07.07.2026 à 23:24
aplutsoc2
Marine Le Pen et sa bande ont été condamnés pour détournements massifs de fonds publics, complicité et recel de détournements de fonds publics, ayant largement perpétué et utilisé un système mis en place au temps de Jean-Marie Le Pen (totale continuité). Une enquête pour détournement de fonds publics vise également Jordan Bardella.
Les juges ont fait en sorte qu’elle puisse se présenter à la présidentielle tout en devant faire appel de sa condamnation pour éviter le port d’un bracelet électronique. Après Sarkozy, qu’elle a soutenu contre la justice, président de la V° République lui aussi tardivement condamné comme le grand délinquant qu’il est, voici donc une candidate à la présidence qui s’affirme en même temps délinquante et mafieuse, « tête haute et front dressé ».
Sa campagne démarre donc d’emblée comme un bras de fer visant à intimider le pouvoir judicaire, et détruire l’Etat de droit, pour accomplir la V° République comme régime autoritaire. Du même coup, elle contraint le fat Bardella et les courants visant à un gouvernement de coalition du RN et de la droite dite traditionnelle dans lequel le RN serait sous contrôle, à s’aligner : il ne sera pas sous contrôle.
C’est ainsi la campagne de Trump et de Poutine qui démarre en France. Marine Le Pen entend être élue en tant que condamnée pour ses pratiques mafieuses, afin de les imposer et les banaliser, tels Orban, Erdogan ou Poutine.
Il est faux de dire que « rien n’est changé » (J.L. Mélenchon) : la nature radicalement hostile à toute garantie des droits du RN est réaffirmée frontalement pour une campagne condamnée à la fuite en avant « populiste » ou au piétinement. Ce qui va susciter des contradictions, et qu’Edouard Philippe, après avoir annoncé vouloir en finir avec l’école publique, va tenter d’exploiter;
La crise de régime s’aggrave encore : sans l’institution présidentielle, le phénomène du clan Le Pen prévaricateur et visant à former au pouvoir une mafia oligarchique n’aurait pas vu le jour. Rompre avec ce régime, instaurer une République démocratique, sociale et laïque associée librement aux autres peuples, tel doit être le programme de la démocratie, qui ne passera pas par un scrutin présidentiel.
L’unité d’action tout de suite pour les besoins urgents face à la catastrophe qui vient va devoir se dresser et affronter ce régime pour battre une bonne fois le gang Le Pen. Attendre un homme providentiel, Mélenchon ou Philippe, pour battre « dans les urnes » Marine Le Pen, c’est une illusion dangereuse qui fait son jeu. Elle doit être battue avant, par l’affrontement social dans le pays.
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07.07.2026 à 15:28
aplutsoc
Que ceux qui se qualifient d’« antimilitaristes » examinent les conséquences de leur politique.
La nuit dernière, Kyiv a de nouveau été la cible d’une attaque russe de grande envergure. Le bilan s’élève déjà à plus de 14 morts, tous des civils.
Depuis des semaines, les Ukrainiens alertent sur la pénurie critique de munitions pour les systèmes de défense aérienne. L’aide militaire en provenance d’Europe et des États-Unis n’arrive désormais qu’en quantités limitées.
En conséquence, aucun des missiles balistiques tirés sur Kyiv lors de l’attaque de la nuit dernière n’a été intercepté.
– Aucun des 6 missiles 3M22 Zircon/Onyx ont été interceptés.
– Aucun des 23 missiles Iskander-M/S-400 ont été interceptés.
Nous estimons que la responsabilité de ces décès incombe non seulement à Trump et aux responsables politiques pro-russes en Europe, mais également à ceux qui, depuis des années, s’opposent à ce que l’Ukraine dispose des moyens de se défendre, tout en se cachant derrière une fausse notion d’antimilitarisme. Cette position a contribué à cultiver l’indifférence — et parfois une hostilité ouverte — au sein de certains courants de la gauche occidentale à l’égard de l’aide militaire à l’Ukraine.
Ces choix relèvent d’une responsabilité politique, publique et morale et il faudra en rendre compte.
6 juillet 2026
Solidarity Collectives
07.07.2026 à 15:08
aplutsoc
Présentation
Nous reproduisons cet article tiré du bulletin syndical Emancipation du 20 juin 2026. Il porte un bilan lucide, selon nous, de ce qu’a été réellement cette conférence de Porto Alegre censée être anti-fasciste sans jamais nommé les cibles ni dénoncé tous les impérialismes.
Document
Du 26 au 29 mars 2026 s’est tenue à Porto Alegre, au Brésil, une conférence internationale intitulée “Conférence antifasciste et anti-impérialiste”, la première de ce nom selon les organisateurs. Au vu des comptes rendus de cette conférence, et de l’orientation du document final adopté, on peut néanmoins s’interroger sur la pertinence de cet intitulé, et sur l’avenir de cette initiative.
Avec 1000 à 4000 participant·es selon les sources, issu·es de 40 pays, cette conférence combina des séances plénières et onze tables rondes thématiques, ainsi qu’un forum réunissant des représentant·es de gouvernements et des parlementaires.
L’initiative de cette conférence (qualifiée simplement d’“antifasciste” à l’origine) fut prise par les sections régionales de deux partis brésiliens, avec le feu vert de leurs instances nationales : le Parti des travailleurs (PT), au pouvoir à Brasilía, et le PSOL (Parti pour le Socialisme et la Liberté), et avec l’appui de deux syndicats de l’enseignement et du Mouvement des Sans Terre, puis le renfort du Parti communiste brésilien (PCdoB).
L’initiative piétina d’abord et la date initialement prévue fut reportée. Puis, fin 2025, elle fut relayée par un nouvel appel impulsé par Éric Toussaint et le CADTM (Comité pour l’Abolition des Dettes illégitimes) dont il est porte-parole, avec le renfort d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). C’est avec cet appel relais que fut ajouté le mot “anti-impérialisme” à l’intitulé initial de la conférence.
Première observation : cette conférence ne fut guère indépendante du gouvernement brésilien. Le PT, le parti de Lula, est la pièce maîtresse de ce gouvernement constitué en alliance avec des partis bourgeois, et avec la participation du PCdoB.
Certes, selon Toussaint,“le gouvernement de Lula n’a pas apporté de financement” mais cela ne garantit en rien l’indépendance des travaux. Car le PT, le PSOL et le PCdoB sont des partis nationaux soutenant un gouvernement fédéral qui, à Brasilia, mène par exemple une politique favorable aux grands propriétaires terriens, lesquels arment des milices pour affronter les paysans sans terre, chasser les peuples premiers, détruire les ressources naturelles.
Le gouvernement de Lula, pour ces raisons, est un gouvernement bourgeois qui vise à faire du Brésil une “grande puissance”, un impérialisme de second rang à même de jouer un rôle régional.
Or, Toussaint justifie le choix du Brésil pour cette conférence par le fait que dans ce pays le profasciste Jair Bolsonaro a été électoralement battu en 2022 grâce à “l’unité” réalisée en particulier entre PT, PCdoB et PSOL (cf. lien n°4)… Mais ce qu’oublie Toussaint, c’est que cette unité derrière Lula s’est traduite par un gouvernement incluant des partis bourgeois, et que l’actuelle politique du gouvernement Lula rend crédible la future candidature du profasciste Flàvio Bolsonaro ou de toute autre candidature du même type.
Autre précision : au sein du PSOL, une tendance, le MES (Mouvement de la Gauche Socialiste) se montra fort active (le MES est, depuis 2025, membre du même regroupement international que le NPA-A en France). Quant à Éric Toussaint, il est lié au même regroupement.
Cet appel international fut conçu comme un “appel large” (selon les mots d’Éric Toussaint) et diffusé avec 236 premières signatures parmi lesquelles, pour la France, on trouve Jean-Luc Mélenchon, Aurélie Trouvé, députée LFI à l’Assemblée nationale, Olivier Besancenot, (NPA–A). Hendrik Davi, député et membre de l’APRÈS, Patricia Pol, représentante d’Attac France au Conseil international du Forum social mondial.
C’est là un panel tout autant “large”, plus large encore si l’on considère les signatures issues des autres pays.
La deuxième caractéristique de cet appel, c’est de ne donner aucune définition du fascisme, alors qu’on prétend le combattre, ni aucun exemple précis.
De même, on ne définit pas l’impérialisme, et nul exemple concret n’est donné.
Or cette conférence s’est tenue alors que l’agression impérialiste russe contre l’Ukraine, engagée depuis 2014, se développe pleinement depuis quatre ans : ni l’appel à la conférence, ni l’appel final n’en disent mot.
Éric Toussaint en donne lui-même la raison :
“Si on avait cité l’agression impérialiste russe contre l’Ukraine, il est clair qu’une grande partie des forces de gauches latino-américaines, d’Amérique du Nord, certaines forces de gauches européennes ou asiatiques auraient refusé de signer. Le PT, le PCdoB, une partie importante du PSOL, le Mouvement des Sans Terres, la CUT du Brésil, les PC latino-américains et plusieurs syndicats[…]n’auraient pas signé.
Nous avons préféré proposer à signature un appel que beaucoup de forces pouvaient signer”, qui appelle à combattre“toute agression impérialiste et coloniale quelle qu’en soit l’origine”et qui précise“y compris les armes à la main quand c’est nécessaire”.
Cachez donc cet impérialisme que l’on ne saurait voir… En refusant de qualifier d’impérialisme la Russie pour ne pas déplaire à ceux qui le protègent, on place la conférence sous l’égide de cet impérialisme.
“Simple souci tactique” répondent les défenseurs de ce choix : l’objectif était d’engager le débat, de faire entendre la voix de la résistance ukrainienne. La majorité du RESU (Réseau européen de Solidarité avec l’Ukraine), accepta ainsi ce cadre pour permettre à des syndicalistes et militants de gauche ukrainiens de prendre la parole à Porto Alegre.
Mais ces voix ukrainiennes ne furent pas autorisées à s’exprimer en plénière, reléguées dans l’un des ateliers. Et elles ne modifièrent en rien la poutinophilie dominante à Porto Alegre : la déclaration finale reste muette sur l’impérialisme russe. Ce qui ne pouvait que satisfaire Lula qui refuse toute sanction visant la Russie.
Et, pour ne gêner personne, les autres impérialismes seront de même floutés, aussi bien la France qui opprime le peuple Kanak que la Chine effaçant lepeuple Ouïghour.
Une conférence “anti impérialiste” dites-vous ?
Un même silence concerne la répression sauvage conduite par le régime islamique contre le peuple iranien, contre les femmes en particulier ; et cette terreur à caractère fasciste n’a pas commencé avec le massacre de plus de 30 000 Iraniens et Iraniennes du 8 au 10 janvier 2026. La mobilisation historique “Femme, Vie, Liberté” avait également été broyée par la répression.

Ce silence procède d’un syllogisme infernal : puisque les USA sont l’agresseur, le régime islamique en serait une victime…, et tant pis pour les foules mitraillées et les pendaisons !
Le sommet fut atteint avec la présence d’un iman iranien, Hossein Khaliloo, qui assura la défense de la dictature théocratique iranienne.
Interrogé, Éric Toussaint préfère éluder ce point :“Je crois que son invitation n’était pas bienvenue”.
Qu’avec délicatesse ces choses-là sont dites !
D’autres, gênés, évoquent une “présence inattendue”.
Or ce fut une invitation réfléchie, qui permit à l’iman Hossein Khaliloo de se faire applaudir en plénière, et de siéger à la tribune d’une table ronde aux côtés de Patricia Pol, représentante d’Attac France. Et, devant cette tribune, le drapeau de la République islamique était déployé ! Des photos en témoignent, dont l’une diffusée par Solidaires qui, à juste titre, avait refusé de mettre les pieds à cette conférence.
Mais É. Toussaint a bonne conscience, car au moins :“Le génocide perpétré par le gouvernement néo-fasciste de Netanyahou à Gaza est dénoncé”.
La résolution finale va dans le même sens. Elle liste une série d’actions solidaires mais en reste à desformules générales : “Nous luttons contre tous les impérialismes et soutenons la lutte des peuples pour leur autodétermination, par tous les moyens nécessaires”. Seul l’impérialisme américain est nommément cité ; l’impérialisme russe n’existe pas, et pas davantage la terreur fascho-théocratique en Iran.
S. Lu-Zinne, le 22 mai 2026
Article publié dans le numéro de juin 2026 de la revue « L’Emancipation syndicale et pédagogique ».
Source : https://www.emancipation69.fr/?antifasciste-anti-imperialiste,507.html
Cinq textes pour un débat
(Les 4 premiers sur le site du CADTM, le 5e sur le site de Solidaires)
1/ Appel initial à la “Ire Conférence Internationale Antifasciste” à l’initiative d’organisations brésiliennes : PSOL, PT, PCdoB, de deux syndicats de l’enseignement (CPERS et ADUFRGS) et du MST : https://antifas2026.org/fr/appel/
2/ Appel-relais lancé par le CADTM :“Appel international au renforcement de l’action antifasciste et anti-impérialiste” : https://www.cadtm.org/Appel-interna…
3/ Résolution finale : “Déclaration de Porto Alegre : Unité contre le fascisme et pour la souveraineté des peuples” : https://antifas2026.org/fr/declarat…
4/ Un bilan par Éric Toussaint :“Porto Alegre 2026 : une convergence antifasciste et anti-impérialiste entre succès inédit et obstacles majeurs” : https://www.cadtm.org/Porto-Alegre-…
5/ La position de Solidaires :“Le Réseau européen/international de solidarité avec l’Ukraine et son ouverture vers l’Amérique latine”(21 avril 2026) : https://solidaires.org/sinformer-et…
07.07.2026 à 09:31
aplutsoc
Le numéro 49-50 daté du 1er juillet 2026 du bulletin Soutien à l’Ukraine Résistante est paru. Il comporte 154 pages à lire fournissant des informations politiques, militaires, sociales, culturelles sur la résistance du peuple ukrainien à l’invasion génocidaire de Poutine.
A faire connaitre, à faire lire sur les plages et autres lieux de villégiature estivale !
Le sommaire du numéro 49-50 :
06.07.2026 à 21:33
aplutsoc2
20 députés socialistes, dont le secrétaire général du parti Olivier Faure, ont voté la censure initiée par le groupe écologiste contre le gouvernement Lecornu, s’opposant ainsi à la décision majoritaire du groupe parlementaire.
C’est là un évènement politique que l’on ne saurait banaliser. D’abord, le sujet de cette motion est vital, existentiel, capital, décisif. C’est un sujet de vie ou de mort qui vient, il serait temps de le comprendre. Ensuite, le vote de cette censure par le PS dans son ensemble aurait signifié le respect de la démocratie telle qu’elle s’est exprimée en 2024 par l’élection d’une majorité relative du NFP. De cela ni Hollande et son monde, ni Mélenchon, ne voulaient en aucun cas.
Les adhérents du PS votent le 9 juillet pour choisir entre des primaires ou non (et l’on sait très bien que ni Mélenchon, ni Hollande, ni Gluksmann, ni, cerise sur le gâteau, Roussel, n’iront à une primaire). La cassure du PS sur cette question est la même que celle du groupe parlementaire sur la censure vitale et climatique, mais les rapports de force n’y sont peut-être pas les mêmes, surtout après la décision d’Olivier Faure. Les forces qui ne veulent pas de primaire sont les héritiers de la présidence Hollande qui a engendré Macron. Une cassure claire est ce à quoi a intérêt la majorité sociale de ce pays.
Ces faits sont la conséquence de la politique criminelle des gouvernements capitalistes devant la crise bioclimatique. Quelles qu’en soient les suites, que celles-ci avortent ou non, ils confirment notre analyse selon laquelle le réalisme c’est comprendre que rien n’est joué.
Naturellement, la presse dite bourgeoise et J.L. Mélenchon se trouvent pour le coup d’accord pour minimiser et banaliser : le PS est « plus déchiré que jamais » et Olivier Faure « plus isolé que jamais ».
On verra. Aplutsoc n’a certes nulle raison de se raconter des histoires sur ce personnage, mais il faut savoir identifier les forces sociales fondamentales jusque dans ce type d’enjeux, et comprendre que pour faire levier, il faut parfois un petit poids sur le point qui pivote.
06.07.2026 à 16:56
aplutsoc2
Contre la position d’Olivier Faure, sous l’impulsion de François Hollande et Boris Vallaud, une majorité des députés du groupe parlementaire PS, par 42 voix contre 23, ont choisi de ne pas voter la censure impulsée par le groupe écologiste à l’encontre de la politique climatique criminelle de l’exécutif.
Cela le jour même où la « canicule », c’est-à-dire la catastrophe thermo-capitaliste, repart, et où les méga-feux démarrent dans plusieurs points du pays, lequel n’a, de l’avis des pompiers sur le front, pas les moyens de faire face à ce qui s’annonce.
Le même jour, Jean-Luc Mélenchon fait savoir qu’à gauche et chez les écologistes, les uns et les autres doivent se rallier à lui d’ici novembre. Au delà, il n’y aura ni espérance ni pardon !
François Hollande et J.L. Mélenchon ont calibré conjointement leurs calendriers : Hollande compte faire savoir en décembre s’il se présente ou se retire en faveur d’un Edouard Philippe.
Pendant ce temps, la question de la grève, du retrait climatique est posée à échelle de masse et, samedi, plus de 100 000 manifestantes en France, en dehors de Mélenchon comme de Hollande, ont exigé de l’Assemblée nationale le vote sans délai d’une loi intégrale protégeant femmes et enfants des violences sexuelles.
Ce mouvement propre pour la vie, la survie et le mieux-être, a et aura son propre calendrier !
Et le « réalisme », c’est de s’y engager tout de suite, et bien sûr, pour tout député élu en tant que député NFP, de censurer ce gouvernement.
06.07.2026 à 16:34
aplutsoc2
Aplutsoc appelle à signer, AVANT LE 7 JUILLET donc à faire circuler au maximum, cette pétition sur le site de l’Assemblée nationale dont voici le texte :
Le 7 juillet 2026, l’Assemblée Nationale est appelée à se prononcer sur la proposition de loi n°691, portée par le député Eric Pauget (LR), visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Un amendement gouvernemental instaurant une présomption de légalité des tirs a déjà été adopté en première lecture le 22 janvier 2026.
Nous, citoyennes et citoyens signataires de cette pétition, demandons aux député·es de voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026. Ce texte, examiné en commission des lois en janvier 2026, est désormais inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire. Son adoption constituerait une atteinte grave à l’État de droit, à nos engagements européens et au principe constitutionnel d’égalité devant la loi.
Cette demande repose sur quatre motifs graves et documentés.
Premier motif : un bilan humain qui rend ce texte inadmissible.
La loi de 2017 ayant élargi les conditions d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a produit des effets documentés et alarmants. Selon le recensement indépendant du média Basta!, confirmé par les données de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), 66 personnes ont été tuées lors d’interventions policières en 2024, dont 27 par arme à feu, record absolu depuis 1967.
La France a été interpellée à trois reprises par les organes de l’ONU comme le pays de l’Union Européenne comptant le plus grand nombre de personnes tuées ou blessées par des agents de la force publique. Adopter une nouvelle loi présumant la légalité des tirs policiers aggraverait mécaniquement cette tendance.
Deuxième motif : une violation caractérisée de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et de l’obligation de l’État de protéger le droit à la vie.
La jurisprudence constante de la CEDH impose à l’État une présomption de responsabilité lorsqu’une personne décède aux mains de ses agents. Il appartient à l’État de démontrer que le recours à la force létale était absolument nécessaire et proportionné et non aux victimes ou à leurs proches de prouver son illégalité. La Cour a affirmé que cette obligation est un élément intégral du devoir de l’État de protéger la vie, rendre justice aux victimes d’un usage illégal de la force et prévenir la répétition de tels actes.
Qu’un agent de l’État prenne la vie d’autrui constitue la plus grave ingérence aux droits humains possible. Le cadre déontologique de toute force de l’ordre doit poser un principe clair : en cas de doute, ne tirez pas. Ce principe est incompatible avec une présomption de légalité du tir.
La PPL n°691 inverse précisément cette logique. En présumant la légalité du tir, elle transfère la charge de la preuve sur les victimes, libère l’État de son obligation de justification, et va à l’encontre du concept même des droits humains. Voter ce texte exposerait la France à des condamnations répétées à Strasbourg.
Troisième motif : une rupture de l’égalité des citoyens devant la loi, contraire à la redevabilité des forces de l’ordre et susceptible d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.
Le principe d’égalité des citoyens devant la loi est consacré par l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Le Conseil constitutionnel en est le garant et sanctionne régulièrement les dispositions qui y portent atteinte sans justification objective et proportionnée.
En créant une présomption de légalité au bénéfice exclusif des agents armés de l’État, la PPL n°691 établit une différence de traitement radicale entre la puissance publique et le citoyen ordinaire. Aucun autre justiciable ne bénéficie d’une telle présomption lorsqu’il cause la mort d’autrui. Cette inégalité structurelle, qui n’est justifiée par aucune nécessité proportionnée à l’objectif poursuivi, est susceptible d’être censurée par le Conseil constitutionnel.
Au-delà de la question constitutionnelle, ce texte porte atteinte à un principe fondamental de l’État de droit : la redevabilité des forces de l’ordre. Conférer à des agents de l’État le pouvoir de faire usage de la force létale implique nécessairement un contrôle juridictionnel effectif de cet usage. C’est précisément ce contrôle qui fonde la légitimité de la police dans une démocratie. Une force de l’ordre soustraite à la reddition des comptes ne perd pas seulement sa légitimité juridique, elle perd la confiance de la population qu’elle est censée protéger. Ce texte affaiblit la police autant qu’il affaiblit l’État de droit.
Nous appelons les parlementaires qui doutent de la constitutionnalité de ce texte à saisir le Conseil constitutionnel avant promulgation, conformément à l’article 61 de la Constitution.
Quatrième motif : un texte qui paralyse les enquêtes judiciaires et détruit les droits des victimes.
Si la légalité du tir est présumée dès l’ouverture du feu, l’infraction disparaît au moment même où elle est susceptible d’être commise. Cette logique rend impossible le placement en garde à vue dans les premières heures cruciales qui permettent d’éviter les concertations et de préserver les preuves. Elle vide l’instruction judiciaire de sa substance et prive les familles de victimes de toute voie de recours effective.
Une telle présomption porte le risque qu’il n’y ait aucune investigation prompte, efficace et impartiale puisque c’est souvent seulement après une investigation approfondie que les éléments permettant de douter de la légitimité de l’action policière ressortent. Le Comité contre la Torture des Nations Unies a déjà recommandé à la France en 2024 de veiller à ce que toutes les allégations d’usage excessif de la force fassent l’objet d’une enquête rapide, approfondie et impartiale par une instance indépendante. Cette loi va dans la direction opposée.
Ce constat est partagé par des professionnels du droit : le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des Avocats de France, et la CGT-Intérieur s’opposent à ce texte pour des raisons techniques. Ce dernier a relevé que ce texte introduirait “une logique plus proche de l’accusatoire, sans en donner les garanties”.
NOTRE DEMANDE
Pour l’ensemble de ces motifs, violation de la jurisprudence de la CEDH, atteinte au principe constitutionnel d’égalité devant la loi pour toutes et tous, impact dévastateur sur le fonctionnement de la justice, aggravation prévisible du nombre de morts, nous demandons aux député·es de l’Assemblée Nationale de voter contre la PPL n°691 lors du scrutin du 7 juillet 2026.
La France est déjà le pays d’Europe comptant le plus grand nombre de personnes tuées par des agents de la force publique. Ce texte aggravera mécaniquement ce bilan. Les représentant·es du peuple ont le pouvoir et la responsabilité de l’arrêter.
Nous demandons donc aux députés de :
Cette pétition ne constitue pas un procès fait aux forces de l’ordre. Elle est un appel à la défense de l’État de droit, adressé aux représentant·es du peuple français, avant qu’une loi aux conséquences humaines et juridiques graves ne soit adoptée sans les vérifications qui s’imposent.
02.07.2026 à 10:51
aplutsoc
Malgré la canicule succès de la journée contre toutes les répressions du 20 juin 2026 : ils ne nous empêcheront pas de lutter ! On continue !
D’autres photos arriveront, toutes les prises de paroles seront publiées dans les prochains jours.
Une initiative de regroupement inédite qui est partie des postiers et postières du 92, s’est adressée à tous les autres à La Poste et au-delà dans le public et le privé… et cela quelque soient les organisations syndicales, politiques et associatives.
Cette manifestation inédite ne s’est pas faite le jour d’un procès, d’une garde à vue ou d’une procédure disciplinaire…
…mais pour regrouper tous ceux et toutes celles qui qui sont habituellement convoqués dans des commissariats, des procès et des procédures disciplinaires isolés les uns des autres.
Plus de 500 travailleurs, travailleuses, jeunes se sont regroupés – malgré la canicule – une manifestation qui s’est transformée en Assemblée Générale et prises de paroles à ciel ouvert, une colère ouvrière qui s’est exprimée devant la banque Postale puis devant le ministère du travail ! Tous et toutes avec la même logique : ils ne nous empêcheront pas de lutter !
Alors que nos ennemis avancent, il est important d’allier le geste à la parole ! Il est urgent que tous ceux et celles qui refusent le boîte par boîte, le secteur par secteur se donnent réellement les moyens de faire front, de faire bloc… de se rencontrer !
C’est ce que nous avons fait : permettre un regroupement unitaire et large. On continue donc !
Il y aura des suites, évidement, car il s’agit d’un bras de fer sur le long terme avec le patronat et l’État !
Le succès militant du 20 juin nous permet de continuer, il s’agit bien d’un point de départ pour remporter ce bras de fer !
Restez donc attentifs aux prochains rdv :
1- Nous étions présents ce matin aux côtés d’Anasse Kazib. Mais aussi à ne pas oublier le secrétaire général de la CGT FAPT 66 Alexandre Pignon qui risque la révocation le 30 juin à Paris.
2- Justement la prochaine réunion unitaire de l’appel : « ils ne nous empêcheront pas de lutter » se tiendra le mardi 7 juillet à 19h30 (en hybride)
3- La proposition des postiers et postières du 66 – à discuter – d’organiser une rencontre nationale fin septembre, début octobre prochain contre toutes les répressions !
Merci à tous les signataires de l’appel à tous ceux et celles qui ont fait le déplacement.
En particulier à Union Syndicale SolidairesFédération Sud PttNPA-Révolutionnaires, L’UNEF mais aussi Rachel Keke à l’Assemblée qui nous a transmis sa colère et son énergie !
Et à The Blast qui a bravé la canicule et fait un reportage vidéo de la conférence de presse. Au journaliste de l’AFP, dont malheureusement la dépêche n’a pas été reprise mais qui a apprécié – lui aussi – les prises de paroles.
Le 25 juin 2026.