Donald Trump a assuré jeudi qu'un « très bon accord » avait été conclu avec l'Iran et annoncé qu'une signature pourrait avoir lieu dès ce week-end en Europe, un revirement spectaculaire quelques heures après avoir menacé de lancer de nouvelles frappes. « Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran et une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe », a-t-il dit à la Maison Blanche.
Il a indiqué qu'il n'assisterait pas à cette signature, mais qu'elle aurait lieu en présence du vice-président JD Vance. Le dirigeant républicain accueille dimanche un tournoi de MMA à la Maison Blanche, qui coïncide avec son 80e anniversaire.
Donald Trump a aussi dit jeudi que le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei avait validé ce que le président américain a qualifié « d'accord-cadre très solide » (« memorandum of understanding ») avec les États-Unis. « De ce que je comprends, la réponse est oui », a-t-il répondu, quand une journaliste lui a demandé si le dirigeant iranien avait validé le compromis entre Washington et Téhéran.
Frappes annulées
Le milliardaire républicain avait annoncé peu auparavant qu'il annulait les frappes prévues jeudi contre l'Iran. « Prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes, j'ai (...) annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l'Iran ce soir », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
« Les discussions et les derniers points ont été, sur le principe et dans les détails, approuvés par toutes les parties prenantes y compris les Etats-Unis, Israël, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l'Egypte et d'autres », a-t-il poursuivi, ajoutant que le blocus des ports iraniens resterait en place jusqu'à ce que la « transaction soit finalisée ». « La date et le lieu de la signature seront annoncés bientôt », a assuré le président américain.
« Très fort »
Il avait menacé jeudi de frapper « très fort » l'Iran et de prendre le contrôle d'infrastructures pétrolières du pays, dont son principal terminal, l'île de Kharg. « Les États-Unis vont frapper l'Iran (...) TRES FORT ce soir », avait déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social.
La volte-face rappelle le revirement spectaculaire opéré par le milliardaire républicain le 7 avril, quand il avait menacé le matin d'anéantir la « civilisation » iranienne tout entière, pour finalement annoncer le soir un cessez-le-feu.
Donald Trump avait assuré jeudi dans un entretien matinal avec la chaîne Fox News qu'il y aurait « de nouveaux bombardements ce soir », « plus puissants ». « Dans un avenir assez proche, nous prendrons l'île de Kharg, ainsi que d'autres infrastructures pétrolières, et nous prendrons le contrôle total de leurs marchés du pétrole et du gaz », avait-il écrit en début de journée sur Truth Social.
Le président américain n'avait donné aucun détail sur l'envoi éventuel de troupes américaines au sol pour mener à bien cette opération.
« Préférence »
Dans son entretien avec Fox News, il s'était montré, comme souvent, ambigu. Concernant la prise de contrôle de l'île de Kharg, il avait dit que cette option avait toujours eu sa « préférence », mais ajouté: « Je ne sais pas si l'Amérique a les tripes pour ça, honnêtement », en ajoutant que les Américains préféreraient que les troupes « rentrent à la maison ».
« Je ne veux pas avoir de troupes au sol mais si je voulais, nous pourrions mettre un petit groupe de soldats et prendre le contrôle de tout le pays », avait-il assuré, en critiquant à nouveau la couverture selon lui défaitiste du conflit par les médias américains.
Donald Trump avait déjà évoqué auparavant une prise de contrôle de l'île de Kharg, une bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes, qui abrite le plus grand terminal pétrolier de l'Iran, assurant environ 90% de ses exportations de brut, selon une récente note de la banque américaine JPMorgan.
Elle avait déjà été la cible mi-mars de « l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient », selon Donald Trump, qui avait assuré y avoir détruit « toutes les cibles militaires ».