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Publication épinglée 21:49 21:49    Derrière le massacre du 8 avril au Liban : les noms et les visages de celles et ceux tués par Israël

Un massacre. Voilà comment résumer ce qu'il s'est passé mercredi 8 avril 2026 au Liban.

Au premier jour du cessez-le-feu entre l’Iran et les Etats-unis, l’armée israélienne a mené 100 frappes en 10 minutes. Des frappes à Beyrouth, dans la banlieue de la capitale, au Liban-Sud et dans le Békaa. Des frappes qui, à Beyrouth notamment, ont visé des quartiers densément peuplés, sans avertissement aucun.

Le bilan, qui ne cesse de s'alourdir, est effroyable : 357 morts et près de 2 000 blessés, a annoncé le ministère de la Santé vendredi soir.

Parce que derrière les chiffres il y a des hommes, des femmes et des enfants, il y a des vies fauchées, nous rassemblons, ici, les noms des victimes de ce funeste 8 avril. Cet article va être actualisé au fur et à mesure que nos journalistes rassemblent des informations sur les victimes.

Ola Attar, veuve de Hamad Attar, une victime du 4 août 2020. La jeune femme a été emportée par une frappe israélienne à Beyrouth. Depuis la mort de son époux, à l’âge de 28 ans, elle s’était consacrée à une association de victimes du 4 août et luttait pour que justice soit rendue dans cette affaire. Ola était la mère de deux enfants de 12 et 7 ans.

Nader Khalil, employé depuis 35 ans de l’entreprise Rifai. Il a été tué par une frappe à Corniche el-Mazraa, alors qu’il se trouvait dans le magasin Rifaï. Maître torréfacteur, il avait gagné l’affection et le respect des clients comme de ses collègues, indique Rifaï.

Jamil Jrab, employé par le restaurant Jaï, à Hamra. Il était en train de déjeuner près de son domicile lorsqu'il a été tué par une frappe israélienne à Beyrouth.

Hatun Kchreit, poétesse, et son époux, tués à Tallet el-Khayat. « Le Sud est parti. La maison est partie. Les vergers d’oliviers sont partis. La vie est partie», écrit sur Facebook la sœur de la défunte, Maha Salma, journaliste libanaise.

Ghada Dayekh, journaliste à Radio Sot el-Farah, à Tyr. Elle a été tuée lorsqu’une frappe israélienne a touché son immeuble, le détruisant complètement, selon le directeur de la station, Alwan Sharafeddine, qui s’est confié au Committee to Protect Journalists. Il a ajouté que Dayekh travaillait avec Sawt Al-Farah depuis sa création dans les années 1980 et qu’elle était à l’antenne depuis 37 ans.

Alia Badreddine, sa mère et ses trois enfants adultes, Mohammad, Ali et Fatima el-Atrach, originaires de Kfar Sir, ont été tués dans frappe israélienne sur Hayy el-Sellom : la famille était réunie dans le logement au moment de l’impact.

Suzanne Khalil travaillait pour la chaîne Al-Manar, du Hezbollah. Elle a été tuée dans une frappe à Kayfoun, dans le caza d'Aley.

Dr Nadim Chamseddine, médecin, son épouse Asrar et leurs trois enfants, ont été tués par une frappe sur Keyfoun. Une famille entière décimée dans leur maison, où le médecin exerçait aussi une partie de son activité.

Rana Hessaiki Mlaheb, une jeune femme originaire du village de Baïssour, a été tuée par une frappe israélienne sur Keyfoun à Aley, Mont-Liban, alors qu’elle se trouvait dans une pharmacie pour acheter des médicaments à distribuer aux déplacés de la guerre dans sa région.

Fatima Amhaz, sœur d'Imad Amhaz (enlevé par les forces israéliennes à Batroun lors du conflit de 2024), originaire de Qomatiyé, a été tuée lors d'une frappe israélienne sur une pharmacie a Keyfoun, Aley, où elle travaille.

Saïd el-Khansa, fils de l'ancien président de la municipalité de Ghobeiri Mohamad el-Khansa : Il a été tué à Keyfoun, dans le caza de Aley, alors qu'il travaillait dans sa pharmacie.

Rana Naji : Originaire de Harouf, dans le caza de Nabatiyé, elle a été tuée a Keyfoun alors qu’elle s’était rendue à la pharmacie pour acheter du lait pour ses deux fillettes.

