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17.10.2026 à 08:00

Le massacre du 17 octobre 1961 à Paris : « ici on noie les Algériens ! »

Ce jour-là, des dizaines d'Algériens ont été noyés dans la Seine ou massacrés par la police française à Paris. C'est un devoir de justice de ne pas l'oublier. Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d'Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris pour dénoncer le couvre-feu raciste imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d'être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h...). Cette manifestation rassemble environ 30.000 personnes.

Texte intégral (3908 mots)

Ce jour-là, des dizaines d'Algériens ont été noyés dans la Seine ou massacrés par la police française à Paris. C'est un devoir de justice de ne pas l'oublier. Le 17 octobre 1961 alors que la guerre d'Algérie touche à sa fin, le FLN appelle à une manifestation pacifique dans les rues de Paris pour dénoncer le couvre-feu raciste imposé quelques jours plus tôt aux Algériens et par extension à tous les Maghrébins (obligation d'être sans cesse isolé, et interdiction aux travailleurs algériens de sortir de 20h30 à 5h30, les cafés tenus par des musulmans doivent fermer à 19h...). Cette manifestation rassemble environ 30.000 personnes.

Début de la manifestation pacifique le 17 octobre 1961 à Paris

Le préfet de police de Paris, Maurice Papon, qui a reçu carte blanche des plus hautes autorités, dont de Gaulle, lance, avec 7.000 policiers, une répression sanglante. Il y aura 11.730 arrestations, et peut-être beaucoup plus de 200 morts, noyés ou exécutés, parmi les Algériens.

Ce crime au coeur de l'État français n'a toujours pas été reconnu officiellement alors même que les partisans de la Nostalgérie prônent la promotion de l'oeuvre positive française durant la colonisation dans les programmes scolaires !!!

Le 27 octobre 1961, Claude Bourdet, alors conseiller municipal de Paris et aussi journaliste à "France-Observateur", avait interpellé le préfet de police, Maurice Papon, en plein conseil municipal de Paris sur l'exactitude des faits qui se lisaient dans la presse parisienne, à savoir le repêchage dans la Seine de 150 cadavres d'Algériens depuis le 17 octobre 1961 entre Paris et Rouen.

« Monsieur le Préfet de Police »

Intervention de Claude Bourdet au Conseil municipal de Paris, le 27 octobre 1961

- Les silences de Monsieur Maurice Papon

Claude Bourdet

« J'en viens d'abord aux faits. Il n'est guère besoin de s'étendre. Parlerai-je de ces Algériens couchés sur le trottoir, baignant dans le sang, morts ou mourants, auxquels la Police interdisait qu'on porte secours ? Parlerai-je de cette femme enceinte, près de la place de la République, qu'un policier frappait sur le ventre ? Parlerai-je de ces cars que l'on vidait devant un commissariat du quartier Latin, en forçant les Algériens qui en sortaient à défiler sous une véritable haie d'honneur, sous des matraques qui s'abattaient sur eux à mesure qu'ils sortaient ? J'ai des témoignages de Français et des témoignages de journalistes étrangers. Parlerai-je de cet Algérien interpellé dans le métro et qui portait un enfant dans ses bras ? Comme il ne levait pas les bras assez vite, on l'a presque jeté à terre d'une paire de gifles. Ce n'est pas très grave, c'est simplement un enfant qui est marqué à vie !

Je veux seulement mentionner les faits les plus graves et poser des questions. Il s'agit de faits qui, s'ils sont vérifiés, ne peuvent pas s'expliquer par une réaction de violence dans le feu de l'action. Ce sont des faits qui méritent une investigation sérieuse, détaillée, impartiale, contradictoire.

D'abord, est-il vrai qu'au cours de cette journée, il n'y ait pas eu de blessés par balle au sein de la Police ? Est-il vrai que les cars radio de la Police aient annoncé au début de la manifestation dix morts parmi les forces de l'ordre, message nécessairement capté par l'ensemble des brigades... et qui devait donc exciter au plus haut point l'ensemble des policiers ? C'était peut-être une erreur, c'était peut-être un sabotage, il faudrait le savoir ; et peut-être, d'autre part, n'était-ce pas vrai. C'est pour cela que je veux une enquête.

Photo d'Elie Kagan prise le 17 octobre 1961

De même, est-il vrai qu'un grand nombre des blessés ou des morts ont été atteints par des balles du même calibre que celui d'une grande manufacture qui fournit l'armement de la Police ? Qu'une grande partie de ces balles ont été tirées à bout portant ? Une enquête dans les hôpitaux peut donner ces renseignements. Il est clair que ce n'est pas n'importe quelle enquête et que ceux qui la feraient devraient être couverts par son caractère officiel et savoir qu'ils ne risqueraient rien en disant la vérité.

De même, est-il vrai qu'un grand nombre des blessés ou des morts ont été atteints par des balles du même calibre que celui d'une grande manufacture qui fournit l'armement de la Police ? Qu'une grande partie de ces balles ont été tirées à bout portant ? [...] Et que sont devenus leurs corps ?

Et voici le plus grave : est-il vrai que dans la « cour d'isolement » de la Cité, une cinquantaine de manifestants, arrêtés apparemment dans les alentours du boulevard Saint-Michel, sont morts ? Et que sont devenus leurs corps ? Est-il vrai qu'il y a eu de nombreux corps retirés de la Seine ? Dans les milieux de presse, et pas seulement dans les milieux de la presse de gauche, dans les rédactions de la presse d'information, on parle de 150 corps retirés de la Seine entre Paris et Rouen. C'est vrai ou ce n'est pas vrai ? Cela doit pouvoir se savoir. Une enquête auprès des services compétents doit permettre de le vérifier. Cela implique, ai-je dit, non pas une enquête policière ou administrative, c'est-à-dire une enquête de la Police sur elle-même, mais une enquête très large, avec la participation d'élus.

- L'essentiel

J'en viens maintenant au propos qui est pour moi l'essentiel : celui qui vous concerne directement, Monsieur le Préfet de Police. Mon projet n'est pas de clouer au pilori la Police parisienne, de prétendre qu'elle est composée de sauvages, encore qu'il y ait eu bon nombre d'actes de sauvagerie. Mon projet est d'expliquer pourquoi tant d'hommes, qui ne sont probablement ni meilleurs, ni pires qu'aucun de nous, ont agi comme ils l'ont fait. Ici je pense que, dans la mesure où vous admettrez partiellement ces faits, vous avez une explication. Elle a d'ailleurs été donnée tout à l'heure : elle réside dans les attentats algériens, dans les pertes que la Police a subies.

Il s'agit seulement d'expliquer, sur le plan subjectif, l'attitude de la Police, cette explication est, en partie, suffisante. Nous nous sommes inclinés assez souvent ici sur la mémoire des policiers tués en service commandé pour le savoir, mais cela n'explique pas tout. Et surtout, ces explications subjectives ne suffisent pas. Le policier individuel riposte lorsqu'il est attaqué, mais il faut voir les choses de plus loin. Ce qui se passe vient d'une certaine conception de la guerre à outrance menée contre le nationalisme algérien. Ici on peut me répondre : « Auriez-vous voulu que nous laissions l'ennemi agir librement chez nous ? Et même commettre des crimes impunément ? » Sur ce plan, la logique est inévitable : l'ennemi est l'ennemi ; il s'agit de le briser par tous les moyens, ou presque. Mais l'ennemi répond alors de la même façon, et on arrive là où nous sommes aujourd'hui. Il était impossible qu'il y ait une guerre à outrance en Algérie et qu'il ne se passe rien en France. Mais ce que je dis - et cela me semble vérifié pour tout ce qu'on a dit ici, à droite, sur la puissance du FLN en France, et sur la menace qu'il représente -, c'est qu'il aurait pu rendre la situation infiniment plus grave qu'il ne l'a rendue.

- La guerre à outrance

Les dirigeants algériens ont agi non pas en vertu de sentiments d'humanité mais dans leur propre intérêt, parce qu'ils voulaient pouvoir organiser les Algériens en France, parce qu'ils voulaient « collecter » comme on l'a dit et cela, vous le savez bien, en général beaucoup plus par le consentement que par la terreur. Il y avait là aussi, probablement, l'influence d'un certain nombre de cadres algériens, en particulier de ces cadres syndicaux de l'UGTA, très enracinés dans le mouvement syndical français, très proches de la population métropolitaine, hostiles au terrorisme. Ce sont malheureusement eux, justement, parce qu'ils étaient connus, repérés, voyants, qui ont été les premiers arrêtés, souvent déportés en Algérie, et on ne sait pas malheureusement, vous le savez, ce que ceux-là sont devenus.

Vous répliquerez qu'il y a eu, dès le début de la guerre, des règlements de compte entre Algériens, des liquidations de dénonciateurs, etc., c'est-à-dire des crimes que la Police ne pouvait pas tolérer, quelle que fût sa politique. Oui, mais il y a, pour la Police, bien des façons d'agir et dans les premiers temps, on n'a pas vu se produire, du côté policier, les violences extrêmes qui sont venues ultérieurement. Ce que je dis, c'est qu'à un certain moment, on a estimé que cette action de la Police ne suffisait pas.

On a estimé qu'il fallait qu'à la guerre à outrance menée contre le FLN en Algérie corresponde la guerre à outrance menée contre le FLN en France. Le résultat a été une terrible aggravation de la répression, la recherche par tous les moyens du « renseignement », la terreur organisée contre tous les suspects, les camps de concentration, les sévices les plus inimaginables et la « chasse aux ratons ».

Je dis, Monsieur le Préfet de Police, que vous-même avez particulièrement contribué à créer ainsi, au sein d'une population misérable, épouvantée, une situation où le réflexe de sécurité ne joue plus. Je dis que les consignes d'attentats contre la Police étaient bien plus faciles à donner dans un climat pareil de désespoir. Je dis que même si de telles consignes n'existaient pas, le désespoir et l'indignation suffisaient souvent à causer des attentats spontanés, en même temps qu'à encourager ceux qui, au sein du FLN, voulaient en organiser. Je dis qu'on a alimenté ainsi un enchaînement auquel on n'est pas capable de mettre fin.

- Est-il vrai ?

Je pense, Monsieur le Préfet de Police, que vous avez agi dans toute cette affaire exactement comme ces chefs militaires qui considèrent que leur propre succès et leur propre mérite se mesurent à la violence des combats, à leur caractère meurtrier, à la dureté de la guerre. C'était la conception du général Nivelle au cours de l'offensive du Chemin des Dames, et vous savez que l'Histoire ne lui a pas été favorable. C'est cette conception qui a été la vôtre à Constantine et celle que vous avez voulu importer dans la région parisienne, avec les résultats que l'on sait. Maintenant, vous êtes pris à votre propre jeu et vous ne pouvez pas vous arrêter, même en ce moment, à une époque où la paix paraît possible. La terreur à laquelle la population algérienne est soumise n'a pas brisé la menace contre vos propres policiers, bien au contraire. J'espère me tromper, j'espère que vous n'aurez pas relancé, d'une manière encore pire, l'enchaînement du terrorisme et de la répression.

Car, enfin, il n'était pas condamnable, il était excellent que le FLN cherche, lui, à sortir de cet engrenage par des manifestations de rue, des manifestations dont un grand nombre de gens ont dit qu'elles étaient, à l'origine, pacifiques. Nous aurions dû comprendre, vous auriez dû comprendre, que c'était là l'exutoire qui permettrait au désespoir de ne pas se transformer en terrorisme. Au lieu de cela, vous avez contribué à créer une situation pire. Vous avez réussi, et peut-être certains s'en félicitent-ils, à dresser contre les Algériens, il faut le dire, une partie importante de la population parisienne qui ne comprend pas évidemment pourquoi ces Algériens manifestent. Elle n'est pas algérienne, cette population, elle ne vit pas dans les bidonvilles, sa sécurité de tous les instants n'est pas menacée par les harkis, etc. Alors, évidemment, « que viennent faire dans les rues ces Algériens ? Leur attitude est incompréhensible ! »

Je dis, Messieurs les Préfets, mes chers collègues, que loin de chercher à réprimer l'agitation politique des Algériens, nous devons dans cette perspective de négociation, de paix, qui s'ouvre enfin, même si c'est trop tard - nous devons chercher à légaliser l'activité politique des Algériens en France. Il faut que leur action politique s'effectue au grand jour, avec des organisations légales, donc contrôlables, avec des journaux que l'on puisse lire. Nous devons leur laisser d'autres moyens que ceux du désespoir.

Monsieur le Préfet de Police, cela suppose que vous, vous changiez d'attitude. Ici je suis obligé de vous poser une question très grave. Je vous prie, non pas de m'en excuser, car vous ne m'en excuserez pas, mais de comprendre qu'il est difficile, pour un journaliste qui sait que son journal sera saisi, si quoi que ce soit déplaît un peu trop à la Police ou au gouvernement, d'écrire un article sur ce sujet. Mais quand ce journaliste est conseiller municipal, il a la possibilité de venir dire ces choses à la tribune et de les dire sans ambages.

Est-il vrai qu'au mois de septembre et d'octobre, parlant à des membres de la Police parisienne, vous ayez affirmé à plusieurs reprises que le ministre de la Justice avait été changé, que la Police était maintenant couverte, et que vous aviez l'appui du gouvernement ?

Voici ma question : est-il vrai qu'au mois de septembre et d'octobre, parlant à des membres de la Police parisienne, vous ayez affirmé à plusieurs reprises que le ministre de la Justice avait été changé, que la Police était maintenant couverte, et que vous aviez l'appui du gouvernement ? Si c'était vrai, cela expliquerait, en grande partie, l'attitude de la Police au cours de ces derniers jours. Si ce n'est pas vrai, tant mieux. De toute façon, d'ici quelques années, d'ici quelques mois, quelques semaines peut-être, tout se saura, et on verra qui avait raison. Et si j'avais eu tort aujourd'hui, je serais le premier à m'en féliciter. »

  • Extrait du livre “Mes batailles” de Claude Bourdet (Ed. In Fine, 1993) pages 161/167 et aussi paru dans la revue France-Observateur du 2 novembre 1961 -

Même si Papon a été débouté de la plainte déposée contre lui, tous ces faits, tout ces massacres ont été complètement avérés au cours du procès, cependant aujourd'hui le gouvernement français ne les a toujours pas officiellement reconnus.

A voir aussi le documentaire : Mémoires sauvées du vent, qui fait un retour sur la répression de la manifestation du 17 octobre 1961, et la lente intégration des travailleurs algériens, des bidonvilles aux cités de relogement, avec les conséquences que l'on sait.

À partir d'archives, ce document relate les événements d'octobre 1961, du couvre-feu imposé aux "Français musulmans d'Algérie" par le préfet de police Maurice Papon, à la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 qui aurait fait près de 300 victimes selon les historiens, en passant par les rafles qui l'ont suivie et le retour forcé vers leur "douars d'origine" des interpelés. Puis il s'attarde sur la condition des travailleurs algériens dans les bidonvilles de Nanterre, avec cet entretien mené par Monique Hervo qui y a séjourné, jusqu'à leur transfert sous l'impulsion du gouvernement de Jacques Chaban-Delmas vers des cités de relogement... avec les conséquences que l'on sait : la progressive ghettoïsation de ces quartiers. Dès les Années 70, on n'hésite plus à parler dans les médias de "seuil de tolérance", de "côte d'alerte", de "français de souche" qui désertent ces banlieues... Une mise à l'index qui trouvera son exutoire dans le vote populiste des Années 80, jusqu'aux émeutes de 2005 qui, trente ans plus tard, démontrera à une France médusée la face cachée d'une politique de la ville réduite à sa plus simple expression. Racisme, discriminations, contrôles au faciès, bavures policières... la liste est longue des renoncements d'une République, qui n'a toujours pas soldé les séquelles de ses guerres coloniales.

https://rebellyon.info/Le-massacre-du-17-octobre-1961-a-Paris-907
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17.10.2026 à 08:00

De la révolte à la révolution

Ce qui se passe actuellement en France en terme de révoltes populaires est passionnant et beaucoup de gens dans d'autres pays nous regardent.
Il semblerait qu'il y ait un potentiel révolutionnaire dans cette période.

Comment faire pour que cet élan ne s'essouffle pas, se renforce, se multiplie et s'étende ?

Pour que l'État ne puisse pas l'écraser et que les forces contre révolutionnaires, bourgeoises, réformistes ou autoritaires ne puissent pas le récupérer, et confisquer le pouvoir, comme ça a été le cas encore et encore au cours de l'Histoire ?

Déjà l'élan de la révolte pousse de plus en plus de gens à manifester, à faire grève, à bloquer, à occuper, à faire des assemblées, à tout faire pour élargir le mouvement et faire converger les forces.

Mais comment faire pour que cet élan tienne dans la durée, se perpétue, et devienne plus offensif et révolutionnaire ?

L'idée avancée dans ce texte (et qui n'est pas spécialement originale en vérité) est que pour cela il faudra que les assemblées qui se créent dans le mouvement se saisissent à bras le corps des questions de l'autonomie, de l'auto-organisation, sur notamment ce qui touche à la subsistance quotidienne du peuple révolutionnaire.
Auto-gérer l'auto-défense, par exemple comme les gens qui se sont organisés contre l'ICE aux États Unis
Auto-gérer la nourriture, par exemple en expropriant des supermarchés pour redistribuer la nourriture à celleux qui en ont besoin, en renforçant ou créant des réseaux de récup, en faisant des cantines ou en s'approvisionnant directement auprès de producteurs solidaires de la lutte
Auto-gérer les logements, par l'expropriation, les occupations, la redistribution, le partage, et en repensant comment on se loge, comment on habite, en sortant des carcans individualistes
Auto-gérer les soins, en ouvrant ou intégrant des lieux de soin communautaire, avec des soignants solidaires de la lutte révolutionnaire
Auto-gérer la communication, en faisant nos propres journaux, nos propres radios, nos propres internets (ou en ralliant à notre cause des medias, si tant est qu'ils soient réellement révolutionnaires et qu'ils sachent rester à leur place)
Auto-gérer les enfants et les personnes qui ont besoin de soin spécifiques ou d'assistance, en créant ou en intégrant dans la lutte des lieux dédiés à ça
Et ce ne sont que des pistes pour illustrer le propos, en vérité tout doit se décider entre les gens, en fonction des besoins réels, des capacités, réelles, des situations et des possibilités réelles.

Il faut déserter tout ce qui alimente le Capital et investir tout ce qui alimente le peuple révolutionnaire.
Déserter, ou réorienter les forces vers l'auto-organisation et l'autonomie.
Si on a un travail qui fait sens, qui répond à des besoins réels des gens, pourquoi pas les mettre au service de la révolution, c'est-à-dire au service des gens, et non au service de l'argent et du pouvoir ?

On ne peut rien attendre de l'État et du Capital.
On peut tout attendre de l'auto-organisation, de l'entraide, de la solidarité.
On peut tout attendre de la révolution.
Il faut du courage et de l'insoumission (on en a)
Il faut s'organiser, réorganiser la vie, réinventer la manière dont on se lie les uns et les unes aux autres.
Recréer du sens, choisir nos valeurs réelles, se réapproprier nos vies, collectivement, élaborer ensemble de quoi on a réellement besoin et ce qu'on doit faire. Expérimenter, apprendre.
Et ça ne doit pas se faire chacun.e dans son coin.
Si on veut abattre ce système, les forces révolutionnaires doivent s'alimenter (au sens propre comme au figuré) et se relier les un.es aux autres, à l'intérieur de la France, mais aussi à l'international.
On doit décupler nos forces, créer des infrastructures qui permettront au mouvement de tenir, créer des solidarités matérielles et concrètes partout où on peut.
Créer un maillage avec ce qui existe déjà, s'associer là où on peut, dans le but d'avoir une puissance matérielle qui maintient la lutte et la conflictualité.
Coordonner ces puissances matérielles et ces luttes.

C'est en se saisissant de ces enjeux qu'on réussira peut-être à faire ce que tant de gens avant nous n'ont pas réussi à faire, ou pas assez, parce qu'ils se sont fait écraser, trahir, déposséder, par la bourgeoisie, par des élites, par des partis, par des soit disant professionnels de la politique.
On est pas obligé.es de se faire écraser, on est pas obligé.es de se faire déposséder.
Mais pour devenirs plus fort.es et durer, il faudra probablement s'emparer de ces questions concrètes, de la vie, de la subsistance, de l'autonomie.

On est capables d'auto-organisation et d'autonomie
Le système nous a inculqué l'impuissance et la passivité politique, la dépendance au point qu'on n'arrive même plus à imaginer quelque chose au delà.
Mais en vérité, l'intelligence collective est très puissante, très capable.
Il faut juste lui laisser l'occasion et le temps de s'élaborer, plutôt que de toujours confier notre destin à des soit disant experts politicards qui finissent toujours par nous trahir.
Les gens seront toujours les mieux placés pour savoir ce dont ils ont besoin et ce qu'il faut faire.
Il faut s'en convaincre.

Texte intégral (1077 mots)

Ce qui se passe actuellement en France en terme de révoltes populaires est passionnant et beaucoup de gens dans d'autres pays nous regardent.
Il semblerait qu'il y ait un potentiel révolutionnaire dans cette période.

Comment faire pour que cet élan ne s'essouffle pas, se renforce, se multiplie et s'étende ?

Pour que l'État ne puisse pas l'écraser et que les forces contre révolutionnaires, bourgeoises, réformistes ou autoritaires ne puissent pas le récupérer, et confisquer le pouvoir, comme ça a été le cas encore et encore au cours de l'Histoire ?

Déjà l'élan de la révolte pousse de plus en plus de gens à manifester, à faire grève, à bloquer, à occuper, à faire des assemblées, à tout faire pour élargir le mouvement et faire converger les forces.

Mais comment faire pour que cet élan tienne dans la durée, se perpétue, et devienne plus offensif et révolutionnaire ?

L'idée avancée dans ce texte (et qui n'est pas spécialement originale en vérité) est que pour cela il faudra que les assemblées qui se créent dans le mouvement se saisissent à bras le corps des questions de l'autonomie, de l'auto-organisation, sur notamment ce qui touche à la subsistance quotidienne du peuple révolutionnaire.
Auto-gérer l'auto-défense, par exemple comme les gens qui se sont organisés contre l'ICE aux États Unis
Auto-gérer la nourriture, par exemple en expropriant des supermarchés pour redistribuer la nourriture à celleux qui en ont besoin, en renforçant ou créant des réseaux de récup, en faisant des cantines ou en s'approvisionnant directement auprès de producteurs solidaires de la lutte
Auto-gérer les logements, par l'expropriation, les occupations, la redistribution, le partage, et en repensant comment on se loge, comment on habite, en sortant des carcans individualistes
Auto-gérer les soins, en ouvrant ou intégrant des lieux de soin communautaire, avec des soignants solidaires de la lutte révolutionnaire
Auto-gérer la communication, en faisant nos propres journaux, nos propres radios, nos propres internets (ou en ralliant à notre cause des medias, si tant est qu'ils soient réellement révolutionnaires et qu'ils sachent rester à leur place)
Auto-gérer les enfants et les personnes qui ont besoin de soin spécifiques ou d'assistance, en créant ou en intégrant dans la lutte des lieux dédiés à ça
Et ce ne sont que des pistes pour illustrer le propos, en vérité tout doit se décider entre les gens, en fonction des besoins réels, des capacités, réelles, des situations et des possibilités réelles.

Il faut déserter tout ce qui alimente le Capital et investir tout ce qui alimente le peuple révolutionnaire.
Déserter, ou réorienter les forces vers l'auto-organisation et l'autonomie.
Si on a un travail qui fait sens, qui répond à des besoins réels des gens, pourquoi pas les mettre au service de la révolution, c'est-à-dire au service des gens, et non au service de l'argent et du pouvoir ?

On ne peut rien attendre de l'État et du Capital.
On peut tout attendre de l'auto-organisation, de l'entraide, de la solidarité.
On peut tout attendre de la révolution.
Il faut du courage et de l'insoumission (on en a)
Il faut s'organiser, réorganiser la vie, réinventer la manière dont on se lie les uns et les unes aux autres.
Recréer du sens, choisir nos valeurs réelles, se réapproprier nos vies, collectivement, élaborer ensemble de quoi on a réellement besoin et ce qu'on doit faire. Expérimenter, apprendre.
Et ça ne doit pas se faire chacun.e dans son coin.
Si on veut abattre ce système, les forces révolutionnaires doivent s'alimenter (au sens propre comme au figuré) et se relier les un.es aux autres, à l'intérieur de la France, mais aussi à l'international.
On doit décupler nos forces, créer des infrastructures qui permettront au mouvement de tenir, créer des solidarités matérielles et concrètes partout où on peut.
Créer un maillage avec ce qui existe déjà, s'associer là où on peut, dans le but d'avoir une puissance matérielle qui maintient la lutte et la conflictualité.
Coordonner ces puissances matérielles et ces luttes.

C'est en se saisissant de ces enjeux qu'on réussira peut-être à faire ce que tant de gens avant nous n'ont pas réussi à faire, ou pas assez, parce qu'ils se sont fait écraser, trahir, déposséder, par la bourgeoisie, par des élites, par des partis, par des soit disant professionnels de la politique.
On est pas obligé.es de se faire écraser, on est pas obligé.es de se faire déposséder.
Mais pour devenirs plus fort.es et durer, il faudra probablement s'emparer de ces questions concrètes, de la vie, de la subsistance, de l'autonomie.

On est capables d'auto-organisation et d'autonomie
Le système nous a inculqué l'impuissance et la passivité politique, la dépendance au point qu'on n'arrive même plus à imaginer quelque chose au delà.
Mais en vérité, l'intelligence collective est très puissante, très capable.
Il faut juste lui laisser l'occasion et le temps de s'élaborer, plutôt que de toujours confier notre destin à des soit disant experts politicards qui finissent toujours par nous trahir.
Les gens seront toujours les mieux placés pour savoir ce dont ils ont besoin et ce qu'il faut faire.
Il faut s'en convaincre.

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16.10.2026 à 18:00

Revendication piratage REPUBLICAINS.FR

REPUBLICAINS.FR HACKED & DEFACED ‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍‍☠‍☠‍☠‍☠‍
APPEL À REJOINDRE LES MOBILISATIONS DU 17 OCTOBRE

Nous avons rassemblé nos talents de lutte et avons offert un lifting au site officiel du parti « Les Républicains » !

Ceci est un APPEL à rejoindre les mobilisations du 17 octobre pour révolutionner la France et le monde. Faisons monter le rapport de force !

Des GROSSES ||||| DE RIRE sur ce parti de racailles, sales merdes racistes et capitalistes.

À l'attention des « Républicains » :

Nous avons volé toutes les données de votre site et de vos membres ainsi que tous vos échanges internes et messages privés. Si vous ne répondez pas sérieusement aux revendications des personnes mobilisées dans la rue, ou que vous supprimez notre appel de votre site avant le 20 octobre, nous enverrons une copie de vos données à tous les journalistes et médias d'investigation qui se feront un plaisir de vous démarrer - notamment durant toute cette période électorale.

APPEL aux hacker.euses et ratpis, à vos combinaisons de power rangers roses !!! Restez protégé.es et organisez-vous ! On va les terminer ENSEMBLE.

Que les données volées des fascistes, des capitalistes, des masculinistes et de tous les ennemis de nos rêves pleuvent en public et sur les journalistes et médias d'investigation :)

Vous trouverez sur le site, organisé en 5 segments, les ressources nécessaires à mener de front la révolution harmonieuse dont Paname et le monde qu'elle influence ont grand besoin.

Pour un monde antifasciste, anticapitaliste, queerféministe, antiraciste, antivalidiste et écoconscient :
À BAS L'ÉTAT, À BAS L'ÉTAT POLICIER ‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍‍☠‍☠‍☠‍

Annexe
||||| : Acronyme humoristique pour « barres ».
DEFACED : Le fait d'avoir endommagé ou vandalisé quelque chose, en particulier une surface (ex : un site web), de manière visible.
power rangers roses : Lors du congrès 39C3, Martha Root déguisée en combinaison de power ranger rose revendique le piratage d'un site de rencontre de suprémacistes blancs.

Note : archives ici
Texte intégral (643 mots)

REPUBLICAINS.FR HACKED & DEFACED ‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍‍☠‍☠‍☠‍☠‍
APPEL À REJOINDRE LES MOBILISATIONS DU 17 OCTOBRE

Nous avons rassemblé nos talents de lutte et avons offert un lifting au site officiel du parti « Les Républicains » !

Ceci est un APPEL à rejoindre les mobilisations du 17 octobre pour révolutionner la France et le monde. Faisons monter le rapport de force !

Des GROSSES ||||| DE RIRE sur ce parti de racailles, sales merdes racistes et capitalistes.

À l'attention des « Républicains » :

Nous avons volé toutes les données de votre site et de vos membres ainsi que tous vos échanges internes et messages privés. Si vous ne répondez pas sérieusement aux revendications des personnes mobilisées dans la rue, ou que vous supprimez notre appel de votre site avant le 20 octobre, nous enverrons une copie de vos données à tous les journalistes et médias d'investigation qui se feront un plaisir de vous démarrer - notamment durant toute cette période électorale.

APPEL aux hacker.euses et ratpis, à vos combinaisons de power rangers roses !!! Restez protégé.es et organisez-vous ! On va les terminer ENSEMBLE.

Que les données volées des fascistes, des capitalistes, des masculinistes et de tous les ennemis de nos rêves pleuvent en public et sur les journalistes et médias d'investigation :)

Vous trouverez sur le site, organisé en 5 segments, les ressources nécessaires à mener de front la révolution harmonieuse dont Paname et le monde qu'elle influence ont grand besoin.

Pour un monde antifasciste, anticapitaliste, queerféministe, antiraciste, antivalidiste et écoconscient :
À BAS L'ÉTAT, À BAS L'ÉTAT POLICIER ‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍☠‍‍☠‍☠‍☠‍

Annexe
||||| : Acronyme humoristique pour « barres ».
DEFACED : Le fait d'avoir endommagé ou vandalisé quelque chose, en particulier une surface (ex : un site web), de manière visible.
power rangers roses : Lors du congrès 39C3, Martha Root déguisée en combinaison de power ranger rose revendique le piratage d'un site de rencontre de suprémacistes blancs.

Note : archives ici
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16.10.2026 à 18:00

Appels et suivi de la journée du 17 octobre

La journée du 17 octobre s'annonce être une journée chargée, entre le mouvement lycéen de ces dernières semaines, l'appel à se lever contre la hausse du prix des carburants

Texte intégral (759 mots)

La journée du 17 octobre s'annonce être une journée chargée, entre le mouvement lycéen de ces dernières semaines, l'appel à se lever contre la hausse du prix des carburants

plus d'infos à venir

Les appels à manif

Quelques infos pratiques

  • Garde d'enfants au CICP le samedi 17 octobre entre 14h et 18h !
    La garde est organisée par le collectif queer auto-géré « LA BULLE » (à ne pas confondre avec la maison des associations la bulle) pour le 17 octobre. Inscription sur instagram (@labulleidf) ou par mail à bulleIDF [at] protonmail.com.
  • Une cartographie des lieux de pouvoir datant de 2017 (elle n'est pas à jour mais ça donne des idées)
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16.10.2026 à 09:00

Repas de soutien pour la legal team antiraciste a la Cantine des Pyrénées en soutien aux lyceens

Venez nombreux pour partager un repas en soutien à la legal team antiraciste pour les lycéens inculpés✊️. Rendez-vous à la cantine des Pyrénées (77 rue de la Mare, Paris 20e) le dimanche 18 octobre à 12h !

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Venez nombreux pour partager un repas en soutien à la legal team antiraciste pour les lycéens inculpés✊️. Rendez-vous à la cantine des Pyrénées (77 rue de la Mare, Paris 20e) le dimanche 18 octobre à 12h !

Salut la team !
Avec la Cantine des Pyrénées on organise un repas de soutien pour la Legal Team Antiraciste afin de soutenir le mouvement lycéen face à la repression !!

Cela permettra de financer les accompagnements juridique pour eviter au maximum de donner de la force au pouvoir. Un réel enjeu se joue dans les tribunaux (répression mais aussi des amendes qui renforceraient le pouvoir, ne laissons pas faire !).

Vous êtes invité-es au 77 rue de la mare, 75020 à nous rejoindre ce dimanche 18 octobre pour manger de 12h à 15h ou même pour filer un coup de main à partir de 9h dans une chouette ambiance :).

ACABISOUS !

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16.10.2026 à 08:00

6e assemblée anticarcérale paname et environs : 25 Octobre à la Parole Errante !

La sixième Assemblée Anticarcérale Paname & Environs aura lieu le dimanche 25 Octobre à la parole errante (9 Rue François Debergue, Montreuil). Le lieu sera ouvert dès 15h30 pour s'installer, écrire ensemble des lettres à des prisonnier·es ou parcourir l'infokiosque, et l'assemblée même commencera à 16h. On conseille d'essayer autant que possible de venir sans téléphone (ou au pire, de l'éteindre en avance) pour réduire la surveillance que l'on s'impose à travers l'omniprésence des mouchards technologiques dans nos milieux. Il y aura aussi un coin et des activités pour les enfants, pour permettre aux personnes qui ont des enfants de pouvoir participer à l'assemblée.

Texte intégral (1030 mots)

La sixième Assemblée Anticarcérale Paname & Environs aura lieu le dimanche 25 Octobre à la parole errante (9 Rue François Debergue, Montreuil). Le lieu sera ouvert dès 15h30 pour s'installer, écrire ensemble des lettres à des prisonnier·es ou parcourir l'infokiosque, et l'assemblée même commencera à 16h. On conseille d'essayer autant que possible de venir sans téléphone (ou au pire, de l'éteindre en avance) pour réduire la surveillance que l'on s'impose à travers l'omniprésence des mouchards technologiques dans nos milieux. Il y aura aussi un coin et des activités pour les enfants, pour permettre aux personnes qui ont des enfants de pouvoir participer à l'assemblée.

L'assemblée anti carcérale paris & environs a pour vocation d'être un espace d'organisation ouvert se réunissant mensuellement afin d'agir collectivement en solidarité avec les mouvements des prisonnier.es et tisser des liens avec les prisonnier.es et leurs proches sans passer par des cadres partisans ou syndicaux.

Lors des dernières grosses révoltes qui ont eu lieu, la réalité sociale de la répression nous a laissé-es face à un constat amer : nous sommes bien loin d'avoir les outils nécessaires pour réagir correctement face à l'appareil d'État, ainsi qu'amplifier la voix des prisonnier·ères et de celleux qui font les frais du système carcéral.
Pourtant, les mouvements ne manquent pas d'inventivité pour s'opposer de front aux prisons, que ce soit par des actions telles que l'attaque de la prison de Fresnes lors des révoltes de 2023, les attaques répétées de comicos dans cette même révolte comme lors des gilets jaunes, ou encore les attaques et intimidations de matons à domicile comme lors de DDPF.

Nous voulons nous en inspirer pour pousser nos luttes anti-carcérales plus loin, à la fois pour dépasser nos milieux anarchistes et adopter une position qui ne soit pas simplement défensive, en simple réaction à la répression.

La prison est — et sera toujours — l'un des symbole les plus éloquents de la puissance de l'État, de sa capacité à réprimer, enfermer et isoler l'ensemble des individu·es qui menacent son existence. La prison est au centre même de l'appareil colonial qui constitue l'État français : elle sert à mater et punir les révoltes des colonies comme récemment en Kanaky, Guadeloupe ou Martinique, à intensifier le tri aux frontières comme à Mayotte, et à tracer des frontières intérieures en incarcérant massivement les populations racisées, colonisées et les plus pauvres.

Attaquer les lieux d'incarcération - par les mots, la solidarité, le feu ou la bombe - c'est alors s'attaquer à ses outils privilégiés.

Rompre l'isolement des/avec les détenu·es est alors devenu rapidement pour les mouvements anticarcéraux un moyen d'affaiblir l'appareil carcéral et l'État colonial. En exposant la voix des personnes enfermé·es, on se donne le moyen de penser « la prison » (son fonctionnement, ses outils, etc.), mais aussi de la rendre moins « extérieure à nos vies ». Des surgissements tels que DDPF ou les révoltes pour Nahel parviennent à la remettre au centre de l'attention en s'y attaquant ouvertement, créant des fissures dans lesquelles nous désirons nous engouffrer pour mettre fin à la trop commune realité de l'incarcération et des assassinats policiers.

Une des prouesse des États dits « démocratiques », est d'avoir réussi à faire de la notion d'enfermement un impensé pour toute une partie de la population. Une situation si lointaine que l'on ne prend même pas la peine de l'envisager, alors que c'est pourtant le quotidien de beaucoup de personnes...

Cette nécessité de destruction est d'autant plus présente dans une région parisienne qui concentre à elle seule une densité collossale d'institutions d'enfermements : que ce soit les taules, tribunaux, comicos, ou prisons pour sans-papiers, mineur-es, enfants, fols, tox, handi-es, animaux non-humains...

Pour nous, s'organiser signifie construire des nouvelles formes de lutte, de solidarité et de décision, par notre capacité collective à rompre avec l'ordre existant, à expérimenter, à créer, à inventer...

Depuis le début du 20e siècle, les Anarchist Black Cross (ABC) et leurs réseaux ont cet avantage de se présenter sous une forme autonome et souple, fondée sur un internationalisme radicalement anti-carcéral, d'où notre envie de nous réaproprier cette forme et de s'inscrire dans un réseau pour abattre les prisons proches de chez nous comme à l'autre bout du monde, pour l'insurrection ailleurs comme ici. Loin de voir cette modalité comme une structure rigide et fermée, nous souhaitons, à partir du modèle des ABC, créer un espace de discussion et d'échange, une assemblée libre où chacun·e pourrait partager et expérimenter, tout en s'inspirant des actions déjà existantes : lettres, cantines, parloirs, traductions, évènements...

Nik la taule et mort aux matons !

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16.10.2026 à 08:00

Projection débat autour de la situation en Palestine

L'UCL Paris vous invite à une projection débat autour de la lutte du peuple palestinien et du génocide toujours en cours. Rendez-vous le jeudi 22 octobre à 19h30 à l'EDMP (Paris 12e)

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L'UCL Paris vous invite à une projection débat autour de la lutte du peuple palestinien et du génocide toujours en cours. Rendez-vous le jeudi 22 octobre à 19h30 à l'EDMP (Paris 12e)

Le groupe local Paris Nord Est de l'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat autour du film Bye Bye Tibériade. La réalisatrice, Lina Soualem, retourne avec sa mère sur les traces des lieux disparus et des mémoires dispersées de quatre générations de femmes palestiniennes. A travers l'histoire de ces 4 générations de femmes, c'est celle du peuple palestinien qui est conté en filigrane.
Alors qu'un mois d'actions contre l'armement israélien a été lancé le 1er Octobre ; cette projection sera l'occasion d'une discussion autour de la lutte du peuple palestinien et du génocide toujours en cours.

Rendez-vous à le Jeudi 22 Octobre à 19h30 à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12e ; projection à 20h suivie d'une discussion.

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16.10.2026 à 08:00

Barrer la rue aux fachos : projection de « White Riots » + prise de place pour Orléans !

📍Le dimanche 18 octobre à 17h au 85 bis rue Ménilmontant viens te poser regarder une projection du documentaire « White Riots » en mangeant ta meilleure crêpe vegan et profites en pour prendre ta place de bus pour aller manifester contre le RN à Orléans le 24 Octobre.

Texte intégral (510 mots)

📍Le dimanche 18 octobre à 17h au 85 bis rue Ménilmontant viens te poser regarder une projection du documentaire « White Riots » en mangeant ta meilleure crêpe vegan et profites en pour prendre ta place de bus pour aller manifester contre le RN à Orléans le 24 Octobre.

Barrer la rue aux fachos : projection de « White Riots » + prise de place pour Orléans !

👉Le documentaire « White riots » raconte l'histoire de « rock against racism » qui utilise la culture et la musique contre la montée du racisme et de l'extrème droite. A la fin des années 1970, le parti d'extrême droite ouvertement raciste « National Front » gagne en influence et organise des manifestations anti-immigration. En même temps, la scène punk se développe avec des discours de révolte mais certains artistes tiennent des propos racistes et ambigus. Face à cette menace, des militant.es créent « Rock against racism ». Ils utilisent la musique pour réunir les communautés. Ce documentaire montre comment une initiative militante a transformé la scène musicale britannique en espace de résistance antiraciste.

👉Cette projection sera l'occasion de prendre tes places de bus pour te rendre le samedi 24 octobre à Orléans à une manifestation contre le RN qui tiendra son congrès ce même jour à Orléans. Motive tes potes à venir à la projection et à prendre tes places pour Orléans !

Retrouve-nous sur Instagram : @antifaparis20

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15.10.2026 à 08:00

🔥🎂🥊 10 ANS DE LEGAL TEAM PARIS : ON FÊTE ÇA ! 🥊🎂🔥

La Legal Team Paris, issue de la coordination anti-répression IDF, fête ses 10 ans et vous donne rendez-vous le 14 novembre 2026, à la Parole Errante — Montreuil, de 14h à minuit. 

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La Legal Team Paris, issue de la coordination anti-répression IDF, fête ses 10 ans et vous donne rendez-vous le 14 novembre 2026, à la Parole Errante — Montreuil, de 14h à minuit. 

🔥🎂🥊 10 ANS DE LEGAL TEAM PARIS : ON FÊTE ÇA ! 🥊🎂🔥

La Legal Team Paris, issue de la coordination anti-répression IDF, fête ses 10 ans et vous donne rendez-vous le 14 novembre 2026, à la Parole Errante — Montreuil, de 14h à minuit. 

Notez la date, invitez vos amix et préparez-vous : on fête 10 ans de luttes, de solidarité et d'anti-répression… et on se prépare à la bagarre pour les 10 prochaines années !

🥊 L'après-midi : on s'entraîne et on s'outille ! 
Ateliers d'anti-répression, confection de cagoules et cartes postales, danse, banderoles... De quoi apprendre, transmettre, bouger et se préparer collectivement pour les petits et les grands.

🥊 Le soir : place à la fête !
Des concerts pour tous les goûts, des DJ sets et de quoi danser jusqu'à minuit.

🥊 Toute la journée et toute la soirée, la super équipe du Barcredi et plein de bénévoles seront derrière le bar, avec et sans alcool. Et avec les Tabliers Volants on se régalera de crêpes et autres mets délicieux, à prix libre. 

🥊 Et parce qu'un anniversaire, ça se fête entre amix : plein de collectifs engagés dans différentes luttes seront aussi de la partie avec leurs stands. 

Amix bénévole vient nous aider à organiser tout ça. On aura besoin de monde le jour même même pour 2/3 heures de coup de main (bar, service, accueil,...) ! Contacte nous à stoprepression@riseup.net 

Plus d'infos et programme complet très bientôt. D'ici là : bloquez votre 14 novembre !

10 ans de Legal Team Paris — 10 ans à fêter, et la suite à préparer.
Rendez-vous le 14 novembre à la Parole Errante !
— La LT

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15.10.2026 à 08:00

Actualités de la guerre et de la révolution au Myanmar (Birmanie) : entretien avec un camarade du « Front internationaliste antifasciste » (AIF)

Pour comprendre la situation actuelle en Birmanie, il est nécessaire de revenir à la fois sur l'héritage de la dictature militaire, l'histoire des luttes sociales et ethniques locales, comme sur les diverses tentatives avortées de démocratisation.

Après une période de domination par le Japon pendant la seconde guerre mondiale, et devenu indépendant du Royaume-Uni en 1948, le Myanmar, dont le territoire accidenté n'a jamais été réellement contrôlé par les britanniques, voit s'affronter le gouvernement central à des mouvements ethniques armés (Karen, Kachin, Shan, etc.) et à la guérilla du Parti communiste birman (CPB). L'armée, héritière des forces coloniales, se présente comme le garant d'unité nationale fantasmée, tant le pays est une mosaïque ethnique et culturelle.

En 1962, le général Ne Win prend le pouvoir par un coup d'État et instaure un régime militaire. L'armée, rebaptisée Tatmadaw, devient l'institution centrale du pays, contrôlant l'économie et l'administration pendant que la répression s'abat sur l'opposition. Le Myanmar restera isolé sur la scène internationale pendant des décennies, sous sanctions économiques, pendant que ses habitants s'enfoncent dans la misère. Ils le resteront, car encore aujourd'hui un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté.

En août 1988, une révolte massive éclate, connue sous le nom de « Soulèvement 8888 » : des millions d'étudiants, ouvriers et moines bouddhistes descendent dans la rue pour réclamer la démocratisation du régime. La répression est sanglante.

Face au régime, une partie de l'opposition birmane prend les armes ou intensifie sa lutte préexistante. Citons L'Armée karen de libération nationale, le Parti communiste de Birmanie (CPB), et Le Front démocratique des étudiants de Birmanie, fondé en 1988 par des militants étudiants, qui devient l'un des principaux groupes de résistance.

En 1990, la junte organise des élections et la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi les remporte. La junte annule le résultat, maintient son pouvoir, et place Aung San Suu Kyi en résidence surveillée pendant 15 ans. Cet échec renforcera la résistance armée comme seule alternative.

En 2008, le régime militaire lance une réforme politique et adopte une nouvelle Constitution, qui maintient le rôle dominant de l'armée (elle contrôle 25 % des sièges au Parlement et conserve les ministères clés comme la Défense et l'Intérieur). Malgré une nouvelle victoire en 2015, la LND n'a donc qu'un pouvoir limité.

Souvent présenté par les blocs centraux occidentaux comme une période de « transition démocratique » (en réalité plus une stratégie de l'armée de libéralisation économique), ses résultats s'avèrent plus que mitigés :

  • Les conflits ethniques persistent (guerres contre les Karen, les Kachin, les Rohingyas) ;
  • L'exploitation capitaliste se renforce : droits des travailleurs bafoués, syndicats désormais autorisés mais réprimés par la LND, salaires extrêmement bas malgré la création, rapidement délaissée, d'un salaire minimum, investissements étrangers captés par les élites militaire, qui contrôlent, et disputent aux minorités ethniques depuis des décennies l'extraction du gaz, des pierres précieuses et des ressources naturelles ;
  • L'armée mène à partir de 2017 une campagne de nettoyage ethnique contre la minorité musulmane des Rohingyas, provoquant l'exode de 700 000 personnes vers le Bangladesh, dans le silence d'Aung San Suu Kyi.

Cependant, après les élections de novembre 2020, qui ont donné une victoire écrasante à la LND, certains généraux craignent une réforme de la Constitution, ce qui les pousse à fomenter le putsch du 1er février 2021. Ce coup d'État déclenche la « Révolution du printemps », un soulèvement marqué par des manifestations massives et la forte présence d'une jeunesse ayant grandi à l'ère d'internet.

Dès les premiers jours, la junte écrase toute contestation : 1 500 morts, 12 000 arrestations, torture, viols et exécutions extrajudiciaires seront recensés.

Face à cette violence, une partie de la population se tourne, comme en 1988, vers la résistance armée :

  • Création des Forces de défense du peuple (PDF), des milices populaires formées par des civils, souvent issues des syndicats et des mouvements étudiants ;
  • Des groupes ethniques armés s'allient temporairement avec les PDF, et lancent en 2023 « L'opération 1027 » et prennent le contrôle de dizaines de villes.

La résistance est aussi ouvrière : les grèves massives de 2021 (ouvrières du textile, des enseignants, des mineurs) réussissent à paralyser l'économie, tandis que la solidarité ouvrière permet aux différents groupes armés de se financer. La junte interdit 16 syndicats et arrête des dirigeants, poussant les militants à la clandestinité ou à l'exil. La lutte amorcée par les travailleurs pendant la décennie de libéralisation se poursuit actuellement donc sous d'autres formes. On aurait donc tort de ne donner qu'une lecture identitaire et ethnique du conflit.

Le Myanmar est aujourd'hui divisé en trois zones :

  1. Les territoires contrôlés par la junte : principalement les grandes villes (Naypyidaw, Mandalay, Rangoun) et les axes routiers ;
  2. Les zones tenues par les groupes ethniques armés (Karen, Kachin, Shan, Arakan, etc.) ;
  3. Les territoires libérés par la résistance populaire (PDF et alliés), où des gouvernements locaux alternatifs tentent de s'organiser.

Pour maintenir son pouvoir, l'armée utilise des méthodes de guerre totale : bombardements aériens sur les zones rebelles, blocus économique (coupure d'Internet, restrictions alimentaires, pillage des ressources), recrutement forcé (la loi de 2024 impose l'enrôlement des jeunes hommes, provoquant un exode massif de réfugiés vers la Thaïlande.

Afin d'y voir plus clair, et de penser la révolution et la solidarité internationale dans le contexte de guerre civile au Myanmar, nous publions une interview d'un ancien membre de “l'Antifascist internationalist front” (AIF, une organisation politique internationaliste implantée localement), que nous remercions chaleureusement de nous avoir accordée.

