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19:15    Katz : Les habitants des villages occupés du Liban-Sud « n’y retourneront pas avant très longtemps »

Le ministre israélien de la Défense Israel Katz, a de nouveau affirmé, dans une interview au podcast d’un commentateur politique israélien, qu’Israël entendait maintenir sa zone d’occupation dans le sud du Liban et que les dizaines de milliers d’habitants des villages occupés ne pourront pas retourner sur leurs terres « avant très longtemps ».

« Ils n'y retourneront pas avant très longtemps, il faut le comprendre. La moitié de leurs maisons sont détruites, il n'y a plus d'habitants, il n'y a que des soldats et des maisons en ruines. Prenez ce modèle face à des organisations jihadistes, et vous gagnerez », a déclaré le ministre.

Israel Katz s’est également félicité que le sud du Liban a été dévasté de la même façon que la bande de Gaza. « Au Liban, j'avais dit en substance : le sud du Liban deviendra Gaza. Nous agirons selon le modèle de Rafah : nous y détruirons tout, nous les traiterons par d'autres moyens, et c'est ce que nous avons fait. (…) Il n'y a rien de ce que j'ai menacé de faire qui n'ait pas été mis à exécution. Ces déclarations ont un objectif : c'est le message que vous adressez à vos forces, le message que vous adressez à vos ennemis, puis vous mettez ces choses en œuvre », a-t-il poursuivi.

Le ministre de la Défense a également avancé que « 9 000 » membres du Hezbollah ont été tués par les attaques israéliennes depuis le début de la guerre en octobre 2023. « Ce que nous avons fait, c'est les détruire. Nous avons ordonné à l’armée de procéder à des destructions systématiques : avec des bulldozers et des explosifs, ils ont tout rasé », a-t-il ajouté. Et de conclure : « Nous contrôlons environ 700 km² de territoire, soit presque deux fois la superficie de Gaza, où toutes les infrastructures sont détruites, où 90 % des maisons de 24 villages frontaliers au Liban ont été détruites. Il faut comprendre qu'il s'agit de 15 000 à 20 000 habitations », a-t-il énuméré, ajoutant que « plus aucune menace pour Metoula, Chtoula et toutes les autres localités frontalières » ne pourrait venir de cette partie du Liban.

Ces propos du ministre israélien interviennent alors que l’armée est censée amorcer son retrait des deux « zones pilotes » définies au Liban-Sud, destinées à repasser sous le contrôle de l’armée libanaise, tel que convenu dans l’accord-cadre signé fin juin entre le Liban et Israël.

Ce début de retrait progressif tarde toutefois à advenir, à l’heure où Tel-Aviv indique attendre qu’un nouveau mécanisme piloté par l’armée américaine soit mis en place pour coordonner les manœuvres entre les deux troupes.

Malgré le nouveau cessez-le-feu annoncé le 19 juin entre le Hezbollah et Israël, les tirs, les frappes aériennes et les dynamitages de l'armée israélienne n'ont pas cessé dans la zone occupée, alors que le bilan de l'offensive israélienne contre le Liban depuis la reprise de la guerre le 2 mars s'élève désormais à au moins 4 322 tués et 12 210 blessés selon le gouvernement libanais.

Israel Katz a également eu quelques mots sur la situation régionale, marquée ces derniers jours par un regain des tensions entre l’Iran et les États-Unis menaçant la pérennité du protocole d’accord annoncé le 14 juin à Islamabad. Il a ainsi affirmé qu’Israël est en capacité de relancer seul une guerre contre l’Iran, sans l’aide des États-Unis. « Le Premier ministre et moi-même avons donné instruction à l’armée de se préparer à une opération militaire israélienne indépendante contre l'Iran. Israël peut s’occuper de l’Iran seul si nécessaire », a-t-il dit.

18:46    Liban-Sud : calme précaire, après des tirs d'artillerie et explosions dans des villages frontaliers

L’escalade au niveau régional après des tirs iraniens dans le détroit d’Ormuz et une série de bombardements américains sur l’Iran ne s’est pas traduite au Liban. Plusieurs attaques israéliennes, majoritairement des tirs d’artillerie, étaient néanmoins à déplorer au Liban-Sud, dans la soirée de samedi à dimanche, avant qu'un calme précaire ne soit observé dans l'après-midi, selon les informations notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah. Seuls des tirs d’artillerie israéliens visant les abords de Kfar Tebnit, dans le caza de Nabatiyé, ont été signalés en fin d’après-midi.

