27.03.2026 à 12:05
Léa Deseille

"La première année où tous les alliés de l'Otan ont atteint les objectifs de dépenses de défense fixés il y a plus de dix ans", note Euractiv. Lors de la présentation du bilan annuel de l'Alliance, jeudi 26 mars, "le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a déclaré que [l'organisation] abordait l'année 2026 en position […]
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"La première année où tous les alliés de l'Otan ont atteint les objectifs de dépenses de défense fixés il y a plus de dix ans", note Euractiv. Lors de la présentation du bilan annuel de l'Alliance, jeudi 26 mars, "le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a déclaré que [l'organisation] abordait l'année 2026 en position de force après que tous les alliés ont atteint l'an dernier le seuil fixé de longue date pour les dépenses de défense, soit 2 % du PIB", retrace le réseau d'information polonais TVP.
"Sur la seule année 2025, les alliés européens et le Canada ont investi au total 574 milliards de dollars dans la défense", détaille la RTBF. "Entre 2014 et fin 2025, ils ont plus que doublé le budget qu’ils consacrent chaque année à la défense (une hausse de 106 % en valeur réelle)", ajoute La Libre.
"Sur l'année, les dépenses des pays de l'Otan strictement liées à la défense devraient dépasser les 1 400 milliards de dollars", poursuit le média belge. "Parallèlement, les dépenses de l'Europe et du Canada en gros équipements ont augmenté de 34 % l'an dernier, selon le rapport" [Politico].
"L'Otan 'est plus forte que jamais', a assuré Mark Rutte, qui s'est réjoui d'un 'vrai changement dans les mentalités'. Pendant 'trop longtemps', les Européens se sont reposés sur 'la puissance militaire des États-Unis'", citent Les Échos. Désormais, la surpuissance américaine dans le budget de l'Otan est en recul. "La part des États-Unis dans les dépenses globales de défense de l'Otan a chuté de 64 % à 59 % l'an dernier", pointe Politico.
"Toutefois, le rapport annuel de l'Alliance révèle de fortes disparités de dépenses entre les pays membres", nuance Politico. "Tous les pays de l'Otan ont augmenté leurs dépenses militaires l'an dernier, mais trois d'entre eux ont vu légèrement baisser la part consacrée à ces dépenses par rapport à leur PIB. Les États-Unis sont passés de 3,30 % en 2024 à 3,19 % l'an dernier, la République tchèque de 2,07 % à 2,01 % et la Hongrie de 2,21 % à 2,07 %. La France est restée stable à 2,05 % en 2025 contre 2,04 % l'année précédente", énumère France 24. "L'Espagne, le Portugal, le Canada, la Belgique ont atteint à la décimale près l'objectif de 2 %", poursuit le média.
"Cette annonce intervient au moment où Donald Trump accentue ses attaques contre l'Alliance" [Les Échos], alors que le chef d'État américain a enjoint ses alliés occidentaux d'aider au déblocage du détroit d'Ormuz. "Un refus d’entrer dans le conflit qui a suscité chantage et violentes attaques du président américain. Il a traité ses alliés de 'lâches' et accusé l’Otan d’être un 'tigre de papier'", rapporte Le Figaro.
Ce n'est pas la première fois que ce dernier attaque directement l'Alliance atlantique. "L'année 2025 a été marquée par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le Républicain, habitué des déclarations coup de poing a, dès le début de son second mandat, exigé une augmentation des dépenses des pays alliés de l'Otan, laissant même planer le doute sur une éventuelle sortie des États-Unis de l'organisation", rappelle La Libre.
"Depuis, sous la pression [du locataire de la Maison-Blanche], l'Otan s'est fixé l'an dernier, lors du sommet de La Haye, un nouvel objectif : 3,5 % de dépenses militaires d'ici 2035 ainsi que 1,5 % consacré à des dépenses liés à la sécurité, soit un total de 5 %", écrit France 24. "Les pays [s'étaient] engagés à consacrer 3,5 % de leur PIB à la défense de base, comme les troupes et les armes, et 1,5 % à des mesures plus générales liées à la défense, telles que la cybersécurité, la protection des pipelines et l'adaptation des voies de circulation pour permettre le passage de véhicules militaires lourds", développe BFMTV.
"Malgré les augmentations budgétaires, Rutte a réaffirmé que les industries européennes devaient continuer à accroître leur production", précise Euractiv. "J’attends du sommet de l’Otan qui se tiendra à Ankara en juillet prochain qu’il s’appuie sur nos acquis de 2025. Il n’y a pas lieu de se reposer sur ses lauriers et nous n’avons pas de temps à perdre", conclut le Néerlandais [Politco].
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26.03.2026 à 13:35
Amélie Philotas

Les ministres des Affaires étrangères des grandes puissances démocratiques (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ainsi que des représentants de l'Union européenne se réunissent jeudi 26 et vendredi 27 mars à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, située à 50 kilomètres de Paris. Des ministres du Brésil, de l'Inde, de la Corée du Sud, de l'Arabie saoudite […]
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Les ministres des Affaires étrangères des grandes puissances démocratiques (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ainsi que des représentants de l'Union européenne se réunissent jeudi 26 et vendredi 27 mars à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, située à 50 kilomètres de Paris. Des ministres du Brésil, de l'Inde, de la Corée du Sud, de l'Arabie saoudite et de l’Ukraine, “tous des poids lourds économiques dont l'alignement est déterminant pour la sécurité mondiale, l'énergie et les crises diplomatiques, seront également présents”, complète Reuters. La France préside le groupe du G7 depuis janvier 2026, avec pour point d’orgue "un sommet […] à Évian mi-juin", rappelle Le Soir.
"Le site [des Vaux-de-Cernay] n’a pas été choisi par hasard", remarque Le Parisien. "Il se situe à une quinzaine de kilomètres seulement du château de Rambouillet, là même où il y a 50 ans se retrouvaient à l’initiative du président français de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing, les chefs d’État et de gouvernement des six pays démocratiques les plus industrialisés (Allemagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni)". Les dirigeants avaient alors évoqué “la crise économique consécutive au choc pétrolier de 1973. Le G6 était né. Il deviendra l’année suivante le G7 avec l’entrée du Canada".
Dans le contexte géopolitique actuel, les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine font partie des grands sujets abordés par les ministres. Dans un climat de forte nervosité, l’objectif des alliés est d’obtenir “davantage de précisions sur les opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, ainsi que sur l'existence éventuelle d'une voie diplomatique viable pour mettre fin au conflit” [Reuters]. Les discussions porteront notamment “sur le détroit d'Ormuz, que l'Iran a de fait fermé, paralysant ainsi environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole”.
"Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, retenu à Washington selon une source diplomatique, ne rejoindra [ses homologues] que vendredi matin", rapporte Le Parisien. Il tentera de convaincre les alliés "d'adhérer à la stratégie de guerre contre l'Iran qui a fait flamber les prix mondiaux du carburant, a annoncé mardi 24 mars le département d'État américain” [Le Monde]. Un objectif cependant ambitieux : presque tous "ont réagi au mieux avec froideur à l'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran et ont refusé d'y participer, s'attirant les foudres de Trump alors même qu'il affirme que les États-Unis n'ont pas besoin de leur aide", rappelle le quotidien français.
Au sujet de l’Ukraine, les responsables européens craignent que les États-Unis “ne poussent Kiev à accepter un accord de paix défavorable avant les élections de mi-mandat américaines de novembre. Les responsables européens ont déclaré qu'ils insisteraient auprès de Rubio sur le fait qu'un tel résultat serait inacceptable, plaidant plutôt en faveur de sanctions plus sévères contre la Russie et d'efforts immédiats pour préparer l'Ukraine à un nouvel hiver de guerre” [Reuters].
L'Hexagone a également convoqué, pour le lundi 30 mars, un G7 finances au format inédit : il réunira les ministres de l’Économie, de l’Énergie et les gouverneurs des banques centrales. Il s'agit là d'une "tentative de réponse coordonnée à une crise désormais systémique, à la croisée des chocs énergétiques, inflationnistes et géopolitiques", observe La Tribune.
L’initiative doit notamment faire face à "la fragmentation des réponses nationales face à l’envolée des prix de l’énergie et à la persistance de l’inflation, [qui] montre ses limites", résume La Tribune. "En fusionnant ces trois cercles, la présidence française entend [ainsi] accélérer les arbitrages [entre les trois acteurs convoqués], alors que les tensions sur les marchés pétroliers et gaziers menacent de raviver un cycle inflationniste déjà difficile à contenir."
Affirmant convoquer ce format "pour la première fois depuis 50 ans", le ministre de l’Économie Roland Lescure joue aussi une carte stratégique, à quelques mois du sommet d’Évian du 15 au 17 juin [BFM TV]. Il s'agit de "démontrer que, malgré les fractures géopolitiques, le G7 reste capable de produire des réponses opérationnelles face à une crise globale" [La Tribune].
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25.03.2026 à 12:03
Florian Chaaban

Un "scrutin [qui] redessine le paysage politique du pays, avec une percée historique du Parti populaire socialiste, une montée de l'extrême droite et une place décisive des Modérés dans la formation du futur gouvernement", résume Le Monde. Tels sont les principaux enseignements à retenir des élections législatives au Danemark, organisées mardi 24 mars. "Malgré un […]
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Un "scrutin [qui] redessine le paysage politique du pays, avec une percée historique du Parti populaire socialiste, une montée de l'extrême droite et une place décisive des Modérés dans la formation du futur gouvernement", résume Le Monde. Tels sont les principaux enseignements à retenir des élections législatives au Danemark, organisées mardi 24 mars.
"Malgré un net recul et sans atteindre la majorité absolue avec les autres partis de gauche, selon les résultats définitifs" [Le Parisien], "le groupe des sociaux-démocrates de la Première ministre danoise Mette Frederiksen est arrivé en tête" [Ouest-France].
La formation de la cheffe du gouvernement, qui a présenté - comme l'exige la procédure en vigueur - sa démission formelle au roi ce mercredi selon l'AFP, a "enregistré [son] plus mauvais résultat depuis plus d'un siècle", pointe la BBC. Toutefois, "avec 21,9 % des voix" et 38 sièges au Folketing (le Parlement danois), les sociaux-démocrates, au pouvoir depuis 2019 "[restent] de loin le parti le plus important ", complète le média britannique. Ils devancent le Parti populaire socialiste (11,6 % des suffrages) et Venstre, parti libéral de centre-droit (10,1 %).
"Dans le pays prospère de 6 millions d'habitants, la campagne a surtout tourné autour de questions intérieures comme le coût de la vie, l'État providence et l'environnement", observe Euronews. "Le modèle de l'agriculture intensive danoise, particulièrement l'élevage porcin, a été au centre de la campagne." "Face à une extrême droite puissante depuis la fin des années 1990, il a aussi été question d'immigration, les sociaux-démocrates plébiscitant un nouveau tour de vis en la matière" [Le Monde].
Mais un autre sujet a aussi animé les débats : le Groenland. Face aux multiples menaces de Donald Trump ces dernières semaines, Mette Frederiksen "avait tenu tête [au président américain] et sa volonté d'annexer [l'île], territoire autonome du royaume du Danemark", retracent Les Echos.
"À Nuuk, la capitale du Groenland, les électeurs ont fait la queue pour voter dès l'ouverture des bureaux" [Le Parisien]. "Il s'agit des élections les plus importantes pour le Parlement danois et pour le Groenland de l'Histoire", a déclaré à l'AFP le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.
Ce scrutin "a redessiné la carte du Danemark et laissé des traces historiques chez plusieurs des partis concernés", relate la chaîne de télévision généraliste nationale, TV2. Mais pas seulement. "Les résultats obtenus par Mette Frederiksen au Danemark - où les sociaux-démocrates ont perdu du terrain mais ont tout de même réussi à se maintenir - reflètent également une tendance plus générale observée à travers l'Europe, où le centre-gauche fait preuve d'un regain de combativité", décrit Politico.
"Les récents scrutins, de Castille-et-León en Espagne à Marseille et Paris, en passant par la Slovénie et désormais le Danemark, montrent que s'opposer à une politique à la Trump, ou lutter contre Trump lui-même, peut s'avérer une stratégie gagnante", poursuit le média.
Dans un monde "plein d'insécurité" [Le Parisien], l'Union européenne et ses pays membres doivent affronter de nombreux défis. "Les Danois sont anxieux : il y a le Groenland, l'Ukraine, les drones qui ont survolé le royaume", rappelait avant le scrutin Elisabet Svane, analyste politique pour le quotidien national Politiken.
En interne, le plus dur commence maintenant. "Le Danemark est divisé entre un 'bloc rouge' de partis de gauche mené par les sociaux-démocrates et un 'bloc bleu' de droite, mené par [Troels Lund] Poulsen", note Politico.
"Avec un total de 84 sièges, le 'bloc rouge' des partis de gauche a pris une légère avance sur le 'bloc bleu' de droite, qui totalise 77 sièges. Aucun des deux blocs n'a atteint les 90 sièges nécessaires pour obtenir la majorité au Parlement danois, qui en compte 179" [BBC]. "Le parti centriste des Modérés de l'actuel ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen devrait avoir le dernier mot dans les négociations de coalition", estime le média.
Le quotidien national Jyllands-Posten va plus loin. Ce mardi 24 mars, "l'avenir de la politique danoise a été confié au président du Parti modéré, Lars Løkke Rasmussen. Les Danois ne souhaitant ni une majorité rouge ni une majorité bleue au Parlement, ils ont ainsi confié à Løkke le rôle clé dans la formation du prochain gouvernement, dont il rêvait depuis si longtemps". "Les Modérés ont obtenu un bon résultat électoral avec 7,7 % des voix et disposent des mandats décisifs, mais cela 'ne signifie pas pour autant' que Lars Løkke Rasmussen doive devenir Premier ministre", a tempéré ce matin le ministre de la Culture, Jakob Engel-Schmidt, relaie TV2.
Une tendance se dégage néanmoins. "Il est peu probable que le prochain gouvernement soit une réplique de la coalition actuelle, un gouvernement multipartite qui a rompu avec la division traditionnelle entre rouges et bleus de la politique danoise pour inclure les sociaux-démocrates de centre-gauche, le Venstre de centre-droit et les Modérés centristes", conclut Politico. Le roi va recevoir les partis en vue des négociations sur la formation d'un futur gouvernement de coalition, qui s'annoncent compliquées.
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