L'armée israélienne a continué de s'acharner dimanche sur la région de Nabatiyé, y multipliant les frappes et sommant d'évacuer de nouveau un secteur de la ville, où elle a attaqué le quartier dit du « Maslakh » (abattoir). Elle a par ailleurs de nouveau ciblé des secouristes du Comité sanitaire islamique (affilié au Hezbollah) tuant l'un d'eux et blessant deux autres, dans un double raid sur Arabsalim (caza de Nabatiyé), pilonné un peu plus tôt, selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah.
Plus largement, les Israéliens ont diffusé un ordre d'évacuation en début d'après-midi à l'adresse de sept villages du caza, et de trois autres dans la Békaa-Ouest (Qlaya, Sohmor et Machghara), dont certains avaient déjà été bombardés plus tôt dans la journée sans avertissement.
Frappes ciblées de drone meurtrières
L'armée israélienne a aussi effectué des frappes meurtrières de drones, tuant dans le caza de Nabatiyé une personne sur un scooter à Toul, une à moto à Jebchit, ainsi que deux autres sur un deux-roues à Tebnine (caza de Bint Jbeil). Dès tôt le matin, un missile tiré depuis un drone sur la route principale reliant Zahrani à Nabatiyé avait fait un mort et un blessé.
À Arabsalim, outre la frappe sur les secouristes du Comité sanitaire islamique, une personne a été tuée dans le village le matin, sans que son identité ne soit connue dans l'immédiat. Une autre frappe s'est abattue sur la localité dans l'après-midi près d’un centre des scouts al-Rissala (affiliés au mouvement chiite Amal), sans faire de blessés. Les forces israéliennes ont également bombardé la localité de Bazouriyé (caza de Tyr), tuant au moins une personne et blessant une autre.
Dans l'après-midi, la localité de Labbaya dans la Békaa-Ouest, qui ne figurait pas pourtant dans l’ordre d’évacuation israélien, a subi deux attaques.
Un centre de la Défense civile détruit à Nabatiyé
Dès la nuit de samedi à dimanche, des raids aériens israéliens en série avaient pilonné la région de Nabatiyé. Jeudi déjà, plusieurs raids avaient touché le centre de la Défense civile à Nabatiyé, détruisant totalement le bâtiment et plusieurs ambulances. Le centre avait été préalablement évacué, et la frappe n'a pas fait de victimes. La direction générale de la Défense civile a condamné ce raid contre « un centre dédié aux opérations humanitaires et de secours » et affirmé qu'elle poursuivra sa mission malgré les risques.
D'autres attaques ont été signalées la nuit dans la région de Nabatiyé par les sources de notre correspondant et notamment sur le « quartier des religieuses » (rahbate) ainsi qu'une carrière de pierres à l'entrée de la ville, Kfartebnit, Toul, Habbouche, la périphérie de Kfarremmane, Arabsalim et Nabatiyé el-Faouqa. La zone économique de Marj Harouf avait été touchée par trois frappes aériennes et des tirs d’artillerie qui ont détruit plusieurs commerces et entreprises et provoqué de vastes incendies.
Dans le caza de Tyr, Majdel Zoun et Mansouri ont été bombardés ainsi que Toura. Dans ce village, une mère et son fils ont été blessés et la fille de la famille reste portée disparue. Et à Srifa, un raid aérien a tué deux personnes. L'armée a en outre effectué pendant la nuit un nouveau dynamitage à Khiam, dans le secteur est. Le bilan de la frappe israélienne de samedi sur Sir el-Gharbiyé s'est en outre encore alourdi, à neuf morts, dont six femmes et un enfant, six blessés et deux disparus.
De son côté, le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques, dont cinq menées contre les soldats d'occupation aux abords de Deir Seriane (caza de Marjeyoun), localité située sur la rive sud du fleuve Litani et en grande partie détruite par l’État hébreu. C'est à son niveau que l’armée israélienne avait affirmé avoir traversé le fleuve plus tôt en ce mois de mai vers le caza de Nabatiyé, avant de s’en retirer.
Le cessez-le-feu conclu mi-avril à Washington et ensuite prolongé à deux reprises n'a pas mis fin aux bombardements israéliens sur le Liban-Sud et la Békaa, ni aux attaques du Hezbollah sur des forces israéliennes occupant le territoire libanais ou dans le nord d'Israël. Depuis le 2 mars, les attaques israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.000 morts.