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30.06.2026 à 13:11

La France s'aligne sur ses voisins concernant la taxation des petits colis extra-européens

Amélie Philotas

"La France rentre dans le rang" [Les Echos], "changeant ainsi son fusil d'épaule" [Libération]. Mardi 30 juin, le gouvernement français a annoncé suspendre à partir du 1er juillet la taxe française de 2 euros imposée aux petits colis extra-européens. Cette taxe, qui vise particulièrement les géants asiatiques tels que Shein, Temu ou AliExpress, devait être […]

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Texte intégral (1657 mots)
À compter du 1er juillet 2026, les petits colis extra-européens seront taxés à hauteur de 3 euros - Crédits : GKV / iStock
À compter du 1er juillet 2026, les petits colis extra-européens seront taxés à hauteur de 3 euros - Crédits : GKV / iStock

"La France rentre dans le rang" [Les Echos], "changeant ainsi son fusil d'épaule" [Libération]. Mardi 30 juin, le gouvernement français a annoncé suspendre à partir du 1er juillet la taxe française de 2 euros imposée aux petits colis extra-européens.

Cette taxe, qui vise particulièrement les géants asiatiques tels que Shein, Temu ou AliExpress, devait être additionnée au droit de douane européen de 3 euros, dont l'entrée en vigueur est prévue le même jour. Elle sera finalement remplacée par cette dernière, harmonisant les règles pour l'ensemble du marché unique.

L'uniformité de la taxe à l'échelle de l'UE évitera notamment aux plateformes extra-européennes de contourner les droits de douane en passant par des pays tiers, comme c'est majoritairement le cas depuis l'instauration de la taxe française, le 1er mars dernier.

Cette taxe "sera due pour chaque type d'articles, quel que soit leur nombre : si un colis comprend par exemple un t-shirt et une paire de chaussures, il faudra la payer deux fois", rapporte France 24. "Si le paquet comprend 5, 10 ou même 15 t-shirts, et aucun autre type d'articles, elle ne sera prélevée qu'une fois. Cette bizarrerie administrative est liée à la façon dont les droits de douane sont calculés au sein de l'UE."

S'aligner sur le marché européen

"Au 1er mars, la France a mis en place une taxe de 2 euros par catégorie d’articles achetés sur les plateformes d’e-commerce extra-européennes pour freiner l’afflux de 'colis', de moins de 150 euros, en provenance de Chine", rappelle Le Monde.

Initialement, cette mesure devait se cumuler, dès le 1er juillet, avec le droit de douane européen de 3 euros par type d'article commandé, portant le total de taxation à 5 euros pour la France, contre 3 euros pour le reste des pays de l'Union européenne.

Le 30 juin, le gouvernement français a finalement annoncé revenir sur cette mesure : "comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe [sur les] colis en plus du nouveau droit de douane de 3 euros", a expliqué à l'AFP le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin [Le Monde].

L'Italie, qui avait également imposé une taxation de 2 euros sur les petits colis depuis le 1er janvier 2026, a, le 22 juin, décidé le reporter le cumul des taxes au 1er octobre en raison de l'entrée en vigueur de la taxation européenne. Là aussi, cette mesure "servira à éviter le chevauchement des deux taxes qui auraient été déclenchées", rapporte le média italien Il Post.

Harmoniser : la clé face au contournement

La décision française et italienne se justifient également par le faible impact de cette taxe depuis que les plateformes de e-commerce ont trouvé le moyen de la contourner en expédiant par avion les marchandises dans d'autres pays européens, puis en les acheminant par la route jusque dans le pays concerné.  

Dans l'Hexagone, cette stratégie provoque "un 'déport de volume' de 'l'ordre de 90 % depuis le 1er mars', avait estimé à la mi-mai le directeur général des douanes, Florian Colas, évaluant le rendement de la taxe à 2,3 millions par mois, loin des 400 millions d'euros prévus sur l'année par le budget 2026" [France Info].

Face aux intérêts français ébranlés, Shein avait rappelé que "dans le respect du droit de l'Union européenne, une fois les marchandises légalement importées et mises en libre circulation, elles peuvent circuler au sein de l'Union européenne" [BFM Business]. D'où la nécessité d'une harmonisation douanière au sein des Vingt-Sept.

