Comment expliquer une contamination aussi massive dans une région dépourvue de grandes usines chimiques ? La réponse est à rechercher dans le passé des exploitations d'où proviennent nos échantillons de sols. Pendant des années, elles ont toutes les trois utilisé un engrais bien particulier : des déchets boueux provenant d'une usine locale, l'ancienne papeterie Ahlstrom à Stenay.
Le principe est le suivant : plutôt que d'incinérer des tonnes de boues issues du traitement des eaux usées de l'usine, cette matière était fournie aux agriculteur·ices alentour dans le but de fertiliser leurs terres. Dans le jargon on parle de « valorisation des boues d'épuration ». Un cadeau empoisonné : pour fabriquer des emballages résistants à la graisse, le groupe finlandais utilisait des produits contenant des PFAS. Comme la station d'épuration de l'usine était incapable de les éliminer, ces polluants éternels se sont retrouvés dans les boues alimentant la filière agricole.