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Tristan NITOT
sur la technologie, l'Internet et les libertés numériques

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14.01.2026 à 18:31

Timeline de Velorutopia par ChatGPT

Tristan Nitot

Mon collègue Mathieu a eu une drôle d’idée, celle de demander à ChatGPT de générer… la timeline de ma nouvelle, Vélorutopia. Je me suis dit que ça vous amuserait peut-être de voir, dans l’ordre chronologique, comment on est passé de 2025 (et même avant) à 2051, et ce qui s’est passé dans le monde.

Pour ceux qui préfèrent lire la nouvelle avant de continuer, c’est ici. Pour les autres, vous pouvez continuer votre lecture, sachant qu’en fait il n’y a pas de divulgâchage dans le texte de ChatGPT.

J’en profite pour signaler que le contenu du Standblog est rédigé par votre serviteur, un humain, et que les rares fois où un contenu IA apparaît, il est signalé comme tel. C’est donc bien le cas ici.

Allez, pour une fois, je laisse donc le clavier à une IA (ceci est un copier/coller, je n’ai pas posé moi-même cette question à ChatGPT).

🕰️ Timeline détaillée de Vélorutopia

⚠️ La nouvelle n’est pas écrite comme une chronique historique : cette timeline reconstitue l’ordre logique des faits à partir des dialogues, souvenirs, descriptions et allusions.

I. LE MONDE D’AVANT

(Notre présent → début des années 2030)

1. Maintien du statu quo malgré les alertes

  • Les alertes climatiques et scientifiques sont connues depuis longtemps.
  • La société continue à privilégier :

    • la voiture individuelle
    • la croissance économique
    • la mondialisation logistique
  • Le vélo existe, mais reste marginal, vu comme un loisir ou un signe de précarité.

2. Aggravation progressive des crises

  • Multiplication des :

    • vagues de chaleur
    • pénuries énergétiques
    • tensions sociales
  • L’énergie devient :

    • plus chère
    • moins fiable
  • Les chaînes d’approvisionnement longues deviennent instables.

➡️ Rien ne s’effondre d’un coup, mais tout devient plus difficile, plus cher, plus lent.

II. LA RUPTURE

(Années 2030 – période charnière)

3. Crise énergétique décisive

  • Le pétrole, le gaz et le charbon deviennent :

    • trop rares
    • trop coûteux
    • trop politiquement instables
  • Les États ne peuvent plus maintenir :

    • le trafic automobile massif
    • l’aviation de masse
    • la logistique “just-in-time”

➡️ Le modèle devient physiquement impossible, pas seulement idéologiquement critiqué.

4. Effondrement partiel de secteurs clés

  • Disparition ou réduction drastique de :

    • l’automobile individuelle
    • la publicité de masse
    • les grandes surfaces dépendantes du transport longue distance
  • Les infrastructures routières deviennent :

    • sous-utilisées
    • trop coûteuses à entretenir

➡️ Ce n’est pas un chaos total, mais une désorganisation durable.

5. Choix politique explicite

  • Contrairement à une dystopie :

    • les sociétés ne tentent pas de revenir en arrière
  • Des décisions collectives sont prises :

    • abandon assumé de la croissance infinie
    • priorisation de la résilience
    • acceptation des limites physiques

➡️ Moment central du récit : le renoncement volontaire.

III. LA GRANDE TRANSITION

(Environ 2035–2045)

6. Réorganisation radicale des villes

  • Transformation massive de la voirie :

    • suppression de voies automobiles
    • création de larges axes cyclables
  • Les distances quotidiennes sont repensées :

    • logement
    • travail
    • alimentation
    • soins

➡️ La ville devient cyclable par conception, pas par adaptation.

7. Généralisation du vélo

  • Le vélo devient :

    • principal moyen de transport
    • outil de travail
    • norme sociale
  • Développement de :

    • vélos cargos
    • remorques
    • ateliers de réparation

➡️ Le vélo n’est pas un symbole moral, mais l’outil le plus efficace disponible.

8. Relocalisation économique

  • Retour d’activités locales :

    • maraîchage
    • artisanat
    • réparation
  • Fin de la logique “produire loin pour consommer ici”.

  • Les métiers manuels retrouvent un statut social fort.

9. Transformation du travail

  • Réduction généralisée du temps de travail.
  • Abandon des “bullshit jobs”.
  • Le travail est évalué selon :

    • son utilité réelle
    • son impact social
    • sa soutenabilité

➡️ Le confort matériel baisse, la qualité de vie augmente.

10. Changement culturel profond

  • Disparition progressive de :

    • la publicité intrusive
    • la compétition sociale par l’accumulation
  • Nouvelles valeurs dominantes :

    • coopération
    • sobriété heureuse
    • temps long
  • Le passé consumériste est perçu comme absurde voire choquant.

IV. LA STABILISATION

(Années 2045–2050)

11. Nouvel équilibre énergétique

  • Consommation fortement réduite.
  • Énergies renouvelables locales.
  • Acceptation collective :

    • des limites
    • de l’intermittence
    • du “moins mais mieux”.

12. Normalisation de la vélorutopie

  • Les enfants grandissent dans ce monde :

    • sans voiture individuelle
    • sans publicité
    • sans croissance comme horizon
  • Le monde d’avant devient un récit historique, pas un objectif.

V. PRÉSENT DU RÉCIT

(≈ 2051)

13. Vie quotidienne apaisée

  • La nouvelle montre :

    • des déplacements simples
    • des interactions sociales fluides
    • une société fonctionnelle
  • Les personnages vivent dans un monde :

    • imparfait
    • frugal
    • mais stable et humain.

14. Transmission mémorielle

  • Les anciens racontent :

    • les difficultés de la transition
    • les erreurs du passé
  • Le souvenir du monde d’avant sert :

    • d’avertissement
    • de repère moral

15. Conclusion implicite

  • Le futur écologique :

    • n’est ni punitif
    • ni misérabiliste
  • Il est présenté comme :

    • désirable
    • vivable
    • profondément humain

🎯 Sens global de la timeline

  • Pas de miracle technologique
  • Pas d’effondrement total
  • Un choix collectif tardif mais assumé
  • Le vélo comme pivot systémique, pas comme gadget
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07.01.2026 à 18:44

Que peut-on se souhaiter en 2026 ?

Tristan Nitot

Voilà, c’est début janvier, il me faut présenter mes meilleurs vœux à mes lecteurs pour cette nouvelle année.

Maintenant que c’est fait, voici venu le temps du bilan pour l’année passée, le temps aussi de penser à ce qu’on veut faire pour l’année qui vient. C’est parti !

De quoi suis-je fier en 2025 ?

  1. EROOM qui est devenu un outil méthodologique sorti en version 1.0. Je suis super fier que le travail d’équipe initié chez OCTO (mon employeur) devienne quelque chose de communautaire et un commun numérique au sein de l’association Boavizta ;
  2. Ma nouvelle, Vélorutopia, a été finalisée et sortie au format électronique. C’est une aventure qui m’a donné envie d’écrire plus, et pas seulement des essais. Ne vous privez pas de la lire, d’en parler autour de vous, tout ça !
  3. ma nouvelle présentation L’humanité a-t-elle les moyens de s’offrir l’IA ? avec le replay de mon passage à la conférence School of Product ;
  4. Ma formation Développer un projet en misant sur les Communs Numériques a été très bien reçue par mes stagiaires cette année, c’est une vraie fierté !
  5. Des sorties médiatiques (France Inter et BFM Business) qui m’ont permis d’apporter un éclairage un peu différent sur la Tech que celui qu’on entend d’habitude et ainsi d’aborder les sujets éthiques et environnementaux trop souvent laissés de coté.

Qu’est-ce que je me souhaite pour 2026 ?

La même chose qu’en 2025, mais plus fort ? Pas forcément…

J’ai besoin de changement et, après des années à tirer sur des sonnettes sans voir autant de résultats que ce que j’espérais, à m’enquiller des articles pessimistes sur des sujets anxiogènes, j’ai l’impression d’être sur le pont du Titanic à crier “ICEBERG DROIT DEVANT !!!” alors que personne ou presque m’écoute, alors qu’autour de moi on s’enfile des cocktails au bar du bateau le plus sûr de l’époque. Je les entends d’ici qui parlent de moi : “mais que fait-il à brailler dans le froid alors qu’il fait si bon à l’intérieur et que l’alcool coule à flot ?”.

J’ai besoin de souffler, de retrouver de la sérénité, de l’insouciance. De la joie de vivre.

Il faut dire qu’en cette période de backlash écologique, où on nous a moins écoutés en 2025 qu’en 2023 et 2024, j’ai plus tendance, quand je constate que mes efforts sont vains, à crier plus fort. Ce qui me fatigue plus, mais ne fonctionne pas mieux.

