12.06.2026 à 12:07
Léa Deseille

"Kaja Kallas, sous pression en raison de la réforme du service diplomatique européen promue par la France et l'Allemagne", titre Demócrata. Ancienne Première ministre estonienne, la cheffe de la diplomatie européenne est "devenue l'une des personnalités les plus suivies à Bruxelles après que plusieurs États membres ont ouvert un débat sur l'avenir du Service européen […]
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"Kaja Kallas, sous pression en raison de la réforme du service diplomatique européen promue par la France et l'Allemagne", titre Demócrata. Ancienne Première ministre estonienne, la cheffe de la diplomatie européenne est "devenue l'une des personnalités les plus suivies à Bruxelles après que plusieurs États membres ont ouvert un débat sur l'avenir du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), l'organisme chargé de coordonner la politique étrangère de l'UE" qu'elle dirige.
Selon le Financial Times, la France et l'Allemagne discutent notamment de propositions de réforme en profondeur du SEAE, "afin d'améliorer la réponse du bloc aux crises géopolitiques" [Agenzia Nova].
Également consulté par Reuters, un document élaboré par des responsables français présente trois scénarios : "placer l'ensemble de la politique étrangère de l'UE sous l'égide de la Commission, transférer les fonctions du service diplomatique au Conseil de l'UE, qui représente les États membres, et renforcer le rôle de Kallas dans le cadre d'une réorganisation institutionnelle plus large".
"Dans le cadre de la troisième option, Kallas gagnerait en pouvoir au sein de la Commission, devenant son 'premier vice-président exécutif', ainsi que le chef des commissaires et des départements responsables d'un large éventail de politiques telles que les relations extérieures, le commerce et le développement économique" [Internazionale]. Elle entretiendrait également "des liens plus étroits avec les dirigeants des gouvernements nationaux de l'UE, tandis que le service diplomatique se verrait confier un rôle plus restreint, axé sur la stratégie" [Reuters].
D'après l'agence, "ce document reflète l'opinion de nombreux responsables et diplomates de l'UE selon laquelle l'Union a réagi trop lentement et de manière trop disparate face à la guerre à Gaza et à d'autres situations d'urgence, dans un contexte de divisions entre ses institutions, ses dirigeants et les 27 gouvernements des États membres". Ils remettent notamment en cause "la capacité du SEAE à réagir efficacement à des crises géopolitiques telles que la guerre en Ukraine, les tensions avec l’Iran ou la politique du président américain Donald Trump", développe le quotidien helvétique Weltwoche.
"Plusieurs États membres critiquent les chevauchements entre le SEAE, les ministères nationaux des Affaires étrangères ainsi que les services compétents de la Commission et du Conseil des ministres", poursuit le média. En outre, "Kallas est engagée dans une lutte territoriale acharnée avec Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, concernant la question de savoir qui devrait diriger la politique étrangère de l'UE", rappelle Euractiv.
À ce stade, les discussions se tiennent principalement entre la France et l'Allemagne. "Pour l'instant, aucune proposition formelle n'a été soumise au vote et les Vingt-Sept n'ont pris aucune décision. Toute modification significative nécessiterait un large consensus politique entre les États membres", note Demócrata. D'ailleurs, "selon un diplomate européen, ce document interne, non approuvé par le ministre français des Affaires étrangères ni ses conseillers, ne reflète pas la position officielle de la France", souligne Politico.
La cheffe de la diplomatie européenne a néanmoins répondu à ces propositions. Dans un courriel consulté par Politico, elle s'adresse "aux 5 000 employés du SEAE, insistant sur la 'valeur ajoutée' apportée par ce service à l'Union". Elle y déclare qu'il y a "toujours place pour l'amélioration du fonctionnement du système et la réduction des doublons, tout en rappelant que les compétences de chaque institution sont définies par les traités de l'Union européenne" [Demócrata].
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11.06.2026 à 12:29
Valentin Ledroit

"Coup d'envoi d'une compétition attendue tous les quatre ans par des dizaines de millions de passionnés, grande fête planétaire et populaire dont on espère qu'elle tournera effectivement rond", entame Ouest-France. Organisée par le Mexique, le Canada et les États-Unis, la Coupe du monde débute ce jeudi 11 juin. Jusqu'au 19 juillet prochain, les fans de […]
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"Coup d'envoi d'une compétition attendue tous les quatre ans par des dizaines de millions de passionnés, grande fête planétaire et populaire dont on espère qu'elle tournera effectivement rond", entame Ouest-France. Organisée par le Mexique, le Canada et les États-Unis, la Coupe du monde débute ce jeudi 11 juin. Jusqu'au 19 juillet prochain, les fans de foot auront les yeux rivés sur les 104 matchs disputés durant la compétition.