Une suspension "tactique" par une France "pionnière"

Selon le ministre du Commerce, Serge Papin, la suspension "éphémère" de la taxe française est d'ordre "tactique" pour "laisser s'installer la taxe européenne" et ne pas léser la France face à ses autres voisins européens à partir de juillet (la taxation d'un colis bénéficie au pays dans lequel arrive ce dernier) [TF1 Info].

"La taxe est temporaire […] et mise en place jusqu'à une refonte en profondeur du système douanier européen, prévue dans deux ans. Par ailleurs, elle sera complétée à partir de novembre par des 'frais de traitement', qui aideront à financer les services douaniers. Le montant n'a pas encore été fixé mais pourrait s'élever à deux euros par colis." [France 24]

Alors que la taxation des petits colis anticipée par la France entre mars et juillet n'a pas produit le résultat prévu par le budget 2026, le cabinet du ministre du Commerce parle toutefois d'une France "pionnière" en termes de taxation des petits colis. Serge Papin estime lui que "nous avons obtenu gain de cause" car "notre objectif était […] de pousser l'Europe à prendre des mesures" [France Info].

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29.06.2026 à 12:37

Canicule : alerte rouge aux Pays-Bas et dans les Balkans, systèmes de santé sous tension… l'Europe bat des records de température

Manon Mazuir

"Le pavé de Berlin, brûlant comme jamais", des pompiers "déployés dans les rues [de Prague] pour brumiser la vieille ville", des "problèmes cardiaques et de déshydratation [qui] s'accumulent [à Liège]" énumère France info. Le week-end dernier, "le Vieux Continent [a une nouvelle fois été] en surchauffe". "Au moins 193 millions d’habitants en Europe, dont 75 millions en […]

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Malgré les différents épisodes caniculaires, les mesures d’adaptation adoptées en Europe sont insuffisantes, estime le Conseil scientifique consultatif européen sur le climat - Crédits : Xurzon /iStock
Malgré les différents épisodes caniculaires, les mesures d’adaptation adoptées en Europe sont insuffisantes, estime le Conseil scientifique consultatif européen sur le climat - Crédits : Xurzon /iStock

"Le pavé de Berlin, brûlant comme jamais", des pompiers "déployés dans les rues [de Prague] pour brumiser la vieille ville", des "problèmes cardiaques et de déshydratation [qui] s'accumulent [à Liège]" énumère France info. Le week-end dernier, "le Vieux Continent [a une nouvelle fois été] en surchauffe".

"Au moins 193 millions d’habitants en Europe, dont 75 millions en Allemagne, ont connu des températures supérieures à 35 °C à un moment de la journée" samedi 27 juin, selon les calculs de l’Agence France-Presse [Le Monde].

"Les records se sont accumulés : le Danemark n’a jamais eu aussi chaud depuis la création des relevés météo en 1874, avec une température montant jusqu’à 37 °C. La République tchèque a, elle, enregistré son record de température à 40,6 °C. L’Allemagne a aussi battu, samedi, un nouveau record, avec 41,5 °C", liste le journal du soir.

Mais ce n'est pas tout. Aux Pays-Bas aussi, pays pourtant au nord de l'Europe,"une alerte rouge inédite est [entrée] en vigueur" vendredi dernier. "La plupart des écoles sont restées fermées vendredi et les autorités ont demandé de limiter les déplacements", explique Libération. La Pologne a également "battu son record historique de chaleur avec des températures atteignant 40,5 °C à Słubice, à la frontière polono-allemande", de même que la Hongrie "avec 40,7 °C enregistrés à Budakalász" [The Guardian].

"La canicule se déplace désormais vers le sud-est. Les Balkans sont en alerte rouge, notamment sur toute la côte Adriatique croate. Des températures de 39 °C sont attendues jusqu’à [aujourd'hui] en Serbie, en Macédoine du Nord, en Bosnie et au Monténégro", relate Libération.

1 300 décès en Europe

Des températures qui ont déjà un impact sanitaire considérable : "déjà 1 300 morts [sont] imputables à la canicule en Europe", d'après le bilan provisoire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), informe RFI. Avec un nombre élevé en France : selon Santé publique France, entre le 24 et le 28 juin "environ 1 000 décès supplémentaires ont été observés par rapport aux décès enregistrés les mois précédents" [Euronews].