Talin Ahmed Hamzi, Yasmine Hussein Alam et Ali Hamad Haidar, trois élèves de l'établissement scolaire al-Karama, à Choueifat, ont été tuées par les frappes israéliennes. L'établissement scolaire, qui a rapporté ces trois décès, n'a pas donné de précisions sur le lieu de la frappe qui les a tués.

La frappe qui a emporté Yasmine Alam, a également tué ses parents Hussein Mohammad Alam et Fatima Mohammad Alam. Ils étaient tous originaires de Hermel. La frappe israélienne visait contre le complexe al-Ajneha al-Khamsa, qui a rasé trois immeubles à Choueifat.

Sept membres de la famille Nassereddine ont été tués par une violente frappe sur leur maison à Mansoura, dans le Hermel, a rapporté la chaîne de télévision al-Mayadeen. La frappe a pulvérisé la maison et les alentours.

La famille Haoui, trois générations, sept morts dont trois enfants : réunis dans un même immeuble à Jnah, plusieurs membres de la famille ont été tués ensemble, dans un appartement qui était devenu le refuge familial élargi. Le père, Zouhair Haoui, son épouse Aïda Rmeiti, leurs fils Mahdi et Mohammad, ainsi que les trois enfants de ce dernier, Mahdi, Ali Rida et Amir, ont péri dans ce bombardement, tandis que la femme de Mohammad Haoui est toujours dans un état grave.

Hussein Rihani : C'est l'entreprise dans laquelle il travaille, dipndip, qui a annoncé son décès, dans une frappe à Beyrouth. « Hussein était un membre précieux de la famille dipndip, dont on se souviendra pour son dévouement, sa gentillesse et sa passion pour son travail. Il manquera profondément à tous ceux qui l’ont connu, et sa mémoire restera à jamais parmi nous. »

Les soeurs Rayane et Rahmé Haïdar Cheaib. Elles ont été tuées dans la frappe sur le complexe d’al-Sayida Zahraa à Saïda, où une figure politique religieuse proche du Hezbollah, le cheikh Sadek Naboulsi, a également trouvé la mort. Comme tous les déplacés du Liban-Sud dans ce quartier de Saïda, elles fréquentaient ce complexe pour profiter des services qui y étaient disponibles ou pour prier.

Maya Mohammad Balaghi et sa fille Lina Hassan Afif Issa : la mort de ces deux femmes, dans une frappe israélienne également sur le complexe d’al-Sayida Zahraa à Saïda, a été annoncée par la page Facebook de Ramiyé, une localité du Liban-Sud dont elles sont originaires.

Samah Alloush, âgée de 25 ans : La jeune femme a été tuée par la frappe sur le complexe al-Sayyida Zahraa à Saïda. Elle travaillait dans une petite papeterie-librairie. Des proches l’ont décrite sur les réseaux sociaux comme étant fille unique. Elle laisse derrière elle sa mère, qui a été blessée lors de la frappe. Dans l’un de ses derniers messages, elle écrivait : « Je suis restée 36 jours sous les bombardements. Dès que j’ai été déplacée, ils ont décidé d’annoncer un cessez-le-feu. Quelle chance j’ai. »

Khawla Medlej, professeure d'arabe, 32 ans, et ses deux enfants, Abbas, en classe de CM1, et Youssef, en moyenne section : Ils ont été tués à Hay el-Sellom, un quartier de Beyrouth, alors que la famille venait de rentrer chez elle après une journée de cours au Lycée national de Choueifat, où Khawla enseignait et où ses enfants étaient scolarisés.

Fouad Al-Baradi : originaire de la ville de Bkifa, dans le Mont Liban et membre du Parti socialiste progressiste (PSP), il a été tué dans la frappe ayant visé Bechamoun. L’information a été annoncée par le média Al-Anba’, affilié au PSP. Lors de ses funérailles, organisées jeudi, le député Wael Bou Faour a déclaré : « Aujourd’hui, nous faisons nos adieux à un camarade cher, généreux, courageux et militant. »

L’armée libanaise a annoncé jeudi la mort de quatre soldats dans les frappes israéliennes. Selon un communiqué de la troupe, le caporal-chef, Hussein Khaled Yassine, a été tué dans une frappe à Saïda. Le soldat de première classe Mohammad Bassam Chheitali ainsi que le soldat Ali Hassan Kassem ont, eux, été tués dans les frappes sur Chmestar, dans le caza de Baalbeck. Enfin, Ali Nasser Eddine, élève gradé, a été tué dans une frappe dans la région de Hermel, dans la Békaa.

