07.09.2026 à 21:47
Louis Derrac

Toutes les semaines, je vous propose une sélection d'actualités alternuméristes. Les sources sont francophones et anglophones, pensez à activer votre traducteur si besoin.
Firefox redesign will arrive in v157 release
GrapheneOS plans to overhaul the bundled AOSP apps, including messaging with RCS support
Audacity 4.0 fait peau neuve et le plein de nouveautés
Linux Distros I Recommend for Those Switching from Windows
Utopie (3/3) – Un chemin vers l'e.utopie | Cybernetruc #22
L’illusion de maîtrise : redonner du sens à la littératie numérique en classe
Tiny Awards. Depuis 2023, les Tiny Awards célèbrent le meilleur du web petit, poétique, créatif et fait main.
Kagi Small Web. Une chouette initiative de Kagi (un moteur de recherche payant) pour rendre plus visible l'indieweb
Pas d’antenne 5G, pas d’internet : communiquer sous les radars avec les réseaux mesh
Alternatiba : Inscription au webinaire de rentrée Piratons Microsoft le 14 septembre à 19h.
Durant ce temps, on te donne toutes les clés pour participer à l'organisation d'une install party, un évènement au cours duquel les personnes peuvent changer le système d’exploitation de leur ordinateur, de Windows à Linux. Pas besoin d’être une personne experte en Linux pour organiser une install party : on a besoin de toutes les forces, on compte sur toi !
04.09.2026 à 09:40
Louis Derrac

L’alternumérisme radical vise à développer un numérique acceptable : soutenable socialement et écologiquement, émancipateur et non aliénant, choisi et non subi.
L’alternumérisme radical intègre dans sa vision la nécessité de l’arrêt de la numérisation effrénée du monde, et la dénumérisation de certain⋅e⋅s technologies, outils, équipements et processus. Un « autre numérique », c’est parfois pas de numérique du tout.
L’alternumérisme radical vise à concevoir et à mettre en place des processus démocratiques (consultations, débats, discussions, convention citoyenne, processus de vote) permettant de décider collectivement des futurs numériques acceptables, en lien avec les limites écologiques et sociales du monde. C’est seulement à l’échelle politique qu’un numérique acceptable, de même qu’une société plus sobre et résiliente, peut se décider et réellement voir le jour.
L’alternumérisme radical se défie de tout solutionnisme technologique. Ce n’est pas le numérique qui résoudra quoi que ce soit, ni les problèmes actuels du numérique, ni la crise écologique, ni la démocratie, ni les conflits entre les pays.
L’alternumérisme radical a conscience que le numérique amplifie les inégalités sociales multiples, mais pour autant, ne confond pas l’amplificateur et la cause. Le numérique n’a pas créé la violence, les inégalités sociales ou les rapports de pouvoir. Mais il les amplifie, et parfois, les transforme. Par ailleurs, comme beaucoup d’autres industries, le numérique repose sur toute une filière qui exploite méticuleusement et délibérément le vivant.
L’alternumérisme radical aspire à une critique profonde des technologies numériques sans pour autant verser dans un discours réactionnaire qui laisserait croire notamment que « tout était mieux avant ».
L’alternumérisme radical n’est pas technocentré, il se pense et se définit à l’entrecroisement et au service de nombreuses autres luttes : anticapitalisme, féminisme, antiracisme (et toutes les luttes pour l’égalité et contre les discriminations), justice sociale, écologisme… De la même manière, l’alternumérisme n’adviendra pas sans une profonde transformation de systèmes politiques et économiques.
03.09.2026 à 16:29
Louis Derrac

Il était temps. Depuis le 11 août 2026, « le démarchage téléphonique est interdit à l’ensemble des secteurs, sauf accord préalable du consommateur » (source : economie.gouv.fr). C'est la théorie en tout cas. Hélas, il est fort probable que ça n'arrête pas des entreprises peu scrupuleuses du droit. Et c'est également sous-estimer les tentatives de phishing (ou hameçonnage en bon français) qui se multiplient avec les fuites presque quotidiennes de nos données (recensées avec sérieux par Bonjour la fuite, que nous saluons au passage).
Bref, les appels indésirables et autres SMS frauduleux ne sont pas prêts de disparaître. Face à cette nuisance, plusieurs bloqueurs ont émergé ces dernières années. Voici un tour d'horizon de trois d'entre eux : Callfilter, Spam Blocker et Saracroche.


Présentation
Créée par un développeur français excédé par les appels indésirables (lire son interview dans le Framablog), Saracroche est une application open source disponible sur iOS et Android. Elle s'appuie sur une base de données collaborative alimentée par les utilisateurs et des listes publiques.
Avantages
Inconvénients
Verdict
Une solution équilibrée, qui a l'avantage d'être présente à la fois sur iOS et Android, et qui est particulièrement intéressante pour les utilisateurs francophones. Son modèle collaboratif tout en restant open source en fait un choix pertinent pour ceux qui veulent à la fois efficacité et transparence. Bref, c'est notre chouchou du moment, on ne va pas se le cacher !
Téléchargement
Présentation
Spam Blocker (Call & SMS) est une application Android open source disponible sur F-Droid et GitHub. Elle combine blocage d'appels et de SMS avec une approche modulaire et configurable.
Avantages
Inconvénients
Verdict
Un excellent compromis entre fonctionnalités, transparence et respect de la vie privée. Recommandé pour les utilisateurs Android souhaitant une solution libre et maîtrisée.
Téléchargement
Présentation
Callfilter est une application disponible sur iOS et Android qui se positionne comme un filtre intelligent contre les appels et SMS indésirables. Elle s'appuie sur une base de données collaborative et des algorithmes de détection pour identifier les numéros suspects.
Avantages
Inconvénients
Verdict
Pratique pour les utilisateurs grand public, mais peu recommandée pour les personnes soucieuses de leur vie privée en raison de son modèle fermé et de l'opacité de sa gestion des données.
Téléchargement
Saracroche offre selon nous le meilleur compromis efficacité/transparence avec une base collaborative tout en restant open source et respectueuse des données. Disponible sur iOS et Android. Pour la vie privée absolue : optez pour Spam Blocker, leur modèle 100 % local et open source garantit qu'aucune donnée ne quitte votre appareil. Seulement sur Android.
Des retours d'expérience ? D'autres pépites ? Parlez-en dans les commentaires, ou rejoignez la communauté Alternatives numériques !
02.09.2026 à 15:08
Louis Derrac

Saviez-vous qu'il existe, sur Android, une alternative plus respectueuse de vos données que Shazam d'Apple ou Listen now de Google ?
Elle se prénomme Audile, et vous la trouverez sur F-Droid ou ses variantes (Droidify, App lounge sur /e/OS, etc.).
D'après sa fiche, l'application utilise « les services de AudD, ACRCloud et Shazam pour l'identification des chansons, et utilise Odesli pour récupérer des liens supplémentaires vers le titre sur diverses plateformes ». Il faut donc être bien clair, de l'info transite vers Shazam et l'application en dépend en grande partie pour fonctionner. On appelle ça un "frontend", comme Newpipe l'est pour Youtube par exemple.
Mais cela reste une application open source, bien pensée et bien plus respectueuse de vos données. Et si vous êtes sur Linux, sachez qu'il existe une autre application très bien foutue, Mousai.
Des retours d'expérience ? D'autres pépites ? Parlez-en dans les commentaires, ou rejoignez la communauté Alternatives numériques !
31.08.2026 à 18:12
Louis Derrac

(Je mets ici le lien Youtube parce que ça aidera la chaîne d'avoir des vues sur ce canal, surtout au début, mais vous pouvez aussi accéder à la vidéo sur Peertube)
J'ai déballé le nouveau Fairphone 6+ avec l'OS alternatif /e/OS embarqué. À quoi ressemble le premier lancement ? Vous pourrez vous en rendre compte dans cette vidéo. Je publierai rapidement un retour complet sur le combo Fairphone 6+ et /e/OS v4. Si vous avez des questions ou des retours d'expérience, n'hésitez pas à les poser en commentaire.
L'idée principale de cette première vidéo, c'est de montrer qu'un smartphone acheté avec /e/OS préinstallé (en l'occurrence un Fairphone) est fonctionnel dès l'allumage.
Et un smartphone avec /e/OS préinstallé, on peut le trouver, entre autres :
17.04.2026 à 16:13
Louis Derrac

Nous le disions dans un précédent article : le web dominant (comprenez le web marchand) est devenu un véritable enfer pour ses utilisateurices. Voyez plutôt. Des pisteurs par milliers, des bannières qui vous harcèlent pour arracher votre « consentement » à vous faire pister, de la publicité agressive partout. Plus d'infos sur ce site dédié, porté par plusieurs associations dont RAP et la Quadrature du Net.
En attendant qu'on arrive collectivement à influer sur la régulation, voici un court tutoriel pour vous expliquer comment configurer au mieux Firefox ou Mozilla pour bloquer un maximum de ces nuisances.
Firefox ne possède pas de bloqueur de publicité natif complet, l'installation de l'extension Ublock Origins est donc indispensable.
Installation de Ublock Origins : Ouvrez Firefox, et allez sur la page d'extension de Ublock Origins. Cliquez sur « Ajouter à Firefox » puis confirmez l'installation. Assurez-vous de choisir la version développée par Raymond Hill (icône rouge avec un bouclier), et non les copies nommées simplement « uBlock » ou « uBlock Plus ».
Paramétrage de Ublock Origins : pour supprimer les bannières de cookies, les boutons « J'aime », « Partager » et autres traceurs de réseaux sociaux qui ralentissent la navigation, cliquez sur l'icône uBlock Origin dans votre barre d'outils, puis sur l'engrenage (Tableau de bord). Allez dans l'onglet « Listes de filtres », et déroulez les sections « Bannières de cookie », « Widgets de réseaux sociaux » et « Nuisances ». Pour chacune, cochez la liste d'Easylist ou d'Adguard, voire les deux. Cliquez sur « Appliquer » en haut de la page. Les listes seront mises à jour.
Bravo, le tour est joué !
Vivaldi intègre nativement un moteur de blocage puissant qui ne nécessite aucune extension supplémentaire. Mais ici aussi, quelques petits réglages sont nécessaires pour un fonctionnement optimal.
Paramétrage du bloqueur intégré à Vivaldi : Ouvrez Vivaldi, cliquez sur l'icône d'engrenage (Réglages) dans la barre latérale. Dans le menu de gauche, sélectionnez « Sécurité et vie privée ». Repérez la section « Blocage des traqueurs et des publicités ». Assurez-vous que l'option « Bloquer traqueurs et publicité » est activée. Pour une protection complète incluant bannières de cookies, les réseaux sociaux et autres nuisances, cliquez sur « Gérer les sources ». Puis, dans « Sources de blocage des publicités, » décochez « Autorisez les publicités de nos partenaires », et cochez les sources suivantes : « Français (Liste FR) », « Supprimer les alertes de cookies » et « Supprimer les éléments gênants ».