"Dans plusieurs pays, le phénomène climatique et son cortège de pollution ont mis les systèmes de santé sous tension. […] Personnes âgées, malades chroniques, enfants, adolescents, personnes à la rue… la chaleur tue, par noyade, hyperthermie [ou] crise cardiaque", constate Le Monde. Selon les estimations, le nombre de décès en Europe est “disproportionnellement élevé par rapport à d’autres régions du monde”, avance Politico.

Plusieurs raisons peuvent être invoquées. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, a souligné dimanche que "les maisons, les lieux de travail et les écoles européens n'étaient pas construits pour ces températures", rapporte Euronews. Un constat corroboré par Politico : "les mesures prises pour protéger les Européens face à des étés de plus en plus chauds sont bien en deçà de ce qu’elles devraient être". "Le quotidien suisse Le Temps rappelle 'l’inadaptation des logements' en France, où budgets contraints et politique 'court-termiste' risquent d’entraîner, par exemple, la remise en location de 'passoires thermiques'", décrypte Courrier international.

Par ailleurs, "la climatisation reste peu répandue en Europe, y compris dans les établissements de santé. Or, selon une étude de 2007, [elle]  permettrait de réduire de 75 % les décès liés à la chaleur", relaie Courrier international se faisant l'écho de CBS News,"alors que seulement 20 % des Européens en sont équipés, contre 90 % des Américains" à ce jour. Surtout, l'Europe a une population vieillissante, et donc plus à risque.

Conséquences économiques

Au-delà des conséquences sanitaires, les répercussions économiques de ces épisodes de très fortes chaleurs "sont de plus en plus documentées, et loin d'être négligeables", alerte France Culture. Selon une étude récente publiée par l'assureur Allianz Trade, "les pertes cumulées dans les économies les plus exposées pourraient atteindre 5 à 7% du PIB sur la période 2026-2030, ce qui représente 210 milliards d'euros pour la France", détaille le média français. Et de poursuivre : "l'impact économique est particulièrement prononcé pour la France, y compris au sein de l'Europe" .

L'agriculture n'y échappe pas. Exemple représentatif de ce phénomène : le fleuve Pô en Italie qui "irrigue la plaine du même nom, inquiète. Celui-ci n’est jamais descendu aussi bas, aussi tôt dans la saison, et la chaleur précoce fait craindre une sécheresse destructrice pour les cultures dès le mois de juillet" [RFI]. Résultat : "les agriculteurs pourraient abandonner une partie de leurs récoltes". 

Une canicule vitrine du réchauffement climatique

"Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique", rappelle Le Monde. "Le Vieux Continent se réchauffe deux fois plus vite, en moyenne, que le reste du monde. En 2025 - la troisième année la plus chaude depuis qu’il existe des relevés -, la quasi-totalité de l’Europe (au moins 95 % du territoire) a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne calculée sur la période 1991-2020", s'alarme Courrier international.

La position géographique de l'Europe l'expose "à des modifications des courants de l’atmosphère induites par le changement climatique. La partie nord du continent est aussi proche de l’Arctique, une région qui se réchauffe encore plus vite, avec des conséquences pour le climat européen", fait valoir RFI. Autre explication de la radio française : "le continent est également celui où la qualité de l’air s’est le plus améliorée. Une bonne nouvelle pour la santé, mais la réduction des particules polluantes - qui renvoient une partie de la chaleur du soleil vers l’espace – accentue paradoxalement le réchauffement".

"La canicule actuelle montre une nouvelle fois que le réchauffement produit déjà des dégâts appelés à s’aggraver. Malgré cela, les mesures d’adaptation adoptées par le continent sont insuffisantes", a estimé récemment le Conseil scientifique consultatif européen sur le climat, conclut RFI.

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26.06.2026 à 12:00

Sommet franco-italien : Emmanuel Macron et Giorgia Meloni souhaitent créer une coalition internationale pour succéder à la Finul

Léa Deseille

"L’Italie et la France sont des partenaires indispensables", titre Quotidiano Nazionale. "Le premier entretien bilatéral officiel entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni était attendu depuis quatre ans, tout comme le premier sommet intergouvernemental entre l’Italie et la France depuis le traité conclu en 2021, qui renforçait la coopération bilatérale traditionnelle", rappelle Euronews. Les deux chefs […]

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Texte intégral (1999 mots)
À l'issue de leurs échanges, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni et le président français Emmanuel Macron ont tenu une conférence de presse - Crédits : Conseil des ministres -CC-BY-NC-SA 3.0 IT
À l'issue de leurs échanges, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni et le président français Emmanuel Macron ont tenu une conférence de presse - Crédits : Conseil des ministres italien - CC-BY-NC-SA 3.0 IT

"L’Italie et la France sont des partenaires indispensables", titre Quotidiano Nazionale. "Le premier entretien bilatéral officiel entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni était attendu depuis quatre ans, tout comme le premier sommet intergouvernemental entre l’Italie et la France depuis le traité conclu en 2021, qui renforçait la coopération bilatérale traditionnelle", rappelle Euronews.

Les deux chefs d'État ont fait plusieurs annonces lors de cette réunion attendue. "La France et l’Italie veulent mettre en place une 'coalition' multinationale à la fin du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) en décembre pour renforcer la 'souveraineté au Liban'", note Le Monde. "Nous avons décidé conjointement de lancer une coalition pour soutenir le Liban après la fin de la Finul et pourrions prochainement envisager la tenue d'une conférence internationale pour initier ce projet", a déclaré la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, cite Le Spiegel.

Protéger le territoire libanais

Le président français Emmanuel Macron souhaite lancer ce projet "naturellement en collaboration avec l'Union européenne et les Nations unies, afin de renforcer la souveraineté du Liban et d'empêcher que son territoire ne devienne le point de départ d'une nouvelle escalade régionale", rapporte l'agence de presse italienne Ansa.

"La Finul compte actuellement 7 500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Ils sont déployés dans le sud du Liban, le long de la Ligne bleue qui s'étend sur 120 kilomètres, traçant une frontière de facto entre le Liban et Israël", rappelle L'Orient-Le Jour. "Le mandat de la Finul prend fin en décembre et elle ne sera pas renouvelée en tant que telle. Rome et Paris sont d'importants contributeurs à cette mission et veulent donc préparer le relais", poursuit le quotidien francophone libanais. 

Une initiative également soutenue par l'Espagne

"'L'Italie et la France peuvent absolument faire la différence. […] Il est nécessaire, de notre point de vue, de garantir une présence internationale qui évite un vide sécuritaire extrêmement dangereux', a renchéri la Première ministre italienne Giorgia Meloni" [RFI]. "Bien sûr, un cadre juridique international est nécessaire. Et il lui faut un mandat qui puisse réellement faire la différence – ce qui a peut-être en partie fait défaut à la mission de la Finul ces dernières années"', a précisé la Première ministre italienne, poursuit Le Spiegel.

"Cette annonce intervient deux jours après un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et le président libanais, Joseph Aoun, au cours duquel le chef de l'État français avait indiqué qu'il mènerait des consultations avec plusieurs pays", écrit L'Orient-Le Jour. "Cette initiative bénéficie du soutien de plusieurs pays de l'Union européenne, dont la France, l'Italie et l'Espagne", ajoute le quotidien.

Une entente de surface ?

Les discussions lors du sommet à Antibes ne se sont pas arrêtées au Liban. "Les deux pays ont signé au total sept accords, entre le sommet intergouvernemental d’Antibes et le Forum économique qui s’est tenu en parallèle", note Euronews. "Les accords signés entre les deux pays dans plusieurs secteurs, à commencer par la défense et l’espace, sont bien là."

Les chefs d'État sont également revenus sur les rumeurs autour de leur relation. "Je crois que la coopération entre l'Italie et la France démontre que nos relations n'ont pas été glaciales, mais plutôt entre des personnes sérieuses qui discutent de politique", a lancé Giorgia Meloni, rapporte Quotidiano Nazionale. "J’avoue être un peu amusée par toutes les histoires qui circulent sur les coulisses de notre relation. Nous sommes deux personnes, comme l’a justement dit le président Macron, qui défendent leurs intérêts nationaux, mais qui savent travailler ensemble", a-t-elle ajouté.

"En esquivant les divergences sur l’Ukraine […], sujet déjà abordé à Berlin, les deux dirigeants ont préféré insister sur leurs principaux points d’accord", analyse Euronews. "Le sommet organisé jeudi à Antibes a donné lieu à des déclarations d’entente des deux dirigeants sur les principaux points, mais il faudra voir ce qu’il en restera lors des prochains rendez-vous internationaux qui les attendent", conclut le média européen.

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