Reçue par le président de la République Joseph Aoun, une délégation issue de Tripoli (Liban-Nord), a lancé « un appel à l'aide » après l'effondrement d'un immeuble résidentiel dimanche dans le quartier de Bab el-Tebbané, un drame qui a fait 14 morts et qui est intervenu deux semaines après un effondrement similaire dans la ville.
« Nous avons informé le président de la situation dans la ville à la suite de la catastrophe qui a frappé Tripoli. Nous avons perçu sa profonde préoccupation et sa tristesse face aux souffrances endurées. Le président suit de près les répercussions de la catastrophe et veille à la mise en œuvre des mesures annoncées hier par le cabinet du Premier ministre », a déclaré la délégation à l'issue de la visite, selon des propos rapportés par la présidence. La délégation a également déploré que « Tripoli souffre d'une marginalisation chronique qui exige une attention urgente. Nous lançons un appel à l'aide, car la situation est critique et l'ampleur de la catastrophe dans la région est immense », poursuit le texte.
Le gouvernement de Nawaf Salam a décidé, lundi, à l’issue d’une réunion d’urgence organisée en réaction aux effondrements en série d’immeubles à Tripoli, chef-lieu du Liban-Nord et deuxième plus grande ville du pays, d’ordonner l’évacuation de 114 bâtiments à risque dans un délai d’un mois, en prenant en charge les frais de logement des habitants concernés. L'effondrement d'un immeuble dimanche a fait 14 morts et a provoqué une vague de colère et de manifestations dans la ville dans la nuit de dimanche à lundi.
Rifi assure « suivre le dossier jusqu'au bout »
Le député de Tripoli Achraf Rifi a exprimé mardi sa « gratitude au président Aoun pour l'attention qu'il a accordée au dossier de Tripoli, et au Premier ministre Nawaf Salam pour l'élaboration d'un plan gouvernemental de relogement et d'évacuation des bâtiments menaçant de s'effondrer », selon un communiqué. Il a également remercié le ministre de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, et l'armée libanaise pour le maintien de la stabilité et la prévention des atteintes à la sécurité.
« Je suivrai ce dossier jusqu'au bout et je n'éluderai pas mes responsabilités tant que la sécurité ne sera pas assurée, que les responsables n'auront pas été traduits en justice, que la tragédie ne se reproduira plus, que la dignité de Tripoli et de ses habitants ne sera pas préservée et que les promesses ne se traduiront pas par des actions rapides et justes sur le terrain, afin de protéger les citoyens, de restaurer la confiance dans l'État et d'éviter toute négligence future. Je remercie également tous ceux qui ont œuvré pour sauver la population de cette tragédie », a déclaré M. Rifi dans un communiqué.
Dimanche soir, le président de la municipalité de Tripoli, Abdel Hamid Karimé, a annoncé avoir remis sa démission au ministre de l’Intérieur, considérant que la ville est « sinistrée » et que la municipalité n’a pas les moyens de faire face aux risques posés par le nombre très élevé de bâtiments fissurés – plus de 100 selon un recensement municipal de 2024, le dernier en date.
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