Des hommes armés ont tué dans la nuit de jeudi à vendredi au moins 38 personnes dans le village de Dutse Dan Ajiya, dans l'État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria, ont déclaré à l’AFP samedi la police et des élus locaux.
L’État de Zamfara, comme de nombreux Etats du nord du pays, est en proie à une insécurité multifactorielle, entre des bandes armées, localement appelées bandits, qui pillent les villages, kidnappent et terrorisent les habitants, et la menace jihadiste croissante avec des groupes actifs dans le nord-ouest qui étendent leur champ d'action vers le sud.
« À l'heure actuelle, le calme est revenu dans la région et les patrouilles se poursuivent », a indiqué Yazid Abubakar, porte-parole de la police de Zamfara, « il n'y a que très peu de voies d'accès » au village. Selon Hamisu Faru, élu local, qui fait état de 50 morts, des bandits « ont ouvert le feu sans discernement, tuant tous les habitants qui tentaient de fuir ». « Nous avons alerté l'armée et un avion de chasse a été mobilisé, mais il n'a pas engagé le combat contre les bandits qui circulaient à moto, laissant ainsi les terroristes tuer à leur guise », a ajouté M. Faru.
Les bandits possèdent des camps dans une forêt qui empiète sur les États de Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto, Kebbi et Niger, d'où ils lancent des attaques contre les villages. L'armée nigériane est déployée dans la région depuis plusieurs années pour lutter contre ces groupes, mais les violences persistent. Les tentatives de réconciliation par le biais d'amnisties et de compensations financières n’ont pas permis de mettre fin aux attaques.
Cette attaque dans l’Etat de Zamfara a eu lieu le lendemain d’attaques de sept villages dans l’Etat voisin de Kebbi lancées par le groupe jihadiste Lakurawa qui a tué des dizaines de personnes, selon la police et un rapport de sécurité confidentiel consulté par l’AFP. Depuis quelques années, l'émergence de Lakurawa dans le nord-ouest a exacerbé la violence dans la région, contraignant les gouvernements des États concernés à recruter davantage de milices d'autodéfense. Certains chercheurs ont récemment établi un lien entre Lakurawa et l'État islamique au Sahel, qui est principalement actif au Niger et au Mali voisins, bien que d'autres restent sceptiques.
La recrudescence de la violence des groupes jihadistes et des bandits au Nigeria au cours des derniers mois a suscité l'ire des États-Unis,qui ont mené des frappes aériennes surprises en coordination avec les autorités nigérianes le jour de Noël dans l’État de Sokoto (nord), voisin de celui de Zamfara, ciblant des jihadistes. Le président américain Donald Trump avait dénoncé une « persécution » et un « génocide » des chrétiens dans le pays le plus peuplé d'Afrique. Ses accusations ont toujours été rejetées par les autorités nigérianes - et la plupart des experts -, les violences frappant généralement chrétiens et musulmans sans distinction.
Principalement motivés par l’argent, les bandits ont renforcé leur coopération avec les groupes jihadistes du Nigeria, qui mènent une insurrection armée séparée depuis 16 ans dans le nord-est. L'insurrection jihadiste au Nigeria, menée principalement par Boko Haram et sa faction rivale, l’État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), a fait plus de 40.000 morts et deux millions de déplacés dans le nord-est du pays depuis 2009, selon l'ONU. Divers groupes jihadistes se sont séparés ou ont émergé parallèlement à l'insurrection. L'augmentation des attaques et des enlèvements a poussé le président Tinubu à déclarer fin novembre l'état d'urgence sécuritaire dans le pays et à augmenter les effectifs des forces armées et de police afin d'intensifier la lutte contre les criminels, qui trouvent en général refuge dans des zones forestières reculées et difficiles d'accès.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsTrois migrants ont été retrouvés morts au large du sud de l'île de Crète tandis qu'une opération de sauvetage se poursuit, a-t-on appris samedi auprès de la police portuaire grecque.
Vingt migrants ont été secourus dans la zone maritime de Kaloi Limenes par un navire commercial dépêché sur place sur ordre du Centre grec de recherche et de sauvetage. Selon la chaîne de télévision publique Ert, un accident s’est produit précisément au moment où le navire commercial dépêché dans la zone s’est approché de l’embarcation en bois des migrants. Alors que les passagers tentaient de monter sur les échelles lancées par le navire, un mouvement brusque vers un côté de l'embarcation en bois a provoqué son chavirement. Les recherches se poursuivent avec quatre patrouilleurs, un avion et deux navires de l'agence européenne de surveillance aux frontières Frontex, a précisé à l'AFP une porte-parole des gardes-côtes grecs. D'après Ert, les survivants ont indiqué qu’environ 50 personnes se trouvaient à bord de l'embarcation.
Par ailleurs, une seconde embarcation transportant une quarantaine de migrants a été repérée dans la zone, déclenchant une nouvelle opération de sauvetage.
Depuis plus d'un an, des migrants tentent de rejoindre la Crète, porte d'entrée dans l'Union européenne, au départ de la Libye. Mais la traversée s'avère périlleuse. Selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (UNHCR), plus de 16.770 personnes en quête d'asile dans l'UE sont arrivées en Crète en 2025, bien plus que les autres îles de la mer Egée. Face à la hausse des arrivées en Crète, le gouvernement conservateur grec avait suspendu l'été dernier pendant trois mois l'examen des demandes d'asile, des personnes débarquant en Crète en provenance de Libye.
Le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), une agence de l'ONU, a recensé en 2025 107 personnes mortes ou disparues dans les eaux grecques.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDepuis le début de l'année 2026, cinq attaques contre des structures médicales ont déjà été recensées dans le conflit soudanais, a déclaré samedi le responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les combats qui opposent depuis près de trois ans l'armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont désarticulé un système de santé déjà fragile : plus d'un tiers des établissements de santé du pays restent non opérationnels.
« Au cours des 50 premiers jours de 2026, cinq attaques contre les services de santé ont déjà été recensées au Soudan, faisant 69 morts et 49 blessés », a écrit le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus sur son compte X.
La dernière en date a visé dimanche l'hopital Al-Mazmoum dans l'Etat de Sennar, dans le sud-est, et fait trois morts parmi les patients et sept blessés, dont un employé, selon le responsable onusien.
Début février, plus de 30 personnes ont péri lors de trois attaques contre des centres médicaux dans le Kordofan, vaste région au sud de Khartoum devenue ces derniers mois l'un des épicentres des affrontements. Au total, l'OMS a confirmé au moins 206 attaques contre les centres de santé depuis le début du conflit, entrainant la mort d'environ 2.000 personnes et plusieurs centaines de blessés. En 2025 seulement, 65 attaques ont fait plus de 1.620 morts, soit 80% de l'ensemble des décès liés aux attaques visant le secteur médical dans le monde, selon l'OMS.
Près de trois ans de guerre au Soudan ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné, dans ses heures les plus sombres, plus de 14 millions de personnes, provoquant ce que l'ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde. » L'OMS s'attend notamment à ce que « 4,2 millions de cas de malnutrition aiguë surviennent au Soudan en 2026, dont plus de 800.000 cas de malnutrition aiguë sévère », avait déclaré mi-février le chef de l'organisation. Environ 33.7 millions de personnes manqueront d'aide humanitaire au Soudan en 2026 selon l'OMS, tandis que l'ONU a avertit en janvier que ses stocks pourraient s'épuiser d'ici à fin mars.
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