07.05.2026 à 13:22
Amélie Philotas

"Faire étalage de sa puissance militaire sans prendre part à la guerre" [Le Monde] et donner "du poids diplomatique" à la position des Européens [Le Figaro]. Mercredi 6 mai, le ministère français des Armées a annoncé que le porte-avions Charles de Gaulle et ses escorteurs franchissaient le canal de Suez en direction du golfe d'Aden. […]
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"Faire étalage de sa puissance militaire sans prendre part à la guerre" [Le Monde] et donner "du poids diplomatique" à la position des Européens [Le Figaro]. Mercredi 6 mai, le ministère français des Armées a annoncé que le porte-avions Charles de Gaulle et ses escorteurs franchissaient le canal de Suez en direction du golfe d'Aden. Dans une semaine, le groupe aéronaval pourrait être en mesure de contribuer à une éventuelle mission dans le détroit d'Ormuz.
Ce mouvement accompagne les efforts de "Paris et Londres [pour] monter une mission 'neutre' afin de rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz" [France 24], dont le blocage a entraîné une envolée des prix du pétrole et du gaz. Depuis plusieurs semaines, la France et le Royaume-Uni travaillent sur une proposition visant à y sécuriser le transit maritime "une fois que la situation se sera stabilisée ou que le conflit aura été résolu" [Reuters]. Une proposition qui aurait, selon Emmanuel Macron, "le soutien d'une quarantaine de pays et des États riverains" [L'Express], une douzaine ayant "fait part de leur volonté de participer" d'après l'agence Reuters.
Outre la préparation d'une éventuelle mission, le déploiement doit permettre à la France de mieux observer la situation dans la région et d'être prête à coordonner les moyens des pays qui voudraient y participer, explique le ministère français des Armées. Il vise aussi à rassurer les "acteurs du commerce maritime", inquiets pour la sécurité de cette route stratégique [20 Minutes].
Si le détroit d'Ormuz est bloqué depuis le début du conflit, le 28 février, "le déplacement du Charles de Gaulle s'inscrit dans un timing précis", observe Le Parisien. "Mardi en fin d'après-midi, un porte-conteneurs de la compagnie française CMA CGM a été touché par un projectile iranien à proximité du détroit". Un navire pourtant "sous escorte américaine au moment de son franchissement du détroit, dans le cadre de l'opération 'Projet liberté' lancée par Donald Trump la veille" et suspendue dès le lendemain.
Or "Paris et ses partenaires disent ne plus attendre un cessez-le-feu complet entre Washington et Téhéran" pour sécuriser le détroit, précise Le Monde. "La France prétend pouvoir agir afin de faire baisser les primes exigées par les assureurs dès qu’elle obtiendra une forme de 'clarté politique' de la part des deux protagonistes garantissant que les tirs ne viseraient pas les bateaux".
En outre, la France a proposé aux États-Unis et à l'Iran de "traiter la question d'Ormuz à part" du reste du conflit et des négociations, car "elle est d'intérêt commun", a déclaré mercredi l’Élysée [Ouest France]. Elle a également présenté ses "exigences" pour lancer une mission multinationale de sécurisation du détroit.
Plus exactement, l'Iran devra "s'engager à négocier sur son programme nucléaire et balistique et son rôle dans la région, en échange de quoi nous laisserons passer leurs tankers", indique l'Élysée. Et à Washington, les États-Unis devront "empocher un accord de l'Iran à s'asseoir à la table des négociations", afin que Téhéran lève son blocus sur le détroit [Le Parisien].
Selon les spécialistes interrogés par Le Monde, ces exigences ont toutefois de faibles chances d'aboutir. "L'Iran pourrait être incité à autoriser un passage limité vers l'Europe. Mais le détroit reste l'un des rares outils dont dispose le régime pour dissuader de nouvelles attaques israéliennes et américaines. Sans cela, il ne lui resterait plus grand-chose compte tenu des dommages subis par ses capacités militaires et ceux infligés à ses affidés". En outre, "il est peu probable [que la France] soit en mesure de forcer Washington à modifier les fondements de sa stratégie". Entre les exigences iraniennes, les priorités américaines et les risques militaires, la sortie de crise reste donc très incertaine.
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06.05.2026 à 12:29
Valentin Ledroit

"Friedrich Merz avait rêvé toute sa vie de devenir chancelier, mais il n’avait sans doute pas imaginé qu’au terme de sa première année d’exercice il serait le plus impopulaire de tous ceux qui ont dirigé le pays depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne, en 1949", constate Le Monde. Un an jour pour jour […]
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"Friedrich Merz avait rêvé toute sa vie de devenir chancelier, mais il n’avait sans doute pas imaginé qu’au terme de sa première année d’exercice il serait le plus impopulaire de tous ceux qui ont dirigé le pays depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne, en 1949", constate Le Monde. Un an jour pour jour après son élection, le 6 mai 2025, le leader conservateur est au plus bas dans les sondages. Selon une enquête publiée mardi 5 mai, "la proportion d'Allemands qui se disent insatisfaits de leur chancelier atteint le chiffre de 85 %", relève RFI.