Je croyais naïvement qu’expliquer le problème du climat, des limites planétaires et de la destruction du vivant suffirait à rallier les gens à cause, à leur faire voir le problème, à changer les comportements. Mais la réalité, c’est que c’est systémique, c’est un problème de règles du jeu.

Dans ce contexte, il me reste en 2026 à essayer de me trouver un nouvel équilibre, une nouvelle juste distance entre les problèmes du monde et mon équilibre mental :-) sans pour autant délaisser EROOM ni les communs numériques.

Et vous, que vous souhaitez-vous ?

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01.01.2026 à 18:05

En vrac de décembre 2025

Tristan Nitot

Avant de partager avec toi, cher lecteur, ma veille de décembre 2025, permets-moi de te souhaiter une excellent année 2026. De la joie, de la santé, de l’amour peut-être, de la réussite dans tes projets, quels qu’ils soient (du moment qu’ils sont positifs pour les autres).

IA

Climat

Des nouvelles de mon égo

  • C’est ma nouvelle conférence, sur laquelle je travaille depuis le début de l’année sur la possibilité d’une IA frugale, avec un sujet qui a évolué pour inclure les dégats sociaux et environnementaux, et un peu de prospective. Ça donne votre serviteur sur scène pendant 30 mn pour parler IA, et apporter des éléments de réponse à la question L’humanité a-t-elle les moyens de s’offrir l’IA ? ;
  • Le Débrief de la tech - Lundi 1er décembre, où je parle des 3 ans de ChatGPT (25 mn 30 sec : les 3 ans de ChatGPT) aussi sur Youtube ;
  • Webinaire La Qualité de Demain, où j’étais invité avec Louise Pastouret, Lydie Huon (Boavizta, EROOM, Demain c’est Maintenant, etc.), Bruno Legeard, par Marc Hage-Chahine
  • Le Débrief de la tech - Jeudi 18 décembre. L’occasion de partager nos coups de cœur et coups de gueule pour 2025. La séquence commence à 43 mn et 16 s, et mon coup de gueule (à 45 mn 47 s)), c’est l’empreinte environnementale de l’IA, énorme et opaque à la fois. À l’inverse, (à 54 mn et 24 s) mon coup de coeur, c’est le fait que mon smartphone, qui va vers sa 5e année, fonctionne aussi bien qu’au premier jour, avec un système d’exploitation toujours maintenu. C’est quelque chose qui était encore impensable il y a quelques années. J’espère que cette tendance va se confirmer.

Vélorutopia et vélo

En vrac

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01.12.2025 à 16:31

IA générative et cybersécurité

Tristan Nitot

Mettre de l’IA partout, dans tous les produits, c’est mettre des trous de sécurité partout dans ces produits. Mais on ne les voit pas tout de suite.

Vous avez remarqué comme on constate l’apparition de boutons IA dans toutes nos interfaces ? C’est rarement intéressant, mais les géants de la Tech veulent tellement remporter la bataille de l’IA qu’ils forcent leurs utilisateurs à s’en servir.

Cela n’est pas sans conséquence.

C’est ce que décrit, preuves à l’appui, l’entreprise PromptArmor dans un billet très technique mais passionnant. Je tente de le résumer avec des mots simples, en trois étapes :

  1. Le méchant de l’histoire (et on sait que le Web n’est pas peuplé que de Bisounours) écrit un article de documentation informatique qui intéresse un développeur équipé dans le cas présent du très prometteur Google Antigravity, (éditeur de code IA agentique).
  2. Caché dans le texte de la documentation, affiché à l’écran en taille d’un pixel de haut (autrement dit, à l’oeil nu, ça ressemble à une ligne grisée), un prompt qui demande astucieusement à l’IA de Google de récupérer des informations confidentielles. Ici, des mots de passe permettant l’accès au Cloud de la victime.
  3. Ensuite, le même prompt demande à l’IA de Google de se connecter à un site malveillant pour y livrer ces informations confidentielles.

Détail “amusant” (ou cauchemardesque) : par défaut, l’IA n’a pas accès aux mots de passe, mais elle se montre “créative” pour contourner l’interdiction et y accéder malgré tout. Et elle y arrive ! (voir l’illustration jointe).

Finalement quand les géants de la Tech nous disent que l’IA va tout changer, il ont peut-être raison. Mais curieusement, ils ne mentionnent pas que ça va aussi inclure la cybersécurité, en plus du climat et des conflits d’accès à l’eau et à l’énergie !

Copie d'écran d'ordinateur où l'on voit un dialogue avec une IA qui explique qu'elle n'a pas accès aux mots de passe, mais qui va essayer une méthode alternative pour finalement y arriver (et donner l'info secrète au pirate)

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30.11.2025 à 16:26

En Vrac de novembre 2025

Tristan Nitot

À propos d’IA

  • Passionnante Interview de Tristan Harris sur l’IA générative (ChatGPT & consors) et l’IA Générale (l’IA qui sait tout faire mieux que l’humain, qui n’existe pas à l’heure actuelle et peut-être jamais). L’interview est franchement alarmiste, donc il faut un mental d’acier pour l’écouter. Quelques points intéressants :
    • La notion de Recursive Self-Improvement Takeoff (ou RSI Takeoff), le moment où l’IA arrive à s’améliorer elle même, se programmer elle même, qui signifie qu’elle s’améliore de façon exponentielle.
    • le rôle centrale de l’inévitabilité. “Si tout le monde croit que l’IAGen est inévitable, alors je (CEO de la Tech), me doit d’y aller.”
    • Réguler l’IA, c’est possible : on l’a fait avec les CFC dans les années 1980 (ce sont les produits qui provoquaient le trou dans la couche d’ozone, qu’on a effectivement réussi à réguler avec le protocole de Montréal). Perso, j’en doute.
    • (Vers 44 mn) Comparaison entre le changement climatique (qu’on n’arrive pas à régler) et l’IA Générale. “Plus un sujet est proche de ce qui fait tourner l’économie, plus c’est difficile à réguler”
  • Inattendu : Saboter l’IA ? Une liste de méthodes offensives pour faciliter le sabotage algorithmique et l’empoisonnement intentionel de données. Avec par exemple des fichiers ZIP toxiques qui explosent le volume de données quand on les ouvre ou un générateur de fausses image JPEG.
  • Quand éclatera la bulle IA…, une réflexion de l’ami Ploum, avec une référence en conclusion… sur Vélorutopia !
  • Quelques chiffres sur les dépenses d’OpenAI (qui fait ChatGPT et Sora). L’entreprise aurait perdu 5 milliards en 2024 et est sur une tendance de 20 milliards en 2025.
  • Why We’re Not Using AI in This Course, Despite Its Obvious Benefits, un professeur d’éthique qui explique longuement pourquoi les élèves ne sont pas autorisés à utiliser de l’IA générative dans son cours.
  • Microsoft has AI GPUs “sitting in inventory” because it lacks the power necessary to install them. “The biggest issue we are now having is not a compute glut, but it’s power – it’s sort of the ability to get the builds done fast enough close to power,” Nadella said. “So, if you can’t do that, you may actually have a bunch of chips sitting in inventory that I can’t plug in. In fact, that is my problem today. It’s not a supply issue of chips; it’s actually the fact that I don’t have warm shells to plug into.” Donc Microsoft a des GPU qui sont inutilisés faute de place dans des Datacenters alimentés avec suffisament d’électricité ;
  • How AGI became the most consequential conspiracy theory of our time, ou comment la superintelligence montre de troublantes similitudes avec les théories du complot. Une lecture (en anglais) passionnante !
  • Justement, Hubert Guillaud, toujours excellent, nous propose une analyse de l’article ci-dessus : Intelligence artificielle générale : le délire complotiste de la tech, et c’est du bonheur à lire ;
  • Google CEO: If an AI bubble pops, no one is getting out clean “si la bulle de l’IA explose, personne n’en sortira indemne, même nous” explique Sundar Pichai, patron d’Alphabet (Google)
  • Merveilleux don de l’IA à l’humanité : le Chatfishing, la façon dont certaines personnes utilisent ChatGPT dans les apps de rencontre pour dialoguer avec des partenaires potentiels de façon à les séduire. Seulement, quand la rencontre en vrai arrivent, ils sont muets comme des carpes… Ca me rappelle un peu les élèves qui font faire leurs devoirs à l’IA, et qui sont fort dépourvus quand l’examen fut venu !

