Cette loi s'inscrit dans une résurgence internationale d'usage de la psychiatrie à des fins d'enfermement des opposants politiques. Actuellement, l'Iran, la Russie, la Chine pratiquent déjà l'internement forcé à des fins de répression politique systématique. Historiquement, les pays occidentaux l'ont massivement utilisé. Tout au long du XXe siècle, des militant·es des droits civiques ont été massivement diagnostiqué·es comme « psychotiques » pour faire taire leurs revendications. Les suffragettes au début du XXe siècle, les militant·es afroaméricain·es dans les années 1950, les protestataires en URSS dans les années 19606…
Lorsque ce ne sont pas des mouvements politiques qui sont réprimés, ce sont les individus. La psychiatrie a fondamentalement été créée pour réprimer et redresser les personnes, corps et esprits, considérées comme déviantes, non assimilables dans l'ordre capitaliste, productiviste, validiste, saniste, racial et de genre.
En France, des milliers d'internements psychiatriques sans consentement sont ordonnés chaque jour (76 000 en 2022 soit à peut près le nombre de personnes enfermées dans les prisons en France). Des personnes invisibilisées par le système médiatique et politique. Les militant·es et survivant·es de la psychiatrie sont d'autant plus ciblé·es par cette loi depuis le Hopsy et a fortiori avec cette loi, comme en témoigne le cas récent d'un homme qui a été arrêté et interné suite à une discussion avec Chat GPT. Il y mentionnait son intention de tuer des agents du renseignement. Open AI a fait remonter l'information au FBI qui l'a transmise aux renseignements français. Il a été arrêté et hospitalisé de force sous prétexte d'antécédents psychiatriques7. De la même manière, un militant écologiste a été interné sans son consentement pour son combat en 20128.