Bravo, le tour est joué !
Certains sites peuvent détecter les bloqueurs de publicité et vous demander de les désactiver. D'autres ne vont pas bien fonctionner (ou pas du tout) avec le bloqueur activé, ce qui montre bien d'ailleurs à quel point ils sont agressifs dans leur pistage de nos données, sic. Dans ces deux cas, il vous suffit de cliquer sur l'icône de l'extension (sur Firefox) ou le bouclier (dans la barre d'url de Vivaldi) et de désactiver le bloqueur sur ce site en particulier.
Notez également que vous pouvez réaliser les mêmes configurations que ce soit sur votre PC ou sur smartphone. Sur Android, Firefox permet d'installer des extensions, dont Ublock Origins. Et le bloqueur intégré à Vivaldi pourra être configuré exactement comment sur PC. Sur iOS, j'aurai tendance à vous conseiller Vivaldi et son bloqueur intégré, puisque vous ne pourrez pas installer l'extension Ublock Origins sur Firefox (à cause des blocages nombreux d'Apple, re-sic).
13.08.2025 à 15:29
Louis Derrac

Depuis trois ans maintenant que je travaille exclusivement sous Linux (plus précisément sous Fedora et l'environnement de bureau Gnome), j'ai découvert, testé et approuvé des dizaines de logiciels que j'utilise désormais quasi quotidiennement. Parfois dans un cadre personnel, parfois professionnel, souvent les deux.
Et globalement, qu'on se le dise, le niveau d'ergonomie des applications Linux a fait un vrai bond ces dernières années. Voici une sélection de 10 applications Linux qui n'ont plus rien à envier à celles d'Apple en terme d’ergonomie.

Newsflash est un agrégateur de flux RSS. Il se distingue par son interface épurée et ses fonctionnalités avancées, telles que la gestion des abonnements, la lecture hors ligne et de l'« article complet », des options de partage (par mail, sur les réseaux sociaux, mais aussi sur des outils plus poussés, par exemple je peux partager directement sur mon outil de veille). Il peut fonctionner en local, ou avec les agrégateurs de flux suivant : Miniflux, FreshRSS, NewsBlur.
Newsflash est idéal pour ceux qui souhaitent rester informés sans être submergés par les informations. Il est activement maintenu et mis à jour.

Eloquent est un logiciel de correction ultra-basique et minimaliste, mais puissant car basé sur LanguageTool. Il corrige plus de 20 langues dont le français, l'anglais et l'espagnol. Ultra pratique d'autant qu'il fonctionne hors ligne.

Gradia est une application qui permet de réaliser des captures d'écran, de les annoter, et de les partager simplement avec vos amis, collègues, communautés. L'interface est très léchée, le rythme de mise à jour impressionnant, et les nouvelles fonctionnalités, régulières.

Apostrophe est un éditeur de texte markdown minimaliste. Il se concentre sur la simplicité et l'efficacité, offrant une expérience de rédaction fluide et sans distractions. Apostrophe est idéal pour les écrivains, les blogueurs et tous ceux qui ont besoin d'un outil de rédaction rapide et efficace. Personnellement, j'adore, et mention spéciale pour les modes hemingway et concentration.

Foliate est un lecteur de livres électroniques pour Linux qui se distingue par son design épuré et ses fonctionnalités riches. Il prend en charge une large gamme de formats de fichiers, offre des options de personnalisation avancées et permet une lecture confortable grâce à son mode nuit et ses polices ajustables. Une appli d'excellente facture, très régulièrement mise à jour.

Geary est un client de messagerie électronique pour Linux qui mise sur la simplicité et l'efficacité. Il offre une interface conviviale, une gestion intuitive des courriels et des fonctionnalités de recherche performantes. Geary est parfait pour ceux qui cherchent un client de messagerie léger et facile à utiliser. Une alternative très séduisante à l'usine à gaz que peut parfois représenter Thunderbird.

Un éditeur d'images tout ce qu'il y a de plus basique. Il permet de redimensionner, recadrer ou faire pivoter une image, d'appliquer des filtres simples, d'insérer ou de censurer du texte, et de manipuler une partie sélectionnée de l'image (couper/copier/coller/glisser/…). Bref, c'est Gimp, l'alternative libre bien connue de Photoshop, mais en beaucoup beaucoup plus simple !

Gapless est un lecteur de musique pour Linux. Il offre une interface épurée, une gestion facile de votre bibliothèque musicale et des fonctionnalités de lecture avancées. Encore un must, très régulièrement mis à jour. Mentionnons également son « concurrent » Amberol.

Podcast est comme son nom l'indique une application de gestion de podcasts pour Linux qui permet de découvrir, de télécharger et d'écouter vos émissions préférées. Là encore, une interface très conviviale et les fonctionnalités qu'il faut pour rechercher (via les moteurs de recherche de Fyyd ou Itunes), s'abonner et écouter ses podcasts préférés (il faut que j'actualise les miens d'ailleurs).

Impossible pour moi de survivre sans outil de gestion des tâches. Errands est donc venu remplacer l'application de tâches d'Apple, sans friction. Je synchronise avec mon smartphone Android grâce au protocole (ouvert) Caldav auquel j'ai accès avec ma kSuite (lien sponsorisé).
J'espère que cet article vous aura montré qu'il existe déjà de très nombreuses applications sur Linux dont l'ergonomie, le niveau apporté au détail, la fiabilité égalent, voire surpassent leurs alternatives sur Apple (sans parler de Windows, toujours deux niveaux en dessous). J'aurais pu ajouter Tuba (parcourir le fédivers), Kooha (réaliser des captures d'écran vidéo), Cozy (écouter des livres audio), Shortwave (écouter la radio), Pitivi (éditer des vidéos), Déjà Dup (automatiser ses sauvegardes), Pipeline (regarder des vidéos Youtube sans fioriture) et plein d'autres !
Les plus connaisseur·ses de Linux noteront que beaucoup de ces applications proviennent de l'écosystème Gnome, et il y a deux explications à cela. D'abord un biais assumé de ma part, puisque j'évolue sous cet environnement de bureau. Ensuite le fait, à mon sens, que l'environnement Gnome est celui qui travaille le plus, et depuis le plus longtemps, sur la cohérence des applications de son écosystème (avec ce que ça peut comporter comme limites, mais ce n'est pas du tout le sujet de l'article). Toutes ces applications fonctionnent bien entendu sur toutes les distributions Linux, et peuvent être téléchargées sur Flathub.
Si vous voulez installer Linux sur votre PC, c'est très certainement à votre portée ! Essayez Linux Mint, Fedora ou Ubuntu. Au besoin, faites-vous aider par un groupe local d'utilisateurices de Linux. Et si vous ou votre proche prévoyez un achat de PC, épargnez-vous du temps (et de l'argent), et achetez le directement avec Linux préinstallé !
19.11.2024 à 21:42
Louis Derrac

Quand j'ai écrit que Le web progressiste aurait intérêt à migrer sur Mastodon, pas sur Bluesky, j'ai tout de suite senti qu'il y avait un problème. Ou une limite à mon raisonnement. En réalité, il y en a plein, et je voudrais vous en partager une.
Pour faire simple, je suis en train de me demander si le problème, c'est TwitterX (dans le cas présent, je suis certain que demain ou après-demain, ce sera Bluesky), ou si ce n'est pas plutôt un certain type de réseaux sociaux numériques.
Dominique Cardon, dans l'illustration ci-dessous, issue de son incontournable Culture numérique, typologise quatre familles de relations en ligne. Parmi elles, il y a la famille des réseaux « phares ». Ce sont eux qui m'empêchent de dormir en ce moment.

Les caractéristiques d'un réseau phare sont les suivantes : des réseaux affinitaires, où l'on suit potentiellement de très nombreuses personnes, sans que ce ne soient des ami⋅e⋅s ou même des connaissances. Ce type de réseau favorise donc structurellement l'émergence d'influenceur⋅se⋅s, qui capitalisent (car il s'agit bien d'un capital social) plusieurs milliers (millions) de followers. C'est également un réseau qui encourage la valorisation de soi, puisque chaque publication a pour objectif (conscient ou inconscient) de générer de l'engagement (de nouveaux abonnés, un like, une republication, etc.). C'est enfin un réseau qui peut devenir une incroyable (et déformée) chambre d'écho, quand elle attire à elle deux profils particuliers d'influenceur⋅se⋅s : les journalistes et les politiques. Notons que ce sont ces derniers qui ont le plus d'intérêt à rester sur ces réseaux sociaux, y compris quand ceux-ci sont toxiques.
Mon interrogation est simple : ce type de réseau social est-il encore utile, désirable, acceptable ? Est-il émancipateur, quand on voit les logiques algorithmiques qui viralisent le buzz au détriment de la qualité, ou quand on liste les fonctionnalités qui génèrent de l'égo (y compris sur Mastodon) ? Est-il soutenable, quand on voit ce qu'il génère comme fatigue mentale (l'infobésité en partie), ou encore quand on se pose sur la question, insoluble en réalité, de la modération d'un très gros réseau ? Et que penser de cette logique d'influenceur⋅se⋅s (les « phares » du réseau) : est-ce désirable, soutenable ? Est-ce pérenne, pour les influenceur⋅se⋅s et les influencé⋅e⋅s ? On voit bien que ce sont les gros comptes de X qui n'arrivent pas à quitter le réseau, même si quelques exceptions sont notables.
Cette interrogation m'a ensuite fait réaliser que nous n'avons en réalité pas été très « radicaux », ou audacieux en matière de design de réseaux sociaux alternatifs. C'est peut-être le plus gros reproche que je ferais au Fédivers : celui de répliquer (en moins bien, puisqu'on préfère toujours l'original à la copie) des réseaux sociaux dominants comme TwitterX, Instagram, Reddit, etc.
Quand on lit des articles sur la fin des réseaux sociaux tels qu'on les a connus. Que des études montrent que deux tiers des influenceurs américains sont des hommes, très majoritairement conservateurs (et on voit difficilement pourquoi ce serait différent chez nous). Que nos vies sociales sont limitées biologiquement à 150 interactions en moyenne. On peut se poser la question : et si le problème des réseaux sociaux, c'étaient les phares ?
Et si on essayait de construire des bistrots à la place ? De plus petits réseaux, où l'on retrouverait quelques amis après le boulot, mais aussi des inconnus, favorisant les rencontres imprévues. Des petits réseaux dont on changerait régulièrement, parce que chacun nous réserve une ambiance particulière. Des petits réseaux où on se ficherait bien du nombre de followers qu'on a, du nombre de republications que notre dernier post a reçu. Des petits réseaux où les influenceur⋅se⋅s retrouveraient un périmètre plus raisonnable, et préserveraient ainsi leur égo. Est-ce que ce ne serait pas plus sain pour tout le monde ?
Soyons créatifs. Arrêtons d'essayer de construire des phares. (Re)construisons et (ré)investissons plutôt des bistrots. Ou des cafés. Ou des salons de thé. Ou des marchés couverts.
21.10.2024 à 12:32
Louis Derrac

Pour partager des fichiers (images, sons, pdf, etc.) dans l'écosystème Apple, il y a Airdrop qui fonctionne (très) bien. Mais évidemment, si on a le malheur d'avoir un PC sous Linux ou Microsoft... rien ne va plus. Idem si notre ami⋅e n'est pas équipée d'un appareil de la pomme. Bref, comme toujours chez Apple, c'est bien fait, mais c'est aussi terriblement fermé. Même problème chez Google, où il existe un service, « Quick Share », cantonné cette fois à l'univers Google et Windows. Rien de très interopérable donc, rien de très libre, rien de très... acceptable.
Vous serez donc ravi⋅e⋅s d'apprendre qu'il existe une excellente alternative, multiplateforme sur smartphone ET sur PC, open-source, et ultra-efficace. J'ai nommé LocalSend. Chez moi, entre smartphones d'OS différents, entre mon smartphone et mon PC sous Linux, c'est testé et approuvé !
