Les attaques de colons israéliens contre des civils palestiniens en Cisjordanie occupée sont « moralement et éthiquement inacceptables », a estimé mercredi le chef d'état-major de l'armée israélienne, qui a appelé les autorités politiques « à agir avant qu'il ne soit trop tard ».
« Nous avons constaté récemment une augmentation des actes criminels à caractère nationaliste, dont certains sont dirigés directement contre nos soldats et contre la population civile », a déclaré le lieutenant-général Eyal Zamir lors d'une visite à un centre de commandement. Ces « actes (...) sont moralement et éthiquement inacceptables et ils causent un dommage stratégique énorme aux efforts de Tsahal », a-t-il jugé, appelant « toutes les autorités du pays à s'opposer à ce phénomène et à l'éradiquer avant qu'il ne soit trop tard ».
« Il est inacceptable que, pendant une guerre sur plusieurs fronts, Tsahal soit également contrainte d'affronter une minorité menaçante venant de l'intérieur », a-t-il ajouté.
Le chef d'état-major a également qualifié les assaillants d'« émeutiers qui ne représentent pas les implantations » juives en Cisjordanie occupée. « Au contraire, ils mettent en danger les implantations, la sécurité, la stabilité et nos valeurs en tant que peuple et en tant qu'État », a-t-il dit.
Les violences en Cisjordanie ont flambé depuis l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël ayant déclenché la guerre de Gaza le 7 octobre 2023.
Depuis le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, les attaques de colons contre des civils palestiniens dans ce territoire occupé par Israël depuis 1967 se sont nettement intensifiées. Elles ont fait six morts, selon le ministère de la Santé palestinien.
Mardi, l'ONU a appelé Israël à cesser immédiatement l'expansion des colonies en Cisjordanie, dénonçant le déplacement forcé de plus de 36.000 Palestiniens en un an, semblant indiquer une politique israélienne concertée de transfert forcé massif » sur l'ensemble des Territoires occupés, « qui soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique ».
Mardi également, une ex-ministre et député centriste, Meirav Cohen, a dénoncé au Parlement la résurgence d'un « terrorisme juif ».
« La réalité est qu'en ce moment même, des villages sont attaqués, des communautés sont délibérément expulsées de leurs foyers, des moutons sont abattus, des vergers sont incendiés, des gens sont attaqués simplement parce qu'ils sont arabes, sans qu'ils aient recours à la violence », a dénoncé Mme Cohen. « Et récemment, c'est devenu de plus en plus violent, de plus en plus public. Aussi douloureux et honteux que cela soit à admettre, il s'agit bien de terrorisme, et de terrorisme juif », a-t-elle fustigé.
« Avec le temps, ce terrorisme a acquis une impunité croissante. Il est devenu plus répandu, plus organisé, plus dangereux. Et il est dangereux non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour les Israéliens, pour les soldats, pour notre pays », a mis en garde cette député.
En début de semaine, une lettre ouverte signée par des centaines d'anciens responsables sécuritaires du mouvement « Commandants pour la sécurité d'Israël » a dénoncé l'intensification de ces violences de colons, devenues un « phénomène quotidien, permanent et terrifiant »
« Il ne s'agit pas ici de quelques émeutiers ou de 'mauvaises herbes'. Ces actes de violence s'appuient sur un système organisé comportant plusieurs niveaux hiérarchiques institutionnels », avec des « objectifs clairs: vider de larges zones de toute présence palestinienne par le biais de menaces, d'atteintes graves à la vie et aux biens, ainsi que d'émeutes et de pogroms purs et simples », ont accusé les anciens militaires.
Plus de 500.000 Israéliens vivent en Cisjordanie dans des colonies régulièrement condamnées par l'ONU comme illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
Depuis le 7-Octobre, au moins 1.050 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.
Dans le même temps, selon des données officielles israéliennes, au moins 36 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors de raids militaires israéliens.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'armée israélienne a annoncé mercredi avoir éliminé au Liban le commandant de la brigade Imam Hussein, Hassan Ali Marwan, dans la semaine qui a suivi l'opération ayant coûté la vie à son prédécesseur, Ali Muslim Tabaja.
