Des habitants de Téhéran ont scandé dimanche des slogans contre les autorités depuis leurs fenêtres et leurs toits, au lendemain de vastes rassemblements contre la République islamique d'Iraniens vivant à l'étranger.
L'Iran, dirigé par le guide suprême Ali Khamenei, a été secoué en décembre et janvier par un vaste mouvement de protestation qui a été réprimé dans le sang, des ONG parlant de milliers de morts. Alors que les manifestations de rue se sont essoufflées face à la répression, des habitants de Téhéran et d'autres villes ont commencé la semaine dernière à scander des slogans depuis chez eux, depuis les fenêtres ou toits.
Dans le quartier d'Ekbatan de la capitale, des Iraniens ont crié « Mort à Khamenei », « Mort à la République islamique » et « Vive le chah », selon le réseau social Sharak Ekbatan, qui suit l'actualité du quartier.
Samedi, lors d'une manifestation de l'opposition iranienne à Munich, en Allemagne, le fils du chah déchu, Reza Pahlavi, s'était dit prêt à mener une « transition », après que le président américain Donald Trump a évoqué ouvertement le renversement du pouvoir. M. Pahlavi avait aussi exhorté ses compatriotes vivant en Iran à lancer des slogans contre les autorités depuis chez eux, en écho aux manifestations pro-monarchie qui ont eu lieu pendant le week-end à Los Angeles (Etats-Unis) et à Toronto (Canada).
La chaîne de télévision en langue persane Iran International, basée hors du pays, a aussi diffusé des images de personnes scandant « C'est la bataille finale, Pahlavi revient » et « Mort aux gardiens », en référence à l'armée idéologique de la République islamique, les gardiens de la révolution. Des slogans hostiles aux autorités ont également été scandés dans d'autres villes, notamment à Chiraz, dans le sud, et à Arak, dans le centre du pays, selon elle. L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier dans l'immédiat ces vidéos.
Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 7.000 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées dans la répression de la contestation en janvier, et plus de 53.000 personnes arrêtées depuis. Les autorités iraniennes reconnaissent plus de 3.000 morts dans les manifestations, affirmant elles qu'il s'agit en grande majorité de membres des forces de sécurité ou passants tués par des « terroristes » manipulés par Israël et les Etats-Unis.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'émissaire de la Maison Blanche Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, se rendront à Genève cette semaine pour discuter avec les négociateurs iraniens du programme nucléaire de Téhéran, a confirmé dimanche la Maison Blanche.
Un responsable américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a confirmé à l'AFP que les deux hommes, les principaux négociateurs de Donald Trump avec l'Iran, représenteraient Washington lors des pourparlers.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, représentera Téhéran, a indiqué plus tôt son ministère. Il rencontrera également ses homologues suisse et omanais ainsi que le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Selon Téhéran, ces discussions « indirectes » se tiendront mardi sous la médiation du sultanat d'Oman.
Téhéran et Washington ont renoué le dialogue à Mascate, la capitale d'Oman, le 6 février, plusieurs mois après l'échec de précédentes discussions, interrompues en juin en raison de la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël, déclenchée par des frappes israéliennes contre des sites nucléaires et militaires.
Les Etats-Unis avaient également bombardé des sites nucléaires iraniens.
Ces nouvelles discussions interviennent alors que Washington a menacé Téhéran d'une intervention militaire à la suite de la répression meurtrière d'un mouvement de contestation en Iran le mois dernier.
Après les discussions avec l'Iran, Witkoff et Kushner devraient participer aux pourparlers entre la Russie et l'Ukraine à Genève, sous l'égide des États-Unis.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'assaillant présumé de l'attentat antisémite de la plage de Bondi à Sydney en décembre a comparu lundi via liaison vidéo devant un tribunal australien, pour sa première audience publique depuis l'attaque qui avait fait 15 morts. Naveed Akram a été inculpé de terrorisme et de 15 meurtres suite à l'attaque la plus meurtrière en Australie depuis trois décennies. Le 14 décembre, l'homme de 24 ans et son père, Sajid Akram, 50 ans, ont ouvert le feu sur une foule rassemblée pour célébrer la fête juive de Hanouka.
Naveed Akram a comparu pendant environ cinq minutes par liaison vidéo depuis sa prison, indiquent un communiqué du tribunal et les médias locaux. L'audience portait principalement sur des questions techniques comme l'anonymisation de certaines victimes, ont précisé les médias. Selon la presse locale, l'accusé vêtu d'un pull vert s'est simplement fendu d'un « ouais », lorsque le juge lui a demandé s'il avait bien compris la teneur des discussions portant sur la prolongation des ordonnances de non-publication (mesure judiciaire interdisant aux médias ou au public la divulgation de certaines informations dans une affaire). La chronologie des preuves a également été passée en revue.
Naveed Akram doit comparaître de nouveau le 9 mars. A l'extérieur du tribunal, son avocat Ben Archbold a déclaré que son client était détenu dans des « conditions très pénibles », rapporte ABC. Selon lui, il est encore trop tôt pour dire si l'accusé plaidera coupable ou non.
Selon les autorités, l'attentat était inspiré par l'idéologie du groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais le père et son fils n'ont pas reçu d'aide extérieure et ne faisaient pas partie d'une organisation terroriste. Sajid Akram a été tué par la police lors de l'attaque. Naveed Akram avait fait l'objet d'une enquête du renseignement australien en 2019, alors qu'il était adolescent et fréquentait des sympathisants du groupe jihadiste État islamique (EI) à Sydney.
Parmi les victimes de l'attaque de décembre figuraient un survivant de l'Holocauste âgé de 87 ans, un couple qui s'était opposé à l'un des tireurs, un ingénieur français et une fillette de 10 ans. Selon la police, le père et son fils ont « minutieusement planifié » l'attaque des mois durant. Les enquêteurs ont diffusé des images les montrant en train de s'entraîner avec des armes à feu dans la campagne australienne.
Les deux hommes avaient aussi enregistré en octobre une vidéo contre les « sionistes », assis devant un drapeau du groupe Etat islamique, selon la police. En réponse à cette tuerie qui a provoqué un choc dans le pays et de la colère face à l'incapacité des autorités de protéger les juifs australiens, le Parlement a durci en janvier sa législation sur les crimes motivés par la haine et les armes à feu.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats