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08.07.2026 à 12:19

UniCredit a sécurisé 17,6% des actions de Commerzbank

FRANCE24

UniCredit avait indiqué précédemment avoir attiré 12,51% des actions de la banque allemande dans le cadre de son offre d'échange hostile qui s'est clôturée mardi 16 juin, mais les actionnaires retardataires avaient deux semaines supplémentaires pour adhérer à l'offre. Cela s'ajoute à une participation de 26,77% acquise au moment de lancer début mai son offre de reprise sur sa rivale allemande. UniCredit détient en outre 3,22% via des dérivés en actions. Le total est ainsi de 47,59% du capital, qui grimpera à 49,65% "une fois que Commerzbank aura annulé ses actions propres, opération à laquelle elle s'est engagée", a souligné UniCredit dans un communiqué. "La clôture des périodes de l'offre publique d'achat marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de l'investissement stratégique d'UniCredit dans Commerzbank", indique la banque italienne. UniCredit s'était déjà félicitée mi-juin d'avoir dépassé le seuil de 30% qu'elle s'était fixé pour cette offre, qui vise à prendre le contrôle de sa rivale allemande, valorisée 35 milliards d'euros, et asseoir son statut de géant européen. Commerzbank a réagi dans un communiqué en affirmant que "le faible taux d'acceptation parmi les actionnaires indépendants témoigne clairement du manque d'attractivité de l'offre". "Le volume total d'actions apportées par des investisseurs institutionnels et privés s'élève à moins de 2%", relève la banque allemande en soulignant que ces dernières "proviennent majoritairement de banques et de parties liées à UniCredit". Jens Weidmann, président du conseil de surveillance de la banque francfortoise, a dit "resté ouvert à un dialogue constructif avec UniCredit", tandis que la présidente du directoire Bettina Orlopp a promis que Commerzbank "continuerait d'honorer (sa) responsabilité" vis-à-vis des PME allemandes et de ses "plus de 10 millions de clients particuliers". Vers 10H00 GMT, l'action Unicredit reculait de 3,54% à la Bourse de Milan, à 79,30 euros. De son côté, à Francfort, le titre Commerzbank cédait 1,07% à 37,87 euros. L'offre d'UniCredit, politiquement sensible en Allemagne où l'État fédéral reste le deuxième plus important actionnaire de la banque, héritage de la crise financière de 2008, n'était pas avantageuse car inférieure à la valorisation en Bourse de la cible. La République fédérale, actionnaire à 12% de Commerzbank, a critiqué l'approche jugée "agressive " du groupe italien. Si cette montée au capital est validée par la Banque centrale européenne, elle pourrait notamment permettre à UniCredit de fusionner à terme Commerzbank avec sa filiale allemande HypoVereinsbank, acquise en 2005.

08.07.2026 à 12:13

Inondations en Chine : les secours en quête de sinistrés, un super-typhon menace

FRANCE24

De violentes précipitations ont frappé les parties centrales et méridionales du pays ces derniers jours. Et la menace persiste : un super-typhon menace de balayer ce week-end la côte orientale avec de puissantes bourrasques et des pluies torrentielles.  Dans la région du Guangxi (sud), particulièrement touchée, six personnes ont péri, onze sont portées disparues et au moins 130.000 personnes ont été évacuées après les précipitations liées au typhon Maysak, selon les autorités. Des vidéos diffusées mercredi par la télévision publique CCTV montraient des secouristes dans des bateaux pneumatiques, parcourant en pleine nuit les rues inondées pour donner bouteilles d'eau, nouilles instantanées, pains, saucisses ou médicaments à des habitants réfugiés aux étages des maisons. La chaîne a également montré des images aériennes de rivières du Guangxi en crue, de voitures submergées et d'habitations partiellement détruites, signe d'importants dégâts matériels. Une habitante de Hengzhou, ville très touchée, a affirmé à l'AFP que les inondations avaient été particulièrement importantes, mais que la pluie avait cessé mercredi après-midi.  "Certaines maisons se sont effondrées et ont été emportées", a raconté cette employée de restaurant par téléphone. L'eau a commencé à refluer et des agents s'affairent désormais à dégager les débris, a-t-elle souligné. "Rude épreuve" Une employée d'hôtel de Guigang, toujours dans le Guangxi, a déclaré à l'AFP que le niveau de l'eau avait atteint "la hauteur d'une maison d'un étage", contraignant les habitants à être relogés. Les précipitations doivent continuer mercredi dans certaines zones de la région, ainsi que dans la province voisine du Guangdong (sud), où sont situées de nombreuses usines, selon les autorités. Signe de l'intensité des précipitations dans le Guangxi : CCTV a diffusé d'impressionnantes images d'un torrent d'eau boueuse déferlant sur les parois effondrées d'un barrage. Les autorités ont envoyé des renforts matériels vers la région, notamment des vivres, imperméables et bateaux pneumatiques, a précisé mercredi l'agence officielle Chine nouvelle. "La sécurité des réservoirs et des digues dans les zones touchées est mise à rude épreuve", a affirmé pour sa part Li Guoying, le ministre des Ressources en eau. Ailleurs en Chine, des tempêtes et des orages ont fait 11 morts et 331 blessés lundi dans la province centrale du Hubei, où une tornade a été signalée, selon Chine nouvelle. Les provinces prospères de l'est du pays ne sont pas épargnées. Elles se préparaient mercredi à l'arrivée du super-typhon Bavi, susceptible de toucher terre à environ 400 km au sud de Shanghai, entre samedi et dimanche, a déclaré à CCTV Xiang Chunyi, prévisionniste au Centre météorologique national. Ecoles fermées Liu Fei, le principal responsable du Parti communiste chinois (PCC) à Hangzhou (est), grande ville près de Shanghai, a exhorté à  faire de la défense contre les inondations et le typhon "la priorité absolue" et à "se mettre rapidement en ordre de bataille". Les autorités éducatives de la province du Jiangsu (est) ont annoncé la suspension des cours en présentiel de jeudi après-midi à vendredi inclus, appelant à des contrôles de sécurité pour éviter toute chute d'arbre, câble ou climatiseur dans les écoles suite aux rafales attendues. Les catastrophes naturelles frappent régulièrement la Chine, surtout l'été, lorsque certaines régions subissent des précipitations intenses et d'autres suffoquent sous la canicule. Les autorités peuvent s'appuyer sur un maillage serré de secouristes, militaires et membres du PCC, mobilisables rapidement. Dans la province peu développée du Gansu (nord‑ouest), le bilan d'un glissement de terrain est monté mercredi à 21 morts, a précisé Chine nouvelle. Le drame, survenu mardi dans le village de Renzang, avait enseveli 33 personnes, selon l'agence. Le gouvernement a déjà débloqué des aides d'urgence d'au moins 70 millions de yuans (9 millions d'euros) pour le Hubei et 60 millions de yuans (7,7 millions d'euros) pour la zone touchée du Gansu, d'après les médias d'État. Les scientifiques avertissent que l'intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes augmenteront à mesure que la planète continue de se réchauffer en raison des émissions de combustibles fossiles.

