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06.07.2026 à 12:01

Albanie : le Premier ministre Edi Rama à l'épreuve de la "révolution des flamants roses"

Florian Chaaban

"Les Albanais dans les rues rêvent toujours d’Europe et de changement", titre Courrier international. "Le pays des Balkans vit depuis des semaines au rythme des manifestations qui réclament la démission du gouvernement, coupable d'avoir permis la construction d'un complexe touristique de luxe [au coût estimé à 4,6 milliards de dollars] dans une lagune protégée". Ce projet, "lié à […]

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Texte intégral (2152 mots)
Maire de Tirana entre 2000 et 2011, Edi Rama est le Premier ministre de l'Albanie depuis le 15 septembre 2013 - Crédits : Conseil européen
Maire de Tirana entre 2000 et 2011, Edi Rama est le Premier ministre de l'Albanie depuis le 15 septembre 2013 - Crédits : Conseil européen

"Les Albanais dans les rues rêvent toujours d’Europe et de changement", titre Courrier international. "Le pays des Balkans vit depuis des semaines au rythme des manifestations qui réclament la démission du gouvernement, coupable d'avoir permis la construction d'un complexe touristique de luxe [au coût estimé à 4,6 milliards de dollars] dans une lagune protégée".

Ce projet, "lié à la fille du président américain, Ivanka Trump, et son mari, Jared Kushner" [RTBF] doit voir le jour dans une réserve naturelle de Zvernec, sur la côte sud-ouest du pays.

"Jusqu'ici, la mobilisation – qui s'est baptisée 'révolution des flamants roses', en référence aux espèces d'oiseaux menacées par les projets immobiliers du gendre et de la fille de Donald Trump – avait tenu à garder un message pacifique : chaque soir à 18 heures, les rassemblements réunissaient plusieurs milliers de personnes sous les fenêtres des bureaux du Premier ministre [Edi Rama]" [Le Monde]. "Mais face à un dirigeant qui les accuse régulièrement d'être 'manipulés par l'étranger', et refuse d'écouter leurs appels à cesser la bétonisation frénétique et opaque de la côte albanaise, les manifestants ont décidé, fin juin, de durcir leurs revendications", constate le journal du soir.

La démission d'Edi Rama comme "seule solution"

Le 4 juillet, "des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Tirana, capitale de l'Albanie, lors de la plus grande manifestation en date du mouvement de protestation", observe Nice-Matin. Il s'agit de la "35e manifestation quotidienne" dans un pays en proie aux tensions.

"L'opposition au projet [de complexe touristique] est devenue le point de ralliement de la colère suscitée par ce qui est considéré par les manifestants comme de la corruption, ces derniers réclamant la démission du Premier ministre Edi Rama en raison de son manque de transparence" [HuffPost]. "'La démission d'Edi Rama est désormais la seule solution : c'est un autocrate avec qui le dialogue est impossible', affirme Sidorela Vatnikaj, une militante féministe et anticorruption de 27 ans, devenue une des principales figures de ce mouvement sans véritable leader et politiquement très disparate", citée par Le Monde.

"Au pouvoir sans discontinuer depuis 2013 dans ce pays de 2,8 millions d'habitants, le social-démocrate Edi Rama [qui fêtait ses 62 ans ce samedi] n'a jamais été confronté à un tel mouvement", poursuit le média. Le 2 juillet, "quinze agents ont été blessés et 25 manifestants arrêtés, selon la police", note la RTBF.

Une épine dans le pied dans la trajectoire européenne de l'Albanie ?

La 'révolution des flamants roses' n'a pas échappé à Bruxelles, et "elle pourrait avoir des conséquences pour les ambitions de Tirana, qui se verrait bien intégrer l'UE" [HuffPost]. "La députée européenne néerlandaise, Tineke Strik, à la tête d'une commission d'enquête du Parlement européen sur le pays balkanique, a jugé que les dirigeants albanais 'jouent avec le feu' avec le projet immobilier lié aux Trump".

Edi Rama a déjà indiqué que l'Albanie restait "pleinement engagée dans le processus d'intégration à l'Union européenne, en respectant scrupuleusement les normes et les obligations découlant des négociations, en particulier celles du chapitre 27 consacré à l'environnement", écrit la radio-télévision albanaise RTSH. Celui qui "répète inlassablement qu''il n'existe pas encore de projet' affirmant que les études environnementales préalables n'ont toujours pas été réalisées, […] tient à soigner son image de leader pro-européen" [Le Monde].

Sous la mandature d'Edi Rama, "beaucoup de choses ont changé en Albanie", tempère la BBC. "Le paysage urbain de la capitale, Tirana, s'est transformé, avec une multitude de tours conçues pour la plupart par des architectes internationaux. Parallèlement, le secteur du tourisme a connu un essor fulgurant, transformant l'image internationale du pays et représentant désormais plus d'un cinquième du PIB".

Mais ce qui est peut-être le plus impressionnant, estime la radio britannique, "c'est que l'Albanie a réalisé des progrès significatifs sur la voie de son adhésion à l'UE. Partie de zéro en 2022, elle est en bonne voie pour conclure les négociations d'ici la fin de l'année prochaine. Parmi les six pays des Balkans occidentaux, seul le Monténégro est plus avancé".

Ingérences étrangères

Depuis le début des manifestations, Edi Rama accuse régulièrement et "sans preuve, les manifestants d'être manipulés [selon lui] par la Russie ou l'Iran" [Le Monde]. Le Premier ministre considère "qu'une grande partie des critiques formulées depuis l'étranger concernant les impacts environnementaux dans son pays ont moins à voir avec l'Albanie elle-même qu'avec une personne en particulier : le président américain Donald Trump", explique la Deutsche Welle.

"Le fait que le gendre du président américain souhaite investir en Albanie semble déranger beaucoup de monde, note-t-il, et il estime que l'Albanie est devenue une tribune permettant aux forces anti-Trump d'exprimer leurs opinions", complète le média. "Se revendiquant farouchement pro-américain, comme la plupart des Albanais" [Le Monde], Edi Rama  se retrouve néanmoins dans une position inconfortable, dont il pourrait avoir du mal à s'extraire.

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03.07.2026 à 12:05

À peine l'été commencé, le sud de l'Europe déjà en proie à de violents feux de forêt

Léa Deseille

"La saison des incendies commence violemment", titre Reporterre. "Des parties de l’Europe brûlent : France, Espagne, Grèce ou encore Portugal luttent contre de gros feux de forêts", écrit le média belge RTL info. "La réalité du réchauffement climatique se fait ressentir avec une intensité extrême en ce début d’été en France", s'alarme de son côté […]

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À l'été 2025, de nombreux incendies avaient ravagé des milliers d'hectares de forêts en Espagne - Crédits : Nuria Gonzalez Sanchez / iStoc
À l'été 2025, de nombreux incendies avaient ravagé des milliers d'hectares de forêts en Espagne - Crédits : Nuria Gonzalez Sanchez / iStock

"La saison des incendies commence violemment", titre Reporterre. "Des parties de l’Europe brûlent : France, Espagne, Grèce ou encore Portugal luttent contre de gros feux de forêts", écrit le média belge RTL info. "La réalité du réchauffement climatique se fait ressentir avec une intensité extrême en ce début d’été en France", s'alarme de son côté Public Sénat.

"Depuis le début de la saison, 'près de 7 000 départs de feu' ont été recensés [en France], pour 'environ 8 700 hectares brûlés', a indiqué [le Premier ministre] Sébastien Lecornu, précisant que 2 000 sapeurs-pompiers sont mobilisés chaque jour" [HuffPost]. "De nombreux incendies frappent le sud [du pays] depuis [le 1er juillet], comme dans l’Aude, les Bouches-du-Rhône et les Pyrénées-Orientales", note Public Sénat.

Des milliers de personnes évacuées, une entraide européenne

"Le Premier ministre a également insisté sur le caractère précoce de ces feux. 'Il faut bien reconnaître que ces incendies arrivent pratiquement trois semaines en amont des périodes habituelles et qu’ils vont nous donner du fil à retordre', a déclaré [Sébastien Lecornu] depuis Marseille", rapporte le HuffPost.

