Le flou persistait mardi sur les intentions de Donald Trump, qui a envoyé une flotte militaire au large de l'Iran, laissant planer la menace d'une intervention face à la poursuite de la répression, tout en affirmant que Téhéran est prêt au dialogue.
Les arrestations continuent à travers la République islamique malgré l'arrêt des manifestations ayant défié le pouvoir au début du mois, avec au moins 41.880 personnes arrêtées d'après les derniers chiffres de l'ONG basée aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA).
Cette ONG, et d'autres de défense des droits humains, continuent leur travail de documentation de la répression, compliqué par la coupure générale d'internet imposée depuis le 8 janvier.
HRANA a annoncé mardi avoir désormais vérifié la mort de 6.126 personnes, dont 5.777 manifestants, mais enquête toujours sur quelque 17.000 autres décès potentiels. Et accuse à nouveau les autorités d'aller chercher les blessés jusqu'à l'intérieur des hôpitaux pour les placer en détention, malgré les dénégations du ministère de la Santé iranien.
Le président américain continue lui à souffler le chaud et le froid: lundi, le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé dans le Golfe.
Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis avaient « une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela », dans une allusion aux opérations américaines ayant conduit à la capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.
Mais il a ensuite ajouté, dans cet entretien avec le média américain Axios: « Ils veulent passer un accord. Je le sais. Ils ont appelé à de nombreuses reprises. Ils veulent parler ».
Axios précise que Donald Trump n'a pas voulu détailler les options envisagées ni dire laquelle avait sa préférence.
Les analystes estiment que ces options incluent des bombardements de sites militaires, ou des frappes ciblées contre des dirigeants clés, dans le but de faire tomber le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989, et la République islamique en place depuis 1979 dans son ensemble.
Selon le New York Times, les services de renseignement américains ont assuré à plusieurs reprises à Donald Trump que le pouvoir iranien « s'affaiblissait », voire était « au plus faible » depuis la chute du chah en 1979.
Le sénateur américain Lindsey Graham a dit au journal avoir parlé au président ces derniers jours: « L'objectif est de mettre fin au régime », a-t-il assuré.
Côté iranien, où la diplomatie a déjà laissé entendre qu'un canal de communication était ouvert avec les Etats-Unis, le ton était plutôt modéré ces derniers jours.
Mais mardi, le porte-parole des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, a soutenu selon le journal conservateur Hamshahri que « si leur porte-avions commettait une erreur et entrait dans les eaux territoriales iraniennes, il serait pris pour cible ».
Le journal Javan, conservateur également, a lui affirmé que l'Iran était prêt pour une « riposte majeure » et pourrait prendre le contrôle du très stratégique détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Dans les rues de Téhéran, un grand panneau a été installé, semblant montrer un porte-avions américain détruit.
Et la télévision d'Etat continue à diffuser des interrogatoires de manifestants, dans des « aveux » mis en scène pour mater l'opposition, selon les groupe de défense des droits humains.
La semaine dernière, les autorités iraniennes ont donné leur premier bilan total, de 3.117 morts, dont 2.427 sont selon elles des membres des forces de sécurité ou des passants.
La chaîne d'opposition Iran International, basée à l'étranger, a recensé pour sa part plus de 36.500 personnes tuées, citant notamment des documents classifiés et des sources sécuritaires.
Une autre ONG, Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a évoqué un chiffre de 3.428 manifestants tués, mais dit craindre un bilan total dépassant les 25.000 morts.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'Unicef a annoncé mardi avoir donné une nouvelle impulsion à son programme d'urgence pour le retour à l'école des enfants de la bande de Gaza, visant désormais près de la moitié des jeunes du territoire palestinien en âge d'être scolarisés.
« L'Unicef intensifie ses efforts d'apprentissage à Gaza, dans le cadre de l'un des plus vastes programmes d'urgence jamais déployés au monde. Notre programme de retour à l'école va bénéficier à 336.000 enfants », a annoncé le porte-parole de l'Unicef, James Elder, devant des journalistes à Genève. Selon les estimations du ministère de l'Education, Gaza compte plus de 758.000 enfants en âge d'être scolarisés.
« Près de deux ans et demi d'attaques contre les écoles de Gaza ont mis en péril toute une génération. Actuellement, 60% des enfants en âge d'être scolarisés n'ont pas accès à un enseignement en présentiel (...) et plus de 90% des écoles ont été endommagées » pendant le conflit, a-t-il ajouté.
Parmi les enfants âgés de 5 à 18 ans, environ la moitié étaient ou sont pris en charge dans les écoles ou via les cours en ligne de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unwra). L'Unicef se concentre sur les autres et est déjà parvenue à scolariser 135.000 élèves depuis l'entrée en vigueur du cessez-le feu le 10 octobre dernier, a indiqué M. Elder.
Ces élèves vont être scolarisés dans divers types d'installations comme des tentes ou des bâtiments endommagés qui ne présentent pas de danger, où les cours sont dispensés par des bénévoles et des enseignants déjà en poste.
Ces centres d'apprentissage équipés de toilettes et points d'eau « offrent des espaces sûrs dans un territoire souvent inaccessible et dangereux. Ils redonnent aux enfants des informations essentielles et leur offrent une routine quotidienne. Ils permettent aux filles et aux garçons d'accéder aux services de santé, de nutrition et de protection », a ajouté le porte-parole.
Pour venir en aide à ces enfants, l'Unicef, qui a déjà acheminé sur place plus de 4.400 kits de loisirs et 240 cartons scolaires, a besoin « de toute urgence » de 86 millions de dollars pour 2026. « Ce n'est qu'une étape, et non un substitut à la restauration complète des écoles de Gaza, afin que chaque enfant puisse reprendre une scolarité normale », a-t-il conclu, espérant que « tous les enfants en âge d'être scolarisés pourront reprendre les cours en présentiel en 2027 ».
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa jeune femme prisonnière des décombres de l'immeuble qui s'est effondré à Kobbé (Tripoli) au Liban-Nord n'a toujours pas été retrouvée, et ce malgré les efforts des secouristes, a révélé mardi le directeur général de la Défense civile, le général Imad Khoreiche.
Le responsable a expliqué que les équipes de la Défense civile « travaillent dans des conditions difficiles », afin de retrouver Élissar, la vingtaine, portée disparue depuis l'effondrement d'un immeuble à Kobbé dans la nuit de vendredi à samedi. Son père a perdu la vie dans cet incident, tandis que sa mère, son frère et sa sœur ont pu être sauvés. Ce drame a suscité un vif émoi dans la rue tripolitaine, conduisant le Premier ministre Nawaf Salam a se rendre lundi sur place.
« Les étages et les escaliers se sont écroulés et les recherches sont effectuées de manière à ne pas mettre les équipes en danger si un autre éboulement survenait », a déclaré le directeur de la Défense civile, selon des propos rapportés par notre correspondant au Liban-Nord Michel Hallak. Les secouristes, qui n'avaient pas eu recours à du matériel lourd jusqu'à présent, afin de garantir à Elissar toutes les chances de survie, ont finalement décidé d'utiliser un bulldozer pour dégager les débris et tenter de retrouver la jeune femme.
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