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18:22 France   La troisième canicule en moins de deux mois s'étend sur les deux tiers du pays

Pour la troisième fois en six semaines, la France est confrontée à de « très fortes chaleurs » qui toucheront les deux tiers du pays mardi, avec 61 départements en vigilance orange canicule, quelques jours seulement après une vague de chaleur historique.

Ces températures qui éprouvent les organismes et alimentent le débat sur l'adaptation au changement climatique, s'accompagnent d'un « danger de feux persistant » selon Météo-France, alors que des centaines de pompiers luttent toujours contre l'incendie qui a entraîné l'évacuation de 10.000 personnes dans les Pyrénées-Orientales.

Les plus fortes chaleurs, avec 39°C relevés lundi sur le bassin d'Arcachon (Gironde) et 40°C dans l'Aude, vont « gagner du terrain vers le nord et l'est » mardi, selon Météo-France qui a étendu la vigilance orange à une large diagonale allant du Finistère à la Savoie, en passant par Paris.

À Mont-de-Marsan, la chaleur fait « souffrir en silence » Monique, 82 ans. « Mon jardin dépérit, mes arbres crament », confie-t-elle à l'AFP en attendant une navette sur un trottoir. Chez elle, il n'y a pas de clim' parce qu'elle n'en a « pas les moyens ». « On est en Andalousie, pas dans les Landes », sourit-elle. « Mais il va falloir qu'on s'habitue, ça va être de pire en pire, on le voit ces dernières années. »

Dans une supérette du centre de Bordeaux, la porte automatique est grande ouverte malgré la chaleur et les linéaires réfrigérés en panne depuis le précédent épisode, fin juin. « La porte a pris un coup de chaud et a disjoncté car il y avait trop de passages », explique la gérante qui a également perdu le compresseur d'un de ses groupes frigorifiques. « On attend qu'ils remplacent la pièce mais les réparateurs sont surchargés. »

Motion de censure

Ce nouvel épisode de chaleur risque d'être « intense et durable » même si les modèles, à la différence du précédent épisode, divergent davantage, explique à l'AFP le prévisionniste Thibault Corouge. « Si l'indice thermique national atteint bien 25,3°C lundi, la France sera officiellement entrée dans une vague de chaleur depuis vendredi. »

Ce serait la deuxième de l'année. La France en a connu 53 depuis 1947, dont la moitié depuis 2010. Il y a quelques jours, la dernière avait fait suffoquer des dizaines de millions de personnes à travers le pays, qui a connu son mois de juin le plus chaud de son histoire après une canicule déjà inédite en mai.

Ces épisodes répétés ont conduit les députés écologistes à l'Assemblée à déposer une motion de censure contre le gouvernement Lecornu, auquel ils reprochent d'avoir « aggravé » les « vulnérabilités du pays » face au changement climatique. Elle a été largement repoussée lundi.

Des critiques virulentes avaient émergé dans l'opposition, le mois dernier, contre la lenteur des investissements nécessaires à l'adaptation des écoles ou hôpitaux. Le gouvernement a défendu son bilan, avec la création du Fonds vert en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales, mais dont les dotations ont été lentement réduites.

Dans une tribune publiée lundi par le journal Le Monde, plusieurs dizaines de scientifiques français, rejoints par des économistes et des personnalités, ont réclamé « une loi d'urgence climatique » face à ce qu'ils qualifient d' »emprise de l'industrie fossile », responsable du réchauffement climatique à l'origine de la multiplication des vagues de chaleur.

Sécheresse

Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues.

Certains secteurs comme la santé sont particulièrement vulnérables aux fortes températures. Pour Nicolas Revel, directeur général des hôpitaux publics parisiens (AP-HP), la situation justifie « de rester en alerte », tandis que le nombre de lits ouverts sera réduit pendant les vacances. Durant la semaine torride du 22 juin, le nombre de décès a augmenté de 30%, touchant en majorité des personnes âgées vivant à domicile, selon l'agence Santé publique France.

La sécheresse qui frappe certains départements affecte les activités agricoles. « Le cumul d'inondations au printemps, de canicules particulièrement précoces (…) rend les choses inédites », a déclaré lundi le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. « L'Occitanie a des rendements catastrophiques. Les Deux-Sèvres et les Charentes ont des résultats extrêmement médiocres », a poursuivi le patron du syndicat d'exploitants, évoquant une hécatombe dans les élevages de volailles.

17:59 Iran   « On veut la tête de Trump ! »: les obsèques de Khamenei ravivent la ferveur populaire

« On ne veut pas d'accord, on veut la tête de Trump ! », scandent des Iraniens venus dire adieu à l'ex-guide suprême Ali Khamenei et fermement opposés aux pourparlers avec ceux qui ont tué le guide suprême. Une mort en « martyr » qui décuple la ferveur, selon Gholamreza Khanbabaï, déjà présent en 1989 pour les funérailles de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique. « J'avais une vingtaine d'années à l'époque. Les gens étaient à la fois enthousiastes (à l'idée de lui rendre hommage) mais bouleversés », raconte cet homme de 58 ans.

Rouhollah Khomeini meurt à l'hôpital le 3 juin 1989. Ses funérailles, organisées trois jours plus tard, donnent lieu au plus grand rassemblement à ce jour en Iran. A l'époque, les Iraniens « n'arrivaient pas à imaginer ce qui les attendait après » celui qui avait mis fin en 1979 à deux millénaires de monarchie dans l'ancienne Perse. Selon l'agence iranienne officielle Irna, pas moins de 10 millions de personnes lui rendent hommage dans le chaos le plus total.

Le véhicule transportant la dépouille de Khomeini est pris d'assaut par des fidèles, le linceul déchiré et le corps tombe à terre. Des mouvements de foule font une dizaine de morts, et plus de 10.000 blessés. « Si je devais comparer cette cérémonie à celle-ci (lundi pour Ali Khamenei, NDLR), je dirais (...) que la foule semble cette fois plus enthousiaste », commente M. Khanbabaï.

« Paroles d'hypocrites »

Car ces funérailles s'apparentent à une démonstration de force pour le pouvoir, après les bombardements israélo-américains qui ont tué fin février Ali Khamenei et de nombreux autres responsables iraniens et fait des milliers de victimes civiles. Mais aussi six mois après des manifestations monstres contre le gouvernement et la vie chère.

La mort de Khomeini fut « le premier choc » pour les Iraniens, celle de l'ayatollah Khamenei a été « le second », déclare M. Kazemi, employé de 65 ans qui constate « la même ferveur » qu'en 1989. Comme beaucoup de personnes rencontrées par l'AFP, il « ne croit pas » aux négociations en cours entre l'Iran et les Etats-Unis, qui ont signé en juin un protocole d'accord.

« Nous voulons nous venger (...) car si rien n'est fait, la situation empirera », ajoute le sexagénaire qui a refusé de donner son prénom. Avec en main, une photo du président américain Donald Trump, le canon d'une arme pointé sur son visage.

Ali Heydari, 50 ans, n'a lui aussi que le mot « vengeance » à la bouche. « Que signifie ce protocole d'accord ? Nous n'avons ni paix ni amitié avec celui qui a tué notre père (Ali Khamenei, NDLR) », lance-t-il. « Ce ne sont que les paroles d'hypocrites, de ceux qui ne pensent qu'à leur propre intérêt et ne comprennent pas le peuple », dit-il, alors que les plus conservateurs en Iran rejettent tout compromis avec Washington.

Lundi dès l'aube, une marée humaine a envahi le centre de Téhéran pour un dernier adieu devant le cortège funèbre. Aucun chiffre de participation n'a été communiqué mais Téhéran n'avait pas vu une telle foule depuis 2020 lorsque sept millions de personnes avaient assisté aux funérailles du général Qassem Soleimani, selon le chiffre officiel de participation donné à l'époque.

