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16.06.2026 à 13:34

Au G7, les Européens veulent accentuer la pression sur la Russie et soutenir l'Ukraine

Amélie Philotas

La guerre en Ukraine devrait dominer "les débats du sommet G7 mardi à Évian, en présence de Volodymyr Zelensky", résume Libération. Au cœur des tractations : "la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump", qui, jusque-là, "s’est montré réticent à afficher un soutien ferme au président ukrainien face à Vladimir Poutine". Les dirigeants présents doivent notamment "discuter […]

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Au G7, à Évian, la journée du 16 juin est consacrée à la guerre en Ukraine - Crédits : Conseil européen
Au G7, à Évian, la journée du 16 juin est en partie consacrée à la guerre en Ukraine - Crédits : Conseil européen

La guerre en Ukraine devrait dominer "les débats du sommet G7 mardi à Évian, en présence de Volodymyr Zelensky", résume Libération. Au cœur des tractations : "la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump", qui, jusque-là, "s’est montré réticent à afficher un soutien ferme au président ukrainien face à Vladimir Poutine".

Les dirigeants présents doivent notamment "discuter des moyens de relancer des négociations avec Vladimir Poutine pour mettre fin au conflit en Ukraine" [Le Monde].

Hôte du sommet, le président français Emmanuel Macron a notamment affirmé hier qu'il souhaitait entendre le message suivant de la part des États-Unis : "nous sommes à vos côtés, nous continuerons à soutenir l’Ukraine et nous intensifierons la pression sur la Russie afin de parvenir à des négociations constructives… Les bonnes négociations sont celles où l’Ukraine et la Russie sont à la table des pourparlers, mais en présence également des Européens et des Américains" [The Guardian].

Londres cible l'énergie et la flotte fantôme

La veille, certains d'entre eux ont annoncé des mesures concrètes pour soutenir Kiev et affaiblir Moscou. C'est le cas du Premier ministre britannique Keir Starmer, qui souhaite sanctionner plus de 600 navires de la "flotte fantôme utilisée pour transporter le pétrole et le gaz russes" [The Independent]. Dimanche, le ministère de la Défense du Royaume-Uni avait annoncé l'interception par les forces britanniques de l'un de ces pétroliers dans la Manche, en "étroite collaboration" avec la France [Le Parisien].

Le Premier ministre britannique a également annoncé "fournir de l’uranium enrichi à l’Ukraine pour ses centrales nucléaires" [Ouest-France]. Concrètement, "210 millions de livres sterling (243 millions d'euros)" permettront à la société britannique Urenco de livrer cet uranium "au producteur d'électricité nucléaire ukrainien Energoatom", qui fournit plus de 50 % de l'électricité du pays [Le Figaro]. De quoi donner "de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a précisé Keir Starmer.

L'UE pousse le G7 à financer Kiev

Les positions britanniques vont de pair avec celles défendues par l'Union européenne. Selon The Kyiv Independent, Ursula von der Leyen veut que les autres membres du G7 financent "le tiers restant" des besoins budgétaires ukrainiens sur 2026-2027, l'UE ayant déjà validé un prêt de 90 milliards d'euros censé couvrir environ les deux tiers des besoins de Kiev.

La Commission européenne ajoute également un volet cybersécurité. Depuis hier, l'Ukraine peut activer un soutien d'urgence européen en cas d'incident numérique "significatif ou de grande ampleur", explique Reuters. Un dispositif devant permettre à Kiev d'accéder à des prestataires privés de confiance pour répondre à des cyberattaques majeures.

Une ligne diplomatique encore fragile

Côté sanctions, l'UE a aussi élargi ses listes en marge du sommet. The Brussels Times rappelle que 34 personnes et 47 entités ont été ajoutées, notamment autour des exportations énergétiques russes, des fournisseurs militaires, des réseaux de propagande et des atteintes aux droits humains. "Le bloc [européen] prépare également un 21e paquet […], qui devrait être finalisé en juillet", précise The Kyiv Independent.

