L'Italie a déjoué une série de cyberattaques « d'origine russe » contre les Jeux olympiques d'hiver de Milan Cortina, a annoncé mercredi le gouvernement à deux jours de l'ouverture officielle de l'évènement, qui mobilise un important dispositif de sécurité.
« Nous avons déjoué une cyberattaque (qui) visait plusieurs sites du ministère des Affaires étrangères, à commencer par celui de Washington (l'ambassade d'Italie, NDLR), ainsi que certains lieux liés aux Jeux olympiques de Milan Cortina, notamment des hôtels de la région de Cortina d'Ampezzo », a déclaré mercredi le chef de la diplomatie italienne Antoni Tajani au cours d'un déplacement dans la capitale américaine. « Il s'agit d'actions d'origine russe », a-t-il ajouté, cité par les médias.
Son cabinet n’a pas fourni de détails supplémentaires et le Comité international olympique (CIO), sollicité par l'AFP, n'a pas répondu dans l'immédiat.
Mais un groupe de hackers russes a revendiqué l’attaque, qu’il a présentée comme une réponse au soutien du gouvernement italien à l’Ukraine. « L’orientation pro-ukrainienne du gouvernement italien fait que le soutien apporté aux terroristes ukrainiens est puni par nos missiles DDoS sur les sites Internet », peut-on lire dans un communiqué publié sur une chaîne Telegram se présentant comme celle du groupe Noname057.
Pendant une attaque DDoS (déni de service distribué), les pirates multiplient volontairement les requêtes adressées à des sites web pour les saturer, ce qui les rend inaccessibles aux utilisateurs lambda.
L’AFP n’a pas pu vérifier dans l'immédiat la propriété du compte mais les déclarations en émanant semblent correspondre à celles citées en ligne par des analystes en cybersécurité. Le groupe de hackers a dit avoir attaqué les sites internet de plusieurs hôtels de Cortina d’Ampezzo, l’une des villes accueillant les épreuves des Jeux olympiques d'hiver (6-22 février). L’accès à l’un d’entre eux restait bloqué mercredi après-midi.
Depuis le 26 janvier, des membres de la police italienne spécialisés en cybersécurité sont déployés sur les principaux sites liés aux JO-2026 de Milan Cortina, selon un communiqué officiel. Cette activité suit « deux axes stratégiques : la protection des infrastructures informatiques essentielles et la surveillance du réseau pour des raisons d'ordre et de sécurité publics, ainsi que pour la prévention et la lutte contre d'éventuelles initiatives terroristes », selon la même source.
Au cours des JO de Paris, en 2024, 141 « événements de cybersécurité », en lien avec les Jeux olympiques, avaient été signalés à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), sans qu'aucun n'ait affecté le bon déroulement des épreuves.
Un peu plus tôt dans la journée, le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi a présenté le plan de sécurité des autorités italiennes pour Milan Cortina, répétant que les agents de la police américaine de l'immigration (ICE), dont l'arrivée en Italie pour les JO avait soulevé une polémique, n'auraient aucun rôle « opérationnel ». « Je réaffirme une nouvelle fois le point central : l'ICE n'exerce pas et n'exercera jamais d'activités opérationnelles de police sur notre territoire national », a assuré le ministre devant les députés.
Il a de nouveau précisé que les agents envoyés en Italie appartenaient au service de sécurité intérieur (HSI) chargé d'analyses sur l'antiterrorisme et la criminalité internationale et non à l'unité chargée de la lutte contre l'immigration, dont les méthodes choquent aux Etats-Unis.
Quelque 6.000 membres des forces de l'ordre, comprenant entre autres des tireurs d'élite, des skieurs, des unités cynophiles, des unités antisabotage, antiterrorisme, seront chargés de la sécurité tout au long des JO d'hiver, a-t-il déclaré.
Le gouvernement a financé le volet sécurité de cet événement avec 30 millions d'euros en 2025 et 114 millions d'euros en 2026, a précisé le ministre. Le ministère de la Défense a pour sa part fait savoir que près de 2.000 militaires seraient également présents avec 170 véhicules, des radars, des avions et des drones.
La sécurité se concentre particulièrement sur Milan, où des responsables politiques, dont le vice-président américain JD Vance, sont attendus pour la cérémonie d’ouverture vendredi. Plusieurs manifestations sont prévues pour le week-end de lancement des Jeux, essentiellement en raison de leur impact environnemental et des enjeux politiques.
Des militants propalestiniens prévoient une manifestation à l'arrivée de la flamme olympique à Milan jeudi pour protester contre la participation d'Israël aux JO alors que la guerre continue dans la bande de Gaza. D'autres manifestations sont programmées à Milan, pour vendredi au moment de la cérémonie d'ouverture au stade San Siro, ainsi que pour samedi.
Plusieurs organisations militantes dénoncent l'impact des infrastructures (nouveaux bâtiments, transports, etc.) sur des milieux montagneux déjà fragilisés, ainsi que l'utilisation généralisée et énergivore de neige artificielle.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, et le juge d'instruction chargé du dossier des explosions au port de Beyrouth Tarek Bitar se sont longuement entretenus mercredi pour examiner les derniers développements de l'enquête sur la catastrophe du 4 août 2020, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). « Les deux magistrats ont évoqué les démarches qui devraient accompagner la décision du juge Bitar de clore l'instruction dans les prochaines semaines, avant la publication de l'acte d'accusation », précise l'agence.
Cette rencontre intervient alors que les familles de victimes manifestaient mercredi en rangs dispersés, comme tous les 4 du mois, pour réclamer justice pour leurs proches disparus ou blessés. D'un côté, l'Association des familles des victimes du port de Beyrouth qui soutient le juge Bitar et dénonce les pressions et les campagnes d'intimidation auxquelles il a été confronté. De l'autre, le Rassemblement des proches des victimes et des blessés du port de Beyrouth, proche du tandem Hezbollah-Amal, qui s'oppose au travail du juge.
Par ailleurs, et toujours selon l'ANI, le juge Bitar a reçu par l'intermédiaire du parquet général près la Cour de cassation une réponse écrite des autorités allemandes, en retour à une commission rogatoire qu'il avait adressée à Berlin il y a plusieurs mois. Celle-ci concerne les mouvements de comptes bancaires de personnes soupçonnées d'être liées au nitrate d'ammonium qui a explosé au port. Le juge d’instruction attend aussi des réponses à d’autres commissions rogatoires qu’il a adressées à plusieurs pays européens et arabes.
Le 4 août 2020, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire a dévasté une grande partie de la capitale libanaise, faisant plus de 220 morts et 6 500 blessés. Cette déflagration a été causée par un incendie dans un entrepôt du port où étaient stockées sans précaution plusieurs tonnes de nitrate d’ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hautes autorités, accusées de négligence.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats