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10.07.2026 à 12:45

Espionnage : l'Italie expulse deux agents russes sous couverture diplomatique

Manon Mazuir

"À Rome, la diplomatie russe vient de perdre deux attachés militaires et un peu de discrétion", entame L'Express. L'Italie a annoncé, jeudi 9 juillet, "l'expulsion de deux agents des services de renseignement russes présents sur son territoire sous couverture diplomatique, dénonçant une 'ingérence grave et inacceptable'", informe Libération. "Le gouvernement italien a décidé d'expulser deux […]

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Texte intégral (1884 mots)
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a dénoncé l'utilisation par la Russie d'armes hybrides contre l’Italie et l’Occident - Crédits : Дмитрий Шулейко / iStock
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a dénoncé l'utilisation par la Russie d'armes hybrides contre l'Italie et l'Occident. Ici, l'ambassade russe à Rome - Crédits : Dmitri Chouleyko / iStock

"À Rome, la diplomatie russe vient de perdre deux attachés militaires et un peu de discrétion", entame L'Express. L'Italie a annoncé, jeudi 9 juillet, "l'expulsion de deux agents des services de renseignement russes présents sur son territoire sous couverture diplomatique, dénonçant une 'ingérence grave et inacceptable'", informe Libération.

"Le gouvernement italien a décidé d'expulser deux attachés militaires de l'ambassade de la Fédération de Russie en Italie, impliqués dans des activités d'espionnage", a écrit sur X le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani [Le Figaro]. Le chef de la diplomatie italienne a ainsi "communiqu[é] à l'ambassadeur russe à Rome qu'Ivan Petrovich Gorbachev et Mikhaïl Astakhov [devaient] quitter [la capitale italienne] dans un délai de trois jours" [France 24].

Une décision forte, à laquelle Moscou a promis "une réponse appropriée", relate le média français, citant l'agence de presse Ria Novosti. De son côté, l'ambassadeur russe à Rome, Alexeï Paramonov, s'en est pris "à la diplomatie italienne, accusée de vouloir limiter l'influence russe dans la péninsule" [L'Express].

Des informations liées à l'Ukraine et à la sécurité européenne

"Au moins un des deux agents russes a collecté, en échange d'argent, des informations relatives au système franco-italien de défense antiaérienne SAMP/T, que l'Ukraine doit recevoir cette année pour le tester, et aux missiles franco-italiens Aster déjà livrés à Kiev", précise Libération. Il "s'intéressait également à la mission de l'Otan en Bulgarie ainsi qu'à l'entreprise italienne Avio, qui produit des moteurs de drones et des missiles supersoniques", complète le quotidien français.

L'annonce de ces expulsions "intervient deux jours après l'arrestation de deux anciens agents des services de renseignement italiens accusés d'avoir livré à Moscou des informations sensibles relatives notamment à l'aide militaire à l'Ukraine", explique Le Télégramme.

Les deux affaires seraient liées, l'un des agents russes étant "accusé d'avoir rémunéré l'un des deux ex-espions italiens, selon une enquête de la justice italienne", poursuit le journal régional. Comme le révèlent des écoutes, "de nombreux fichiers [auraient] été transmis [par Gavino Raoul Piras, ancien des services de renseignement italien] à l'agent des services secrets russes, Mikhaïl Astakhov, l'un des deux fonctionnaires expulsés", rapporte la Rai.

"Les juges italiens décrivent des documents classifiés, allant du 'confidentiel' au 'secret', et parfois marqués 'Nato (Otan) Secret'" [L'Express]. Il n'y aurait cependant, selon la justice, aucun "risque potentiellement préjudiciable de manière exceptionnellement grave aux intérêts de la République", dans la mesure où "aucune information ne semble en effet avoir été classée 'très secret'", nuance la Rai.

Guerre hybride

"Ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg", a estimé mardi dernier le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, cité par France 24, dénonçant "un conflit hybride" mené par Moscou. Même son de cloche du côté d'Antonio Tajani, pour qui la Russie "continue d'utiliser des 'armes hybrides' contre l'Italie et l'Occident" [L'Express].

Moscou n'en est pas à son premier coup d'essai en Italie. En 2021, "deux diplomates russes avaient déjà été expulsés après l'arrestation de Walter Biot, officier de la marine italienne accusé d'avoir vendu à l'ambassade russe des documents italiens et de l'Otan" [L'Express].

"Depuis le sommet de l'Otan à Ankara, le ministre de la Défense a reconnu sans détour la vulnérabilité du pays face à la pénétration russe" : "je ne suis pas surpris, les espions sont partout", a-t-il déclaré [L'Opinion]. Avant de rappeler que l'offensive de Moscou "ne se limite pas à la recherche d'informations classifiées, mais vise aussi l'espace public, à travers les réseaux sociaux, les opérations d'influence et la manipulation de l'opinion, à un an des élections législatives de 2027", souligne le quotidien français.

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09.07.2026 à 12:14

Sommet de l'Otan à Ankara : attaques contre l'Espagne, visées sur le Groenland, "beaucoup d'amour"… Donald Trump souffle le chaud et le froid envers ses alliés européens

Valentin Ledroit

"L'Otan résiste à l'épreuve de Trump lors d'un sommet chaotique à Ankara", titre La Vanguardia. Le président américain "avait déjà plusieurs dossiers à distribuer [lors de ce rendez-vous] : l'Iran, le Groenland, les dépenses militaires européennes, les alliés jugés insuffisamment mobilisés. Mais mercredi 8 juillet, c'est l'Espagne qui a concentré ses attaques", entame L'Express. L'Espagne, […]

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Texte intégral (1991 mots)
Le président américain, Donald Trump aux côtés du Secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, lors de la première journée du sommet, lundi 7 juillet
Le président américain, Donald Trump aux côtés du Secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, lors de la première journée du sommet, lundi 7 juillet - Crédits : Otan

"L'Otan résiste à l'épreuve de Trump lors d'un sommet chaotique à Ankara", titre La Vanguardia.

Le président américain "avait déjà plusieurs dossiers à distribuer [lors de ce rendez-vous] : l'Iran, le Groenland, les dépenses militaires européennes, les alliés jugés insuffisamment mobilisés. Mais mercredi 8 juillet, c'est l'Espagne qui a concentré ses attaques", entame L'Express.

L'Espagne, nouvelle cible privilégiée de Donald Trump

Dès l'ouverture du sommet, le Républicain a qualifié Madrid de "cause perdue" et de "terrible partenaire au sein de l'Otan", relate la BBC. Donald Trump "n'a manifestement pas pardonné au gouvernement de Sánchez, dirigé par les socialistes, de ne pas avoir autorisé les États-Unis à utiliser les bases de Morón et de Rota pour des missions s'inscrivant dans le cadre de la guerre contre l'Iran", poursuit le média britannique.

Autre grief : les dépenses militaires. "Donald Trump veut pousser les alliés de l'Otan à consacrer 5 % de leur PIB à la défense [à horizon 2035]". Un objectif jugé irréaliste par Madrid qui affirme, par ailleurs, "pouvoir respecter ses engagements avec 2,1 % du PIB", note L'Express.

En guise de représailles, le pensionnaire de la Maison-Blanche a agité ses traditionnelles menaces commerciales. "Je ne veux pas faire affaire avec eux, d'accord ?", a déclaré le président américain avant d'affirmer qu'il allait préparer un "menu de produits espagnols à mettre sous embargo" [Reuters].

Face à ces menaces, le gouvernement de Pedro Sánchez a choisi de "ne pas donner l'importance que d'autres voudraient" à ces propos, privilégiant la carte de la retenue, relaie El Mundo. L'épisode a également provoqué une réaction du côté de la Commission européenne. "Un porte-parole de l'exécutif européen a assuré que Bruxelles 'veillera toujours' à protéger les intérêts de l'Union et de tous ses États membres", souligne L'Express. Le magazine rappelle aussi que "l'Espagne appartient à l'Union européenne", que "[sa] politique commerciale relève de la Commission européenne", et que le pays "ne peut donc pas être traité comme un partenaire commercial isolé du reste du marché unique".

L'obsession du Groenland

Outre le dossier espagnol, Donald Trump a également ravivé les tensions avec le Danemark en réitérant son souhait d'acheter le Groenland. "[Ce territoire] est très important pour les États-Unis, mais n'est pas important pour le Danemark", a affirmé le milliardaire, cité par 20 Minutes. Le média note que "l'Alliance atlantique a traversé de graves turbulences en début d'année, quand Donald Trump a menacé de s'emparer, éventuellement par la force, du Groenland, jugé indispensable à la sécurité des États-Unis". Avant que le président américain ne fasse marche arrière.

Depuis le début d'année, les dirigeants groenlandais et danois ont répété que le territoire n'était "pas à vendre", "ce qu'a réitéré la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, mercredi" [BBC]. Une position, là encore, soutenue par la Commission européenne qui a précisé que "[c'était] aux Groenlandais et aux Danois qu'il appartenait de prendre les décisions concernant le Groenland".

Du vitriol à "l'amour"

Pourtant, à l'issue des séances de travail, le ton a radicalement changé. Après avoir fustigé ses partenaires, Donald Trump a même vanté l'harmonie des échanges à huis clos : "il y avait beaucoup d'amour dans la pièce, beaucoup d'unité" [Courrier international]. Plus tard, Pedro Sánchez a même déclaré lors d'une conférence de presse que lui et Trump "avaient évoqué la Coupe du monde de football, organisée par les États-Unis, ainsi que le golf, mais pas les dépenses militaires", rapporte Reuters.

Ce revirement s'est également traduit par une annonce majeure concernant l'Ukraine. "Donald Trump a donné son feu vert à l'Ukraine pour la fabrication sous licence de missiles Patriot", une technologie essentielle "pour la défense antimissile de [Kiev] face aux salves russes" [Le Monde]. "De cette façon, vous ne pourrez plus vous plaindre que nous ne vous en donnons pas assez", a lancé le dirigeant américain [The Guardian]. Mais les contours de cette promesse restent flous, tant la construction de telles armes sera un processus "cher, complexe et long", pointe le quotidien britannique.

Citant El País, Courrier international relève toutefois que "l'inconstance" des déclarations de Donald Trump a "jeté une ombre sur la réunion", pourtant "soigneusement orchestrée". "À tel point que l'alliance n'a pas encore fixé de date pour le prochain sommet, initialement prévu l'année prochaine en Albanie et qui pourrait être reporté".

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08.07.2026 à 12:05

"Verdict complexe", "peines plus clémentes"… la presse européenne réagit à la condamnation de Marine Le Pen et à sa candidature à la présidentielle

Léa Deseille

"La France se réveille ce mercredi [8 juillet] les yeux encore embrumés", écrit la BBC. "Beaucoup étant encore incrédules face au tumulte politique déclenché la veille par la figure de proue de la droite nationaliste, Marine Le Pen", poursuit la radio britannique. "Condamnée mardi en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national, […]

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Texte intégral (2376 mots)
Marine Le Pen prononce un discours lors de la Convention "Europa Viva 24", organisée par l'extrême droite européenne, en mai 2024 - Crédits : Flickr Vox España CC0 1.0
Marine Le Pen prononce un discours lors de la Convention "Europa Viva 24", organisée par l'extrême droite européenne, en mai 2024 - Crédits : Flickr Vox España CC0 1.0

"La France se réveille ce mercredi [8 juillet] les yeux encore embrumés", écrit la BBC. "Beaucoup étant encore incrédules face au tumulte politique déclenché la veille par la figure de proue de la droite nationaliste, Marine Le Pen", poursuit la radio britannique. "Condamnée mardi en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national, la cheffe de file du Rassemblement national a annoncé dans la soirée sur TF1 sa candidature à l'élection présidentielle de 2027", note La Libre.

"Oui, je suis candidate à l’élection présidentielle de 2027 et je ne me retirerai pas", a affirmé fermement Marine Le Pen [Yle]. "J’ai les mains propres", a-t-elle également soutenu, malgré la confirmation de sa culpabilité par la cour d'appel de Paris. Les juges ont notamment estimé que les faits étaient "graves" parce que des fonds publics ont été utilisés pour rémunérer "des personnes travaillant en réalité pour le Front national" [Le Monde]. Ils retiennent aussi que ces détournements étaient destinés à "pallier les difficultés financières" du parti, devenu Rassemblement national en 2018.

