15.06.2026 à 12:39
Manon Mazuir

"La journée est historique pour l’Ukraine et la Moldavie", entame La Matinale européenne. "L’Union européenne réunira aujourd’hui [lundi 15 juin] la conférence intergouvernementale pour lancer formellement les négociations sur le premier ensemble de chapitres de négociation - le premier 'cluster' consacré aux fondamentaux (état de droit, démocratie, lutte contre la corruption)", poursuit la lettre d'information […]
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"La journée est historique pour l’Ukraine et la Moldavie", entame La Matinale européenne. "L’Union européenne réunira aujourd’hui [lundi 15 juin] la conférence intergouvernementale pour lancer formellement les négociations sur le premier ensemble de chapitres de négociation - le premier 'cluster' consacré aux fondamentaux (état de droit, démocratie, lutte contre la corruption)", poursuit la lettre d'information quotidienne sur l'Europe.
Le feu vert a été décrété vendredi 12 juin lorsque "les ambassadeurs des 27 à Bruxelles ont entériné une position commune pour passer à la phase suivante des négociations", relate Euronews. "C'est une reconnaissance de la détermination, du courage et du travail acharné dont ont fait preuve les deux pays pour faire progresser les réformes, malgré d'immenses défis", ont déclaré le président du Conseil européen, António Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, cités par France 24. Tous deux ont salué "une étape majeure" en vue de l'élargissement du bloc.
"Le processus avait été freiné pendant des mois. La Hongrie de Viktor Orbán s’opposait à la poursuite des discussions, bloquant toute avancée depuis 2024", rappelle 20 Minutes. Mais "la situation a changé après l’élection de son opposant Péter Magyar, [ce qui] a permis de lever le veto et de débloquer l’ouverture des négociations. Une condition indispensable, car chaque étape nécessite l’accord unanime des 27 États membres", explique le quotidien français.
Péter Magyar avait déclaré "qu'il ne donnerait pas son feu vert […] à moins que Kiev ne renforce les droits de la minorité hongroise de 70 000-80 000 personnes dans l'oblast de Zakarpattia, dans l'ouest du pays" [The Kyiv Independent]. Or le Premier ministre hongrois a annoncé le 3 juin être parvenu "à un accord global avec l'Ukraine concernant l'extension des droits linguistiques, éducatifs, culturels et politiques de la minorité hongroise".
"Comme nous l'avons dit, l'Ukraine fait ce qui est nécessaire, et il est important que l'UE tienne également sa parole. L'ouverture du premier 'cluster' représente un soutien politique et moral significatif pour notre État et notre peuple", a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur son compte X, cité par RTL.
"La Moldavie est prête à ouvrir tous les chapitres de négociations. Nous avons fait le travail, et nous continuerons à mettre en œuvre des réformes", a salué de son côté la présidente moldave, Maia Sandu [France 24].
"L'adhésion à l'UE est un travail immense, minutieux et intense, qui repose sur deux piliers", souligne toutefois France info. "Le pays candidat doit d'abord respecter les critères de Copenhague, c'est-à-dire être une démocratie stable, qui respecte l'état de droit et dispose d'une économie de marché fonctionnelle", décrypte le média. "Vient ensuite l'adoption des 'acquis communautaires', l'ensemble des lois et des règles européennes". Cela implique de "négocier 35 'chapitres' couvrant tous les domaines, de l'environnement et l'agriculture à la justice et la sécurité, regroupés en six 'groupes thématiques'", détaille le Kyiv Post.
L'agriculture pourrait être l'un des points les plus épineux, rappelle RTL, l'Ukraine étant parfois qualifiée de "grenier à blé de l'Europe". "Son adhésion à l'UE pourrait donc représenter un véritable séisme pour les agriculteurs européens, car cela signifie la fin des droits de douane et des contrôles douaniers aux frontières". D'autres "sujets d'inquiétude" seront aussi mis sur la table, comme "[l']arrivée d'Ukrainiens dans les États membres" ou les "aides européennes redirigées vers Kiev", poursuit France info. En tout état de cause, "tous les gouvernements ne sont pas convaincus par l'arrivée de Kiev".
"Si Kiev souhaite une entrée dans l'Union européenne pour 2027" [RTL], "cela ne signifie pas pour autant que ce pays déchiré par la guerre va rejoindre l’Union européenne de sitôt", nuance le Kyiv Post. Il a "fallu six ans à la Croatie pour clore tous les chapitres avant son entrée en 2013, tandis que le Monténégro, qui travaille son dossier depuis 15 ans, n'a toujours pas intégré le bloc européen", rappelle RTL.
D'ailleurs, les éloges des "responsables européens" sur "les efforts de réforme menés par l'Ukraine et la Moldavie" sont tempérés "par la déception que Kiev n'ait pas avancé plus rapidement sur les 10 réformes prioritaires convenues en décembre dernier", commente The Guardian. "Dans les couloirs de Bruxelles, on fait miroiter 2030 aux Ukrainiens, mais le processus pourrait même se terminer en 2040" [RTL].
Cependant, "les Ukrainiens et leurs soutiens préviennent que Bruxelles pourrait perdre la bataille morale avec Moscou si elle ne respectait pas sa promesse" [France info]. "L'un des atouts de l'UE est son pouvoir d'attraction. Ne pas répondre aux aspirations du peuple ukrainien – qui se bat pour cela – serait une faute morale et ternirait son image", avance Tinatin Akhvlediani, du groupe de réflexion Centre for European Policy Studies.
Quant au dossier moldave, il comporte "une difficulté de taille", rappelle RFI : "une partie de son territoire, la Transnistrie, échappe complètement au contrôle de la capitale, Chisinau, depuis plus de trente ans. Ainsi, les réformes ne s’appliqueront pas à cette région séparatiste, soutenue par la Russie, qui couvre un peu plus de 10% du territoire".
Quoi qu'il en soit, "la reprise des négociations marque […] un véritable progrès pour l'Ukraine. Avec sa guerre, Vladimir Poutine a réussi le contraire de ce qu'il souhaitait : il voulait que l'Ukraine redevienne un satellite de la Russie, mais aujourd'hui Kiev toque à la porte de l'Otan et de l'Union européenne" [RTL].
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12.06.2026 à 12:07
Léa Deseille

"Kaja Kallas, sous pression en raison de la réforme du service diplomatique européen promue par la France et l'Allemagne", titre Demócrata. Ancienne Première ministre estonienne, la cheffe de la diplomatie européenne est "devenue l'une des personnalités les plus suivies à Bruxelles après que plusieurs États membres ont ouvert un débat sur l'avenir du Service européen […]
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"Kaja Kallas, sous pression en raison de la réforme du service diplomatique européen promue par la France et l'Allemagne", titre Demócrata. Ancienne Première ministre estonienne, la cheffe de la diplomatie européenne est "devenue l'une des personnalités les plus suivies à Bruxelles après que plusieurs États membres ont ouvert un débat sur l'avenir du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), l'organisme chargé de coordonner la politique étrangère de l'UE" qu'elle dirige.
Selon le Financial Times, la France et l'Allemagne discutent notamment de propositions de réforme en profondeur du SEAE, "afin d'améliorer la réponse du bloc aux crises géopolitiques" [Agenzia Nova].
Également consulté par Reuters, un document élaboré par des responsables français présente trois scénarios : "placer l'ensemble de la politique étrangère de l'UE sous l'égide de la Commission, transférer les fonctions du service diplomatique au Conseil de l'UE, qui représente les États membres, et renforcer le rôle de Kallas dans le cadre d'une réorganisation institutionnelle plus large".
"Dans le cadre de la troisième option, Kallas gagnerait en pouvoir au sein de la Commission, devenant son 'premier vice-président exécutif', ainsi que le chef des commissaires et des départements responsables d'un large éventail de politiques telles que les relations extérieures, le commerce et le développement économique" [Internazionale]. Elle entretiendrait également "des liens plus étroits avec les dirigeants des gouvernements nationaux de l'UE, tandis que le service diplomatique se verrait confier un rôle plus restreint, axé sur la stratégie" [Reuters].
