L’armée israélienne a affirmé vendredi avoir tué Ismaïl Ahmadi, désigné comme le « chef de la branche renseignement des Bassidji », milice paramilitaire rattachée aux gardiens de la révolution.
Celui-ci a été tué la nuit dernière dans la nouvelle vague de frappes menée par l’aviation israélienne contre l’Iran. Sa mort vient s’ajouter à celle du général Gholamreza Soleimani, l’ancien commandant des Bassidji, tué 48 heures plus tôt.
« Son élimination, ainsi que celle du chef de l’unité des Bassidji, s’ajoute aux dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l’opération et porte un coup encore plus dur aux systèmes de commandement et de contrôle de la sécurité du régime », souligne le communiqué de l’armée israélienne.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes combats et les frappes continuent de faire rage au Liban-Sud, près de trois semaines après la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël, dans le sillage du conflit régional opposant l’Iran aux États-Unis et à l’État hébreu.
Comme elle le rappelle quotidiennement, l’armée israélienne a renouvelé ses ordres d’évacuation forcée à l’attention des habitants de l’ensemble des localités du Liban-Sud situées au sud du fleuve Zahrani.
La troupe a, depuis plusieurs jours déjà, élargi le périmètre de la zone concernée par ces évacuations forcées, qui se limitait auparavant au sud du fleuve Litani. Cette zone comprend des aires urbaines de plusieurs dizaines de milliers d’habitants, dont celles de Nabatiyé et de Tyr, visées spécifiquement par ce type d’ordre plus tôt cette semaine, et s’étend sur près de 12 % du territoire libanais.
Ces menaces répétées de l’armée israélienne au Liban-Sud, dans la Békaa et dans la banlieue sud de Beyrouth, ont provoqué une vague de déplacements forcés de plus d’un million de personnes depuis le début de l’escalade le 2 mars, bien qu’une partie des populations locales reste encore sur place.
Dans le cadre de ce qu’elle qualifie d’« effort de défense avancée », l’armée de l’État hébreu indique, via son porte-parole arabophone Avichay Adraee, que ses 36e, 91e et 146e divisions poursuivent des opérations terrestres ciblées et des incursions au Liban-Sud contre le Hezbollah.
Selon le communiqué, les opérations israéliennes ont permis de viser plus de 2 000 « cibles terroristes », dont environ 120 centres de commandement du Hezbollah, plus de 100 dépôts d’armes et plus de 130 plateformes de lancement de roquettes.
L’armée israélienne affirme également avoir « éliminé plus de 570 combattants du Hezbollah », parmi lesquels « environ 220 membres de la force al-Radwan (unité d’élite de la formation chiite), près de 150 opérateurs de roquettes », ainsi que « deux commandants de rang équivalent à celui de général de division, quatre de rang équivalent à général de brigade, huit de rang de colonel et 22 chefs de bataillon ».
Des survols à basse altitude d’avions de guerre israéliens ont été signalés tout au long de la journée dans l’ensemble de l’espace aérien du sud du Liban. À Beyrouth, deux fortes déflagrations ont été entendues dans la capitale et ses environs, provoquées par des avions israéliens franchissant le mur du son.
Dans la matinée, l’aviation israélienne a mené des frappes sur Kfar Tebnit (Nabatiyé), puis sur Zebqine (Tyr), tandis que son artillerie bombardait Yohmor el-Chakif et Arnoun (Nabatiyé). Plusieurs tirs d’artillerie ont également visé Markaba (caza de Marjeyoun), ainsi que les environs de Kfarchouba (Hasbaya), de Zawtar el-Charqiyé, de Khiam et Mayfadoun (Marjeyoun).
Au cours de la journée, l’aviation israélienne a frappé à au moins deux reprises les abords de Taybé (Marjeyoun). Une autre frappe a visé la zone située entre Bani Hayyan et Rab el-Thalathine (Marjeyoun), ainsi que Kantara, tandis que deux raids supplémentaires ont touché Nabatiyé. Par ailleurs, des salves de roquettes ont été observées, tirées depuis le Liban en direction d’Israël.
Selon les secouristes, des frappes nocturnes sur la localité de Bafliyé ont fait au moins deux morts et un blessé, tandis que des opérations de recherche se poursuivent sous les décombres pour retrouver d’éventuelles victimes supplémentaires. Au total, plus d’un millier de personnes ont été tuées par les frappes israéliennes au Liban, selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.