Ces aides à l'Ukraine et ces sanctions contre la Russie surviennent en parallèle des discussions sur une éventuelle issue diplomatique au conflit. "La Russie devrait conclure un accord", a affirmé le président américain mardi 16 juin lors du sommet du G7, après avoir eu une "très bonne" rencontre avec Volodymyr Zelensky le matin [Le Monde]. Une déclaration scrutée par les Européens, qui cherchent à maintenir l'attention du président américain sur l'Ukraine tout en évitant une paix jugée trop favorable à Moscou.

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15.06.2026 à 12:39

L'Union européenne va ouvrir le premier volet des négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie

Manon Mazuir

"La journée est historique pour l’Ukraine et la Moldavie", entame La Matinale européenne. "L’Union européenne réunira aujourd’hui [lundi 15 juin] la conférence intergouvernementale pour lancer formellement les négociations sur le premier ensemble de chapitres de négociation - le premier 'cluster' consacré aux fondamentaux (état de droit, démocratie, lutte contre la corruption)", poursuit la lettre d'information […]

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Texte intégral (2562 mots)
L'Ukraine et la Moldavie sont candidates depuis juin 2022, quelques mois seulement après l'invasion russe en Ukraine. Ici Ursula von der Leyen, Volodymyr Zelensky et António Costa en avril 2026 - Crédits : Conseil européen
L'Ukraine et la Moldavie sont candidates depuis juin 2022, quelques mois seulement après l'invasion russe en Ukraine. Ici, Ursula von der Leyen, Volodymyr Zelensky et António Costa, en avril 2026 - Crédits : Conseil européen

"La journée est historique pour l’Ukraine et la Moldavie", entame La Matinale européenne. "L’Union européenne réunira aujourd’hui [lundi 15 juin] la conférence intergouvernementale pour lancer formellement les négociations sur le premier ensemble de chapitres de négociation - le premier 'cluster' consacré aux fondamentaux (état de droit, démocratie, lutte contre la corruption)", poursuit la lettre d'information quotidienne sur l'Europe.

Le feu vert a été décrété vendredi 12 juin lorsque "les ambassadeurs des 27 à Bruxelles ont entériné une position commune pour passer à la phase suivante des négociations", relate Euronews. "C'est une reconnaissance de la détermination, du courage et du travail acharné dont ont fait preuve les deux pays pour faire progresser les réformes, malgré d'immenses défis", ont déclaré le président du Conseil européen, António Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, cités par France 24. Tous deux ont salué "une étape majeure" en vue de l'élargissement du bloc.

"Le processus avait été freiné pendant des mois. La Hongrie de Viktor Orbán s’opposait à la poursuite des discussions, bloquant toute avancée depuis 2024", rappelle 20 Minutes. Mais "la situation a changé après l’élection de son opposant Péter Magyar, [ce qui] a permis de lever le veto et de débloquer l’ouverture des négociations. Une condition indispensable, car chaque étape nécessite l’accord unanime des 27 États membres", explique le quotidien français.

Péter Magyar avait déclaré "qu'il ne donnerait pas son feu vert […] à moins que Kiev ne renforce les droits de la minorité hongroise de 70 000-80 000 personnes dans l'oblast de Zakarpattia, dans l'ouest du pays" [The Kyiv Independent]. Or le Premier ministre hongrois a annoncé le 3 juin être parvenu "à un accord global avec l'Ukraine concernant l'extension des droits linguistiques, éducatifs, culturels et politiques de la minorité hongroise".

Six groupes thématiques et trente-cinq chapitres

"Comme nous l'avons dit, l'Ukraine fait ce qui est nécessaire, et il est important que l'UE tienne également sa parole. L'ouverture du premier 'cluster' représente un soutien politique et moral significatif pour notre État et notre peuple", a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur son compte X, cité par RTL.

"La Moldavie est prête à ouvrir tous les chapitres de négociations. Nous avons fait le travail, et nous continuerons à mettre en œuvre des réformes", a salué de son côté la présidente moldave, Maia Sandu [France 24].

"L'adhésion à l'UE est un travail immense, minutieux et intense, qui repose sur deux piliers", souligne toutefois France info. "Le pays candidat doit d'abord respecter les critères de Copenhague, c'est-à-dire être une démocratie stable, qui respecte l'état de droit et dispose d'une économie de marché fonctionnelle", décrypte le média. "Vient ensuite l'adoption des 'acquis communautaires', l'ensemble des lois et des règles européennes". Cela implique de "négocier 35 'chapitres' couvrant tous les domaines, de l'environnement et l'agriculture à la justice et la sécurité, regroupés en six 'groupes thématiques'", détaille le Kyiv Post.

L'agriculture pourrait être l'un des points les plus épineux, rappelle RTL, l'Ukraine étant parfois qualifiée de "grenier à blé de l'Europe". "Son adhésion à l'UE pourrait donc représenter un véritable séisme pour les agriculteurs européens, car cela signifie la fin des droits de douane et des contrôles douaniers aux frontières". D'autres "sujets d'inquiétude" seront aussi mis sur la table, comme "[l']arrivée d'Ukrainiens dans les États membres" ou les "aides européennes redirigées vers Kiev", poursuit France info. En tout état de cause, "tous les gouvernements ne sont pas convaincus par l'arrivée de Kiev".

Un long processus

"Si Kiev souhaite une entrée dans l'Union européenne pour 2027" [RTL], "cela ne signifie pas pour autant que ce pays déchiré par la guerre va rejoindre l’Union européenne de sitôt", nuance le Kyiv Post. Il a "fallu six ans à la Croatie pour clore tous les chapitres avant son entrée en 2013, tandis que le Monténégro, qui travaille son dossier depuis 15 ans, n'a toujours pas intégré le bloc européen", rappelle RTL.

D'ailleurs, les éloges des "responsables européens" sur "les efforts de réforme menés par l'Ukraine et la Moldavie" sont tempérés "par la déception que Kiev n'ait pas avancé plus rapidement sur les 10 réformes prioritaires convenues en décembre dernier", commente The Guardian. "Dans les couloirs de Bruxelles, on fait miroiter 2030 aux Ukrainiens, mais le processus pourrait même se terminer en 2040" [RTL].

Cependant, "les Ukrainiens et leurs soutiens préviennent que Bruxelles pourrait perdre la bataille morale avec Moscou si elle ne respectait pas sa promesse" [France info]. "L'un des atouts de l'UE est son pouvoir d'attraction. Ne pas répondre aux aspirations du peuple ukrainien – qui se bat pour cela – serait une faute morale et ternirait son image", avance Tinatin Akhvlediani, du groupe de réflexion Centre for European Policy Studies.

Quant au dossier moldave, il comporte "une difficulté de taille", rappelle RFI : "une partie de son territoire, la Transnistrie, échappe complètement au contrôle de la capitale, Chisinau, depuis plus de trente ans. Ainsi, les réformes ne s’appliqueront pas à cette région séparatiste, soutenue par la Russie, qui couvre un peu plus de 10% du territoire".

Quoi qu'il en soit, "la reprise des négociations marque […] un véritable progrès pour l'Ukraine. Avec sa guerre, Vladimir Poutine a réussi le contraire de ce qu'il souhaitait : il voulait que l'Ukraine redevienne un satellite de la Russie, mais aujourd'hui Kiev toque à la porte de l'Otan et de l'Union européenne" [RTL].

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12.06.2026 à 12:07

Rôle renforcé du haut-représentant, rattachement à la Commission ou au Conseil… Paris esquisse une refonte de la diplomatie européenne

Léa Deseille

"Kaja Kallas, sous pression en raison de la réforme du service diplomatique européen promue par la France et l'Allemagne", titre Demócrata. Ancienne Première ministre estonienne, la cheffe de la diplomatie européenne est "devenue l'une des personnalités les plus suivies à Bruxelles après que plusieurs États membres ont ouvert un débat sur l'avenir du Service européen […]

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La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors du Conseil des affaires étrangères défense, le 12 mai 2026 à Bruxelles - Crédits : Conseil européen
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors du Conseil des Affaires étrangères organisé le 12 mai 2026 à Bruxelles - Crédits : Conseil européen

"Kaja Kallas, sous pression en raison de la réforme du service diplomatique européen promue par la France et l'Allemagne", titre Demócrata. Ancienne Première ministre estonienne, la cheffe de la diplomatie européenne est "devenue l'une des personnalités les plus suivies à Bruxelles après que plusieurs États membres ont ouvert un débat sur l'avenir du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), l'organisme chargé de coordonner la politique étrangère de l'UE" qu'elle dirige.

Selon le Financial Times, la France et l'Allemagne discutent notamment de propositions de réforme en profondeur du SEAE, "afin d'améliorer la réponse du bloc aux crises géopolitiques" [Agenzia Nova].

Également consulté par Reuters, un document élaboré par des responsables français présente trois scénarios : "placer l'ensemble de la politique étrangère de l'UE sous l'égide de la Commission, transférer les fonctions du service diplomatique au Conseil de l'UE, qui représente les États membres, et renforcer le rôle de Kallas dans le cadre d'une réorganisation institutionnelle plus large".

"Dans le cadre de la troisième option, Kallas gagnerait en pouvoir au sein de la Commission, devenant son 'premier vice-président exécutif', ainsi que le chef des commissaires et des départements responsables d'un large éventail de politiques telles que les relations extérieures, le commerce et le développement économique" [Internazionale]. Elle entretiendrait également "des liens plus étroits avec les dirigeants des gouvernements nationaux de l'UE, tandis que le service diplomatique se verrait confier un rôle plus restreint, axé sur la stratégie" [Reuters].

L'UE trop lente face aux situations d'urgence

D'après l'agence, "ce document reflète l'opinion de nombreux responsables et diplomates de l'UE selon laquelle l'Union a réagi trop lentement et de manière trop disparate face à la guerre à Gaza et à d'autres situations d'urgence, dans un contexte de divisions entre ses institutions, ses dirigeants et les 27 gouvernements des États membres". Ils remettent notamment en cause "la capacité du SEAE à réagir efficacement à des crises géopolitiques telles que la guerre en Ukraine, les tensions avec l’Iran ou la politique du président américain Donald Trump", développe le quotidien helvétique Weltwoche.

"Plusieurs États membres critiquent les chevauchements entre le SEAE, les ministères nationaux des Affaires étrangères ainsi que les services compétents de la Commission et du Conseil des ministres", poursuit le média. En outre, "Kallas est engagée dans une lutte territoriale acharnée avec Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, concernant la question de savoir qui devrait diriger la politique étrangère de l'UE", rappelle Euractiv.

Kaja Kallas défend le bilan du SEAE

À ce stade, les discussions se tiennent principalement entre la France et l'Allemagne. "Pour l'instant, aucune proposition formelle n'a été soumise au vote et les Vingt-Sept n'ont pris aucune décision. Toute modification significative nécessiterait un large consensus politique entre les États membres", note Demócrata. D'ailleurs, "selon un diplomate européen, ce document interne, non approuvé par le ministre français des Affaires étrangères ni ses conseillers, ne reflète pas la position officielle de la France", souligne Politico.

La cheffe de la diplomatie européenne a néanmoins répondu à ces propositions. Dans un courriel consulté par Politico, elle s'adresse "aux 5 000 employés du SEAE, insistant sur la 'valeur ajoutée' apportée par ce service à l'Union". Elle y déclare qu'il y a "toujours place pour l'amélioration du fonctionnement du système et la réduction des doublons, tout en rappelant que les compétences de chaque institution sont définies par les traités de l'Union européenne" [Demócrata].

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