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29.05.2026 à 12:54

Le Premier ministre hongrois Péter Magyar attendu à Bruxelles pour obtenir le dégel de 17 milliards d'euros destinés à son pays

Amélie Philotas

"C’est la dernière ligne droite du marathon hongrois pour récupérer les fonds européens gelés, un enjeu crucial pour Budapest" [Libération]. Ce vendredi 29 mai, le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, va échanger avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans la capitale belge. Il "doit [lui] présenter un plan sur l'utilisation […]

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Texte intégral (1955 mots)
Des discussions sont prévues entre le Premier ministre hongrois et la Présidente de la commission européenne afin de dégeler les 17 milliards d'euros de fonds européens réservés à la Hongrie - Crédits : Commission européenne
Des discussions sont prévues entre le Premier ministre hongrois et la présidente de la Commission européenne afin de dégeler les 17 milliards d'euros de fonds européens réservés à Budapest - Crédits : Commission européenne

"C’est la dernière ligne droite du marathon hongrois pour récupérer les fonds européens gelés, un enjeu crucial pour Budapest" [Libération]. Ce vendredi 29 mai, le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, va échanger avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans la capitale belge.

Il "doit [lui] présenter un plan sur l'utilisation des 17,4 milliards gelés par l'institution [en raison de la politique de l'ancien Premier ministre, Viktor Orbán, ndlr.], dont il attend le déblocage. Les délégations travaillent actuellement d'arrache-pied pour en finaliser les derniers points techniques", poursuit le quotidien national.

Une tâche qui s'annonce comme "une course contre la montre pour Péter Magyar" [RFI], d'autant qu'une grande partie de cette somme - 10,4 milliards d'euros provenant du fonds de relance - risque d'être perdue faute de décision d'ici le 31 août prochain.

"Les négociations les plus importantes des dernières années"

Celui qui avait bâti sa campagne autour de la rupture avec son prédécesseur sait qu'il doit "plaider sa cause à Bruxelles" [La Libre]. "Cet argent a été bloqué dans le cadre de différentes procédures intentées contre les politiques de Viktor Orbán, concernant notamment les droits des personnes LGBT+ et des demandeurs d'asile, ainsi que des situations de conflits d'intérêts", rappelle France 24.

Et Péter Magyar se montre déterminé à le récupérer. "Ce seront les négociations les plus importantes des dernières années", a prédit le Premier ministre hongrois dans une publication sur les réseaux sociaux jeudi, ajoute le média.

Des gages concrets attendus

"La Commission a précisé que le déblocage des fonds [de relance post-pandémie] dépendait du respect par la Hongrie de critères de réforme spécifiques" [Politico]. "Quelles mesures exactes seront exigées de Péter Magyar, et à quelle échéance ? C'est tout l'objet des discussions de [ce] vendredi", s'interroge Le Figaro.

Une chose est néanmoins certaine : l'Union européenne "souhaite des gages concrets de Budapest avant tout déblocage de fonds" [France 24]. "À Bruxelles, Péter Magyar va présenter un plan d’utilisation de ces fonds. Il va également présenter un projet de réformes pour restaurer l’État de droit. Une condition sine qua non pour obtenir le versement de l’argent européen", note RFI.

Le dirigeant de 45 ans, dont le parti dispose d'une large majorité au Parlement hongrois, a déjà amorcé de premières réformes, souligne Le Figaro : "son camp a voté mercredi pour l'abandon du projet de l'ancien Premier ministre Viktor Orbán de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI)".

La Commission européenne joue la carte de la prudence

Face à cet empressement, la Commission européenne opte plutôt pour la prudence : "les négociations pour débloquer cet argent, gelé sous Orbán, 'viennent à peine de commencer', a souligné la porte-parole de l’exécutif européen, Paula Pinho" [Le Figaro].

Selon Politico, se faisant l'écho d'un fonctionnaire de la Commission, il n'existe pas "de solution miracle après 16 ans d'Orbán. […] On ne peut pas demander de réformer un pays du jour au lendemain".

