La nuit de samedi à dimanche a été agitée au Liban-Sud, deux jours après les bombardements israéliens meurtriers qui ont touché Aïn el-Héloué ainsi que plusieurs localités de la Békaa.
À Bazouriyé, dans le caza de Tyr, un immeuble a été évacué vers 21h après qu’un de ses habitants a reçu un appel indiquant que le bâtiment allait être bombardé, rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah. Les forces de sécurité ont organisé l’évacuation et fermé la route menant à l’immeuble le temps de vérifier la crédibilité de l’appel, qui s’est avéré être un canular. Les habitants ont pu rentrer chez eux dans la foulée.
L’artillerie israélienne a aussi tiré plus de cinq obus sur Beit Lif dans le caza de Bint Jbeil entre 21h et 22h. À peu près au même moment, des drones israéliens ont survolé à très basse altitude le caza de Saïda.
Après 22h, un drone israélien de type « quadcopter » a largué deux charges explosives sur une maison déjà endommagée par de précédents bombardements dans un quartier à l’est de Meis el-Jabal. L’armée israélienne a ensuite tiré à la mitrailleuse depuis un site occupé récemment et situé entre Markaba et Houla, en direction de la première de ces deux localités dans le caza de Marjeyoun. Des tirs provenant d’un autre nouveau site occupé à Jabal Blat ont atteint les environs de Aïta el-Chaab (Bint Jbeil).
En milieu d'après-midi, un drone de l’armée israélienne a largué une bombe sonore à proximité de l’un des habitants de la localité frontalière de Maroun el-Ras (caza de Bint Jbeil), sans faire de blessés. L’artillerie israélienne a ensuite tiré un obus sur les environs de Sarda, à proximité du village de Khiam (caza de Marjeyoun) peu après 16h. Vers 17h, l’armée israélienne a lancé plusieurs bombes incendiaires sur la région entre Sarda et Wazzani (caza de Marjeyoun). Une heure plus tard, elle a tiré quatre obus d’artillerie sur l’ancien quartier du village de Aïta el-Chaab. Aucun dégât n’a été signalé jusqu’à présent.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDes étudiants iraniens se sont réunis dimanche pour la deuxième journée consécutive à Téhéran pour des rassemblements pro et antigouvernementaux, plus d'un mois après le vaste mouvement de contestation qui a secoué le pays.
Ces rassemblements interviennent alors qu'a débuté samedi le nouveau semestre universitaire et au moment où les Etats-Unis accentuent leur pression militaire sur l'Iran, malgré des pourparlers.
Un peu plus tôt cette semaine, les slogans contre le pouvoir sont réapparus alors que prenait fin la période de deuil traditionnel musulman de 40 jours, après le pic des manifestations des 8 et 9 janvier, selon des vidéos partagées par des médias.
La chaîne de télévision Iran International, basée hors du pays et qualifiée d'organisation « terroriste » par Téhéran, a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des étudiants brandissant le drapeau de la monarchie (vert, blanc et rouge avec un lion et un soleil) à l'université Sharif de technologie.
Une vidéo géolocalisée par l'AFP de ce qui semble être la même manifestation montre une large foule autour des étudiants portant ce même drapeau, scandant notamment « Vive le chah », en référence au dirigeant de la monarchie renversée par la Révolution islamique de 1979.
L'agence de presse iranienne Fars a elle aussi publié des images prises dans des universités de la capitale mais sous un autre angle : on y voit une foule pro-gouvernement scander « Mort au chah ».
Ils font face à un autre groupe d'étudiants, alors que des hommes en uniforme s'interposent entre les deux camps.
L'agence a fait état de « tensions » dans au moins trois universités de Téhéran, certains étudiants ayant aussi proféré des slogans « hostiles au système ».
Samedi, des échauffourées avaient éclaté entre adversaires et partisans du pouvoir, selon des médias.
Déclenchées en décembre pour dénoncer le marasme économique, les manifestations s'étaient rapidement mues en une contestation du pouvoir et ont été réprimées dans le sang en janvier.
Selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, plus de 7.000 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées dans la répression et plus de 53.000 personnes arrêtées depuis janvier.
Les autorités font pour leur part état de 3.000 morts, selon elles en majorité des membres des forces de sécurité et des passants tués par des « terroristes » au service d'Israël et des Etats-Unis.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe chef de la diplomatie iranienne a déclaré dimanche « travailler sur des éléments » de l'accord avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire, estimant qu'il existait « de bonnes chances » de résoudre ses différends avec Washington par la voie diplomatique.
« Nous poursuivons nos négociations, tout en travaillant sur les éléments d'un accord et sur une première version du texte », a affirmé Abbas Araghchi lors d'un entretien sur la chaîne américaine CBS, repris par l’AFP. Il a mentionné de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis, « probablement jeudi à Genève ».
« Je crois que lorsque nous nous rencontrerons, probablement ce jeudi à Genève, nous pourrons travailler sur ces points, préparer un bon texte et parvenir rapidement à un accord », a-t-il ajouté. Un responsable américain a par ailleurs confirmé que des pourparlers nucléaires avec l’Iran sont prévus jeudi, a rapporté le journaliste d’Axios Barak Ravid sur son compte X.
« Pour l'instant, nous ne négocions que le nucléaire, et aucun autre sujet n'est abordé », a ajouté le diplomate alors que les Etats-Unis souhaitent également discuter des missiles balistiques de l'Iran ainsi que de son soutien aux groupes armés dans la région, hostiles à Israël.
« Je crois qu'il existe encore de bonnes chances de parvenir à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant », a-t-il estimé, ajoutant que l'Iran, « en tant que pays souverain, avait pleinement le droit de décider » sur l'enrichissement d'uranium.
Le ministre iranien a par ailleurs réaffirmé le droit de son pays à répondre à toute attaque américaine, au moment où les Etats-Unis ont procédé à un déploiement militaire massif dans la région.
« Si les Etats-Unis nous attaquent, nous avons tout à fait le droit de nous défendre », a déclaré Abbas Araghchi dans cet entretien. Face à un « acte d'agression », toute réponse « est justifiée et légitime ».
« Nos missiles ne peuvent pas atteindre le sol américain. Nous devons donc manifestement trouver une autre solution (...) et frapper la base américaine dans la région », a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions.
Des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis ont eu lieu la semaine dernière et devraient se poursuivre la semaine prochaine, principalement sur le nucléaire iranien. Washington a cependant déployé un arsenal impressionnant au Moyen-Orient, et menace l’Iran d’une attaque sur son territoire au cas où les négociations échouent.
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