Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé mardi avoir signé un ordre d'exil visant deux Palestiniens condamnés en Israël pour terrorisme après avoir attaqué des Israéliens.
Ces mesures sont prises pour la première fois en vertu d'une loi votée par la majorité actuelle, en 2023, et permettant de déchoir de leur nationalité ou de leur permis de résidence des auteurs d'attaques anti-israéliennes ayant reçu de l'argent de l'Autorité palestinienne « en récompense » pour les actes ayant conduit à leur condamnation.
« J'ai signé ce matin la révocation de la citoyenneté et l'expulsion de deux terroristes israéliens qui ont commis des attaques au couteau et par arme à feu contre des civils israéliens et ont été récompensés pour leurs actes criminels par l'Autorité palestinienne », a annoncé M. Netanyahu dans un communiqué.
« Beaucoup d'autres (expulsions) suivront », ajoute le texte.
M. Netanyahu, à la tête d'un des gouvernements les plus à droite de l'histoire d'Israël, n'a pas précisé l'identité des deux hommes, mais plusieurs médias israéliens les ont identifiés comme Mohammad Hammad Al-Salhi et Mohammad Halasah, deux Palestiniens de Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël depuis 1967.
Seul le premier, sorti de prison en 2024 après 23 années d'incarcération, détient la nationalité israélienne, a indiqué à l'AFP le Club des prisonniers palestiniens, ONG de défense des droits des détenus palestiniens emprisonnées par Israël.
Le second est détenteur d'une carte de résident de Jérusalem-Est, document d'identité délivré par les autorités israéliennes aux Palestiniens de ce secteur. Cette carte vaut autorisation de résidence et ne confère pas la nationalité israélienne.
Selon un proche joint par l'AFP, M. Halasah a été condamné à 18 ans de prison alors qu'il était encore mineur et a purgé environ la moitié de sa peine. De même source, le prisonnier détenait la nationalité israélienne mais en a été déchu il y a 18 mois.
Selon plusieurs médias israéliens, la peine d'exil visant M. Al-Salhi serait exécutable sous peu, tandis que celle à l'encontre de M. Halasah ne serait appliquée qu'à l'issue de sa peine.
Lorsque la loi utilisée par M. Netanyahu avait été adoptée, Adalah, ONG israélienne de défense des droits de la minorité arabe, avait dénoncé un texte « qui vise exclusivement les Palestiniens » et renforce « la division raciale et la suprématie juive ».
Cette loi prévoit que les personnes ainsi exilées soient déportées vers la Cisjordanie ou la bande de Gaza.
L'Autorité palestinienne a annoncé début 2025 avoir abrogé son dispositif d'allocations aux familles de Palestiniens emprisonnés en Israël pour des attaques anti-israéliennes, mais le gouvernement israélien affirme que ce système qu'il qualifie de « rétribution pour meurtre » a toujours cours sous d'autres formes.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, s’est rendu en Arabie saoudite les 8 et 9 février, deux jours après sa visite officielle aux États-Unis, a indiqué mardi l’armée. Selon l’institution militaire, le général Haykal a répondu à l’invitation de son homologue saoudien pour assister au Salon mondial de la défense organisé par l’Autorité générale des industries militaires, sous le patronage du roi Salman.
Au cours de son séjour, le général Haykal a rencontré son homologue saoudien et discuté des perspectives de coopération entre les armées libanaise et saoudienne pour les préparatifs liés à la conférence de soutien à l’armée libanaise prévue le 5 mars à Paris. Cette conférence avait été annoncée à la mi-janvier par la présidence libanaise, à l’issue d’une réunion à Baabda avec les ambassadeurs et émissaires du Quintette, dont l’envoyé français Jean-Yves Le Drian et le conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, Yazid ben Farhane.
« Les deux parties ont également souligné la nécessité de soutenir l’institution militaire sur tous les plans, en raison de son rôle dans le maintien de la sécurité et de la stabilité au Liban, ainsi que dans l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, parallèlement à la lutte contre le terrorisme et la prévention du trafic de drogue et de contrebande », a ajouté l’armée.
