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15:20 Environnement   Incendies: Macron alerte sur la pire situation en France depuis 1945

Face aux pires incendies en France « depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », Emmanuel Macron est venu soutenir jeudi les acteurs mobilisés dans la forêt de Fontainebleau, dont 2.000 hectares ont été ravagés, prévenant qu'il n'y aurait « aucune tolérance » pour les incendiaires. « Il n'y a pas de doute que tout ce que vous avez fait, c'est ce qui a permis d'éviter le pire dans une situation extraordinaire, puisque on n'a jamais connu ça depuis plus de huit décennies », a lancé le chef de l'Etat aux pompiers, élus locaux et forces de l'ordre.

« Cela a permis d'éviter le pire », « de ne pas déplorer une victime », s'est-il félicité depuis le poste de commandement opérationnel installé à Noisy-sur-Ecole en Seine-et-Marne, sur une portion de cette forêt emblématique et fragile à 60 km au sud-est de Paris, classée « réserve de biosphère » par l'Unesco.

Avec près de 11.000 feux et 35.000 hectares touchés par les flammes, la surface brûlée en France à mi-juillet a « d'ores et déjà dépassé » le total de la saison passée, a souligné à ses côtés le directeur général de la Sécurité civile Julien Marion. « Cela veut dire que depuis trois semaines, les sapeurs-pompiers gèrent entre 250 et 300 feux de manière simultanée », a-t-il insisté.

Les points de vigilance « changent tous les jours. Là, nous allons par exemple avoir un week-end très difficile dans le Sud », en particulier dans le Var avec « un risque extrême », a-t-il alerté. Le chef de l'Etat a assuré qu'il n'y aurait « aucune tolérance » pour les incendiaires « parce que c'est notre territoire national qui est attaqué chaque fois qu'un feu se déclenche ».

A Fontainebleau, la situation a été calme pendant la nuit, avec une « activité de feu moindre par rapport à la nuit précédente », a dit à l'AFP le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole des sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne. Le feu est toujours « fixé » mais « pas encore éteint ». Le quasi-millier de pompiers qui luttent depuis quatre jours contre plusieurs incendies dans la forêt va recevoir le renfort de 120 militaires du génie en provenance de l'est de la France, habitués à préparer terrain et infrastructures.

En effet, compte tenu de la tourbe et du sable qui composent cette forêt renommée, les pompiers sont contraints de s'attaquer à chaque souche d'arbre où le feu a repris car l'incendie peut repartir de plus belle un peu plus loin. Ils sont ainsi obligés de « noyer » chaque petit foyer d'incendie avec le renfort des largages aériens, mais aussi de retourner la terre avec des bêches, un travail fastidieux qui demande beaucoup de main-d'œuvre et va prendre deux à trois semaines.

Recours à l'A400 M

Quant à la réouverture de l'autoroute A6, bloquée à cause des flammes, la préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory a évoqué que cela pourrait se faire vendredi soir « si on peut » car « il y a eu des dégâts sur les structures et les glissières notamment. Il faut les changer ».

Quelque 950 sapeurs-pompiers se sont relayés ces derniers jours dans le massif des Trois-Pignons et dans le secteur de la Faisanderie, appuyés par trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement. Jeudi, seuls le Dash et les hélicoptères étaient encore en action pour la journée, à la faveur de l'amélioration de la situation.

Une polémique politique a accompagné cet incendie, le Rassemblement national et La France insoumise accusant le pouvoir macroniste d'avoir annulé en 2024 la commande de deux Canadair, appareils dédiés à l'attaque directe et massive des incendies, en décidant une réduction du budget de la Sécurité civile.

Au contraire, Emmanuel Macron a affirmé jeudi avoir relancé la production de ces appareils grâce à une action européenne. « En 2017, on ne produisait plus de Canadair. Il n'y avait pas de polémique à l'époque pour savoir si c'était deux, quatre ou six. On en produisait zéro », a-t-il relevé. Dans quelques jours, la Sécurité civile « va pouvoir expérimenter, si c'est nécessaire, le recours à l'A400M pour procéder à des largages de grande capacité », a indiqué son directeur.

L'Airbus A400M, un avion de transport militaire, pourra être équipé d'un kit de largage d'eau de grande capacité, de 20 tonnes, soit l'équivalent de trois Canadair. Par ailleurs, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place dans les prochaines heures d' »un guichet unique » afin de collecter des fonds pour la forêt de Fontainebleau. « Je compte sur chacune et chacun pour pouvoir dès maintenant donner » et permettre « de replanter, de rebâtir et de continuer de nous améliorer aussi pour que cette forêt soit encore demain mieux protégée », a-t-il ajouté.

15:05 Législation   Le Parlement reprend ses débats : l'amnistie et la peine de mort au menu

Les députés se sont réunis jeudi au Parlement pour une nouvelle séance de débat visant à compléter un ordre du jour entamé la veille. Ils ont voté plusieurs textes de loi, avant que la séance ne soit levée par le chef du Parlement, Nabih Berry, avant une reprise à 18h. A leur retour à l'hémicycle, les parlementaires devront se pencher sur des propositions de loi relatives à la suppression de la peine de mort et à l'instauration d'une amnistie générale.

