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Scientifiques en Rebellion

Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire.


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27.05.2024 à 02:00

Pour une politique commune de pêche dans des aires marines hyper-protégées

Pour une politique commune de pêche dans des aires marines hyper-protégées

Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 27 mai 2024.

A partir des années 70, l’Europe s’est peu à peu dotée d’une politique commune des pêches (PCP), qui repose sur trois piliers : la durabilité environnementale, sociale et économique, la coopération régionale et la prise de décision fondée sur la connaissance scientifique. Mais, du fait de son manque d’efficacité, elle a été révisée plusieurs fois. En 2023, la Commission européenne a présenté un plan d’action pour la pêche et les océans qui, malgré des insuffisances, proposait des avancées importantes sur les techniques de pêche autorisées dans les aires marines protégées. Ces avancées ont été pourtant rejetées par le Parlement européen, en total désaccord avec les connaissances scientifiques. Voici pourquoi les scientifiques s’en alarment.


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23.05.2024 à 02:00

TotalEnergies ne réduira pas sa production d’énergies fossiles parce qu’on le lui demande poliment

TotalEnergies ne réduira pas sa production d’énergies fossiles parce qu’on le lui demande poliment

Dans une tribune parue dans Le Monde le 23 mai 2024, 300 scientifiques, dont plusieurs co-auteurs et co-autrices de rapports du GIEC, soulignent que la stratégie de TotalEnergies est en totale contradiction avec l’objectif de combattre le réchauffement climatique et que l’entreprise est en situation de faillite écologique alors qu’elle fête cette année son centenaire.

Pour ses 100 ans, TotalEnergies présentera, le vendredi 24 mai, son bilan et sa stratégie lors de l’assemblée générale des actionnaires. Au vu des choix stratégiques, la major fait tout pour célébrer ses 150 ans, en 2074, dans une planète qui sera devenue en grande partie inhabitable.

Car TotalEnergies n’entend pas réduire sa contribution à la catastrophe climatique en cours ; il prévoit au contraire de l’accélérer en augmentant sa production de combustibles fossiles. Lors de son audition par la commission d’enquête sénatoriale en cours, son PDG, Patrick Pouyanné, a défendu son plan d’investissement, qui prévoit d’augmenter sa production d’énergies fossiles de 2 % à 3 % par an sur les cinq prochaines années.

Au lieu de cesser tout investissement dans les nouvelles infrastructures fossiles, comme préconisé par l’Agence internationale de l’énergie afin de pouvoir espérer tenir l’objectif de l’accord de Paris, TotalEnergies a décidé de faire l’inverse.

Pour justifier ses investissements, la tactique de TotalEnergies est maintenant bien rodée et articulée autour de six points.

1. Verdir à peu de frais l’image de la marque : changer de nom et mettre systématiquement en avant dans sa communication publique les énergies renouvelables, alors même que celles-ci ne représentent que 2 % de la production du groupe en 2023, et qu’elles resteront inférieures à 10 % en 2030.

2. Distordre les faits scientifiques pour rendre sa politique de développement faussement compatible avec les objectifs climatiques, ce que des auteurs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avaient déjà dénoncé en février 2023.

3. Dénigrer les scientifiques s’il le faut. « Je respecte l’avis des scientifiques, mais il y a la vie réelle », avait rétorqué Patrick Pouyanné au climatologue Jean Jouzel en septembre 2023, oubliant au passage que c’est de la « vie réelle » que parlent les climatologues et écologues : canicules, fonte des glaciers, baisse de rendement agricole, températures record des océans, disparition des espèces, famines. La catastrophe écologique fait déjà et fera encore des millions de victimes, en détruisant des « vies réelles ».

4. Justifier sa stratégie par l’argument éculé et maintes fois démonté d’une « demande » à laquelle il faudrait bien sûr répondre. Rappelons-le, la dépendance de nos sociétés aux énergies fossiles, loin de répondre à un besoin, a été construite et reste entretenue par les entreprises du secteur. TotalEnergies continue par exemple de construire des centrales électriques à gaz qui contribueront à cette « demande » pendant encore des décennies.

5. Mettre en avant le gaz comme une énergie propre ou « de transition », en mettant sous le tapis le fait que les installations de gaz naturel ne réduisent que faiblement les émissions par rapport au charbon en raison des fuites de méthane et que, de plus, elles nous piègent dans un futur carboné. C’est en particulier le cas pour les infrastructures liées au gaz naturel liquéfié dans lesquelles TotalEnergies investit massivement.

6. Enfin, faire du chantage à l’emploi, argument phare de toutes les entreprises dont l’activité est menacée par la transition écologique. Réduire la production de fossiles « signifierait fermer nos stations-service », d’après Patrick Pouyanné. Réorienter sa production vers les énergies renouvelables suffirait pourtant à fournir des emplois viables aux salariés actuels de TotalEnergies, et à beaucoup d’autres.

Rien ne semble donc pouvoir faire dévier TotalEnergies d’une trajectoire climaticide si rentable. Pour paraphraser Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies : alors que nous sommes sur l’« autoroute vers l’enfer climatique », TotalEnergies a le pied sur l’accélérateur. La puissance publique semble n’avoir aucun moyen d’action et se contente de faire le constat et de « regretter » les décisions de TotalEnergies : c’est en ces termes que la ministre de la transition énergétique d’alors, Agnès Pannier-Runacher, avait accueilli il y a quelques mois ce choix d’accélérer dans le péril climatique.

Il convient toutefois de rappeler que l’impuissance des pouvoirs publics face à TotalEnergies et aux énergies fossiles est en fait très largement entretenue. Notons par exemple que l’année 2022 a été l’année record, au niveau mondial, du niveau de subventions publiques aux énergies fossiles, avec pour la seule Union européenne 350 milliards d’euros. Des dépenses décidées dans l’urgence dans un contexte de crise énergétique liée à l’invasion de l’Ukraine, et justifiées au nom de la défense du pouvoir d’achat.

L’Agence internationale de l’énergie a bien souligné que ces dépenses non ciblées ont largement bénéficié aux ménages les plus favorisés et aux actionnaires des industries fossiles, alors qu’elles auraient tout à fait pu permettre de mettre en place des changements structurels réduisant notre dépendance aux énergies fossiles tout en aidant les ménages les plus modestes à faire face à la flambée des prix de l’énergie.

Il faut se rendre à l’évidence : alors que ses bénéfices atteignent des niveaux record (21 milliards de dollars en 2023), TotalEnergies ne réduira pas sa production d’énergies fossiles parce qu’on le lui demande poliment. Il devient donc indispensable que les pouvoirs publics se donnent les moyens juridiques et fiscaux d’empêcher des entreprises comme TotalEnergies de menacer en toute impunité les conditions d’habitabilité de notre planète, et les élections européennes prochaines constituent une opportunité pour que des candidats s’y engagent.

Plusieurs moyens ou instruments ont déjà été évoqués, comme la nationalisation, l’européanisation, ou encore la taxation des superprofits. Ajoutons-y la proposition d’introduire dans la loi la notion de faillite écologique, qui permettrait à la puissance publique d’envisager un redressement judiciaire d’une entreprise dont les impacts environnementaux vont à l’encontre des accords internationaux eu égard à sa stratégie climatique.

Ne nous y trompons pas, TotalEnergies est aujourd’hui en situation de faillite écologique envers ses créanciers carbone : les générations présentes et futures.

Premièr·es signataires

Olivier Aumont (océanographe), Milan Bouchet-Valat (sociologue), Aude Carreric (climatologue), Julian Carrey (physicien), Irénée Frérot (physicien), Kévin Jean (épidémiologiste), Pierre Mathieu (mathématicien), Jérôme Santolini (biologiste), Laure Vieu (informaticienne et linguiste).

Soutiens

Co-autrices et co-auteurs du GIEC : Christophe Cassou, climatologue ; Wolfgang Cramer, écologue ; Gonéri Le Cozannet, géographe ; Céline Guivarch, économiste ; Yamina Saheb, économiste et docteure en énergétique ; Sophie Szopa, chimiste de l’atmosphère ; Jean Jouzel, climatologue, ancien vice-président du GIEC.

Personnalités scientifiques : Dominique Bourg, philosophe ; Jean-Baptiste Fressoz, historien ; Eloi Laurent, économiste ; Jacques Testart, biologiste ; Cédric Villani, mathématicien.

