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25.06.2026 à 13:44

Crise politique en Espagne : les scandales rattrapent Pedro Sánchez

Amélie Philotas

"Un pistolet dans chaque main et des coups de feu qui fusent" [El Mundo]. C’est ainsi que l'un des principaux quotidiens espagnols décrit l’intervention du chef du gouvernement espagnol, confronté à la multiplication des affaires judiciaires visant son entourage et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Après l'affaire des masques et l'affaire Zapatero, les scandales […]

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Texte intégral (1691 mots)
Mercredi 24 juin, Pedro Sánchez s'est exprimé sur les scandales de corruption qui sévissent sa politique - Crédits : Conseil européen
Mercredi 24 juin, Pedro Sánchez s’est exprimé sur les scandales de corruption qui touchent ses proches - Crédits : Conseil européen

"Un pistolet dans chaque main et des coups de feu qui fusent" [El Mundo]. C’est ainsi que l'un des principaux quotidiens espagnols décrit l’intervention du chef du gouvernement espagnol, confronté à la multiplication des affaires judiciaires visant son entourage et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Après l'affaire des masques et l'affaire Zapatero, les scandales se succèdent et fragilisent l’exécutif.

Alors que mercredi 24 juin, Pedro Sánchez tentait de défendre son gouvernement au Parlement, son épouse Begoña Gómez, inculpée pour détournement de fonds, trafic d’influence, corruption dans des opérations commerciales et malversations, remettait son passeport aux autorités. Un nouveau coup dur pour le Premier ministre socialiste qui, un peu plus encore, se voit sommé de donner sa démission.

Un gouvernement miné par les affaires

Pour le chef du gouvernement espagnol, "l'un des rares dirigeants de gauche en Europe" [Le Monde], l'ambiance n'est pas au beau fixe. Mercredi, le dirigeant européen a nié toute "corruption générale" au sein de son gouvernement et a assuré qu'il n'aurait pas "toléré" de pratiques illicites, rapporte Perfil. Les affaires touchent son mentor José Luis Rodríguez Zapatero, son frère David Sánchez, son ancien ministre des Transports José Luis Ábalos, et désormais son épouse.

Fin mai, José Luis Rodríguez Zapatero, "icône de la gauche" pour avoir légalisé le mariage homosexuel et réhabilité les victimes du franquisme, avait été mis en examen pour "trafic d’influence" et "blanchiment" [Le Point]. "Il est soupçonné d’être intervenu de façon irrégulière dans le sauvetage à 53 millions d’euros d’une compagnie aérienne en 2021" [Le Monde] et d'entretenir des contacts avec des entrepreneurs véreux au Venezuela.

Le 22 juin, la Cour suprême a condamné José Luis Ábalos "[à 24 ans de prison] pour association de malfaiteurs, corruption, détournement de fonds et trafic d’influence, dans une affaire liée à l’achat de masques pendant la pandémie de Covid-19." [La Nación]. "L'ancien conseiller ministériel, Koldo García, et l'homme d'affaires Víctor de Aldama ont également été condamnés dans la même affaire, à 19 ans et huit mois et quatre ans et demi, respectivement", précise le journal espagnol.

"Un jour funeste pour ceux qui [croient] en la justice"

Nouveau rebondissement mercredi : alors que Pedro Sánchez s'expliquait devant l’hémicycle espagnol, son épouse, Begoña Gómez, "a remis son passeport […] au tribunal de la Plaza de Castilla (Madrid), conformément à la décision du juge Juan Carlos Peinado" [El Mundo].

Elle est désormais interdite de quitter l’Espagne jusqu’à son procès. "Cette décision s’inscrit dans une enquête ouverte en avril 2024", rappelle Ouest-France. En avril 2026, l'épouse du chef du gouvernement a été formellement inculpée pour plusieurs délits financiers.

La mesure a provoqué de vives réactions. Le ministre de la Justice, Félix Bolaños, a dénoncé sur X "un jour funeste pour ceux d’entre nous qui [croient] en la justice", estimant que "la raison et la vérité finiront par l’emporter".

Une pression politique croissante

Face à ces scandales, les appels à la démission se multiplient. Selon le politologue Pablo Simón, Pedro Sánchez a une capacité "à tenir bon [pendant que] beaucoup d'autres leaders auraient flanché" [Le Point]. Toutefois, la fébrilité gouvernementale se fait toujours plus persistante et les voix se lèvent en faveur de sa démission, ou au moins, d'élections anticipées.

Le leader du parti d’extrême droite Vox, Santiago Abascal, a quant à lui déclaré : "Nous ne supportons plus tous ces scandales.  […] La corruption, c’est vous ! […]. Vous n’éprouvez même pas un minimum de honte", avant d'exiger la convocation d'élections "dès maintenant" [Le Monde]. Une position reprise par le parti indépendantiste catalan Junts, ce dernier appelant le Premier ministre à faire comme son homologue britannique, Keir Starmer, qui a démissionné en début de semaine.

Sans budget depuis trois ans, à la tête d’un exécutif minoritaire, le leader socialiste doit bientôt annoncer la date des prochaines élections générales. "Avec tout ce qu’il se passe, il est indécent qu’il reste un jour de plus", lui a lancé le chef de l’opposition libérale Alberto Núñez Feijóo. Même Gabriel Rufián, allié de gauche du leader socialiste, appelle de ses vœux "la fin de cette agonie" [Le Point].

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24.06.2026 à 12:24

Une rencontre entre la Commission européenne et des talibans pour évoquer les retours de migrants en Afghanistan suscite l'indignation

Valentin Ledroit

"La visite n'était plus un secret depuis que la Commission européenne avait reconnu avoir envoyé une lettre, début mai, au régime taliban, au pouvoir à Kaboul, pour inviter une délégation officielle à Bruxelles", entame Le Monde. Pour autant, cette rencontre avec l'exécutif européen ne manque pas de soulever la "polémique", souligne L'Express. "Une équipe de […]

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Texte intégral (1728 mots)
En 2025 en Afghanistan, les femmes et les filles étaient privées de presque tous leurs droits fondamentaux, alerte Amnesty International dans son dernier rapport
En 2025 en Afghanistan, "les femmes et les filles étaient privées de presque tous leurs droits fondamentaux", alerte Amnesty International dans son dernier rapport - Crédits : Jonathan Wilson / iStock

"La visite n'était plus un secret depuis que la Commission européenne avait reconnu avoir envoyé une lettre, début mai, au régime taliban, au pouvoir à Kaboul, pour inviter une délégation officielle à Bruxelles", entame Le Monde. Pour autant, cette rencontre avec l'exécutif européen ne manque pas de soulever la "polémique", souligne L'Express.

"Une équipe de la Commission européenne et des représentants de 15 États membres - dont le Danemark, la Belgique et la Suède", ont échangé avec une délégation de talibans dans la capitale belge, mardi 23 juin, "afin d'avancer sur des 'questions techniques' relatives à l'augmentation des expulsions vers l'Afghanistan", relate El País. Cet événement est une "première" depuis "la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan en 2021", poursuit le journal espagnol. 

L'UE ne reconnaît pas formellement le régime des talibans comme autorité du pays. Pour L'Express, cette visite "vis[ait] [d'ailleurs] uniquement à traiter des questions migratoires 'techniques', et non des questions diplomatiques". Pour permettre cette rencontre, tenue dans un lieu secret, la Belgique a dû délivrer cinq visas d'une durée exceptionnelle de 24 heures, restreints au territoire belge.

Un durcissement de la politique migratoire européenne

Cette invitation répond à une pression croissante de certaines capitales. En octobre 2025, 20 États membres de l'UE avaient adressé un courrier à la Commission européenne, lui demandant "de les aider à expulser les migrants 'en situation irrégulière' vers l'Afghanistan", rappelle la taz. Pour justifier cette démarche, les signataires invoquent un argument, relayé par le journal allemand : "en 2024, 22 870 expulsions ont été ordonnées dans toute l'UE, mais seuls 435 Afghans sont retournés dans leur pays - soit un taux de deux pour cent". La taz note par ailleurs que la Commission européenne "ne dispose d'aucun mandat officiel" pour mener ces discussions.

Pour El País, ce geste aurait été impensable il y a encore peu de temps, car "l'ONU a défini l'Afghanistan comme un 'cimetière pour les droits de l'homme'". Le journal espagnol affirme que cet épisode "symbolise […] le durcissement de la politique migratoire en Europe".

Les défenseurs de cette initiative y voient au contraire une opportunité de renforcer la politique européenne dans ce domaine. "La capacité de renvoyer les personnes qui n'ont un droit de séjour légal est une pierre angulaire d'un système d'asile et de migration crédible et efficace, tant pour la Suède que pour l'Union européenne", a ainsi affirmé le ministre suédois chargé de la Migration, Johan Forssell [Courrier international].

