2) Nous sommes nombreux, juifs, à désespérer de ce que nous devenons. Il est temps de se battre. J'en fais un livre qui sort ces jours-ci. D'autres viendront. En Israël, sévit un gouvernement fasciste qui détruit la Palestine et détruit dans le même mouvement son propre pays, son peuple, son espérance, l'espérance et la dignité des juifs dans l'histoire. Ce gouvernement fasciste, en 2025, invita Jordan Bardella à le visiter. On lui ouvrit les portes du Yad Vashem, lieu sacré entre tous : le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Les fascistes d'Israël prostituaient notre histoire dans un jeu délibéré : annuler l'humanisme et forger une alliance avec les extrêmes droites mondiales, Maga ou RN, et installer la guerre de Gaza dans une narration, celle d'une grande guerre de civilisation contre l'islamisme – contre le monde musulman.
La démarche était d'une cohérence absolue. Avant même de s'inscrire dans la pauvre communication du lepénisme, elle exprimait la vérité du gouvernement Nétanyahou-Ben Gvir. Que ces profanateurs soient au surplus des crétins, la démonstration est faite. Leur choix de l'extrême droite mondiale supposait – décence minimale – que l'extrême droite ait quitté l'antisémitisme, et Yad Vashem, la visite en Israël serait un mikveh politique : le bain rituel et purificateur de nos coutumes, qui laverait les enfants du fascisme de leurs origines. Raté. L'existence dans le camp Maga d'un courant antisémite et néonazi, était déjà un enseignement. Les éructations attribuées au jeune Bardella complètent le tableau. C'est aux plus constants de nos ennemis que les gouvernants d'Israël ont tendu la main. Un crime de plus contre ce que nous sommes.