27.05.2026 à 12:18
Valentin Ledroit

"Ces [derniers] jours, les incursions de drones dans l’espace aérien des pays baltes se multiplient. Deux drones ukrainiens, détournés par la Russie, ont même indirectement réussi à faire tomber le gouvernement letton", retrace Le Temps. C'est dans ce contexte que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire à la […]
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"Ces [derniers] jours, les incursions de drones dans l’espace aérien des pays baltes se multiplient. Deux drones ukrainiens, détournés par la Russie, ont même indirectement réussi à faire tomber le gouvernement letton", retrace Le Temps. C'est dans ce contexte que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire à la Défense, Andrius Kubilius, se sont rendus en Lituanie, mardi 26 mai, pour rencontrer les dirigeants des trois États baltes.
"Ce ne sont pas des incidents isolés, c’est une stratégie délibérée de la Russie qui cherche à déstabiliser nos sociétés démocratiques. Mais tout comme sur les champs de bataille en Ukraine, la Russie y échoue", a indiqué la cheffe de l'exécutif européen lors d'une conférence de presse à Vilnius [20 Minutes]. Après avoir souligné que ces incidents constituaient "un rappel supplémentaire de la proximité de la guerre", le président lituanien, Gitanas Nausėda, a de son côté averti que "l'espace aérien au-dessus des États baltes n'était pas suffisamment sécurisé à l'heure actuelle", rapporte The Guardian.
Pour Le Temps, les Européens veulent afficher "un message clair : condamner, une nouvelle fois, les attaques hybrides et menaces russes 'inacceptables', et démontrer que l’UE est déterminée à renforcer ses capacités de défense sur son flanc est".
Les incursions de drones dans les pays baltes sont loin d'être l'unique intimidation brandie par la Russie. "En parallèle, […] l’UE annonçait avoir convoqué le chargé d’affaires russe basé à Bruxelles, en réaction à la 'menace' de Moscou enjoignant les diplomates étrangers à quitter Kiev", poursuit le quotidien suisse. Le Service européen pour l’action extérieure veut s'entretenir avec l'émissaire russe auprès de l’Union, Karen Malayan, pour exiger du Kremlin qu’il "cesse de frapper des civils" et "s’engage dans de véritables pourparlers de paix, en commençant par un cessez-le-feu total et inconditionnel" [Politico]. D'autres pays comme l'Allemagne et la Norvège ont également convoqué les ambassadeurs russes sur leur territoire "pour protester contre ces menaces" [France 24].
Lundi 25 mai, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait en effet "appelé […] les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements", rapporte France 24. "Une nouvelle escalade de Poutine", souligne France Inter, qui note que "la veille, la Russie avait lancé l’une de ses plus violentes attaques de drones et de missiles contre Kiev et sa région, utilisant, pour la troisième fois seulement depuis le début de la guerre, son missile hypersonique Orechnik [capable de porter des charges nucléaires]".
"La France a de son côté balayé l'avertissement russe", constatent Les Échos. "On a l'habitude des menaces de Poutine. Hors de question d'évacuer [nos diplomates]", a affirmé le ministère des Affaires étrangères français, selon le journal économique. "L'Allemagne, l'un des principaux alliés de Kiev, a également […] assuré qu'elle 'ne se laisserait pas intimider'", ajoute France 24. Tout comme l'Ukraine qui appelle à "ne pas céder au chantage russe" [Les Échos].
Ces menaces interviennent dans un contexte particulier. "L'Ukraine exhorte l'UE à contribuer aux négociations visant à mettre fin à la guerre avec la Russie, un sujet qui sera abordé en détail lors d'une réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères à Chypre [qui débute ce mercredi]", explique la BBC. "Nous devons passer à un nouveau format de négociations avec la partie russe", a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, suggérant "une participation plus active de la part de l'Europe".
"Depuis l'invasion à grande échelle de la Russie en 2022, la plupart des pays [européens] ont mené une politique d'isolement et de sanctions, et tous ne s'accordent pas sur l'opportunité d'établir des contacts, même limités", relève la BBC. "La Russie a montré qu'elle n'était pas disposée à s'engager dans des négociations de paix en rejetant à plusieurs reprises les occasions qui s'étaient présentées", explique un représentant du ministère letton des Affaires étrangères cité par The Kyiv Independent.
À l'image de la Lettonie, d'autres États membres "comme la Suède et la Lituanie, considèrent que la Russie est actuellement acculée et souhaitent que la pression soit renforcée plutôt qu'allégée. D'autres, comme l'Italie, estiment qu'il n'est pas judicieux de rester plus longtemps en retrait", résume la BBC.
Pour la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, l'UE "doit d'abord s'accorder sur les conditions qu'elle fixerait pour les pourparlers de paix" [The Kyiv Independent]. En mars dernier, l'Estonienne avait "diffusé quelques pistes, qualifiées par un responsable européen de 'matière à réflexion'" [BBC]. Le média britannique rappelle que "si l’idée de nommer un envoyé, voire un groupe d’envoyés, sera évoquée à Chypre, les discussions sérieuses n’auront lieu qu’au niveau des dirigeants de l’UE, éventuellement lors de leur sommet le mois prochain".
