Un journaliste israélien d'origine russe a été débarqué mardi du vol du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à destination de Washington, des agents de sécurité voulant vérifier ses « contacts », a-t-il déclaré à l'AFP. Nick Kolyohin, journaliste indépendant de 42 ans, devait couvrir pour trois chaînes de télévision russes la rencontre du Premier ministre Netanyahu avec Donald Trump, leur septième depuis le retour au pouvoir du président américain en 2025.
Contrairement aux deux derniers déplacements de M. Netanyahu aux États-Unis, les journalistes étaient autorisés à voyager à bord de son avion. Mais après que Nick Kolyohin a embarqué avec une dizaine d'autres journalistes et rangé ses bagages, des agents du Shin Bet, le service de sécurité intérieure, lui ont demandé de débarquer, peu de temps avant le décollage. Le cabinet du Premier ministre a confirmé l'exclusion du vol de M. Kolyohin, sans pouvoir en divulguer la raison « pour des raisons de sécurité », d'après un communiqué transmis au quotidien Yedioth Ahronoth.
Le Shin Bet a également indiqué à ce journal qu'il était « chargé de la sécurité du Premier ministre » et que « dans ce cadre, des décisions sont prises afin de réduire les risques pesant sur le Premier ministre ».
« Traiter ainsi un journaliste que vous avez invité (...), l'humilier devant tout le monde et le jeter dehors n'a aucun sens », a déclaré Nick Kolyohin à l'AFP. « Ils ont pris mes affaires et les ont vérifiées comme si j'avais une bombe ». Les agents de sécurité lui ont indiqué qu'ils devaient vérifier ses « contacts », a-t-il ajouté, joint par téléphone.
Le journaliste, né à Moscou, a émigré en Israël à neuf ans. Il ne possède aujourd'hui que la citoyenneté israélienne et a servi dans l'armée, avant de travailler pour une agence gouvernementale au sein du bureau du Premier ministre en 2011–2012, lors d'un précédent mandat de M. Netanyahu.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe président turc Recep Tayyip Erdogan a nommé le procureur général d'Istanbul Akin Gurlek au poste de ministre de la Justice, a annoncé mercredi matin le Journal officiel. Les raisons de ce remaniement n'étaient pas connues dans l'immédiat.
Le Journal officiel a précisé que le procureur et le ministre sortant, Yilmaz Tunc, avaient tous deux présenté leur démission. Dans le même temps, a-t-il ajouté, le portefeuille de l'Intérieur, jusqu'alors détenu par Ali Yerlikaya, sera confié à Mustafa Ciftci, le gouverneur de la province d'Erzurum, dans l'est de la Turquie.
En tant que procureur général d'Istanbul, Akin Gurlek avait émis un mandat d'arrêt contre le puissant maire de la plus grande ville de Turquie, Ekrem Imamoglu, en mars 2025. Cette mesure, largement perçue comme ayant eu un mobile politique, avait déclenché les plus importantes manifestations de rue qu'ait connues ce pays en plus de dix ans. L'arrestation de M. Imamoglu était intervenue quelques jours seulement avant sa désignation pour être le candidat du principal parti d'opposition, le CHP, à l'élection présidentielle de 2028. Il est en effet considéré comme le seul homme politique capable de battre M. Erdogan dans les urnes.
Ancien vice-ministre de la Justice, Akin Gurlek a été accusé par l'opposition de s'en prendre aux rivaux du chef de l'Etat turc. Depuis sa nomination au poste de procureur général d'Istanbul en octobre 2024, plus de 15 maires membres du CHP ont été arrêtés, la plupart pour des accusations de corruption qu'ils rejettent. Il a également ordonné l'ouverture d'enquêtes contre des centaines de membres du CHP.
Ekrem Imamoglu, 54 ans, est actuellement confronté à de nombreuses poursuites judiciaires, notamment pour avoir mis en doute l'intégrité de M. Gurlek. Une enquête vise aussi le dirigeant du CHP Ozgur Ozel, pour des allégations de menaces à l'encontre de M. Gurlek.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est dit « effaré » et « indigné » mercredi par les faits révélés la veille mettant en cause un diplomate français, Fabrice Aidan, dont le nom apparaît à plusieurs reprises dans les Epstein files.
« Quand j'ai pris connaissance de ces informations, j'ai été effaré et j'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place », en signalant les faits à la justice et en lançant une enquête administrative et une procédure disciplinaire, a déclaré le ministre sur RTL, ajoutant que cette situation, qu'il assure avoir découverte mardi, « l'indigne personnellement ».
Ces documents portant sur les contacts de Jeffrey Epstein, pédocriminel mort en prison aux Etats-Unis en 2019, éclaboussent de nombreuses personnalités dans son pays et en Europe.
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