02.06.2026 à 13:11
Manon Mazuir

"L’Arménie n’a pas encore demandé à rejoindre l’Union européenne, mais, à Moscou, les aspirations européennes d’Erevan suffisent à raviver un avertissement lourd de menaces : celui du 'scénario ukrainien'", attaque Courrier international. Lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet de l'Union économique eurasienne à Astana, au Kazakhstan, le 29 mai, "Vladimir Poutine a de […]
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"L’Arménie n’a pas encore demandé à rejoindre l’Union européenne, mais, à Moscou, les aspirations européennes d’Erevan suffisent à raviver un avertissement lourd de menaces : celui du 'scénario ukrainien'", attaque Courrier international.
Lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet de l'Union économique eurasienne à Astana, au Kazakhstan, le 29 mai, "Vladimir Poutine a de nouveau menacé l'Arménie […] en établissant des parallèles avec les événements en Ukraine : […] 'la crise en Ukraine a commencé à l’époque avec les tentatives d’adhésion de l’Ukraine à l’UE', a-t-il déclaré", informe le média indépendant The Moscow Times.
Cette mise en garde intervient "à une semaine des élections législatives du 7 juin, alors que le Premier ministre Nikol Pachinian, opposé à l’homme d’affaires russo-arménien Samvel Karapetyan, entend se maintenir au pouvoir" [20 Minutes]..
"Dans une déclaration commune [vendredi dernier], les présidents russe, biélorusse, kazakh et kirghiz ont appelé l’Arménie à 'organiser au plus vite un référendum national'" [20 Minutes]. Son objet : "choisir entre adhérer à l'Union européenne ou rester dans l'Union économique eurasiatique (UEE), une organisation dirigée par Moscou" [TV5 Monde]. Le chef du Kremlin estime "impossible pour l'Arménie de concilier une adhésion à [l'UE] et son maintien dans l'UEE", relate RFI.
Témoin des tensions actuelles, "le Premier ministre arménien a rejeté lundi l’appel du président russe", observe Sud Ouest. "Dans une allocution vidéo diffusée sur Facebook, Nikol Pachinian a indiqué qu''il serait illogique d’organiser un référendum'", relaie le quotidien régional, car cette question "ne peut devenir pertinente que dans le cas d'un appel officiel de l'Arménie à rejoindre l'UE" [Armenia Today].
Le 30 mai, la Russie a également annoncé "le rappel de son ambassadeur en Arménie pour 'consultations', au sujet des liens d'Erevan avec l'UE", Moscou accusant "le rapprochement avec l'Union européenne [de saper] la coopération au sein de l'Union économique eurasiatique" [Le Figaro].
"Sur le plan économique, Moscou a annoncé des restrictions à l’importation de produits agricoles, notamment maraîchers, arméniens [au] 30 mai, invoquant des violations phytosanitaires", souligne 20 Minutes. Lundi 1er juin "s’est ajoutée l’interdiction des produits de la pêche, un secteur dont 30 % des exportations sont destinées au marché russe", ajoute le quotidien. Des mesures dénoncées par la Commission européenne.
Ces derniers mois, la Russie a déjà restreint "l'importation de certains produits arméniens, notamment [des] fleurs et [de] l'eau minérale". "La commercialisation de certains lots de boissons alcoolisées a été suspendue, et les fraises arméniennes expédiées en Russie ont été renvoyées", recense Armenia Today.
"Le vice-Premier ministre russe, Alexeï Overtchouk, prévient qu’une adhésion à l’UE pourrait priver Erevan de ses avantages douaniers" liés à son appartenance à l'Union économique eurasienne, "et faire flamber les prix du gaz et de l’électricité" [Courrier international].
"Depuis octobre 2025, au moins 435 opérations d'ingérence russes dans les élections législatives en Arménie ont été repérées par le collectif Antibot4Navalny, qui traque ce type d'opérations en ligne", rapporte France info. "Ces opérations de désinformation prennent la forme de faux reportages, de fausses couvertures de journaux ou encore de montages photo diffusés sur les réseaux sociaux", détaille France info.
"La Russie cherche à paralyser l'économie arménienne et à influencer le résultat des élections", a affirmé 1er juin Anouar El Anouni, porte-parole de la Commission européenne, cité par RFI. "Nous soutenons l'Arménie dans sa volonté de faire face à ces tentatives de coercitions", a-t-il assuré [BFM TV].
"L'UE s'apprête à annoncer une série de mesures à court et à long terme destinées à soutenir l'Arménie face à l'agression russe", selon Politico, qui informe que Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l'UE et Marta Kos, commissaire européenne en charge de l'Élargissement, "devraient faire des déclarations aujourd'hui".
