Donald Trump a menacé vendredi de droits de douane les pays qui ne soutiendraient pas son plan pour acquérir le Groenland, au moment où plusieurs pays européens ont annoncé y envoyer des militaires en soutien au Danemark.
« Je vais peut-être imposer des droits de douane sur des pays s'ils ne jouent pas le jeu sur le Groenland, parce qu'on a besoin du Groenland pour la sécurité nationale », a déclaré le président américain lors d'une table ronde à la Maison Blanche, répétant son intention d'acquérir ce territoire de l'Arctique, malgré la fin de non-recevoir du Danemark, pays allié des Etats-Unis en tant que membre de l'Otan. Il a comparé la possibilité de droits de douane autour de la question du Groenland à ses menaces lancées l'an dernier contre la France et l'Allemagne sur la question des prix des produits pharmaceutiques. Ses déclarations interviennent après l'annonce d'un renfort de la présence militaire danoise au Groenland et de l'envoi d'une mission militaire européenne de reconnaissance.
Depuis son retour au pouvoir, il y a un an, Donald Trump évoque régulièrement la prise de contrôle de l'immense île arctique rattachée au Danemark, stratégique, mais peu peuplée. Il a assuré qu'il s'en emparerait « d'une manière ou d'une autre », avançant qu'une telle acquisition était nécessaire pour la sécurité nationale des Etats-Unis et pour contrer selon lui les avancées russes et chinoises en Arctique.
La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait estimé début janvier qu'une attaque américaine sur le Groenland serait « la fin de tout » et en particulier de l'Otan. En parallèle des déclarations de Donald Trump vendredi, une délégation d'élus démocrates et républicains au Congrès américain était à Copenhague pour une visite de soutien au Danemark et au Groenland, assurant que les ambitions du locataire de la Maison Blanche sur le territoire arctique ne représentaient pas l'opinion de la majorité aux Etats-Unis.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsPlusieurs pays ont appelé vendredi à une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme de l'ONU au sujet des « violences alarmantes » dans la répression des manifestations contre le pouvoir en Iran, qui a fait des milliers de morts.
Dans une lettre adressée au président du Conseil, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Islande, la Moldavie et la Macédoine du Nord ont demandé que le principal organe des Nations unies chargé des droits humains « tienne une session spéciale pour traiter de la dégradation de la situation des droits humains en République islamique d'Iran ». « Une session spéciale est nécessaire en raison de l'importance et de l'urgence de la situation », selon la lettre dont l'AFP a lu une copie. La lettre met en évidence « des rapports crédibles faisant état de violences alarmantes, de répressions contre des manifestants, de violations du droit international et des droits de l'homme dans tout le pays ».
La requête présentée, qui devra obtenir le soutien d'au moins un tiers des 47 membres du Conseil pour être validée, a été faite alors que l'Iran est secoué par des manifestations parmi les plus vastes de son histoire, et par une répression qui, selon des observateurs, a fait des milliers de morts. Les manifestations semblent se poursuivre vendredi en dépit de la dure répression par la République islamique et une coupure d'internet qui isole le pays du monde.
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni jeudi à New York pour discuter de la situation en Iran. Il existe déjà un large soutien parmi les membres du Conseil des droits pour la demande de session spéciale, a confié à l'AFP une source proche du dossier. Les pays membres ont jusqu'à lundi pour soutenir la session demandée.
L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, fait désormais état d'au moins 3.428 personnes tuées, des cas vérifiés par elle-même ou via des sources indépendantes. D'autres évaluations font état de plus de 5.000 morts, voire 20.000, selon IHR, la coupure d'internet rendant difficile le travail de vérification pour les ONG et les médias. La chaîne d'opposition Iran International, opérant depuis l'étranger, affirme pour sa part qu'au moins 12.000 personnes ont été tuées, citant de hautes sources gouvernementales et sécuritaires.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a accusé vendredi l’armée israélienne d’avoir tiré une trentaine de balles sur une de ses positions près de Kfarchouba (Hasbaya), et dénoncé le largage jeudi par l’armée israélienne d’une grenade à « environ 30 mètres des Casques bleus » dans la localité de Adaïssé (caza de Marjeyoun). Aucun blessé n’est à déplorer dans les deux incidents, précise la force onusienne.
