Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, doit effectuer une tournée au Liban-Sud samedi et dimanche, avec des étapes prévues dans de grandes villes comme Tyr et Nabatiyé, ainsi que dans plusieurs localités frontalières, durement touchées par les bombardements israéliens. Si le Hezbollah et sa base sont toujours prompts à critiquer l'inaction de l'exécutif vis-à-vis du Sud, que ce soit pour le défendre des attaques israéliennes continues ou lancer la reconstruction, le vice-président du Conseil supérieur chiite, Ali el-Khatib s'est félicité de cette tournée, tout en dénonçant des « mesures insuffisantes » du gouvernement.
Selon des informations confirmées par le Grand Sérail, le président du Conseil entamera sa visite dans le caza de Tyr. D'abord dans la ville même de Tyr, où il tiendra une réunion à la municipalité avec les députés de la région et les présidents de municipalités, avant de se rendre au quartier général du commandement de la 5e brigade de l’armée libanaise, dans la zone de Bayada. Lors de leur invasion terrestre dans le Sud, les Israéliens étaient arrivés jusqu'à la limite de cette région fin 2024.
M. Salam se rendra ensuite dans la localité frontalière de Tayr Harfa, avant de rejoindre Yaroun (caza de Bint Jbeil) pour rencontrer les présidents des municipalités de Dhaïra, Zalloutiyé, Boustane et Marwahine, dans le bâtiment endommagé de l’école al-Makassed. Prochaine étape, la ville de Bint Jbeil, où il tiendra une réunion au siège de l’Union des municipalités, avant de poursuivre sa tournée à Aïtaroun, puis dans les villages majoritairement chrétiens de Aïn Ebel et Rmeich.
Dimanche, le Premier ministre devrait rencontrer le président de la municipalité de Kfar Kila (caza de Marjeyoun) à l'extérieur de ce village dévasté par les attaques israéliennes, au niveau du carrefour de Tell el-Nahhas. Il se rendra ensuite à la caserne de Marjeyoun, puis au bâtiment du Sérail pour rencontrer les présidents des municipalités de la région avant de visiter Kfarchouba afin de s’entretenir avec les présidents des municipalités de l’Arqoub au siège de l’Union des municipalités à Hebbariyé, village du caza de Hasbaya au Liban-Sud. M. Salam se rendra également au siège de l’Union des municipalités du Hasbani, dans le caza. Il achèvera sa tournée à Nabatiyé.
Ali el-Khatib, réputé proche du parti chiite pro-iranien, a salué dans son prêche du vendredi l'organisation de cette tournée, à l'heure où la reconstruction des zones détruites par la guerre de l'automne 2024 entre le Hezbollah et Israël n'a pas encore commencé, et que les frappes israéliennes sont quotidiennes au Liban-Sud. Le chantier de la reconstruction, qui s'élève à plusieurs milliards de dollars, nécessite des fonds internationaux, conditionnés au désarmement effectif du Hezbollah, qui refuse de remettre ses armes au nord du fleuve Litani.
« Nous saluons la visite prévue du Premier ministre dans le Sud demain et après-demain, compte tenu de son importance politique et nationale, en particulier à ce stade sensible où le Sud et la Békaa sont soumis à des attaques israéliennes répétées, à des violations quotidiennes de souveraineté et à une menace directe pour la sécurité et les moyens de subsistance des citoyens », a déclaré Ali el-Khatib. « Toutefois, se féliciter de cette visite n’empêche pas de soulever des questions fondamentales, ni ne nous dispense d’adresser une critique constructive à l’action du gouvernement, dont les mesures restent insuffisantes face aux défis à relever et aux promesses formulées dans sa déclaration ministérielle », a ajouté le cheikh chiite. Il a appelé le gouvernement à « passer des déclarations verbales à des mesures concrètes et à une pression accrue sur la scène internationale et onusienne », afin de contraindre Israël au cessez-le-feu, et se retirer des cinq points qu'il occupe encore au sein du territoire libanais.
Suite aux informations de la tournée de M. Salam, les habitants de la localité frontalière de Ramiyé (caza de Bint Jbeil) ont regretté que leur village ne figure pas sur l'itinéraire. « Face à la poursuite des agressions israéliennes contre leurs terres et leurs droits souverains », les habitants ont dénoncé dans un communiqué vendredi « l’absence de visite (...) afin de constater sur le terrain les souffrances de ses habitants. » Ils ont dans ce cadre fustigé un « manquement manifeste aux responsabilités nationales » et une « négligence » à leur encontre.