À propos d’IA et de son empreinte

  • TED Talk de Sasha Luccioni sur les Small Language Models et son projet AI Energy Score. Bien fait, format oblige, sur la possibilité d’utiliser des modèle de langages plus petits, plus spécialisés, qui demandent beaucoup moins de ressources (au point de tourner sur des smartphones). Attention toutefois à l’effet rebond, avec les fabricants de smartphones et de PC, dont les marchés s’essouflent depuis des années, et qui voudraient bien revenir à un renouvellement fréquents de nos terminaux, sous pretexte de les doper à l’IA un peu plus à chaque génération. Samsung, Apple et Microsoft ont déjà commencé…
  • The Ecological Cost of AI Is Much Higher Than You Think, avec des chiffres intéressants. Par exemple, la nouvelle usine de TSMC à Taiwan, qui va produire des puces à 2 nm pour l’IA va consommer 100 000 tonnes d’eau par jour. Il est prévu de construire 4 usines comme ceci pour faire face à la demande. Pendant ce temps-là, à cause du changement climatique, le pays subit une période de sécheresse qui fait que les producteurs de riz n’ont pas pu planter autant de riz que nécessaire. Rappelons que l’autonomie alimentaire, pour Taiwan, est fondamentale : la Chine rappelle fréquemment sa volonté d’annexer l’île.
  • Plein de chiffres sourcés sur l’empreinte environnementale de l’IA par l’ami James Martin : Understanding AI’s true – and ever-increasing – impacts, qui fait un travail formidable ;
  • L’IA est un désastre écologique ! explique Philippe Bihouix dans une vidéo du Futurologue ;
  • Datacenters, IA : comprendre l’empreinte environnementale et les enjeux écologiques
  • The computers that run on human brain cells, un article de Nature sur la startup suisse FinalSpark qui fait des réseaux de neurones… avec des neurones humains. Objectif : consommer moins d’énergie. On se rappellera qu’un cerveau humain consomme environ 20 Watts, alors qu’un bout de Datacenter qui fait tourner un LLM, c’est potentiellement un million de fois plus. S’inspirer du vivant est donc une voie qui inspire certains. En passant, on précisera que ce sont des neurones issus d’une culture de cellules souches, pas d’un trafic d’organes :-D

À propos du capitalisme

Climat

À propos de Fred Turner

Upcycling

Mobilité

À propos d’EROOM

  • Ca fait quelque temps que je réfléchis (parce qu’on me pose la question en conf’) sur l’usage de l’IA dans une approche EROOM. Et voilà que Microsoft sort un truc qui pourrait presque y ressembler : GitHub Copilot app modernization
  • Moment EROOM dans une vidéo qui célèbre les 30 ans du Task Manager de Windows NT. Il fonctionne encore aujourd’hui, il fait 84 Ko. Il a été remplacé dans Windows 11 par une version qui fait… 5,3 Mo. La loi de Wirth qui accompagne la loi de Moore et qui dit que “plus le matériel accélère, plus le logiciel ralentit” est bien toujours vivante !

À propos de Vélorutopia

À propos de logiciel libre

  • End of Japanese community, où le responsable communautaire historique du Support Mozilla au Japon claque sa dem’ suite à l’introduction d’un robot alimenté par l’IA qui écrase le boulot des bénévoles. C’est moche.

Complètement en vrac

  • Paris, 13 novembre, par le journaliste du Monde Michaël Szadkowski ;
  • La Ville de Paris et la FNAC ont organisé au printemps 1970 un concours de photographie amateur visant à produire une couverture photographique exhaustive du territoire parisien. La ville de Paris a numérisé l’essentiel des photos. Jeantho a fait un site permettant un accès plus rapide, et le résultat amusera sûrement les parisiens et les amateurs des années 1970 ;
  • My next chapter with Mastodon. Eugene Rochko, créateur de Mastodon, quitte sa position de CEO. Il explique pourquoi. C’est lourd à porter, et il n’est pas un personnage médiatique, ce qui dessert probablement le projet.
  • C’est le moment de Soutenir Framasoft, qui fait des merveilles. Je le fais chaque année. Et pendant que le CB est de sortie, faites de même à Wikipédia ;
  • Voilà, c’est officiel, j’ai quitté le TAG du W3C en septembre dernier : W3C Advisory Committee Elects Technical Architecture Group ;
  • L’inspirothèque de Limites Numériques est une bibliothèque d’idées, d’expérimentations et de projets inspirants pour penser un numérique plus écologique ;
  • J’étais sur France Inter, au journal de 8h, le 27/11/2025 pour un très rapide passage à (1h 14mn et 20 secondes) sur la bulle de l’IA et pourquoi tout le monde surveille l’action Nvidia comme le lait sur le feu. Je disais ceci : “L’IA, c’est un peu comme la ruée vers l’or, les seuls qui ont gagné de l’argent, ce sont les marchands de pelles. Dans la bulle de l’IA, le marchand de pelles, c’est Nvidia. Et si son cours de bourse flanche, c’est le signe que la bulle va éclater.” (oui, c’est court, et même pas sûr qu’ils aient tout passé !) Si l’envie vous prend d’écouter Gilles Babinet sur le même sujet, déplacez le curseur jusqu’à 2h, 9mn pour un débat sensiblement plus long avec une économiste.
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09.11.2025 à 10:46

L'IA fait elle de nous des prolétaires ?

