Moins de 24 heures après l'assassinat d'un partisan du Fateh par des islamistes radicaux dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué à Saïda, les tensions sont brusquement montées lundi, l’auteur présumé du meurtre n’ayant toujours pas été remis.
Dimanche en fin de soirée, Imad Chéhadé, surnommé « al-Sarih » et garde du corps du frère de Mounir Maqdah, chef de la branche armée du Fateh au Liban, a été tué en raison d'un différend personnel.
Réuni le lendemain, le comité de sécurité du camp n’est pas parvenu à obtenir la remise du principal suspect. En réaction, la famille de la victime a bloqué l’entrée ouest du camp, du côté d’al-Hasbah, exigeant que l’assaillant présumé, Omar al-Chayeb, soit livré. Ce dernier reste pour l’heure introuvable, selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah. Les factions nationales et islamistes palestiniennes de la région de Saïda ont condamné le meurtre et réclamé que le suspect soit remis aux autorités libanaises.
En août 2024, un mois avant l'escalade et la guerre ouverte entre le Hezbollah et l’armée israélienne, Khalil Maqdah, un autre frère de Mounir Maqdah, avait été tué dans une frappe aérienne israélienne ciblée à Saïda. Aïn el-Héloué abrite environ 80 000 réfugiés palestiniens et le camp a régulièrement été le théâtre d'affrontements dus à des différends personnels et des tensions entre diverses factions palestiniennes. En août 2023, une vague de violents accrochages entre le mouvement Fateh, proche du président palestinien Mahmoud Abbas, et des groupes islamistes tels que Jund el-Cham et el-Chabab el-Moslem, avaient fait au moins 30 morts.
Les autorités libanaises ont lancé l’an dernier un processus de désarmement des camps palestiniens. Si certaines factions, dont le Fateh, ont remis une partie de leur arsenal, des groupes affiliés au Hezbollah, au Hamas et au Jihad islamique s'y opposent. Au moins sept des douze camps palestiniens du Liban sont désormais entièrement sous le contrôle de l’État. Ces tensions surviennent alors que la guerre entre le Hezbollah et Israël entre dans sa cinquième semaine, et que les frappes israéliennes ont tué plus de 1 240 personnes.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsAprès près d’un mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, les tarifs des générateurs poursuivent leur hausse. Le ministère de l’Énergie et de l’Eau a publié lundi la nouvelle grille des tarifs avec un barème s’élevant à 40 580 livres libanaises (près de 0,45 dollar) le kilowattheure sur les factures émises en mars. Ce prix est en hausse de 10 336 LL (environ 0,1 dollar) par rapport aux prix fixés pour les factures de février.
Ces générateurs fournissent du courant aux Libanais pendant les périodes de rationnement, Électricité du Liban (EDL) étant toujours incapable de fournir suffisamment du courant à tout le pays. Pour calculer sa facture, chaque abonné doit multiplier le prix fixé par le nombre de kWh correspondant à sa consommation, tel que relevé sur un compteur individuel que l’exploitant est censé lui avoir installé.
Pour calculer le tarif, le ministère a retenu un prix du diesel de 1.982.753 LL (15,60 dollars, en hausse de près de 42 %) les 20 litres de ce carburant que consomment la majorité des générateurs, avec un taux de change toujours stable fixé à 89 700 LL pour un dollar.
Les frais fixes restent identiques : 385 000 LL (4,29 dollars) le forfait mensuel pour une intensité maximale de 5 ampères (A) et 685 000 LL (7,64 dollars) pour les 10 A. Au‑delà de 10 A, le ministère maintient la majoration de 300 000 LL (3,34 dollars) pour chaque tranche supplémentaire de 5 A.
Pour les installations raccordées à un compteur triphasé, comme les ascenseurs, un forfait supplémentaire est calculé selon une capacité de référence. Par exemple, un ascenseur alimenté par trois phases de 15 A chacune ne devrait être facturé que 985 000 LL (10,98 dollars) par le propriétaire du générateur, au lieu de 2 785 000 LL (31,05 dollars).
