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19:57 Liban-Nord   Effondrement à Kobbé : les recherches se poursuivent « à mains nues » pour retrouver la jeune Élissar

Les recherches et l'agitation n'ont pas faibli dimanche dans la rue « al-Jadid » à Kobbé, dans et autour des décombres de l'immeuble qui s'était effondré dans la nuit de vendredi à samedi dans ce quartier pauvre de Tripoli, au Liban-Nord. Les services de secours ont poursuivi toute la journée, leurs opérations sur le site à la recherche d'Élissar, l'aînée de la famille el-Mir, toujours portée disparue. Les fouilles se font « à mains nues » pour donner à l'infirmière d'une vingtaine d'années plus de chances de survie, selon le directeur général de la Défense civile, le général Imad Khoreiche.

Présent sur place, ce dernier a affirmé que ses équipes « venues de tout le Liban travaillent à mains nues, avec des collègues de la Croix-Rouge libanaise ». « Nous évitons l'utilisation de bulldozers afin de donner à Élissar le maximum de chances de survie. Nous maintiendrons cette approche jusqu'au dernier moment », a-t-il fait savoir, cité par notre correspondant au Liban-Nord Michel Hallak. « Les conditions sont difficiles, entre le béton armé et les décombres. Nous essayons de surmonter ces obstacles et d'atteindre l'endroit où Élissar pourrait se trouver », a-t-il poursuivi, expliquant que les recherches se basent notamment sur des indications données par la mère sur l'endroit où pourrait se trouver la jeune femme. « Elle a indiqué qu'Élissar n'était pas loin d'elle et qu'elle s'apprêtait à franchir la porte de l'appartement », a-t-il ajouté.

La mère et son fils hospitalisés

La jeune femme est la dernière membre de la famille el-Mir toujours sous les décombres de cet immeuble de plusieurs étages. Dans la nuit, les fouilles avaient permis vers minuit à Amal el-Mir, la mère de famille, et à son fils Omar de sortir vivants de sous les gravats. Lorsqu'Amal el-Mir et son fils ont été extraits des décombres, des cris de joie et des « Allah Akbar » (Dieu est grand) avaient accompagné les civières sur lesquelles ils étaient transportés vers les ambulances, rapporte notre correspondant. Outre les fractures, ils souffrent d'épuisement extrême et de difficultés respiratoires causées par la poussière. Quelques heures auparavant, le père, Ahmad el-Mir, avait été retrouvé mort sous les gravats. Une autre fille de la famille, âgée de 18 ans, avait, elle, été secourue dans la nuit de vendredi à samedi.

Dans et autour du périmètre de sécurité établi autour du bâtiment, proches et voisins sont sous le choc. Khaled, le frère d'Amal, se trouve près des ruines. Il précise à notre journaliste Lyana Alameddine, présente sur place, que sa sœur hospitalisée dans la nuit souffre de quelques fractures mais « va bien. » « Nous sommes tous sous le choc », ajoute-t-il, exprimant cependant un semblant d'espoir concernant sa nièce Élissar. « Certains disent qu’ils ont entendu des battements de cœur » via les appareils spécialisés utilisés par les secouristes. « J’espère tellement que c'est vrai », lâche-t-il.

« C'est devenu ordinaire »

Notre correspondant rapporte en outre, citant une source locale, qu'un homme aurait été placé en détention provisoire dans le cadre de l'enquête sur le drame par les forces de sécurité du Sérail de Tripoli. Il s'agirait du propriétaire d'un commerce installé au rez-de-chaussée du bâtiment et qui aurait démoli des piliers dans son local avant l'effondrement. L'enquête sur ces allégations se poursuit selon cette source.

Selon Khaled, son beau-frère, qui souffrait de diabète et venait de faire une opération à cœur ouvert, avait décidé d'attendre samedi matin pour évacuer le bâtiment, dont il était le propriétaire et qu'il ne pensait pas à un risque d'effondrement imminent. Pourtant, plusieurs immeubles s'étaient déjà écroulés au cours des dernières semaines. Un phénomène qui a provoqué l'indignation des habitants.

« Il y a eu tellement d'immeubles qui sont tombés cette année... Avant, quand un seul s'écroulait, nous étions choqués, mais maintenant c'est devenu ordinaire », affirme notamment un voisin, alors qu'un bâtiment du quartier de Dahr el-Moghr a encore été évacué la veille au soir, selon notre correspondant. Dans ce contexte, une autre habitante confie à notre publication avoir « peur », avant de blâmer les autorités pour leur « inaction. »

Sit-in pour des actions de l'exécutif libanais

La police municipale de Tripoli a entre-temps appelé à l'évacuation d'un immeuble du quartier de Bab el-Tebbané, où des fissures font craindre qu'il ne s'écroule, selon notre correspondant.

Par ailleurs, des habitants de la région de Kobbé ont manifesté dimanche devant la mosquée al-Rahma, précise notre correspondant. Ils ont appelé les députés de Tripoli et du Liban-Nord à pousser le gouvernement à régler rapidement la question des bâtiments qui menacent de s'effondrer. Ils ont également demandé que des logements provisoires soient mis à disposition des habitants des bâtisses qu'il faudra rénover. Les manifestants ont affirmé que « l'État a manqué à son devoir et que Tripoli est privée de ses droits ». Ils ont aussi exhorté la municipalité de la ville à « mobiliser toutes les ressources disponibles et à commencer immédiatement le pompage de l'eau », qui s'est accumulée dans des entrepôts se trouvant sous certains bâtiments de Kobbé et Bab el-Tebbané, « dont les fondations sont déjà fragilisées par l'accumulation des eaux stagnantes ». Ils ont insisté sur la nécessité de démolir sans délai les bâtiments menacés, afin d'éviter une nouvelle « catastrophe ».

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19:04 Syrie   L'ONU envoie de l'aide vers une ville à majorité kurde cernée par l'armée

Un corridor humanitaire a été ouvert vers Kobané, ville à majorité kurde du nord de la Syrie cernée par l'armée, où un premier convoi de l'ONU est arrivé dimanche pour fournir une « aide vitale » aux déplacés ayant fui les affrontements. Un cessez-le-feu entre Damas et les forces kurdes a été prolongé de 15 jours, après que ces dernières ont cédé des pans entiers de territoire aux troupes gouvernementales, décidées à reprendre le contrôle de l'ensemble du territoire.

Plus tôt cette semaine, des habitants de Kobané (Aïn al-Arab en arabe) avaient déclaré à l'AFP manquer de nourriture, d'eau et d'électricité, alors que la ville était submergée de personnes ayant fui l'avancée de l'armée syrienne. Dans un communiqué, l'armée a indiqué ouvrir deux corridors afin de permettre « l'entrée de l'aide », l'un vers Kobané et l'autre dans la province voisine de Hassaké, région dans laquelle l'armée s'est également déployée.

Un convoi d'aide de l'ONU est arrivé dimanche à Kobané, a déclaré à l'AFP Céline Schmitt, porte-parole du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) en Syrie. Le représentant de l'agence en Syrie, Gonzalo Vargas Llosa, avait auparavant précisé que le convoi était composé de « 24 camions transportant des denrées essentielles, des articles de secours et du diesel », devant « fournir une aide vitale aux civils affectés par les hostilités et le climat hivernal ». L'opération a été rendue possible par « la coopération du gouvernement syrien », avait-il écrit sur X.

Kobané, qui se situe à environ 200 kilomètres du bastion kurde dans l'extrême nord-est de la Syrie, est entourée par les forces gouvernementales et est bordée par la frontière turque au nord. Les forces kurdes ont accusé l'armée syrienne d'y imposer un « siège ».

La ville, que les forces kurdes avaient libérée d'un long siège du groupe Etat islamique (EI) en 2015, était devenue un symbole en tant que première grande victoire contre les jihadistes.

Intégration à l'Etat

Le pouvoir islamiste de Damas réclame la dissolution des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), tandis que Washington estime que leur mission initiale de lutte contre les jihadistes n'a plus de raison d'être, avec l'émergence d'un Etat central fort et soutenu par les Etats-Unis à Damas.

Samedi, les autorités syriennes ont affirmé que le cessez-le-feu avait été prolongé pour faciliter le transfert par les Etats-Unis de détenus du groupe Etat islamique de Syrie vers l'Irak. Cette opération a débuté cette semaine, Washington craignant des failles sécuritaires dans la surveillance des prisonniers du fait des affrontements entre l'armée et les Kurdes.

L'armée américaine a dit vouloir transférer en Irak jusqu'à 7.000 suspects de l'EI, auparavant détenus par les combattants kurdes syriens. Des Européens figuraient parmi les 150 détenus haut placés de l'EI qui ont été les premiers à être transférés mercredi, et deux responsables irakiens ont déclaré à l'AFP qu'un deuxième groupe « comptant jusqu'à 1.000 détenus de l'EI » était samedi en cours de transfert.

La trêve entre Damas et les FDS s'inscrit dans le cadre d'un accord plus large qui vise à intégrer les institutions civiles et militaires kurdes à l'Etat. Cet accord, pour lequel les Kurdes syriens doivent présenter un plan d'application, porte un coup aux espoirs d'autonomie de cette minorité, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est durant la guerre civile (2011-2024).

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18:59 Iran   Aucune « clémence » pour les « instigateurs des émeutes », promet Téhéran

Le chef du pouvoir judiciaire iranien a promis dimanche des procès « au plus vite » contre les manifestants arrêtés lors du mouvement de contestation ayant secoué la République islamique, et des punitions « sans la moindre clémence » pour ceux qui seront reconnus coupables.

« Le peuple exige à juste titre que les accusés et les principaux instigateurs des émeutes et des actes terroristes et violents soient jugés au plus vite », a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï, cité par l'agence Mizan, l'organe du pouvoir judiciaire.

Promettant « la plus grande rigueur » dans les enquêtes, il a aussi estimé que « la justice implique de juger et de punir sans la moindre clémence les criminels qui ont pris les armes et tué des personnes, ou commis des incendies criminels, des destructions et des massacres ».

Selon des organisations de défense des droits humains, plusieurs milliers voire dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées au cours de ce mouvement de contestation du pouvoir, qui a fait des milliers de morts début janvier.

Pendant les manifestations, la télévision d'Etat avait diffusé plusieurs vidéos mettant en scène le chef du pouvoir judiciaire interrogeant lui-même des manifestants arrêtés, faisant craindre aux défenseurs des droits humains des « aveux forcés ».

Les ONG basées à l'étranger ont dénoncé une répression sanglante, tout en peinant à consolider leur bilan à cause de la coupure générale d'internet toujours en cours dans le pays. Plusieurs témoignages ont notamment décrit des forces de sécurité tirant à balles réelles sur les manifestants.

Mais le commandant de l'unité spéciale de police, le colonel Mehdi Sharif Kazemi, a assuré dimanche qu' »en vérité, la police n'a eu recours à aucune arme à feu ». « Nous avons utilisé des moyens non létaux afin de garantir la sécurité de la population et d'éviter tout meurtre », a-t-il soutenu selon l'agence Mehr, évoquant « des moyens de dissuasion tels que des canons à eau, des lanceurs de paintball et des véhicules équipés de systèmes sonores pour gérer la foule ».

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