07.10.2026 à 10:14
aplutsoc
Trois semaines après son début, le mouvement lycéen, après s’être élargi à toute la jeunesse scolarisée, est en train de bouleverser en profondeur la situation politique et sociale du pays.
Ce 6 octobre, loin d’être l’acmé de la mobilisation, n’en est que le véritable début, d’abord parce que la stratégie de la tension, savamment entretenue par le gouvernement, a échoué.
En effet, c’est près de 500.000 personnes qui ont manifesté ce mardi pour son Acte III alors que la totalité des universités et plus de la moitié des lycées étaient perturbés, dont même ceux huppés, voire privés.
La participation de profs, de parents, de syndicalistes et d’élu-es, dont celle du Maire de Saint-Denis qui a littéralement donné de sa personne, a permis de laisser la police à distance pour retenir le caractère massif, déterminé et enjoué d’un mouvement pleinement politique qui met l’exécutif sur la défensive comme on a pu le constater à l’Assemblée.
Quel délice aussi de voir les droitards qui lâchent leur fiel sur les plateaux TV se faire reprendre par des jeunes au langage soutenu et aux idées claires.
C’est pour cela que ce qui reste d’intersyndicale doit arrêter ses simagrées, elle qui a lancé la veille sa date de grève pour le 5 novembre prochain : il n’y a pas les adultes qui travaillent et s’engagent sérieusement d’un côté et les jeunes qui étudient et s’expriment spontanément de l’autre, il doit y avoir une seule et même classe qui se met en mouvement comme en Mai 68, qui est dans toutes les têtes.
Nous sommes passés du 11 mai, la nuit des barricades remplacées en 2026 par les blocus, au 13 mai, journée de grève appelée en réponse à la répression étudiante : il nous faut désormais massifier le mouvement pour passer un cran, d’abord en remettant le couvert ce jeudi 8 octobre, puis en visant le million de participant-es samedi 17 octobre, début des vacances scolaires.
On l’a vu lors du CPE, cette période peut être mise à profit pour se coordonner, occuper et développer les grèves dans la durée.
10 ANS (de Macron), CA SUFFIT ! L’IMAGINATION AU POUVOIR !



06.10.2026 à 22:49
aplutsoc
Déferlante. Les chiffres centralisés par la CGT et les organisations lycéennes sont de l’ordre de quelques centaines de milliers. Disons-le : la réalité est probablement supérieure. La jeunesse, comme sujet social, se constitue dans un affrontement suscité par les lycéens, qui entraîne toutes les autres couches de jeunes et au-delà, dans tout le pays. Aujourd’hui, ils ont mis les syndicats et une grande partie des professeurs avec eux, et l’appui de la population. Déferlante ; la seule comparaison historique, c’est le 13 mai 1968.
La question du pouvoir est posée et les présidentielles n’en sont pas l’issue, mais l’obstacle. Dans les manifestations, outre les Marseillaises portées par les voix des filles, deux slogans : Macron démission et La jeunesse emmerde le Front National. Deux slogans liés, indissociables, par lesquels l’affrontement social et politique direct commence. Question du pouvoir et question du RN deviennent, avant même la présidentielle, la même question : celle de la V° République, de l’État.
Le pouvoir est ébranlé.
D’un côté, le ministre Nunez ne veut pas avouer qu’il a ouvertement appelé ses troupes à la violence, et a tenté de limiter les dégâts aujourd’hui par des consignes de mises à distance, mais nullement appliquées partout. On aurait déjà pu avoir des morts, on a des jeunes, des enfants, défigurés et mutilés à vie. Et cela va continuer tant que cet appareil d’État ne respectera pas le droit, ne sera pas mis au pas.
De l’autre côté, Lecornu suivi par Geffrey désorganisent les lycées, les ferment par centaines, puis proclament un enseignement en « distanciel » irréalisable, et maintenant appellent à des assemblées lycéennes… tenues par les proviseurs !
Les proviseurs refusent : ils ont raison… mais qu’ils laissent donc enfin les lycéens tenir leurs assemblées générales par eux-mêmes dans les lycées, au lieu de les jeter à la rue pour ne pas être responsables de ce qui pourrait arriver !
Cette crise au sommet, où ils commencent à ne plus pouvoir, et ce mouvement d’en bas maintenant vertébré par le soulèvement de la jeunesse, où l’on n’accepte plus, se cristallise sur un premier point qui s’appelle : budget.
Macron et Lecornu veulent un budget de guerre sociale et ont besoin de Marine Le Pen pour cela. Elle veut le leur donner, et annonce qu’au pouvoir, elle fera encore plus de prétendues « économies » au service des marchés financiers.
Donc, dans l’immédiat, « Macron démission » et « La jeunesse emmerde le Front National », cela veut dire : « À bas le budget ! ». À bas le budget Macron/Le Pen : la bataille pour battre et défaire Le Pen commence par la bataille pour battre et défaire le budget, incompatible avec n’importe laquelle des revendications lycéennes, de la réfection des locaux à la baisse des effectifs par classes.
Battre le budget, c’est la première manche pour battre Macron, Le Pen et la V° République. Le débouché politique n’est pas la présidentielle, c’est l’affrontement social disloquant l’appareil d’État pour imposer lui-même l’élection des représentant.e.s du peuple constituant.
Bien sûr, la ponte hier soir par l’intersyndicale (sauf Solidaires) d’un appel à une journée d’action contre le budget le… 5 novembre prochain, ne correspond pas au mouvement tel qu’il est engagé.
Celui-ci va chercher à s’amplifier encore et rapidement. Les lycéens vont repartir au combat dès jeudi, les facs partent en grève, le SNES-FSU dit envisager un appel à la grève des professeurs rapidement.
Et ce mouvement va chercher à se centraliser. Dans toutes les villes, il s’est dirigé sur les préfectures et sous-préfectures où des lycéens ont souvent été longuement reçus, ayant des listes précises de revendications : leur satisfaction est contradictoire avec le budget en préparation. La montée sur Paris, sur le pouvoir, va se dessiner.
Comment gagner, telle est la question de notre assemblée-débat du 18 octobre prochain. Les travaux pratiques ont commencé.



