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Institut de Relations Internationales et Stratégiques - Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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29.01.2026 à 09:51

Donald Trump : guerre et paix

Coline Laroche              

Une année au pouvoir. Depuis le 20 janvier 2025, Donald Trump a été omniprésent sur la plupart des grands dossiers internationaux, avec notamment une obsession : obtenir le prix Nobel de la paix. Un objectif légitime, selon ses propres dires, puisqu’il était parvenu à résoudre huit guerres, ce qu’aucun avant lui n’avait réussi à faire. Qu’en est-il cependant véritablement de ses « succès » en résolution de conflits ? Si dans certains cas (conflits Rwanda/RDC, Arménie/Azerbaïdjan), le président états-unien a effectivement facilité certaines avancées en faveur de la paix — souvent obtenues grâce à l’intervention d’autres acteurs, mais dont il s’attribue entièrement le mérite —, il n’a dans d’autres cas obtenu qu’une interruption des combats, sans véritables perspectives de pacification (conflit israélo-palestinien, Iran/Israël). Il a par ailleurs affirmé avoir réglé des guerres qui n’en étaient pas (Éthiopie/Égypte, Kosovo/Serbie). En outre, il avait assuré être en mesure de régler le conflit russo-ukrainien en vingt-quatre heures. Si des négociations sont bien en cours, le président états-unien aura jusqu’ici surtout montré sa capacité à faire la part belle aux revendications russes. Donald Trump, désormais à la tête de son nébuleux Board of Peace, n’aura finalement reçu que la médaille du prix Nobel que l’opposante vénézuélienne María Corina Machado lui a offert le 15 janvier dernier. S’il n’est pas un faiseur de paix, Donald Trump est-il pour autant un va-t-en-guerre ? Celui qui rejette depuis son premier mandat l’interventionnisme des États-Unis dans des confits trop coûteux est parvenu à ordonner lors de cette première année de son second mandat plus de frappes que son prédécesseur sur l’entièreté de son mandat. Yémen, Somalie, Syrie et plus récemment Venezuela : le président n’hésite visiblement pas à s’appuyer sur la puissance aérienne de l’armée pour s’imposer, si ce n’est comme le gendarme du monde, comme son shérif.

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Une année au pouvoir. Depuis le 20 janvier 2025, Donald Trump a été omniprésent sur la plupart des grands dossiers internationaux, avec notamment une obsession : obtenir le prix Nobel de la paix. Un objectif légitime, selon ses propres dires, puisqu’il était parvenu à résoudre huit guerres, ce qu’aucun avant lui n’avait réussi à faire. Qu’en est-il cependant véritablement de ses « succès » en résolution de conflits ? Si dans certains cas (conflits Rwanda/RDC, Arménie/Azerbaïdjan), le président états-unien a effectivement facilité certaines avancées en faveur de la paix — souvent obtenues grâce à l’intervention d’autres acteurs, mais dont il s’attribue entièrement le mérite —, il n’a dans d’autres cas obtenu qu’une interruption des combats, sans véritables perspectives de pacification (conflit israélo-palestinien, Iran/Israël). Il a par ailleurs affirmé avoir réglé des guerres qui n’en étaient pas (Éthiopie/Égypte, Kosovo/Serbie). En outre, il avait assuré être en mesure de régler le conflit russo-ukrainien en vingt-quatre heures. Si des négociations sont bien en cours, le président états-unien aura jusqu’ici surtout montré sa capacité à faire la part belle aux revendications russes. Donald Trump, désormais à la tête de son nébuleux Board of Peace, n’aura finalement reçu que la médaille du prix Nobel que l’opposante vénézuélienne María Corina Machado lui a offert le 15 janvier dernier.

S’il n’est pas un faiseur de paix, Donald Trump est-il pour autant un va-t-en-guerre ? Celui qui rejette depuis son premier mandat l’interventionnisme des États-Unis dans des confits trop coûteux est parvenu à ordonner lors de cette première année de son second mandat plus de frappes que son prédécesseur sur l’entièreté de son mandat. Yémen, Somalie, Syrie et plus récemment Venezuela : le président n’hésite visiblement pas à s’appuyer sur la puissance aérienne de l’armée pour s’imposer, si ce n’est comme le gendarme du monde, comme son shérif.

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28.01.2026 à 18:53

Guerre et puissance : malheur aux vainqueurs. Avec Bertrand Badie

Déborah Yapi

Les conflits contemporains connaissent de profondes mutations qui ne traduisent pas un retour mais plutôt un changement de nature de la notion de puissance. Si depuis 1945 gagner une guerre pouvait encore signifier « être le plus fort » ou disposer de « plus de moyens » que l’adversaire, « faire la guerre » ne correspond plus aujourd’hui à la conception de la guerre moderne héritée de Clausewitz. Comme le souligne Bertrand Badie, « ni les États-Unis au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, ni la Russie post-soviétique en Ukraine, ni la France en Afrique, ni l’armée israélienne à Gaza n’ont réussi à imposer l’ordre et la stabilité comme le faisait autrefois la puissance. ». L’« énergie sociale » qui émerge de la société civile est au cœur de cette transformation de la puissance. Elle fait émerger un paradoxe : plus la puissance montre ses muscles, plus la société civile se mobilise et échappe au contrôle des États, refaçonnant ainsi les relations internationales et les rapports de force. Comment comprendre cette reconfiguration des relations internationales ? Que recouvre exactement cette notion d’« énergie sociale » ? En quoi permet-elle d’éclairer l’impasse israélo-palestinienne ou encore la posture internationale face aux États-Unis ? Bertrand Badie, professeur émérite et spécialiste des relations internationales, aborde ce sujet. Il est l’auteur de « Par-delà la puissance et la guerre : la mystérieuse énergie sociale », publié aux Éditions Odile Jacob.