"Il n’y a pas vraiment de raison de célébrer [le premier] anniversaire" de la coalition "noire-rouge", formée par les conservateurs de la CDU et les sociaux-démocrates du SPD, tant ses débuts ont été "chaotiques", estime le média allemand MDR. "Avec l'élection du chancelier, la coalition noire-rouge avait connu sa première crise avant même d'avoir prêté serment en tant que gouvernement", poursuit la Tagesschau. "Ce n'est qu'au deuxième tour que le chef de la CDU, Friedrich Merz, a été élu au Bundestag le 6 mai 2025 – un événement sans précédent", rappelle le journal télévisé.
"Certes, [Friedrich Merz] a réussi à faire adopter des fonds spéciaux de plusieurs centaines de milliards d'euros pour l'armée et les infrastructures et mis à l'ordre du jour des réformes sociales importantes", reconnaît RFI. "Mais les frictions incessantes entre chrétiens et sociaux-démocrates, des erreurs commises par manque d'expérience, un style parfois cassant, ainsi que quelques dérapages verbaux conjugués aux inquiétudes de la population l'ont conduit à un sommet d'impopularité qui profite à l'extrême droite, en tête dans les sondages", souligne la radio internationale.
"Le climat au sein de la coalition est particulièrement dégradé", confirme Le Monde. "À l’occasion du 1er mai, la ministre du Travail sociale-démocrate, Bärbel Bas, a ainsi jugé 'cyniques' et 'méprisantes' les réformes sociales voulues par le chancelier conservateur, tandis que le vice-chancelier et ministre des finances, Lars Klingbeil (SPD), prêchait pour une taxation des hauts revenus".
Autre source d'impopularité du chancelier : "ses déclarations malheureuses laissant entendre que les Allemands sont des fainéants et qu'ils devraient travailler davantage s'ils veulent préserver la prospérité du pays", relève El País. Le quotidien espagnol affirme que Friedrich Merz "est devenu une sorte de bouc émissaire pour tout ce qui va mal, qu'il en soit responsable ou non : de la perte de compétitivité à l'éducation en passant par les infrastructures déficitaires, même si cela résulte de politiques erronées du passé".
"Il y a moins d’Allemands qui apprécient le chancelier, que de personnes aimant l’hiver en Allemagne, les choux de Bruxelles, le dentiste ou même le Bayern Munich", plaisante en Une Die Tageszeitung, cité par Courrier international.
Friedrich Merz ambitionnait de "repositionner l’Allemagne sur la scène européenne d’abord, puis internationale", note Paul Maurice, du Comité d'études des relations franco-allemandes, cité par Ouest-France. Une ambition qui "lui a valu le surnom de 'Aussenkanzler', c’est-à-dire de 'Chancelier des Affaires étrangères'".
Dans un contexte international particulièrement instable, "les conséquences que Berlin en tire ne se condensent, aux yeux de nombreux observateurs, en aucune image claire", affirme la FAZ. Le journal allemand note que Friedrich Merz multiplie les rencontres avec ses voisins et cherche à composer avec Donald Trump, "mais ces ajustements presque haletants sont marqués par des contradictions". "En janvier, au Bundestag, Merz disait que l’Europe devait apprendre 'la langue de la politique de puissance' ; en février, dans la revue Foreign Affairs, il mettait en garde contre la 'tragédie de la politique de grande puissance'" [FAZ]. Un paradoxe également relevé par Paul Maurice : Friedrich Merz "souligne le besoin pour l’Allemagne de s’autonomiser vis-à-vis des États-Unis, tout en faisant le dos rond face à Donald Trump et en promouvant le 'Germany first'", l'Allemagne d'abord [Ouest-France].
Sur la scène européenne enfin, Ouest-France rappelle que le chancelier allemand "a relancé et obtenu le traité de libre-échange avec les cinq pays sud-américains du Mercosur. Un texte favorable aux [secteurs pharmaceutique et] automobile de l’Europe, notamment en Allemagne, mais désavantageux pour l’agriculture". Le média régional fait également état d'un rapprochement avec la cheffe du gouvernement italien d'extrême droite, Giorgia Meloni. Le 23 janvier dernier, les deux dirigeants ont signé "un traité, notamment sur les questions militaires, le lendemain de la traditionnelle journée de l’amitié franco-allemande. Tout un symbole".
