Combien de temps durera la guerre contre l'Iran et quels sont les objectifs des États-Unis ? Le président américain Donald Trump a donné une multitude de réponses contradictoires à ces questions depuis le début du conflit, fin février.
Les enjeux sont élevés, d'autant que l'Iran a riposté par des frappes de drones et de missiles dans tout le Golfe, après que les États-Unis et Israël ont lancé leurs attaques.
Voici, dans les propres mots de Donald Trump, l'évolution de ses positions:
1er mars: « Ça a été toujours été un processus de quatre semaines, alors - aussi fort qu'est (l'Iran), le pays est grand, ça prendra quatre semaines ou moins » (au Daily Mail).
9 mars: La guerre est « quasiment » finie, le conflit est « très en avance » sur le calendrier de quatre à cinq semaines évoqué auparavant (à CBS).
20 mars: « Nous sommes sur le point d'atteindre nos objectifs alors que nous envisageons de réduire graduellement nos importants efforts militaires au Moyen-Orient contre le régime terroriste iranien » (sur Truth Social).
20 mars: « Je ne veux pas faire un cessez-le-feu. Vous savez, vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l'adversaire » (à des journalistes à la Maison Blanche).
23 mars: Un « changement de régime » est en cours en Iran, mais les États-Unis vont « continuer à bombarder allègrement » si les négociations en cours avec un groupe de dirigeants iraniens non identifiés échouent.
1er mars: « Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler » (à The Atlantic).
3 mars: « Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils veulent discuter. J'ai dit : +Trop tard !+ » (sur Truth Social).
21 mars: « Il n'y a personne à qui parler. On n'a personne à qui parler. Et vous savez quoi ? Ça nous convient très bien comme ça » (à des journalistes à la Maison Blanche).
23 mars: « JE SUIS CONTENT DE RAPPORTER QUE LES ETATS-UNIS D'AMERIQUE ET L'IRAN ONT EU, CES DEUX DERNIERS JOURS, DE TRES BONNES ET PRODUCTIVES DISCUSSIONS POUR UNE CESSATION TOTALE ET COMPLETE DE NOS HOSTILITES AU MOYEN-ORIENT » (sur Truth Social).
14 mars: « De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les Etats-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr » (sur Truth social).
16 mars: « Nous encourageons vivement les autres pays à s'impliquer avec nous, et à s'impliquer vite et avec beaucoup d'enthousiasme » (à des journalistes à la Maison Blanche).
17 mars: « Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN » (sur Truth social).
20 mars: « Maintenant que le combat militaire est GAGNE, avec très peu de danger pour eux, ils se plaignent des prix du pétrole élevés qu'ils doivent payer mais ne veulent pas aider à ouvrir le détroit d'Ormuz". "LÂCHES, et nous nous en SOUVIENDRONS! » (sur Truth Social).
28 février: Trump déclare la guerre dans un message vidéo. Il affirme que ses objectifs sont d'éliminer la capacité balistique de l'Iran, de détruire sa marine, de veiller à ce que ce pays ne se dote jamais de l'arme nucléaire et de faire en sorte que les groupes pro-iraniens ne puissent plus mener d'attaques. Il encourage également un soulèvement populaire: « Prenez le contrôle de votre gouvernement » (Message vidéo, s'adressant aux Iraniens).
9 mars: « Je pense que la guerre est finie, quasiment », l'Iran n'a plus de « marine » ni de « communications » ou de « force aérienne ». Il s'agit d'une « excursion de courte durée » (à CBS).
13 mars: « Quand je le sentirai dans mes tripes » (en réponse à Fox Radio, interrogé sur quand la guerre prendra fin).
21 mars: « Si l'Iran ne rouvre pas TOTALEMENT, SANS AUCUNE MENACE, le détroit d'Ormuz dans les 48 HEURES à compter de cet instant précis, les États-Unis d'Amérique frapperont et anéantiront ses différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE ! » (sur Truth Social).