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Les conflits contemporains connaissent de profondes mutations qui ne traduisent pas un retour mais plutôt un changement de nature de la notion de puissance. Si depuis 1945 gagner une guerre pouvait encore signifier « être le plus fort » ou disposer de « plus de moyens » que l’adversaire, « faire la guerre » ne correspond plus aujourd’hui à la conception de la guerre moderne héritée de Clausewitz. Comme le souligne Bertrand Badie, « ni les États-Unis au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, ni la Russie post-soviétique en Ukraine, ni la France en Afrique, ni l’armée israélienne à Gaza n’ont réussi à imposer l’ordre et la stabilité comme le faisait autrefois la puissance. ». L’« énergie sociale » qui émerge de la société civile est au cœur de cette transformation de la puissance. Elle fait émerger un paradoxe : plus la puissance montre ses muscles, plus la société civile se mobilise et échappe au contrôle des États, refaçonnant ainsi les relations internationales et les rapports de force. Comment comprendre cette reconfiguration des relations internationales ? Que recouvre exactement cette notion d’« énergie sociale » ? En quoi permet-elle d’éclairer l’impasse israélo-palestinienne ou encore la posture internationale face aux États-Unis ?

Bertrand Badie, professeur émérite et spécialiste des relations internationales, aborde ce sujet. Il est l’auteur de « Par-delà la puissance et la guerre : la mystérieuse énergie sociale », publié aux Éditions Odile Jacob.

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28.01.2026 à 15:48

La montée en puissance d’Israël et les enjeux qu’elle pose au Moyen-Orient

Coline Laroche              

Le Moyen-Orient vit aujourd’hui une restructuration des rapports de force, en particulier entre trois puissances régionales, l’Iran, la Turquie et Israël, avec des conséquences profondes sur les autres acteurs. La région avait connu une première redistribution à la suite de l’entrée des troupes américaines en Irak en 2003, qui avait eu pour conséquence l’éclatement du pays en entités confessionnelles. En outre, si l’arrivée des printemps arabes fin 2010 avait été saluée comme un événement libérateur, elle avait cependant provoqué une série de crises voire de guerres civiles dans plusieurs pays. Cette déstructuration de nombreux états arabes avait ainsi fragilisé l’architecture régionale (le « système des états arabes » basé sur les frontières héritées du colonialisme européen) et permis le retour en force des anciennes puissances impériales, la Turquie et l’Iran. Si la République islamique d’Iran élargit alors sa sphère d’influence, en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et à Gaza, la Turquie, de son côté, elle met également le pied en Libye, en Syrie, en Irak, au Yémen, en Somalie et au Qatar (où elle dispose d’une base militaire), sans oublier Gaza où le Hamas, issu de la mouvance des Frères musulmans, n’est pas éloigné, dans ses fondements idéologiques, du parti AKP du président Erdoğan. La région vit cependant aujourd’hui un nouveau basculement avec l’entrée en scène d’Israël à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023, dont les conséquences se font sentir bien au-delà de Gaza. C’est en effet à une vaste montée en puissance d’Israël que l’on assiste, de la Méditerranée jusqu’au golfe d’Oman et à l’océan Indien, sans oublier le Caucase. Tel-Aviv a mis ainsi en place des accords sécuritaires avec la Grèce et Chypre, avec la possibilité de déploiements conjoints de troupes en cas de crise. Il entretient également des liens avec le Kurdistan irakien, ainsi qu’avec […]

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Texte intégral (1380 mots)

Le Moyen-Orient vit aujourd’hui une restructuration des rapports de force, en particulier entre trois puissances régionales, l’Iran, la Turquie et Israël, avec des conséquences profondes sur les autres acteurs. La région avait connu une première redistribution à la suite de l’entrée des troupes américaines en Irak en 2003, qui avait eu pour conséquence l’éclatement du pays en entités confessionnelles. En outre, si l’arrivée des printemps arabes fin 2010 avait été saluée comme un événement libérateur, elle avait cependant provoqué une série de crises voire de guerres civiles dans plusieurs pays. Cette déstructuration de nombreux états arabes avait ainsi fragilisé l’architecture régionale (le « système des états arabes » basé sur les frontières héritées du colonialisme européen) et permis le retour en force des anciennes puissances impériales, la Turquie et l’Iran. Si la République islamique d’Iran élargit alors sa sphère d’influence, en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et à Gaza, la Turquie, de son côté, elle met également le pied en Libye, en Syrie, en Irak, au Yémen, en Somalie et au Qatar (où elle dispose d’une base militaire), sans oublier Gaza où le Hamas, issu de la mouvance des Frères musulmans, n’est pas éloigné, dans ses fondements idéologiques, du parti AKP du président Erdoğan.

