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19.03.2026 à 12:20

Conseil européen : la guerre en Iran et la crise énergétique bousculent le programme

Léa Deseille

"C'est une tradition qui a bien du mal à être respectée à Bruxelles", constate RFI. "Le Conseil européen, qui s'ouvre ce jeudi 19 mars à Bruxelles en présence des 27 dirigeants de l'Union européenne, devait initialement être consacré à l'Ukraine et aux questions économiques". Or "Ursula von der Leyen ne devrait pas présenter […] sa […]

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Texte intégral (1805 mots)
António Costa, le président du Conseil européen, arrive au sommet du Conseil européen, le jeudi 19 mars 2026 - Crédits : Conseil européen
António Costa, le président du Conseil européen, arrive au sommet des chefs d'État et de gouvernement, jeudi 19 mars 2026 - Crédits : Conseil européen

"C'est une tradition qui a bien du mal à être respectée à Bruxelles", constate RFI. "Le Conseil européen, qui s'ouvre ce jeudi 19 mars à Bruxelles en présence des 27 dirigeants de l'Union européenne, devait initialement être consacré à l'Ukraine et aux questions économiques".

Or "Ursula von der Leyen ne devrait pas présenter […] sa ‘One Europe, One Market Roadmap’" (feuille de route Une Europe, un Marché, en français), poursuit Euractiv. "Donald Trump avait d’autres projets", ironise Politico. "La guerre au Moyen-Orient et la hausse des factures énergétiques risquent d'éclipser les discussions prévues sur une économie plus compétitive", écrit le Financial Times. "Les dirigeants européens devraient appeler à la désescalade et à la plus grande retenue […], condamner les frappes militaires menées par l'Iran dans la région" et afficher leur préoccupation concernant "l'escalade des hostilités au Liban", avance The Guardian.

Toutefois, "l'Europe reste divisée sur la manière de répondre à Donald Trump", estime Politico. "Un camp mené par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez fait pression […] pour appeler au respect du droit international, ce qui équivaudrait à une réprimande indirecte de Donald Trump et du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou", explique le média. Un autre "hésite à franchir cette étape susceptible d’irriter le président américain".

La question énergétique au cœur des discussions

Les Vingt-Sept devront également traiter de la flambée des prix du pétrole et du gaz, une conséquence directe du conflit. "Le blocage du détroit d'Ormuz, en réponse aux frappes américano-israéliennes en Iran, confronte l'UE à un second choc énergétique en quelques années", développe RFI

"Les 27 dirigeants conviennent que les prix de l'énergie, qui sont restés obstinément élevés depuis le bouleversement de 2022 [lié à l'invasion russe de l'Ukraine], constituent un problème majeur, mais ils ne sont pas d'accord sur la manière de s'y attaquer", pointe Euronews. "Les prix de l'électricité varient considérablement d'un État membre à l'autre, ce qui rend encore plus difficile la recherche d'un terrain d'entente".

La révision du marché carbone (ETS) de l'UE, qui taxe les émissions de CO2 des industries polluantes, est notamment "au centre de vifs débats" [RFI]. "Dix États membres, menés par l'Autriche, souhaitent davantage de quotas […] gratuits et une révision du système d'ici la fin du mois de mai", développe le Financial Times. Tandis qu'au nord et à l'ouest de l'Europe, neuf autres le jugent "indispensable pour réduire les émissions de CO2 et encourager les industries lourdes à adopter des sources d'énergie plus respectueuses de l'environnement" [Euronews].

Pression sur Viktor Orbán

"Éclipsée" par l’Iran, la guerre en Ukraine n'en reste pas moins un enjeu important du sommet [RFI]. D'une part car elle "apparaît comme une victime indirecte de cette nouvelle crise au Moyen-Orient". De l'autre parce que Viktor Orbán menace toujours de bloquer un prêt de 90 milliards d'euros, indispensable pour financer l'effort de guerre de Kiev à partir du 1er avril.

Le Premier ministre hongrois devrait ainsi "faire face à des pressions" des autres dirigeants, avance The Guardian. Avec un "raisonnement […] simple : il faut respecter ses engagements", Budapest ayant validé ce prêt dès le mois de décembre dernier [Politico]. "Le fait qu'Orbán soit dans la dernière ligne droite d'une campagne de réélection éprouvante - en présentant Kiev et Bruxelles comme étant de connivence pour soutenir le leader de l'opposition Péter Magyar - n'est pas passé inaperçu dans d'autres capitales, ce qui a contribué à alimenter l'exaspération” [Euronews].

Parmi les autres sujets à l'ordre du jour figurent le prochain cadre financier pluriannuel, la défense et la sécurité, les migrations, et un échange avec le secrétaire général de l'ONU, António Guterres.

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18.03.2026 à 12:09

Guerre en Iran : la presse européenne réagit à la mort d’Ali Larijani

Léa Deseille

"Le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, a été tué dans une frappe aérienne", titre la BBC. "Le ministre de la Défense israélien a annoncé, mardi 17 mars 2026, [sa mort] dans des frappes menées dans la nuit de lundi à mardi", note RFI. Il était la "figure clef du pouvoir iranien", ajoute le média. […]

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Texte intégral (1668 mots)
Ali Larijani (à droite), président du Parlement iranien, et Martin Schulz, président du Parlement européen, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre à Téhéran, le 7 novembre 2015 - Crédits : Aref Taherkenareh / Parlement européen
Ali Larijani (à droite), alors président du Parlement iranien, et Martin Schulz, président du Parlement européen, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre à Téhéran, le 7 novembre 2015 - Crédits : Aref Taherkenareh / Parlement européen

"Le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, a été tué dans une frappe aérienne", titre la BBC. "Le ministre de la Défense israélien a annoncé, mardi 17 mars 2026, [sa mort] dans des frappes menées dans la nuit de lundi à mardi", note RFI. Il était la "figure clef du pouvoir iranien", ajoute le média.

"Téhéran confirme l'assassinat, le plus important de la guerre depuis celui du Guide suprême Ali Khamenei", estime El País. "Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré qu'une frappe distincte avait tué le commandant des forces paramilitaires Bassidj, Gholamreza Soleimani, ainsi que d'autres hauts responsables de ces forces", relate The Guardian. "Les funérailles de son puissant chef de la sécurité Ali Larijani" se tiendront ce mercredi [L'Opinion].

Une figure centrale de la politique iranienne

Ali Larijani a occupé des postes clés au cœur de la République islamique d’Iran. "Après un doctorat en philosophie occidentale, il a servi durant la guerre Iran-Irak au sein des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique", raconte RFI. "Ministre de la Culture de 1992 à 1994, il a ensuite dirigé l'audiovisuel d'État […] orchestrant ainsi la propagande et la censure", détaille la radio.

"Il a également été le principal négociateur iranien sur le dossier nucléaire avec l'Occident et le président du Parlement iranien" [BBC]. "Il est soupçonné d'avoir supervisé la répression sans précédent menée par les Bassidj et d'autres forces de sécurité contre les manifestations qui ont secoué l'Iran en décembre et janvier", pointe le radiodiffuseur.

Une accélération du conflit ?

Ces derniers mois, il était devenu de plus en plus important au sein du régime. "Les douze jours de bombardements israéliens en juin dernier ont accru la notoriété de cet homme bien informé", rapporte France 24. "Après la mort d'Ali Khamenei, son conseiller à la sécurité nationale était considéré comme l'homme le plus puissant d'Iran", raconte Der Spiegel. En effet, "bien que le fils de Khamenei, Mojtaba, ait été choisi comme son successeur, il n'a pas été vu en public ni n'est apparu sur aucune photo ou vidéo récente depuis le début de la guerre", précise la BBC. Ali Larijani était donc la figure clé du pays. "Sa mort prive le régime d'une figure centrale de son appareil politique et sécuritaire à un moment de crise aiguë et représente un coup dévastateur", observe The Guardian.

Ali Larijani "était de facto l'artisan de la survie du régime, de sa politique régionale et de sa stratégie de défense. Cet assassinat adresse également un message à la population iranienne. Larijani a joué un rôle absolument central dans la répression de janvier", déclare David Khalfa, codirecteur de l'Observatoire du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, cité par France 24. Maintenant que "le cerveau de l'opération, Larijani, est mort ; le régime iranien pourrait désormais devenir encore plus agressif", estime pour sa part Der Spiegel. En effet, "le chef de l'armée iranienne, Amir Hatami, a menacé de lancer une riposte ‘décisive et regrettable’ pour ce meurtre", indique The Guardian.

"Les Gardiens de la Révolution ont annoncé dans un communiqué que des frappes qui ont fait au moins deux morts dans la région de Tel-Aviv mercredi à l’aube avaient été lancées 'pour venger le sang' d’Ali Larijani et des autres responsables iraniens", écrit L'Opinion. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi "a promis [quant à lui] un conflit long et dévastateur", rapporte La Libre. "La vague de répercussions mondiales ne fait que commencer et frappera tout le monde, sans distinction de richesse, de croyance ou de race", a-t-il écrit sur X.

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17.03.2026 à 12:41

Guerre au Moyen-Orient : malgré le "chantage" de Donald Trump, l'Europe exclut à ce stade de s'engager dans le conflit

Valentin Ledroit

"Les Européens refusent d'être entraînés par Donald Trump dans sa guerre contre l'Iran", titre Le Monde. C'est en substance le message adressé par les ministres européens de l'Énergie et des Affaires étrangères à Bruxelles, lundi 16 mars. "Les pays européens ont exclu l'envoi de navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, malgré les menaces de […]

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Texte intégral (1936 mots)
"L'Europe n'a aucun intérêt à ce que cette guerre s'éternise", a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne
"L'Europe n'a aucun intérêt à ce que cette guerre s'éternise", a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas - Crédits : Conseil de l'UE

"Les Européens refusent d'être entraînés par Donald Trump dans sa guerre contre l'Iran", titre Le Monde. C'est en substance le message adressé par les ministres européens de l'Énergie et des Affaires étrangères à Bruxelles, lundi 16 mars. "Les pays européens ont exclu l'envoi de navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, malgré les menaces de Donald Trump", note The Guardian.

Fermant le golfe Persique, cette voie maritime stratégique est désormais exposée aux tirs iraniens, "en représailles aux frappes menées par Israël et les États-Unis depuis le 28 février", rappelle Ouest-France. "Environ 20 % du trafic maritime mondial d'hydrocarbures transitaient [jusque-là] par ce passage, et sa fermeture a fait grimper les prix du pétrole et du gaz depuis le début du conflit".

Réponse au "chantage" de Donald Trump

Lundi, "Donald Trump avait appelé les autres pays à intervenir dans le conflit en envoyant des navires dans le détroit afin de protéger les navires marchands et de débloquer les livraisons de pétrole", retrace The Guardian. "Il est tout à fait normal que les pays qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte qu'aucun incident ne s'y produise", affirmait dimanche le président américain, qui avait promis "des conséquences très néfastes pour l'avenir de l'Otan" en cas de réponse négative ou d'absence de réponse [Le Monde].

C'est pourtant la voie choisie hier par les Vingt-Sept. "Il n'y a pas d'appétit" pour une intervention, a résumé,"par un bel euphémisme", la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, qui préside le Conseil des Affaires étrangères [France info].  "Le vice-Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, est allé encore plus loin, soulignant que son pays ne céderait pas au 'chantage' de Washington. 'Ne nous demandez pas ' d'envoyer des troupes", a-t-il déclaré aux journalistes [Politico].

Éviter l'escalade militaire

L'une des principales interrogations porte sur la finalité de l'intervention américano-israélienne, y compris chez les États membres traditionnellement proches de Washington. En marge de la réunion à Bruxelles, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré que les États-Unis et Israël devaient préciser "à quel moment ils considèrent que les objectifs militaires de leur déploiement ont été atteints. Nous avons besoin de plus de clarté sur ce point'" [AP News]. "Quel sera le plan ?" s'interroge également son homologue estonien Margus Tsahkna.

Les Européens souhaitent avant tout éviter de mettre les pieds dans une zone extrêmement dangereuse. "La crainte d'empirer la situation et de provoquer une escalade guerrière paralyse les débats", confirme Le Temps. "Aujourd'hui, la menace des drones et des missiles reste trop forte. Longer les côtes iraniennes et parcourir les centaines de kilomètres séparant le détroit de la pointe nord du Golfe persique, c'est devenir la cible d'un stand de tir au pigeon", compare France info. La chaîne rappelle également qu'Emmanuel Macron "a en plus été refroidi par la mort d'un soldat victime d'un tir de drone en Irak vendredi 13 mars".

Une réponse européenne sous conditions

L'Union européenne dispose pourtant de moyens dans la région. "Dans l'immédiat, Kaja Kallas a […] suggéré de renforcer la mission maritime européenne 'Aspides', présente dans la mer Rouge pour protéger la circulation des cargos face aux menaces des rebelles houthistes au large du Yémen", relève Le Monde. Selon la cheffe de la diplomatie européenne, les ministres présents à Bruxelles lundi souhaitent bien "renforcer cette opération (Aspides), mais pour l'instant, personne ne semblait disposé à modifier le mandat" pour qu'elle puisse être opérationnelle également dans le golfe Persique [Ouest-France].

Autre option évoquée le 9 mars dernier par Emmanuel Macron lors de son déplacement à Chypre : "une coalition ad hoc de pays volontaires pour mener une mission 'purement défensive' afin de rouvrir le détroit d'Ormuz et d'escorter les navires 'après la sortie de la phase la plus chaude du conflit' au Moyen-Orient" [Le Monde].

En vue de cette éventuelle mission, "la France a indiqué qu'elle collaborait avec plusieurs pays", évoquant notamment "des partenaires en Europe, en Inde et en Asie", souligne AP News. Tout en insistant sur le fait que cette intervention ne "pourrait avoir lieu que lorsque 'les circonstances le permettront', c'est-à-dire lorsque les combats se seront apaisés".

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