Le trafic de drogue a déjà nui aux relations entre le Liban et l'Arabie saoudite par le passé. Ce pays avait suspendu ses échanges commerciaux avec le Liban en 2021, lorsque les autorités saoudiennes avaient interdit l'entrée de fruits et légumes en provenance du pays du Cèdre après l'interception de plusieurs cargaisons contenant du Captagon, une drogue de synthèse. A la suite des efforts déployés par les autorités libanaises dans l’objectif de lutter contre le trafic de drogue, et avec l'aide des nouvelles autorités syriennes proches de l'Arabie saoudite (après la chute du régime Assad en décembre 2024), le royaume a promis dernièrement de renforcer à nouveau ses liens commerciaux avec le Liban.
Le général Haykal a également visité l’ambassade du Liban à Riyad, où il a été accueilli par l’ambassadeur Ali Karanouh et rencontré des membres de la communauté libanaise. Il a exprimé sa reconnaissance au royaume saoudien pour son soutien à l’armée et au Liban face aux défis actuels.
Le commandant en chef de l’armée libanaise était revenu vendredi d’une visite officielle aux États-Unis, où il avait discuté des progrès dans le cadre du désarmement du Hezbollah et des autres milices actives au Liban. Au cours de ce déplacement, il avait été critiqué par le sénateur républicain Lindsey Graham, qui dénonçait des « efforts quasi inexistants » pour désarmer le parti chiite.
Le général Haykal devrait présenter courant février sa vision pour la mise en œuvre de la deuxième phase du plan visant à établir le monopole de l’État sur les armes, alors que le Hezbollah refuse toujours de remettre son arsenal au nord du fleuve Litani. Dans le même temps, Israël poursuit ses frappes quotidiennes, principalement au Liban-Sud et parfois dans la Békaa, en violation de l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUn tribunal américain a rejeté une procédure d'expulsion visant une étudiante turque connue pour son engagement propalestinien et dont le cas avait provoqué une vive émotion, a-t-on appris lundi auprès de son avocate.
Rumeysa Ozturk, 30 ans, doctorante de l'université Tufts (Massachusetts), avait été arrêtée le 25 mars dernier par des agents de la police de l'immigration (ICE) et détenue six semaines dans un centre de rétention en Louisiane.
La vidéo de son arrestation par des agents en civil, visages masqués et pour certains capuche sur la tête, avait suscité l'indignation. La jeune femme est devenue un symbole de la volonté de l'administration Trump de museler le mouvement de solidarité avec les Palestiniens de Gaza face à Israël.
Selon son avocate, le juge a conclu que le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) n'avait pas établi le bien-fondé de l'expulsion de sa cliente.
L'administration Trump n'avait pour motif qu'un article qu'elle avait cosigné en mars 2024 dans son journal universitaire, le Tufts Daily. Le texte critiquait la façon dont son établissement gérait le mouvement de protestation contre la guerre, menée par Israël dans la bande de Gaza depuis octobre 2023.
« Je pousse un soupir de soulagement en sachant que, malgré les imperfections du système judiciaire, mon affaire peut donner de l'espoir à ceux qui ont également été lésés par le gouvernement américain », a déclaré Rumeysa Ozturk dans un communiqué.
« Bien que la douleur que moi et des milliers d'autres femmes emprisonnées à tort par l'ICE avons subie ne puisse être effacée, il est réconfortant de savoir qu'une certaine justice peut finalement prévaloir », a-t-elle ajouté.
Sa détention avait suscité des critiques jusqu'en Turquie. Le ministre turc de la Justice Yilmaz Tunc avait jugé « inacceptable qu'un individu soit poursuivi en raison de sa foi ou de son soutien à la Palestine ».
L'université a publiquement soutenu son étudiante, exigeant sa libération afin qu'elle puisse achever son doctorat.
Donald Trump a lancé une offensive contre les universités américaines, les accusant de laisser prospérer sur leurs campus des mouvements de soutien aux Palestiniens, qu'il assimile à de l'antisémitisme.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats