La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a dénoncé vendredi le largage jeudi par l’armée israélienne d’une grenade à « environ 30 mètres des Casques bleus » dans la localité de Adaïssé (caza de Marjeyoun). Aucun blessé n’est à déplorer, précise la force onusienne. « Toute action exposant les Casques bleus à un risque constitue une violation grave de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et compromet la stabilité que nous nous efforçons tous de préserver » a-t-elle écrit.
Au moment de l’incident, la Finul se préparait à inspecter une habitation après avoir découvert dans un bâtiment voisin un « engin explosif relié à un cordon ». La démarche faisait suite à l’avertissement par des habitants de « l’existence d’un danger potentiel dans une maison. » Selon nos informations, une unité de l’armée israélienne s’était infiltrée jeudi à l’aube pour faire exploser des habitations dans la localité. Les recherches de la Finul étaient menées conjointement avec l'armée libanaise.
La Finul avait signalé à plusieurs reprises ces derniers mois des tirs israéliens à proximité de son personnel ou dans sa direction. « Des incidents de ce type se produisent à une fréquence excessive et constituent une tendance préoccupante », avait-t-elle dénoncé le 2 janvier. Quelque 10 800 Casques bleus font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978. Ils opèrent au Liban-Sud en coopération avec l'armée libanaise dans le cadre d'un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah. Israël aurait dû retirer ses forces dans la région, mais il les a maintenues dans cinq secteurs qu'il juge stratégiques et mène régulièrement des frappes dans le pays, affirmant viser des sites et des affiliés au Hezbollah, qu'il accuse de se réarmer. Le mandat de la Finul prend fin au terme de 2026, et ses troupes doivent avoir évacué complètement du Liban-Sud d’ici à la fin de 2027.
Il convient de signaler par ailleurs que l'armée israélienne a effectué entre jeudi soir et vendredi matin deux frappes de drone sur des véhicules au Liban-Sud, dont l'une s'est avérée mortelle, rapporte notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah.
A 23h jeudi, un drone a tiré deux missiles sur une voiture qui circulait entre Zaoutar al-Charkiyé et Mayfadoun, dans le caza de Nabatiyé. Le véhicule a pris feu et le conducteur a été tué sur le coup. Le Hezbollah a annoncé qu'il s’agissait de Walid Alliq, un de ses combattants originaire de Zaoutar al-Gharbiyé. Vendredi matin, une frappe similaire a pris pour cible une camionnette à Mansouri, dans le caza de Tyr. Le véhicule qui servait à la collecte de ferraille n'a pas été directement touché, mais des éclats l'ont atteint blessant légèrement son conducteur qui a été aussitôt hospitalisé.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDevant le Conseil de sécurité de l'ONU réuni jeudi soir à la demande des États-Unis, deux dissidents iraniens ont appelé la communauté internationale à « agir » contre la République islamique, décrivant les exactions et la répression du régime contre toute forme d'opposition. L'un d'entre eux a accusé des « forces supplétives », qui pourraient être liées aux proxies de l'Iran dans la région, d'avoir participé à la répression des mouvements de contestation des dernières années. Des témoignages qui, selon le représentant iranien à l'ONU, Gholamhossein Darzi, « ne représentent pas la société civile de son pays mais promeuvent plutôt les agendas politiques des États-Unis et d’Israël », tandis que l'ambassadeur américain, Mike Waltz, a souligné que « toutes les options restent sur la table » pour empêcher la répression de la contestation.
Pendant la réunion au siège des Nations unies, la journaliste et dissidente politique iranienne Massih Alinejad, a déclaré que des millions d’Iraniens ont besoin « d’actions réelles et concrètes » contre un régime qui ne comprend pas le langage de la diplomatie, selon des propos rapportés sur le site du Conseil. Elle a reproché aux Nations unies de ne pas répondre « avec l’urgence qu’exige ce moment » et dénoncé les coupures d'internet et de télécommunications en Iran qui visent « à détruire les preuves des crimes commis contre le peuple iranien. » Selon elle, les manifestants réclament que les fonds publics « « cessent d’être volés et envoyés au Hamas, au Hezbollah et aux houthis », supplétifs de l'Iran dans la région. Elle a aussi accusé le régime de tirer contre des civils pendant les manifestations.
