02.07.2026 à 13:06
Amélie Philotas

Après des attaques ukrainiennes visant les raffineries russes, Vladimir Poutine reconnaît "une certaine pénurie" de carburant, titre Le Monde. C'est "un aveu rare", commente Euronews. Alors que les signes de mécontentement se multiplient sur les réseaux sociaux en Russie, Kiev poursuit ses frappes contre les infrastructures militaires et énergétiques russes pour tenter d'affaiblir l'effort de […]
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Après des attaques ukrainiennes visant les raffineries russes, Vladimir Poutine reconnaît "une certaine pénurie" de carburant, titre Le Monde. C'est "un aveu rare", commente Euronews.
Alors que les signes de mécontentement se multiplient sur les réseaux sociaux en Russie, Kiev poursuit ses frappes contre les infrastructures militaires et énergétiques russes pour tenter d'affaiblir l'effort de guerre de Moscou.
Selon les estimations citées par RFI, la crise touche désormais "95% [des raffineries] du pays", représentant pour la Russie "sa pire pénurie de carburant depuis 2009" [L'Indépendant]. Elle est "une conséquence directe des frappes [réalisées par des drones et missiles ukrainiens] sur les infrastructures énergétiques russes et en particulier ses raffineries", explique RFI.
À présent, "la crise est devenue tellement flagrante que Vladimir Poutine a dû la reconnaître, dimanche 28 juin, lors d’un entretien […] à la télévision d’État" [Le Monde]. Un aveu notable, alors que la Russie a tendance à minimiser les retombées causées par la guerre qu'elle mène contre l'Ukraine. Le Kremlin s'était gardé "de toute déclaration publique à ce sujet ces deux dernières semaines, période durant laquelle le manque de carburant était déjà criant".
Dans la capitale russe, les tensions d'approvisionnement se voient dans les files d'attente aux stations-service. "Au centre-ville [vendredi soir], toutes les stations-services sans exception étaient prises d’assaut par des véhicules, environ une dizaine à chaque fois", rapporte RFI. La situation semble toutefois plus difficile encore dans d'autres régions, notamment dans le sud du pays. Krasnodar, territoire agricole "en période de récoltes et donc de hausse saisonnière de demande de carburants, doit de surcroît faire face à la ruée des habitants de Crimée sortant de la péninsule pour s’y approvisionner".
"Sur les réseaux sociaux, les Russes se plaignent massivement de leurs difficultés à faire le plein, un paradoxe assez inouï étant donné que la Russie est le troisième producteur mondial de pétrole brut", relève Le Monde.
Face à des automobilistes au bord de la crise de nerfs, Vladimir Poutine tente de rassurer la population. Dimanche 28 juin, le président russe a énuméré les mesures à prendre tout en restant vague sur leur application : "nous relèverons sans aucun doute tous les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, y compris les attaques terroristes contre notre territoire et nos infrastructures", a-t-il déclaré lors d'une allocution [La Dépêche].
Cette crise intervient dans un contexte économique déjà morose. Une étude menée par l'institut Gallup révèle que "les Russes n'ont jamais été aussi pessimistes pour leur économie depuis 20 ans", titre BFM Business. Selon l'enquête, la confiance dans l'armée et le gouvernement est également en recul : la première est tombée à 66 % "contre 80% en 2022", la seconde "a chuté à 53%, contre 66% au cours de la même période".
Pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ces difficultés rencontrées par Moscou représentent "une réponse parfaitement justifiée à tout ce que la Russie fait contre nous. La paix est nécessaire, et c’est exactement ce que la direction russe doit comprendre", a-t-il écrit mercredi sur X [Euronews].
Si ces frappes créent des difficultés intérieures en Russie, il ne s'agit pas pour la défense ukrainienne de baisser la garde. Selon Arthur Kenigsberg, président du think tank Euro Créative interrogé par France Info, "Vladimir Poutine n’est pas véritablement fragilisé par la situation sur le front. Il est surtout fragilisé par son incapacité à arrêter cette guerre en Ukraine".
Pour Kiev, l'enjeu est de maintenir la pression sur Moscou tout en continuant à obtenir un soutien militaire et diplomatique de ses alliés, notamment à l'approche du prochain sommet de l'Otan les 7 et 8 juillet à Ankara. D'autant que l'Ukraine reste sous la menace d'attaques russes. "La capitale ukrainienne a subi, jeudi 2 juillet au matin, des barrages de missiles et de drones russes qui ont détruit des étages entiers de bâtiments résidentiels et fait au moins 17 morts et 86 blessés, selon le dernier bilan des services de secours ukrainiens" [France Info].
