Israël a lancé mercredi de nouvelles frappes sur l'Iran et le Liban, avec de fortes explosions entendues à Beyrouth, alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son cinquième jour.
L'Iran continue en représailles de lancer des missiles contre Israël et sur le Golfe. L'impact grandissant du conflit régional fait flamber le prix du pétrole et effraie les marchés, notamment en Asie où la Bourse de Séoul a été suspendue après une forte chute.
Le point sur les derniers développements :
Contrôle du détroit d'Ormuz
Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir le « contrôle total » du détroit d'Ormuz, point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole à l'entrée du golfe Persique, dans un communiqué publié mercredi.
Le président américain Donald Trump avait déclaré mardi que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers « si nécessaire » à travers le détroit.
Onze morts au Liban
Des frappes israéliennes ont tué au moins 11 personnes au Liban mercredi, au sud de Beyrouth et à Baalbek, ont rapporté le ministère de la Santé et un média d'Etat.
L'armée israélienne, qui a demandé l'évacuation de plusieurs localités du sud du Liban mercredi, avait indiqué plus tôt qu'elle frapperait le groupe pro-iranien Hezbollah jusqu'à son désarmement.
Tôt mercredi, une frappe israélienne a touché un hôtel à Hazmieh, dans la banlieue-est de Beyrouth, où des ambulances ont été déployées autour du site.
Frappes sur l'Iran
L'armée israélienne a dit avoir lancé une nouvelle « large vague de frappes » sur l'Iran visant « des sites de lancement (de projectiles), des systèmes de défense aérienne et d'autres infrastructures » du pays.
Elle avait annoncé plus tôt avoir visé un centre militaire souterrain secret dans la région de Téhéran, détruisant « un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques ».
Les États-Unis ont frappé « près de 2 000 cibles » depuis le début de la guerre avec l'Iran, a indiqué mardi un responsable de l'armée américaine, assurant que les frappes des premières 24 heures étaient « deux fois » plus importantes que celles menées au début de l'invasion de l'Irak en 2003.
Impact financier
Les prix du pétrole ont continué de grimper mercredi en Asie.
En Corée du Sud, l'opérateur de la Bourse de Séoul a suspendu les échanges après que les deux indices principaux ont dévissé de plus de 8%, tandis que Tokyo perdait plus de 4% et Hong Kong jusqu'à 3%. Les bourses européennes avaient terminé mardi en net recul : Paris -3,46%, Francfort -3,44% et Londres - 2,75%.
Évacuations
Les États-Unis ont « autorisé » leur personnel diplomatique non essentiel à quitter Chypre, l'Arabie saoudite et Oman, après six autres pays de la région la veille.
Un premier vol organisé par les autorités pour rapatrier des ressortissants français du Moyen-Orient est arrivé tôt mercredi matin à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle en provenance d'Oman, a constaté l'AFP. L'Allemagne et le Royaume-Uni doivent aussi évacuer leurs ressortissants mercredi par des vols dédiés.
Les États-Unis ont indiqué qu'environ 9.000 de leurs ressortissants avaient quitté le Moyen-Orient en raison de l'insécurité.
L'aéroport de Bagdad à nouveau ciblé
Un drone a été abattu mercredi près de l'aéroport international de Bagdad, un jour après qu'un autre drone a été neutralisé dans le même secteur, ont indiqué deux sources sécuritaires à l'AFP.
L'aéroport comprend une base militaire qui accueille des conseillers américains et abritait auparavant des troupes de la coalition dirigée par les États-Unis.
Arabie saoudite visée
Le ministère de la Défense saoudien a annoncé mercredi matin l'interception de deux missiles et de neuf drones dans l'espace aérien du pays, dans des messages distincts.
« Deux missiles de croisière ont été interceptés et détruits dans le Kharj », région du centre du royaume, a indiqué le porte-parole du ministère de la Défense.
Renforts français et britanniques
Paris a annoncé envoyer au Moyen-Orient des renforts militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle et des avions Rafale. Londres envoie un navire de guerre et des moyens antidrones pour protéger les bases britanniques à Chypre.
Deux bases françaises de la région ont subi des "frappes limitées" depuis le début du conflit, selon le président français Emmanuel Macron, qui estime que l'Iran porte la "responsabilité première" de cette guerre.
Base américaine touchée
Un missile iranien a frappé mardi la base militaire américaine d'Al-Udeid au Qatar « sans faire de victimes », a indiqué le ministère de la Défense qatari dans un communiqué mardi.
Espionnage au Qatar
Le Qatar a dit avoir démantelé deux cellules d'espionnage affiliées aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.
L'Iran aurait frappé le premier, affirme Trump
Le président américain a assuré que l'Iran aurait attaqué « en premier » si Israël et les États-Unis n'avaient pas lancé samedi leur opération, qui a « presque tout détruit » en Iran.
« J'ai peut-être forcé la main d'Israël », a-t-il ajouté, contredisant son chef de la diplomatie, Marco Rubio, selon qui l'initiative était revenue à ce pays. Selon M. Trump, la plupart des responsables iraniens auxquels pensait Washington pour diriger l'Iran après la guerre sont morts.
Funérailles de Khamenei
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué dans les frappes israélo-américaines samedi, sera inhumé dans la ville sainte de Machhad (nord-est). La date n'a pas encore été communiquée.
Sa mort « ne signifie pas automatiquement la fin d'un système », a prévenu mardi la veuve de l'ex-chah d'Iran, Farah Pahlavi, dans une interview à l'AFP.
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