Les secouristes du Comité islamique de secours du Hezbollah ont extrait le corps d’un martyr sous les décombres d’une précédente frappe à Beit Lif (caza de Tyr), dans une zone rendue difficile d’accès après les bombardements.
Le Hezbollah a publié, au cours de la journée de vendredi, plus d’une vingtaine de communiqués revendiquant des attaques contre des cibles militaires israéliennes, en territoire libanais ou dans des localités du nord d’Israël.
La formation pro-iranienne affirme avoir lancé des salves de roquettes contre plusieurs localités israéliennes, dont Yiftah, Kiryat Shmona, Shomera, Ramot Naftali, Netua et Hanita. Elle dit justifier ces frappes par la publication de messages d’avertissement, similaires à ceux émis par l’armée israélienne, visant des localités situées dans un rayon de cinq kilomètres au sud de la Ligne bleue. Elle a également revendiqué d’autres tirs de roquettes contre Yiron, Shlomi, Avivim, ainsi que contre les casernes de Zarit et de Kfar Giladi.
Le Hezbollah a en outre fait état de trois attaques de drones visant des positions militaires israéliennes, identifiées comme « les casernes de Yara, de Branit et de Metat ». Il affirme également avoir pris pour cible un « rassemblement de soldats israéliens » dans le village de Khiam (caza de Marjeyoun) « avec une salve de roquettes », indiquant que des combats se poursuivent autour de cette localité du secteur est du Liban-Sud, en marge de l’offensive terrestre israélienne lancée il y a plus de deux semaines.
Par ailleurs, la formation chiite dit avoir visé des « rassemblements de soldats israéliens » dans le village de Taybé (caza de Marjeyoun), à l’aide d’obus d’artillerie, ainsi que dans la « forêt de Aïtaroun » (Bint Jbeil). Elle affirme également avoir ciblé une position militaire établie par les troupes israéliennes en territoire libanais à Jabal el-Bat, près de Aïtaroun.
Enfin, le Hezbollah indique avoir visé un char Merkava à l’aide d’un missile guidé dans la zone de Biyad el-Faqani, à Taybé, affirmant avoir « atteint directement sa cible ».
Au cours de la nuit, le Hezbollah a alterné opérations et tirs de roquettes contre des forces israéliennes dans plusieurs secteurs de la zone frontalière. Il a indiqué avoir pris pour cible, à l’aide d’obus d’artillerie, des « rassemblements de soldats » israéliens dans les secteurs du village de Taybé (caza de Marjeyoun), de la colline de Mhaysbat, de la colline al-Khazzan à Adaïssé, ainsi que dans la localité de Jdeidet Meis el-Jabal. Il a également affirmé avoir atteint à deux reprises des « rassemblements de véhicules militaires » autour de Taybé, ainsi qu’un rassemblement combiné de soldats et de véhicules à Maroun el-Ras (Bint Jbeil).
Le Hezbollah a par ailleurs déclaré avoir mené, au cours des deux jours précédents, des attaques à l’explosif contre un bulldozer militaire israélien de type D9 dans le même secteur de Taybé, ainsi que contre un rassemblement de soldats dans le quartier al-Zouqaq à Aïtaroun (Bint Jbeil), affirmant avoir « causé des pertes directes » dans les rangs israéliens.
De son côté, l’armée israélienne a mené, dans la nuit de jeudi à vendredi, de multiples frappes aériennes et tirs d’artillerie contre plusieurs localités du Liban-Sud. Son aviation a ainsi conduit une campagne intensive de bombardements visant pas moins de 39 localités, certaines touchées à plusieurs reprises, parfois plus de quatre fois.
Ces frappes ont notamment ciblé des habitations dans plusieurs villages, dont Deir Seriane (caza de Marjeyoun), Bafliyé (Tyr), ainsi que Kfar Sir et Sair el-Gharbiyé (Nabatiyé). D’autres raids ont visé des zones résidentielles et des infrastructures dans le caza de Nabatiyé, notamment le quartier el-Arid à Habbouche, le quartier al-Wadi à Abba, ainsi qu’un terrain de jeu à Kfar el-Joz, en plus d’une frappe entre Zaoutar el-Charqiyé et Zaoutar el-Gharbiyé.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe chef de l'État Joseph Aoun et plusieurs personnalités politiques et religieuses libanaises ont pris la parole vendredi pour présenter leurs voeux à l'occasion de la fête musulmane du Fitr alors que le pays est plongé à nouveau dans la guerre entre le Hezbollah et Israël depuis le 2 mars, dans le sillage du conflit plus large déclenché par l’État hébreu et les États-Unis contre l'Iran.
