« Il n’y a que le provisoire qui dure ». Au Liban, cette phrase n’est pas une simple formule, mais une manière de vivre. C’est le point de départ de ce deuxième épisode de L’Orient-La Nuit.
Autour de la table, deux invités incarneront chacun à leur manière cette expérience du temps suspendu. Fouad Elkoury, l’un des plus grands photographes du monde arabe, auteur, entre autres ouvrages, de « Liban provisoire » (Fernand Hazan, 1998), et Aline Kamakian, fondatrice notamment du restaurant Mayrig, promotrice de la cuisine arménienne et cheffe engagée au sein de World Central Kitchen, une ONG qui officie à travers le monde entier et, au Liban, distribue des repas aux déplacés de guerre. Deux parcours, deux façons d’habiter l’incertitude.
Tous deux sont profondément ancrés dans ce pays où l’urgence n’est plus un état exceptionnel mais permanent. Le provisoire s’installe, devient structure, façonne notre rapport au monde. Dans cet espace sans fondation stable, le rapport à demain se brouille, le futur devient difficile à imaginer autrement que comme répétition ou rupture.
Cette suspension permanente fait émerger une forme de « barzakh » contemporain : ni pleinement ici, ni déjà ailleurs, ni totalement dans la catastrophe, ni vraiment dans l’après. Un espace où les vies se déploient sans horizon, prises dans une panne de l’imaginaire politique autant que dans l’érosion des possibles.
La conversation sera ponctuée d’un témoignage recueilli par Clara Hage auprès de Nasser, un déplacé du Liban-Sud, d’un poème lu par Hala Mohammad, poétesse syrienne exilée en France, et de messages vocaux laissés par nos lecteurs. Tous donnent à entendre les formes multiples de cette vie en suspens — parfois subie, parfois assumée, parfois transformée en stratégie de survie.
L’Orient-La Nuit, c’est :
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est arrivé lundi à Bahreïn pour des discussions sur la « coopération en matière de sécurité », a indiqué à l'AFP une source au sein de la délégation ukrainienne.
« Nous avons atterri. L'objectif de la visite est la coopération en matière de sécurité », a déclaré cette source sous couvert d'anonymat, sans autre précision. Depuis le début de la guerre avec l'Iran provoquée par des frappes américano-israéliennes le 28 février, plusieurs pays du Golfe ont sollicité l'aide de l'Ukraine pour abattre des drones et missiles iraniens tirés sur leurs territoires, selon Kiev.