Mais cette nouvelle édition du mondial sur le continent nord-américain suscite de nombreuses controverses, pointées par L'Équipe. "À part les prix scandaleux des places, le chaos des visas, l'interdiction faite aux Iraniens de dormir dans la ville américaine où ils jouent et à un arbitre somalien de participer à la Coupe du monde à laquelle il avait été sélectionné, le coût écologique exorbitant, la menace de voir la police anti-immigration aux portes des enceintes sportives […] et le sentiment qu'en étant prête à toutes les compromissions avec Donald Trump, la Fifa a perdu à la fois son pouvoir et son honneur, la Coupe du monde, vraiment, va être une belle fête", ironise le journal sportif.
"D'un côté, il y a plus d'équipes que jamais qui participent. De l'autre, à cause des politiques de l'administration Trump, cela ressemble plus à une Coupe du monde d'exclusion que d'inclusion", affirme Jules Boykoff, professeur à la Pacific University de l'Oregon et ancien footballeur professionnel pour NPR.
Le cas d'Omar Abdulkadir Artan en est la parfaite illustration. Ce dernier "aurait dû entrer dans l'histoire cette semaine en devenant le premier arbitre somalien à officier lors d'une Coupe du monde. Au lieu de cela, il suit les événements depuis l'étranger, s'étant vu refuser l'entrée sur le territoire américain sans aucune explication par l'administration Trump", retrace The Guardian. Pour le journal britannique, "cet épisode semble symbolique d'une Coupe du monde où le jeu mondial a été sacrifié au profit de la machine à fric cynique de la Fifa et des caprices de Trump".
L'arbitre somalien n'est pas la seule victime de la politique migratoire américaine. Selon une analyse des données de voyage réalisée par la BBC, "les supporters de plus d'un quart des pays participant à la Coupe du monde sont confrontés à des interdictions de voyager, à des restrictions plus strictes ou à des taux élevés de refus de visa".
Les mesures autoritaires instaurées par l'administration américaine sont pointées du doigt. Pour Deutschlandfunk, Donald Trump pourrait ainsi profiter de l'événement pour "suivre un scénario similaire à celui adopté par [Vladimir] Poutine lors de la Coupe du monde de football en Russie en 2018". Sous prétexte de garantir la sécurité, le pays a instauré de "nouvelles méthodes de surveillance qui pourraient subsister par la suite".
"Bien que le sport le plus populaire du monde puisse déconcerter nombre de soutiens du président, la relation qu'entretient Trump avec le football n'entre pas en contradiction avec sa politique, elle en est une émanation. Car ce sport est le terrain de jeu de ses semblables : les oligarques russes, les monarques moyen-orientaux et les magnats latino-américains", confirme The Atlantic, relayé par Courrier international.
El Mundo revient pour sa part sur les tensions géopolitiques qui entourent ce mondial. Dans un contexte de "pur désordre mondial", la compétition pourrait devenir "la vitrine indésirable des fractures du système international", analyse le quotidien espagnol.
"La participation de l'Iran à la Coupe du monde est [par exemple] éclipsée par le conflit qui a éclaté" entre Washington et Téhéran en février dernier, illustre AS. Comme le rapporte le journal sportif madrilène, les autorités iraniennes ont déjà menacé de boycotter les rencontres en cas de contestation politique : "Nous avons informé la Fifa que les membres de la sélection quitteraient le match dès que nous entendrions des slogans politiques dans les stades". La sélection iranienne a également dû délocaliser son camp de base au Mexique et ne se rendra aux États-Unis que les jours de matchs.
Face aux agissements de l'administration américaine, la Fifa, qui organise le tournoi, reste silencieuse. "Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, en janvier 2025, Gianni Infantino, le président de [l'instance], n'a eu de cesse de le glorifier. Le grotesque prix de la paix attribué, le jour du tirage au sort du Mondial, à celui qui a, depuis, notamment déclenché un nouveau conflit au Moyen-Orient, en est le symbole", dénonce L'Équipe.
Cette Coupe du monde 2026 pourrait devenir celle de tous les records, mais aussi "de tous les excès", titre Courrier international. Une chose est sûre : elle sera "la plus lucrative de l'histoire", ajoute l'hebdomadaire. Le tournoi s'impose en effet comme une opération financière massive : la Fifa prévoit des revenus records de "8,9 milliards de dollars […], soit près du double de ce que les Jeux olympiques de 2024 ont rapporté", relate The Guardian.
À cette pression financière s'ajoute un défi logistique et environnemental sans précédent. D'après El Mundo, le passage à 48 équipes pourrait transformer la compétition en "tournoi du chaos" en raison des risques pesant sur la sécurité et la gestion des flux de supporters. Le risque climatique est également pointé du doigt. The Independent estime même que des "conditions météorologiques extrêmes menacent la Coupe du monde 2026, alors que les joueurs et les supporters se préparent à affronter une chaleur étouffante".
