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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

▸ Les 10 dernières parutions

30.10.2026 à 14:32

J’ai lu…« Israel’s Lobby: America in the Grip of a Foreign Power » d’Eli Clifton et Ian Lustick

stagiairedecomm@iris-france.org

Pascal Boniface analyse l’ouvrage « Israel’s Lobby: America in the Grip of a Foreign Power » (Atria, 2026) d’Eli Clifton et Ian Lustick. Il s’agit d’une enquête sur les réseaux d’influence pro-israélien et leur impact sur les décisions politiques à Washington. Entre financement des campagnes électorales à travers l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), pressions sur les responsables politiques, ingérence au sein des médias et des universités, et accusations d’antisémitisme visant à discréditer les voix critiques : le livre explore les différents leviers mobilisés par certains lobbies pour pousser Washington à soutenir Israël – parfois à l’encontre des intérêts états-uniens – et limiter la contestation de la politique menée par Tel-Aviv. De quelle manière les lobbies pro-israéliens influencent-t-ils les débats politiques aux États-Unis ? Jusqu’où peut aller l’alliance stratégique entre les deux pays ? Comment cette situation peut elle évoluer dans les prochaines années ? Des questions au cœur de cet ouvrage qui invite à poser un nouveau regard sur la politique des États-Unis vis-à-vis de son allié israélien.

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Pascal Boniface analyse l’ouvrage « Israel’s Lobby: America in the Grip of a Foreign Power » (Atria, 2026) d’Eli Clifton et Ian Lustick. Il s’agit d’une enquête sur les réseaux d’influence pro-israélien et leur impact sur les décisions politiques à Washington.

Entre financement des campagnes électorales à travers l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), pressions sur les responsables politiques, ingérence au sein des médias et des universités, et accusations d’antisémitisme visant à discréditer les voix critiques : le livre explore les différents leviers mobilisés par certains lobbies pour pousser Washington à soutenir Israël – parfois à l’encontre des intérêts états-uniens – et limiter la contestation de la politique menée par Tel-Aviv.

De quelle manière les lobbies pro-israéliens influencent-t-ils les débats politiques aux États-Unis ? Jusqu’où peut aller l’alliance stratégique entre les deux pays ? Comment cette situation peut elle évoluer dans les prochaines années ? Des questions au cœur de cet ouvrage qui invite à poser un nouveau regard sur la politique des États-Unis vis-à-vis de son allié israélien.

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29.10.2026 à 17:21

L’OCS, une OTAN asiatique ? | Expliquez-moi…

stagiairedecomm@iris-france.org

En septembre 2026, le sommet annuel de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) a réuni les dirigeants de ses dix États membres, dont Xi Jinping, Vladimir Poutine et Narendra Modi.Regroupant près de 40 % de la population mondiale, l’organisation est devenue un acteur majeur de la géopolitique eurasiatique. Née dans le contexte de l’après-guerre froide, elle a pour mission première de garantir la sécurité régionale, notamment en luttant contre les « trois fléaux » qu’elle définit comme étant le terrorisme, l’extrémisme et le séparatisme. Ses domaines d’actions se sont cependant largement élargis au cours des dernières années. Souvent présentée comme un pendant oriental de l’OTAN, elle ne constitue pourtant pas une alliance militaire et ne prévoit aucune garantie de défense mutuelle. Ses élargissements successifs, à partir de 2017 avec l’entrée de l’Inde et du Pakistan, ont accru son poids géopolitique, faisant de l’OCS un espace de dialogue et de coopération entre des puissances aux intérêts parfois contradictoires. Entre affirmation de la puissance chinoise, volonté russe de préserver son influence et stratégies de multi-alignement des autres membres, l’OCS illustre une approche des relations internationales fondée sur des partenariats souples plutôt que sur des alliances rigides. L’OCS est-elle une alliance soudée contre l’Occident ? Son élargissement renforce-t-il son poids régional ou accentue-t-il au contraire les divergences qui limitent son efficacité ?Retour en cartes, photos et infographies sur une organisation au cœur des rapports de force en Eurasie.

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En septembre 2026, le sommet annuel de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) a réuni les dirigeants de ses dix États membres, dont Xi Jinping, Vladimir Poutine et Narendra Modi.
Regroupant près de 40 % de la population mondiale, l’organisation est devenue un acteur majeur de la géopolitique eurasiatique. Née dans le contexte de l’après-guerre froide, elle a pour mission première de garantir la sécurité régionale, notamment en luttant contre les « trois fléaux » qu’elle définit comme étant le terrorisme, l’extrémisme et le séparatisme. Ses domaines d’actions se sont cependant largement élargis au cours des dernières années. Souvent présentée comme un pendant oriental de l’OTAN, elle ne constitue pourtant pas une alliance militaire et ne prévoit aucune garantie de défense mutuelle.

