04.03.2026 à 12:46
Agathe Grinon

"Mardi [3 mars], le président des États-Unis a attaqué avec plus de force et de colère que jamais l'Espagne et le gouvernement de Pedro Sánchez, menaçant de 'briser tous les accords'" commerciaux, écrit El Mundo. L'origine de la discorde : le refus espagnol "de fournir un soutien militaire à l’attaque américaine contre l’Iran", souligne El […]
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"Mardi [3 mars], le président des États-Unis a attaqué avec plus de force et de colère que jamais l'Espagne et le gouvernement de Pedro Sánchez, menaçant de 'briser tous les accords'" commerciaux, écrit El Mundo.
L'origine de la discorde : le refus espagnol "de fournir un soutien militaire à l’attaque américaine contre l’Iran", souligne El Pais. Le média espagnol précise que ce refus "a conduit le Pentagone à retirer une douzaine d’avions-citernes KC-135 déployés dans les bases de Morón de la Frontera (Séville) et, dans une moindre mesure, Rota (Cadix)".
Selon The Guardian, une partie de ces avions a "atterri sur la base aérienne de Ramstein en Allemagne". Le journal anglais rappelle que des tensions entre les États-Unis et l'Espagne avaient déjà ressurgi l'année dernière avec le refus espagnol "d’augmenter [ses] dépenses de défense à 5 % de [son] PIB".
Madrid a par ailleurs condamné les frappes américaines et israéliennes en Iran et a dénoncé une "intervention militaire injustifiée et dangereuse" [The Guardian]. Le ministre des Affaires étrangères espagnol a justifié la décision de son pays en ces termes, rapportés par Euronews : "nous ne mettrons pas nos bases à disposition pour une action […] non conforme à la Charte des Nations unies".
Alors qu'il rencontrait le chancelier allemand Friedrich Merz, le locataire de la Maison-Blanche a répondu à la contestation espagnole en menaçant de "cesser tout commerce" et "d’instaurer 'un embargo'" contre l'Espagne [Le Figaro].
El Mundo s'interroge : "pourquoi Trump menace-t-il l’Espagne d’un embargo et non de droits de douane ?". Selon le quotidien espagnol, cette décision serait directement liée à la récente décision de la Cour suprême concernant les tarifs douaniers, mis en place par l'administration américaine en 2025, jugés illégaux. Le président américain s'est donc tourné vers l'embargo. Le média espagnol souligne que cet instrument de pression a pour l'instant uniquement été utilisé "contre des ennemis tels que l'Iran, Cuba ou la Corée du Nord".
Cependant, il "n’est pas certain que l’administration Trump mette sa menace à exécution, ni comment elle procéderait pour bloquer le commerce avec un État membre de l’Union européenne", commente la BBC.
Ce mercredi 4 mars, le Premier ministre espagnol "a vivement réagi à la menace du président américain Donald Trump de mettre fin au commerce avec l'Espagne", explique la BBC.
Dans une allocution télévisée de 10 minutes, Pedro Sánchez a déclaré que "la position du gouvernement peut se résumer en quatre mots : non à la guerre". Le chef du gouvernement espagnol a indiqué "que les menaces du président américain Donald Trump ne pousseraient pas Madrid à soutenir la guerre américano-israélienne en Iran", rapporte Politico.
Si le chancelier allemand Friedrich Merz, présent auprès de Donald Trump à Washington lors des déclarations chocs contre l'Espagne, "a siégé de manière […] silencieuse" [Politico], d'autres Européens ont élevé la voix contre les menaces américaines.
Un porte-parole de l'Union européenne s'est exprimé sur la situation : "la Commission va s'assurer que les intérêts de l'Union européenne soient pleinement protégés. Nous sommes solidaires de tous les États membres et de leurs citoyens et sommes prêts à réagir si nécessaire" [Le Figaro].
Josep Borrell, l'ancien chef de la diplomatie européenne, a apporté son soutien au gouvernement espagnol sur X, avançant que la condamnation espagnole des actions américaines et israéliennes "est une affirmation des principes fondateurs de l’Union européenne".
