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03.03.2026 à 08:55

Marx va avoir raison (IA et lutte des classes) | Frédéric Lordon

Or voilà que dans cette classe, sans doute composite, bientôt on ne comptera plus les jetés sur la grève. Cruauté des illusions perdues. Tous ces gens ne trouvaient rien à redire parce tout leur était aimable, tout leur semblait fait pour eux. Mieux, tout leur était promis. Promesse évidemment fausse pour bon nombre d'entre eux, cadres moyens-sup qui se vivaient en fantasme comme « en étant » — puisque telle est la vraie question de la sociologie politique : non pas « être ou ne pas être », mais « en être ou ne pas en être ». Et tant pis si « en être » est remis à un horizon tellement indéfini que la retraite sera venue avant — les fantasmes de grandeur sociale ne désarment pas, même devant les verdicts du réel, même devant les statistiques qui les vouaient dès le départ à l'échec. Force de la subjectivité individualiste : « je sais bien, mais moi j'y arriverai ». Raté mon vieux, tu n'y arriveras pas. À ceci près désormais que, là où tu pouvais couler une retraite paisible en imagination continuée, tu vas te retrouver éjecté par une machine, et tout l'environnement saura te faire éprouver très fort le sentiment de ta nullité — de ta nullité dispensable. Car il ne faut pas s'y tromper : des gisements de productivité et de cost-killing aussi colossaux, le capitalisme à dominante financière va s'y ruer comme jamais il ne s'est rué. Aveuglément, écume à la bouche.

02.03.2026 à 09:01

Comment le traffic pétrolier du détroit d'Ormuz va s'interrompre : parce qu'il est désormais impossible d'assurer les pétroliers | Shanaka Anslem Perera

L'Iran a attaqué son propre pétrolier utilisé pour contourner les sanctions. Relisez ça.
Il ne s'agit pas de détruire le trafic maritime. Il s'agit d'établir un précédent. Un seul pétrolier touché dans le détroit d'Ormuz transforme une réévaluation théorique des primes d'assurance en un événement actuariel concret. Chaque assureur sur la planète dispose désormais d'un sinistre à comptabiliser. Chaque police de risque de guerre dans le Golfe est recalculée non plus à partir d'une hypothèse, mais à partir d'un incident avec des blessés, une évacuation, et une confirmation officielle du gouvernement omanais.

01.03.2026 à 09:44

Le grand piège : demander l'impeccable pour installer l'inacceptable | Ricardo Parreira

Ce qui me frappe, plus encore que l'offensive extérieure, c'est la fragmentation interne. Une partie de la gauche se précipite pour surenchérir dans la condamnation, comme si l'existence d'antisémites, de racistes, d'homophobes ou de validistes au sein d'un espace politique « de gauche » relevait de l'impossibilité métaphysique. Dans quel monde imaginaire vivrions-nous pour croire qu'un mouvement humain, quel qu'il soit, pourrait être exempt de toute faute politique, morale ou éthique ? Cette situation met en exergue deux réalités : d'une part, les questions décoloniales, la morale catholique et le suprémacisme blanc restent insuffisamment traitées au sein des mouvements de gauche ; d'autre part, l'exigence d'une pureté absolue appliquée à ces mêmes mouvements — et donc à leurs membres entre eux — instaure un standard moral inatteignable. Ce standard cristallise des conflits internes, tandis que d'autres acteurs politiques — le centre, la droite et l'extrême droite — prospèrent dans l'impunité discursive.
La machine de fabrication du consentement à la fascisation n'a alors plus besoin d'attaquer frontalement l'ennemi. Il suffit de prélever la moindre scorie, le plus petit « cheveu dans la soupe », et de l'amplifier jusqu'à saturation, pour que l'ego de certains, qui pèchent autant que les autres, s'érige en défenseur d'une moralité qu'ils ne possèdent pas. Le pédantisme devient alors le meilleur ami du politicien. Pendant ce temps, certaines personnalités de gauche profitent de l'erreur de leur « allié » pour satisfaire des désirs personnels, tandis que la haine antisémite, islamophobe et xénophobe se déverse quotidiennement sur les plateaux télévisés, devant des millions de spectateurs, sans susciter la même intensité d'indignation structurelle.
Nous finissons ainsi par jouer le jeu de l'adversaire. L'extrême droite n'a même plus à pointer les failles de ses opposants : nous nous déchirons entre nous, non pour progresser collectivement, mais parce que l'ennemi a réussi à imposer l'image d'une gauche sommée d'être immaculée face à des forces qui ne s'imposent aucune contrainte éthique équivalente.
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