L’ancien chef de cabinet retrace dans son ouvrage la relation de proximité empreinte de «discrétion» et de «fidélité» qu’il entretenait avec le premier président de gauche de la Ve République.
Christian Amblard, directeur de recherches au CNRS et fils de paysans
Les subventions européennes de la politique agricole commune sont attribuées sur la base d’une dotation à l’hectare ou à la tête de bétail pour les éleveurs, ce qui favorise les grandes exploitations. Il est temps d’y remédier, estime Christian Amblard, directeur de recherches au CNRS.
En mettant la main sur le pétrole vénézuélien, le président américain se pose en superpuissance dans les énergies fossiles face à la Chine, leader de l’électrification et les renouvelables, analyse le professeur d’économie.
Les Etats-Unis ont annoncé mercredi 7 janvier leur retrait de deux organisations internationales majeures consacrées au climat. Un coup porté au combat écologique, certes, mais qui, loin d’être perdu pour autant, peut se mener à une multitude de niveaux.
L’imitation grotesque du président français par son homologue est humiliante pour nous mais aussi pour tous les Américains estomaqués par la vulgarité crasse de celui qui est censé les représenter.
Eric Carpano, professeur de droit public, analyse l’hypothèse du «rachat» du territoire par les Etats-Unis et rappelle que le droit international d’après 1945 a justement été conçu pour empêcher que les peuples «redeviennent» des monnaies d’échange.
Patrick Sabatier, ex-journaliste et directeur adjoint de la rédaction de «Libération» (2000-2007)
A l’instar des Chinois qui ont depuis longtemps lu le grand stratège Sun Tzu, les Européens feraient bien d’appliquer à la lettre les principes de son «Art de la guerre» pour mettre fin à l’impérialisme trumpien.
Sa récente mise au rebut par le Danemark le 31 décembre confirme son recul, partout face à l’ogre numérique. Mais sa raréfaction offre aussi l’opportunité de la singulariser. Ode à la lettre.
Le poids des tensions internationales sera central dans les débats de 2027. «Libération» a interrogé trois figures politiques majeures pour essayer de comprendre les enjeux de la nouvelle donne mondiale.
C’est l’histoire d’un groupe de députés qui se réunissent durant trois heures pour décider de ne plus proférer de propos mensongers lors des auditions d’une commission d’enquête ! Un double salto enfin décrypté.
André Grimaldi, professeur émérite de médecine CHU Pitié-Salpêtrière
Le professeur émérite de médecine au CHU Pitié Salpêtrière, déplore l’appel des syndicats de praticiens libéraux à pratiquer la grève des soins. Si l’on veut défendre un système de santé égalitaire et solidaire, il faut commencer à dissocier les médecins généralistes et les spécialistes «raisonnables» des ultralibéraux sans foi ni loi.
L’Union européenne est un havre de paix. Il est désormais attaqué par les empires pour ce qu’il prétend être : démocratique, relativement sécularisé, social et libre.
Dorothée Neveux, médecin généraliste dans le Rhône
Depuis le 5 janvier, les médecins libéraux sont en grève. Témoignage de Dorothée Neveux qui refuse de pratiquer une médecine gouvernée par des objectifs comptables, alors que la mise sous objectifs des médecins pourrait devenir obligatoire.
En publiant lundi 5 janvier un programme vaccinal revu à la baisse, le ministre de la Santé saborde la politique de prévention sanitaire des Etats-Unis. Un virage dont les conséquences s’annoncent désastreuses.
L’épisode en cours fragilise encore les sans-abri et les mal logés, et il perturbe la circulation. Mais il offre des décors de carte postale, fait jouer les enfants, oblige au ralentissement et étouffe les bruits de la ville. De quoi relativiser les discours catastrophistes.
Diana Burgos-Vigna, professeure en études latino-américaines à l'université Paris-Nanterre et à l'Institut des Amériques
En proclamant sa volonté de diriger le Venezuela, Donald Trump réactive une tradition impérialiste vieille de plus d’un siècle, bien plus proche de la politique du «gourdin» de Roosevelt que de la simple doctrine Monroe, estime la professeure en études latino-américaines Diana Burgos-Vigna.
Johann Soufi, avocat spécialisé en droit international et chercheur associé au centre Thucydide, université Paris-II Panthéon Assas.
Pour l’avocat Johann Soufi, l’intervention américaine acte un effondrement du droit international. Les violations qui ont eu lieu en Iran, en Palestine, en Ukraine peuvent atteindre toutes les régions du monde et risquent de toucher le droit interne, inévitablement.
Pour la spécialiste des Etats-Unis, les Américains sont préoccupés par l’«urgence sociale» dans leur pays et l’interventionnisme de Donald Trump à l’international aura un impact limité.
L’attaque américaine contre le Venezuela et le sort réservé à l’ex-commissaire européen participent d’une même logique : rien ne doit entraver l’appétit vorace de l’ogre américain.
Groenland, Colombie, Cuba… Le coup de force du président américain laisse craindre d’autres opérations militaires déstabilisant davantage l’ordre international.
Les vidéos tournées lors de cette tragédie, à l’intérieur du bar ou à l’extérieur, font débat sur l’usage du téléphone portable dans pareilles circonstances. La curiosité morbide a permis à ces images de connaître une forte audience.
Avec son opération au Venezuela, hors de tout cadre juridique, le président américain piétine le droit international mais prouve surtout qu’il est comme Poutine et Xi : un dictateur.
Le communiqué d’Emmanuel Macron suite à l’enlèvement de Nicolás Maduro est un chef-d’œuvre de prudence molle, où chaque mot a été calibré pour ne pas froisser la Maison Blanche. Voilà qui en dit davantage sur la France que sur le Venezuela, selon l’écrivain François-Henri Désérable.
Une arrestation présidentielle devient phénomène de mode. La gravité diplomatique cède le pas au consumérisme instantané. La veste d’un capturé chef d’Etat peut devenir un objet de désirabilité.
Nous, non-juifs, ne devons pas laisser les Français juifs seuls face à l’antisémitisme qui ressurgit sous couvert d’antisionisme, appelle Belinda Cannone, romancière et essayiste.
Qu’elle soit procurée par la mer, une montagne enneigée ou une mélodie de David Bowie, l’émotion esthétique offre la promesse de vivre plus intensément, explique le philosophe.
Tandis qu’Emmanuel Macron a simplement pris acte de l’attaque américaine sur Caracas, Marine Le Pen a elle rappelé que la souveraineté d’un Etat n’était jamais négociable. Un contraste saisissant qui permet au parti d’extrême droite de se crédibiliser. Une nouvelle couche de ripolinage dans son entreprise de conquête du pouvoir.
Carlos Castillo, journaliste vénézuélien exilé en France, ancien correspondant de presse à Caracas
Si l’opération militaire américaine suscite des inquiétudes légitimes chez les citoyens européens, elle acte surtout le début d’un immense chantier : celui de rendre au Venezuela sa dignité et sa liberté, rappelle Carlos Castillo, journaliste vénézuélien exilé en France.
Les bombardements sur le pays d’Amérique latine et l’enlèvement de Nicolás Maduro envoient le message qu’aucun lieu au monde n’échappe à «l’action réformatrice et punissante» de Washington, analyse le professeur de relations internationales.
Opération spectaculaire, message brutal au reste du monde. La capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro par Washington en ce début d’année assume une diplomatie de la force et des intérêts pétroliers. Une stratégie qui fait fi du droit international et expose les silences européens.
La réaction très tardive du président français au coup d’Etat mené par les Etats-Unis au Venezuela vient balayer la doctrine Chirac en matière internationale. Un signe de faiblesse à l’image de la position européenne, qui révèle notre impuissance.
En renversant Nicolás Maduro, la première puissance mondiale vient de franchir un cap. Son président mène une croisade idéologique et égotique, tout en lorgnant le pétrole du Venezuela. Une démocratie ne devrait pas faire ça.