Tristan Nitot

Voici un billet publié initialement sur LinkedIn, mais qui mérite sa place en dehors des réseaux propriétaires.

L’IA fait-elle de nous des prolétaires ? D’après le philosophe Bernard Stiegler, c’est oui : “le prolétariat, c’est ceux qui perdent leur savoir, parce que leur savoir est extériorisé dans les machines” (dans cette vidéo).

Et quand on y pense, c’est très évocateur de ce qui est en train de se passer avec l’IA : on ne rédige plus, on fait rédiger à une IA. On ne développe plus, on fait développer par une IA. On ne dessine plus, on fait dessiner… et ainsi de suite. Mais à ne plus faire, on oublie comment on faisait. Et pour ceux qui ne savaient pas faire, on n’apprend plus à faire. On n’apprend plus, on ne fait plus. On ne fait plus que vérifier que la machine fait bien. Mais comment vérifier un travail si on ne sait plus le faire soi-même ? D’ailleurs quand j’en parle autour de moi aux personnes qui utilisent de l’IA, la vérification est devenue si fastidieuse qu’ils passent outre.

Le plus paradoxal, c’est que Bernard Stiegler est mort en 2020 et qu’il a partagé cette définition lors d’une interview donnée il y a presque 14 ans, 11 ans donc avant la sortie de ChatGPT. Ce dernier est fort de ses 800 millions d’utilisateurs actifs par semaine, acquis en moins de trois ans.

Si on en croit Stiegler, ils sont autant de candidats à l’auto-prolétarisation qui croient au contraire que s’engager dans cette direction va sauver leur emploi. Quelle ironie !

Cela pose la question de la façon dont on aborde l’IA : peut-on profiter de l’IA sans y laisser son intelligence ? (et ne me lancez pas sur son empreinte environnementale, hein !)

Je mets le contexte de l’émission “Le Grand Réinventaire”

Le prolétariat, ça n’est pas la classe ouvrière, ça n’est pas les gens pauvres. La définition du prolétariat par Marx, c’est ceux qui perdent leur savoir, parce que leur savoir est extériorisé dans les machines. La prolétarisation des travailleurs manuels, décrite la première fois par Adam Smith 80 ans avant Marx, c’est le fait qu’avec les machines qui deviennent programmables, par exemple le métier Jacquard, le savoir qui était entre les mains de la fileuse qui fabriquait le tissu passe dans la machine à travers un programme qui est d’ailleurs l’origine du programme informatique, donc c’est une histoire très importante.

Sur le sujet, voir aussi :

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02.11.2025 à 19:30

En vrac d'octobre 2025

Tristan Nitot

Fin de Windows 10

En Vrac

Des nouvelles du capitalisme

À propos d’immigration

  • Six millions d’étrangers vivent en FranceLes chiffres sérieux sur le sujet sont rares et les fantasmes complotistes fréquents, aussi je les conserve ici. “Ces personnes représentaient 8,8 % de la population française en 2024, « une part inférieure à la moyenne de l’Union européenne », selon une étude de l’Insee publiée mardi 7 octobre. Une majorité d’entre elles (5,1 millions) sont nées à l’étranger, et 900 000, principalement des mineurs, sont nées en France. Leur proportion (8,8 %) dans la population vivant en France est inférieure à la moyenne européenne (9,6 %). Cette proportion est notamment inférieure à celle des étrangers vivant en Italie (8,9 %), en Espagne (13,4 %), en Belgique (13,8 %) et en Allemagne (14,5 %), explique l’Insee. La France compte aussi moins d’étrangers extra-européens : 2,3 % de la population, contre 2,4 % en Italie, 5,3 % en Allemagne et 8,4 % en Belgique.”

À propos d’IA

IA responsable

Un sujet que je développe est que l’IA a une empreinte environnementale qui est importante et qui est en forte croissance, à cause de l’adoption de l’IA (ChatGPT vient de passer les 800 000 utilisateurs hebdomadaires). Mais on me répond souvent que c’est utile pour des tas de choses intéressantes, comme les études scientifiques pour le climat, guérir le cancer, etc. Sauf que non. Les LLM et dérivés qui font l’IA générative du moment ne font rien de tout ça. Elles donnent des résultats non-déterministes (jamais le même, pour la même question) et ne donnent aucune garantie de fiabilité, ce qui les rend inadaptées au travail scientifique. Pour générer un texte qui a l’air plausible, ça marche très bien. Mais pour trouver un résultat, c’est une autre affaire. Certes, dans un cas comme un jeu de société, ça peut fonctionner. On se souviendra par exemple d’AlphaGo qui jouait au Go contre lui-même. Mais dans le monde réel, c’est considèrablement plus compliqué.

Alors arrive l’idée de faire de l’IA responsable, c’est à dire un usage responsable de l’IA, l’idée de s’en servir que quand ça vaut le coup. Mettre en rapport les ressources utilisées en face de l’enjeu et se demander si cela a du sens. Je prends quelques exemples : 1. Un besoin simple comme corriger des fautes d’orthographe ou de grammaire ? Utiliser les ressources d’un LLM, d’un ChatGPT serait irresponsable pour une tâche aussi simple. Un correcteur d’orthographe et de grammaire, technologie beaucoup plus simple, serait plus adapté et plus économique. 2. Besoin d’analyser un texte ? Il existe des technologies simples pour le faire, plus simples qu’un LLM. Ce sont celles qu’il faudrait utiliser. 3. Par contre, si un LLM permettait de sauver des tas de vies humaines, alors oui, cela aurait du sens. Utiliser une IA pour générer des vidéos rigolotes pour faire rire les copains ? Quand on sait que la génération de vidéo est l’application la plus gourmande de l’IA générative, alors on comprend bien que c’est tout sauf responsable. C’est même irresponsable. C’est exactement ce que fait Sora 2 d’OpenAI : un réseau social pour partager des vidéos rigolotes avec la tête de vos amis dedans. Jamais à court d’idées pour faire parler de lui, l’influenceur Tibo InShape permet à aux gens d’utiliser son avatar pour le mettre en scène dans des vidéos virales. Évidemment, ça tourne au vinaigre car les gens lui font dire des horreurs racistes (réservé aux abonnés) ;

Bulle de l’IA

Trump

  • Donald Trump exhorte les généraux à combattre «l’ennemi de l’intérieur», les étrangers, les villes de gauche, les gens aux cheveux longs. Le Monde précise “Pete Hegseth a promis aux gradés de les libérer d’une supervision éthique trop étroite à son goût. Cela passera par une révision – à la baisse – de la définition du harcèlement, du bizutage et du leadership toxique.”
  • A LR, on assume de plus en plus de préférer Le Pen à Mélenchon “Le sénateur Roger Karoutchi, cadre du parti de Bruno Retailleau, voterait «bien sûr» et «sans état d’âme» pour Le Pen ou Bardella face au leader insoumis. (…) Karoutchi n’a été recadré par personne à LR”. R.I.P. le front républicain.
  • Un brûlot d’un ancien exec de la Tech sur Trump : Elon Musk Discovers What Hierarchy Actually Means. C’est à propos du fait que Trump a donné tous la commande d’état attribuée à SpaceX (de Musk) à Jeff Bezos (d’Amazon et Blue Origin). L’article explique de manière assez fleurie comment Musk est tombé en disgrâce et comment Trump dirige le pays, en humiliant tous ceux qui pourraient le défier. Pour leur donner une leçon et dissuader ceux à qui une telle idée pourrait venir à l’esprit. Cela rappelle un article du MOnde (réservé aux abonnés) qui évoque la même chose en Chine : Dans la Chine de Xi Jinping, des purges sans fin ;

