Le pape Léon XIV entame samedi la troisième étape de sa tournée africaine en Angola, pays lusophone dont un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté en dépit de décennies d'exploitation de vastes réserves pétrolières. Auparavant, le pape américain a conclu sa visite de trois jours au Cameroun par une messe en plein air à l'aéroport de Yaoundé. Selon les chiffres du Vatican, 200.000 fidèles étaient sur place, avec plusieurs centaines de milliers dans les alentours. Le pape a de nouveau été acclamé avec des chants polyphoniques ponctués de percussions et des danses dans une ferveur emplie de liesse, à l'image de l'accueil enthousiaste qu'il a reçu dans le pays.
Dans son homélie prononcée en français, il a remercié les Camerounais et invité la foule à avoir « le courage de changer les habitudes et les structures », dans un pays dirigé d'une main de fer par Paul Biya, 93 ans, depuis 1982. Il s'est ensuite envolé à la mi-journée pour Luanda, capitale de l'Angola où il est attendu à 15H00 (14H00 GMT) et prononcera un premier discours devant les autorités. Après Jean-Paul II (1978-2005) en 1992 et Benoît XVI (2005-2013) en 2009, Léon XIV est le troisième souverain pontife à visiter ce pays, qui a tardivement accédé à l'indépendance du pouvoir colonial portugais en 1975. Élu en mai 2025, le chef de l'Église catholique, jusqu'ici plus discret et mesuré que son prédécesseur argentin François (2013-2025), est sorti ces derniers jours de sa retenue pour endosser un style plus affirmé, quelques jours après avoir été violemment critiqué par le président américain Donald Trump.
En Angola, il devrait à nouveau déplacer des foules immenses jusqu'à son départ mardi matin. Quelque 44% de la population, soit environ 15 millions d'Angolais, s'identifient comme catholiques, selon un recensement de 2024 dans ce pays d'Afrique australe, sorti exsangue en 2002 d'une guerre civile meurtrière déclenchée dans la foulée de l'indépendance. « C'est comme si Dieu était tout près de nous, alors on ne peut que l'accueillir à bras ouverts. L'Afrique remercie, l'Angola remercie, cela a une signification immense que je ne sais pas comment décrire », s'enthousiasme Helena Maria Miguel, gestionnaire de ressources humaines de 40 ans.
En dépit d'une hyperdépendance de son économie aux variations du cours du pétrole et d'une corruption galopante qui a fini par rattraper la famille de l'ancien président José Eduardo dos Santos (1979-2017), le pays poursuit une politique d'investissement dans les infrastructures. Il abrite ainsi le projet régional du corridor de Lobito, du nom d'un port angolais sur la façade atlantique, par lequel doivent transiter à terme des minerais extraits de la République démocratique du Congo et de la Zambie voisines, acheminés par voie ferrée.
Au Cameroun, Léon XIV s'est fait le pourfendeur d'injustices sociales, s'en prenant à « ceux qui, au nom du profit, continuent de s'emparer du continent africain pour l'exploiter et le piller », et lancé un message de paix dans le nord-ouest anglophone déchiré par un conflit séparatiste. Il a également mis en garde contre l'utilisation de l'intelligence artificielle pour alimenter « les conflits, les peurs et la violence », et exhorté les jeunes à « servir leur pays » plutôt qu'à émigrer.
En Angola, Luanda s'est dotée d'un nouvel aéroport international flambant neuf. Sur les 50 km de route reliant l'aéroport au centre-ville, les automobilistes peuvent apercevoir, entre deux dépassements hasardeux, de grands panneaux annonçant la visite papale. Le portrait d'un Léon XIV souriant s'y affiche au milieu des fumées noires de moteurs hors d'âge, intercalé entre des publicités 4x3 pour une société de logistique chinoise et des machines-outils pour fabriquer de la farine de maïs.
La venue du pape intervient dans la foulée de pluies torrentielles qui se sont abattues depuis début avril sur la région côtière de Benguela et ont fait près de 50 victimes, et moins d'un an après la répression meurtrière de manifestations contre le coût de la vie, qui s'était soldée par au moins 30 morts et des centaines d'arrestations. « Il y a beaucoup de souffrance, beaucoup de pauvreté en Angola. Je souhaite que le pape voie de ses yeux les besoins de la jeunesse ici », explique Antonio Masaidi, ajusteur-monteur de 33 ans.
Dimanche, au lendemain de sa rencontre avec le président Joao Lourenço, Léon XIV doit célébrer une messe géante en plein air en périphérie de la capitale. Il se rendra ensuite dans le village de Muxima, à environ 130 kilomètres au sud-est de Luanda, où une église du XVIe siècle s'est imposée comme l'un des lieux de pèlerinage les plus importants d'Afrique australe. Lundi, le pape doit se rendre à plus de 800 km de la capitale, à Saurimo, avant de quitter le pays le lendemain. Le chef des 1,4 milliard de catholiques s'envolera alors pour la Guinée équatoriale, ultime étame d'un périple de 18.000 km débuté en Algérie.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'armée israélienne a annoncé samedi avoir établi une « ligne jaune » de démarcation dans le sud du Liban, comme dans la bande de Gaza, et mené des frappes depuis la veille contre des suspects qui s'approchaient de ses troupes.
« Au cours des dernières 24 heures, les forces (israéliennes déployées) au sud de la ligne jaune, dans le sud du Liban, ont repéré des terroristes qui violaient les arrangements du cessez-le-feu et s'étaient approchés des forces à partir de zones au nord de la ligne jaune d'une manière présentant une menace immédiate », indique un communiqué militaire publié au deuxième jour de la trêve avec le Liban et évoquant pour la première fois cette « ligne jaune ».
« Immédiatement après leur identification, et afin de faire disparaître cette menace, l'armée de l'Air et les forces sur le terrain ont attaqué les terroristes en plusieurs secteurs du sud du Liban », ajoute le texte, mentionnant également « des tirs d'artillerie (israéliens) pour appuyer les forces terrestres opérant dans la zone ».
Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, où l'armée israélienne était de nouveau en guerre ouverte contre le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran, depuis le 2 mars. Le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont indiqué avoir accepté ce cessez-le-feu de dix jours effectif depuis minuit heure locale vendredi.
Dans son communiqué, l'armée israélienne déclare qu'elle agit conformément aux directives reçues du gouvernement israélien et qu'elle « est autorisée à prendre les mesures nécessaires à la légitime défense face aux menaces [...] les actions de défense et de neutralisation des menaces n'étant pas limitées pendant la période de cessez-le-feu ».
« Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit !!! » avait écrit jeudi le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Les bombardements israéliens au Liban ont fait près de 2.300 morts depuis le 2 mars, selon le ministère de la Santé libanais.
Dans la bande de Gaza, la « ligne jaune » est le nom donné à la ligne de démarcation entre la zone sous contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas et celle tenue par l'armée israélienne (qui représente plus de 50% de ce petit territoire) après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile en vigueur depuis octobre.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa marine iranienne est prête à infliger de « nouvelles défaites » à l'ennemi, selon un message écrit du guide suprême Mojtaba Khamenei publié peu après la décision de Téhéran de verrouiller de nouveau le détroit d'Ormuz face au blocus américain.
« La vaillante marine se tient prête à faire goûter à l'ennemi l'amertume de nouvelles défaites », a-t-il assuré dans une déclaration diffusée sur Telegram, lui qui n'a pas été vu en public depuis sa nomination.