Ses élargissements successifs, à partir de 2017 avec l’entrée de l’Inde et du Pakistan, ont accru son poids géopolitique, faisant de l’OCS un espace de dialogue et de coopération entre des puissances aux intérêts parfois contradictoires. Entre affirmation de la puissance chinoise, volonté russe de préserver son influence et stratégies de multi-alignement des autres membres, l’OCS illustre une approche des relations internationales fondée sur des partenariats souples plutôt que sur des alliances rigides.

L’OCS est-elle une alliance soudée contre l’Occident ? Son élargissement renforce-t-il son poids régional ou accentue-t-il au contraire les divergences qui limitent son efficacité ?
Retour en cartes, photos et infographies sur une organisation au cœur des rapports de force en Eurasie.

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29.10.2026 à 16:12

L’opportunisme climatique russe : répercussions géopolitiques et sécuritaires

Coline Laroche              

Les effets des changements climatiques sur les relations interétatiques revêtent un caractère ambivalent. En tant que phénomène global, ils constituent un facteur potentiel de coopération entre États, afin d’assurer des politiques de lutte contre les changements climatiques coordonnées et efficaces. À l’inverse, les changements climatiques peuvent également se superposer à des tensions préexistantes et renforcer des dynamiques de rivalités ou de compétition entre acteurs. Cette tendance est d’autant plus perceptible dans le contexte contemporain marqué par un durcissement des relations interétatiques, révélateur de la remise en question du multilatéralisme hérité de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, ce contexte paraît propice à l’instrumentalisation des changements climatiques : certains acteurs étatiques allant jusqu’à les exploiter de manière coercitive et à s’en saisir comme d’un levier stratégique au même titre que les enjeux économiques, technologiques ou encore industriels. Si l’intégration des enjeux climatiques au service d’intérêts propres est une pratique commune à tous les États, elle n’en constitue pas moins une caractéristique notable de la politique climatique russe, qui peut être qualifiée d’opportuniste. Dans la Russie contemporaine, notamment poutinienne, la question climatique est envisagée de façon opportuniste, à travers le prisme des intérêts politiques et géopolitiques du régime – au même titre que d’autres enjeux, notamment économiques, technologiques et diplomatiques. C’est cette logique que nous proposons de qualifier de « climato-opportunisme », à savoir la stratégie climatique russe, entendue comme la capacité du pouvoir à adapter ses discours, engagements et politiques environnementales aux rapports de force. Cette note, à la croisée des enjeux climatiques et géopolitiques, analyse la manière dont la Russie intègre les changements climatiques dans une logique de « climato-opportunisme » au service de ses objectifs stratégiques. Cette approche se traduit par une forme de discordance dans la prise en compte des enjeux climatiques aux échelles nationales et internationales.

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Les effets des changements climatiques sur les relations interétatiques revêtent un caractère ambivalent. En tant que phénomène global, ils constituent un facteur potentiel de coopération entre États, afin d’assurer des politiques de lutte contre les changements climatiques coordonnées et efficaces. À l’inverse, les changements climatiques peuvent également se superposer à des tensions préexistantes et renforcer des dynamiques de rivalités ou de compétition entre acteurs. Cette tendance est d’autant plus perceptible dans le contexte contemporain marqué par un durcissement des relations interétatiques, révélateur de la remise en question du multilatéralisme hérité de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, ce contexte paraît propice à l’instrumentalisation des changements climatiques : certains acteurs étatiques allant jusqu’à les exploiter de manière coercitive et à s’en saisir comme d’un levier stratégique au même titre que les enjeux économiques, technologiques ou encore industriels.

Si l’intégration des enjeux climatiques au service d’intérêts propres est une pratique commune à tous les États, elle n’en constitue pas moins une caractéristique notable de la politique climatique russe, qui peut être qualifiée d’opportuniste. Dans la Russie contemporaine, notamment poutinienne, la question climatique est envisagée de façon opportuniste, à travers le prisme des intérêts politiques et géopolitiques du régime – au même titre que d’autres enjeux, notamment économiques, technologiques et diplomatiques. C’est cette logique que nous proposons de qualifier de « climato-opportunisme », à savoir la stratégie climatique russe, entendue comme la capacité du pouvoir à adapter ses discours, engagements et politiques environnementales aux rapports de force.

Cette note, à la croisée des enjeux climatiques et géopolitiques, analyse la manière dont la Russie intègre les changements climatiques dans une logique de « climato-opportunisme » au service de ses objectifs stratégiques. Cette approche se traduit par une forme de discordance dans la prise en compte des enjeux climatiques aux échelles nationales et internationales.

