Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré mardi que le président américain Donald Trump ne réussira pas à détruire la République islamique d'Iran.
"Dans l'un de ses récents discours, le président américain a dit que depuis 47 ans l'Amérique n'a pas réussi à détruire la République islamique... Je vous le dis: vous n'y arriverez pas non plus", a déclaré Ali Khamanei dans une allocution, alors que l'Iran et les Etats-Unis ont entamé mardi près de Genève une deuxième série de pourparlers.
Le guide suprême iranien a aussi prévenu que le porte-avions américain déployé dans le Golfe pouvait être coulé.
« Nous entendons sans cesse dire » que les Etats-Unis « ont envoyé un navire de guerre vers l'Iran », a-t-il indiqué. Et d'ajouter : « Un navire de guerre est certes une arme dangereuse, mais l'arme capable de le couler l'est encore plus ».
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDésignée mardi pour prendre la succession de Jack Lang à la tête de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, Anne-Claire Legendre est une diplomate chevronnée dont l'expertise sur le Maghreb et le Moyen-Orient est unanimement louée pour servir le prestigieux instrument d'influence française.
Conseillère du président Emmanuel Macron chargée de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient depuis fin 2023, elle a été élue mardi présidente, sur proposition de l'Etat français, pour succéder à Jack Lang, emporté par l'affaire Epstein. Elle devient, à 46 ans, la première femme à diriger l'IMA. Elle est « compétente, substantielle et engagée avec une connaissance aiguë de chaque pays qui compose le monde arabe, que ce soit le Maghreb ou le Moyen-Orient », souligne auprès de l'AFP un ambassadeur siégeant au conseil d'administration de l'institution. Ce conseil d'administration est composé à parité d'ambassadeurs arabes et de personnalités choisies par le ministère des Affaires étrangères français - surnommé par métonymie le Quai d'Orsay, son adresse dans la capitale française.
Originaire de Bretagne (ouest), cette quadragénaire reconnaissable à ses cheveux blonds coupés courts parle l'arabe avec aisance. Elle est diplômée de la prestigieuse école de sciences politiques, Sciences Po, et de l'université de la Sorbonne, toutes deux à Paris. Après avoir occupé diverses fonctions au Quai d'Orsay - qui contribue pour moitié (12,3 millions d'euros) au budget de l'IMA - elle était déjà devenue la première et plus jeune femme consul de France à New York, en 2016, où elle restera quatre ans.
En 2020, elle devient ambassadrice au Koweit, avant d'être rappelée à Paris à peine un an plus tard, pour devenir la porte-parole du ministère des Affaires étrangères. A ce poste, elle affûte la riposte française face aux campagnes de désinformation russes. Au sein du ministère, certains lui reprochent parfois sa froideur, qui contraste avec le ton de ses conférences de presse hebdomadaires où elle se montre particulièrement à l'aise, maniant les éléments de langage sans jamais sortir du cadre imposé.
La diplomate contribue à rendre visible la fonction de porte-parole du ministère en multipliant les interventions à la télévision et sur les radios pour expliquer la position de la France sur les principaux dossiers du moment, en particulier la guerre en Ukraine et l'activisme des mercenaires du groupe russe Wagner en Afrique. En décembre 2023, Anne-Claire Legendre devient conseillère Afrique du nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique de la présidence, en pleine recrudescence du conflit israélo-palestinien.
La période est alors délicate pour le président Emmanuel Macron, dont la politique étrangère dans la région est critiquée jusque dans les rangs des diplomates français qui la jugent illisible. Auprès d'Emmanuel Macron, Anne-Claire Legendre est la principale instigatrice de la reconnaissance d'un État palestinien par la France en septembre dernier, selon des sources diplomatiques à l'AFP.
Cette décision, qui a suscité l'ire d'Israël, sera suivie d'un cessez-le-feu mais la solution à deux États vivant en paix côte à côte semble à bien des égards encore chimérique. Cette reconnaissance reste néanmoins « un point fort pour l'ensemble des pays arabes membres » à mettre à l'actif de la diplomate, explique un des ambassadeurs membres du conseil d'administration de l'IMA.
Au-delà du délicat dossier israélo-palestinien, Anne-Claire Legendre est aussi celle qu'on envoie volontiers pour déminer les terrains les plus difficiles, avec plus ou moins de succès. Elle se rend ainsi à Alger en mars 2025 pour rencontrer le président algérien Abdelmadjid Tebboune afin de tenter d'apaiser les relations entre la France et l'Algérie, avant que les deux pays ne retombent dans la crise. Au Liban, elle pousse pour la fin de la guerre entre le Hezbollah et Israël. Un accord est arraché en novembre 2024, en vertu duquel la France fait partie du mécanisme de surveillance de cessez-le-feu auprès des Américains.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Premier ministre Nawaf Salam s'est rendu mardi matin à Tripoli pour superviser l'application du plan d'urgence pour les bâtiments menacés d'effondrement, une semaine après l'écroulement d'un immeuble à Bab el-Tebbané qui a fait 13 morts. Cette visite du chef du gouvernement intervient parallèlement à une réunion des élus locaux de la deuxième plus grande ville du Liban, dédiée à l'accompagnement des populations évacuées.
Accompagné de la ministre des Affaires sociales Hanine Sayed, le Premier ministre s'est tout d'abord rendu à l'Institut hôtelier de la ville, où ont été provisoirement relogés une partie des 229 familles évacuées des 21 immeubles fissurés depuis le 9 février, selon le bilan dressé au dernier Conseil des ministres qui s'était tenu lundi au palais de Baabda. Ce bilan précise que des abris temporaires ont pour l'instant été assurés à 64 d'entre elles, et que les efforts se poursuivent en ce sens. Au total, quelque 114 immeubles à risque immédiat d'effondrement doivent être évacués.
M. Salam a par la suite présidé une réunion à laquelle a notamment participé le président du conseil municipal de Tripoli Abdel Hamid Karimé, revenu sur sa décision de démissionner en raison des effondrements successifs dans la ville. Ce dernier a participé ce matin à la réunion élargie présidée par la gouverneure par intérim du Liban-Nord Imane el-Rafeï, qui a rassemblé un grand nombre d'élus locaux de la fédération des municipalités de Tripoli. Les discussions ont principalement porté sur l’accompagnement des habitants évacués des immeubles fissurés ou menacés d'effondrement, ainsi que sur la nécessité d’assurer des solutions de relogement et de coordonner les efforts sur l'ensemble de l'aire urbaine, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Il a également été décidé de poursuivre « les inspections des bâtiments et les évacuations en coordination avec les services concernés », tout en facilitant « l’accompagnement des familles touchées, notamment via l’accès à des logements provisoires et à des loyers raisonnables, et prévenir toute exploitation ». L'assemblée a aussi appelé à renforcer le rôle des moukhtars à cette fin.
Le drame de Bab el-Tebbané, qui a fait 13 morts dont un enfant de trois ans et huit blessés, avait été précédé par un autre effondrement mortel dans le quartier de Kobbé fin janvier. Dimanche, la municipalité de Tripoli y avait effectué une première démolition dans cette zone défavorisée de la ville.
Parallèlement à cette visite, une manifestation a été organisée à partir de 11h à l'entrée du port de la ville par plusieurs syndicats de Tripoli, dont celui des fonctionnaires et des transporteurs routiers. Celle-ci a pour objectif de transmettre un « message clair » au gouvernement pour protester contre sa décision d'augmenter la TVA et les taxes sur le prix de l'essence pour financer la hausse du point d'indice des fonctionnaires et des pensions de retraite des militaires.
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