« Un char Merkava de l’armée israélienne, positionné au sud de la Ligne bleue, a tiré une trentaine de balles de petit calibre en direction d’une position de la Finul près de Kfarchouba », a précisé la force onusienne dans un communiqué. « Les tirs ont atteint un poste de sentinelle, et l’un des projectiles a pénétré dans l’un des logements du poste, probablement après un ricochet. Par chance, l’occupant n’était pas présent au moment de l’impact et aucun blessé n’est à déplorer », poursuit le texte. La Finul a indiqué avoir demandé à l’armée israélienne de cesser ses tirs par le biais du comité de supervision du cessez-le-feu.
Dans un communiqué distinct publié plus tôt dans la journée, la Finul a écrit que « toute action exposant les Casques bleus à un risque constitue une violation grave de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et compromet la stabilité que nous nous efforçons tous de préserver ». Au moment de l’incident ayant eu lieu à Adaïssé, la Finul se préparait à inspecter une habitation après avoir découvert dans un bâtiment voisin un « engin explosif relié à un cordon ». La démarche faisait suite à l’avertissement par des habitants de « l’existence d’un danger potentiel dans une maison. » Selon nos informations, une unité de l’armée israélienne s’était infiltrée jeudi à l’aube pour faire exploser des habitations dans la localité. Les recherches de la Finul étaient menées conjointement avec l'armée libanaise.
La Finul avait signalé à plusieurs reprises ces derniers mois des tirs israéliens à proximité de son personnel ou dans sa direction. « Des incidents de ce type se produisent à une fréquence excessive et constituent une tendance préoccupante », avait-t-elle dénoncé le 2 janvier. Quelque 10 800 Casques bleus font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978. Ils opèrent au Liban-Sud en coopération avec l'armée libanaise dans le cadre d'un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah. Israël aurait dû retirer ses forces dans la région, mais il les a maintenues dans cinq secteurs qu'il juge stratégiques et mène régulièrement des frappes dans le pays, affirmant viser des sites et des affiliés au Hezbollah, qu'il accuse de se réarmer. Le mandat de la Finul prend fin au terme de 2026, et ses troupes doivent avoir évacué complètement du Liban-Sud d’ici à la fin de 2027.
Il convient de signaler par ailleurs que l'armée israélienne a effectué entre jeudi soir et vendredi matin deux frappes de drone sur des véhicules au Liban-Sud, dont l'une s'est avérée mortelle, rapporte notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah.
A 23h jeudi, un drone a tiré deux missiles sur une voiture qui circulait entre Zaoutar al-Charkiyé et Mayfadoun, dans le caza de Nabatiyé. Le véhicule a pris feu et le conducteur a été tué sur le coup. Le Hezbollah a annoncé qu'il s’agissait de Walid Alliq, un de ses combattants originaire de Zaoutar al-Gharbiyé. Vendredi matin, une frappe similaire a pris pour cible une camionnette à Mansouri, dans le caza de Tyr. Le véhicule qui servait à la collecte de ferraille n'a pas été directement touché, mais des éclats l'ont atteint blessant légèrement son conducteur qui a été aussitôt hospitalisé.
Le président Aoun s'est par ailleurs entretenu vendredi au palais Baabda avec le négociateur civil libanais au sein du «mécanisme», l'ancien ambassadeur Simon Karam, avant la prochaine réunion du comité de supervision du cessez-le-feu, rapporte la présidence libanaise sur X. Cette réunion est prévue samedi, bien que des informations aient fait état d'un possible report, au regard de la tension régionale, induite par une éventuelle frappe américaine en Iran. La rencontre entre MM. Aoun et Karam est devenue routinière avant les rencontres du « mécanisme », qui incluent des représentants civils depuis début décembre, à l'exception de la réunion du 7 janvier.
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