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05.05.2026 à 12:38
Manon Mazuir

"La Commission européenne franchit un pas supplémentaire dans le renforcement de la souveraineté industrielle européenne", entame France info. "L’Union européenne a indiqué lundi [4 mai] qu’elle ne subventionnerait plus des projets énergétiques recourant à des technologies chinoises, susceptibles de présenter des risques pour le fonctionnement de son réseau électrique" [Sud Ouest]. "La mesure vise les […]
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"La Commission européenne franchit un pas supplémentaire dans le renforcement de la souveraineté industrielle européenne", entame France info. "L’Union européenne a indiqué lundi [4 mai] qu’elle ne subventionnerait plus des projets énergétiques recourant à des technologies chinoises, susceptibles de présenter des risques pour le fonctionnement de son réseau électrique" [Sud Ouest].
"La mesure vise les onduleurs", poursuit le quotidien régional. "Véritable 'cerveau' des systèmes énergétiques, l'onduleur est un petit dispositif, souvent invisible, régulant le flux d'électricité entre la production renouvelable - solaire, éolienne, batteries - et le réseau. Sans lui, pas d'énergie verte opérationnelle", expliquent Les Échos.
"L’interdiction de subvention est en vigueur depuis début avril, a indiqué la Commission" [Le Figaro]. "Elle s’applique immédiatement aux nouveaux projets. Une période transitoire est en revanche prévue pour les projets déjà à un stade avancé", détaille le média. Les fournisseurs déjà impliqués dans des projets financés par l’UE pourront en effet "demander une exception, et la Commission décidera d’ici au 1er novembre s’ils peuvent continuer sans restriction" [La Tribune].
Si la mesure "s'applique aux onduleurs venant de Chine, notamment d'entreprises telles que Huawei et Sungrow", d'autres États sont aussi visés, comme "la Russie, l'Iran et la Corée du Nord" [Le Monde]. "La technologie des États jugés 'à haut risque' représente de nombreuses menaces, selon l'UE", ajoute le journal du soir. Les groupes chinois sont toutefois prépondérants, puisqu'ils "représentent près de 80 % du marché mondial des onduleurs solaires" [La Tribune].
Bruxelles fait notamment valoir un "risque 'de perturbation des infrastructures critiques de l’UE par des acteurs étrangers', comme des pirates informatiques" [Sud Ouest]. Les onduleurs et autres équipements "peuvent être pilotés à distance grâce à différents moyens de connexion", explicite France info. "Cela pourrait se traduire par un arrêt à distance des réseaux des États membres, entraînant des coupures d'électricité à l'échelle nationale", a affirmé une porte-parole de la Commission européenne, Siobhan McGarry, citée par Politico.
"Cette décision fait suite aux avertissements d'analystes", précise Euronews. Les conclusions indiquent que "certains pays pourraient, dans le pire des cas, saper l'infrastructure énergétique européenne, voire déclencher des pannes d'électricité", alerte un fonctionnaire de l'UE, cité par le média européen. "D'autant plus que l'Europe s'appuie de plus en plus sur les énergies renouvelables telles que le solaire et l'éolien".
En novembre dernier déjà, "30 députés européens spécialistes de l'énergie ont demandé à la Commission d'empêcher les fournisseurs de technologies 'à risque' d'accéder aux infrastructures européennes", relate en outre le média.
La Chambre de commerce chinoise auprès de l'UE (CCCEU) a réagi lundi, accusant Bruxelles de "mener 'une chasse aux sorcières' contre les entreprises chinoises sur l'ensemble des marché de la transition écologique" et avertissant que "de telles politiques risquaient de déclencher des contre-mesures de la part de Pékin" [South China Morning Post].
"Bruxelles craint également que la domination chinoise du marché ne devienne, à long terme, une menace pour la sécurité d'approvisionnement", analyse BFM TV. "L'UE prévoit de donner la priorité aux onduleurs fabriqués en Europe, ou d'utiliser des fournisseurs de pays [producteurs] comme le Japon, la Corée du Sud, les États-Unis ou la Suisse" [Le Monde], estimant "qu'il existe une capacité d'approvisionnement alternative suffisante" parmi ces pays [Euronews].
L'exécutif européen "veut articuler cette mesure avec le Net-Zero Industry Act", le règlement européen pour une industrie à zéro émission nette, avance La Tribune. L’objectif de cette législation est "d’atteindre 40 % de production locale dans les technologies clés. Cela suppose de financer des usines européennes capables de produire en volume", contextualise le média.
À moyen terme, Bruxelles "mise sur la révision du Cybersecurity Act (règlement sur la cybersécurité) pour traiter durablement ces risques" et identifier "les fournisseurs à haut risque". Ce texte permettra "d’exclure certains acteurs du marché, alors que Pékin a déjà menacé de riposter à toute mesure jugée discriminatoire", poursuit le journal économique. Et de résumer les choses ainsi : "derrière la bataille des onduleurs solaires chinois, c’est l’équilibre entre prix de l’énergie, dépendance vis-à-vis de Pékin et renaissance d’une base industrielle européenne qui se joue".
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