Les tirs d'artillerie ont visé les abords de Bouyout al-Sayyad (caza de Tyr) peu après 23h samedi, et, dès dimanche matin Kfar Tebnit à plusieurs reprises, ainsi que la vallée de Houjeir (caza de Marjeyoun), et la zone de Aïn el-Samahiyé, entre Zaoutar el-Charqiyé et Mayfadoun (caza de Nabatiyé). Des tirs de mitrailleuses contre Qantara (Marjeyoun) ont également été rapportés, tout comme le largage d’une nouvelle grenade assourdissante près de Mansouri (caza de Tyr), où des tracts ont été lancés samedi par l’armée israélienne pour ordonner aux habitants revenus sur place depuis l’annonce du « cessez-le-feu » de quitter le village.

Dans le village côtier de Mansouri, les frappes israéliennes menées la veille ont tué au moins une personne et fait plusieurs blessés, indique notre correspondant. Dans la nuit de samedi à dimanche, à 2 heures du matin, une forte explosion a retenti à Majdel Zoun (caza de Tyr), parallèlement à une vaste opération de ratissage menée par les forces israéliennes dans le secteur. Par ailleurs, peu après 21 heures samedi dans le caza de Bint Jbeil, l’armée israélienne a procédé à des explosions dans les localités de Beit Yahoun et Kounine, et un drone a largué une grenade assourdissante au-dessus de Haddatha.

Le Hezbollah a, de son côté, organisé dimanche les funérailles de 30 de ses miliciens, tués pendant la guerre qui a repris le 2 mars dernier, à Kherbet Selm, village situé en profondeur dans le caza de Bint Jbeil.

La municipalité de Bint Jbeil appelle l'État à agir « immédiatement »

Dans un contexte qui demeure marqué par l'occupation israélienne au Liban-Sud sur plus de 600 km2, sans perspective claire de retrait des forces qui le lient à un désarmement du Hezbollah par l'État libanais, plusieurs municipalités du caza de Bint Jbeil, dont le chef-lieu, ont publié un communiqué dimanche appelant l’État à agir « immédiatement » pour faire face à l’occupation et les destructions qu’elle engendre.

La municipalité de Bint Jbeil, localité largement détruite par l’armée israélienne, a de nouveau tancé « l'urbicide » ou destruction du milieu urbain et appelé « l’État libanais à agir immédiatement afin de mettre un terme à ce qu’elle a qualifié de « massacre urbain » visant la ville et, plus largement, le Liban-Sud ». Elle a également demandé à l’État de porter plainte devant les instances internationales pour que « les responsables de ces violations soient tenus de rendre des comptes ».

De son côté, sans mentionner le Hezbollah, la municipalité de Aïtaroun s’est interrogée sur « ce qu’ont apporté les processus de négociation aux habitants des villages frontaliers ». Suite à une critique à peine voilée de l’accord-cadre signé fin juin à Washington entre Beyrouth et Tel-Aviv, notamment concernant l’absence de « calendrier clair et contraignant pour mettre fin à l’occupation », la municipalité demande notamment à l’État « d’annoncer un plan national d’urgence, clair et spécifiquement consacré aux villages de première ligne, comprenant un calendrier pour le retour des habitants, la reconstruction, le rétablissement des services essentiels et l’indemnisation équitable et rapide de toutes les personnes sinistrées ».

Au-delà de l'identification des besoins, le gouvernement n'a pas encore abordé en profondeur la question de la reconstruction du Liban-Sud, à l'heure où les pays du Golfe, principaux bailleurs de fonds, sont réticents à financer le chantier, contrairement à l'après-guerre en 2006, notamment en raison de l'occupation israélienne, ainsi que, selon des experts, de la crainte que cela ne renforce le Hezbollah, malgré une guerre destructrice.

