Cinq membres du personnel soignant et 46 secouristes ont été tués dans des frappes israéliennes depuis le début de la guerre le 2 mars, a annoncé samedi le ministre libanais de la Santé, Rakan Nassereddine. Rien que ce samedi, neuf secouristes ont été tués dans des attaques israéliennes, a-t-il précisé.
« Le nombre de martyrs dans le secteur de la santé s'élève à 51, à savoir 46 secouristes et cinq personnels soignants », a affirmé le ministre au cours d'une conférence de presse. Il a ajouté que neuf hôpitaux au Liban-Sud ont également été attaqués au cours des trois dernières semaines. Au total, le ministère a recensé 75 attaques contre les services de secours et de santé depuis le 2 mars, a précisé M. Nassereddine.
Neuf secouristes ont été tués par Israël rien que durant la journée de samedi, a précisé M. Nassereddine. Selon lui, tous effectuaient des missions de secours lorsqu'ils ont été visés. Quatre d'entre eux appartenaient au Comité sanitaire islamique, affilié au Hezbollah, tandis que les cinq autres étaient membres de l'association des scouts de la Mission islamique (al-Rissala), liés au mouvement Amal.

Dans la nuit de vendredi à samedi, sept secouristes avaient été tués dans des frappes israéliennes. Deux d'entre eux, Mohammad Nassif Zhour, originaire de Yohmor al-Chaqif, et Mohammad Toufayli, de Kfar Tebnit, ont été tués et d'autres personnes blessées dans une attaque de drone israélien sur des véhicules du Comité sanitaire islamique à Kfar Tebnit (Nabatiyé), selon notre correspondant. Deux autres, Mohammad Daher et Ahmad Onaïssi, ont été tués alors qu'ils se trouvaient à Jezzine, près de la voiture dans laquelle se trouvaient les journalistes Ali Choeib, Fatima et Mohammad Ftouni, qui ont été ciblés par Israël. Une ambulance du CSI qui transportait des victimes d'une frappe sur la région de Nabatiyé également a, elle, été prise pour cible entre Qaaqaïyet el-Jisr et Kfar Dajjal, blessant deux secouristes.
Les cinq secouristes de la « Rissala » étaient dans une ambulance ciblée à Zaoutar el-Charqiyé (Nabatiyé). Ils ont été identifiés comme étant Atef Qaddouh, Hussein Ali Darwiche, Hassan Noureddine, Ali Hassan Jeha et Ibrahim Zaher Abou Zeid.
Après ces attaques en série sur des ambulances, la Croix-Rouge libanaise a affirmé dans un communiqué que pour pouvoir répondre aux appels dans les zones frontalières du Liban-Sud, elle informe la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) et attend qu’un passage sécurisé soit assuré. « La Croix-Rouge libanaise continue d’accomplir ses missions tout en prenant des mesures de protection strictes, à la suite des blessures et des pertes douloureuses subies par ses équipes. Elle reste engagée à déployer tous les efforts et à maintenir une coordination étroite avec la Finul, le Comité international de la Croix-Rouge et l’armée libanaise afin d’obtenir un passage sécurisé dans ces conditions extrêmement dangereuses, tout en appelant en permanence au respect du droit international humanitaire et à la protection du personnel médical et des ambulances », a-t-elle ajouté.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe navire américain d'assaut amphibie Tripoli est arrivé au Moyen-Orient, a annoncé samedi le commandement militaire des États-Unis pour cette zone (Centcom), au moment où les spéculations battent leur plein sur le déploiement potentiel de troupes américaines sur le territoire iranien.
Le Tripoli, navire basé habituellement au Japon, est arrivé vendredi dans la zone, selon un communiqué du Centcom sur X, qui précise que ce porte-hélicoptères est à la tête d'un groupe naval qui comprend « quelque 3 500 » marins et soldats du corps des Marines.
Il comprend en outre des aéronefs de transport et de combat, ainsi que des équipements d'assaut amphibie, ajoute le communiqué, accompagné de quatre images. L'une d'entre elles montre le pont du Tripoli avec plusieurs hélicoptères Seahawk, ainsi que quelques Osprey, des aéronefs utilisés notamment pour le transport de troupes. Une autre montre un avion de combat F-35, capable de décoller et d'atterrir sur ces porte-hélicoptères.
L'arrivée du navire et de ce corps expéditionnaire de Marines intervient peu après les déclarations du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, qui a estimé vendredi que les États-Unis pouvaient atteindre leurs objectifs sur l'Iran sans passer par le déploiement de troupes au sol.
Mais Donald Trump entretient depuis plusieurs semaines une certaine ambiguïté sur cette possibilité, et plusieurs médias américains ont rapporté ces derniers jours que le président américain envisageait d'envoyer prochainement au moins 10 000 militaires au Moyen-Orient.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsPlusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi en France dont 1.200 dans le centre de Lyon pour défendre les droits des Palestiniens, à l'appel d'associations et d'organisations syndicales.
« On est des milliers à Paris et dans toute la France », a déclaré Vincent Gay, membre de l'association altermondialiste Attac qui avait appelé à manifester notamment Place de la Bastille.
La préfecture de Police de Paris n'était pas en mesure de communiquer immédiatement l'estimation du nombre de participants dans la capitale. Ces manifestations se sont déroulées alors qu'un adolescent palestinien de 15 ans a été tué vendredi par des tirs de l'armée israélienne en Cisjordanie.
Les violences en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, ont fortement augmenté depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché une offensive meurtrière de grande ampleur dans la bande de Gaza.
« L'Union européenne n'a toujours pas rompu ses accords avec Israël », a déploré Vincent Gay, estimant en outre que « la France ne condamne que des bouts des lèvres » les exactions commises par les colons israéliens violents. La France et l'UE ont néanmoins pris des sanctions contre des colons israéliens extrémistes et le gouvernement français a demandé au gouvernement israélien de les juger pour leurs exactions.
Dans le centre de Lyon, sous la bruine, environ 1.200 personnes se sont réunies sur la place Bellecour avant de partir pour une marche, selon le décompte de la préfecture. « Je viens pour montrer mon opposition à toutes les velléités coloniales », a expliqué Reda Gassa, un ingénieur de 37 ans, qui cite Gaza, mais aussi Cuba. Selon lui, Israël, qui « ne respecte aucune règle », ne peut être un pays « avec lequel on a des relations économiques normales ».
L'une des nombreuses banderoles et pancartes affichait : « La libération de la Palestine commence dans ta rue ».
A Caen, quelques centaines de manifestants ont défilé à l'appel de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS). « Je suis ici car je suis en colère contre mon pays, la France, complice des crimes de guerre d'Israël en totale violation du droit international », a déclaré à l'AFP Youmna Bahout, ingénieure en énergie de 27 ans. « J'ai honte d'être française, notre gouvernement soutient (le Premier ministre israélien) Benjamin Netanyahu », a-t-elle ajouté. « On aimerait que les criminels de guerre soient jugés partout sur la planète, si (le président russe Vladimir) Poutine survolait la France, on l'arrêterait immédiatement, Netanyahu on le laisse faire, c'est un permis de tuer », a-t-elle également estimé.
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