Un "scandale" pour les droits humains

Cette forme de pragmatisme se heurte à une vague d'indignation de la part de la société civile. The Guardian relaie la vive émotion de la lauréate du prix Nobel de la paix, Malala Yousafzai, qui rappelle que le régime taliban "a effacé les femmes et les filles de la vie publique". "C'est absolument scandaleux et cela représente une perte totale de confiance et de crédibilité pour l'Union européenne, qui fait preuve d'un tel deux poids, deux mesures", s'indigne également l'eurodéputé socialiste Juan Fernando López Aguilar dans les colonnes du journal britannique.

Celui-ci relève également que "la volonté des responsables de l'UE de coopérer avec les talibans […] contraste fortement avec le message du Parlement européen, où les députés ont à plusieurs reprises soutenu des résolutions condamnant le régime".

Pour Malala Yousafzai, citée cette fois par El País, "l'Europe ne doit pas légitimer un régime responsable de l'une des pires crises des droits humains au monde". Une crainte partagée par de nombreux militants des droits humains, relayés par The Guardian, qui craignent que la rencontre ne "normalise un régime qui a interdit aux filles de poursuivre leur scolarité au-delà de la sixième et qui a cherché à faire disparaître les femmes de la vie publique, alors que ses rangs comptent deux dirigeants accusés de crimes contre l'humanité".

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23.06.2026 à 13:22

Dix ans du référendum sur le Brexit : entre regrets, rapprochement avec l'UE et instabilité politique

Manon Mazuir

"C’est un anniversaire occulté par l’actualité et la démission du Premier ministre Keir Starmer" lundi 22 juin [La Tribune]. Il y a dix ans jour pour jour, "le 23 juin 2016, les Britanniques choisissaient à 51,89 % des voix de quitter l'UE" [TF1]. Le "Brexit", contraction des mots "British exit", "n’est toutefois officiellement instauré que près […]

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D'après les sondages d'opinion publiés ces derniers mois, 57 % des Britanniques considèrent que le Brexit était une erreur. Ici, le Premier ministre démissionnaire, Keir Starmer et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 2 octobre 2024 - Crédits : Dati Bendo/ Commission européenne
D'après les sondages d'opinion publiés ces derniers mois, 57 % des Britanniques considèrent que le Brexit était une erreur. Ici le Premier ministre aujourd'hui démissionnaire, Keir Starmer, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le 2 octobre 2024 - Crédits : Dati Bendo/ Commission européenne

"C’est un anniversaire occulté par l’actualité et la démission du Premier ministre Keir Starmer" lundi 22 juin [La Tribune]. Il y a dix ans jour pour jour, "le 23 juin 2016, les Britanniques choisissaient à 51,89 % des voix de quitter l'UE" [TF1].

Le "Brexit", contraction des mots "British exit", "n’est toutefois officiellement instauré que près de quatre ans plus tard, le 31 janvier 2020, date de retrait du Royaume-Uni [de l'Union européenne] qui compte depuis vingt-sept membres" [La Tribune].

Un anniversaire au goût amer

"Dix ans après ce vote décisif marquant le début du divorce du Royaume-Uni d'avec l'Union européenne, […] les Britanniques font l’amère expérience de la désillusion", analyse 20 Minutes. D'après les sondages d'opinion publiés ces derniers mois, "une nette majorité des Britanniques sont aujourd’hui convaincus que quitter l’UE a été une erreur", relate La Tribune. "Ils sont ainsi près de six sur dix (57 %) à penser que le pays a fait le mauvais choix, selon les données agrégées par YouGov au fil des ans", détaille le média.

Le pourcentage est encore légèrement supérieur auprès des jeunes. "60 % [des 18-28 ans] voteraient pour rejoindre [l'UE] si on leur en donnait l'occasion, contre 9 % qui voteraient pour rester en dehors", selon un sondage mené par le groupe de réflexion More in Common [The Guardian].

En cause : le fait que les principaux artisans du 'Leave' "faisaient miroiter des jours meilleurs qui ne [se] sont pas matérialisés partout au Royaume-Uni. Pêle-mêle, ils promettaient des zones de pêche maîtrisées, […] moins d’immigration, plus d’investisseurs, et surtout plus d’argent pour le NHS, le système de santé britannique en souffrance" [20 Minutes].

Immigration, économie, santé comme points de discorde

"Si l'immigration européenne a plongé depuis, celle en provenance de pays hors UE a explosé", constate TF1. Et de détailler : "l'immigration nette venue de l'UE a chuté pour atteindre 70 000 [personnes] en 2020, [tandis que] l'immigration nette de pays hors UE a elle au contraire doublé de 90 000 en 2016 à 186 000 en 2019". Après 2021 et l'entrée en vigueur du Brexit, "la tendance s'est accentuée", poursuit le média.