La posture de l'exécutif européen "reflète trois préoccupations", ajoute le média européen : "une décision imminente de la CJUE concernant la décision prise en 2023 par la Commission de débloquer 10 milliards d’euros en faveur de l’ancien gouvernement hongrois dirigé par Viktor Orbán ; la crainte que Magyar ne déclenche une crise constitutionnelle s’il s’en prend trop agressivement aux fidèles de l’ère Orbán ancrés dans les institutions hongroises ; et les leçons tirées de la Pologne, où Bruxelles a débloqué des fonds après l’élection de Donald Tusk, pour voir ensuite les réformes judiciaires clés s’enliser".

Avant son échange avec la présidente de la Commission européenne, Péter Magyar se montre en tout cas optimiste : "je ne veux pas le dire trop fort, mais nous sommes maintenant très proches d'un accord", a-t-il déclaré, jeudi, sur ses réseaux sociaux [Euronews].

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28.05.2026 à 12:37

La Norvège s'associe à la "dissuasion nucléaire avancée" proposée par la France

Manon Mazuir

Une nouvelle étape franchie. "La Norvège a décidé de rejoindre la 'dissuasion nucléaire avancée' proposée par la France à ses alliés européens, a annoncé mercredi [27 mai] Emmanuel Macron en recevant le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre à Paris" [20 Minutes]. Depuis le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne en 2020, la France est […]

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Texte intégral (2391 mots)
La Norvège rejoint la liste des huit autres pays participant à la dissuasion avancée de la France. Ici, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre et Emmanuel Macron, lors de la signature de l'accord de défense, le 27 mai - Crédits : Christian Liewig / Statsministerens kontor Flickr CC BY-NC 4.0
La Norvège rejoint la liste des huit autres pays participant à la dissuasion avancée de la France. Ici, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre et Emmanuel Macron, lors de la signature de l'accord de défense, le 27 mai - Crédits : Christian Liewig / Statsministerens kontor Flickr CC BY-NC 4.0

Une nouvelle étape franchie. "La Norvège a décidé de rejoindre la 'dissuasion nucléaire avancée' proposée par la France à ses alliés européens, a annoncé mercredi [27 mai] Emmanuel Macron en recevant le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre à Paris" [20 Minutes]. Depuis le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne en 2020, la France est le seul pays de l'UE doté de l’arme atomique.

"C’est une étape très importante de notre partenariat et ce sera le moteur d’une coopération très ambitieuse", a déclaré le président français devant la presse à l’Élysée [La Croix]. Cité par Le Parisien, Emmanuel Macron a ajouté que "la Norvège [membre de l'Otan mais pas de l'UE], partenaire géographique et stratégique clé avec laquelle nous avions déjà des coopérations importantes pour assurer la protection du territoire allié face aux menaces extérieures, représentera une forte valeur ajoutée pour cette dissuasion avancée".

De son côté, Jonas Gahr Støre a rappelé que "la France ouvre maintenant un dialogue avec ses proches alliés sur la manière dont ses armes nucléaires peuvent également contribuer à la sécurité et à la dissuasion européennes contre les menaces militaires", rapporte Sud Ouest. Le Premier ministre norvégien a confirmé qu’Oslo souhaitait être associé à cette démarche avec "des partenaires comme la Pologne, le Royaume-Uni, l’Allemagne et des partenaires nordiques".

Neuf pays désormais associés

Le 2 mars dernier, depuis l'île Longue, dans la rade de Brest, où sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires français lanceurs d'engins, Emmanuel Macron avait "actualisé dans un discours majeur […] la doctrine de dissuasion nucléaire française", rappelle Le Figaro. La nouvelle "dissuasion avancée" doit associer d’autres États européens volontaires, mais "sans aucun partage de la décision ultime", précise France 24.

"Huit pays avaient alors été intégrés à cette nouvelle approche : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark", énumère RTL, qui relève que "dans un premier temps, la Norvège s’était dite disposée à échanger avec Paris sur le sujet". Elle devient donc le neuvième pays associé à cette initiative française.

Selon Politico, "des discussions hautement classifiées sur ce que la coopération impliquera ont déjà commencé avec certains pays". Cette dissuasion avancée doit notamment passer par "une coopération stratégique renforcée, la mise en place d’un groupe de pilotage nucléaire, la participation à des exercices nucléaires français ou encore du partage de renseignement", décrypte sur X la chercheuse spécialisée sur les questions de dissuasion à l’Institut français des relations internationales, Héloïse Fayet [Le Parisien]. L'experte précise toutefois qu'"il ne s’agit pas d’un parapluie nucléaire mais bien d’une coordination".

Héloïse Fayet relève aussi que la Finlande et les pays baltes ont "également montré un intérêt" tout en restant "prudents", et que "la Roumanie pourrait aussi être candidate" [Le Monde].

Clause de défense mutuelle en cas d’agression

"Au-delà de cette annonce, la France et la Norvège ont conclu mercredi un accord de défense avec une clause de défense mutuelle en cas d’agression" [20 Minutes]. Celui-ci "prévoit désormais un principe d'assistance mutuelle entre nos deux pays, institue des dialogues réguliers à tous les niveaux entre nos armées, prévoit un renforcement de la coopération dans plusieurs grands domaines clés - défense anti-aérienne, Arctique, Grand Nord, spatial", a déclaré le président français, cité par L'Indépendant.

Jonas Gahr Støre a toutefois tenu à rappeler que "la garantie de sécurité primaire de la Norvège resterait l'alliance de l'Otan et les États-Unis, mais a ajouté que les capacités nucléaires de la France contribuent à la posture de dissuasion plus large de l'alliance" [The Kyiv Independent].  Le Premier ministre norvégien a également précisé "qu'aucune arme nucléaire ne serait déployée sur le sol norvégien en temps de paix", note Politico.

Un "réveil stratégique indispensable"

Ce partenariat se fait "au vu de la situation de la politique de sécurité en Europe, notamment du réarmement massif de la Russie, y compris dans le domaine nucléaire, et du fait qu'elle mène une guerre totale contre un autre pays européen", a justifié le Premier ministre norvégien, cité par Politico.

"La rhétorique de plus en plus agressive de la ⁠Russie, en cette cinquième année de guerre aux portes de l'Europe et l'absence d'avancées dans les négociations de paix chapeautées par les États-Unis, [alimentent] les inquiétudes européennes", confirme L'Express. "Le plus grand arsenal nucléaire de la Russie est situé dans le Haut Nord, à quelques kilomètres seulement de la Norvège", a notamment alerté le dirigeant norvégien [Politico].

Qui plus est, "le virage radical opéré par Donald Trump, revenu au pouvoir en janvier 2025, a ébranlé les gouvernements européens", analyse L'Express : "le président américain s'est rapproché de la Russie, en dépit de son invasion de l'Ukraine, et a adopté une attitude plus agressive envers les alliés traditionnels de Washington, menaçant par exemple de s'emparer du Groenland par la force".

Pour Politico, l'association de la Norvège à cette initiative est d'autant plus significative qu'Oslo "est traditionnellement très proche des États-Unis". Elle illustre la manière dont plusieurs pays européens "repensent leurs stratégies de sécurité", en renforçant leurs coopérations de défense sur le continent.

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27.05.2026 à 12:18

Incursions de drones et chantage à Kiev : la Russie multiplie les provocations et accentue sa pression sur l'Union européenne

Valentin Ledroit

"Ces [derniers] jours, les incursions de drones dans l’espace aérien des pays baltes se multiplient. Deux drones ukrainiens, détournés par la Russie, ont même indirectement réussi à faire tomber le gouvernement letton", retrace Le Temps. C'est dans ce contexte que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire à la […]

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Texte intégral (2120 mots)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, aux côtés des dirigeants des États baltes lors d'une rencontre à Vilnius mardi 26 mai
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, aux côtés des dirigeants des États baltes lors d'une rencontre à Vilnius mardi 26 mai - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne

"Ces [derniers] jours, les incursions de drones dans l’espace aérien des pays baltes se multiplient. Deux drones ukrainiens, détournés par la Russie, ont même indirectement réussi à faire tomber le gouvernement letton", retrace Le Temps. C'est dans ce contexte que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire à la Défense, Andrius Kubilius, se sont rendus en Lituanie, mardi 26 mai, pour rencontrer les dirigeants des trois États baltes.

"Ce ne sont pas des incidents isolés, c’est une stratégie délibérée de la Russie qui cherche à déstabiliser nos sociétés démocratiques. Mais tout comme sur les champs de bataille en Ukraine, la Russie y échoue", a indiqué la cheffe de l'exécutif européen lors d'une conférence de presse à Vilnius [20 Minutes]. Après avoir souligné que ces incidents constituaient "un rappel supplémentaire de la proximité de la guerre", le président lituanien, Gitanas Nausėda, a de son côté averti que "l'espace aérien au-dessus des États baltes n'était pas suffisamment sécurisé à l'heure actuelle", rapporte The Guardian.

Pour Le Temps, les Européens veulent afficher "un message clair : condamner, une nouvelle fois, les attaques hybrides et menaces russes 'inacceptables', et démontrer que l’UE est déterminée à renforcer ses capacités de défense sur son flanc est".

Menaces russes contre les diplomates et les étrangers à Kiev

Les incursions de drones dans les pays baltes sont loin d'être l'unique intimidation brandie par la Russie. "En parallèle, […] l’UE annonçait avoir convoqué le chargé d’affaires russe basé à Bruxelles, en réaction à la 'menace' de Moscou enjoignant les diplomates étrangers à quitter Kiev", poursuit le quotidien suisse. Le Service européen pour l’action extérieure veut s'entretenir avec l'émissaire russe auprès de l’Union, Karen Malayan, pour exiger du Kremlin qu’il "cesse de frapper des civils" et "s’engage dans de véritables pourparlers de paix, en commençant par un cessez-le-feu total et inconditionnel" [Politico]. D'autres pays comme l'Allemagne et la Norvège ont également convoqué les ambassadeurs russes sur leur territoire "pour protester contre ces menaces" [France 24].

Lundi 25 mai, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait en effet "appelé […] les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements", rapporte France 24. "Une nouvelle escalade de Poutine", souligne France Inter, qui note que "la veille, la Russie avait lancé l’une de ses plus violentes attaques de drones et de missiles contre Kiev et sa région, utilisant, pour la troisième fois seulement depuis le début de la guerre, son missile hypersonique Orechnik [capable de porter des charges nucléaires]".

"La France a de son côté balayé l'avertissement russe", constatent Les Échos. "On a l'habitude des menaces de Poutine. Hors de question d'évacuer [nos diplomates]", a affirmé le ministère des Affaires étrangères français, selon le journal économique. "L'Allemagne, l'un des principaux alliés de Kiev, a également […] assuré qu'elle 'ne se laisserait pas intimider'", ajoute France 24. Tout comme l'Ukraine qui appelle à "ne pas céder au chantage russe" [Les Échos].

Vers une reprise des négociations de paix ?

Ces menaces interviennent dans un contexte particulier. "L'Ukraine exhorte l'UE à contribuer aux négociations visant à mettre fin à la guerre avec la Russie, un sujet qui sera abordé en détail lors d'une réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères à Chypre [qui débute ce mercredi]", explique la BBC. "Nous devons passer à un nouveau format de négociations avec la partie russe", a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, suggérant "une participation plus active de la part de l'Europe".

"Depuis l'invasion à grande échelle de la Russie en 2022, la plupart des pays [européens] ont mené une politique d'isolement et de sanctions, et tous ne s'accordent pas sur l'opportunité d'établir des contacts, même limités", relève la BBC. "La Russie a montré qu'elle n'était pas disposée à s'engager dans des négociations de paix en rejetant à plusieurs reprises les occasions qui s'étaient présentées", explique un représentant du ministère letton des Affaires étrangères cité par The Kyiv Independent.

À l'image de la Lettonie, d'autres États membres "comme la Suède et la Lituanie, considèrent que la Russie est actuellement acculée et souhaitent que la pression soit renforcée plutôt qu'allégée. D'autres, comme l'Italie, estiment qu'il n'est pas judicieux de rester plus longtemps en retrait", résume la BBC.

Pour la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, l'UE "doit d'abord s'accorder sur les conditions qu'elle fixerait pour les pourparlers de paix" [The Kyiv Independent]. En mars dernier, l'Estonienne avait "diffusé quelques pistes, qualifiées par un responsable européen de 'matière à réflexion'" [BBC]. Le média britannique rappelle que "si l’idée de nommer un envoyé, voire un groupe d’envoyés, sera évoquée à Chypre, les discussions sérieuses n’auront lieu qu’au niveau des dirigeants de l’UE, éventuellement lors de leur sommet le mois prochain".

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