La présidente des socialistes et démocrates au Parlement européen, Iratxe García Pérez, a également affiché son "soutien total au gouvernement espagnol" dans un post publié sur X, soulignant que l'Espagne "a choisi la dignité et le droit international plutôt qu'une guerre illégale".
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03.03.2026 à 13:24
Manon Mazuir

"Les mots du président français sur le renforcement de la dissuasion nucléaire étaient attendus avec grande impatience dans nombre de capitales amies", attaque Le Parisien. "Depuis la base de l’Île Longue, à Brest, le chef de l’État a prononcé un discours qui fera date, actant en des termes inédits la contribution de la dissuasion nucléaire […]
L’article Dissuasion nucléaire : les dirigeants européens accueillent favorablement le discours d'Emmanuel Macron est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

"Les mots du président français sur le renforcement de la dissuasion nucléaire étaient attendus avec grande impatience dans nombre de capitales amies", attaque Le Parisien. "Depuis la base de l’Île Longue, à Brest, le chef de l’État a prononcé un discours qui fera date, actant en des termes inédits la contribution de la dissuasion nucléaire tricolore à la sécurité des alliés européens de la France", poursuit le quotidien.
En 2020, le président de la République avait "invité les Européens à participer aux exercices des forces françaises de dissuasion. Un discours alors largement incompris et ignoré", rappellent Les Échos. Les partenaires européens "avaient été habitués à se reposer sur la garantie de sécurité des États-Unis" [Le Parisien].
"Mais au fil des menaces d'anéantissement proférées par des proches de Vladimir Poutine, les Européens s'interrogent sur les garanties que pourrait apporter la France. D'autant plus qu'ils s'interrogent aussi sur la fiabilité de l'allié américain", contextualisent Les Échos. "Nous vivons actuellement au plan géopolitique une période de rupture pleine de risques" qui "justifie un durcissement de notre modèle", a ainsi expliqué le chef de l'État [France info].
Dans ce contexte, "Emmanuel Macron a annoncé que la France entrait dans une nouvelle étape de sa dissuasion nucléaire, qualifiée de 'dissuasion avancée'. Une 'évolution majeure' de la doctrine française" [Libération].
"Concrètement, les alliés européens pourront 'participer aux exercices' de dissuasion française et Paris pourra faire des 'déploiements de circonstances' de moyens stratégiques chez ses alliés", résume France info. "Huit pays ont accepté de se joindre à cette dissuasion : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark", récapitule Le Monde. Mais "ce 'club des huit' n’est […] pas fermé".
En proposant ces déploiements de forces armées sur le Vieux Continent, le président français "ne garantit rien aux autres Européens, mais […] ne ferme rien non plus", relève la RTBF. Le média belge ajoute que "le flou est de rigueur et fait partie de la dissuasion". Quant au "bouton nucléaire", Emmanuel Macron a rappelé la ligne rouge française : "il n'y aura aucun partage de la décision ultime ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre ; elle appartient au seul président de la République" [Euronews].
Le chancelier allemand Friedrich Merz a manifesté son approbation, confirmant sur le réseau social X "des mesures concrètes avant la fin de cette année" [Le Parisien]. Paris et Berlin ont effectivement "mis en place 'un groupe de pilotage nucléaire de haut niveau' […] ont annoncé Emmanuel Macron et […] Friedrich Merz dans une déclaration conjointe, publiée lundi dans la foulée du discours" du président français [Le Figaro]. Les premières étapes de la collaboration franco-allemande "pourront inclure des visites de sites stratégiques ainsi que des exercices conjoints", a notamment déclaré Emmanuel Macron [Tagesspiegel].
"Côté allemand, on se satisfait que des pas concrets soient annoncés pour le court terme. Car la perspective de l'élection présidentielle de 2027 suscite à Berlin la crainte qu'une France dirigée par le RN puisse un jour faire machine arrière en la matière", analyse Le Parisien.
D'autres dirigeants européens ont réagi positivement aux annonces françaises, "dont le Premier ministre belge Bart De Wever" [Politico]. La Pologne, elle, "est en pourparlers avec la France et un groupe d'alliés européens proches au sujet du programme de dissuasion nucléaire avancée", a indiqué le chef du gouvernement polonais Donald Tusk sur X. "Nous nous armons avec nos amis afin que nos ennemis n'osent jamais nous attaquer", a-t-il ajouté [Sud Ouest].
Quant au Premier ministre suédois Ulf Kristersson, il juge que l'initiative française peut "contribuer à renforcer les capacités collectives" de l'Europe, ce qui "depuis la Seconde Guerre mondiale […] n'a jamais été aussi important" selon lui [Politico]. Le chef du gouvernement scandinave a toutefois précisé "que les discussions se dérouleraient 'en concertation avec les États-Unis' et l'Otan, que la Suède a rejoint en 2024" [The Guardian]. Un cadre d'ailleurs rappelé lundi par le président français, tandis que "l'Alliance atlantique 'salue' les évolutions de la dissuasion nucléaire française […] et se félicite d’une meilleure coopération à venir avec Paris sur cette question, a indiqué mardi un de ses responsables à l’AFP" [Mediapart].
Même son de cloche du côté du Danemark, qui "a conclu un accord de coopération avec la France en matière de dissuasion nucléaire", rappelle la Première ministre Mette Frederiksen [Le Figaro]. "Un renforcement de la coopération contribuera à consolider la capacité de dissuasion de l’Europe", a-t-elle déclaré à la presse, tout en précisant que cela viendrait "compléter, et en aucun cas remplacer" les engagements du Danemark au sein de l’Otan. Le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a d'ailleurs souligné que l'accord avec la France "ne prévoyait pas le stationnement d’armes nucléaires sur le territoire danois" [Reuters].
Enfin, "certains pays, comme l'Italie, paraissent à ce stade réticents, voyant en cette initiative […] une tentative pour la France d'imposer son leadership en Europe", note Le Parisien. Et d'ajouter : "silence radio, en effet, du côté de Giorgia Meloni, qui continue de privilégier le parapluie américain". Pour le quotidien en revanche, "il n'est pas exclu que d'autres, notamment les États baltes, en première ligne face à la menace russe, rejoignent cette coopération".
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02.03.2026 à 11:42
Florian Chaaban

"Donald Trump succombe à la tentation d'un changement de régime en Iran avec l'opération 'Fureur épique'", titrait Le Monde le 28 février. "Après des semaines de menaces d'intervention militaire en Iran, Israël et les États-Unis sont passés à l'action" [France info]. "Dans la matinée [de samedi], l'État hébreu a déclaré avoir lancé une 'frappe préventive' […]
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"Donald Trump succombe à la tentation d'un changement de régime en Iran avec l'opération 'Fureur épique'", titrait Le Monde le 28 février. "Après des semaines de menaces d'intervention militaire en Iran, Israël et les États-Unis sont passés à l'action" [France info]. "Dans la matinée [de samedi], l'État hébreu a déclaré avoir lancé une 'frappe préventive' sur la République islamique, afin 'd'éliminer les menaces pesant sur l'État d'Israël'", déclenchant aussitôt une riposte iranienne.
Les assauts israélo-américains ont mené à la mort de plusieurs hauts responsables iraniens dont celle "du guide suprême Ali Khamenei, 86 ans" [Deutsche Welle]. "Avec la mort de Khamenei, un nouvel espoir s'ouvre pour le peuple iranien", a réagi hier Ursula von der Leyen [Radio Canada], tout en alertant d'un "risque réel d'instabilité susceptible de plonger la région dans une spirale de violence". La présidente de la Commission européenne a appelé à œuvrer à une "transition crédible" en Iran [Les Echos].
Depuis, tout s'est accéléré, les dirigeants européens multipliant les annonces et les échanges, jusqu'à la tenue ce lundi d'une réunion extraordinaire des commissaires européens. Annoncé dès samedi par la cheffe de l'exécutif européen, ce "collège spécial sur la sécurité [discutera] de l'escalade actuelle au Moyen-Orient" [Politico].
La situation est très sensible, alors que l'Iran a répliqué, "dimanche 1er mars, par des frappes sur les bases américaines dans la région et chez ses voisins du Golfe" [TV5 Monde]. Comme la présidente de la Commission européenne avec de nombreux dirigeants de la région, Donald Trump a lui mené des "entretiens téléphoniques avec de nombreux médias pour commenter le conflit qu'il a ouvert avec l'Iran" [Le Parisien]. Le président américain "a évoqué une opération de 'quatre semaines' en Iran, parlé de '48 dirigeants iraniens' tués et averti que d’autres pertes américaines étaient possibles".
"Dans une rare déclaration commune, les dirigeants français, allemand et britannique ont appelé [dès samedi] l'État iranien à laisser son peuple décider de son propre avenir et ont condamné les attaques menées par Téhéran en représailles contre les bases militaires américaines dans la région" [The Guardian].
Le trio d'États, connu sous le nom de "E3", s'est dit prêt "à des 'actions défensives nécessaires et proportionnées' face aux ripostes iraniennes afin de 'détruire à la source' les capacités militaires de Téhéran", explique Le Figaro. Les frappes "ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", ajoutent les dirigeants allemand, français et britannique [Le Parisien]. "Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises" a notamment provoqué un incendie sans faire de victime, a indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense [Les Echos].
En attendant, "l'Union européenne va renforcer sa mission militaire en mer Rouge avec deux navires français, au moment où l'embrasement régional menace le trafic maritime, a indiqué un diplomate de l'UE dimanche soir, cité par l'AFP" [Ouest-France].
Lancée le 19 février 2024, la mission "Aspides" – "bouclier" en grec ancien – vise à protéger un transport maritime essentiel à l'économie européenne. Selon des informations de Politico ce lundi matin, l'ajout de navires français "portera à cinq le nombre total de navires participants, [incluant] des navires français, italiens et grecs".
"Le détroit d'Ormuz, par où transite quelque 20 % de la consommation mondiale de pétrole, a été fermé à la circulation des navires par les Gardiens de la révolution iranienne. La mer Rouge, qui mène au canal de Suez, pourrait également être menacée", explique Le Parisien dans un autre article.
Dimanche, "les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont réunis en visioconférence" [RTL info]. À cette occasion, "chaque pays a pris la parole l'un après l'autre pour exposer sa position quant à l'évacuation de ses ressortissants présents en Iran".
"L'UE et ses États membres prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens de l'UE dans la région, y compris en activant le mécanisme de protection civile de l'UE si nécessaire", indique la déclaration commune de l'UE [Euronews]. Ce dernier "est un outil destiné à renforcer la coopération entre les nations européennes afin d'améliorer la prévention des catastrophes et la réponse aux crises".
"La déclaration commune n'a pas approuvé les aspirations israélo-américaines à un changement de régime en Iran", précise la chaîne de télévision paneuropéenne. En outre, la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a fait part de la volonté des Vingt-Sept de continuer "à contribuer à tous les efforts diplomatiques visant à réduire les tensions et à parvenir à une solution durable afin d’empêcher l'Iran d'acquérir une arme nucléaire" [Le Monde].
El País relève toutefois la difficulté de l'UE à parler d'une seule voix, évoquant des "équilibres impossibles". De l'Espagne à l'Irlande, en passant par la France et l'Allemagne, les prises de parole se sont succédé. "Les Européens ont élaboré leur réponse à l'invasion russe de l'Ukraine sur le principe que la souveraineté est inviolable, que l'usage unilatéral de la force est inadmissible et que l'ordre fondé sur des règles n'est pas négociable. Ils font désormais preuve d'incohérence", pointe le quotidien espagnol.
Pour tenter de dégager une forme d'alignement, "la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, convoquera aujourd'hui une réunion d'urgence des commissaires européens" [Politico]. "Les ministres des 27 États membres de l'UE ne parvenant pas à s'entendre sur la manière de répondre à la crise, c'est désormais à la Commission qu'il revient d'élaborer une réponse cohérente en matière de politique étrangère et de veiller à ce que le bloc parle d'une seule voix".
L’article Iran : redoutant une escalade des tensions dans la région, l'Union européenne cherche une réponse commune et le bon dosage est apparu en premier sur Touteleurope.eu.