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17.04.2026 à 12:05

Guerre au Moyen-Orient : Keir Starmer et Emmanuel Macron organisent une réunion sur la future sécurisation du détroit d'Ormuz

Léa Deseille

"Un sommet de crise sur le détroit d'Ormuz", titre Die Zeit. "La France et la Grande-Bretagne ​organisent, vendredi [17 avril] à Paris, une réunion à laquelle participeront quelque dizaines de pays et ​portant sur la question d'une sécurisation du détroit d'Ormuz une fois que les conditions le permettront"  [France 24]. "Cette conférence rappelle, en principe, […]

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Texte intégral (1855 mots)
Le Premier ministre Keir Starmer avec le président français Emmanuel Macron lors du sommet du G7 au Canada en juin 2025 - Crédits : Simon Dawson / 10 Downing Street Licence v3.0
Le Premier ministre britannique Keir Starmer avec le président français Emmanuel Macron lors du sommet du G7 au Canada en juin 2025 - Crédits : Simon Dawson / Flickr 10 Downing Street CC BY-NC-ND 2.0

"Un sommet de crise sur le détroit d'Ormuz", titre Die Zeit. "La France et la Grande-Bretagne ​organisent, vendredi [17 avril] à Paris, une réunion à laquelle participeront quelque dizaines de pays et ​portant sur la question d'une sécurisation du détroit d'Ormuz une fois que les conditions le permettront"  [France 24]. "Cette conférence rappelle, en principe, les consultations de la Coalition des volontaires, qui travaille sur des plans d'après-guerre pour le conflit ukrainien", estime Die Zeit.

"Le chancelier allemand Friedrich Merz et la [présidente du Conseil des ministres d'Italie], Giorgia Meloni devraient être présents physiquement", avance ABC News. "D’autres pays, en Europe mais aussi au Moyen-Orient ou en Asie, suivront la réunion à distance. Au total, cette rencontre hybride doit accueillir une 'trentaine de participants' à partir de 14 heures", complète le Huffington Post. Une prise de parole du président français et du Premier ministre britannique est prévue à la suite de ces échanges.

Rétablir la circulation dans le détroit

"Alors que le [détroit d'Ormuz] est aujourd'hui entravé par l'Iran et par le blocus imposé par les États-Unis aux ports iraniens, l'idée est de préparer la suite et de rétablir la confiance indispensable à la navigation commerciale dans cette région du monde quand les hostilités auront cessé", explique RFI. "Côté français, l’idée est d’imaginer une mission 'strictement défensive' qui permettrait de sécuriser le détroit sans s’engager dans le conflit", écrit le Huffington Post.

"Keir Starmer va aussi mettre en avant la nécessité de 'rassurer le secteur du transport maritime commercial et soutenir les opérations de déminage, afin de garantir le retour à la stabilité et à la sécurité mondiales', d'après Downing Street" [France 24]. "Depuis le déclenchement de la guerre en Iran et l'embrasement du Moyen-Orient le 28 février, le blocus du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz consommés dans le monde, a conduit à une envolée des prix de l'énergie qui pèse lourdement sur l'économie mondiale", rappelle RFI. "Si un cessez-le-feu de deux semaines est entré en vigueur le 8 avril, la situation reste fragile après l'échec, dimanche, de négociations irano-américaines pour le consolider", poursuit le média.

Des cessez-le-feu durables ?

"Ces [discussions à Paris] interviennent alors qu'un cessez-le-feu de 10 jours, convenu entre le Liban et Israël et entré en vigueur jeudi soir, pourrait renforcer les efforts visant à étendre le cessez-le-feu entre l'Iran, les États-Unis et Israël", note The Wimbledon Times. Mais "la situation demeure complexe pour deux raisons", nuance La Stampa. "Les États-Unis ne participent pas à cette réunion et ne sont pas associés à cette initiative. Une position assumée par Paris, qui veut avancer avec des pays non belligérants", développe le Huffington Post. "Les autorités américaines affichent leur scepticisme face à cette initiative européenne, qu’elles jugent peu utile", poursuit le média en ligne. Par ailleurs, la coalition européenne fait désormais face à un nouvel opposant : "Téhéran, qui, pour la première fois, s’est clairement opposée au plan des volontaires" [La Stampa].

