Les éléments que nous avons réunis contredisent la version du ministère, puisque les manifestants agressés étaient non violents et non pas d'ultra-gauche (sauf si manifester malgré l'interdiction suffit à classer quelqu'un à l'ultra-gauche). Surtout, notre enquête questionne la stratégie choisie par le ministère et les forces de l'ordre. Les impératifs de gestion de l'ordre invoqués par le ministère légitiment-ils vraiment de faire le choix d'un traitement différencié voire d'un favoritisme envers certains groupes potentiellement violents ? Et l'État de droit n'est-il pas en train de basculer ou de se fragiliser quand la police tolère que des milices privées défilent illégalement mais surtout s'approprient le maintien de l'ordre et la violence politique ?
Le sociologue Sebastien Roché, directeur de recherche au CNRS, a ainsi réagi sur X déplorant que « la police s'appuie sur des milices d'extrême droite dans une quinzaine de villes » ce qui, selon lui, montre que « l'Etat central est de fait en train d'organiser le démantèlement de la tendance à la “monopolisation de la violence légitime ». Ces questions, cruciales, sont au cœur de la ligne éditoriale de Bon Pote et nous continuerons d'enquêter à ce sujet dans les semaines qui viennent.