Le ministre français de l'Economie Roland Lescure a jugé jeudi que le détroit d'Ormuz devait rouvrir « mais pas à n'importe quel prix », refusant l'hypothèse d'un péage, alors que les membres du G7 cherchent à limiter l'impact économique de la guerre au Moyen-Orient.
« Le nœud de ce conflit réside dans le détroit d'Ormuz », a mis en avant M. Lescure, en réponse à une question d'une journaliste de l'AFP, depuis Washington. « Nous avons besoin que celui-ci s'ouvre, mais pas à n'importe quel prix (...), je ne veux pas payer un dollar pour traverser le détroit », a assuré le ministre.
Cet étroit passage, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde, est verrouillé par l'Iran depuis le début du conflit, qui y a instauré de facto des droits de passage. Roland Lescure est à Washington dans le cadre des rencontres du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui rassemblent de nombreux responsables économiques et ministres. Il a notamment participé à une réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux du G7 mercredi, dont la France assure la présidence cette année.
Le groupe a appelé jeudi dans un communiqué à « limiter le coût pour l'économie mondiale » d'une « prolongation du conflit » au Moyen-Orient et à « avancer vers une paix durable » dans la région. « Nous devons veiller à bien cerner l'évolution des risques (économiques, ndlr) au cours des prochaines semaines », a prévenu Roland Lescure.
La flambée des prix de l'énergie fait craindre une accélération de l'inflation, et devrait peser sur la croissance économique de nombreux pays. « Si nous devons agir comme nous l'avons fait il y a quelques semaines en libérant des stocks » stratégiques de pétrole dans le cadre d'une initiative conjointe des membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), « nous le ferons », a assuré M. Lescure.
Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer coprésideront vendredi une visioconférence de chefs d'Etat afin de réfléchir à « une mission multilatérale et purement défensive » à Ormuz, selon l'Elysée.
« Le ressenti général » lors de la réunion des ministres des Finances du G7 « était celui d'une situation grave », a mis en avant Roland Lescure. « Nous nous réjouissons de voir que les négociations semblent se poursuivre, et j'espère qu'elles aboutiront à un résultat », a-t-il ajouté.
Les tractations se poursuivent, sous l'égide du Pakistan, pour organiser une deuxième session de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran et mettre durablement fin à la guerre, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier. Un cessez-le-feu de dix jours est aussi entré en vigueur à 21H00 GMT jeudi entre le Liban et Israël.
S'exprimant aux côtés du ministre, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a assuré que les institutions monétaires « agiront sans hésitation si et quand c'est nécessaire, mais aussi sans précipitation » face aux turbulences économiques. « Les banques centrales l'ont dit, nous avons besoin d'accumuler des données suffisantes » avant tout changement de politique monétaire, a-t-il toutefois prévenu.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDonald Trump a déclaré jeudi espérer que le mouvement islamiste libanais Hezbollah se comporterait « bien » pendant le cessez-le-feu avec Israël, entré en vigueur à minuit heure locale vendredi.
« J'espère que le Hezbollah se comportera bien pendant cette importante période. Ce sera un GRAND moment pour eux s'ils font cela. Assez de tueries. Nous devons enfin avoir la PAIX », a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Le Premier ministre australien Anthony Albanese a assuré vendredi que les Etats-Unis n’avaient formulé « aucune nouvelle demande » d'aide dans la guerre au Moyen-Orient, après que Donald Trump a déclaré jeudi qu’il n’était « pas satisfait de l’Australie ». Le président américain a critiqué ce proche allié en matière de sécurité à plusieurs reprises, lui reprochant de ne pas avoir apporté son aide dans la guerre.
Toutefois « il n’y a pas du tout eu de nouvelle demande » après la dernière saillie de M. Trump jeudi, a affirmé M. Albanese à la presse vendredi. À l'inverse, M. Albanese a assuré que le dirigeant américain avait clairement indiqué avoir « la situation en main ».
L'Australie participe vendredi avec une trentaine d'autres acteurs à une réunion en ligne pour la sécurisation du détroit d'Ormuz organisée par le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer.
Sollicitée le mois dernier par Washington pour apporter son aide à la défense des Etats du Golfe, l'Australie avait envoyé un avion de surveillance E7 Wedgetail et des missiles pour la défense des Emirats arabes unis, selon des responsables australiens.
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