Les prix des carburants au Liban ont continué d'augmenter plus de deux semaines après la reprise, le 2 mars, de la guerre entre Israël et le Hezbollah dans le sillage d'un conflit régional plus large déclenché par Tel Aviv et Washington contre Téhéran. Selon la dernière grille publiée par le ministère de l'Énergie et de l'Eau, les prix de l'essence ont augmenté de plus de 25 % depuis le début du mois, contre plus de 50 % pour le diesel. Le gaz domestique a pris près de 29 % sur la même période.
Voici les nouveaux tarifs :
– 20 litres d’essence à 95 octanes : 2.289.000 livres libanaises ou 25,57 $ (soit +73.000 LL ou +0,81 dollar depuis vendredi dernier).
– 20 litres d’essence à 98 octanes : 2.330.000 LL ou 26 dollars (+73.000 LL ; +0,81 dollar).
– 20 litres de diesel (pour les véhicules) : 2.122.000 LL ou 23,7 dollars (+71.000 LL, +0,80 dollar).
– Kilolitre de mazout (utilisé pour approvisionner les générateurs électriques privés, fixé en dollars) : 838,29 dollars (+39,6 dollars).
– Bonbonne de gaz standard : 1.803.000 LL ou 20,1 dollars (+58.000 LL ou 0,65 dollar).
Le taux de change au Liban est actuellement de 89.500 LL pour un dollar.
Ces hausses répercutent, avec un décalage, celles visibles sur le marché de l'or noir et du gaz naturel, qui risquent encore d'augmenter vu les derniers développements sur le terrain. Après des frappes israéliennes sur des installations de production d'hydrocarbures iraniennes – qui ont été approuvées par les États-Unis, selon des responsables américains et israéliens cités par le média Axios, malgré les dénégations de la Maison-Blanche – l'Iran a répliqué en ciblant des infrastructures dans les pays du Golfe, notamment au Qatar.
Jeudi matin, les cours des contrats à terme de Brent à l'échéance la plus proche évoluaient au-dessus de 115 dollars, soit un des plus forts pics depuis 2022, et autour de 97 dollars pour le WTI américain. La tonne métrique de diesel se négocie à près de 1.400 dollars, soit à 200 dollars du pic de 2022.
Pas de subventions prévues
Le diesel augmente plus que l’essence non seulement parce qu’il est très utilisé pour générer de l'électricité, ainsi que pour le transport et les forces armées, mais surtout parce que son offre est plus contrainte, notamment en raison des capacités de raffinage et des tensions géopolitiques, selon le président de l’Association des importateurs de carburant au Liban, Maroun Chammas. « Une des conséquences de la guerre, c'est que, avec les perturbations de la production et de l’acheminement du gaz qatari, l’Europe, qui n'importe plus de gaz russe à la suite des sanctions américaines, est notamment obligée de consommer davantage de diesel. Cela pousse davantage les prix vers le haut », ajoute-t-il. Cette hausse semble cependant ralentir, comparé à son rythme au début de la guerre.
La hausse du diesel au Liban risque de peser très lourd sur les dépenses des ménages à la fin du mois, étant donné que ce carburant est utilisé par les propriétaires de générateurs privés et que les tarifs fixés par le ministère de l'Énergie dépendent de son prix.
Une source au ministère de l'Énergie a indiqué à L'Orient-Le Jour que le pays est contraint de suivre les prix mondiaux pour éviter toute pénurie de carburant et a précisé qu'il n'y a aucun projet de subvention sur l'électricité ni sur le carburant prévu. Elle assure que le pays continue d'être régulièrement approvisionné en carburant et que même Électricité du Liban, qui affirmait être bientôt à sec dès les premiers jours de la guerre, a réceptionné ces derniers jours un nouveau chargement de carburant destiné aux centrales de Zahrani et Deir Ammar.
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