Enfin, de l'autre côté de la frontière, le ministre israélien de la Défense Israel Katz a de nouveau affirmé, dans une interview qu’Israël entendait maintenir sa zone d’occupation dans le sud du Liban et que les dizaines de milliers d’habitants des villages occupés ne pourront pas retourner sur leurs terres « avant très longtemps ».

17:06 Syrie   Le nouveau parlement syrien se réunit pour la première fois à Damas

Le nouveau parlement syrien s’est réuni pour la première fois dimanche à Damas, 19 mois après que les rebelles menés par le président Ahmed el-Chareh ont renversé Bachar el-Assad, dans ce qui constitue une étape marquante dans la transition politique du pays, malgré les pouvoirs actuellement limités de l’assemblée. Dans un discours prononcé au parlement, M. Chareh a exhorté les députés à « faire de ce conseil un modèle de responsabilité et de compétence », et l’a décrit comme « une tribune pour la vérité et la justice ». « La Syrie est en train d’écrire une histoire glorieuse qui reflète son héroïsme, et nous portons la responsabilité de bâtir la nation comme l’individu », a-t-il déclaré.

Le parlement est considéré comme un test de l’engagement du président syrien à instaurer un nouvel ordre inclusif en Syrie, longtemps gouvernée en État policier par la famille Assad, avec une assemblée législative souvent considérée comme une simple chambre d’enregistrement.

Chareh soutient des élections générales

Selon les dispositions provisoires du gouvernement, les deux tiers des 210 sièges de l’Assemblée ont été pourvus en 2025 par des collèges électoraux régionaux, tandis qu'Ahmed el-Chareh a nommé le tiers restant le 1er juillet.

Les autorités ont estimé que ce système était nécessaire, des années de guerre ayant déplacé des millions de personnes et rendu impossible la fiabilité des registres de la population ou des listes électorales. Les détracteurs affirment que cela confère au pouvoir exécutif un contrôle étendu sur le processus de sélection.

L'homme fort de la Syrie a affirmé soutenir l’organisation d’élections générales dès que les infrastructures et la documentation le permettront. Une déclaration constitutionnelle transitoire introduite en 2025 a accordé au parlement des pouvoirs limités, le gouvernement n’étant pas tenu d’obtenir un vote de confiance parlementaire. L’Assemblée peut proposer et adopter des lois. Elle dispose d'un mandat de 30 mois renouvelable et assume l’autorité législative jusqu’à l’adoption d’une constitution permanente et l’organisation d’élections.

Abdel Halim al-Awak, membre du comité ayant rédigé la déclaration constitutionnelle, a été élu président du Parlement avec 99 voix. Ahmad el-Chareh a déclaré que le Parlement serait chargé de former un comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution.

Ancien militant d’el-Qaëda, M. Chareh a remodelé la Syrie depuis la chute d’Assad, tissant des liens étroits avec les États occidentaux et promettant une nouvelle ère de libertés, bien que sa première année au pouvoir ait été marquée par plusieurs épisodes de violence opposant des combattants pro-gouvernementaux à des membres de groupes minoritaires.

L’Assemblée compte 21 députées – dont 15 figurent parmi les personnes nommées par Ahmed el-Chareh, qui a rompu avec el-Qaëda en 2016. Les autorités n’ont pas communiqué de répartition officielle concernant l’appartenance ethnique et religieuse des parlementaires. Des décomptes officieux révèlent que 10 sièges attribués en 2025 sont occupés par des membres de minorités ethniques et religieuses, dont des Kurdes, des Chrétiens et des Alaouites – la confession d’Assad. Quatre sièges restent vacants suite au décès d’un député, tandis que trois autres, réservés à la province druze majoritaire de Soueida, n’ont pas encore été pourvus.

Les autorités indiquent que la sélection des députés de Soueida est reportée « jusqu’à ce que les conditions deviennent favorables ». Cette région reste hors du contrôle de l’État depuis que les forces gouvernementales et leurs alliés s’y sont heurtés aux Druzes en juillet dernier, provoquant la mort de quelque 1 700 personnes selon les Nations unies.

Cette information est une traduction d'une dépêche publiée en anglais par l'agence Reuters.

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