Des centaines de pompiers luttent samedi en Grèce, malgré des vents très violents, pour sauver la station balnéaire prisée de Porto Germeno, à environ 70 kilomètres au nord-ouest d'Athènes. Ils sont plus de 300 à intervenir dans cette localité, alors que la Grèce, relativement épargnée par les vagues de chaleur et les grands incendies en début d'été, contrairement à la France et l'Espagne, est en alerte maximum aux incendies dans de nombreuses régions. « En raison des vents, il y a trois fronts distincts à Porto Germeno », a déclaré Yiannis Artopios, porte-parole adjoint des pompiers, à la chaîne de télévision publique ERT.
Près de 30 appareils avaient été autorisés à se rendre sur place mais n’ont pas pu intervenir à cause du vent. « Objectivement, la journée est très difficile », a déclaré ce responsable. Dimos Economou, qui habite le village tout proche de Vilia, est venu prêter main-forte aux pompiers, mais « pour l'instant, il n'y a aucun moyen d'éteindre l'incendie. Nous essayons, mais le vent est trop fort », a-t-il déclaré à l'AFP à Porto Germeno. « De nombreuses habitations ont brûlé. À ma connaissance, il n'y a pas eu de victimes, mais beaucoup de maisons ont été détruites », a ajouté cet habitant. Partout, cela sent la fumée.
Des vents pouvant aller jusqu'à 130 km/h ont été enregistrés samedi, selon le service d'information météorologique de l'Observatoire national d’Athènes. L'incendie s'est déclaré vendredi près du village côtier voisin d'Agios Vasileios. Les riverains ont d'abord ignoré un appel à évacuer lancé par la protection civile, et quelque 300 personnes ont dû être évacuées par la mer.
Jusqu’à 150 maisons à Porto Germeno auraient été endommagées par l’incendie, a déclaré à la chaîne Skai TV Dimitris Pagonis, haut responsable de la protection civile de la ville voisine de Mandra. « Personne ne gère la situation… il y a des maisons qui n'ont pas encore brûlé, des animaux qui doivent être secourus mais personne ici pour nous dire si nous pouvons entrer ou non », a déclaré de son côté à l'AFP Costas Liberopoulos, un bénévole impuissant venu porter assistance.
« Jours difficiles »
Avec déjà 4 à 5.000 hectares parcourus par le feu, les dégâts autour de Porto Germeno sont « inconcevables », a estimé sur Facebook Theodore Giannaros, météorologue spécialisé dans les feux de forêt de l'Observatoire national d'Athènes.
Des feux de forêt ont éclaté cette semaine dans plusieurs régions de Grèce, notamment sur les îles de Crète et de Paros, et trois pompiers ont perdu la vie. Vendredi, un autre feu a menacé la banlieue de Haidari à l'ouest d’Athènes, qui a dû être en partie évacuée.
Le niveau maximal de risque d'incendie est décrété pour samedi dans la grande région d’Athènes, dans certaines parties du Péloponnèse et de la Crète, la Grèce centrale et près de la Turquie. Dès jeudi, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a averti jeudi que le pays se dirigeait vers « des jours difficiles ».
Fortement touchée par la crise climatique, la Grèce est chaque été en proie aux feux de forêt en raison des fortes températures, des vagues de chaleur fréquentes et de la sécheresse. Sa géographie, avec ses centaines d’îles, complique le déploiement rapide des secours.