Le chef de l'État français, Emmanuel Macron, a invité son homologue libanais, Joseph Aoun, à co-présider la conférence internationale de soutien à l'armée libanaise, qui doit se tenir le 5 mars à Paris, pour donner un « signal politique fort », rapporte la présidence libanaise sur son compte X. L'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, a remis la lettre de M. Macron à M. Aoun à Baabda jeudi.
« Votre participation personnelle à cette conférence constituera un signal politique fort, reflétant la solidité des liens qui unissent la France et le Liban, ainsi que notre attachement commun à la stabilité de votre pays et au rétablissement complet de sa souveraineté », a écrit M. Macron, selon Baabda. Il a par ailleurs rappelé que « l’objectif de la conférence est de réaffirmer le soutien politique, financier et technique apporté par la communauté internationale à ces institutions, et de mobiliser un appui international coordonné et prévisible, en adéquation avec les priorités définies. »
Dans ce contexte, le président du Parlement Nabih Berry s'est aussi entretenu avec le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, au sujet des préparatifs à la conférence de soutien à la troupe. M. Berry s'est par ailleurs concerté avec l'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban Walid Boukhari concernant les derniers développements dans la région.
La conférence de soutien à l'armée devrait être coprésidée par la France, les États-Unis et l’Arabie saoudite. C’est le feu vert de cette dernière qui a permis la tenue de la conférence, même si tout indiquait que tant les Français que les Libanais auraient préféré qu’elle soit organisée à Riyad.
L’armée libanaise est au centre de l’attention sur la scène interne, comme de la part de la communauté internationale, en raison du rôle qu’elle est appelée à jouer dans le désarmement des milices, notamment le Hezbollah, considérablement affaibli après son dernier conflit avec Israël en 2023-2024, dans la restauration du monopole des armes à l'Etat. Cette mission fait l’objet de deux décisions du gouvernement libanais datant d'août 2025. Selon ses rapports, l’armée a déjà pris le contrôle opérationnel de la zone située au sud du fleuve Litani, à l'exception des positions toujours occupées par Israël le long de la frontière.
Lundi, en Conseil des ministres, Rodolphe Haykal a fixé un délai de quatre à huit mois pour désarmer le Hezbollah dans la région entre les fleuves Litani et Awali, dans ce qui constitue la deuxième étape d'un plan qui en compte cinq. La formation chiite refuse toutefois de remettre ses armes au nord du Litani et considère que le désarmement ne concerne que le sud du fleuve.
Interrogé sur la conférence, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait affirmé à L'Orient-Le Jour début février que « l’objectif final est d’assurer la mise en œuvre réussie de la deuxième phase du désarmement, mais aussi plus généralement la sécurité sur l'ensemble du territoire libanais. »
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe chef de l'administration provisoire de la bande de Gaza, le Palestinien Ali Shaath, est arrivé jeudi à Washington pour participer à la réunion inaugurale du « Conseil de paix » présidé par Donald Trump, ont annoncé à l'AFP deux responsables palestiniens.
Ali Shaath participera à cette réunion « après avoir reçu hier une invitation », a déclaré un membre du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), qu'il dirige. Le dirigeant palestinien, qui est accompagné du responsable du comité en charge des finances, « doit prononcer un discours exposant le cadre général de son plan pour les cent premiers jours », a indiqué à l'AFP une source proche du NCAG.
Une vingtaine de chefs d'Etat et de hauts dirigeants internationaux sont présents à Washington pour la première réunion du « Conseil de paix », créé après l'entrée en vigueur le 10 octobre du cessez-le-feu négocié par l'administration Trump, avec le Qatar et l'Egypte. Le Comité national, qui compte 15 membres et ne s'est pas encore installé à Gaza, est placé sous son autorité et sera chargé de la gestion provisoire du territoire.
Jeudi, Donald Trump devrait exposer en détail les engagements financiers de plus de cinq milliards de dollars pris par les pays membres du « Conseil de paix ». Selon un document distribué avant la réunion et obtenu par le Haaretz, l’administration américaine a demandé aux représentants des 47 États membres de révéler, dans leurs discours inauguraux, leur contribution financière ou pratique au plan pour Gaza.
La mise en place de la Force internationale de stabilisation (ISF), dont le déploiement est prévu à Gaza dans le cadre de la deuxième phase du plan américain visant à mettre fin définitivement à la guerre, doit également être abordée. Selon des informations du Guardian, l’administration Trump prévoit la construction d’une grande base militaire dans le sud de la bande de Gaza pour accueillir 5 000 soldats internationaux. Cette base sera utilisée par l'ISF et couvrirait une superficie d'environ 140 hectares. Capable d’accueillir jusqu’à 5 000 soldats appartenant à la Force internationale de stabilisation, elle comprendrait plus d'une vingtaine de tours de guet, un champ de tir, des entrepôts pour le matériel militaire, ainsi qu’un réseau d’abris souterrains.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'armée allemande a de nouveau retiré des soldats de sa base d'Erbil, en Irak, « en raison des tensions croissantes au Proche et Moyen-Orient », a indiqué jeudi à l'AFP un porte-parole du ministère de la Défense. Il s'agit d'une « mesure de précaution » et elle concerne « un nombre moyen à deux chiffres de personnels non essentiels à la mission », ajoute cette source.
D'après l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, les troupes ont été transférées vers la Jordanie par voie aérienne. La Bundeswehr avait déjà réduit sa présence dans le nord de l'Irak début février, où elle soutient les forces armées locales dans le cadre d'une mission avec l'Otan.
« La protection et la sécurité de nos soldates et soldats allemands sont prioritaires », a indiqué le porte-parole.
Seuls les soldats nécessaires au maintien du commandement du camp d'Erbil seront maintenus sur place, selon lui. Il s'agit de la base principale de la Bundeswehr dans le pays, tandis que quelques soldats sont déployés dans la capitale Bagdad comme conseillers.
Selon der Spiegel, quelque 300 soldats étaient dernièrement présents en Irak et en Jordanie. La majeure partie d'entre eux sont stationnés en Jordanie, où l'armée de l'air soutient la coalition internationale antiterroriste avec des avions ravitailleurs.
Le déploiement militaire américain dans le Golfe s'intensifie, ravivant les craintes d'une escalade avec l'Iran. « Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d'une frappe contre l'Iran », a déclaré mercredi la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt. Washington a ajouté que Téhéran serait « bien avisé » de conclure un accord sur le nucléaire, au lendemain d'une deuxième session de pourparlers indirects sous tension à Genève. Jeudi, l'Iran a défendu au contraire « son droit » à l'enrichissement nucléaire.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats