En pleine période de regain de tensions entre l’Iran et les Etats-Unis autour du détroit d’Ormuz, une délégation iranienne est en tournée à Beyrouth jeudi, présidée par le vice-ministre des Affaires étrangères, Vahid Jalalzadeh. Elle a été reçue par le président de la Chambre, Nabih Berry, et le vice-Premier ministre Tarek Mitri, qui a affirmé lors de la réunion la volonté du Liban de « s'affranchir de toute occupation ou hégémonie ».
Depuis Aïn el-Tiné, M. Jalalzadeh a affirmé avoir transmis à M. Berry un message de la part du président iranien Massoud Pezeshkian et du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, insistant sur le fait que « l’Iran continue de se tenir aux côtés du Liban ».
Et selon un communiqué officiel publié par le bureau de Tarek Mitri, les discussions entre ce dernier et le responsable iranien « ont porté sur l’avenir de l’accord irano-américain et ses conséquences régionales, notamment sur le Liban », alors que le président américain, Donald Trump, avait enterré mercredi le protocole d'accord signé le 17 juin, et que l'armée américaine a mené des dizaines de frappes ces deux derniers jours sur l'Iran, qui a riposté avec des attaques dans le Golfe et la région. « Cet entretien a été l’occasion d’insister sur l’importance de la paix et la stabilité dans la région du Moyen-Orient, qui est las des guerres perpétuelles, et de réaffirmer la volonté du Liban d’étendre sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, en conformité avec les principes de souveraineté totale et la volonté de Beyrouth de s'affranchir de toute occupation ou hégémonie étrangère », poursuit le texte.
M. Jalalzadeh n'a, jusqu'à présent, pas été reçu par le président libanais, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam. Ces derniers se sont toutefois entretenus, parallèlement à la visite de la délégation iranienne, avec l'ambassadeur américain Michel Issa.
Près de 620 km2 du Liban-Sud sont actuellement occupés par l'armée israélienne, comme conséquence de l’ouverture d’un front de soutien à l’Iran par le Hezbollah ouvert le 2 mars dernier. Depuis le début du mandat du président Joseph Aoun, en janvier 2025, les relations entre l'Iran et le Liban se sont particulièrement tendues, alors que le nouveau mandat a fait du désarmement du Hezbollah une de ses missions. Beyrouth a accusé Téhéran à plusieurs reprises d'ingérences et a pris plusieurs mesures à l'encontre de la République islamique, notamment la suspension des vols directs et des transferts de fonds, allant jusqu'à faire des gardiens de la révolution et de l'ambassadeur iranien à Beyrouth persona non grata. L'Iran, parrain du Hezbollah, veut en outre lier tout arrêt des hostilités au Liban aux négociations menées avec les Etats-Unis, tandis que le pays du Cèdre insiste pour poursuivre ses négociations directes avec Israël, rejetées par le mouvement chiite et ses alliés. Malgré ces tensions, le Liban officiel avait envoyé aux funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei son ministre de la Défense, Michel Menassa.