17:53 Conflit   Aoun : La poursuite de l’occupation israélienne du Liban-Sud empêche le déploiement de l’armée

Le président de la République, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'il était nécessaire d'exercer des pressions sur Israël afin d'obtenir son retrait du Liban-Sud, estimant que la poursuite de son occupation « sape la légitimité de l'État et empêche le déploiement de l'armée ».

Le chef de l'État s'exprimait lors d'un échange en visioconférence avec l'American Task Force for Lebanon (ATFL), une organisation œuvrant au renforcement des relations libano-américaines. Au cours de cette rencontre, les membres de l'association ont appelé à soutenir l'accord-cadre conclu sous l'égide des États-Unis avec Israël afin d'en appliquer les dispositions, « notamment en ce qui concerne la souveraineté et le déploiement de l'autorité de l'État libanais sur l'ensemble du territoire ».

Conclu fin juin, cet accord prévoit notamment le retrait des forces israéliennes de deux « zones pilotes » du Liban-Sud occupé et leur transfert à l'armée libanaise. Il ne fixe toutefois aucun calendrier pour ce retrait et le conditionne au désarmement vérifié du Hezbollah. Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, Israël attend que l'armée libanaise se déclare prête à prendre le contrôle des zones concernées, ainsi que le feu vert du Commandement central américain (CENTCOM), chargé de coordonner la mise en œuvre de l'accord.

Lors de cet échange, M. Aoun a également indiqué qu'il était « prêt à solliciter l'aide de l'ATFL pour contrer les voix aux États-Unis qui n'agissent pas dans l'intérêt du Liban », sans préciser à qui il faisait référence. Il a insisté sur « l'importance du déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble de la frontière » et réaffirmé la nécessité de faire pression sur Israël pour qu'il se retire des territoires occupés, « car la poursuite de l'occupation sape la légitimité de l'État, empêche le déploiement de l'armée et entrave les fondements d'une paix juste et durable », selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président a averti que le maintien de l'armée libanaise au Liban-Sud ne servirait pas « les objectifs communs fixés par les États-Unis et le Liban en matière de restauration de la souveraineté, de l'indépendance et d'institutions fortes ». Il a estimé que le retrait israélien constituait « la clé de tout progrès réel, tangible et réaliste vers la paix au Liban et pour garantir la sécurité ainsi que la stabilité à la frontière sud du pays ».

Évoquant l'article 13 de l'accord-cadre, qui prévoit que l'État libanais s'abstiendra de poursuivre Israël devant des juridictions internationales pour des crimes de guerre, M. Aoun a assuré que cette suspension était « limitée à la durée des négociations » et « n'équivaut pas à une renonciation définitive » à ces recours.

Le chef de l'État a par ailleurs affirmé qu'« il n'y a pas de place pour une guerre civile au Liban » et que son retour « n'est pas envisageable, malgré les tentatives de certains d'attiser les divisions internes ».

Dans ce contexte, il a salué le rôle du président du Parlement, Nabih Berry, qu'il a crédité d'œuvrer à « favoriser l'apaisement et à mettre en garde contre les dangers de la discorde, tout en soutenant un cessez-le-feu et le retrait des forces israéliennes du Liban-Sud ». Les propos du président sur le rôle de M. Berry interviennent alors que ce dernier a à plusieurs reprises critiqué l’accord-cadre, estimant qu’il risquait de raviver des tensions internes.

De leur côté, les membres de l'ATFL ont salué les efforts du président pour « faire progresser le Liban et renforcer sa sécurité, sa stabilité et une paix durable ». Ils ont également assuré être prêts à mobiliser leurs réseaux et leurs contacts aux États-Unis « afin de soutenir sa vision d'un Liban pleinement souverain et de renforcer le rôle de l'armée et des institutions sécuritaires ».

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