Il s'agit de la troisième tournée officielle de M. Salam, en tant que chef de gouvernement, dans cette partie du pays, soumise quotidiennement aux frappes israéliennes. Suite à sa visite fin février 2025, il s'y était rendu en octobre de la même année, après que le chef du Législatif et du mouvement chiite Amal, Nabih Berry, avait accusé le gouvernement de se désintéresser complètement des habitants du Liban-Sud. M. Salam fait en outre l'objet de critiques acerbes de la part du Hezbollah, qui refuse de rendre son arsenal à l'État, alors que le gouvernement a fait du monopole des armes un de ses principaux chevaux de bataille.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsÀ un mois de la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, prévue le 5 mars à Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a entamé vendredi une série d’entretiens avec des responsables politiques à Beyrouth, troisième et dernière étape d'une tournée régionale.
Reçu en début d’après-midi à Aïn el-Tiné par le président de la Chambre, Nabih Berry, le chef de la diplomatie française a évoqué l’évolution de la situation au Liban et dans la région, les relations entre Beyrouth et Paris, ainsi que les préparatifs de la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure (FSI) dans la capitale française. La discussion a également tourné autour des préparatifs de cette conférence entre M. Barrot et le Premier ministre Nawaf Salam. Cette conférence a été annoncée à la mi-janvier par la présidence libanaise, à l'issue d'une réunion à Baabda avec des ambassadeurs et émissaires du Quintette (France, Arabie saoudite, Egypte, Qatar, États-Unis), dont l'envoyé français Jean-Yves Le Drian et le conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, Yazid ben Farhane. Elle doit être inaugurée par le président français Emmanuel Macron.
Jean-Noël Barrot devrait s'entretenir dans la journée avec le chef de l'État, Joseph Aoun, son homologue libanais, Joe Raggi, ainsi que le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, qui rentre d'une visite de trois jours à Washington.
Dans la matinée, le président Aoun et l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, avaient également discuté des préparatifs de la conférence, à laquelle Washington prendra part. Elle sera précédée d’une réunion préparatoire destinée à coordonner les positions, d’autant que la participation du président Aoun aux côtés du président français Emmanuel Macron confère à l’événement une importance particulière, rapporte la présidence libanaise. Le dossier a également été abordé lors de la rencontre entre M. Aoun et l’ambassadeur d’Égypte au Liban, Alaa Moussa. À l’issue de l’entretien, M. Moussa a souligné « l’engagement de l’Égypte à œuvrer au succès de cette conférence et à en dégager des résultats allant dans le sens du soutien à l’armée, et partant, au soutien de l’État libanais et de ses institutions, en particulier sécuritaires ». L'ambassadeur égyptien a également indiqué avoir « assuré le président Aoun que les pays du Quintette sont engagés dans la réussite de cet événement et œuvrent en ce sens. Nous espérons que la période à venir démontrera que cette conférence débouchera sur des résultats positifs ».
Même son de cloche lors d'une réunion entre M. Aoun et le député allemand Jens Spahn, devant lequel le chef de l'État a espéré la présence de l'Allemagne à la conférence de Paris. Dans ce cadre, il a insisté sur l'importance d'un « soutien urgent à l'armée en matière d'équipements », relevant que depuis le déploiement de la troupe au Liban-Sud, « aucun tir n’a été enregistré depuis le territoire libanais » en direction d'Israël. Malgré cela « Israël détruit délibérément des habitations dans les villages frontaliers et pulvérise des pesticides toxiques » sur les champs du Sud, a-t-il dénoncé.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUne nouvelle flottille transportant de l'aide humanitaire et des militants pro-palestiniens, semblable à celle de l'automne dernier, partira fin mars de plusieurs pays européens et du Maghreb pour tenter d'atteindre Gaza, a indiqué vendredi l'un de ses membres à l'AFP.
La flottille Global Sumud a décrit sa nouvelle opération comme « la plus grande intervention humanitaire coordonnée de l'histoire en faveur de la Palestine », avec la mobilisation prévue de « milliers » de personnes « provenant de plus de 100 pays », selon un communiqué. « Nous embarquerons à partir de Barcelone (Espagne), de Tunis, de l'Italie et de nombreux autres ports que nous n'avons pas encore rendus publics », a indiqué à l'AFP l'activiste brésilien Thiago Avila.
Un convoi terrestre tentera aussi de gagner Gaza au départ d'un lieu non précisé, selon la Global Flotilla Sumud, qui mise sur la participation de « plus de 1.000 » médecins, infirmiers, opérateurs sanitaires, enseignants, ingénieurs ainsi que des « enquêteurs spécialisés dans les crimes de guerre et l'écocide ». Les militants de la Flottille Global Sumud avaient tenté de briser le blocus imposé par Israël et d'atteindre le territoire palestinien en octobre dernier, avant d'être arrêtés et expulsés après l'interception de leurs embarcations par Israël.
Global Sumud décrit son action comme « une réponse non violente au génocide, au siège, à la famine de masse et à la destruction de la vie civile à Gaza ». La précédente flotille comprenait environ 45 bateaux avec à leur bord des personnalités politiques et des militants comme la Suédoise Greta Thunberg.
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