Les combats ont repris ces dernières 48 heures à Khiam, ville stratégique du secteur Est de la zone frontalière, au Liban-Sud, entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Cette localité, témoin depuis des semaines d'affrontements intenses, a été partiellement conquise par l'armée israélienne, mais le parti-milice y a dernièrement lancé une contre-attaque, principalement dans les quartiers Nord, tandis que les Israéliens poursuivent leurs démolitions systématiques d'habitations et de bâtiments. La politique de destruction des villages frontaliers a été officialisée à plusieurs reprises par le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, alors que Tel-Aviv a rendu claire son intention d'établir une « zone tampon » élargie jusqu'au sud du Litani.
L'invasion se poursuit en parallèle sur les deux autres axes de combat au Liban-Sud, dans le secteur Ouest le long du littoral et dans le secteur central, où le parti chiite a revendiqué dernièrement des attaques contre des tentatives d'avancées et des positions déjà établies par l'armée israélienne, dans des villages conquis au cours des derniers jours. Le point sur l'invasion en carte, en date du 2 avril 2026 au matin.
Dans le caza de Tyr, les Israéliens renforcent leurs positions sur le littoral, avec des destructions de routes et de bâtiments signalées à Naqoura, qu'ils ont conquis. Le Hezbollah continue de son côté d'attaquer des positions de l'armée israélienne à Bayada et Chamaa, jusqu'à la forteresse de ce village situé à une dizaine de kilomètres au sud de la grande ville de Tyr. Chamaa avait été saisi par les Israéliens lors de la guerre de 2024.
Ici, l'armée israélienne semble vouloir encercler la ville de Bint Jbeil, chef-lieu du caza éponyme. Considérée comme la « capitale du Hezbollah », cette ville est hautement symbolique. L'ancien chef de la milice, Hassan Nasrallah, y a prononcé le « discours de la victoire » à l'issue de la guerre de juillet 2006. Pour encercler la ville, les Israéliens avancent sur deux fronts. À l'ouest, ils tentent d'avancer depuis Qaouzah, où des combats ont eu lieu au cours des dernières 24 heures, vers Debel, dont des maisons de la périphérie ont été dynamitées mercredi, et Rchaf. À l'est, ils avancent depuis Aïtaroun et Maroun el-Ras vers Aïnata, localité située tout juste au nord-est de la ville ciblée. Les Israéliens semblent vouloir prendre la colline de Friz, qui surplombe la région.
C'est dans le caza de Marjeyoun que les Israéliens ont le plus avancé et qu'ils continuent à renforcer leur position. Ce secteur est stratégique, car le fleuve Litani se trouve à moins de 10 kilomètres de la frontière dans cette zone. Les Israéliens semblent même avoir atteint le fleuve, ayant pu avancer sur Deir Seriane, un village sur les hauteurs du fleuve, où l'armée israélienne poursuit ses démolitions. Dans la même zone, le Hezbollah continue également de revendiquer des tirs sur des positions israéliennes dans le village voisin de Qantara, déjà aux mains des Israéliens, et selon certains médias, l'armée israélienne aurait commencé à faire avancer ses troupes dans la vallée stratégique de Wadi el-Houjeir.
Les principales villes de ce secteur sont Khiam et Marjeyoun. Les Israéliens ont revendiqué la prise de Khiam, mais des combats intenses s'y déroulent depuis deux jours, notamment dans le nord, où le Hezbollah a lancé une contre-attaque.
Si les Israéliens continuent leur avancée dans le secteur Est, ils pourraient pousser plus en profondeur vers le mont Rihane (caza de Jezzine) qui est limitrophe de la Békaa-Ouest et est resté lourdement bombardé, pendant la période de cessez-le-feu. Objectif : accéder depuis cette région au reste de la Békaa où se trouveraient les principaux dépôts d'armes du Hezbollah. Mardi 30 mars, l'armée israélienne a inclus à cet effet plusieurs localités de la Békaa-Ouest dans les régions soumises à des ordres d'évacuation et, depuis, des frappes ont ciblé plusieurs villages de la région, dont Sohmor, bombardée mercredi matin.