Liste complète des signataires

Ahmed Abbes, Mathématiques
Marianne Acker, Chimie marine
Victor Altmayer, Neurosciences
Katherine Alvino, Energétique et procédés
Antoine Amarilli, Informatique
Stéphane André, Sciences physiques
Milan Arrouas, Mathématiques
Yoann Asquoët, Biochimie marine
Catherine Aubertin, Économie
Laurent Audouin, Physique
Olivier Aumont, Océanographie
Richaud Aurélien, Sciences de la vie
Viviane Baladi, Mathématiques
Thomas Balenghien, Entomologie
Hugo Barbot, Statistiques
Daniel Bauza-Canellas, Microélectronique
Geoffrey Beck, Mathématiques
Fabrice Beline, Métabolisme de l’agriculture et agroécologie
Simon Benhamou, Éco-éthologie
Luc Beraud, Glaciologie et géomatique
Francoise Berthet, Pharmacien praticien hospitalier
Chloé Bertin, Maladies infectieuses et tropicales
Wolfgang Bertram, Mathématiques
Myriam Besson, Géosciences (météorologie, climatologie)
Laurent Bétermin, Mathématiques
Rachna Bhoonah, Ingénierie environnementale
Alexis Bienvenüe, Mathématiques appliquées
Frédérique Bienvenüe, Mathématiques appliquées
Antoine Bierjon, Hydrologie des surfaces continentales, modélisation du climat
Laurent Bihel, Philosophie
Cyrille Blanchard, Instrumentation astrophysique sol et espace
Jacques Blondel, Biologie
Solen Boivin, Guide nature
Antoine Bon, Chimie
Victor Bon, Science atmosphérique
Mathilde Bonnefond, Neurosciences
Pascal Bonnefond, Géodésie spatiale
Léa Bonnefoy, Astrophysique
Antoine Borie, Mathématiques
Philippe Borsa, Génétique des populations
Yannick Bouillard, Ingénierie
Martin Bowen, Physique
Margaux Brégère, Mathématiques appliquées
Jean Bréhéret, Géologie
Julien Brevier, Biophysique
Joël Brie, Médecine
Sophie Lise Brygo, Pédopsychiatrie
Cécile Capderrey, Écologie
Clément Caplanne, Ingénierie énergie bâtiment
Estelle Carde, Sociologie
Jean-François Cardoso, Science des données
Rémi Carles, Mathématiques
Thibault Caron, Biologie
Damien Cartron, Sociologie
Simon Castellan, Informatique
Timothée Chabot, Sociologie
Guillaume Chagnaud, Hydro-climatologie
Aurélie Charron, Physique-chimie de l’atmosphère
Mathieu Chassé, Géosciences
Indira Chatterji, Mathématiques
Patrick Chauvin, Sciences de l’ingénieur
Brigitte Chauvin, Mathématiques
Rémi Cheynier, Immunologie
Arnaud Chiffaudel, Physique des systèmes complexes
Benoît Claudon, Mathématiques
Delphine Clauss, Chimie
Daniele Clavel, Agriculture
Floriane Clément, Géographie
Solange Coadou Chaventon, Océanographie physique
Daniel Conduché, Mathématiques
Antonin Coutant, Physique
Mewen Crespo, Mathématiques
Michel Cucchi, Médecine, Sociologie
Amelia Curd, Écologie marine
Thomas Da Costa, Sciences cognitives
Anderson Da Silva, Physique de l’atmosphère
Rémi Danain-Bertoncini, Mathématiques
Anne-Marie Daré, Physique
Yohann De Castro, Mathématiques appliquées
Florian Debras, Astrophysique
Eric Debuire, Médecine
Marc Deconchat, Écologie des paysages
Antoine Deleforge, Mathématiques Appliquées
Julien Delord, Philosophie des transitions écologiques
Karine Demyk, Astrophysique
Luc Deneire, Traitement de signal
Marc Denis, Sciences physiques
Antoine Dequay, Mathématiques
Paul Derkenne, Dégradation des plastiques
Dominique Desclaux, Agronome
Auxence Desrentes, Biologiste
Stéphane Dieudonné, Biologie-Neurosciences
Sarah Dijols, Mathematiques
Guillaume Dodet, Océanographie
Gabin Droual, Biologie marine
Agnès Ducharne, Hydrologie
Frédéric Dufaux, Géographie
Carine Duffaut, Epidémiologie
François Dulac, Sciences du climat
Louis Dupaigne, Mathématiques
Richard-Emmanuel Eastes, Chimie, Sciences de l’éducation et Philosohie
Philippe Enclos, Droit privé
Juliette Fabre, Gestion des données
Daniel Faget, Histoire
Xavier Fain, Paléoclimatologie
Aurelien Falco, Atmosphères planétaires
Tanguy Fardet, Sciences de l’environnement
Eric Faudry, Biologie
Luc Favre, Physique
Guillaume Feiger, Climat
Guillaume Ferlat, Physique
Jean-Marie Firdion, Sociologie
Emilie Fleurot, Écologie forestière
Océane Foix, Sismologie
Nicolas Forien, Mathématiques
Gilles Fortin, Neurobiologie
Anne-Laure Fougères, Mathématiques
Marie-Alice Foujols, Sciences du climat
Olivier Frerot, Philosophie
Gilles Frison, Chimie
François Fromard, Écologie
Rémi Gaillard, Climatologie
Alexis Galland, Informatique
Pierre Ganault, Écologie
Patrick Ganster, Physique - Matériaux
Luis Garcia Alles, Biotechnologies
Cedric Gaucherel, Biologie théorique
Ivan Gentil, Mathématique
Maéva Gesson, Biogéochimie marine
Juan Giral, Physique
Romain Gonzalvez, Biologie marine
Jérôme Guilet, Astrophysique
Herve Guillard, Mathématique
Guillaume Guimbretiere, Science de la durabilité
Vincent Guirardel, Mathématiques
Celine Guivarch, Économie
Jonathan Gula, Océanographie physique
Jeremie Habasque, Acoustique écosystémique
Michel Habib, Informatique
Cynthia Hadjidakis, Physique
Taha Hannachi, Psychologie
Pascal Houillier, Médecin
Jean-Michel Hupé, Écologie politique
Laurent Husson, Sciences de la Terre
Gwenaël Imfeld, Biogéochimie
Hélène Jalin, Psychologie
Christian Jammes, Physique
Laurent Jeanneau, Géochimiste
Charlène Jouanneau, Sociologie
Laurence Jouniaux, Science de la Terre
Jurgen Kiener, Physique
Marc Knecht, Physique
Jürgen Knödlseder, Astrophysique
Sylvain Kuppel, Hydrologie
Clémence Labrousse, Mathématiques
Amaury Lambert, Écologie, évolution, mathématiques
Ariane Lambert-Mogiliansky, Économie
Christine Lauzeral, Écologie
Julie Le Gallo, Économie
Alexandre Le Tiec, Astrophysique
Hugo Lebeau, Mathématiques appliquées
Antoine Leblois, Économie
Raphael Leblois, Écologie-évolution-biodiversité
Michelle Lecolle, Linguistique
Thibault Lefeuvre, Mathématiques
Julien Lefevre, Informatique
Yoann Legendre, Géologie et Risques naturels
Simon Legrand, Calcul scientifique
Rémi Lemoy, Géographie
Philippe Lesage, Sciences de la Terre
Christine Lescop, Mathématiques
Nolwenn Lesparre, Géophysicienne
Gaëlle Letort, Biologie computationnelle
Stéphane Letz, Informatique, traitement du signal
Taran Limousin, Agronomie
Jean Littaye, Océanographie, Biogéochimie, Intelligence artificielle
Bruno Locatelli, Sciences de l’environnement
Francois Louchet, Physique
Matilde Maccan, Mathématiques
Laurent Manivel, Mathématiques
Odin Marc, Geoscience
Ivan Marib, Mathématiques
Lucie Marinier, Ingénierie de la culture et de la création
Philippe Marquet, informatique
Olivi Martine, Mathématiques appliquées
Esterina Masiello, Mathématiques appliquées
Anne-Sophie Masson, écologie
Méril Massot, biologie
Pascal Maugis, Climat et ressources en eau
Angélique Melet, Océanographie
Laurent Memery, Océanographe
Thierry Menand, Sciences de la Terre
Manuel Mercier, Neurosciences cognitives
Alice Meunier, Biologie
Fabien Michel, Informatique
Julien Milli, Astrophysique