La cour a ainsi condamné l'ex-cheffe de file du Front national à "trois ans de prison – dont deux avec sursis et un an sous surveillance électronique (mais comme un recours est en cours elle n'aura pas à le porter) –, à une amende de 100 000 € et à une peine d'inéligibilité de 45 mois, dont 30 avec sursis" [La Stampa]. Un "verdict complexe qui rouvre la porte de l'Élysée à Marine Le Pen tout en la refermant", estime le quotidien italien.

Des peines allégées en appel

Marine Le Pen n'est pas la seule condamnée en appel. "Dix autres cadres du FN puis du RN, pour certains toujours élus, ont aussi reçu leur condamnation", résume Le Nouvel Obs, qui cite notamment le maire de Perpignan Louis Aliot, le député Julien Odoul, les eurodéputés Nicolas Bay et Catherine Griset, ou encore des figures historiques du parti comme Bruno Gollnisch ou Wallerand de Saint-Just.

"Mais les peines sont plus clémentes qu'en première instance", en mars 2025. "Les trois magistrates qui ont présidé le procès ont rendu un verdict permettant à Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle du printemps prochain", considère Die Zeit. L'inéligibilité prononcée par le tribunal en mars 2025 a ainsi été "réduite à 15 mois – qu'elle a déjà purgés – les 30 mois restants étant assortis d'un sursis", poursuit The Guardian.

Marine le Pen "a annoncé qu'elle allait [former un pourvoi] devant la plus haute juridiction française, la Cour de cassation", précise le quotidien britannique. Une démarche qui ne permettrait pas de rejuger les faits, mais de contrôler la bonne application du droit. En outre, cette décision "suspendrait de fait" l'exécution de la peine et "instaurerait une période pendant laquelle [Marine Le Pen] ne serait pas équipée d'un bracelet électronique". "Ces dernières semaines, elle [avait] exclu à plusieurs reprises de faire campagne" si elle portait un tel dispositif, rappelle Die Zeit.

Hier, la cour d'appel a également déclaré avoir pris en compte "la liberté de choix de l'électeur, condition préalable à l'expression du suffrage démocratique", ajoute The Irish Independent.

Des répercussions en Europe

"Nombreux étaient ceux qui prédisaient la fin de sa carrière politique", estime la BBC. Mais "le nom de famille réapparaît dans la course à l'Élysée, comme cela a toujours été le cas en France (à la seule exception de 1981) depuis 1974, année où le patriarche Jean-Marie Le Pen avait obtenu un score peu flatteur de 0,75 % au premier tour", pointe Corriere della Sera.

Dans son intervention hier soir, Marine Le Pen "a également promis de nommer Jordan Bardella Premier ministre si elle était élue première femme présidente de la France" [Yle]. "Nous proposons aux Français un duo, président et premier ministre, et ce duo est solide et animé de convictions très fortes", a-t-elle affirmé [Politico]. Selon un sondage Ifop-Fiducial de juin cité par La Stampa, "Jordan Bardella est crédité de 35 à 37 % des voix au premier tour, devançant Marine Le Pen elle-même, qui recueille 32 % des intentions de vote".

Et "cela inquiète les alliés européens", juge la BBC. "Marine Le Pen et son protégé de 30 ans, Jordan Bardella […] sont tous deux eurosceptiques et loin d'être favorables à l'Otan, au financement militaire de l'Ukraine ou à une augmentation significative des dépenses militaires comme l'a promis Macron".

"L'avenir politique de la France a des répercussions bien au-delà de ses frontières et les sondages indiquent que, malgré les obstacles, Marine Le Pen a de bonnes chances de devenir présidente. Même si sa victoire est loin d'être acquise", assure le média britannique. "Ce qui reste incertain, c'est si Le Pen peut réussir là où elle a échoué à trois reprises, surtout avec le fardeau supplémentaire d'une nouvelle bataille juridique et d'une possible condamnation pénale définitive", nuance Politico.

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