Amani Soufan, tuée avec ses parents Bassam Saoufan et Sanaa Fadlallah dans la frappe israélienne sur Aïn Mraissé. Son mari, membre de la Défense civile, les a retrouvés morts après plusieurs heures de recherches durant lesquelles des avis avaient été publiés sur les réseaux sociaux.

L'enfant Hadi Ismail Fahs, tué par une frappe israélienne à Aramoun. Le Docteur Hussein A. Yahfoufi, qui semble avoir tenté de le soigner après son arrivée aux urgences, a écrit sur sa page Facebook : « Il n’a pas crié, il n’a pas pleuré, il ne s’est pas plaint. Il était silencieux d’une manière douloureuse. Sur ses vêtements, il y avait de petites taches de nouilles (...) les restes d’un repas inachevé. Puis est venu le silence… Ce silence lourd que nous, les médecins, connaissons, quand la vie s’éteint doucement, insupportablement… (...) J’ai pressé sa petite poitrine comme pour le supplier de revenir, je l’ai appelé sans voix, et mon cœur criait : « Ne pars pas maintenant… pas comme ça… pas avant d’avoir fini ton repas. »

Afaf al-Sidawi : Originaire de Nabatiyé, elle a été tuée dans la frappe ayant visé Tallet el-Khayat. Son fils, Hassan al-Sabbagh, initialement porté disparu, a été retrouvé mort dans les décombres de l’immeuble.

Lamar Ibrahim Saad et sa mère Noha Mcheik : « C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons le décès de notre petite Lamar Ibrahim Saad, élève de maternelle (section anglaise), et de sa chère maman », a écrit la soeur Thérèse Nassar. « Nous présentons également nos condoléances les plus sincères à M. Ibrahim Saad, le père endeuillé, et prions pour que le Seigneur lui apporte patience et réconfort », a-t-elle ajouté.

Mohammed Karim Ibrahim Noureddine. Ecolier au collège Imam Hassan à Hadath et fils du directeur du Centre de formation médiatique de l’Union à Ghobeiry, il a été tué lors de la frappe à Keyfoun.

Nada Mustafa Hayek, sa soeur Olaa et leur mère Fatima : Nada était enseignante à l’école publique de Najjariyeh, dans le caza de Saïda, a été tuée à son domicile à Adloun, au Liban-Sud. Selon son établissement, dans ses derniers instants, Nada continuait « d’enseigner à distance à ses élèves, de porter leurs fardeaux et de semer l’espoir dans leurs cœurs ». Elle était en troisième année d’études en psychologie à l’Université libanaise, à Saïda. Sa sœur, Olaa, aurait également été tuée dans la frappe, ainsi que leur mère Fatima Mohammad Abbas.

Abdelhalim Kabalan, 60 ans, tué dans une frappe israélienne à Bir Hassan, dans la banlieue sud de Beyrouth. Abdelhalim se trouvait à l'entrée du centre médical de la husseyniyé Ahel el-Beit, qu'il gérait avec sa fille, pharmacienne, pour apporter un suivi médical et fournir des traitements aux personnes modestes, lorsqu'un bombardement israélien s'y est abattu. Plusieurs employés syriens ainsi que d'autres personnes dont les identités demeurent inconnues ont été tués dans cette frappe, et deux personnes sont toujours portées disparues sous les décombres.

Ali Khaled : Sergent inspecteur à la sûreté générale, Ali hale a été tué par la frappe israéliennes à Mansouri, près de Tyr. Il était marié et père de trois enfants. Il aurait eu 37 ans à la fin de l’année.

De la grand-mère aux petites-filles : trois générations ont été décimées par une des frappes israéliennes sur Hay el-Sellom, dans la banlieue-sud de Beyrouth, avec la mort de la grand-mère Amina Soueidane, de sa fille Imane Ghadboune et de ses deux petites-filles Batoul et Zeinab.

