16.04.2026 à 12:23
Valentin Ledroit

"Giorgia Meloni a longtemps agi comme si elle pouvait y échapper. Malgré l’engouement des débuts et les preuves postérieures de loyauté de la dirigeante italienne, le président des États-Unis a fini par la prendre pour cible à son tour", retrace Le Monde. Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, mardi 14 avril, Donald Trump […]
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"Giorgia Meloni a longtemps agi comme si elle pouvait y échapper. Malgré l’engouement des débuts et les preuves postérieures de loyauté de la dirigeante italienne, le président des États-Unis a fini par la prendre pour cible à son tour", retrace Le Monde.
Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, mardi 14 avril, Donald Trump a attaqué frontalement la présidente du Conseil italien. "Je suis choqué par elle. Je pensais qu’elle avait du courage, je me trompais", tacle le pensionnaire de la Maison-Blanche qui reproche notamment à Giorgia Meloni de ne pas avoir engagé son pays aux côtés des États-Unis dans le détroit d'Ormuz.
Cet épisode pourrait marquer un tournant majeur dans la relation entre les deux dirigeants. Il y a encore peu de temps, la cheffe du gouvernement italien était aux yeux de Donald Trump une "leader fantastique", une "personne spéciale" et "une très belle jeune femme", rappelle Libération. Giorgia Meloni considérait quant à elle le président américain comme "un leader fort", un "'ami' dont elle n’excluait pas de proposer [le] nom pour le prix Nobel de la paix".
Il faut remonter au début de la semaine pour trouver l'origine de cette soudaine dégradation des relations. Lundi 13 avril, Donald Trump a allumé la mèche en jugeant le pape Léon XIV "faible sur la criminalité", après que le souverain pontife "a manifesté sa ferme opposition aux entreprises guerrières menées par Israël et les États-Unis au Moyen-Orient" [Le Monde].
"Coincée entre le pape et le président américain, Giorgia Meloni s'est retrouvée dos au mur", constate La Libre. "Après neuf heures d'hésitations, elle a jugé qu'elle ne pouvait plus ignorer la situation et a pris position pour défendre le pape", qualifiant d'"inacceptable" l'attaque de Donald Trump, rapporte Libération. "Giorgia Meloni, dirigeante d’un pays dont la capitale est aussi celle de l’Église universelle, ne pouvait plus se permettre la moindre ambiguïté après cet affront fait à l’évêque de Rome", estime Le Monde.
"Dans la foulée, la Première ministre italienne a annoncé suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël ratifié en 2006 et renouvelé tacitement tous les cinq ans", indique La Croix. L'accord avec l'État hébreu qui "encadre la coopération entre les deux pays dans l’industrie de défense, la formation des militaires, la recherche et les technologies d’information" devenait "politiquement difficile [à] maintenir", a indiqué une source diplomatique à l'AFP, relayée par le quotidien chrétien.
Pour Le Monde, Giorgia Meloni a été contrainte d'opérer un virage stratégique sur cette question. "La présidente du Conseil a perdu les 22 et 23 mars un référendum capital sur la réforme constitutionnelle, non seulement sur le plan des valeurs républicaines, mais aussi du fait des implications économiques redoutées de la guerre que mènent ses alliés américain et israélien". Fin mars, elle avait déjà "refusé que des avions de combat américains engagés dans la guerre au Moyen-Orient atterrissent sur la base militaire de Sigonella, dans l’est de la Sicile", complète Libération.
Des réactions qui n'ont visiblement pas plu à Donald Trump. Dès le lendemain, le président américain est donc revenu à la charge. "Comme à son habitude, le sulfureux locataire de la Maison-Blanche a fourni aux journalistes une bonne dose de phrases chocs", note Courrier international. Interrogé par le Corriere della Sera sur sa récente passe d'armes avec Giorgia Meloni, le président américain s'emporte : "c’est inacceptable […] elle ne veut pas nous aider avec l’Otan, elle ne veut pas nous aider à nous débarrasser de l’arme nucléaire [iranienne]. […] Elle ne veut pas s'impliquer alors qu'elle obtient son pétrole là-bas".
"Dans le monde, [Giorgia Meloni] se présentait comme le pont entre l’UE et l’Amérique et le pont s’est écroulé. […] Elle va devoir réinventer son message, ses relations, son statut sur la scène européenne et internationale", analyse une éditorialiste de La Stampa. Car la Première ministre italienne est également fragilisée après "la défaite de son allié hongrois Viktor Orbán" lors des élections législatives du 12 avril [Libération].
À la recherche d'un rebond, Giorgia Meloni sera à Paris ce vendredi 17 avril, où elle rencontrera Emmanuel Macron, mais aussi le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer, "pour discuter du blocus du détroit d'Ormuz et d'une éventuelle expédition terrestre dans la zone", annonce La Repubblica. Pour le journal transalpin, cette réunion doit permettre de "signaler discrètement à Washington qu'il existe une alternative au 'turbo-trumpisme' affiché par le gouvernement italien ces derniers mois".
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15.04.2026 à 14:06
Amélie Philotas

"Positionner l'Espagne comme un interlocuteur fiable entre l'Europe et la Chine dans un contexte international de plus en plus fragmenté" [Euronews]. Tel était l'un des principaux objectifs du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, lors de sa visite diplomatique en Chine qui s'achève ce mercredi. Un déplacement entamé le 13 avril. Ces trois jours se résument […]
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"Positionner l'Espagne comme un interlocuteur fiable entre l'Europe et la Chine dans un contexte international de plus en plus fragmenté" [Euronews]. Tel était l'un des principaux objectifs du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, lors de sa visite diplomatique en Chine qui s'achève ce mercredi. Un déplacement entamé le 13 avril.
Ces trois jours se résument notamment à "deux appels lancés à Xi Jinping [à l'occasion d'un discours dans la prestigieuse université de Tsinghua] : que la Chine 's'ouvre afin que l'Europe n'ait pas à se refermer' et qu'elle 'fasse davantage, en exigeant le respect du droit international et la fin des conflits au Liban, en Iran, à Gaza, en Cisjordanie et également en Ukraine'", résume El País.
La demande d'ouverture faite à la Chine répond à une problématique clairement identifiée : la nécessité de "rééquilibrer sa balance commerciale avec l'Europe" [Le Parisien]. Le Premier ministre espagnol tablait ainsi "sur des investissements et des transferts de technologie […], tout en cherchant à équilibrer des échanges commerciaux largement déficitaires pour l'Espagne [et l'UE]" [Les Échos].
Pour convaincre ses interlocuteurs chinois, Pedro Sánchez a revêtu le costume "[d']ambassadeur européen" [El País]. Le message est aussi clair que les chiffres. "L'UE a besoin que la Chine 'nous aide à corriger le déficit commercial que nous avons avec elle, un déficit non équilibré, qui a encore augmenté de 18 % l'an dernier, et qui est intenable pour nos sociétés à moyen et long terme'", a déclaré le leader espagnol, rapporte Courrier International.
Pour l'Espagne aussi, cette visite était importante. Alors que "le déficit commercial avec la Chine représente 74 % du déficit total de l'Espagne" [Le Parisien], "Madrid cherche à profiter de la bonne ambiance diplomatique pour attirer des investissements chinois sur son territoire. Les flux d’investissement progressent : 643 millions d’euros en 2025, contre 149 millions en 2024, selon la Fondation Conseil Espagne-Chine, une entité privée soutenue par le ministère des affaires étrangères espagnol" [Le Monde].
Le déplacement de Pedro Sánchez a notamment débouché sur l'annonce d'un "paquet de 19 accords bilatéraux pour renforcer les relations économiques entre [l'Espagne et la Chine]", rapporte Euronews. Parmi ces accords, "plus d'une dizaine sont liés à la sphère économique, dans le but de stimuler les relations commerciales entre les deux nations", précise le média.