23 mars: « J'AI ORDONNE AU MINISTÈRE DE LA GUERRE DE REPORTER TOUTES LES FRAPPES MILITAIRES CONTRE LES CENTRALES ÉLECTRIQUES IRANIENNES » (sur Truth Social).
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUne faction armée irakienne pro-iranienne a procédé lundi soir à des tirs de roquettes contre une base située dans le nord-est de la Syrie et récemment abandonnée par des forces américaines de la coalition internationale antijihadiste, selon un responsable de sécurité irakien et une ONG syrienne.
Depuis la zone frontalière de Rabia, dans le nord de l'Irak, « une faction irakienne a tiré sept roquettes (...) en direction d'une base dans la région de Hassaké », dans le nord-est syrien, a précisé le responsable irakien. Une plateforme de lance-roquettes a été retrouvée abandonnée dans le secteur de Rabia, a-t-il indiqué. L’Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, a lui rapporté une attaque en soirée contre la base de Kharab al-Jir, dans la zone de Rmeilan près de Hassaké.
« La base abrite un aérodrome qui était utilisé par des forces américaines avant leur retrait plus tôt ce mois-ci », a précisé l'Observatoire dans un communiqué succinct, indiquant ne pas être en mesure de se prononcer sur des dégâts potentiels. Depuis la mi-mars cette base a été reprise par l'armée syrienne.
Depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, le 28 février, l'Irak a été aspiré dans un conflit qu'il voulait éviter à tout prix. Des groupes irakiens pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques contre des militaires américains ou des sites pétroliers, tandis que ces factions sont visées par des frappes imputées aux Etats-Unis ou à Israël.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsBenjamin Netanyahu a déclaré lundi qu'Israël continuait ses frappes en Iran et au Liban, en restant déterminé à protéger ses « intérêts vitaux en toute circonstance ».
Le Premier ministre israélien a tenu ces propos après avoir discuté avec le président américain Donald Trump, qui avait évoqué plus tôt dans la journée de « très bonnes négociations » avec des responsables iraniens en vue d'une possible solution diplomatique pour mettre fin à la guerre déclenchée par l'attaque américano-israélienne du 28 février contre l'Iran.
« Aujourd'hui, j'ai parlé avec notre ami, le président Trump », a déclaré le Premier ministre israélien dans un court message vidéo distribué par son bureau.
M. Trump « estime qu'il y a une chance de tirer parti des formidables succès [militaires israéliens et américains] afin de réaliser les objectifs de la guerre dans le cadre d'un accord qui préservera nos intérêts vitaux », a-t-il poursuivi.
« Parallèlement, nous continuons à frapper à la fois en Iran et au Liban », a encore dit M. Netanyahu, ajoutant: « Nous sommes en train de broyer jusqu'au bout le programme de missiles et le programme nucléaire [iraniens] et nous continuons à porter de rudes coups au [mouvement islamiste] Hezbollah » (allié de l'Iran) au Liban.
« Il y a quelques jours à peine, nous avons éliminé deux autres scientifiques nucléaires [iraniens], et ce n'est pas fini. Nous protégerons nos intérêts vitaux en toute circonstance », a-t-il dit sans plus de détails.
Ces déclarations interviennent peu après l'annonce par le président américain que les Etats-Unis et l'Iran avaient trouvé des « points d'accord majeurs » lors de négociations menées, selon Donald Trump, avec un « haut dirigeant » qui n'est pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.
Ce brusque retour de Donald Trump à la voie diplomatique, alors qu'il n'avait pas fait état récemment de négociations, intervient alors qu'il avait donné samedi à l'Iran un ultimatum de 48 heures pour rouvrir le détroit d'Ormuz, faute de quoi les Etats-Unis frapperaient les infrastructures énergétiques iraniennes.
Un responsable israélien a déclaré au site d'information Axios lundi que les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner s'étaient entretenus avec le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Mais l'intéressé a annoncé lui-même lundi qu'il n'y avait « pas de négociations » avec Washington.
« De fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés », a déclaré M. Ghalibaf.
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