08.07.2026 à 12:13

Cambodge: le retour du tigre pas toujours vu d'un bon œil

FRANCE24

Pan Sok se souvient très bien des hurlements de l'un de ses proches, cette nuit-là, il y a plus de 30 ans. "J'ai vu le tigre l'emmener", raconte-t-il. "Il criait mais on ne pouvait pas l'aider." La dernière observation confirmée de ces fauves au Cambodge remonte à 2007, mais les défenseurs de l'environnement pensent que leur retour est plus proche que jamais. L'Inde doit en effet envoyer certains de ses plus de 3.600 tigres dans la chaîne des Cardamomes, forêt tropicale de plus d'un million d'hectares du sud-ouest du Cambodge. "Ce serait un message de préservation envoyé au monde, montrant que c'est possible", estime Jimmy Borah, du groupe de défense de l'environnement Aaranyak, conseiller du gouvernement cambodgien dans ce dossier. Cependant, cette réintroduction pourrait se révéler un échec. Le braconnage a décimé les populations de proies et la déforestation, notamment pour des projets de barrages, continue de menacer leur potentiel nouvel habitat. "Vouée à l'échec" Le spécialiste indien des tigres Ullas Karanth s'inquiète lui aussi d'un possible manque de nourriture, redoutant que l'écosystème ne soit pas prêt. "La diplomatie du tigre de ces 10 dernières années, consistant à déverser des tigres là où la culture de la chasse est endémique, est vouée à l'échec, je le crains", confie-t-il à l'AFP. Jimmy Borah juge, pour sa part, "que le message de préservation est plus important pour le moment" que le sujet des proies. Les félins devaient commencer à arriver en 2024, mais le calendrier a été retardé en raison de la suspension d'un projet de crédits carbone censé financer en partie l'opération, et des peurs, là encore, concernant l'habitat des fauves, ont indiqué plusieurs sources à l'AFP. En mai, le ministre de l'Environnement a approuvé une nouvelle feuille de route. Une copie consultée par l'AFP propose de faire venir les tigres dès 2027. Les félidés vivraient dans un enclos de 40 hectares, à environ quatre kilomètres de la route principale la plus proche, et de là où réside Lin Meng Ma. Cette femme de 49 ans vit avec sa fille dans une maison en bois, à quelques mètres d'un panneau abîmé affichant "Projet de réintroduction du tigre". Elle n'en a eu connaissance qu'en entendant des garde-forestiers en parler. "Nous avons eu peur, ma maison est très proche, mais ils nous ont dit qu'ils seraient dans une zone clôturée avant de s'enfoncer plus profondément dans la forêt", explique-t-elle, doutant de l'intérêt de dépenser autant dans ce programme. Près de 43 millions de dollars, selon un plan consulté par l'AFP. "Une petite victoire" La plupart des habitants interrogés par l'AFP se montrent mitigés, et si beaucoup pensent que les fauves resteront dans leur enclos, l'étape suivante est néanmoins de les relâcher dans la nature après acclimatation. Certains se disent aussi sceptiques face aux promesses de gains économiques liés au tourisme, comme l'avance une étude coécrite par le gouvernement, qui estime improbable des contacts entre animaux et humains dans cette forêt si dense. Pour Tom Gray, du programme mondial de WWF pour les tigres, une réintroduction serait surtout l'occasion de "protéger des paysages fantastiques", au-delà d'une "contribution limitée au nombre global de tigres". Quant à la question du réservoir de nourriture, il évoque de possibles lâchers de proies, comme en Thaïlande. "Les animaux déplacés ont tendance à parcourir de vastes zones", prévient quant à lui Axel Moehrenschlager, en charge de la relocalisation des félins sauvages à des fins de préservation pour l'organisation Panthera. Peu de gens vivent tout près du site de réintroduction proposé. Mais des villages, des routes et des barrages pourraient ainsi entrer dans l'aire de maraude des tigres à terme. Un plan de suivi, et le cas échéant d'interception des animaux, sera donc nécessaire, avertit M. Moehrenschlager. Malgré tous ces risques, plusieurs défenseurs de l'environnement déclarent à l'AFP que les bénéfices potentiels pourraient en valoir la peine. "Parfois, dans le domaine de la protection de la nature, il faut de petites victoires (...) pour déclencher un mouvement", soutient Phillip Kuvawoga, du Fonds international pour la protection des animaux.
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