Dans un message adressé aux Libanais à l’occasion du Fitr qui marque la fin du mois de jeûne du ramadan, le président Aoun a présenté ses « vœux les plus chaleureux et sincères » et exprimé l'espoir que « cette fête soit au Liban et à son peuple source de bien, de sérénité et de stabilité ».
« Notre foi en la capacité des Libanais à tenir bon et leur attachement à leur unité nationale demeurent une source d’espoir et de confiance en un avenir meilleur. Faisons de cette occasion bénie une opportunité pour renouveler notre attachement aux valeurs de fraternité et de compassion, et renforcer l’esprit de solidarité qui a toujours distingué les Libanais dans les moments les plus sombres », a-t-il ajouté.
Joseph Aoun a également contacté le président du Koweït, l’émir Mishal Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah, pour lui présenter ses vœux et lui souhaiter « que Dieu le ramène au Koweït, ainsi qu’à sa direction et à son peuple, dans la prospérité, la félicité et les bénédictions ».
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, Ali el-Khatib, réputé proche du Hezbollah, a regretté que « le pouvoir libanais exécute un ordre d’opérations américain, en renonçant jour après jour aux intérêts du Liban au profit de l’ennemi », estimant que les initiatives avancées par les autorités « ne sont en réalité que l’application d’injonctions américaines ». Il a par ailleurs réaffirmé que « la résistance sous toutes ses formes est un droit légitime pour tout peuple afin de libérer son territoire occupé ». « Face à l’agression et à l’occupation, la résistance sous toutes ses formes est un droit légitime pour tout peuple et constitue le choix stratégique pour faire face à l’ennemi », a-t-il estimé.
Même son de cloche du côté du mufti jaafarite Ahmad Kabalan, également proche du parti-milice pro-iranien, qui a dénoncé « un État fragile, un pouvoir vide et une capacité paralysée », mettant en garde contre « des prises de position bruyantes qui entraînent le pays vers une discorde sans précédent ». Selon lui, « l’heure est à la responsabilité nationale, aucune cause n’est supérieure aux intérêts du Liban et il n’existe pas d’ennemi plus grand qu’Israël et le pouvoir corrompu ». Il a également accusé les puissances occidentales de mener des politiques visant à « piller le Moyen-Orient ou à le détruire ».
À l’inverse, le cheikh Akl druze Sami Abi el-Mona a appelé à la solidarité nationale, affirmant qu’« il n’y a pas de salut face à l’épreuve sans solidarité nationale et sans restaurer la confiance ébranlée ». Il a insisté sur le rôle central de l’État, estimant que « la victoire pour la patrie ne passe pas par le contournement de sa volonté », mais par « le soutien à l’armée et aux institutions ». Le dignitaire a ajouté être aux côtés de « l’État qui a entamé des premières étapes dans plusieurs domaines pour corriger une trajectoire qui aurait conduit à l'effondrement total si elle s'était poursuivie ».
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a de son côté accusé le Hezbollah d’avoir « transformé le mois du ramadan (...) en mois de déplacement et de souffrance, imposant aux Libanais une réalité difficile en contradiction avec les valeurs de ce mois sacré » après les tirs de roquettes du 2 mars. Il a exprimé l’espoir que « ce soit la dernière fois que nous soyons contraints de célébrer nos fêtes au milieu des guerres, du chaos et de la destruction », tout en estimant que cette fête doit marquer « le début effectif de l’édification d’un État qui détient le monopole des armes ».
Autre voix chrétienne, le chef du parti des Kataëb Samy Gemayel a appelé à « faire de cette fête une étape pour s’accrocher à la vie et sauver notre pays avant qu’il ne soit trop tard ». Pour cette occasion, « nous prions pour le Liban blessé et pour les milliers de familles qui paient le prix de guerres dans lesquelles elles n’ont ni décision ni intérêt », a-t-il déclaré, affirmant que « la solidarité aujourd’hui ne se mesure pas aux paroles, mais à une position claire : assez de faire du Liban un terrain pour les conflits des autres ». Il a plaidé pour « une seule autorité, un seul État et une seule arme » afin de « protéger l’avenir du pays ».
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