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12:46 Guerre au Liban   Face au chef du « Mécanisme » et à Michel Issa, Berry et Salam exigent la fin des attaques israéliennes

Le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry ont tous les deux exigé la fin des attaques israéliennes au Liban auprès du lieutenant-général américain Joseph Clearfield, qui dirige le « Mécanisme » de surveillance du cessez-le-feu piloté par les États-Unis, ainsi que de l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, qui ont poursuivi leur tournée auprès des responsables libanais.

Mercredi, le lt-général Clearfield avait rencontré le président Joseph Aoun et le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, pour discuter de la situation au Liban-Sud.

Lors de discussions au Grand Sérail sur le volet militaire du cadre des négociations et sur les développements sur le terrain au Liban-Sud, selon le communiqué publié sur le compte X de la présidence du Conseil des ministres, Nawaf Salam a insisté sur la nécessité de mettre fin aux opérations de destruction de l’armée israélienne dans cette partie du pays, d’élargir le périmètre des « zones pilotes » définies dans l’accord-cadre israélo-libanais et de fixer un calendrier clair pour le retrait israélien des territoires libanais.

Le président du Parlement, chef du mouvement Amal, allié au Hezbollah, a pour sa part déclaré après la réunion à Aïn el-Tiné que « la clé de la stabilité reste de contraindre Israël à mettre fin à sa guerre et à se retirer jusqu’à la frontière internationale ».

L’ambassadeur américain a affirmé que les négociations à Rome se poursuivaient, qualifiant leur atmosphère de « positive », et expliqué que la visite de Joseph Clearfield à Beyrouth visait à exposer à Berry la réalité de la situation, en référence à l’évolution des négociations et aux obstacles liés à la mise en œuvre de l’accord-cadre.

Il a déclaré à la presse que les démolitions israéliennes s’arrêteront « lorsque le moment sera venu ». « Dites au Hezbollah que, dès qu’il remettra ses armes, tout s’arrêtera », a-t-il souligné à la presse. Concernant la partie qui sera chargée de la vérification du travail de l’armée libanaise dans les zones pilotes, l’ambassadeur américain a affirmé « qu’aucun accord n’a encore été conclu (...) mais qu’il y avait une liste restreinte (shortlist) comprenant certains pays ». Une référence à la vérification du déploiement de l’armée libanaise dans les zones pilotes au Liban-Sud et du désarmement du Hezbollah.

Répondant de plus à une question sur le fait de savoir si les États-Unis soutiennent une éventuelle attaque israélienne contre Ali Taher, l’ambassadeur américain a dit qu’il n’en savait rien : « Je ne sais pas. Vous en savez plus que moi », a-t-il souligné. Également interrogé sur la prochaine session de négociations entre le Liban et Israël, il a affirmé qu’« aucune date n’a encore été fixée pour les négociations, mais elles se poursuivront ».

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait visité mercredi le Liban-Sud et réaffirmé sa détermination à maintenir des troupes dans une zone où elles occupent plus de 600 km² de territoire, ainsi qu’en Syrie et à Gaza. Ordonnant à l’armée israélienne de se préparer, sur les plans administratif et opérationnel, à une présence de longue durée au Liban, le ministre a assuré que l’État hébreu ne se retirerait « en aucun cas » des « zones de sécurité ». Ces propos ont été dénoncés au Liban et fustigés par l’administration américaine, en plein contexte de guerre régionale et de conflit entre Israël et le Hezbollah, en cours depuis le 2 mars.

11:27 Moyen-Orient   Les Emirats condamnent une attaque contre deux navires dans le détroit d'Ormuz

Les Emirats arabes unis ont condamné vendredi une attaque contre deux navires affiliés à la compagnie pétrolière publique Adnoc qui franchissaient le détroit d'Ormuz, accusant les gardiens de la révolution iraniens d'« acte de piraterie ». L'attaque a eu lieu jeudi soir, selon l'agence de presse WAM, citant Adnoc qui n'a fait état ni de victimes ni de dégâts.

« Les Emirats arabes unis ont fermement condamné et dénoncé l'attaque hostile iranienne qui a visé deux navires affiliés à Adnoc alors qu'ils traversaient le détroit d'Ormuz », a indiqué le ministère émirati des Affaires étrangères dans un communiqué. « Cibler la navigation commerciale et utiliser le détroit d'Ormuz comme outil de coercition ou de chantage économique représentent des actes de piraterie commis par le corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran », a-t-il écrit.

Le détroit d'Ormuz, qui relie le Golfe - dont les Emirats sont riverains - à l'océan Indien, est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, tandis que les Etats-Unis ont soumis les ports iraniens à un blocus.

Abou Dhabi a par ailleurs demandé à l'Iran de « rouvrir complètement et sans condition le détroit d'Ormuz », par où transitait un cinquième du pétrole mondial avant le début du conflit, « afin de préserver la sécurité régionale et de maintenir la stabilité de l'économie et du commerce mondiaux ».

L'agence maritime britannique UKMTO a fait état vendredi d'une attaque de drone la veille contre un pétrolier dans le détroit d'Ormuz, qui n'a fait aucune victime et n'a causé que des dégâts mineurs. Il n'était pas clair dans l'immédiat s'il s'agissait du même incident que celui rapporté par les Emirats.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. Adnoc avait déjà fait état la semaine dernière d'attaques contre ses pétroliers dans le détroit.

Les attaques répétées dans le détroit ont contribué à faire voler en éclats un cessez-le-feu conclu en avril, tandis que les médiateurs appellent les deux camps à revenir aux termes du protocole d'accord signé en juin.

La semaine dernière, le chef de la sécurité iranienne, Mohammad Bagher Zolghadr, avait énuméré une longue liste de conditions pour la réouverture du détroit, notamment la fin de la « guerre et de l'agression contre l'Iran et ses alliés au Liban, en Palestine, au Yémen et en Irak ». Il avait également réclamé la levée du blocus naval américain, selon des déclarations rapportées par l'agence de presse Tasnim.

10:26 Fiscalité   Redevance sur les déchets : qu’est-ce qui est taxé et à combien ?

Le gouvernement a publié jeudi soir les détails du décret n° 3214, qui fixe les nouveaux barèmes de la redevance sur les déchets, et qui s'applique à des produits considérés comme polluants importés au Liban.

Ce texte, très critiqué par les industriels, a été approuvé par le Conseil des ministres le même jour, malgré l’opposition de plusieurs ministres – Santé, Travail, Télécommunications et Industrie. Cette levée de boucliers s’explique par le fait que cette hausse de la redevance touche plusieurs catégories de produits pouvant servir de matières premières ou d’intrants industriels.

Qui paye la redevance ?

Cette redevance est collectée par les douanes auprès des importateurs de ces produits au moment de leur importation.

Contactée, une source proche de l’Association des industriels indique qu’il est, à ce stade, plus que probable que les sociétés qui commercialisent ces produits ou les utilisent dans la fabrication de leurs produits « répercutent cette hausse sur le consommateur », dans un contexte d’inflation déjà élevée. Il est cependant difficile de déterminer la façon dont elle sera répercutée.

Quel taux et quels produits ?

Le nouveau décret modifie celui signé le 15 juin et publié trois jours plus tard, qui relevait de 0,10-0,50 % à une fourchette de 1 à 3 % les redevances dues à l’importation sur 98 catégories de produits, en application de la loi 38 du 5 janvier 2026. Ce premier texte avait été suspendu fin juin après une vague d’objections politiques, syndicales, patronales et associatives, puis renvoyé à une commission ministérielle qui a planché sur une version alternative.

La nouvelle liste n’englobe que 26 catégories de produits – soit presque quatre fois moins que dans la première liste – et des taux allant de 1,50 à 3 %. Les autres catégories de produits restent taxées entre 0,10 et 0,50 %, selon les taux prévus par la loi 38/2026.

Les libellés correspondent à des versions abrégées des intitulés de chapitres du Système harmonisé des douanes mondiales.

A quoi sert cette redevance ?

Le produit de cette redevance attendu, selon certaines estimations, atteint 150 millions de dollars, contre 300 millions dans la première version du décret. Les recettes doivent être réparties entre plusieurs bénéficiaires. Selon le projet de décret d’affectation cité dans notre précédent article : 50 % pour l’Autorité nationale de gestion des déchets solides, 35 % pour le Trésor et 15 % pour le ministère de l’Environnement.

La source proche de l’Association des industriels dénonce une mesure « qui ne va servir qu’à payer les décharges ».

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