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27.02.2026 à 12:31

Dissuasion nucléaire : Emmanuel Macron présentera lundi son plan pour la France et l'Europe 

Léa Deseille

"Dernière tentative de Macron pour étendre le parapluie nucléaire français sur l'Europe", titre Politico. Emmanuel Macron prononcera un discours particulièrement observé sur le nucléaire, lundi 2 mars. "Le président de la République prendra la parole dans le cadre très solennel de l’Île Longue, à Brest, où sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins assurant […]

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Texte intégral (2066 mots)
Ce discours sur la dissuasion nucléaire est une tradition française initiée par Charles de Gaulle - Crédits : Union européenne
Ce discours sur la dissuasion nucléaire est une tradition française initiée par le général de Gaulle le 3 décembre 1959 - Crédits : Union européenne

"Dernière tentative de Macron pour étendre le parapluie nucléaire français sur l'Europe", titre Politico. Emmanuel Macron prononcera un discours particulièrement observé sur le nucléaire, lundi 2 mars. "Le président de la République prendra la parole dans le cadre très solennel de l’Île Longue, à Brest, où sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins assurant la composante océanique de la dissuasion nucléaire française", précise Le Figaro

"Une image soignée, minutieusement préparée, pour appuyer un discours particulièrement attendu. Scruté par nos partenaires européens comme par nos adversaires, la Russie en tête", écrit Le Parisien. Ce discours est une tradition française initiée par Charles de Gaulle. "L'idée principale est de convaincre l'ennemi que la France est en mesure de lui infliger des dommages tellement inacceptables qu'attaquer les intérêts vitaux français perdrait son sens", explique BFMTV. "La doctrine française en la matière est volontairement floue : le nucléaire, ça sert à protéger les 'intérêts vitaux de la nation' et c’est tout", complète l'Opinion. Mais désormais, l'Union européenne semble faire partie des intérêts vitaux de la France. 

Remplacer le parapluie étasunien ? 

Le discours d'Emmanuel Macron, lundi, "sera le premier sur la dissuasion nucléaire du pays depuis un discours de 2020 dans lequel il s'était dit prêt à 'associer' les pays européens qui le souhaitent à des exercices", note Euronews. "L'offre de Macron pour 2020 a été largement ignorée", rappelle le média européen. Pourtant "la France est le seul pays de l’Union européenne, et le seul pays européen avec le Royaume-Uni, à disposer de l’arme nucléaire", écrit Midi Libre

Aujourd'hui, "la plupart des pays européens comptent principalement sur les États-Unis pour dissuader tout adversaire potentiel" [Reuters]. "Compter sur l’OTAN, c’est compter sur les États-Unis et donc sur Donald Trump", avance l'Opinion. "Et l’imprévisibilité du président américain pousse de plus en plus l’Europe à réfléchir à son autonomie stratégique", ajoute-t-il. Désormais, l'offre d'Emmanuel Macron a plus de succès. "Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a évoqué le 13 mars à Munich ses 'discussions confidentielles' avec Emmanuel Macron sur 'la dissuasion nucléaire européenne'", rapporte Midi Libre. "D'autres États, y compris des pays nordiques traditionnellement pro-américains, ont manifesté leur intérêt avec prudence", complète Reuters

Un discours suivi de près par les Européens 

"Les attentes sont désormais grandes en Europe concernant le discours de lundi", indique Midi Libre. Dans Politco, Tuuli Duneton, sous-secrétaire d’État estonienne chargée de la politique de défense, anticipe un message clair de Paris : "On s'attend à ce que Macron 'confirme que la dissuasion nucléaire est et restera l'une des priorités de la France, et que la France continue d'investir' dans son arsenal".

"Certains observateurs envisagent qu’Emmanuel Macron annonce une augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises, actuellement au nombre de 290, ce qui représente déjà une puissance de destruction phénoménale", avance Libération. "Une autre annonce qui pourrait être faite à l’Ile Longue par le président de la République concerne un éventuel retour des moyens de frappe en profondeur conventionnels, soit de gros missiles sol-sol de portée intermédiaire, supérieure à 2 000 km, pour 'épauler notre dissuasion nucléaire'", explique le quotidien. 

Imposer la puissance nucléaire française 

"Les autorités françaises affirment vouloir que les Européens comprennent mieux ce que la doctrine française peut – et ne peut pas – apporter", assure Reuters. "Au final, ce serait toujours le président français qui déciderait ou non d’appuyer sur le bouton et le discours futur discours de l’Ile Longue et d’éventuelles annonces n’y changeront donc rien", note l'Opinion."Le traité de non-prolifération des armes nucléaires interdit d’ailleurs à la France d’en donner les clefs à ses voisins", ajoute le média. 

"Ce sera un moment important du mandat. Il y aura sans doute des bascules et des évolutions assez significatives", relève-t-on dans l'entourage du chef de l'État, rapporte Le Figaro. "La grande question qui se pose est cependant de savoir dans quelle mesure Macron peut réellement s'approprier une nouvelle architecture atomique européenne, alors que le Rassemblement national (…) est en tête des premiers sondages en vue de l'élection présidentielle de 2027", analyse Politico. "Ce discours précisera si Macron est prêt à prendre des mesures que le Rassemblement national aura du mal à annuler."

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26.02.2026 à 12:13

L'Islande remet l'adhésion à l'UE à l'agenda, un référendum attendu dans l'année

Agathe Grinon

D'abord annoncée par Politico lundi 23 février, la possibilité que "l'Islande envisage de voter dès le mois d'août sur la reprise des négociations d'adhésion à l'UE" semble se confirmer. Ce référendum ne signifie néanmoins pas une adhésion directe à l'UE : "les citoyens islandais devront se prononcer quant à une reprise des négociations avec l'UE", […]

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Texte intégral (2009 mots)
Kristrún Frostadóttir, Première ministre islandaise, et Ursula von der Leyen, lors d'une rencontre le 14 janvier 2026. - Crédits : Commission européenne CC BY 4.0
Kristrún Frostadóttir, Première ministre islandaise et Ursula von der Leyen, lors d'une rencontre le 14 janvier 2026 - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne

D'abord annoncée par Politico lundi 23 février, la possibilité que "l'Islande envisage de voter dès le mois d'août sur la reprise des négociations d'adhésion à l'UE" semble se confirmer. Ce référendum ne signifie néanmoins pas une adhésion directe à l'UE : "les citoyens islandais devront se prononcer quant à une reprise des négociations avec l'UE", explique La Libre.

Toujours selon le média belge, le gouvernement islandais avait clairement déjà "indiqué qu'il souhaitait organiser un tel scrutin d'ici 2027". Mais lors d'une visite en Pologne le 25 février, la Première ministre Kristrún Frostadóttir a annoncé la tenue d'"un référendum dans les mois à venir" [France 24].

Les déclarations américaines comme élément déclencheur ?

"Les développements dans les affaires mondiales nous montrent que nous devons rechercher ce qui est le [plus] adapté pour renforcer notre défense et notre sécurité", a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, au micro de la radio islandaise RUV.

Comme le souligne Bloomberg, "les changements géopolitiques ont poussé l'Islande à coopérer plus étroitement avec ses pairs européens". Selon Politico, les discours américains ces derniers mois semblent avoir augmenté le niveau d'alerte des Islandais. Parmi ces déclarations, "une blague de Billy Long, candidat de [Donald Trump] au poste d'ambassadeur en Islande", qu'il présentait comme un potentiel "52e État américain".

Le mois dernier, durant le Forum économique mondial de Davos, l'Islande avait été mentionnée quatre fois par Donald Trump dans son discours "alors que le président américain parlait du Groenland […] ce qui [a dû] être déstabilisant pour un petit pays", a confié un représentant européen à Politico.

"Aussi, l'Islande n'a pas d'armée et dépend de son adhésion à l'Otan et d'un accord de défense bilatéral de 1951 avec les États-Unis pour sa sécurité", rappelle L'Express. "Une adhésion à l'Union européenne pourrait ainsi lui apporter davantage de gages de sécurité face aux velléités expansionnistes de Donald Trump", poursuit l'hebdomadaire.

Un retour à la table des négociations

L'Islande avait déjà entamé ce processus d'adhésion en 2009, "après avoir été durement touchée par la crise financière de 2008. Les négociations officielles en vue de l'adhésion ont débuté en 2010", rappelle la Deutsche Welle. "Mais en 2013, un gouvernement de centre-droit nouvellement élu a suspendu les pourparlers et, en 2015, Reykjavík a demandé à retirer sa candidature", complète la chaîne internationale allemande. Cette décision avait alors suscité des protestations car elle s'était faite sans consultation citoyenne.

Rejoindre l'Union européenne est néanmoins un chemin fastidieux, comme le note The Guardian. La proposition de référendum, "qui devrait être rédigée au début du printemps selon les médias locaux", "doit d'abord être approuvée par le Parlement, après quoi un délai de neuf mois est prévu pour organiser le vote proprement dit".

De plus, pour adhérer effectivement à l'UE, "l'Islande devrait également organiser un autre référendum afin de déterminer s'il convient de poursuivre le processus après la conclusion des négociations", note Politico.

Les Islandais prêts à rejoindre l'UE ?

Selon un sondage de l'institut Gallup réalisé en 2025, "44 % des Islandais interrogés se disent favorables à une adhésion de leur pays à l'UE, tandis que 36 % y sont opposés".

"Si les Islandais votaient pour le 'oui', l'adhésion à l'UE pourrait alors être effective rapidement", estime L'Express. En effet, comme le rappelle Reuters, l'Islande "fait déjà partie du marché unique de l'UE, de l'espace Schengen et de l'Association européenne de libre-échange".

De plus, avant de quitter la table des négociations en 2015, l'Islande avait clôturé 11 des 33 chapitres de négociation. "Le Monténégro, pays candidat à l'adhésion à l'UE le plus avancé, n'a franchi cette étape que ces derniers mois" [Politico].

Le principal point de blocage : la pêche, "industrie clé en Islande et enjeu majeur lors des dernières négociations" [Politico]. Le Royaume-Uni s'opposait notamment à "la quantité de maquereaux pêchée par les navires islandais". Le Brexit pourrait faciliter les discussions aujourd'hui.

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25.02.2026 à 13:54

"Séance d’autosatisfaction", pas un mot sur l'UE… la presse européenne décortique le discours de Donald Trump sur l'état de l'Union

Manon Mazuir

"De tous les records que Donald Trump prétend battre, on peut lui en reconnaître un : celui du discours sur l'état de l’Union le plus long de l'histoire télévisée, soit une heure quarante-sept minutes", ironise Le Monde. "Un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a défendu mardi [24 février] son action et ses […]

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Le président Donald Trump s'exprime sur la décision de la Cour suprême concernant les droits de douane dans la salle de presse de la Maison Blanche, le vendredi 20 février 2026 - Crédits : Patrick B. Ruddy / Maison Blanche
Le président Donald Trump s'exprime sur la décision de la Cour suprême concernant les droits de douane dans la salle de presse de la Maison-Blanche, le vendredi 20 février 2026 - Crédits : Patrick B. Ruddy / Maison-Blanche

"De tous les records que Donald Trump prétend battre, on peut lui en reconnaître un : celui du discours sur l'état de l’Union le plus long de l'histoire télévisée, soit une heure quarante-sept minutes", ironise Le Monde. "Un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a défendu mardi [24 février] son action et ses priorités lors de son discours sur l'état de l'Union devant le Congrès" [20 Minutes].

Le président des États-Unis "a célébré […] son bilan sans faire d'annonces majeures ni esquisser le moindre changement de cap", observe la RTBF, citant Donald Trump : "'ceci est l'âge d'or de l'Amérique'", a clamé le président républicain, reprenant l'un de ses slogans préférés".

Exercice d'autosatisfaction

"Fidèle à lui-même, Donald Trump s’est livré à une séance d’autosatisfaction", résume Ouest France. Ses premiers mots ont donné le ton : "notre nation est de retour, plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais […]. Ce soir, après seulement un an, je peux dire avec dignité et fierté que nous avons redressé la situation pour les générations à venir", relaie Le Huffington Post.

À commencer par le volet économique. Fraîchement "bousculé par la Cour suprême" [Ouest-France], "le président a jugé 'très regrettable' [sa] décision invalidant une vaste partie de ses droits de douane, devant trois des magistrats ayant [décidé] cette [mesure]" [Le Figaro]. Le Point note d'ailleurs qu'"en signant précipitamment son nouveau décret présidentiel à la suite de la décision de la Cour suprême d’invalider une partie de ses [droits de douane]", le président américain a "violé l'accord commercial de Turnberry avec l'Europe". "L'Union européenne attend [donc] que Donald Trump revoie sa copie".

"Le président des États-Unis a décrit une économie en forte amélioration. 'L’inflation chute, les revenus augmentent vite, l’économie est florissante comme elle ne l’a jamais été', a-t-il assuré", rapporte 20 Minutes. "À l’entendre, tout va pour le mieux", s'amuse Le Huffington Post. Il a notamment "affirmé que les prix de l’essence et des produits alimentaires étaient en baisse, que les salaires progressaient et que ses baisses d’impôts contribuaient directement à soutenir les travailleurs" [20 Minutes].

Sur l'immigration, le 47e président des États-Unis "a profité de son discours pour vanter son succès dans la sécurisation de la frontière sud et l'expulsion des 'criminels étrangers en situation irrégulière', mais il a évité de mentionner sa campagne d'expulsions massives, vaste et agressive, qui a suscité de vives réactions" [Politico]. Le Monde relève par ailleurs que "le milliardaire n’a fait aucune mention des opérations du département de la sécurité intérieure à Minneapolis, ni de la mort de deux civils, abattus par des agents fédéraux. Un moment de bascule, pourtant, dans ce mandat".

"L’un des moments les plus tendus s’est produit lorsque Trump a exhorté les législateurs à se lever s’ils étaient d’accord pour dire que le premier devoir du gouvernement [était] de protéger les citoyens américains plutôt que les 'immigrants illégaux'", relate El Mundo.

En mauvaise posture

"Balloté par des vents contraires, contesté sur ses politiques économiques et migratoires, Donald Trump aurait pu profiter de cette tribune pour redresser la barre et offrir aux Américains une tonalité différente de ses habituelles autocongratulations. Que nenni", constate Libération. "En mauvaise position dans les sondages, à neuf mois des élections de mi-mandat [en novembre], Donald Trump a essayé […] de reprendre la main sur deux sujets sur lesquels il a récemment perdu du terrain : l’économie et l’immigration”, note Courrier international citant le New York Times.

Car l’enjeu est majeur. "Au plus bas dans les sondages, M. Trump craint que son parti républicain ne perde le contrôle du Congrès lors [de ce scrutin], ce qui paralyserait le reste de son second mandat et l'exposerait à une éventuelle troisième procédure de destitution", analyse Euronews.

"Selon une étude publiée dimanche 22 février, 60 % des Américains désapprouvent l’action de Donald Trump", contextualise Le Monde. "C’est encore pire en matière de lutte contre l’inflation (65 %), sur les droits de douane (64 %) et les relations avec les pays étrangers (62 %)", pointe le journal du soir.

Silence sur l'Europe, focus sur l'Iran

"La partie consacrée à la politique étrangère n’a été abordée qu’au bout de soixante-quinze minutes. Pas un mot [sur] l’Europe, une mention formelle de la guerre en Ukraine, rien sur la Chine, un oubli étonnant", observe Le Monde.

Donald Trump a surtout "évoqué la question iranienne, brandissant la menace d’une attaque de Téhéran sur le sol américain" [Ouest France]. "L’Iran a 'déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases' militaires et 'travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les États-Unis', a-t-il déclaré, soulignant que les États-Unis, de manière préventive, ont massé une imposante armada militaire dans la région du Golfe", complète le quotidien régional. Il a toutefois annoncé qu'il préférait "résoudre ce problème par la diplomatie" [Euronews].

Le mot de la fin revient au journal britannique The Guardian, selon qui "[Donald] Trump a perdu la capacité à divertir. Malheureusement, il n'a pas perdu sa capacité à offenser".

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