupe de défense de l'immigration. "C'est notre rôle de veiller à ce que les gens prennent conscience de la menace considérable qui pèse sur les bénéficiaires" de ce programme, a-t-il ajouté. Jessica Trevino, qui est arrivée à l'âge de 7 ans aux Etats-Unis, n'a toujours pas pu revenir aux Etats-Unis après avoir été expulsée. Elle a été arrêtée au Texas après s'être rendue à l'église avec sa famille. Son mari a été victime de violences de la part de l'ICE. Une vidéo prise au moment des faits a par ailleurs largement circulé sur internet. Ils ont tous les deux été expulsés vers le Mexique et attendent encore qu'un tribunal américain se saisisse de leur affaire. Leurs trois enfants mineurs sont toujours aux Etats-Unis et vivent avec de la famille. "Même si je ne suis pas née aux Etats-Unis, j'y ai vécu toute ma vie", raconte-t-elle à l'AFP. "Parfois, il m'arrive de m'endormir en me disant que je vais me réveiller chez moi", ajoute-t-elle.

13.07.2026 à 05:11

Enfants et réseaux sociaux : des experts européens dévoilent leurs propositions

FRANCE24

Des experts indépendants remettent lundi des recommandations à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, qui annoncera bientôt ses arbitrages. Bruxelles réfléchit à l'opportunité de mettre en place une "majorité numérique" à l'échelle de toute l'Union européenne, à l'image de l'Australie l'an dernier. Au sein des 27, de nombreux pays, France en tête, mais aussi l'Espagne, la Grèce, le Danemark, l'Autriche ou la Suède, sont déjà en train de mettre en place des interdictions ou restrictions d'accès aux réseaux pour les mineurs, ou l'envisagent. Le sujet ne fait cependant pas l'unanimité parmi les 27, certains Etats comme l'Estonie s'opposant à des interdictions. Mais instaurer de telles mesures dans toute l'UE permettrait d'éviter de se retrouver avec un méli-mélo de règles nationales. Un régime européen harmonisé serait par nature plus facile à faire appliquer aux plateformes, d'autant que leur régulation est déjà largement l'affaire de Bruxelles, en coordination avec les autorités nationales. La présidente de la Commission européenne, qui aime à rappeler qu'elle est mère de sept enfants, s'est dite personnellement favorable à interdire les réseaux aux mineurs, au même titre qu'il est interdit de leur vendre de l'alcool ou des cigarettes. Mais elle a assuré envisager toutes les options, qui vont d'une interdiction pure et simple, à des limitations graduées en fonction de l'âge, en passant par une approche alternative consistant à exiger des plateformes qu'elles soit sûres à dessein ("by design"), si elles veulent être accessibles aux mineurs. "Un moment crucial" Pour alimenter sa réflexion, Ursula von der Leyen a mis en place un comité présidé par l'épidémiologiste française Maria Melchior et l'universitaire allemand Jörg Fegert, expert en psychiatrie de l'enfant, qui lui remettront lundi une série de propositions. Ursula von der Leyen a promis des annonces avant l'automne. "Lorsqu'un quart de nos jeunes sont confrontés à des contenus problématiques en ligne - discours de haine, pressions liées à l'image corporelle, violences inattendues - c'est un signal clair qu'il est temps d'agir", avait-elle lancé à la fin des travaux du comité. Alors, annoncera-t-elle une interdiction en septembre ? La Commission maintient le suspense. "Nous étudions les possibilités pour protéger les mineurs en ligne", a souligné un porte-parole de l'exécutif européen, ajoutant qu'"il est possible et nécessaire d'en faire davantage" dans ce domaine. Dans ce contexte, les recommandations des experts constitueront "un moment crucial", a affirmé vendredi une responsable de la Commission, qui attend des propositions "très complètes". Par ailleurs, Bruxelles continue de mettre la pression sur les plateformes pour qu'elles prennent en compte le bien-être physique et mental des utilisateurs, dans le cadre de ses pouvoirs existants. Elle a ainsi ordonné vendredi au groupe américain Meta de changer les interfaces d'Instagram et Facebook qu'elle juge beaucoup trop "addictives", sous peine d'une forte amende, comme elle l'avait également demandé à TikTok en début d'année.

13.07.2026 à 05:11

Xiaohongshu, l'application qui chahute le tourisme en Chine

FRANCE24

La plateforme, qui pourrait s'introduire en Bourse cette année, est parfois surnommée "l'Instagram chinois". Les utilisateurs y partagent photos, vidéos et livestreams. L'application est très utilisée pour découvrir des destinations et planifier ses itinéraires autour de lieux photogéniques. A Pékin, le lac du quartier historique de Shichahai voit ainsi affluer des visiteurs attirés par les contenus de la plateforme. Appareil autour du cou, la photographe Li Geng, 18 ans, y propose ses services aux touristes pour 10 yuans (1,30 euro) par cliché. A quelques mètres, d'autres photographes crient des instructions à des jeunes femmes, tout sourire devant l'objectif. Li Geng confie à l'AFP que nombre de ses concurrents bénéficient d'une importante présence sur les réseaux sociaux, l'un d'eux comptant 45.000 abonnés sur Xiaohongshu et appliquant des tarifs très bas. Cela a fait "affluer davantage de clients vers lui, en nous mettant, nous autres, sous énorme pression", déplore la jeune femme, qui ne dispose pas d'une grande audience en ligne et ne peut "qu'interpeller les gens dans la rue pour trouver des clients". Inspiration voyages Les Chinois ont effectué l'an dernier plus de 6,5 milliards de déplacements dans leur pays, un nombre de voyages intérieurs record, en hausse de 16%, selon l'agence de presse Chine nouvelle. En parallèle, Xiaohongshu compte désormais 350 millions d'utilisateurs actifs mensuels, a indiqué en mai le cabinet spécialisé Qiangua. La plateforme a gagné 50 millions d'utilisateurs en l'espace d'un an. L'application a dopé des entreprises peu connues et envoyé des flots de touristes vers des destinations atypiques comme Zibo, calme ville industrielle du Shandong (est), dont les brochettes sont devenues virales. Xiaohongshu est désormais le premier endroit où "beaucoup de jeunes voyageurs" cherchent l'inspiration, explique Ming Yii Lai, experte de Daxue Consulting. Mina Chen, touriste en visite à Shichahai avec sa soeur, avait préparé son séjour pékinois en suivant les recommandations d'autres utilisateurs de Xiaohongshu: des mots-clés font remonter des itinéraires comprenant suggestions de restaurants et trajets pratiques. "C'est désormais indispensable", assure cette étudiante de 20 ans originaire du Hunan (sud). -"Réfugiés de TikTok"- Inévitablement, les voyages inspirés par Xiaohongshu ont alimenté le surtourisme dans des lieux devenus viraux et entraîné une dépendance excessive de certains commerces à la fréquentation apportée par la plateforme, indique Mme Lai à l'AFP. Les publications sponsorisées d'influenceurs "qui encensent des établissements ou des destinations" suscitent également des plaintes lorsque leurs recommandations déçoivent, ajoute-t-elle. Xiaohongshu, "petit livre rouge" en mandarin (mais sans rapport avec le missel maoïste), est appelé en anglais RedNote. L'application a connu son heure de gloire à l'international l'an dernier lorsqu'un projet d'interdiction du réseau social TikTok par Washington a poussé des utilisateurs américains, surnommés "réfugiés de TikTok", à se tourner massivement vers RedNote. Xiaohongshu a de nouveau attiré l'attention ces dernières semaines car plusieurs médias, dont le Wall Street Journal, ont rapporté que l'entreprise préparait une demande d'introduction à la Bourse de Hong Kong d'ici fin 2026. L'entreprise n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP à ce stade. Si son coeur de cible reste les jeunes femmes chinoises des grandes villes, selon Qiangua, l'application se déploie désormais peu à peu hors du pays. Elle gagne notamment du terrain auprès des locuteurs du mandarin dans des pays comme la Malaisie et Singapour: Ernest Phua, retraité singapourien, s'est ainsi tourné vers l'application pour préparer ses voyages dans les provinces chinoises du Guangdong et du Yunnan (sud), en quête de recommandations. Il y a "une grande différence" entre les conseils de voyage proposé par Xiaohongshu et d'autres plateformes comme Youtube, explique à l'AFP M. Phua, 58 ans. "Si l'on veut savoir ce qu'est vraiment la vie en Chine", ce que les habitants aiment faire, manger, où ils aiment aller, "Xiaohongshu regorge de contenus", insiste-t-il. C'est aussi Xiaohongshu qui a attiré Meng Jiaxuan, 20 ans, près du lac de Shichahai: dans sa robe vaporeuse, elle explique avoir même été y chercher des idées de poses pour sa séance photo. "Peu importe ce dont il s'agit, mon réflexe est de simplement chercher sur Xiaohongshu".
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