13.05.2026 à 12:07
Valentin Ledroit

"L'Europe a franchi une étape importante dans ses efforts visant à réduire ses fortes vulnérabilités dans un domaine essentiel pour le bien-être et la santé des citoyens", écrit El País en ouverture. "Après plus de douze heures de négociations intenses [dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai], les colégislateurs européens (Parlement et […]
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"L'Europe a franchi une étape importante dans ses efforts visant à réduire ses fortes vulnérabilités dans un domaine essentiel pour le bien-être et la santé des citoyens", écrit El País en ouverture.
"Après plus de douze heures de négociations intenses [dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai], les colégislateurs européens (Parlement et Conseil de l'UE) ont fini par s'entendre sur la loi relative aux médicaments critiques" [Les Échos]. Derrière ce terme de "médicaments critiques" se cachent les produits "les plus exposés à des risques de pénurie sur le Vieux-Continent, comme l'amoxicilline, qui a particulièrement manqué pendant les épidémies virulentes de bronchiolite et de grippe en hiver ces dernières années", illustre BFMTV.
Afin d'éviter ces pénuries, l'Union européenne "souhaite renforcer la production pharmaceutique en Europe" mais aussi "réduire les importations de médicaments en provenance d'autres régions du monde" pour être "moins dépendante de certains fabricants", résume Die Zeit.
"Ces dernières années, l'Europe a connu des problèmes récurrents : certains médicaments ont parfois été indisponibles en pharmacie", parmi lesquels "des analgésiques, des antibiotiques ou des sirops contre la fièvre pour enfants", rappelle l'hebdomadaire allemand.
"L'Union européenne ne produit qu'un quart des ingrédients essentiels utilisés dans les produits pharmaceutiques, appelés 'principes actifs pharmaceutiques'", précise le Financial Times. Elle se retrouve donc fortement dépendante d'autres pays. "La Chine fournit plus de 40 % des importations de l'UE en [principes actifs pharmaceutiques] en volume, et l'Inde 20 % supplémentaires", poursuit le journal britannique.
Cette situation expose l'UE à des risques de pénurie. "Pendant la pandémie de coronavirus, les restrictions à l'exportation imposées par certains fournisseurs ont provoqué des pénuries dans l'UE, qui persistent encore aujourd'hui. Quelque 31 médicaments, dont l'insuline et des traitements contre l'asthme, sont actuellement en pénurie", note le Financial Times.
L'annonce européenne intervient également dans un contexte tendu "à un moment où les mesures de fixation du prix des médicaments prises par l’administration Trump aux États-Unis perturbent le secteur pharmaceutique et retardent certains lancements de traitements innovants en Europe", précise L'Usine Nouvelle.
Pour remédier à ces fragilités, la Commission européenne avait proposé un nouveau règlement en mars 2025, sur lequel les représentants des eurodéputés et des États membres se sont entendus mardi 12 mai, au terme d'âpres négociations. "L'article 18, sur les marchés publics et la préférence européenne, a été le point de friction le plus âprement débattu", relatent Les Échos.
Le quotidien résume la position des deux institutions : "Le Parlement défendait l'exigence qu'au moins 50 % de la valeur d'un médicament soit produite dans l'UE pour bénéficier d'une préférence dans les appels d'offres [tandis que] le Conseil […] faisait, lui, valoir les contraintes budgétaires des systèmes de santé nationaux, peu enclins à payer plus cher au nom de la souveraineté industrielle". "Le compromis final donne aux organismes adjudicateurs la possibilité de donner la priorité aux produits fabriqués par l'UE, avec une échelle de récompense progressive [lors des appels d'offre] pour les médicaments avec une plus grande proportion de la production en Europe", souligne Politico.
Autre avancée : le règlement établira des critères permettant de mettre en œuvre des "projets stratégiques" dans le domaine afin de "créer, moderniser et augmenter" la capacité de production de l'Union européenne [El País]. Les entreprises derrière ces projets pourront bénéficier d'aides nationales et européennes et de procédures d'octroi de permis "plus rapides et plus efficaces", à condition de "donner la priorité à l'approvisionnement du marché européen", complète le média espagnol.
Enfin, Les Échos relèvent une autre "avancée notable" : "les médicaments orphelins, thérapies coûteuses contre les maladies rares, sont inclus dans le périmètre du règlement, leur ouvrant l'accès aux projets stratégiques et aux achats groupés".
Les négociations autour du texte démontrent également une certaine frilosité des États membres, soucieux de défendre leurs prérogatives nationales et leurs budgets. "S'inspirant de la stratégie mise en œuvre pour acheter de grandes quantités de vaccins contre le coronavirus pendant la pandémie, cinq États membres de l'UE ou plus pourront demander à la Commission européenne de procéder à des achats groupés de médicaments" [Financial Times]. Mais, sur demande expresse du Conseil, l'exécutif européen ne pourra pas "participer directement à ces achats - une mesure considérée par les capitales comme un empiètement de l'UE sur leurs compétences" [Politico].
La pandémie de Covid-19 avait également mis en lumière quelques frictions entre États membres sur le partage des vaccins et des médicaments. Avec ce nouveau règlement, "les pays devront faire preuve de transparence quant à leurs stocks, mais le partage avec d'autres pays restera facultatif", au grand dam du Parlement européen, relate le Financial Times.
Pour Les Échos, "l'accord illustre une contradiction que les négociations n'ont fait qu'atténuer sans la résoudre : les gouvernements européens réclament davantage d'autonomie pharmaceutique, tout en refusant d'en payer le prix…". Avant d'entrer pleinement en vigueur, le compromis trouvé cette semaine doit encore être formellement validé par les deux colégislateurs. Mais pour le journal économique, "l'Europe a désormais la loi qu'elle s'était promise. Il lui reste à tenir ses promesses".
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12.05.2026 à 12:41
Manon Mazuir

"La Commission européenne a annoncé lundi 11 mai à l'AFP son intention d'inviter prochainement des responsables talibans à Bruxelles", informe France info. Au programme des futures discussions : "le renvoi de migrants vers l'Afghanistan". "Aucune date précise n’a encore été évoquée pour leur venue", mais "de sources proches du dossier, une lettre va être envoyée […]
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"La Commission européenne a annoncé lundi 11 mai à l'AFP son intention d'inviter prochainement des responsables talibans à Bruxelles", informe France info. Au programme des futures discussions : "le renvoi de migrants vers l'Afghanistan".
"Aucune date précise n’a encore été évoquée pour leur venue", mais "de sources proches du dossier, une lettre va être envoyée de façon 'imminente' à Kaboul afin de fixer une date pour un rendez-vous dans la capitale belge" [RTBF].
"Cette visite, coordonnée avec la Suède, fait suite à deux déplacements de responsables européens en Afghanistan", portant sur la question migratoire, précise La Libre. "L'idée est désormais de 'poursuivre ces discussions' au 'niveau technique' à Bruxelles", explique un porte-parole de l'exécutif européen, cité par le média belge. "Cette confirmation met fin à plusieurs semaines de silence de la part de Bruxelles concernant [ce] projet de visite", souligne Euractiv.
"Portés par une volonté commune de durcir leurs politiques migratoires, une vingtaine de pays de l’UE cherchent des voies pour renvoyer des migrants - et, particulièrement, ceux condamnés par la justice - vers l’Afghanistan", explique Le Soir. Dans une lettre envoyée en octobre 2025, plusieurs pays "ont exhorté l'UE à trouver des moyens diplomatiques et concrets pour faire avancer ce dossier", rappelle France 24. "'C'est dans ce contexte' qu'une visite a eu lieu à Kaboul, en janvier" dernier, explique un porte-parole de la Commission cité par France info.
"En 2025, les Afghans étaient encore - de loin - la nationalité la plus représentée parmi les demandes d’asile dans l’UE", relève Le Monde. "Les pays de l'UE ont reçu environ un million de demandes d'asile déposées par des Afghans entre 2013 et 2024. Environ la moitié […] ont été acceptées au cours de cette période", précise France 24.
"Mais après avoir accompagné des centaines de milliers d’entre eux durant la guerre qui a déchiré leur pays pendant des décennies, l’Europe met désormais un frein à l’accueil", ajoute Le Monde.
"Pionnière en la matière, l’Allemagne a déjà brisé ce tabou en procédant, depuis 2024, à l’expulsion groupée d’une centaine d’Afghans, qui avaient tous été condamnés par la justice, par des vols charters facilités par le Qatar", poursuit le journal du soir, qui contextualise : "plusieurs attaques perpétrées par des Afghans, dont une à la voiture bélier en 2025, ont eu un retentissement médiatique très fort dans le pays".
"L’Autriche lui a depuis emboîté le pas. Et a reçu mi-septembre une délégation de représentants talibans, à Vienne. Nombre d’autres États membres de l’UE, dont la Belgique ou la Suède, cherchent désormais à suivre ces exemples, vivement plébiscités par les partisans d’une ligne migratoire plus ferme" [Le Soir].
"Ces visites posent toutefois une avalanche de questions pratiques et éthiques", s'alarme la RTBF. D'abord parce qu’elles "impliquent de dialoguer avec les responsables talibans, au pouvoir depuis 2021, mais que l’Union européenne ne reconnaît pas officiellement", note le média belge. Pour entrer en Belgique, pays hôte des institutions européennes, "ces responsables talibans devraient se voir accorder des exemptions, ce que les autorités belges seraient, en théorie, prêtes à faire" [La Libre].
Cette campagne de rapatriement suscite de "vives critiques de la part des ONG et de la gauche politique" [France 24]. "Renvoyer des Afghans dans un pays où près de la moitié de la population ne parvient pas à se nourrir n’est pas une politique migratoire, c’est une décision qui pourrait coûter des vies", a alerté Lisa Owen de l'ONG International Rescue Committee, citée par France 24.
"D’autres associations de protection des migrants craignent que ce déplacement à Bruxelles permette aux responsables talibans d’identifier certaines personnes qu’ils veulent renvoyer en Afghanistan, au risque de mettre leurs droits fondamentaux en péril", indique Le Monde.
"Plusieurs sources diplomatiques sollicitées par l’AFP rétorquent que cette visite sert avant toute chose à régler des détails d’ordre pratique" [Le Soir]. Lors de leurs déplacements en Afghanistan, les Européens s'étaient ainsi "renseignés sur la capacité d’accueil de l’aéroport de Kaboul, ou d’autres détails techniques, selon des sources proches des discussions".
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11.05.2026 à 12:03
Florian Chaaban

"De Rome, à New York en passant par Londres, le constat [était] le même samedi 9 mai. La célèbre parade annuelle [organisée] à Moscou pour célébrer la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie a été en demi-teinte cette année" [Courrier international]. "Un symptôme des difficultés actuelles auxquelles fait face le Kremlin", estime le média. "Le défilé […]
L’article Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine propose la médiation d'un ex‑chancelier allemand et maintient la pression sur l'UE est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

"De Rome, à New York en passant par Londres, le constat [était] le même samedi 9 mai. La célèbre parade annuelle [organisée] à Moscou pour célébrer la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie a été en demi-teinte cette année" [Courrier international]. "Un symptôme des difficultés actuelles auxquelles fait face le Kremlin", estime le média.
"Le défilé s'est déroulé sans le déploiement habituel de chars et de missiles, en raison de préoccupations sécuritaires : les autorités craignaient en effet que l'Ukraine ne prenne pour cible la place Rouge à l'aide de drones", relate la BBC. "Un cessez-le-feu de dernière minute entre Moscou et Kiev, négocié par le président américain Donald Trump, a permis de réduire le risque d'attaque et [la parade] s'est déroulée sans incident", poursuit la radio publique britannique.
Le même jour, le président russe "a assuré que la guerre en Ukraine 'touchait à sa fin', fustigeant les pays occidentaux pour leur soutien à Kiev" [Le Figaro]. Mais le dirigeant a rappelé que "la situation reste grave".
Fidèle à sa rhétorique, "[Vladimir] Poutine a accusé les pays occidentaux d'aggraver le conflit avec la Russie, affirmant qu'une 'aile mondialiste des élites occidentales nous combat par l'intermédiaire des Ukrainiens'" [The Kyiv Independent]. Le chef du Kremlin "a déclaré que la Russie menait une guerre 'juste' et qualifié l'Ukraine de 'force agressive' qui était 'armée et soutenue par l'ensemble du bloc de l'Otan'", abonde la BBC. "Une affirmation qui fait abstraction du fait que c'est la Russie qui a lancé une invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022" [The Kyiv Independent].
"Loin d’avoir piégé l'Occident, c'est Moscou qui se retrouve enlisé dans une guerre interminable", écrit Le Point, se faisant l'écho du média ukrainien. "Cette guerre, qui en est désormais à sa cinquième année, a fait des centaines de milliers de morts et est devenue la plus meurtrière qu'ait connue l'Europe depuis la Seconde Guerre mondiale" [France 24].
Dans ce contexte, une question se pose : l'UE peut-elle encore avoir sa place dans les négociations visant à trouver une issue au conflit ? La semaine dernière, "le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré qu'il estimait qu'il existait un 'potentiel' pour que l'UE négocie avec la Russie et discute de l'avenir de l'architecture de sécurité en Europe" [The Guardian].
"Lorsqu'on a demandé à Poutine s'il était disposé à entamer un dialogue avec les Européens, il a répondu que la personnalité qu'il préférait était l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder", relaie la RTVE. "En Ukraine comme en Europe, nombreux sont ceux qui verront d'un mauvais œil la participation de Schröder, compte tenu de ses liens étroits avec Poutine et de ses antécédents en matière de relations avec des entreprises et des projets russes, tels que les gazoducs Nord Stream" [The Guardian].
Hier, Berlin "a rejeté [cette] proposition" de médiation [Le Monde], laquelle constitue selon des sources gouvernementales "'une offre de façade' et fait partie de la 'stratégie hybride russe'". D'après ces sources, "l'option de négociation n'est pas crédible, la Russie n'ayant pas modifié ses conditions. Un premier test de crédibilité serait une prolongation du cessez-le-feu", complète le journal du soir. Certains membres du SPD, "parti minoritaire de la coalition de Friedrich Merz […] traversé par un courant pacifiste, se montrent plus ouverts à la proposition de Vladimir Poutine", nuance Le Parisien. Selon le magazine d'actualité allemand Der Spiegel cité par Le Monde, l'Allemagne envisagerait plutôt "la candidature du président, Frank-Walter Steinmeier, au poste de négociateur".
Ce lundi matin, c'est la "cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, [qui] s'est montrée sceptique" [Le Figaro]. "'Avant de discuter avec la Russie, nous devrions discuter entre nous de ce dont nous souhaitons parler avec eux'", estime-t-elle.
Preuve que l'ouverture est encore lointaine, Vladimir Poutine a par ailleurs "déclaré le 9 mai qu'une rencontre avec Volodymyr Zelensky dans un pays tiers était envisageable - mais uniquement pour signer un accord déjà finalisé, pas pour ouvrir des négociations", souligne L'Indépendant, citant le média ukrainien Hromadske. "Une position qui réduit de facto tout sommet bilatéral à une simple cérémonie de clôture". "Côté ukrainien, [Volodymyr] Zelensky s'était dit prêt dès avril 2026 à rencontrer [son homologue] en Azerbaïdjan", note L'Indépendant, qui précise que "Kiev n'a posé aucune condition préalable sur le contenu d'un éventuel accord".
Ces déclarations interviennent dans un contexte sensible. Alors que Russie et Ukraine s'accusent mutuellement "de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis samedi et pour trois jours" [Ouest-France], un autre sujet préoccupe directement l'UE et l'Ukraine : l'avenir des enfants ukrainiens.
Ce lundi après-midi à Bruxelles, l'UE et le Canada "[coprésideront] une réunion de la Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens, où des représentants de haut niveau discuteront de la façon […] [d']accélérer les efforts visant à identifier et à contacter les enfants enlevés" [Radio-Canada]. "L'Ukraine estime que la Russie a kidnappé 20 000 enfants, bien qu'un groupe de l'Université de Yale, aux États-Unis, estime ce nombre à 35 000".
Selon la Commission européenne, "l'événement réunira des ministres et des hauts représentants d'une cinquantaine de pays et d'organisations internationales", avec pour objectif "de soutenir davantage les efforts déployés par l'Ukraine pour retrouver, rapatrier et réintégrer les enfants qui ont été transférés de force et expulsés illégalement par la Russie, tout en veillant à ce que [Moscou] réponde de [ses] actes".
L’article Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine propose la médiation d'un ex‑chancelier allemand et maintient la pression sur l'UE est apparu en premier sur Touteleurope.eu.