Air France a annoncé mercredi la prolongation de la suspension de ses vols vers le Moyen-Orient en raison de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, dans une déclaration transmise à l'AFP.
« En raison de la situation sécuritaire à destination et du maintien de la fermeture des espaces aériens aux vols commerciaux », la compagnie a dit être « contrainte de prolonger la suspension de ses vols » de et vers Dubaï et Riyad « jusqu’au (vendredi) 6 mars 2026 inclus », et jusqu’à samedi inclus pour les vols au départ de Dubaï.
Quant aux liaisons vers Tel-Aviv et Beyrouth, elles sont suspendues jusqu'au dimanche 8 mars inclus, a ajouté Air France en précisant que « la reprise des opérations restera soumise à une évaluation de la situation sécuritaire sur place, qui est très évolutive ».
Air France, comme de très nombreuses compagnies extérieures au Golfe, a suspendu ces dessertes depuis le début de la guerre, samedi dernier. Lundi, elle avait indiqué qu'elles le resteraient au moins jusqu'à jeudi.
La compagnie a précisé que « ces suspensions concern(ai)ent les vols commerciaux uniquement et non les éventuels vols spéciaux de rapatriement organisés par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères » français.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUn porte-conteneurs battant pavillon maltais a été touché mercredi au large des côtes d'Oman alors qu'il traversait le détroit d'Ormuz, ont rapporté deux agences de sécurité maritime, alors que l'Iran poursuit sa campagne de représailles dans le Golfe.
Le navire se trouvait à deux milles nautiques au nord d'Oman, « transitant vers l'est dans le détroit d'Ormuz » lorsqu'il a été « touché par un projectile inconnu juste au-dessus de la ligne de flottaison, provoquant un incendie dans la salle des machines », a indiqué l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO.
D'après la société privée de sécurité maritime Vanguard Tech, il s'agissait du navire pattant pavillon maltais Safeen Prestige. Selon des données partagées par le site spécialisé Marine Traffic, il était en route du port émirati de Ghantout vers Jeddah en Arabie saoudite.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats« Nous ne savons pas ce qui va arriver à notre pays », s'inquiète Sanaz, une Iranienne ayant tout quitté pour trouver refuge en Turquie, loin du « déluge » des frappes américano-israéliennes. Des Iraniens mais aussi des étrangers habitant en Iran ont réussi à se mettre à l'abri en Turquie, en Irak, en Arménie ou au Pakistan depuis samedi.
Les témoignages recueillis par l'AFP dans les pays voisins de l'Iran donnent un aperçu de l’ampleur de la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël sur la capitale Téhéran mais aussi de nombreuses localités plus ou moins importantes.
Du côté turc du poste-frontière de Kapikoy-Razi des groupes de voyageurs chargés de grosses valises et d'enfants serrant leur ours en peluche, se présentent au compte-gouttes pour le contrôle des passeports.
Une habitante de Tabriz, la grande ville du nord-ouest de l’Iran, a fait état d’un déluge de bombes qui l'a poussée à quitter son domicile et sa famille. « Nous nous endormons dans la peur et nous nous réveillons stressés, donc la situation est assez horrible », raconte Sanaz, qui ne donne que son prénom.
« Nous ne savons pas ce qui va arriver à notre économie, à notre peuple et à notre pays », s'inquiète-t-elle, tout en exprimant ses espoirs. « Après tout ce que nous avons traversé durant toutes ces années, nous espérons que, peut-être dans deux ou trois mois, nous pourrons voir un changement radical » et reprendre une vie normale.
A quelque 2.000 kilomètres de là, à l'extrême est de l'Iran, des Pakistanais se ruent en direction de leur patrie par le poste-frontière de Taftan et partagent des récits de guerre. Basheer Ahmed, un commerçant de 42 ans, rentrait de Bandar Abbas, le grand port du sud de l'Iran, lorsque la fermeture du détroit stratégique d’Ormuz a été annoncée par Téhéran.
« La situation était très mauvaise. Il y avait cinq à dix explosions dans la journée. Nous ne pouvions même pas dire d'où venaient les bombes », raconte-t-il à l'AFP. « Comme c'était de plus en plus tendu, les gens essayaient de quitter la région par tous les moyens possibles ».
Un de ses compagnons de voyage, Mushtaq Ahmed, 41 ans, indique être passé par les villes de Qom (centre) et Machhad (est), où il a vu des manifestations pro-régime.
« Les gens scandaient des slogans et exprimaient leur douleur » après la mort samedi du guide suprême Ali Khamenei et de nombreux dirigeants de la République islamique. « On avait l'impression d'un jour férié: les magasins et les bureaux étaient fermés », relate-t-il.
Dans le nord de l'Iran, d'autres tentent de fuir vers l'Arménie, l’un des sept pays frontaliers, à l'instar de Shahid Rashid. Cet étudiant en médecine indien à Ourmia (nord-ouest) indique avoir vu « environ huit frappes » à 200 mètres de son foyer mardi.
Son université a fourni des repas gratuits aux étudiants cloîtrés dans leurs chambres et tous les commerces étaient fermés. « Nous sommes déprimés par la situation qui s'agrave », confie Shahid Rashid, qui espère obtenir un visa pour l'Arménie.
Désormais en sécurité, Nasim, une Iranienne de 35 ans, se félicite d'avoir achevé un périlleux voyage de sa ville d'Ispahan (centre) à la Turquie via Téhéran, sans connexion internet.
Pour elle, les explosions provoquées par les frappes étaient à la fois une source de peur et d’espoir: « Même si je savais que je pouvais être touchée, j'étais contente qu’ils (les membres du pouvoir) reçoivent ce qu’ils méritent et qu’ils ne puissent plus fermer l’œil ».
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