« Il n’y a que le provisoire qui dure ». Au Liban, cette phrase n’est pas une simple formule, mais une manière de vivre. C’est le point de départ de ce deuxième épisode de L’Orient-La Nuit.
Autour de la table, deux invités incarnent chacun à leur manière cette expérience du temps suspendu. Fouad Elkoury, l’un des plus grands photographes du monde arabe, auteur, entre autres ouvrages, de « Liban provisoire » (Fernand Hazan, 1998), et Aline Kamakian, fondatrice notamment du restaurant Mayrig, promotrice de la cuisine arménienne et cheffe engagée au sein de World Central Kitchen, une ONG qui officie à travers le monde entier et, au Liban, distribue des repas aux déplacés de guerre. Deux parcours, deux façons d’habiter l’incertitude.
(À écouter également sur la plateforme Podbean. Si vous cliquez sur pause, une fenêtre va apparaitre qu'il faudra refermer, en cliquant sur la croix en haut à droite, pour reprendre la lecture)
Tous deux sont profondément ancrés dans ce pays où l’urgence n’est plus un état exceptionnel mais permanent. Le provisoire s’installe, devient structure, façonne notre rapport au monde. Dans cet espace sans fondation stable, le rapport à demain se brouille, le futur devient difficile à imaginer autrement que comme répétition ou rupture.
Cette suspension permanente fait émerger une forme de « barzakh » contemporain : ni pleinement ici, ni déjà ailleurs, ni totalement dans la catastrophe, ni vraiment dans l’après. Un espace où les vies se déploient sans horizon, prises dans une panne de l’imaginaire politique autant que dans l’érosion des possibles.
La conversation est ponctuée d’un témoignage recueilli par Clara Hage auprès de Nasser, un déplacé du Liban-Sud et de messages vocaux laissés par nos lecteurs. Tous donnent à entendre les formes multiples de cette vie en suspens — parfois subie, parfois assumée, parfois transformée en stratégie de survie.
L’Orient-La Nuit, c’est :
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe président brésilien Lula a exigé mardi la « libération immédiate » du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza, jugeant « injustifiable » la prolongation de leur détention par Israël.
« Notre gouvernement, ainsi que celui de l'Espagne, dont un ressortissant est également détenu, exige qu'ils bénéficient de toutes les garanties de sécurité et soient immédiatement libérés », a déclaré Luiz Inacio Lula da Silva sur le réseau social X. Arrêtés jeudi dernier au large de la Crète, les deux militants ont vu leur détention prolongée jusqu'à dimanche par la justice israélienne.
Israël est prêt à déployer « toute l'armée de l'air » contre l'Iran « si nécessaire », a déclaré mardi le nouveau chef de cette force lors de sa cérémonie de prise de poste.
« Nous suivons les développements de près en Iran, et sommes préparés à déployer toute l'armée de l'air vers l'est si nécessaire », a déclaré le général Omer Tischler, qui prend la succession du général Tomer Bar à ce poste-clé. « L'armée de l'air continuera d'agir avec détermination, avec puissance et avec responsabilité partout, contre toute menace et tout ennemi », a assuré le nouveau commandant. « En ce moment même, nous sommes dans les airs au Liban, à frapper le Hezbollah » pro-iranien, a-t-il ajouté. Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, des combats se déroulent quotidiennement dans le sud du pays.
Né en 1975 dans le nord d'Israël, Omer Tischler était avant sa nomination à la tête de l'armée de l'air le numéro deux de ce corps, soit son chef d'état-major. Il avait été nommé à ce précédent poste en septembre 2023, quelques semaines seulement avant l'attaque du 7-Octobre du Hamas palestinien sur le sol israélien qui a déclenché la guerre à Gaza.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe président libanais Joseph Aoun a déclaré mardi après-midi au chef de l'état-major particulier du président français, le général Vincent Giraud, que « les échanges réguliers avec Emmanuel Macron traduisent une volonté de soutenir le Liban afin de mettre fin à l’état de guerre et de l’aider dans tous les domaines ». La trêve entrée en vigueur le 16 avril reste largement inappliquée, notamment au Liban-Sud, où les combats se poursuivent et ont fait des dizaines de morts et de blessés du côté libanais.
« Le Liban apprécie hautement les efforts déployés par le président Macron pour l’aider à faire face à la crise actuelle résultant de la poursuite des attaques israéliennes sur son territoire et de l’escalade militaire en cours dans le Sud », a déclaré le chef de l'État au général Giraud accompagné d'une délégation française, reçus au palais de Baabda.
Le chef de l’État a dénoncé « les pratiques agressives israéliennes, telles que la destruction et le dynamitage de maisons, ainsi que les attaques visant des civils », insistant sur le fait que « l’option des négociations adoptée vise à mettre fin aux souffrances des habitants du Sud en particulier, et des Libanais en général ». Joseph Aoun avait plus tôt affirmé qu'une troisième réunion devrait avoir lieu à Washington « dans les prochains jours », au niveau des ambassadeurs libanais et israélien. Ces derniers se sont déjà rencontrés à deux reprises courant avril dans des séances préparatoires directes, qui doivent permettre de définir le cadre des négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv.
Les discussions avec la délégation française ont par ailleurs porté sur la période suivant le retrait du Liban-Sud des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui doit débuter le 31 décembre 2026 pour un départ complet d’ici à fin 2027. Le président Aoun a dans ce sens indiqué que le Liban « accueille favorablement la volonté de la France et d’autres pays européens de maintenir une présence militaire dans le Sud afin d’aider l’armée libanaise à y préserver la sécurité et la stabilité », précisant que les modalités de ce déploiement seront définies en concertation avec les pays concernés et les Nations unies.
Enfin, Joseph Aoun a remercié le général Giraud pour « le soutien apporté par la France à l’armée libanaise en matière de formation et d’équipement », ainsi que pour « le rôle joué par le président Macron en vue d’organiser une conférence de soutien à l’armée et aux Forces de sécurité intérieure », reportée en raison de la guerre déclenchée le 2 mars, quelques jours avant sa tenue à Paris. Il a enfin insisté sur l’importance de la tenue d’une conférence sur la reconstruction, comme annoncé par le président français.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats