03.02.2024 à 01:00
Le collectif Scientifiques en rébellion signe une tribune dans L’Obs, critiquant vertement la réponse de la FNSEA et du gouvernement à la colère agricole.
Dans une tribune publiée dans L’Obs le 3 février 2024, le collectif Scientifiques en rébellion dénonce la récupération par certains syndicats et la réponse clientéliste du gouvernement à la colère légitime des agriculteur·rices, dont la revendication première est d’accéder à des revenus dignes. Le collectif y rappelle les différents enjeux et résultats de la littérature scientifique autour de l’agriculture : émissions de gaz à effet de serre, impacts des produits phytosanitaires sur la santé des agriculteur·rices et des écosystèmes, problématique de l’eau, et impacts délétères du libre-échange sur les revenus. Dans ce texte, les scientifiques soulignent que « répondre à la détresse des agriculteurs et agricultrices est compatible avec le respect de l’environnement et de la santé publique », notamment par une transition vers l’agro-écologie combinée à des mesures assurant un revenu digne pour les agriculteur·rices. Ils et elles appellent les citoyen·nes à s’opposer à l’agro-industrie, et soulignent que les conventions citoyennes sont des outils démocratiques potentiellement utiles pour identifier les mesures à prendre.
Dans leur tribune, les scientifiques martèlent de nouveau, références à l’appui, que « le modèle agricole industriel et productiviste conduit à une catastrophe sociale et environnementale », que ce modèle contribue au changement climatique et à l’effondrement massif de la biodiversité mais aussi que « cette agriculture ne s’adaptera pas indéfiniment à un environnement profondément dégradé. Qu’elle ne s’adaptera pas à un réchauffement climatique de +4 °C et une ressource en eau fortement diminuée, pas plus qu’à une disparition des insectes pollinisateurs ». Le collectif souligne les conséquences tragiques pour les agriculteur·rices de ce modèle agricole : santé physique et mentale, conditions économiques et enfin travail avec des milieux profondément dégradés ou avec des ressources vitales réduites. Pour les signataires de cette tribune, la détresse des agriculteur·rices témoigne aussi de « ce conflit interne entre le modèle productiviste qui les emprisonne et la nécessité de préserver l’environnement ».
Les scientifiques précisent que « des pratiques et des modèles alternatifs existent, réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre et préservant la biodiversité » et qu’« ils sont déjà mis en œuvre par des agriculteur·rices qui prouvent chaque jour que d’autres voies sont possibles ». Le collectif dénonce le détournement de la colère d’une partie du monde agricole sur les normes environnementales orchestré conjointement par la FNSEA et le gouvernement, qui a conduit aux mesures annoncées le 1er février par M. Attal. Ces mesures (remise en cause du plan Ecophyto, et reprise en main de l’Anses notamment) « sont en totale contradiction avec l’urgence de s’attaquer à la dégradation environnementale couplée à celle des conditions de vie et de travail des agriculteur·rices » et démontrent selon les signataires « que la priorité gouvernementale est de sanctuariser le modèle agro-industriel ».
À rebours de ce recul dramatique sur le plan environnemental et de cette non-réponse sérieuse à la question des revenus agricoles, les signataires appellent « les citoyen·nes et les agriculteur·rices à soutenir les changements de politique qui iraient réellement dans l’intérêt général, du climat, de la biodiversité » et indiquent que seul un débat collectif, nourri par de multiples savoirs et expériences, de qualité et organisé démocratiquement, devrait décider des orientations à soutenir face à un sujet aussi fondamental que celui de notre subsistance.
Cette tribune, en complément de nombreuses autres portées par des structures ou collectifs œuvrant dans le sens d’une transformation radicale des socio-écosystèmes pour faire face aux catastrophes écologiques et sociales (Confédération Paysanne, MRJC, Soulèvements de la Terre…), arrive après deux semaines d’une forte mobilisation des agriculteur·rices, et au lendemain du baisser de rideau de celle-ci, après que le gouvernement a renoncé à des mesures indispensables et vitales de protection de l’environnement pour tous les organismes vivants.
Le collectif Scientifiques en rébellion avait déjà par le passé mené des actions en lien avec le sujet de l’agriculture et des pesticides. Ainsi, le 1er décembre dernier, en marge de l’alter-COP qu’ils et elles avaient organisée à Bordeaux, les Scientifiques en rébellion avaient mené une action de sensibilisation dans l’espace public aux causes de la destruction de la biodiversité, notamment en Gironde. Ils et elles avaient notamment pris la parole devant l’École du vin, devant le Muséum d’histoire naturelle, et avaient remis le rapport de l’IPBES à l’Hôtel de Région. En mars 2023, en parallèle du salon de l’Agriculture, au cours d’une action appelée « Printemps silencieux », ils et elles avaient formé un cortège funèbre dans le jardin du Muséum national d’histoire naturelle pour dénoncer les conséquences catastrophiques du recours massif aux pesticides et promouvoir un autre modèle agricole.
03.02.2024 à 01:00
Répondre à la détresse des agriculteurs et agricultrices est compatible avec le respect de l’environnement et de la santé publique, expliquent, dans une tribune publiée dans L’Obs, les Scientifiques en rébellion, à condition de rejeter les mesures productivistes et rétrogrades du duo FNSEA-gouvernement.
La crise de l'agriculture brasse croyances, savoirs, opinions, émotions. Elle ne peut laisser quiconque insensible tant elle renvoie à l’un de nos besoins fondamentaux – se nourrir – et témoigne du désarroi profond d’une partie de nos concitoyen·nes qui travaillent pour satisfaire ce besoin. Reconnaître la souffrance et le désarroi du monde agricole n'empêche pas d'examiner les faits et de tenter de démêler les responsabilités dans la situation actuelle. Une partie de son traitement médiatique tend à faire croire que les agriculteurs et agricultrices parleraient d'une seule voix, celle du président agro-businessman de la FNSEA Arnaud Rousseau. Ce directeur de multinationale, administrateur de holding, partage-t-il vraiment la vie de celles et ceux qui ne parviennent plus à gagner la leur par le travail de la terre ? Est-ce que les agriculteur·ices formeraient un corps uniforme, qui valoriseraient le productivisme au mépris des enjeux environnementaux qu'ils et elles ne comprendraient soi-disant pas ? Tout cela est difficile à croire.
Ce que la science documente et analyse invariablement, en complément des savoirs et des observations de nombre d’agriculteur·ices, c'est que le modèle agricole industriel et productiviste conduit à une catastrophe sociale et environnementale. Que ce modèle concurrence dangereusement les alternatives écologiquement et socialement viables. Que cette agriculture ne s'adaptera pas indéfiniment à un environnement profondément dégradé. Qu’elle ne s’adaptera pas à un réchauffement climatique de +4°C pour la France et une ressource en eau fortement diminuée, pas plus qu’à une disparition des insectes pollinisateurs.
Actuellement, comme le rappelle le Haut Conseil pour le Climat (HCC), l’agriculture représente le 2e secteur d’émissions de gaz à effet de serre, avec 18% du total français, derrière les transports. La moitié de ces émissions agricoles (en équivalent CO2) provient de l’élevage bovin à cause du méthane produit par leur digestion, 14% des engrais minéraux qui libèrent du protoxyde d’azote et 13% de l’ensemble des moteurs, engins et chaudières agricoles. Le HCC rappelle aussi que la France s’est engagée lors de la COP26 à baisser de 30% ses émissions de méthane d’ici à 2030, pour limiter le réchauffement climatique. L’agriculture, bien que répondant à un besoin fondamental, doit aussi revoir son modèle dominant pour répondre aux enjeux climatiques. De ce point de vue, ce qu’indique la science, c’est que, si l’on souhaite faire notre part dans le respect de l’accord de Paris, la consommation de viande et de produits laitiers doit diminuer en France. Mais la solidarité avec nos agriculteur.ices ainsi que l’objectif légitime de souveraineté et résilience alimentaire nous indiquent que ce sont les importations et les élevages intensifs de ruminants qui devraient diminuer en premier.
Côté biodiversité, la littérature scientifique montre que l’usage des pesticides est la deuxième cause de l’effondrement des populations d’insectes, qui atteint 80% dans certaines régions françaises. Les oiseaux sont en déclin global de 25% en 40 ans, mais ce chiffre bondit à 60% en milieux agricoles intensifs : le printemps est devenu particulièrement silencieux dans certains champs...
Le paradoxe est que ces bouleversements environnementaux menacent particulièrement les agriculteur·ices, pour au moins trois raisons bien identifiées. Tout d’abord environnementale, à cause du manque d’eau, de la dégradation des sols, des évènements météorologiques extrêmes (incendies ou grêles), ou du déclin des insectes pollinisateurs, qui se traduisent par une baisse de production. Sanitaires, ensuite : par leur exposition aux produits phytosanitaires, ils et elles ont plus de risque de développer des cancers (myélome multiple, lymphome) et des maladies dégénératives. Financière enfin, avec l’interminable fuite en avant du surendettement, provoqué par la nécessité d’actualiser un équipement toujours plus performant et d’acheter des intrants pour pallier les baisses de production engendrées par la dégradation environnementale.
Depuis des décennies, les traités de libre-échange et la compétition intra-européenne ont privé la grande majorité des agriculteur·ices de leur autonomie, dans un cercle vicieux aux répercussions sociales tragiques pouvant mener au suicide. Si la FNSEA, les JA, ou la Coordination Rurale réclament une forme de protectionnisme agricole, d’autres de leurs revendications portent en revanche sur une baisse des contraintes environnementales et sanitaires qui font porter le risque de la poursuite d’un modèle délétère sur le long-terme. Ce sont justement ces revendications que le gouvernement a satisfait avec, en particulier, la « suspension » du plan Ecophyto, accueilli par un satisfecit de ces trois organisations syndicales rappelant immédiatement « leurs » agriculteurs à la ferme. Seule la Confédération Paysanne refuse ce compromis construit au détriment de l’écologie.
Pourtant, des pratiques et des modèles alternatifs existent, réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre et préservant la biodiversité ; ils sont déjà mis en œuvre par des agriculteur·ices qui prouvent chaque jour que d’autres voies sont possibles. Mais ces alternatives ont besoin d’une réorientation des politiques publiques (qui contribuent aujourd’hui pour 80% au revenu agricole). Des propositions cohérentes de politiques publiques répondant à des enjeux clés (rémunération digne des agriculteur·ices non soumis aux ‘trusts’ de la grande distribution, souveraineté alimentaire, considérations climatiques et protection de la biodiversité) existent, comme les propositions relevant de l’agro-écologie, qu’elles émanent du Haut Conseil pour le Climat, de la fédération associative Pour une Autre PAC, de l’IDDRI, ou encore de la prospective INRAE de 2023 : baisse de l’élevage industriel et du cheptel notamment bovin avec soutien à l’élevage extensif à l’herbe, généralisation des pratiques agro-écologiques et biologiques basées sur la valorisation de la biodiversité (cultures associées, agroforesterie, restauration des haies favorisant la maîtrise des bio-agresseurs) et arrêt des pesticides chimiques de synthèse. Ces changements de pratiques doivent être accompagnés de mesures économiques et politiques permettant d’assurer le revenu des agriculteur·ices, leur accès à la terre et leur formation, en cohérence avec ce que proposent des syndicats, des associations ou des réseaux (Confédération paysanne, Atelier paysan, Terre de liens, Fédérations nationale et régionales d’Agriculture Biologique, Réseau salariat...).
Nous savons donc que les politiques qui maintiennent le modèle agro-industriel sous perfusion ne font qu'empirer les choses et qu’une réorientation complète est nécessaire et possible pour la survie, la dignité, la santé et l’emploi des agriculteur·ices. Nombre d’enquêtes sociologiques indiquent qu’une bonne partie d’entre elles et eux le savent très bien, et que leur détresse témoigne aussi de ce conflit interne entre le modèle productiviste qui les emprisonne et la nécessité de préserver l'environnement.
Si le gouvernement convient que « les premières victimes du dérèglement climatique sont les agriculteurs », les mesures prises démontrent que la priorité gouvernementale est de sanctuariser le modèle agro-industriel. La remise en cause du plan Ecophyto, et la reprise en main de l’Anses notamment, sont en totale contradiction avec l’urgence de s’attaquer à la dégradation environnementale couplée à celle des conditions de vie et de travail des agriculteur·ices.
Nous appelons les citoyen·nes et les agriculteur·rices à soutenir les changements de politique qui iraient réellement dans l’intérêt général, du climat, de la biodiversité. Nous rappelons que le sujet de l’agriculture et de l’alimentation est d’une redoutable complexité, et qu’identifier les mesures les plus pertinentes devrait être réalisé collectivement et démocratiquement. Ces mesures devraient privilégier l'intérêt général et à long-terme, par exemple dans le cadre de conventions citoyennes dont les conclusions seraient réellement traduites dans la législation, a contrario de la précédente convention citoyenne pour le climat.
19.01.2024 à 01:00
Le lundi 15 janvier, deux tribunaux allemands ont condamné trois scientifiques, dont un Français, pour avoir participé à des actions de désobéissance civile contre l’inaction climatique à l’automne 2022. Le même jour, au Tribunal de Paris, des scientifiques étaient relaxés dans le cadre d’un procès faisant suite à une conférence-occupation au sein du Muséum national d’histoire naturelle au printemps 2022.
Le lundi 15 janvier 2024 ont eu lieu deux procès en Allemagne au cours desquels quatre scientifiques et activistes du groupe Scientist Rebellion, de nationalité grecque, française et allemande, ont été jugés pour leur action pacifique visant à souligner l’échec de la politique allemande face à la crise climatique. Une fois de plus, des membres de Scientist Rebellion ont été condamnés sans que les tribunaux ne prennent réellement en compte la gravité de la crise climatique.
Le tribunal régional de Berlin a tout d’abord confirmé l’amende infligée en première instance à Niko Froitzheim, professeur en géologie à l’université de Bonn, qui avait bloqué un pont dans le quartier gouvernemental de Berlin avec 15 membres de Scientist Rebellion en avril 2022. Le juge a rejeté l’appel, en dépit du plaidoyer fait en faveur d’un état d’urgence climatique. Le scientifique a commenté : « Lors de ce procès, plus que lors des précédents, j’ai eu l’impression de parler à un mur. Le tribunal n’était pas prêt à faire face à mes motivations et à mon désespoir, comme si la crise climatique allait se résoudre d’elle-même si ceux qui attirent l’attention sur elle sont réduits au silence ».
Au tribunal régional de Munich, s’est déroulé le deuxième procès parmi ceux intentés contre 20 membres de Scientist Rebellion suite à des actions de désobéissance civile non violente en octobre 2022 dans la même ville, ayant déjà conduit certains de ces scientifiques à passer jusqu’à une semaine en détention préventive. Ces actions visaient le fond d’investissement BlackRock, où les activistes avaient réalisé une mise en scène en versant de la mélasse (symbolisant le pétrole) puis s’étaient collé les mains au sol en signe d’occupation, pour fustiger l’implication de cette société dans le financement de l’exploitation des énergies fossiles et dans l’endettement des pays du Sud. Le groupe avait ensuite bloqué une route dans le centre de Munich pour attirer l’attention sur le manque d’engagement du gouvernement allemand dans la décarbonation des transports. Trois jours plus tard, le groupe avait investi le hall d’exposition BMW Welt pour attirer l’attention sur le rôle de l’entreprise dans le retard de mise en œuvre des politiques de décarbonation des transports et le greenwhashing utilisé dans la publicité pour ses voitures (thermiques et électriques), en projetant de la mélasse sur plusieurs voitures exposées, en collant des articles scientifiques documentant la crise climatique, puis en se collant les mains sur l’un des modèles les plus luxueux et polluants de l’exposition.
Parmi les trois prévenus, deux ont été condamnés à des amendes entre 900 et 2700 € pour dégradation de biens et violation de propriété, une somme fortement réduite comparée aux amendes initiales (dont la contestation a conduit au procès) et évitant une inscription au casier judiciaire allemand. Ils envisagent néanmoins de faire appel. Les charges requises contre le troisième scientifique ont été abandonnées en échange d’un don de 1000 € à l’ONG environnementale Deutsche Umwelthilfe e.V. L’adéquation des montants de dommages et intérêts demandés par BlackRock (12 000 €) et BMW (27 000 €) n’a pu être prouvée. Les accusés ont par ailleurs fait valoir que leurs actions étaient nécessaires pour atténuer la catastrophe climatique imminente en faisant pression sur le gouvernement pour qu’il agisse conformément aux accords internationaux et aux données alarmantes du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Leurs actions ont mis en avant la nécessité urgente de décarboner rapidement la société, pour laquelle la fenêtre d’opportunité existante se referme rapidement.
« Je suis soulagé que le procès soit passé, celui-ci amenant beaucoup d’anxiété du fait de notre système judiciaire répressif injuste et bancal. Je tiens à souligner la solidarité incroyable dont j’ai fait l’expérience ces derniers jours, et suis également très en colère contre ce système qui réprime et menace, considérant des activistes tirant la sonnette d’alarme sur la réalité de la crise climatique comme des criminels. Nous devons continuer à nous battre », déclare Nicolas, ingénieur français en environnement et également membre du collectif Scientifiques en rébellion (branche française de Scientist Rebellion).
Après le procès, Agisilaos Koulouris, de Grèce, a déclaré en réponse au verdict : « Au milieu de l’effondrement du climat, les actions perturbatrices sont justifiées, proportionnelles et nécessaires. Si les défenseurs du climat sont condamnés, alors la justice est vraiment aveugle ».
Le troisième procès de cette série d’actions, qui jugera 6 Français, aura lieu le 5 mars 2024 à Munich.
Par ailleurs, le lundi 15 janvier, le Tribunal de police de Paris a relaxé 8 scientifiques et activistes de Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion qui étaient poursuivi·es suite à une conférence-occupation tenue au Muséum national d’histoire naturelle le 9 avril 2022 pour alerter sur les conséquences de l’inaction climatique du gouvernement et l’extinction des espèces.
L’audience s’était tenue le 30 novembre, jour d’ouverture de la COP 28 à Dubaï, et le jugement avait été mis en délibéré. Trois personnalités scientifiques étaient alors venues témoigner de la légitimité de cette action : Pierre-Henri Gouyon (biologiste, Muséum national d’histoire naturelle), Christophe Bonneuil (historien des sciences, CNRS) et Fabrice Flipo (philosophe des sciences, Institut Mines Telecom). Une lettre de la climatologue et ancienne co-présidente du groupe 1 du Giec Valérie Masson-Delmotte avait été préalablement jointe au dossier.
Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal a annulé les amendes de 5e classe qui avaient été infligées aux participantes à l’action car l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée. En revanche, ni l’état de nécessité, ni la liberté d’expression, qui avaient été invoqués par la défense, n’ont été retenus. Il s’agit néanmoins d’une victoire judiciaire pour le collectif Scientifiques en rébellion, issu de l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020, et dont c’était le premier procès. Comme le clamait une banderole lors de la conférence-occupation, « Dire la vérité n’est pas un crime » !
D’autres participant·es à cette action passeront en jugement ultérieurement.
03.12.2023 à 01:00
Ce dimanche 3 décembre, jour de clôture de leur COP alternative organisée à Bordeaux, une trentaine de Scientifiques en rébellion ont donné des conférences dans les rues du centre-ville de Bordeaux, accompagné·es par une batucada. Certain·es portaient des banderoles ciblant les énergies fossiles et la COP de Dubaï, d’autres distribuaient des tracts au public, tandis que des orateur·ices se succédaient pour donner des conférences. Leurs messages principaux : dénoncer la mascarade de cette COP 28 et l’inaction climatique ; rappeler la nécessité de ne plus ouvrir ni financer de nouveaux sites et infrastructures liées à l’extraction de pétrole et de gaz ; souligner l’importance de traiter des enjeux liés à la biodiversité conjointement avec les enjeux climatiques. Après la fin des conférences, un groupe de scientifiques est allé recouvrir d’articles scientifiques l’agence Crédit Agricole située place de la Victoire, pour rappeler le rôle majeur des principales banques françaises dans le financement des nouveaux projets pétro-gaziers, et les appeler à les stopper.
Les scientifiques ont commencé à 9h30 par des interventions place de la Victoire, avant de se diriger une heure après, suivant une batucada, vers le marché des Capucins. Ils ont alors à nouveau pris la parole devant de nombreux passants venus faire leur marché. Lors de leurs prises de parole, les scientifiques ont rappelé le consensus scientifique sur le fait que les nouveaux projets pétro-gaziers ne sont pas compatibles avec le respect de l’Accord de Paris sur le climat, dont l’objectif est de limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de +2°C et si possible +1.5°C. En raison du nombre de morts que vont causer ces nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles, certain·es scientifiques les appellent les bombes climatiques, ou bombes carbone.
Les scientifiques ont ensuite ciblé le Crédit Agricole, en recouvrant la vitrine de l’agence de la place de la Victoire d’articles scientifiques sur les bombes climatiques. La banque reste le premier financeur de Total Energies : entre 2016 et 2021, ce soutien a représenté plus de 7 milliards de dollars. De plus, Amundi, la filiale de gestions d’actifs du Crédit Agricole, est le premier actionnaire de Total Energies (14 milliards d’euros). Amundi a réaffirmé son soutien à l’entreprise en mai dernier en votant pour le plan climat de Total Energies, validant ainsi sa stratégie expansionniste, qui permet le développement de nouveaux projets tels que EACOP.
Le Crédit Agricole n’est pas la seule banque française à financer massivement l’expansion des énergies fossiles : BNP Paribas et la Société Générale le font également. Il est ainsi estimé que le financement d’entreprises pétro-gazières investissant dans les bombes climatiques a été en 2022 de 7,4 milliards pour BNP Paribas, 6,4 milliards pour le Crédit Agricole, et de 3,7 milliards pour la Société Générale1.
Cette action de Scientifiques en rébellion fait suite à d’autres alertes déjà lancées par le collectif sur le financement des bombes climatiques. Ainsi, à l’initiative du collectif, 600 scientifiques – dont plusieurs co-auteur·ices du GIEC – avaient publié en février dans L’Obs une lettre ouverte demandant au conseil d’administration de BNP Paribas de ne plus financer directement ou indirectement de nouveaux projets fossiles. Lors de l’assemblée générale de BNP Paribas (le 16 mai 2023), les scientifiques étaient intervenu·es pour rappeler à BNP Paribas que des réponses à la hauteur des enjeux étaient attendues.
Cette journée a été organisée dans le cadre d’une campagne internationale menée par le collectif Scientist Rebellion. Des actions ont lieu en lien avec la COP 28 dans plusieurs pays du monde, avec comme slogan « How much more climate failure can we take ? ». La priorité pour respecter l’Accord de Paris étant la sortie des énergies fossiles, les scientifiques en rébellion considèrent comme inadmissible et grotesque que la présidence de la COP 28 soit confiée à un magnat du pétrole. Ils et elles appellent à un accord international sur l’arrêt total de l’exploitation de nouveaux gisements.
Photos
Des photos sont disponibles sur un dossier partagé, que vous pouvez réutiliser librement, avec crédit photos « Scientifiques en rébellion » ou « Collectif Résigraphies » (voir dans chaque sous-dossier) : https://cloud.le-pic.org/s/w3tDCoFBFnLc6DC
Le reste du document donne des détails sur les constats scientifiques justifiant ces actions.
Différents collectifs militent contre le financement des énergies fossiles en raison de l’urgence climatique à laquelle nous faisons actuellement face. Pour respecter l’Accord de Paris et ne pas dépasser une élévation de la température à + 1.5°C, il faut drastiquement réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Actuellement, les chercheurs estiment par exemple que pour avoir une forte probabilité de respecter l’Accord de Paris, une quantité limitée de CO2 doit être rejetée dans l’atmosphère. Plus précisément, ce « budget carbone restant » s’élève à environ 300 Gt de CO2 pour rester en dessous de +1.5°C de réchauffement et environ 900 Gt de CO2 pour espérer rester en deçà de 2°C2. Au rythme actuel d’émissions de CO2 (40 Gt CO2 par an), ce budget s’amenuise très rapidement année après année.
Les scientifiques utilisent aujourd’hui le terme de « bombes climatiques » pour qualifier les infrastructures fossiles en projet qui vont émettre plus d’un milliard de tonnes de CO2 au cours de leur existence. Pourquoi ? Parce que les énergies fossiles sont la première cause de libération de CO2 dans l’atmosphère, et que ces émissions vont causer des dizaines ou centaines de millions de morts à cause de la hausse de température résultante. 425 « bombes climatiques » ont été répertoriées dans le monde3. Du fait de la hausse de température qu’elles généreront et en utilisant nos connaissances actuelles sur le taux de mortalité associé, on peut estimer que chaque bombe climatique causerait au minimum la mort de 200 000 personnes entre maintenant et la fin du siècle. 200 000 ! Le projet EACOP émettrait par exemple à lui seul 34,3 millions de tonnes de CO2 par an pendant au moins 20 ans, ce qui pourrait causer 150 000 morts d’ici à la fin du siècle4.
Face à ces constats, les multinationales des énergies fossiles sont appelées à réduire leur extraction d’hydrocarbures et de charbon, dont la combustion contribue massivement aux émissions de GES5. Pourtant, elles adoptent la tendance inverse : par exemple, TotalEnergies, qui depuis les années 1970 cherchait à dissimuler l’impact des énergies fossiles sur le réchauffement climatique6, prévoit aujourd’hui d’augmenter de 25 % ses extractions gazières d’ici 2030 et d’allouer toujours 70 % de ses investissements aux hydrocarbures sur la période 2022-20257.
En plus de représenter une source importante d’émissions de GES, les énergies fossiles ont d’autres conséquences dramatiques sur l’environnement. L’exploitation et le transport des hydrocarbures et du charbon se fait tout d’abord au détriment des populations locales, qui subissent les dégradations de leur milieu de vie. Le projet EACOP en est un exemple révélateur. Ce projet porte notamment atteinte aux ressources en eau et aux moyens d’existence des agriculteurs, des pêcheurs et de toutes les personnes tributaires de la richesse des ressources naturelles de la région. Une résolution d’urgence du parlement européen indique que près de 118 000 personnes seront affectées par ce méga-projet pétrolier, que plus de 100 000 personnes courent le risque imminent d’être déplacées par suite du projet EACOP (privées du libre usage de leurs terres, et donc de leurs moyens de subsistance).
L’exploitation et le transport des énergies fossiles représentent aussi une menace importante pour les écosystèmes et la biodiversité. Les accidents pendant le transport maritime d’hydrocarbures s’accompagnent de lourds dégâts, avec comme exemple récent la marée noire survenue en janvier 2022 sur plus de 40 km du littoral de la côte centrale péruvienne. Les douze mille barils de pétrole échappés, soit 1,9 millions de litres de pétrole, ont pollué durablement deux réserves naturelles protégées, entraînant la mort de milliers d’animaux – dont certains en voie d’extinction – et laissent sept mille pêcheurs artisanaux et commerçants sans travail. Un dernier exemple d’impact concerne les risques de fuites sur les oléoducs de transports terrestres. En 2022, l’oléoduc de Keystone (Etats-Unis) a déversé 2,2 millions de litres de pétrole dans les cours d’eau, tandis qu’un oléoduc en Équateur a déversé 1 million de litres de pétrole dans la forêt amazonienne.
1 « Ces bombes carbone qui menacent le climat », Le Monde, mercredi 1er-jeudi 2 novembre 2023.
2 Rapport GIEC, WG1 section TS.3.3.1, Table TS.3 (2021).
3 Kühne et al, « Carbon Bombs - Mapping key fossil fuel projects », Energy Policy, 2022.
4 « Uganda’s pipeline plans face stiff opposition », Oxford Analytica, 2022.