Face à toutes ces polémiques, L'Équipe s'interroge : "le football peut-il sauver la Coupe du monde ?".
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10.06.2026 à 13:18
Amélie Philotas

Mettre en place "une stratégie diplomatique claire pour faire en sorte que la Russie ne pense plus que la guerre peut encore lui apporter le moindre bénéfice" [Euronews]. Tels ont été les mots du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors du sommet nordico-balte, qui s'est tenu dans la capitale estonienne, mardi 9 juin. Deux jours après […]
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Mettre en place "une stratégie diplomatique claire pour faire en sorte que la Russie ne pense plus que la guerre peut encore lui apporter le moindre bénéfice" [Euronews]. Tels ont été les mots du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors du sommet nordico-balte, qui s'est tenu dans la capitale estonienne, mardi 9 juin.
Deux jours après la rencontre à Londres entre les dirigeants français, allemand, britannique et ukrainien, les discussions se sont poursuivies à Tallinn avec ceux de huit pays nordiques et baltes. Parmi les sujets abordés : une réaffirmation du soutien à l'Ukraine pour son adhésion à l'Otan et à l'UE et la signature d'un accord de coproduction de drones. En parallèle, la Commission européenne a annoncé la préparation d'un 21e paquet de sanctions contre la Russie.
L'un des points forts de ce sommet, qui a réuni le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande, l'Islande, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie : le renouvellement commun du soutien à l'intégration de l'Ukraine dans l'Union européenne et l'Otan.
Avant de déclarer que "l'adhésion de l'Ukraine à l'UE devrait être achevée dès que possible", les leaders ont salué les "progrès réalisés" par Kiev et ont plaidé pour l'ouverture "sans retard" des négociations avec l'Ukraine "en juin-juillet 2026" [La Dépêche].
Concernant son adhésion à l'Otan, les huit pays affirment soutenir la demande de Kiev "dans sa marche irréversible vers une intégration euro-atlantique complète", d'autant que le pays est "un partenaire de sécurité stratégique pour l'Otan, contribuant directement à la sécurité euro-atlantique", rapporte Le Figaro.
Ces déclarations vont de concert avec celles du dirigeant estonien, Alar Karis, lors d'une rencontre avec Volodymyr Zelensky, précédant le sommet. Au cours de cette entrevue, l'Estonien a notamment déclaré que "l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne et à l'Otan n'est pas un espoir lointain pour le peuple ukrainien mais une attente justifiée" [Estonian World].
En marge du sommet, une discussion entre les dirigeants ukrainien et letton a également débouché sur la signature d'un accord en matière de drones "afin de renforcer le secteur de la défense des deux pays et d'échanger leurs expertises respectives et leurs expériences" [La Libre], a annoncé Volodymyr Zelensky sur le réseau social X.
Selon le président ukrainien, "ce sont des mesures concrètes pour renforcer notre défense et notre coproduction communes. C'est précisément le type de collaboration que nous construisons avec ceux qui nous soutiennent depuis toutes ces années face à la guerre de la Russie", relève le média belge.
Cet accord est d'autant plus pertinent pour les Lettons que leur pays est régulièrement la cible d'incursions de drones russes. Comme le rapporte L'Express, "un drone a été abattu ce lundi [8 juin] après être entré en Lettonie en provenance de Russie".
La rencontre entre les huit dirigeants nordiques et baltes a aussi permis à Volodymyr Zelensky de réitérer sa volonté d'imposer des sanctions plus sévères vis-à-vis de la Russie.
Le même jour, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé la mise en place du 21e paquet de sanctions de l'UE contre la Russie, justifiant que "le conflit au Moyen-Orient et les perturbations des chaînes d'approvisionnement énergétiques mondiales ont assoupli une certaine pression sur la Russie" [The Kyiv Independent].
Ce nouveau paquet inclut "de nouvelles mesures visant le pétrole russe et des sanctions dans le domaine de la pêche. L'UE propose aussi d'interdire l'entrée dans son espace à toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre en Ukraine", résume RFI.
Volodymyr Zelensky le sait : ce sommet nordico-balte pose les bases des négociations des semaines et mois à venir. The Kyiv Independent rappelle que "les principaux rassemblements internationaux [qui se tiendront] plus tard cet été, y compris les sommets de l'UE [les 18 et 19 juin], du G7 [du 15 au 17 juin] et de l'Otan [les 7 et 8 juillet]" seront déterminants.
Plus que jamais, il s'agit donc pour le président ukrainien de poursuivre ses efforts diplomatiques, tout d'abord pour "intensifier la pression sur la Russie pour l'amener à la table des négociations" [Euronews], mais aussi dans l'objectif de se rapprocher de son adhésion, tant convoitée, à l'UE et à l'Otan.
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