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21:19 Climat   La sécheresse s'aggrave en France, près des deux tiers des nappes phréatiques en souffrance

Sous l'effet des vagues de chaleur répétées, la sécheresse continue de s'aggraver en France : début août, alors que l'été est loin d'être fini, les deux tiers des nappes phréatiques présentent des niveaux sous les normales, un phénomène qui pourrait s'accentuer dans les prochaines semaines.

Au 1er août, la quasi-totalité (94%) des réserves souterraines en eau de la France métropolitaine présentaient des niveaux en baisse, indique lundi le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

« Globalement, la situation se dégrade : (...) de mois en mois, on voit la carte qui devient de plus en plus orange » avec des niveaux « de plus en plus bas », a expliqué lors d'un point de presse David Ratheau, hydrogéologue du BRGM.

La vidange des nappes est cette année particulièrement forte, à la suite du « déficit de pluie efficace en juillet et l'augmentation de la demande en eau des différents usages », notamment agricoles et touristiques, souligne l'organisme.

Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France et le 3e mois de juillet le plus pauvre en pluies, avec un déficit de près de 70%, selon Météo-France. Il a été marqué par deux vagues de chaleur, du 4 au 19 juillet puis une troisième depuis le 28 juillet.

Conséquence : au 1er août, 63% des nappes phréatiques, principales réserves en eau potable du pays, présentaient des niveaux sous les normales, contre 54% un mois plus tôt.

La situation est particulièrement préoccupante pour les nappes du socle limousin (centre-ouest) et les calcaires de la Côte des Bar (sud de la Champagne, est) qui présentent des niveaux « très bas », indique le BRGM.

Ailleurs, la situation apparait « contrastée » : si les nappes autour du pourtour méditerranéen (sud) présentent un état « globalement satisfaisant », « partout ailleurs, on a une situation plutôt déficitaire », notamment autour de la Lorraine (est), de la Charente (sud-est) et l'est du massif central (centre-est), indique M. Ratheau.

Pas encore le niveau de 2022

Si la situation est « plus dégradée » que fin juillet 2025, elle n'atteint en revanche pas encore le niveau de la sécheresse historique de 2022. Au 1er août 2022, 73% des nappes étaient inférieures aux normales.

La sécheresse hivernale de 2022 avait toutefois rendu la situation plus compliquée, rappelle M. Ratheau. Cette année, au contraire, les nappes ont fait le plein avant le printemps, ce qui « probablement » permet d'éviter une situation pire encore.

Mais localement, comme en Dordogne (sud-ouest), « on a déjà dépassé le niveau plus bas historique connu (...) avec un mois d'avance », note M. Ratheau.

« Ce qui est aussi historique », c'est « que ces événements soient aussi rapprochés », a souligné auprès de l'AFP Nicolas Pedron, directeur adjoint des enjeux Eau du BRGM, avec des sécheresses marquées en 1976, en 1989, 1990, 1991, puis 2022-2023 et maintenant 2026.

Pour les prochains mois, le BRGM indique que les prévisions restent « incertaines ».

« Il faut qu'il pleuve là, maintenant, et que les températures baissent si on veut changer de trajectoire », a souligné M. Ratheau. D'autant que la canicule annoncée pour cette semaine, « c'est jamais bon signe ».

De plus, « les sols sont tellement secs et la végétation a tellement besoin d'eau » que les premières pluies, si elles arrivent, profiteront d'abord à la végétation et aux sols, a souligné M. Ratheau.

Par conséquent, le BRGM estime que cela « accentuer(a) la vidange sur la quasi-totalité des nappes au moins » en août.

« La première mesure d'adaptation, c'est de faire des économies d'eau », explique Nicolas Pedron.

Le gouvernement a indiqué lundi que près de 70% de la France était déjà soumise à des restrictions, annonçant une nouvelle réunion de crise mercredi.

Outre la sécheresse des nappes, la France est frappée par une sécheresse « historique » des petits cours d'eau et affronte un record absolu de sécheresse des sols, qui caractérise le manque d'eau pour les plantes. Selon une analyse de l'AFP, environ 95% du territoire métropolitain français ainsi que 99% du territoire de la Suisse voisine étaient touchés par la sécheresse en juillet.

Une large partie de l'Europe occidentale fait également face à une sécheresse généralisée, à l'instar de l'Angleterre où 71,3% du territoire est concerné.

21:11 Innovation   Boeing cède ses projets de taxis volants à une start-up et en devient actionnaire

Boeing a annoncé lundi avoir trouvé un accord avec la jeune entreprise Archer Aviation, lui cédant ses projets de taxis volants et deux autres technologies en échange d'une entrée à son capital.