« Hier mardi, l'armée israélienne a mené un raid dans la région de Beyrouth et tué Hassan Ali Marwan, qui avait pris la tête de la brigade Imam Hussein après la mort de son prédécesseur environ une semaine auparavant », a déclaré sur X la porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Major Ella Waweya, précisant que la division Imam Hussein est une force militaire utilisée par la force iranienne al-Qods pour promouvoir les intérêts du régime iranien et exercer une pression sur l’armée et la population israéliennes. Selon nos informations, Hassan Ali Marwan était membre du Hezbollah.
L’armée israélienne a précisé que Marwan, qui occupait auparavant le poste d'officier des opérations de la division, en a pris le commandement après l'élimination du commandant précédent, Ali Muslim Tabaja, et de son adjoint, Jihad al-Safira, ainsi que de plusieurs autres commandants.
« Lors de l'opération Flèches du Nord, le prédécesseur de Tabaja à la tête de la division a également été tué, faisant de Marwan le troisième commandant de division éliminé depuis cette opération », a souligné la porte-parole.
Selon elle, Hassan Ali Marwan était en réalité chargé de « la coordination entre la brigade et le commandement militaire du Hezbollah et de la force al-Qods (...) Il supervisait également les tirs de roquettes, de drones et de missiles vers Israël et l’armée israélienne opérant au Liban-Sud ».
« En tant qu'officier des opérations, il a assumé la responsabilité du renforcement des forces pour tous les éléments de la division et géré leur déploiement dans le sud du Liban », a-t-elle ajouté. « Le ciblage de la brigade de l'Imam Hussein constitue un coup dur pour les capacités militaires du régime iranien et du Hezbollah au Liban et dans tout le Moyen-Orient », a encore estimé l’armée israélienne.
Après avoir éliminé l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah le 27 septembre 2024, lors de frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, l'armée israélienne n'a pas cessé de cibler des membres du Hezbollah, malgré le cessez-le-feu adopté le 27 novembre de la même année, faisant de nombreux morts et blessés civils. Depuis que le groupe chiite a entraîné le Liban dans le conflit entre les États-Unis et Israël d'une part, et l'Iran d'autre part, dans la nuit du 1er au 2 mars dernier, les attaques ciblées ont redoublé contre des membres de la formation.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Hezbollah a rendu hommage et présenté ses condoléances mercredi à la République islamique d’Iran après la mort de l'un des piliers du régime, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, tué dans une frappe israélienne mardi.
« La République islamique d’Iran, qui fait face aujourd’hui à l’agression barbare américano-sioniste, dans un contexte de complots internationaux contre elle, sacrifie ses martyrs et ses hauts dirigeants dans ce combat sacré (…) Par sa résistance historique et sa persévérance, elle fait échouer tous les plans, projets coloniaux, expansionnistes et de fragmentation que l’ennemi américano-sioniste tente d’imposer pour asservir les peuples de la région, piller leurs richesses et dominer complètement leur présent et leur avenir », estime le Hezbollah.
« Nous, au Hezbollah, dénonçons cet assassinat lâche et la poursuite de l’agression criminelle américano-israélienne, et affirmons que le meurtre de dirigeants ne brisera pas la volonté de la République islamique, ni la détermination de sa direction, de son peuple et de ses combattants. La République islamique restera le pilier du projet résistant à l’hégémonie américaine et à l’expansion sioniste, quels que soient les sacrifices », selon le parti pro-iranien.
Mardi, l'armée israélienne a également tué le commandant de la milice des bassidj, le général Gholamreza Soleimani, dans les mêmes frappes.
Depuis le 28 février dernier, date des premières frappes américano-israéliennes sur l'Iran, plusieurs hauts responsables iraniens ont été ciblés. Ce jour-là, l'armée israélienne a visé Ali Khamenei, le guide suprême iranien, ainsi que le ministre de la Défense Amir Nasirzadeh, et le commandant du Corps des gardiens de la révolution, Mohammed Pakpour.
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