D'après l'agence, "ce document reflète l'opinion de nombreux responsables et diplomates de l'UE selon laquelle l'Union a réagi trop lentement et de manière trop disparate face à la guerre à Gaza et à d'autres situations d'urgence, dans un contexte de divisions entre ses institutions, ses dirigeants et les 27 gouvernements des États membres". Ils remettent notamment en cause "la capacité du SEAE à réagir efficacement à des crises géopolitiques telles que la guerre en Ukraine, les tensions avec l’Iran ou la politique du président américain Donald Trump", développe le quotidien helvétique Weltwoche.
"Plusieurs États membres critiquent les chevauchements entre le SEAE, les ministères nationaux des Affaires étrangères ainsi que les services compétents de la Commission et du Conseil des ministres", poursuit le média. En outre, "Kallas est engagée dans une lutte territoriale acharnée avec Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, concernant la question de savoir qui devrait diriger la politique étrangère de l'UE", rappelle Euractiv.
À ce stade, les discussions se tiennent principalement entre la France et l'Allemagne. "Pour l'instant, aucune proposition formelle n'a été soumise au vote et les Vingt-Sept n'ont pris aucune décision. Toute modification significative nécessiterait un large consensus politique entre les États membres", note Demócrata. D'ailleurs, "selon un diplomate européen, ce document interne, non approuvé par le ministre français des Affaires étrangères ni ses conseillers, ne reflète pas la position officielle de la France", souligne Politico.
La cheffe de la diplomatie européenne a néanmoins répondu à ces propositions. Dans un courriel consulté par Politico, elle s'adresse "aux 5 000 employés du SEAE, insistant sur la 'valeur ajoutée' apportée par ce service à l'Union". Elle y déclare qu'il y a "toujours place pour l'amélioration du fonctionnement du système et la réduction des doublons, tout en rappelant que les compétences de chaque institution sont définies par les traités de l'Union européenne" [Demócrata].
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11.06.2026 à 12:29
Valentin Ledroit

"Coup d'envoi d'une compétition attendue tous les quatre ans par des dizaines de millions de passionnés, grande fête planétaire et populaire dont on espère qu'elle tournera effectivement rond", entame Ouest-France. Organisée par le Mexique, le Canada et les États-Unis, la Coupe du monde débute ce jeudi 11 juin. Jusqu'au 19 juillet prochain, les fans de […]
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"Coup d'envoi d'une compétition attendue tous les quatre ans par des dizaines de millions de passionnés, grande fête planétaire et populaire dont on espère qu'elle tournera effectivement rond", entame Ouest-France. Organisée par le Mexique, le Canada et les États-Unis, la Coupe du monde débute ce jeudi 11 juin. Jusqu'au 19 juillet prochain, les fans de foot auront les yeux rivés sur les 104 matchs disputés durant la compétition.
Mais cette nouvelle édition du mondial sur le continent nord-américain suscite de nombreuses controverses, pointées par L'Équipe. "À part les prix scandaleux des places, le chaos des visas, l'interdiction faite aux Iraniens de dormir dans la ville américaine où ils jouent et à un arbitre somalien de participer à la Coupe du monde à laquelle il avait été sélectionné, le coût écologique exorbitant, la menace de voir la police anti-immigration aux portes des enceintes sportives […] et le sentiment qu'en étant prête à toutes les compromissions avec Donald Trump, la Fifa a perdu à la fois son pouvoir et son honneur, la Coupe du monde, vraiment, va être une belle fête", ironise le journal sportif.
"D'un côté, il y a plus d'équipes que jamais qui participent. De l'autre, à cause des politiques de l'administration Trump, cela ressemble plus à une Coupe du monde d'exclusion que d'inclusion", affirme Jules Boykoff, professeur à la Pacific University de l'Oregon et ancien footballeur professionnel pour NPR.
Le cas d'Omar Abdulkadir Artan en est la parfaite illustration. Ce dernier "aurait dû entrer dans l'histoire cette semaine en devenant le premier arbitre somalien à officier lors d'une Coupe du monde. Au lieu de cela, il suit les événements depuis l'étranger, s'étant vu refuser l'entrée sur le territoire américain sans aucune explication par l'administration Trump", retrace The Guardian. Pour le journal britannique, "cet épisode semble symbolique d'une Coupe du monde où le jeu mondial a été sacrifié au profit de la machine à fric cynique de la Fifa et des caprices de Trump".
L'arbitre somalien n'est pas la seule victime de la politique migratoire américaine. Selon une analyse des données de voyage réalisée par la BBC, "les supporters de plus d'un quart des pays participant à la Coupe du monde sont confrontés à des interdictions de voyager, à des restrictions plus strictes ou à des taux élevés de refus de visa".
Les mesures autoritaires instaurées par l'administration américaine sont pointées du doigt. Pour Deutschlandfunk, Donald Trump pourrait ainsi profiter de l'événement pour "suivre un scénario similaire à celui adopté par [Vladimir] Poutine lors de la Coupe du monde de football en Russie en 2018". Sous prétexte de garantir la sécurité, le pays a instauré de "nouvelles méthodes de surveillance qui pourraient subsister par la suite".
"Bien que le sport le plus populaire du monde puisse déconcerter nombre de soutiens du président, la relation qu'entretient Trump avec le football n'entre pas en contradiction avec sa politique, elle en est une émanation. Car ce sport est le terrain de jeu de ses semblables : les oligarques russes, les monarques moyen-orientaux et les magnats latino-américains", confirme The Atlantic, relayé par Courrier international.
El Mundo revient pour sa part sur les tensions géopolitiques qui entourent ce mondial. Dans un contexte de "pur désordre mondial", la compétition pourrait devenir "la vitrine indésirable des fractures du système international", analyse le quotidien espagnol.
"La participation de l'Iran à la Coupe du monde est [par exemple] éclipsée par le conflit qui a éclaté" entre Washington et Téhéran en février dernier, illustre AS. Comme le rapporte le journal sportif madrilène, les autorités iraniennes ont déjà menacé de boycotter les rencontres en cas de contestation politique : "Nous avons informé la Fifa que les membres de la sélection quitteraient le match dès que nous entendrions des slogans politiques dans les stades". La sélection iranienne a également dû délocaliser son camp de base au Mexique et ne se rendra aux États-Unis que les jours de matchs.
Face aux agissements de l'administration américaine, la Fifa, qui organise le tournoi, reste silencieuse. "Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, en janvier 2025, Gianni Infantino, le président de [l'instance], n'a eu de cesse de le glorifier. Le grotesque prix de la paix attribué, le jour du tirage au sort du Mondial, à celui qui a, depuis, notamment déclenché un nouveau conflit au Moyen-Orient, en est le symbole", dénonce L'Équipe.
Cette Coupe du monde 2026 pourrait devenir celle de tous les records, mais aussi "de tous les excès", titre Courrier international. Une chose est sûre : elle sera "la plus lucrative de l'histoire", ajoute l'hebdomadaire. Le tournoi s'impose en effet comme une opération financière massive : la Fifa prévoit des revenus records de "8,9 milliards de dollars […], soit près du double de ce que les Jeux olympiques de 2024 ont rapporté", relate The Guardian.
À cette pression financière s'ajoute un défi logistique et environnemental sans précédent. D'après El Mundo, le passage à 48 équipes pourrait transformer la compétition en "tournoi du chaos" en raison des risques pesant sur la sécurité et la gestion des flux de supporters. Le risque climatique est également pointé du doigt. The Independent estime même que des "conditions météorologiques extrêmes menacent la Coupe du monde 2026, alors que les joueurs et les supporters se préparent à affronter une chaleur étouffante".
Face à toutes ces polémiques, L'Équipe s'interroge : "le football peut-il sauver la Coupe du monde ?".
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