La séance parlementaire de jeudi s'est tenue en l'absence d'une dizaine de députés sunnites dont Achraf Rifi, Fayçal Karamé et Ahmad Kheir. Une façon de protester contre la proposition de loi sur l'amnistie générale qui devrait être adoptée à la Chambre. Des sources parlementaires concordantes indiquent que la version actuelle du texte n’inclut pas les modifications apportées lors de la réunion tenue lundi au Sérail entre le Premier ministre, Nawaf Salam, et plusieurs députés sunnites.

L'Orient-Le Jour a appris que M. Salam s’est entretenu avec le président de la Chambre, Nabih Berry, afin de tenter de résoudre le problème. Une réunion entre des députés sunnites et d'autres du tandem chiite devrait également avoir lieu durant la pause prévue en début d’après-midi.

À noter que certains élus de la communauté sunnite ont quand même pris part à la séance (dont Walid Baarini et Jihad Samad) « afin de ne pas bloquer l'action du législatif », selon un député sunnite. « Mais si le problème de l'amnistie n'est pas réglé, ils pourraient bien quitter l'hémicycle », abonde-t-il, mettant en garde contre « une grande crise » si ce texte n'est pas voté aujourd'hui.

Selon une source parlementaire contactée par L'OLJ, les députés ont approuvé jeudi une loi permettant aux officiers ayant suivi des études supérieures d'enseigner. Un texte de loi visant à augmenter la part du Liban dans le capital de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement a également été approuvé. Un troisième texte a été voté, qui fait passer de trois à quatre ans le nombre d'années d'étude à l'école militaire pour les membres de la Défense civile souhaitant obtenir une licence dans trois spécialités. D'autres lois, sur le travail de la Croix-Rouge, la Sécurité sociale et la création d'un syndicat pour les physiothérapeutes ont été votées.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), le ministre de l'Information, Paul Morcos, est arrivé tôt au Parlement afin de rencontrer plusieurs députés et leur transmettre des propositions qui lui ont récemment été soumises par des journalistes et des médias concernant le projet de loi sur l'information, en vue de leur intégration au texte.

Une première salve de textes avait été adoptée mercredi, concernant notamment les examens officiels, les exonérations en faveur des sinistrés de la guerre, un régime de retraite pour les contractuels du ministère de l'Information, ainsi que les déserteurs des douanes. Cette première réunion était la première depuis la prorogation du mandat de la Chambre en avril.

14:04 Cisjordanie   Des familles israéliennes colonisent un mont surplombant Naplouse

Des familles israéliennes se sont installées jeudi sur une zone située sur le mont Ebal, surplombant Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée, a annoncé un conseil représentatif des colons dans cette région, dans un contexte de forte expansion des colonies.

« Ce matin, les familles du groupe d'Ebal transfèrent leurs effets personnels et s'installent dans des maisons mobiles de la nouvelle colonie d'Ebal », a déclaré le Conseil régional de Samarie, utilisant le nom biblique donné au nord de la Cisjordanie. Dans une vidéo diffusée par cette instance, on peut voir une douzaine de personnes transportant des cartons de déménagement et des meubles.

Une route récemment asphaltée, bordée de drapeaux israéliens et menant au sommet de la montagne, est jalonnée d'une dizaine de ces habitations. Dans la vallée en contrebas, des habitants de la vieille ville de Naplouse ont confirmé à l'AFP qu'ils pouvaient désormais apercevoir ces nouvelles maisons.

« Les Palestiniens avaient l'habitude de se rendre sur le mont Ebal pour se promener et respirer l'air frais. Aujourd'hui, ils nous privent de notre air en encerclant Naplouse de toutes parts avec des colonies et des attaques », a déclaré Ghassan Daghlass, gouverneur de la région de Naplouse. Il souligne que, sur l'autre montagne qui jouxte la ville, le mont Gerizim, une base militaire et une partie d'une colonie contribuent déjà au sentiment d'encerclement ressenti par les habitants palestiniens.

Le président israélien du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, présent lors de l'installation, a indiqué que la colonie d'Ebal devrait accueillir à terme environ 600 familles. « Nous établissons ici une colonie prospère qui rayonnera sur toute la région. Il s'agit d'une étape majeure vers le renforcement de notre présence dans l'ensemble du nord de la Samarie », a expliqué M. Dagan.

Le mont Ebal est l'un des plus hauts sommets de la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Il était autrefois surnommé « la colline du Shin Bet », en référence au service de sécurité intérieure israélien qui s'y était installé jusqu'aux années 1990. Depuis son entrée en fonction fin 2022, le gouvernement Netanyahu a approuvé la création de 102 colonies en Cisjordanie, selon l'ONG israélienne anti-colonisation La Paix maintenant.

Sans compter Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, plus de 500.000 Israéliens vivent désormais en Cisjordanie dans des colonies, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens. La colonisation de cette partie des Territoires palestiniens s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais s'est nettement accélérée depuis l'arrivée de l'extrême droite dans la coalition au pouvoir fin 2022.

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