5 Rapport GIEC, AR6, WG1 Box TS.5 (2021).
6 Bonneuil et al., Global Environnement Change, 2021.
7 TotalEnergies, « Plus d’énergies, moins d’émissions », mars 2023. Voir aussi son communiqué de presse
03.12.2023 à 01:00
Alors que la COP28 se tenait dans l’un des principaux pays producteurs de pétrole, Scientifiques en rébellion a organisé une série de COP alternatives partout en France. Après des « mini COP alternatives » à Nancy, Nantes, Lyon, Paris et Nîmes, l’événement principal s’est tenu à Bordeaux du 30 novembre au 4 décembre. Ces quatre jours ont constitué un véritable quartier général de résistance climatique, une effervescence de rencontres, de discussions, de débats, de formes artistiques, d’actions de désobéissance civile non violente.
Plus de détails: COP28 alternative à Bordeaux, mini COP28 alternatives.
01.12.2023 à 01:00
Vendredi 1er décembre au matin, dans le cadre d’actions menées en marge de la COP Alternative de Bordeaux, les Scientifiques en rébellion ont mené une action de sensibilisation aux causes de la destruction de la biodiversité, notamment en Gironde. Différents temps forts se sont succédés : une prise de parole devant le Muséum d’Histoire Naturelle, une déambulation avec distribution de tracts, une prise de parole devant l’École du Vin et la remise du rapport de l’IPBES à l’Hôtel de Région. Les prises de paroles étaient partagées avec des militant.es engagées dans des collectifs locaux. A l’heure de la COP, les scientifiques souhaitaient rappeler le besoin de rassembler les problématiques climatiques et celles de biodiversité, et d’aborder l’urgence écologique de manière systémique.
Les scientifiques se sont d’abord rassemblés devant le Muséum du Jardin Public de Bordeaux autour de la bannière « Biodiversité : bientôt plus que dans les musées ? » et de panneaux rappelant l’ampleur de la chute de la biodiversité. Pour insister sur l’articulation entre les constats globaux et les luttes locales, trois militant.es engagées dans des collectifs de la région ont pris la parole : un militant des Naturalistes des Terres, une militante d’Alerte Pesticides Haute Gironde et une militante engagée contre la construction de deux lignes de train à grande vitesse au départ de Bordeaux. Ils et elles ont rappelé le fait que les pesticides sont des sources de problèmes de santé humaine et environnementale, et la forte empreinte sur des milieux fragiles des projets de ligne à grande vitesse.
Le groupe s’est ensuite élancé vers la Place Tourny en occupant la chaussée. Tout au long de cette déambulation, des tracts ont été distribués afin de partager les faits scientifiques avec le grand public : plus d’1 million d’espèces en danger d’extinction dans les prochaines décennies, effondrement de 80% des populations d’insectes en 30 ans, perte de 30% des populations d’oiseaux agricoles en 30 ans, 1 espèce végétale sur 5 menacée d’extinction.
Afin d’illustrer les causes de destruction de la biodiversité par des exemples très concrets, le groupe s’est ensuite dirigé vers deux lieux institutionnels symboliques. Tout d’abord, devant l’École du Vin du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), le groupe a déployé une seconde banderole « Une agriculture sans pesticides est possible ». Le résumé du rapport de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de 2021 a été déposé en vue d’être remis au président du CIVB pour lui rappeler l’effet de l’usage des pesticides chimiques de synthèse sur la santé humaine. En Gironde, la viticulture est à l’origine de l’épandage de pesticides le plus important des activités agricoles. La vigne, culture d’exportation, comme ailleurs la banane, cause pollution des sols et morts de viticulteurs et de riverains suite aux cancers produits. Une militante de Alerte Pesticides Haute Gironde est venue témoigner des derniers résultats de la recherche sur le lien entre cancers pédiatriques et épandage de pesticides.
Le groupe s’est enfin dirigé vers l’Hôtel de Région où le message « LGV STOP ECOCIDE ! » a été déployé. Le résumé du rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), ainsi qu’un article rappelant les chiffres exacts d’artificialisation des sols des projets de ligne à grande vitesse ont été délivrés. Le plus grand projet d’infrastructures pour les 10 prochaines années en Gironde est en effet sur les rails : le GPSO (Grand Projet du Sud Ouest), qui consiste en la construction de deux nouvelles lignes à grande vitesse, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Une militante anti-GPSO a rappelé les effets potentiels de ce grand projet, qui traverserait 8 sites Natura 2000, dont la vallée du Ciron. Cette dernière abrite une biodiversité exceptionnelle associée à une hêtraie multimillénaire dans un microclimat de ripisylve. Au cours de cette action, la parole a également été donnée à un Naturaliste des Terres, engagé dans des actions visant à mettre en déroute de nombreux projets écocides.
Pendant que la COP 28 consacrée à la situation climatique s’ouvre à Dubaï, cette action visait à attirer l’attention sur la situation globale de la biodiversité, traitée dans une COP indépendante, alors que le réchauffement climatique et la chute de la biodiversité ont des origines communes systémiques : l’extractivisme, le mythe de la croissance infinie, etc... D’où l’appel à un « décloisonnement entre urgence climatique et urgence écologique » lancé ce vendredi lors de la prise de parole de Stéphanie Mariette, membre de Scientifiques en rébellion. Les scientifiques ne souhaitent plus être les témoins impuissants de cette destruction, accumulant les données sur les espèces et leur diversité. Pour elles et eux, l’avenir de la biodiversité ne doit pas être des collections épinglées dans les musées. Cependant, fidèles à la posture que le collectif souhaite adopter (« ni conseillers du prince, ni au service des pouvoirs technologiques et industriels, ils et elles apportent leurs méthodes et leurs compétences au service du commun »), les scientifiques souhaitent contribuer à mettre en débat notamment le modèle agricole actuel et les grands projets d’infrastructure, à l’échelle où le sentiment d’impuissance peut être contré, c’est-à-dire à l’échelle locale.
Informations générales sur la chute de la biodiversité
Les causes de la destruction de la biodiversité sont connues. Entre autres, l’artificialisation des sols et le changement d’utilisation des sols diminuent partout la taille des habitats des espèces et fragmentent le paysage, empêchant la continuité écologique et la migration naturelle des individus. Ensuite, la pollution, et en particulier l’utilisation massive de pesticides dans l’agriculture, menace désormais la santé humaine et celle des écosystèmes. 70 000 tonnes de pesticides sont utilisées par an en France. Ces pesticides mettent en danger la santé des agriculteurs.trices et de la population. Ils accroissent la fréquence de nombreuses maladies : Parkinson, cancers (y compris chez les enfants vivant à proximité de zones densément cultivées en vignes). Le changement climatique en cours sera un facteur aggravant. D’après la synthèse récente de la Fondation Pour la Recherche sur la Biodiversité, « les liens entre biodiversité et climat sont faits de rétroactions respectives : la perte de biodiversité aggrave le changement climatique qui en retour dégrade la biodiversité qui perd ses facultés de réagir au changement climatique. Par exemple : la pression de sélection sur les espèces, entrainée par le changement climatique va réduire leur diversité génétique et ainsi leurs facultés d’adaptation à d’autres fluctuations de leur environnement. »
Cependant, les mesures favorables à la biodiversité peuvent potentiellement l’être également pour le climat : lutter contre la déforestation et à la dégradation des forêts pour permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de même que préserver la biodiversité et les écosystèmes non forestiers riches en carbone sur terre et en mer ; restaurer des écosystèmes dégradés, tels que les zones humides qui sont des puits de carbone efficaces, des écosystèmes de prévention des inondations et des foyers de biodiversité ; valoriser des pratiques agricoles, forestières et de pêche respectueuses du climat et de la biodiversité, changer les habitudes alimentaires pour réduire la pression sur les terres et notamment réduire fortement l’élevage afin d’orienter les cultures vers la production de protéines végétales pour les humains ; rediriger l’ensemble des aides vers le développement de l’agroécologie et l’agriculture biologique afin de pouvoir réduire drastiquement l’utilisation des pesticides ; et enfin stopper les grands projets d’infrastructure alors que la France est déjà largement équipée en routes, autoroutes et lignes à grande vitesse.
Photos
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Références :
PLUS D’1 MILLION D’ESPÈCES EN DANGER D’EXTINCTION DANS LES PROCHAINES DÉCENNIES : United Nations Report, Nature’s Dangerous Decline ‘Unprecedented’; Species Extinction Rates ‘Accelerating’ (2019).
EFFONDREMENT DE 80% DES POPULATIONS D’INSECTES EN 30 ANS : Hallmann CA, Sorg M, Jongejans E, Siepel H, Hofland N, et al. (2017) More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLOS ONE 12(10): e0185809.
PERTE DE 30% DES POPULATIONS D’OISEAUX AGRICOLES EN 30 ANS : Fontaine B., Moussy C., Chiffard Carricaburu J., Dupuis J., Corolleur E., Schmaltz L., Lorrillière R., Loïs G., Gaudard C. 2020. Suivi des oiseaux communs en France 1989-2019 : 30 ans de suivis participatifs. MNHN- Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation, LPO BirdLife France - Service Connaissance, Ministère de la Transition écologique et solidaire. 46 pp.
1 PLANTE SUR 5 EST MENACÉE D’EXTINCTION : Willis, K.J. (ed.) 2017. State of the World’s Plants 2017. Report. Royal Botanic Gardens, Kew.
Expertises collectives :
Inserm. Pesticides et effets sur la santé : Nouvelles données. (2021) Collection Expertise collective. Montrouge : EDP Sciences, 2021.1 036 pages
Soubelet H., Delavaud A., Goffaux R., Voirin S., Bérel M., 2023. Biodiversité et changement climatique : Impacts sur la biodiversité, les écosystèmes français et les services écosystémiques. Recommandations pour l’adaptation de la biodiversité. Synthèse de connaissances. Fondation pour la recherche sur la biodiversité