L'accord prévoit qu'Archer prendra le contrôle de Wisk Aero, qui développe des aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL, conçus pour servir de taxis volants) autonomes, de SkyGrid, spécialisé dans la gestion du trafic aérien, ainsi que d'Insitu, qui développe des drones notamment destinés au secteur de la défense. Boeing recevra en échange des actions représentant 19,75 % du capital d'Archer avant la finalisation de l'opération et pourra nommer un administrateur au conseil d'administration de la start-up, selon Reuters.

L'opération, qui doit encore obtenir le feu vert des autorités de régulation, devrait être finalisée d'ici à la fin de l'année. Elle a été saluée par les marchés, le titre d'Archer s'appréciant fortement lundi à la Bourse de New York.

Archer souhaite développer une offre de taxis volants avec son appareil électrique Midnight, qu'elle pourrait notamment déployer à New York afin de relier Manhattan aux aéroports en moins de 15 minutes. Son objectif est également de disposer d'appareils pour les Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028, afin de démontrer ses capacités industrielles en la matière.

En mettant la main sur les projets de Boeing, la jeune entreprise espère accélérer le développement de ses appareils et leur commercialisation. « Il s'agit d'un tournant décisif pour Archer et l'avenir de l'intelligence artificielle (IA) physique dans l'aérospatial et la défense », a déclaré le directeur général de l'entreprise, Adam Goldstein, cité dans le communiqué commun des deux groupes.

Technologies à des forces armées

L'opération doit également permettre à Archer de renforcer ses activités dans le secteur de la défense. Selon le site spécialisé Breaking Defense, les technologies réunies de Wisk, SkyGrid et Insitu doivent notamment être intégrées à ZEE, la plateforme d'intelligence artificielle d'Archer. Insitu fournit par ailleurs ses technologies à des forces armées dans 35 pays.

L'acquisition de cette dernière permet surtout à Archer de mettre la main sur une activité déjà rentable, alors que son cœur de métier ne génère pas encore de revenus significatifs. Insitu réalise plus de 200 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel, selon Reuters.

L'accord prévoit également « une collaboration et un partage de technologies » entre les deux partenaires. Boeing conservera ainsi l'accès aux principales technologies de vol autonome développées par Wisk afin de pouvoir les utiliser pour ses appareils commerciaux et de défense actuels et de prochaine génération.

La transaction s'inscrit également dans la stratégie du directeur général de Boeing, Kelly Ortberg, qui cherche à céder des actifs considérés comme non essentiels afin de recentrer le groupe sur ses principales activités dans l'aviation commerciale et la défense. Boeing continuera toutefois à miser financièrement sur Archer : selon Breaking Defense, qui cite le média spécialisé The Air Current, l'avionneur s'est engagé à investir jusqu'à 55 millions de dollars dans la start-up lors d'une prochaine levée de fonds et pourra acquérir jusqu'à 200 millions de dollars d'actions supplémentaires à un prix fixé à l'avance.

Lors de la présentation de ses résultats en mai dernier, Archer avait affirmé avoir mené à bien la troisième phase de la certification – qui en compte quatre – par l'Agence fédérale de l'aviation (FAA) pour son taxi aérien Midnight.

Malgré l'engouement suscité ces dernières années, le secteur des eVTOL peine encore à commercialiser ses appareils à grande échelle, notamment en raison des obstacles réglementaires et des difficultés de développement. Face à ces délais, plusieurs acteurs du secteur se sont davantage tournés vers les marchés de la défense, du transport de marchandises et des administrations publiques, susceptibles de générer des revenus plus rapidement.

20:52 Conflit   Une carte israélienne fantaisiste sème le trouble, avant d’être supprimée sur X... mais pas sur Telegram

Le ministère israélien des Affaires étrangères a publié le 6 août, sur son compte X, une carte fantaisiste, bourrée d’erreurs, donnant entre autres à penser que Le Liban est amputé d'une partie de son territoire dans le Sud, celle-ci apparaissant comme annexée au territoire israélien. Cette publication a rapidement suscité des protestations libanaises officielles auprès de Washington, avant d'être supprimée du réseau social par le ministère israélien au cours des dernières 24 heures. Toutefois, la même carte a été publiée dimanche sur le compte Telegram officiel de l'État hébreu, où elle était toujours visible lundi.

