La Ligue des droits civiques des Américains d'origine arabe (ACRL) a annoncé lundi son intention de déposer un recours collectif devant la justice fédérale américaine pour les destructions commises par Israël au Liban-Sud depuis le début de la guerre au Liban.
L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse organisée au Centre culturel de Bint Jbeil, à Dearborn (Michigan), où réside une importante communauté libanaise.
Le président de la Ligue, Nasser Beydoun, a indiqué que cette action pourrait concerner tout citoyen américain ayant perdu des biens, des terrains ou des investissements au Liban « en raison de la politique étrangère des États-Unis », principal soutien militaire d’Israël.
Il a précisé que son organisation poursuivait le recensement des plaignants et l’évaluation des dommages, avant de déterminer si la plainte serait déposée à Detroit ou à Washington. « Ce n’est pas abstrait. Ce n’est pas de la rhétorique politique. C’est réel. C’est une perte », a déclaré M. Beydoun.
De son côté, le fondateur de l’ACRL, Nabih Ayad, a estimé que cette affaire pourrait constituer l’un des recours les plus inédits jamais engagés aux États-Unis. Les avocats impliqués ont indiqué que la plainte pourrait viser le département d’État américain, notamment le secrétaire d’État Marco Rubio, ainsi que des fabricants d’armes américains.
L’ACRL estime que Washington a l’obligation légale de protéger ses citoyens et ne devrait pas soutenir des gouvernements étrangers accusés de violations des droits humains. L’organisation cite notamment la « loi Leahy », qui restreint l’aide militaire américaine à des entités étrangères impliquées dans des exactions.
Présente lors de l’événement, la députée Rashida Tlaib a accusé Washington de contribuer aux destructions par son soutien militaire et diplomatique à Israël. « À l’heure actuelle, les États-Unis contribuent à cette destruction par le biais des ventes d’armes, des renseignements et de la logistique qu’ils fournissent, ainsi que par leur soutien diplomatique (…) Le Congrès a le pouvoir et le devoir de mettre fin à cette invasion illégale », a-t-elle déclaré.
Plusieurs intervenants ont également évoqué la destruction de maisons familiales au Liban-Sud, parfois transmises de génération en génération, dans les bombardements ou les dynamitages menés par l’armée israélienne depuis le début de la guerre, le 2 mars 2026.
Outre ses bombardements massifs contre le Liban-Sud et d'autres régions du Liban, l'armée israélienne procède à des dynamitages systématiques de maisons et de bâtiments dans les villages qu'elle occupe militairement depuis le début de son invasion terrestre, sur le modèle de son offensive dans la bande de Gaza.
Malgré le cessez-le-feu de dix jours entré en vigueur le 17 avril, ce genre de démolitions se poursuivent dans de nombreux villages inclus dans la « zone tampon » que Tel-Aviv cherche à établir de facto au nord de la Ligne bleue.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe ministère de la Santé a annoncé dans son dernier bilan avoir recensé 2 387 personnes tuées et 7 602 blessées par les attaques israéliennes contre le Liban depuis le début de la guerre le 2 mars.
Depuis l'entrée en vigueur de la trêve vendredi, les autorités et les secouristes ont retrouvé de nombreux corps sous les décombres de bâtiments dans des régions qui étaient soumises à d'intenses bombardements israéliens. Dans son dernier bilan officiel, publié vendredi, le ministère avait fait état de 2 294 tués et 7 544 blessés.
Le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné lundi dans un communiqué « les tentatives visant à déstabiliser et à porter atteinte à l’ordre public en Syrie, révélées le 19 avril par le ministère syrien de l’Intérieur ».
La diplomatie libanaise fait ici référence à la « cellule de sabotage » présumément liée « au Hezbollah et à des loyalistes au pouvoir déchu de Bachar el-Assad » que les forces de sécurité syriennes ont accusé de « préparer une attaque depuis le territoire syrien contre des cibles situées à l'extérieur des frontières », dans la province de Qouneitra, frontalière d'Israël. Le parti chiite a démenti dimanche ces accusations et réitéré n'avoir « aucune présence sur le sol syrien. »
Le ministère a ainsi exprimé « sa solidarité avec la République arabe syrienne » et souligné son « rejet absolu de toute implication de Libanais dans une atteinte à la sécurité et à l’intégrité territoriale de la Syrie ».
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