Limites planétaires

Web sustainability

Mobilité

EROOM

Vélorutopia

  • Un simple commentaire sur LinkedIn par Hortense Chevalier en réponse à Janco nous a fait très plaisir, à mon égo et moi. Je ne résiste pas à l’envie de le citer, à propos de ma nouvelle Vélorutopia : “je viens de la terminer, je n’ai pas réussi à la lâcher et l’ai lue d’une traite. C’est pas mon genre de flatter donc ce qui suit n’est pas une flatterie (point) : c’est l’une des meilleures nouvelles solarpunks que j’ai lues (et j’en ai lu un paquet (…)). Je crois qu’elle est importante, cette nouvelle. (…) j’avais besoin de dire à M. Nitot que sa nouvelle devrait faire partie du programme scolaire des mômes et être dans toutes les bibliothèques. Sérieux, j’ai eu les yeux humides à la fin (et pareil, c’est pas mon genre).”
  • Une recension de ma nouvelle Vélorutopia par Fabien : Vélorutopia – Tristan Nitot, qui fait bien plaisir !
  • Envie de la lire ? c’est ici : nouvelle Vélorutopia, disponible gratuitement et sous licence libre aux formats PDF, EPUB (pour votre liseuse) et HTML (pour votre navigateur) ;

Des nouvelles de mon égo

  1. France Inter : journal de 8h de France Inter le 6/10/2025 (avancer à 13 mn et 15 sec) à propos de la bulle de l’IA. J’en ai parlé ici ;
  2. BFM Business : Débrief de la tech du mardi 7 octobre dans l’émission Tech & Co (aussi en vidéo sur Youtube) ;
  3. Radio Classique : Google, l’IA et l’autorité de la concurrence (avancer à 6 mn 47 secondes) ;
  4. BFM Business : Débrief de la Tech du jeudi 23 octobre , où je parle d’Atlas, le navigateur d’OpenAI à 35 mn 45, et dans la foulée — à 44 mn 20— le sujet d’IA en relation avec l’éducation : faut-il faire des études à l’heure de l’IA ?
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06.10.2025 à 15:15

Pourquoi les investisseurs font-ils de l'IA une bulle ?

Tristan Nitot

Mais pourquoi investit-on des centaines de milliards de dollars dans l’IA ? Ce matin, j’étais au journal de 8h de France Inter (à partir de 13 mn 15 s), pour répondre à cette question au micro de Stéphane Jourdain et parler de la bulle de l’IA.

Le temps qui m’était accordé étant très court, je profite de ce billet pour répondre plus longuement à la question posée :

Quelles sont les motivations des investisseurs ?

  1. Les internautes ont un usage croissance de ces technologies (700 millions de personnes rien que pour ChatGPT en moins de deux ans !), et ça pourrait devenir une source importante de revenus le jour où on les facturera ;
  2. Les grandes entreprises utilisatrices de technologie n’ont pas encore de preuve que l’IA générative délivrera les gains de productivité promis mais se disent qu’il faut prendre le train en marche, sinon elles vont le rater et se faire dépasser par leurs concurrents ;
  3. Les entreprises de la Tech sentent aussi que c’est un changement de paradigme et que cela pourrait redistribuer les cartes. Google pourrait bien perdre le marché des moteurs de recherche, doublé par des IA qui répondent à toutes les questions des utilisateurs. Facebook pourrait aussi se faire disrupter. C’est pourquoi ils investissent massivement pour éviter leur propre disparition.
  4. Nvidia, pendant ce temps-là, investit dans OpenAI pour l’aider à acheter des puces… de chez Nvidia. Ils financent donc leur propre croissance.
  5. Certains acteurs voient encore plus loin et visent la super-intelligence, le moment où on arrivera à faire des outils plus intelligents que l’homme (si ça arrive un jour).

Tout cela fait des sommes astronomiques, qui augmente de 50% cette année !

Il n’en reste pas moins que c’est une bulle spéculative.

On arrive donc à cette question :

L’explosion de la bulle serait-elle grave ?

  1. Jeff Bezos, fondateur d’Amazon dit que oui, c’est une bulle (il a raison à mon sens) mais il en minimise la portée en affirmant que c’est une bulle “industrielle” et pas spéculative, c’est à dire que les puces GPU et les datacenters construits resteront après l’explosion de la bulle, et donc on pourra utiliser ces “assets” pour construire la suite. Certes, mais la vitesse d’évolution des GPU est telle que ces puces très coûteuses auront perdu l’essentiel de leur valeur le temps qu’on sorte de l’explosion de la bulle…
  2. L’autre sujet préoccupant est que la bourse américaine ne grossit que grâce au “miracle” de la bulle spéculative de l’IA. Le Krach boursier de l’IA sera donc probablement un vrai gros krach.
  3. Mais comme l’empreinte écologique et énergétique de l’IA est monstrueuse, et difficilement compatible avec l’accord de Paris et toute la démarche liée au changement climatique et aux limites planétaires, il est possible que cela soit paradoxalement une bonne nouvelle…
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