Les combats entre l'armée israélienne et les combattants du Hezbollah font rage à Bint Jbeil. Lundi après-midi, le porte-parole de l'armée israélienne a revendiqué la prise du stade de la ville, où l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait prononcé son discours de victoire après le retrait israélien du Liban-Sud en 2000. Israël est entré dans la ville après l'avoir encerclée. Si, contrairement aux guerres de 2006 et 2024, son armée parvient à s'emparer de cette localité, ce serait un coup important pour le Hezbollah.
L'invasion se poursuit en parallèle sur les deux autres axes de combat au Liban-Sud. Dans le secteur Est, Israël tente de se consolider à Khiam et les affrontements se poursuivent à Taybé. Dans le secteur Ouest, l'armée israélienne renforce ses positions sur le littoral. Le point sur l'invasion en carte, en date du 14 avril 2026 au matin.
Dans le caza de Tyr, l'armée israélienne contrôle Naqoura, Chamaa et Bayada et ne semble pas vouloir pousser plus loin. Les Israéliens renforcent leurs positions dans ce secteur, avec davantage de destructions de bâtiments signalées à Naqoura ces dernières 24 heures.
Ici, l'armée israélienne est entrée à Bint Jbeil, où des combats intenses l'opposent au Hezbollah, y compris au centre-ville. Considérée comme la « capitale du Hezbollah », cette ville est hautement symbolique. Les Israéliens ont revendiqué la prise du stade de la ville, où l'ancien chef de la milice, Hassan Nasrallah, a prononcé le « discours de la victoire » après le retrait israélien en 2000. Elle coupe également en deux la « ligne antichar », cette zone tampon de huit kilomètres de profondeur qu'Israël tente d'établir au Liban-Sud. Lundi, le Hezbollah a revendiqué de nombreuses attaques contre des positions israéliennes dans la ville.
C'est dans le caza de Marjeyoun que les Israéliens ont le plus avancé et qu'ils continuent à renforcer leur position. Ce secteur est stratégique, car le fleuve Litani se trouve à quelques kilomètres de la frontière dans cette zone. Les Israéliens semblent même avoir atteint le fleuve et avancé sur Deir Seriane, un village situé sur les hauteurs du fleuve, où l'armée israélienne poursuit ses démolitions. Toutefois, des informations obtenues auprès de sources sur le terrain indiquent que les Israéliens se seraient repositionnés, quittant cette localité pour se concentrer sur les affrontements en cours à Taybé.

Ils ont également revendiqué la prise de Khiam et continuent d'avancer aux alentours de la ville, forçant ainsi le Hezbollah à se battre sur deux fronts (celui-ci et celui de Bint Jbeil).
Si les Israéliens continuent leur avancée dans le secteur Est, ils pourraient pousser plus en profondeur vers le mont Rihane (caza de Jezzine) qui est limitrophe de la Békaa-Ouest et est resté lourdement bombardé, pendant la période de cessez-le-feu. Objectif : accéder depuis cette région au reste de la Békaa où se trouveraient les principaux dépôts d'armes du Hezbollah. Lundi, les Israéliens ont frappé la localité de Sohmor, dans ce caza.
Pour atteindre leur objectif sur ce front-là, les Israéliens pourraient progresser selon deux axes principaux dans le secteur Est : depuis Khiam et Marjeyoun vers Kawkaba et Dalafa, et depuis l’extrême est, de Kfarchouba vers Kfarhamam et Hebbariyé, jusqu’à Rachaya el-Foukhar et Ferdis, dans le caza de Hasbaya, afin d’atteindre des zones faisant face à des localités clés de la Békaa-Ouest comme Zellaya et Midoun. Ils pourraient compter dans cette bataille sur des positions qu'ils occupent du côté syrien de la frontière, dans le Mont-Hermon.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUne ONG israélienne a indiqué mardi avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) l'appelant à examiner d'éventuelles poursuites contre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez pour complicité de « crimes de guerre » via des exportations vers l'Iran.
