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18.06.2026 à 12:02

Le Parlement européen donne son accord définitif à une nouvelle génération d'organismes génétiquement modifiés

Florian Chaaban

"Les nouveaux OGM ont le champ libre en Europe", titre Mediapart. Le 17 juin, l'institution a donné son ultime feu vert à "des nouvelles techniques génomiques (NGT) dans l'agriculture" [Le Temps]. Celles-ci "peuvent rendre des plantations plus résistantes à la sécheresse ou aux maladies mais inquiètent des défenseurs de l'environnement et des petits exploitants", poursuit […]

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Texte intégral (2057 mots)
Les nouvelles techniques génomiques modifient le génome des plantes sans introduction d'ADN étranger - Crédits : AlexRaths / iStock
Les nouvelles techniques génomiques modifient le génome des plantes sans introduction d'ADN étranger - Crédits : AlexRaths / iStock

"Les nouveaux OGM ont le champ libre en Europe", titre Mediapart. Le 17 juin, l'institution a donné son ultime feu vert à "des nouvelles techniques génomiques (NGT) dans l'agriculture" [Le Temps]. Celles-ci "peuvent rendre des plantations plus résistantes à la sécheresse ou aux maladies mais inquiètent des défenseurs de l'environnement et des petits exploitants", poursuit le média suisse.

"Variétés moins gourmandes en eau ou en pesticides, blé pauvre en gluten… Ces NGT permettent de modifier le génome d'une plante mais sans introduire d'ADN étranger, contrairement aux OGM de première génération", observe La République des Pyrénées. "Les semences obtenues par NGT sont donc bien des organismes génétiquement modifiés mais ne sont pas 'transgéniques'", précise Sud Ouest.

Débat tendu en Europe

Le débat sur ces biotechnologies divise le monde agricole européen. "C'est peut-être l'un des textes les plus clivants de cette mandature concernant l'agriculture", avance Public Sénat. "Au Parlement, la rapporteuse de la loi, l'eurodéputée suédoise Jessica Polfjärd (PPE, droite), vante une technologie qui 'permettra de cultiver des plantes résistantes au changement climatique et d'obtenir des rendements plus élevés sur des surfaces plus réduites'" [Le Monde]. Leur autorisation "était réclamée par la puissante organisation agricole Copa Cogeca ainsi que les grands semenciers, au nom de la compétitivité européenne face aux États-Unis et à la Chine, qui y ont déjà recours", complète le journal du soir.

En face, "nombre de scientifiques, syndicats paysans et associations écologistes pointent des risques importants pour l'environnement, la viabilité de l'agriculture biologique (qui interdit les organismes génétiquement modifiés – OGM) ou encore l'information des consommateurs" [Vert].

Ces dernières semaines, la société civile s'était fortement mobilisée, "avec des manifestations devant le Parlement européen à Strasbourg, des centaines de milliers de signatures recueillies [sur une pétition] et des dizaines d'organisations engagées pour défendre la transparence alimentaire", rapporte le magazine italien TerraNuova.

"Le Parlement européen, la droite et l'extrême droite se sont couchés face aux lobbys agrochimiques américains et chinois, c'est une véritable capitulation", a réagi dans les colonnes de Vert Christophe Clergeau (S&D) à l'issue du scrutin. Le député européen avait "déposé une quinzaine d'amendements – tous rejetés". "Nous avons créé un modèle européen souverain des nouvelles techniques génomiques qui servira nos agriculteurs. […] Il ne s'agit pas d'importer le modèle américain ou brésilien", fait quant à lui valoir l'eurodéputé centriste Pascal Canfin [La République des Pyrénées].

Des évaluations réduites à néant ?

Jusqu'à présent, "les contrôles environnementaux étaient si complexes et coûteux que l'autorisation de mise sur le marché n'en valait souvent pas la peine. Les variétés génétiquement modifiées devaient faire l'objet d'analyses approfondies afin d'évaluer leurs risques potentiels pour l'environnement. Après la réforme, ces évaluations de risques devraient disparaître", analyse la Tagesschau.

Concrètement, "l'accord voté par le Parlement européen sépare les NTG en deux catégories : la première, où les végétaux modifiés sont autorisés au même titre que toute plante conventionnelle ; la deuxième, pour les mutations complexes (plus de 20 opérations), où les plantes sont considérées comme des OGM 'classiques', avec un processus de surveillance, de traçabilité et d'étiquetage" [Vert].

"Les NGT résistantes aux herbicides ou produisant des insecticides ne seront pas autorisées sur le marché, au nom de la durabilité. Et dans l'agriculture biologique, aucune NGT ne sera autorisée", souligne le quotidien suisse Le Temps, qui rappelle que "l'autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) s'était montrée favorable à l'approche de Bruxelles visant à autoriser une partie des NGT".

Pas d'incidence à court terme

S'agissant de la propriété, "l'Union européenne souhaite à l'avenir autoriser les brevets sur ces nouvelles variétés et technologies, contrairement aux semences conventionnelles", explique la Tagesschau. Ses institutions tablent sur "une base de données publique dans laquelle tous les brevets portant sur les méthodes de génie génétique et les semences seront enregistrés".

Par ailleurs, "entre la phase de test des nouvelles variétés et leur commercialisation, il faudra plusieurs années avant que des aliments produits avec des NGT arrivent dans les assiettes des Européens", tempère Sud Ouest. Mais des organisations environnementales comme Pollinis s'alarment déjà "de l’absence d'étiquetage sur les produits finaux, le moment venu", ajoute le quotidien régional.

Selon le média espagnol Demócrata, "le règlement entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne, mais son application effective sera reportée de deux ans ; les nouvelles dispositions devraient donc s'appliquer à partir de 2028".

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17.06.2026 à 12:10

Au G7 d'Évian, l'Europe et les États-Unis se livrent à un bras de fer sur la souveraineté numérique

Valentin Ledroit

"C’est une déclaration de Donald Trump, étrangement publiée dans le tabloïd américain New York Post en plein combat de MMA à la Maison-Blanche, qui a réchauffé le conflit technologique entre les États-Unis et la France, et plus largement l’Union européenne", rapporte Libération. "J’ai demandé [à Emmanuel Macron] de ne pas taxer les entreprises américaines, et […]

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Texte intégral (2150 mots)
Donald Trump en compagnie du chancelier allemand, Friedrich Merz, du président du Conseil européen, António Costa, et de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, mardi 16 juin
Donald Trump en compagnie du chancelier allemand, Friedrich Merz, du président du Conseil européen, António Costa, et de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, mardi 16 juin - Crédits : Conseil européen

"C’est une déclaration de Donald Trump, étrangement publiée dans le tabloïd américain New York Post en plein combat de MMA à la Maison-Blanche, qui a réchauffé le conflit technologique entre les États-Unis et la France, et plus largement l’Union européenne", rapporte Libération.

"J’ai demandé [à Emmanuel Macron] de ne pas taxer les entreprises américaines, et si [il] le fait, je n’aurai d’autre choix que d’appliquer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins provenant de France", a déclaré le président américain, mardi 16 juin, juste avant de s'envoler pour Évian où il assiste à la réunion du G7 sous présidence française. "On a connu meilleure entrée en matière entre un hôte et un invité", ironise le quotidien.

Une dépendance stratégique

La Croix rappelle qu'en début de semaine, l'administration Trump "a ordonné à la start-up américaine d’intelligence artificielle Anthropic de suspendre à 'tout ressortissant étranger' l’accès à ses deux modèles les plus puissants, Claude Fable 5 et Mythos 5". Cité par le journal, le ministre français des Affaires européennes, Benjamin Haddad, constate que "les États-Unis assument désormais ouvertement l’IA comme un instrument stratégique relevant de la sécurité nationale. Une arme de domination à ne pas mettre entre toutes les mains".

Dans The Conversation, Johan Linåker, maître de conférences en informatique à l'Université de Lund en Suède, illustre l'absence de maîtrise des Européens sur les infrastructures numériques critiques. "Le contexte est sans appel. Environ 80 % des infrastructures et des technologies numériques européennes proviennent de pays extérieurs à l'UE". Et cette situation est similaire pour d'autres technologies devenues cruciales. D'une part, "l'Europe ne produit qu'environ 10 % des semi-conducteurs mondiaux (la technologie à la base des puces informatiques)". D'autre part, les fournisseurs européens "détiennent environ 15 % du marché" dans le domaine du cloud computing (informatique en nuage), "tandis que trois entreprises américaines en représentent environ 70 %" [The Conversation].

"Ces déséquilibres ont longtemps été considérés comme une conséquence naturelle de la mondialisation. Mais dans un contexte de tensions géopolitiques, ils constituent de plus en plus une vulnérabilité stratégique", affirme Johan Linåker dans le média en ligne.

La préférence européenne en débat

En réponse à ces difficultés, la Commission européenne a présenté le 3 juin dernier son "paquet souveraineté", une proposition "très attendue pour stimuler les technologies européennes locales et protéger l'UE des interférences étrangères", note The Guardian. Pour Max von Thun, directeur d'un groupe de réflexion spécialisé dans la lutte contre les monopoles, ce paquet "constitue une reconnaissance bienvenue, quoique tardive, du fait que la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines n’est pas seulement un problème économique : il s’agit d’une menace directe pour l’indépendance, la résilience et la sécurité du continent", rapporte le journal britannique.

La proposition de l'exécutif européen veut notamment permettre de "réserver certains contrats aux groupes européens. Une manière, sans le dire frontalement, d’effacer autant que possible Microsoft ou Amazon des administrations du Vieux Continent", souligne Libération. La proposition est notamment défendue par Paris. "Comme en matière de politique industrielle ou de défense, la France s’est fait l’avocat le plus ardent de l’idée consistant à diriger prioritairement les dépenses européennes et la commande publique des 27 vers des fournisseurs européens" [La Croix].

Mardi 16 juin, le gouvernement français est passé à l'acte en faisant une "annonce hautement symbolique", relève France Inter. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a indiqué que le contrat liant les services de renseignement français, la DGSI, "à la société américaine Palantir serait rompu et attribué à une startup française, Chapsvision", poursuit la radio. Un peu plus tôt, c'est l'Allemagne qui avait également "choisi [l'entreprise française] pour éviter […} Palantir dans l’analyse de données de ses services secrets", complète France Culture.

Pour France Inter, l'entreprise américaine, dont "[le] fondateur, Peter Thiel, est un libertarien qui soutient Donald Trump depuis la première heure", "fait les frais de la quête de souveraineté numérique française".

Un déjeuner sous tension

Ces récents épisodes ne manqueront pas d'alimenter les discussions du déjeuner de travail à Évian. Pour Blick, il ne fait aucun doute que "ce déjeuner au sommet du G7 aura bel et bien l’allure d’un duel entre les quatre pays européens (Italie, France, Royaume-Uni, Allemagne, plus l’Union européenne) et les États-Unis". Le journal suisse estime en effet que "cette guerre numérique est celle que Trump, enlisé dans le conflit au Moyen-Orient, ne peut pas perdre".

Libération confirme en écrivant que "ce déjeuner sera un sacré billard à trois bandes, avec le duel global entre l’UE et les États-Unis, la bataille commerciale relancée par Trump contre la France et la présence dans une même pièce du président américain et du patron d’Anthropic".

Côté français et européen, "c’est aussi l’occasion de dire à tous ces grands patrons de l’IA et de la tech que ce côté de l’Atlantique veut de la régulation dans cette révolution qui s’empare de pans entiers de la société, de la vie privée jusqu’aux entreprises les plus sensibles" [Libération].

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16.06.2026 à 13:34

Au G7, les Européens veulent accentuer la pression sur la Russie et soutenir l'Ukraine

Amélie Philotas

La guerre en Ukraine devrait dominer "les débats du sommet G7 mardi à Évian, en présence de Volodymyr Zelensky", résume Libération. Au cœur des tractations : "la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump", qui, jusque-là, "s’est montré réticent à afficher un soutien ferme au président ukrainien face à Vladimir Poutine". Les dirigeants présents doivent notamment "discuter […]

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Au G7, à Évian, la journée du 16 juin est consacrée à la guerre en Ukraine - Crédits : Conseil européen
Au G7, à Évian, la journée du 16 juin est en partie consacrée à la guerre en Ukraine - Crédits : Conseil européen

La guerre en Ukraine devrait dominer "les débats du sommet G7 mardi à Évian, en présence de Volodymyr Zelensky", résume Libération. Au cœur des tractations : "la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump", qui, jusque-là, "s’est montré réticent à afficher un soutien ferme au président ukrainien face à Vladimir Poutine".

Les dirigeants présents doivent notamment "discuter des moyens de relancer des négociations avec Vladimir Poutine pour mettre fin au conflit en Ukraine" [Le Monde].

Hôte du sommet, le président français Emmanuel Macron a notamment affirmé hier qu'il souhaitait entendre le message suivant de la part des États-Unis : "nous sommes à vos côtés, nous continuerons à soutenir l’Ukraine et nous intensifierons la pression sur la Russie afin de parvenir à des négociations constructives… Les bonnes négociations sont celles où l’Ukraine et la Russie sont à la table des pourparlers, mais en présence également des Européens et des Américains" [The Guardian].

Londres cible l'énergie et la flotte fantôme

La veille, certains d'entre eux ont annoncé des mesures concrètes pour soutenir Kiev et affaiblir Moscou. C'est le cas du Premier ministre britannique Keir Starmer, qui souhaite sanctionner plus de 600 navires de la "flotte fantôme utilisée pour transporter le pétrole et le gaz russes" [The Independent]. Dimanche, le ministère de la Défense du Royaume-Uni avait annoncé l'interception par les forces britanniques de l'un de ces pétroliers dans la Manche, en "étroite collaboration" avec la France [Le Parisien].

Le Premier ministre britannique a également annoncé "fournir de l’uranium enrichi à l’Ukraine pour ses centrales nucléaires" [Ouest-France]. Concrètement, "210 millions de livres sterling (243 millions d'euros)" permettront à la société britannique Urenco de livrer cet uranium "au producteur d'électricité nucléaire ukrainien Energoatom", qui fournit plus de 50 % de l'électricité du pays [Le Figaro]. De quoi donner "de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a précisé Keir Starmer.

L'UE pousse le G7 à financer Kiev

Les positions britanniques vont de pair avec celles défendues par l'Union européenne. Selon The Kyiv Independent, Ursula von der Leyen veut que les autres membres du G7 financent "le tiers restant" des besoins budgétaires ukrainiens sur 2026-2027, l'UE ayant déjà validé un prêt de 90 milliards d'euros censé couvrir environ les deux tiers des besoins de Kiev.

La Commission européenne ajoute également un volet cybersécurité. Depuis hier, l'Ukraine peut activer un soutien d'urgence européen en cas d'incident numérique "significatif ou de grande ampleur", explique Reuters. Un dispositif devant permettre à Kiev d'accéder à des prestataires privés de confiance pour répondre à des cyberattaques majeures.

Une ligne diplomatique encore fragile

Côté sanctions, l'UE a aussi élargi ses listes en marge du sommet. The Brussels Times rappelle que 34 personnes et 47 entités ont été ajoutées, notamment autour des exportations énergétiques russes, des fournisseurs militaires, des réseaux de propagande et des atteintes aux droits humains. "Le bloc [européen] prépare également un 21e paquet […], qui devrait être finalisé en juillet", précise The Kyiv Independent.

Ces aides à l'Ukraine et ces sanctions contre la Russie surviennent en parallèle des discussions sur une éventuelle issue diplomatique au conflit. "La Russie devrait conclure un accord", a affirmé le président américain mardi 16 juin lors du sommet du G7, après avoir eu une "très bonne" rencontre avec Volodymyr Zelensky le matin [Le Monde]. Une déclaration scrutée par les Européens, qui cherchent à maintenir l'attention du président américain sur l'Ukraine tout en évitant une paix jugée trop favorable à Moscou.

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