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01.07.2026 à 12:47
Florian Chaaban

"'Plus d'un million' de demandes de régularisation ont été déposées en Espagne par des étrangers en situation irrégulière dans le cadre d'un plan massif du gouvernement socialiste lancé à la mi-avril et qui [s'est terminé mardi 30 juin], a annoncé le Premier ministre, Pedro Sánchez" [Le Monde]. "Un rapport de la police nationale estime même à […]
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"'Plus d'un million' de demandes de régularisation ont été déposées en Espagne par des étrangers en situation irrégulière dans le cadre d'un plan massif du gouvernement socialiste lancé à la mi-avril et qui [s'est terminé mardi 30 juin], a annoncé le Premier ministre, Pedro Sánchez" [Le Monde]. "Un rapport de la police nationale estime même à 1,3 million le nombre total de demandes", relaie la RTS.
"Le fait [qu'autant] de personnes aient sollicité la régularisation montre à quel point elle était nécessaire", a déclaré le dirigeant socialiste [Les Échos]. "Favorable à une politique d'accueil, son gouvernement de gauche fait figure d'exception sur la question migratoire au sein de l'Union européenne, à rebours du durcissement opéré par de nombreux pays" [Le Figaro].
"Cette campagne de régularisation trouve son origine dans une initiative citoyenne de 2024 soutenue par plus de 700 000 Espagnols, des centaines d'organisations humanitaires, des groupes d'entreprises et l'Église catholique", rappelle Politico. En avril dernier, le gouvernement "a approuvé un décret royal accordant aux candidats un peu plus de trois mois pour déposer leur demande afin de bénéficier de ce dispositif", qui permet d'accorder "des titres de séjour renouvelables à tous les demandeurs résidant en Espagne depuis [le 1er janvier] et n'ayant pas de casier judiciaire".
"Dans le cadre de ce plan de régularisation massif, les autorités ont trois mois pour traiter les demandes et délivrer – ou non – aux demandeurs un permis de séjour et de travail uniquement valable en Espagne" [Le Monde]. Selon plusieurs médias, les personnes originaires d'Amérique latine figurent parmi les principaux publics concernés.
En pleine tourmente en raison de "scandales de corruption et de trafic d'influence touchant son entourage proche et le parti socialiste (PSOE) qu'il dirige, Pedro Sánchez a fait de ce plan l'étendard de l'action de son gouvernement, à un an de la fin de la législature" [France 24]. Il défend une politique migratoire"légale, sûre et ordonnée".
Selon lui, l'immigration est "nécessaire" pour soutenir "les besoins de l'économie" espagnole, notamment dans les régions du pays vidées de leur population [Le Monde]. Le dirigeant de 54 ans estime aussi que "sans l'immigration, le PIB de l'Espagne serait inférieur de 19 % en 2050" [The Guardian]. Un argument économique auquel s'ajoute l'enjeu du vieillissement de la population.
Pedro Sánchez a toujours été un "fervent défenseur de la nécessité de l'immigration, à une époque où d'autres dirigeants européens ont adopté le discours de l'extrême droite pour tenter de convaincre les électeurs qu'ils prenaient eux aussi l'immigration au sérieux" [The Guardian].
Lors du dernier Conseil européen, il a tenté "de rassurer les chefs des États membres" [Les Échos], faisant valoir une immigration "fortement attachée à l'Espagne par la langue commune et des liens à la fois culturels et familiaux".
Cette proximité n'empêche pas le parti d'extrême droite Vox de dénoncer une "invasion étrangère", en réclamant une "priorité nationale", complète le quotidien. De son côté, "le Parti populaire espagnol [PP, grand parti de droite] a finalement 'pris ses distances' avec le texte promu par le gouvernement de Sánchez" après avoir "initialement annoncé son soutien à [l'initiative]", écrit Courrier international, qui cite la RTVE. Le PP se rapproche ainsi de la ligne défendue par l'extrême droite.
Le Premier ministre reproche à ces formations d'"alimenter la peur [et d']agiter des discours xénophobes qui ne résolvent aucun problème" [Le Monde]. "À l'occasion du dernier jour du plan de régularisation, le septième dans l'histoire moderne de l'Espagne, [il] a annoncé la création d'un 'plan d'intégration et de citoyenneté' doté de '500 millions d'euros la première année'".
La Cour suprême espagnole a évoqué "la possibilité de saisir la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) au sujet de la procédure de régularisation extraordinaire des immigrés menée en Espagne, au cas où celle-ci entrerait en conflit avec le droit communautaire" [RTVE].
Selon le quotidien national El País, la juridiction a demandé aux "exécutifs régionaux d'Aragon et de Valence [qui avaient déposé des recours concernant le dispositif mis en place, ndlr.] ainsi qu'au bureau de l'Avocat général de l'État s'ils estiment qu'il convient de saisir la CJUE d'une question préjudicielle afin qu'elle précise si la réglementation espagnole enfreint le Pacte de l'UE sur la migration et l'asile adopté en 2024" et entré en application le 12 juin 2026.
Une telle saisine ne signifierait pas que la CJUE tranche directement le recours contre le plan espagnol. Elle viserait d'abord à clarifier certains points de droit européen. Même si l'affaire était portée devant la juridiction siégeant à Luxembourg, "cela signifierait simplement que la Cour serait amenée à 'lever des doutes précis [autour de certaines dispositions du décret royal] avant de se prononcer sur le fond de l'affaire'", conclut la RTVE.
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30.06.2026 à 13:11
Amélie Philotas

"La France rentre dans le rang" [Les Echos], "changeant ainsi son fusil d'épaule" [Libération]. Mardi 30 juin, le gouvernement français a annoncé suspendre à partir du 1er juillet la taxe française de 2 euros imposée aux petits colis extra-européens. Cette taxe, qui vise particulièrement les géants asiatiques tels que Shein, Temu ou AliExpress, devait être […]
L’article La France s'aligne sur ses voisins concernant la taxation des petits colis extra-européens est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

"La France rentre dans le rang" [Les Echos], "changeant ainsi son fusil d'épaule" [Libération]. Mardi 30 juin, le gouvernement français a annoncé suspendre à partir du 1er juillet la taxe française de 2 euros imposée aux petits colis extra-européens.
Cette taxe, qui vise particulièrement les géants asiatiques tels que Shein, Temu ou AliExpress, devait être additionnée au droit de douane européen de 3 euros, dont l'entrée en vigueur est prévue le même jour. Elle sera finalement remplacée par cette dernière, harmonisant les règles pour l'ensemble du marché unique.
L'uniformité de la taxe à l'échelle de l'UE évitera notamment aux plateformes extra-européennes de contourner les droits de douane en passant par des pays tiers, comme c'est majoritairement le cas depuis l'instauration de la taxe française, le 1er mars dernier.
Cette taxe "sera due pour chaque type d'articles, quel que soit leur nombre : si un colis comprend par exemple un t-shirt et une paire de chaussures, il faudra la payer deux fois", rapporte France 24. "Si le paquet comprend 5, 10 ou même 15 t-shirts, et aucun autre type d'articles, elle ne sera prélevée qu'une fois. Cette bizarrerie administrative est liée à la façon dont les droits de douane sont calculés au sein de l'UE."
"Au 1er mars, la France a mis en place une taxe de 2 euros par catégorie d’articles achetés sur les plateformes d’e-commerce extra-européennes pour freiner l’afflux de 'colis', de moins de 150 euros, en provenance de Chine", rappelle Le Monde.
Initialement, cette mesure devait se cumuler, dès le 1er juillet, avec le droit de douane européen de 3 euros par type d'article commandé, portant le total de taxation à 5 euros pour la France, contre 3 euros pour le reste des pays de l'Union européenne.
Le 30 juin, le gouvernement français a finalement annoncé revenir sur cette mesure : "comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe [sur les] colis en plus du nouveau droit de douane de 3 euros", a expliqué à l'AFP le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin [Le Monde].
L'Italie, qui avait également imposé une taxation de 2 euros sur les petits colis depuis le 1er janvier 2026, a, le 22 juin, décidé le reporter le cumul des taxes au 1er octobre en raison de l'entrée en vigueur de la taxation européenne. Là aussi, cette mesure "servira à éviter le chevauchement des deux taxes qui auraient été déclenchées", rapporte le média italien Il Post.
La décision française et italienne se justifient également par le faible impact de cette taxe depuis que les plateformes de e-commerce ont trouvé le moyen de la contourner en expédiant par avion les marchandises dans d'autres pays européens, puis en les acheminant par la route jusque dans le pays concerné.
Dans l'Hexagone, cette stratégie provoque "un 'déport de volume' de 'l'ordre de 90 % depuis le 1er mars', avait estimé à la mi-mai le directeur général des douanes, Florian Colas, évaluant le rendement de la taxe à 2,3 millions par mois, loin des 400 millions d'euros prévus sur l'année par le budget 2026" [France Info].
Face aux intérêts français ébranlés, Shein avait rappelé que "dans le respect du droit de l'Union européenne, une fois les marchandises légalement importées et mises en libre circulation, elles peuvent circuler au sein de l'Union européenne" [BFM Business]. D'où la nécessité d'une harmonisation douanière au sein des Vingt-Sept.
Selon le ministre du Commerce, Serge Papin, la suspension "éphémère" de la taxe française est d'ordre "tactique" pour "laisser s'installer la taxe européenne" et ne pas léser la France face à ses autres voisins européens à partir de juillet (la taxation d'un colis bénéficie au pays dans lequel arrive ce dernier) [TF1 Info].
"La taxe est temporaire […] et mise en place jusqu'à une refonte en profondeur du système douanier européen, prévue dans deux ans. Par ailleurs, elle sera complétée à partir de novembre par des 'frais de traitement', qui aideront à financer les services douaniers. Le montant n'a pas encore été fixé mais pourrait s'élever à deux euros par colis." [France 24]
Alors que la taxation des petits colis anticipée par la France entre mars et juillet n'a pas produit le résultat prévu par le budget 2026, le cabinet du ministre du Commerce parle toutefois d'une France "pionnière" en termes de taxation des petits colis. Serge Papin estime lui que "nous avons obtenu gain de cause" car "notre objectif était […] de pousser l'Europe à prendre des mesures" [France Info].
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