
16.09.2026 à 09:00
Au Poste
15.09.2026 à 19:00
Au Poste
Benoît Hamon, directeur général de l'ONG Singa et président d'E.S.S. France, dégaine un petit livre de combat, Accueillir toute la richesse du monde. Soixante-dix pages pour nous «armer». Point de départ : 28 lois sur l'immigration depuis 1980, la preuve que «le but, ce n'est pas de régler la question, c'est d'en parler et de continuer à alimenter la xénophobie».
La phrase de Rocard ? Démontée mot à mot. L'accueil de 100 000 Ukrainiens l'a montré : «Donc le fait de dire on ne peut pas est factuellement faux». Suivent les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les Français voient deux fois plus d'immigrés qu'il n'y en a, le vote RN flambe là où les étrangers ne vivent pas, la surreprésentation carcérale tient au contrôle au faciès et aux peines plus lourdes, les homicides reculent.
Le modèle social comme aimant ? Les exilés quittent la France par la Manche, personne ne se livre à «une sorte de benchmarking du prix des antibiotiques ou du remboursement du doliprane». Reste que «nous avons perdu une bataille culturelle». D'où l'arme des retraites : sans cotisations étrangères, départ à 67 ou 68 ans. «Quiconque veut la remigration, d'ailleurs appelons-la la déportation», doit l'assumer. Car le ressort est ailleurs : «Les étrangers sont le bouc émissaire idéal pour maintenir le système tel qu'il est».
Programme de gauche : régularisation des sans-papiers, regroupement familial, fin du «misérable deal» du Touquet. Hollande et son soutien au pacte asile et immigration ? «Tout ça est incompatible, je le dis, avec un projet de gauche». Au fond, un capitalisme prédateur, Bolloré, Musk, et «le réflexe sécessionniste des élites». Mais «il n'y a pas de fatalité à ce que ce soit l'extrême droite en 2027».
14.09.2026 à 07:00
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Deux invités, une seule question: qui a le droit de tirer, et qui répond de ses balles.
Issam El Khalfaoui, père de Souheil, tué par un tir policier à Marseille en 2021, annonce les marches des 19 et 20 septembre contre la loi surnommée «permis de tuer». Plus de 70 villes, plus Genève, Montréal, Bruxelles. Depuis 2017, rappelle-t-il, on compte plus de 35 morts sur les seuls refus d'obtempérer, et un alinéa prévoit qu'«un policier après sommation peut tirer sur une personne qui est en fuite». La pétition de 730 000 signatures a été classée à la hâte: «c'est juste pour essayer de nous museler». Il raconte l'Assemblée du 7 juillet, où les familles endeuillées ont été prises à partie: «On s'est fait insulter, traités de racailles». Et rappelle que le texte arrive quand la justice commençait enfin à condamner: «il commençait à y avoir des brèches dans le système d'impunité des policiers». Sur Laurent Nunez, il ne s'embarrasse pas: «moi je dis que c'est un menteur, il ment et il peut m'attaquer pour une diffamation». Son propre dossier, lui, dort toujours.
Thomas Portes, député LFI et président de l'Observatoire de l'extrême droite, arrive du procès Aramburu, qu'il chronique chaque jour. Ce qu'il y voit tient en une phrase: «dans ce pays, l'extrême droite extra-parlementaire, elle est organisée, elle est armée, elle passe à l'action et elle tue». Il démonte la thèse de la rixe avinée, qu'il juge «indigne de faire croire que ce qui s'est passé serait l'histoire d'une bagarre alcoolisée qui a dégénéré». Chargeurs vidés à bout portant, brassards police et plaques de la BAC retrouvés aux domiciles: «si ce n'est pour mener des opérations illégales et se faire passer pour des policiers». L'armée, alertée dès 2011 sur Loïk Le Priol, l'a pourtant gardé commando: «l'Armée savait très bien qui il était». Et le contrôle judiciaire, lui, s'est évaporé: «vous avez deux néonazis qui se baladent dans la nature».