L'entretien au format A4

L'entretien en anglais / Interview in english

L'entretien au format A5 :

Texte intégral (1303 mots)

Pour comprendre la situation actuelle en Birmanie, il est nécessaire de revenir à la fois sur l'héritage de la dictature militaire, l'histoire des luttes sociales et ethniques locales, comme sur les diverses tentatives avortées de démocratisation.

Après une période de domination par le Japon pendant la seconde guerre mondiale, et devenu indépendant du Royaume-Uni en 1948, le Myanmar, dont le territoire accidenté n'a jamais été réellement contrôlé par les britanniques, voit s'affronter le gouvernement central à des mouvements ethniques armés (Karen, Kachin, Shan, etc.) et à la guérilla du Parti communiste birman (CPB). L'armée, héritière des forces coloniales, se présente comme le garant d'unité nationale fantasmée, tant le pays est une mosaïque ethnique et culturelle.

En 1962, le général Ne Win prend le pouvoir par un coup d'État et instaure un régime militaire. L'armée, rebaptisée Tatmadaw, devient l'institution centrale du pays, contrôlant l'économie et l'administration pendant que la répression s'abat sur l'opposition. Le Myanmar restera isolé sur la scène internationale pendant des décennies, sous sanctions économiques, pendant que ses habitants s'enfoncent dans la misère. Ils le resteront, car encore aujourd'hui un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté.

En août 1988, une révolte massive éclate, connue sous le nom de « Soulèvement 8888 » : des millions d'étudiants, ouvriers et moines bouddhistes descendent dans la rue pour réclamer la démocratisation du régime. La répression est sanglante.

Face au régime, une partie de l'opposition birmane prend les armes ou intensifie sa lutte préexistante. Citons L'Armée karen de libération nationale, le Parti communiste de Birmanie (CPB), et Le Front démocratique des étudiants de Birmanie, fondé en 1988 par des militants étudiants, qui devient l'un des principaux groupes de résistance.

En 1990, la junte organise des élections et la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi les remporte. La junte annule le résultat, maintient son pouvoir, et place Aung San Suu Kyi en résidence surveillée pendant 15 ans. Cet échec renforcera la résistance armée comme seule alternative.

En 2008, le régime militaire lance une réforme politique et adopte une nouvelle Constitution, qui maintient le rôle dominant de l'armée (elle contrôle 25 % des sièges au Parlement et conserve les ministères clés comme la Défense et l'Intérieur). Malgré une nouvelle victoire en 2015, la LND n'a donc qu'un pouvoir limité.

Souvent présenté par les blocs centraux occidentaux comme une période de « transition démocratique » (en réalité plus une stratégie de l'armée de libéralisation économique), ses résultats s'avèrent plus que mitigés :

  • Les conflits ethniques persistent (guerres contre les Karen, les Kachin, les Rohingyas) ;
  • L'exploitation capitaliste se renforce : droits des travailleurs bafoués, syndicats désormais autorisés mais réprimés par la LND, salaires extrêmement bas malgré la création, rapidement délaissée, d'un salaire minimum, investissements étrangers captés par les élites militaire, qui contrôlent, et disputent aux minorités ethniques depuis des décennies l'extraction du gaz, des pierres précieuses et des ressources naturelles ;
  • L'armée mène à partir de 2017 une campagne de nettoyage ethnique contre la minorité musulmane des Rohingyas, provoquant l'exode de 700 000 personnes vers le Bangladesh, dans le silence d'Aung San Suu Kyi.

Cependant, après les élections de novembre 2020, qui ont donné une victoire écrasante à la LND, certains généraux craignent une réforme de la Constitution, ce qui les pousse à fomenter le putsch du 1er février 2021. Ce coup d'État déclenche la « Révolution du printemps », un soulèvement marqué par des manifestations massives et la forte présence d'une jeunesse ayant grandi à l'ère d'internet.

Dès les premiers jours, la junte écrase toute contestation : 1 500 morts, 12 000 arrestations, torture, viols et exécutions extrajudiciaires seront recensés.

Face à cette violence, une partie de la population se tourne, comme en 1988, vers la résistance armée :

  • Création des Forces de défense du peuple (PDF), des milices populaires formées par des civils, souvent issues des syndicats et des mouvements étudiants ;
  • Des groupes ethniques armés s'allient temporairement avec les PDF, et lancent en 2023 « L'opération 1027 » et prennent le contrôle de dizaines de villes.

La résistance est aussi ouvrière : les grèves massives de 2021 (ouvrières du textile, des enseignants, des mineurs) réussissent à paralyser l'économie, tandis que la solidarité ouvrière permet aux différents groupes armés de se financer. La junte interdit 16 syndicats et arrête des dirigeants, poussant les militants à la clandestinité ou à l'exil. La lutte amorcée par les travailleurs pendant la décennie de libéralisation se poursuit actuellement donc sous d'autres formes. On aurait donc tort de ne donner qu'une lecture identitaire et ethnique du conflit.

Le Myanmar est aujourd'hui divisé en trois zones :

  1. Les territoires contrôlés par la junte : principalement les grandes villes (Naypyidaw, Mandalay, Rangoun) et les axes routiers ;
  2. Les zones tenues par les groupes ethniques armés (Karen, Kachin, Shan, Arakan, etc.) ;
  3. Les territoires libérés par la résistance populaire (PDF et alliés), où des gouvernements locaux alternatifs tentent de s'organiser.

Pour maintenir son pouvoir, l'armée utilise des méthodes de guerre totale : bombardements aériens sur les zones rebelles, blocus économique (coupure d'Internet, restrictions alimentaires, pillage des ressources), recrutement forcé (la loi de 2024 impose l'enrôlement des jeunes hommes, provoquant un exode massif de réfugiés vers la Thaïlande.

Afin d'y voir plus clair, et de penser la révolution et la solidarité internationale dans le contexte de guerre civile au Myanmar, nous publions une interview d'un ancien membre de “l'Antifascist internationalist front” (AIF, une organisation politique internationaliste implantée localement), que nous remercions chaleureusement de nous avoir accordée.

L'entretien au format A4

L'entretien en anglais / Interview in english

L'entretien au format A5 :

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15.10.2026 à 08:00

Projection du film « Maximum Tolerated Dose »

Projection du film « Maximum Tolerated Dose » sur l'expérimentation animale, suivie d'un échange. Le jeudi 29 octobre à 19h au Baranoux (Paris 19e), entrée libre et sans inscription.

Texte intégral (566 mots)

Projection du film « Maximum Tolerated Dose » sur l'expérimentation animale, suivie d'un échange. Le jeudi 29 octobre à 19h au Baranoux (Paris 19e), entrée libre et sans inscription.

🗓Rendez-vous le jeudi 29 octobre pour une projection du film « Maximum Tolerated Dose ».

🎞 Présentation du film :
1h30, anglais sous-titré français.

Maximum Tolerated Dose traite de l'expérimentation animale en retraçant la vie et le parcours d'humains et de non-humains qui en ont fait l'expérience directe.
Le film donne la parole à celleux qui ont tourné le dos à ces pratiques après y avoir participé, à celleux qui libèrent les animaux, à celleux qui en prennent soin dans leur foyer ou en sanctuaires.
Comment en arrive-t-on à participer à ce système et même à le justifier ? Comment le quitter une fois qu'on s'y est engagé ? Quelles réparations possibles pour ses victimes, quelle autre vie peut-on leur offrir une fois sorties des laboratoires ?

⚠️ Le film contient des passages qui peuvent êtres difficiles : pas d'image « gore » à proprement parler, mais des descriptions et des images d'animaux en souffrances physiques et psychologiques. Vous pouvez quitter la salle à tout moment.

💬 Suite à la projection, nous échangerons sur le sujet. Vous pouvez partir pendant la pause si vous ne préférez pas rester pour les échanges.

💡 L'entrée est à prix libre (gratuité comprise) et sans inscription.
📚🍺 Sur place il y aura aussi un infokiosque et un bar 100% vegan

🕐Quand ?
Le jeudi 29 octobre à 19h.

📍Où ?
Le Baranoux (@lebaranoux), 78 rue Compans, Paris 19e.
Dans la grande salle au fond.

🦽 Accessibilité ?
Il y a une porte d'entrée avec un rebord, qu'il faut enlever pour passer avec un fauteuil donc vous pouvez nous écrire pour la retirer quand vous arrivez si besoin.
La projection aura lieu dans la grande salle à l'intérieur, accesible aux personnes à mobilité réduite.
Les toilettes ne sont pas aux normes PMR.

🖌 graphisme par @teppichhai39

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15.10.2026 à 08:00

17 octobre 2026 appel Gilets Jaunes

RDV le samedi 17 octobre 2026 à 14h place de la République à Paris :
faisons-en un Rond-Point !!!

Texte intégral (1174 mots)

RDV le samedi 17 octobre 2026 à 14h place de la République à Paris :
faisons-en un Rond-Point !!!

FIN DU MONDE, FIN DU MOIS = MÊME COMBAT

Nous, Gilets Jaunes d'Île-de-France, appelons à rejoindre la lutte de la jeunesse le 17 octobre 2026.

La commune, mai 68, les Gilets Jaunes : la lutte des jeunes s'inscrit dans la continuité de ces combats révolutionnaires.

Rendez-vous le samedi 17 octobre 2026 à 14h place de la République à Paris : faisons-en un Rond-Point !!! « Place du Rond-Point de la République »
Venez participer à l'agora / AG

Appel de Gilets Jaunes d'Île-de-France

Jaunes et jeunes, même combat ! Mobilisons-nous ensemble !

Gilets Jaunes, Gen Z, paysan·ne·s, pompier·es, ouvrières et ouvriers, profs, soignant·e·s, retraité·e·s, défenseur·e·s du climat, des quartiers… tous ensemble !

On en a marre ! Marre de payer le plein, les courses et le loyer toujours plus cher·e·s, pendant que les multinationales se goinfrent. Marre d'entendre qu'il n'y a plus d'argent, dans le deuxième pays du monde pour les dividendes. Marre d'une soi-disant démocratie où l'on vote tous les cinq ans et où, le reste du temps, il faudrait la fermer !

