Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a annoncé samedi le lancement d'une initiative franco-allemande en faveur du Liban, destinée à accroître « les chances de paix au Proche et au Moyen-Orient », alors que le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) arrive à échéance en décembre. Principaux contributeurs à la mission, Paris et Rome entendent d'ores et déjà préparer le relais post-Finul.
« Avec la France, nous souhaitons définir une politique commune pour le Liban, afin d'augmenter les chances de paix au Proche et au Moyen-Orient », a déclaré M. Wadephul au quotidien allemand Tagesspiegel, à quelques jours du Conseil des ministres franco-allemand.
Cette annonce s'inscrit dans une série d'initiatives européennes en vue du départ des Casques bleus, alors que les contours de l'après-Finul restent incertains. Aucun accord n'a encore été trouvé sur le cadre institutionnel d'un éventuel mécanisme de remplacement, tandis que l'armée israélienne occupe plus de 600 kilomètres carrés au Liban-Sud et détruit systématiquement les villages dans la zone sous son contrôle.
Le 23 juin, le président français Emmanuel Macron avait indiqué à son homologue libanais Joseph Aoun avoir engagé des consultations avec plusieurs pays afin d'évaluer « les possibilités de déployer une force internationale » au Liban-Sud. Quelques jours plus tard, la France et l'Italie ont annoncé leur volonté de constituer une « coalition multinationale » pour préparer l'après-Finul. Emmanuel Macron a expliqué vouloir mettre en place, en coordination avec les Nations unies et l'Union européenne, un dispositif destiné à « renforcer la souveraineté du Liban, soutenir ses forces armées et empêcher que son territoire ne devienne le point d'appui d'une escalade régionale ». La Première ministre italienne Giorgia Meloni a, de son côté, estimé qu'il était nécessaire de garantir une présence internationale pour éviter « un vide sécuritaire extrêmement dangereux » et a évoqué la tenue prochaine d'une conférence internationale associant des partenaires européens et du Moyen-Orient. L'initiative bénéficie déjà du soutien de plusieurs États membres de l'Union européenne, dont l'Espagne.
Le mandat de la force onusienne prend fin en décembre et elle ne sera pas renouvelée en tant que telle. Rome et Paris sont d'importants contributeurs à cette mission et veulent donc préparer le relais. La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Ils sont déployés dans le sud du Liban, le long de la Ligne bleue qui s'étend sur 120 kilomètres, traçant une frontière de facto entre le Liban et Israël.
La Turquie également entend proposer toutes les formes de soutien possibles au Liban : assistance militaire et politique, appui à l’armée libanaise, voire participation à un éventuel déploiement d’une force de l’OTAN dans le sud du Liban en remplacement de la Finul, avec un contingent turc important.