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28.10.2026 à 17:32

Le Japon face au défi Trump. Avec Robert Dujarric

Déborah Yapi

Le Japon opère aujourd’hui un tournant sécuritaire dans un contexte de préoccupations croissantes quant à la fiabilité des garanties de sécurité offertes par Washington. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le Japon avait renoncé à se doter de capacités offensives, au profit d’une doctrine de pacifisme, qui reposait en grande partie sur ces garanties états-uniennes. Cette politique est peu à peu remise en cause face à ce que Tokyo perçoit comme une intensification des menaces dans sa sphère régionale. Le pays s’inquiète de la montée en puissance de la Chine et de ses velléités sur Taïwan. La guerre en Ukraine conduit également le Japon à considérer la Russie comme une menace potentielle, notamment en raison de son contrôle de plusieurs îles revendiquées par Tokyo. La Corée du Nord constitue par ailleurs toujours une menace latente. Face à ces enjeux et face à un allié états-unien peu fiable aux yeux de Tokyo, le Japon cherche donc à élargir ses partenariats et développer ses propres capacités militaires. Comment le Japon s’adapte-t-il à l’imprévisibilité des États-Unis depuis le retour de Donald Trump ? Peut-il encore compter sur la protection militaire de Washington ? Comment Tokyo se positionne-t-il dans les tensions sino-taïwanaises ? Le débat sur l’acquisition de l’arme nucléaire est-il relancé ? L’Europe a-t-elle une visibilité auprès le Japon ? Vers quelles régions le Japon cherche-t-il à étendre son influence ? Autant d’enjeux abordés avec Robert Dujarric, universitaire au Japon et co-directeur de l’Institute of Contemporary Asian Studies (ICAS) de Temple University à Tokyo.

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Le Japon opère aujourd’hui un tournant sécuritaire dans un contexte de préoccupations croissantes quant à la fiabilité des garanties de sécurité offertes par Washington. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le Japon avait renoncé à se doter de capacités offensives, au profit d’une doctrine de pacifisme, qui reposait en grande partie sur ces garanties états-uniennes.

Cette politique est peu à peu remise en cause face à ce que Tokyo perçoit comme une intensification des menaces dans sa sphère régionale. Le pays s’inquiète de la montée en puissance de la Chine et de ses velléités sur Taïwan. La guerre en Ukraine conduit également le Japon à considérer la Russie comme une menace potentielle, notamment en raison de son contrôle de plusieurs îles revendiquées par Tokyo. La Corée du Nord constitue par ailleurs toujours une menace latente. Face à ces enjeux et face à un allié états-unien peu fiable aux yeux de Tokyo, le Japon cherche donc à élargir ses partenariats et développer ses propres capacités militaires.

Comment le Japon s’adapte-t-il à l’imprévisibilité des États-Unis depuis le retour de Donald Trump ? Peut-il encore compter sur la protection militaire de Washington ? Comment Tokyo se positionne-t-il dans les tensions sino-taïwanaises ? Le débat sur l’acquisition de l’arme nucléaire est-il relancé ? L’Europe a-t-elle une visibilité auprès le Japon ? Vers quelles régions le Japon cherche-t-il à étendre son influence ?

Autant d’enjeux abordés avec Robert Dujarric, universitaire au Japon et co-directeur de l’Institute of Contemporary Asian Studies (ICAS) de Temple University à Tokyo.

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28.10.2026 à 16:37

Turquie-Azerbaïdjan : crise diplomatique entre alliés

Coline Laroche              

Une nation, deux États : c’est ainsi que les dirigeants de la Turquie et de l’Azerbaïdjan définissent traditionnellement leur relation. Il faut dire que malgré la faible longueur de leur frontière commune – à peine quelques kilomètres – les deux pays affichent une amitié ouverte, aussi bien au niveau des gouvernements que des populations. Leurs langues sont très similaires, au point d’être mutuellement intelligibles, et l’islam (majoritairement chiite en Azerbaïdjan, sunnite en Turquie) est la religion principale au sein des deux pays. Pourtant, ces derniers jours, des tensions importantes semblent avoir perturbé l’idylle géopolitique qui unissait jusqu’alors le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Comment est-on arrivé à cette situation, et jusqu’où cette crise diplomatique peut-elle aller ?

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Une nation, deux États : c’est ainsi que les dirigeants de la Turquie et de l’Azerbaïdjan définissent traditionnellement leur relation. Il faut dire que malgré la faible longueur de leur frontière commune – à peine quelques kilomètres – les deux pays affichent une amitié ouverte, aussi bien au niveau des gouvernements que des populations. Leurs langues sont très similaires, au point d’être mutuellement intelligibles, et l’islam (majoritairement chiite en Azerbaïdjan, sunnite en Turquie) est la religion principale au sein des deux pays. Pourtant, ces derniers jours, des tensions importantes semblent avoir perturbé l’idylle géopolitique qui unissait jusqu’alors le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Comment est-on arrivé à cette situation, et jusqu’où cette crise diplomatique peut-elle aller ?

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28.10.2026 à 14:48

Guerre en Iran et tensions au Moyen-Orient : quels bouleversements pour les marchés pétroliers ?

Coline Laroche              

Au mois de septembre, le prix du moyen du Brent de la mer du Nord a atteint le deuxième taux le plus élevé de l’année. Ce prix très élevé s’inscrit dans la flambée des cours provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment la guerre en Iran déclenché par les États-Unis et Israël le 28 février 2026. La stratégie iranienne visant à bloquer le détroit d’Ormuz a fortement réduit l’offre mondiale et a contribué à une reconfiguration des flux pétroliers. Quel est l’état des lieux actuel des marchés pétroliers ? Quels positionnements adoptent l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses pays alliés (OPEP+), les États-Unis et la Chine ? Face à cette crise, quelle a été la réaction de l’Union européenne (UE) et de quels leviers dispose-t-elle ? Le point avec Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS. Le prix du pétrole a atteint au mois de septembre son niveau le plus élevé depuis le mois d’avril. Comment expliquer une telle hausse de prix et quel bilan peut-on dresser de l’impact des conflits au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers ? En septembre, le prix moyen du Brent de la mer du Nord était de 114 dollars (USD) par baril, soit un niveau très élevé. C’est le record en 2026 juste après avril (un peu plus de 117 dollars par baril). Et, sur janvier-septembre, la moyenne (un peu plus de 93 dollars par baril ) est la plus élevée depuis 2022 (100,80 dollars par baril sur 12 mois), année marquée par le début de la seconde guerre en Ukraine. Le 27 octobre, le Brent a clôturé à 114 dollars par baril  environ. La flambée des prix du pétrole brut et des produits raffinés est la première conséquence de la guerre d’Iran et de la stratégie iranienne visant à bloquer le détroit d’Ormuz, […]

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Texte intégral (2016 mots)

Le prix du pétrole a atteint au mois de septembre son niveau le plus élevé depuis le mois d’avril. Comment expliquer une telle hausse de prix et quel bilan peut-on dresser de l’impact des conflits au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers ?

En septembre, le prix moyen du Brent de la mer du Nord était de 114 dollars (USD) par baril, soit un niveau très élevé. C’est le record en 2026 juste après avril (un peu plus de 117 dollars par baril). Et, sur janvier-septembre, la moyenne (un peu plus de 93 dollars par baril ) est la plus élevée depuis 2022 (100,80 dollars par baril sur 12 mois), année marquée par le début de la seconde guerre en Ukraine. Le 27 octobre, le Brent a clôturé à 114 dollars par baril  environ.

La flambée des prix du pétrole brut et des produits raffinés est la première conséquence de la guerre d’Iran et de la stratégie iranienne visant à bloquer le détroit d’Ormuz, l’un des détroits les plus stratégiques au monde par lequel passent normalement des navires (tankers) transportant de l’ordre de 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits raffinés. L’Iran a par ailleurs visé et frappé de nombreuses installations énergétiques dans les pays arabes du Golfe, notamment pétrolières et gazières. Outre la hausse des prix, la stratégie iranienne a généré une baisse de la production et des exportations pétrolières du Moyen-Orient, ce qui a réduit l’offre pétrolière mondiale. Cette baisse a été particulièrement forte pour les produits raffinés, notamment le gazole et les carburants avion, dont les prix ont d’ailleurs augmenté beaucoup plus fortement que les prix du brut. Le prix d’un baril de gazole est ainsi quasiment deux fois plus élevé que celui du pétrole… Elle a aussi provoqué une forte baisse des revenus pétroliers des pays arabes du Golfe, pour lesquels le pétrole est évidemment une ressource essentielle, et met gravement en danger leur modèle économique.

Face à cette chute de l’offre pétrolière mondiale, les pays importateurs de pétrole, en tout cas ceux qui ont les moyens de détenir des stocks stratégiques de brut et de produits raffinés, ont mis sur le marché une partie importante de ceux-ci pour limiter la flambée des prix et les risques de pénurie. Il s’agit en particulier des pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE, Paris), qui regroupe 32 États, et de la République populaire de Chine. Les compagnies pétrolières ont quant à elles puisé dans leurs stocks commerciaux. Selon l’AIE, les stocks pétroliers mondiaux auraient baissé de 509 millions de barils entre l’avant-guerre d’Iran et la fin septembre 2026 (1 baril = 159 litres). Le 11 mars dernier, l’AIE a décidé de mettre sur le marché 400 millions de barils extraits de ses stocks stratégiques, ce qui constitue un record historique pour cette agence créée en 1974.   

Un point positif cependant. Depuis plusieurs semaines, les volumes de brut exportés par les pays arabes du Golfe sont beaucoup plus importants qu’auparavant car de nombreux tankers arrivent à traverser Ormuz sous protection militaire américaine. Et il faut ajouter à cela le brut exporté grâce à trois oléoducs contournant Ormuz (Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Irak-Turquie). Pourtant, comme indiqué ci-dessus, les prix du pétrole restent très élevés car les incertitudes demeurent très grandes, les menaces de l’Iran ne sont pas à prendre à la légère et les rumeurs sur de prochaines frappes américaines et israéliennes contre l’Iran après les élections de mi-mandat aux États-Unis le 3 novembre contribuent à maintenir une forte pression haussière sur les cours de l’or noir.

Face à une reconfiguration des flux pétroliers, quels positionnements adoptent les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP+), les États-Unis et la Chine ?

L’OPEP+, qui regroupe 21 pays depuis le 1er mai 2026, a décidé d’augmenter son plafond de production à plusieurs reprises entre avril et septembre avant de le geler en octobre et en novembre. Ces hausses ont été plutôt théoriques compte tenu du blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran mais elles montrent la volonté de cette coalition de continuer à alimenter le marché mondial. Mais l’OPEP+ et l’OPEP (11 États membres actuellement) ont perdu le 1er mai un pays important, les Émirats arabes unis (EAU), un grand producteur et exportateur de pétrole. Ce départ, qui est pour partie lié à la guerre d’Iran et à des divergences avec d’autres pays arabes dont l’Arabie saoudite, s’explique aussi par le fait que les EAU étaient mécontents depuis quelque temps du quota de production que l’OPEP+ leur a attribué. Ce pays a investi des sommes considérables pour accroître sa capacité de production et se trouvait limité par un quota devenu trop bas. Les EAU sont aussi un État qui est très avancé sur la route de la diversification économique. Ce retrait de l’OPEP et de l’OPEP+ est également un moyen de se rapprocher encore davantage des États-Unis et de l’administration Trump, qui n’est pas un grand ami de l’OPEP et de l’OPEP+.

Sans surprise, les États-Unis jouent un rôle clé. Ils bloquent les ports iraniens depuis le 13 avril, à l’exception d’une période de trois semaines environ entre le 20 juin et le 10 juillet 2026, et escortent des convois de tankers depuis le mois d’août. Ces actions ont contribué à réduire très fortement les exportations pétrolières de l’Iran et à accroître de façon significative celle des pays arabes, ce qui a inversé le rapport de forces en matière de pétrole. Les États-Unis ont aussi continué à accroître leur production pétrolière nationale, qui devrait atteindre 14 millions de barils par jour à la fin de l’année et, ce, seulement pour le pétrole brut. Si l’on ajoute au brut d’autres liquides, souvent associés au gaz naturel, on arrive à un niveau stratosphérique de 22 millions de barils par jour environ. Ce pays est de loin le premier producteur mondial de pétrole, il exporte du pétrole (mais il en importe un peu plus qu’il n’en exporte) et il est un très gros exportateur net de produits raffinés, ce qui revêt une très grande importance dans le contexte actuel.

Deuxième consommateur mondial et premier importateur mondial de pétrole, la Chine est très préoccupée par la guerre d’Iran et par ses conséquences, notamment pétrolières. Le pays a réduit sa consommation pétrolière et a fortement diminué ses importations pétrolières, ce qui a largement contribué à atténuer l’impact de la crise de 2026 sur le marché pétrolier mondial. La Chine a puisé dans ses stocks, qui sont très abondants. Même si elle soutient l’Iran, elle ne souhaite pas du tout que ce pays bloque Ormuz et elle ne perd pas une occasion de souligner qu’il faut trouver une issue diplomatique à ce conflit. Elle n’a pas joué un rôle très actif, en tout cas publiquement, dans la recherche d’une solution à cette guerre mais elle soutient les efforts de médiation du Pakistan qui ont débouché notamment sur un cessez-le-feu en avril. Un cessez-le-feu très relatif mais qui a cependant permis de réduire fortement l’intensité militaire du conflit. Le 17 juin 2026, Washington et Téhéran ont signé un protocole d’accord (MoU – Memorandum of Understanding) mais celui-ci a rapidement volé en éclats.

Face aux pressions de Washington, les membres du G7, et notamment l’Union européenne (UE) et la France, ont annoncé la libération de jusqu’à 100 millions de barils de pétrole et de diesel sur quatre mois. Que traduit cette annonce des marges de manœuvre de Bruxelles face aux États-Unis, désormais principal fournisseur de pétrole pour l’Union européenne avec la Norvège et le Kazakhstan ? Quels sont les leviers dont dispose l’UE et la France face à la crise énergétique actuelle ?

Annoncée le 2 octobre, cette décision du G7 a effectivement été adoptée sous forte pression américaine. Le président Trump avait évoqué un possible arrêt des exportations américaines de gazole, ce qui aurait encore aggravé une situation très tendue pour ce produit clé du fait de la situation au Moyen-Orient et de la guerre entre l’Ukraine et la Russie. L’une des contreparties de ces 100 millions de barils de brut et de gazole est que Washington s’est engagé à ne pas limiter ses exportations énergétiques vers les autres pays du G7. L’Union européenne (UE) a alors poussé un « ouf » de soulagement. Mais l’accord du 2 octobre prévoyait également que le G7 maintiendrait ses sanctions contre la Russie, ce qui n’a pas empêché Donald Trump de conclure sept jours plus tard un accord avec Vladimir Poutine pour que la Russie exporte du gazole sur le marché mondial et vers les États-Unis… Ce coup de poignard dans le dos de l’Ukraine et de l’UE prouve, s’il en était besoin, à quel point le président des États-Unis nous tient en haute estime.

Pour l’UE et ses États membres, il faut un mélange de solutions à court terme, à moyen terme et à long terme. Le récent voyage du président français au Moyen-Orient, à la recherche d’approvisionnements supplémentaires de gazole notamment, s’inscrit dans la première catégorie, de même que la mobilisation des stocks stratégiques au sein de l’AIE et l’assouplissement de certaines réglementations environnementales. L’UE semble par ailleurs redécouvrir le caractère stratégique de l’industrie du raffinage, ce qui confirme qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. À plus long terme, l’accélération de la transition énergétique a beaucoup de sens pour un ensemble de pays pauvres en énergies fossiles et subissant de plein fouet les perturbations du marché pétrolier mondial. 

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27.10.2026 à 17:30

Qu’est-ce que la géopolitique ?

Déborah Yapi

Qu’est-ce que la « géopolitique » ? Dans un contexte mondial où les enjeux internationaux occupent une place de plus en plus importante, l’usage du terme « géopolitique » s’est de plus en plus répandu dans le débat public au cours des dernières décennies. Pour comprendre les contours de cette discipline et pourquoi elle a longtemps fait l’objet de débat, Victor Pelpel, directeur adjoint de l’IRIS, revient sur son histoire et son évolution.

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Qu’est-ce que la « géopolitique » ? Dans un contexte mondial où les enjeux internationaux occupent une place de plus en plus importante, l’usage du terme « géopolitique » s’est de plus en plus répandu dans le débat public au cours des dernières décennies.

Pour comprendre les contours de cette discipline et pourquoi elle a longtemps fait l’objet de débat, Victor Pelpel, directeur adjoint de l’IRIS, revient sur son histoire et son évolution.

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27.10.2026 à 16:32

« Pour une nouvelle psychanalyse » – 3 questions à Gérard Haddad

stagiairedecomm@iris-france.org

Psychiatre, psychanalyste, auteur, essayiste, et lauréat 2026 du prix Ibn Khaldoun pour la science et la paix de l’UNESCO, Gérard Haddad répond aux questions de Pascal Boniface à l’occasion de la parution de son essai Pour une nouvelle psychanalyse aux éditions Desclée de Brouwer. Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir écrire ce livre ? C’est le résultat d’une vie de réflexion dont la psychanalyse fut le déclencheur après une longue analyse faite avec Jacques Lacan. La psychanalyse est une vieille dame de près d’un siècle et demi qui appelait un rafraichissement de ses concepts. C’est ce que je tente dans ce livre. La psychanalyse a un double aspect, celui de sa clinique, dans l’intimité d’un cabinet avec la visée d’alléger la souffrance psychique de ceux qui consultent. Son second aspect est celui d’apporter son éclairage sur le monde, sur ses tragédies, c’est-à-dire sur la politique. Lacan disait « L’inconscient c’est la politique » sans qu’on sache trop quoi faire de ce jugement. Cet aphorisme trouve tout son sens dans mon livre. Sigmund Freud écrivit plusieurs textes en ce sens comme « Pourquoi la guerre ? » avec Albert Einstein ou « Malaise dans la civilisation ». Mais ces analyses datent. Il y a comme un arrêt dans la réflexion psychanalytique avec régression sur des institutions sectaires bureaucratiques. Mon interprétation de cet arrêt est la suivante : Freud avait fait de son complexe d’Œdipe la pièce maîtresse de sa théorie. Généraliser ce concept sur le plan politique, comme il tenta de le faire, est une impasse. Quelle aide ce complexe nous fournit-il pour interpréter la guerre russo-ukrainienne ou le génocide de Gaza. Je pense que mon complexe de Caïn, lui, est sur ces questions plus efficace. Ce que je développe dans ces pages, établir un lien entre la théorie psychanalytique et la pensée politique, en particulier celle de […]

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Texte intégral (1265 mots)

Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir écrire ce livre ?

C’est le résultat d’une vie de réflexion dont la psychanalyse fut le déclencheur après une longue analyse faite avec Jacques Lacan.

