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Publication épinglée 15:40 15:40 Podcast   « Rire à en pleurer » : « L'Orient-La Nuit » avec John Achkar et Coffee Break

Rire. Au Liban, c’est souvent une seconde langue — une manière de dire sans dire, de tenir sans céder, de donner du sens à ce qui n’en a plus.

Car ici, rire est une affaire sérieuse. On s’en sert pour se défouler, pour tenir au milieu du chaos, pour respirer dans une société parfois étouffante. Mais aussi pour contourner, attaquer, briser des tabous — faire du rire un outil politique, une manière de dire autrement ce qui ne peut pas toujours être dit frontalement.

Il n’est jamais anodin. Et il traverse tout : notre manière de parler, de chanter, de commenter l’actualité, de survivre au quotidien. À la fois refuge et arme, instinct et stratégie, il peut soulager autant qu’il dérange.

(À écouter également sur la plateforme Podbean. Si vous cliquez sur pause, une fenêtre va apparaitre qu'il faudra refermer, en cliquant sur la croix en haut à droite, pour reprendre la lecture)

Anthony Samrani et Stéphanie Khouri reçoivent trois poids lourds de la scène libanaise contemporaine : le comédien John Achkar, et le duo Coffee Break, formé par Nadyn Chalhoub et Nathalie Masri.

Trois regards, trois praticiens de l’humour, pour interroger ce drôle de pays qui sombre le sourire aux lèvres.

Une nuit pour se demander pourquoi nous rions, comment nous rions — et jusqu’où nous sommes prêts à aller pour continuer à rire de tout.

Vous pouvez aussi écouter nos épisodes précédents :

13:36 Météo   L'Europe étouffée par la canicule, l'Allemagne en alerte à la chaleur extrême

Les deux tiers de la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Hongrie...: 150 millions d'Européens vont connaître un vendredi suffocant avec plus de 35°C, lors de cette vague de chaleur qui s'étend à l'est du continent et entraine l'annulation d'événements. Selon les calculs de l'AFP, ce sont plus de 50 millions d'habitants en Allemagne et plus de 30 millions en France, qui vont bouillir à plus de 35°C. Au total, les températures maximales devraient dépasser 30°C pour plus de 420 millions d'habitants en Europe (hors Turquie), soit environ sept sur dix.

Pour le groupe de scientifiques du World Weather Attribution (WWA), le changement climatique est responsable « sans équivoque » de l'intensité de cette canicule, qui aurait été pratiquement impossible il y a 50 ans. Des records de température ont sauté en Grande-Bretagne, en Espagne, en France ou en Suisse, et depuis minuit, une alerte rouge à la chaleur extrême est en vigueur dans une grande partie des Pays-Bas où les autorités déconseillent de prendre la route et où la plupart des écoles ont fermé.

« L'habitude depuis 30 ou 40 ans était d'apporter une aide aux gens pour les protéger du froid (...) mais la situation a énormément changé », détaille Barbara Breuer, porte-parole d'un organisme caritatif de la ville de Berlin qui assure une distribution de kit spécial canicule aux sans-abris. Une boisson, des électrolytes pour lutter contre l'effet de la déshydratation, de la crème solaire et même un esquimau glacé : « Les choses dont on peut avoir le plus besoin par cette chaleur et qu'on ne peut pas acheter quand on n'a pas d'argent », dit-elle.

« La carte de l'Allemagne est presque entièrement violette foncée pour +Alerte à la chaleur extrême+ », résume le Service Météorologique allemand (DWD), qui prévoir que « la chaleur intense s'étendra aujourd'hui et tout au long du week-end à l'ensemble de l'Allemagne ».

Dans les pays déjà affectés depuis plusieurs jours à l'instar de la France ou de la Grande-Bretagne, les hôpitaux commencent à être saturés, les cellule de crise sont activées et les décès comptabilisés: des personnes âgées, des malades chroniques, des enfants, des adolescents, des personnes à la rue. La chaleur tue, par noyade, hyperthermie, crise cardiaque...Selon un nouveau bilan, 55 personnes se sont noyées en France en cherchant à échapper à la fournaise, a annoncé le ministère des Sports, qui craint que ce bilan ne « s'alourdisse encore ».

L'hôpital européen Georges Pompidou, un des principaux hôpitaux parisiens, connaissent une situation « extrêmement grave, a alerté vendredi le chef des urgences Philippe Juvin. « Les couloirs sont pleins » de patients « plutôt âgés », mais aussi de patients « de 50-60 ans », présentant « des hyperthermies très fortes », a-t-il indiqué, évoquant aussi « des SDF qui arrivent avec 42 degrés de température ».

« Risque économique structurel »

La Marche des fiertés de Paris a été annulée et celle de Lyon (est) prévue samedi reportée à septembre. Idem pour le festival parisien de musique Solydays qui accueille souvent plus de 250.000 personnnes. Des restrictions sur la consommation d'alcool sont aussi prises pour éviter des mises en danger.