Les relations entre Israël et l'Espagne sont au plus bas depuis la reconnaissance par Madrid d'un Etat palestinien en 2024, et les deux pays ont chacun rappelé leurs ambassadeurs respectifs.
Déposée par l'organisation de droite israélienne Shurat HaDin, qui milite pour les droits des familles juives de victimes d'attentats, la plainte accuse l'Espagne d'avoir fourni « des composants nécessaires au régime de Téhéran et à ses alliés à des fins militaires », ce qui, selon elle, constituerait une complicité de « crimes de guerre ».
Dans une requête soumise en vertu de l'article 15 du Statut de Rome, l'ONG affirme que l'Espagne a approuvé l'exportation d'environ 1,3 million d'euros, en 2024 et 2025, de composants dits à double usage, incluant des détonateurs et d'autres matériaux liés aux explosifs.
« Ces matériaux ne sont pas de simples produits industriels, mais des composants essentiels permettant le fonctionnement d'engins explosifs, et ils ont été transférés dans des circonstances où leur utilisation pour des attaques contre des civils était prévisible », a déclaré Shurat HaDin dans un communiqué.
Le 28 février, Israël et les Etats-Unis ont lancé des frappes contre l'Iran, qui a riposté en tirant des missiles balistiques et des drones vers plusieurs pays de la région. Depuis le 8 avril, une trêve est en vigueur entre Washington et Téhéran, dans le cadre de négociations qui, à ce stade, n'ont pas abouti.
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, l'un des critiques les plus virulents de la guerre menée par Israël à Gaza, s'est également opposé à la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran.
Madrid a fermé son espace aérien aux avions américains impliqués dans cette guerre et a jugé « inacceptable » qu'Israël poursuive ses bombardements et son incursion terrestre au Liban après la trêve.
Vendredi dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé l'Espagne d' « hostilité » envers son pays et a annoncé l'exclusion de Madrid du mécanisme de surveillance internationale de la trêve à Gaza.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kushner « sont constamment en pourparlers avec l'Iran et n'ont pas le temps pour l'Ukraine » qui s'inquiète de son approvisionnement en armes, a regretté le président ukrainien dans un entretien avec la télévision allemande mardi.
Avec la guerre en Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël, la question de la livraison américaine d'armes à Kiev est devenue « un gros problème », a déclaré Volodymyr Zelensky à la télévision publique ZDF, après une visite à Berlin.
« Si la guerre se prolonge, il y aura moins d’armes pour l’Ukraine. C’est critique, surtout en matière de défense antiaérienne », a-t-il expliqué.
A commencer par l'approvisionnement en missiles Patriot, très utilisés au Moyen-Orient et dont le manque en Ukraine « ne pourrait pas être pire » qu'actuellement, selon M. Zelensky.
Quant aux deux émissaires américains, des « gars pragmatiques » d'après lui, ils « s’efforcent d’obtenir davantage d’attention de la part de Poutine pour mettre fin à la guerre » qui dure depuis plus de quatre ans.
Or « si les Etats-Unis n’exercent pas de pressions sur Poutine (...) et ne mènent qu’un dialogue en douceur avec les Russes, alors ils n'auront plus peur ».
Volodymyr Zelensky a conclu mardi un partenariat stratégique avec le chancelier allemand Friedrich Merz fondé sur la coopération militaire, en particulier dans les drones.
Premier bailleur de fonds de Kiev depuis 2025, Berlin veut jouer un rôle central dans le jeu diplomatique, tandis que Donald Trump, par ailleurs concentré sur le Moyen-Orient, a imposé des négociations sans les Européens et semble vouloir céder des terres ukrainiennes à la Russie.
L'Allemagne va notamment financer la livraison à l'Ukraine de plusieurs centaines de missiles Patriot et de lanceurs destinés aux systèmes de défense antiaérienne IRIS-T.
M. Zelensky a aussi annoncé que les deux pays travaillaient à « un accord bilatéral sur les drones ».
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