Le militant et journaliste Ahmad Batebi a, lui, raconté les tortures qu'il a subies pendant deux ans de détention en Iran, y compris « des simulacres d'exécution », et accusé le régime des mollahs d'être une « secte démoniaque ». « Vous avez essayé de me tuer, mais vous n’y êtes pas parvenus […] vous ne pouvez pas tuer tout un peuple », a-t-il lancé au délégué iranien. Il a ajouté que, selon des informations qu'il aurait obtenues depuis l'Iran, le nombre de tués depuis le début des manifestations est « bien plus élevé » que le bilan de 12 000 morts qui avait été rapporté par le média d'opposition à l'étranger Iran International. Des ONG ont, elles, fait état d'un bilan d'environ 3 000 morts. M. Batebi a encore accusé des « forces supplétives » d’avoir participé à la répression du mouvement de contestation, affirmant que certains « ne parlent même pas le farsi ».
Les manifestations en Iran avaient commencé fin décembre 2025, pour des raisons économiques, sur fond d'inflation et de dépréciation de la monnaie. Alors que le mouvement prenait de l'ampleur, il a été lourdement réprimé par le régime. Ce dernier est sous pression de menaces américaines d'une opération militaire, mais celles-ci semblent s'être calmées après que l'Iran a indiqué qu'elle ne procéderait pas à des exécutions sommaires de protestataires.
« Le président Donald Trump et les États-Unis se tiennent aux côtés du courageux peuple iranien », a affirmé Mike Waltz au cours de la réunion, balayant les accusations selon lesquelles le mouvement est un « complot étranger ». Il affirmé que le président américain est « un homme d’action » et qu'il a affirmé que « toutes les options sont sur la table pour arrêter le massacre, et personne ne devrait le savoir mieux que les dirigeants iraniens ».
De son côté, Gholamhossein Darzi a estimé que les deux militants qui se sont exprimés à l'ONU « ne représentent pas la société civile de son pays mais promeuvent plutôt les agendas politiques des États-Unis et d’Israël. » Il a souligné que « le calme a été rétabli » dans le pays et que les manifestants avaient ignoré l'appel lancé par Donald Trump à plus de violence contre le régime. « Toute menace ou tout usage de la force contre l’Iran, sous quelque prétexte que ce soit, y compris pour prétendument protéger les manifestants constitue une violation grave et manifeste du droit international et de la Charte des Nations Unies », a-t-il averti. Les alliés de l'Iran, la Russie et la Chine, ont eux aussi dénoncé une volonté d'ingérence américaine. L’ambassadeur russe Vassily A. Nebenzia a ainsi critiqué une « tentative américaine de justifier une agression flagrante et une ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain », tandis que son collègue chinois a accusé Washington d' « aventurisme militaire ».
Jeudi soir, l’envoyé spécial du président Trump pour le Moyen-Orient Steve Witkoff avait exprimé l'espoir au cours d'une conférence du Conseil israélo-américain en Floride, qu'une « solution diplomatique » serait trouvée en Iran, soulignant que Washington privilégie la diplomatie aux actions militaires dans cette affaire. « J’espère qu’il y aura une solution diplomatique, vraiment », a-t-il lancé, selon une vidéo de la conférence publiée dans le quotidien israélien Haaretz. Il avait dans ce cadre souligné que sur la question iranienne les États-Unis veulent se pencher sur quatre éléments-clés : le nucléaire, l’enrichissement, les missiles et les mandataires régionaux, parmi lesquels le Hezbollah. Interrogé sur la possibilité d’une frappe contre l’Iran, Steve Witkoff avait réitéré qu’il espérait une issue diplomatique, et estimé que le peuple iranien était « incroyablement courageux » de s'être soulevé contre le régime. Il a encore estimé que les « crises internes » de l'Iran, principalement économiques, pourraient pousser les autorités à faire des compromis, et confirmé que des contacts directs avaient été lancés à l'initiative de Donald Trump, avec des responsables iraniens, pour empêcher des exécutions de manifestants.
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