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25.03.2026 à 12:03

Élections législatives au Danemark : malgré leur "plus mauvais résultat depuis plus d'un siècle", les sociaux-démocrates sortent vainqueurs du scrutin

Florian Chaaban

Un "scrutin [qui] redessine le paysage politique du pays, avec une percée historique du Parti populaire socialiste, une montée de l'extrême droite et une place décisive des Modérés dans la formation du futur gouvernement", résume Le Monde. Tels sont les principaux enseignements à retenir des élections législatives au Danemark, organisées mardi 24 mars. "Malgré un […]

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Texte intégral (2175 mots)
Mette Frederiksen est devenue Première ministre le 27 juin 2019 à la tête d'un gouvernement minoritaire composé uniquement de membres sociaux-démocrates - Crédits : Conseil européen
Mette Frederiksen est devenue Première ministre du Danemark le 27 juin 2019, à la tête d'un gouvernement minoritaire - Crédits : Conseil européen

Un "scrutin [qui] redessine le paysage politique du pays, avec une percée historique du Parti populaire socialiste, une montée de l'extrême droite et une place décisive des Modérés dans la formation du futur gouvernement", résume Le Monde. Tels sont les principaux enseignements à retenir des élections législatives au Danemark, organisées mardi 24 mars.

"Malgré un net recul et sans atteindre la majorité absolue avec les autres partis de gauche, selon les résultats définitifs" [Le Parisien], "le groupe des sociaux-démocrates de la Première ministre danoise Mette Frederiksen est arrivé en tête" [Ouest-France].

La formation de la cheffe du gouvernement, qui a présenté - comme l'exige la procédure en vigueur - sa démission formelle au roi ce mercredi selon l'AFP, a "enregistré [son] plus mauvais résultat depuis plus d'un siècle", pointe la BBC. Toutefois, "avec 21,9 % des voix" et 38 sièges au Folketing (le Parlement danois), les sociaux-démocrates, au pouvoir depuis 2019 "[restent] de loin le parti le plus important ", complète le média britannique. Ils devancent le Parti populaire socialiste (11,6 % des suffrages) et Venstre, parti libéral de centre-droit (10,1 %).

Écologie, société et Groenland au cœur du scrutin

"Dans le pays prospère de 6 millions d'habitants, la campagne a surtout tourné autour de questions intérieures comme le coût de la vie, l'État providence et l'environnement", observe Euronews. "Le modèle de l'agriculture intensive danoise, particulièrement l'élevage porcin, a été au centre de la campagne." "Face à une extrême droite puissante depuis la fin des années 1990, il a aussi été question d'immigration, les sociaux-démocrates plébiscitant un nouveau tour de vis en la matière" [Le Monde].

Mais un autre sujet a aussi animé les débats : le Groenland. Face aux multiples menaces de Donald Trump ces dernières semaines, Mette Frederiksen "avait tenu tête [au président américain] et sa volonté d'annexer [l'île], territoire autonome du royaume du Danemark", retracent Les Echos.

"À Nuuk, la capitale du Groenland, les électeurs ont fait la queue pour voter dès l'ouverture des bureaux" [Le Parisien]. "Il s'agit des élections les plus importantes pour le Parlement danois et pour le Groenland de l'Histoire", a déclaré à l'AFP le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.

Une leçon pour l'Union européenne ?

Ce scrutin "a redessiné la carte du Danemark et laissé des traces historiques chez plusieurs des partis concernés", relate la chaîne de télévision généraliste nationale, TV2. Mais pas seulement. "Les résultats obtenus par Mette Frederiksen au Danemark - où les sociaux-démocrates ont perdu du terrain mais ont tout de même réussi à se maintenir - reflètent également une tendance plus générale observée à travers l'Europe, où le centre-gauche fait preuve d'un regain de combativité", décrit Politico.

"Les récents scrutins, de Castille-et-León en Espagne à Marseille et Paris, en passant par la Slovénie et désormais le Danemark, montrent que s'opposer à une politique à la Trump, ou lutter contre Trump lui-même, peut s'avérer une stratégie gagnante", poursuit le média.

Dans un monde "plein d'insécurité" [Le Parisien], l'Union européenne et ses pays membres doivent affronter de nombreux défis. "Les Danois sont anxieux : il y a le Groenland, l'Ukraine, les drones qui ont survolé le royaume", rappelait avant le scrutin Elisabet Svane, analyste politique pour le quotidien national Politiken.

D'âpres négociations à venir

En interne, le plus dur commence maintenant. "Le Danemark est divisé entre un 'bloc rouge' de partis de gauche mené par les sociaux-démocrates et un 'bloc bleu' de droite, mené par [Troels Lund] Poulsen", note Politico.

"Avec un total de 84 sièges, le 'bloc rouge' des partis de gauche a pris une légère avance sur le 'bloc bleu' de droite, qui totalise 77 sièges. Aucun des deux blocs n'a atteint les 90 sièges nécessaires pour obtenir la majorité au Parlement danois, qui en compte 179" [BBC]. "Le parti centriste des Modérés de l'actuel ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen devrait avoir le dernier mot dans les négociations de coalition", estime le média.

Le quotidien national Jyllands-Posten va plus loin. Ce mardi 24 mars, "l'avenir de la politique danoise a été confié au président du Parti modéré, Lars Løkke Rasmussen. Les Danois ne souhaitant ni une majorité rouge ni une majorité bleue au Parlement, ils ont ainsi confié à Løkke le rôle clé dans la formation du prochain gouvernement, dont il rêvait depuis si longtemps". "Les Modérés ont obtenu un bon résultat électoral avec 7,7 % des voix et disposent des mandats décisifs, mais cela 'ne signifie pas pour autant' que Lars Løkke Rasmussen doive devenir Premier ministre", a tempéré ce matin le ministre de la Culture, Jakob Engel-Schmidt, relaie TV2.

Une tendance se dégage néanmoins. "Il est peu probable que le prochain gouvernement soit une réplique de la coalition actuelle, un gouvernement multipartite qui a rompu avec la division traditionnelle entre rouges et bleus de la politique danoise pour inclure les sociaux-démocrates de centre-gauche, le Venstre de centre-droit et les Modérés centristes", conclut Politico. Le roi va recevoir les partis en vue des négociations sur la formation d'un futur gouvernement de coalition, qui s'annoncent compliquées.

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24.03.2026 à 12:23

Référendum en Italie : Giorgia Meloni en difficulté après l’échec de sa réforme judiciaire

Léa Deseille

"Giorgia Meloni se trouvait face à un défi politique capital. Les Italiens lui ont infligé un revers cuisant", tacle Le Monde. "Lundi [23 mars], le 'non' l'a emporté lors d'un référendum sur la justice poussé par la Première ministre italienne", développe L’Express. "Lors d'un référendum de deux jours, près de 54 % des électeurs ont […]

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Giorgia Meloni, la présidente du Conseil des ministres italiens, lors d'un Conseil européen à Bruxelles, le 26 juin 2023 - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne
Giorgia Meloni, la présidente du Conseil des ministres italiens, lors d'un Conseil européen à Bruxelles, le 26 juin 2023 - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

"Giorgia Meloni se trouvait face à un défi politique capital. Les Italiens lui ont infligé un revers cuisant", tacle Le Monde. "Lundi [23 mars], le 'non' l'a emporté lors d'un référendum sur la justice poussé par la Première ministre italienne", développe L’Express. "Lors d'un référendum de deux jours, près de 54 % des électeurs ont dit non aux projets de réorganisation du système judiciaire, contre environ 46 % pour le oui", précise The Guardian.

"La réforme entendait séparer les carrières des juges et des procureurs et modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l’organe qui supervise tous les magistrats", explique le Huffington Post. Elle prévoyait par ailleurs une "modification de la Constitution" et "l’instauration d’une nouvelle 'Haute Cour disciplinaire' composée de 15 membres", détaille RFI. Giorgia Meloni avait fait de ce projet "l'un des points majeurs de son programme lors de son arrivée au pouvoir en 2022" [L’Express].

Participation plus forte qu'attendu

"Cette victoire du 'No' est un revers inédit pour la dirigeante d'extrême droite", estime L’Express, tant le résultat était difficilement prévisible. "Ce fut une campagne caractérisée par un ton dur et plusieurs déclarations scandaleuses qui ont conduit à une plus grande mobilisation des électeurs de centre-droit, initialement moins engagés", analyse le Corriere della Sera.

"C'est parmi les étudiants que l'on observe le taux de participation le plus élevé et, d'une manière générale, c'est chez les plus jeunes que l'abstention est la plus faible : la génération Z, âgée de 18 à 28 ans, affiche un taux de participation de 67 %, dont 58,5 % en faveur du ’non’", poursuit le média italien. "Le taux de participation a atteint un niveau record de 58,5 %, selon les données du ministère italien de l'Intérieur, contredisant les prévisions qui tablaient sur un faible taux", avance The Guardian.

"Le contexte international, lourd de menaces, était aussi défavorable à la cheffe du gouvernement, remettant en question le positionnement d’une présidente du Conseil qui avait […] fait le choix initial de l’alignement sur l’administration Trump", écrit Le Monde. "Enfin, à quelques jours du scrutin, les révélations de presse sur les connexions mafieuses, personnelles comme commerciales, entretenues avec des représentants de la mafia calabraise par le sous-secrétaire d’État à la justice, Andrea Delmastro Delle Vedove, n’ont pas joué en faveur du camp du ‘oui’", ajoute le journal du soir.

Un avertissement avant les législatives de 2027

Ainsi, "la campagne pour ou contre cette réforme a viré en un référendum pour ou contre Giorgia Meloni" [Huffington Post]. "Son statut d'invincibilité s'est brisé dans les urnes", considère L’Express. "Le référendum s’est concentré sur sa personne, au risque de la voir subir le même sort que Matteo Renzi. Il y a tout juste dix ans, le président du Conseil de centre gauche avait dû démissionner après avoir perdu un référendum sur un projet de réforme du Parlement", rappelle Le Figaro. Ces résultats ont ainsi donné de l’espoir à l'opposition, qui voit "l'occasion de pousser la dirigeante italienne vers la sortie" [L’Express].

La Première ministre ne compte cependant pas quitter le gouvernement. "À l’approche du vote, la présidente du Conseil avait exclu de démissionner en cas de victoire du ‘non’", rappelle Le Figaro. "Les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision […]. Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination, à œuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié", a-t-elle déclaré dans une vidéo publiée sur X à l’issue du vote [RFI].

Pourtant, "le résultat du référendum annonce ce qui pourrait se passer lors des législatives de 2027", anticipe Le Figaro, où Giorgia Meloni "jouera son avenir" [Huffington Post]. "Pour garder le pouvoir, Meloni cherchera sans doute à accélérer une réforme de la loi électorale qui vise à donner une importante prime de majorité au parti qui dépasse les 40 % aux législatives", pressent Le Figaro.

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23.03.2026 à 12:28

Nouvel accord de libre‑échange : Ursula von der Leyen en Australie pour boucler les négociations

Manon Mazuir

"Rendez-vous aux antipodes pour Ursula von der Leyen" [L'Opinion]. "La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est arrivée lundi en Australie pour trois jours de visite destinés à conclure un accord de libre-échange", rapporte France 24. "Accompagnée du commissaire [européen] au Commerce, Maroš Šefčovič", elle doit notamment se rendre à Sydney et "rencontrer […]

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Ursula von der Leyen, accueillie ce lundi à Sydney par une cérémonie de tabagisme autochtone, aux côtés de la gouverneure générale d'Australie Sam Mostyn, du commissaire européen au Commerce Maroš Šefcovic et du ministre australien du Commerce et du Tourisme Don Farrell - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne
Ursula von der Leyen, accueillie ce lundi à Sydney par une cérémonie de tabagisme autochtone, aux côtés de la gouverneure générale d'Australie Sam Mostyn, du commissaire européen au Commerce Maroš Šefcovic et du ministre australien du Commerce et du Tourisme Don Farrell - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

"Rendez-vous aux antipodes pour Ursula von der Leyen" [L'Opinion]. "La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est arrivée lundi en Australie pour trois jours de visite destinés à conclure un accord de libre-échange", rapporte France 24.

"Accompagnée du commissaire [européen] au Commerce, Maroš Šefčovič", elle doit notamment se rendre à Sydney et "rencontrer à Canberra le Premier ministre Anthony Albanese, mardi, et espère y signer un accord de libre-échange", précise Le Figaro.

"Cet accord mettra fin aux droits de douane sur la plupart des échanges entre l’UE et l’Australie et pourrait faire augmenter le PIB européen de 4 milliards d’euros d’ici à 2030", affirme la cheffe de l’exécutif européen, dans une tribune publiée ce matin dans plusieurs journaux européens, dont Ouest-France.

"Les partenariats renforcent la souveraineté au lieu de l’affaiblir"

Le texte prévoit en effet de "supprimer des droits de douane sur les importations vers l'Europe de lithium, de terres rares ou d'hydrogène" [France info]. La présidente de la Commission européenne insiste "sur le rôle stratégique de l’Australie dans les matières premières critiques, en particulier le lithium, essentiel pour fabriquer des batteries de véhicules électriques", explique France 24.

Ursula von der Leyen, dans sa tribune, entend démontrer le potentiel du partenariat UE-Australie : "avec une économie de 1 700 milliards d’euros, ce pays est déjà le troisième partenaire commercial de l’UE et sa deuxième destination d’investissement" [Ouest-France]. Canberra suggère de son côté "qu'elle pourrait supprimer sa taxe de voiture de luxe sur les véhicules européens en échange d'un meilleur accès agricole", indique RFI.

La dirigeante de l’UE ne s’étend pas en revanche "sur les produits agricoles, pourtant au cœur du bras de fer entre Bruxelles et Canberra autour de ce projet d’accord jusqu’ici", souligne Sud Ouest. "L'Australie souhaite un meilleur accès à ses exportations agricoles, en particulier le bœuf et l'agneau, sur le marché de l'UE" [RFI]. Mais ces dernières semaines, les négociations "butaient encore sur les quotas détaxés de bœuf australien importé. L’Union européenne ne voulait pas aller au-delà de 30 000 tonnes quand l’Australie réclamait 40 000 tonnes par an", relève Sud Ouest.

C'est d'ailleurs à cause du volet agricole que les négociations "avaient été suspendues en octobre 2023, en raison de désaccords considérés alors comme insolubles. Sur le fond, rien n'a changé", constate Le Figaro. "En revanche, le contexte international et géopolitique, lui n'est plus du tout le même", note le média. Ce qui explique le retour des négociations entre l'UE et l'Australie : "dans un monde incertain, les partenariats renforcent la souveraineté au lieu de l’affaiblir", justifie la cheffe de l'exécutif européen [Ouest-France].

"L’agressivité du président américain sur le plan commercial, relevant unilatéralement les droits de douane y compris avec ses alliés, a incité Canberra, comme Bruxelles, à mettre de l’eau dans leur vin", relève Le Figaro.

Crainte des éleveurs européens

"Bruxelles espère éviter une nouvelle levée de boucliers des agriculteurs, déjà en colère contre un autre accord commercial, celui signé mi-janvier avec les pays latino-américains du Mercosur", analyse BFM TV. Ce qui semble déjà compromis puisque "le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens, a haussé le ton à propos des négociations avec l'Australie", explique le média.

Le puissant lobby agricole met en garde : "accorder des concessions disproportionnées risque de nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d'affaiblir l'engagement de longue date de l'UE en faveur de normes de production élevées" [BFM TV]. Même inquiétude du côté de l'Interbev, l'interprofession française du bétail et des viandes, qui craint, bien que "Bruxelles n'indique pas les quantités négociées", que cet accord "permette l'importation sans droits de douane de 20 000 tonnes de viande ovine australienne, élevées dans des conditions aux antipodes des normes européennes" [France info].

"Les dimensions d'exploitation ne sont pas les mêmes, le coût de la main-d'œuvre n'est pas le même", s'inquiète Patrick Soury, vice-président de la Fédération nationale ovine, cité par France info. Les Australiens "pratiquent […] le 'mulesing', qui est la scarification à vif des agneaux pour limiter le parasitisme. Et on vient nous parler de bien-être animal dans notre pays ?", s'indigne l'éleveur en Charente. "Avec ses collègues éleveurs bovins, l'autre filière concernée, ils se mobilisent en signant, par exemple, une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour lui demander d'agir", rapporte le média.

Selon le Canberra Times, l'accord devrait toutefois "être signé mardi à la suite de pourparlers entre Mme von der Leyen et le Premier ministre Anthony Albanese."

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