Des frappes israéliennes sur la Békaa et le camp de Aïn el-Heloué ont fait plus de 12 morts au Liban vendredi. Dans la région de Baalbeck, l'on compte parmi les personnes tuées un commandant du Hezbollah, Hussein Mohammad Yaghi, fils d'un fondateur du parti. L'armée israélienne a dit avoir visé dans cette région des « quartiers généraux » du Hezbollah, tandis que certains médias israéliens, dont le Maariv, évoque des tirs menés depuis des navires.
Dans la soirée, l’aviation israélienne s’est déchaînée sur la Békaa en menant six frappes en quelques minutes : trois sur la région de Chaara et trois sur Bednayel, Temnine et un bâtiment sur la route de Rayak-Baalbeck, selon notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah.
Ces bombardements ont fait, selon le ministère de la Santé, 10 morts et 24 blessés, parmi lesquels trois enfants. De lourds dégâts ont été constatés sur les sites des frappes, où sont mobilisées des équipes de la défense civile à la recherche de survivants. L’armée israélienne a pour sa part dit avoir visé des « quartiers généraux » du Hezbollah.
Parmi les victimes, Hussein Yaghi, fils de l’ancien responsable du Hezbollah, Mohammad Hassan Yaghi, a été tué dans les frappes. Mohammad Hassan Yaghi, connu sous le nom de « Abou Salim », était l'un des fondateurs du Hezbollah en 1982 et l'assistant exécutif de Hassan Nasrallah, l’ancien chef du Hezbollah, tué en septembre 2024. « Abou Salim » avait également siégé au Parlement libanais. Ali Zeid Moussaoui, membre du Hezbollah, a également été tué dans les frappes, selon les informations de notre correspondante.
Selon le média israélien Maariv, les frappes sur la région de Baalbeck ont été menées avec des missiles mer-sol, de manière à démontrer que « l'armée israélienne est capable de frapper dans tout le Moyen-Orient et pas seulement avec son bras stratégique qu'est l'armée de l'air. » Un message clair, alors que les tensions sont toujours plus vives entre d'un côté l'Iran, parrain du Hezbollah, et de l'autre les États-Unis et Israël.
Plus tôt dans la journée, c'était le camp de Aïn el-Héloué qui était pris pour cible par l'aviation israélienne, dans une frappe de drone qui a fait deux morts. Un drone a frappé un bâtiment du camp en plein après-midi dans le quartier de Hittine, près de Darb el-Sim, selon notre correspondant au Liban-Sud. La maison ciblée était auparavant un bureau de la force conjointe de sécurité palestinienne — chargée d’assurer la sécurité et la stabilité dans le camp de Aïn el-Héloué — dans le quartier de Hittine. Le lieu est activement fréquenté par le Hamas, avec en plus la présence du Jihad islamique et d’autres organisations.
Les trois frappes ont tué au moins deux personnes, un bilan confirmé plus tard par le ministère de la Santé. L’armée israélienne a revendiqué la frappe, affirmant avoir attaqué un « poste de commandement où se trouvaient des éléments » du Hamas à Aïn el-Héloué, dans un message publié sur la plateforme X par son ex-porte-parole arabophone, Avichay Adraee. Le Hamas et le Fateh ont tous les deux condamné, dans des communiqués distincts, la frappe, qui a eu lieu une heure avant l’iftar, en plein début de ramadan.
« Nous appelons à l’unité et à la solidarité dans les camps palestiniens au Liban pour contrecarrer les plans de l’occupant », a déclaré Riyad Abou el-Aïnain, secrétaire général de l’antenne locale du Fateh. « Où sont les garants de l’accord de cessez-le-feu ? Où est la communauté internationale ? Pourquoi reste-t-elle silencieuse ? », a pour sa part interrogé Abdallah el-Danan, un responsable du Front populaire pour la libération de la Palestine au Liban (FPLP), devant notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah. Le Hamas a dévoilé le nom des deux tués, Bilal Dib al-Khatib et Mohammad Tarek al-Saoui.
La dernière frappe israélienne contre le plus grand camp de réfugiés palestiniens date du 18 novembre dernier. Elle avait tué 13 jeunes de 16 et 17 ans.
Avant ces deux attaques, un autre drone de l’armée israélienne avait tiré deux missiles à l’aube sur une carrière de roche à la périphérie de Markaba (caza de Marjeyoun), provoquant des dégâts matériels. Un autre engin volant de l’armée israélienne avait largué une grenade assourdissante aux abords de Houla, dans le même caza. À l’est du village, un char Merkava s’est avancé jusqu’au secteur de Dawawir, où il a pris position. Les soldats israéliens ont également ouvert le feu à la mitrailleuse en direction de Yaroun (caza de Bint Jbeil).