La région vit cependant aujourd’hui un nouveau basculement avec l’entrée en scène d’Israël à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023, dont les conséquences se font sentir bien au-delà de Gaza. C’est en effet à une vaste montée en puissance d’Israël que l’on assiste, de la Méditerranée jusqu’au golfe d’Oman et à l’océan Indien, sans oublier le Caucase. Tel-Aviv a mis ainsi en place des accords sécuritaires avec la Grèce et Chypre, avec la possibilité de déploiements conjoints de troupes en cas de crise. Il entretient également des liens avec le Kurdistan irakien, ainsi qu’avec l’Azerbaïdjan, lequel constitue, de par sa position géographique, un pivot central entre l’Iran et la Turquie. Si les alliances négociées par Tel-Aviv semblent ainsi entourer l’Iran (à travers l’Azerbaïdjan et le Kurdistan irakien), elles enveloppent en outre la Turquie par son flanc occidental et oriental, tandis que Tel-Aviv tente également de faire pression sur la Turquie par le sud, en Syrie où il frappe régulièrement les infrastructures et les capacités militaires du nouveau régime syrien adoubé par Ankara. Tel-Aviv a soutenu par ailleurs en Syrie les factions druzes et kurdes, ce qui ne peut qu’alarmer la Turquie pour laquelle tout séparatisme en Syrie (notamment kurde et alaouite) ne peut qu’encourager les particularismes en Turquie, en particulier concernant les Kurdes, et ce, pendant qu’Israël continue de frapper en parallèle le Hezbollah pro-iranien au Liban. Enfin, après avoir largement neutralisé le Hamas et frappé la bande de Gaza, Israël continue de cerner la Cisjordanie, soumise à une colonisation soutenue tandis que l’Autorité palestinienne est contrainte, elle, de coopérer étroitement avec l’état hébreu en matière de sécurité.

Israël mène également une coopération sécuritaire étroite avec les Émirats arabes unis, lesquels entretiennent un vaste réseau d’alliances en Libye (les forces du maréchal Haftar) et au Soudan (les Forces de soutien rapide), un dispositif qui contourne l’Égypte par l’ouest et le sud, tandis qu’Israël fait lui-même face à cette dernière sur son flanc Est. En outre, la récente crise au Yémen, avec la manœuvre opérée par le Conseil de transition du Sud, allié aux Émirats, en direction de la région yéménite du Hadramaout, conjointement avec la reconnaissance par Israël du Somaliland voisin, situé en face du Yémen et du détroit stratégique de Bab el-Mandeb (lequel commande la mer Rouge et le canal de Suez), a menacé également d’envelopper l’Arabie saoudite par le sud, cependant qu’Israël se positionne, lui, sur le flanc Nord du royaume saoudien. Si l’Arabie saoudite s’est empressée d’intervenir face à ces développements au Yémen, la question du futur de ce pays se pose ainsi avec acuité. Enfin, l’attaque israélienne sur l’Iran lui-même en juin 2025 a constitué le point d’orgue de cette montée en puissance de Tel-Aviv.

Le déploiement régional israélien rappelle ainsi la carte du Moyen-Orient brandie par Benyamin Netanyahou à l’ONU, où il suggérait de frapper « l’axe du mal » mené par l’Iran, pour le remplacer par un autre axe allant de la Méditerranée à la mer d’Oman et de l’Europe à l’Inde, avec Israël en son centre. Une construction régionale que Tel-Aviv semble poursuivre aujourd’hui en plaçant méthodiquement ses pions à l’échelle du Moyen-Orient et de la Méditerranée orientale. La question centrale est donc : cette manœuvre est-elle le prélude à une dynamique de paix, ou n’est-elle qu’un simple renversement du rapport de forces en faveur d’Israël ?

La réponse à cette question se trouve essentiellement en Iran et dans les développements futurs dans ce pays, ainsi que dans l’attitude américaine. Trois scénarios se profilent ainsi. Le premier serait celui d’un changement qui amènerait au pouvoir à Téhéran un régime proche des États-Unis. L’ensemble de la région, de la Turquie jusqu’en Iran et d’Israël jusqu’en Égypte, en Arabie saoudite et dans le Golfe, serait alors composé d’États amis, alliés ou clients de Washington. Il serait alors peut-être possible d’envisager un rapprochement voire une paix régionale, avec des garanties sécuritaires que l’ensemble des États, aujourd’hui en proie à une forte instabilité, appellent de leurs vœux. Mais il faudrait pour cela que Washington s’investisse massivement dans cette construction régionale et dans l’octroi de garanties de long terme. Les États-Unis, absorbés par leur rivalité avec la Chine, sont-ils prêts pour cela ? En ont-ils réellement la capacité ?

Le deuxième scénario serait de voir perdurer à Téhéran le régime des mollahs, voire un successeur qui conserverait la posture défiante de l’Iran envers les États-Unis et Israël. Le Moyen-Orient entrerait alors dans une nouvelle « guerre froide » et se structurerait autour de l’opposition entre pôles régionaux, la Turquie, l’Iran et Israël se tenant mutuellement en respect, tandis que Tel-Aviv œuvrerait, lui, pour consolider son rapprochement avec les pays du Golfe. L’Arabie saoudite se retrouverait dans une position délicate, entre un Iran défiant et Israël qui chercherait à tout prix à consacrer son influence auprès du royaume saoudien, clé de voûte de son déploiement régional. Tandis que le Liban, la Syrie et l’Irak, qui forment un « glacis » central séparant Israël, la Turquie et l’Iran, risqueraient de conserver le statut de zones tampons, voire, au pire, d’États faillis.

Enfin, le troisième scénario, celui d’un éclatement de l’Iran (dont la population est fortement hétérogène et formée pour 40 % de minorités azéries, kurdes, arabes, tadjikes, arméniennes ou baloutches), à la suite de de puissantes frappes israéliennes ou américaines, ou à la suite de  l’agitation intérieure, serait également risqué, car il porterait en lui les germes de l’instabilité, et pourrait contaminer potentiellement les pays voisins de l’Iran.  Les conséquences d’une frappe sur ce pays ne sont donc pas à sous-estimer.