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsBerlin travaille avec Damas au rapatriement en trois ans de 80% des Syriens réfugiés en Allemagne, a déclaré lundi le chancelier Friedrich Merz au cours de la visite du président Ahmed Al-Chareh.
L'avenir de la diaspora syrienne en Allemagne, qui compte environ un million de personnes notamment arrivées pendant la crise migratoire de 2015, est au coeur de ce premier voyage officiel à Berlin du dirigeant syrien.
En plein durcissement de la politique migratoire allemande dans un contexte d'essor de l'extrême droite, le chancelier conservateur a dit en conférence de presse vouloir cibler en priorité « un petit groupe qui nous pose des problèmes », à savoir des Syriens ayant commis des infractions. Mais, « dans la perspective plus longue des trois prochaines années », ce virage migratoire doit concerner 80% des Syriens qui séjournent dans la première économie européenne « et c'est aussi le souhait du président Al-Chareh », a-t-il ajouté.
Selon le président syrien, qui n'a pour sa part pas donné de chiffres, Berlin et Damas souhaitent établir un « modèle circulaire de migration qui permettra aux Syriens de contribuer à la reconstruction de leur patrie sans avoir à abandonner la stabilité des vies qu'ils ont bâties ici pour ceux qui veulent rester ». Il a souligné que les Syriens d'Allemagne devaient être « un pont » entre les deux pays et étaient « un atout ».
Le président syrien devait aussi aborder les questions migratoires avec le ministre allemand de l'intérieur Alexander Dobrindt plus tard dans l'après-midi. Avant ce déplacement en Allemagne, Ahmed Al-Chareh, un ancien rebelle jihadiste de 43 ans qui a renversé Bachar el-Assad en décembre 2024, a multiplié les voyages, en particulier aux Etats-Unis, en France et en Russie, afin de replacer la Syrie sur la scène internationale. Friedrich Merz a vanté un « ambitieux programme de travail commun pour la reconstruction et le retour (des réfugiés), qui entre maintenant dans sa phase de mise en œuvre », avec une délégation allemande se rendant à cette fin en Syrie « dans quelques jours ».
Après 14 ans de guerre civile, le redressement de la Syrie est primordial, ont souligné les deux hommes. L'Allemagne va ainsi financer à hauteur de 200 millions d'euros des projets relatifs à l'approvisionnement en eau ou à la reconstruction d'hôpitaux. Lundi, M. Al-Chareh a aussi rencontré le président fédéral Frank-Walter Steinmeier et a participé à un forum économique germano-syrien au ministère des Affaires étrangères. Il y a vanté une Syrie « refuge pour les chaînes d'approvisionnement », qui permet le transport d'énergie et de marchandises vers l'Europe sans passer par le détroit d'Ormuz, paralysé par la guerre au Moyen-Orient. Mais la Syrie reste ensanglantée par des affrontements, notamment des combats entre troupes gouvernementales et combattants kurdes, et les accusations de violations des droits humains sont légion.
Friedrich Merz a ainsi exhorté son homologue à l'installation d'un « Etat de droit » et au respect des droits de tous les Syriens « quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique ou leur sexe ». « Je lui (au président syrien, ndlr) ai également dit que de nombreux projets communs à l'avenir dépendraient aussi du fait que nous trouvions un Etat de droit offrant un cadre fiable pour l'économie mais aussi pour les citoyens », a-t-il ajouté.
Plusieurs manifestations sont organisées à Berlin contre la visite, initialement prévue pour janvier mais reportée en raison de heurts entre l'armée et les combattants kurdes. Devant le ministère des Affaires étrangères lundi matin, des manifestants ont brandi des drapeaux kurdes et des pancartes critiquant le rapprochement entre les deux dirigeants, ainsi que le passé jihadiste du président syrien. Une association kurde en Allemagne, la KGD, a jugé vendredi dans un communiqué que l'ancien chef rebelle ne devait bénéficier d' « aucune reconnaissance officielle ». Friedrich Merz a pour l'instant « réduit sa politique syrienne à la question des expulsions et ignoré la situation réelle sur le terrain », a déclaré à l'AFP Luise Amtsberg, la députée des Verts chargée des affaires étrangères, mettant en garde contre une « normalisation précipitée » des relations bilatérales.
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