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26.05.2026 à 12:05
Léa Deseille

"L'Europe suffoque", titre Politico. "Une partie de l'Europe est traversée cette semaine par une vague de chaleur exceptionnelle pour un mois de mai", écrit Ouest-France. Un phénomène "dû à l'afflux d'air chaud en provenance d'Afrique du Nord qui se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone", développe Le Temps. "Il s’agit d’un événement […]
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"L'Europe suffoque", titre Politico. "Une partie de l'Europe est traversée cette semaine par une vague de chaleur exceptionnelle pour un mois de mai", écrit Ouest-France. Un phénomène "dû à l'afflux d'air chaud en provenance d'Afrique du Nord qui se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone", développe Le Temps. "Il s’agit d’un événement sans précédent, millénaire, avec de l'ordre d'une chance sur 1 000 de survenir à cette période de l’année par rapport au climat de 1979-2025", analyse Christophe Cassou, climatologue [Le Monde].
"L'Espagne et le Portugal devraient connaître les températures les plus extrêmes cette semaine, certaines régions du Portugal enregistrant des températures proches de 40 degrés Celsius et certaines zones du sud de l'Espagne prévoyant d'atteindre 38°C", pointe Politico. Selon le service météorologique britannique, "le record absolu de température pour le mois de mai [a] été battu avec une température de 34,8 °C enregistrée aux jardins botaniques royaux de Kew, à Londres", note The Guardian. "Un feu de végétation s'est même déclaré sur le célèbre mont Arthur's Seat à Édimbourg, alors que la température a grimpé jusqu'à 25°C, a indiqué lundi [25 mai] soir le service national d'incendie et de secours d'Écosse, sur X" [Le Temps].
En France, la hausse des températures a eu des conséquences humaines. "Sept personnes ont trouvé la mort en France lors de l’épisode caniculaire, a annoncé mardi 26 mai le gouvernement", écrit La Croix, citant une interview de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement sur TF1. "Cinq noyades ont été recensées dans quatre départements et deux décès liés au sport à Paris et Lyon", poursuit le quotidien. "Tout ça méritera d’être précisé à la fin de l’épisode que l’on connaît aujourd’hui", a précisé la porte-parole.
Au total, "huit départements de l’ouest du pays - le Finistère, le Morbihan, la Manche, l’Ille-et-Vilaine, le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Vendée et la Loire-Atlantique - ont été placés en vigilance orange canicule par Météo-France à [minuit] dans la nuit de lundi à mardi", souligne Ouest-France. "Une première pour un mois de mai", relève La Croix.
"Le dôme de chaleur qui affecte actuellement l'Europe centrale agit comme un couvercle sur une casserole : il emprisonne l'air chaud à tous les niveaux inférieurs, formant des couches descendantes vers le sol", explique La Repubblica. Ce phénomène est la "traduction du changement climatique sur un continent qui se réchauffe plus vite qu’ailleurs", poursuit Ouest-France. Un rapport publié fin avril par le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) rappelait que depuis les années 1980, "l'Europe s'est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale" et que les "vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves" sur au moins 95 % du territoire européen [Le Temps].
"Selon le consensus scientifique, le changement climatique d’origine humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes comme les vagues de chaleur, les sécheresses et les inondations plus intenses", rappelle Ouest-France.
Ces prochains jours, "de nouveaux records devraient être enregistrés en France, en Espagne et au Royaume-Uni, avec des températures dépassant les moyennes saisonnières de 12 à 13 °C", relaie The Guardian. "Un scénario qui, avertissent les experts, risque de poser de graves problèmes pour les ressources essentielles comme l'eau et l'alimentation", déplore La Repubblica.
"Ces vagues de chaleur anormales ont en effet un coût, certains spécialistes n'hésitant pas à parler de 'choc macroéconomique'", s'inquiète La Tribune. "Les vagues de chaleur, les sécheresses et inondations de l’été 2025 auraient coûté 43 milliards d’euros à l’économie européenne", selon une étude de 2025 menée par des chercheurs de l’université de Mannheim et de la Banque centrale européenne. "L'impact économique pourrait persister, avec une facture qui pourrait monter à 126 milliards d’euros d’ici 2029", conclut La Tribune.
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22.05.2026 à 12:05
Florian Chaaban

"Les images des membres de la flottille humiliés en Israël déclenchent un incident diplomatique", titre Courrier international. "Le ministre de la sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant [le 20 mai] une vidéo de militants de la dernière flottille pour Gaza […]
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"Les images des membres de la flottille humiliés en Israël déclenchent un incident diplomatique", titre Courrier international. "Le ministre de la sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant [le 20 mai] une vidéo de militants de la dernière flottille pour Gaza agenouillés et les mains liées, après leur interception en pleine mer [lundi près de Chypre]" [Le Monde]. Des mauvais traitements perpétrés "à l'encontre de 430 militants (dont 37 Français)" [Libération].
Les premières réactions ne se sont pas fait attendre. Mercredi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, "a annoncé une première décision" [Libération]. "Les agissements de M. Ben Gvir à l'égard des passagers de la flottille Global Sumud, dénoncés par ses propres collègues au gouvernement israélien, sont inadmissibles", a-t-il fait savoir sur X, réclamant dans le même message "que l'ambassadeur d'Israël en France soit convoqué pour obtenir des explications". "La Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas et l'Italie" ont pris la même décision [Le Monde], cette dernière ayant demandé à l'UE, par la voix de son ministre des Affaires étrangères le 21 mai, "d'imposer des sanctions au ministre israélien d'extrême droite" [Le Figaro]. "L'Irlande et l'Espagne font également pression" dans ce sens, selon Euronews.
La colère ne se limite pas aux États de l'UE. "La Turquie, d'où était partie la flottille, s'est montrée la plus virulente en dénonçant la 'mentalité barbare' du gouvernement israélien", observe Le Monde, qui se fait également l'écho de l'indignation exprimée par "Berlin [et] Dublin". "'Nul ne devrait être sanctionné' pour sa défense des droits humains, a écrit, de son côté, sur X la commissaire européenne Hadja Lahbib, responsable de l'UE pour les situations de crise humanitaire, en relayant les images".
Si des militants "de plus de 40 pays se trouvaient à bord" du navire [BBC], les ressortissants européens y étaient nombreux. La radio britannique mentionne, outre les 37 Français et sur la base des chiffres communiqués par les pays concernés, "quelque 44 membres espagnols et 15 citoyens irlandais", tandis que Le Monde indique un total de "19 Grecs détenus lors de l'opération". Le chef de la diplomatie grecque, Giorgos Gerapetritis, a d'ailleurs annoncé dans un communiqué avoir déposé "une protestation officielle".
Une situation qui a provoqué des remous "jusqu'au gouvernement israélien" [Le Monde]. "Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a ainsi jugé que de telles images n'étaient 'pas conformes avec les valeurs d'Israël'", appelant toutefois "à expulser les militants dès que possible". Hier, "le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que les militants étrangers de la flottille arrêtés par les forces israéliennes avaient été expulsés [vers la Turquie], alors que la communauté internationale continue de dénoncer leur traitement par les autorités", note Euronews. "Les 37 ressortissants français ont aussi été expulsés par ces vols, mis à disposition par les autorités turques, et pris en charge à leur arrivée à Istanbul par l'ambassade de France pour un rapatriement dès que possible" [Le Monde].
Les Européens n'étaient pas parvenus, lors du Conseil Affaires étrangères du 21 avril, à se rallier à une suspension de l'accord d'association entre l'UE et Israël. Depuis, ils ont débloqué des sanctions visant des colons et organisations de colons israéliens en Cisjordanie. Reste à savoir s'ils iront plus loin.
"Dans une lettre adressée au président du Conseil européen, António Costa, et divulguée jeudi à l'AFP par une source gouvernementale anonyme, [le Premier ministre irlandais] Micheál Martin [l'exhorte] à prendre de 'nouvelles mesures' contre Israël concernant le traitement réservé aux militants" [France 24]. Il y appelle notamment "à un débat sur cette question lors de la prochaine réunion du Conseil européen en juin".
Avec une ligne claire : ces sanctions doivent selon lui "au minimum inclure l'interdiction des produits provenant des colonies israéliennes et la suspension d'une partie, voire de la totalité, de l'accord d'association entre l'UE et Israël […] qui comprend une clause exigeant le respect des droits de l'homme".
Bien qu'elle continue comme l'Allemagne à "s'opposer à la suspension de l'accord d'association entre l'UE et Israël" [Euractiv], l'Italie a comme l'Irlande "officiellement demandé à l'UE d'envisager des sanctions à l'encontre d'Itamar Ben-Gvir". L'Espagne, la Suède et la Belgique poussent aussi dans ce sens.
Or comme l'explique Politico, cette "campagne de plus en plus soutenue en faveur de nouvelles sanctions contre Israël […] se heurte à deux obstacles : le gouvernement tchèque et la crainte que de telles mesures ne renforcent la position des partisans de la ligne dure lors des prochaines élections en Israël". Selon un diplomate de l'UE souhaitant rester anonyme, "la vidéo [publiée par M. Ben Gvir] était un coup médiatique honteux, mais un coup médiatique électoral".
Le média européen résume les choses ainsi : si "la Hongrie n'est plus le défenseur indéfectible d'Israël sur la scène européenne, d'autres pays continuent de le soutenir fermement - et la confiance dans la capacité des électeurs israéliens à sanctionner les ministres extrémistes aux urnes apparaît comme un sujet de discussion récurrent en coulisses à Bruxelles".
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