La carte montre que le Liban s’est dédoublé vers l’est, annexant une partie du territoire syrien. Cet élargissement conséquent donne la nette impression que le Liban-Sud est amputé, au profit d’Israël. Cette impression est vérifiable, mais pas de manière tranchée, pour ce qui est de la partie ouest du Sud. Mais c’est le contraire dès lors qu’il s’agit du secteur est où c’est au contraire le Liban qui, clairement, avale une partie du doigt de la Galilée et a désormais une frontière commune avec… la Cisjordanie. Celle-ci s’est agrandie aux dépens d’Israël à l’ouest et a revanche restitué le Golan à la Syrie à l’est.

D'autres inexactitudes géographiques apparaissent sur cette même carte, comme l'absence de frontière commune entre la bande de Gaza et l'Égypte, le Néguev israélien donnant sur la Méditerranée, l’île de Chypre déplacée nettement plus au sud, etc.

Le document en question est censé illustrer le niveau de malnutrition dans plusieurs pays de la région et étayer l’affirmation israélienne selon laquelle il n’y aurait pas de famine dans la bande de Gaza assiégée et majoritairement détruite par l'offensive israélienne lancée après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. « Une nouvelle étude commissionnée par l'Unicef montre que la situation alimentaire à Gaza--contrairement à toute propagande--est aujourd'hui mieux que celle de tous les pays arabes voisins, voire de certains pays européens », affirme Tel-Aviv dans le texte qui accompagne sa publication. L'étude en question affirme que « les crises liées à la sécurité alimentaire et à la nutrition infantile persistent à Gaza malgré des progrès encore fragiles », alors que l'Unicef confirmait pour la première fois une « famine » dans l'enclave palestinienne en août 2025.

« Ce qui s'est passé ne nous rassure pas »

Pour en revenir aux protestations de Beyrouth, une source officielle libanaise a indiqué lundi à L'Orient-Le Jour que le président de la République, Joseph Aoun, avait « pris contact avec les Américains ainsi qu'avec d'autres parties » et « exercé des pressions concernant cette question », conduisant dans un premier temps à la suppression de la version anglaise de la publication contenant la carte. Celle-ci est restée visible pendant un temps sur le compte X arabophone du ministère israélien des Affaires étrangères, avant d'en être également retirée, ajoute la source précitée. « Ce qui s'est passé ne nous rassure pas et semble révéler les intentions » israéliennes, estime-t-elle. Contacté par L'OLJ, le ministère libanais des Affaires étrangères n’a pas répondu à nos sollicitations.

Selon le site libanais al-Modon, l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadé, aurait de son côté pris contact avec le département d’État américain pour lui transmettre la position de Beyrouth et demander à Washington d’intervenir auprès d’Israël afin que la carte soit retirée. Dans l’accord-cadre signé le 26 juin entre le Liban et Israël sous l'égide de Washington, Tel-Aviv affirme n’avoir « aucune ambition territoriale au Liban ».

Le respect des frontières libanaises

Le Hezbollah avait réagi dimanche à la carte israélienne, estimant qu'elle confirmait « sans équivoque la réalité des ambitions de l'ennemi israélien sur le Liban, son territoire, ses richesses et ses ressources, ambitions auxquelles il n'a pas renoncé et ne renoncera pas ». Pour le parti chiite, la participation d'Israël aux négociations directes avec les autorités libanaises « n'est qu'une tentative manifeste de gagner du temps et d'imposer de nouveaux faits accomplis sur le terrain ». Dans un communiqué particulièrement virulent à l'égard du pouvoir libanais, la milice l'a appelé à mettre fin aux négociations directes avec Israël et à agir sur les plans politique, diplomatique et juridique, réclamant notamment une réunion d'urgence du Conseil supérieur de défense et le dépôt d'une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.

La suppression de la carte sur X ne semble toutefois pas avoir clos le dossier pour Beyrouth. Selon al-Modon, les autorités libanaises souhaitent l’inscrire à l’ordre du jour du prochain cycle de négociations avec Israël, qui risque toutefois de ne pas se tenir, le Liban ayant menacé récemment de suspendre les négociations directes avec l'État hébreu. Beyrouth chercherait notamment à obtenir de la partie israélienne une position claire et sans ambiguïté sur le respect des frontières internationales du Liban. La question est d’autant plus sensible que l’armée israélienne poursuit ses opérations de démolition et de travaux de terrassement dans la région qu’il occupe au Liban-Sud malgré le cessez-le-feu entré en vigueur à la mi-juin.

NB: cet article a été modifié le 10/08 pour corriger et apporter des précisions supplémentaires sur les inexactitudes et erreurs contenues dans la carte.

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