06.05.2026 à 12:29
Valentin Ledroit

"Friedrich Merz avait rêvé toute sa vie de devenir chancelier, mais il n’avait sans doute pas imaginé qu’au terme de sa première année d’exercice il serait le plus impopulaire de tous ceux qui ont dirigé le pays depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne, en 1949", constate Le Monde. Un an jour pour jour […]
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"Friedrich Merz avait rêvé toute sa vie de devenir chancelier, mais il n’avait sans doute pas imaginé qu’au terme de sa première année d’exercice il serait le plus impopulaire de tous ceux qui ont dirigé le pays depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne, en 1949", constate Le Monde. Un an jour pour jour après son élection, le 6 mai 2025, le leader conservateur est au plus bas dans les sondages. Selon une enquête publiée mardi 5 mai, "la proportion d'Allemands qui se disent insatisfaits de leur chancelier atteint le chiffre de 85 %", relève RFI.
"Il n’y a pas vraiment de raison de célébrer [le premier] anniversaire" de la coalition "noire-rouge", formée par les conservateurs de la CDU et les sociaux-démocrates du SPD, tant ses débuts ont été "chaotiques", estime le média allemand MDR. "Avec l'élection du chancelier, la coalition noire-rouge avait connu sa première crise avant même d'avoir prêté serment en tant que gouvernement", poursuit la Tagesschau. "Ce n'est qu'au deuxième tour que le chef de la CDU, Friedrich Merz, a été élu au Bundestag le 6 mai 2025 – un événement sans précédent", rappelle le journal télévisé.
"Certes, [Friedrich Merz] a réussi à faire adopter des fonds spéciaux de plusieurs centaines de milliards d'euros pour l'armée et les infrastructures et mis à l'ordre du jour des réformes sociales importantes", reconnaît RFI. "Mais les frictions incessantes entre chrétiens et sociaux-démocrates, des erreurs commises par manque d'expérience, un style parfois cassant, ainsi que quelques dérapages verbaux conjugués aux inquiétudes de la population l'ont conduit à un sommet d'impopularité qui profite à l'extrême droite, en tête dans les sondages", souligne la radio internationale.
"Le climat au sein de la coalition est particulièrement dégradé", confirme Le Monde. "À l’occasion du 1er mai, la ministre du Travail sociale-démocrate, Bärbel Bas, a ainsi jugé 'cyniques' et 'méprisantes' les réformes sociales voulues par le chancelier conservateur, tandis que le vice-chancelier et ministre des finances, Lars Klingbeil (SPD), prêchait pour une taxation des hauts revenus".
Autre source d'impopularité du chancelier : "ses déclarations malheureuses laissant entendre que les Allemands sont des fainéants et qu'ils devraient travailler davantage s'ils veulent préserver la prospérité du pays", relève El País. Le quotidien espagnol affirme que Friedrich Merz "est devenu une sorte de bouc émissaire pour tout ce qui va mal, qu'il en soit responsable ou non : de la perte de compétitivité à l'éducation en passant par les infrastructures déficitaires, même si cela résulte de politiques erronées du passé".
"Il y a moins d’Allemands qui apprécient le chancelier, que de personnes aimant l’hiver en Allemagne, les choux de Bruxelles, le dentiste ou même le Bayern Munich", plaisante en Une Die Tageszeitung, cité par Courrier international.
Friedrich Merz ambitionnait de "repositionner l’Allemagne sur la scène européenne d’abord, puis internationale", note Paul Maurice, du Comité d'études des relations franco-allemandes, cité par Ouest-France. Une ambition qui "lui a valu le surnom de 'Aussenkanzler', c’est-à-dire de 'Chancelier des Affaires étrangères'".
Dans un contexte international particulièrement instable, "les conséquences que Berlin en tire ne se condensent, aux yeux de nombreux observateurs, en aucune image claire", affirme la FAZ. Le journal allemand note que Friedrich Merz multiplie les rencontres avec ses voisins et cherche à composer avec Donald Trump, "mais ces ajustements presque haletants sont marqués par des contradictions". "En janvier, au Bundestag, Merz disait que l’Europe devait apprendre 'la langue de la politique de puissance' ; en février, dans la revue Foreign Affairs, il mettait en garde contre la 'tragédie de la politique de grande puissance'" [FAZ]. Un paradoxe également relevé par Paul Maurice : Friedrich Merz "souligne le besoin pour l’Allemagne de s’autonomiser vis-à-vis des États-Unis, tout en faisant le dos rond face à Donald Trump et en promouvant le 'Germany first'", l'Allemagne d'abord [Ouest-France].
Sur la scène européenne enfin, Ouest-France rappelle que le chancelier allemand "a relancé et obtenu le traité de libre-échange avec les cinq pays sud-américains du Mercosur. Un texte favorable aux [secteurs pharmaceutique et] automobile de l’Europe, notamment en Allemagne, mais désavantageux pour l’agriculture". Le média régional fait également état d'un rapprochement avec la cheffe du gouvernement italien d'extrême droite, Giorgia Meloni. Le 23 janvier dernier, les deux dirigeants ont signé "un traité, notamment sur les questions militaires, le lendemain de la traditionnelle journée de l’amitié franco-allemande. Tout un symbole".
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05.05.2026 à 12:38
Manon Mazuir

"La Commission européenne franchit un pas supplémentaire dans le renforcement de la souveraineté industrielle européenne", entame France info. "L’Union européenne a indiqué lundi [4 mai] qu’elle ne subventionnerait plus des projets énergétiques recourant à des technologies chinoises, susceptibles de présenter des risques pour le fonctionnement de son réseau électrique" [Sud Ouest]. "La mesure vise les […]
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"La Commission européenne franchit un pas supplémentaire dans le renforcement de la souveraineté industrielle européenne", entame France info. "L’Union européenne a indiqué lundi [4 mai] qu’elle ne subventionnerait plus des projets énergétiques recourant à des technologies chinoises, susceptibles de présenter des risques pour le fonctionnement de son réseau électrique" [Sud Ouest].
"La mesure vise les onduleurs", poursuit le quotidien régional. "Véritable 'cerveau' des systèmes énergétiques, l'onduleur est un petit dispositif, souvent invisible, régulant le flux d'électricité entre la production renouvelable - solaire, éolienne, batteries - et le réseau. Sans lui, pas d'énergie verte opérationnelle", expliquent Les Échos.
"L’interdiction de subvention est en vigueur depuis début avril, a indiqué la Commission" [Le Figaro]. "Elle s’applique immédiatement aux nouveaux projets. Une période transitoire est en revanche prévue pour les projets déjà à un stade avancé", détaille le média. Les fournisseurs déjà impliqués dans des projets financés par l’UE pourront en effet "demander une exception, et la Commission décidera d’ici au 1er novembre s’ils peuvent continuer sans restriction" [La Tribune].
Si la mesure "s'applique aux onduleurs venant de Chine, notamment d'entreprises telles que Huawei et Sungrow", d'autres États sont aussi visés, comme "la Russie, l'Iran et la Corée du Nord" [Le Monde]. "La technologie des États jugés 'à haut risque' représente de nombreuses menaces, selon l'UE", ajoute le journal du soir. Les groupes chinois sont toutefois prépondérants, puisqu'ils "représentent près de 80 % du marché mondial des onduleurs solaires" [La Tribune].
Bruxelles fait notamment valoir un "risque 'de perturbation des infrastructures critiques de l’UE par des acteurs étrangers', comme des pirates informatiques" [Sud Ouest]. Les onduleurs et autres équipements "peuvent être pilotés à distance grâce à différents moyens de connexion", explicite France info. "Cela pourrait se traduire par un arrêt à distance des réseaux des États membres, entraînant des coupures d'électricité à l'échelle nationale", a affirmé une porte-parole de la Commission européenne, Siobhan McGarry, citée par Politico.
"Cette décision fait suite aux avertissements d'analystes", précise Euronews. Les conclusions indiquent que "certains pays pourraient, dans le pire des cas, saper l'infrastructure énergétique européenne, voire déclencher des pannes d'électricité", alerte un fonctionnaire de l'UE, cité par le média européen. "D'autant plus que l'Europe s'appuie de plus en plus sur les énergies renouvelables telles que le solaire et l'éolien".
En novembre dernier déjà, "30 députés européens spécialistes de l'énergie ont demandé à la Commission d'empêcher les fournisseurs de technologies 'à risque' d'accéder aux infrastructures européennes", relate en outre le média.
La Chambre de commerce chinoise auprès de l'UE (CCCEU) a réagi lundi, accusant Bruxelles de "mener 'une chasse aux sorcières' contre les entreprises chinoises sur l'ensemble des marché de la transition écologique" et avertissant que "de telles politiques risquaient de déclencher des contre-mesures de la part de Pékin" [South China Morning Post].
"Bruxelles craint également que la domination chinoise du marché ne devienne, à long terme, une menace pour la sécurité d'approvisionnement", analyse BFM TV. "L'UE prévoit de donner la priorité aux onduleurs fabriqués en Europe, ou d'utiliser des fournisseurs de pays [producteurs] comme le Japon, la Corée du Sud, les États-Unis ou la Suisse" [Le Monde], estimant "qu'il existe une capacité d'approvisionnement alternative suffisante" parmi ces pays [Euronews].
L'exécutif européen "veut articuler cette mesure avec le Net-Zero Industry Act", le règlement européen pour une industrie à zéro émission nette, avance La Tribune. L’objectif de cette législation est "d’atteindre 40 % de production locale dans les technologies clés. Cela suppose de financer des usines européennes capables de produire en volume", contextualise le média.
À moyen terme, Bruxelles "mise sur la révision du Cybersecurity Act (règlement sur la cybersécurité) pour traiter durablement ces risques" et identifier "les fournisseurs à haut risque". Ce texte permettra "d’exclure certains acteurs du marché, alors que Pékin a déjà menacé de riposter à toute mesure jugée discriminatoire", poursuit le journal économique. Et de résumer les choses ainsi : "derrière la bataille des onduleurs solaires chinois, c’est l’équilibre entre prix de l’énergie, dépendance vis-à-vis de Pékin et renaissance d’une base industrielle européenne qui se joue".
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04.05.2026 à 12:05
Florian Chaaban

"Le coup de pression destiné au Vieux Continent est, une nouvelle fois, de sortie", entame Le Parisien. "Vendredi 1er mai, Donald Trump a annoncé vouloir porter [à compter de cette semaine] à 25 % les droits de douane sur les voitures et camions importés depuis l'Union européenne, contre 15 % actuellement. Une nouvelle salve protectionniste […]
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"Le coup de pression destiné au Vieux Continent est, une nouvelle fois, de sortie", entame Le Parisien. "Vendredi 1er mai, Donald Trump a annoncé vouloir porter [à compter de cette semaine] à 25 % les droits de douane sur les voitures et camions importés depuis l'Union européenne, contre 15 % actuellement. Une nouvelle salve protectionniste qui vise directement l'industrie automobile européenne, et surtout allemande", complète le quotidien.
En cause selon le locataire de la Maison-Blanche, le fait que "le bloc [des 27] ne [respecte] pas ses engagements dans le cadre d'un accord commercial conclu l'été dernier" [Politico]. "Je suis heureux d'annoncer que, compte tenu du fait que l'Union européenne ne respecte pas l'accord commercial que nous avons pleinement approuvé, j'augmenterai la semaine prochaine [cette semaine, ndlr.] les droits de douane imposés à l'Union européenne sur les voitures et les camions entrant aux États-Unis", a déclaré le milliardaire sur son réseau Truth Social, sans toutefois détailler précisément ses griefs.
"Cette décision intervient moins d'un an après que l'UE et les États-Unis ont conclu un accord sur le terrain de golf de Trump à Turnberry, en Écosse, qui fixait à 15 % les droits de douane sur la plupart des produits européens" dont les voitures et les pièces détachées, rappelle la BBC. "Cela avait permis à l'UE d'échapper aux droits de douane de 30 % que Trump avait menacé d'imposer dans le cadre de ses mesures tarifaires radicales du 'Jour de la libération'. En échange, l'Europe avait accepté d'investir aux États-Unis et d'apporter des changements censés stimuler les exportations américaines", poursuit la radio britannique.
Plus surprenant, selon Politico, "la menace de Trump intervient une semaine après que le haut responsable européen chargé du commerce, Maroš Šefčovič, s'est rendu à Washington pour rencontrer des responsables de l'administration [américaine] et en est reparti rassuré quant à la solidité de l'accord entre les deux [parties]".
Si cette menace se concrétise, "elle frappera lourdement une industrie déjà fragilisée", écrit Le Monde. Selon les chiffres de l'Association des constructeurs européens d'automobiles, les États-Unis représentaient "22 % des exportations européennes en 2024 – avec 750 000 véhicules pour une valeur totale de 38,9 milliards d'euros, soit le deuxième marché derrière le Royaume-Uni", ajoute le journal du soir, qui précise que "les voitures sorties des usines de constructeurs européens situées sur le territoire américain seraient épargnées par cette surtaxe".
La Commission européenne a répondu à cette annonce en déclarant que "l'UE respectait ses engagements, mais qu'elle attendait également des États-Unis qu'ils clarifient leurs propres engagements" [BBC]. Et d'indiquer, par la voix de l'un de ses porte-parole, qu'elle garde "toutes les options ouvertes pour protéger les intérêts de l'UE".
Ces nouvelles sanctions douanières voulues par le président américain s'inscrivent “dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et les pays de l'Union européenne, sur fond de guerre en Iran”, observe la Deutsche Welle. Avec une cible toute trouvée.
"Certes, l'action de Trump vise l'Union européenne, car la politique douanière relève de sa compétence, et non de celle des États membres. Mais ces mesures pourraient être interprétées comme visant spécifiquement l'Allemagne", explique Ferdinand Dudenhöffer, directeur du centre de recherche CAR à Bochum dans les colonnes de la Tagesschau. La semaine dernière, "une critique de Friedrich Merz sur l’absence de stratégie américaine en Iran [avait] irrité Donald Trump, qui a [en parallèle] décidé de retirer 5 000 soldats américains d'Allemagne" [Le Huffington Post].
"Le relèvement des droits de douane sur les voitures et les camions importés de l'Union européenne annoncé par le président américain Donald Trump pourrait coûter près de 15 milliards d’euros de [pertes] de production à l'Allemagne", a déclaré le 2 mai à Reuters l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale [BFM TV]. "Le taux de croissance déjà poussif de l'Allemagne serait durement touché […]. D'autres économies européennes dotées d'un secteur automobile important, notamment l'Italie, la Slovaquie et la Suède, devraient également subir des pertes significatives", note le média, se faisant l’écho du centre de réflexion.
Pour Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, la déclaration de Donald Trump montre "à quel point les États-Unis sont peu fiables" en tant que partenaire commercial [BBC]. "Trump a déjà souvent menacé d'imposer des droits de douane qui n'ont finalement pas été appliqués", tempère cependant la Tagesschau.
En outre, "on ne sait pas exactement sur quelle base juridique Trump pourrait s'appuyer pour augmenter les taxes à l'importation en provenance de l'UE", souligne la Deutsche Welle. "La Cour suprême des États-Unis a estimé plus tôt cette année que [le président américain] avait outrepassé ses pouvoirs en invoquant une loi datant des années 1970 pour imposer unilatéralement ses droits de douane 'réciproques' à des pays du monde entier".
Côté européen, "bien que le Parlement européen ait approuvé en mars [2026] une loi visant à réduire les droits de douane sur les produits américains [en ajoutant une série de garde-fous au cas où les États-Unis ne respecteraient pas l'accord, ndlr.], l'Union européenne doit encore négocier cet accord avec les gouvernements de ses États membres et la Commission européenne" [Politico]. Selon le média européen, des pourparlers "tripartites [sont] prévus mercredi", avant un vote final du Parlement européen espéré "dès le mois prochain".
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