Le gouvernement français a approuvé dimanche la démission de la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, présentée la veille par l'ex-ministre Jack Lang, mis en cause pour ses liens avec le financier américain et criminel sexuel Jeffrey Epstein.
"Je crois que Jack Lang a pris la seule décision possible, la seule décision souhaitable en l'état. La situation était, me semble-t-il, intenable", a affirmé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à la radio franceinfo.
"Il y a une question morale qui se pose, me semble-t-il, de façon évidente", a ajouté Mme Bregeon, tout en rappelant qu'il revenait "à la justice de dire pour l'ensemble des parties prenantes quelles sont les responsabilités".
Ancien ministre socialiste de la Culture, célèbre pour avoir lancé dans les années 80 le concept de la Fête de la musique repris dans plusieurs pays, Jack Lang a proposé samedi sa démission de la présidence de l'IMA, prestigieux institut culturel consacré au monde arabe.
M. Lang se trouvait sous la pression du président français Emmanuel Macron dont les services l'avaient exhorté à "penser" à l'image de l'IMA, avant d'annoncer sobrement "prendre acte" de sa démission samedi.
Si aucune charge ne pèse à ce stade contre lui, la mention de son nom à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein et ses liens d'intérêt avec le financier américain avaient poussé de nombreux membres de la classe politique à exiger son départ.
Le parquet national financier, entité chargée de la lutte contre la grande délinquance économique, a ouvert vendredi une enquête préliminaire contre Jack Lang, ainsi que sa fille Caroline, qui avait fondé une société "offshore" avec M. Epstein, pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée".
L'ancien ministre, qui dénonce des "accusations inexactes", affirme notamment qu'il ignorait le passé criminel du financier américain, mort en prison en 2019.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUn dirigeant du Hamas, Khaled Mechaal, a affirmé dimanche que le mouvement palestinien ne renoncerait pas à ses armes et refuserait toute domination étrangère sur la bande de Gaza, en dépit des appels à désarmer lancés par Israël et les États-Unis.
« Criminaliser la résistance, ses armes et ceux qui l'ont menée est quelque chose que nous ne devrions pas accepter », a déclaré Khaled Mechaal lors d'une conférence à Doha, en ajoutant que l'armement du Hamas était partie intégrante de la « résistance » contre Israël dans les territoires palestiniens. « Tant qu'il y a une occupation, il y a de la résistance. La résistance est le droit des peuples sous occupation (...). C'est quelque chose dont les nations sont fières », a déclaré Khaled Mechaal, ancien chef du bureau politique du Hamas qui dirige actuellement le bureau de la diaspora du mouvement.
Après la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu le 10 octobre, le plan du président américain Donald Trump destiné à mettre fin définitivement à la guerre entre Israël et le Hamas est entré à la mi-janvier dans sa deuxième phase, qui prévoit notamment le désarmement du mouvement et le retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza. Mais le Hamas, qui dirige le territoire depuis 2007, a fait de son désarmement une ligne rouge, tout en n'excluant pas de remettre ses armes à une future autorité aux mains des Palestiniens.
Selon des responsables israéliens, le mouvement islamiste dispose encore de 20.000 combattants et de dizaines de milliers d'armes à Gaza.
La gouvernance du territoire, ravagé par deux ans de guerre, doit être confiée dans une phase transitoire à un comité de 15 technocrates palestiniens, sous l'autorité du « Conseil de paix » présidé par Donald Trump.
Khaled Mechaal a appelé dimanche le « Conseil de paix » à adopter une « approche équilibrée » qui permettrait la reconstruction de Gaza et l'afflux d'aide humanitaire, tout en prévenant que le Hamas n'accepterait pas une « domination étrangère ». « Nous adhérons à nos principes nationaux et rejetons la logique de la tutelle, toute intervention extérieure ou le retour d'un mandat sous quelque forme que ce soit », a-t-il déclaré. « Les Palestiniens doivent être gouvernés par des Palestiniens. Gaza appartient aux habitants de Gaza et à la Palestine. Nous n'accepterons pas une domination étrangère », a-t-il insisté.
Khaled Mechaal, qui a dirigé le bureau politique du Hamas de 2004 à 2017, apparaît selon plusieurs sources interrogées par l'AFP comme l'un des favoris pour occuper de nouveau ces fonctions, alors que le mouvement prépare des élections internes afin de reconstruire sa direction décimée par la guerre.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe déploiement militaire américain dans le Golfe « ne nous effraie pas », a déclaré dimanche le chef de la diplomatie iranienne, deux jours après des pourparlers sur le nucléaire avec Washington qui maintient la pression sur Téhéran.
« Leur déploiement militaire dans la région ne nous effraie pas », a dit Abbas Araghchi, au lendemain de la visite de l'émissaire de Donald Trump pour le Moyen-Orient sur le porte-avions américain Abraham Lincoln, dans la région du Golfe. « Nous sommes un peuple de diplomatie, nous sommes aussi un peuple de guerre mais cela ne signifie pas que nous recherchons la guerre », a ajouté M. Araghchi lors d'un forum à Téhéran.