Depuis l'élection de Macron, le gazole a pris 86% alors que le SMIC n'augmentait que de 26%. Le budget du 1er octobre gèle les allocations, les APL et les salaires des agents publics, et prend 5,5 milliards aux retraité·e·s. Pour les superprofits du pétrole : pas un centime !

En 2018, on a mis le gilet jaune, on a tenu les ronds-points, et ils ont reculé. Huit ans plus tard, on le remet.
Cette fois, l'appel est parti d'un TikTok. La génération qui avait dix ans en 2018 a grandi avec les images des ronds-points. Le 21 septembre, les lycéennes et lycéens de Créteil ont bloqué leur lycée. Deux semaines plus tard, tout le pays suivait, jusqu'aux facs et grandes écoles. Le 6 octobre, nous étions 450 000 dans la rue. Classes à 35, profs absents, Parcoursup, APL rabotées, chômage : beaucoup n'ont pas encore le droit de vote, alors la rue, on la prend !

La réponse du gouvernement : les LBD et les gardes à vue, déjà près de 7000, surtout des mineur·es. Des adolescent·e·s ont déjà perdu un œil, une main ou ont eu la mâchoire fracassée. Les Gilets Jaunes connaissent ces armes et ont subi de nombreuses mutilations. Toucher aux enfants, c'est nous toucher toutes et tous.

Du Népal au Pérou, de Madagascar au Maroc, la Gen Z se soulève sous le drapeau pirate de One Piece. Ici aussi, on a compris que le monde qu'on nous laisse brûle et coûte trop cher. Les anciens des ronds-points et les lycéens des blocus, les darons, les daronnes et la génération TikTok : on se retrouve. Et avec nous, toutes les colères !

  • Paysannes et paysans, vous nous nourrissez et vous ne touchez que 8 % de ce que nous dépensons pour manger. Gazole, engrais, Mercosur, pesticides : tout vous étrangle. En 2024, vos tracteurs ont fait céder le gouvernement en deux semaines.Retour ligne automatique
  • Pompières et pompiers, cet été la France a brûlé et vous avez tenu, à bout de forces, mais le gouvernement ne bouge pas.
  • Ouvrières, ouvriers, salarié·es si mal payés qu'ils touchent la prime d'activité, pêcheurs qui bloquent les dépôts, routiers qui montent sur Paris : la colère déborde. Aux syndicats : déposez les préavis !
  • Profs, soignant·es, postières et postiers, agents des services publics, écoles sans remplaçant·e·s, urgences fermées la nuit, bureaux de poste qui ferment : les services publics s'éloignent de nous.
  • Retraité·es, personnes handicapées, chômeuses, chômeurs, précaires, allocations gelées, pensions rabotées, années de coupes dans l'assurance chômage.

Marcheuses et marcheurs pour le climat, fin du monde, fin du mois : mêmes responsables même combat ! Les géants du pétrole gagnent sur nos pleins et sur la planète. Le 26 septembre, nous étions 131 000 dans plus de 260 marches partout en France.
Quartiers populaires, vous avez connu les LBD et les humiliations bien avant les Gilets Jaunes.

Le 17 octobre 1961, à Paris, la police de Papon massacrait des Algériennes et des Algériens qui manifestaient pacifiquement. Soixante-cinq ans après, le racisme sert toujours à diviser celles et ceux qui ont les mêmes fins de mois. Solidarité avec notre camarade Gilet Jaune Ritchy Thibault persécuté par le pouvoir.

Toutes ces colères ont les mêmes responsables. Organisons-nous et bloquons le système !

Pour la suite du mouvement, on fait comment ?
Les modes d'action sont déjà multiples.

Dans toutes les grandes villes, nous marchons autrement, lycéennes, lycéens, étudiant·es, parents, syndicats, Gilets Jaunes, dans des cortèges communs, déclarés ou non. Face aux violences policières, notre meilleure protection, c'est d'être ensemble et d'être nombreuses et nombreux. Soyons des millions.

Faisons autrement.

La mobilisation prend aussi d'autres formes : sur les ronds-points, devant les stations-service, les dépôts pétroliers et les raffineries organisons des actions, de la désobéissance civile, des piquets de grève ou de musique, des barrages filtrants, des assemblées… Soyons Partout ! Viens avec ta famille, tes potes, ta classe. Mets ton gilet. Filme, poste, partage, raconte.

Tous ensemble, toutes ensemble ! Le peuple uni ne sera jamais vaincu !

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15.10.2026 à 08:00

Sortie de SEUM 14 : dynamiques & perspectives du mouvement

Le Seum est un journal pour la révolution ici et partout dans le monde. Les articles sont rédigés et discutés de manière collective. La parution est un peu chaotique. Ce journal est un outil d'agitation et de propagande révolutionnaire anarchiste-communiste. Il est gratuit et imprimé à des milliers d'exemplaires... Et peut-être bien plus, si vous nous aidez à répandre le Seum, l'imprimez et le distribuez autour de vous !

Texte intégral (1791 mots)

Le Seum est un journal pour la révolution ici et partout dans le monde. Les articles sont rédigés et discutés de manière collective. La parution est un peu chaotique. Ce journal est un outil d'agitation et de propagande révolutionnaire anarchiste-communiste. Il est gratuit et imprimé à des milliers d'exemplaires... Et peut-être bien plus, si vous nous aidez à répandre le Seum, l'imprimez et le distribuez autour de vous !

On sort ce nouveau numéro à chaud, tandis que le mouvement parti des lycées s'amplifie et ça nous réjouit de ouf ! Ci-dessous, vous trouverez le lien vers le numéro en PDF, puis une tentative de panorama des dynamiques et perspectives du mouvement, comme part d'un cycle de lutte en cours.

Lutte de classe en France, épisode 2026

Cette nouvelle saison commence fort. En quelques semaines, nous voilà face à toutes les dynamiques et les limites du paysage actuel de la lutte dans ce pays.

On l'écrivait dans SEUM #11 : le niveau de la lutte des classes dans ce cycle ouvert en 2016/18, est resté longtemps figé le jeudi 6 décembre 2018.

Ce jour-là, des flics filmaient des lycées de Mantes la jolie, mains sur la têtes, en s'exclamant « voilà une classe qui se tient sage ». C'était en plein mouvement des gilets jaunes et ce moment était le symbole d'un tournant crucial. Celui de la contre-attaque du Pouvoir.

La semaine entre le premier et le 8 décembre, trop de celles et ceux qui se tâtaient à rejoindre le mouvement, ont été refroidis devant la violence déployé quotidiennement par l'État, dans la rue face à nous et les menaces répétées dans les médias, d'amplifier encore cette violence policière jusqu'au meurtre.

Le mouvement GJ a dû faire avec la fin de son extension et peu à peu, nous somme sortis de l'offensive. Depuis, une grande partie de la classe est restée hantée par la répression des gilets jaunes.

En clair : l'État se fout des manifs
Alors beaucoup se sont précipités sur la manif de masse et en 2023 elles ont été immenses, éléphantesques, ces manifs. Tout cela dans le déni le plus aveugle d'un fait que pourtant les gouvernements de Macron, comme ceux d'avant lui, nous ont balancé avec le mépris qu'il charrient : ils s'en foutent complètement des manifs de masse, autant que des pétitions en ligne, c'est d'ailleurs au fond un peu la même chose.

Jusqu'à ce que ce mépris éclate à coup de 49.3, que le déni craque et que la rue se radicalise au bout de deux mois d'un mouvement des retraites très passif.

Mais presque aussitôt, il y a eu Sainte Soline, la manif contre les mégabassines, où la répression s'est refermée comme un piège sur toute une fraction, parmi les plus à l'offensive, du mouvement des retraites. Et là aussi, à Sainte Soline et face au mouvement des retraites, le spectacle de la répression autant que ses conséquences pour les blessés, ont joué le rôle attendu par l'État : le retour à l'ordre.

Et la révolte pour Nahel a surgi
Pourtant, à peine quelques mois plus tard, l'offensive a repris. Et elle est partie des jeunes prolétaires, des quartiers périphériques. Ils et elles se sont reconnus en Nahel et se sont soulevés contre la police et son État, contre le racisme et l'oppression, poussant le curseur de la lutte des classes peut-être plus haut encore que durant les premières semaines du mouvement GJ. Des centaines, des milliers de pillages, d'attaques de bâtiments... Mais le mouvement est resté isolé. Et cette offensive n'a duré que quelques jours de flammes. Comme durant les émeutes 2023, la dynamique de la lutte part des jeunes, et en particulier des jeunes prolétaires de l'enseignement professionnel et techniques, celles et ceux promis à l'auto-entreprise, à l'apprentissage, méprisée par le pouvoir et ses flics, sous la chape de plomb d'une répression toujours plus violente et raciste. Et comme un incendie, la colère se répand ensuite a l'ensemble des lycées, des universités, jusqu'à faire trembler l'État et c'est beau.

Bien sûr, il y a un contexte.
L'été 2026 fut étouffant, comme une fenêtre sur un futur où l'on suffoque, chez soi, au taf ou dans les établissement scolaire et jusqu'aux prisons et aux Ehpad. La répression s'accroît toujours d'avantage. L'État interdit toujours plus et cible les jeunes pour leur « apprendre la vie » à sa manière sadique. Car il pue fort tout de même, ce sadisme, dans les médias, chez les politiciens et les flics.

Ces gens-là bandent de joie mauvaise en promettant les pires traitements à toutes celles et ceux qui osent braver un tant soit peu l'ordre social. Voici une composante fondamentale d'une ambiance fasciste et autoritaire contre laquelle cette révolte se lève. La classe dirigeante n'a plus à offrir que des coups, en particulier à la génération qui vient. C'est la matraque comme seule réponse tandis qu'autour de nous tout se dégrade.

La répression est leur seule langage
Nous n'avons pas donné de chiffres encore, car ils ont beaucoup circulé et sont amenés à évoluer vite. Mais ceux-ci sont brutaux et témoignent que refermer le couvercle de l'ordre demande à l'État d'accroître toujours plus le niveau de sa violence. Les milliers d'arrestations, les centaines de blessés, c'est le pouvoir qui nous crie en boucle depuis bientôt 10 ans qu'il ne reculera que contraint par la force.

Et cela prend une résonance particulière en ce moment précis où l'État boucle son budget. Car il faut bien comprendre que du point de vue des dirigeants, l'enjeu c'est d'accroître encore l'austérité. D'attaquer encore les allocations chômage, les retraites, la sécu, l'hôpital. De nous appauvrir encore tout en préparant l'armée à la guerre. Que pour ces gens, il n'y a pas d'alternative, d'autant qu'une crise de la dette menace.

Et il ne faut pas s'y tromper. Comme on l'a vu suite au soulèvement au Chili en 2019, à celui en Colombie en 2022, aux USA après Georges Floyd : l'espoir, la confiance en la gauche, l'idée que son arrivée au pouvoir puisse être une solution après l'échec d'un cycle de lutte, ne fait partout que préparer le terrain à l'extrême droite en désarmant la rue, en aspirant une partie des forces des mouvements tout en réprimant les irrécupérables.

Et cela doit nous préoccuper car on l'a vu mardi 6 octobre lors des grandes manifs, le réflexe de la canalisation du mouvement vers la mobilisation encadrée et balisée semble fonctionner encore.
En persistant à ne proposer qu'une sortie de crise au pouvoir, la gauche démontre une fois de plus qu'elle n'a aucune volonté réelle de s'y confronter. Et ce qui est vrai alors qu'elle est dans l'opposition le sera aussi si elle arrive pouvoir. Elle nous demandera aussi de manifester dans les clous, de ne pas nous défendre et plutôt de laisser faire… la police.

Encadrer c'est aussi réprimer
Les « jolies images » de chaînes humaines, de casques et de brassards blancs, ne sont pas qu'un spectacle « bon enfant ». Il s'agit surtout d'un encadrement réel, qui se joue dans les négociations avec les préfectures comme dans l'injonction à ce que les familles fasse un travail de pacification.
Et ça marche, du fait de la sidération qu'induit la hausse du niveau de violence des flics, toute une partie de la population y est sensible. Et il n'est pas impossible que ce bloc de l'impuissance sorte renforcé du mouvement actuel.

Plus de cartes dans les organisations, plus de likes, plus de follows et demain de suffrages. Et pendant ce temps, les enragées, qui sont le cœur et la dynamique de ce mouvement comme de tous les autres, continuent à être réprimés.

Alors à toutes celles et et ceux qui doutent, à toutes celle et ceux qui sont prêts à l'entendre, disons-le : on ne fera pas cesser la répression en nous tenant sage, cela ne fera qu'encourager l'État à continuer. Ils continueront tant que ça nous « calme ». Seule la force de la rue peut empêcher la catastrophe capitaliste et son évolution fasciste de s'abattre sur nous.

Mais ce que montre aussi et surtout le mouvement en cours, c'est une ambiance, un air du temps, qui tranche avec la résignation. Face à cette catastrophe qui s'étend et qui s'appelle le capitalisme, la lutte existe, vit, se répand et avec elle la drôlerie et la joie.

Comme durant la révolte pour Nahel, malgré la cruauté de la répression, malgré les blessures, malgré tout, les vidéos hilarantes de ce mouvement sont légions et en montre l'immense vitalité.

La résignation n'est tout simplement pas une option.
Face à ce présent capitaliste invivable et sans avenir, une génération de lutte est en train de se construire politiquement, portant en elle une dynamique autonome et révolutionnaire conséquente.

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14.10.2026 à 20:00

Situation des forces antirep de la LT Paris IDF et rappels stratégiques pour la suite du mouvement lycéen

En début de semaine, nous avons partagé sur Paris Lutte Infos un compte rendu de la répression de ces dernières semaines. Nous pensons qu'il est important de compléter ce compte rendu par une proposition stratégique pour la suite. En effet, la répression ne va sûrement pas diminuer car la lutte non plus !!!

Texte intégral (1478 mots)

En début de semaine, nous avons partagé sur Paris Lutte Infos un compte rendu de la répression de ces dernières semaines. Nous pensons qu'il est important de compléter ce compte rendu par une proposition stratégique pour la suite. En effet, la répression ne va sûrement pas diminuer car la lutte non plus !!!

Depuis 2 semaines la legal team de Paris IDF est aux côtés des lycéens.ne.s qui subissent la répression policière, judiciaire et administrative. 

Selon nous ces répressions ont un objectif commun : traumatiser les jeunes et les isoler pour les empêcher de recommencer. Pourquoi ? Car la justesse de leur engagement et sa spontanéité inquiète le pouvoir.

Pour éviter que cet isolement ne fonctionne la Legal Team Paris IDF utilise la défense collective. Qu'est ce que c'est ? Tout simplement le fait qu'on ne laisse personne solo face à la répression (caisse de solidarité qui prend en charge les frais d'avocat.e) et qu'on ne se tape pas entre nous pour se défendre (principe de non différenciation, autrement dit on fait pas de différence entre un.e « gentil/le manifestant.e pacifique » et un.e « grand méchant black bloc » pour reprendre les termes du pouvoir ;) !) 

Depuis la création de la Legal Team Paris IDF en 2016 nous soutenons que la défense collective doit impérativement désacraliser le rôle des professionnel.le.s du droit dans sa pensée et son application. C'est la raison pour laquelle des militant.e.s sont présent.e.s tout au long de la procédure pour que les stratégies de défense soient pensées collectivement avec la personne réprimée, lae militant.e et l'avocat.e. 

La situation actuelle nous rappelle cette nécessité de ne pas dépendre des professionnel.le.s du droit. 

En effet, depuis deux semaines les avocat.e/s de confiance avec lesquel.le.s on travaille donnent tout ce qu'iels peuvent pour accompagner judiciairement les personnes réprimées et nous sommes très heureux.se.s de militer à leurs côtés. Iels se sont déplacé.es dans toute l'Ile-de-France pour des gardes à vue et des déferrements.

Mais aujourd'hui, compte tenu de l'ampleur de la répression et du nombre historique d'interpellations, iels ne sont pas suffisamment pour être présent.e.s sur chaque GAV et chaque déferrement pour lesquel.le.s le numéro de téléphone de la Legal Team est appelé. 

Nous sommes à chaque fois honnêtes sur nos forces numériques. Nous informons les proches qui appellent si aucun.e avocat.e ne pourra se déplacer et nous conseillons de tenter auprès d'autres collectifs qui appliquent la non différenciation et les mêmes principes de base (le silence) si iels veulent absolument désigner un.e avocat.e pour la GAV. 

Cette situation de fait nous pousse donc à rappeler que l'antirépression n'est pas conditionnée aux professionnel.le.s du droit et qu'il est impératif de se former collectivement pour s'autonomiser en la matière. 

Ainsi on souhaite mettre l'accent sur l'importance de diffuser au maximum les conseils antirépression en garde à vue :

  • avant l'action DÉSACTIVE LA RECONNAISSANCE FACIALE ET MET UN MDP DE PASSE SÉCURISÉ À TON TEL (PAS DE 0000, 1234, NI DATE DE NAISSANCE). Les flics auront plus de mal à forcer l'ouverture de ton téléphone. 
  • en action ÉVITE DE PRENDRE TON TEL ET NE FILME PAS TES CAMARADES faire des trucs illégaux. Souvent ces vidéos sont mises en ligne et les flics y ont accès en open bar pour remplir leurs dossiers vides.
  • en GAV GARDE LE SILENCE. Tout ce que tu diras pourra se retourner contre toi. Tu n'es pas policier.e ? Tu n'es pas pay.eé pour effectuer l'enquête non ? Alors laisse les faire leur travail c'est leur problème s'iels ont rien dans leur dossier. Ne parle pas non plus des faits au médecin il est seulement là pour constater tes éventuelles blessures ou pour ton traitement. 
  • en GAV NE DONNE PAS TON CODE DE TÉLÉPHONE. Même si cela constitue une infraction. Vaut mieux commettre cette infraction (peu de poursuites et peu sanctionnée) que les flics aient accès à la mine d'or qu'est ton téléphone (vidéos conv, snap etc).
  • en GAV N'ÉCOUTE PAS TON COMMIS D'OFFICE OU AUTRE AVOCA.TE s'iel te conseille de parler ou de donner ton code !!!! Même si tu n'as « rien fait », car des choses dans ton tel ou tes paroles pourront incriminer d'autres personnes. 

Il est primordial que ces réflexes soient le plus possible connus de toustes. En effet si on a toustes les bons réflexes en GAV l'avocat.e n'est plus indispensable. Le recours à un.e professionnel.le du droit est toujours possible en cas de poursuite de la procédure évidemment, devant lae procureur.e ou le tribunal. 

Nous tenons à bien préciser que le numéro de téléphone de la legal team reste disponible et nous vous conseillons toujours de l'appeler si vous êtes témoin d'une interpellation (et non en garde à vue !) : 07 52 95 71 11. Des militant.es vous répondront et seront là pour vous accompagner et vous aiguiller. 

Continuez de désigner Alice BECKER et Alexis BAUDELIN (barreau de Paris) si vous êtes placé.e en GAV, iels et tous.te.s les avocat.e.s mobilisé.e.s feront le maximum pour être présent.e.s pour chaque désignation. 

Nous restons toustes engagé.e.s dans la lutte contre la répression du mouvement et les avocat.e.s feront le maximum pour venir vous défendre au stade de la GAV, du déferrement, d'un procès ultérieur ou, pour les personnes étrangères d'une OQTF et/ou d'un placement en Centre de Rétention Administrative. 

Seulement il nous paraissait important de rappeler que stratégiquement il est primordial de mettre l'accent sur l'autoformation et l'intégration collective des bons réflexes pour se défendre !

Solidairement, 
La LT

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