Delphine Mion, Biophysique
Malo Mofakhami, Sciences économiques
Brivaela Moriceau, Biogéochimie marine
Vincent Moulin, Écologie forestière
Anne-Sophie Mouronval, Mécanique des structures
Delphine Moussard, Mathématiques
Sacha Muszlak, Biologie
Marwan Naciri, Écologie
Philippe Naveau, Climatologie
Duy-Anh Nguyen, Médecine - Cardiopédiatrie
Ghislain Nicaise, Biologie cellulaire
Samuel Nowakowski, Informatique
Laurent Pagani, Astrophysique
Laure Pecquerie, Écologie marine
Fabien Perdu, Physique
Margaux Perhirin, Biologie marine
Laurent Perrin, Biologie- Génétique
Julie Perrin, Art
Nicolas Perry, Ecoconception
Albin Petit, Informatique
Eric Petit, Biologiste des populations
Christophe Peugeot, Hydrologie
Marie Claire Pierret, Géochimie
Chiara Pistocchi, Sciences du sol
Guillaume Piton, Géosciences
Jean-Philippe Poizat, Physique
François Pottier, Informatique
Cedric Poulain, Physique - Mécanique des fluides
Alexis Poulhès, Aménagement
Marie-Lazarine Poulle, Écologie
Myriam Quatrini, Mathématiques
Ignacio Quintero, Biologie
Soltani Roelof, Physique
Raphaël Ravasse, Océanographie Physique
Steven Rendon Restrepo, Astrophysique
Nicolas Reynoud, Physiologie végétale
Chloé Riban, Sciences de l’éducation
Michel Rieu, Agro-économiste
Isabelle Rigoni, Sociologie
Annie Robin, Astrophysique
Francisco Xavier Rodrigues Do Amaral, Hydrologie
Antoine Rousseau, Mathématiques appliquées
Pierre Salou, Ingénieur électronicien
Adrien Saphy, Géochimiste
Terence Saulnier, Biologie & santé
Olivier Saut, Mathématiques
Bruno Schapira, Mathématiques
Bernard Schéou, Economiste
Manoj Schmit, Environnement
Nicolas Schnepf, Informatique
Laura Schweibold, Biologie marine
Alice Serafin, Biologie
Théo Serru, Maths/Info
Guillaume Sescousse, Neurosciences
Pierre Simonot, Sciences et Techniques de l’environnement
Yves Sintomer, Science politique
Thérèse Six, Médecine
Etienne Snoeck, Physique
Antoine Soulas, Physique
Philippe Stamenkovic, Philosophie des sciences
Julia Steinberger, Économie écologique
Sophie Szopa, Chimie atmosphérique
Mathilde Taghon, Psychologie
François Taiani, Informatique
Sylvain Takerkart, Informatique
Cécile Tannier, Géographie
Chloé Tavernier, Écologie
Jacques Testart, Biologie
Laure Teulières, Histoire contemporaine
Jérôme Thélot, Littérature française
Nathan Thenon, Vétérinaire
Denis Thieffry, Biologie
Claire Tito De Moraiq, Écologie
Nicolas Tok, Mathématiques
Gwenola Tosser-Klopp, Génétique animale
Nathalie Touron, Neurosciences
Samuel Tozet, Biologie
Hugo Trentesaux, Physique
Sébastien Triqueneaux, Physique
Patrice Trouiller, Médecine
Laetitia Tuffery, Économie
Pascal Vaillant, Informatique
Constance Valentin, Physique
Hayo Van Der Werf, Agroécologie
Jacques Variengien, Psychologie
Mélanie Vay, Science politique
Julien Vergne, Écologie et médiation scientifique
Camille Vernier, Biologie évolutive et écologie
Marie Verstraete, Pédiatrie
Fabien Vignes-Tourneret, Mathématiques
Marie Vincent, Médecine
Vincent Vles, Aménagement et urbanisme
Claire Voisin, Mathématiques
Florence Volaire, Écologie
Geoffrey Volat, Sciences de l’information et de la communication
Simon Vonthron, Géographie
Paul Wacquiez, Agro alimentation et santé
Louis Waquier, Physique
François Warlop, Agronomie
Sylvain Weill, Hydrologie
Éric Würbel, Informatique
Ewa Zlotek-Zlotkiewicz, Biophysique cellulaire, cancérologie

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17.05.2024 à 02:00

Pfas, stop au scandale sanitaire des polluants éternels

Pfas, stop au scandale sanitaire des polluants éternels

Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 17 mai 2024.

Au niveau européen, l’enregistrement, l’évaluation, et l’autorisation ou la restriction des substances chimiques en fonction de leur toxicité sont gérés dans le cadre du règlement Reach. Ce dernier est critiqué en raison de son incapacité à évaluer les dizaines de milliers de substances chimiques commercialisées en Europe et à protéger les populations et l’environnement, notamment dans le cas des substances persistantes et bioaccumulables, comme les Pfas. La réforme de Reach, qui constituait l’un des piliers de la stratégie «zéro pollution» du pacte vert, a été reportée sine die… Les Scientifiques s’en alarment. Voici pourquoi.


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14.05.2024 à 02:00

Face aux ambiguités de la politique climatique de BNP Paribas, les scientifiques demandent à nouveau des comptes

Face aux ambiguïtés de la politique climatique de BNP Paribas, les scientifiques demandent à nouveau des comptes

Cette année encore, des scientifiques sont allé.es demander des comptes à BNP Paribas concernant sa politique climatique lors de son Assemblée générale du 14 mai. 600 scientifiques, dont plusieurs co-auteur.es du GIEC, l’avaient appelée l’an dernier à cesser tout financement de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Alors que BNP Paribas se vante d’avoir une politique ambitieuse en ligne avec l’Accord de Paris, cette dernière comporte encore plusieurs zones d’ombre.



Vidéo de l’intervention orale de Scientifiques en rébellion disponible ici

Mardi 14 mai, des scientifiques sont allé.es interpeller le Conseil d’administration de BNP Paribas concernant les ambiguïtés de sa politique climatique lors de son Assemblée générale annuelle des actionnaires, comme elles et ils l’avaient fait l’an dernier. Le simple rappel des conclusions claires du Giec et de l’Agence internationale de l’énergie (voir texte à la fin du document), selon lesquelles aucun nouveau projet d’extraction d’énergies fossiles ne doit être financé pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C, a été accueilli par des huées des actionnaires présent.es, et les responsables de la banque ont esquivé la question. Les autres intervenant.es (ONG, créateur et créatrice de contenus, étudiant.es) venu.es demander un renforcement des engagements de BNP Paribas en faveur du climat n’ont pas non plus obtenu d’avancée de la part de la banque. Le rapport Banking on Climate Chaos 2024 sorti le 13 mai indique que BNP Paribas a réduit ses financements aux énergies fossiles, mais leur a tout de même consacré 12 milliards d’euros en 2023.

Irénée Frérot, scientifique qui était présent à l’assemblée générale, déclare « La science climatique est claire : pour respecter l'accord de Paris, plus aucun nouveau projet d’énergie fossiles ne doit être financé. A l’AG de la BNP Paribas, nous avons rappelé ce fait scientifique afin d'exhorter la banque à stopper tout financement, direct ou indirect, aux entreprises qui développent de tels projets, à commencer par TotalEnergies. Notre intervention a déclenché les huées des actionnaires, et la direction du groupe a refusé de s’engager à arrêter de financer la major pétro-gazière française. »

Scientifiques en rébellion avait posé début avril une série de questions à Antoine Sire, directeur de l’Engagement d’entreprise de la banque. N’ayant obtenu aucune réponse, ces questions ont été soumises par écrit au Conseil d’administration de la banque dans le cadre de l’Assemblée générale 2024.

Depuis l’an dernier, BNP Paribas a fait des annonces qui se présentent comme très ambitieuses. Un certain nombre de points vont effectivement dans le bon sens. La banque a revu à la baisse la trajectoire visée pour les crédits aux énergies fossiles d’ici à 2030, et les a effectivement nettement diminués au cours des dernières années. Elle affirme aussi que « BNP Paribas n’a participé à aucune émission obligataire au secteur pétro-gazier depuis la mi-février 2023 » (date à laquelle BNP Paribas avait accordé deux financements de plusieurs milliards de dollars à deux entreprises parmi les plus agressives dans le développement de projets fossiles, BP et Aramco).

Malheureusement, la portée de ce constat n’est pas claire. Il n’est pas certain qu’une telle phrase signifie que BNP Paribas n’ait pas participé au financement de TotalEnergies depuis février 2023, car certains types de versement sont considérés par la banque comme des « liquidités », et « qu’une banque, ça donne des liquidités », d’après les déclarations du directeur général de la banque au Sénat. On ne sait pas non plus précisément quelles entreprises sont incluses dans leur dénomination « secteur pétro-gazier », et le flou règne dans les documents officiels de la banque à ce sujet. Enfin, à ce jour, BNP Paribas se contente de constater ne pas avoir fourni ce type de financement, mais sans s’engager à ne pas le faire à l’avenir.

Le 23 février 2023, les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France assignaient BNP Paribas en justice pour non-respect de son devoir de vigilance climatique. Le lendemain, 600 scientifiques, dont plusieurs co-auteur.es du GIEC, publiaient une lettre ouverte au Conseil d’administration de la banque, lui demandant de cesser urgemment de soutenir financièrement, directement ou indirectement, les nouveaux projets pétroliers et gaziers. En effet, le consensus scientifique, reconnu par le scénario Zéro émission nette de l’Agence internationale de l’énergie, montre que l’ouverture de nouveaux gisements d’énergie fossile est incompatible avec le respect de l’Accord de Paris, et donc avec la limitation du réchauffement climatique bien en dessous de 2°C. La lettre ouverte relevait que BNP Paribas a été entre 2016 et 2021 « la première au niveau mondial pour le financement du pétrole et du gaz en Arctique et la première au niveau européen pour le financement de l’expansion des énergies fossiles ».

La banque avait partiellement répondu à cet appel en communiquant juste avant son Assemblée générale 2023 sur la fin de ses financements dédiés aux nouveaux champs pétroliers ou gaziers – mais sans renoncer à financer les entreprises qui portent ces projets. Venu.es interpeller le Conseil d’administration de BNP Paribas, après une vague d’actions menées dans plusieurs villes par Scientifiques en rébellion contre la banque le 10 mai 2023, plusieurs membres du collectif avaient déjà affronté les huées des actionnaires lors de l’AG du 16 mai 2023, sans obtenir de réponse claire.

Question posée par Milan Bouchet-Valat, membre de Scientifiques en rébellion, lors de l’Assemblée générale :

« Je suis scientifique, et je prends la parole au nom de mes 600 collègues, dont plusieurs co-autrices et co-auteurs des rapports du GIEC, qui vous avaient exhortée en février 2023 à arrêter le financement, direct et indirect, des nouveaux projets d’énergies fossiles. En dépit d’annonces récentes qui semblent aller dans le bon sens, nous constatons que cet arrêt n’est toujours pas effectif aujourd’hui. Or le temps presse. Dire que la situation est urgente est un euphémisme. Au rythme actuel d’émission, le budget carbone pour limiter le réchauffement à 1,5 degrés sera épuisé dans 5 à 7 ans. Les rapports du GIEC et de l’Agence internationale de l’énergie sont formels : plus aucun nouveau projet fossile ne doit pouvoir se financer, et il sera même nécessaire de démanteler les industries extractives bien avant qu’elles ne cessent d’être rentables. Il faut accepter de ne pas faire les profits qui auraient été possibles dans un monde virtuel, un monde dans lequel les limites physiques de la planète ne seraient pas ce qu’elles sont.

Ma question est simple : est-ce que BNP Paribas reconnaît oui ou non, que tout investissement dans de nouveaux projets fossiles est incompatible avec le respect du budget carbone restant pour maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C comme le prévoit l’Accord de Paris ? »

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14.05.2024 à 02:00

Les nids-de-poule du déploiement massif de la voiture électrique

Les nids-de-poule du déploiement massif de la voiture électrique

Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 14 mai 2024.

Alors que les déplacements sont responsables d’un quart des émissions de CO2 en Europe, l’UE s’est engagée à interdire à terme les moteurs thermiques. Mais le tout électrique doit s’accompagner d’une politique de réduction de la voiture individuelle, de l’avion et d’un arrêt de la construction de nouvelles infrastructures inutiles.


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06.05.2024 à 02:00

Une agriculture sans pesticides est possible d'ici 2050

Une agriculture sans pesticides est possible d'ici 2050

Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 6 mai 2024.

Depuis l’après-guerre en Europe, engrais et pesticides de synthèse ont favorisé la productivité d’un modèle agricole intensif avec des impacts considérables, bien établis par les scientifiques, sur l’environnement (la biodiversité, l’eau, l’air et les sols mais aussi la santé humaine). Ces impacts compromettent la durabilité des systèmes agricoles et sont une préoccupation majeure de la société civile et des consommateurs. Récemment une ambitieuse stratégie européenne, à travers le volet agricole du pacte vert ‘De la ferme à la fourchette’, avait pour objectif de réduire de 50% d’ici à 2030 ; l’utilisation et les risques des pesticides chimiques. Mais l’UE a rejeté ce texte. Les scientifiques s’alarment de ce recul. Voici pourquoi.


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Laura VAZQUEZ
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