"Près de 3 000 personnes ont dû être évacuées de plusieurs campings mais aussi d’entreprises et de plusieurs communes après qu’un incendie s’est déclaré à Sainte-Marie-la-Mer et s’est propagé jeudi à Canet-en-Roussillon, touchant le pôle nautique, ont indiqué jeudi les pompiers et le préfet des Pyrénées-Orientales" [Le Monde].

"Si la France est dépassée par l’ampleur d’un incendie, elle peut demander des moyens supplémentaires de sécurité civile à d’autres États-membres, des renforts qui seront financés à hauteur de 75% par l’Union européenne, dans le cadre du mécanisme européen de protection civile", explique Public Sénat. "Depuis mercredi, quelque 2 000 sapeurs-pompiers seraient mobilisés chaque jour, dont des dizaines venus en renfort d’autres pays européens : 66 soldats du feu roumains, 34 Grecs et 13 Italiens notamment, précise la Sécurité civile" [Reporterre].

Situation très critique en Espagne

"Si la France est fortement touchée par ces feux, les pays avoisinants ne sont pas en reste : dans le nord de la Grèce, près de Thessalonique, deux personnes ont perdu la vie ce jeudi dans un feu de forêt", relate RTL info. "La Grèce est en proie à des feux de forêts chaque été en raison de hautes températures, de canicules fréquentes et de la sécheresse qui frappe cette région", rappelle Sud Ouest.

"Des dizaines d’autres feux de forêt se sont déclarés ces derniers jours à travers [le pays] en raison de vents forts, mais ils ont été circonscrits à temps sans provoquer de victimes ni de graves dégâts, selon les autorités", ajoute le média régional.

"La situation est également très tendue, très critique en Espagne. Depuis le début du mois de juin, ce sont plus de 16 000 hectares qui sont déjà partis en fumée et ce, beaucoup plus tôt que d’habitude", alerte RTL info. "La situation nationale confirme que l'année 2026 a débuté par une forte pression sur les forêts. Au 21 juin, la superficie brûlée en Espagne atteignait 39 710 hectares , soit 125 % de plus qu'à la même période en 2025 et 16 % de plus que la moyenne de la dernière décennie", constate El Periódico.

"Le contexte européen est également préoccupant", prévient Euronews. "Dans l'ensemble de l'Union européenne, quelque 130 400 hectares, soit 16 % de plus que la normale à cette période, ont déjà brûlé".

"Le changement climatique n’est pas étranger à ces données spectaculaires", rappelle Reporterre, au sujet des feux de forêts français. Selon Mélanie Rochoux, spécialiste du sujet pour le Cerfacs, un centre européen de recherche scientifique, "'les rapports du Giec sont très clairs à ce propos […]. [Le réchauffement planétaire] augmente la fréquence et l’intensité des conditions propices aux feux de forêt'", conclut l'experte citée par le média.

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02.07.2026 à 13:06

Russie : les frappes ukrainiennes sur les raffineries provoquent une pénurie de carburant dans plusieurs régions

Amélie Philotas

Après des attaques ukrainiennes visant les raffineries russes, Vladimir Poutine reconnaît "une certaine pénurie" de carburant, titre Le Monde. C'est "un aveu rare", commente Euronews. Alors que les signes de mécontentement se multiplient sur les réseaux sociaux en Russie, Kiev poursuit ses frappes contre les infrastructures militaires et énergétiques russes pour tenter d'affaiblir l'effort de […]

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La Russie fait face à sa pire pénurie de carburant depuis 2009 - Crédits : Proxima13 / iStock
La Russie fait face à sa pire pénurie de carburant depuis 2009 - Crédits : Proxima13 / iStock

Après des attaques ukrainiennes visant les raffineries russes, Vladimir Poutine reconnaît "une certaine pénurie" de carburant, titre Le Monde. C'est "un aveu rare", commente Euronews.

Alors que les signes de mécontentement se multiplient sur les réseaux sociaux en Russie, Kiev poursuit ses frappes contre les infrastructures militaires et énergétiques russes pour tenter d'affaiblir l'effort de guerre de Moscou.

Une crise "flagrante"

Selon les estimations citées par RFI, la crise touche désormais "95% [des raffineries] du pays", représentant pour la Russie "sa pire pénurie de carburant depuis 2009" [L'Indépendant]. Elle est "une conséquence directe des frappes [réalisées par des drones et missiles ukrainiens] sur les infrastructures énergétiques russes et en particulier ses raffineries", explique RFI.

À présent, "la crise est devenue tellement flagrante que Vladimir Poutine a dû la reconnaître, dimanche 28 juin, lors d’un entretien […] à la télévision d’État" [Le Monde]. Un aveu notable, alors que la Russie a tendance à minimiser les retombées causées par la guerre qu'elle mène contre l'Ukraine. Le Kremlin s'était gardé "de toute déclaration publique à ce sujet ces deux dernières semaines, période durant laquelle le manque de carburant était déjà criant".

Dans la capitale russe, les tensions d'approvisionnement se voient dans les files d'attente aux stations-service. "Au centre-ville [vendredi soir], toutes les stations-services sans exception étaient prises d’assaut par des véhicules, environ une dizaine à chaque fois", rapporte RFI. La situation semble toutefois plus difficile encore dans d'autres régions, notamment dans le sud du pays. Krasnodar, territoire agricole "en période de récoltes et donc de hausse saisonnière de demande de carburants, doit de surcroît faire face à la ruée des habitants de Crimée sortant de la péninsule pour s’y approvisionner".

Le Kremlin tente de rassurer

"Sur les réseaux sociaux, les Russes se plaignent massivement de leurs difficultés à faire le plein, un paradoxe assez inouï étant donné que la Russie est le troisième producteur mondial de pétrole brut", relève Le Monde.

Face à des automobilistes au bord de la crise de nerfs, Vladimir Poutine tente de rassurer la population. Dimanche 28 juin, le président russe a énuméré les mesures à prendre tout en restant vague sur leur application : "nous relèverons sans aucun doute tous les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, y compris les attaques terroristes contre notre territoire et nos infrastructures", a-t-il déclaré lors d'une allocution [La Dépêche].

Cette crise intervient dans un contexte économique déjà morose. Une étude menée par l'institut Gallup révèle que "les Russes n'ont jamais été aussi pessimistes pour leur économie depuis 20 ans", titre BFM Business. Selon l'enquête, la confiance dans l'armée et le gouvernement est également en recul : la première est tombée à 66 % "contre 80% en 2022", la seconde "a chuté à 53%, contre 66% au cours de la même période".

L'Ukraine, décidée à maintenir la pression

Pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ces difficultés rencontrées par Moscou représentent "une réponse parfaitement justifiée à tout ce que la Russie fait contre nous. La paix est nécessaire, et c’est exactement ce que la direction russe doit comprendre", a-t-il écrit mercredi sur X [Euronews].

Si ces frappes créent des difficultés intérieures en Russie, il ne s'agit pas pour la défense ukrainienne de baisser la garde. Selon Arthur Kenigsberg, président du think tank Euro Créative interrogé par France Info, "Vladimir Poutine n’est pas véritablement fragilisé par la situation sur le front. Il est surtout fragilisé par son incapacité à arrêter cette guerre en Ukraine".

Pour Kiev, l'enjeu est de maintenir la pression sur Moscou tout en continuant à obtenir un soutien militaire et diplomatique de ses alliés, notamment à l'approche du prochain sommet de l'Otan les 7 et 8 juillet à Ankara. D'autant que l'Ukraine reste sous la menace d'attaques russes. "La capitale ukrainienne a subi, jeudi 2 juillet au matin, des barrages de missiles et de drones russes qui ont détruit des étages entiers de bâtiments résidentiels et fait au moins 17 morts et 86 blessés, selon le dernier bilan des services de secours ukrainiens" [France Info].

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