Pour atteindre leur objectif, les Israéliens pourraient progresser selon deux axes principaux dans le secteur Est : depuis Khiam et Marjeyoun vers Kawkaba et Dalafa, et depuis l’extrême est, de Kfarchouba vers Kfarhamam et Hebbariyé, jusqu’à Rachaya el-Foukhar et Ferdis, dans le caza de Hasbaya, afin d’atteindre des zones faisant face à des localités clés de la Békaa-Ouest comme Zellaya et Midoun. Ils pourraient compter dans cette bataille sur des positions qu'ils occupent du côté syrien de la frontière, dans le Mont-Hermon.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes habitants de quinze villages du Liban-Sud, dont plusieurs localités chrétiennes -Rmeich, Aïn Ebel, Debel et Qlayaa- ont adressé une lettre jeudi au Premier ministre Nawaf Salam, demandant protection ainsi que des corridors humanitaires pour l'acheminement de denrées alimentaires et de médicaments.
« Nous avons choisi de rester dans nos localités », peut-on lire dans le texte appelant le chef du gouvernement à « assurer la protection des habitants qui tiennent bon », et réclamant le déploiement de « militaires des Forces de sécurité intérieure (FSI) et de l’armée ». Ils demandent également d’assurer « des corridors humanitaires pour l’acheminement des denrées alimentaires, des médicaments, du lait pour enfants, des carburants et d’autres produits essentiels à la vie quotidienne, afin de soutenir la résilience et la continuité des habitants ».
Contacté par notre correspondant au Liban-Sud, le président de la municipalité de Rmeich explique que M. Salam « a accordé une grande attention aux demandes et fera son possible pour y pourvoir ».
Cet appel a eu un écho dans le prêche jeudi du patriarche maronite, Béchara Raï. « Nous rappelons également l’obligation, en droit international, d’ouvrir des corridors humanitaires vers les populations assiégées et celles qui tiennent bon dans leurs foyers et leurs localités, afin d’acheminer denrées alimentaires, médicaments et biens de première nécessité », a-t-il exhorté.
De son côté, le ministre de l'Information, Paul Morcos, a également indiqué à la chaîne saoudienne Al-Hadath que les villages au Liban-Sud « avaient besoin d’un corridor humanitaire permanent, ainsi que d’attention, de suivi et de vigilance afin que leurs habitants puissent y rester ».
Mercredi, les évêques maronites avaient appelé la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) à protéger les civils et leur assurer les approvisionnements nécessaires, alors qu'il ne reste qu'une seule route permettant de relier le sud du Liban au reste du pays, au nord de Tyr, et que les déplacements des habitants sont régulièrement ciblés, comme cela a été le cas la semaine dernière lorsqu'un père et son fils qui circulaient entre Rmeich et Debel ont été tués. L'appel des évêques a été secondé par le député Melhem Khalaf (Beyrouth - Contestation), qui a incité les responsables libanais à exhorter l'ONU et les « relations internationales du Liban » à ouvrir des corridors humanitaires vers les villages du Sud.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'USS Gerald Ford, porte-avions américain qui a participé aux attaques américaines contre l'Iran, a quitté la Croatie après une escale de cinq jours, a annoncé jeudi la marine américaine, sans préciser sa prochaine destination.
Le plus grand porte-avions du monde, qui souffrait de nombreux problèmes, a « achevé les réparations et reçu les ravitaillements nécessaires à la poursuite de ses opérations » et « reste prêt à remplir sa mission au service des objectifs nationaux dans n'importe quelle zone d'opération », a déclaré l'US Navy.
L'USS Gerald Ford, opérant dans l'est de la Méditerranée et en mer Rouge pour participer aux opérations militaires contre l'Iran, a été touché par un incendie dans « la buanderie principale » le 12 mars.
Deux marins avaient été blessés et le feu avait causé d'importants dégâts à quelque 100 couchettes. La Navy a déclaré jeudi qu'une « enquête était en cours ».
Les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne aérienne contre l’Iran le 28 février, après un important renforcement militaire américain au Moyen-Orient qui incluait l'USS Gerald Ford - en mer depuis neuf mois - et un autre porte-avions, l'Abraham Lincoln.
Les deux porte-avions ont joué un rôle-clé dans les opérations en Iran, et le retrait du Ford à la mi-mars a laissé un vide pour les forces américaines engagées contre l'Iran, les dizaines d'avions de combat qu'il transportait ayant contribué à plus de deux semaines de bombardements.
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