La visite de Pedro Sánchez en Chine ne s'est pas seulement focalisée sur l'aspect commercial. "Le déplacement de l'Espagnol intervient dans un contexte tendu entre Madrid et Washington. Donald Trump a menacé, début mars, de mettre fin à ses échanges commerciaux avec l’Espagne, lorsque Madrid a refusé l’utilisation de ses bases militaires pour des frappes américaines contre l'Iran", retrace Le Monde.
Le chef du gouvernement a notamment insisté sur la reconnaissance de la Chine en tant que superpuissance, rappelant qu'il "y a des objectifs qui sont 'inatteignables' sans [elle], qui doit être plus impliquée dans la défense efficace du droit international et contribuer à l’arrêt des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine" [El País].
Xi Jinping et Pedro Sánchez "font une lecture extrêmement critique de la politique menée par les États-Unis et de ses conséquences, et leurs messages convergent", observe Le Monde. Si "la critique de la politique du magnat américain est partagée par la plupart des autres dirigeants occidentaux, chez le chancelier allemand, Friedrich Merz, ou le président français, Emmanuel Macron, elle ne conduit pas automatiquement à se tourner vers Pékin, avec qui les contentieux sont également profonds, en particulier sur le soutien économique et diplomatique continu de la Chine à la Russie dans la guerre en Ukraine", complète le journal du soir. Reste désormais à savoir si la brèche ouverte par l'Espagnol a infléchi cette dynamique.
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14.04.2026 à 12:59
Manon Mazuir

"Pour sa première conférence de presse, longue de presque trois heures, au lendemain de son écrasante victoire contre le Fidesz de Viktor Orbán, Péter Magyar s’est engagé à mener une politique européenne constructive, en opposition totale avec celle du Premier ministre sortant", constate Courrier international. Il a "appelé à la formation rapide d'un nouveau gouvernement, […]
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"Pour sa première conférence de presse, longue de presque trois heures, au lendemain de son écrasante victoire contre le Fidesz de Viktor Orbán, Péter Magyar s’est engagé à mener une politique européenne constructive, en opposition totale avec celle du Premier ministre sortant", constate Courrier international.
Il a "appelé à la formation rapide d'un nouveau gouvernement, dans le but d'une passation officielle des pouvoirs le 5 mai prochain" [Euronews]. "Le peuple hongrois n'a pas voté pour un simple changement de gouvernement, mais pour un changement complet de régime", a-t-il déclaré.
"En ce qui concerne les nombreux litiges qui ont opposé Budapest à la Commission européenne dans le passé, Péter Magyar dit vouloir obtenir le dégel des fonds européens bloqués par Bruxelles", rapportent Les Echos. Car les enjeux sont de taille, explique Politico : "la Hongrie passe à côté d’environ 10,4 milliards d’euros de prêts au titre de la Facilité pour la reprise et la résilience, de 7 milliards d’euros de fonds de cohésion et de 16 milliards d’euros de prêts SAFE destinés à la défense". Budapest verse également "un million d’euros par jour à la Cour de justice de l’Union européenne pour avoir enfreint les politiques migratoires de l’Union. À cela s’ajoutent les fonds suspendus dans le cadre des programmes Erasmus+ et Horizon Europe", énumère le média.
"Péter Magyar a besoin que la Commission débloque les fonds d'ici la fin du mois d'août, sans quoi la Hongrie pourrait [les] perdre" [Politico]. Dans cette optique, le chef du parti Tisza "a affirmé disposer d’un plan en quatre points pour parvenir à un accord avec Bruxelles, et a indiqué avoir déjà été en négociations avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen" [Euronews]. "Il s'agit de mesures de lutte contre la corruption, y compris l'adhésion au Parquet européen", a déclaré le futur Premier ministre, cité par le média européen.
Sont également prévus "le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire et des autorités d’enquête, la garantie de la liberté de la presse, ainsi que l’autonomie des universités et la protection de la liberté académique", liste Euronews.
Péter Magyar a "annoncé qu’il était de l''intérêt' de son pays de rejoindre la zone euro", ajoute Courrier international. "Nous étudierons le budget, nos engagements internationaux, et nous aurons un débat public. Cela fait, nous prendrons une décision sur la date et les moyens par lesquels la Hongrie pourra satisfaire aux critères de Maastricht [nécessaires pour l’adhésion à la zone euro]", a-t-il déclaré.
Au cours d'une conférence de presse, le vainqueur des élections "a affirmé vouloir entretenir des relations constructives avec l’ensemble des voisins de la Hongrie, y compris l’Ukraine, et s’est dit prêt à rencontrer le président Volodymyr Zelensky", relate Euronews. Il a souligné "que l'Ukraine ne pouvait être contrainte d'accepter un accord de paix qui l'obligerait à céder des territoires".
En ce qui concerne le prêt de 90 milliards d'euros accordé par l'UE à l'Ukraine, Péter Magyar "a indiqué qu’il était prêt à lever le veto de Budapest" [Politico]. Viktor Orbán, qui avait initialement donné son feu vert "après avoir obtenu de ne pas participer financièrement à ce prêt, […] avait repris sa parole en début d'année", rappellent Les Echos. Son successeur, invoquant la mauvaise situation budgétaire du pays, a toutefois "précisé qu'il comptait rester en dehors de la contribution financière au prêt. La présidence chypriote a indiqué qu'elle remettrait le sujet sur la table des représentants permanents des États membres 'aussi vite que possible'".
Quant au 20e paquet de sanctions contre la Russie, également objet du veto de Viktor Orbán, il "pourrait être prochainement levé, avec un futur gouvernement hostile à Moscou", précise RTL. "Gare toutefois à ne pas surestimer l'enthousiasme du prochain dirigeant hongrois à l'égard de l'Ukraine", tempère un diplomate auprès de l'AFP : "Magyar voudra […] ne pas se laisser caricaturer comme étant la chose de Bruxelles".
D'ailleurs, le chef du parti Tisza a souligné que son parti "avait toujours déclaré ne pas soutenir une adhésion accélérée de l’Ukraine : 'il s’agit d’un pays en guerre, il est totalement exclu que l’Union européenne admette un pays en guerre'", a-t-il confirmé hier [20 Minutes]. "Si l’Ukraine devait être admise, il y aura un référendum en Hongrie. […] Mais je ne pense pas que cela se produira dans un avenir proche, ni dans les dix prochaines années", a-t-il poursuivi.
"L'erreur serait de [voir le nouveau leader hongrois] comme un anti-Orbán absolu. Péter Magyar a des positions assez conservatrices. Il partage notamment la vision de son prédécesseur sur les questions d'immigration", complète Radio France. "La Hongrie adopte une position très stricte à l'égard de l'immigration clandestine. Elle n'acceptera aucun pacte ou mécanisme de répartition, et nous conserverons la clôture de la frontière méridionale - et nous colmaterons les brèches qui s'y trouvent actuellement", a-t-il précisé, cité par Euronews.
Le conservateur pro-européen a néanmoins "exprimé sa volonté de trouver une solution aux amendes quotidiennes d’un million d’euros infligées par la CJUE pour non-respect des règles en matière d’asile", tempère le média européen : "il y a d'autres pays qui ont réussi à se conformer à la législation de l'UE sans permettre aux migrants irréguliers d'entrer. Si la Slovaquie et la Pologne ont pu résoudre ce problème, nous le pouvons aussi", a assuré Péter Magyar.
Pour Politico toutefois, si "la victoire de [l'opposant à Viktor Orbán] ne doit pas être interprétée comme le rejet d’une forme de conservatisme national suscitant des inquiétudes dans certains cercles de l’UE, […] Bruxelles et Magyar y voient tous deux une occasion de redéfinir fondamentalement les relations de la Hongrie avec [l'UE]".
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