S'agissant de l'économie, "selon une étude américaine qui s’appuie sur des données de la Banque d’Angleterre, le PIB britannique est aujourd’hui inférieur de 6 à 8 % à ce qu’il aurait été sans le Brexit" [20 Minutes]. Pourtant, selon l'eurosceptique "Telegraph" dont se fait l'écho Courrier international, bien que "les partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’UE prédisaient un effondrement économique", après dix ans, "un constat s’impose : la catastrophe n’a jamais eu lieu".

Ce constat ne fait pas l'unanimité. "Il y a un consensus clair sur le fait que le Brexit a fait des dégâts importants", estime Jonathan Portes, professeur d'économie et de politique publique au King's College de Londres, cité par France 24. Et ce même si "le Brexit n’[a] jamais été le seul problème [économique] du Royaume-Uni".

"Le commerce de marchandises du Royaume-Uni – en particulier les voitures et les produits agroalimentaires – a été particulièrement touché, le Brexit ayant alourdi les formalités administratives, rendant les procédures quotidiennes plus longues et plus coûteuses pour les entreprises", décrypte France 24.

"Un point positif, néanmoins, le Royaume-Uni reste attractif pour les investisseurs", observe RFI. "Ces investissements se concentrent notamment dans les services financiers, la technologie et l'intelligence artificielle. Des secteurs dans lesquels la réglementation britannique est plus souple que celle de l'UE".

Autre exemple de ces lendemains qui déchantent cités par la radio française : "le sort du National Health Service (NHS), le service de santé publique britannique [qui était] l'argument phare de la campagne pro-Brexit : récupérer des millions de livres sterling versés au budget européen pour financer plutôt le NHS". Pourtant, ce dernier souffre aujourd'hui "de sous-financement chronique, manque de personnel et les délais d'attente s'allongent". 

Un rapprochement relatif avec l'Union européenne

Plus largement, "entre le ralentissement de la croissance britannique, la hausse des tensions avec Donald Trump et la guerre en Ukraine, un rapprochement avec l’UE est progressivement redevenu une évidence à Londres" [Le Monde]. "Il est de plus en plus clair, si le monde continue sur cette voie instable, que notre intérêt national à long terme exige un partenariat plus étroit avec nos alliés en Europe", assurait, le 1er avril dernier, le Premier ministre démissionnaire Keir Starmer.

En février dernier, le travailliste avait plaidé pour "des liens plus étroits dans la défense, l'industrie, les technologies, la politique et l'économie" [France info]. "Un 'nouveau partenariat stratégique' a été acté au printemps 2025, et Londres rejoindra l'emblématique programme Erasmus dès 2027".

Toutefois, "le rapprochement est plus qu’aléatoire, tant le sujet est politiquement miné outre-Manche. Car Keir Starmer lui a fixé une limite, en promettant de maintenir le Royaume-Uni hors du marché unique et de l’union douanière européenne, en refusant de rétablir la liberté de circulation entre les deux territoires, et en refusant de reconnaître les jugements de la Cour de justice de l’UE", nuance Le Monde.

Les relations UE-Royaume-Uni au cœur de l'agenda politique intérieur

Qui plus est, "la volatilité politique britannique n'entrave-t-elle pas les nouvelles négociations avec l'UE, lancées par Starmer, dans une tentative déclarée de réduire les formalités administratives après le Brexit et de stimuler l'économie britannique en difficulté ?", s'interroge la BBC. Après que Keir Starmer a annoncé sa démission lundi, le débat sur le rapprochement entre Londres et Bruxelles "est de retour sur l'agenda politique intérieur du Royaume-Uni".

"L’éviction de Keir Starmer par les dirigeants travaillistes remet en question le 'reset' engagé par le Premier ministre. Le sommet UE-UK programmé le 22 juillet est annulé" et le leader du parti Reform UK, Nigel Farage, "réclame des élections générales", alerte La Matinale européenne.

Eurosceptique assumé, Nigel Farage ne manque par ailleurs pas de soutiens, comme le relate France info. "Beaucoup de gens ne le voient pas comme l’artisan du Brexit. Pour eux, le Brexit a échoué, mais la responsabilité est attribuée aux gouvernements suivants". Un vote protestataire qui pourrait bien remettre en cause le rapprochement UE-Royaume-Uni…

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