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08.10.2026 à 08:45

« Nous n'acceptons plus de réparer les dégâts causés par les politiques » : des soignants rejoignent la lutte contre les pesticides

Nous, soignant⋅es, scientifiques, sommes témoins d'un paradoxe : malgré l'abondance des travaux scientifiques reliant exposition chimique et santé, malgré les alertes de l'Inserm et du Conseil national de l'Ordre des médecins, les politiques publiques se succèdent sans prendre en compte ce lien déterminant. Pire, elles vont à rebours : la loi d'urgence agricole, et la réautorisation de l'acétamipride, le montre.
Et pourtant, les études de biosurveillance nationales ne manquent pas d'être explicites : chacun est exposé, dès la période fœtale, à des substances toxiques (PFAS, pesticides, cadmium, perturbateurs endocriniens…), et ces expositions contribuent au développement de nombreuses maladies chroniques, dont certains cancers. Ces maladies seraient donc en partie évitables ; ce sont des « maladies politiques ».
Nous n'acceptons plus d'être celles et ceux qui tentent de réparer les dégâts causés par les politiques, dans un contexte d'accès aux soins toujours plus dégradé et inégalitaire. Nous pensons qu'il faut sortir de nos lieux d'exercice, et agir, de façon radicale et directe, sur les causes des maladies.
Source: Reporterre

07.10.2026 à 17:56

La France des nouveaux « nouveaux pauvres » | Maëlle Mariette

Lorsqu'on se mobilisait contre la fermeture de la maternité, la directrice du CHU [centre hospitalier universitaire] de Brest-Carhaix, qui vient tout droit de Paris, où elle occupait un poste important au sein de l'AP-HP [Assistance publique — Hôpitaux de Paris], a quand même osé déclarer : “Si les femmes de Guyane mettent trois jours de pirogue pour aller accoucher, les Centre-Bretonnes peuvent bien faire une heure de route pour en faire autant” ! »
« Ce mépris, ce regard-là de la part des élites, il est insupportable », conclut ce restaurateur qui fut l'un des porte-parole du mouvement des « bonnets rouges » en 2013 (4). Mme Le Guern, qui y était très impliquée, nous raconte : « À l'époque, on était tous mobilisés, nous, les ouvriers, pour défendre nos emplois menacés par les fermetures d'usine, et d'autres pour le retrait de l'écotaxe. Les médias ont tout fait pour décrédibiliser le mouvement mais, en fait, c'était juste un peuple qui se soulevait. On travaille pour payer les factures, on n'a pas de loisirs, on ne peut rien se permettre. Est-ce qu'un jour on va sortir le bec de l'eau ? » Le mouvement l'a formée politiquement, elle qui milite aujourd'hui au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) : « J'ai tissé des liens, j'ai fait connaissance avec des gens que je n'aurais pas rencontrés en dehors de la manifestation, car à l'usine, avec le turn-over et l'intérim, on ne se connaît pas vraiment, on ne peut pas se parler. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus dans les luttes. » Enfin, quand elle le peut, car « quand on a mal partout et qu'on est crevé du travail, on n'a pas forcément envie le week-end d'aller en manif pour prendre des coups et du gaz ».

06.10.2026 à 08:43

« Une restitution pitoyable » : à France Télévisions, la colère de journalistes sur la couverture du mouvement lycéen

Sur 18 minutes consacrées aux manifestations, seules 30 secondes se penchent réellement sur le cœur des revendications, l'absence des professeurs, les bâtiments insalubres. Soit moins de 3% du temps d'antenne.
Le constat est partagé par Danilo Commodi, représentant CGT France Télévisions à l'antenne du Havre. Il charge en premier lieu le traitement du national (France 2 et France Info, notamment), qui « ressemble à ce qui se fait dans les autres médias », sous-entendu les chaînes d'information en continu : une concentration sur les faits de violences au détriment des revendications de fond. Une recette fruit de « choix éditoriaux » tout à fait conscients pris par la direction, ajoute-t-il.
La CGT France Télévisions s'est par ailleurs indignée par le biais d'un communiqué, en jugeant que la « restitution [...] dans les JT de 13h et 20h est pitoyable ». Le tout en ajoutant que « la véritable violence est celle que subissent les jeunes au quotidien. » L'organisation appelle à rejoindre le mouvement lycéen dès demain, le mardi 6 octobre.
Source: Blast
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