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27.01.2026 à 16:21

Groenland – États-Unis : vers un mariage de raison ?

Coline Laroche              

L’empire émancipateur contre les colonisations Les visées américaines sur le Groenland et, d’une façon générale, sur les territoires jugés indispensables à leurs intérêts, ne sont pas récentes. Dès la signature du traité de Paris, le 3 septembre 1783, marquant la fin de la guerre d’indépendance, la Confédération des treize colonies s’élance hors des frontières qui lui sont définies par le traité. Par la guerre, l’achat ou le troc, les treize colonies quadruplent leur taille, expulsent les populations indigènes, chassent les puissances européennes puis repoussent le Mexique nouvellement indépendant (1821). Cette réussite dans l’expansion territoriale, la puissance croissante du nouvel État et la conscience que le paysage politique du continent américain va changer avec les indépendances en cours ou à venir, pousse le président Monroe à énoncer en 1823 le principe fondamental de sa politique extérieure, appliqué sans discontinuité par les présidents suivants : « Aux Européens le vieux continent, aux Américains le Nouveau Monde ». Cette « doctrine Monroe » destinée à empêcher les Européens de tenter de recoloniser l’Amérique, est renforcée en 1904 par le corollaire Roosevelt par lequel le président affirme le droit des États-Unis « d’exercer un pouvoir de police international » dans l’espace américain. Visant d’abord à dissuader les Européens d’agir en Amérique, l’usage de ce corollaire conduit les États-Unis à s’ingérer dans les affaires intérieures des États américains pour en obtenir soumission politique et économique. Donald Trump s’inscrit clairement dans cet héritage : constituer autour des États-Unis un espace soumis et protecteur depuis l’Antarctique jusqu’à l’Arctique. Le troc de la colonisation contre l’imperium américain. La longue bataille politique pour le Groenland La volonté de la Russie de vendre l’Alaska (1867) offre la première occasion de pousser vers l’Arctique, d’avoir la capacité de contrôler le détroit de Béring et d’être présents dans le cercle des Nations arctiques : des positions anticipatrices. Dans l’immédiat, […]

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Texte intégral (3186 mots)

Les visées américaines sur le Groenland et, d’une façon générale, sur les territoires jugés indispensables à leurs intérêts, ne sont pas récentes. Dès la signature du traité de Paris, le 3 septembre 1783, marquant la fin de la guerre d’indépendance, la Confédération des treize colonies s’élance hors des frontières qui lui sont définies par le traité. Par la guerre, l’achat ou le troc, les treize colonies quadruplent leur taille, expulsent les populations indigènes, chassent les puissances européennes puis repoussent le Mexique nouvellement indépendant (1821). Cette réussite dans l’expansion territoriale, la puissance croissante du nouvel État et la conscience que le paysage politique du continent américain va changer avec les indépendances en cours ou à venir, pousse le président Monroe à énoncer en 1823 le principe fondamental de sa politique extérieure, appliqué sans discontinuité par les présidents suivants : « Aux Européens le vieux continent, aux Américains le Nouveau Monde ». Cette « doctrine Monroe » destinée à empêcher les Européens de tenter de recoloniser l’Amérique, est renforcée en 1904 par le corollaire Roosevelt par lequel le président affirme le droit des États-Unis « d’exercer un pouvoir de police international » dans l’espace américain. Visant d’abord à dissuader les Européens d’agir en Amérique, l’usage de ce corollaire conduit les États-Unis à s’ingérer dans les affaires intérieures des États américains pour en obtenir soumission politique et économique. Donald Trump s’inscrit clairement dans cet héritage : constituer autour des États-Unis un espace soumis et protecteur depuis l’Antarctique jusqu’à l’Arctique. Le troc de la colonisation contre l’imperium américain.

La volonté de la Russie de vendre l’Alaska (1867) offre la première occasion de pousser vers l’Arctique, d’avoir la capacité de contrôler le détroit de Béring et d’être présents dans le cercle des Nations arctiques : des positions anticipatrices. Dans l’immédiat, l’intérêt était de menacer les Britanniques au Canada, d’où l’idée de compléter l’encerclement en achetant la colonie danoise du Groenland.

Le refus danois ne les décourage pas de proposer à nouveau l’achat en 1910, 1946, 1955, 2019 et 2025. En 1910, il s’agit d’un troc, refusé, avec des possessions américaines aux Philippines. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis occupent le Groenland pour empêcher les Allemands, qui occupent le Danemark d’y accéder. À la fin de la guerre, il leur parait évident de pouvoir conserver leurs bases pour prévenir toute intrusion de l’URSS, nouvelle ennemie et voisine par l’Arctique. La proposition d’achat est refusée, mais l’armée américaine reste en place et le gouvernement obtient, par l’accord de défense de 1951, toute liberté pour implanter des installations militaires, des troupes et leurs familles sur le territoire et la liberté d’action militaire dans les espaces terrestres, aériens et maritimes associés, tout cela en exemption de contrôle et de taxes et sous l’unique juridiction américaine. Ce traité, placé dans le cadre du traité de l’Atlantique nord, doit rester actif pour la durée de l’Alliance. En 2004, le traité reçoit un additif pour y inclure le gouvernement local du Groenland institué en 1979. Il est à noter que l’accord de défense signé en 2023 entre le Danemark et les États-Unis exclut le Groenland autonome qui reste lié par l’accord de 2004. Les textes sont en place pour permettre, dans le respect du droit, une augmentation de l’emprise militaire américaine au Groenland. Cependant en 2004, l’urgence ne se fait pas sentir. Mais en 2009, un traité dano-groenlandais reconnait l’autonomie de l’île et concède l’accession possible à l’indépendance sur la demande des autorités groenlandaises appuyée par un référendum sur l’île. Simultanément, l’animosité entre Russie et États-Unis prend de l’ampleur et s’exprime clairement dans le discours de Poutine à Munich (2007) et la Chine s’est « réveillée ».