Les Européens poursuivent malgré les obstacles

Les pays participants devraient tous s'impliquer dans la mission à hauteur de leurs moyens. "La France dispose […] d'un porte-avions, d'une dizaine de bateaux et d'une cinquantaine d'avions dans la région, a rappelé l'Élysée" [RFI]. De son côté, "[Friedrich] Merz a l'intention de faire une offre pour la participation des forces armées allemandes", ajoute Die Zeit. "Berlin pourrait […] contribuer au 'déminage ou à la reconnaissance maritime à longue distance', selon une source gouvernementale allemande citée par l'AFP" [RFI]. 

Les Européens ne comptent pas abandonner le détroit. "La réunion de Paris doit permettre de poser les bases politiques et opérationnelles de la mission. Elle sera suivie d’un nouveau sommet la semaine prochaine à Northwood, près de Londres, siège d’un quartier général militaire britannique", conclut Le Parisien.

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16.04.2026 à 12:23

Propos du pape, Israël, détroit d'Ormuz : vers la fin de l'idylle entre Donald Trump et Giorgia Meloni ?

Valentin Ledroit

"Giorgia Meloni a longtemps agi comme si elle pouvait y échapper. Malgré l’engouement des débuts et les preuves postérieures de loyauté de la dirigeante italienne, le président des États-Unis a fini par la prendre pour cible à son tour", retrace Le Monde. Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, mardi 14 avril, Donald Trump […]

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Texte intégral (1964 mots)
Jusqu'ici, Donald Trump et Giorgia Meloni (ici lors d'une réunion du G7 au Canada en juin 2025) avaient entretenu d'excellentes relations depuis le retour du milliardaire américain à la Maison-Blanche
Jusqu'ici, Donald Trump et Giorgia Meloni (ici lors d'une réunion du G7 au Canada en juin 2025) avaient entretenu d'excellentes relations depuis le retour du milliardaire américain à la Maison-Blanche - Crédits : Daniel Torok / Flickr Maison-Blanche

"Giorgia Meloni a longtemps agi comme si elle pouvait y échapper. Malgré l’engouement des débuts et les preuves postérieures de loyauté de la dirigeante italienne, le président des États-Unis a fini par la prendre pour cible à son tour", retrace Le Monde.

Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, mardi 14 avril, Donald Trump a attaqué frontalement la présidente du Conseil italien. "Je suis choqué par elle. Je pensais qu’elle avait du courage, je me trompais", tacle le pensionnaire de la Maison-Blanche qui reproche notamment à Giorgia Meloni de ne pas avoir engagé son pays aux côtés des États-Unis dans le détroit d'Ormuz.

Cet épisode pourrait marquer un tournant majeur dans la relation entre les deux dirigeants. Il y a encore peu de temps, la cheffe du gouvernement italien était aux yeux de Donald Trump une "leader fantastique", une "personne spéciale" et "une très belle jeune femme", rappelle Libération. Giorgia Meloni considérait quant à elle le président américain comme "un leader fort", un "'ami' dont elle n’excluait pas de proposer [le] nom pour le prix Nobel de la paix".

Giorgia Meloni défend le pape

Il faut remonter au début de la semaine pour trouver l'origine de cette soudaine dégradation des relations. Lundi 13 avril, Donald Trump a allumé la mèche en jugeant le pape Léon XIV "faible sur la criminalité", après que le souverain pontife "a manifesté sa ferme opposition aux entreprises guerrières menées par Israël et les États-Unis au Moyen-Orient" [Le Monde].

"Coincée entre le pape et le président américain, Giorgia Meloni s'est retrouvée dos au mur", constate La Libre. "Après neuf heures d'hésitations, elle a jugé qu'elle ne pouvait plus ignorer la situation et a pris position pour défendre le pape", qualifiant d'"inacceptable" l'attaque de Donald Trump, rapporte Libération. "Giorgia Meloni, dirigeante d’un pays dont la capitale est aussi celle de l’Église universelle, ne pouvait plus se permettre la moindre ambiguïté après cet affront fait à l’évêque de Rome", estime Le Monde.

Le Moyen-Orient, autre sujet de discorde

"Dans la foulée, la Première ministre italienne a annoncé suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël ratifié en 2006 et renouvelé tacitement tous les cinq ans", indique La Croix. L'accord avec l'État hébreu qui "encadre la coopération entre les deux pays dans l’industrie de défense, la formation des militaires, la recherche et les technologies d’information" devenait "politiquement difficile [à] maintenir", a indiqué une source diplomatique à l'AFP, relayée par le quotidien chrétien.

Pour Le Monde, Giorgia Meloni a été contrainte d'opérer un virage stratégique sur cette question. "La présidente du Conseil a perdu les 22 et 23 mars un référendum capital sur la réforme constitutionnelle, non seulement sur le plan des valeurs républicaines, mais aussi du fait des implications économiques redoutées de la guerre que mènent ses alliés américain et israélien". Fin mars, elle avait déjà "refusé que des avions de combat américains engagés dans la guerre au Moyen-Orient atterrissent sur la base militaire de Sigonella, dans l’est de la Sicile", complète Libération.

Des réactions qui n'ont visiblement pas plu à Donald Trump. Dès le lendemain, le président américain est donc revenu à la charge. "Comme à son habitude, le sulfureux locataire de la Maison-Blanche a fourni aux journalistes une bonne dose de phrases chocs", note Courrier international. Interrogé par le Corriere della Sera sur sa récente passe d'armes avec Giorgia Meloni, le président américain s'emporte : "c’est inacceptable […] elle ne veut pas nous aider avec l’Otan, elle ne veut pas nous aider à nous débarrasser de l’arme nucléaire [iranienne]. […] Elle ne veut pas s'impliquer alors qu'elle obtient son pétrole là-bas".

Un repositionnement diplomatique pour Meloni

"Dans le monde, [Giorgia Meloni] se présentait comme le pont entre l’UE et l’Amérique et le pont s’est écroulé. […] Elle va devoir réinventer son message, ses relations, son statut sur la scène européenne et internationale", analyse une éditorialiste de La Stampa. Car la Première ministre italienne est également fragilisée après "la défaite de son allié hongrois Viktor Orbán" lors des élections législatives du 12 avril [Libération].

À la recherche d'un rebond, Giorgia Meloni sera à Paris ce vendredi 17 avril, où elle rencontrera Emmanuel Macron, mais aussi le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer, "pour discuter du blocus du détroit d'Ormuz et d'une éventuelle expédition terrestre dans la zone", annonce La Repubblica. Pour le journal transalpin, cette réunion doit permettre de "signaler discrètement à Washington qu'il existe une alternative au 'turbo-trumpisme' affiché par le gouvernement italien ces derniers mois".

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15.04.2026 à 14:06

En déplacement en Chine, Pedro Sánchez se pose comme défenseur d'un rapprochement entre Pékin et l'Union européenne

Amélie Philotas

"Positionner l'Espagne comme un interlocuteur fiable entre l'Europe et la Chine dans un contexte international de plus en plus fragmenté" [Euronews]. Tel était l'un des principaux objectifs du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, lors de sa visite diplomatique en Chine qui s'achève ce mercredi. Un déplacement entamé le 13 avril. Ces trois jours se résument […]

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Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez était en Chine du 13 au 15 avril pour une visite diplomatique - Crédits : Conseil européen
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez était en Chine du 13 au 15 avril pour une visite diplomatique - Crédits : Conseil européen

"Positionner l'Espagne comme un interlocuteur fiable entre l'Europe et la Chine dans un contexte international de plus en plus fragmenté" [Euronews]. Tel était l'un des principaux objectifs du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, lors de sa visite diplomatique en Chine qui s'achève ce mercredi. Un déplacement entamé le 13 avril.

Ces trois jours se résument notamment à "deux appels lancés à Xi Jinping [à l'occasion d'un discours dans la prestigieuse université de Tsinghua] : que la Chine 's'ouvre afin que l'Europe n'ait pas à se refermer' et qu'elle 'fasse davantage, en exigeant le respect du droit international et la fin des conflits au Liban, en Iran, à Gaza, en Cisjordanie et également en Ukraine'", résume El País.

Réduire le déficit commercial entre Chine et UE

La demande d'ouverture faite à la Chine répond à une problématique clairement identifiée : la nécessité de "rééquilibrer sa balance commerciale avec l'Europe" [Le Parisien]. Le Premier ministre espagnol tablait ainsi "sur des investissements et des transferts de technologie […], tout en cherchant à équilibrer des échanges commerciaux largement déficitaires pour l'Espagne [et l'UE]" [Les Échos].

Pour convaincre ses interlocuteurs chinois, Pedro Sánchez a revêtu le costume "[d']ambassadeur européen" [El País]. Le message est aussi clair que les chiffres. "L'UE a besoin que la Chine 'nous aide à corriger le déficit commercial que nous avons avec elle, un déficit non équilibré, qui a encore augmenté de 18 % l'an dernier, et qui est intenable pour nos sociétés à moyen et long terme'", a déclaré le leader espagnol, rapporte Courrier International.

Pour l'Espagne aussi, cette visite était importante. Alors que "le déficit commercial avec la Chine représente 74 % du déficit total de l'Espagne" [Le Parisien], "Madrid cherche à profiter de la bonne ambiance diplomatique pour attirer des investissements chinois sur son territoire. Les flux d’investissement progressent : 643 millions d’euros en 2025, contre 149 millions en 2024, selon la Fondation Conseil Espagne-Chine, une entité privée soutenue par le ministère des affaires étrangères espagnol" [Le Monde].

Le déplacement de Pedro Sánchez a notamment débouché sur l'annonce d'un "paquet de 19 accords bilatéraux pour renforcer les relations économiques entre [l'Espagne et la Chine]", rapporte Euronews. Parmi ces accords, "plus d'une dizaine sont liés à la sphère économique, dans le but de stimuler les relations commerciales entre les deux nations", précise le média.

Renforcer les liens avec la Chine face à l'instabilité trumpiste

La visite de Pedro Sánchez en Chine ne s'est pas seulement focalisée sur l'aspect commercial. "Le déplacement de l'Espagnol intervient dans un contexte tendu entre Madrid et Washington. Donald Trump a menacé, début mars, de mettre fin à ses échanges commerciaux avec l’Espagne, lorsque Madrid a refusé l’utilisation de ses bases militaires pour des frappes américaines contre l'Iran", retrace Le Monde.

Le chef du gouvernement a notamment insisté sur la reconnaissance de la Chine en tant que superpuissance, rappelant qu'il "y a des objectifs qui sont 'inatteignables' sans [elle], qui doit être plus impliquée dans la défense efficace du droit international et contribuer à l’arrêt des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine" [El País].

Xi Jinping et Pedro Sánchez "font une lecture extrêmement critique de la politique menée par les États-Unis et de ses conséquences, et leurs messages convergent", observe Le Monde. Si "la critique de la politique du magnat américain est partagée par la plupart des autres dirigeants occidentaux, chez le chancelier allemand, Friedrich Merz, ou le président français, Emmanuel Macron, elle ne conduit pas automatiquement à se tourner vers Pékin, avec qui les contentieux sont également profonds, en particulier sur le soutien économique et diplomatique continu de la Chine à la Russie dans la guerre en Ukraine", complète le journal du soir. Reste désormais à savoir si la brèche ouverte par l'Espagnol a infléchi cette dynamique.

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