Le chef d'état-major américain Dan Caine a rencontré cette semaine le commandant en chef de l’armée libanaise Rodolphe Haykal, a indiqué jeudi un porte-parole américain, quelques mois après l'annulation d'une première visite à Washington du responsable libanais.
Durant ses échanges avec Rodolphe Haykal mardi, et la veille avec un responsable qatari de la Défense, le général Dan Caine a réaffirmé « l'importance des relations durables des Etats-Unis au Moyen-Orient en matière de défense », a expliqué dans un communiqué un porte-parole de l'état-major, Joseph Holstead, sans préciser l'identité du responsable qatari. Rodolphe Haykal devait effectuer une visite à Washington en novembre mais la partie américaine avait annulé ces rendez-vous quelques heures avant son départ. Un influent sénateur américain, le républicain Lindsey Graham, avait dénoncé à l'époque sur X ce qu'il décrivait comme « les efforts quasi inexistants » de Rodolphe Haykal pour désarmer le Hezbollah.
Le gouvernement libanais est soumis à une intense pression des Etats-Unis pour désarmer la formation pro-iranienne, sur fond de crainte d'une escalade des attaques israéliennes au Liban. Depuis l'annulation de la visite, l'armée libanaise a fait des progrès vers cet objectif et annoncé début janvier avoir achevé « la première phase » de son plan de désarmement du Hezbollah, qui concerne la partie sud du pays entre la frontière israélienne et le fleuve Litani. Le Hezbollah, sorti affaibli en novembre 2024 d'une guerre meurtrière avec Israël, refuse de remettre ses armes dans le reste du pays.
Un cessez-le-feu en vigueur depuis plus d'un an prévoit le retrait du territoire libanais de l'armée israélienne, qui continue toutefois d'occuper cinq points stratégiques près de la frontière et de mener des frappes contre le Hezbollah, qu'elle accuse de chercher à se réarmer.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe sénateur républicain américain Lindsey Graham a sévèrement critiqué jeudi la position du commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, affirmant qu’il ne voyait pas « un partenaire fiable » dans l’institution militaire après que ce dernier a refusé de qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste.
« Je viens d’avoir une très brève réunion avec Rodolphe Haykal. Je lui ai demandé sans détour s’il considérait le Hezbollah comme une organisation terroriste. Il a répondu : 'Non, pas dans le contexte du Liban'. Sur ce, j’ai mis fin à la réunion », a écrit sur X Lindsey Graham.
Pour le sénateur, le Hezbollah est « clairement une organisation terroriste » et « a du sang américain sur les mains. Demandez simplement aux Marines américains ». Il a rappelé que le groupe chiite libanais « a été désigné comme organisation terroriste étrangère par les administrations républicaine et démocrate depuis 1997 – pour une bonne raison ».
« Tant que cette attitude persistera au sein des Forces armées libanaises, je ne pense pas que nous ayons un partenaire fiable en eux », a ajouté M. Graham, déplorant le « double discours au Moyen-Orient ». « Il y a trop en jeu », a-t-il conclu.
Arrivé lundi à Washington pour une visite de trois jours, le général Rodolphe Haykal enchaîne depuis de nombreux rendez-vous avec des responsables et élus américains. Au programme : l’évolution de la situation sécuritaire au Liban et dans la région, ainsi que des mises à jour opérationnelles sur les progrès accomplis par l’armée libanaise dans le cadre du plan de désarmement du Hezbollah, approuvé par le gouvernement de Nawaf Salam l’été dernier.
Ce déplacement intervient dans un contexte particulièrement tendu. À son retour, le général devra présenter devant le Conseil des ministres sa vision pour l’exécution de la deuxième phase du plan sur le monopole des armes, alors que le Hezbollah campe sur son refus de désarmer et affirme même qu’il pourrait intervenir aux côtés de l’Iran si le régime de Téhéran était attaqué. Initialement prévue en novembre, sa visite à Washington avait été reportée en raison du mécontentement américain face à la volonté de l’armée libanaise de ne pas entrer en confrontation armée avec le Hezbollah.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, assassiné par des inconnus mardi, sera inhumé vendredi en Libye à Bani Walid, fief d'une tribu restée fidèle au colonel Kadhafi qui dirigea le pays pendant plus de 40 ans, ont affirmé deux de ses frères.
« La date et le lieu de l'inhumation ont été décidés d'un commun accord par la famille », a indiqué jeudi sur Facebook Mohamed Kadhafi, demi-frère de Seif al-Islam, annonçant les funérailles à Bani Walid (ouest), à 170 km au sud de Tripoli, « après la prière du vendredi ». Ce choix, qui « témoigne de notre respect » pour Bani Walid et ses habitants, est un « signe de reconnaissance pour leurs convictions », a ajouté l'aîné des fils Kadhafi. Seif al-Islam sera inhumé « chez les Werfalla, à côté de son frère Khamis », a confirmé sur X Saadi, un autre frère.
Bani Walid, localité de 100.000 habitants, est le bastion de la puissante tribu des Werfalla, qui honore encore avec ferveur la mémoire de Mouammar Kadhafi, renversé en 2011. A chaque anniversaire de son coup d'Etat en 1969, les habitants arborent des drapeaux verts et paradent avec son portrait.
Depuis la mort de Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Deux exécutifs s'y disputent le pouvoir: un gouvernement basé à Tripoli (ouest), dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l'ONU et un autre à Benghazi (est), contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.
Le ministre de l'Intérieur, Imad Trabelsi, a déploré le décès du fils de Mouammar Kadhafi et annoncé avoir « donné des instructions » aux forces de l'ordre locales pour « assurer la sécurité des funérailles ». M. Dbeibah a de son côté affirmé que l'assassinat « nous rappelle que le sang libyen, quelle que soit la personne à laquelle il appartient, reste une ligne rouge ». « La Libye pour laquelle nous oeuvrons est un Etat de droit et d'institutions, où les différends sont gérés par le dialogue, et non par la violence », a assuré M. Dbeibah.
Longtemps considéré comme le dauphin de son père, Seif al-Islam Kadhafi a été assassiné mardi dans la maison où il résidait à Zenten (nord-ouest). Le parquet a annoncé une enquête. Recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, il avait été arrêté en 2011 dans le sud libyen, détenu à Zenten, puis condamné à mort en 2015 avant de bénéficier d'une amnistie. Le lieu de son enterrement a fait l'objet de spéculations.
Selon des médias de l'Est, les autorités loyales au maréchal Haftar avaient accepté son inhumation à Bouhadi, au sud de Syrte (est), où est né Mouammar Kadhafi. Mais un proche de Seif al-Islam a assuré sur Facebook qu'elles avaient imposé de strictes conditions, comme l'interdiction des expressions de deuil ou de brandir des photos. M. Dbeibah a semblé y faire allusion en dénonçant « toute tentative visant à porter atteinte au droit des proches du défunt ou de la tribu des Kadhafi d'organiser des cérémonies funéraires ».
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