La situation sécuritaire se tend en Europe, la montée des tensions et revendications trouve sa catharsis avec la guerre en Ukraine. L’amitié indéfectible entre la Russie et la Chine, dont la puissance militaire est manifeste, laisse présager un affrontement des blocs, avec une première friction en Ukraine qui peut être suivie ou concomitante à une seconde autour de Taïwan. L’examen d’une carte montre clairement que le lien entre les deux blocs, point faible du bloc occidental est l’Arctique, porte ouverte sur son flanc et les routes maritimes de l’Atlantique nord.

  • D’une part la puissance russe dans la zone est importante avec la flotte du Nord qui est une composante stratégique majeure de sa marine avec des bâtiments de surface et des sous-marins dont des lanceurs d’engins nucléaires. Pour faciliter la navigation civile et militaire dans ces espaces, la Russie dispose de la plus puissante flotte de navires brise-glace (34 à propulsion diesel et huit à propulsion nucléaire) auxquels s’ajoutent deux frégates brise-glace armées de missiles longue portée Kalibr. La flotte du Nord a pour rôle de permettre l’accès à « l’océan mondial » par les passages entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni (GIUK). Le contrôle étroit du GIUK est vital en cas d’affrontement avec la Russie, possiblement soutenue par la Chine, ou épaulant la Chine par une manœuvre de diversion via l’Arctique alors que celle-ci attaque Taïwan. La Navy aurait alors à se dédoubler pour conduire la bataille dans le Pacifique et dans l’Atlantique nord pour protéger ses approches, s’affaiblissant d’autant.
  • D’autre part, l’espace arctique est le plus court chemin aérien balistique ou avion entre la Russie et les États-Unis. 

L’Arctique est donc bien redevenu un espace stratégique vital pour la sécurité des États-Unis et de l’Alliance atlantique. Un renforcement des moyens militaires pour sa défense est ressenti comme indispensable. Les buts des États-Unis sont donc de déployer un double dispositif de défense sur la ligne du Grand Nord.

  • Il s’agit d’abord des moyens de combat classiques. En 2018, la Navy recrée la 2e flotte (« Second Fleet »), dissoute en 2011, et étend sa compétence de l’Atlantique nord à l’Arctique dans le but de faire face à l’accroissement de la puissance navale russe. En octobre 2025, totalement démunie de cette capacité, elle passe commande de 11 brise-glaces à la Finlande. L’OTAN remanie de son côté ses commandements et déploiements pour faire face à la menace russe. Pour la défense maritime, des forces navales permanentes OTAN sont établies depuis les années 1970. Un commandement interarmées (JFC) est créé à Norfolk (EU) en 2019 pour défendre l’Atlantique et le Grand Nord, avec une priorité sur les lignes de communication transatlantiques. En 2025, il reçoit le renfort de la Suède, de la Finlande et du Danemark. Mais en réalité les efforts de l’OTAN sont plus concentrés sur la ligne Baltique-Méditerranée et la communication transatlantique tant pour les dispositifs aéroterrestres que navals. C’est pourquoi le but des États-Unis est de pousser les pays européens de l’Alliance à plus s’investir sur la défense du GIUK.
  • Il s’agit ensuite de la défense antimissile du territoire américain, un problème de sécurité nationale dont la solution passe par l’utilisation des avantages qu’offre la situation géographique du Groenland. Les États-Unis y disposent d’un droit d’utilisation à des fins militaires (voir ci-dessus). La base de Pituffik à l’extrême nord remplit trois missions : la surveillance, l’alerte et le guidage de la riposte à une attaque de missiles balistiques intercontinentaux ; le contrôle du réseau de satellites américains (et de certains alliés) ; l’entretien d’un port en eau profonde. Elle est vitale pour les États-Unis qui considèrent cependant que la séquence alerte/détection des missiles doit être complétée par la phase destruction au plus près du lancement de l’attaque et donc l’implantation de sites de lancement antimissiles (concept du Dôme d’or). Elle est enfin le seul port côté occidental permettant d’accueillir des bâtiments de guerre pour la surveillance/défense de l’océan Arctique.

Le changement climatique qui va étendre les périodes de navigation transocéanique Pacifique-Atlantique via l’Arctique, aujourd’hui limitées à deux/trois mois sans brise-glace, permet de favoriser les manœuvres militaires et de densifier le trafic commercial.

Le trafic par la route du Nord, via le détroit de Béring puis dans l’Océan Arctique au large des côtes russes, monte en puissance, tout en restant à un faible niveau (35 millions de tonnes transportées en 2025). Les Chinois y sont des acteurs majeurs et ont développé d’étroites coopérations avec les Russes, allant jusqu’à s’intégrer dans les infrastructures russes matérielles et immatérielles de la route maritime du Nord. Les rivages russes sur l’Arctique, les seuls peuplés, actifs tant sur le plan de l’exploitation de ressources, que de la production industrielle et de l’activité militaire font aujourd’hui de l’Arctique une « mer russe » dont la Russie contrôle le trafic.

