Les États-Unis ont formellement inscrit l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant « des détentions injustifiées », une mesure qui pourrait aboutir à une interdiction de s'y rendre.
« Le régime iranien doit cesser de prendre des otages et libérer tous les Américains injustement détenus en Iran, mesures qui pourraient mettre fin à cette désignation et aux actions associées », a écrit le secrétaire d'État Marco Rubio dans un communiqué au moment où les Etats-Unis menacent d'une action militaire contre Téhéran.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio se rendra en Israël lundi pour une visite éclair centrée sur l'Iran, alors que les Etats-Unis font toujours planer la menace d'une intervention militaire contre Téhéran.
M. Rubio « discutera d'une série de priorités régionales, notamment l'Iran, le Liban et les efforts en cours pour mettre en œuvre le plan de paix en 20 points du président Trump pour Gaza », a déclaré Tommy Pigott, porte-parole adjoint du département d'Etat.
Initialement prévu pour samedi selon un responsable américain, le déplacement du secrétaire d'Etat a été reporté à lundi. Fait rarissime, aucun journaliste accrédité au département d'Etat ne pourra l'accompagner dans ce déplacement. Les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël.
La Chine a elle demandé à ses ressortissants de quitter l'Iran « dès que possible », invoquant une « forte augmentation des risques sécuritaires extérieurs », de même que le ministère britannique des Affaires étrangères qui a enjoint son personnel diplomatique de quitter l'Iran.
Ces annonces interviennent au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise entre l'Iran et les Etats-Unis, perçue comme l'une des dernières chances pour éviter une guerre, après le plus important déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis des décennies.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'Iran, qui partage une frontière à la fois avec le Pakistan et l'Afghanistan, a offert vendredi son aide pour « faciliter le dialogue » entre ces deux pays en pleine confrontation militaire.
Islamabad a déclaré vendredi une « guerre ouverte » aux autorités talibanes après une offensive afghane lancée la veille à sa frontière, elle-même en réponse à des bombardements pakistanais meurtriers le week-end dernier. L'armée pakistanaise a bombardé dans la nuit les villes de Kaboul et Kandahar. L'Iran est « prêt à fournir toute l'aide nécessaire pour faciliter le dialogue et renforcer la compréhension et la coopération entre les deux pays », a écrit sur X le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.
Dans un communiqué publié vendredi soir, le ministère iranien des Affaires étrangères a exhorté les deux parties à « respecter l'intégrité territoriale et la souveraineté nationale de chacune et s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver les tensions et le conflit ».
Si l'Iran entretient des liens étroits avec le Pakistan, ses relations avec l'Afghanistan sont plus compliquées depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021. Téhéran coopère toutefois davantage ces derniers mois avec les autorités de Kaboul, notamment sur les questions migratoires, après avoir réclamé le départ de millions d'Afghans sans-papiers présents sur son territoire. En octobre, lors de précédents affrontements meurtriers entre le Pakistan et l'Afghanistan, l'Iran avait déjà proposé sa médiation. Plusieurs cycles de négociations sous médiation de la Turquie et du Qatar ont échoué à désamorcer le conflit.
Le chef de la diplomatie iranienne est par ailleurs impliqué depuis début février dans des pourparlers indirects avec les Etats-Unis, qui menacent de frapper Téhéran.
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