Au moins sept personnes ont été tuées dimanche dans des affrontements au cours de rassemblements en soutien à l'Iran à Gilgit, dans le nord du Pakistan, a délaré un responsable à l'AFP.
« Au moins sept personnes ont été tuées dans les affrontements d'aujourd'hui à Gilgit » et plusieurs autres personnes ont été blessées, a dit à l'AFP un responsable des secours, Zaheer Shah, joint au téléphone
Des milliers de personnes se sont rassemblées dans la banlieue sud de Beyrouth dimanche après-midi à l’appel du Hezbollah pour rendre hommage au guide suprême iranien Ali Khamenei, tué samedi dans l’attaque américano-israélienne contre l’Iran.
Des slogans à la gloire du leader de la République islamique et de l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ont été scandés par les partisans du parti chiite pro-iranien présents, qui ont également entonné des chants hostiles à Israël et aux États-Unis. Si l'esplanade de Achoura située à la lisière des quartiers de Haret Hreik et de Hadath débordait de monde, d'autres habitants du quartier, eux, faisaient leurs courses.
« Au début, je n’y croyais pas. Quand mon mari me l’a dit durant le souhour (le repas de l'aube durant le mois de ramadan), ça a été un choc », confie à notre journaliste sur place Lyana Alameddine Myriam Srour, une habitante de la banlieue sud originaire de Aïta el-Chaab, au Liban-Sud. « J’ai pensé directement au sayyed (Hassan Nasrallah, ancien secrétaire général du Hezbollah, tué en septembre 2024 dans un raid israélien similaire). Sayyed Hassan est comme Sayyed Ali, ils représentent tout pour nous. Ce sont les épreuves les plus difficiles que l’on a vécues », estime-t-elle.
« Nous n’avons pas peur des États-Unis et d’Israël. Nous allons continuer dans la ligne du Sayyed Ali », poursuit une petite fille, qui porte une photo à l'effigie de Ali Khamenei contre son cœur. Derrière, elle sa mère lui souffle de dire « mort à Israël ». La petite ne l’entend pas.
« Khamenei, c’est notre père spirituel, le Wali al-Faqih, un homme politique avec une autorité sur nous dans tous les aspects de notre vie », poursuit une autre manifestante, Khadija Diab, 41 ans, venue avec ses enfants. Comme beaucoup, elle n'a pas d'abord voulu croire à la nouvelle qui avait commencé à circuler samedi soir.
Si des informations contradictoires étaient parvenues de Téhéran pendant plusieurs heures, annonçant même un discours à venir du guide suprême, le couperet est tombé en début de matinée. « Je me suis réveillée sur les sanglots de mon frère qui s'était branché sur les réseaux sociaux… La nouvelle a été perçue comme un choc brutal », reprend-elle. « C’était comme si ton âme te quittait. Comme si on revivait la même chose qu’avec le Sayyed (Hassan Nasrallah) et c’est encore pire cette fois ».
« Il nous a tracé une ligne claire, une voie de résistance contre les États-Unis et Israël, qui ont occupé nos pays et la Palestine. C’était l’un des derniers dirigeants au monde à dire ''non'' face à eux », abonde un homme, qui préfère rester anonyme. « J’ai pleuré, j’ai été profondément bouleversé, lorsque j’ai appris la nouvelle à la télévision. (...) Nous avons vécu deux fois des émotions très fortes : avec Hassan, puis avec Sayyed Ali ».
Reste à savoir comment le Hezbollah compte réagir après le coup dur infligé à son parrain iranien, lui qui avait qualifié de « ligne rouge » toute tentative de renversement de la République islamique par Israël et les États-Unis. Le secrétaire général du parti chiite, Naïm Kassem, s'est contenté d'un communiqué dans la journée dans lequel il promettait que sa formation « ferait face » à ce qu'il a qualifié de « comble du crime » perpétré selon lui à Téhéran. « Nous accomplirons notre devoir pour faire face à l’agression, confiants dans le secours et le soutien de Dieu (...) et quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas le champ de l’honneur, de la résistance et de la confrontation avec la tyrannie américaine et le crime sioniste pour défendre notre terre, notre dignité et nos choix indépendants », a-t-il déclaré.
« Nous, nous voulons que le Liban soit en sécurité. Mais nous sommes face à une agression, Israël nous attaque et nous avons le droit de protéger nos terres, nos familles, notre Sud, où nos hommes meurent chaque jour », reprend Myriam Srour. « Nous voulons une riposte. Nous voulons rester derrière notre guide. Il est de notre devoir de lutter contre cet ennemi qui nous agresse. Si l’ordre est donné, nous suivrons le commandement », abonde un autre manifestant.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe président Joseph Aoun et son homologue français Emmanuel Macron ont officiellement annoncé le report en avril de la conférence internationale de soutien à l’armée, qui était prévue le 5 mars. Les deux chefs d’État se sont entretenus dans l’après-midi, en amont de cette annonce.
« Le président de la République libanaise Joseph Aoun et le président de la République française Emmanuel Macron ont eu un échange téléphonique, au cours duquel ils ont abordé les derniers développements affectant la sécurité de l’ensemble de la région, y compris les pays amis. Les deux présidents ont décidé ensemble de reporter la conférence internationale de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris, au mois d’avril prochain, car les conditions nécessaires pour maintenir la date initiale n’étaient pas réunies », rapporte ainsi un communiqué publié par le palais de Baabda.
« Au cours de cet échange, les deux chefs d’État ont souligné que la gravité de la situation régionale actuelle renforce la nécessité de préserver la stabilité du Liban, de soutenir ses institutions légitimes et de garantir le rétablissement de sa pleine souveraineté », ajoute le texte.
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