Des résidents d’un immeuble du quartier de Kobbé, à Tripoli, ont été contraints d’évacuer jeudi, sans que des solutions de relogement leur soient proposées, rapporte notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak. L’immeuble présente des fissures au niveau de ses fondations et menace de s’effondrer, mettant en danger des dizaines d’appartements voisins.
Les habitants réclament des inspections approfondies par les autorités, les commissions d’ingénierie de la municipalité de Tripoli et le gouvernement libanais, ainsi qu’une intervention immédiate pour assurer leur sécurité. Ils demandent également la mise en place de logements temporaires jusqu’à la fin des travaux de réhabilitation.
Par ailleurs, la secrétaire générale par intérim du gouvernorat du Liban-Nord, Imane Rafaï, a présidé une réunion du comité de suivi des bâtiments fissurés de Tripoli, en présence du secrétaire général du Haut Comité de secours, le général Bassam Naboulsi, et du président de la municipalité, Abdel Hamid Karimé, entre autres.
La réunion a porté sur l’achèvement de l’étude du plan relatif aux bâtiments fissurés, la mise à jour des données et la priorisation des immeubles selon leur degré de danger, ainsi que sur l’analyse des conditions sociales des occupants. Elle a également examiné la mise à disposition de terrains par les municipalités de Tripoli et du Port, ainsi que par l’Union des municipalités d’el-Fayhaa, pour y installer des maisons préfabriquées en cas d’évacuation.
À l’issue de la réunion, il a été décidé d’activer un plan d’urgence à la municipalité de Tripoli, incluant la création d’une salle d’opérations fonctionnant 24h/24 pour traiter les plaintes concernant les bâtiments fissurés. La base de données des 103 immeubles identifiés comme fissurés sera mise à jour et les bâtiments classés selon leur degré de danger. Par ailleurs, les terrains identifiés dans les différentes municipalités seront utilisés pour installer des maisons préfabriquées fournies par le Haut Comité de secours, afin d’assurer des logements temporaires en cas d’évacuation rapide.
Le week-end dernier, deux résidents de Kobbé (membre d'une même famille) ont été tués dans l’effondrement d’un bloc de deux immeubles où ils vivaient. Ces immeubles avaient été évacués quelques heures plus tôt.
Plusieurs alertes avaient déjà été lancées face au risque d’effondrement dans la ville, la plus pauvre du Liban, confrontée à des infrastructures gravement détériorées et à un manque de financement. Selon le dernier recensement municipal de 2024, environ 105 bâtiments encore habités présentent un risque immédiat d’effondrement et nécessitent une évacuation. Andira Zouhairi, à la tête de la Ligue libanaise des bâtiments, estime à près de 4 000 le nombre d’immeubles menacés à Tripoli.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'actrice syrienne Hoda Chaaraoui a été retrouvée morte jeudi à son domicile de Damas, à l’âge de 88 ans, a annoncé le Syndicat des artistes syriens, appelant les Forces de sécurité intérieure à ouvrir une enquête. Le président du Syndicat, Mazen el-Natour, a confirmé que l’éminente actrice avait été assassinée à son domicile et a indiqué que la femme de ménage était suspecte.
Née le 28 octobre 1938 à Damas, Hoda Chaaraoui a connu une carrière remarquable à la télévision syrienne, jouant dans des séries populaires telles que Ahl El Raya, Ayam Shamiya, Awdet Ghawar, et notamment Bab el Hara, où elle incarnait Oum Zaki, la sage-femme du quartier.
Dans une déclaration à The New Arab, la présidente de la branche damascène du Syndicat, Tamador Ghanem, a indiqué que les premières informations suggèrent que le meurtre de Hoda Chaaraoui a eu lieu jeudi matin à son domicile, précisant que des soupçons portent sur l’implication d’une migrante domestique employée chez elle.
Tamador Ghanem a souligné que les informations restent préliminaires et que le Syndicat suit l’affaire de près, en attendant la communication officielle des détails par les autorités de sécurité. Elle a appelé à la prudence et exhorté le public à ne pas céder aux rumeurs tant que les résultats définitifs de l’enquête ne sont pas publiés.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe président de la République, Joseph Aoun, a rendu hommage à la poétesse et écrivaine libano-française Vénus Khoury-Ghata, décédée à Paris à l’âge de 88 ans, la décrivant comme une « fille fidèle du Liban » et déclarant qu’« une page lumineuse de la littérature libanaise et française se tourne. »
« Une page lumineuse de la littérature libanaise et française se tourne », a déclaré le président. Venus Khoury-Ghata « était une voix poétique unique, portant dans ses mots la profondeur de l’expérience humaine, la douleur de l’exil et la nostalgie des racines. Elle a écrit en arabe et en français, enrichissant la littérature de recueils de poésie, de romans et de textes en prose traduits dans plusieurs langues, et laissant une empreinte indélébile dans la littérature contemporaine. »
Pour le chef de l’État, Venus Khoury-Ghata, « fille fidèle du Liban, a porté son pays dans son cœur partout où elle se trouvait, et est restée témoin de notre histoire et de notre mémoire collective ». Elle a « transmis les souffrances de son peuple et ses espoirs dans une langue poétique élevée, ayant reçu reconnaissance et prix internationaux ». « Son départ constitue une grande perte pour la culture libanaise et française, mais son riche héritage littéraire restera vivant et inspirera les générations à venir. », dit-il. Le président Aoun a conclu son message en présentant ses condoléances « à la famille de la défunte, à ses proches et à tous les intellectuels libanais et arabes ».
Dans un message sur X, le ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé a rendu hommage à l'écrivaine. « Adieu Vénus Khoury-Ghata ! Ta plume n’enfantera plus ces mots pétris d’émotions. Tu ne réuniras plus les amateurs de poésie dans ton rez-de-chaussée donnant sur le parc. Tu ne te soucieras plus d’un pays natal que tu n’as cessé d’aimer. Tu resteras dans tes recueils et nos mémoires », a-t-il écrit.
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