10.06.2026 à 13:18
Amélie Philotas

Mettre en place "une stratégie diplomatique claire pour faire en sorte que la Russie ne pense plus que la guerre peut encore lui apporter le moindre bénéfice" [Euronews]. Tels ont été les mots du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors du sommet nordico-balte, qui s'est tenu dans la capitale estonienne, mardi 9 juin. Deux jours après […]
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Mettre en place "une stratégie diplomatique claire pour faire en sorte que la Russie ne pense plus que la guerre peut encore lui apporter le moindre bénéfice" [Euronews]. Tels ont été les mots du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors du sommet nordico-balte, qui s'est tenu dans la capitale estonienne, mardi 9 juin.
Deux jours après la rencontre à Londres entre les dirigeants français, allemand, britannique et ukrainien, les discussions se sont poursuivies à Tallinn avec ceux de huit pays nordiques et baltes. Parmi les sujets abordés : une réaffirmation du soutien à l'Ukraine pour son adhésion à l'Otan et à l'UE et la signature d'un accord de coproduction de drones. En parallèle, la Commission européenne a annoncé la préparation d'un 21e paquet de sanctions contre la Russie.
L'un des points forts de ce sommet, qui a réuni le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande, l'Islande, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie : le renouvellement commun du soutien à l'intégration de l'Ukraine dans l'Union européenne et l'Otan.
Avant de déclarer que "l'adhésion de l'Ukraine à l'UE devrait être achevée dès que possible", les leaders ont salué les "progrès réalisés" par Kiev et ont plaidé pour l'ouverture "sans retard" des négociations avec l'Ukraine "en juin-juillet 2026" [La Dépêche].
Concernant son adhésion à l'Otan, les huit pays affirment soutenir la demande de Kiev "dans sa marche irréversible vers une intégration euro-atlantique complète", d'autant que le pays est "un partenaire de sécurité stratégique pour l'Otan, contribuant directement à la sécurité euro-atlantique", rapporte Le Figaro.
Ces déclarations vont de concert avec celles du dirigeant estonien, Alar Karis, lors d'une rencontre avec Volodymyr Zelensky, précédant le sommet. Au cours de cette entrevue, l'Estonien a notamment déclaré que "l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne et à l'Otan n'est pas un espoir lointain pour le peuple ukrainien mais une attente justifiée" [Estonian World].
En marge du sommet, une discussion entre les dirigeants ukrainien et letton a également débouché sur la signature d'un accord en matière de drones "afin de renforcer le secteur de la défense des deux pays et d'échanger leurs expertises respectives et leurs expériences" [La Libre], a annoncé Volodymyr Zelensky sur le réseau social X.
Selon le président ukrainien, "ce sont des mesures concrètes pour renforcer notre défense et notre coproduction communes. C'est précisément le type de collaboration que nous construisons avec ceux qui nous soutiennent depuis toutes ces années face à la guerre de la Russie", relève le média belge.
Cet accord est d'autant plus pertinent pour les Lettons que leur pays est régulièrement la cible d'incursions de drones russes. Comme le rapporte L'Express, "un drone a été abattu ce lundi [8 juin] après être entré en Lettonie en provenance de Russie".
La rencontre entre les huit dirigeants nordiques et baltes a aussi permis à Volodymyr Zelensky de réitérer sa volonté d'imposer des sanctions plus sévères vis-à-vis de la Russie.
Le même jour, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé la mise en place du 21e paquet de sanctions de l'UE contre la Russie, justifiant que "le conflit au Moyen-Orient et les perturbations des chaînes d'approvisionnement énergétiques mondiales ont assoupli une certaine pression sur la Russie" [The Kyiv Independent].
Ce nouveau paquet inclut "de nouvelles mesures visant le pétrole russe et des sanctions dans le domaine de la pêche. L'UE propose aussi d'interdire l'entrée dans son espace à toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre en Ukraine", résume RFI.
Volodymyr Zelensky le sait : ce sommet nordico-balte pose les bases des négociations des semaines et mois à venir. The Kyiv Independent rappelle que "les principaux rassemblements internationaux [qui se tiendront] plus tard cet été, y compris les sommets de l'UE [les 18 et 19 juin], du G7 [du 15 au 17 juin] et de l'Otan [les 7 et 8 juillet]" seront déterminants.
Plus que jamais, il s'agit donc pour le président ukrainien de poursuivre ses efforts diplomatiques, tout d'abord pour "intensifier la pression sur la Russie pour l'amener à la table des négociations" [Euronews], mais aussi dans l'objectif de se rapprocher de son adhésion, tant convoitée, à l'UE et à l'Otan.
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09.06.2026 à 12:44
Manon Mazuir

Fin de partie pour le pilier central du Système de combat aérien du futur (Scaf). "La France et l’Allemagne ont décidé d’abandonner le projet d’avion de combat commun Scaf", entame Le Monde, qui se fait l'écho d'informations communiquées par le gouvernement allemand lundi 8 juin. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, "devrait annoncer mercredi lors de […]
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Fin de partie pour le pilier central du Système de combat aérien du futur (Scaf). "La France et l’Allemagne ont décidé d’abandonner le projet d’avion de combat commun Scaf", entame Le Monde, qui se fait l'écho d'informations communiquées par le gouvernement allemand lundi 8 juin. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, "devrait annoncer mercredi lors de l'inauguration du salon aéronautique de Berlin (ILA) la fin du programme franco-allemand", selon La Tribune.
"Lancé en 2017 par Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l’Espagne deux ans plus tard, le Scaf est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, 'un cloud de combat'", rappelle Sud Ouest. Il avait "pour ambition de remplacer le Rafale en France et l’Eurofighter en Allemagne et en Espagne à l’horizon 2040, dans l’objectif de renforcer l’autonomie stratégique du continent européen", explique Le Huffington Post.
"Ce projet de plus de 100 milliards d'euros […] était autrefois présenté comme un symbole de l'unité militaire franco-allemande. Mais il a été miné par des années de conflits politiques et industriels", constate la Deutsche Welle. "Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol était en panne, sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault", contextualise France info, qui souligne qu'en février, "Friedrich Merz, avait déjà ouvertement douté de son avenir".
"Bien que Dassault soit maître d’œuvre du futur avion de combat, Airbus, qui représente à la fois l’Allemagne et l’Espagne, disposait d’un poids équivalent aux deux tiers du programme. Dassault refusait cette gouvernance qu’il jugeait incompatible avec une direction efficace du projet", explique BFM TV.
"L'impasse s'est aggravée l'été dernier lorsque Dassault […] a insisté pour prendre la tête du programme de construction du chasseur", relate Politico. "Airbus serait considéré comme un sous-traitant ayant une visibilité limitée sur la conception, tandis que Dassault serait en mesure de sélectionner les fournisseurs, de décider de la répartition des tâches du projet et d'agir en tant qu'unique interlocuteur auprès des clients", décrypte le média européen. "Ces tensions ont empêché le passage à la phase suivante du développement. Le programme est resté bloqué au stade des études technologiques (phase 1B), sans parvenir à lancer la conception d’un démonstrateur", commente BFM TV.
Au-delà du différend industriel, Friedrich Merz avait également souligné que "le problème principal résidait dans le fait que les Français avaient besoin d'un avion de combat différent de celui de la Bundeswehr [l'armée allemande, ndlr.]", selon la Süddeutsche Zeitung. Soit "un appareil capable de transporter des armes nucléaires et d'opérer à partir d'un porte-avions, ce dont la Bundeswehr n'a pas besoin pour l'instant", avance Der Spiegel.
En début de soirée lundi, "l’Élysée a confirmé que les deux dirigeants avaient 'chacun regretté l’impossibilité pour les industriels de s’entendre sur la continuation de ce projet'" [Le Monde]. Et pour cause : ceux-ci "se sont longuement et souvent entretenus des moyens de faire avancer ce projet important pour la défense européenne", précise la présidence française, citée par BFM TV.
"Deux médiateurs, un de chaque pays, [avaient] été chargés en mars de présenter des propositions pour sauver l’initiative, mais ils n’y sont pas parvenus, tandis que le directeur de Dassault a insisté sur le fait que l’entreprise pouvait mener à bien le projet seule et ne souhaitait pas qu’il soit 'cogéré'", relaie The Guardian.
"En avril encore, Emmanuel Macron avait assuré que le programme n’était 'pas du tout' mort", relève Le Monde. "Il n’y avait plus qu’Emmanuel Macron qui croyait encore à la survie du Scaf", avait réagi Cédric Perrin, le président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées au Sénat, cité par le quotidien français.
"L'effondrement souligne la difficulté d'amener les pays européens à coopérer sur des programmes multinationaux complexes et coûteux, malgré les inquiétudes concernant la dissuasion de la Russie et la fiabilité de l'alliance avec les États-Unis", fait valoir Politico.
Une coopération franco-allemande définitivement enterrée ? Pas tout à fait, à en croire Berlin. "D’après le gouvernement allemand, 'le véritable noyau du Scaf doit être poursuivi'", indique Le Parisien. "L'Allemagne et la France prévoient désormais de se concentrer sur un 'cloud de combat' reliant avions, drones et capteurs", avance la Deutsche Welle.
Lors du prochain conseil des ministres franco-allemand, annoncé pour juillet en Allemagne, "les deux ministères de la Défense devront formuler un plan de travail commun centré sur un nombre limité de projets jugés réalistes et pertinents" [Le Monde].
"Paris a tenu à souligner que la France reste attachée à la coopération bilatérale en matière de défense et que ses autorités 'continueront d’encourager' les industriels et les armées 'à rechercher les voies et moyens de projets européens ambitieux'" [Le Monde].
Pour autant, selon BFM TV, "l’Allemagne semble désormais vouloir développer ses capacités de défense de manière plus autonome". Et de poursuivre : "cette orientation s’inscrit dans une forte hausse des dépenses militaires allemandes. […] Berlin paraît ainsi privilégier une stratégie nationale plutôt qu’une coopération complexe avec ses partenaires européens".
Cette analyse corrobore les informations de La Tribune, selon laquelle, au salon aéronautique de Berlin, "huit groupes allemands [devraient annoncer] une alliance industrielle baptisée 'Team Gen 6'". "Objectif : développer un avion de combat européen de 6e génération".
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08.06.2026 à 12:05
Florian Chaaban

"La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne soutiennent la demande de Volodymyr Zelensky visant à entamer des négociations directes avec Vladimir Poutine", entame la Rai. "Réunis dimanche 7 juin à Londres" [BFM TV], "les dirigeants français, allemand et britannique ont [appuyé] la proposition du président ukrainien, avec la 'participation active des États-Unis et de l'Europe' – […]
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"La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne soutiennent la demande de Volodymyr Zelensky visant à entamer des négociations directes avec Vladimir Poutine", entame la Rai.
"Réunis dimanche 7 juin à Londres" [BFM TV], "les dirigeants français, allemand et britannique ont [appuyé] la proposition du président ukrainien, avec la 'participation active des États-Unis et de l'Europe' – afin de parvenir à un cessez-le-feu et de soutenir la poursuite des négociations". Dans un communiqué conjoint, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer, insistent sur le fait que "la ligne de contact actuelle devrait constituer le point de départ des négociations" [Euronews], ajoutant que "les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force".
"Le président russe a répondu ne pas en voir 'l'intérêt' tant qu'un accord pour mettre fin à la guerre n'aura pas été négocié en amont" [Sud Ouest].
Alors que "les ministres de la Défense de l'UE se réunissent [ce] lundi à Chypre pour des pourparlers sur un soutien militaire supplémentaire à l'Ukraine" [Der Tagesspiegel], les dirigeants français, britannique et allemand ont "souligné l'urgence d'augmenter la production d'intercepteurs et de codévelopper des capacités de missiles antibalistiques et de frappes en profondeur", relate Euronews.
"Volodymyr Zelensky, qui a annoncé qu'il allait rencontrer [aujourd'hui] le roi Charles III, avait appelé sur X avant la réunion à une 'plus grande coopération pour la sécurité de toute l'Europe dans le domaine de la défense aérienne'" [La République des Pyrénées].
Comme le rappelle le Tagesspiegel, "indépendamment des plans de Moscou, l'Ukraine continue de se défendre avec de nouvelles armes". "Même si [Kiev] a reçu moins [de matériel] des États-Unis en plus de quatre ans de guerre que ce qui avait été récemment consommé au Moyen-Orient, le pays [n'est] pas sans défense", poursuit le quotidien allemand. "'Nous avons appris et produit ces dernières années', a déclaré le chef d'État ukrainien à propos des nouvelles capacités de drones de l'Ukraine".
Au-delà de ces engagements, les dirigeants du groupe dit "E3" ont indiqué que les avoirs russes "resteront immobilisés jusqu'à ce que la Russie cesse sa guerre d'agression et indemnise l'Ukraine pour les dommages causés par la guerre" [BFM TV].
En outre, ils ont insisté sur le fait que "les intérêts de sécurité de l'Europe doivent être préservés dans tout accord", écrit la Rai. "Tout élément des négociations relatives à l'UE et à l'Otan doit être soumis à l'accord de l'UE et de ses États membres, ainsi qu'à celui des alliés de l'Otan", précise le communiqué commun.
Ces déclarations interviennent dans un contexte toujours sensible. "Une frappe de drone russe a 'partiellement détruit' [dimanche] un bâtiment sur un site de stockage de combustible nucléaire usagé dans la zone d'exclusion de la centrale accidentée de Tchernobyl, a indiqué l'opérateur nucléaire public ukrainien Energoatom sur Telegram" [Sud Ouest].
"Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré que 'l'incident est profondément inquiétant car il s'est produit sur un site contenant de larges quantités de matériel nucléaire', selon un communiqué de l'agence" [La République des Pyrénées].
Dans le même temps, "l'Ukraine a récemment intensifié ses frappes de drones sur les territoires occupés et la Russie, en représailles aux bombardements russes. Les forces de Kiev ont affirmé hier avoir frappé les territoires ukrainiens occupés par Moscou et la région russe frontalière de Briansk, notamment des dépôts de carburants et un terminal pétrolier en Crimée annexée", conclut Sud Ouest.
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