Pour le Groenland lui-même, au-delà des considérations stratégiques majeures, son intérêt réside dans ses ressources minières, pétrolières, halieutiques et son climat, propice à l’installation des immenses et énergivores centres de traitement de l’intelligence artificielle. Ressources pour lesquelles la Chine manifeste depuis 2012 un intérêt au point de fournir par ses investissements plus de 11 % du PIB groenlandais. Chine qui se présente en outre comme un « État proche de l’Arctique » avec un projet de « Route de la soie polaire » qu’elle développe dans son Livre blanc sur l’Arctique dans lequel elle affirme que les États extérieurs à la région ont des droits dans de nombreux domaines dans cette région et s’affirme déterminée à avoir sa place dans la « gouvernance de l’Arctique ». Les États-Unis partagent naturellement les mêmes intérêts, mais s’y sentent plus légitimes et surtout veulent anticiper toute montée en puissance de la Chine dans cette zone.

L’Arctique est un champ potentiel d’affrontement russo-chinois contre américains (occidentaux), tout autant que l’Ukraine ou Taïwan, voire concomitant.

Avoir la capacité d’interdire si nécessaire le débouché vers l’Atlantique est donc un atout majeur pour les États-Unis, mais aussi pour l’Europe qui pourrait être prise à revers. Le constat fait par les États-Unis est que les Européens, voire l’OTAN, ne sont pas arrivés à prendre conscience de cette menace. Paradoxalement c’est la menace américaine de saisie du Groenland par la force qui les a réveillés. En ce sens la tactique de négociation de Trump a secoué les esprits : demander l’impossible pour avoir le souhaitable autrement dit « Think big and kick ass [1]». Le secrétaire général de l’Alliance Mark Rutte, comme la Première ministre danoise, déclare le 22 janvier 2026 que l’OTAN (dont font partie les États-Unis !) « doit augmenter ses engagements dans l’Arctique. Car la défense et la sécurité dans l’Arctique sont de la responsabilité de toute l’Alliance » et pour ce qui est du rôle des États-Unis, le traité de 1951 va être élargi et approfondi. Le 22 janvier, le comité militaire de l’OTAN reconnaissait la réalité d’une menace grandissante dans le Grand Nord et le besoin de se préparer à y faire face, déclarant néanmoins attendre les objectifs politiques poursuivis.

Aux regards des enjeux de sécurité, économiques et de sécurisation des ressources pour le siècle à venir, l’objectif des États-Unis est bien d’être un acteur majeur et reconnu dans la zone et avec le soutien des pays européens de l’OTAN. Un soutien qu’ils ne savent solide que si ces pays développent des capacités militaires à la hauteur des défis sécuritaires. C’est tout le sens des menaces sur un désengagement qu’ils ont fait peser sur les pays européens avec pour résultat d’obtenir de l’OTAN en 2014 un engagement à fournir un effort de défense à hauteur de 2 % des PIB, porté en 2025 au sommet de la Haye à 5 %.

Une partie de ces budgets doit maintenant être consacrée à l’Arctique. La National Defense Strategy 2026 le demande clairement: « U.S. partners throughout the Western Hemisphere can do far more […] to prevent U.S. adversaries from controlling or otherwise exercising undue influence over key terrain, especially Greenland, […] ».

Après cette crise, un épilogue se dessine selon les étapes suivantes :

  • L’OTAN (partie européenne) convient qu’elle doit renforcer ses capacités en Arctique pour défendre les approches du GIUK, elle renforcera donc le bouclier défensif conventionnel américain ;
  • Les États-Unis obtiennent l’engagement de discussions avec Danemark/Groenland en vue de modifier l’accord de défense de 1951 (déjà très favorable) et vont y introduire des assurances de pouvoir y installer leur système de défense anti-missiles (dôme d’or) de façon pérenne ;
  • Cette augmentation des effectifs militaires leur permettra aussi d’accompagner voire d’orienter le processus d’évolution vers l’indépendance et de s’assurer de liens solides avec le futur État ;
  • Ils se positionneront comme défenseur, pourvoyeur de fonds[2], support du développement de cet État, certes sous souveraineté contrainte. Mais un État de 56 000 habitants sous ces latitudes extrêmes pourrait-il vivre sans protecteur ? Le mariage de raison s’imposera.
  • Il leur sera alors temps à l’échéance d’au moins une décennie de se pencher sur les prises de bénéfices économiques. En ce domaine, la stratégie américaine est de garantir le futur lointain en sécurisant au plus vite des ressources potentielles.

Conclure sur cette crise en affirmant que la détermination de l’Europe a fait reculer Trump tient du conte de fées et nous conduit vers d’autres crises et désillusions.

La réalité est différente :

  • Face à la montée en puissance des blocs géopolitiques, l’Europe tout comme les États-Unis ont besoin de l’OTAN ; l’épilogue décrit ci-dessus est bénéfique pour les deux, faute d’avoir vu un réel engagement européen sur la protection de l’Arctique ; à moins que l’Europe ne veuille basculer leur alliance vers le bloc sino-russe ?
  • L’Europe doit renforcer ses positions dans cette alliance, en commençant par des analyses stratégiques fondées sur la réalité géopolitique, avec une vision mondiale, en partageant ses conclusions avec son allié et en adaptant ses capacités militaires aux menaces ; 
  • C’est en raison et à partir de cette position géostratégique affirmée que l’Europe peut trouver la volonté de s’affranchir des fourches caudines américaines multisectorielles, qu’elles soient imposées par Trump ou par les présidents passés et à venir ; 
  • L’autonomie stratégique de l’Europe est un projet indispensable à sa survie, mais doit être précédée d’une appréciation de situation stratégique centrée sur les faits, sans concession aux jugements de valeur sur les acteurs.

