Plusieurs pays arabes et l'Union européenne ont dénoncé l'adoption dimanche par Israël de nouvelles mesures foncières renforçant son contrôle sur la Cisjordanie, dernière décision en date faisant craindre une annexion du territoire palestinien. Une semaine après avoir approuvé un texte facilitant les achats de terres par les colons, le gouvernement israélien a décidé d'accélérer le processus d'enregistrement foncier en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967.
« Nous rappelons que l'annexion (de la Cisjordanie) est illégale au regard du droit international », a averti lundi la Commission européenne en appelant « Israël à revenir sur cette décision », qui constitue selon elle « une nouvelle escalade ». Le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé des « actions illégales d'Israël », qui visent à « imposer sa souveraineté sur les terres palestiniennes » et menacent « d'aggraver le conflit » israélo-palestinien.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a précisé que la mesure visait « à mettre de l'ordre dans les procédures d'enregistrement foncier » et permettrait « une clarification transparente et approfondie des droits afin de résoudre les litiges juridiques ». Il a accusé l'Autorité palestinienne de mener elle-même « des procédures d'enregistrement foncier illégales » dans des zones censées se trouver sous contrôle israélien en vertu des accords d'Oslo.
La nouvelle disposition prévoit le financement à hauteur de 244 millions de shekels (près de 67 millions d'euros) d'une opération de régularisation des titres fonciers dans la zone se trouvant sous contrôle israélien, qui représente environ 60% du territoire de la Cisjordanie, a expliqué l'ONG israélienne La Paix maintenant, opposée à la colonisation.
Cette procédure, selon l'ONG, pourrait revenir à déposséder des Palestiniens de certaines terres sur lesquelles ils sont installés mais dont les titres de propriété ne sont pas clairement établis, et à les enregistrer au nom de l'Etat israélien.
« Beaucoup de Palestiniens qui considèrent des terres comme les leurs découvriront qu'elles ne leur appartiennent pas en vertu du nouveau processus d'enregistrement », a déclaré lundi à l'AFP Yonatan Mizrachi, co-directeur de La Paix maintenant. « Il y avait beaucoup d'ambiguïtés concernant ces terres et Israël a décidé à présent de s'en occuper », a-t-il ajouté en dénonçant une annexion rampante. « Israël a décidé d'annexer la Cisjordanie et l'a déjà annexée », a-t-il dit.
Le 8 février, Israël avait déjà annoncé des mesures, largement condamnées à l'étranger, étendant son autorité sur l'ensemble du territoire, divisé en trois zones - A, sous contrôle palestinien, B, mixte, et C - en vertu des accords d'Oslo datant des années 1990. Elles visent à rendre plus faciles les achats de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux Juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie. Elles doivent aussi permettre aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.
L'Autorité palestinienne a dit « condamner avec force » la décision adoptée dimanche et « rejeter toute tentative de désigner des terres de Cisjordanie comme 'territoire public' sous contrôle de la force d'occupation ». Elle a jugé ces mesures « légalement invalides » et revenant au « début de facto d'un processus d'annexion ».
L'Arabie saoudite a dénoncé une atteinte « aux efforts en vue de la paix et de la stabilité dans la région », l'Egypte a condamné « une escalade dangereuse » et le Qatar « une extension des projets (d'Israël) de priver le peuple palestinien de ses droits ».
La colonisation s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite depuis 1967. Elle s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.
Hormis Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, plus de 500.000 Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'Iran a « prudemment » salué lundi les signes d'une position américaine « plus réaliste » sur la question nucléaire, à la veille de nouvelles discussions avec les Etats-Unis, cette fois à Genève.
Parallèlement au volet diplomatique, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont entamé des manœuvres dans le stratégique détroit d'Ormuz, sous la supervision de leur chef Mohammad Pakpour, a rapporté la télévision d'Etat iranienne. L'exercice, dont la durée n'a pas été précisée, a pour objectif de préparer les Gardiens « aux menaces sécuritaires et militaires potentielles » dans cette zone, par laquelle transite environ 20% de la production mondiale de pétrole.
Cette annonce intervient avant de nouveaux pourparlers prévus mardi en Suisse, sous médiation du sultanat d'Oman. L'Iran et les Etats-Unis avaient renoué le dialogue le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, pour tenter d'éviter une intervention militaire américaine.
Au vu de ces discussions, « nous pouvons prudemment conclure que la position américaine sur la question nucléaire iranienne est devenue plus réaliste », a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, cité par l'agence de presse Irna.
Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son « droit inaliénable » à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l'uranium, notamment pour l'énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Donald Trump a multiplié les avertissements après la répression dans le sang des manifestations massives en janvier en Iran, tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, notamment sur le programme nucléaire iranien. « Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces », a insisté lundi le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur X, disant être à Genève « avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable ». Il y a rencontré le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, pour « des discussions techniques approfondies », selon un message publié par ce dernier sur X.
Les inspecteurs de l'agence onusienne n'ont toujours pas pu se rendre sur les sites nucléaires visés par des frappes israélo-américaines en juin 2025, qui avaient stoppé net les précédents pourparlers entre Téhéran et Washington.
Côté américain, l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, « sont en route », a indiqué le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, en marge d'une visite lundi en Hongrie. « Nous verrons ce qu'il en est. Nous espérons qu'il y aura un accord », a-t-il ajouté.
Faute d'accord, le président américain a menacé l'Iran de conséquences « traumatisantes » et a même évoqué ouvertement vendredi l'hypothèse d'un renversement du pouvoir. Des habitants de la capitale iranienne ont scandé dimanche des slogans anti-gouvernement depuis leurs fenêtres et leurs toits, au lendemain de vastes rassemblements contre la République islamique d'Iraniens vivant à l'étranger.
Washington a déployé d'importants moyens militaires dans la zone. Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit les rejoindre, à une date qui reste incertaine.
Etats-Unis et Iran divergent sur la teneur de leurs nouvelles discussions. L'Iran ne veut parler que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux. Sur le volet nucléaire, l'Iran s'est dit prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kg et dont le sort est incertain, si Washington levait les sanctions qui pénalisent l'économie iranienne.
« Le temps presse. Notre peuple subit la pression de sanctions oppressives, et la raison et la logique exigent qu'elles soit levées dès que possible », a souligné le porte-parole de la diplomatie, M. Baqaei.
Avant la guerre des 12 jours de juin 2025, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%, taux proche des 90% nécessaires pour fabriquer la bombe atomique.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe procureur général près la Cour d’appel du Liban-Nord, le juge Hani Helmi el-Hajjar, a engagé des poursuites contre trois détenus pour avoir tenté de faire passer une importante quantité d’héroïne depuis le port de Tripoli vers l’Australie, via la Malaisie, rapporte lundi l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Selon l’Ani, les détenus avaient dissimulé la drogue dans des bouteilles d’huile et de jus. Aucune information supplémentaire n’a été communiquée.