Malgré le cessez-le-feu, Israël continue de mener des frappes quasi quotidiennes, notamment au Liban-Sud et dans la Békaa. Parallèlement, l’armée libanaise poursuit son plan visant à désarmer les milices, principalement le Hezbollah.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Hamas est ouvert à la présence de forces étrangères dans la bande de Gaza mais sans ingérence « dans les affaires intérieures » du territoire, a déclaré vendredi à l'AFP un porte-parole du mouvement islamiste palestinien, Hazem Qassem.
« Notre position sur les forces internationales est claire: nous voulons des forces de paix qui surveillent le cessez-le-feu, qui assurent sa mise en oeuvre et qui agissent comme un tampon entre l'armée d'occupation (israélienne, ndlr) et notre peuple dans la bande de Gaza, sans ingérence dans les affaires intérieures », a dit le porte-parole.
Le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas prévoit le déploiement dans la bande de Gaza d'une Force internationale de stabilisation (ISF), dont la formation était à l'ordre du jour de la réunion inaugurale du « Conseil de paix » qui s'est tenue jeudi à Washington. Cette force placée sous commandement américain pourrait compter jusqu'à 20.000 soldats, dont 8.000 Indonésiens.
Le général américain Jasper Jeffers, qui a été nommé commandant de cette force, avait annoncé jeudi que cinq pays s'étaient déjà engagés à fournir des troupes, citant l'Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l'Albanie. Durant cette réunion, le nouveau Haut représentant pour Gaza, le diplomate bulgare Nikolaï Mladenov, a annoncé le début du recrutement d'une nouvelle force de police palestinienne à Gaza, soulignant que 2.000 personnes s'étaient déjà portées volontaires.
Deux pays, l'Egypte et la Jordanie, se sont engagés à former des policiers. « Former les forces de police palestiniennes (...) ne pose pas de problème si cela vise à maintenir la sécurité intérieure dans la bande de Gaza et à faire face au chaos que l'occupation et ses milices cherchent à instaurer », a ajouté Hazem Qassem.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsSix militants européens, qui affirment être venus enquêter en Turquie sur les conditions de détention des prisonniers politiques, ont été arrêtés à Istanbul, a annoncé vendredi à l'AFP leur avocat, confirmant des informations de leur collectif. Ils ont été interpellés jeudi après une rencontre avec le Bureau des droits du peuple, un cabinet d'avocats, a indiqué Me Naim Eminoglu, président de la section d'Istanbul de l'Association des juristes progressistes (CHD), qui assure leur défense.
Les autorités turques reprochent au Bureau des droits du peuple d'être en lien avec le DHKP/C (Parti front révolutionnaire de libération du peuple), considéré comme terroriste par Ankara. « La délégation internationale d'avocats, journalistes et militants des droits humains était arrivée le 18 février (mercredi) en Turquie », selon M. Eminoglu.
Les six militants sont originaires d'Italie, France, Espagne, Belgique et Russie, a précisé la CHD. Selon le défenseur, la police les a immédiatement prévenus qu'ils « étaient arrêtés pour être expulsés » et leurs passeports ont été confisqués. « Ils ont été transférés à la Direction des migrations. Aucune rencontre avec leurs avocats n'a été autorisée. La CHD a appris qu'ils sont maintenant emmenés à l'aéroport d'Istanbul pour être expulsés », a rapporté M. Eminoglu.
Selon le Bureau du droit des peuples, « ces militants sont venus en Turquie dans le cadre d'une mission d'observation pour enquêter sur le système carcéral dit +en puits+ et les conditions de détention à l'isolement » de certains prisonniers politiques, ce qu'a confirmé à l'AFP une source française membre de leur collectif.
Raphaël Kempf et Romain Ruiz, avocats français d'un des militants arrêtés, Jean-Pascal Graziani, ont appelé vendredi dans un communiqué les autorités consulaires françaises « à déployer immédiatement l'ensemble des mesures de protection prévues par le droit international » pour « s'assurer des conditions de détention » de leur client.
Ces conseils exhortent les autorités consulaires françaises à « garantir son accès effectif à une défense », « veiller au respect de ses droits fondamentaux » et « obtenir des clarifications rapides sur les fondements juridiques de son arrestation ».
« Documenter les conditions de détention relève d'un travail de vigilance démocratique partout dans le monde, nous restons mobilisés pour obtenir la libération de ceux qui luttent pour le réaliser et appelons l'opinion publique à se mobiliser contre les méthodes d'Ankara », concluent Mes Kempf et Ruiz.
La Turquie est accusée de placer certains détenus dans des prisons dites « en puits », avec des cellules privées de lumière du jour, une pratique dénoncée par les organisations de défense des droits humains qui pointent ses effets sur la santé mentale et physique de ces prisonniers. Le parti espagnol « PCPE comunista », dont est membre une de personnes interpellées, a dénoncé dans un message sur X ces établissements dans lesquels « les détenus sont totalement privés de lumière du soleil et d'interactions sociales et sont soumis à un isolement sévère ».
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