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16:54    Les médias iraniens annoncent que les négociations avec les Etats-Unis ont débuté au Pakistan

Les médias iraniens ont annoncé samedi que les négociations pour mettre un terme à la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis avaient commencé au Pakistan, médiateur des efforts de paix.

Evoquant notamment des « progrès réalisés lors des pourparlers et de la limitation des attaques du régime sioniste dans le sud de Beyrouth au Liban », les agences iraniennes Fars et Tasnim ont indiqué qu'il avait été « décidé d'entamer des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis à Islamabad », sans en préciser ni l'agenda ni le format, direct ou indirect.

D'autres agences iraniennes, Mehr et Isna, ont publié la même information, après l'annonce par le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, qui a reçu les deux délégations séparément, du début des pourparlers.

Outre la situation au Liban, toujours visé par des frappes israéliennes et que l'Iran avait auparavant jugé « inséparable » du reste des sujets de contentieux, Fars et Tasnim ont mentionné « l'acceptation par les Etats-Unis de la libération des avoirs iraniens ». Un haut responsable américain a pourtant démenti plus tôt des informations sur un feu vert au déblocage d'avoirs de la République islamique, visés par des sanctions et gelés dans des banques au Qatar et d'autres pays. Toujours à propos de ces avoirs, les médias iraniens ont néanmoins parlé samedi de « la nécessité de discussions techniques et d'experts plus approfondies ».

Vendredi, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui dirige la délégation de son pays à Islamabad, avait exigé une trêve au Liban et le déblocage des actifs de son pays avant toute négociation de paix.

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16:40 Iran   Macron dit vouloir « contribuer à la désescalade » au côté du prince héritier saoudien

Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ont décidé samedi de « rester en contact étroit » pour « contribuer à la désescalade » au Moyen-Orient et à la conclusion d'un accord, a affirmé le président français, tandis que des négociations irano-américaines ont débuté au Pakistan.

« Alors que des discussions viennent de s'ouvrir à Islamabad, nous sommes convenus de rester en contact étroit pour contribuer à la désescalade, à la liberté de navigation et à la conclusion d'un accord permettant d'assurer une paix et une sécurité durables dans la région », a écrit sur X le dirigeant français, après un échange avec son homologue. « J'ai rappelé mon soutien au cessez-le-feu, qui doit être pleinement respecté et étendu sans délai au Liban. Nous avons évoqué la nécessité de restaurer une navigation pleinement libre et sûre dans le détroit d'Ormuz le plus rapidement possible », a ajouté Emmanuel Macron.

Un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis est entré samedi dans son quatrième jour, alors que le vice-président américain JD Vance est arrivé à Islamabad, tout comme une délégation iranienne, pour des négociations dont le format - direct ou indirect - n'a pas été précisé.

Emmanuel Macron s'est également entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, appelant là aussi au « respect du cessez-le-feu et à son application au Liban », et soulignant la « nécessité d'une solution diplomatique robuste et durable ». De son côté, a complété la présidence turque dans un communiqué, M. Erdogan a fait valoir « les efforts diplomatiques soutenus par la Turquie, conjointement avec les pays concernés » pour parvenir à un cessez-le-feu en Iran. Ankara s'est impliqué avec l'Egypte dans les négociations conduites par le Pakistan.

A propos du Liban, le chef de l'Etat turc a également estimé « qu'il ne fallait pas laisser de place aux inititiaves susceptibles de saboter le cessez-le-feu » dans ce pays, soumis cette semaine à de violents bombardements par Israël en riposte aux attaques du Hezbollah pro-iranien.

Depuis la trêve, Téhéran et Washington s'opposent sur la question de l'inclusion du Liban dans un accord de paix. Israël est déterminé à y continuer sa lutte contre le Hezbollah pro-iranien, et y a mené mercredi les frappes les plus meurtrières de cette guerre, avec au moins 357 morts en une journée, selon le dernier bilan. Sur la situation en Ukraine, où un court cessez-le-feu avec la Russie est annoncé pour la Pâque orthodoxe entre samedi après-midi et dimanche, M. Macron a dit à son homologue turc vouloir « contribuer à la recherche d'une paix juste et durable qui devra nécessairement être conforme aux principes de la Charte des Nations Unies et adossée à des garanties de sécurité robustes pour l'Ukraine », a-t-il expliqué.

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