[1] “Think big and kick ass in business and life” par Donald Trump et Bill Zanker, Harper Collins, 2007

[2] Aujourd’hui, la contribution du Danemark au budget du Groenland est d’environ 600 millions d’euros. Les États-Unis n’auront aucun mal à l’augmenter.

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27.01.2026 à 15:02

Board of peace , le “machin” de Trump | Les mardis de l’IRIS

Déborah Yapi

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’‪‪IRIS‬ pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, Hadjar Aouardji, directrice de la recherche à l’IRIS, revient sur le Conseil de la Paix lancé par Donald Trump à Davos le 22 janvier 2026. Dans quelle mesure ce « Board of Peace » vient-il concurrencer l’ONU ? Quelles sont ses chances de succès ? Et comment se positionnent les différents États à son sujet ?

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Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’‪‪IRIS‬ pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, Hadjar Aouardji, directrice de la recherche à l’IRIS, revient sur le Conseil de la Paix lancé par Donald Trump à Davos le 22 janvier 2026. Dans quelle mesure ce « Board of Peace » vient-il concurrencer l’ONU ? Quelles sont ses chances de succès ? Et comment se positionnent les différents États à son sujet ?

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26.01.2026 à 16:41

The Crisis of American Democracy: Understanding the MAGA Era

Coline Laroche              

This interview follows a talk given by Lincoln A. Mitchell, Political Analyst, Essayist and Lecturer at Columbia University, at IRIS on 11 December 2025. Reinforced by the second term of the MAGA movement in power, the United States is facing a profound democratic crisis. Although widely discussed, the MAGA movement often remains insufficiently analysed as a political and social phenomenon. We asked him several questions to better understand the origins and dynamics of the current democratic crisis in the United States and, more broadly, the global challenges facing contemporary democracies.

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This interview follows a talk given by Lincoln A. Mitchell, Political Analyst, Essayist and Lecturer at Columbia University, at IRIS on 11 December 2025.

Reinforced by the second term of the MAGA movement in power, the United States is facing a profound democratic crisis. Although widely discussed, the MAGA movement often remains insufficiently analysed as a political and social phenomenon. We asked him several questions to better understand the origins and dynamics of the current democratic crisis in the United States and, more broadly, the global challenges facing contemporary democracies.

  • What are the roots of the current democracy crisis in the United States?
  • What are today the core pillars of the MAGA movement?
  • How do international comparisons help us understand whether the American democratic crisis is unique or part of a broader global democratic backsliding?

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26.01.2026 à 14:40

Building a European Geospatial Intelligence Capability: Mapping Initiatives, Identifying Gaps, and Outlining Strategic Options

Coline Laroche              

Space-based intelligence, surveillance and reconnaissance (ISR) have become a decisive enabler of military power, a trend reinforced by high-intensity conflict and hybrid threats, notably since Russia’s war against Ukraine. Armed forces and political authorities increasingly depend on timely and reliable geospatial intelligence derived from Earth observation satellites to support situational awareness, crisis response and military operations. This reliance has grown faster than the governance frameworks needed to manage tasking, prioritisation, security and dissemination under crisis conditions. European capabilities in this sector span national assets, EU and NATO programmes, and rapidly expanding commercial constellations, but remain loosely coordinated rather than organised within a coherent architecture. This paper examines Europe’s geospatial intelligence (GEOINT) challenge through two scenarios: one in which an EU Earth Observation Governmental Service is established by 2028, improving coherence, responsiveness and strategic autonomy, while still facing significant governance and sovereignty challenges; and another in which Europe remains reliant on fragmented national systems with limited collective effectiveness. The paper argues that Europe’s core challenge lies in governance: without clear decisions, ongoing efforts risk reinforcing fragmentation; with them, an EUcentred but federative approach could provide the most credible pathway toward operational effectiveness and strategic autonomy.

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Space-based intelligence, surveillance and reconnaissance (ISR) have become a decisive enabler of military power, a trend reinforced by high-intensity conflict and hybrid threats, notably since Russia’s war against Ukraine. Armed forces and political authorities increasingly depend on timely and reliable geospatial intelligence derived from Earth observation satellites to support situational awareness, crisis response and military operations. This reliance has grown faster than the governance frameworks needed to manage tasking, prioritisation, security and dissemination under crisis conditions.

European capabilities in this sector span national assets, EU and NATO programmes, and rapidly expanding commercial constellations, but remain loosely coordinated rather than organised within a coherent architecture. This paper examines Europe’s geospatial intelligence (GEOINT) challenge through two scenarios: one in which an EU Earth Observation Governmental Service is established by 2028, improving coherence, responsiveness and strategic autonomy, while still facing significant governance and sovereignty challenges; and another in which Europe remains reliant on fragmented national systems with limited collective effectiveness. The paper argues that Europe’s core challenge lies in governance: without clear decisions, ongoing efforts risk reinforcing fragmentation; with them, an EUcentred but federative approach could provide the most credible pathway toward operational effectiveness and strategic autonomy.

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26.01.2026 à 14:28

Islamophobie : déni et réalité | Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? (4/5)

stagiairedecomm@iris-france.org

Quatrième épisode sur cinq de ma série « Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? ». Il demeure très difficile d’aborder l’islamophobie, si ce n’est pour la nier, voire contester l’usage même du terme. C’est particulièrement le cas en France, prétendument au nom de la laïcité. Pourtant, il est établi que les personnes musulmanes sont devenues la cible de discriminations graves et sont fréquemment associées à des notions telles que le terrorisme, la violence ou encore l’antisémitisme. La laïcité est aujourd’hui instrumentalisée pour être mobilisée contre l’islam, tandis que l’islamophobie est largement invisibilisée dans le débat public. Dénoncer cette réalité devient d’autant plus difficile que cela s’accompagne souvent d’accusations d’encourager le communautarisme ou d’entretenir une forme de complaisance envers le terrorisme.

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Quatrième épisode sur cinq de ma série « Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ? ».

Il demeure très difficile d’aborder l’islamophobie, si ce n’est pour la nier, voire contester l’usage même du terme. C’est particulièrement le cas en France, prétendument au nom de la laïcité.

Pourtant, il est établi que les personnes musulmanes sont devenues la cible de discriminations graves et sont fréquemment associées à des notions telles que le terrorisme, la violence ou encore l’antisémitisme. La laïcité est aujourd’hui instrumentalisée pour être mobilisée contre l’islam, tandis que l’islamophobie est largement invisibilisée dans le débat public.

Dénoncer cette réalité devient d’autant plus difficile que cela s’accompagne souvent d’accusations d’encourager le communautarisme ou d’entretenir une forme de complaisance envers le terrorisme.

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26.01.2026 à 12:59

L’architecture électrique chinoise et ses enjeux de sécurité

admn_iris

La consommation et l’approvisionnement en électricité en Chine ont fait l’objet de profondes mutations depuis le début des années 2000. Secteur relativement marginal au début du siècle, dans une économie dominée par l’usage direct du charbon, l’électricité est devenue l’un des secteurs énergétiques les plus stratégiques pour le gouvernement chinois qui en a fait l’une des priorités de son dernier plan quinquennal (2021-2025). Ce rapport propose un état des lieux des enjeux du développement de la production, du transport et de la consommation d’électricité pour la Chine, ainsi que des risques associés. Cette introduction s’adresse principalement au lecteur non spécialiste du sujet et contient : un bref récapitulatif du choix d’architecture global du système électrique effectué par la Chine comparativement aux réseaux européens et américains ; une analyse du profil électrique de la Chine et des grandes tendances observées depuis le début du siècle ; une interprétation des enjeux de politique interne associés à cette architecture et à ce profil de production/consommation, déterminants pour comprendre la stratégie électrique chinoise tant en interne que dans sa projection à l’international et qui seront développés dans la suite du rapport. 

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La consommation et l’approvisionnement en électricité en Chine ont fait l’objet de profondes mutations depuis le début des années 2000. Secteur relativement marginal au début du siècle, dans une économie dominée par l’usage direct du charbon, l’électricité est devenue l’un des secteurs énergétiques les plus stratégiques pour le gouvernement chinois qui en a fait l’une des priorités de son dernier plan quinquennal (2021-2025).

Ce rapport propose un état des lieux des enjeux du développement de la production, du transport et de la consommation d’électricité pour la Chine, ainsi que des risques associés. Cette introduction s’adresse principalement au lecteur non spécialiste du sujet et contient : un bref récapitulatif du choix d’architecture global du système électrique effectué par la Chine comparativement aux réseaux européens et américains ; une analyse du profil électrique de la Chine et des grandes tendances observées depuis le début du siècle ; une interprétation des enjeux de politique interne associés à cette architecture et à ce profil de production/consommation, déterminants pour comprendre la stratégie électrique chinoise tant en interne que dans sa projection à l’international et qui seront développés dans la suite du rapport. 

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24.01.2026 à 11:05

Boycotter la Coupe du Monde 2026 ?

stagiairedecomm@iris-france.org

Faut-il boycotter la Coupe du Monde de Football 2026 organisée au Mexique, au Canada et aux États-Unis ou faut-il retirer aux États-Unis l’organisation de ce tournoi ?Voilà le débat qui a émergé à la suite des différentes prises de position de l’administration Trump, notamment envers des pays considérés comme alliés avec la menace de prendre de force le Groenland ou l’imposition de droits de douane exorbitants. Cependant, il est très irréaliste de penser que l’organisation de la compétition pourrait être retirée aux États-Unis ou que des pays participants décident de boycotter l’évènement sportif. Mais ne pas boycotter ne veut pas dire se taire. Le problème vient de la FIFA, de Gianni Infantino, qui devrait imposer des règles à Trump et ne le fait pas. Trump va donc imposer sa loi et complètement bousculer la compétition. Il vaut donc mieux y participer et prendre position que de rester à la maison et se taire.

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Faut-il boycotter la Coupe du Monde de Football 2026 organisée au Mexique, au Canada et aux États-Unis ou faut-il retirer aux États-Unis l’organisation de ce tournoi ?
Voilà le débat qui a émergé à la suite des différentes prises de position de l’administration Trump, notamment envers des pays considérés comme alliés avec la menace de prendre de force le Groenland ou l’imposition de droits de douane exorbitants. Cependant, il est très irréaliste de penser que l’organisation de la compétition pourrait être retirée aux États-Unis ou que des pays participants décident de boycotter l’évènement sportif. Mais ne pas boycotter ne veut pas dire se taire. Le problème vient de la FIFA, de Gianni Infantino, qui devrait imposer des règles à Trump et ne le fait pas. Trump va donc imposer sa loi et complètement bousculer la compétition. Il vaut donc mieux y participer et prendre position que de rester à la maison et se taire.

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