L'armée israélienne a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête après la diffusion de la photo d'un soldat israélien en train de profaner une statue de la Vierge, vraisemblablement dans un village du sud du Liban. La photo, qui a largement circulé sur les réseaux sociaux, montre un soldat plaçant une cigarette allumée au niveau de la bouche de la statue. Le cliché pourrait avoir été pris dans le village chrétien de Debel (caza de Bint Jbeil), selon des informations circulant en ligne, mais les autorités locales n'étaient pas immédiatement disponibles pour confirmer.
« L'armée israélienne considère cet incident avec la plus grande gravité et souligne que le comportement du soldat est totalement contraire aux valeurs attendues de son personnel », a commenté mercredi le Lieutenant-colonel israélien Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne, sur X. « Après un premier examen, il s'avère que la photo en question a été prise il y a plusieurs semaines. Une enquête sera menée et des mesures disciplinaires seront prises à l'encontre du soldat, en fonction des conclusions de cette enquête. L'armée israélienne respecte la liberté de religion et de culte, ainsi que les lieux saints et les symboles religieux de toutes les religions et communautés. L'armée israélienne mène des opérations pour démanteler l'infrastructure terroriste mise en place par le Hezbollah au Liban-Sud et n'a aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, notamment aux édifices religieux et aux symboles religieux », indique ce responsable.
Ce n'est pas la première fois que des soldats israéliens s'en prennent à des symboles religieux au Liban-Sud. En avril, l’armée israélienne avait confirmé qu’un de ses soldats avait vandalisé un crucifix de Jésus à Debel, après la diffusion d’images largement relayées sur les réseaux sociaux montrant un militaire frappant la tête de la statue à coups de masse, la détachant de la croix.
Alors que des dizaines de villages du sud du Liban sont devenus totalement inaccessibles aux civils depuis l’annonce, le mois dernier, par Israël de l'établissement d’une « ligne jaune », Debel demeure l’un des derniers villages encore habités dans la région. Ses habitants nient régulièrement la présence de l’armée israélienne à l’intérieur du village. Les alentours de la localité, comme le reste de la zone, sont régulièrement la cible de destructions menées par l’armée israélienne.