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Scientifiques en Rebellion

Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire.


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26.04.2022 à 02:00

26 avril 2022 : Murder Party, Nice

Le 26 avril 2022, des scientifiques en blouse blanche et des activistes déguisé·es en insectes ont participé à une murder party place Massena à Nice pour dénoncer la sixième extinction de masse.

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11.04.2022 à 02:00

Action contre la marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la science

Action contre la marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la science

Dans la continuité de l’appel à la désobéissance civile face à la crise écologique lancé il y a deux ans par 1000 scientifiques à la une du journal Le Monde et de la mobilisation internationale de la semaine dernière largement reprise dans les médias, Scientifiques en rébellion a lancé une nouvelle action ce lundi 11 avril pour dénoncer la marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la recherche scientifique.

Cette action, intitulée « Trollons massivement le questionnaire », consistait à répondre massivement à une consultation proposant à des chercheurs effectuant des missions aux pôles de servir de caution scientifique à des pratiques écologiquement néfastes et socialement inégalitaires en s’embarquant sur un yacht de luxe proposant des croisières à une poignée de privilégiés.

En tant que personnels de la recherche sensibilisés aux questions climatiques, nous nous devions de réagir. Cette association opportuniste entre un croisiériste et des chercheurs doit être vivement dénoncée. D’abord, elle souligne la défaillance de l’État pour financer des recherches qui sont pourtant fondamentales pour la compréhension des phénomènes climatiques. Des chercheurs se laissent donc tenter par des partenariats privés afin de pouvoir exercer leur métier.

Ensuite, parce qu’elle constitue une énorme opération de greenwashing : le croisiériste s’offre et offre à ses passagers un paravent de vertu en se faisant passer pour un contributeur à la recherche et indirectement à la lutte contre le dérèglement climatique alors que la pollution de ses navires y contribue largement. Le navire « Commandant Charcot », opéré par la Compagnie du Ponant, est un mastodonte des mers qui emporte à son bord 9 millions de litres de gaz naturel liquéfié. Il va en brûler en moyenne 200 000 litres par jour soit environ 260 tonnes de CO2 émises par jour ! En 2 jours, chacun·e des 245 passagers aura brûlé autant que le budget carbone annuel total qu’un·e Français·e aura le droit de dépenser en 2050 (2 tonnes : objectif des accords de Paris). Et en 10 jours, chacun·e aura brûlé l’équivalent de l’empreinte carbone actuelle d’un·e Français·e. Le tout pour un coût par passager de 10 000 €, qui en fait un loisir réservé à une petite élite écologiquement irresponsable.

L’opération a fonctionné au-delà de nos attentes puisqu’après à peine 1 heure, le formulaire a été clos. Nous poursuivons néanmoins l’action en demandant aux scientifiques rebelles de signer une pétition de soutien. Nous ferons alors remonter aux instances de la recherche (Ministère, CNRS, etc.) le nombre de participant·e·s.

Au-delà de cette opération coup de poing, il est grand temps de dénoncer le tourisme polaire, ainsi que l’avait fait le géographe Rémy Knafou dans une tribune au Monde en août 2021, et d’y mettre fin afin de protéger ces milieux fragiles déjà extrêmement affectés par le dérèglement climatique !

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11.04.2022 à 02:00

11 avril 2022 : Action en ligne contre la marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la science

Le 11 avril 2022, nous avons mené une action en ligne pour dénoncer la marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la recherche scientifique. Cette action consistait à répondre massivement à une consultation proposant à des chercheurs effectuant des missions aux pôles de servir de caution scientifique à des pratiques écologiquement néfastes et socialement inégalitaires en s’embarquant sur un yacht de luxe proposant des croisières à une poignée de privilégiés. Ce faisant, la compagnie du Ponant s’offre et offre à ses passagers un paravent de vertu en se faisant passer pour un contributeur à la recherche et indirectement à la lutte contre le dérèglement climatique alors que la pollution de ses navires y contribue largement.

Le formulaire a été fermé rapidement après notre action, et notre pétition a reçu plus de 300 soutiens. Suite à notre lettre ouverte, le Comité d’éthique du CNRS s’est saisi de la question des « missions d’opportunité ».

Communiqué de presse

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09.04.2022 à 02:00

9 avril 2022 : Nuit de la rébellion scientifique, Muséum national d’histoire naturelle, Paris

La nuit du 9 au 10 avril 2022, une trentaine de scientifiques ont occupé le Muséum national d’histoire naturelle à Paris et donné douze présentations pour que des mesures urgentes, radicales et nécessaires soient prises afin de limiter les conséquences des crises climatique et écologique en cours et à venir.

Des procès se sont tenus le 30 novembre 2023 et le 17 juin 2024 et ont abouti à une relaxe générale. Suite au second procès le tribunal a reconnu l'état de nécessité face au changement climatique, mais le parquet a fait appel.

Vidéo complète de l'action

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06.10.2021 à 02:00

En soutien à Jérôme, scientifique en procès pour le climat

En soutien à Jérôme, scientifique en procès pour le climat

Tribune publiée dans Reporterre le 6 octobre 2021.

Jeudi 7 octobre, 7 activistes d’Alternatiba seront en procès à Bobigny suite à leur intrusion sur le tarmac de Roissy lors de la marche sur les aéroports du 3 octobre 2020. Parmi eux figure Jérôme Guilet, un scientifique engagé membre du Collectif de la rébellion scientifique. Lui aussi risque jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 18 000 € d’amende.

Pour dénoncer l’inaction politique face à la catastrophe écologique qui nous menace, notre collègue Jérôme Guilet a, comme nous, rejoint en février 2020 l’« Appel de 1 000 scientifiques à la désobéissance civile et au développement d’alternatives  ». Comme nombre d’entre nous, mais sans doute avec encore plus de détermination, Jérôme a fait le choix d’incarner cet appel en s’exposant juridiquement et physiquement sur le terrain.  

Le 13 mars 2020, suite à une action avec les Décrocheurs de portraits visant à faire le vrai bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron en matière de climat, Jérôme a été interpellé en même temps que deux autres scientifiques signataires de l’appel et d’autres activistes, et a passé vingt-quatre heures en garde à vue, sans qu’aucune charge ne soit finalement reconnue contre lui.

Le 3 octobre 2020, Jérôme a participé à la Marche sur les Aéroports, organisée dans toute la France. Il a fait partie de l’équipe ayant fait irruption sur le tarmac de Roissy-CDG pour dénoncer l’absurdité du projet d’extension du Terminal 4, et plus largement pour inviter à remettre en question un secteur dont les prévisions de croissance sont incompatibles avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour cette dernière action, Jérôme sera en procès le 7 octobre prochain, avec six autres activistes. Ils et elles sont poursuivis pour « troubles aux fonctionnement des immeubles ou installations destinés à assurer le contrôle de la circulation des aéronefs […]» et risquent jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 18 000 € d’amende.

Cet engagement, Jérôme l’a pris en sa qualité de scientifique. Certes, Jérôme n’est pas climatologue – pas plus que la grande majorité d’entre nous – mais astrophysicien. Pour autant, en tant que scientifique, Jérôme peut apprécier pleinement la robustesse des preuves synthétisées par plusieurs milliers de ses collègues dans le dernier rapport du Giec ou le rapport de 2019 de l’IPBES. En tant que scientifique, il mesure pleinement le péril que nous font courir les gouvernant.es, qui ne misent actuellement que sur d’hypothétiques ruptures technologiques pour répondre à l’urgence climatique ; et le cynisme de secteurs industriels s’employant à retarder le plus possible l’action climatique pour maintenir des profits de court terme. Comme nous, Jérôme a fini par questionner le sens de travailler à construire des constats scientifiques, à documenter les effets des catastrophes en cours, si ce travail est ostensiblement ignoré par ceux et celles qui sont aux commandes, en dépit des mobilisations citoyennes.

Quel que soit le verdict du jugement du 7 octobre, nous nous tiendrons aux côtés de Jérôme et des six autres activistes qui sont poursuivis pour leur action en faveur du climat. Par ses actions, Jérôme a su incarner une forme de responsabilité des scientifiques que nous devrons continuer à faire vivre. Nous resterons mobilisé.es et présent.es pour de futures actions, en dépit des tentatives croissantes de judiciariser – voire criminaliser – les formes d’expression du mouvement climat. Nous continuerons, par notre travail scientifique, et en lien étroit avec la société civile, à mettre nos compétences aux services des transformations nécessaires à un avenir viable et désirable, afin de mettre les sciences au service d’une transition juste.

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03.10.2020 à 02:00

3 octobre 2020 : Marche sur les aéroports

Le 3 octobre 2020, des scientifiques ont participé aux Marches sur les aéroports dans plusieurs villes de France visant à dénoncer l’impact climatique du transport aérien au bénéfice d’une petite minorité. Cinq d’entre eux ont été arrêtés puis mis en garde à vue en même temps qu’une centaine de militant·es pour s’être introduit·es sur le tarmac et avoir empêché le décollage d’un avion. Notre collègue Jérôme Guilet a fait partie des personnes poursuivies en justice. Dans une tribune publiée dans Reporterre, près de 300 scientifiques ont déclaré leur solidarité avec son action.

Pendant que Jérôme était sur le tarmac, ses collègues déclaraient depuis l’aérogare occupée : « L’aviation prétendue verte par la magie de la compensation carbone ou de progrès techniques futurs est un mythe. Un mythe qui relève du dangereux mensonge s’il prétend nous dispenser de la nécessité de faire décroître le trafic aérien. À moins bien sûr de faire passer les trajets aériens d’une petite minorité avant les besoins fondamentaux de la majorité. »

Crédits photo : Alternatiba

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15.03.2020 à 01:00

Der Appell auf Deutsch

Angesichts der ökologischen Krise ist eine Rebellion notwendig

Angesichts der Tatenlosigkeit der Regierungen gegenüber der ökologischen undklimatischen Notlage rufen mehr als 1.000 Wissenschaftlerinnen und Wissenschaftler aller Disziplinen in der französischen Zeitung Le Monde die Bürgerinnen und Bürger zum zivilen Ungehorsam und zur Entwicklung von Alternativen auf. Sie fordern die politisch Verantwortlichen auf, unser Wirtschafts- und Produktionsmodell radikal zuändern und die Vorschläge des Bürgerkonvents zum Klimawandel ernst zu nehmen.

Dieser Aufruf ist von ähnlichen Erklärungen in The Guardian und Le Temps inspiriert.

Text des Appels

Wir, die Unterzeichnenden, vertreten verschiedene Disziplinen und akademische Bereiche. Die Ansichten, die wir hier zum Ausdruck bringen, sind unsere eigenen und binden nicht die Institutionen, für die wir arbeiten. Was auch immer unsere Fachgebiete sind, wir alle teilen die gleiche Beobachtung: Jahrzehntelang waren die aufeinander folgenden Regierungen nicht in der Lage, starke und schnelle Maßnahmen zur Bewältigung der Klima- und Umweltkrise zu ergreifen, die sich von Tag zu Tag verschärft. Diese Trägheit kann nicht länger toleriert werden.

Die wissenschaftlichen Beobachtungen sind unbestreitbar, und vor unseren Augen spielen sich Katastrophen ab. Wir erleben das 6. Massenaussterben, mehrere Dutzend Arten verschwinden täglich, und die Umweltverschmutzung ist in jeder Hinsicht alarmierend (Kunststoffe, Pestizide, Nitrate, Schwermetalle ...).

Um nur vom Klima zu sprechen: Wir haben bereits einen Temperaturanstieg von mehr als 1°C gegenüber der vorindustriellen Zeit zu verzeichnen, und die CO2-Konzentration in der Atmosphäre war seit mehreren Millionen Jahren noch nie so hoch. Nach dem Bericht des Umwelt- und Entwicklungsprogramms der Vereinten Nationen (UNEP) 2019 zur Überwachung der Emissionen werden die Verpflichtungen der Länder im Rahmen des Pariser Abkommens von 2015 zu einer Erhöhung von mindestens 3°C bis 2100 führen.

Das Ziel, die Erwärmung auf unter 1,5°C zu begrenzen, ist nur dann erreichbar, wenn die globalen Emissionen um 7,6% pro Jahr reduziert werden, wohingegen sie in den letzten zehn Jahren um 1,5% pro Jahr gestiegen sind. Jedes zusätzliche Grad erhöht das Risiko, dass die Kipppunkte überschritten werden, was eine Kaskade irreversibler Folgen (Rückgang des Packeises, Auftauen des Permafrostes, Verlangsamung der Meeresströmungen usw.) zur Folge hätte. Die vorbereitenden Studien für den nächsten IPCC-Bericht (CNRS-CEA-Météo France) deuten darauf hin, dass frühere Berichte das Ausmaß der bereits im Gang befindlichen Veränderungen unterschätzt haben. Eine globale Erwärmung von mehr als 5°C kann nicht mehr ausgeschlossen werden, wenn der derzeitige rasante Anstieg der Treibhausgasemissionen anhält. Bei diesen Temperaturniveaus würde die Bewohnbarkeit Frankreichs durch Temperatur- und Feuchtigkeitsniveaus in Frage gestellt, die zum Tod durch Hyperthermie führen. Menschliche Gesellschaften können nicht weiterhin die Folgen ihrer Aktivitäten auf dem Planeten ignorieren, ohne die Folgen zu erleiden, wie viele Studien, die den wissenschaftlichen Konsens widerspiegeln, schon vor langer Zeit und jeden Tag deutlicher gezeigt haben. Wenn wir auf diesem Weg weitermachen, ist die Zukunft unserer Spezies düster.

Unsere Regierung macht sich in dieser Situation mitschuldig, indem sie das Vorsorgeprinzip vernachlässigt und nicht erkennt, dass unendliches Wachstum auf einem endlichen Planeten schlichtin eine Sackgasse führt. Die von ihr verteidigten Ziele des Wirtschaftswachstums stehen in völligem Gegensatz zu dem radikalen Wandel des Wirtschafts- und Produktionsmodells, der unverzüglich eingeleitet werden muss. Die derzeitige französische Politik in Bezug auf den Klimawandel und denSchutz der biologischen Vielfalt ist weit davon entfernt, den Herausforderungen und der Dringlichkeit, mit denen wir konfrontiert sind, gewachsen zu sein.

Weit davon entfernt, eine angebliche Opposition zwischen Ökologie und sozialer Gerechtigkeit zu bestätigen, hat die Bewegung der Gelbwesten zutreffend die Inkonsequenz und Heuchelei einer Politik kritisiert, die einerseits den Bürgerinnen und Bürgern Verzicht auferlegen will, während sie andererseits einen ungezügelten Konsumismus und einen ungerechten wirtschaftlichen Raubtierliberalismus fördert. Die weitere Förderung überflüssiger und energieintensiver Technologien wie 5G oder des autonomen Autos ist unverantwortlich in einer Zeit, in der sich unsere Lebensweise in Richtung größerer Genügsamkeit entwickeln muss und unsere kollektiven Anstrengungen auf den ökologischen und sozialen Übergang konzentriert werden müssen.

Das Fehlen von Ergebnissen dieser Politik liegt auf der Hand: Wie der Hohe Rat für Klimafragen feststellte, wurde das in der französischen nationalen Strategie für niedrige Kohlenstoffemissionen festgelegte Budget für Treibhausgasemissionen zwischen 2015 und 2018 nicht eingehalten. Trotz der guten Absichtserklärungen liegt der Pro-Kopf-Fußabdruck Frankreichs (einschließlich der importierten Emissionen) heute mit 11 Tonnen CO2-Äquivalent pro Einwohner und Jahr immer noch über dem Niveau von 1995, während er bis 2050 auf 2 Tonnen sinken dürfte.

Das nächste Jahrzehnt wird entscheidend dafür sein, das Ausmaß künftiger Störungen zu begrenzen. Wir lehnen es ab, dass die jungen Menschen von heute und zukünftige Generationen für die Folgen der beispiellosen Katastrophe, die wir vorbereiten und deren Auswirkungen bereits spürbar sind, bezahlen müssen. Wenn eine Regierung wissentlich ihre Verantwortung für den Schutz ihrer Bürger aufgibt, hat sie in ihrer wesentlichen Rolle versagt.

Daher rufen wir zur Teilnahme an den Aktionen des zivilen Ungehorsams auf, die von den Umweltbewegungen durchgeführt werden, seien es etablierte Organisationen (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace...) oder jüngst entstandene (Action non violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate...).

Wir rufen alle Bürgerinnen und Bürger, einschließlich unserer Kolleginnen und Kollegen aus der Wissenschaft, zu Engagement auf, um von der Politik Taten zu fordern und das System ab heute von unten zu verändern. Durch individuelles Handeln, durch Zusammenschlüsse auf beruflicher oder lokaler Ebene (z.B. in Nachbarschaftskomitees) oder durch den Beitritt zu bestehenden Verbänden oder Bewegungen (Alternatiba, Cities in Transition, Territoriale Alternativen...) wird derSpielraum dafür geschaffen werden, Barrieren abzubauen und Alternativen zu entwickeln.

Wir fordern die Regierung auch auf, die Wahrheit über den Ernst und die Dringlichkeit der Situationzu sagen: Unser gegenwärtiger Lebensstil und das Wirtschaftswachstum sind nicht mit einer Begrenzung des Klimawandels auf ein akzeptables Niveau vereinbar. Wir fordern die nationalen und lokalen Politiker auf, unverzüglich Maßnahmen zu ergreifen, um den Kohlenstoff-Fußabdruck Frankreichs wirklich zu reduzieren und die Erosion der biologischen Vielfalt zu stoppen. Wir fordern auch die Exekutive und das Parlament auf, Umwelterfordernisse vor private Interessen zu stellen, indem sie die Vorschläge des Bürgerkonvents zum Klimawandel tatkräftig umsetzen, sein Mandat verlängern und ihm die Befugnis erteilen, ihre Umsetzung zu überwachen.

Appell initiiert von:

Joana Beigbeder, Enseignant-chercheur en science des matériaux, Institut Mines-Télecom – Mines Alès (IMT Mines Alès)
Frédéric Boone, Chercheur en astrophysique, Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP)
Milan Bouchet-Valat, Chercheur en sociologie, Institut national d’études démographiques (Ined)
Julian Carrey, Enseignant-chercheur en physique, Institut national des sciences appliquées de Toulouse (INSA Toulouse)
Agnès Ducharne, Chercheuse en climatologie, CNRS – Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Tanguy Fardet, Chercheur post-doctorant en neurosciences computationnelles, Max Planck Institutefor Biological Cybernetics – Université de Tübingen
Kévin Jean, Enseignant-chercheur en épidémiologie, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Jérôme Mariette, Ingénieur d’études en bioinformatique, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)
Françoise Roques, Chercheuse en astrophysique, Observatoire de Paris

(Vielen Dank an Attac Deutschland für die Übersetzung.)

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28.02.2020 à 01:00

The call in English

In the Face of the Ecological Crisis, Rebellion is Necessary

Recognising governmental inaction in the face of the ecological and climatic emergency, more than 1,000 scientists from all disciplines call for citizens' civil disobedience and their development of alternatives in (top French newspaper) Le Monde. They urge political leaders to radically change our economic and production model and to take the proposals of the Citizens' Convention on Climate Change seriously.

This call is inspired by similar initiatives in The Guardian and Le Temps.

Text of the Call

We, the undersigned, represent different disciplines and academic fields. The views we express here are our own and do not necessarily reflect those of the institutions for which we work. Whatever our areas of expertise, we all share the same observation: for decades, successive governments have been unable to implement strong and rapid action to address the climate and environmental crisis, which is becoming more urgent every day. This inertia can no longer be tolerated.

Scientific observations are indisputable and disasters are unfolding before our very eyes. We are experiencing the 6th mass extinction, several dozen species are disappearing every day, and pollution levels from all points of view are alarming (plastics, pesticides, nitrates, heavy metals...).

To speak only of the climate, we have already exceeded 1°C of additional temperature compared to the pre-industrial era and the concentration of CO2 in the atmosphere has never been so high for several million years. According to the United Nations Environment and Development Program's (UNEP) 2019 Emissions Gap Report, countries' commitments under the 2015 Paris Agreement put us on a trajectory of at least +3°C by 2100, assuming they are met. The objective of limiting warming below +1.5°C is now out of reach unless global emissions are reduced by 7.6% per year, whereas they have increased by 1.5% per year over the last ten years. Each additional degree increases the risk of exceeding tipping points, causing a cascade of irreversible consequences (ice pack collapse, thawing permafrost, slowing of ocean currents, etc.). The preparatory studies for the next IPCC report (CNRS-CEA-Météo France) suggest that previous reports have underestimated the extent of the changes already underway. Global warming of more than 5°C can no longer be excluded if the current runaway increase in greenhouse gas emissions continues. At these temperature levels, France's habitability would be called into question by temperature and humidity levels causing death by hyperthermia. Human societies cannot continue to ignore the consequences of their activities on the planet without suffering the consequences, as many studies reflecting the scientific consensus have shown long ago and more clearly every day. If we continue down this path, the future of our species is bleak.

Our government is complicit in this situation by neglecting the precautionary principle and failing to recognize that infinite growth on a finite planet is simply a dead end. The economic growth objectives it advocates are in total contradiction with the radical change that our economic and productive model must undergo without delay. Current French policies on climate change and biodiversity protection are far from being up to the challenges and urgency we are facing. Far from confirming an alleged opposition between ecology and social justice, the yellow vest movement has rightly denounced the inconsistency and hypocrisy of policies that would impose sobriety on citizens on the one hand, whilst promoting unbridled consumerism and unequal and predatory economic liberalism on the other. Continuing to promote superfluous and energy-intensive technologies such as 5G or the autonomous car is irresponsible at a time when our lifestyles must evolve towards greater frugality and when our collective efforts must be focused on the ecological and social transition.

The lack of results from this policy is obvious: as the High Council for Climate noted, the greenhouse gas emissions budget set by the French National Low Carbon Strategy was not respected between 2015 and 2018. Despite declarations of good intentions, France's per capita carbon footprint (including imported emissions) is still higher today than at its 1995 level, 11 tonnes of CO2 equivalent per inhabitant per year, whereas it is expected to fall to 2 tonnes by 2050.

The next decade will be decisive in limiting the scale of future disruptions. We refuse to let the young people of today and future generations pay for the consequences of the unprecedented disaster we are preparing for and whose effects are already being felt. When a government knowingly abdicates its responsibility to protect its citizens, it has failed in its essential role.

Consequently, we call for participation in the civil disobedience actions of environmental movements, whether historical (Friends of the Earth, Attac, Peasant Confederation, Greenpeace...) or more recently formed (Non-Violent Action COP21 (ANV-COP21), Extinction Rebellion, Youth for Climate...). We invite all citizens, including our scientific colleagues, to mobilise to demand action from our political leaders and to change the system from the bottom up today. By acting individually, by coming together at professional or local citizen levels (e.g. in neighbourhood committees), or by joining existing associations or movements (Alternatiba, Transition Network, Territorial Alternatives...), there will be room for manoeuvre to break down barriers and develop alternatives.

We also ask the public authorities to tell the truth about the gravity and urgency of the situation: our current lifestyle and economic growth are not compatible with limiting climate change to acceptable levels. We call on national and local politicians to take immediate action to truly reduce France's carbon footprint and stop the erosion of biodiversity. We also urge the executive power and Parliament to put environmental issues ahead of private interests by ambitiously implementing the proposals from the Citizens' Convention for Climate and extending its mandate to give it the power to monitor their implementation.

Tribune initiated by :

Joana Beigbeder, Associate professor in materials science, Institut Mines-Télecom - Mines Alès (IMT Mines Alès)
Frédéric Boone, Researcher in astrophysics, Institute for Research in Astrophysics and Planetology (IRAP)
Milan Bouchet-Valat, Researcher in sociology, National Institute for Demographic Studies (Ined)
Julian Carrey, Professor in physics, National Institute of Applied Sciences of Toulouse (INSA Toulouse)
Agnès Ducharne, Researcher in climatology, CNRS - Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Tanguy Fardet, Post-doctoral researcher in computational neuroscience, Max Planck Institute for Biological Cybernetics - University of Tübingen
Kévin Jean, Associate professor in epidemiology, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Jérôme Mariette, Engineers in bioinformatics, National Research Institute for Agriculture, Food and the Environment (INRAE)
Françoise Roques, Researcher in astrophysics, Paris Observatory

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20.02.2020 à 01:00

L'appel en français

Appel de 1000 scientifiques

« Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »

The climate is changing. So should we: #actnow

Février 2020

Faisant le constat de l’inaction des gouvernements face à l’urgence écologique et climatique, plus de 1000 scientifiques de toutes disciplines, parmi lesquels une trentaine de médaillé·e·s du CNRS ou de l’Académie d’agriculture et plus de cent (ancien·ne·s) directrices ou directeurs d’unité, appellent dans Le Monde les citoyens à la désobéissance civile et au développement d’alternatives. Ils exhortent les responsables politiques à changer radicalement notre modèle économique et productif et à prendre au sérieux les propositions de la Convention citoyenne sur le climat.

Cet appel s’inspire de tribunes similaires dans The Guardian et Le Temps. Avec plus de 2000 signataires, il a donné lieu à la création du collectif Scientifiques en rébellion.

Texte de l’appel

Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines académiques différents. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons. Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée.

Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la 6e extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…).

Pour ne parler que du climat, nous avons déjà dépassé le 1°C de température supplémentaire par rapport à l’ère préindustrielle, et la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis plusieurs millions d’années. Selon le rapport de suivi des émissions 2019 du Programme des Nations unies pour l’environnement et le développement (PNUE), les engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015 nous placent sur une trajectoire d’au moins +3°C d’ici 2100, et ce à supposer qu’ils soient respectés. L’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5°C est désormais hors d’atteinte à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. Chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques...). Les études préparatoires au prochain rapport du GIEC (CNRS-CEA-Météo France) suggèrent que les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés. Un réchauffement global de plus de 5°C ne peut plus être exclu si l’emballement actuel des émissions de gaz à effet de serre se poursuit. À ces niveaux de température, l’habitabilité de la France serait remise en question par des niveaux de température et d’humidité provoquant le décès par hyperthermie.

Les sociétés humaines ne peuvent continuer à ignorer les conséquences de leurs activités sur la planète sans en subir les conséquences, comme l’ont montré de longue date et chaque jour plus clairement de nombreuses études reflétant le consensus scientifique. Si nous persistons dans cette voie, le futur de notre espèce est sombre.

Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse. Les objectifs de croissance économique qu’il défend sont en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. Les politiques françaises actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face. Loin de confirmer une prétendue opposition entre écologie et justice sociale, le mouvement des gilets jaunes a dénoncé à juste titre l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. Continuer à promouvoir des technologies superflues et énergivores comme la 5G ou la voiture autonome est irresponsable à l’heure où nos modes de vie doivent évoluer vers plus de frugalité et où nos efforts collectifs doivent être concentrés sur la transition écologique et sociale.

L’absence de résultats de cette politique est patente : comme l’a relevé le Haut Conseil pour le climat, le budget d’émissions de gaz à effet de serre fixé par la Stratégie nationale bas carbone française n’a pas été respecté entre 2015 et 2018. En dépit des déclarations de bonnes intentions, l’empreinte carbone par habitant de la France (incluant les émissions importées) reste aujourd’hui encore supérieure à son niveau de 1995, à 11 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an, alors qu’elle doit descendre à 2 tonnes d’ici 2050.

La prochaine décennie sera décisive pour limiter l’ampleur des dérèglements à venir. Nous refusons que les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures aient à payer les conséquences de la catastrophe sans précédent que nous sommes en train de préparer et dont les effets se font déjà ressentir. Lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel.

En conséquence, nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace...) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate...). Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales...), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.

Nous demandons par ailleurs aux pouvoirs publics de dire la vérité concernant la gravité et l’urgence de la situation : notre mode de vie actuel et la croissance économique ne sont pas compatibles avec la limitation du dérèglement climatique à des niveaux acceptables. Nous appelons les responsables politiques nationaux comme locaux à prendre des mesures immédiates pour réduire véritablement l’empreinte carbone de la France et stopper l’érosion de la biodiversité. Nous exhortons également l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre.

Tribune initiée par :

Joana Beigbeder, Enseignant-chercheur en science des matériaux, Institut Mines-Télecom – Mines Alès (IMT Mines Alès)
Frédéric Boone, Chercheur en astrophysique, Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP)
Milan Bouchet-Valat, Chercheur en sociologie, Institut national d’études démographiques (Ined)
Julian Carrey, Enseignant-chercheur en physique, Institut national des sciences appliquées de Toulouse (INSA Toulouse)
Agnès Ducharne, Chercheuse en climatologie, CNRS – Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Tanguy Fardet, Chercheur post-doctorant en neurosciences computationnelles, Max Planck Institute for Biological Cybernetics – Université de Tübingen
Kévin Jean, Enseignant-chercheur en épidémiologie, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Jérôme Mariette, Ingénieur d’études en bioinformatique, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)
Françoise Roques, Chercheuse en astrophysique, Observatoire de Paris

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13.01.2020 à 01:00

13 mars 2020 : Le vrai bilan de Macron, Palais de l’Élysée, Paris

Le 13 mars 2020, un mois après l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile, un groupe de signataires a joint les actes à la parole en participant à l’action Le vrai bilan de Macron organisée par ANV-COP21. Tout au long de la journée, des personnalités se sont rendues de l’Élysée et ont brandi des portraits du président Macron réquisitionnés dans des mairies pour dénoncer le décalage entre les discours d’Emmanuel Macron concernant l’écologie et les actes de son gouvernement.

« Quand les décideurs continuent à ignorer le mur vers lequel ils nos propulsent, les scientifiques ne peuvent plus se permettre de rester silencieux face à l’urgence et la gravité de la menace. Quel sens y a-t-il à travailler à construire des constats scientifiques, à documenter les effets des catastrophes en cours, si ce travail est ostensiblement ignoré par celles et ceux qui sont aux commandes ? Aujourd’hui, les scientifiques sortent de leurs laboratoires pour rejoindre la rébellion » ont déclaré Kévin Jean et Milan Bouchet-Valat avant d’être interpellés avec leur collègue Jérôme Guilet et de passer 24h en garde à vue, de même que d’autres personnalités.

Crédits photo : ANV-COP21

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