L'Iran, qui entretient des liens étroits avec le Venezuela, a appelé lundi à la libération du président Nicolas Maduro, exfiltré vers les États-Unis après une spectaculaire intervention militaire américaine à Caracas pour l'arrêter.
« Le président d'un pays et son épouse ont été enlevés. Il n'y a pas lieu d'être fier, c'est un acte illégal », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï. « Comme l'a souligné le peuple vénézuélien, son président doit être libéré », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse hebdomadaire à Téhéran à laquelle a assisté l'AFP.
En septembre 2023, un mois avant la sanglante attaque du 7-Octobre du Hamas en Israël, l’État hébreu aurait demandé au Qatar d'augmenter le montant des fonds transférés au mouvement palestinien dans la bande de Gaza, à la suite de menaces d'escalade violente.
Selon le quotidien israélien Yedioth Aharonoth dans un article publié vendredi, cette demande aurait été transmise au nom du gouvernement israélien par plusieurs hauts responsables de sécurité, dont l'ancien chef du district du Shin Bet et le coordinateur israélien des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT). Elle a été adressée à l'envoyé qatari à Gaza, Mohammad al-Emadi, au cours d'une réunion tenue dans un hôtel à Jérusalem au début du mois de septembre 2023.
Mohammad al-Emadi supervisait depuis plusieurs années le transfert de centaines de millions de dollars au Hamas, avec l'aval de gouvernements israéliens successifs. Une enquête du New York Times, publiée en décembre 2023, révélait déjà qu'Israël avait demandé à de Doha de poursuivre ces transferts. Il s'agirait toutefois de la première fois que l’État hébreu aurait explicitement sollicité une augmentation directe des fonds qatariens destinés au Hamas.
Le rapport précise qu'environ un mois avant cette réunion, un haut responsable qatari s'était rendu à Gaza pour rencontrer Yahya Sinouar, alors chef du Hamas, ainsi que d'autres dirigeants du mouvement, afin de préparer les discussions avec les autorités israéliennes. À l'issue de cette visite, le Qatar aurait informé Israël que le Hamas se disait intéressé par le maintien du calme et de la stabilité. Pendant cette rencontre, Sinouar aurait demandé une augmentation des livraisons de carburant destinées à la centrale électrique de Gaza durant les mois d'août et de septembre, en invoquant la chaleur estivale. Il aurait également réclamé que les achats de carburant en provenance d'Égypte, financés par le Qatar, passent de 3 à 7 millions de dollars par mois. Selon les messages transmis, le diplomate qatari aurait ensuite indiqué au Hamas que Doha n'était pas disposé à accepter ces demandes.
Depuis la fin de l'année 2021, et afin d'éviter des transferts directs d'argent liquide au Hamas, le Qatar achetait du carburant en Égypte et le livrait aux autorités du Hamas à Gaza sous forme de don. Le Hamas revendait ensuite les carburants aux stations-services locales. Bien que les montants aient variés entre 3 et 10 millions de dollars par mois, et que l'on puisse penser que le transfert de fonds était destiné à faire face à la situation désastreuse des Palestiniens à Gaza, les bénéfices générés étaient importants et servaient notamment à payer les salaires des fonctionnaires du Hamas.
Si David Barnea, chef du Mossad, ainsi que Ronen Bar, directeur du Shin Bet et son prédécesseur Nadav Argaman, se seraient opposés aux transferts de fonds qatariens au Hamas, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait, lui, privilégié de maintenir une bonne coopération avec le Qatar.
Le cabinet du Premier ministre, le Shin Bet et le bureau du coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires ont refusé de commenter ces informations.
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