Les 4 et 5 mai dernier, l'Arménie a "accueilli pour la première fois un sommet européen, l’UE saluant un 'bond en avant' dans leurs relations", rappelle 20 Minutes. Si l'Arménie et la Russie sont des partenaires historiques, "Erevan reproche à Moscou de ne pas l’avoir aidée lors de la guerre avec l’Azerbaïdjan en 2023 et sollicite les faveurs de l’UE et des États-Unis", contextualise Sud Ouest.
Les élections législatives du 7 juin "valent référendum sur la ligne géopolitique de Pachinian", estime 20 Minutes. "Son parti est donné en tête, mais loin d’être dominant". La Russie reste un "partenaire structurellement incontournable : premier partenaire commercial, fournisseur d’énergie et d’armements". Moscou a d’ailleurs prévenu : elle envisage de "'suspendre' un accord sur la livraison de gaz et de produits pétroliers si Erevan poursuivait son processus d’adhésion à l’UE".
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01.06.2026 à 12:05
Florian Chaaban

"Les dirigeants européens condamnent l'intensification de l'incursion israélienne au Liban", titre The Guardian. Alors que "les troupes israéliennes ont saisi une forteresse en ruine du XIIe siècle dans le sud du Liban, marquant leur plus profonde avancée dans le pays en 25 ans" [Politico], les réactions diplomatiques se multiplient. À la demande de la France, […]
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"Les dirigeants européens condamnent l'intensification de l'incursion israélienne au Liban", titre The Guardian. Alors que "les troupes israéliennes ont saisi une forteresse en ruine du XIIe siècle dans le sud du Liban, marquant leur plus profonde avancée dans le pays en 25 ans" [Politico], les réactions diplomatiques se multiplient.
À la demande de la France, "le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra [ce] lundi après-midi une réunion d'urgence" [Dernières Nouvelles d'Alsace]. "J'ai demandé [cette réunion] parce que si nous reconnaissons le droit d'Israël, comme de tous pays, à la légitime défense, à se défendre contre les attaques du Hezbollah […], rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais", a déclaré hier le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot [Ici Beyrouth].
"Les forces terrestres de l'armée israélienne ont marqué un tournant stratégique en franchissant [le 29 mai] le fleuve Litani et en s'emparant de la forteresse médiévale historique de Beaufort", observe la Rai. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, "a évoqué un 'changement radical', annonçant son intention d'étendre les opérations aériennes au-delà du sud du pays, en visant également Beyrouth".
Protégée par l'Unesco, la forteresse de Beaufort, "site stratégique surplombant le sud du Liban et une partie du nord d'Israël, ouvre la voie à une progression de l'armée israélienne vers la région de Nabatiyé" [Le Parisien]. Elle "avait servi de base aux forces israéliennes durant les deux décennies d'occupation du sud du Liban, qui ont pris fin en 2000".
"Après l'annonce [par] l'armée israélienne d'une nouvelle extension de son offensive terrestre" [France info], "Emmanuel Macron [a tapé] du poing sur la table". "Rien ne justifie l'escalade majeure en cours au Sud Liban", a déclaré le président français, pour qui la stabilité régionale au Moyen-Orient "doit commencer avec le Liban, où il est urgent que les armes se taisent, toutes, et pour de bon", relaie le média. Et d'ajouter que "la France poursuivra son soutien aux autorités libanaises dans leurs efforts pour rétablir la souveraineté de l'État et l'intégrité territoriale du pays".
Selon Jean-Noël Barrot, l'État hébreu a commis "une faute majeure". Pour le ministre français, cette avancée sur le territoire libanais est "contraire aux engagements d'Israël, puisque depuis le 17 avril, [il y a] un cessez-le-feu au Liban, et contraire au droit international" [Dernières Nouvelles d'Alsace]. "Les ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni et de l'Allemagne se sont joints à la France pour condamner cette nouvelle opération", note The Guardian.
Israël se défend en affirmant "viser le Hezbollah, qui dispose d'une forte présence politique dans le sud du Liban et a lancé des milliers de missiles et de drones sur le nord d’Israël", complète le quotidien britannique. Cette campagne n'est pas sans conséquences sur le plan humain. "Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 3 412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million ont été déplacées, selon Beyrouth. Le bilan est de 25 morts dans les rangs de l'armée israélienne", souligne RTL.
Politico rappelle que la trêve en vigueur depuis le mois d'avril entre Israël et le Liban "n'a jamais été respectée". Le 30 mai, "le Premier ministre libanais a accusé Israël de mener une 'politique de la terre brûlée' et d'infliger des 'punitions collectives' aux habitants du sud du Liban, où des dizaines de villages et de villes ont été évacués".
"Une nouvelle rencontre entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, est programmée les 2 et 3 juin à Washington. Une réunion s’est tenue au niveau militaire vendredi au Pentagone, sans que Beyrouth ne puisse obtenir un cessez-le-feu effectif", écrit Le Parisien.
"Selon certains observateurs, les responsables israéliens et les commandants militaires souhaiteraient infliger le plus de dégâts possibles au Hezbollah avant qu'un éventuel accord n'impose de nouvelles restrictions ou ne mette fin à l'offensive en cours" [The Guardian].
Dans le même temps, le conflit se poursuit à l'échelle régionale. "Les États-Unis sont toujours en pleine négociation avec l'Iran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient, Téhéran conditionnant tout accord à l'arrêt des hostilités au Liban" [RTL]. Au cours du week-end, de "nouveaux tirs de missiles" ont été échangés entre les deux belligérants [Le Monde], tandis que "les informations de médias américains […] faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même", conclut TF1 info.
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29.05.2026 à 12:54
Amélie Philotas

"C’est la dernière ligne droite du marathon hongrois pour récupérer les fonds européens gelés, un enjeu crucial pour Budapest" [Libération]. Ce vendredi 29 mai, le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, va échanger avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans la capitale belge. Il "doit [lui] présenter un plan sur l'utilisation […]
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"C’est la dernière ligne droite du marathon hongrois pour récupérer les fonds européens gelés, un enjeu crucial pour Budapest" [Libération]. Ce vendredi 29 mai, le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, va échanger avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans la capitale belge.
Il "doit [lui] présenter un plan sur l'utilisation des 17,4 milliards gelés par l'institution [en raison de la politique de l'ancien Premier ministre, Viktor Orbán, ndlr.], dont il attend le déblocage. Les délégations travaillent actuellement d'arrache-pied pour en finaliser les derniers points techniques", poursuit le quotidien national.
Une tâche qui s'annonce comme "une course contre la montre pour Péter Magyar" [RFI], d'autant qu'une grande partie de cette somme - 10,4 milliards d'euros provenant du fonds de relance - risque d'être perdue faute de décision d'ici le 31 août prochain.
Celui qui avait bâti sa campagne autour de la rupture avec son prédécesseur sait qu'il doit "plaider sa cause à Bruxelles" [La Libre]. "Cet argent a été bloqué dans le cadre de différentes procédures intentées contre les politiques de Viktor Orbán, concernant notamment les droits des personnes LGBT+ et des demandeurs d'asile, ainsi que des situations de conflits d'intérêts", rappelle France 24.
Et Péter Magyar se montre déterminé à le récupérer. "Ce seront les négociations les plus importantes des dernières années", a prédit le Premier ministre hongrois dans une publication sur les réseaux sociaux jeudi, ajoute le média.
"La Commission a précisé que le déblocage des fonds [de relance post-pandémie] dépendait du respect par la Hongrie de critères de réforme spécifiques" [Politico]. "Quelles mesures exactes seront exigées de Péter Magyar, et à quelle échéance ? C'est tout l'objet des discussions de [ce] vendredi", s'interroge Le Figaro.
Une chose est néanmoins certaine : l'Union européenne "souhaite des gages concrets de Budapest avant tout déblocage de fonds" [France 24]. "À Bruxelles, Péter Magyar va présenter un plan d’utilisation de ces fonds. Il va également présenter un projet de réformes pour restaurer l’État de droit. Une condition sine qua non pour obtenir le versement de l’argent européen", note RFI.
Le dirigeant de 45 ans, dont le parti dispose d'une large majorité au Parlement hongrois, a déjà amorcé de premières réformes, souligne Le Figaro : "son camp a voté mercredi pour l'abandon du projet de l'ancien Premier ministre Viktor Orbán de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI)".
Face à cet empressement, la Commission européenne opte plutôt pour la prudence : "les négociations pour débloquer cet argent, gelé sous Orbán, 'viennent à peine de commencer', a souligné la porte-parole de l’exécutif européen, Paula Pinho" [Le Figaro].
Selon Politico, se faisant l'écho d'un fonctionnaire de la Commission, il n'existe pas "de solution miracle après 16 ans d'Orbán. […] On ne peut pas demander de réformer un pays du jour au lendemain".
La posture de l'exécutif européen "reflète trois préoccupations", ajoute le média européen : "une décision imminente de la CJUE concernant la décision prise en 2023 par la Commission de débloquer 10 milliards d’euros en faveur de l’ancien gouvernement hongrois dirigé par Viktor Orbán ; la crainte que Magyar ne déclenche une crise constitutionnelle s’il s’en prend trop agressivement aux fidèles de l’ère Orbán ancrés dans les institutions hongroises ; et les leçons tirées de la Pologne, où Bruxelles a débloqué des fonds après l’élection de Donald Tusk, pour voir ensuite les réformes judiciaires clés s’enliser".
Avant son échange avec la présidente de la Commission européenne, Péter Magyar se montre en tout cas optimiste : "je ne veux pas le dire trop fort, mais nous sommes maintenant très proches d'un accord", a-t-il déclaré, jeudi, sur ses réseaux sociaux [Euronews].
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