De l'autre côté de la Manche, le système hospitalier britannique (NHS) est « à bout de souffle », a constaté la Dr Hilary Williams, vice-présidente du Royal College of Surgeons. « Nous sommes tous assez stupéfaits de voir à quel point il a fait chaud », expose à l'AFP cette doctoresse jointe par appel vidéo. « Nos patients ont trop chaud, c'est évident. Le personnel a vraiment, vraiment très chaud. Et en fait, je pense que ces incidents critiques nous ont aussi montré que les machines ne sont pas capables de suivre. »

Les deux tiers de la France restent vendredi écrasés par la canicule, avec 39 à 41°C attendus en dans la moitié est et la région parisienne, selon Météo-France. Une amélioration progressive s'est cependant amorcée par la façade atlantique.

La canicule a aussi des conséquences négative sur l'économie européenne avec son cortège de productivité ralentie, prix en surchauffe, croissance refroidie.

« Les vagues de chaleur extrême », comme celle qui étouffe l'Europe de l'ouest pour la deuxième fois en moins d'un mois, « apparaissent comme un risque économique structurel, auquel l'Europe est particulièrement exposée », note Allianz Trade dans une étude récente.

Le Vieux Continent accumule des faiblesses: une population vieillissante, un parc immobilier urbain dense et une climatisation peu répandue, dans seulement 19% des foyers en moyenne, contre 90% environ aux Etats-Unis, explique cette filiale d'assurance-crédit du groupe allemand Allianz.

13:25    Kassem appelle les autorités à « prendre la main qu’il leur tend » parce que « la résistance est forte »

À l’occasion de la commémoration de l'Achoura vendredi, le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem a une nouvelle fois réclamé un retrait « inconditionnel » de l'armée israélienne des territoires libanais occupés au Liban-Sud, alors que des négociations en cours entre Beyrouth et Tel-Aviv se penchent sur un projet de « zones pilotes » pour le retrait et le redéploiement de l'armée israélienne.

Dans un discours prononcé lors de cet événement chiite, le dignitaire religieux a estimé que son parti-milice pro-iranien a gagné « une bataille contre la suppression du Hezbollah, son environnement et son peuple ». « Nous l’annonçons clairement : nous avons vaincu le projet israélo-américain et nous entrons dans une nouvelle phase », a-t-il soutenu.

S’adressant aux autorités libanaises qui ont lancé un processus de négociations directes avec Israël à Washington, auquel le parti est clairement opposé, Naïm Kassem leur a demandé de « revoir la voie à suivre, d’œuvrer pour l’unité face à l’ennemi israélien et d’arrêter d’agir sous ses ordres », affirmant que « le pouvoir politique ne peut aller à l’encontre de la volonté de plus de la moitié du peuple libanais ».

« Nous sommes prêts à tendre la main, profitez de l’occasion, car la résistance est forte », a-t-il lancé.

Le cessez-le-feu est entré en vigueur le 17 juin en marge des négociations entre l’Iran et les États-Unis à Genève, ce que le Hezbollah a considéré comme une victoire du fait qu’il défend depuis le début l’idée d’intégrer le Liban dans les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis, afin de profiter de l’appui de la République islamique. De leur côté, le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam répètent que le Liban doit négocier en tant que nation souveraine, d’où leur choix de mener des pourparlers directs avec Israël en vue de consolider le cessez-le-feu et d’obtenir le retrait des troupes israéliennes des zones occupées au Liban-Sud. Un cinquième round de ces négociations se déroule à Washington depuis mardi.

Le Hezbollah estime que seul le cessez-le-feu obtenu grâce à l’Iran a tenu, sachant que des violations sont répertoriées presque quotidiennement depuis le 17 juin.

Revenir à l’accord du 27 novembre

Considérant qu’Israël ne compte pas mettre fin à son occupation du Liban, le secrétaire général du Hezbollah a salué la résistance de l’Iran. « Les États-Unis et Israël voulaient éradiquer l’Iran et son régime, ils voulaient contrôler le pays et ont cru qu’ils en seraient capables, mais l’Iran a tenu bon », a-t-il assuré.

Les frappes israélo-américaines sur l’Iran ont commencé le 28 février, et se sont terminées (plus ou moins) 38 jours plus tard, donnant lieu à un processus de négociations qui a mené à la signature d’un accord préliminaire le 17 juin, et des négociations ne vue d’un accord final sur 60 jours.

Estimant que c’est la coopération avec l’Iran qui a permis de vaincre « l’ennemi et de mettre fin à son projet », Naïm Kassem a affirmé que son parti « compte garder son unité avec ce pays, parce qu’il s’est avéré que sa force se reflète dans celle des résistants, et qu’elle permet de maintenir un équilibre en vue de vaincre Israël et l’obliger à se retirer ». Pour lui, « Israël n’a pas d’autre choix que de se retirer de tous les territoires libanais, parce que son projet expansionniste a échoué ».

Le secrétaire général de la formation chiite a estimé que « la souveraineté (libanaise) peut se réaliser par un retour à l’accord du 27 novembre 2024 (qui a mis fin au conflit ayant éclaté le 8 octobre 2023, ndlr) sur base d’un retrait du parti exclusivement du sud du Litani ». Il revient ainsi à une formule passée, lors d’une période de cessez-le-feu relatif qui a duré 14 mois, mais qui est aujourd’hui largement dépassée par la nouvelle offensive israélienne provoquée par l’ouverture - par le Hezbollah - d’un front de soutien à l’Iran, le 2 mars dernier.

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