Interrogé par le magazine de gauche, Mother Jones, Andrew Fahlstron membre du groupe Defend the 612, un quartier de la ville, estime même que ce sont désormais des dizaines de milliers de personnes qui sont mobilisées à Minneapolis. « En ce moment, je ne connais aucune personne à Minneapolis qui n'est pas impliquée », assure-t-il. Le militant évoque également toutes les autres formes de solidarité qui se sont mises en place. Des volontaires, de tous âges, de toutes classes, et même des électeurs Républicains dégoûtés, vont faire des courses pour des familles qui n'osent plus sortir, participent à des distributions de denrées alimentaires, emmènent les enfants à l'école, ou encore lancent des appels aux dons pour aider à payer le loyer de ceux qui ne peuvent plus sortir travailler.
Dans un article publié quelques jours après la mort de Renee Good, la radio publique américaine NPR relatait comment il avait fallu la coordination d'au mois cinq personnes pour qu'une jeune adolescente migrante, qui n'osait plus sortir de chez elle, puisse avoir accès à des serviettes hygiéniques alors qu'elle venait d'avoir ses règles pour la première fois. Le lendemain, elle a pu parler avec une infirmière dans une clinique underground qui traite des personnes migrantes ne pouvant plus se rendre à un rendez-vous médical, de peur d'être arrêtées.
Ni le froid (les températures peuvent atteindre les -30 degrés) ni la neige ne semblent arrêter ce mouvement de contestation historique à Minneapolis. La ville s'est plusieurs fois illustrée dans l'Histoire par des mobilisations sociales fortes, que ce soit l'emblématique grève générale de 1934, ou l'immense mouvement de contestation Black Live Matter après la mort de George Floyd en 2020 dans un des quartiers du sud de la ville.