La psychanalyse est une vieille dame de près d’un siècle et demi qui appelait un rafraichissement de ses concepts. C’est ce que je tente dans ce livre.

La psychanalyse a un double aspect, celui de sa clinique, dans l’intimité d’un cabinet avec la visée d’alléger la souffrance psychique de ceux qui consultent. Son second aspect est celui d’apporter son éclairage sur le monde, sur ses tragédies, c’est-à-dire sur la politique. Lacan disait « L’inconscient c’est la politique » sans qu’on sache trop quoi faire de ce jugement. Cet aphorisme trouve tout son sens dans mon livre.

Sigmund Freud écrivit plusieurs textes en ce sens comme « Pourquoi la guerre ? » avec Albert Einstein ou « Malaise dans la civilisation ». Mais ces analyses datent. Il y a comme un arrêt dans la réflexion psychanalytique avec régression sur des institutions sectaires bureaucratiques.

Mon interprétation de cet arrêt est la suivante : Freud avait fait de son complexe d’Œdipe la pièce maîtresse de sa théorie. Généraliser ce concept sur le plan politique, comme il tenta de le faire, est une impasse. Quelle aide ce complexe nous fournit-il pour interpréter la guerre russo-ukrainienne ou le génocide de Gaza. Je pense que mon complexe de Caïn, lui, est sur ces questions plus efficace. Ce que je développe dans ces pages, établir un lien entre la théorie psychanalytique et la pensée politique, en particulier celle de Thomas Hobbes.

Vous militez dans des organisations comme l’Union juive française pour la paix (UJFP) et la coordination médicale pour la Palestine. Cette position est-elle en rapport avec vos recherches ?

Je crois que oui. Pour moi, c’est évident. Quand la tragédie de Gaza commença après le massacre du 7 octobre 2023, le génocide avec ses destructions inouïes, disproportionnées, inhumaines, j’en ai été bouleversé et quelque chose de radical dans ma vie a été changé à cause de l’effondrement des valeurs juives qui étaient mon idéal. J’ai rompu avec le sionisme. D’où mon adhésion à l’UJFP et ma participation à des organisations, en particulier médicales, cherchant à manifester leur solidarité avec le peuple palestinien.  À ma surprise, je me suis retrouvé très seul sur cette position. La très grande majorité des psychanalystes, quelle que soit leur orientation, étaient soit silencieux au nom de je ne sais quelle neutralité, soit surtout engagés aux côtés de la politique israélienne. Citons en particulier l’association Schibbolet qui se dit freudienne, franco-israélienne organisant des conférences avec participation de Michel Onfray, Bernard-Henri Lévy etc.  Ceux qui ne partagent pas cette position sont, comme d’habitude, traités d’antisémites ou on leur prête une haine de soi.

La question des raisons de ces positions se pose évidemment et elles sont sûrement multiples. Mais l’une d’entre elles, et non la moindre, est la position théorique sous-jacente. Celle de ces gens est conforme à la théorie classique avec Œdipe et parricide originaire, position patriarcale pourrait-on dire. Avec mon complexe de Caïn je me situe sur le plan fraternel.

 Le génie de Freud ne l’a pas empêché de commettre quelques erreurs, en particulier concernant l’islam. Dans L’homme Moïse et la religion monothéiste (1939), il affirme que la faiblesse de l’islam proviendrait de ce que les musulmans n’ont pas tué le fondateur, conformément à sa théorie développée dans « L’homme Moïse ». Or il semble pourtant que la fin de vie de Mahomet n’a pas été simple. A-t-il été empoisonné ? En tout cas son cadavre attendit, 7 jours durant, une sépulture dans la canicule arabique. Les fondateurs sont aussi les premiers califes, tous assassinés à l’exception du premier Aboubakar. Sans parler du chiisme dont le fondateur Hussein fut tué. Ces analystes prosionistes reprennent scolairement la thèse freudienne sur l’islam, thèse qui alimente leur islamophobie.

Cette analyse confirme que ma position politique et mes travaux théoriques sont en étroite cohérence comme cela devrait être le cas dans toute véritable recherche en ce domaine.

Quelle était, dans le passé, la position des psychanalystes à l’égard des régimes tyranniques ?

Cette une question importante et compliquée. Elle touche à quelques-unes des pages les plus noires de l’histoire de la psychanalyse. En principe, dans la tradition libérale qui est la sienne la discipline est incompatible avec les régimes tyranniques. Il en a été ainsi dans les pays communistes.

Mais tel n’a pas été le cas avec les pays fascistes. Déjà Freud envoya un exemplaire d’un de ses livres dédicacés à Benito Mussolini. Mais les pages de son histoire concernant son rapport au nazisme sont des plus sombres. Curieusement Hermann Göring aimait la psychanalyse et il y aurait eu recours. Aussi un accord fut-il signé avec le président de l’institut international de psychanalyse Ernest Jones pour que l’institut de Berlin fut maintenu en changeant de nom et en excluant tous les juifs qui eurent néanmoins la vie sauve. Freud, déjà très malade, protesta contre cet accord sans s’y opposer. Après la guerre, les « psychanalystes » de cet institut nazi se réfugièrent au Brésil en particulier un certain Werner Kemper qui en fut le président. Au cours des années suivantes où le Brésil connut une dictature militaire, de scabreuses histoires entre psychanalystes et tortionnaires se déroulèrent. Elles firent du bruit dans le milieu feutré de la psychanalyse mais eurent des répercussions en France où le président de l’Institut de psychanalyse, découvrant ces faits, démissionna après un violent affrontement avec son collègue Serge Lebovici. Une importante psychanalyste argentine, Liliane Besserman Vianna a publié un livre N’en parlez à personne  (L’Harmattan). Elle paya très cher pour avoir dévoilé ce scandale, elle fut chassée de l’institution psychanalytique, menacée de mort avant d’être réhabilitée. Épuisée elle mourut prématurément. Ce sont ces écuries d’Augias que mon livre, je l’espère, contribuera à nettoyer.

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27.10.2026 à 16:09

Les Jeux mondiaux nomades 2026 au Kirghizstan : anatomie d’une compétition régionale à l’ambition mondiale

Coline Laroche              

Dans les gorges de Kyrchyn, les antennes téléphoniques se dressent au pied des montagnes. Plus loin, des yourtes. Plus loin encore, des constructions évoquant une forteresse ancienne mais un rapide coup d’oeil permet de comprendre que les bâtiments ont été construits récemment. Enfin, des installations sportives apparaissent. Ici, le moderne et le traditionnel cohabitent au service d’un but : composer le paysage des Jeux mondiaux nomades pour se montrer au monde entier. C’est peut-être la première fois que la 5G est aussi bonne dans la région. Et pour cause, du 31 août au 6 septembre 2026, le Kirghizstan accueille la sixième édition de ces Jeux, douze ans après leur création. L’ouverture à Bichkek, puis les compétitions et les manifestations culturelles autour du lac Issyk-Koul, ont pour but de révéler un pays désireux de raconter lui-même son histoire, nomade, soviétique, et capitaliste. Sur le papier, le bilan est positif. Plus de 3 000 sportifs venus de 109 pays ont participé à 42 disciplines. Une géographie qui déborde largement de l’Asie centrale. Si cela ne suffit pas à faire des Jeux un événement comparable aux méga-événements sportifs comme les Jeux olympiques et paralympiques (JOP), cela indique une ambition dont il faut comprendre la portée. Pour le Kirghizistan, l’objectif est de transformer un héritage régional en proposition universelle. En d’autres termes, se réapproprier son passé, reconstruire son roman national, et le diffuser. Le tout dans un contexte plus général de désoccidentalisation et de régionalisation du sport mondial, dont la portée tient autant à ce qu’elle invente qu’à ce qu’elle reproduit. Dès lors, de quoi les Jeux nomades 2026 sont-ils le nom ?

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Dans les gorges de Kyrchyn, les antennes téléphoniques se dressent au pied des montagnes. Plus loin, des yourtes. Plus loin encore, des constructions évoquant une forteresse ancienne mais un rapide coup d’oeil permet de comprendre que les bâtiments ont été construits récemment. Enfin, des installations sportives apparaissent. Ici, le moderne et le traditionnel cohabitent au service d’un but : composer le paysage des Jeux mondiaux nomades pour se montrer au monde entier. C’est peut-être la première fois que la 5G est aussi bonne dans la région. Et pour cause, du 31 août au 6 septembre 2026, le Kirghizstan accueille la sixième édition de ces Jeux, douze ans après leur création. L’ouverture à Bichkek, puis les compétitions et les manifestations culturelles autour du lac Issyk-Koul, ont pour but de révéler un pays désireux de raconter lui-même son histoire, nomade, soviétique, et capitaliste. Sur le papier, le bilan est positif. Plus de 3 000 sportifs venus de 109 pays ont participé à 42 disciplines. Une géographie qui déborde largement de l’Asie centrale. Si cela ne suffit pas à faire des Jeux un événement comparable aux méga-événements sportifs comme les Jeux olympiques et paralympiques (JOP), cela indique une ambition dont il faut comprendre la portée. Pour le Kirghizistan, l’objectif est de transformer un héritage régional en proposition universelle. En d’autres termes, se réapproprier son passé, reconstruire son roman national, et le diffuser. Le tout dans un contexte plus général de désoccidentalisation et de régionalisation du sport mondial, dont la portée tient autant à ce qu’elle invente qu’à ce qu’elle reproduit. Dès lors, de quoi les Jeux nomades 2026 sont-ils le nom ?

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