Le président russe Vladimir Poutine a reçu mercredi son homologue syrien, Ahmad el-Chareh, pour la deuxième fois depuis le renversement en 2024 de Bachar el-Assad, allié du Kremlin, au moment où Moscou cherche à préserver ses bases militaires en Syrie.
Vladimir Poutine a salué les progrès « en termes de restauration des relations inter-étatiques » entre la Russie et la Syrie, ébranlées par le changement de pouvoir à Damas, lors de déclarations devant la presse au Kremlin aux côtés de M. Chareh. Celui-ci a de son côté souligné que « les positions de la Russie au cours de l'année écoulée ont soutenu l'unité du territoire syrien » et le « rôle historique » de Moscou « non seulement pour l'unité et la stabilité de la Syrie, mais de toute la région ».
Il s'agit de la deuxième visite du président syrien en Russie en quatre mois, dans un contexte d'inquiétudes des Européens et Américains d'une résurgence des jihadistes en Syrie, en particulier ceux de l'organisation Etat islamique (EI).
Les deux dirigeants n'ont pas mentionné devant la presse l'épineuse question de l'extradition du président syrien déchu Bachar el-Assad, réfugié en Russie depuis son éviction du pouvoir et voulue par Damas, ni celle de la présence militaire russe en Syrie. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré en amont de la rencontre « ne pas douter » que cette dernière serait abordée.
Selon lui, les négociations devaient aborder la « coopération bilatérale, en premier lieu dans le domaine économique », ainsi qu'un « échange de points de vue sur la situation dans la région ».
La délégation syrienne a été accueillie au Kremlin notamment par les ministres russes des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de la Défense Andreï Belooussov, le général Igor Kostioukov qui dirige le renseignement militaire (GRU), et les conseillers économique et diplomatique de Vladimir Poutine, a constaté une journaliste de l'AFP.
La Russie a retiré cette semaine ses forces et armements de l'aéroport de Qamichli, dans la zone autonome kurde du nord-est du pays où elle maintenait une petite installation, selon un journaliste de l'AFP sur place. Moscou y avait déployé ses forces fin 2019, en vertu d'un accord avec la Turquie.
Ce retrait intervient alors que les forces kurdes, qui contrôlent toujours Qamichli, ont subi ces dernières semaines un important revers face à l'armée syrienne, à laquelle ils ont dû céder de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie.
La Russie a été un allié clé de l'ex-président syrien Bachar el-Assad et est intervenue militairement en Syrie à partir de 2015 en soutien aux forces gouvernementales face aux rebelles et jihadistes, dont faisait partie Ahmad el-Chareh. Le renversement de Bachar el-Assad a porté un coup à l'influence russe au Moyen-Orient, même si le nouveau pouvoir syrien maintient jusqu'à présent des relations cordiales avec Moscou.
Le régime actuel de Damas mène une offensive militaire contre les territoires contrôlés jusqu'ici par la coalition des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominée par les Kurdes. Mais cette opération a provoqué de grandes incertitudes autour des camps et prisons dans le nord-est du pays, où les FDS gardaient des milliers d'anciens jihadistes de l'EI et leurs famille depuis 2019.
Un cessez-le-feu est actuellement en vigueur et a été prolongé de 15 jours samedi, mais les deux camps s'accusent mutuellement de violations. La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Etats-Unis ont appelé mardi les forces gouvernementales syriennes et les combattants kurdes à « éviter tout vide sécuritaire » qui serait favorable aux jihadistes de l'EI.
Le président américain, Donald Trump, a ensuite assuré, à l'issue d'un entretien téléphonique avec son homologue syrien, que « tout se pass(ait) très bien ».
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'Iran « répondra comme jamais » en cas d'agression américaine, a réagi la mission iranienne à l'ONU sur X mercredi, après que le président américain Donald Trump a affirmé que « le temps était compté » avant une attaque. « L'Iran se tient prêt pour un dialogue basé sur le respect et les intérêts mutuels - mais s'il on le pousse, il se défendra et répondra comme jamais ! », dit le message posté en réaction à une prise de parole de Donald Trump sur son réseau Truth Social.
« Espérons que l'Iran acceptera rapidement de 's'asseoir à la table' et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES », a écrit le président américain, menaçant d'une attaque « bien pire » que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.
Le post de la mission iranienne fait également référence aux guerres en Afghanistan et en Irak qui ont « gaspillé plus de 7.000 milliards de dollars et causé la mort de plus de 7.000 Américains ». Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays.
Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place.
Evoquant une « armada massive », Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'« une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela », en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes. « Comme dans le cas du Venezuela (où les Etats-Unis ont capturé le président Nicolas Maduro début janvier, NDLR), elle est prête, disposée et capable d'accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire », a-t-il ajouté.
Les autorités iraniennes avaient signalé qu'un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que, pour négocier, les Américains allaient devoir « cesser les menaces, les demandes excessives ».
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUne Française, âgée de 35 ans, a été mortellement blessée dans une attaque au couteau dont l'auteur présumé, âgé de 27 ans, a été interpellé, a confirmé mercredi le parquet du Grand-Duché. Les faits se sont produits mardi en début d'après-midi à Limpertsberg, un des districts de la capitale Luxembourg-Ville.
Selon un communiqué du parquet, un homme armé d'un couteau, a gravement blessé deux femmes, une Française et une Luxembourgeoise âgée de 36 ans, avant de prendre la fuite. « Elles ont été grièvement blessées, l'une d'elles succombant peu après à ses blessures », tandis que l'autre a été transportée à l'hôpital dans un état grave, a souligné dans un communiqué la police grand-ducale.
Dans sa fuite, l'agresseur présumé a eu un accident avec sa voiture à Limpertsberg, il a poursuivi sa route, mais a pu être localisé et interpellé par la police dans un autre secteur au nord de la capitale. Mercredi après-midi son interrogatoire était toujours en cours et ses motivations restaient inconnues.
Aucun lien familial n'existe entre cet homme, qui ne réside pas au Luxembourg, et ses deux victimes, selon le parquet. Dans le cadre de l'enquête, il a pu être établi qu'aucune autre personne n'était impliquée dans les faits, a-t-il ajouté.
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