Près de 20 pays, du Brésil à l'Arabie saoudite, en passant par la France et l'Espagne, ont condamné lundi « avec la plus grande fermeté » les récentes mesures prises par Israël pour renforcer son contrôle sur la Cisjordanie.
« Ces dernières décisions s'inscrivent dans une stratégie manifeste visant à modifier la situation sur le terrain et à poursuivre une annexion de facto inacceptable », écrivent dans une déclaration conjointe les ministres des Affaires étrangères de ces Etats.
Depuis le début du mois, Israël a pris une série de mesures visant à accroître son contrôle sur la Cisjordanie, qu'elle occupe depuis 1967, y compris sur des secteurs placés sous le contrôle de l'Autorité palestinienne en vertu des accords israélo-palestiniens d'Oslo, conclus dans les années 1990 et aujourd'hui moribonds.
« De telles actions constituent une attaque délibérée et directe contre la viabilité de l'Etat palestinien et la mise en œuvre de la solution à deux Etats », ajoutent les auteurs du texte, appelant le gouvernement israélien « à revenir immédiatement sur ces décisions » et « à respecter ses obligations internationales ».
Parmi les signataires, figurent aussi les pays scandinaves, l'Irlande, le Portugal ou encore l'Egypte, la Turquie et l'Indonésie, et des organisations comme la Ligue arabe et l'Organisation de la coopération islamique, basée en Arabie saoudite.
La semaine dernière, 85 Etats membres des Nations unies avaient déjà fustigé les mesures israéliennes.
La colonisation s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement de Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en particulier après le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.
En dehors de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël depuis 1967, plus d'un demi-million d'Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDans un contexte d’inquiétudes croissantes quant au risque d’un conflit militaire avec l’Iran, l’ambassade américaine au Liban a confirmé lundi avoir ordonné le départ de son personnel non essentiel ainsi que des membres de leurs familles, en raison de la « situation sécuritaire à Beyrouth ». Quelques heures auparavant, un haut responsable du département d’État américain avait indiqué que ce dernier procédait au retrait du personnel gouvernemental non essentiel et des membres de leurs familles éligibles de l’ambassade des États-Unis à Beyrouth.
Le communiqué de l’ambassade, publié peu avant 20h (heure du Liban) sur X, indique que « le département d’État a ordonné le départ du personnel non essentiel du gouvernement américain et des membres de leurs familles en raison de la situation sécuritaire à Beyrouth ». « Le personnel de l’ambassade des États-Unis à Beyrouth n’est pas autorisé à voyager à titre personnel sans autorisation préalable », ajoute le texte.
Quelque 50 employés de l’ambassade américaine au Liban ont été évacués lundi, a précisé à Reuters une source au sein de la mission diplomatique. Selon cette même source, 32 membres du personnel, accompagnés de membres de leurs familles, ont déjà quitté le pays via l’aéroport international de Beyrouth, ce qu’a confirmé un responsable de l’aéroport.
« L’ambassade reste opérationnelle avec une équipe réduite en place. Il s’agit d’une mesure temporaire destinée à garantir la sécurité de notre personnel tout en maintenant notre capacité à fonctionner et à assister les citoyens américains », a également indiqué à Reuters le responsable du département d’État précité. « Nous évaluons en permanence l’environnement sécuritaire et, à l’issue de notre dernière analyse, nous avons jugé prudent de réduire notre présence au strict personnel essentiel », a-t-il ajouté.
« Si des employés occupant des postes d’urgence souhaitent quitter leur affectation, ils sont priés d’examiner des solutions alternatives pour pourvoir le poste d’urgence et de consulter, si nécessaire, le bureau exécutif de leur direction régionale », précise un câble interne du département d’État relatif au retrait, consulté par Reuters.
Les États-Unis ont renforcé l’un de leurs plus importants déploiements militaires au Moyen-Orient. Le président Donald Trump a averti jeudi que « de très mauvaises choses se produiront » si aucun accord n’est conclu pour résoudre le différend de longue date concernant le programme nucléaire de Téhéran. L’Iran a menacé de frapper des bases américaines dans la région en cas d’attaque.
Les intérêts américains ont été à plusieurs reprises pris pour cible au Liban dans les années 1980, durant la guerre civile de 1975-1990, au cours de laquelle Washington a tenu le Hezbollah, soutenu par l’Iran, pour responsable d’attaques, notamment l’attentat-suicide de 1983 contre le quartier général des Marines américains à Beyrouth, qui avait fait 241 morts parmi les militaires, ainsi qu’un attentat-suicide la même année contre l’ambassade des États-Unis à Beyrouth, qui avait coûté la vie à 49 membres du personnel diplomatique.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'ancien magistrat tunisien Ahmed Souab, figure respectée du barreau dont la santé s'est dégradée en détention selon sa famille, a été libéré lundi après avoir vu sa peine de cinq ans de prison réduite à 10 mois en appel.
Visiblement ému, M. Souab, qui vient d'avoir 69 ans, a été accueilli à sa sortie par ses proches au milieu de cris de joie et de youyous, selon deux journalistes de l'AFP sur place.
L'avocat ne s'est pas exprimé mais a fait le V de la victoire.
Incarcéré à la prison de Mornaguia près de Tunis, il a retrouvé la liberté après s'être rendu au poste de la Garde nationale à Tebourba, à une trentaine de km à l'ouest de la capitale, pour des raisons administratives selon son frère.
Plus tôt, son équipe de défense avait annoncé à l'AFP qu'il allait être libéré. « Il a été condamné (lundi) à 10 mois de prison en appel, une peine qu'il a déjà purgée, et sera libéré aujourd'hui », avait affirmé son avocate Hend Turki.
L'ancien magistrat, très connu en Tunisie, avait été condamné fin octobre à cinq ans de prison après un procès tenu en moins de dix minutes.
Il faisait face à une dizaine de chefs d'accusation liés à la législation antiterroriste ou au décret présidentiel 54 sur les fausses informations.
Il avait été arrêté le 21 avril 2025 après avoir critiqué, lors d'un rassemblement devant le tribunal de première instance de Tunis, les conditions du procès mené contre une quarantaine de personnalités pour « complot contre la sûreté de l'Etat », et dont il était l'un des principaux avocats de la défense.
Il avait accusé le pouvoir d'avoir mis le « couteau sous la gorge du juge devant émettre le verdict », en mimant un geste d'égorgement.
Samedi, son fils Saeb Souab avait rapporté que l'état de santé de son père s'était détérioré au point qu'il avait « craché du sang ».
Dix jours auparavant, la justice avait rejeté une demande de libération provisoire pour raisons de santé.
La rapporteuse de l'ONU en charge des défenseurs des droits, Mary Lawlor, avait auparavant appelé à « libérer immédiatement » Ahmed Souab, estimant sur Facebook qu'il était incarcéré « sur la base d'accusations infondées ».
Depuis le coup de force du président Kais Saied à l'été 2021, des ONG tunisiennes et étrangères déplorent une régression des droits et libertés dans le pays.
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